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ÉCOLE POLYTECHNIQUE FÉDÉ R ALE DE LA U SANNE F ACULTE D 'E NVIRONNEMENT N
ÉCOLE POLYTECHNIQUE FÉDÉ R ALE DE LA U SANNE F ACULTE D 'E NVIRONNEMENT N

ÉCOLE POLYTECHNIQUE

FÉDÉRALE DE LAUSANNE

FACULTE D'ENVIRONNEMENT NATUREL, ARCHITECTURAL ET CONSTRUIT

ÉNERGÉTIQUE DU BÂTIMENT

Section de Génie Civil, 4 ème /5 ème année

Nicolas Morel et Edgard Gnansounou

(nouvelle édition du cours précédemment donné par Claude-Alain Roulet et Arnaud Dauriat)

Septembre 2008

ÉNERGÉTIQUE DU BÂTIMENT

TABLE DES MATIERES

1 Introduction et rappels de physique du bâtiment

1

1.1

A quoi sert l'énergétique du bâtiment ?

1

1.1.1

Le bâtiment est un gros consommateur d'énergie

1

1.1.2

Le bâtiment devrait être confortable

1

1.1.3

Suivant la conception, la consommation varie énormément

2

1.1.4

Applications de l'énergétique du bâtiment

2

1.2

Quelques rappels de physique du bâtiment

3

1.2.1

Capacité thermique

3

1.2.2

Modes de transfert de chaleur

3

1.2.3

Rayonnement solaire

4

1.2.4

Rayonnement solaire et matière

5

1.2.5

Position du soleil et angles solaires

6

1.3

Exercices

8

2 Les besoins de l'occupant

10

2.1

Confort

10

2.1.1

Confort thermique

10

2.1.2

Facteurs d'inconfort supplémentaires

15

2.1.3

Utilité du modèle de confort thermique

18

2.2

Qualité de l’air

18

2.2.1

Source de polluants et concentrations

19

2.2.2

Concentration de composés gazeux

19

2.2.3

Concentration en vapeur d'eau et humidité relative

21

2.2.4

Odeurs

23

2.3

Aération

24

2.3.1

Nécessité de l'aération

24

2.3.2

Débit minimum requis

24

2.3.3

Conditions générales pour une bonne qualité d'air

26

2.4

Exercices

27

3 Bilan thermique d'éléments du bâtiment

29

3.1

Matériaux d'isolation

29

3.1.1

Conductivité thermique

29

3.1.2

Isolants et conducteurs de la chaleur

30

3.1.3

Qualité des isolants thermiques

30

3.1.4

Les différents matériaux sur le marché

32

3.1.5

Application des isolants thermiques

35

3.1.6

Autres effets des isolants thermiques

38

3.1.7

Homogénéisation de l'isolation thermique

38

3.2

Transmission thermique

42

3.2.1

Éléments plans formés de couches

42

3.2.2

Ponts thermiques

48

3.2.3

Transmission thermique des fenêtres

57

3.2.4

Coefficients de transmission thermiques admissibles

58

3.3

Caractéristiques thermiques dynamiques

59

3.3.1

Définitions

59

3.3.2

Caractéristiques dynamiques des matériaux

60

3.3.3

Réponse indicielle d'un élément de construction

61

3.3.4

Réponse harmonique d'un élément de construction

63

3.3.5

Modèle de paroi en réponse harmonique

65

3.3.6

Calcul approché de la capacité thermique

69

3.3.7

Exemples

70

3.4.1

Effets de l'aération

72

3.4.2

Modélisation de l'aération

72

3.4.3

Effet de cheminée

74

3.4.4

Ouvertures de ventilation

77

3.5

Exercices

79

4 Bilan thermique du bâtiment

81

4.1

Bilan énergétique

81

4.1.1

Délimitation du système

82

4.1.2

Diagramme de Sankey

83

4.1.3

Bilan thermique instantané

84

4.1.4

Bilan thermique moyen

85

4.1.5

Déperditions

86

4.2

Déperditions par transmission

86

4.2.1

Limites du volume chauffé

87

4.2.2

Transmission directe vers l'extérieur

87

4.2.3

Transmission à travers les espaces non chauffés

88

4.2.4

Déperditions par le sol

88

4.3

Déperditions par ventilation

91

4.3.1

Déperditions

91

4.3.2

Récupération de chaleur

92

4.4

Apports d'énergie solaire et gains internes

94

4.4.1

Principe du captages solaire passif

94

4.4.2

Calcul des gains solaires passifs

95

4.4.3

Gains internes

99

4.5

Besoins de chauffage

100

4.5.1

Taux d'utilisation

100

4.6

Exercices

103

5 Installations techniques

 

104

5.1

Introduction

104

5.1.1

De l'énergie finale à l'énergie utile

104

5.1.2

Sources d'énergie finale

104

5.1.3

Éléments de l'installation de chauffage

108

5.1.4

Besoins d'énergie de chauffage

109

5.2

Chaudières à combustible

110

5.2.1

Eléments d'une chaudière

110

5.2.2

Notions de combustion

111

5.2.3

Rendement d'une chaudière

113

5.2.4

Pertes moyennes et rendement annuel

117

5.3

Pompes à chaleur

118

5.3.1

Principe de fonctionnement d'une pompe à chaleur (PAC)

119

5.3.2

Performance d'une pompe à chaleur

120

5.3.3

Considérations pratiques

123

5.4

Installations héliothermiques

125

5.4.1

Le rayonnement solaire

125

5.4.2

Les capteurs héliothermiques

125

5.4.3

Installations thermosolaires

129

5.5

Chauffage à distance

133

5.5.1

Réseau

133

5.6

Chauffage

électrique

135

5.7

Poêles et cheminées

135

5.8

Installations de ventilation mécanique

136

5.8.1

Principe de fonctionnement

136

ÉNERGÉTIQUE DU BÂTIMENT

5.8.3

Efficacité de la ventilation

140

5.9

Refroidissement et climatisation à basse consommation d'énergie

141

5.9.1

Parois climatiques

141

5.9.2

Refroidissement passif

142

5.10

Dimensionnement

147

5.10.1

Principes généraux de dimensionnement

147

5.10.2

Dimensionnement des générateurs de chaleur

148

5.10.3

Dimensionnement des installations de réfrigération

149

5.10.4

Dimensionnement d'installations solaires thermiques

149

5.11

Exercices

151

6 Optimisation économique

153

6.1

Introduction

153

6.2

Concept de l’optimisation économique d’une installation énergétique

154

6.3

Notions d’économie

154

6.3.1

Généralités

154

6.3.2

Méthodes de calcul de rentabilité

157

6.3.3

Investissements

159

6.3.4

Frais courants

160

6.4

Optimisation technico-économique appliquée au bâtiment

161

6.4.1

Fonction objectif-coût

161

6.5

Exercices

163

7 Diagnostic

164

7.1

Introduction

164

7.1.1

Objets et objectifs des mesures

164

7.1.2

Équipement de mesure dans le bâtiment

164

7.1.3

Mesures pour la mise en service

165

7.1.4

Mesures en cours d'exploitation

165

7.2

Mesures concernant la consommation d'énergie

166

7.2.1

Mesures de consommation

166

7.2.2

Indice de dépense d'énergie (IDE)

