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Le Seuil de la

Discipline
Khalifa Nargis
Table des matières

Le chercheur de Dieu.......................................... - 4 -

La vérité gît dans le paradoxe ............................ - 6 -

La non importance de la connaissance terrestre- 8


-

Le Maître........................................................... - 10 -

Le but de la création ......................................... - 12 -

Faire de Dieu une réalité vivante ..................... - 15 -

Le voyage mystique ..........................................- 20 -

Attraction et répulsion ..................................... - 27 -

Le sacrifice de la lumière..................................- 34 -

L'annihilation ...................................................- 38 -

Le péché et la vertu........................................... - 41 -

Le mystère de la souffrance..............................- 44 -

-2-
"Les Paroles que je vous dis sont
Esprit, et elles sont vie"
Jean 6. 63.

-3-
Le chercheur de Dieu

Il y a aujourd'hui de nombreuses discussions


sur ce que c'est qu'être Disciple et sur le
Sentier, mais il y en a peu qui connaissent la
vérité concernant soit l'un, soit l'autre, et ceux
qui savent vraiment gardent le silence.
Il est très difficile de reconnaître un vrai
disciple, car il ne prétend rien, il ne cherche
jamais à paraître comme différent des gens
ordinaires aux yeux des autres. Si un pouvoir
quelconque se développait en lui, il n'en
parlerait pas aux autres, mais il le
considérerait comme un dépôt sacré et secret.
Dans sa vie extérieure, il est comme les autres
hommes et peut être un fidèle d'une religion
quelconque ou d'aucune. Mais dans la vie
intérieure, il est connu comme un chercheur
de Dieu, et la seule chose qui ait quelque
valeur pour lui est la Recherche - qui pour un
disciple sincère, est la réalité vitale - auprès de
laquelle tout le reste est irréel. Cela ne veut
pas dire que sa vie ordinaire, avec tous ses
devoirs et ses responsabilités, soit négligée;
aucune responsabilité ne peut être évitée,
aucun devoir ne doit rester inaccompli, non

-4-
seulement ce qui et difficile et déplaisant, mais
aussi ce qui est facile et agréable.
Un chercheur de Dieu comprend que Dieu
doit être recherché dans toutes les situations
et dans chaque expérience de la vie, car c'est
seulement par cette recherche constante, faite
avec unité de cœur, qu'il comprendra qu'il n'y
a aucun lieu au monde, qu'il soit grand ou
petit, élevé ou bas, bon ou mauvais, dans la
peine ou le chagrin, où Dieu ne soit pas. Il
comprendra que chaque atome dans l'univers
est pénétré de Sa vie et maintenu par Son
amour. Mais une telle réalisation ne peut pas
être transmise à un autre, car pour chacun il y
a une expérience différente qui est pour lui
seul.
La vision de Dieu est connue de ceux qui
comprennent le sens véritable de l'unité du
cœur, car le cœur est un et peut seulement
recevoir une seule réflexion à la fois.
"La lumière du corps est l’œil, et si ton oeil est
un, ton corps entier sera plein de lumière."
Mt. 6. 22.
-oOo-

-5-
La vérité gît dans le paradoxe

Un Maître c'est à dire celui qui a atteint la


maîtrise sur le chemin d'équilibre, s'est élevé
au-dessus de la loi des paires d'opposés.
L'homme ordinaire ne peut faire l'expérience
de l'un sans l'autre, ne peut jamais connaître
la lumière sans l'obscurité sur quelque plan
que ce soit jusqu'à ce qu'il ait transcendé sa
personnalité ou faux ego. Car aussi longtemps
qu'il s'identifie avec lui, il se tient devant la
lumière que cherche son véritable ego et crée
ainsi l'obscurité de sa propre ombre. Si
l'homme pouvait se rendre compte que toute
obscurité est créée par ses propres pensées qui
ont construit ce faux ego, il commencerait à
les retirer des choses matérielles et
temporelles et s'efforcerait de prendre
conscience de la partie de lui-même qui est
spirituelle et éternelle. Ainsi son ombre
diminuerait de plus en plus jusqu'à ce qu'elle
soit dispersée par la lumière de son moi réel.
L'équilibre ne peut être atteint que par
l'expérience des deux: le réel et l'irréel, la
lumière et l'ombre.

-6-
"Ces hommes aux actions pures dans lesquels
le péché est éteint,
Eux, libres des paires trompeuses des
opposés, m'adorent,
Fermes dans leurs vœux".
(Bhagavad Gîta)
Un Maître sur ce sentier comprend que la
vérité gît dans le paradoxe, et par sa propre
expérience sait que celui qui veut trouver la
vérité doit passer par le portail de l'ombre des
choses; que le mystère du son est révélé dans
le silence; que l'on doit atteindre la
bénédiction de la paix en entrant par la porte
du sacrifice; que la joie peut habiter dans la
maison de la douleur; que la connaissance
marche sur le chemin de l'ignorance; et que
c'est seulement en passant par le portail du
temps que l'homme peut atteindre l'Éternel.
Quiconque a pu atteindre ces stades sur la
route de la vie, est demeuré en chacun jusqu'à
ce qu'il ait gagné l'expérience nécessaire, et
puis est passé au-delà, a maîtrisé la vie et la
mort.
-oOo-

