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NOUVELLE COLLECTION A L'USAGE DES CLASSES a XXXVI ALFRED ERNOUT FRANCOIS THOMAS MEMURE BI PROFESSEUR A LA FACULTE DES LETTRES DR LYON PROFESSEUR AU COLL SYNTAXE LATINE 2° EDITION (TIRAGE CORRIGE ET REVU) PARIS EDITIONS KLINCKSIECK 1964 re édilion + 1951 ne éditton + 1953 (3° tirage 1964) s droits de reproduction traduction ct adaptation réservés. Copyright by Libra ic C. Klincksieck, 1964. PREFACE En écrivant cette nouvelle Syntaxe latine, nous avons voulu d’abord donner aux étudiants un livre qui les mit au courant des résultats iécle de recherches, Sans acquis dans ce domaine par phts d’un demi doute les fails n'ont pas changé, mais le nombre en a augmenté, et linterprétation de s’ensemble s’en est trouvée modifiée. Une étude plus approfondie et plus minuticuse des textes a permis, notamment, Ja latinité classique des constructions qu'une concep- tion trop étroite de la correction en avait éliminées ; les notions de Jangue « littéraire », « familiére », « vulgaire » ont été précisées ; l’ori- gine, |’évolution et le développement de certains tours syntaxiques, déterminés avec exactitude, laissent suivre sans erreur les progrés de Ja langue dans des directions définies. Aujourd’hui, il ne suffit plus de dire, par exemple, que Ie type de phrase dixt quod (ou dixi quia) est incorrect — ce qui n'est vrai, du reste, qu’en partie — mais il faut — et on le peut -~ montrer sur quels modéles voisins de sens la construction a pu naitre, comment ct pourquoi elle a gagné peu & peu, Giminant la forme dite « proposition infinitive », dont fa lourdeur et la fréquente ambiguité déconscillaicnt l'emploi. Cette généralisation eulement dans l’exemple précédemment de restitue de quod ne se cor © p: cité : on voit cette conjonclion se substituer aux autres conjonctions complétives, en particulier A a, dont il ne resie plus trace dans les langues romanes ; mais, si la chose a pu se faire, c’est qu'il y avait des cas ot Je latin pouvait indifféremment user de l'une ou de lautre, et x PREFACE dire aussi bien accidit quod et accidit ut. La disparition du génitif et du datif au profit de constructions avec de et ad, que l'on constate dans les langues romanes, n’est pas due seulement a l’amvissement des syllabes finales qui masquait le rdle des désinences casuclles, mais au fait que souvent le sujet parlant avait le choix, par exemple, entre tenus multorum et unus de multis, dare morli et dare ad mortem. Les phénoménes de génération spontanée sont rares en syntaxe comme aillcurs; et Je grammairien ne doit pas se contenter de décrire les faits ; i] doit les classer d’abord, pour ensuite en expliquer la naissance et l’évolution, marquer les formes neuves dont I'usage ira se dévelop- pant, comme tes survivances d’un état ancien — tels certains emplois du génitif ~~ qui ne se maintiennent qu’en vertu d’une tradition pré- caire ct destinée A s'oublier. Ces bréves considérations indiquent suffisamment Ie caractére de ce livre. Ce n'est pas qu sent ou diminuent Vimportance de I’époque classique dans Vhistoire du latin ; et l'abon- dance des exemples empruntés & César et & Cicéron en fait foi. Nous ¢ les auteurs méconn: n’avons pas oublié que nous nous adressons surtout & des jeunes gens qui liront principalement des textes de Iactas atrea ou argentea, qui ont besoin de connaitre l’'usage des bons auteurs, pour leur édification propre ct pour celle des éléves qu’ils auront A instruire. Mais l’aspect pris par la langue & l’époque de Cicéron ou d'Auguste est le résultat d'une élaboration que l'on pent suivre & partir de Plaute; aussi avons-nous puisé dans I'ceuvre du comique nombre de phrases, des- tinées soit A montrer les différences qui la séparent de la langue clas- sique, soit A signaler les amorces d’innovations qui se développeront aprés lui, De méme, il nous a semblé nécessaire de poursuivre l’ex- posé assez loin dans la latinité impériale. On y observe deux tendances : dans la langue liltéraire, 1a multiplication des « tournures poétiques », due a l'influence de Virgile ; dans Ja langue « populaire », le dévelop- pement des constructions qui préparent les langues romanes. Nous PREFACE XI avons indiqué, avec discrétion, ces deux sortes d’actions qui s’exercent concurremment. La syntaxe latine apparaitra donc ici plus complexe qu’on ne l’en- seigne dans les classes ou pour la confection du « théme latin ». Pour faciliter la lecture de ce livre, nous avons appuyé chaque « reégle » d’un bon nombre d’exemples, que nous avons presque tous traduits, att moins dans leur partie pertinente : nous espérons que ce qu'il peut y avoir d’abstrait dans la rédaction du précepte s’en trouvera éclairé et précisé. Nous avons multiplié les renvois d’un paragraphe & l’autre, chaque fois que la comparaison laissait voir la diversité des construc- tions possibles. Mais nous n’avons que trés tarement fait appel a la comparaison avec les dialectes italiques et avec le grec; pour cette derniére langue, il nous a paru bon de signaler Ies hellénismes de syntaxe non douteux qu'on trouve, les uns chez les pottes, et sur- tout a partir de Lucréce et de Virgile, Ies autres, dans la langue technique, et plus encore dans celle de !’Eglise, sous ]’in fluence des textes sacrés que traduisent ou dont s'inspirent les auteurs chré- i latine est une construction originale, résultat d'un développement autonome, Nous n'avon amais perdu de vue que Ia synt qu'elle doit s’exposer ct s'expliquer en elle-méme et pour elle-méme. Nous devons beaucoup aux grammairiens qui nous ont précédés, et la bibliographie sommaire que nous donnons mentionnera les noms des savants, philologues ou linguistes, envers qui notre dette est Ja plus grande. Mais nous tenons & citer spécialement le nom d’Othon Riemann, dont la Syntexe latine, parne en premitre édition en 1886, a fourni aux étudiants un excellent instrument de travail. Qu’elle ait pu se maintenir pendant plus de soixante ans est la meilleure preuve de son mérile. Pourtant, on s'accorde aujourd’hui & dépasser les limites assez étroites que Riemann s’était. tracées; et les remanie- ments auxquels, depuis la mort de l’auteur, l’ouvrage a été soumis en ont parfois rompu l’unité et compliqué 1a lecture, sans remédier XII PREFACE entigrement A son défaut initial. Nous souhaitons que notre livre rende aux nouvelles générations Ies mémes services que Ie livre de Riemann a rendus dans Ie passé ct qu'il rencontre auprés d’elles un accueil aussi favorable. A. E. et FT. Janvier 1951. Sans différer essentiellement de la premiére, cette seconde édition Vobjet d'une révision attentive de M. F. Thomas, qui a entrainé de nombreux changements de détail. On s'est efforcé de rendre I’ex- posé plus précis ef plus clair, on a augmenté le nombre des exemples. tuction, Parfois méme Vordre de présen- a probants et amétioré fa tr tation des fails a été modifié pour adopter un exposé quia part plus logique. Pour répondre & un souhait souvent exprimsd, iba élé ajouté wi « Index des exemples », comme en ai mann, Bref, i) n’est pour ainsi dire pas une page qui n’ait été, peu ou prou, modifiée et, nous lespérons, amélioréc, 1 dgji la Syntaxe de Rie- eet VF Décembre 1952. A la faveur des deuxiéme et troisiéme tirages, quelques modifica- lions ont été effectuces. On a voulu, dans unc mesure méme restreinte, ne pas négliger occasion d'améliorer I'exposé en tenant compte des critiques et suggestions qui ont pu élre formulées, ALF, et FT. Anufiviations sap. + apud; class, == classique ; gr. == grec ; 8¢ shed.) pau. sub nerbo; v, lat, = views latin, BIBLIOGRAPHIE Fitudes Seuls sont mentionnés. ici des ouvrages généraux ou quelques tra- vaux significatifs. Divers renvois & des études particuliéres sont faits, en route, au cours de I’ ouvrage. Mais, pour des indications détaillées, on se ‘reportera, une part, A la Lalteinische Grammatik de Leumann- Hofmann, citée ci-dessous, d’'autre part 4 Année philologique de J. Marouzeau ct J. Ernst ct A la Bibliographic pratique de la langue latine de J. Cousin, Pa 1951. K. Brucmann und B. Desnniicr, Grundviss der vergleichenden Gram- malik der indogermanischen Sprachen, Strassburg. Les tomes ILI, TV ct V (1893-1900), consacrés dans In t' édlition & la Syntaxe, sont de B. Delbriick seul; ils sont en partie remplacés par la 2° édi- tion du tome II, duc’ Brugmann (emptoi des formes nominales et verbales, 1906-1916). K. BruGMann, Abrégé de grammaive comparée des langues indv-euro- péennes, trad. francaise, Paris, tg05. A. MEILLET, Introduction a ldtude comparative des langues jndo-euro- péennes, 8° éd., Paris, 1937. W. Havers, Handbuch dey evklavenden Syntax, Heidelberg, 1931. J. WaCKERNAGEL, Vorlesungen uber Syntax, mit besonderer Beriicksichti- gung von Griechisch, Lateinisch und Deutsch, I-Il, 2° éd., Basel, t926- 1928. A. cet J. Vienpnves, Traité de grammaire comparée des langues ques, 2° éd., par J. VENDR Paris, 1948. A. Mritcace, Esquisse d'une histoire de la langue latine, 3° éd., Paris, 1933 (roproduite en 1948). G. Drvoro, Storia della lingua di Roma, Bologne, 1949. A. Mrtrint et A. Ernour, Dictionnaire étymologique de la langue latine, 3° éd., Paris, 1951. XIV BIBLIOGRAPHIE C.D. Buck, A Grammar of Oscan and Umbrian, 2° éd., Boston, 1928. M. Nmpermann, Précis de phondtique historique du latin, nouv. éd., Paris, 1953. A. Ernour, Morphologie historique du latin, 3° éd., Paris, 1953. 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Archiv fiir lat, Lexikographie und Grammatik, 1-XV, Leipzig, 1BRy- ie S.L. Hulletin de la Socitté de Linguistique de Paris, 1869 59. ner. Emerita, Boletin de Lingitistica y Filolog.a Chisica, Madrid, 1033 844. Gl, Gilotta, Zeitschrift fitr gr. u. lat. Sprache, Gdttingen, 1909 844. Gnom, Gnomon, Kritische Zeitschrift fiir die gesamte klassische Altertums- wissenschajt, Berlin, 1925 sq4. F, Indogermanische Forschungen, Strassburg-Berlin, 1892 sqq. BIBLIOGRAPHIE XVIL Latom. Latomus, Revue belge d'études latines, Bruxelles, 1937 849. Mnemos. Mnemosyne, Leyden, 1852 sqq. M.S. L. Mémoires de la Société de Linguistique, Paris, 1868 sq. Philol. Philologus, Zeitschrift fly das klassische Altertum, Gdttingen und Leipzig, 1846 sqq. R. E. A. Revue des ludes Anciennes, Bordeaux, 1899 sqq. R. E. L. Revue des Etudes Latines, Paris, 1923 sqq. R. Phil. Revue de Philologie, Paris, 1845 849. Auteurs et textes latins Arran. Afranius (Ribb. 1) Aum, Ammien Marcellin Amp. Ampclius Ant, PLacent. Antoninus Placentinus Hin, Hinerarium (C. S. E. L., 39) Aric, Apicius App. Pr. Appendix Probi (A. L. L. G. XI, 1900, p. 301-331) | Apux, Apulée Ap. Apologie M4. Métamorphoses; etc. Arn. Arnobe Adu. Nat. Disputationes aduersus ‘Nationes (C. 5. E. L., 4) Ave. saint Augustin Con}. Confessions Enarr. Ps. Enarrationes in Psalmos Loc. Hept. Locutiones in Heptateu- chum i Ep. Epistulae ; etc. Cag. ANrIP, Caelius Antipater (Peter) Cast. Aur. Caelius Aurelianus Acut. Acutarum passionum libri ; etc. Cassiop. Cassiodore Hist. Historia tripertita; etc. Caton Agr. de Agricultura Fragm. Fragments 1860) (éd. Jordan, CaruLLe Cis, César (et Corpus Caesarianum) B.C, Bellum Ciuile B. G. Bellum Gallicum B. Afr. Bellum Africum B. Hisp. Bellum Hispaniense ; etc. Cre. Cieéron Ac, Academica Arat, Avatea Arch. pro Archia At. ad Atticum epistulae Balb, pro Balbo Br, Brutus Caec, pro Caecina Cael. pro Caslio Cat. in Catilinam Cl. pro Cluentio C. M, Cato Maior (de Senectute) Dei. pro rege Deiotaro Diu. Caec. in Q. Cascilium diuinatio Diu. de Divinatione Dom. de Domo sua Fa. ad‘ Familiaves epistulae Fi. de Finibus FI. pro Flacco Font. pro Fonteio Har. Resp. de Haruspicum responsis Inu, de Inuentione Lae. Laslius (de Amicitia) Leg. de Legibus Leg. Agr. de Lege Agraria Lig. pro Ligario XVHL Mare. pro Marcello Mi, pro Milone Mu, pro Murena N. 1D. de Natura Deorwn Of. de Offieiis, Or, Orator de Or, de Ovatore Par. Paradoxa Part. Partitiones oratoriae Ph. Philippiques Dis, in Pisonem Planc. pro Plancio Pomp. pro lege Manilia de imperio Cn. Pompei Prou. Cons, de Prouinciis Consula- ribus Q. fr. ad Quintum fratrem epistulac Quinct. pro Quinctio Quir, oralio ad Quirites Rab. Per, pro C. Rabirio perduellio- nis reo Rab, Post, pro Rabirio Postumo Rep. de Republi Rose, Am, pro Sex. Roscio Amerino Rose. Com. pro Rosia comoedo Scan. pro 1. pro § sul, pro Sulla Tim, Timaeus Top. Topica Tu, Tusculanes Tul. pro M. Tullio Vat. in Vatinium Ver. in Vervem Ch. Quapr, Claudius (Peter) Comm, Columelte Quadrigarins Common, Commodien Apol, Carmen apologetioum ; eto. Cont, Quinte Cvpr, prien Did. Apost, Didascalia Apastolorim BIBLIOGRAPHIE N. Ennius (2° éd. Vahlen, 1903) ‘aint Eusébe trope Fust, Festus (lexicographe) Fenpne, Prédégaire a lorus Front, Fronton FRrontin, Aqu., de Aquaeductu Strat. Strategemata Gaius Inst. Institutiones Get, Aulu-Gelle. Grea, M. saint Grégoire le Grand Gr Grégoire de Tours Conf. in gloria Confessorum It. BF. Historia Vrancorum Ind. de tirtutibus S. Tuliani Mart. de wirtutibus S. Martini Martyr. liber in gloria Marlyrimn Paty, wita Patrum Herm. Hermas (trad. lat.) R. Hicronymus (saint Jérome) . Epistulae; traduction de la Bible (Vulgate) ; ete. Hier, A, Hirtius (auteur du VILI¢ livre du Bellum Gallicum) Hist, Aug. Histoire Auguste Hor. Horace A.B. Art podtique . S$. Chant Séculaire Fipttres Epod. Epodes Od. Odes S. Satires live, Typgin stronomica . Fabulac Teen, trad. lat. de saint Irénée IrALA (se. uersio), nom donné aux traductions latines de la Bible an- térieures & celle de saint Jérome BIBLIOGRAPUIE Jorn. Jordanes Get, de origine actibusque Getarum Rom. de stonma temporum sel ori- gine... gentis Romanorum Justin, Abrégd de Trogue-Pompde Juv. Juvénal Juvenc. Juvencus (C. S. Lact. Lactance Liv. Tite-Live Luc, Lucain Lucir. Car. Lucifer de Cagliari Athan. de sancto Athanasio (C. S. E. L., 14) Reg. apost. de regibus apostaticis Lucit, Lucilius (éd. Marx) Lucr. Lucréce Macr, Macrobe Man. Manilius Mart. Martial Mon, Anc. Monument d'Ancyre Mul. Chir, Mulomedicina Chironis Nakv. Naevius Nev, Corn. Népos Non. Nonius, granmaii Nouel. Tust. Iustiniani uersio Latina Oripase, trad. lat. des traités grecs d’Oribase Ov. Ovide Am. Amours A, Am, Art d'aimer F, Fastes Her. Heroides M. Mdlamorphoses Pont, Pontiques Rem, Remédes & l'amour Tr. Tristes Pac. Pacuvius (Ribb.) Paneg. Panégyriques latins Prrgcr. Arti. Peregrinatio Aetheriae Pers. Perse L., 24) n Nouellarum XIX Perr, Pétrone Puarpr, Phidre PL. Plante Am. Amphitruo As, Asinaria Au. Aululavia Ba, Bacchides Cap. Captini Cas, Casina Ci. Cistellaria Cu. Curculio Ep. Epidicus Men. Menaechmi Mer. Mercator Mi. Miles Gloriosus Mo. Mostellaria Pe. Persa Poe, Poenulus Ps. Pseudolus Ru. Rudens St. Stich Tri. Trinummus Tru, Truculentus Vi. Vidulavia Pin. 1. Plin., Nat. (Histoire Naturelle) = Pline l’Ancien 2. Plin., Ep. (Lettres), Pan. (Pané- gyrigue) = Pline le Jeune Pomp, Bon. Pomponius Bononiensis (Ribb. 1) Prisc. Priscien (grammairien) Prop. Properce Prop. Prudence Apoth. A potheosis ; etc. Ruet. Her. Rhétorique & Hérennius Sat. Salluste C. Catilina Hi, Histoires, fragments (éd. Mau- renbrecher, 1893) J. Jugurtha S.C. Bac. Senatus consultum de Bac- chanalibus (C. I. L. 1, 581) Scrip, Lane. Scribonius Largus xX Stn. Séndque 1. Sén., Contr., Suas. = Séneque Ie Pre 2. Sén., Ben. de Reneficiis Clem, de Clementia Ep. epistulac ad Lucitium Helu. ad Heluiam de consolation Iv, de Iva Marc. ad Marciam de consolatione N. Q. Naturales Quaestiones Prow. de Prouidentia; etc. = Sé- naque Ie Philosophe Sup. Sidoine, Apollinaire Carm. Carmina ; Ep. Epistulae ; ete. SIL, Silius Italicus Sis. Sisenna (Peter) Sort. Sang. Sortes Sangallensis codi- cis SPART. Spartianus, écrivain de I'His- toire Auguste STack Sufr. Suétone Diu, Tul, César Diu, Aug. Auguste Ner. Néron; ete. XII Tab. Loi des Douze Tables ‘Tac. Tacite Agr. Agricola A. Annales D. Dialogue G. Germanic H. Histoires ‘Thr. Térence Ad. Adelphoe An. Andria Eu. Eunuchus BIBLIOGRAPHIE Haul. Hautontimorumenos He. Hecyra Ph. Phormio Tart, Tertullien Apol. Apologétique Mare. aduersus Marcionem Prax. aduersus Praxean Spect. de Spectaculis Vx. ad Vxorem ; etc. TuE0D. Mors. Theodorus Mopsueste- nus, Commentarius in epistulas mino- ves Pauli Apostoli (traduit du grec) Tis. Tibulle Titintws (Ribb. 1) Vat. Ft. Valerius Flaccus Vat. Max. Valére Maxime Var. Varron L. L. de Lingua Latina Men. Menippearum fragmenta (éd. Bicheler*, 1882) R.R. Res Rusticae Vet. Pat. Velleius Paterculus Vas. Végece Mul. Ars Mulomedicinae ; etc, Ven. Fort. Venantivs Fortunatus Vo, Virgile B. Bucoliques En, Entide G. Géorgiques Vit. Paty. Vitae patrum monachorum Virr. Vitruve Vorisc. Vopiscus, écriv. de I'Hist. Au- guste Vurc. Vulgate, traduction et édition de