166

7.2.3

Signature énergétique

167

7.2.4

Méthode H-m

168

7.3

Thermographie

169

7.3.1

Principe

169

7.3.2

Défauts d'isolation et humidité

169

7.3.3

Détection des fuites d'air

170

7.3.4

Précautions et inconvénients

170

7.4

Mesure de l'isolation thermique

170

7.4.1

Objectif de la mesure

170

7.4.2

Méthode fluxmétrique

171

7.4.3

Mesure

172

7.4.4

Interprétation des mesures

172

7.5

Mesure des débits d'air

174

7.6

Mesure de la perméabilité à l'air de l'enveloppe des bâtiments

176

7.6.1

Mesure par pressurisation

176

7.6.2

Expression des résultats et limites

176

7.6.3

Méthode du niveau neutre

177

7.7

Exercices

178

8 Synthèse, interactions

180

8.1

Humidité, isolation et aération

180

8.1.1

Risques relatifs à l'humidité

180

8.1.2

Causes de dégâts dus à l'humidité

180

8.1.4

Condensation interstitielle

182

8.2

Budget énergétique global

183

8.2.1

Énergie et matériaux

184

8.2.2

Budget énergétique du bâtiment

184

8.3

Conception globale

185

8.3.1

Généralités

185

8.3.2

Énergie et pollution

186

8.3.3

Énergie et confort

186

8.4

Exercices

188

9 Solutions des exercices

 

189

9.1 Chapitre 1: Introduction et rappels de physique du bâtiment

189

9.2 Chapitre 2: Les besoins de l'occupant

189

9.3 Chapitre 3: Bilan thermique d'éléments du bâtiment

191

9.4 Chapitre 4: Bilan thermique du bâtiment

195

9.5 Chapitre 5: Installations techniques

197

9.6 Chapitre 6: Optimisation économique

197

9.7 Chapitre

7: Diagnostic

 

197

9.8 Chapitre 8: Conception globale

200

10 Bibliographie

 

202

10.1

Généralités

202

10.2

Notion de confort

202

10.2.1

Manuels

202

10.2.2

Normes,

recommandations

202

10.3

Analyse thermique du bâtiment

202

10.3.1

Manuels

202

10.3.2

Normes,

recommandations

202

10.4

Mesures de diagnostic

203

10.4.1

Manuels

203

10.4.2

Normes,

recommandations

203

11 Annexes

 

204

11.1

Pression de saturation de la vapeur d'eau en Pa

204

11.2

Diagramme de Carrier

205

11.3

Caractéristiques thermiques de quelques matériaux de construction

206

11.4

Emissivités de quelques surfaces à 280 K environ

206

11.5

Gradient, divergence et laplacien

207

11.5.1

Coordonnées

cartésiennes

207

11.5.2

Coordonnées

cylindriques

207

11.5.3

Coordonnées

sphériques

207

11.6

Données météorologiques mensuelles moyennes

208

11.6.1

BERNE

208

11.6.2

LAUSANNE

208

11.6.3

LUGANO

209

11.6.4

SION

209

11.6.5

ZURICH

209

11.7

Facteur de conversion pour le rayonnement solaire

210

11.7.1

Surfaces inclinées, orientation sud

210

11.7.2

Surfaces

verticales

210

11.8

Propriétés thermiques de fenêtres

210

11.9

Coefficients de transmission thermique de cadres

210

11.10

Propriétés thermiques de vitrages

211

11.10.1

Isolation transparente

211

11.11

Pouvoir calorifique inférieur de combustibles

212

ÉNERGÉTIQUE DU BÂTIMENT

 

11.13

Indice de dépense d'énergie

214

12

Index

215

ENERGETIQUE DU BATIMENT

1 INTRODUCTION ET RAPPELS DE PHYSIQUE DU BATIMENT

1.1 A quoi sert l'énergétique du bâtiment ?

1.1.1 Le bâtiment est un gros consommateur d'énergie

Dans les pays industrialisés, les bâtiments consomment une partie importante de l'énergie utilisée par la société et, en conséquence, ils sont source d'une partie non négligeable de la pollution. Cette énergie est l’objet de nombreux usages, notamment:

le chauffage et/ou le refroidissement, pour assurer un climat intérieur confortable la circulation de fluides tels que l'air (ventilation), l'eau (eau chaude, chauffage) les transports (ascenseurs) l'éclairage les communications (téléphone, radio, télévision) la production de biens (fabriques, cuisines, couture, etc.)

Dans les climats tempérés et froids, la plus grande part de l'énergie utilisée par un bâtiment sert au chauffage. Le flux de chaleur généré dans le système de chauffage aboutit inévitablement à l'extérieur par différentes voies plus ou moins directes.

Dans les climats plus chauds, il peut être nécessaire et en tous cas confortable d'abaisser la température intérieure des bâtiments. Ce refroidissement, et l'assèchement de l'air (sous les tropiques) peut aussi être un grand consommateur d'énergie.

1.1.2 Le bâtiment devrait être confortable

Un bâtiment devrait assurer, sans aucune consommation d'énergie, un confort au moins équivalent à celui régnant à l'extérieur.

S'il est bien conçu et construit, il peut fournir un confort nettement supérieur (courbe A de la Figure 1.1). Un tel bâtiment ne surchauffe pas ou peu en été et profite des gains solaires pendant les périodes froides, pour raccourcir la saison de chauffage.

Période de refroidissement pour B

Chauffage pour A. Zone de confort A: bon bâtiment B: bâtiment inadapté C: climat extérieur
Chauffage
pour A.
Zone de confort
A: bon bâtiment
B: bâtiment inadapté
C: climat extérieur
Longue période de chauffage pour B
Hiver
Printemps
Eté
Automne
Hiver
Température

Figure 1.1: Évolution des températures dans des bâtiments au cours de l'année, sans effet des installations techniques de chauffage ou climatisation. La bande grisée représente les exigences de confort. C représente la température extérieure, A un bâtiment bien conçu et B un bâtiment inadapté à son climat.

1 - INTRODUCTION ET RAPPELS DE PHYSIQUE DU BÂTIMENT

Un bâtiment inadapté à son climat, (un exemple typique est un hôtel d'une grande chaîne internationale quelconque) a tendance à surchauffer en saison chaude et à être glacial en saison froide. Ces bâtiments consomment de grandes quantités d'énergie pour assurer un confort acceptable.

1.1.3 Suivant la conception, la consommation varie énormément

Un indice souvent utilisé pour comparer la consommation d'énergie des bâtiments est l'Indice de Dépense d'Énergie, ou IDE. On obtient cet indice en divisant la consommation annuelle d'énergie totale (de tous les agents énergétiques) exprimée en MJ (ou en kWh) par la surface brute de plancher chauffé (murs inclus). Cet indice est expliqué plus en détail dans la section 7.2.2, et la norme SIA 180/4 donne le mode de calcul officiel en Suisse.

Hors norme

Selon anciennes normes

Selon normes actuelles

Solaire passifs, Minergie

0 500 1000 1500 2000
0
500
1000
1500
2000

Indice de dépense d'énergie [MJ/m²]

Figure 1.2: Gammes d'indices de dépense d'énergie de bâtiments

La Figure 1.2 montre les gammes d'indices de dépense d'énergie de bâtiments suisses. On notera la large dispersion des valeurs, allant de presque zéro à plusieurs milliers de mégajoules par mètre carré pour certains bâtiments.

De nombreux exemples montrent qu'une forte consommation d'énergie ne va pas forcément de pair avec un confort élevé. Au contraire, la plupart des bâtiments à forte consommation sont inconfortables, et de nombreux bâtiments à basse consommation offrent un environnement intérieur de très bonne qualité.

La consommation annuelle d'un bâtiment résidentiel moyen suisse est d'environ 700 MJ par mètre carré de plancher chauffé, ce qui équivaut à environ 20 litres de mazout. On peut comparer ce chiffre à la consommation d'une grosse voiture américaine pour 100 km.

Les bâtiments bien isolés, construits selon les nouvelles normes, présentent une consommation annuelle moyenne réduite à moins de la moitié, soit 325 MJ/m ² ou 10 litres de mazout, chiffre comparable à la consommation d'une voiture européenne moyenne pour 100 km.