-7-
La non importance de la connaissance
terrestre

ne peut devenir un disciple sur le chemin vers


Dieu tant qu'il n'a pas compris la non-
importance de la connaissance terrestre. Cela
ne veut pas dire qu'il ne faille pas l'acquérir;
elle est essentielle tant qu'on vit la vie
extérieure, mais on ne doit pas l'utiliser
comme guide dans la vie intérieure. Fouler le
chemin du retour implique un complet
retournement ou détournement. Par
conséquent, tout ce qui auparavant semblait si
important est maintenant oublié ou laissé en
arrière; mais cela doit d'abord être connu,
autrement cela serait encore devant le disciple
et non pas derrière:
"Le savoir de tous les sages finit par la
réalisation qu'ils ne savent pas."
Sheikh-Sharf-ud-Din.
C'est l'aboutissement du savoir qui est
important, non pas l'ignorance. Quand cette
étape de la réalisation est atteinte, l'on
comprend que la connaissance du Soi est la
seule connaissance qui éclaire le chercheur de

-8-
Dieu, et que si un tel être se retourne et fait
face à son être intérieur, à son être réel, il
recevra l'illumination, et selon les paroles d'un
maître soufi, il saura ceci:
"C'est ta propre existence qui te voile à Toi-
même. Si cela avait été le voile d'une seule
activité, il pourrait être ôté par une activité
opposée. Mais la totalité de toi-même étant un
voile, tu ne peux être prêt à la vision divine à
moins et tant que toi-même ne disparaisses
complètement."

-oOo-

-9-
Le Maître

Je vais essayer d'expliquer le sens profond de


ce que veulent dire les termes "Le Maître" ou
"Le Christ", bien qu'aucun mot ne puisse
réellement contenir ici quelque sens, sinon
pour ceux dont les yeux sont ouverts en
quelque mesure aux mystères de la vie.
Le Corps du Maître (si l'on peut employer un
tel mot - champ magnétique conviendrait
peut-être mieux) est composé des âmes
parfaites de ces êtres qui en chaque âge depuis
le commencement de cette terre, ont atteint le
stade d'évolution connu des mystiques sous le
nom de perfection. L'Esprit qui guide ou qui
informe est le même dans chaque nom et
forme saints, et ils forment collectivement
l'incorporation du Christ Unique.
En tant qu'individualités ils ont été, et sont
encore séparés, distincts et vivants; mais leurs
âmes forment Un Seul Esprit qui est connu
comme l'Esprit-Guide.
Cela expliquera en quelque mesure à ceux qui
sont doués de compréhension le mystère de
nombreux maîtres et pourtant d'Un Seul

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Maître, de nombreuses religions et pourtant
d'Une Seule Religion, de Nombreuses vérités
et pourtant d'Une Seule Vérité; et il y a encore
un mystère au-delà; chaque âme qui atteint la
perfection est un enrichissement de ce Corps
Mystique, qui par l'évolution d'âmes parfaites
atteint son propre achèvement. Mais avec ces
mots on ne peut en parler, ils ne peuvent être
révélés qu'aux sens fermés.
Le secret de toutes choses est caché dans
l'Homme lui-même; cherche-le là, ô Étudiant
de la vie, si tu veux connaître les mystères, car
dans ce livre de la nature sont écrites toutes
choses nécessaires à ton salut.
Le Souffle de Son corps sont les enfants de la
Terre.
"Homme, connais-toi toi-même."
"La paix de l'Éternel se tient auprès de ceux
qui se connaissent eux-mêmes"
Bhagavad Gîtâ.

-oOo-

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Le but de la création

En Dieu (en Dieu manifesté ou limité) est tout


ce qui a jamais existé, ou qui pourrait être
conçu, ou pensé, ou fabriqué, par quelqu'être
que ce soit dans l'Univers; il n'y a rien de
nouveau, tout a toujours existé; avant le
commencement du temps cela était, et après
que le temps aura été consommé cela sera;
rien ne peut être ajouté, rien ne peut être
enlevé.
"Alors quel est le but de la création?"
C'est de créer et de détruire des formes; de ré-
arranger, transmuer et transformer sans cesse
chaque atome et molécule appartenant au
monde dans lequel nous vivons, jusqu'à ce que
la Forme Parfaite soit façonnée; qui alors
devient le Corps de Résurrection ou Corps de
Rayonnement du Grand Esprit que les
hommes appellent Christ ou Esprit-Guide.
Ce qu'englobe le Corps du Christ à venir est
l'essence de l'évolution humaine. A mesure
que chaque âme est devenue parfaite, elle
transmet cette essence et d'autant en est
enrichie la corporalité du Christ. Jusqu'à ce

