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Chapitre –mondialisation et

fiches 5
internationalisation des échanges

Thème 3- Ouverture croissance et développement : La mondialisation se


traduit-elle automatiquement par de la croissance et du développement

Introduction :La vison populaire de la mondialisation

Document 1 :
De ces divers éléments naît la crainte légitime des citoyens de se trouver otages
de la mondialisation, par un enchaînement qui varie selon les types de pays –
pays industriels, pays émergents, autres pays en développement – mais qui
résulte d’une logique unique :
- Les grands investisseurs institutionnels (banques, fonds de pension, sociétés
d’assurance) mettent en concurrence des entreprises, elles-mêmes mondialisées,
pour qu’elles procurent le rendement le plus élevé possible.
- Les entreprises mettent en concurrence les différents sites de production, pour
dégager le rendement le plus élevé possible en produisant au plus bas coût.
- Ceci entraîne une ruée des investissements productifs vers certains pays à bas
salaires. Le niveau élevé des rendements dans ces pays attire aussi les
investissements de portefeuille, malgré le risque encouru.
- Les entreprises n'investissent dès lors plus dans les pays industriels dont les
coûts de production sont trop élevés. Cela entraîne du chômage (en Europe) et
une pression à la baisse sur les salaires (aux Etats-Unis).
- L'instabilité des capitaux à court terme provoque des crises récurrentes dans les
pays émergents.
- Certains pays en développement restent à l'écart de l'"économie-monde" en
raison du faible niveau de qualification de leur main d'oeuvre, de la mauvaise
qualité de leurs infrastructures publiques, ou de troubles politiques récurrents ; et
leurs ressortissants n'ont même pas la possibilité d'émigrer.
Au total, tout le monde y perd : les pays industriels perdent des emplois, les pays
émergents voient leurs économies ballottées au rythme des crises financières,
les autres pays en développement perdent tout espoir d'amélioration de leurs
niveaux de vie.
Source :A.Benassy-Quéré, Faut-il craindre la mondialisation ? in
http://www.cepii.fr/anglaisgraph/pagepers/Webabq/Policy/Mondial4.pdf
Questions :
1. La mondialisation ne crée-telle que des gagnants dans les différents pays
du monde ?
2. Comment peut-on expliquer ce constat ?

Document 2 :
Questions :
1. Donnez le mode de lecture et de calcul du chiffre 38 pour machines de
bureau en 1995
2. Comment a évolué la délocalisation d’activités depuis 1995 ?
3. Les délocalisation se concentrent-elles seulement dans les secteurs
traditionnels ?

I. Selon les libéraux l’ouverture est une condition nécessaire et


suffisante pour assurer croissance et développement

A. Les effets pervers du protectionnisme

Document 3 :
A:
Le protectionnisme au Sud n'est pas une piste, c'est Kofi Annan qui le dit : "Les
principaux perdants dans le monde inégalitaire d'aujourd'hui ne sont pas ceux
qui sont exposés à la mondialisation. Ce sont ceux qui en sont exclus" (2000). Les
pays d'Amérique Latine et du Maghreb en ont fait l'expérience : aussi séduisantes
soient-elles sur le papier, les théories du développement autocentré, de la
substitution aux importations et de la protection des industries dans l'enfance ont
montré leurs limites et engendré des pertes de bien-être importantes.
Le protectionnisme au Nord est quant à lui un puissant frein au décollage des
PVD : lorsqu'ils veulent pénétrer nos marchés, les pays pauvres font face à des
taux effectifs de protection en moyenne quatre à cinq fois plus élevés que ceux
appliqués aux pays riches. Par exemple, les Etats-Unis perçoivent plus de droits
de douane sur les importations en provenance du Bangladesh que sur celles en
provenance de France, alors qu'ils commercent beaucoup plus avec ce second
pays. Les droits de douane plus élevés dans les pays OCDE pour les biens bon
marché que pour les biens de luxe peuvent être analysés comme autant de taxes
régressives pour les pauvres.
Source : http://www.melchior.fr/Le-recul-de-la-grande-pauvrete.4778.0.html