Les bâtiments à basse consommation d'énergie existants, non seulement bien isolés mais encore construits pour utiliser au mieux les gains solaires passifs, présentent une consommation annuelle de moins de 160 MJ/m², soit environ 4 litres de mazout. Voilà enfin un chiffre comparable à la consommation d'une voiture économique. De tels bâtiments existent, sont habités et trouvés très confortables. Leur coût de construction est égal ou très légèrement supérieur (quelque pour-cent) à celui d'un bâtiment classique conforme aux normes modernes. Ce surcoût est dû en partie aux frais d'étude, ces bâtiments nécessitant une planification plus soigneuse que les constructions usuelles. Ils sont toutefois encore rares et l'on ne peut que regretter que l'on ose encore construire autre chose!

1.1.4 Applications de l'énergétique du bâtiment

Pour limiter la consommation d'énergie à des valeurs raisonnables, il est nécessaire de savoir où agir. Il faut donc pouvoir prédire les flux d'énergie dans le bâtiment, afin d'agir là où les

ENERGETIQUE DU BATIMENT

mesures d'économie d'énergie seront les plus efficaces et les mieux à même d'offrir un confort élevé.

La connaissance des flux d'énergie au travers d'un bâtiment est nécessaire à la prise de décisions ou à la planification de travaux, notamment pour les tâches suivantes:

Tenir compte de tous les critères voulus dans le choix de stratégies possibles lors de rénovation ou de construction d'ensemble d'immeubles. Parmi les critères à envisager, il y a non seulement le coût, l'esthétique ou l'habitabilité, mais aussi la consommation d'énergie. dimensionner correctement les installations énergétiques, en calculant la puissance de pointe minimum nécessaire; prévoir la consommation annuelle et la minimiser en choisissant la variante la plus économique globalement, tout en tenant compte du confort et des contraintes architecturales.

Diminuer la consommation d'énergie primaire en minimisant tous ces flux, en les faisant passer aux bons endroits et en captant au mieux la chaleur de l'environnement (énergie solaire, pompes à chaleur) est un problème où la physique a déjà apporté des solutions et qui continue à être étudié. Les solutions à ce problème particulier peuvent entraîner des problèmes ailleurs, et en tous cas ont une influence sur les diverses caractéristiques du bâtiment. De ce fait, il ne faut pas se restreindre à des examens sectoriels pour résoudre des problèmes dans le bâtiment, mais toujours envisager toutes les conséquences d'une modification.

Le but premier de ce cours est de présenter des modèles physiques du bâtiment, de ses installations et des occupants, permettant de mieux comprendre l'écoulement des flux d'énergie au travers du bâtiment.

1.2 Quelques rappels de physique du bâtiment

1.2.1 Capacité thermique

La chaleur est l'énergie liée à l'agitation aléatoire des molécules constituant la matière. Cette agitation se mesure par la température, et la chaleur par l'augmentation de température obtenue dans un matériau donné. Pour chauffer une masse m [kg] d'un matériau de chaleur spécifique c [J/kg K], de la différence de température Δθ [K], il faut une quantité de chaleur Q [J] donnée par l'expression ci-dessous:

Q = m c Δθ

(1.1)

1.2.2 Modes de transfert de chaleur

La chaleur passe naturellement de zones chaudes aux zones froides, en utilisant essentiellement quatre modes de transport:

La conduction, qui est la transmission de proche en proche de l'agitation moléculaire par chocs entre molécules;

La convection, transport de chaleur par transport (naturel ou forcé) de matières chaudes vers une zone froide ou vice versa;

Le rayonnement, ou transport de chaleur par émission et absorption de rayonnement électromagnétique par les surfaces des corps;

ou transport de ch aleur par émission et absorption de rayonnement électromagnétique par les surfaces des
ou transport de ch aleur par émission et absorption de rayonnement électromagnétique par les surfaces des

1 - INTRODUCTION ET RAPPELS DE PHYSIQUE DU BÂTIMENT

L'évaporation-condensation: la chaleur cédée à un matériau pour l'évaporer est restituée à la surface sur laquelle la vapeur se condense.

Ce dernier phénomène implique une migration combinée de chaleur et d'eau. Il peut être la source de problèmes d'humidité (moisissures, gel, dégâts) rencontrés dans des bâtiments.

Le transfert de chaleur implique un flux de chaleur (en Watt) qui exprime la quantité d'énergie passant chaque seconde au travers d'une surface quelconque, ou, localement, une densité de flux de chaleur (en W/m ² ) qui exprime la quantité d'énergie transmise chaque seconde au travers d'une surface unité.

Les modèles mathématiques utilisés pour décrire le transfert de chaleur dans le bâtiment sont décrits dans les chapitres où ils sont utilisés.

1.2.3 Rayonnement solaire

(La section consacrée au rayonnement solaire a été reprise de la référence LESO 2006. Ce site web présente par ailleurs un "digest" d'énergétique du bâtiment sous forme d'un module e- learning.)

L'énergie produite par les réactions thermonucléaires dans le soleil est rayonnée dans l'espace sous forme d'ondes électromagnétiques dans un spectre très étalé (des ondes métriques aux rayons gammas en passant par la lumière visible). La densité de flux d'énergie à la surface apparente du soleil est de 64 MW (million de Watts) par mètre carré. Cette densité diminue en fonction directe du carré de la distance. Ainsi, aux confins de l'atmosphère (donc à 150 million de km du soleil), la densité de flux totale vaut en moyenne 1367 W/m², essentiellement reçu dans la bande de 0,3 micron (ultraviolet) à 2,5 micron (infrarouge proche). L'intensité maximale se trouve à 0,55 micron, correspondant à la couleur verte.

L'absorption et la diffusion atmosphérique a pour effet de diminuer cette intensité d'une manière générale dans toutes les longueurs d'onde et plus fortement dans certaines bandes d'absorption moléculaires des composants de l'air. La figure suivante montre le spectre du rayonnement solaire en dehors de l'atmosphère et au niveau de la mer, par ciel serein

Corps noir à 5800 K - 2,0 Rayonnement solaire aux confins de l'atmosphère 1,5 -
Corps noir à 5800 K
-
2,0
Rayonnement solaire
aux confins de l'atmosphère
1,5
-
Rayonnement solaire
1,0
-
au niveau de la mer.
Ciel serein, soleil à 30°
au-dessus de l'horizon
0,5 -
UV
visible
IR
0 -
0
0,5
1,0
1,5
2,0
2,5
Energie [kW/(m²·µ)]

Longueur d'onde [µm]

Figure 1.3: Spectre du rayonnement solaire

Au niveau du sol, le rayonnement direct, provenant en droite ligne du soleil est donc diminué en intensité et son spectre est modifié. De plus, une composante diffuse apparaît, provenant du ciel bleu par temps ensoleillé, et des nuages plus ou moins gris par temps couvert. L'intensité de ces deux composantes doit être prise en compte pour le calcul des gains solaires.

ENERGETIQUE DU BATIMENT

La puissance totale du rayonnement solaire reçu par la Terre est de l'ordre de 170'000 TW, mais une partie de ce rayonnement est directement réfléchie vers l'espace. A la surface de la Terre, les endroits les plus ensoleillés, comme le sud du Sahara, reçoivent annuellement environ 2000 kWh/m 2 . En région tempérée, on en reçoit encore plus de la moitié. Par exemple en Suisse, la station la plus ensoleillée, Zermatt, reçoit annuellement 1480 kWh/m , et la région la moins favorisée, Lucerne, reçoit tout de même 1109 kWh/m 2 .

