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Chapitre 7

MÉTHODE DES ROTATIONS
7.1 INTRODUCTION
Bien qu’ayant un caractère général, comme la méthode des forces, la
méthode des rotations (des déplacements ou des déformations) est cependant
surtout utilisée pour le calcul des structures constituées de barres, généralement
droites.
Des barres droites assemblées en leurs extrémités (nœuds) forment des
structures appelées portiques (Figure 7.1).
Les portiques ont un comportement essentiellement flexionnel, c'est-à-dire
que la flexion est prépondérante. On peut de ce fait négliger les déformations
provoquées par l'effort normal et l'effort tranchant.
Les structures auxquelles on s'intéresse ici sont planes et chargées dans leur
plan.
D'une façon générale, la méthode des déplacements est utilisée lorsque le
degré d'hyperstaticité est élevé. Notons aussi qu'elle s'applique parfaitement aux
poutres continues ; dans ce cas, les appuis intermédiaires constituent les nœuds
de la structure.
(b)
Figure 7.1
(a)
144 CALCUL DES STRUCTURES HYPERSTATI QUES
7.2 CLASSIFICATION DES STRUCTURES
La méthode étant basée sur les déplacements des nœuds, les structures
considérées sont classées en fonction des possibilités de déplacement de leurs
nœuds.
On distingue deux catégories :
a) Les structures à nœuds fixes ou à nœuds invariables (Figure 7.2)
Dans de telles structures, les nœuds ne peuvent subir que des rotations.
Notons que la dérive (c’est-à-dire la translation) des nœuds d'un système peut
être empêchée soit par la nature même du système (notamment le type d'appuis)
soit par une symétrie de la géométrie et du chargement du système.
b) Les structures à nœuds déplaçables (Figure 7.3)
Ce sont des structures dont les nœuds ou certains nœuds subissent des
translations en plus des rotations.
Une structure est à nœuds déplaçables si le système articulé, obtenu par
remplacement de tous les nœuds et de tous les encastrements d'appui par des
articulations, constitue un système instable (mécanisme).
Le nombre de translations possibles pour les nœuds représente le nombre de
degrés de liberté (ddl) du système articulé. Le nombre de ddl correspond au
nombre de liaisons supplémentaires qu'il faut ajouter à la structure articulée
instable pour qu'elle devienne immobile (stable), du point de vue translation.
Le nombre de translations indépendantes possibles d'un système vaut :
Figure 7.2
(b)
(a)
Figure 7.3
(b)
(a)
Mét hode des r ot at i ons 145
K
t
= 2n – (b+l)
Avec :
n = nombre de nœuds et d'appuis.
b = nombre de barres (une console n'est pas comptée comme une barre).
l = nombre de liaisons aux appuis du système articulé.
7.3 PRINCIPE DE LA MÉTHODE
La méthode consiste à déterminer les déplacements (rotations et translations)
des nœuds de la structure ; puis, en raison de l'interdépendance qui existe entre
les déformations et les efforts, on détermine les efforts (moment, effort tranchant
et effort normal). Le principe de la méthode est décrit par les trois étapes
suivantes.
1) On ajoute des liaisons aux nœuds de la structure initiale pour obtenir un
système dont les nœuds n'ont aucune possibilité de déplacement (rotation ou
(e)
Figure 7.4 : Exemples de calcul de K
t
(b)
(a)
(c)
(d)
K
t
=1 K
t
=2
K
t