B:
Le premier type de stratégies de développement regroupe des industrialisations
basées sur le développement du marché intérieur : c’est le développement
autocentré. ( .. )
La stratégie d’industrialisation par substitution aux importations , d’abord simple
improvisation des grands pays d’Amérique latine, est ensuite théorisée par la
Commission économique pour l’Amérique latine (CEPAL) et les travaux de Raul
Prebisch qui reprennent le « protectionnisme éducateur » de Friedrich List. Elle
est mise en oeuvre dans les années 1950 dans la majorité des PED, généralisée
en Amérique latine mais aussi en Asie (Corée, Philippines…) et en Afrique
(Sénégal, Kenya…).Il s’agit de se libérer de la dépendance au commerce
international en substituant progressivement la production nationale aux
importations. L’accroissement de la production nationale présuppose une
demande interne suffi sante pour l’absorber et éviter une crise de surproduction.
Cette stratégie nécessite donc la mise en place d’une réforme agraire pour
redistribuer les revenus et la constitution de marchés intégrés régionaux (comme
le traité de Montevideo de 1960 instaurant une zone de libre-échange,
l’Association latino-américaine de libre commerce – ALALC). Elle nécessite aussi
des politiques protectionnistes (…)
À court terme, ces stratégies semblent atteindre leurs buts : la production
industrielle se diversifie à travers la constitution d’un appareil productif
modernisé et la richesse produite par habitant augmente, en particulier dans les
grands pays comme l’Inde, le Brésil ou le Mexique. Mais, à la fi n des années
1970, un constat s’impose : ces stratégies n’ont pas permis d’entretenir un
processus durable de croissance et de développement ; la pauvreté et les
inégalités sont toujours fortement présentes.
Pourquoi cet échec ? Tout d’abord, l’insuffisance du marché intérieur ne permet
pas d’assurer des débouchés aux produits industriels (par exemple, l’intégration
régionale du traité de Montevideo est un échec, ce qui ne permet pas de réaliser
l’extension des marchés) et les biens d’équipement ne sont pas compétitifs sur le
marché international. De plus, ces stratégies nécessitent un accroissement
des importations, en particulier des technologies et des biens d’équipement pour
assurer l’industrialisation, mais aussi parfois de produits agricoles du fait de
l’abandon du secteur primaire.
Source :P.Robert,Méthodologied’analyse économique et historique des sociétés
contemporaines, 2005 in
http://www.pearson.fr/resources/titles/27440100531380/extras/7274_chap12_Ana
lyse-Eco.pdf
Questions :
1. Quelles stratégies ont mené les pays d’Amérique du Sud et d’Afrique dans
les années 50-70 pour se développer ?
2. Quels ont été les résultats économiques ?
3. Comment peut-on les expliquer ?

B. Les effets positifs de l’ouverture

1. L’ouverture assure la croissance

a. Explications

Document 4 :
A:
L’échange international présente trois avantages principaux : il favorise la
spécialisation, élargit les
marchés et donne accès aux techniques. La spécialisation est un avantage mis
en avant par Ricardo. Elle permet à chacun d’utiliser au mieux son travail, en
l’affectant aux productions les plus efficaces du pays. L’élargissement des
marchés est un avantage très important pour les activités où existent des
économies d’échelle. A l’extrême, des biens comme les grands avions ne peuvent
voir le jour sans un marché mondial. Cet effet est d’autant plus important que le
marché intérieur est étroit. Il est donc maximal pour un pays faiblement
développé, qui ne peut compter sur un marché intérieur suffisant. D’autre part,
avec l’ouverture du marché, les entreprises bénéficient d’un plus grands choix
d’équipements, mieux adaptés à leurs besoins, et les consommateurs de
possibilités élargies. Tout aussi important est l’échange de techniques. Cette
possibilité d’obtenir des techniques d’autres pays explique en grande partie que
les pays en développement récent aient connu des taux de croissance
nettement plus élevé que ceux de l’Angleterre ou des Etats-Unis au même stade
de leur développement et aient ainsi pu les rattraper en partie.
Source : A. Parienty, L’échange international est-il bon pour la croissance ?
Alternatives économiques n° 206, Septembre 2002 in
http://sesmassena.fr/default.aspx

B:
Il n’existe aucun exemple, depuis 1945, d’un pays qui ait connu une croissance
forte et soutenue sans intégration croissante à l’économie mondiale. Tous les
pays qui y sont parvenus se sont appuyés sur les ressources et la demande de
l’économie mondiale. Partout, le secteur exportateur a été le moteur de la
croissance, et le taux d’ouverture de l’économie n’a cessé d’augmenter. La
réduction systématique, au cours des 55 dernières années, des barrières au
commerce et à l’investissement étranger, et la chute des coûts de transport et de
communication ont permis cette intégration crois
sante. C’est l’effet combiné de ces tendances qui a fait de la mondialisation une
source de plus en plus puissante de croissance économique.
La mondialisation contribue à la croissance de trois façons :
-- la demande. Dans une économie pauvre, la demande est très limitée. En
comparaison, la demande mondiale est quasiment illimitée. Une fois identifiées
les activités dans lesquelles le pays peut investir pour exploiter ses avantages
comparatifs, la croissance n’est plus contrainte par la demande ; elle ne dépend
plus que de l’effort d’épargne et d’investissement du pays. Initialement,
l’essentiel des investissements sont réalisés dans le secteur exportateur, et la
croissance des exportations tire alors le reste de l’économie. Comme ce fut le cas
au Japon, en Corée, à Singapour ou en Chine aujourd’hui, la croissance des
exportations met en branle un processus de croissance soutenue qui se transmet
progressivement au reste de l’économie. Cela n’aurait pas été possible si ces
pays avaient dû s’appuyer sur leur demande intérieure seulement. La Chine ou
l’Inde mis à part, les pays en développement sont généralement de petits pays,
et leur production ne représente qu’une petite partie de la demande mondiale. Ils
peuvent accroître leur production, sans risquer de voir s’effondrer les prix. Et,
dans la mesure où ils mobilisent des ressources, notamment du travail, jusque là
sous-employées, la croissance de leurs exportations ne se fait pas au détriment
des autres secteurs.