la Bible par saint Jérdme Note, — Dans les références ott Vindication du chapitre fait double emploi avec celle du paragraphe, la premitre a été habituellement supprimée. Un ren- voi comme Cic., Cal. 1, 7 ¢ lira donc : Cicéron, Catilinaires, livre I, paragraphe 7. Nous avons utilisé pour nos citations les textes publi¢s par l'Association G, Budé, et & son défaut par Teubner ou Ia Clarendon Press. Pour les auteurs qui ne figurent pas dans ces collections, i! cst renvoyé aux éditions spéciales mentionnées dans I'index bibliographique du Thesaurus Linguae Latinae on parues ultéricurement. GENERALITES § 1. La syntaxe — du gr. odvtagss « arrangement, disposition » — a pour objet I’étude de la phrase et I’emploi qui est fait de ses diffé- rents éléments (nom, verbe, mots invariables). Le nom doit étre entendu au sens large de forme nominale et com- Prend a ce titre : le substantif, qui nomme des étres, des objets, des concepts ; le pronom, qui tient la place du substantif ; l’adjectif, qui attribue une qualité au substantif. En latin, d’une maniére géné- tale, le nom porte indication du nombre et du cas; le genre est marqué, mais n'a pas un sens bien défini. Le verbe a pour propre d’énoncer, en situant dans le temps, soit un acte : ferto, edebat, soit.un état : doleo, soit un événement : hostes urbem euerterunt. Cette triple représentation d'un acte, d'un état, d’un événement est exprimée par le terme général de « procés » (lat. pro- cessus « ce qui se passe »). Le verbe porte indication du nombre, de la personne, du mode, du temps, de fa « voix ». Certaines forma- tions nominales lui ont été rattachées : infinitif, participe, supin, gérondif. Les mots invariables comprennent plusieurs groupes : interjections : heus, 0, pro(h), uae; prépositions : ab, ante, in, de, per ; conjonctions : et, nec, ut, quod, quom, acyerbes : fortiter, certo, bene. On y reconnait d'anciennes formes nominales fixées : bene, certo, penes, circum, ow verbales : em, wel; mais ce sont souvent aussi des particules irréduc- tibles & toute autre forme ; a, de, ex, uae, etc. Le réle des mots inva- riables dans la phrase est allé en croissant. Les prépositions ont pré- cisé les cas ; et l’adverbe tendit & remplacer un tour ancien avec adjec- tif: par exemple, hodie neni s'est substitué a hodiernus nent. 2 GENERALITES § 2. Le sujet indique de qui ou de quoi I'énoncé est affirmé. Le mot qui conticnt I'énoncé est appelé prédicat — du lat. pracdicatim « ce qui est déclaré », Une phrase est dite verbale, lorsque le prédicat est un verbe : Caesar ¢ Gallia vedil. Fille est dite nominale, si c'est un nom : fabrlae! « his- toires (que tout cela)! », ou un nom accompagné d'un prédicat, sans copule ! res sacra miser «le matheureux (est) chose sacrée »; cf., plus join, dans la Phrase simple, § 171, Il'existe des types intermédiaires. Un nom servant de prédicat est rapporté au sujet par le verbe « étre»: Belgae Gallorion sunt fortissimi, Ou bien, il est lattribut du complé- ment direct Vobjet : dans Fabiiun Maximum dictatorem senatus dé: creuil, Vaccusatif dictatorem fait partie de V'Gnoncé et, par suite, du prédicat au méme litre que Ie verbe. Ce tour se retrouve a l'ablatif absolus Galha hoste deereto « Galba ayant &é déclaré ennemi public ». § 3. Dans la famille des langties indo-curopéemnies, le latin est di- s (osque, ombrien), reetoment “apparenté aux diaectes italiqu plusieurs traits de ce groupe sont commums 4 le celtique. gree, Ie latin navait ps smbLunces particuliéres ; méme de fortes différenc tructure du verbe, ete, Par suite de Vintluence exereée par Ie grec comme langue de civil ation, d'assez nombreux hellénismes sont introduits dans la syntaxe latine Toutefois, en! dehors des calques ou transpositions propres aux textes de traduction, en dehors aussi de quelques imi- tations artificielles chez les poétes, beaucoup d’hellénismes ont un point d'appni dans des tournures existant ou ayant existé en latin méme et qui les préparaient (Ernout, Rev. Phil, LXXL (1945), p. 112, note). La syntaxe 1s avec celle de Hosque ct de Vomibrien, pour autant quon peut juger de cette derniére ; cf. Buck, A Granunar of Oscan and Umbrian, p. 195 qq. wo § 4. Le latin est connu & une date relativement fardive, L'veuvre de Plante, qui est le premier texte important qu’on ait conservé, a été écrite & Ja fin du me siécle et au début du ne@ av, J.-C. 14 cette époque, sde resi Ven séparaient : article, nombre de cas, fine offre en tout eas des ressemblances GENERALITES 3 le grec en était déja A la rows. On ne saurait donc voir dans la langue de Plaute celle d’un autre Homére, Néatimoins, le latin garde cer, tains traits archaiques : il n'a pas d'article, et la construction apposi- tionnelle, qui était une des caractéristiques de la phrase ancienne, y a laissé diverses traces : urbs Roma « la ville de Rome », choram, amplius « pendant plus d@’une heure », plus mille homines « plus de 1,000 hommes », et méme aliquid id genus « quelque chose de ce genre » (§ 87), au lieu de aliquid’ huius generis; de nombreuses « particulari- tés » d’accord subsistent de cet état. La subordination, qui rendait plus précise et plus claire l’expression des rapports entre les diffé- rents concepts, est surtout le fait de la langue littéraire. La langue parlée (sermo cottidianus) — cette appellation parait préférable & celle de langue vulgaire (sermo plebeius) — a gardé, au contraire, une syntaxe plus libre ; et beaucoup de constructions qui s’y rencontrent, souvent dés le v. latin, se sont prolongées dans les langues romanes (italien, frangais, espagnol, etc.). § 5. La langue parlée est difficile & saisir ct & suivre dans son en- semble. Au début, il est possible de s’cn faire une idée assez précise grace aux. comedies de Plaute ou A un texte plus court comme le de Agricultiva de Caton, Son cheminement est ensuite masqué par les progrés de la langue littéraire qui s’affirment dés Térence. Néanmoins, quelques indications sont fournies par des ceuvres qui admettent une certaine liberté d’expression : Res Rusticae de Varron ; correspondance de Cicéron ; Satires d’Horace ; traités de Vitruve, de Pline l’Ancien ; lettres de saint Jéréme, Vulgate, etc. Une connaissance plus directe du latin parlé peut étre, en outre, retirée d’écrits ou documents plus ‘Gloignés de la langue littéraire, Tels sont, par exemple, les inscriptions, et, parmi celles-ci, les graffiti de Pompé i, ainsi que les Tablettes d’exé- cration ou Tabellae Dejixionum ; les propos des affranchis dans la Cena Trimalchionis du Satiricon de Pétrone ; les traductions de la Bible antéricures 4 la Vulgate, désignées sous le nom d'Itala (uersio) ; plus tard, un récit de pélerinage comme la Peregrinatio Actheriae ad loca sancta (1v°/v® s.); une liste de formes ou expressions fautives 4 GENERALITES comme l’Appendix Probi; de nombreux écrits techniques comme la Mulomedicina Chironis, les traductions latines d’Oribase et de Dios- coride, etc., et méme des écrivains tardifs, qui ne savent plus que trés imparfaitement la langue littéraire, tels les historiens Grégoire de Tours, lrédégaire ou Jordanés. § G. L’étude de la syntaxe latine aujourd'hui ne consiste plus 4 éciger en régle l'usage classique : celui-ci n’est qu'un moment dans l'histoire du latin, mais c’est un moment important. Cicéron et César, en effet, joignaient A leurs exigences de puristes un sentiment trés “sir de la Jangue. « Le défaut peut-étre le plus grand, disait Cicéron (de Or. 1, 12), est de s’éloigner de la maniére courante de s’exprimer ct du bon sens » : a uulgari genere orationis atque a consuetudine com- munis sensus abhorrere. Beaucoup plus_artificiels sont les poétes, et aussi les prosateurs raffinés comme Salluste, Tacite ou Pline le Jeune, fortement préoccupés de style et recourant aux archaismes, aux hel- Iénismes, aux constructions rares ou factices. Tite-Live, qui est par- fois considéré comme un troisiéme classique, est en réalité plus prés de ces derniers auteurs que de Cicéron. La langue poétique se fixe apres Virgile et varie trés peu jusqu’a Claudien. PREMIERE PARTIE CAS ET PREPOSITIONS CHAPITRE PREMIER ROLE DES CAS ET DES PREPOSITIONS NOMINATIF EF YOCATIF § 7%. La flexion et ses insufflsances. — Le latin exprime la fonction du nom dans la phrase au moyen de cas, et chacun d’eux sente un ensemble de notions ou de relations sémantiques, asso- ciées & des caractéristiques morphologiques. Celles-ci, se trouvant en fin de mot, ont regu le nom de désinences (lat. desinere «cesser, finir »). angements de forme que Je nom subit ainsi, constituent sa flexion : lat. flectere « courber, ‘Aéchir, détourner une direction » doit « changer ». Le mot cas (lat. cass, de cado) — adaptation du gr. rréais, cf. mintew «tomber » — évoque lidée d'une «chute ». Il semble que, pour les Anciens, il y ait cu comparaison implicite avec un objet, un'stylet, par exemple, qui se fixe en tombant dans le sol. A la position verticale correspondait le nominatif : casus rectus, nr&owe 6764; cf. Priscien, G. L. K. UL, 184, } Sqq. : nominaliuus... sine rectus... casus appellatur, ut stilum guogue manu cadentem rectum cecidisse possumus dicere. Les autres cas étaient des positions plus ou moins éloignées de la verticale : casus obligui, mrbaztc madeyix. Lo voratil — de'méme qu'un appel reste on dehors de la phrase — toil d'abord laissé hors de la série des cas. Mais il fut rattaché suite au nominatif; et’ Lous deux formérent le groupe des casus recti opposé i celui des castes obliqui, Cette distinction peut dtre maintenue les casus recti ne font jamais office de complément, alors que c'est le propre des casus obliqui, Barwick, Gnom. 1X (1933), 590 sqq.: Niedermann, Emer. XIV (1946), 397-398. § 8. Le latin po ‘de un ensemble de six cas. L’instrumental et 8 CAS ET PREPOSITIONS le locatif, qui subsistent en sanscrit, en lituanien et en slave, ont été — sauf pour quelques restes fragmentaires du second (belli, domi, etc.) — fondus avec l’ablatif proprement dit. La fusion (ou syncrétisme) des cas est un trait général des langues i.-e. Lé grec a méme élimingé tout ablatif. Dans Ie latin d’époque historique, on peut considérer que le nomi- natif est le cas du sujet ; le vocatif, celui de l’appel ; l’accusatif, celui du complément direct d'objet ; le génitif, celui du complément dé- terminatif de nom ; le «latif, celui du complément indirect d’objet ; Vablatif, celui des compléments circonstanciels. Ce classement, quelque peu extéricur, correspond plutet A une tendance, effective certes, mais récente. Sur plus d’un point, on entrevoit, des fonctions casuelles sensiblement différentes, appartenant 4 un'stade antérieur et qui peuvent ‘eticore se traduire par des emplois assez importants. § 9. D’un autre cété, le passage du latin aux langues romanes a été marqué par une forte réduction du nombre des cas. En latin méme des empiétements s’observent de I'un sur l'autre. L’ablatif exprimait fa distance et la durée concurremment avec I'accusatif. Le génitif dit de qualité (sir magni ingentt) se développait & coté de I’ablatif de méme nom. Le datif dans est patri meo domus alternait avec le génitif de possession, dans. it clamor caelo avec l’accusatif de mouve- ment, dans eripere alicut avec l’ablatif de séparation. Méme le nomi- natif ct l’'accusatif avaicnt des points de contact : fabulae/ et nugas! (§ 30), magnam partem et magna pars (§ 166). Il y avait aussi des confusions de formes : au pluriel, entre.le datif ct lablatif 4 toutes Ies déclinaisons; au singulier, entre le génitif et le datif a la 1f¢ (rosae) ct a la 5° (diet), entre le datif et l’ablatif 4 Ja 2¢ (domino). A Ja 38, Vablatif sg. des thémes en -i- n'est distingué que particllement du datil : aure et auri, mais cubili, forti pour les deux cas; avec les participes présents le floitement provient .de ce que I’ablatif'a lui-méme les deux désinences -e et -4 (ardente et ardenti). Aux thémes consonantiques, la désinence -i- s’étendait 4 l’ablatif des adjectifs du type inops, parfois aussi chez les podtes & des substan- tifs ct, au lieu de silice. Enfin, pour les neutres du type templum REMARQUES D'ENSEMBLE 9 et du type cubile, Ia flexion se réduisait pratiquement & trois cas : nom.-acc. ; gén. ; dat.-ablatif, § 10. Dans la langue parlée, I’amuissement de -m final — déja courant & Pompéi (r¢F siécle ap. J.-C.) — rapprochait l’accusatif arbore(m) de Vablatif arbore. L'accent tonique placé sur la pénul- tiéme ou l’antépénultiéme donnait une débilité particuliére a la syllabe finale. A basse époque, les confusions de timbre ne permet- taient plus de distinguer les désinences -i et -e, ~és et ~is A la 3° décli- naison, ni non plug l’accusatif dominu(m) et le dat.-ablatif domino a la 2°, Une lente dégradation — jointe 4 I’usage croissant des pré- positions — conduisait la déclinaison latine vers la déclinaison A deux cas (cas sujet et cas régime), qui fut d’abord celle des langues romanes et qu’elles perdirent ensuite. Cet appauvrissement s’est ac- compagné de la tendance 4 marquer Ia fonction syntaxique des noms par leur ordre dans la phrase ; et 4 la liberté ancienne s’est_ peu A peu substituée la’ construction plus rigide de Ja phrase dans les langues romanes, oit Ja place du mot joue le réle que tenait le cas en latin : celui-ci pouvait dire Petrus Paulum ferit, Paulum Petrus ferit, Paulum ferit Petrus, etc. ; le frangais moderne, pour exprimer a méme idée, n’a plus qu’une seule construction : Pierre (cas sujet) “frappe Paul (cas régime). La tendance vers cette fixation s'observe déja dans les textes de langue vulgaire ou tardive : item ostenderunt locum 'ubi filtt Israhel habuerunt concupiscentiam escarum (Peregr. Acth. 5, 7). i § IL. Prépositions et cas. — Anciennement, des particules ou adverbes autonomes précisaient la relation’ exprimée par la forme casuelle : Hom., J1. 1, 439 : 4x 8 Xpuants vnds BF « dehors, Chryséis, du navire s’en alla », c’est-a-dire « Chryséis sortit du navire », Peu 4 peu, A cause de leur caractére accesscire, ces petits mots se placérent devant le verbe comme préverbes : ad-fero, ex-¢0, in-pono, sub-mitto, ou devant - le nom comme prépositions : ad eum, ex urbe, in urbe et, in serbem, sub montem et sub monte. Etant employées plus spécialement avec tel ou tel cas qui convenait a leur sens, les prépositions parurent le « gou- 10 CAS ET PREPOSITIONS verner »; et, en méme temps, Ja forme casuelle, qu’a lorigine elles accompagnaient, devint un complément « régi » par elles, La plupart des prépositions latines se sont fixées avec un seul cas : l'accusatif ou lablatif. Quelques-unes cependant, par un reste de l'autonomie premiére, se construisent encore suivant le sens avec ces deux cas : in, sub, super, etc.; en grec, emt, mapd, mept, "xpbs, ond en admettent méme trois : Faccusatif, le génitif et le datif. La construction de causa, gratia, etc. avec le génitif a un caractére différent et s'explique par l’origine nominale de ces formes. § 12. Les prépositions ¢ étaient appelées & recueillir le role qui échap- pait & la flexion’du fait de ses insuffisances. Au terme de I’évolution, elles !’6nt méme supplantée, en frangais par exemple, comme en an- glais Le latin est Aun stade intermédiaire. Seuls l’accusatif et l'ablatif, c' dire deux cas exprimant essentiellement des relations conerdtes (spatiales ou temporelles), qu’il convenait de préciser, sont accom- pagnés de prépositions. Au contraire, le génitif et le datif, cas abs- traits — ainsi, du reste, que Vablatif et Paccusatif dans celles de leurs fonctions qui ont ce caractére — échappent a l'emploi prépositionnel. On dit avec préposition : eo in urbem « je vais 4 la ville »; uenio ex urbe « je viens de la ville »; per fines contendit « il se ditigea 4 travers le territoire »; ambulare cum amico « se promener avec un ami » — mais. sans préposition : ber Petri « le livre de Pierre »; do librum amico « je donne un livre A un ami »; ferire gladio « frapper avec une épée »; epistiulam scribo « j'écris une lettre » ; maerore conficior « je suis accablé de ¢hagrin ». § 13. Néanmoins, I’évolution commencée se poursuivait, In’y avait pas toujours de relation sémantique cntre le cas et les prépositions uti- lisées, Beaucoup d’entre elles se construisent avec l’accusatif et n’ex- prtiment pas nécessairement une idée de mouvement : esse ad tortas,, stare ante urbem, Méme apud et pones s’emploient surtout aupreés de verbes de repos. Parmi les prépositions signifiant « avant », ante veut Yaccusatif, prae ct pro appellent I’ablatif, sans que la raison de cette différence soit perceptible & 1’¢poque historique. Celles, d’autre part \ LE NOMINATIF Ir qui sont munies du suffixe -ter(0)- (inter, practer, propter, subter, contra, intra, ultra) « régissent » laccusatif seul, sans doute parce qu’une liaison tout extéricure s’était établie entre ce cas et le type morpho- logique en question ; il en résulte que practer se construit autrement que prae dont il est formé. La préposition finissait,ainsi par marquer plus que le cas lui-méme Ja fonction du nom dans la phrase. L’élément flexionnel subsistait ; mais il tendait 4 devenir un signe superfiu, dont il serait facile de se passer, lorsque les désinénces, sous l’effet d’actions analogiques et phonétiques, se seraient confondues ou effacées. °° © Enfin, la préposition gagnait les cas abstraits eux-mémes : des tours comme dare ad aliquem « donner & quelqu’un » ou dimidium de praeda «la moitié du butin » — bien qu’ "évités en général par la langue littéraire — apparaissent cependant de bonne heure. Le nominatif § WH. Le nominatif ou nominatinus casus (h Wwopactach wrdor), _ qui n’a une expression morphologique distincte de l’accusatif qu’au genre animé, fut sans doute d’abord le cas de l’agent ; cf. J. Perret, R. E. L., 35 [957]. p. 152 sq. En latin, il désigne essentiellement Je sujet en général. Mais c’est aussi le cas du nom (nomen) considéré en lui-méme. Ainsi, dans les titres : le Cato Maior, l'Orator de Cicéron, l’ Hannibal de Cornélius Népos, en concurrence avec de ++ abl. (de Oratore, de Re publica) ; dans les énumérations : Cic., de Or. 1, 114 : quid de illis dicam quae... cum ipso homine nascuntur ; linguae solutio, uocis sonus, latera, wires? ; dans les phrases nominales : Cic., Sest. 74 : clamor senatus, querclac, preces, socer ad pedes abtectus (cl. § 171), ow il tient lieu d’énoncé ; dans les exclamations (nom. exclamatif), ot il alterne avec l’accusatif (§ 30) : fabulac! « fables! », nugae/ « plaisanterics | », Cette fonction permettait au nominatif de suppléer le vocatif, Voire de s’y substituer : 0 festus dies! (Tér., Eu. 560) ; 0 frustra suscepti labores! (Cic., Mt. 94); cf. § 17. 