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que ce Corps soit complet, c'est-à-dire que
chaque atome qui le compose soit arrivé à
perfection (ou élevé à sa condition de lumière
originelle) et occupe sa propre place dans ce
Corps, le Christ est enseveli dans l'humanité;
Il ne peut se lever ou monter au "Père" jusqu'à
ce que la "Pierre" n'ait été roulée de côté.
L'interprétation mystique de la Pierre est
qu'au long des âges l'accumulation des
pensées des hommes s'est durcie, concrétisée
et fixée jusqu'à devenir presque immuable,
mais que jusqu'à ce qu'elle soit enlevée la
Vérité qui est la Vie ne peut pas être vue. Elle
doit être libérée, et alors seulement, quand elle
s'élève l'homme peut voir avec la vision
véritable que tout ce que l'on détient est
perdu.
Quand Jésus était sur la terre, même Ses plus
proches disciples ne pouvaient percevoir Sa
grandeur et ils s'affligeaient de ce qu'il dût les
quitter. Ce n'est pas avant qu'Il ne se soit élevé
dans Son corps de Résurrection qu'ils purent
comprendre. Aussi longtemps qu'Il fut près
d'eux physiquement et qu'ils purent Le
toucher et L'entendre parler ils ne purent Le
connaître qu'en tant qu'homme. Mais quand le

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corps fait de terre ne Le fixa plus en bas, et
qu'Il fut libéré de sa limitation, alors
seulement, quand ils L'eurent apparemment
perdu, il purent recevoir la Vérité. Quand Il fut
ainsi élevé, ils purent aussi l'être avec Lui,
dans la mesure où ils purent réaliser ce
mystère en eux-mêmes.
Comme le Christ Cosmique s'élève dans ce
Corps mystique rayonnant , cette portion
d'humanité qui est devenue "parfaite" s'élève
aussi avec Lui vers une évolution plus grande;
mais ici la pensée ne peut pas suivre et tout
essai d'explication ne ferait que provoquer de
la confusion; tout ce qu'on perçoit ne peut pas
être transmis en paroles.

-oOo-

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Faire de Dieu une réalité vivante

"Des Cieux, Dieu s'est penché vers les


hommes,
pour voir s'il en est un d'intelligent, qui
cherche Dieu"
Psaume 53. 2.
Avant qu'un homme ne puisse aspirer à
connaître Dieu, il doit d'abord connaître et
comprendre le mystère de l'amour:
"Celui qui n'aime pas ne connaît pas Dieu, car
Dieu est amour".
ais aimer ne signifie pas vivre sans cesse dans
un état d'extase, et cela n'implique pas non
plus que l'on soit aimé. Le vrai sens, le sens
intérieur, est complète soumission du moi,
sacrifice de tout ce qui se tient entre l'âme et
l'objet de sa dévotion. Quand une telle
soumission est parfaite, il n'y a plus de place
pour le désir d'être aimé: il ne peut y avoir de
récipient si l'immersion est complète.
L'homme ne peut aimer Dieu avant de savoir
comment aimer, telle est la première leçon

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que la vie, la grande Initiatrice essaye
d'enseigner à chaque être humain, car
"L'amour a le pouvoir d'ouvrir la porte de la
Vie Eternelle"
Inayat Khan.
Quand le disciple en a appris le mystère le
plus profond de l'abnégation, il cherche une
grandeur sans cesse croissante en laquelle il
puisse se perdre, jusqu'à ce qu'enfin Dieu
devienne pour lui une nécessité absolue. C'est
à ce stade qu'il se rend compte de son
aspiration, et pousse le cri de tous les
chercheurs véritables "O si je pouvais Le
trouver!". Et peut-être alors pour la première
fois comprend-il le désir de l'âme de briser les
liens de l'illusion et de s'échapper de tout ce
qui la retient de s'unir à Dieu.
"Le moi se tient comme un mur entre l'homme
et Dieu"
Inayat Khan.
De même qu'aucun homme ne peut aimer à
moins qu'il n'ait trouvé l'objet de son désir,
l'on doit d'abord chercher Dieu, puis le
chercheur doit en faire une réalité vivante. La

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réalisation de chacun sera pour lui seul et ne
pourra être communiquée à aucun autre :
"Et vous Me chercherez et Me trouverez
quand vous m'aurez cherché de tout votre
cœur"
Jérémie 29. 3.
On ne pourra jamais expliquer Dieu parce que
chaque être en aura une vision ou une
compréhension différente. Si l'un a eu le
privilège de soulever ne serait-ce que le coin
d'un seul des "soixante-dix mille voiles
d'illusion" et tentait une explication, ses lèvres
seraient scellées. Ce sont seulement les gens
ignorants de la vraie nature de Dieu qui
s'empressent de donner des explications aux
autres.
Bien qu'en L'aimant au point de s'oublier soi-
même, Dieu puisse devenir une réalité vivante
dans le cœur qui cherche avec unité
d'intention à L'aimer et à Le servir: "Car
l'amour vient de Dieu et quiconque aime est
né de Dieu et connaît Dieu", néanmoins la
connaissance ultime ne peut être atteinte
avant que le Nom Sacré ne soit prononcé. Les
lettres et les syllabes qui composent ce très

