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ESSAI DE NOMENCLATURE RAISONNEE DES ECHINIDES PAR J. LAMBERT & P. THIERY CHAUMONT LIBRAIRIE L. FERRIERE Place de !H6tel-de-Vitle ALA MEMOIRE DE COTTEAU Fascicule I — ory 1909, PREFACE Admis par la bienveillance de Cotteau A librement examiner Ies si nom- breux matériaux desa collection et Alui préter parfois un bien léger concours pour fa détermination des Echinides soumisa son examen, j'ai pu, A cet Age ot le collégien commence a s'intéresser 4 l'Histoire Naturelle, acquérir, sous la direction du Maitre, ce que l'on pourrait appeler la connaissance prali- que des Echinides. Dans ces entretiens charmants que facilitalent les rap- ports d’amitié de nos deux families, le savant paléontologiste sut hient6t me Jaire comprendre tout Vintérét des études qui le passionnaient. C'est ainsi que je m’honore du titre de son disciple ct considére comme un devoir de dé- dier cet ouvrage A sa mémoire. Depuis longtemps de nombreux correspondanis, désirenx de s'initier & leur tour A ces études si attrayantes, et on peut le dire indispensables au géologue, m’ont demandé de leur indiquer une sorte de Manuel oii seraient résumées les principales connaissances aujourd'hui acquises sur tes Echini. des vivants et fossiles. Je ne pouvais les renvoyer qu’a des ouvrages déja views, quelques-uns presque introuvables, ou bien aux grandes publications des Agassiz, Lovén, Duncan, Pomel, Cotteau, P. de Loriol, Mortensen, Dé- derlein, mais en les prévenant qu'un travail personnel considérable s'im- poseraif a eux pour condenser les conclusions de ces divers auteurs et se faire une idée précise de ce que sont au moins les grandes divisions, les fa- milles et les genres dans lesquels se répartissent le nombre toujours erois- sant des espéces. Aujourd' hui, en effet, le vieux genre Echinus de Linnée s'est singuliére- men! multipli¢ et les genres publiés s’élévent a un millier. Sil’'on y ajoute prés de 400 noms pour les divisions plus générales, méme en défalquant les synonymes, on reste encore en présence d'un total de prés de 650 noms. Cest évidemment beaucoup et certains estiment que c’est trop. . Un de mes plus sympathiques confréres, M. Thiéry, n'a cependant pas reculé devant leffort et a créé, pour ses besoins personnels, ce Manuel ré- clamé par d'autres. Il y avait I un travail considérable de nature & pouvoir étre utilisé par les amis des Sciences Naturelics et nous avons alors songéa en publier Jes résultats, sans nous dissimuler ce qu'une ceuvre aussi com- plexe et coiteuse pourrait conserver d’imparfait, nous estimant suffisamment récompensés de nos efforts si nous pouvions rendre un service queleonque aux Naturalistes et aux Géologues, et acquérir de nouveaux adeptes a la Science qui charme nos loisirs. Pour parvenir a ce but et présenter un tableau des genres connus d’Echi- nides, nous avons pensé qu'il convenait de ne pas désunir les graupements naturels et de résister 4 cette tendance fachense de sectionner et décapiter Jes genres en placant dans !’un les premiers représentants d’un groupe, dans un autre les suivants,.dans un troisiéme les derniers. I] est sage cependant de séparer les rameaux trop aberrants et utile de subdiviser ceux dont " PREFACE les espéces sont trop nombreuses. Il y a la-une sorte de nécessité pratique 3 Jaquelle il serait facheux de youloir se soustraire, car l'amour du parallé- lisme ne doit pas, en Nomenclature, étre considéré comme un principe ab- solu; il faut tenir compte de Vétendue de compréhension des divisions et faire la part de nos contingences personnelles. De 1é 12 nécessité des Sous- Genres Crest en ayant égard a ces considérations, en tenant compte des rapports phylogéniques, en apptiquant serupuleusement la régle de priorité, principe essentiel d'ordre et de justice, que nous avons résolu, M. Thiéry et moi, de publier un Essai de Nomenclature raisonnée des Echinides. Sans avoir 1a pré- téntion de fixer la Science, nous proposons nos confréres le rejet ex syno- nymie d’un grand nombre de geares superflus. La tendance A lémiettement, si chére aux créateurs de divisions nouvelles, nous a paru constitner un vé- ritable danger pour Pétude des Sciences Naturelles dont elle ¢loigne, par sa mesquinerie, tous les esprits larges, choqués de ne plus retrouver dans les classifications le tableau si magnifique et si vivant de la Nature. Dés que!’on rencontre sur un Echinide un pore ou un tubercule de plus ou de moins, créer des genres nouveaux c’est, 4 notre avis, faire ceuvre de futilité. Résolus 4 présenter seulement un tableau fidéle et méthodique, mais aussi simple que possible, de la masse des espéces vivantes ef fossiles, nous n’a- vons pas voulu nous engager dans cette voie. Pour bien comprendre une classification, i} nous a semblé qu'il n’était pas inutile d'en connaitre les successives transformations. Nous avons donc fait précéder notre travail d’un résumé historique assez complet, qui nous fournil Yoccasion d’exprimer nos idées sur certaines questions plus ou moins contrayersées. Nous expliquons ensuite dans nos Généralités ce qu’est un Echinide, de quels organes il se compose et surtout ce que sont les diverses parties du test solide de anima), Jes seules conservées par la fossilisation. C’est prin- cipalement sur les caractéres fournis par ce test que nous