=3
K
t
=1
K
t
=2
(a) Système initial
(b) Système de base
Figure 7.5
146 CALCUL DES STRUCTURES HYPERSTATI QUES
translation). Le système ainsi obtenu est appelé système statique de base (Figure
7.5b).
2) Afin d'obtenir un système équivalent à la structure initiale, on applique des
déplacements (inconnus) correspondant aux liaisons ajoutées (Figure 7.6).
Les inconnues du problème dans le cas considéré sont :
X
1
= w
1
(rotation du nœud 1)
X
2
= w
2
(rotation du nœud 2)
X
3
= δ (translation horizontale des nœuds 1 et 2, la variation de longueur de la
barre 1-2 étant négligée).
3) Pour obtenir les déplacements inconnus (X
1
, X
2
, X
3
) on écrit qu'il y a équilibre
des réactions (moments ou forces) apparaissant dans chaque liaison ajoutée sous
l’effet des forces extérieures et des déplacements imposés. Soit :
R
1
= Σ des moments réactifs dans l'encastrement (1) = 0
R
2
= Σ des moments réactifs dans l'encastrement (2) = 0 (7.1)
R
3
= Σ des réactions dans la liaison (3) = 0
Il importe de noter que le système de base obtenu selon l'étape 1 est toujours
constitué de barres dont chacune a soit ses deux extrémités encastrées soit une
extrémité encastrée et l'autre appuyée simplement ou doublement (Figures 7.7 et
7.8).
δ
w
1
w
2
(3) (2)
(3)
Figure 7.6
(a)
(b)
Figure 7.7
Mét hode des r ot at i ons 147
Pour terminer, on retient que la méthode des déplacements est caractérisée
par :
1) Le blocage des nœuds.
2) Un seul système de base possible, donc une façon unique de mettre le
problème en équations (de ce fait, la méthode est particulièrement indiquée pour
le calcul automatique).
3) Des liaisons ajoutées spéciales ; en effet,
• Les encastrements ajoutés supportent uniquement des moments et peuvent
par conséquent subir des translations.
• Les liaisons de translation supportent seulement des forces suivant la liaison
ajoutée.
7.4 SOLLICITATION DES BARRES DROITES HYPERSTATIQUES
Comme nous venons de le voir, le système de base est constitué de barres qui
peuvent être :
- encastrées aux deux extrémités
- encastrées d'un côté et appuyées de l'autre
Ces barres sont sollicitées par :
- les déplacements appliqués
- les charges extérieures
Le calcul de ces poutres peut être effectué par l’une des méthodes exposées
précédemment comme la méthode des paramètres initiaux, la méthode des forces
ou encore la formule des 3 moments ou toute autre méthode.
7.4.1 Barres soumises à des déplacements d'appuis
Examinons à titre d’exemple le cas de la poutre encastrée à ses deux
extrémités soumise à une rotation de l’un de ses appuis (Figure 7.9).
a) Méthode des paramètres initiaux
(a)
Figure 7.8
(b)
148 CALCUL DES STRUCTURES HYPERSTATI QUES
On veut calculer les réactions. Soient R
A
, M
A
, R
B
et M
B
les composantes des
réactions aux appuis A et B qui
apparaissent sous l'action de w
A
.
On a :
M
x
= M
A
+ R
A
x
EIy" = -M
A
- R
A
x
EIy' = -M
A
x - R
A
x
2
/2 + C
EIy = -M
A
x
2
/2 - R
A
x
3
/6 + Cx + D
avec :
C = EIθ
0
= EIw
A
et D = EIf
0
= EI.0 = 0
donc :
EIy' = -M
A
x - R
A
x
2
/2 + EIw
A
EIy = -M
A
x
2
/2 - R
A
x
3
/6 + EIw
A
x
Conditions à l'extrémité B
En B (x = l), on a : θ
B
= 0 et y
B
= 0
D'où :
0 = -M
A
l - R
A
l
2
/2 + EIw
A
0 = -M
A
l
2
/2 - R
A
l
3
/6 + EIw
A
l
ou encore :
¹
¹
¹
¹
¹
'
¹
↓ − ·
·