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Saint Nom, ont été éparpillées dans tout
l'univers; on doit d'abord les chercher et les
trouver, puis les arranger dans le bon ordre
avant de pouvoir prononcer le Nom Qui Fut
Perdu. Mystère des mystères, comment
pourrait-on même le suggérer sans en altérer
complètement le sens? Mais chaque syllabe
trouvée par celui qui cherche vraiment épelle
Dieu pour lui et il a alors en lui l'absolue
conviction à jamais inébranlable de l'existence
de Dieu comme réalité vivante. Un sage Soufi
a dit:
"Persiste dans ta recherche jusqu'à ce que le
Cherché se dévoile et te détruise toi-même en
"Toi".
Le tout-embrassement de Dieu est si vaste,
comprenant à l'évidence l'ultime satisfaction
et complétude du plus haut idéal de perfection
de tout être humain, dont chacun est différent,
qu'il est impossible pour quiconque
d'imaginer avec sa vision limitée toute autre
interprétation de Perfection que celle qu'il
peut lui-même concevoir. L'infini ne peut être
saisi par un mental limité avant que le
Plusieurs ne devienne Un.

- 18 -
"Le secret de Dieu est caché dans la
réalisation de l'unité"
Inayat Khan.

-oOo-

- 19 -
Le voyage mystique

" Le commencement et la fin de tous les êtres


est le même,
La différence existant seulement pendant le
"voyage"
Inayat Khan.

" Tout être vient d'Allah et à Lui tout être s'en


retourne "(Coran.)
" Comme cela était au commencement,
maintenant est, et toujours sera"
Livre Anglais de prière.
" Comme cela fut
Cela est
Cela sera
Pour toujours
Avec le flux
Avec le reflux
- Amen - "
du Gaélique.

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Si l'on pouvait pleinement réaliser que la
somme totale de l'humanité est Dieu, l'on
comprendrait que chaque âme, faisant partie
de Dieu, doit nécessairement être résorbée en
Dieu à la fin de la manifestation, comme les
rayons sont résorbés dans le soleil après avoir
été reçus par la terre. L'homme est rendu
perplexe parce qu'il confond le Temps avec
l'Éternité, et ce qui est limité avec l'illimité. Au
commencement il y a seulement Dieu; et à la
fin il y a seulement Dieu. C'est l'étape
intermédiaire, que les sages appellent le
voyage, que l'âme, en tant qu'être humain,
doit accomplir. En réalité il n'y a ni
commencement ni fin, l'Éternité est un cercle
et la fin et le commencement sont un; mais le
voyage, qui prend place dans le temps, a un
commencement et une fin; et l'âme, tandis
qu'elle en fait l'expérience, ne peut
comprendre aucune condition qui n'ait fin ou
commencement. C'est naturel, car le voyage
existe pour cet état de l'être qu'on appelle
l'Homme, moyen terme entre le plus haut et le
plus bas, un état où il connaît le bien et le mal,
le ciel et l'enfer, comme séparés et distincts. Il
vit, à proprement parler, dans la condition de
séparativité. Aussi longtemps que l'âme vit
dans cet état, elle ne peut comprendre le
- 21 -
secret de l'Unité. Pour ce faire elle doit s'élever
au-dessus de l'esclavage des "paires
d'opposés" et atteindre l'Union avec l'Esprit
Divin qui est le vrai centre de l'être en toute
créature humaine. Au sens mystique il y a
seulement l'Unique qui voyage, bien que,
réfléchie dans des formes nombreuses dans un
monde d'ombres, la Vie Unique apparaisse
comme multiple et séparant chaque être de
chaque autre.
Les personnalités dont l'âme se revêt pendant
le voyage ne sont importantes que pendant
que dure le Temps. L'objectif réel de l'esprit le
plus intime de l'homme est de terminer le
voyage et de rentrer chez lui. Il est intéressant
de partir en voyage, et si quelqu'un ne quittait
jamais son chez-soi et rencontrait diverses
personnes et circonstances, il connaîtrait bien
peu de choses. Mais à quelqu'endroit, beau ou
terrible que le voyage mène une âme, et aussi
loin qu'elle puisse voyager, il vient un moment
où elle languit après la maison paternelle.
Quelles qu'aient été ses expériences pendant le
long voyage, quelles qu'aient été ses fautes,
elle reste l'enfant de son père, et sa place dans
la maison paternelle lui appartiendra toujours;
rien ne peut enlever le droit d'aînesse de

- 22 -
l'âme, mais quand elle atteint cette maison, les
habits qu'elle portait pendant le voyage n'étant
plus nécessaires seront abandonnés. S'ils ont
été superbes et bien faits, ils pourront être
utilisés par quelqu'autre âme en voyage, peut-
être changés ou améliorés; et s'il arrive qu'ils
aient été laids, ils pourront être désintégrés en
leurs parties constitutives, afin d'être reformés
en d'autres articles, mais de toutes façons, en
tant que tout, ou que personnalité - ils seront
perdus.
La raison pour laquelle l'homme trouve si
difficile de comprendre la vérité de la vie est
qu'il s'identifie avec les vêtements qu'il porte
au lieu de le faire avec son moi le plus
profond. Il doit prendre conscience de lui-
même comme séparé de tous les vêtements
qu'il porte, qu'ils soient tissés d'un matériau
physique, mental ou même soi-disant
spirituel; nu il est arrivé dans le monde des
apparences, nu il doit s'en retourner. Toutes
les âmes sont venues pures, n'ayant ni
distinctions ni différences (la contrepartie
physique de cette vérité est reflétée dans le
noyau de la vie embryonnaire dans la
matrice), elles reviennent pures, ayant
abandonné tous les vêtements qui, bien