-- la technologie. La mondialisation permet également aux pays en croissance


rapide d'importer des idées, des technologies et du savoir-faire. Ces
connaissances existant déjà de l’autre côté du monde, elles n’ont pas besoin
d’être réinventées. L’un des principaux vecteurs du transfert de technologie,
c’est l’investissement étranger direct. Toutefois, des pays comme la Corée ou le
Japon ont peu recouru aux IDE ; en revanche, l’envoi d’étudiants dans les
universités étrangères et des programmes spécifiques de formation ont joué un
rôle éminent dans leur développement.

-- l’investissement étranger. Outre le fait qu’ils favorisent le transfert de


technologie et l’accès aux marchés extérieurs, les IDE permettent d’élever le
taux d’investissement du pays au-delà de ce qu’aurait permis l’épargne
domestique (typiquement 25 % de plus).
Source : Traduction d’articles de M.Spence , prix Nobel d’économie in
http://antisophiste.blogspot.com/2008/06/la-mondialisation-et-la-croissance.html
Questions :
1. Explicitez les différents mécanismes par lesquels l’ouverture assure
la croissance :
- par les effets sur l’offre
- par les effets sur la demande

b -Constat

Document 5 :
A:

Source : http://www.lyc-arsonval-brive.ac-limoges.fr/jp-
simonnet/spip.php?article279

B:
Source : http://www.wto.org/french/res_f/booksp_f/anrep_f/wtr08-2c_f.pdf
C

Questions :
1. Donnez le mode de lecture et de calcul :
- du chiffre 1500 pour les exportations mondiales en 1955(doc
A)
- Du chiffre pour les droits de douane en 1950 ( doc A)
- De la croissance démographique entre 1850 et 1913 ( doc C)
- De la part des IDE dans le PIB mondial entre 1950 et 1973
( doc C)
2. Quelle corrélation faites-vous entre évolution des droits de douane,
évolution des exportations et du PIB ( docs A , B , C)
- En menant une analyse longitudinale
- En opérant une analyse transversale
3. Quelle corrélation pouvez-vous mettre en évidence entre stock des
IDE , croissance du PIB et du PIB/habitant ( doc C)
2. Et le développement

a. Constat

Document 6:

Questions :
1. Donnez le mode de lecture et de calcul du chiffre 31,6 pour les
régions en développement en 1990
2. Quel est l’intérêt de la mesure en PPA ?
3. Quels sont les pays dont le taux de pauvreté :
o Augmente
o Chute
o Que pouvez vous en conclure

b. Explications

Document 7:
Le lien classique entre commerce et inégalité des revenus est basé sur le
théorème de Stolper-Samuelson, élaboré dans un modèle classique du commerce
(Heckscher-Ohlin) qui supposait le plein
emploi. Dans ce modèle, les flux commerciaux sont déterminés par l’avantage
comparatif, lequel dépend des ressources de chaque pays.2 Comme les pays en
développement sont généralement bien dotés en main d’oeuvre peu qualifiée, ils
étaient censés exporter des produits à forte intensité de main d’œuvre peu
qualifiée vers les pays industrialisés.
La demande relative de travailleurs peu qualifiés augmenterait dans les pays en
développement et diminuerait dans les pays industrialisés, et le théorème
prédisait que l’inégalité entre les travailleurs très qualifiés et les travailleurs peu
qualifiés s’accentuerait probablement dans les pays industrialisés du fait du
commerce avec les pays en développement. Dans cet esprit, l’inégalité devrait
diminuer dans les pays en développement.
On pourrait formuler un argument semblable au sujet des gains en capital par
rapport au travail. Si les pays industrialisés sont considérés comme relativement
riches en capital, l’inégalité capital-travail devrait croître dans ces pays et
diminuer dans les pays en développement sous l’effet du commerce.
Le théorème de Stolper-Samuelson prédisait donc que le commerce entraînerait
des changements de
rémunération spécifiques à chaque facteur. ( …) Le théorème s’applique au
commerce entre des pays assez différents – par exemple des pays industrialisés
et des pays en développement – et il prédit que les rémunérations relatives
évolueront dans des directions opposées sous l’effet du commerce.
Source : OMC , Rapport mondial sur le commerce 2008
http://www.wto.org/french/res_f/booksp_f/anrep_f/wtr08-2e_f.pdf
Questions :
1. Présentez le théorème de Stolper-Samuelson
2. Montrez que ce théorème implique une réduction des inégalités au niveau
mondial et une convergence des économies

Conclusion : la stratégie des pays d’Asie du Sud-Est

Document 8 :
Singapour, la Corée du Sud, Taiwan et Hong Kong, ont mis en oeuvre une
stratégie économique d’industrialisation rapide fondée sur l’exportation et sur la
sophistication progressive de ses activités, qui a permis une croissance très
rapide de l’économie.
La stratégie économique d’exportation et de " remontée de filière " a donné
des résultats remarquables. Quelques chiffres permettent de le mesurer : la
croissance a été fulgurante, en termes de PIB (des taux égaux ou supérieurs à 10
% de croissance annuelle moyenne pendant de nombreuses).