1
1
1
1
]
1

¸

·
1
1
1
1
]
1

¸

1
1
1
1
]
1

¸

) (
l
EIw 6
R
l
EIw 4
M
EIlw
EIw
R
M
6
l
2
l
2
l
l
2
A
A
A
A
A
A
A
A
3 2
2
On peut maintenant calculer R
B
et M
B
.
M
A
Figure 7.9
l
A
R
A
B
y
w
A
(w
A
>0)
x
Mét hode des r ot at i ons 149
l
EIw 2
l
EIw 6
l
EIw 4
l R M M
A A A
A A B
− · − · + ·
) (
l
EIw 6
R 0 R R
2
A
B B A
↑ · ⇒ · +
Application : Rotation unitaire (w
A
= 1)
) (
l
EI 6
R ; ) (
l
EI 6
R ;
l
EI 2
M ;
l
EI 4
M
2
B
2
A B A
↑ · ↓ − · − · ·
b) Méthode des forces (Figure 7.10)
¹
¹
¹
'
¹
· + +
· + +
0 M M
1 M M
F 2 B
u
22 A
u
21
F 1 B
u
12 A
u
11
δ δ δ
δ δ δ
δ
1F
= δ
2F
= 0 (pas de charges extérieures).
Les coefficients du système ci-dessus sont calculés à partir des figures 7.10c
et 7.10d.
EI 3
l
3
2
. 1 . l .
2
1
.
EI
1
u
11
· · δ ;
EI 3
l
u
22
· δ
EI 6
l
3
1
. 1 . l .
2
1
.
EI
1
u
21
u
12
· · ·δ δ
d'où :
¹
¹
¹
'
¹
− ·
·

1
1
1
1
]
1

¸

·
1
1
1
1
]
1

¸

1
1
1
]
1

¸

l
EI 2
M
l
EI 4
M
0
1
M
M
EI 3
l
EI 6
l
EI 6
l
EI 3
l
B
A
B
A
150 CALCUL DES STRUCTURES HYPERSTATI QUES
Le tableau 7.1 donne les réactions, les moments et les déformées des
différents cas de figure.
7.4.2 Barres soumises à des charges
Les calculs peuvent être menés par les méthodes exposées dans les chapitres
précédents. Les diagrammes des moments et les réactions des cas de charge les
plus courants sont regroupés dans le tableau 7.2.
Figure 7.10
B
w
A
=1
(a)
l
w
A
=1
M
A M
B
(b)
(c)
(d)
M
A
=1
1
M
B
=1
1
A
Mét hode des r ot at i ons 151
Tableau 7.1
3EI/l
3
w=1
l
6EI/l²
6EI/l²
4EI/l
2EI/l
6EI/l²
l
12EI/l
3
12EI/l
3
δ=1
6EI/l²
l
12EI/l
3
6EI/l²
12EI/l
3
6EI/l²
δ=1
l
3EI/l
2
3EI/l
3
δ=1
l
3EI/l
3
3EI/l²
δ=1
3EI/l
3
l
3EI/l
3EI/l²
3EI/l²
w=1
l
3EI/l
2
3EI/l²
3EI/l
w=1
l
3EI/l
2
3EI/l
3
δ=1
3EI/l
3
l
3EI/l
2
3EI/l
3
3EI/l
3
δ=1
6EI/l²
w=1
l
2EI/l
6EI/l²
4EI/l
152 CALCUL DES STRUCTURES HYPERSTATI QUES
Tableau 7.2
Pb(a²+2ab+2l²)/2l
3
a b
P
Pab(a+2b)/2l²
P(2a+3b)a²/2l
3
Pa²b(2a+3b)/2l
3
a b
Pab²/l²
2Pa²b²/l
3
Pa²b²/l²
P(3a+b)b²/l
3
P(a+3b)a²/l
3
P
l/2 l/2
Pl/8
P/2
P/2
P
Pl/8
Pl/8
6Pl/32
5P/16
l/2
P
l/2
11P/16
5Pl/32
a b
6abC/l
3
6abC/l
3
Ca(3a-2l)/l²
Cb(2l-3b)/l²
C
a b
3C(l²-b²)/2l
3
3C(l²-b²)/2l
3
C(l²-3b²)/2l²
C
l/2 l/2
3C/2l
C/2
C
C/4
3C/2l C/2
C/4
l/2 l/2
9C/8l
7C/16
C
9C/8l
9C/16 C/8
l
q
ql²/8
5ql/8
9ql²/8 3ql/8
5l/8 3l/8
l
ql²/12
ql/2
ql²/12
ql/2
ql²/24
q
P
Mét hode des r ot at i ons 153
7.5 NOMBRE D’INCONNUES – ÉQUATIONS D’ÉQUILIBRE
7.5.1 Nombre d’inconnues (K)
Le nombre d’inconnues de la méthode est égal au nombre de déplacements
possibles (rotations K
r
et translations K
t
) des nœuds de la structure considérée.
K = K
r
+K
t
- K
r
= nombre de rotations - égal au nombre de nœuds de la structure (les
appuis n’étant pas comptés comme nœuds).
- K
t
= nombre de déplacements linéaires indépendants (voir § 7.2).
- K représente le nombre de liaisons (encastrements ou butées de translation)
ajoutées pour immobiliser les nœuds de la structure initiale.
7.5.2 Equations d’équilibre
Chaque équation exprime l’équilibre des réactions apparaissant dans une
liaison ajoutée. Dans chaque liaison (i) introduite, la résultante des réactions,
engendrées par les forces extérieures (R
iF
) et par les déplacements appliqués (R
ij
),
doit être nulle.
Ainsi, dans l’exemple de la figure 7.11 ci-dessous les équations à partir
desquelles seront tirés les déplacements inconnus (X
1
, X
2
et X
3
) s’écrivent :
R
1
= R
11
+ R
12
+ R
13
+ R
1F
= 0
R
2
= R
21
+ R
22
+ R
23
+ R
2F
= 0 (7.2)
R
3
= R
31
+ R
32
+ R
33
+ R
3F
= 0
Avec :
R
11
= réaction (moment réactif)
apparaissant dans la liaison ajoutée
1 (encastrement) sous l’action du
déplacement appliqué X
1
(rotation).
R
12
= réaction (moment)
apparaissant dans la liaison 1 sous
l’action du déplacement X
2
.
R
31
= réaction (force horizontale) apparaissant dans la liaison 3 (liaison de
translation) sous l’action du déplacement X
1
.
Et de manière générale :
R
iF
= réaction qui apparaît dans la liaison ajoutée i sous l’action de la
sollicitation globale F (c’est-à-dire les charges appliquées).
R
ij
= réaction dans la liaison i, dont la nature est déterminée par celle de la
liaison, sous l’action du déplacement X
j
.
En vertu du principe de superposition des effets nous pouvons écrire :
j
u
ij ij
X r R ·