- 23 -
qu'absolument nécessaires pendant le voyage
dans le Temps, ne sont plus d'aucun usage
dans l'Éternité.
La raison pour laquelle les mystiques de
toutes les religions cherchent à fouler le
chemin de la sagesse plutôt que celui de
l'ignorance, est qu'ils veulent obtenir la
connaissance de Dieu et de l'homme, et par
chance aider aussi d'autres voyageurs à
comprendre; car lorsque quelqu'un, en
voyageant par le chemin de la sagesse, est
devenu maître de la vie et de la mort, et de
toutes les autres paires trompeuses d'opposés,
il peut transcender l'étape évolutive appelé
Homme et atteindre à l'unité dans laquelle
réside la liberté parfaite. Il devient alors hu-
main, et peut à volonté entrer dans la maison
de son père, aussi bien que vivre dans le
monde des hommes. Et pour chacun de ceux
qui atteignent cet état de perfection, des
milliers sont aidés; car grâce à cette élévation
ceux-là peuvent abandonner le chemin de
l'ignorance pour le chemin de la dévotion, ce
qui rend tout le processus évolutif plus court
en termes de temps, et fait la route plus facile
pour ceux qui foulent encore le chemin de
l'ignorance.

- 24 -
Si tous doivent atteindre à la fin le même but,
dans quelle mesure tout cela a-t-il de
l'importance?
Si beaucoup de gens partaient pour un
voyage, sachant que celui-ci leur prendrait
toute une vie, il serait évidemment très
important pour eux comme aussi pour leurs
compagnons de voyage, de savoir sous quelles
conditions ce voyage se déroulerait, et de
posséder une bonne carte des divers chemins
par lesquels atteindre leur destination; de
savoir aussi où mènent les divers chemins de
traverse, le genre de vêtements avec lesquels
s'habiller, et quel genre de compagnons de
route ils auront; et par-dessus tout importerait
le genre de chemin qu'ils choisiraient pour
voyager, et le fait qu'ils aient sur eux une
lumière pour montrer la voie quand la nuit
tombe.
Si l'on comprend que le voyage mystique
prend la totalité de la vie de l'homme en tant
qu'homme, et qu'il peut être suivi par trois
chemins: l'ignorance, la dévotion ou la
sagesse, la réponse à la question n'est pas très
difficile.

- 25 -
En essayant d'exprimer les Vérités Éternelles
dans le langage qui appartient au temps, l'on
doit se rappeler que seule une fraction de la
réalité peut être transmise. Les mots, au
mieux, ne sont qu'un écran pour les pensées,
et transmettent parfois un sens tout à fait
contraire quand on les emploie pour exprimer
la pensée intuitive. Il n'y a pas de mots, écrits
ou prononcés, qui puissent être pris
uniquement dans leur sens littéral; on doit
chercher leur sens intérieur à la lumière de
l'intuition.

-oOo-

- 26 -
Attraction et répulsion

Le pouvoir du sexe est la Vie de Dieu se


manifestant sous son aspect duel comme
positif et négatif, ou Jelal et Jemal. Quand ces
deux aspects se rencontrent dans l'acte de la
création, alors Kemal, ou la perfection se
manifeste. Ayant abandonné le monde de la
dualité, où il était séparé et incomplet, ce
pouvoir réalise l'Unité, la vie complète et
entière; le résultat et l'objet de cette union est
une nouvelle naissance sur quelque plan que
ce soit.
Quand, dans l'homme et la femme, le positif
et le négatif se cherchent mutuellement pour
faire l'expérience de cette perfection, en vue de
la seule gratification et de la seule satisfaction
du corps physique, au lieu que ce soit pour
transmettre la vie, alors Kemal se manifeste
comme destruction au lieu de le faire pour la
perfection; car l'acte de création, qui est le
véritable objet de l'union du positif et du
négatif, est frustré de ce but, et à la fin résulte
en souffrance, au lieu de plaisir.