12 CAS ET PREPOSITIONS Dans les titres, le. nominatif alterne avec de + abl. Ce dernier tour paratt désigner plutdt Je sujet traité : de Legibus, de Natura Rerum, de Re Publica, Le nominatif indique le protagoniste del'ceuvre : Brutus, Cato Maior, ou l'objet décrit, étre animé ou chose : Oralor, Ibis, Culex, ‘Coma Berenicis. Le de Oratore est un traité de discussion, l'Oratoy un exposé, fait par I’auteur lui-méme, de I'idée qu'il se fait de l'orateur. Aussi certains titres peuvent-ils réunir les deux tournures : Cato Maior de Senectute, Laelius de Amicitia. § 15. Le nominatif était ainsi une sorte de cas-zéro, auquel se met- tait tout substantif qui se trouvait isolé dans la phrase par rupture de construction. La prose littéraire, soucieuse de régularité gramma- ticale, offre peu d’exemples de ce genre ; mais ils ne sont pas raresen dehors d’elle. : A) Un nominatif se trouve, par anacoluthe, en suspens au début de la phrase (nominatiuus pendens), tout en indiquant, & la maniére d’un sujet effectif, de qui ou de quoi il va étre question par la suite. ‘Au vieux latin appartierinent des passages comme : Pl., Poe. 659 : fu site di amant, agere tuam rem occasiost « toi, si les dieux t’aiment, c’est le moment de faire ton affaire »; Caton, Or. fr. 18 (Jordan, p. 47) = . mews dees . Serui, ancillae, si quis eorum sub centone crepuit, quod ego non sensi, nullum mihi uitium facit « esclaves, servantes, si quelqu’un d’eux a pété sous son vétement sans que je m’en apergoive, ilne me fait aucun tort »; cf. Caton, Agr. 34, 2 : ager rubricosus..., ibi lupinum bonum fiet. . Cet emploi expressif, bien que rare, ne s'est jamais perdu : Lucr. 1, 455 99q. : Seruitium contra, paupertas diuitiaegue, || libertas, bellum, con- cordia... |... || haec solili sumus... euenta uocare « la servitude, au con- traire, la pauvreté, les richesses, 1a liberté... nous avons coutume d'appe- ler cela des accidents »; Pétr, 37, 9 : familia uero — babae babae! — non mehercules puto decumam pavlen esse quas dominum suum nouerit a quant A ses gens, — oh Ja 18 ! — je crois par Hercule qu'il n'y en a pas le dixitme qui connaisse son mattre ». Cf. Christ. Mohrmann, Gi. XXI (1933), 20 sq. Ces tournures préparaicnt le nominatlf absolu, c’est-A-dire un nomi- natif employé, comme lablatif de méme nom, avec la valeur d'une proposition autonome. Cet emploi est annoncé en vieux latin : Calp. Pis. 27 (Peter I, p. 132) : hi contemnentes eum, assurgere ei nemo uoluit LE NOMINATIF . 13 des ee : « dans leur mépris, aucun d'eux ne voulut se lever au-devant de lui, » Mais le nominatif absolu ne prend une certaine extension qu’d basse époque,,: Peregr. Acth. 16, 7 : benedicens nos episcopus, profecti sumus « Pévéque nous donnant sa bénédiction, nous partimes »; également C. E. 2103, 8 (vie sidcle) : Greg. T., H. F. 2, 20 (munitus); ete. |. § 16. B) Nominatif « dénominatif ». Un nom (généralement nom _Propre) servant de dénomination et cité pour lui-méme est parfois laissé au nominatif, alors que la construction grammaticale stricte exigerait un autre cas : Cl. Quadrig. 12 (Peter I, p. 212) : cognomen habuit Coruinus « il eut le surnom de Corvinus » (= Coruinum) ; Prop. 1, 18, 31: resonent mihi Cynthia siluac « que les foréts résonnent (du nom de) Cynthie »; Ov., M. 1, 168-9 : est wia...,° | lactea nomen abet « il est une voie, elle a Ie nom de lactée » (=-_lacteam) ; cf. ibid. 15, 96; Vulg., Marc 3. 16 : tmposuit Simoni nomen Petrus « & Simon il donna le nom de Pierre » (= Petrum). C’est l’extension abusive de cette construction qui explique Je nominatif du qualificatif dans Pe- vegr. Acth. 1, 2: per ualle(m) illa(m) quam dixi ingens (Léfstedt, Komm., p. 50). Le mot intéressé est en quelque sorte mis entre « guil- lemets », Dans cet emploi,.le nominatif était 1a construction ancienne ; mais il fut habituellement remplacé par l’accusatif ou le datif d’at- traction qui paraissaient plus réguliers (§§ 31 @, 153, 154). C) Apposition restau{ au nominatif, Dans la langue vulgaire, 'apposi- tion, en raison de son faible lich de dépendance, restait parfois au nomi- natif par manquement 4 l'accord en cas : C. I. L. VI, 10052: wicit Scorpus equis his : Pegasus, Elates, Andraemo, Cotynus « Scorpus a été vain- queur avec tes chevaux suivants : Pégase, Elates, etc. »; Tab. Defix. 270, 11-12 (Audollent) : ... anima et cor ttratur Soxtili, Dionysiae filius... « que brdlent l'ame et le coour de Sextilius, fils de Dionysia » (ibid. 20-21). CLG. TL. VI, 3283 (heres); XUL, 2246 (interceptus); etc. Rapprocher aussi Ia remarque de UA ppendix Probi n. 134 : wico capitis Africac, non uico caput Africae « ruc de ta capitale d'Afrique, et non rue capitale Afrique» Note I. — L'indépendance du nom au nominatif explique que certains ad- jectifs aicnt pu se fixer de bonne heure A cg cas dans l'emploi préposi- tionnel ow adverbial. Ainsi, aduersus, "provsus (de *prouorsus), rursus (de *reuorsus), alternant avec aduersum, prorsum, rursum, par exemple nt CAS ET PREPOSITIONS cut-Otre trans ct mordicus. ¥ Spale ment, (§ ARO), tout d'abord « (c'est) chose terwm, conjonction F vraic 1, d’ot «on vérité », Note 1, -~ On ne saurait rattacher aux faits précédents une construction du type + Liv. 33, 35, 1: decem legati... ad liberandas suae quisque regionis ciuilates discesserunt « dix cnvoyés partirent pour libérer cun les cités de leur région +; car le nominatif (guisque), malgré Ven- clave, se rattache au sujet du_verbe (/egati}, sans qu'il y ait rupture de construction ; ef. Liv. 39, 49, 3 (ipse) ; 41, 10, 13 (adueniens). Le vocatif § 17. Le vocatif —- uocatinus casus, 4 xdnruch (mpoowyopevttx)) mrdarg -— est le cas de la personne interpollée. De méme qu'un appel échappe au contexte de la phrase, de méme Je vocatif se trouvait en dchors de la flexion, Sa forme était celle du théme rit ‘er. xoiipe, lat. domine) comme l’impératif, ou de la racine au dogré réduit (gr. mérep). Tsolé dans Ia déclinaison, il devait dispa- raitre, remplacé par le nominatif. in, seuls les thémes en -9- /-e- de genre animé ont au singulier un vocatif distinct. Et encore faut-il excepter parmi cux Tes noms du type ager, oi, & part quelques excmples de la forme puecre (Pl., Lucil.), le vocatif est devenu sem- blable au nominatif. De plus, des et populus n’avaient pas de vocatif ; celui de meus était mi (voir Ernout, Morph., § 27, 150). § 18. Les formes dee et mee étaient phonétiquement impossibles. Dee apparait dans le latin chrétien d'aprés le gr. Océ, qui était lui-méme une création tardive faite d’aprés I’hébreu. A cété de mi, le nomina- tif meus en fonction de vocatif n'est pas inconnu de la vieille langue, son emploi entrainant galement au nominatif Je substantif auquel il se rapportait : Pl, As, 664 : da, meus ocellus,,mea rosa, mi anime...; de méine : oculus meus (V1, Mo, 313), meus prtlus passer (PL, Cas. 138). Comme popults,“hadg en gree ntavait pas de vocatif; Mancienneté du fait est confirmée par la formule que Hipporte Tite-Live : 1, 24, 7: andi, inguil, luppiter ; audi, pater patrate paprli Albani, atedi tn, populus Albanus. Voir Lifstedt, Synt. 12, p. 92 sqq. L'emploi abnsif dis nominatif pour des noms de 2° déclinaison possé- LE VOCATIF 15 dant un vocatif n'est pas d'ailleurs sans exemples, notamment en poésie + Vg., En. 11, 464-5 3... equilem, Messapus... || et cum fratre Coras, latis diffundite campis « Messapus et toi, Coras, avec ton frre, déployes la cavalerie » : recherche d’expression, influence du second terme (Coras) dépourvu de vocatif? : La particule_¢, cn v. latin et dans la prose classique, donnait, comme encore en gree homérique,“un caractére affectif ou pathétique & l'ex- pression : Tér., An. 783 : 0 Chreme, per tempus adienis! « 6 Chrémes, tu arrives & point! »; Cic., Fa, 10, 26, 2: 0 mi Furni! « 6 mon cher Fur- nius! ». Mais cette particule, en partic sous J'influence du grec attique, ot & était devenu courant ct banal, fut ehsuite souvent employée sans nuance spéciale, surtout chez les podtes ; Vg... B, 2. 54 : et uos, o Lauri, carpam ct te, proxima myrte! « et je vous cucillerai, lauriers, et toi, myrte voisin | ». § 19. L'adjectif adjoint a un nom at vocatif ne fait pas partie de Vappel. Aussi était-il anciennement laissé an nominatif comme dans Hom., I. 4, 189 : pltos & Mevédae « Ménélas, mon ami! », Avec le développement de l'accord, grammatical, cette discordance paraissant choquante, le qualificatif se mit d’ordinaire au vocatif : Pl., Poe. 798 : quid nunc, sceleste leno? « et maintertant, scélérat de Jeno? »; Cic., Arch, 24 : 0 fortunate... adulescens! « 6 heureux jeune homme! »; — méme quand le lien était assez JAche et qu'il si agissait d’une véritable apposition : Hor., Od. 2, 7, 5 : Pompei, meorum prime sodalium! « Pom- peius, toi le premier de mes compagnons! »; Ep. 1, 1, 1 sqq. : prima dicte mihi, summa dicende Camena..., Maecenas! « toi que j'ai nammé avec les premiers accents de ma Muse et que devront nommer les derniers, Mécéne! »; etc. Dans ce dernier cas, cependant, quelques exemples du nominatif subsistent : Vg., En. 1, 664 : mate, meae uires, mea magna potentia solus « mon fils, & toi seul ma force et ma toufe-puissance »; Plin., Nat. 7, 117 : salite, primus omnium parens patriae appellate « ‘salut, © toi qui le premier as été appelé pére de la patric », Solus ct primus étant simplement apposés, le nominatif se trouvait plus conforme an sens, Cf. Juv. 4, 23-24 1... tt, || Succinclus patria quondam, Crispine, papyro « toi, Crispinus, fadis vélu du papy- rus de tes péres », et aussi Accius 240 /2 (Ribb.), Aug., Conf. 1, 4. 4, avec alternance du nominatif et du vocatif. Les prosateurs classiques 16 CAS ET PREPOSITIONS emploient phutot une proposition relative 2 o te gud primus es appel- fatus..f § 20. HF arrivait en gree qu'un vocatif fit par attraction passer A ce cas un adjectif attribut en contact avec lui dans la phrase, mais qui en était grammaticalement. indépendant + Théver. 17, 66: BaBte, xdpe, yevowo « pnisses-Ln, enfant, étre heureux ! » (= 6ABtog) ; cf. J. Humbert, Syit. gv, § ato. Cette attraction de caractére artificiel fut imitée par quelques pottes ating : Catal. 77,1: Rife, mili frustra ac neqniquam cre- dite amicr !« Rulus, oi que j'ai vainement et inutilement eru mon ami!» ; Prop. 2,15, 2: lectule, deliciis facte beate meis! « petit lit, rendu heureus, par mes délires!»; Vg., Ein. 2, 282-3: quibus, Hector, ab oris, || exspec- tate uenis? «de quels rivages, Hector, viens-tu si attendu? »; cf. ibid. 10, 327; Perse 1, 123; Oclania 31; ete. Le nom an vocatil n'éait méme pas toujours exprimé : Vg., Jin. 10, SUF 1 quo moriture rtis? « pourquoi cours-tu du da mort? », eC méme par extension : Tib. 53: sir uenias hodierne! « puisses-(u venir aujourd'hui! », On a expliqné par une assimilation de ce genre Pemploi de macte dans des: comune macte uirtute esto ; macte noua uirtule, puer, Vg. En. 9, 641. Mais Pétymologic de macte est trop obscure pour quion puisse rien ; voir Krnout-Meillet, Dict. dyn, s.u. alfirmer CHAPITRE II LACCUSATIF § 24. L'aceusatif (accusatinus casts) est par excellence le cas du complément direct, Wobjet > urbem stato, epistulam scribo, et les verbes qui se construisent avec un régime a Vaccusatif sont dits tran- sitifs, parce qu'ils font « passer » (lat. fransirve) I'action du sujet sur l'objet. Tontefois, avant cette spécialisation relativement récente, laccu- satif. semble avoir cu la fonction plus large de caractériser sous son aspect le plus immédiat Vactualisation du procés, s‘opposant ainsi aux autres cas obliques qui désignent des aspects plus éloignés de cette méme actualisation, Il ne s'appliquait pas seulement a lobjet dans lequel le proces se réalise (urbem statuo), mais tout aussi bien au terme du mouvement si tel était le sens du verbe (eo Romam), a une indication d'étenduc spatiale ou temporelle (tria milia recessit, tres annos regnauit), A wne qualification (clamare mains, uinere uitam iutiorem). A ce stade, le complément d’objet se présente plutét comme une détermination apposée : urbem staino « j’effectue l’acte de cons- truire quant & une ville »; de méme, auprés d’un verbe intransitif, id gaudco « je me réjouis quant a cela », tour qui subsiste encore & coté de gaudeo de re. Du point de vue morphologique, l’accusatif était Ja forme Ja plus indéfinie du nom. Cela explique son aptitude & se confondre etroitement avec l’énoncé verbal et & en devenir partie intégrante. Cela peut aussi expliquer que, sur un autre plan, certains de ses emplois se rapprochent du nominati{ entendu comme cas du nom (§§ 14 et 31). Cf. J. Perret, R. E. L., 35 [1957]. p. 182 sq. Note. — Le terme d'accusatif est impropre. Les grammairiens Jatins, en Fendant par accusafinus casus le gr. % xit:actai, Rroor, yattachaient 1s CAS ET PREPOSITIONS Vadjectif aisazude au verbe alzviabar « accuser », alors qu'il doit Metre A airfa « la cause ». L'accusatif est « le cas de ce qui est causé »; et la traduction attendtie par causatiuus casus, c.-a-d. le causatif, se rencontre, dit reste, quelquefois : ef, Priscien, G. 1. K. IT, 185, 25. Accusatif complément d’objet direct § 22, L’accusatif comme complément d’objet direct eut une exten- sion croissante, qui contribua pour beaucoup a en faire le cas régime unique des langues romanes. Il serait vain de'dresser une liste de tous les verbes transitifs. Du reste, la distinction entre transitifs et intran- sitifs n’est pas fondamentale : elle dépend souvent de I’emploi qui est fait du verbe et du sens qu’on lui fait exprimer (infra, § 232). On insistera seulement sur quelques points. § 23. Nombre de verbes d’élat ou de sentiment et, d’une manitre générale, de verbes considérés comme intransitifs regoivent dés Vépoque ancienne ou au cours du latin un accusatif a’objet direct : Sperare « espérer une chose » (wictoriam, Cic., Ph. 12, 10) ct desperare x perdre Péspoir dé qqe chose » (honorem, Cic., Mu. 43); dolere « déplorer que chose » (castem, Cic., Sest. 145); flere, lugere aliquem « pleurer qqn » (PL, Cic. ; etc.) ; Zamentari, queri rem (Cic., Tu. 5, 112; Cés., B. G. 1, 39. A) « se lamenter sur, se plaindre d’une chose »; horrere « redouter qqe chose » (dolorem, Cic., Tu. 5, 85): (ad-)mivari « admirer qqn ou qqe chose »; ridere (deridere, irridere) aliquem « rire de qqn, le railler »; manzre aliquem « Attendre qqn » c.