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43.

LA

ET

LA

CONSCIENCE

LUCIDE

CESSATION

DES

RÊVES

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nente. La conscience de soi se produit lorsque l’on prend conscience du conflit et de la douleur et du désir de s’en défaire ; ainsi que de la joie et que l’on en veut davantage. Tout cela constitue la totalité de la conscience. C’est un vaste processus qui englobe la mémoire, le passé et utilise le présent comme moyen d’accès au futur. La conscience est le temps — le temps en ce qu’il est tout à la fois l’éveil et le sommeil, le jour et la nuit.

La plupart d’entre nous n’ont conscience que d’un petit morceau de ce phénomène, et nous passons notre vie dans ce recoin, à faire beaucoup de bruit en essayant mutuelle­ ment de nous repousser et de nous détruire, avec quelques éclairs d’amitié et d’affection. Tout le reste nous est étran­ ger, et c’est ainsi que se forment le conscient et l’incons­ cient. En réalité, il n’y a aucune différence entre les deux, naturellement ; nous accordons simplement plus d’atten­ tion à l’un qu’à l’autre.

La partie consciente de l’esprit se préoccupe de mille et une choses, qui sont presque toutes liées à l’intérêt personnel. Mais il y a tout le reste, tout ce qui est caché, actif, agres­ sif et beaucoup plus dynamique que la partie consciente et prosaïque de l’esprit. Cette partie obscure de l’esprit ne cesse d’imposer, d’influencer, de contrôler, mais elle ne réussit toujours pas à transmettre ses revendications pen­ dant les heures de veille, car la couche supérieure de l’esprit est alors très occupée, en sorte que c’est pendant ce qu’on appelle le sommeil qu’elle émet ses suggestions et ses indications. La partie superficielle de l’esprit peut se révolter contre cette influence occulte, mais tout rentre bientôt dans l’ordre, car la totalité de la conscience n’aspire qu’à la sécurité et à la permanence, et tout changement ne s’opère jamais qu’en vue d’atteindre à une plus grande sécurité, et d’asseoir la permanence de la pensée.

L’esprit, tout bien considéré, veut une sécurité absolue à

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si vous vous adressez à autrui pour interpréter vos rêves, cela débouche sur le problème de la dépendance à l’autorité, ce qui suscite nombre de conflits et de douleurs.

La question n’est pas de savoir comment interpréter les rêves, mais si, oui ou non, les rêves sont nécessaires.

Les rêves sont un mécanisme au moyen duquel une partie de l’esprit communique avec l’autre.

Cette communication ne pourrait-elle s’effectuer sans interruption, y compris pendant la période d’éveil ? N’est- il pas possible d’avoir lucidement conscience de vos pro­ pres réponses lorsque vous prenez l’autobus, lorsque vous êtes en famille, lorsque vous parlez à votre patron au bureau, ou, chez vous, à votre bonne ? Avoir simplement et lucidement conscience de tout cela — avoir conscience des arbres et des oiseaux, des nuages et des enfants, de vos propres habitudes, de vos réponses et de vos traditions — c’est observer sans juger ni comparer. Et si vous parvenez à une telle conscience lucide, ne cessant ni de regarder ni d’écouter, vous découvrirez que vous ne rêvez pas. Car votre esprit est totalement actif, tout a un sens et un contenu. Les rêves, pour un tel esprit, sont inutiles. Et vous découvrirez ensuite que durant votre sommeil apparaît non seulement un état de repos complet et de renouveau, mais également un état auquel l’esprit ne peut jamais atteindre. Ce n’est pas quelque chose à mémoriser pour le retrouver, c’est totalement inconcevable, un renouveau absolu qui ne peut se décrire.

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Krishnamurti Writings Inc O JAI, Calif U.S.A. 1974 by Editions B u c h e t / C h a s t e l , Paris.

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