- 27 -
Toute la confusion et toutes les difficultés
provenant du mauvais usage de cette force
vivante, par l'homme comme par la femme,
sont le résultat de leur incapacité à
comprendre la loi qui la gouverne.
"Par l'illusion due aux paires d'opposés
provenant de l'attraction et de la répulsion,
O Bhârata, tous les êtres avancent dans cet
univers dans un complet égarement".
Bhagavad Gîtâ.
En l'homme la force sexuelle est positive, ce
qui le pousse à chercher la force opposée ou
négative afin de donner; et à moins qu'il ne
comprenne comment la contrôler et l'utiliser
pour le but de la création ou du
renouvellement sur quelque plan de son être,
elle sera revendiquée par son faux ego pour sa
propre gratification. Elle ne peut rester
inutilisée, car elle est la vie même, et la nature
de la vie est mouvement.
Dans la femme la force est négative, ce qui la
porte à demander; et à moins que cette
demande ne soit satisfaite elle se sent
incomplète, puisque la véritable tâche de la
femme est de façonner, de nourrir et de

- 28 -
donner la subsistance à de nouvelles formes
dans lesquelles la vie pourra devenir objective.
L'homme et la femme se cherchent donc afin
de faire l'expérience de la complétude.
Il y a bien des manières selon lesquelles les
deux aspects du sexe peuvent se rencontrer
dans une union créatrice sur d'autres plans
que sur le plan physique. Tout travail de
création mentale est le résultat d'une telle
union sur son propre plan. Cette union résulte
donc en une création physique sur le plan
physique, en une création mentale sur le plan
du mental, mais l'union réelle ne peut se
produire que sur le plan spirituel, et quand
cela a été réussi, l'homme comme la femme
ont un complet contrôle de cette force sur tous
les plans de leur être.
Restreindre le pouvoir du sexe à la
satisfaction des appétits physiques est
dégrader Dieu, et tant que l'humanité fera
ainsi elle ne pourra jamais en connaître les
lois. Ce pouvoir doit d'abord être élevé
jusqu'au monde spirituel et doit être compris
comme une force spirituelle, le pouvoir
donneur de vie de Dieu; et lorsque dans son
propre corps les aspects positif et négatifs sont

- 29 -
équilibrés, l'homme ou la femme peuvent
contrôler la force créatrice, la force sexuelle,
sur tous les plans.
L'humanité travaille par son mental qui doit
être négatif vis-à-vis de Dieu, en d'autres
termes elle doit permettre au mental d'être
contrôlé par l'âme; mais elle doit en même
temps être positive envers le corps qui doit
être sous le contrôle du mental.

-oOo-

- 30 -
La Lumière et l'Ombre
Je forme la lumière et crée l'obscurité,
Je fais la paix et crée le mal;
Moi, le Seigneur, je fais ces choses"
Esaïe
"Je suis la fraude du fraudeur, et la splendeur
des choses splendides"
Bhagavad Gîtâ
Quelle est donc la force que nous appelons
Satan? Satan est l'ombre du Christ (cela qui
L'obscurcit), comme l'obscurité est l'ombre de
la lumière; où il y a la lumière il doit aussi y
avoir l'obscurité. Où que brille la Lumière du
Monde, là aussi est le Seigneur de l'Ombre. Un
sacrifice inconcevable pour l'intelligence a été
offert à l'homme par le Seigneur de l'Ombre,
car il doit rester un hors-la-loi rejeté par la
Lumière tout au long de la manifestation du
monde; telle est l'interprétation mystique de la
crucifixion du Christ, car mystère des
mystères, le deux n'existe pas, mais l'un.
L'évolution à ce stade de l'Être qu'on appelle
l'humanité n'est possible que dans un monde
de dualité dans le règne humain; l'homme
évolue jusqu'à l'Humanité par la maîtrise, le
- 31 -
contrôle et l'équilibre; les deux forces, positive
et négative sont combinées en lui, par
conséquent vivant dans un monde de dualité,
il ne peut rien connaître sans connaître aussi
son opposé; sans une force qui s'oppose à sa
force et qui l'éprouve à chaque pas il ne pourra
jamais devenir maître de la vie ou homme
divin, il ne pourra jamais apprendre le
contrôle s'il n'y a rien à contrôler, ni acquérir
l'équilibre s'il n'y a pas d'opposition.
La force opposante n'est pas l'ennemie de
l'humanité comme on le suppose
généralement; c'est l'illusion causée par (et
faisant donc partie de) la Lumière. Mais
l'homme en tant qu'homme, ne peut atteindre
ou réaliser la Lumière tant qu'il n'est pas passé
au-delà de cette illusion. L'objet entier de
l'évolution de l'homme, fait à l'image de Dieu,
est qu'ayant par droit de naissance le libre-
arbitre, il développe en lui-même le pouvoir de
choisir la réalité et de rejeter l'illusion, et par
la vertu de son héritage de royauté et de
liberté de choix, qu'il conquière et possède son
propre royaume.

- 32 -
L'homme commet un péché lorsque, ayant
connaissance de la Lumière, il reste
volontairement dans l'obscurité, refusant de
"surmonter l'illusion".
"Cette divine Illusion à Mon sujet, causée par
les qualités, est difficile à dissiper;
ceux qui surmontent cette illusion viendront à
Moi."
"Celui qui Me voit partout, et voit toutes
choses en Moi,
de lui Je ne l'abandonne jamais et il ne
M'abandonne jamais."
Bhagavad Gîtâ.