-A-d. «lui Stre réservé » en parlant d'une chose (PL, Liv., Vg.; etc), au licu du datif,§ 78. Laccusatif se justifie par sa valeur premiére de détermination Apposée au verbe : flere aliquem = « pleurer relativement & qqn ». Plus spécialement, hors dela prose classique : ardéve aliquem (Vg., Nor.) ou calere (Prud.) ow perise (VL, Loe, 1095), deperive (PL, Catul.) «aimer ardemment qqn », @iprés amare, deamare ; stupére aliquem (Vg., {.) «voir avec admiration », Waprés mirayi ; latére aliquem (Vg., En. 1, 130; etc.) «chapper & qn», Waprés revOdvew’ tid ; freta natare (Vg.) « traverser les flots ala Mage »; cf. Cie, Fi. 2, 112 : maria ambulare, lerram nauigare (passage poctique) ; currere aéquor (Vg.), d'apres per- currere, Wout erratas dicere terras (Ov., F. 4, 573) « dire les terres par- ‘courues & Paventure »; tritonphatus (Vg., Ov.) : triemphari (Tac.),’ puis x ACCUSATIF D'OBJET 19 triumphare aliquem (bas-latin) « triompher de qqn », d'aprés superare et uincere. Méme les inchoatifs étaient gagnés : perhorrescere rem (Cic., Cat. 4, 16) «redouter,ung chose » ; exhorrescere (uullus, Vg., En. 7,265 cf. Liv. 8; 35, 11); contremiscere (iniurias, Sén., Ep. 65, 24) ; erubescere « respecter » (iura, Vg., En. 2, 541-2) et « rougir de » (ewangolium, Vulg., Rom. 1, x6). Voir D. Norberg, Synt. Forsch., p. 132 sqq. \§ @4. Des impersonnels avaient un accusatif d’objet’: me fugit (Jaltit) «il m’échappe »; me decet, me dedecet « il me sied, il ne me sied pas »; toutefois, mihi decet, par analogie avec mshi ltbet ou licet, est attesté hors de la prose’ classique (PI., Am. 820; Sal.; Sén: trag. ; Fronton ; etc.). t Particuligrement archaique est la construction transitive des imperson- nels de sentiment : me_siseret «j'ai pitié »; me paenitet « je me repelis »; me piget « je suis mécontent »; me pudet « j'ai hoiite #; me laedel « je suis dégonté ». Avec Ja valeur premiére de l'accusatif comme détermination, ces locutions signifiaient : « il y a cn ce qui me concerne (me) pitié, repen- tir, méconteutement, honte, dégodt »; et la cause du sentiment était expriméc par un génitif de relation : alicuius rei « relativement a qqe chose », La tournure personnelle s'introduisait du reste (§ 281). § 26, L’accusatif d’objet remplace dans certains cas un complément indirect au datif. Ainsi, pour curare et sitare, qui ont encore chez Plaute des restes de construction au datif, cf. Tri. 1057, Cu. 298. A cdté de indulgere, mederi ct parcere alicui, on voit apparaitre indulgeve et mederi atiquem (Tér., postclass.), parcere aliquem (Pl., Lucr., Vg.; etc.), sans doute d'aprés la double construction du type ignoscore alicué « pardonner A qqn » et ignoscere peccatum « pardonner une faute ». Seruive aliquem, au lieu de alicui, se lit chez Turpilius, auteur de mimes (Ribb. II, 39); inseruire aliquem est déja employé par Plaute. Plus tard : aliquem nocere (Vulg.; noceor, Vitr.), Vaprds laedere aliquem ct Bradrrew tw; maledi- cere aliguem (Pétr. 58, 13) « insulter qn», puis, dans le latin chrétien, « maudire qqn », comme bencdicere aliquem « bénir qqn » (Lifstedt, Komm., p. 218), § 26, Ailleurs, laccusatif d’objet se substitue & un complément & Pabla- uf. Carere rem se trouve, par influence du tour contraire habere rem, des Je v. latin (Tér., Eve, 223; Turpil. 32), et ensuite & date tardive. L’analogic de dave rem alicui amée interdicere rem alicui (Caton, Suét., Fronton, 20 CAS EE PREPOSITIONS tle.) et. sacri ficare deo hostiam (PI., Ov., ete.), au lion de interdicere alicui ve (§ 107 a) ct de sacrificare deo hostia (§ 115)., Auprés des déponents fri (/runiscé) «jouir de »; Jungi «s'acquitter de »; potiri « etre (se rendre) maitre de»; Wi cuser de »; wesed «se nourrir de », Ja langue classique a généralisé Vablatif comme plus conforme & leur sens : ablatif de s¢paration pour fimgi ($107 a), de moyen pour les autres (§ 115). Néanmoins, Vaceusatif dobjet est signalé dés Ie v. latin : PL, Trio 1s ut munns fungaris tan (prologue post-plautinicn?) ; 682 + qué labled ston tantam yem patriam « moi qui ai gaspillé un tel patrimoine » (Lindsay, Syst. of Plautus, p. 29 ; Bennett, Synt. of carly Latin U, pp. 201 216, 217). Et Von en suit ultérieurement fa trace : Lucr. 3, 734: fungi (mala), an sens de path: Sal., H. 3, 38: uesei; Nep. 14, 1, 2: fungi; B. Afr, 36, 4: potivi; Tac., Agr. 28 : uesci, ct A, 3, 2: fungi; également diem 0 ita fungi (inser. ele.) juli (Grom. Lat, p. 125, 10; ete). Lexistence d'un adjectif en -ndus pour la plupart de ces verbes facili- tait lour emploi comme transitifs : wasa wenda rogare (PL, At. 96) «demander des ustensites & emprunter », m. am, « pour Gtre utilises »; ager fruendns datus est (C. 1. L. 12, 585. 31) cune terre a été donnée en ‘ance ». De plus, frui subissiit Vinfluence de habere et surtout de possidere, auquel il est souvent uni dans les textes juridiques, nescé celle de edere (esse) «manger », poliri celle de adipisci et de assequi. Mais le detail des faits n'est pas Lonjours cohérent, En v, latin, l'accusatif parait avoir &é fa seule construction de fuugi; au contraire, pour ai, il ne se trouve chez Plaute avee un substantif que dans trois passages : Ep. 26 Poe, 1088, Ru. 1243, partout ailleurs avec un pronom neutre qui peut Sexpliquer comme marquant la relation (§ 6). Et cependant le méme auteur -nemploic jams le composé abuti qu’avec Paccusatif (d’aprés aadhibere, constunere?). § 27. Influence de la composition, Des verbes intransitifs ont des composés transitifs : adive aliquem « aller trouver qqn » en face de tre waller », D’ordinaire, le préverbe dans l'emploi pr épositionnel se cons- trait Ini-méme avee Vaceusatit : allogui aliquem « aborder qan >; 67 cumire urbem « contourner une ville»; inire tian, rationem «s'engager dans une voie, me méthode»; ehire, occrembere mortem « succomber »; percurrere urbes « parcourit des villes »; practerire aliquem ou rem « passer a cdté de qqn, négliger qqe chose »; subire montem, iniuriam «gravir ine montagne, subir un dommage »; ‘ranscendere Alpes « fran- chir les Alpes »; etc. Mais on trouve aussi — quoique plus rarement — des composés dont le préverbe régit comme préposition labla- ACCUSATIF D’OBJET 2 til: conuenire aliquem « rencontrer qqn », en face de uenire; de méme : egredi munitiones (Cés., B.C. 3, 52, 1) « franchir les retran- chements », et exire limen (Tér., He. 378) « franchir le seuil ». Cette influence de Ja composition a pu s'exercer de deux maniéres : d’abord directement par le préverbe lorsqu’il est lié & l’accusatif : adire aliquem = ire ad aliquem ; ensuite d’une maniére indirecte : car, en plus de l'idée de mouvement qui souvent subsiste, la notion évo- quée par le composé est celle d’un verbe transitif : par exemple, inire wiam ou suscipere negotium impliquaient Vidée d’un verbe « faire » (agere, facere aliquid). Aussi ce passage 4 la construction transitive a-t-il pu affecter des composés de préverhes appelant l’ablatif : egredi muniliones, exire limen, d’aprés superare (ripas) ou |’expression con- traire intrare locum. § 28. Cot emploi transitif est presque constant pour les composés de circum, practer-, rans-. Pour les composts de ab- (rare), ad-, ante-, con-, de-, ex-, in-, inter- (rare), ob-, per-, prac-, sub-, siubler-, etc., il alterne & des degrés divers avec le complément prépositionnel : adire ad aliquem, congredi cum aliquo, ct aussi avec le datif plus {réquent : instare hostes (Nep. 15, 9, 1) et instare hosti (Liv. 2, 65, 2). Les podtes et les prosateurs stylistes (Sal., Liv., Tac., etc.) ont beau- coup accra le nombre des composés ainsi construits : accedere, allabi, aduchi, aduolui, incedere, incurrere, innare, supereminere, ctc. Parmi ceux dont le préverbe gouvernait l’ablatif, on notera : decurrere laborem (Vg., G. 2, 39) « aller jusqu’au bout de son labeur »; exstare aliquem (Stace, S. 1, 2, 116) « surpasser qn », d'aprés superare. Par contre-coup, l'accu- satif était parfois entrainé auprés du verbe simple : currere aequor ct perire aliquem (§ 28) ont été influencés par percurreve urbes, deperire aliquem ; de méme, suadere aliguem (Tert., Apul., Arn.), d'aprés perstadere aliquem (Pétr, 46, 2; ete.). La construction transitive des composés s'est! étendue méme & ceux de ante- et de prac- signifiant « l’cmporter sur » : antecedere, antecellere, anteire, praccedere, praccurrere, pracstare, cic. Bien que leur sens abstrait appelAt le datif (§ 78), laccusatif, tout en restant plus rare, se rencontre auprés d'eux dés Ja période républ : aliquem anteire (P\., Ps. 933; Cic., By. 229) ; aliguem antecedere, praecedere, praestare (Cés., B. G. 3, 8, 1; 1, 1, 4; 8, 6, 2). Idevient fréquent chez Varron, Népos, Tite-Live, Tacite, etc. ; pracesse aliquem apparait dans les textes tardifs (D, Norberg, Synt. Forsch., p. 137). 22 CAS ET PREPOSITIONS Emplois particuliers de l’accusatif d’objet .§29. Accusatif complément de nom. — Anciennement, le subs- tantif verbal d'un verbe transitif parait avoir pu assez librement re- cevoir un accusatif d’objet. Cette construction a subsisté dans l'usage courant, sans avoir d'ailleurs une grande extension, pour le supin en -tum (§ 276) : Cés., B. G. 1, 11, 2 ¢ legatos ad Caesarem mittunt auxilinm rogalum « ils envoient une ambassade 4 César pour lui de- mander du secours », La vieille langue présente encore quelques noms d'action en -tio avec un accusatif d’objet pour complément, toujours auprés de est exprimé : PL, Am. 519 : quid tibi hanc curatio est rem? « qu’as-tu & t'occuper de cette affaire? »; cf. As. 920; Tru. 622-3; Enn., Sc. 242. Les adjectifs en -bundus sont parfois construits transitivement, 4 limitation, semble-t-il, du par- licipe présent : Liv. 25, 13, 4 : tilabundus castra hostium « voulant éviter je camp des ennemis » (déja Sisen., frg. 55 Peter); mais les prosateurs classiques ignorent ces tournure: Parfois l'accusatif était amené par constructio ad sensum, aupres d'une locution comprenant un substantif ou un adjectif verbal ct équivalant pour le sens & un verbe transitif : guid mihi auctor es? (PL., Cic., etc.) «que me conscilles-tu? » (= suades), Ainsi peuvent s'expliquer diverses cons- tructions en v. latin : Pl, Mo. 100 : gnarures uos uolo esse hanc rem « je veux que vons soyez au courant de cette affaire » (= scire hanc rem) ; Mi, 1253 : amore perditast te misera «la malheureuse se meurt d'amour pour toin (= te deperil), — ou & basse époque : Grég. T., Conj. 17 : nomen erant ignari «ils ignoraient le nom » (= ignorabant) ; C. I. L. 1X, 5167, 5: cuius pietatem et dulcitudinem memores parentes. La locution ancienne infitias ive 4+- accus. « nier qqe chose » (PI., Men. 306), ou l'on reconnait la construction du «double accusatif » (§§ 47 sqq.), subissait aussi lin- Huence de negare, § 30. Accusatif exclamatif. — L’accusatif était courant, comme Je nominatif, dans les exclamations : me miserum! « malheureux que je suis! », Souvent précédé d'une particule : 0 istius nequitiam... sin- gularem! (Cic., Ver. 5, 92), em tibi hominem! (Pl., As. 880) « voila Vhomme ! »; ecce me/ (Pl., Ci. 283) « me voici! »; pro deum fidem! « bonté divine! »; pro deum atgue hominum fidem! « par la bonne foi ACCUSATIF EXCLAMATIF 23 ; parfois aussi il était accompagné de -ne iuterrogatif : Cic., Ver. 5, 62 : huncine hominem! hancine impuden- tiam, iudices, hance audaciam! Le verbe est a l’infinitif (§ 283). des dieux et des hommes ! En v. latin, ecce, par corhbinaison avec divers accusatifs pronominaux, donnait les formes eccum, eccam, eccos, eccas, eccillum, eccillam, eccillud : Pl, Au. 712 : altat eccum ipsum! « attention, le voici en personne! »; Mi. 1310 : eccos exeunt! «les voici, ils sortent | »; St. 536 : apud nos eccillam festinat... sovor tua. Eccum s'était parfois figé & son tour comme adverbe (= ecce) : Pl., Ba. 611 : Mnesilochus eccum maestus progreditur foras : ct l'on connatt aussi une forrhe eccere (Pl., Tér.), au sens de « bon}, voila! », peut-Atre issue de ecce + re(m) : Pl, Men. 4or-2 : eccere. || Perit misera «ga y est ! Misére de moi, je suis perdue ! »; cf. Am. 554. Egalement, ellum, ellam (= en illum, -am) : Pl., Ba. 938; Tér., Ad. 389. L’accusatif exclamatif se rattache a l'accusatif d’objet. Le fait est clair aprés em, qui n'est autre que l'impératif em(e) dle emere au sens ancien de « prendre », c.~A-d. « prends, tiens » ; et de em I’accusatif avait pu s’étendre par analogie apres ecce. La locution pro deum alque hominum fidem sup- pose Vellipse d'un verbe transitif imploro « j'implore » ou obtestor « je prends & témoin », En dehors de ces cas particuliers, il pouvait y, avoir Vidéc latente d'une constatation ou d’un jugement : me miserum/ « (que je me trouve) mathcureux! »; fortunatum Nicobulum! (Pl, Ba. 455) « (voyez) Vheureux Nicobulg! »; de méme : nugas! (sc. dicis) « (tu dis 1h) des sornettes »; le verbe dicendi est méme exprimé dans PL, Ru. 1322 sq. Dans l'emploi exclamatif, le nominatif avait concurrencé l'accusatil (cf. ci-dessus, § 14), méme aprés une particule comme em : PL, Tri. 3: em ilae sunt acdes!, cf. Ep. 488. Cicéron se sert concurremment des deux c: aprés em, mais toujours du nominatif aprés ecce ct presque toujours aussi apres en (sauf Ver. 1, 93 : en memoriam). Pour des puristes, l’accusatif, étant le cas par excellence du régime direct, ne se comprenait plus aussi facilement dans ces tournures autonomes; et en faveur du nominatif s’exergait en méme temps Iinfluctce dle son emploi en fonction de vocatif aprés la particule o : type o frustra suscepti labores! Néanmoins, l’accusa- tif exclamatif a subsisté tout au long du latin. La formule bene nos, bene te (Pl., St. 709) «h notre santé, 2 1a tienne », ef. Ov., F. 2, 637. implique de meme Midée a'unc forme verbale comme adiuret. § 31. Accusatif en fonction de nominatif. — En partie peut- étre par survivance, l’accusatif avait certains emplois qui le rap- prochaient du nominatif ou le mettaient en rapport avec lui. L’étude des exclamations fournit déja a cet égard I’exemple d’une équiva- 24 CAS Et PREPOSITIONS lence +0 fortunatos nimium... agricolas! (Vg., G. 2, 458), en face de : @ fortunalt: mercatores! (Ulor., S. 1, 1, 4). L’accusatif se rencontrait ailleurs avee fe nominatif sar d'autres points + a) Dans les tours interrogatifs, comme Hor., S. 2, 7, 116: unde mihi lapidem? « oit rouver} unc picrre? » (2, 5, 102); Ep. 1, 5, 12 : quo mihi fortunam, si non concedituy ti? « que nVimporte la fortune, s'il ne m’est pas permis d’en user? », Le substantif & laccusatif était Pobjct direct d’un Le qui, du reste, est parfois exprimé : Prop. 1, 18, 5. verhe impli b) En apposition une phrase : Cic., Te, 1, 102 : hoe dicto admoneor tut aliquid cliam de humatione... dicendum existimem : rem non difficilem, cn face des ibid. 1, 65 + Ganymeden ab dis raptum ait (Homerus) propter formam... non insta causa cur... Aussi, & basse époque, la locution id est {hoe est) « e'est-Adire » est-elle fréquemment. suivie de laccusatif : Ps Aug, Quaest. test. 106, 3+ his ergo creatis simul substantiis, hoc est aquam, tenebras et lerram.... 4 cote dn nominati€: Jord., Get, 110 t trie mene no- mina edidertnt, td est Venethi, Antes, Sdaneni. D, Norberg, Synt, Forsch., P2097 sqq.s et. plas het, § 16, ¢) Mors de Ta langue lil téraire, Paccusatif stintroduit & cOté du nomi- natif dans tes Enumérutions (Petr. 38, 15). dans Pénoncé de recettes (Caton, gr ian; Apic. 4, 2,9), BUG) asrive que Paccusatif — comme le nonrinatil (6 reste en suspens C. 1.1. TV, 3525 : Putrolos, Antiwn, Tegeano(s), Pomperos, hae stt uerae colonia « Pouzzoles, Antium, Tegia- mum, Pomper, veil de vraics colonies »; Ald. Chir. 526 : totam curatio- est. 1). Norberg, ibid. p94 sqq. nem, hae d) Rapportéee par un verbe dicendi, Vexclamation, qui, en clle-méme, ett GL aw nominatif ou vocalif, est Gnoneée & Taccusatif, qui équivaut alors & nos guillemets : Cie., Mh. 2, 28 2 Brutus... ‘Ciccronem’ nominatim exclamanit « Brutus, expressoment, s'dcria ‘Cicéron ! », Accusatif ubsolu. —— Lvs tournures précédentes expliqnent qu’a se Epoque Faceusatif ait pu, comme le nominatif, fournir des cons- troetions autonomes, analogues & Vablatif absolu, Dans cette fonction, s muttiples confusions avec Vablatif, est méme andi ayue te nominatif. Ces exemples (aceusatif absotn sont pacti- ment Irequents chez Grégoire de Tours et Jordancs. Ainsi, Jord., Vacensatif, par suite de plus tey eulit Rom. 350 5 regina... neminem scicntem sublerfugit « saus que personne le sit»; Caw, en alternance avec Vablatif : Grég. T., HW. P. 5. 