Aux altitudes usuelles (proches du niveau de la mer) et dans la zone tempérée, le rayonnement global (la somme de la composante directe et de la composante diffuse) est au maximum de

l'ordre de 1000 W/m 2

sur une surface perpendiculaire au rayonnement solaire. Dans ces

mêmes conditions, l'intensité du rayonnement diffus représente environ le quart ou le tiers du

rayonnement global. Dans le cas de ciels couverts, il n'y a plus de composante directe, et la composante diffuse, dont la distribution est d'autant plus isotrope que le ciel est plus couvert,

sur une surface horizontale pour

devient bien plus faible, par exemple de l'ordre de 100 W/m un ciel bien couvert.

2

2

1.2.4 Rayonnement solaire et matière

La densité d'énergie que reçoit une surface soumise à un rayonnement direct dépend de l'angle d'incidence θ, soit l'angle que forme la normale à cette surface avec la direction des rayons incidents.

Une surface perpendiculaire au rayonnement (θ = 0°) reçoit un maximum d'énergie et plus l'angle d'incidence augmente, plus la quantité d'énergie reçue diminue.

augmente, plus la quantité d'énergie reçue diminue. θ = 0° θ = 60° Figure 1.4: Incidence

θ = 0°

θ = 60°

Figure 1.4: Incidence du rayonnement solaire sur une surface

La puissance incidente sur la surface I s [W/m 2 ], en ne tenant compte que de la composante directe perpendiculaire du rayonnement I b [W/m ], est égale à:

2

I s = I b · cos(θ)

(1.2)

θ étant l'angle d'incidence du rayonnement, soit l'angle entre la normale à la surface et la direction du rayonnement incident.

Remarques :

Avec un angle d'incidence de l'ordre de 30°, une surface intercepte encore 90% du maximum; ensuite, cette fraction diminue très rapidement.

La quantité d'énergie interceptée dépend de la superficie de la surface d'interception.

On ne parle ici que de l'énergie fournie par le rayonnement direct; le rayonnement diffus apporte lui aussi de l'énergie.

Lorsqu'un rayon est intercepté par une surface, il peut être réfléchi, transmis et/ou absorbé. Une surface polie (miroir) réfléchit la lumière de façon ordonnée alors qu'une surface dépolie (feuille de papier) réfléchit la lumière en la dispersant.

1 - INTRODUCTION ET RAPPELS DE PHYSIQUE DU BÂTIMENT

La couleur perçue d'un objet se compose des radiations réfléchies par sa surface. Certaines longueurs d'ondes sont réfléchies, d'autres sont absorbées par le matériau.

Le rayonnement absorbé par une surface est immédiatement transformé en chaleur. Un morceau de charbon absorbe toutes les longueurs d'ondes et a tendance à s'échauffer car il reçoit beaucoup de chaleur. On le voit noir (= absence de radiations) puisqu'il ne réfléchit aucune onde visible. La neige réfléchit les ondes de toutes les longueurs et on la voit blanche (= toutes les ondes du spectre visible). Une cerise ne réfléchit que les ondes de la longueur d'onde correspondant au rouge (= 759,4 nm).

Certains corps n'interceptent pas les ondes visibles du rayonnement solaire; ils les transmettent: ils sont transparents. Un vitrage à verre simple transmet 85 % du rayonnement solaire.

1.2.5 Position du soleil et angles solaires

Le mouvement du soleil qu'on peut observer depuis la terre n'est qu'apparent puisqu'en fait c'est la terre qui tourne autour du soleil.

La terre subit deux mouvements simultanés :

Un mouvement de rotation sur elle-même selon un axe incliné. La terre fait un tour sur elle-même en 24 heures (un jour).

Un mouvement de rotation autour du soleil. La terre fait un tour en 365,25 jours (une année).

Ces mouvements provoquent les mouvements apparents du soleil:

La rotation de la terre sur elle-même provoque un mouvement apparent du soleil de l'est vers l'ouest du matin au soir

La rotation de la terre autour du soleil explique qu'en été le soleil passe plus haut dans le ciel qu'en hiver.

Le schéma suivant montre la course du soleil dans le ciel d'une ville de l'hémisphère nord.

montre la course du soleil dans le ciel d'une ville de l'hémisphère nord. Figure 1.5: Mouvement

Figure 1.5: Mouvement du soleil

ENERGETIQUE DU BATIMENT

L'angle compris entre le plan équatorial terrestre (perpendiculaire à l'axe de rotation de la Terre) et l'axe de rotation de la Terre autour du soleil (plan de l'écliptique) est appelé déclinaison géocentrique δ. Il varie au cours de l'année entre -23.45° et +23.45°. Sa variation peut être décrite par la relation approchée suivante:

δ = 23,45° · sin((n-81) ·360/365)

(1.3)

où l'angle du sinus est exprimé en degrés, et n est le numéro du jour dans l'année.

Temps légal et temps solaire vrai

Le temps solaire vrai est défini par le passage du Soleil au sommet de sa course à midi vrai, instant auquel il occupe exactement le sud géographique de l'observateur (dans l'hémisphère sud !). Le temps légal H v et le temps solaire H s sont reliés par l'équation suivante:

H v [h] = H s [h] + ΔH + Long/15 - F

(1.4)

où:

Long = longitude [°], positive à l'est et négative à l'ouest

F = décalage entre l'heure légale dans le fuseau horaire considéré et l'heure légale au méridien de Greenwich [h], positif à l'est et négatif à l'ouest

ΔH = équation du temps [h], tenant compte de deux corrections (l'une dépendant de l'ellipticité du mouvement de la Terre autour du Soleil, l'autre de la déclinaison géocentrique),

et donnée par la figure ci-dessous.

géocentrique), et donnée par la figure ci-dessous. Figure 1.6: Equation du temps Δ H [minutes] Exemple:

Figure 1.6: Equation du temps ΔH [minutes]

Exemple: à quelle heure le Soleil passe-t-il au sud à Lausanne le 14 février ?

Réponse: à cette date, ΔH = -14 minutes. La longitude de Lausanne est de 6,62° est, et le fuseau horaire +1, correspondant à un décalage de 60 minutes. On a donc H v = H s - 14 minutes + 6.62 ·60 / 15 - 60 minutes = H s - 48 minutes.

Angles solaires

Les angles solaires suivants sont utilisés dans les calculs de rayonnement solaire.

1 - INTRODUCTION ET RAPPELS DE PHYSIQUE DU BÂTIMENT

L'angle horaire ω est l'angle décrit par le soleil dans son mouvement apparent, projeté sur un plan perpendiculaire à l'axe de rotation de la Terre. Pour midi solaire, il vaut zéro, et est négatif le matin et positif l'après-midi.

ω = 15°

· (H s - 12)

(1.5)

H s étant l'heure solaire par rapport au midi solaire (H s < 12 le matin, H s > 12 l'après-midi)

L'angle zénithal θ z est l'angle que fait la direction du soleil avec la verticale.

cos θ z = sin δ · sin φ + cos δ · cos φ · cos ω

(1.6)

δ est la déclinaison (voir ci-dessus), φ la latitude du lieu (comprise entre -90 ° au pôle sud et +90 ° au pôle nord, zéro à l'équateur), et ω l'angle horaire. On utilise parfois aussi la hauteur du soleil, qui est égale à 90° - θ z . Un angle zénithal plus grand que 90° correspond au fait que le soleil est en-dessous de l'horizon.

au fait que le soleil est en-dessous de l'horizon. Figure 1.7: Schéma montrant la relation entre

Figure 1.7: Schéma montrant la relation entre la déclinaison, la latitude et la hauteur du soleil à midi solaire.