A la suite du Japon, qui apparaît, malgré ses spécificités dans l’ensemble de


l’Asie orientale, comme le précurseur de cette stratégie, les NPIA (nouveaux pays
industrialisés d’Asie) se sont engagés dans une stratégie économique baptisée
stratégie d’industrialisation par l’exportation ou stratégie de promotion
par les exportations (SPE)
• Pour schématiser les différentes étapes de ce processus, on peut dire qu’il
commence par une réforme des structures agraires et une " révolution
verte " augmentant les rendements agricoles.
• Puis, le pays développe de productions industrielles, les produits exportés
par les NPI d’Asie étaient essentiellement des produits traditionnels , liés à
des savoir-faire locaux ou issus de matières premières, ou des produits
d’assemblage.
• toujours au stade initial, se développe une industrie de main-d’oeuvre peu
qualifiée , de niveau technique et de complexité faibles, tournée vers
l’exportation. Ce type de développement est très fortement créateur
d’emplois : en conséquence, la part du secteur manufacturier dans
l’emploi total devient prépondérante. Cette évolution est manifeste au
Japon et chez les quatre dragons depuis 1950 :

Part du secteur manufacturier en % du total dans les NPIA

Annuaire des statistiques du travail, BIT, in " Le développement économique de


l’Asie orientale "
On peut estimer que le Japon, Hong Kong et Singapour ont atteint au milieu des
années soixante-dix le stade dit " d’industrialisation maximale ".
• Chaque pays se spécialise dans la conquête d’un marché mondial , ce qui
lui offre des débouchés quasi-illimités. L’exemple traditionnel est celui de
l’industrie de la photo : inexistante dans les années 1950, elle se
développe au Japon dans les années 1960 où elle est exportée à 80 % (en
valeur).
• Chaque pays d’Asie s’attache ainsi à conquérir une position dominante
dans une ou plusieurs industries particulières : Singapour devient leader
mondial des disques durs pour ordinateurs personnels, Hong Kong leader
du jouet électronique, la Corée du Sud leader pour les téléviseurs et Taiwan
pour les consoles d’ordinateurs. En définitive, ces pays se forgent un
avantage compétitif apprécié sur le marché mondial, qui leur permet
d’amorcer une progressive remontée de filière vers les productions et
technologies à plus forte valeur ajoutée.
• La stratégie de promotion des exportations n’a pas pour objectif de
développer une économie nationale autosuffisante, mais, au contraire, vise
à s’insérer de façon optimale dans la division internationale du travail .
L’économie peut donc avoir une structure industrielle déséquilibrée et être
organisée autour de quelques niches d’activités .
• Cette stratégie se double d’une tactique d’élimination de la concurrence
par un avantage de prix qui autorise la conquête fulgurante des marchés
mondiaux, grâce à l’utilisation des techniques modernes de production, à
l’achat de composants intermédiaires aux meilleurs prix mondiaux, à la
qualité d’une main-d’oeuvre initialement bon marché et, dans les années
concernées, à une parité monétaire offrant une prime de compétitivité.
• Dès que l’amorçage des exportations est réalisé, des entreprises locales se
créent dans les secteurs concernés. C’est ainsi que le Japon a, au début
des années 1980 et en l’espace de quelques années, ravi aux Etats-Unis la
première place en matière de composants électroniques et de mémoires
dynamiques à très haute intégration.
• Le développement devient alors plus ou moins endogène. C’est l’effet
d’entraînement des exportations.
• Initialement très concentrées sur quelques spécialités, les exportations se
diversifient et se sophistiquent par la suite. On estime qu’au moins trois
vagues de spécialisations se sont succédées pour les NPI, de produits peu
élaborés vers les produits de haute technologie : une division verticale du
travail s’instaure d’ailleurs, entre les pays les plus développés et leurs
voisins, au fur et à mesure de la montée en gamme du tissu industriel de
ces pays
Parallèlement les revenus de la population s’accroissent rapidement , dès le
début du processus d’industrialisation rapide, mais en partant, il est vrai, d’un
niveau très bas. L’appel massif à la main-d’oeuvre féminine est une
caractéristique commune à tous les dragons d’Asie, qui entraîne des
modifications sociales très profondes et explique en partie la chute rapide du
taux de fécondité . Les emplois salariés se généralisent.
• Cette montée rapide des salaires, en affectant la compétitivité-coût, incite
à effectuer des gains de productivité et à introduire des améliorations
technologiques , et sert ainsi de moteur au processus de remontée de
filière .
• L’accumulation du capital est corrélativement favorisée par
l’accroissement très rapide de l’épargne domestique , qui est en partie une
épargne forcée (liée à la précarité des systèmes d’assurance sociale et de
retraite, ou à la restriction d’accès à certains biens durables comme
l’automobile, par exemple).
• Cependant, en général, l’investissement a précédé l’épargne, en faisant
appel soit à l’endettement (comme au Japon ou en Corée), soit aux
capitaux étrangers (comme à Singapour). La part de l’investissement dans
le PIB des NPI a d’ailleurs très rapidement augmenté ces 25 dernières
années, et particulièrement l’investissement privé.
Source : http://www.lyc-arsonval-brive.ac-limoges.fr/jp-
simonnet/spip.php?article279
Questions :
1. Quels sont les deux piliers sur lesquels repose la stratégie des 4
dragons ?
2. Donnez le mode de lecture pour Singapour en 1967, pourquoi le
résultat est-il supérieur à 100 en 1997 ?
3. Définissez la stratégie dite de SPE en distinguant les différentes étapes.
4. En quoi correspond-elle à la conception du vol d’oies sauvages vue en
cours ?
5. Donnez le mode de calcul de 27.4
6. Comment évolue la part du secteur manufacturier entre 1950 et 1990
que cela traduit
7. Montrez les effets de l’augmentation des revenus en quoi sont-ils
essentiels pour expliquer la remontée de filière ?
8. Explicitez le cercle vertueux épargne – investissement.