43: accep- tam a nobis benedictionem purgatogue pectore « ayant regu votre bénédic- tion...» Bonnet, p. 358 sqq.; Kroll, GL XEX (1931), 260 sq. ACCUSATIF DE QUALIFICATION 25 § 82 bis. Accusatif proleptique. — Auprés de verbes transitifs pourvus dune proposition complétive, le sujet de cette derniére se trouve parfois exprin ar anticipation, i Paccusatif, dans la principale, ot il sert de complément objet au verbe de cette dernigre : Tér., Eu. 6to-1 : metuo fratrem || ne intus sit; v. 657-8 + illum nescio || qui fuerit. Il s'agit en réalité, d'un reste de construction appositionnelle qui plagait céte céte Ja détermination & Vaccusatif et la proposition devenuc ultéricure- ment complétive ; « jc crains mon frére, qu'il ne soit dedans ; etc » Cette tournure, & cause de son manque de rigueur grammaticale, est évitée par Ia langue liltéraire, non exclusivement, toutefois, par ex. Cic. Tu. 1, 56; Hor. Od. 1, 17, 24-253 4, 14, 7-0. Mais st continuée dans la langue parlée : Bel. Afr. 16, 3: iam me qui sim intelleges. Elle n'est pas rare & basse époque, surtout chez les autours de langue vuigaire, s'ap- pliquant méme, parce quelle cessait d'etre comprise, {des verbes intran- sitifs : Vit. patr. 3, 196 : oportel ergo monachiwn tut semper lugeat. Accusatif de qualification, accusatif de relation, accusatif adverbial ; § 33. Les constructions de ce groupe ne sont plus que des survi- vances, souvent appuyées par Ie grec, ott elles s’étaient micux con- servées Accusatif de qualification. — Sous sa forme la plus courante. Vaccusatif de qualification est celui d’un substantif déterminant un verbe intransilif de méme racine et dont il développe le contenu (accusatif de la figure étymologique ou du contenu) : type sertditutem seruive (formule juridique) « étre esclave », D’ordinaire, un adjectif précise le substantif : Pl., Ps. 524 : islam pugnam pugnabo « je livre- raj ce combat »; Cic.,'Fa. 5, 2, 7: invant uerissimum... iusinrandum a j'ai juré Je plus vériiliqne des serments ». Mais il arrivait aussi que Je substant s étre de méine racine fat simplement de méme sens que te verbe*: longa... tre wiam (Vg. En. 4, 467-8) « faire une longue route ». Ou bien encore, dépourvu de tout rapport sémantique avec ce dernier, il constituait 4 lui seul une Qhalification : lapides logui (PI., Au. 152) « dire (des paroles qui sont) 26 CAS ET PREPOSITIONS des pierres »; sanguinem sitire (Cic., Ph. 5, 20) «avoir soif de sang », A cOté de lablatif instr. pluere sanguine, cf. plus bas, § 115. Avec les verbes de saveur ou d'odorat : sapit hircum (PL, Ps. 737-8) «il sent le bouc »; orationes... redolentes... antiquitatem , Br. 82) « des dis- cours qui exhalent un parfum dantiquilé »; ete. § 84. Par analogic avec Vaccusatif dobjet, il y avait parfois transpoxi tion du tour au passif : PL, Men. y8o : depugnato proctio «le combat ayant te livre » (Catul. 37, 13): Vg., En. 3, 13-14: terra... regnata Lveurgo «terre sur laquelle régna Lycurgne », — rarement, dans Ja prose classique: Cie, Aue, 34 : ia (pugna) summa contentione pugnata. Liaccusatif de ke figure étymologique ou du contenu appartient pour Vorigine au vicux fonds de Ja langue, ainsi qu'il résulte de sa présence diverses formules du vocabulaire juridique, religieux ou technique (fos- sam fodere, iudicium indicare, noxam nocere, preces precari, sectam sequi, tota woucre, otc.) ou dans une expression de type courant, telle que sapit hivcem; ct il n'a jamais disparu entiérement, méme A époque tardive. Les prosateurs classiques s'en sont détourneés dans une certaine mesure, peut-8tre parce que laccusatif dans ce tour paraissail Gloigné de sa fone- tion habituelle, Par imitation dn grec, of la construction était demeurce plus vivante, ont élé créées, surtout en poésic, beaucoup d'expressions, uiquent des locutions de Pautre nguce; mais la tendance 4 laquelle elles se rattachont est ancienne ot latin : Olympia uincere (Enn., 4. 374) « vainere aux Jeux Olympiques », Mapris ‘Odburta voiv; staditn currere (Cic., Of. 3. 42) « faire la course du stade », Vapris oté8tov zpézew ; coronari Olympia (Hor., Ep. 1,1. 0) « recevoir la conronne des Jeux Olympiques », d'aprés exepavdcacDa: vk "Odbpme ; resonare... Amaryilida (Vg., B. 1, §) «redire te nom d’Amaryllis », comme Anacréon t, 4: "Epota... Rye. De méme : sallare Cyclopa (Hor. S.1, 5, 63) «danser la danse du Cyclope »; sudare electra (Vg., B. 8. 54) «exsuder lambre », ef. B. 4, 305 pedibus plaudere choreas (Vg., Fin. 6. 644) «mener des cheeurs en frappant du pied, c'est-2-dire en cadence». qni sont des hellénismes en tant qu'elles § MS. Vaccusatif de qualification était parfois un adjectif: neutee exclamare maius (Civ., Tu. 2, 56) «crier fort » (comparatif intensif, § 193) on encore poctis pingne quiddam sonantibus atque peregrinem (Cic., Arch, 26) « pour des povtes & Paccent empaté ct élranger »; joint mn adverbe : issantm bene (PL, Mi, 24). Les podtes développent ces emplors Wapras le type gree 480 épav : cermis action (Hor., S. 1, 3, 26) «tn as la vue percante »; acerba tens (Later. 5, 33) «au regard erucl »; didce ride n. ACCUSATIF DE RELATION 27 tem (Hor., Od, 1, 22, 23) «au doux sourire », d’aprés "homérique -yedalons lpepdev; & igalemient Tac., A. 4, 60: falsum venidens «avec un sourire hypo- crite », etc. Hellénisme aussi, sans doute, l’expression increpui hibernum (PL, Ru. 69, prol.) « j'ai fait gronder la tempéte », qui est sans autre exemple A date ancienne ; le texte d’Ennius, ululat acuta (A, 342), est tres incertain ; il faut sans doute lire acute. § 36. Accusatif de relation. — Pour indiquer la relation, c’est-a- dire sous quel rapport vaut I’affirmation énoncée, l’accusatif a été remplacé habituellement'en latin par d’autres tours : puer mitis inge- nii ou mili ingenio (== ‘npiog 1 700), natione Syrus (= *EMny td yévos), pes mihi dolet (== ddyeiv todg n68ac). Aussi n’est-il guére de- meuré que dans le cas d'un pronom neutre ou de formes assimilées : id, hoc, illud, istuc, ipsum, idem, aliud, quod, quid, aliquid, quicquam, nihil, unum, utrumque, multa, omnia, pauca, cetera, pleraque, etc., indiquant non pas l'objet, mais l'étendue de l’action, auprés de verbes transitifs ou intransitifs, et quelle que soit la construction de ces derniers, lorsqu’ils ont un substantif pour complément, Ce sont surtout des verbes de sens abstrait (de sentiment, d’effort, ete.) : Tér., An. 362 : id gandeo « jc m’en réjouis (quant A cela) », en face de gaudere aliqua ve; Cic., de Or. 1, 35 : celera assentior Crasso « pour tout Je reste, je suis de l'avis de Crassus », en face de assentiri alicui de aliqua ve; Cic., Fa. 6, 1, 7: nihil aliud studere en face de studere alicui ret. En méme temps, il peut y avoir un accusatif d’objet : Cic., At. 13, 22, 4: illud accuso non te, sed illam « de cela ce n’est pas toi que j’accuse... », en face de acctsare aliquem rei, de ve, propter rem; etc. Cet accusatif neutre de relation subsiste au passif :Cic., Rab. Post. 17: ego hoc cogor « j’y suis contraint »; Fi. 1, 14: illud quidem adduct uix pos- sum ut... «je ne peux guére étre amené a (croire) ceci que... »; — et aussi 4 limpersonnel : Cic., R. Am. 8 : si hoc solum hoc tempore pugnatur ut... «s'il est combattu aujourd’hui pour ceci seulement, & savoir... », ¢.-a-d, «si le combat livré aujourd'hui n'a d’autre but que... ». Le v. latin a quelques exemples de ces accusatifs pronominaux cm- ployés plus librement, Ainsi, avec mifterc, prohibere, uenive : Pl, Mi. 1158: td nos ad le... uenimus « c'est pour cela que nous sommes venus te trou- ver»; Ps. 639 : ut id agam quod missus huc sum «afin de faire ce pour quoi J'ai été envoyé », ct 13-14 : id te || Iuppiter prohibessit! « que Jupiter t’en préserve! s,m. i m. « relativement & cela »; — ou bien avec un adjec- 28 CAS ET PREPOSITIONS ti: PL, Ru, 397 5 id... maesta est «c'est pour cela qu'elle est triste », Ce der- tour fut repris plus tard hors de la prose classique par imitation du grec : Vg., En. 3, 504 : cetera Graius « pour tout Je reste, un Grec » (= th Ara); Sal, HW. 1, 116: sanctus alia; Yac., A. 12, 3: inuenem ef alia clayum « jeunc homie illustre 4 d'autres égards ». § 37. Accusatif adverbial. — Le réle joué anciennement par laccusalif comme détermination autonome persiste tout particulié- rement dans le cas dle ]’accusatif dit adverbial, qui cst surtout repré- senté : Par des adjectifs neutres de quantité ou autres : mulium « pour une grande quantité, heaucoup »; aliquantum « sensiblement »; nimiton, plus, fanlum, celerem « (pour ce qui est) du reste, d’ailleurs » (§ 480) ; quantum, plerumque {negation nihil, issuc de *ne hilom «en rien », proprement « pas wn hilum », De méme : primum « d’abord » ou « pour la premiére fois »; postremtan ct ultimum « pour la derniére fois’», pat ex. : Liv. , 29, 3 ultimum illud uideve « voir pour la dernitre fois », m. Am. « cette fois {illud) comme derniére »; tertium consul « consul pour la troisiéme fois »; commodum « justement, & propos »; facile « facilement »; stunmum « au plus »; flere « pour Ja seconde fois »; etc, Par imitation + faynensten «immensément » (Sal., Par des formes pronominales devenant conjonctions : quid? « pour- quoi? » dans qrid tenisti? signifiait « relativement it quoi es-tu venu? »; — nihil est quod... ot quid est quod...? «il n'y a pas de raison, quelle raison y a-til pour que...? », of quod équivaut A cur; ~ quod « parce que » est issu de Lours comme ideo guod « ceci pour [a raison que » ou id quod (rare) « pour ceci que »; cf, Tér., He. 367-8 : ilico omnes simul || lactae exclamant ‘uenil’, id quod me repente aspexerant « ... ceci parce qu'elles m’avaient apergu n; de méme : id (= ideo) ... ul + subj. «dans Vintention de » : Liv. 23, 47, 1: id modo moratus ut consulem percontaretur, Tér., Eu. 1005 ; ete. ‘ar les Incutions id (hoc) actatis «de (A) cet Age » et id temporis «4 ce moment », employées comme complément de nom on complément cit + ctem id actatis filio (Cic., Cl. tqr) eave un fils de cet A 7 eins actatis ; quos ego... id temporis uenturos esse pracdixeram (Cic.. Cat. 1, 10) «dont jfavais dit qu'ils viendraient ce moment-H », co lempure. Littéraiement, id actatis = « pour ceci en fait dige », avec un KenHiL partitif du ype quid negoti? (§ 68 b). De meme: magnam (maiorem, maximam) partem « pow une grande (la plus grande, une trés grande) part »; bonam partem (Luer. 6, 1249) : meam partem (Pt, Mi, 646) « pour ma part »; parti (§ 166 n.) ; — ticent ACCUSATIF ADVERBIAL 29 alicuius «pour Ie compte, A la place, & la.maniére de qqn 1; ticem meam ou tuam «ad ma place, a fa place », Quelques expres analogues avec genus s'élaient conservées dans Ja langue parlée ct technique : corona- menta omne genus (Caton, Agr. 8, 2) «des feuillages de tout genre »; ali- quid id genus (Cic., At. 13, 12, 3) «quelque chose de ce genre »; Var., 2. Rt, 29, 2: in id genus pracdiis; et avec un relatif de liaison : quod, genus (Cic., Inu. 2, 157; souvent,chez Lucréce, etc.) « ainsi, par exemple », m: i m. « touchant cet ordre de faits, d'idées ». Ces formules cédaient elles-mémes la place 4 des tours plus conformes aux habitudes nouvelles de Ja langue : eius (huius) generis; ex omni genere; quo de genere; magna ex parte; uice alicuius (postclass.), cf. Liv. 1, 25, 6. § 88. Tours particuliers. a} Les poétes, par une imitation artificielle du grec, employaicnt A lacensatif de relation les substantifs désignant la race, fa naissance ct Jes parties du corps (accusatif grec) + Lucr. 3, 489 : remit avtus « il tremble de ses membres »; Catul. 64, 122 : deuinctam lumina somno «les ycux fermés par le sommeil »; Vg., En. 8, 114 1 gui genus (estis)? « qui étes-vous quant & la race? de quelle race? » (= rlveg 18 yévog;) ; ibid. 12, 64-65 ! lacrimis ... || ... perfusa genas, m. a nt, « inondée de larmes quant & ses joues »: Ov., M.9, 307 : flaua comas « blonde quan cheveux », d'aprés Hom., Od. 15, 133 | xépn Eav06c. Sur ce modele, Sacite écrira, A. 6, 9 : clavi genus «des personnages illusires par la naissance ». b) Avec indutus (indui) et (ac-)succinctus, Naccusatif de la chose dont on est revétu était ancien en latin, Il est attesté dés Plaute : Men. 512-3 non ego te indutum foras || exire uidi pallam? «ne t'ai-je pas vu sortir revétu de la mante? » ; cf. aussi T. Eug. VL 6, 49. Ces formes étant des « moyens », Vaccusatif se présente comme un accusatif d'objet, complément direct du verbe : indutus pallam = « quia revétu sa mante », Mais le sentiment de cette valeur avait pu s'effacer, et dans Vg., En. 2, 275 : vedit exuuias indutus Achilli, on encore ibid. 7, 640 : loricam induitur « il revét sa cui- rasse », I'accusatif se confondait aisément avec laccusatif de relation du type grec perfusus genas. c) Les écrits techniques (ey jale montrent dolere, d'aprés aryeiv tob¢ néBag, construit avec laccusatif de la partic du corps ott Von a mal : dolere lalus (Seribon, Larg., 170), oculos (Fronton, p. 182, 18), nentyem (Mul. Chir, 205) ie avoir mal au cOlé, aux yeux, an ventre », son- vent dans la Vulgate, cle. Priscien remarque (G@. L, K. ILL, 268, 8) + di- cimus ‘doleo peden Sur certains faits trés tardifs, voir D.-Norberg, Beitrdge..., p. 1 sqq- 30 CAS ET PREPOSITIONS Acceptions concrétes de l’accusatif § 3% Accusatif d'étenduc, —- L’accusatif marquant I’extension dans espace ne subsiste qu'appliqué a des termes de mesure ou équi- valents : digitus, passus, pes, mille (passuium) « un mille », stadium, iter -+ un génitif (bidut), uia, et & quelques formes neutres : multum, paulum, plurimum, quicquid, tantwm ; etc. 1 désignait : a) Vespace parcouru par quelqu’un (auprés d’un verbe de mouvement) : ‘ic., Quinct. 78 : neminem esse... qui possit... triduo septingenta milia pas: sum ambulare « parcourir & pied 700.000 pas en 3 jours »; Liv. 21, 54,8 appropinquabant... « tout Vespace dont ils approchaient », & mesure qu’ils approchaient »; ab aliquo pedem non discedere a ete.) «ne pas quitter qqn d'une somelle >. b) la-diatanee, soit avec abesse, distare : Liv. 30, 29, 2: Zama quingue dierwn iter a Carthagine abest « Zama est h 5 jours de marche de Car- thage »; Cts., B. G. 7, 72, 4: quae (lurres) pedes LXXX inter se distarent « tours dl ntre elles de 80 pieds », — soit avec un verbe quel- conque : Cés., BG. 1, 22, 5: milia passunm tria ab corum castris castra ponit «il 43 milles du leur ». o La dimensto: adjectifs allus « haut, profond », crassus ais » (rare et non class. dans ce tour), latus, longus, ctc. : type murs decom pedes altus ; Cés., B. G. 7, 24, 1: aggerem latum pedes trecentos triginta, allum pedes octoginta exstruxerunt «unc terrasse large de 330 pieds, haute de 80 », Cet emploi, inconnu du grec, est ancien en latin. i existait d'ailleurs des tournures concurrentes : a) soit avec le subs- tantif abstrait correspondant : Cés., B. G. 1, 2, 5 : (Heluetiorum) fines in longitudinem milia passuum CCX... patebant; 1, 8, 1: murum in alti- tudinem pedwm sedecim fossamque perducit; pour exprimer une « épais- seur », cette construction remplace méme dans la prose classique celle de crassus -|- ; #. 3,13, 4: clanis ferveis digiti pollicis cras- siludine «avec des clous de fer de Vépaisseur d'un pouce »; — b) soit, en dehors de 1a langue littéraire, avec ladjectif lui-eméme pourvu d'un gé- iL analogique du génitif de qualité ; depuis Varron, par ex. R. R. 2, 4, 14: haram... trium pedum altam «unc souc haute de trois pieds », fré- quent ensuite (Colum., Vitr., inser.) ; et plus tard avec ablatif : Am- pel. 8, 12 : postes longi... cubitis wiginti, et aussi per -|- accus. : C. I. LVI, rogea. ACCUSATIF D'EXTE. 10X 31 § 40. Accusatif de durée. --- C'est laccusatif d’extension appli- qué au temps, Il désigne : Lespace de temps pendant lequel dure unc action ou un état (= ques- tion gam din?) > soclem totam stertere (Pl., As. 872) « ronfler toute la nuit »; bestiolas quae nium diem tinant (Cic., Tt. 1, 94) « qui ne vivent qqwun jour », [a été ren(oreé par la préposition per : Caton, Agr. 157, 3: hoc per dies septem dato « pendant sept jours »; Cic., At. 042 tonnisti prouinciam per decem annos. Avec alternance : Liv. 29, 38, 8 : dudi Romani bid instauvati, item per biduum plebeii (40, 45, §-6). Sur Ja confusion avec lablatif, voir § 133. Depuis combien de temps Paction dure (question quan dudum?) avec le verbe au présent : Vg., £0101, 47-48 : fot annos jj bella gero « depuis tant années je guerroic ». On trouve souvent alors iam et Je nom de nombre nal Pomp. 7 : annum iam tertium et uicesimum regnat «c'est la depuis 22 ans), plus raroment le cardinal : Cic., Flac. 70: annos iam triginla in foro uersaris. Combten de temps il y a qa’un dvénement est prodult (question ex quo tempore ?), avec abhine ot Ie verbe au parfait : Cic., Dit, 2, 118 : De- mosthenes abhinc annos prope trecentos {uit « Démosthénc vécut il y a prés de 300 ans », Abhinc n'est pas A proprement parler une préposition, mais un juxtaposé adverbial indiquant Ie point de départ, la forme casuelle qui Vaccompagne marquant la durée : litt. «& partir de mainte- nant » (ab -- hinc). L‘ablatif s'était, du reste, également employé avec Tui (§ 183) dans Jes mémes condition: Comme les adjectifs du type altus, largus, ete., le participe natus s¢tait accompagné d'un accusatif d’extension au sens de « 4gé de » : Cit Tw. 5, 57 : quingue et uiginti natus annos «Agé de 25 ans », m. & mM, « voi 25 ans qu'il est né ». Sous I influence du tour puer decem annorum, le ge- nitif s'est ici encore introduit; signalé depuis Var., Men, 496 : decem annorum natus, il est fréquent sur les inscriptions. § 41. Emplois dérivés de laccusatif d’extension. — A lidée dextension se rattachent plusieurs emplois dérivés : Accusatif de degré, c.