La relation générale permettant de calculer l'angle θ que fait la direction du soleil avec la normale à un plan quelconque, d'orientation γ (angle entre la direction du sud et la projection sur un plan horizontal de la normale à la surface, zéro pour le sud, < 0 à l'est, et > 0 à l'ouest) et de pente β (angle entre la verticale et la normale à la surface, zéro pour une surface horizontale, 90° pour une surface verticale, compris entre 90° et 180° pour une surface regardant partiellement vers le sol), est donnée ci-dessous.

cos θ = sin δ · sin φ · cos β -

sin δ · cos φ · sin β · cos ω· cos γ

+ cos δ · cos φ · cos β · cos ω + cos δ · sin φ · sin β · cos γ · cos ω

+ cos δ · sin β · sin γ · sin ω

(1.7)

1.3

Exercices

1. Sachant que chaque Suisse occupe environ 50 m² de plancher chauffé, estimer le potentiel d'économie d'énergie des bâtiments en Suisse. L'indice de dépense d'énergie moyen en Suisse est actuellement 700 MJ/m² environ.

ENERGETIQUE DU BATIMENT

2. Calculer la quantité de chaleur nécessaire pour chauffer l'eau d'une douche (environ 20 litres à 40°C) et la puissance qu'il faut pour un débit de 6 litres par minute.

2 - LES BESOINS DE L'OCCUPANT

2 LES BESOINS DE L'OCCUPANT

Le rôle premier d'un bâtiment est de protéger ses occupants des rigueurs du climat extérieur. Un bâtiment confortable assure à ses habitants un climat intérieur agréable et peu dépendant des conditions extérieures, notamment météorologiques et acoustiques. La gestion optimale de l'énergie, quoique très importante du point de vue de son impact sur l'environnement, intervient en deuxième priorité, lorsque que les conditions de confort sont satisfaites.

Les exigences actuelles peuvent être classées en plusieurs catégories, qui interagissent entre elles: exigences de confort thermique, exigences de qualité d'air, besoins en éclairage, protection acoustique et exigences en termes de consommation d'énergie.

Il doit être clair que les besoins des occupants passent avant les exigences énergétiques. Le bâtiment est d'abord construit pour assurer le bien être de l'occupant, et non pour économiser de l'énergie. Dans le cas contraire, on économiserait un maximum d'énergie en ne construisant pas le bâtiment, ou en ne le chauffant pas en hiver. Il n'est toutefois pas correct de gaspiller l'énergie, notamment parce que la pollution qui en résulte est nuisible à l'occupant.

Il faut toutefois insister sur le fait qu'un bon confort n'implique pas automatiquement une grande consommation d'énergie. Par une planification intelligente et intégrée, il est parfaitement possible d'assurer une excellente qualité d'environnement intérieur avec une très faible consommation d'énergie.

2.1

Confort

Le confort est un état de bien être général. Il est mesuré a contrario par le taux d'insatisfaction des occupants. Indépendamment des conditions propres à l'individu (métabolisme, activité, habillement), il est reconnu que les paramètres suivants interviennent dans le confort, en plus des paramètres qui caractérisent l'individu lui-même (taux d'activité, habillement, etc):

Conditions thermiques:

Température de l'air Sources de rayonnement (radiateurs, poêles, soleil) Température des surfaces environnantes Perméabilité thermique des surfaces en contact avec le corps

Qualité de l'air:

Vitesse relative de l'air par rapport au sujet Humidité relative de l'air Pureté ou pollution de l'air, odeurs

Acoustique:

Niveau de bruit, nuisance acoustique Temps de réverbération (durée d'écho)

Visuel:

Éclairage naturel et artificiel Couleurs Volumes intérieur et distribution des volumes

Autres influences:

Degré d'occupation des locaux "Ambiance" etc.

Nous nous limiterons ici essentiellement aux conditions thermiques et aérauliques.

2.1.1 Confort thermique

Le confort est donc une sensation physiologique faisant intervenir plus d'un paramètre. Le confort thermique ne tient compte que des paramètres suivants:

Les facteurs liés à l'individu:

o

Son activité et le rendement de cette activité

o

Son habillement

Les facteurs liés à l'environnement:

ENERGÉTIQUE DU BÂTIMENT

o

Températures de l'air et des surfaces environnantes

o

Vitesse relative de l'air et le degré de turbulence

o

Pression de vapeur d'eau ou humidité relative

En effet, la chaleur dégagée par le métabolisme, plus ou moins grande selon l'activité, est éliminée, directement ou au travers des habits, par convection et conduction vers l'air ambiant, par rayonnement vers les surfaces voisines et par évapotranspiration dans l'air (Figure 2.1). On notera que, dans la zone confortable, les échanges par rayonnement, convection - conduction et évapotranspiration se répartissent en trois parts approximativement égales.

Ainsi, contrairement à ce qui est généralement admis, il est erroné de vouloir satisfaire ces critères de confort par une simple régulation de la température de l'air intérieur de l'habitation.

180 160 140 120 100 Évapo-transpiration 80 Convection Conduction 60 40 Rayonnement 20 0 10
180
160
140
120
100
Évapo-transpiration
80
Convection
Conduction
60
40
Rayonnement
20
0
10
12
14
16
18
20
22
24
26
28
30
32
34
36
Flux de chaleur [W]

Température ambiante [°C]

Figure 2.1: Répartition des échanges de chaleur d'une personne en fonction de la température ambiante, supposée homogène.

Il est usuel de quantifier la sensation de confort en utilisant l'échelle suivante [Fanger, 1982; EN ISO 7730]:

-3

très froid

-2

froid

insatisfait parce que trop froid

-1

frais

0

confortable

satisfait

1

tiède

2

chaud

insatisfait parce que trop chaud

3

très chaud

Une autre méthode consiste à compter le pourcentage de personnes insatisfaites des conditions de confort. Ce pourcentage est directement lié au vote moyen d'une population donnée. On a ainsi deux paramètres permettant de mesurer le confort thermique:

Le vote moyen prévisible, appelé PMV (Predicted Mean Vote), qui est l'appréciation moyenne d'une population dans un environnement donné, sur l'échelle de -3 à + 3. Le confort optimal correspond à un PMV nul.

2 - LES BESOINS DE L'OCCUPANT

Le pourcentage prévisible d'insatisfaits, appelé PPD (Predicted Percentage of Dissatisfied) qui exprime la part des sujets insatisfaits dans une condition donnée. La Figure 2.2 montre la relation entre le PPD et le PMV, qui peut être calculée par la relation empirique suivante:

PPD = 1 - 0,95 exp(-0.03353 PMV 4 - 0,2179 PMV 2 )

(2.1)

A cause des différences physiologiques, il s'avère impossible de satisfaire tout le monde en réunissant des conditions "idéales". Par contre, il est possible de créer un environnement dans lequel le pourcentage de personnes satisfaites est maximum.

90% 80% 70% 60% 50% 40% 30% 20% 10% 0% -3 -2 -1 0 1
90%
80%
70%
60%
50%
40%
30%
20%
10%
0%
-3
-2
-1
0
1
2
3
PPD

PMV

Figure 2.2: Relation entre le pourcentage d'insatisfaits (PPD) et le vote moyen (PMV). [EN ISO 7730]

Ainsi, avec un PMV nul, il reste 5 % d'insatisfaits. Ce nombre monte à 10 % pour un PMV = ± 0,5 et 20 % pour un PMV = ± 0,84.

En comparant le vote d'un grand nombre de personnes mises dans des conditions de confort diverses avec leur bilan thermique donné par des relations bien connues de la physique, Fanger [1982] a établi une équation prédisant le PMV à partir des paramètres de confort qui sont énumérés dans la Table 2.1 ci-dessous.