II. En réalité, l’ouverture n’est ni une condition nécessaire, ni


une condition suffisante à la croissance et au
développement
A. L’ouverture n’est pas une condition suffisante pour assurer
croissance et développement

Document 9
Le rôle des pouvoirs publics dans la mise en oeuvre de cette stratégie a été
particulièrement décisif, par la création d’entreprises d’Etat et par la mise en
place d’organismes spécialisés
Dans tous ces pays, l’effort d’épargne et d’investissement domestiques a été
porté, en continu, à un niveau exceptionnel, de l’ordre d’un tiers du produit
intérieur brut (PIB). Ces ressources ont été gérées par des Etats qui ont misé sur
l’éducation et sur la santé de leurs populations. Même si aujourd’hui les
inégalités ont tendance à s’accroître, l’Extrême-Orient a été et demeure bien
moins inégalitaire que d’autres régions du monde. L’Asie a su faire un excellent
usage d’une aide publique au développement abondante, dirigée en priorité vers
ses infrastructures et largement pourvue par le Japon, par la Banque mondiale et
par la Banque asiatique de développement.
Les investissements étrangers ont été vigoureusement encouragés, non
seulement par la disponibilité d’une main-d’oeuvre efficace, mais aussi par un
vaste dispositif de mesures incitatives, comme des exonération fiscale pendant
cinq à dix ans selon la nature de l’investissement, la réduction de l’impôt sur les
bénéfices à l’exportation ou encore, l’exonération des droits de douane pour les
matières premières.
Source : http://www.lyc-arsonval-brive.ac-limoges.fr/jp-
simonnet/spip.php?article279
Questions :
1. Montrez que l’on ne peut pas considérer que le modèle asiatique soit un
modèle de développement libéral
2. Pour autant doit en conclure que l’Etat est omniprésent ? Quel est son
rôle ?

Document 10 :
La mondialisation est un catalyseur du décollage économique. Les pays qui ont
des institutions solides, un territoire bien équipé, un secteur industriel déjà
étoffé, une population qualifiée se sont développés grâce à l’afflux des capitaux
privés. Ceux qui profitent des cours élevés des matières premières pour
diversifier leur économie et développer les services à la population, aussi. Les
autres, non. La mondialisation ne suscite pas le développement. Elle peut juste
l’accélérer. La conviction des théoriciens libéraux selon laquelle un processus de
croissance finit toujours par bénéficier même aux plus pauvres, par « ruisseler »
sur tous, s’est révélée fausse : le « ruissellement » ne se produit que s’il y a
volonté de redistribution, si les institutions mènent une vraie politique sociale.
Sinon, les pauvres sont plus marginalisés que jamais. L’appréhension des
questions de développement est devenue plus complexe : on ne peut plus
considérer chaque pays comme une sorte d’entité autonome à laquelle il
appartiendrait d’effectuer les « bons » choix en matière de stratégies de
développement pour s’arracher en l’espace de quelques années à la pauvreté.
Source :S.Brunel, La mondialisation , une aubaine pour le Sud ?
in http://www.scienceshumaines.com/une-aubaine-pour-le-sud-_fr_15316.html
Questions :
1. La mondialisation assure –t-elle automatiquement de la croissance et du
développement ?
2. Quelles sont les autres conditions qui doivent être réunies ?
B. Ni nécessaire

1. Une augmentation des inégalités dans les PDEM

Document 11 :
Soulignons, d'abord, que les investisseurs institutionnels gèrent une épargne qui
leur est confiée par… les travailleurs des pays à hauts salaires. Ces derniers
mettent eux-mêmes en concurrence les investisseurs pour obtenir les
rendements les plus élevés possibles. Ils reçoivent donc, par ce canal, les
dividendes de la mondialisation. Le problème est que la concurrence des pays à
bas salaires menace les travailleurs du bas de l'échelle sociale,lesquels sont
rarement de gros épargnants. Il s'agit donc d'un problème de répartition entre
classes sociales des pays riches,ces derniers gagnant à la mondialisation qui
accroît le pouvoir d'achat global (par baisse des prix de certains produits
désormais importés) et élève le rendement de l'épargne.(…)
Mais il est vrai que le phénomène est concentré sur le bas de l'échelle sociale et
sur un petit nombre de secteurs sensibles, tels que le textile ou la chaussure.
Ceci confirme bien que la mondialisation pose aux pays riches essentiellement un
problème de répartition entre travailleurs par types de qualifications, le haut de
l'échelle sociale sortant incontestablement gagnant.
Source :A.Benassy-Quéré, Faut-il craindre la mondialisation ? in
http://www.cepii.fr/anglaisgraph/pagepers/Webabq/Policy/Mondial4.pdf
Questions :
1. Qui, dans les PDEM, sont les gagnants, les perdants de la
mondialisation ?
2. Quelles sont les différentes explications avancées dans le texte ?