(7.3)
Figure 7.11
(1)
(2)
(3)
X
2
X
1
X
3
154 CALCUL DES STRUCTURES HYPERSTATI QUES
où :
• X
j
est le déplacement inconnu appliqué.

u
ij
r
est la réaction dans la liaison i sous l’action d’un déplacement unitaire,
rotation ou translation selon la nature de la liaison j, appliqué à la liaison j.
Ainsi, pour une structure à n inconnues (n déplacements inconnus des
nœuds), le système d’équations s’écrit :
0 R X r ... X r X r
.......... .......... .......... .......... .......... ..........
0 R X r ... X r X r
.......... .......... .......... .......... .......... ..........
0 R X r ... X r X r
nF n
u
nn 2
u
2 n 1
u
1 n
iF n
u
in 2
u
2 i 1
u
1 i
F 1 n
u
n 1 2
u
12 1
u
11
· + + + +
· + + + +
· + + + +

(7.4)
Ou encore sous forme condensée :

·
+ +
n
j
iF j
u
ij
R X r
1
0
i = 1, …, n
(7.5)
Sous forme matricielle le système d’équations canoniques s’écrit :
[ ] [ ] [ ]
F
u
R X r − ·
[ ]
u
r est appelée matrice de rigidité.
7.6 EXEMPLES D’APPLICATION
Exemple 1
Soit à calculer le portique ci-contre.
(EI) = Cte = 2 10
10
kgcm²
P = 100 kg
Degré d’hyperstaticité : K = 1 + 0 = 0
l/2
P
l/2=2m
h=3m
P P
X
1
Système de base
X
1 X
2
Mét hode des r ot at i ons 155
L’équation canonique du système s’écrit :
0 R X r
F 1 1
u
11
· +
Calcul du coefficient de réaction
u
11
r
(moment de
réaction unitaire) :
On indique
u
11
r
dans le sens de la rotation X
1
appliquée à l’encastrement élastique ajouté (figure ci-
contre).
Diagramme unitaire :
Le coefficient
u
11
r
est calculé de façon à réaliser l’équilibre au nœud du
diagramme m
1
.
Equation d’équilibre :
EI )
h
4
l
3
( r
0 r
h
EI 4
l
EI 3
u
11
u
11
+ · ⇒
· − +
Le coefficient R
1F
(réaction de charge) est
calculé de la même manière que
u
11
r
.
u
11
r
X
1
=1
X
1
=1
3EI/l²
3EI/l²
6EI/h²
4EI/h
3EI/l
6EI/h²
2EI/h
m
1
u
11
r
3EI/l
4EI/h
156 CALCUL DES STRUCTURES HYPERSTATI QUES
Diagramme de la charge appliquée :
L’action de la charge est limitée à la travée sur laquelle elle est appliquée.
Le sens de R
1F
est donné par celui choisi pour X
1
. L’équation d’équilibre du
nœud déterminera le signe correct.
Équation d’équilibre :
Pl
32
6
R 0
32
Pl 6
R
F 1 F 1
− · ⇒ · +
L’inconnue X
1
, peut être calculée maintenant :
EI )
h
4
l
3
(
Pl
18
3
X 0 Pl
32
6
EI )
h
4
l
3
( X
1 1
+
· ⇒ · − +
A.N : h = 300 cm et l = 400 cm
5
1
10
5
9
X