Température de l'air Température radiante moyenne Vitesse relative de l'air Pression partielle de vapeur d'eau Activité métabolique du sujet Son travail mécanique fourni Surface de peau du sujet

Activité spécifique du sujet Son travail spécifique La résistance thermique des habits

ou La fraction de la surface habillée

l'habillement

θ a [°C] ou T a [K]

θ mrt [°C] ou T mrt [K]

v [m/s]

p [Pa]

M [Watt]

W [Watt]

A [m 2 ]

m

w

R

]

= W/A [W/m 2 ]

= M/A [W/m

2

[m 2 K/W]

[Clo] = R/0.155

f

Table 2.1: Paramètres influant le confort thermique.

L'équation de Fanger est donnée ci-dessous. Dans cette équation, toutes les variables sont exprimées en unités SI.

PMV =

( 0.303 exp(-0.036 m) + 0,028 ) [m-w - 0,00305 ( 5733 - 6.99 (m-w) - p ) - 0,42 (m-w - 58.15) - 0,000017 m (5867 - p) - 0,0014 m (307 - T a ) - F]

(2.2)

où la fonction d'habillement F est donnée par:

F = 3.96 10 -8 f(T cl 4 - T mrt 4 ) + f h (T cl - T a )

ENERGÉTIQUE DU BÂTIMENT

(2.3)

Pour le coefficient h de transfert thermique des habits, on prend celle des deux expressions ci-dessous qui donne la valeur la plus grande:

h = 2,38 (T cl -T a ) 1/4

ou

h = 12,06

v
v

(2.4)

La température (absolue) des habits T cl est donnée en résolvant l'équation implicite:

Tcl = 308,9 - 0,028 (m - w) - R F

(2.5)

La fraction de surface habillée f peut être estimée par :

f

= 1,00 + 1,290 R

si R < 0,078 m 2 K/W

f

= 1,05 + 0,645 R

si R > 0,078 m 2 K/W

(2.6)

La résolution de l'équation de Fanger nécessite l'usage d'un ordinateur. Ainsi, pour des applications pratiques, un diagramme de confort a été calculé pour une combinaison courante des paramètres physiques. La Figure 2.3 donne la température opérative idéale, c'est à dire celle qui donne un PMV nul en fonction de l'activité et de l'habillement, et ce pour une vitesse de l'air basse (moins de 0,1 m/s) et une humidité relative normale (35 à 65%). Les parties ombrées donnent l'écart acceptable autour de la température idéale tel que -0.5 < PMV < 0,5, donc les domaines où il n'y aurait que 10% d'insatisfaits.

La température opérative est une moyenne pondérée de la température de l'air et de la température radiante:

θ op = a θ a + (1 - a) θ r

a = 0,5 + 0,25v

(2.7)

(2.8)

v étant la vitesse relative de l'air.

Il peut arriver que les diverses surfaces délimitant une chambre ne soient pas à la même température. La température radiante moyenne en un endroit est la température qu'aurait un corps noir qui entourerait entièrement l'endroit donné et irradierait une petite sphère (noire elle aussi) placée à cet endroit avec la même puissance que celle reçue en réalité par cette sphère.

L'humidité de l'air n'a que peu d'influence sur la sensation de confort tant qu'elle est comprise entre 30 et 70 % et que les autres paramètres de confort donnent un PMV inférieur à 1.

Activité

Dégagement de chaleur

[met]

[W/m²]†

[W/pers]*

Couché, inactif, sommeil Assis inactif Activité sédentaire (bureau, lecture, études) Debout, inactif Activité légère, debout (magasin, établi, laboratoire) Travail debout (ménage, atelier) Marche (4 km/h) Travail intensif (mécanique lourde) Marche (5 km/h) Course (10 km/h)

0,8

46

83

1,0

58

104

1,2

70

126

1,2

70

126

1,6

93

167

2,0

116

209

2,8

162

292

3,0

174

313

3,4

197

354

8,0

464

834

2 - LES BESOINS DE L'OCCUPANT

† par rapport à la surface du corps. * valable pour une personne de 1,8 m 2 de surface corporelle (par ex. taille 1.7 m, poids 69 kg)

Table 2.2 : Taux de métabolisme moyen correspondant à diverses activités [EN ISO 7730]

Pour utiliser l'équation de Fanger, il faut connaître les valeurs des différentes variables. Les

températures, l'humidité et la vitesse de l'air se mesurent sur place ou se calculent au moyen de modèles. On utilisera la

Table 2.2 pour les taux de métabolisme et la Table 2.3 pour l'habillement. Ces valeurs ont été mesurées en laboratoire.

Le taux de métabolisme ou l'activité peut être rapporté à un taux conventionnel, par exemple celui d'un individu assis tranquille. L'unité est alors le met, qui correspond à une puissance de 58 W dissipée par mètre carré de surface du corps.

de 58 W dissipée par mètre carré de surface du corps. Figure 2.3: Température opérative idéale

Figure 2.3: Température opérative idéale en fonction de l'habillement et du métabolisme [EN ISO 7730]. Les valeurs notées dans les ovales, et correspondant pour chacune à une zone du graphique (blanc ou hachuré) représentent l'écart de température (par rapport à la température opérative idéale) pour laquelle le PMV vaut ±0,5. Par exemple pour 1 clo et 1 met, la température opérative idéale est d'environ 23°C, et la zone usuellement considérée comme confortable (PMV ±0,5) correspond à l'intervalle [21°C;25°C].

ENERGÉTIQUE DU BÂTIMENT

Tenue vestimentaire

[clo]

[m²K/W]

Nu, debout Shorts, costume de bain Tenue tropicale: slip, chemise courte à col ouvert, shorts, chaussettes légères et sandales Tenue d'été: slip, chemise courte, pantalons longs légers ou jupe chaussettes légères et chaussures Tenue de travail légère: sous-vêtements légers, chemise courte à col ouvert, pantalons de travail, chaussettes et chaussures Tenue d'intérieur d'hiver: sous-vêtements, chemise à manches longues, pull-over, pantalons ou robe, chaussettes épaisses et chaussures Tenue de ville d'hiver: idem mais sous-vêtements à manches et jambes longues, et veste. Tenue d'hiver fourrée

0,0

0,0

0,1

0,015

0,3

0,045

0,5

0,08

0,7

0,11

1,0

0,15

1,5

0,23

3,0

0,45

Table 2.3: Valeurs en clo pour quelques habillements [EN ISO 7730]

L'habillement représente une résistance thermique entre la surface de la peau et l'environnement. On peut donc, à l'aide de mannequins chauffants, mesurer cette résistance thermique et l'exprimer en m 2 K/W. Il est aussi usuel de l'exprimer en clo (pour clothing). 1 clo correspond à une résistance thermique de 0,155 m 2 K/W. C'est la résistance thermique du complet - veston. Quelques exemples sont donnés dans la Table 2.3.

L'équation de Fanger est utilisable dans le domaine de variation suivant :

métabolisme de 46 à 230 W/m 2 (0.8 à 4 met); habillement de 0 à 2 clo pour résistance thermique des habits de 0 à 0,310 m 2 K/W ; température de l'air de 10 à 30 °C; température radiante moyenne de 10 à 40 °C; vitesse relative de l'air inférieure à 1 m/s; pression partielle de vapeur d'eau de 0 à 2700 Pa.

La conséquence pratique pour les bâtiments commerciaux et les logements (où l'activité avoisine 1.1 met) est que la température opérative idéale en hiver (habillement de 1 clo) est comprise entre 20 et 24°C, alors qu'en été (habillement de 0,5 clo) elle est comprise entre 22 et 26°C. Rappelons qu'il ne s'agit pas de la température de l'air seulement, mais d'une combinaison entre celle-ci et la température radiante.