-a-d. les formes adverbiales neutres miuliem, ali- quanlum, paulum, quantum, tantum, ctc., alternant auprés des verbes dle supériorité avec Pablatif de differ er, Ph. 247 : incredibilest quanti erum ante co sapientia « c'est incroyable combicn je surpasse mon maitre en sagesse » : l’ablatif quanto signifierait « de combien (jc surpasse) ». Mais I’écart était minime entre-les deux tours; et la prese 32 CAS ET PREPOSITIONS classique a plusicurs exemples de Iaccusatif : multum praestare (Cic., de Or. 1, 15) et superare (Cic., Ver. 5, 115) ; tantum excellere (Cic., Pomp. 30) : ete, Cet accusatif se retrouvait ~ quoique, semble-t-il, plus rarcement — anprés des comparatifs et formes assimilées : aliquantum... auidior (Tér., Eu, 131); mulium... mains (Cic., de Or. 3, 92); permultum ante (Cic., Ka. 3, 11, 1); haud multton infra (Liv. 5, 37, 7); mullum... dulcioves (Phin., Nat. 15, 68) ; etc. Cf. § 117, Accusatit de mesure : avec talere « valoir (telle somme) » : Var., L. insi dénommés), parce qu’ils valaient chacun dix as »; il s’agit alors de mesure, et non de prix, § 116; — avec pendére « peser, étre de tel poids » : Plin., Nat. 21, 185 : cyathus pendet drachmas decem « un cyathe pase dix drachmes »; — et aussi avec Ja locution esse pondo « tre en poids, peser » Colum, 12, 28, 1: ivim cribratam quae sit instar pondo quincuncem... per- misceto « mélez de Vitis criblée environ (instar) un 5° d’once ». A partir de ce tour, pondo s'élait parfois employé seul avec l'accusatif : Liv. 26, 47.7: paterae aurcae... libras ferme omnes pondo «des pateres d'or pesant presque une livre chacune ». Hors de la langue littéraire, laccusatif se substituait également au nenitif d'estimation et de prix (§ 60) : Pétr. 43, 4 : vendidit enim inten quantum ipse uoluit «il vendit son vin autant qu'il voulut » (déja C. 7. 1.3, 593, 48 sq., de 45 av. J.-C.) ; Lucif, Cal., Athan. 2, 29 : illos qui plus (= pluvis) mensae tuae copias fecerunt quam... « ceux qui ont fait plus ile cas des richesses de ta table que... ». Avec alternance : Tert., Test. anim, 6 : quam tanti jacis quantum illa te facit « que tu estimes autant qu'elle t’estime ». § 42, Accusatif de mouvement. — Cet accusatif — dit de la ques- tion quo — désignait le terme vers lequel est dirigé le mouvement ; et, bien que la préposition soit devenue avec lui usuelle (eo in urbem), il s'est maintenu seul par survivance : Avec Ies nama do villes et lea formes domum, rus (§ 129). Avec un subatantif verbal dans diverses locutio! nuplum dare « don- ner en mariage »; enum dare « mettre en vente »; venum ire ou tenire « Atre mis (M. AM. caller ») en vente #; pessum dare « jeter & bas, anéan- tir a, ct pessum ire (abire) «aller i sa ruine » (PL, Ci. 223; Truc. 36). Ace type se rattache la construction du supin en -it avec un verbe de mou- vement ; cf. plus loin, § 276. Dans les expressions formulaires ire malam crucem ou malam rem « s'exposer & la croix, A une manvaise affaire, s'en aller au diable x, souvent chez les comiques (PI, Men. 328; Tru. 937; etc.), mais in s'introduit ACCUSATIF PREPOSITIONNEL 33 (PL, Mo. 850) ; exsequias ire « aller 4 un enterrement » (Tér., Ph. 1026) alicni suppetias (ad-)uenive, ire, proficisci, occurrere (P., Men. 1020; B. Afr. 5; 25; 39; 66; 68; etc.) « venir, aller, partir, se porter au secours de qqn »; infitias-ive «se porter & V’action de nier, nier » (Pl, Tér., Nep., Liv., Quint., etc.). La tendance des verbes composés 4 se construire transitivement faci- litait auprés d'eux l'emploi de l’accusatif sans préposition : Cic., At. 1, 14, 5 | rostra Cato aduolat « Caton vole % la tribune »; ou encore Curt. 6, 2, 16 : discurrunt... tabernacula, d'apres percurrere, en face de ibid. 3, 12, 8: in tabernaculum currunt. L'absence de préposition pouvait étre aussi — et en poésie surtout — un archaisme, ou un hellénisme, car en grec l'accusatif de mouvement est assez souvent employé seul. Ainsi : Lucr. 6, 742 : ea... loca cum uenere tolantes; Vg., En. 1, 2: Italiam... uenit; Lucain 7. 477 : aethera tendit, d'aprés Mhomérique aldépa (Aépa) teavev; etc. Cf. J. Humbert, Synt, § 43. Accusatif prépositionnél. — C'est surtout avec in et sub que Vemploi de l’accusatif est demeuré lié a la notion de mouve- ment par contraste avec l’abl.-locatif exprimant le repos, Mai: pour stper et subler, l’opposition des deux cas n’existait pratique- ment plus. Et les prépositions qui gouvernent l’accusatif seul se ren- contrent pour fa plupart avec ou satis idée de mouvement; par exemple, Cés., B. C. 1, 70, 3: cum... ante se hostem wideret « comme il voyait }’ennemi devant lui » (repos), en face de Cés., B. G. 1, 21, 3: equitalumque omnem ante se mittit (mouvement) « il envoie toute la cavalerie devant lui », § 44. In désigne le mouvement qui aboutit & l'intérieur du lieu ou de Yobjet : Nep. 16, 4, 3: in Persas est profectus « il partit chez les Perses ». Ad, au contraire, implique une idée de proximité, et il marque Je mouve- ment qui aboutit aux abords du liew ; Cés., B: G. 5, 50, 4 : equilatus ad castra accedit « la cavalerie approche du camp »; d’ou une opposition comme Cic., N. D. 3, 25 : in aram confugilis ad deum « sur les degrés de Yautel, auprés du dicu ». ‘Aussi ad était-il plus indiqué, lorsque le point daboutissement Gail une personne ; on dil adire, mittere, pergore ad ali- quem, et non in aliquem, & moins qu’il n'y ait lieu d'indiquer l'aboutisse- ment effectif, notamment pour une rencontre hostile, ce qui appelait in au sens de « contre » (pergere in hostes). Sub apportait souvent l'idéc Maller au pied de quelque chose : sub montem succedere (Cés., B. C. 1, 45, 2) as’avancer au pied de la montagne ». 34 CAS PREPOSITIONS Le terme du mouvement n'était pas toujours considéré, et l'accusatif, surtout avec in, marquait simplement la direction : in altitudinem, in latitudinem, in longitudinem «en hauteur (ou en profondeur), en largeur, cn longucur 2, — ow le trajet accompli : Pétr. 42, 2: fui enim hodic in funus « j'ai été aujourd'hui & un enterrement ». Au figuré : in amicitian populi Romani dicionemque esse (Cic., Dit. Caec. 66) « Sc trouver dans (le sens de) l’amitié ct (sous) la domination du peuple romain »; in polesta- tem esse alicuius (Cic., Ver. 2, 67) « étre an pouvoir de qqn » (§ 184). § 45, Dans le temps, la notion de mouvement est a l’origine de plu- sicurs acceptions : Ad «jusqu'a » (souvent avec usque) : ad hanc diem remanere (Cic., Cat. 3, 17) et « pour » : ad Idus Apriles reuerterentur (Cés., B. G. 1, 7, 6) « ils reviendraient aux Ides d'avril »; — in « pour une époque donnée » : auctio- nem constitucre in mensem Ianuarium (Cic., Leg. Agr. 1, 4) « fixer la vente pour le mois de janvier »; magistratibus in annum cyeatis «les magistrats ayant été nommés pour Vannée » Avec un sens distributit : in diem uiuere « vivre pour un jour », c.-a-d. « au jour le jour », ct aussi in dies (singulos) «de jour en jour », par exemple in dics singulos crescere (Cic., Cal. 1, 5); 4 acstatem «i mesure que I’été avance » (Lucr. 6, 712); — sub «4 approche de » : sub lucem (Cés., B. G. 7, 83, 7) et « immédiatement apres »: sub eas litteras (Cic., Fa. 10, 16, 1). L'idéc de mouvement conduisait 4 celle de but. Ce sens final est trés fréquent. pour ad « en vue de, pour », en particulier avec le gérondif ou Tadjectif en -ndus : ad agendum, ad bellum conficiendum ; pour in, il est at- testé dés Plaute (Mo, 122), mais il ne se développe qu'a partir de Tite-Live. In marquait aussi Ja conformité : « dans le sens de », c.-a-d. « selon, suivant »: iuvare in uerba alicuius « préter serment a qqn (en suivant sa formule) »; in rem esse'« &tre conforme & Vintérét »; et par suite la ma- niére : seruilem in modum (Cés., B. Gi 6, 19, 3) «a la maniére d’un es- clave » ; in specicm (Cic., Ver. 5, 36) «en apparence », et A l’époque impé- riale dans pli ions neutres : in totum (Colum. 2, 1, 2) «en totalité »; in plentn (Plin., Nat. 16, 217) «en général »; in deterins (Vac., tl. 3, 10) «on pis »; etc, dd égatement indique Ia conformité + ad natu- ram « conformément & la nature » et par extension Paccompaznement (§ 109). Ob ct propter passent au sens causal ; ete. § 46. Bien que ad, dans Ja plupart de ses emplois, implique une idée de mouvement, cette notion ne lui était pas nécessairemént attachée, ct if lui arrive de marquer la proximité avec repos : stare ad iannam (Cic., de Or. 2, 353) « Gre debout A la porte »; pons gui erat ad Gennam (Cés., B. DOUBLE ACCUSATIF 35 G. 1, 7, 2) «le pont qui était prés de Genéve », D'autre part, apud s’eni- ployait dordinaire sans mouvement, ct avec des personnes : apud nos est conuivitem (Pl., St. 663) «il y a banquet chez nous »; apud populum loqui « parler devant le penple ». Aussi des confusions se produisaicnt-elles. Ad était substitué a apud : ad amicam potare (Pl., As. 825) « boire chez son amie »; agere ad populum (Cic., Ph. 12, 17) « parler devant le peuple », et aussi’a in + abl. : esse ad uillam « étre a la maison de campagne » (locution usuelle) ; ad Opis (sc. templum) mancre (Cic., Ph. 1, 17) «rester au temple d’Ops »; ad exer- citum manere (Cés., B. G..5, 53, 3) « rester A l’armée ». De son cété, apud s'employait au lieu de ad pour marquer la proximité avec des noms de choses’: Pl., Am. 350: quid apud hasce aedis negoti cst tibi? « qu’as-tu A faire prés de cette demeure? »; Cés., B. G. 2, 7, 3: pat lisper apud oppidum morati « étant restés quelque temps devant la ville », — parfois méme avec mouvement (non class.) : Sal., H. 1, 119 : ille Conisturgim apud legiones uenit; souvent en bas latin : Itala, Gen. 43, 0 (cod. Lugd.) : si non adduxero eum apud te (npbg of) ; Cassiod., Hist. 5, 16: uenivet apud eum, Comme ad, enfin, il était substitué & in + abl. : apud aedem (S. C, Bac.) « dans le temple » (= in aede) ; apud emporium atgue in macello (Pl., Am. 1012) «A la bourse ct au marché »; apud uillam (PI., Tér.; Cic., Ver. 4, 48) «A la campagne », A coté. de ad tillam ; méme avec des noms de villes (§ 131). Double accusatif § 47. Parmi les faits qui entrent sous cette rubrique, est 4 mettre & part le double accusatit « attribut », c’est-A-dire celui d'un accusatif dobjet et de l’'attribut qui s'y rapporte, auprés des verbes « faire, appeler, nommer, estimer », etc. : creare aliquem consulem « nommer qqn consul »; facere (reddere) aliquem dinttem « faire (rendre) qqn Tiche »; appellare aliquem regem « salucr qqn (du titre de) roi »; a1- merare aliquem oratorem « compter qqn comme orateur », Par exemple : Cic., de Or. 3, 122 : eosque (libellos) rhetoricos inscribunt «ils les inti- tulent (ces écrits) traités de rhétorique »; Ff. 2, 50: quid... hoc loco intellegit honestiun 2 « qu’entend-il Ia par I'honnéte? »; Of. 2, 10: malitiam sapientiam indicant, Méme avec un verbe comme tolo : fe adiutorem nolo. J-a simple adjonction de esse transformait beaucoup de ces tournures en proposition infinitive. Cf. aussi les expressions : ar- 36 CAS ET PREPOSITIONS gentum muluom rogare (Pl, Ps. 294) « demander de I'argent & em- prunter » ct muluas swmere pecunias ab aliquo (Cic., Ph. 10, 26) « em- prunter de l'argent », proprement « demander ou prendre de |’argent a titre d’échange ». Ce type est courant : les deux accusatifs con- scernent la méme personne ou Ie méme objet, et ils sont unis l'un a Vautre par l’accord grammatical, § 48. Toutes différentes sont les autres formes de double accusatif : chacun des deux termes y est indépendant de l'autre, par juxtapo- sition, selon la fonction ancienne du cas (§ 21). En v. latin, un accu- satif d'objet et un accusatif du contenu sont ainsi rapprochés dans Caton, Agr. 139: te... bonas preces precor «je te priede bonnes priéres ». Avec les progrés de l’analyse qui tendaient & donner une forme dis- tincte & des compléments différents, le tour te bonas preces precor fut remplacé par fe bonts precibus precor. Aussi, sous cet aspect, le double accusatif n’a-t-il dans la prose classique qu'une place restreinte, alors qu’en dehors d’elle, ct notamment dans la langue parlée, il garde ou prend un certain développement. Les principaux types d’emploi sont les suivants : § 49. A) L’accusatif d’objet est accompagné d’un accusatif de rela- tion, celui-ci étant limité aux formes pronominales neutres ou assi- milées, mentionnées ci-dessus (§ 36) : Cic., Al 5,17, 5: Si quicquam me amas «si tu as qge affection pour moi»; Rep. 1, 3 : id cogit omnes «il les y contraint tous ». Cf. la formule si quid me wis esi tu me veux cn qqe chose, si tu as besoin de moi ». B) Auprés d'un verbe composé, l'accusatif d’objet est accompagné un aceusatift dépendant du préverbe, surtout avec des composés de circum- et de trans- (le préverbe servant d’appui) : Cés., BG. 7, 11, 0: exercittem Ligerim traducit «il fait passer la Loire & son armée » (= trans Ligerim exercitum ducit); cl. ibid. 4, 16, 6, avec transportare, D’oit, auprés d'un médio-passif : Cic., Dit. 2, 62 : anguis... uectem circumiectus Cun serpent cnroulé autour d'une barre ». Avec d'autres préverbes, ce double accusatif ne se rencontre guére qu’en poésie : Vg., En. 3, 688 : practeruchor... ostia « je dépasse I’embou- DOUBLE ACCUSATIF 37 chure du fleuve »; Hor., Od. 1, 14, 19-20: inter/usa.,. aequora Cycladas «la mer répandue ents Cyclades », — ou dans des locutions toutes faites : aliquem adigere arbitrum « citer qqn devant (ad-) un arbitre »; aliquem adigere iusiurandum «conduire qn & (ad-) un serment, lui faire préter serment »; mais on voit apparaftre l'ablatif adigere iure iuyando, sacramento (Liv.) ct le tour prépositionnel ad iusiuvandum (Sal., Sén.) ; animum aduertere aliquid « tourner son attention vers (ad-) qge chose »: sang doute y a-t-il aussi constructio ad sensum, le groupe animum aduertere équivalant A un verbe transitif comme cernere, uidere. On rapprochera : PL, Tru, 762 : te manwm iniciam (= comprehendam). § 50. C) Le méme verbe a deux aceusatifs d’ohjet, mais l’un est un accusatif de la personne (doceo pueros) et l'autre un accusatif de la chose (doceo grammaticam) : Cic., de Or. 2, 216 : eam (artem) tu potis- simum nos docebis « toi de préférence, tu nous enseigneras cet art ». Au passif, l’accusatif de la chose subsiste : Cés., B. C. 1, 87, 3 : Pe- ireins atque Afranius cum stipendium a legionibus... flagitarentur... « P, et A. se voyant réclamer la solde par les légions... ». Ce double accusatif de la personne et de la chose ne se trouve plus dans la prose classique qu’auprés de quelques verbes : docere (le plus fré~ quent) ; celare (un seul exemple : Cic., Fa. 2, 16, 3); (ex-) poscere ; rogare, presque exclusivement dans les formules magistratum ou senatorem rogare sententiam « demander son avis 4 un magistrat ou A un sénateur » et popu- lum rogare magistratus « demander au peuple (d’élire) des magistrats »; postulare ; flagitare (seulement Cés., B. G. t, 16, 1, et Cic., Dom. 14). Dor- dinaire, un ablatif prépositionnel était substitué soit & l'accusatif de la personne : flagito, posco, postulo rem aliquam ab aliquo, soit a l'accusatif de la chose : doceo, celo, rogo aliquem de ve aliqua. Au passif, l'accusatif de la chose — en dehors de flagitave dans Cés., B. C. 1, 87, 3 — n'est attesté chez les classiques que par la formule rogari (rogatus) sententiam « @tre interrogé. (qui est interrogé) sur son avis ». Doceor rem n'apparait pas avant Hor., Od. 3, 6, 21; (e)doctus rem 6st chez Salluste, Horace, Tacite, etc. On entrevoit, en revanche, dans la vieille langue les restes d'un emploi plus étenda : PL, Gr. 629-630 : anteltan || quem parasitus te clusit «Vanncau que le parasite Ua soutiré »; Afran. 173 (Ribb,) : id aurum me condonat «il me fait don de cet or »; également avec exigere (Q. Metellus, ap, Gell. 15, 14, 2, au passif) ; consulere (Pl, Men. 700) ; ludificari (Pl., Ba. 523) « frustrer qqn de qge chose »; aliquem ludos pessimos dimittere (Pl, Ru. 791) «laisser aller qqn (ent lui faisant) de mauvais tours », peut-étre d’aprés 38 CAS ET PREPOSITIONS Iudos facere aliquem (PI. 3) «faire un tour A qq», Lilt, «en faire av jou»; insimulare (VI . 859) «accuser »; monere (PL, St. 5%, au passif). Cette construction avait existé dans la langue du droit pour dam- uare et condemnaye, comme le montrent diverses fcrmules rapportées par Gains, Inst. IV, 43, 46, 47, 50. 