3. Une augmentation des inégalités mondiales

a. Constat

Document 12:

Source : OMC , Rapport mondial sur le commerce 2008,


http://www.wto.org/french/res_f/booksp_f/anrep_f/wtr08-2e_f.pdf
Questions :
1. Rappelez ce qu’est un coefficient de Gini et son utilité
2. Comment ont évolué les coefficients de Gini dans le monde depuis 1970 ?
Que pouvez-vous en conclure ?

b. Explications
Document 13 : A :

Source : http://www.lyc-arsonval-brive.ac-limoges.fr/jp-
simonnet/spip.php?article279
B:
Le concept-clé à connaître : les termes de l’échange
La notion de « termes de l’échange » désigne le rapport de l’indice des prix des
exportations à
l’indice des prix des importations d’un pays :
Termes de l’échange = Indice des prix des exportations
Indice des prix des importations
Source :P.Robert,Méthodologied’analyse économique et historique des sociétés
contemporaines, 2005 in
http://www.pearson.fr/resources/titles/27440100531380/extras/7274_chap12_Ana
lyse-Eco.pdf
Questions :
1. Donnez le mode de lecture et de calcul du chiffre correspondant à l ‘année
1957 pour les produits alimentaires
2. Opérez une périodisation de l’ évolution des prix des produits primaires
3. Définissez termes de l’échange. Quel est l’utilité de cet indicateur ?
4. Comment ont évolué les termes de l’échange des produits primaires
depuis 1957

Document 14 :
A:
L’analyse structuraliste naît au sein de la Commission économique pour
l’Amérique latine des Nations unies (CEPAL), créée en 1948. Elle est représentée
par les travaux de l’économiste argentin
Raul Prebisch , en particulier un article publié en 1950 en collaboration avec Hans
Singer et un rapport à la CNUCED en 1964 sur les causes du sous-développement
de l’Amérique latine. Il considère que le sous-développement est la conséquence
de la division internationale du travail qui engendre la polarisation du monde
entre un centre (les pays riches) et une périphérie (les pays pauvres) : l’analyse «
centre-périphérie ». L’avancée technologique et la position du centre lui
permettent d’organiser à son profit les relations avec la périphérie. En
conséquence, les pays de la périphérie se voient cantonnés à l’exportation des
produits primaires pour le centre. De plus, le progrès technique a des effets
différents sur les prix selon la structure de marché. Dans le centre, les marchés
étant peu concurrentiels, la baisse des prix est limitée alors que dans la
périphérie, les prix des produits primaires diminuent. En conséquence, les prix de
leurs importations augmentant par rapport à ceux de leurs exportations, les pays
de la périphérie s’appauvrissent en participant au commerce international. C’est
à une véritable mise en accusation de la théorie traditionnelle du commerce
international que se livre Prebisch. La spécialisation dans les produits primaires
des PED et la dégradation des termes de l’échange sont la cause de leur sous-
développement. Ce mouvement de pensée sera à l’origine de la revendication du
nouvel ordre économique international (NOEI) à la CNUCED.
1. Comment est expliquée la détérioration des termes de l’échange des
produits primaires depuis la fin de la seconde guerre mondiale ?
2. Quelles conséquences peut-on en tirer sur les bienfaits de la croissance et
de la spécialisation?

III. Une certaine forme de protectionnisme peut s’avérer


nécessaire

A. Pour entamer un processus de développement

Document 15:
Les économistes de la Banque mondiale et du FMI s'évertuent à montrer, avec
un certain succès, que les pays les plus ouverts sur l'extérieur connaissent une
croissance plus rapide. Indiscutablement, les exportations et les importations de
la Chine, de la Tunisie ou de la Thaïlande jouent un rôle important dans leur
croissance, alors que les économies les moins ouvertes, comme celles du Brésil
ou de l'Argentine semblent piétiner.