2.1.2

Facteurs d'inconfort supplémentaires

2.1.2.1

Courants d'air

L'équation de Fanger ne tient pas compte de certains facteurs d'inconfort supplémentaires tels que les gradients de température, les contacts avec les surfaces froides, l'effet désagréable des courants d'air ou les effets dynamiques.

Le pourcentage d'individus ressentant des courants d'air alors que, à vitesse d'air nulle, leur confort est idéal, dépend non seulement de la vitesse et de la température de l'air mais aussi de son degré de turbulence.

2 - LES BESOINS DE L'OCCUPANT

0,5 0,4 0,3 0,2 0,1 Temps 0,0 0 5 10 15 20 Vitesse d'ai
0,5
0,4
0,3
0,2
0,1
Temps
0,0
0
5
10
15
20
Vitesse d'ai

Figure 2.4: Vitesse d'air dans un écoulement turbulent, mesurée avec un anémomètre rapide.

La vitesse de l'air par rapport au sujet varie en fonction du temps à cause de la turbulence. A partir de nombreuses mesures de la vitesse considérée comme une variable aléatoire, on peut définir la vitesse moyenne, v, et l'écart standard σ de cette vitesse,:

v =

N

i = 1

v

i

N

2

σ

=

1

N

1

N

i = 1

(

v

i

v

)

2

(2.9)

L'intensité de turbulence est définie par le rapport σ/v. Le pourcentage d'insatisfaits est alors donné par la relation empirique [Fanger et al, 1988]:

PD =

max

0

v 0,05

⎞ ⎤

⎠ ⎦

0,6223

(

3,143

+

36,96

σ

)

(

34

θ

a

)

(2.10)

θ a est la température de l'air.

On peut déduire de cette relation la température nécessaire pour limiter le pourcentage d'insatisfaits à une valeur donnée:

θ

a ,min

=

34

PD

0,6223

max

0

v 0,05

⎟ ⎞

(

3,143

+

36,96

σ

)

(2.11)

Cette relation est à la base de la Figure 2.5. On voit par exemple que, pour limiter le pourcentage d'insatisfaits à 10% si la vitesse de l'air est de 0,4 m/s, il faut une température d'au moins 28°C en régime laminaire (turbulence nulle) ou 33°C par forte turbulence.

0.5 Intensité de turbulence: 0.4 20% 50% 100% Risque de 0.3 plaintes 0.2 Zone 0.1
0.5
Intensité de turbulence:
0.4
20%
50%
100%
Risque
de
0.3
plaintes
0.2
Zone
0.1
confortable
0.0
15
20
25
30
35
Vitesse moyenne de l'air [m/s]

Température [°C]

Figure 2.5: Combinaisons de vitesse moyenne, d'intensité de turbulence et de température qui cause 10% d'insatisfaits .

En règle générale, on évite de causer des courants d'air dont la vitesse excède 0,2 m/s dans la zone occupée. Il est même recommandé de ne pas dépasser 0,1 m/s.

ENERGÉTIQUE DU BÂTIMENT

2.1.2.2 Gradients de température

Les figures suivantes sont basées sur des expériences portant sur un nombre relativement restreint d'individus (une centaine). Elles donnent une indication sur l'influence de divers paramètres sur la satisfaction des usagers [Fanger, 1983].

Pour les figures qui suivent, les paramètres de confort non mentionnés sont supposés "normaux", à savoir : vitesse de l'air nulle, gradients de température nuls, température radiante égale à la température de l'air et humidité relative "normale". De plus, les conditions thermiques étaient telles que le PMV calculé selon l'équation (3.3) soit nul. Le pourcentage d'insatisfaits donné par les figures s'ajoute donc au 5 % usuels pour un PMV nul.

Ces diagrammes permettent de définir des conditions de confort acceptables, ou d'estimer le PMV ou le PPD dans une condition donnée, à un instant donné. Dans de nombreux pays ayant adopté la méthode de Fanger, on admet que l'habitation est satisfaisante si le PPD ne dépasse pas 10 %.

L'asymétrie de température radiante par elle même peut engendrer une sensation d'inconfort (Figure 2.6). Cette asymétrie est définie par la différence de température radiante moyenne entre les deux faces d'une petite surface, chacune des faces voyant la moitié de la pièce. On notera que le plafond chaud est nettement moins bien supporté qu'un plafond froid, alors qu'une paroi chaude est préférée à une paroi froide.

100 Plafond chaud Paroi froide Plafond froid 10 Paroi chaude 1 0 10 20 30
100
Plafond chaud
Paroi froide
Plafond froid
10
Paroi chaude
1
0
10
20
30
Pourcentage d'insatisfait
Pourcentage d'insatisfaits

100

10

1

Assymétrie de température radiante [K]

0 2 4 6 8 10
0
2
4
6
8
10

Ecart de température tête-pieds [K]

Figure 2.6: Effet de l'asymétrie de température radiante (Fanger,1983)

100 10 1 10 15 20 25 30 35 40 Pourcentage d'insatisfaits
100
10
1
10
15
20
25
30
35
40
Pourcentage d'insatisfaits

Température du sol [°C]

Figure 2.8: Effet de la température du sol, pour une personne munie de chaussures

Figure 2.7: Effet d'une différence de température entre la tête et les chevilles

12 Absorption des habits 10 0.5 0.6 8 0.7 6 0.8 0.9 4 2 0
12
Absorption des
habits
10
0.5
0.6
8
0.7
6
0.8
0.9
4
2
0
0
100 200
300
400 500
600
Augmentation de
température opérative

Rayonnement solaire [W/m²]

Figure 2.9: Effet du rayonnement solaire sur la température ressentie (GRES, 1985)

2 - LES BESOINS DE L'OCCUPANT

légères (Fanger, 1983)

Un écart de température de 4 K entre la tête est les pieds génère déjà 10% d'insatisfaits, comme le montre la Figure 2.7, où l'on représente le pourcentage d'insatisfait parmi des personnes assises présentant un écart de température entre la tête (1.1 m) et les chevilles (0.1 m).

La température du sol est ressentie au travers des semelles des chaussures. Son effet est particulièrement important si l'on porte des chaussures légères (Figure 2.8)

L'influence du rayonnement solaire incident sur un occupant est importante. Il modifie sensiblement la température ressentie, comme on peut le voir sur la Figure 2.9, qui représente l'augmentation de la température opérative due au rayonnement solaire incident et absorbé par les habits.

2.1.3 Utilité du modèle de confort thermique

L'étude et la prédiction du confort thermique permettent:

le calcul de bilans énergétiques réels, tenant compte des occupants et de leurs exigences justifiées, le calcul des températures minima et maxima acceptables permettant de diminuer les besoins en énergie, la conception d'habitations offrant déjà un bon confort sans l'intervention des habitants, et permettant aux occupants d'agir à bon escient pour améliorer leur confort.

De plus, il est maintenant prouvé que des facteurs tels que l'âge, le sexe, la corpulence, l'origine, la race, etc. ne modifient pas les exigences de confort (à activité et habilement égaux) de façon significative.

Enfin, il faut rappeler que de nombreuses recherches restent à faire dans ce domaine. Par exemple, l'équation de Fanger ne tient compte explicitement ni des effets dynamiques (effet de la variation temporelle des paramètres sur le confort) ni de l'effet des gradients de température. L'interaction du confort thermique (défini par le PMV) et des autres paramètres de confort (visuel, auditif, olfactif, etc.) n'est pratiquement pas connue.

2.2 Qualité de l’air

Un air de bonne qualité ne contient pas d'impuretés en quantités gênantes ou dangereuses pour les occupants.