· = rotation (en radian) du nœud rigide du système donné.
Pour passer du diagramme unitaire m
1
au diagramme réel M
1
, on multiplie le
premier par X
1
.
*) Si X
1
était négative on aurait
inversé le diagramme et le sens des
réactions.
M
F
P
5P/16
11P/16 5Pl/32
6Pl/32
R
1F
6Pl/32
6.75kg
6.75kg
24kg
48kgm
27kgm
M
1
24kg
24kgm
Mét hode des r ot at i ons 157
Le diagramme des charges ne change pas.
Le diagramme final des moments (M)
s’obtient par superposition des diagrammes M
1
et M
F
. On note que l’équilibre de rotation du
nœud est satisfait.
Les réactions aux appuis de système donné
peuvent s’obtenir en reportant les réactions des
diagrammes M
1
et M
F
aux appuis réels qui les
supportent.
A partir des réactions et des charges extérieures, on trace les diagrammes de
N et de T.
M
48kgm
76kgm
24kgm
M
48kgm
76kgm
24kgm
M
F
68.75kg
62.5kgm
75kgm
31.25kg
31.25kg
m
6.75kg
24kg
24kg
6.75kg
68.75kg
A
B
R
H
A
=24kg
R
V
A
=62kg
P
R
H
B
=24kg
R
V
B
=38kg
P
24kg
N
62kg
62kg
38kg
24kg
T
158 CALCUL DES STRUCTURES HYPERSTATI QUES
Exemple 2