Pourtant : "A la vérité, il peut se faire qu’à l’aide de ces sortes de règlements
[protectionnistes], un pays acquière un genre particulier de manufacture plus tôt
qu’il ne l’aurait acquis sans cela, et qu’au bout d’un certain temps ce genre de
manufacture se fasse dans le pays à aussi bon marché ou à meilleur marché que
chez l’étranger ", Adam Smith, Recherches sur la nature et les causes de la
richesse des nations, 1776.
On voit qu’Adam Smith présenté, souvent comme le père du libéralisme, avait
pris soin de justifier, dans certains cas, le protectionnisme : il plaidait ainsi en
faveur de ce qu’on appellera plus tard "les industries dans l’enfance" : avant
d’être aussi efficace que les concurrents étrangers partis plus tôt, une entreprise
qui se lance dans une nouvelle activité doit pouvoir acquérir de l’expérience
grâce aux effets d’apprentissage. Mais le message d’Adam smith est d’abord et
essentiellement favorable au libre échange. Il ne faut pas oublier que "
Recherches sur la nature et les causes de la richesse des nations " est un livre
destiné à combattre le mercantilisme et sa doctrine commerciale.
Exemple du Royaume-Uni

C’est Friedrich List (1789-1846), économiste allemand du XIXeme siècle qui a


développé la thèse du protectionnisme éducateur , celui des industries dans
l’enfance reprenant les idées (mises en pratique) d’Alexander Hamilton (1755-
1804) secrétaire d’État au Trésor américain, réclamait à la fois protection
douanière et subventions pour soutenir les entreprises américaines (les
entrepreneurs américains craignaient à juste titre la concurrence anglaise et il
faut se souvenir que l’une des causes de la guerre d’indépendance se trouve
dans cette inquiètude). Selon l’auteur du Système national d’économie politique ,
il n’est pas question de restreindre le commerce des produits naturels et des
matières brutes. Dans ces domaines, l’échange libre est « profitable à la fois aux
individus et aux Etats ». Le protectionnisme ne doit s’appliquer qu’à une certaine
phase du développement industriel, et dans certaines conditions : « C’est
seulement chez des peuples semblables, expose List, que les restrictions
commerciales en vue de créer et de soutenir une industrie manufacturière
peuvent être légitimes ; elles ne le sont que jusqu’à ce que cette industrie
devienne assez forte pour ne plus craindre la concurrence étrangère ». On
comprend pourquoi cette recommandation est désignée par l’expression
"protectionnisme éducateur".L'opposition classique entre libre-échange et
protectionnisme est donc une mauvaise manière de poser le problème, car le
protectionnisme est la condition de la réussite de l'ouverture. On comprend ainsi
le paradoxe des pays asiatiques en croissance, plus ouverts sur l'extérieur que
les autres pays en développement+, mais néanmoins très protectionnistes.
Source : http://www.lyc-arsonval-brive.ac-limoges.fr/jp-
simonnet/spip.php?article279
Questions :
1. Le premier graphique donne t’il raison aux économistes du FMI ?
2. Expliquez la phrase d’A.Smith et montrez que le Royaume-Uni a suivi la
logique d’A.Smith .
3. Définissez le protectionnisme éducateur de List et présentez ses
caractéristiques .

B. Pour atténuer les chocs de la mondialisation

Document 16 :
La ministre française de l'Economie, Christine Lagarde, a estimé hier que le
"protectionnisme est un mal nécessaire" dans le cadre des plans de relance
économique, mais que ces mesures devaient avoir un "caractère temporaire" et
être mises en oeuvre de "manière concertée".
Interrogée sur la radio BFM sur le plan de relance économique américain qui
interdit l'achat de fer ou d'acier étranger pour les projets d'infrastructures
financés par ce plan, Christine Lagarde a répondu que le "protectionnisme est un
mal nécessaire".
Pour la ministre, la coopération internationale doit viser à "rattraper le retard
dans la régulation pour éviter les mesures de protectionnisme, qui sont
mauvaises en soi, mais qui sont peut-être nécessaires dès lors qu'elles
interviendraient de manière concertée partout sur la planète".
Les plans de relance adoptés en Europe ou aux Etats-Unis engagent l'argent
public des contribuables et les gouvernements doivent donc s'assurer que ces
sommes sont employées dans l'intérêt de ces contribuables, a-t-elle expliqué.
Mais cette mesure adoptée par la Chambre des représentants américaine doit
présenter un "caractère ciblé et temporaire", le temps de "mettre dans la bonne
direction des économies un peu sinistrées", a souligné la ministre, qui s'exprimait
depuis le Forum économique mondial à Davos (Suisse).
Source :Libération , 31 janvier 2008
Questions :
1. Quels sont les arguments avancés pour justifier le protectionnisme actuel
des PDEM ?
2. Quelles conditions doit vérifier ce protectionnisme ?