Pollution intérieure 100 Forte 10 Exposition au radon 1 Faible Fumée, solvants 0,1 Amiante 0,01
Pollution intérieure
100
Forte
10
Exposition
au radon
1
Faible
Fumée, solvants
0,1
Amiante
0,01

Autre Pollution

Fumeurs

Automobile

Mine d'uranium

Accidents domestiques

Radon extérieur

Figure 2.10: Risque moyen de mort prématurée (en pourcent) estimés pour

divers polluants. Le risque le plus élevé est le tabagisme.

ENERGÉTIQUE DU BÂTIMENT

Toutefois, ce ne sont pas les sources de pollution qui manquent, comme le montre la Table 2.4. En général, l'air intérieur est plus pollué que l'air extérieur. Le rôle de l'aération est précisément de remplacer l'air intérieur pollué par de l'air extérieur, en principe plus propre.

Air extérieur

Chauffages, transports, industrie

Nature

SO 2 , NO x , CO, hydrocarbures, poussières, bactéries, spores, pollens

Occupant

Odeurs, CO 2 , vapeur d'eau, particules, bactéries

Tabac, feux ouverts

CO, aldéhydes, particules

Combustion de gaz

CO, CO 2 , vapeur d'eau, NO x , particules

Matériaux

Aldéhydes, amiante, solvants

Produits divers Sprays, nettoyage, papier, encre, etc.

Odeurs, solvants, composés organiques

Terrain

Radon, méthane

Table 2.4: Quelques sources de pollution.

2.2.1 Source de polluants et concentrations

Dans une zone homogène (air bien brassé), la concentration en impuretés, C, dépend de

&

l'intensité de la source de cette impureté, S, et du débit d'air pur,

masse de polluant, on obtient, C e étant la concentration à l'extérieur:

V . Par conservation de la

i

V

dC

=

ρ

dt

S

ρ

e

& (

V C

C

e

)

(2.12)

En régime permanent, la concentration est constante, et le membre de gauche est nul. On obtient donc:

S

=

ρ

e

&

V

(

C C

e

)

(2.13)

On déduit la concentration résultant d'une source d'intensité S dans une zone ventilée avec

un débit

valeur limite C lim :

V et le débit nécessaire pour limiter la concentration de polluant en dessous d'une

&

(C-C e ) =

S

ρ

e

V

et

& S

V

=

ρ

e

(

C

lim

C

e

)

(2.14)

Le débit d'air nécessaire dépend donc:

de l'intensité S de la source de polluant principale 1 de la concentration limite admise de la concentration du polluants dans l'air extérieur.

Les polluants à considérer sont la vapeur d'eau, les odeurs, et divers composés gazeux (CO, CO 2 , NO x , composés organiques volatils, etc.). La concentration de chacun de ces polluants ainsi que l'intensité des sources s'expriment souvent de manière différente. C'est pourquoi nous allons les passer en revue dans les sections suivantes.

2.2.2 Concentration de composés gazeux

La concentration est toujours le rapport de la quantité de composé à la quantité du mélange contenant le composé. Les quantités peuvent s'exprimer en masse (concentrations

1 La source principale est celle qui demande le débit d'air le plus élevé. Ce débit suffira à éliminer aussi les autres polluants.

2 - LES BESOINS DE L'OCCUPANT

massiques), en nombre molécules (concentrations molaires) ou en volumes (concentrations volumiques).

Une mole d'un quelconque composé chimique contient N av = 6,02486·10 23 molécules et a une masse de M grammes, M étant la somme de tous les poids atomiques des éléments constituant la molécule. Par exemple la molécule d'azote de l'air, N 2 , contient deux atomes d'azote de poids atomique 14. Elle a donc un poids moléculaire de 2 × 14 = 28 g.

La loi des gaz parfaits relie la pression p et le volume V occupé par n moles de gaz à température T:

p V = n R T

(2.15)

R = 8,31396 J/(mole·K) est la constante des gaz parfaits.

Cette loi signifie que tout gaz parfait occupe un volume ne dépendant que du nombre de moles, de la pression et de la température, et indépendant de la nature du gaz:

V =

nRT

p

(2.16)

La masse volumique ρ de ce gaz peut aussi se déterminer à partir de la loi des gaz parfaits. Si M est la masse molaire du gaz considéré:

ρ =

m

M n

M p

=

=

V

V

RT

(2.17)

L'air à la température ambiante, avec les impuretés qu'il contient en faibles quantités peut être assimilé à un gaz parfait. On trouve alors les relations entre la concentration massique, C m , la concentration molaire, C M , et la concentration volumique, C v du composé x.:

avec:

C

=

m

x

=

M

x

n

x

=

M

x

 

m

m i M n

i

i

M

 

i

i

M n

i

i

M =

i

 
 

n

i

 

i

C

M

=

M

x

M

C

V

(2.18)

(2.19)

On notera que la concentration molaire et la concentration volumique sont égales, car, à pression et température donnés, une mole de gaz occupe toujours le même volume. Ce volume molaire vaut 22,4 litres à 0°C et 1013 milliBar (une atmosphère standard).

La masse molaire apparente de l'air sec est 28,96 g/mole.

Si les polluants sont présents sous forme de traces, on donne souvent la concentration en ppm (parts par million) ou ppb (parts par billion). Ce sont des concentrations molaires ou volumiques: 1 ppm signifie qu'il y a une molécule de polluant pour 1 million de molécules d'air, ou 1 cm³ de polluant pour 1 m³ d'air.

La pression partielle, p x , s'obtient en supposant que le composant x occupe à lui seul tout le volume à disposition. Cette pression s'exprime en pascals (Pa). La pression atmosphérique est égale à la somme des pressions partielles de tous les composants de l'air (azote, oxygène, vapeur d'eau, gaz carbonique, argon, etc.). La pression partielle est directement proportionnelle à la concentration molaire ou volumique:

p x = p a C M = p a C V

p a est la pression atmosphérique.

(2.20)

ENERGÉTIQUE DU BÂTIMENT

2.2.3 Concentration en vapeur d'eau et humidité relative

En plus des grandeurs définies plus haut, l'humidité de l'air peut s'exprimer de plusieurs autres manières: point de rosée, humidité relative et rapport de mélange.

A chaque température correspond une pression partielle de vapeur d'eau maximum, appelée

pression de vapeur saturante. C'est la pression de vapeur à laquelle l'évaporation et la condensation à la surface de l'eau s'équilibrent à une température donnée. La part d'eau en excès se condense sous forme de liquide ou de glace, suivant la température. La pression de vapeur saturante est donnée dans les diagrammes psychrométriques (Figure 2.11). Elle peut

se calculer à l'aide des formules approchées suivantes, qui sont applicables de - 40 à + 150 °C:

si θ < 0

si θ 0

p

p

sat

sat

22,5

θ

= 610.5 exp

= 610.5 exp

273 +

θ

17,27

θ

237,3 +

θ

(

(

2.21)

2.22)

Le point de rosée θ r (°C) ou T r (K) est la température à laquelle la pression partielle de vapeur d'eau existant dans l'air serait égale à la pression de vapeur saturante. Son nom

provient du fait qu'une surface en contact avec l'air et refroidie à cette température se couvre

de rosée.

4000 3000 2000 1000 Point de rosée 0 -10 -5 0 5 10 15 20
4000
3000
2000
1000
Point de
rosée
0
-10
-5
0
5
10
15
20
25
30
Pression de vapeur [Pa]

Température [°C]

psat

90%

80%

70%

60%

50%

40%

30%

20%

10%

Figure 2.11: Diagramme psychrométrique ou diagramme de Carrier

Le point de rosée peut être obtenu en inversant les formules ( 2.21) et ( 2.22) et en remplaçant p s par la pression partielle p e :

2 - LES BESOINS DE L'OCCUPANT

si p e < 610,5 Pa

si p e 610,5 Pa

θ

r