persévérans 4 fonder les grandes divisions de la Nomenclature et cela pour deux raisons : fo parce que le test d’un Echinide n'est pas, comme celui d'un mollusque, une simple enveloppe et seulement wa tégument protecteur des tissus mous; c'est encore un veritable squelctte trahissant Vorganisation compléte de Vanimal; 2° parce que le test sen) des Echinides a été conservé par la fossi- lisation et que nous estimons impossible de bien comprendre méme les es- péces vivantes sans Ja connaissance exacte de celles qui les ont précédées dans Ja série des ages et dont-elles semblent dériver. Evidemment nous n’entendons pas pour cela laisser de cdté les études. physiologiques, anatomiques et embryogéniques, qui scules, vivifient en quelque sorte les conclusions consignées dans une classification; mais en présence des travaux si nombreux et si remarquables sur ces maliéres, nous avons pensé que nous pouvions ici nous borner 4 vne synthiése trés géné- rale en renvoyant pour tous les détails aux ouvrages spéciaux et A celui de MM. Delage et Hérouard [390], qui en est comme un résumé. Dans la partie essentielle de notre ceuvre, notre tableau des genres, nous avons di, forcément, nous restreindre a la simple énumération des espéces en renvoyant, pour chacuae, & Pouvrage oii elle est le mieux étudiée. Afin d'abréger les citations, 'indication des sources est remplacée par le chiffre correspondant de notre Index BibHographique. Pour les diagnoses-des gen- PREFACE am res, nous avons jugé superilu de répéter les caractéres des divisions plus génerales, parce que, dans notre pensée, la diagnose ou définition, d’autant plus nette qu’elle est plus concise, doit simplement s'attacher 2, mettre en relief le caractére essenticl du Genre, celui qui le distingue des autres gen- res dela méme Tribu ow Famille. Les genres n'ont d’ailleurs, selon nous, de raison d’étre que sils correspondent a unc réalité contingente et celle-ci est. nécessairement une espéce type qui en précise tous les caractéres. Arrivés au terme de notre travail. nous nous réservons de présenter quel- ques observations sur les considérations phylogéniques dont les Echinides peuvent étre objet. Nous nous bornerons dailleurs 4 constater des faits et ce n'est pas dans notre ouvrage quil faudra chercher ces descriptions fan- taisistes d’étres imaginaires, chéres aux poétiques imaginations qui Jes ont enfantées, comme le théorique Proechinus descendant de V'irréel Pentaeia par une série d'intermédiaires non moins hypothétiques. J. LAMBERT. HISTORIQUE Ce serait faire ici un vain étalage d’érudition que de rapporter tout ce que Iantiquité a pu écrire sur les Oursins, dont les espéces comestibles, ser- vies sur les tables greeques et romaines, ont été souvent mentionnées par les littérateurs et les poétes (*}. On les mangeait au commencement du repas(") et ils domaient lieu 4 un commerce assez important pour que Dioctétien ait cru devoir en régler la vente dans son édit du maximum (“"). Aristote (‘""*) est le premier naturaliste qui ait éssayé une classification et une description des Echinides, Au livre IV, chapitre V, de son Histoire des Animaux, il donne une remarquable description de l'appareil masticatoire de loursin comestible, organe qui a retenu depuis le nlom de fanterne d’Aris- fole en raison de la comparaison proposée par le savant philosophe. ll divise les Echinides en six yenres groupés suivant leur qualité de comestible ou non, et leur origine cdtiére ou pélagique. Les détails donnés par Aristote sur leur genre de vie, leur habitat et leur usage, montrent qu’ils ont été étu- diés sur le vit et non daprés des lests exotiques desséchés. Les espéces énu- mérées appartiennent done des formes qui doivent encore aujourd'hui se retrouver dans la mer Egée (’*"")- jones (C""""*), comestible et cdtier, parait bien étre Vespéce qui se vend encore sur les inarchés de Marseille, Paris, etc..., et qui abonde par 4 mé tres de fond sur les rochers et les prairies de zostéres. C'est le Toxocidaris lividus des modernes () On trouve déja dans Aldovrande une liste assez complete des auteurs qui ont cite des Echinides dans leurs ouvrages. Statuti en a donné une encore plus grande, mais trop compléte, puisqu’on y voit figurer & cdté de Gesner un prétendu Zoo- grapho. «") Macrobe, — Saturnatiorum, lib. 11, cap. IX. Dans cette description du repas du Flamine, on voit que Lentvles « anfe caenam » faisait servir « Kehini, ostree... ». (") De pretiis rerum venalium, — Voir le commentaite de Statuti : Mem. det Nuovi Lincel, vol. 11; Roma, 1887. (7°) Né @ Stagyre en 384 avant notre ére, mort en 322. Forbes a donné |490) une fiste de neut espéces d’Echinides de la mer Eg Cette liste comprend des espéces particuliérement rares comme son Spatangus per- pureus et ses deux Brissus qui sont les Spatangus canaliferus et Brissoma lyriferum. Us semblent, comme le si petit Fibularia pusitta, avoir échappé aux recherches du naturaliste grec. Les autres, au contraire, paraissent assez exactement répondre aux genres d'Aristode : Echinus lividus = Toxocidaris lividus, — eseulentus= Spheveckiaus granularis, — moniiis = Psammechinus microtuberculatus, Cidaris hystrix = Dorocidaris papillata. Amphidelus mediterraneus, ) Ce nom parait dériver de Ey:s, qui pique, épine, d’ou Fives, coque hérissée de pointes : herisson, oursin, chataigne,