51 + aliquem condemnare (damnare) decom milia sestertiun on tantam pecuniam « condarnner qqn A 10,000 sesterces, 4 une somme égale ». Cf, anssi Caton, Orig. 5, 5 (Jordan, p. 24) : tantum danas esto « qu'il soit condamné d'autant ». D'autre part, les podtes et les écrivains d’époque impériale ont fait au double accusatif de Ja personne et de la chose une part plus grande que lcs prosatours classiques. Il se retrouve avec precari (Stace, cf. deja T'exemple de Caton, § 48); ct il gagne fercontari (Hor., Curt.), d'aprés poscere ; erudire (Val. Flac., Stace, Vulg.) et instruere (Tert., Vulg., Jord.), apres docere. A basse époque le tour s’élargit ct l'on voit apparaitre des exemples comme C. E. 737, 3: senilemgue aelatem tantos onerare dolores « charger sa vicillesse de douleurs », d'aprés onerare uinwn vt onerare nauem ; Mul. Chir. 353: hae curationes... sitim iumentum adducunt «donnent soif & animal » : une action du préverbe 4 une date aussi tardive est improbable ; souvent induere, exucre, spoliare aliquem aliquid, construc- tion appuye par Je grec : Hala, Lew. 8, 7 (Rufin) : uestiuit eum tunicam ct praccinxit eum zonam « il le vetit de la tunique et le ceipnit de la cein- ture » (= deBucev abtdv tov yerava xal Wiosev abrdy thy Cdvqy) ; fraudare aliquem aliquid, Sil., Ulpicn, La langue parlée, moins soucieuse de diffe renciation syntaxique, s'’accommodait facilement de ces constructions plus laches, & mesure surtout que l'accusatif devenait le cas régime par excellence (1. Norberg, Synt. Forsch., p. 108 sqq.). § GL. Voisin du précédent est Je double accusatif du tout et de In partie. Il s'agit de deux accusatifs, dont le premicr est Uc portée plus vaste; ct le second, de sens plus restreint, s'appose au premicr pour le préciser : Caton, Agr. 122 : id mane iciunus stemito cyathum « prenez-en le matin a jeun un cyathe », prop! « prenez-le, le matin, (& dose d') un cyathe »; Pl, Men. 858-9 hunc senem || ... dedolabo... niscera «ce vieil- lard, je vais lui dépecer es entrailles »; hune senem, du reste détaché du verbe comme une sorte dace, de relation « quant Ai ce vieillard Au. 1345-6. Cotte tournure apparait chez Virgile, En. 10, 608-9 : Lata- gum... occupat os faciemque... « quant A Latagus, ible frappe 4 la tate et au visage » (ibid, 12, 275-6) — par itation savante de Homere, JH. 11, 240: tov 8 opr mdHE’ adyeva. Plus tard : Mul. Chir. 386 : defricabis cram mantbus, totum corpus « tu le frotteras des mains (sur) tout le corps ». D. Norberg, Beitrage..., p. 6sqq. Voir J. Humbert, Synt. Gr., §§ 348 saq. ; CHAPITRE IIL LE GENITIF § 62. Le génitif est avant tout devenu le cas du complément déter- minatif de nom : Mber Petri, conmme l'accusatif a été celui du complé- ment direct de verbe : Metrum diligo. Le terme de « génitif » (lat. gene- tinus casus) est unc adaptation du gr. 4 yevuch mrots, probablement. «le cas de la catégorie » ou « de lespéce », Il se pourrait, du reste, que la fonction essentielle du génitif ait été précisément de spécifier. L’accusati{ apporte a I’énoncé une pré- cision immédiate, qui fait corps avec lui : uvbem statuo, clamare maius. Le génitif détermine un étre, un objet, un procés par référence & une réalité ou a une notion d’existence distincte, que ce soit un rapport de dépendance ou de possession (liber Petri), le rapport de la partie au tout (implere aquae, unus militwn), ou un rapport de toute autre nature. C’est cette fonction qu'il convient d’apercevoir par del& les groupes habituels d'emplois : génitif d'appartenance, de définition, génitif partitif, génitif de prix, ctc., qui ne sont d’ailleurs que des moyens approximalifs de classement. On a réuni, en outre, sous Ie nom de géntti{ de la chose concernée diverses tournures ov la relation impliquée, quoique effective, est plus imprécise : sanus mentis, peritus vei militaris, accusare prodilionis, etc. Quoique servant le plus sou- vent de complément de nom (géniti/ adnominal), le génitif se trouve encore comme complément de verbe (génitif adverbal). 40 CAS ET PREPOSITIONS Les origines de ce cas sont obscures. Un réle important parait revenir ada Ormation en -Z, qui devait avoir des valeurs propres assez, éloignées du génitif ultéricur ct dont le type lucri facere, par exemple, serait un resle, Au cours de Fépoque historique, Ie génitif d'appartenance est par- Liculigrement résistant ; mais d'autres emplois sont & des degrés variables en régression (yénitif partilif, type Iucri facere, génitif de la chose con- cornée, otc.) ; et ils subissent la concurrence de tours prépositionnels, surtout dé -- abl, tandis que, dans la latinité proprement dite, lider Petri n'est jamais remplacé par liber de Petro. Génitif de possession, de définition, de qualité § 63. Génitif de possession ou d’appartenance. — Cette forme de génitif, qui est devenue l'emploi typique du cas, exprime l’appar- tenance au sens le plus large : domus patris, fletus omnitim, difficultates belli (Cic., Leg. Agr. 2, 83), commoda pacis (Cic., de Or., 2, 335). Elle se trouve également dans !'emploi attributif : type hace domus patris mei est, on allernance, du reste, avec le datif (§ 93), et aussi, au sens figuré de « c’est le propre de » : Cic., Mi. 82 : est... uiri forlis ne sup- pliciis quidem moueri « c'est le fait d'un homme courageux de ne pas se laisser ébranler méme par les supplices ». Parfois ~ mais plus rare- ment qu’en grec — en dépendance d’un pronom neutre : Cic. Fi. 1, 26 : haec... Epicuri non probo « ces affirmations d’Epicure, je ne les approuve pas » ; ibid. 27 : (dicere) quid non probes eius a quo dissen- tias « (dire) ce qu'on n’approuve pas de (= chez) celui avec qui l’on est en désaccord »; cf. Cic., Ver. 2, 63 : omnia... Metelli ; Cael. ap. Cic., Fa, 8, 8, 9: ila... Pompei. § 64. Quelques adjectifs exprimant une idée voisine ou dérivée de celle de possession se construisent ainsi avec le génitif : proprivs «propre A » (alicuins) ; sacer « consacré A » (dei) ; similis « semblable A»; par « égal A»; ainsi que leurs contraires : communis (lequel était éga- Jement influencé par farticeps, § 61), dissimilis, dispar. Ces adjectifs prennent aussi le datif. Toutefois, celui-ci, pour similis, n'est attesté GENITIF DE POSSESSION 4r que par deux exemples en vy. latin (Enn., Sa. 69; Lucil. 297); le génitif, qui devait @tre la construction ancienne, s'est maintenu dans le juxtaposé terisimilis « vraisemblable »; i) est aussi de beaucoup Ie plus {réquent quand le complément est un pronom : similis mei, tt, Sui, nostri, etc, Par analogic, le génitif s’éicndait auprés de alicnus « étranger & » (Luer., Cic.), @ cété du datif et de l’ablatif ; et aussi auprés de dignus, indignus « digne, indigne de »: Pl., Tri. 1153, cf. Nonius 497, 36; Balb., ap. Cic., At. 8, 15,1; Vg., En. 12, 649 (mais seul lablatif est classique). Certains adjectifs se construisaient avec le génitif possessif quand ils étaient substantivés ; aequalis, amicus, affinis (alicuius), etc. «le contem- porain, le parent (par alliance), l’'ami de qqn »; d’ou steperstes alicuius « (le) survivant de qqn ». A l'emploi purement adjectif était réservé le datif : alicui aequalis, amicus, otc., — sans que la valeur de cette répartition doive étre exagérée. Le génitif se rencontre avec un comparatif dans Cic., Ph. 5, 44: ex Antoni amicis, sed amicioribus libertatis « parmi les amis d’Antoine, mais encore plus amis de la liberté », Et inversement, la langue parlée donne A un substantif un complément de possession au datif Philocomasio amator, custos « Vamant, le gardicn A Philocomasie » (PL. Mi, 271, 1431), ef. § 08. § 55. Constructions particuliéres : 2) Le génitif complément d'un substantif verbal ou équivalent est dit génitif du sujet (gén. subjectif) ou génitif de l'objet (gén. objectif), se- Jon qu'il représente le sujet ou l'objet du verbe correspondant. Dans Ic premier cas, metus hostium signifie « la crainte des cnnemis », c.-a-d. «celle qu'its éprouvent » (= hostes metuunt) ; dans le second, celle qu’ils inspirent (= metuuntur hostes). Soul, toutefois, le génitif « subjectif » est un génitif de possession ; le génitif « objectif » n'est autre chose qu'un géni- tif de relation indiquant la chose concernée : « la crainte relative aux enne- mis ». Cf, ci-aprés, § 70. 2) Un génitif de nom do personne complément d’un autre nom de personne suffit & exprimer sans autre indication un lien de parenté ou d'appartenance familiale : D),, Cu. 230 : Palinurus Phacdromi « Palinure (esclave) de Phédrome »; Cic., Ver. 4, 138 : Diodorus Timarchidi « Diodore (fils) de Timarchidés »; Vg., En. 3, 319 : Hectoris Andromache « Andro- maque (veuve) d’Hector », Il n'y a pas Ia d'ellipse : Palinurus Phaedromi, c'est «le Palinure de Phédrome », Ces tournures peuvent avoir été, dans 42 CAS ET PREPOSITIONS une cerlaine mesure, influen ar le gree (8 TypapylBou). Sur les ins- criptions, filius est toujours exprimé pour marquer Ja filiation. De méme, il arrive qu'un nom de ville ou de Hou soit déterminé di tement par le nom des habitants du pays au gé rum (Cés., B. G.6, 3, 4) «(la) Lutece des Parisi », d’oit, & l'¢poque impé- iale, Je type trés répandu : Augusta Taurinorum (= Turin), Augusta veucrorum ( eves), On rencontre aussi le génitif du dicu posses- seur : Lucil. 126 : Silari ad flumen; Vg., En. 1, 244 : fontem... Timaui ; Vexpression flumen Tiberis a dit commencer par signifier : « le fleuve du dicu Tibre »; et ces constructions préparaient le tour urbs Romae (§ 56). Quant au génitif du nom de la contrée & laquelle appartient Ja localité, il ne parai€ pas attesté avant Tite-Live, par exemple 28, 7, 3 : Phocidis Elatia « Flatée de (= en) Phocide »; il est plutdt de nature partitive et parait imit¢ du grec. 3) Un génitif d'appartenance marquait le point de départ dans les locu- tions temporelles : postridie eius dici (depuis Caton, Agr. 2, 1) «le len- demain de ce jour-la »; pridie eius dici (depuis Cic., Fa. 1, 4, 1) «la veille », ot, par extension, dans des emplois comme Cic., At. 3. 7. Ut post diem tertium eius dici «le 3° jour apres celui-lit »; Vac., A. 1, 62: sextum post cladis annum « la 6° année de la défaite Peregr. Aeth. 5,9: completo anno profectionis filiorum Tsrahel de terra Egypli « un an apres que les fils d'Israél enrent quitté Ia terre d'Egypte ». En bas Jatin, par contamination avce 1a tournure i Vablatif: prépositionnel, le génitif en arrivait ainsi 4 marquer Je point de départ local : Eute. 1, 15 : usque ad quintum miliarium Vrbis « jusqu’au 5° milliaire de la Ville » (ab Vrbe, Liv. 2, 39, 5): Grég. T., H. F. 7, 47 : extracto baltei gladio « ayant tiré Fépée du baudrier », eu face de ibid. 7, 29 : extracto a baltco gladio (I). Notherg, Beitrdge..., p. 33). Ces faits permettent de comprendre com- mient Je génitif a pu en grec servir de substitut 4 l’ablatif. § 66. Génitif explicatif ou de définition. — C’est le génitif d'un substantif développant et précisant Ie contenu d’un substantif de signification plus large, dont il dépend ; frugrm alimenta carnisque 3, 30, 3) des aliments con: ten bid et en viande »; alts nirlutibus continentiae, granitatis, iustitiae, fidei (Cic., Mu. 23) « par d'autres vertus, celles du désintéressement, de 1a pondération, de la justice, de la Joyauté », Comme attribut : Cic., Fi. 1, 22 : in altera philosophiae parte quac est quaerendi ac disserendi « dans l'autre partie de Ja philosophie, celle qui consiste 4 chercher et & exposer ». Dans GENITIF DE QUALITE 43 quelques emplois, ce génitif indique la matitre.: sebi ac picis glebas (Cés., B. G. 7, 25, 2) «des boules de suif et de poix »; mais le sens par- titif n’est pas impossible. Un génitif explicatif s'est introduit pour établir'un lien de dépendance dans plusicurs constructions appositionnelles. Le tour ancien et classique urbs Roma «la ville de Rome » est ainsi concurrencé par urbs Romae, dés Ia fin de la période républicaine : B. Afr. 36, 2 : ex oppido Thysdrae (jamais chez César ni chez Cicéron ; dans At. 5, 18, 1, il faut lire Antiochia est). Cette construction, que préparait celle des noms de lieux avec. génitif pos- sessif (Lutetia Parisiorum, § 55, 2), devint ensuite courante : Vulg., Mare 1,5: in ordanis flumine (= bv ré "lopSdvp notayg). En méme temps, 4 coté de arbor olea (Var., R. R. 1, 2, 20) « Volivier », se développait le genitif du tour arbor fici (Colum. 5, 11, 14) « le figuier », arbor sicomori (Peregr. Aeth, 8, 3) «le sycomore ». Le génitif explicatif servait, d'autre part, A citer un terme pour lui- méine , Tu. 1, 87 : nomen ipsum carendi « le mot méme de « man- quer»; Fi. 2, 6: hace uox uoluptatis « co mot de plaisir »; d’ot Tac., A. 13,2: signum... petenti tribuno dedit optimac matris « au tribun qui Te Jui demandait il donna pour mot d’ordre : la meilleure des méres », $ 67. Génitif de qualité (descriptif). — Le génitif d’apparte- mance marquait la qualité possédée : Noms désignant la race, la classe, Vespice : generis Graeci est (Pl., Mer. 525) « il est de race grecque »; mei loci atque ordinis hominem (Tér., Eu. 234) « un homme de mon rang et de ma condition »; huius (ciusdem) generis « de cette espéce, de la méme espéce ». Peut-étre une idée partitive.n’est-elle pas exclue : « il fait partie de la race grecque ». L’ablatif apparait : ex alio genere, ex hoc genere. Tours impliquant une évaluation : fossa pedum quindecim (Cés., B. G. 5, 42, 1) «un fossé de 15 pieds », comme en grec bxtd otaSlev... eiyo; (Thucyd. 7, 2, 4); tridni mora (Cés., B. G. 4, 11, 4) « un délai de 3 jours » Locutions : non multi cibi hospitem (Cic., Fa. 9, 26, 4) «un hote qui n’est pas de beaucoup de nourriture », c’est-d-dire « pas gros mangeur »; rem... plurimi ott (Cic., At. 4, 16, 2) « une chose qui réclame beaucoup de loisir »; aliquid huius modi « quelque chose de cette sorte », proprement « de cette mesure»; eiusdem modi; magni 44 CAS ET PREPOSITIONS (parui, minimi, etc.) preti « de beaucoup (de peu, de trés peu) de prix » (PL, Ba. 444, Ate. 790) ; homo nthili (P1., Tré. 1017) «un homme de rien », Génitif désignant unc particularité distinctive dun individu (gé- nitif descriptif) : Cés., B. G. 2, 15, 5 : homines... magnae tirtutis « des hommes d’un grand courage »; Cic., Tu. 5, 2 : nec (uirtus) tantarwm tirviwm est ut... «la vertu n’a pas assez de forces pour... ». Dans cette fonction, le génitif de qualité concurrengait I’ablatif de méme nom (§ L112), par exemple dans la méme phrase : Cic., Leg. 3. 45: uir magni ingenti summaque prudentia (Pl., Vi. 42; Nep. 14, 3, 2). Trés rare en vieux latin, ce génitif se répand a l’époque classique ; plus tard, i} I'emporte souvent : Sén., Curt., Peregr. Aeth., inscrip- tions, etc. Néanmoins, l'ablatif est préféré par Tacite, sans doute par recherche de style; ct les nombreuses formules fixées de la langue technique contribuaient aussi 4 lui maintenir dans celle-ci une place importante : Vitr., Mul. Chir., trad. d'Oribase, etc. Notes. -~ tantif au génitif ou A Vablatif de qualité est toujours accompagné d'un adjectif. On dit : wir plurimi ingenii ou plurimo ingenio « un homme de talent », et non uir ingenti ou ingenio. Ce der- cr tour, d'origine étrangére (hébraique), ne s'est répandu que tardi- vement par la langue de I'E, 2) Dans la prose littéraire, le génitif ct Vablatif de qualité sont habituellement rattachés 4 un nom propre par Vintermédiaire d'une apposition (ir, homo, adulescens, ctc.); ainsi, Liv. 2, 23, 15 : Appius, uchementis ingenii wir. Mais cette préocenpation de style n'avait rien de nécessaire : Liv. 22, 60, 5: T. Manlius Torquatus, priscae ac nimis durae... seucritatis; Cic., Plane, 52 : Philippus, summa nobilitate et cloquentia, Rapports du génitif adnominal avec I'adjectif § 68. La relation d’appartenance exprimée par un substantif au génilif pouvait ’é(re aussi par l'adjectif dérivé correspondant : erilis filius le fils du maitre », en face de eri filius ; regia domus « le palais royal », en face de regis domus. Cette fonction de I’adjectif pardit avoir été anciennement trés GENITIF ET ADJECTIF 45 développée, au point qu'elle a pu étre considérée comme antérieure au génitif (J. Wackernagel, Mélanges de Saussure, p. 137 sqq.). Elle est encore représentée en latin dans plusicurs groupes de formes : a) Dérivés de noms de divinités ou de personnages importants campus Martius « le champ de Mars »; (mensis) Martius « (le mois) de mars »; sacerdos Vencria (PI., Ru. 329) ; uirgo Vestalis « une vierge de Vesta, une Vestale »; Saturnia porta « la porte de Saturne »; Sa- turnia uirgo (Ov., F. 6, 383; cf. hom. Bin ‘Hpaxdnetn). Chez les poétes, cest moins la conservation d'un état ancien que J’imitation d’un tour grec. — Noutrix Paperia (C. I. L., 1*, 45) « nourrice de Papi- tius », cf. Vg, En. 7, 1: Aeneia nutrix ; terrores... Caesariani (Cic., At. 6, 8, 2) «la terreur inspirée par César »; uta Appia, uia Flaminia ; colonia Agrippinensis, colonia Augusta, colonia Iulia, etc. coup Cadjectifs formés sur des noms propres avec le suffixe pos- -ius étaiont devenus cux-mémes des uoms propres : Quintius, Sex- lius, Tullius, etc., proprement ele (fils) de Quintus, de Sextus, de Tullus »- b) Nérivés de noms indiquant |'état familial, social, etc. : erilis filius, sowvent en vieux Jatin; lar familiaris, res familiaris «le patri- moine »; muliebris ornatus ; terra hostilis « le territoire de l’ennemi »; sinum dominicum (Pétr. 31,2, locution proverbiale) «le vin du maitre » ; patrio corpore (P1., Mer. 73) et patriae manus (Ov., M. 8, 211) ; erra- tion fabrile (Cic., Al. 6, 1, 17) «erreur d’un ouvrier ». La valeur était parfois celle d'un génitif objectif : seruilis percontatio (Cic., de Or. 2. 