-oOo-

- 33 -
Le sacrifice de la lumière

La lumière du Soleil, emprisonnée et enterrée


dans la terre en tant que charbon, est une et la
même substance, qu'elle se manifeste comme
lumière ou comme charbon, l'une illimitée et
l'autre limitée. C'est seulement par les
flammes de purification que la lumière
emprisonnée peut à nouveau atteindre la
source de son être, et se trouver absorbée dans
la Lumière Unique, dont elle a été séparée
pendant sa vie de limitation. En tant que
charbon elle constitue une individualité
séparée; mais après avoir été libérée par le feu
libérateur, le symbole de la pureté (la pureté
voulant dire être libre de tout ce qui divise ou
sépare) elle perd pour toujours le fardeau de la
séparativité et devient une, ou identifiée, avec
la Lumière qui est son être même.
Si l'on pouvait penser au charbon comme à
une entité vivante, capable de sentir et de
souffrir, quelle agonie devrait-il endurer,
prisonnier des ténèbres extérieures, sans
pouvoir bouger, muet, aveugle et empêché de
toutes parts, à la merci de forces échappant à
son contrôle, enseveli dans la densité de la

- 34 -
terre! S'il avait conservé quelque souvenir de
son être réel, quelque conscience de son
héritage de Lumière, ne soupirerait-il pas avec
une indicible nostalgie après ce qui le
libérerait de ce moi, à n'importe quel prix, fut-
ce au prix de voir réduire en cendres par le feu
son individualité de charbon - quelque
souvenir de cet être réel qui au long des âges
avait supplié d'une voix muette la grâce de
revenir à Cette forme dont il était sorti?
C'est seulement lorsque la lumière
emprisonnée a été libérée de sa servitude
qu'elle peut saisir la raison de son si long
pèlerinage. Revenue à sa condition originelle
et se connaissant elle-même comme lumière et
non pas comme charbon, elle peut regarder en
arrière et voir la nécessité du sacrifice de sa
liberté, de l'abandon d'elle-même à la noirceur
du charbon. Le Soleil, en tant que lumière, ne
pouvait pas aider les habitants de la terre à
évoluer vers les races civilisées qui l'habitent
aujourd'hui; de sorte qu'il fit le suprême
sacrifice d'être enseveli et captif pendant des
années sans nombre dans la noirceur à son
extrême limite; et ce qui est pire encore pour
les vibrations rapides, d'être contraint à
l'inertie.

- 35 -
La lumière peut maintenant comprendre que
lorsqu'étant charbon elle était purifiée de sa
noirceur par le feu et redevenait blanche ce
n'était pas pour on propre salut (bien que par
ce moyen elle eut gagné sa liberté) mais pour
aider l'humanité dans ses efforts pour
atteindre à la maîtrise des éléments. Par ce
sacrifice de son individualité de charbon,
l'homme a pu obtenir tout ce qui était
nécessaire pour l'évolution d'une grande
civilisation: la chaleur, la lumière, la
nourriture et le vêtement, l'habitat et les
moyens de transport, tout ce qui était
nécessaire pour entretenir la vie, pour relier
nation à nation et race avec race. Le sacrifice
silencieux de sa vie en tant que charbon dans
les flammes purificatrices (fait si ordinaire que
personne n'y prête attention) aide l'humanité
à conquérir la terre, la mer et l'air, et même à
maîtriser le feu lui-même. Elle se rend compte
à présent que son sacrifice en tant que
charbon n'était pas sacrifice mais liberté, le
passage des ténèbres à la lumière; et que
pendant tout ce temps son être réel n'était pas
charbon mais lumière; que le charbon était
son faux moi, la forme qui l'enchaînait à la
densité de la terre. Elle se rend compte que
c'était seulement par le pouvoir de la lumière
- 36 -
ainsi captive dans son sacrifice que l'humanité
pouvait être aidée; que c'était seulement en
perdant sa vie de limitation que la vie illimitée
pouvait être connue. Elle sait maintenant que
pendant tout ce temps ce n'était pas le
charbon qui aidait l'humanité mais la lumière,
car le sacrifice véritable était celui que faisait
la lumière se limitant volontairement elle-
même pour le bien des êtres humains.

-oOo-

- 37 -
L'annihilation

L'annihilation a pour le mystique un sens


différent de celui qu'il a pour l'homme
ordinaire, à l'esprit duquel elle présente une
image de la destruction et de la mort de toutes
choses; même le nirvana des Bouddhistes a été
ainsi dépeint. Un voyageur sur le chemin de la
sagesse comprend l'annihilation dans le sens
mystique: pour lui cela signifie l'atteinte de
cette béatitude que le monde ne peut jamais
connaître, car dans la lumière de cette vision
toute chose s'évanouit, même son moi
personnel est complètement oublié.
En réalité cela signifie l'annihilation des
barrières qui entourent l'âme de toutes parts,
qui sont la cause du sentiment de séparation,
d'exil et d'agitation. L'enlèvement de celles-ci
lui permet de trouver sa vraie demeure, de
devenir une avec la Totalité à laquelle elle
appartient, de s'immerger en elle, et de
devenir une partie de cette vie plus pleine,
plus vaste et plus profonde en laquelle réside
la liberté parfaite; en d'autre termes cela
signifie complétude absolue.