K = 2 + 0 = 2

Equations canoniques :
¹
¹
¹
'
¹
· + +
· + +
0 R X r X r
0 R X r X r
F 2 2
u
22 1
u
22
F 1 2
u
12 1
u
11
EI
S.D.
q=2t/ml
2EI
EI
2EI
l l=4m
l=4m
S.F.
X
1
X
2
Mét hode des r ot at i ons 159
Diagrammes unitaires (a et b) et diagramme des charges (c) :
La résolution du système donne :
² tm ) EI ( ,
EI 21
12
EI 7
4
X ,
EI 21
4
X
2 1
en · · − ·
Diagrammes réels :
8EI/l
4EI/l
r
u
11
= 12EI/l
r
u
11
1
4EI/l
4EI/l
2EI/l
8EI/l
4EI/l
8EI/l
b) m
2
1
4EI/l
4EI/l
2EI/l
8EI/l
a) m
1
c) M
F
ql²/12=56/21
ql²/24=28/21
4EI/l
r
u
12
= r
u
21
= 4EI/l
r
u
12
8EI/l
4EI/l
r
u
22
= 20EI/l
r
u
22
8EI/l
R
1F
R
1F
= 0
ql²/12
R
2F
= -ql²/12
R
2F
160 CALCUL DES STRUCTURES HYPERSTATI QUES
Les diagrammes m
1
et m
2
sont multipliés par X
1
et X
2
, respectivement.
Le diagramme final du moment fléchissant s’obtient par superposition des
diagrammes M
1
, M
2
et M
F
.
Effort tranchant et effort normal ; on détermine d’abord les réactions
d’appuis.
Diagrammes unitaires :
8/21
4/21
4/21
2/21
M
1
M
2
12/21 12/21
24/21
24/21
6/21
12/21
2 6
12
32
20
34
4
68
M(1/21)
3/4EI
3/8EI
3/4EI
3/8EI
(1)
(2)
3/4EI
3/8EI
3/4EI
3/4EI
3/4EI
3/8EI
Mét hode des r ot at i ons 161
Sous les charges extérieures :
Pour passer des réactions unitaires aux réactions réelles on multiplie les
réactions (1) et (2) par X
1
et X
2
, respectivement.
Il faut maintenant superposer les réactions (I), (II) et (F).
La dernière phase consiste à transmettre les réactions des encastrements
élastiques (nœuds rigides) aux appuis réels, c’est-à-dire aux encastrements.
Pour pouvoir calculer l’effort normal en un point quelconque du système, il
suffit d’ajouter au schéma ci-contre les charges extérieures.
On peut vérifier sur la figure ci-
contre que les équilibres de
translations sont satisfaits :
0 F
0 F
h
v
· ∑
· ∑
Exemple 3
Le système a trois inconnues, K = 2 + 1,
les deux déplacements angulaires des nœuds
rigides (X
1
et X
2
) et un déplacement linéaire
(X
3
).
3/14
2/7
1/14
3/14 1/14
27/7
31/7
(efforts en t)
1/14
2/7
27/7
31/7
2/14
3/14
(réactions en t)
ql/2=4 ql/2=4
(F)
1/7
(I)
(II)
1/14
1/14
1/7
3/7 3/7
3/14
3/7
3/7
3/14
3/14 1/14
(réactions en t)
2/14
31/7
q=2t/ml
(i)
27/7
2/7
(2EI)
(EI) (EI)
q
l
(a)
l
162 CALCUL DES STRUCTURES HYPERSTATI QUES
Les trois équations canoniques du système s’écrivent :
¹
¹
¹
¹
¹
'
¹
· + + +
· + + +
· + + +
0 R X r X r X r
0 R X r X r X r
0 R X r X r X r
F 3 3
u
33 2
u
32 1
u
31
F 2 3
u
23 2
u
22 1
u
21
F 1 3
u
13 2
u
12 1
u
11
N.B. : En raison de la nature de X
3
qui est un déplacement linéaire, les
coefficients r
u
13
, r
u
23
, r
u
31
, r
u
32
et R
3F
sont des forces et r
u
33
une force/unité de
longueur. Quant aux autres coefficients (r
u
11
, r
u
12
, r
u
21
, r
u
22
, R
1F
et R
2F
) ce sont des
moments.
S.F.
X
1
X
2
X
3
Mét hode des r ot at i ons 163
Diagrammes unitaires et des charges extérieures
Calcul des coefficients de réaction
m
1
1
6EI/l²
4EI/l
12EI/l²
8EI/l
4EI/l
4EI/l²
2EI/l
12EI/l²
m
2
1
12EI/l²
12EI/l²
8EI/l
6EI/l²
4EI/l
6EI/l²
4EI/l
2EI/l
m
3
6EI/l² 12EI/l
3
6EI/l²
12EI/l
3
12EI/l
3
6EI/l²
6EI/l²
12EI/l
3
M
F
ql/2
ql/2
ql²/12
ql²/12
ql²/24
8EI/l
4EI/l
r
u
11
= 12EI/l
r
u
11
4EI/l
r
u
12
= 4EI/l
r
u
12
8EI/l
4EI/l
r
u
22
= 12EI/l
r
u
22
4EI/l
r
u
21
= 4EI/l
r
u
21
164 CALCUL DES STRUCTURES HYPERSTATI QUES
La résolution du système d’équations, donne :
EI
ql
2496
60
X ,
EI
ql
2496
29
X ,
EI
ql
2496
3
X
4
3
3
2
3
1
· · ·
6EI/l²
r
u
13
= -6EI/l²
r
u
13
6EI/l²
r
u
23
= -6EI/l²
r
u
23
ql²/12
R
1F
= ql²/12
R
1F
R
2F
=0
R
2F
∑F
h
= 0 ⇒
r
u
31
= -6EI/l²
r
u
31
6EI/l²
∑F
h
= 0 ⇒
r
u
32
= -6EI/l²
r
u
32
6EI/l²
r
u
33
12EI/l² 12EI/l²
R
3F
=ql/2-ql=-ql/2
R
3F
ql/2
q
r
u
33
=24EI/l
3
Mét hode des r ot at i ons 165
Diagrammes réels
Diagramme (final) des moments et réactions aux encastrements.
M
1
(ql²/1248)
6
12
9ql/1248
3
6
M
2
(ql²/1248)
58
87ql/1248
29
116
58
M
3
(ql²/1248)
180
360ql/1248
180
180 180
360ql/1248
q
ql²/12
ql²/12
624ql/1248
ql²/24
M
F
M(ql²/1248)
70
1248 / ql 975
H
A
R ·
122
281 151
1248 / ql 273
H
B
R ·
166 CALCUL DES STRUCTURES HYPERSTATI QUES
Diagrammes N et T
On commence par calculer les réactions transversales de chaque barre
supposée isostatique est chargée par des moments aux appuis (lus directement
sur le diagramme final de M) et les charges extérieures qui lui sont directement
appliquées.
On trace ensuite le diagramme de T (en considérant chaque barre séparément
puis celui de N en vérifiant l’équilibre de translation aux nœuds.
Vérification :
On vérifie l’équilibre de rotation et de translation de chaque nœud.
a) Equilibre de rotation
q
(a)
70ql²/1248
122ql²/1248
281ql²/1248 151ql²/1248
q
(b)
273ql/1248
192ql/1248
975ql/1248 273ql/1248
273ql/1248
192ql/1248