327) «le fait d’interroger un esclave »; metus hostilis (Sall., J. 41, 2) «la peur (qu’on a) de l'ennemi », En bas latin : dies dominica «le jour du Seigneur » (fr. dimanche), déja dans Peregr. Acth. 3, 1 Liadjectif ainsi employé mettait en relief 1a qualité; le génitif s'appli- quait plutot au possesseur tui-méme + campus Martius «le champ de Mars » (cons: 1 des exercices léterminés), par opposition & aedes Mar- tis «le temple due (diew) Mars »; ef. Mi. 34: gloria (sc. Milonis) quae cottidie augebatur frangendis furoribus Clodianis, iam Clodii morte cecidit «les furenirs Clodiennes (bicn connucs par leur violence ct leur répéti- tion)... 1a mort de Clodius (lui-méme) ». Kgalement : Prop. 4, 4, 21: (Tarpeia) obstipuit regis facie et regalibus armis « (Tarpeia) fut éblouie 46 CAS ET PRE OSITION par Je visage du roi (individu) et par les armes royales (la condition sociale) », Mais cette répartition n’a rien d'absolu, et notamment chez Plaute la considération de la commodité métrique parait intervenir. Voir J. Wackernagel, Vorles. 11, p. 75: E. Lifstedt, Syat. 12 p. vers Chr. Mohrmann, Mélanges Marouzean, p. 437 sqq.; P. HW. Harsh, Maemo, 1919, Pe 333 S4q- § 59, Génitif en fonction d'adjectif. — 31 existait une tendance inverse utiliser le substantif en fonction d'adjectif. Cette pos: sible daus le génitif de définition : alimenta carnis = « des aliments consistant en viande », et par suite « carnés », d’od une équivalence comme PI. Mi. 502 : nisi mihi supplicium uivgarum de te datur, en face de v. 51 nisi mihi supplicium stimuleum de te datur. Ainsi s'expliquent divers locutions expressives de la langue familire : scelus uiri (Pl, Mi. 1434) «un scélérat » (= uir scelestus) : flagitium hominis (PL. As. 473) «coquin homme »; monstrum mulieris (P1., Poe, 273) «un monstre de femme »; deliciae pueri (P)., Pe. 204) « un amour d'enfant »; ef. Cic., Fa. 5, 8, guacdam pestes hominum, La langue littéraire avait quelques exemples analogues : Lucr. 5, 1193 : murmura magna minarton « des grondements de menace » (= minantia); Cic., Cl. 30: illo poculo mortis, on face de Tu. 1, 71: mortiferum poculum ; Prop. 2, 28 b, 39 : tna ratis fati «une seule barque fatale », Par recherche de la rareté, Tacite introdnisait le génitif méme dans des formules oi Padjectif était consacré pai 8: uirgines Vestac (= Vestales); 15, 39 : campus Marti 5, 44! Sibyllae libyi (= Sibyllini). Contrairement & ce qui a été obser: pour Ie génitif de qualité, aucune épithéte n’accompagne le substantif, puisqu’il cn fait lui-méme fonction. En bas latin, l'emploi du génitif avec valeur d'adjectif était devenu courant sous l'iniluence de Vhébreu : type dominus gloriae (Vulg., I Cor. 2, 8); de méme : Grég. T., H. 7. 5, 35 | pracceplum iniquitatis « un ordre inique »; ira furoris (= furiosa), caecitas imperitiae, crudelitas saeuitiae, ubertas jecunditatis, etc. Déja Vitr. 6, pracf. : audacia proteruitatis « unc audace effrontéc », EMPLOIS EN REGRESSION; SURVIVANCES Génitif partitif § 60. Le génllif pactitit indique le lout dont on extrait une partic. Hse rencontrait anciennement A la place de tout autre cas, comme TIE PARTITIF 47 encore en gree : atuatog metv (Hom., Od. 11, 96) « boire du sang » (= ac cus. @objet), vuxrdg ¢ un moment de la nuit,'de nuit » (abl. loc.), si¢ xepariig xatéaye (Aristoph., Ach, 1180) «il se fractura la téte » (= accu de la partic); ete. Voir J. Humbert, Synt. gr., §§ 366 sqq. En latin, il n’y a que des res(cs isolés de ces emplois : par ex, la forme adverbiale nox (§ 75) ou les génitifs oni ct negoti dans Pl., Por, 641 et Mo. 1018-9 (encore svagit-il de reprises) ; ct la notion partitive se dégage souvent du seul con- texte : aquam bibo « je bois de Sean ». En outre, le génitif dans cette fonc- tion était concurrencé par Vablatif avec ex, surtout avec de (cf. le «de » partitif du frangais), déja dans Ja vicille langue : dimidium de pracda (PL, Ps. 1164) «1a moitié du butin »; faex de uino (Caton, Agr. 96, 1) «de Ja lie de vin », et, dans la prose classique surtout, comme complément de pronom ; wius © (de) multis ; cf. aussi Ov., F. 4, 725. A basse époque, de -F abl. devint de plus en plus fréquent : Peregr. Aeth, 37, 2 + summi- tates de ligno sancto « les oxtrémités du saint bois », Et méme ce tour ten- dait & reprendre certaines des fonctions que le génitif partitif avait per- dues, notamment comme complément d’objet aprés un verbe transitii PL, St. goo : ibo intvo ad libros ct discam de dictis melioribus « pour ap- prendre (quelyues-unes) des meilleures plaisanterics »; Cic., Fl. 91 : dat de Iucra (§ 282) ; Acta Tratr, Aru, (240 ap. J.-C.)!100, 2, 11: et de porcilias partiti ct cprdati sunt « ct ils sc sont partagé et ont mangé des truies pleines » (avec de -|- accus., § 144); Peregr. Acth. 3, 6 : dederunt nobis presbyteri loci ipsius culogias, id est de pomis « les prétres du lieu nous firent de petits présents, & savoir des fruits »; Grég. T., Mart. 1, 34: de sancta cera super arburcm posui « je mis de la sainte cire sur l'arbre ». §61. Génitif partitif complément de nom. — C’est comme com- plément de nom que le génitif partitif s'est le mieux conservé, en pat- ticulier avec des termes impliquant par eux-mémes une idée de divi- sion, de partage ou de mesure : pars (equitum), cadus (uini), tria milia hominim et aussi mille hominwm (§ 165) ; avec quelques adjectifs neutres substantivés : dimidium « la moitié.» (praedae); extremum «Vextrémité » (prouinciae) ; reliquum « le reste » (uilae) ; summum «le sominet », tour qui remplace la construction appositive du type me- dius collis «le milicn de la colline » (§ 192) ; avec les adjectifs particeps et expers « quia (11’a pas) part A » (ralionis) ; consors « qui posséde en commun » (regni) ; exsors (poctes, Liv., etc.), et, par analogie, exsul (patriae, Hor., Od. 2, 16, 10; Ov., ete.) ; socits « associé & »} conscius 48 CAS ET PREPOSITIONS «complice de » (maleficit, Cic., Cl. §9) ; inscitus « qui n'est pas au cou- He em, § 62. Le génitif partitif, désignant ce qui est tiré d'un groupe ou Mune série, sert de complément au superlatif : optimus ciuium ; au comparatif en fonction de superlatif : maior puerorum « Vainé de deux enfants » (§ 194) ; aux noms de nombre ordinaux : harum trium partium prima (Cic., de Or. 2, 129) « le premier de ces trois points aux adjectifs medins « qui est au milieu de » (Galliae), princeps (sena- tus), cl aussi multi (cininm), pauci (militum), plerique (hominum), en alternance avec la construction appositionnelle : plerique homines, etc. ; aux interrogatifs ou indéfinis ; quis, aliguis, quisquam, quisque, alter, nemo, etc. ; quis uestrum? « qui d’entre vous? »; nemo westrum « personne parmi vous »; ete. ‘Tours prépositionnels concurrents : aupres du superlatif : acerrimus ex omnibus nostris sensibus (Cic., de Or. 2, 357), —— et de divers pronoms : si quis... de nastris hominibus (Cic., Flac. 9), pact de nostris (Cés., B. G. 4, 15, 2), om particnlicr avec gtidam : ¢ militibus on inter milites, Pour wnus, on ne trouve plus yuére comme génitif partitif complement que celui d'une forme pronominale : unus corum (Cic., N. D. 3. 54). (nubibus) quarim tuna... (ibid. 3, 50), en face de unus ¢ (de) multis «un parmi beaucoup, un quelconque », et aussi untes inter milites. U en est de méme pour wlerque : quorum titriqne (Cic., Mi. 75); mais s'il s'agit d'un substantif, uderguc s'accorde le plus souvent avec lui : consul ulerque. Enfin, comme complément d'un relatif (masc. ou fém.), le génitif partit est bien moins fréquent qu'on grec : Liv. 2, 22, 6: qui captinorum remissi ad suas fuerant « ceux d'entre les prisonniers qui avaient été renvoyés chez eux »: expression usuelle serait gui ex captinis... § 63, Ailleurs, ce sont des tournures neutres et Axées qui ont as- pion dit genitif partiti suré le ma a) Génitil dépondant d'adverbes de quantité equorin; de méue, avec amplius, pluriman, pauun, minus, mini: mim, parton, nimiton, tant, quantion, satis, exiguum ; etc. Noter ad fatins wabondamment de » (dinitiarwm), m, Am, « jusqu’a éclatement ». 2 mudtion anri, plus A cause de leur caractére formulaire, ces locutions ne se trouvent plus GENITIF PARTITIF 49 que rarement (ct hors de la prose classique) aprés préposition ; Liv. 27, 28, 10: in lantus altitudinis, —ou A un autre cas que le nom.-accusatif : Plin., Nat, 20, 70 : aluminis paruo admixto «un pen d'alun étant ajouté au mélange ». b) Génitif dépendant des neutres quid, aliquid, quicquam, nihil, id, hoc, etc. : guid negoti? « quoi d’affaire? », c’est-a-dire « qu’y a-t-il? » {= quod negotinm ?); quid ret ou rerum? ; quid causae est cur ?« quelle raison y a-t-il pour que...? »; consulere ne quid detrimenti respublica capiat (formule) « veiller A.ce que I’Etat ne subisse pas de préjudice »; nihil praemii «rien en fait de récompense » ; id muneris « ceci en fait de cadeau » (= nullum praemium, id munus) ; idem iuris (Cic., Balb. 29) «la méme législation », m. 4m. «la méme chose en fait de législation »; id (hoc) aetatis (§ 37), et méme quid mulieris? (Tér., He. 643) « quelle espéce de femme...? ». Le génitif était parfois un adjectif neutre substantive : guid noui2 « quoi de nouveau? »; nihil noui, certi, reliqui; etc. Mais ce tour était lié 4 la forme de génitif en -1 des thémes en -0- /-e-. Avec des adjectifs appar- tenant & la 3° déclinaison, il y avait accord : aliquid miserabile, et non aliquid miserabilis ; également, du reste, si l'adjectif, {ft-il du type bonus, -a, -um, était lui-méme pourvu d'un compltément : Cic., de Or. 1, 037! nihil exspectatione uestra dignum, car l'adjectif cesse alors d’étre substan- tivé. Cf. Lifstedt, Synt. I?, p. 141. Dans Cic., N. D. 1, 75 : nihil solidi, nihil expressi, nihil eminentis, la forme eminentis a été entrainée par les géni- tifs en. -1 qui la précédent. Comme complément d'un relatif neutre indéfini, le génitif partitif était S-meuré usuel : Cic., Ver. 2, 135 : accusatorum... quicquid erat « tout ce qu'il y avait d'accusateurs ». Mais avec le relatif ordinaire, il n'en sub- siste plus que des traces, surtout en v. latin : C. I. L. I*, 584, 13 : agri poplici quod... posident «ce qu’ils possédent de territoire public ». Parfcis, le génitif était lui-méme un pronom neutre : Tér., Hau. 961 : guicquid go huius feci « tout ce que j'ai fait 1a», m, am, «de cette affaire »; cf, la formule quod cius (facere) poteris « pour ce que tu pourras faire de la chose, dans la mesure du possible » : Caton, Agr. 32, 1, et 33, 1; Cic., At. 11, 12, 4; Liv. 39, 45. 7+ c) Génitif dépendant d’adverbes démonstratifs, relatifs ou autres. généralement de sens local : bi ferrarum ?« en quel point de la terre? » 50 CAS ET PREPOSITIONS (== nod vig vig 3) ; nusquam gentium «mulle part au monde »; co loct (Cic., Sest. 68) et quo loci (Cic., Diu. 2, 135), c’est-d-dire eo loco, quo loco. On posstde aussi quelques exéemples anciens ou archaisants des formes loci ou locorum avec valeur temporelle + adhuc locorwn (PL, Cap. 385) «jusqu’h présent »; ad id locorum (Sal., J. 63, 6) « jusqu ‘hk ce moment »; eee loci (DI., Ps. 266; 'T . 126) «entre temps »; postidea loci (PI., . 784) et postea loci (Sal., J. 102, 1) « ensuite ». Egalement, semper annorum (Apul., Flor. 16, 48) «i jamais »; tum temporis (Justin, Apulée), par reprise artificielle d’anciens tours. § G4. Alors que le génitif partitif était ainsi en recul dans la langue courante, les podtes et les prosateurs qui les imitent étaient portés — par réaction — a le reprendre et & Jui donner un emploi plus étendu. Ainsi apparait-il auprés d'un vocatif dans Vg. 4, 576 3 sequimur fo, sancte deorum « toi qui es sacré parmi les dicux », d'aprés Enn., A. 64 et & imitation de hom, Sie Oedev; ou encore dans le tour eo tecordiae processit ut... (Sal., J. §, 2) «on vint A un tel degré de fureur que... » (Lac., A. 3, 733 6, 24; ete.), qui se développe sur le mode du gr. els yap sobt0 Opkoug dplxera (Démos, 21, 194); de méme, quo amentiae (Liv. 28, 27, 12). Plus spécialement, le pénitif partitif est recherché comme com= plimoat @un adjectif. noutre substantivé : Lucr. 1, 86 : prima uirorum «les premicrs d'cntre les héros » (hellénisme?) ; Vg., G. 1, 478: sub obs- curvum noctis ; Liv. 7, 8, 5 : serum dici «le tard du jour, le soir »; Tac., A, 4, 67 : celeberrimo fori «au moment le plus fréquenté du forum »; de miéme, au pluricl ; Sal., H. 2, 28: per cava terrae; Tac., A. 2, 23 : in aperta Oceani (déji Cés., B. C. 3, 105, 4). Parfois, ces tournures sont employées en l’absence de toute idée partitive : Lucr. 1, 315 : strata... uiarwn « les rues pavécs », et non «les parties pavées des rues », repris par Vg., En. 1, 422; cf. aussi 2, 332 : angusta wiarum ; cuncta uiai (Lucr. 5, 739); cuncta gignentium (Sal., J. 93, 4) « tous les végétaux »; hominum cunctos (Ov., M. 4, 631; Tac., A. 11, 22), d'apras plerique hominum. Une extension également abusive du partitif — mais propre 4 la langue courante — est le génitif marquant le renehérissement dans les for- mules religuiarwn reliquiae (Vl., Cu. 388) « la réserve de la réserve » nummorum munmi (Pétr. 37, 8) «les écus des cus », Les tournures bi- bliques du type cacli caclorum, saccula sacculorum, wanitas uanitaton, appelées parfois gencliuus inhacrentiae ou identitatis, sont influencées par Vhébreu, mais ponvaient étre préparées par des tours comme les précé- dents. GENITIF PARTITIF 5I § 66. Génitif partitif complément de verbes (et adjectifs correspondants). — Un génitif partitif se laisse reconnaitre dans le complément de certains verbes, notamment des verbes « emplir », car pour empliy on ne prend qu'une partie du liquide utilisé, ou des verbes « se souvenir », car Je souvenir qui émane d'une personne n’ert est qu'une représentation particlle, etc. (V. J. Humbert, Synt. gr., § 374 sqq.). Cet emploi, anciennement trés répandu, n’a laissé en la- tin que quelques constructions dont la valeur premiére n’était plus pergue et qui, par suite, étaient concurrencées par d'autres tours. a) Verbes d’abondance ou de privation. Le génitif est surtout représenté avec complere, implere, replere « emplir » (gr. manpoiv ti mwvoz) et egere, indigere « manquer de»; Caton, Agr. 88, t : ampho- ram... puram inpleto aquae purae « emplissez une amphore propre d'eau propre »; Cés., B. G. 6, 11, 4: ne quis ex plebe... auxilit egeret « afin que personne de la plébe ne manquat de secours », L’ablatif, toutefois, l'emporte & partir de I'époque classique, sauf pour egere : Cic., Fa. 9, 3,2; At. 7, 22, 2. gorie, le génitif n'est attesté qu'iso- Iément : (ob-)saturare (PI Hat, 869) ; abundare (Lucil. 308 ; Manil. 2, 600) ; carere (Tér., Hau. 400; Laevius, ap. Gell. 19, 7, 7); opus est (v. Jatin; Prop, 2, 10,'12), Egalement, pour les verbes de désir (gr. 2nWupeiv twos) habituellement rattachés a ce groupe : cupere, par ex. Pl, Mi. 964 : quae cupiunt tui « (des femmes) qui te désirent »; cf. Tri. 842 (cod. A); studere (Caecil. 201, Ribb.) et son contraire fastidire (Pl., Ax. 245) ; etc.; mais on peut penser A un génitif de relation, Adjectits : plenus « plein de » (ancien et class. ; Plaute n’a encore qu’un exemple de I'ablatif et dans un passage peu sir, Mer. 880); cumulaius (PL, Au. 825; Caecil. 61, Ribb.) ; refertus (depuis Cic.) ; satur (Tér., Hor., Colum.) ; orbus (PL, Ru. 349; Lucr., Ov., etc.) ; inops (class.) ; ieiunus s Cic., et rare), etc.. Pour la plupart de ces adjectifs, le génitif peut comme marquant la relation (§ 71). Pour les autres verbes de cette b) Verbes « dominer, régner » (gr. dvaaoew tw). Des verbes de ce groupe, seul potiri « étre (se rendre) maitre de » se construit avec le génitif, par exemple fotius Galliae (Cés., B. G. 1, 3, 8), surtout dans Ja locution potiri rerum «s'emparer du pouvoir ». L’ablatif est, du reste,