- 38 -
Cette union mystique de l'âme avec Dieu fut
l'expérience des Saints de toutes les religions.
A toutes les époques, l'expérience intérieure
est la même bien que l'expression extérieure
puisse en être différente pour chaque âme.
Pour les amants de Dieu l'extase de joie réside
dans l'abandon du moi; même un amour
humain est incomplet si une seule
préoccupation du moi demeure comme un
barrière entre amant et bien-aimée.
On ne peut atteindre la perfection tant que les
barrières entre l'âme et Dieu n'ont pas été
réduites à rien.

La prière de Jésus pour ses disciples était:


"Qu'ils puissent être faits Un, comme Toi,
mon Père es en moi et moi en Toi".

"Si tu pouvais vider tout ton moi du moi,


Comme d'une coquille déshabitée;
Alors Il pourrait te trouver dans l'océan du Soi
Et dire: 'ceci n'est pas mort' et te remplir de
Lui.
Mais tu es si plein de :'tu es un autre'
- 39 -
Et possèdes une activité si perverse
Que quand Il vient, Il Se dit en Lui-même:
'Passons. Mieux vaut l'abandonner,
C'est trop étroit et trop plein,
Il n'y aurait pas de place pour Moi".

-oOo-

- 40 -
Le péché et la vertu

Dieu n'est pas soucieux du péché ni satisfait de


la vertu. Le péché a en lui sa propre punition,
la vertu sa propre récompense. Quiconque
commet un péché doit tôt ou tard en souffrir
les conséquences, et ceux qui sont vertueux
ont toujours la satisfaction qu'apporte la
vertu. C'est une loi imprescriptible; mais ce
n'est ni pour obtenir cette satisfaction ni pour
échapper à la souffrance que l'âme vient sur
terre, c'est pour devenir Hu-Main ou homme-
divin. Pour y parvenir il doit obtenir l'absolue
maîtrise sur tous les royaumes dans lesquels il
se trouve.
Il doit rencontrer et conquérir à la fois le
péché et la vertu afin que ces "trompeuses
paires d'opposés" n'aient plus aucun pouvoir
sur lui; tant qu'ils ont quelque pouvoir sur lui,
l'homme est esclave.
"Quiconque commet le péché est le serviteur
du péché"
(Évangile de Jean - 8. 34)

- 41 -
De même celui que la vertu possède est
l'esclave de la vertu. Tous deux sont des leçons
données à l'homme pour qu'il se connaisse lui-
même et acquière la force de s'élever au-
dessus. Parfois une personne doit avoir plus
de force pour dépasser ses vertus que pour
abandonner ses péchés. On doit les regarder
comme des leçons utiles à apprendre
correctement, car l'être humain ne peut
dépasser l'école élémentaire de la vie sans les
avoir apprises. Mais une fois qu'il les a
dépassées, il n'a plus besoin d'étudier ces
leçons, il détient en lui l'essence et le résultat
de l'enseignement, qui le qualifie pour
recevoir la connaissance de la vérité en
laquelle il y a liberté parfaite:
"Et vous connaîtrez la vérité et la vérité vous
rendra libres"
(Évangile de Jean 8 - 32).

"La Religion est pour la nature de désir, le


Chemin pour le cœur, la Vérité pour l'âme"
Sharf-ud-Din de Maner.

- 42 -
"Ainsi la Loi nous servit-elle de pédagogue
jusqu'au Christ,
pour que nous obtenions de la foi notre
justification.
Mais la foi venue, nous ne sommes plus sous
un pédagogue"
(épître aux Galates 3. 24-25).
-oOo-

- 43 -
Le mystère de la souffrance

Pour comprendre le mystère de la souffrance il


vous faut comprendre le mystère des paires
d'opposés.
Tant que l'homme vit dans ce monde
d'illusion ou Mâya, il est sujet à ses lois et ne
peut faire l'expérience du Ciel sans connaître
aussi l'enfer; il ne peut avoir la vie sans avoir
la mort, ni la joie sans la souffrance; il vit une
vie séparée dans un monde illusoire. S'il
pouvait se tourner de cette irréalité vers le
réel, pour lui la souffrance disparaîtrait, il
aurait traversé l'illusion et découvert le secret
des paires d'opposés. Tant qu'elles sont
divisées, elles trompent l'homme, mais quand
elles peuvent être unies ou équilibrées, elles
révèlent le mystère les plus profond de l'être.

"L'Éternel est incorruptible et équilibré


et le connaisseur de l'Éternel ne se réjouit pas
lorsqu'il obtient ce qui est agréable
et ne s'afflige pas lorsqu'il passe par ce qui est
désagréable"

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Mais l'homme possède le libre-arbitre et les
expériences de chacun correspondent à ses
croyances.

"La foi de chaque homme est à l'image de sa


propre nature, un homme consiste en sa foi.
Ce qu'est sa foi il est cela même"
Bhagavad Gîtâ.

-oOo-

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