C. Pour élaborer une spécialisation pertinente

Document 20 :
L'argument en faveur de la définition d'une politique commerciale volontariste
commence par constater que, dans un monde de rendements croissants et de
concurrence imparfaite, des entreprises bien placées dans certaines branches
peuvent réussir à obtenir des rendements supérieurs aux coûts alternatifs des
ressources employées. Supposons, par exemple, que les économies d'échelle
soient suffisamment importantes dans une branche pour ne laisser place qu'a
une seule entreprise sur le marché mondial dans son ensemble ; ou ,autrement
dit si deux entreprises devaient se lancer sur le marché, toutes deux
enregistreraient des Pertes. C'est ainsi que celle qui réussit à asseoir sa position
dans la branche obtiendra des profits supérieurs à la normale et qui ne seront
pas grignotes par la concurrence.
Un pays peut faire progresser son revenu national au détriment d'autres pays s'il
peut trouver le moyen d'assurer que l’entreprise qui aura la chance de bénéficier
de ces surprofit est une entreprise nationale et non une firme étrangère
Deux articles importants, James Brander et Barbara Spencer (1983 1985) ont
démontré que, si les circonstances s’y prêtent, l’intervention de l'État, par
exemple en subventionnant les exportations et en restreignant les importations,
peut empêcher les entreprises étrangères de se lancer dans la concurrence pour
des marchés lucratifs. Ces politiques jouent ici un rôle analogue à celui joué par
les décisions «stratégiques» d investissement en surcapacité ou en recherche et
développement dans nombre de modèles de concurrence oligopolistique, d où le
terme de stratégic trade policy [ici traduite par « politique commerciale
stratégique »].
Exemple de compréhension :
Supposons donc que deux pays puissent produire le même bien.
Pour être plus concret, supposons que ce bien est un avion de ligne d'une
capacité de 150 passagers et disons que ces deux « pays » s'appellent Amérique
et Europe.
Admettons encore que dans chaque pays une seule entreprise puisse produire ce
bien : respectivement Boeing et Airbus.
Afin de fixer l'attention sur le problème de la concurrence pour les surprofits,
nous supposerons qu'il n'y a pas de demande interne, ni en Amérique, ni en
Europe, de sorte que le bien est entièrement destiné à l'exportation, ce qui nous
permet d'assimiler l'excédent du producteur à l'intérêt national.
Nous supposerons encore que chaque entreprise ne se trouve confrontée qu'à un
choix binaire : produire ou ne pas produire.
Et nous supposerons enfin que le marché soit profitable à l'une ou l'autre de ces
entreprises à condition qu'elle y pénètre seule, mais qu'il leur soit défavorable si
toutes deux s'y lancent.

Une fois posées ces hypothèse, le jeu entre Boeing et Airbus peut être représenté
par une matrice analogue à celle présentée dans le tableau 1.
Les résultats d’Airbus se lisent en colonnes
, de Boeing en lignes

p n
P
-5 0
-5 100
N
100 0
0 0

Le choix que fait Boeing de produire (P) ou de ne pas produire (N) est représenté
en lettres majuscules, tandis que les décisions correspondantes d'Airbus sont
représentées en lettres minuscules. Dans chaque case de la matrice, le chiffre en
bas à gauche représente le profit de Boeing (au-delà du rendement normal du
capital) tandis que dans le coin supérieur droit est inscrit le chiffre du profit
d'Airbus.
Tel que le jeu se présente, le résultat n'est pas connu d'avance. Pour faire
avancer les choses, supposons que Boeing bénéficie d'un tour d'avance et peut
s'engager à produire avant qu'Airbus ait pris sa décision. En l'absence de toute
intervention de l'Etat, le résultat sera Pn dans la case supérieure droite : Boeing
dégagera d'importants profits tout en empêchant Airbus de pénétrer sur le
marché.

Il est évident que le gouvernement européen n'est pas satisfait et voudrait


modifier ce résultat. Or la thèse de la politique commerciale volontariste
enseigne qu'il est effectivement possible de modifier l'issue du jeu si le
gouvernement européen peut s'engager à subventionner Airbus avant que
Boeing ne se soit engagé à produire l'avion. Supposons que le gouvernement
européen puisse s'engager à l'avance à payer à Airbus une prime de 10 si elle
produit l'avion, quelle que soit la décision de Boeing. La matrice décisionnelle
s'en trouve alors modifiée (voir tableau 2) et l'issue du jeu est inversée

p n
P
5 0
-5 100
N
110 0
0 0

Boeing sait maintenant que même s'il s'engage à produire des avions, Airbus
prendra également la décision de produire et le constructeur américain
enregistrera des pertes. Boeing se trouve donc poussé à prendre la décision de
ne pas produire et le résultat du jeu sera Np et non pas Pn. L'étonnant est qu'une
prime de seulement 10 puisse élever les profits d'Airbus de 0 à 110 ! Sur ce
chiffre, 100 représentent un transfert des surprofits de l'Amérique à l'Europe, soit
un gain de revenu national européen au détriment de l'Amérique.
La thèse de la politique commerciale volontariste démontre ainsi que, au moins
dans certains cas, un État peut améliorer le bien-être national au détriment d'un
autre en soutenant ses propres entreprises dans la concurrence international.
Source : P Krugman, la mondialisation n’est pas coupable, la découverte.
Questions
1. Quelles hypothèses des modéles néoclassiques sont--elles remises en
cause permettant de justifier une intervention de l’Etat
2. Quels effets positifs peut avoir une intervention de l’Etat ?
3. Dans le cas 1 quel est le profit dégagé par Airbus , Boeing dans le cas ou
Airbus produit et Boeing produit, que se passe t’il si Boeing devient le seul
à produire ? Quelle est la solution envisagée par Krugman ?
4. Que fait alors le gouvernement européen, quelles en sont les
conséquences ?
5. Quelle conclusion en tire Krugman ?

Pour aller plus loin sur le site du LEREPS : "LES POLITIQUES COMMERCIALES
STRATEGIQUES"
Plan de cours d'Alexandre Minda 2ieme année d'IEP