273
T(ql/1248)
975
A B
192
273
192 192
273
N(ql/1248)
C
C
T
70ql²/124
70ql²/1248
∑M=0
122ql²/1248
122ql²/1248
∑M=0
Mét hode des r ot at i ons 167
b) Equilibre de translation
7.7 CALCUL DES EFFORTS INTERNES
Comme on vient de le voir, le diagramme final des moments fléchissants est
obtenu par superposition des diagrammes dus aux charges extérieures et aux
déplacements appliqués. Les diagrammes unitaires sont multipliés par les valeurs
algébriques des déplacements correspondants puis superposés au diagramme
sous les charges extérieures.
Les efforts tranchants et normaux peuvent être calculés en considérant
chaque barre comme une poutre isostatique (bi-articulée) soumise aux charges
extérieures qui lui sont appliquées et à des moments d’appuis donnés par le
diagramme final des moments fléchissants.
7.8 VERIFICATION DES RÉSULTATS
La vérification consiste essentiellement à s’assurer de l’équilibre, de
translation et de rotation, de chaque nœud et de parties entières de la structure.
7.9 LES ÉTAPES DE LA MÉTHODE
L’application de la méthode des rotations peut se résumer aux étapes
élémentaires suivantes :
1- déterminer le nombre d’inconnues
2- représenter le système statique de base
3- porter les charges extérieures et les déplacements (inconnus) appliquées
4- écrire le système d’équations
5- tracer les diagrammes unitaires et celui (ou ceux) des charges extérieures
6- calculer les coefficients de réaction (r
u
ij
, R
iF
)
7- résoudre le système d’équations pour obtenir les déplacements des nœuds
8- passer des diagrammes unitaires aux diagrammes réels en multipliant chaque
diagramme par le déplacement (avec son signe) qui lui correspond
9- tracer le diagramme final des moments par superposition des diagrammes
obtenus à l’étape 8 et du diagramme sous les charges extérieures
10- calculer les efforts N et T comme indiqué au paragraphe (7.7) puis tracer
leurs diagrammes.
∑F
h
=0, ∑F
v
=0
273
192
273
192
273
192
192
273
∑F
h
=0, ∑F
v
=0
ql/1248
168 CALCUL DES STRUCTURES HYPERSTATI QUES
Pour l’étape 6, on tiendra compte des trois observations suivantes :
- Les coefficients r
u
jj
sont toujours strictement supérieurs à zéro.
- Les coefficients r
u
ij
sont différents de zéro seulement quand i et j sont des
nœuds voisins (liés par la barre ij).
- r
u
ij
= r
u
ji
Les efforts normaux sont obtenus à partir des conditions d’équilibre de
translation de chaque barre isolée par des coupes.