Sie sind auf Seite 1von 3

ARTHUR DEVRIENDT Département Conseil-Recherche-Innovation du GRETA du Velay

Département Conseil-Recherche-Innovation du GRETA du Velay De l’utilisation des réseaux sociaux sur le web par les

De l’utilisation des réseaux sociaux sur le web par les migrants.

Les migrants utilisent de plus en plus les technologies de l'information et de la communication (TIC) pour rester en relation avec leur territoire d'origine et/ou leurs parents éloignés.

La sociologue Dana Diminescu, directrice du programme de recherche TIC - Migrations (1) parle ainsi de l’émergence d’un « migrant connecté » en lieu et place de l’immigrant déraciné (2).

De nombreuses études consacrées au sujet se sont intéressées aux forums, sites web et blogs tenus par les migrants, mais les outils du web 2.0 que sont les « réseaux sociaux » ont été quant à eux très peu (voire pas du tout) appréhendés.

Dans la lignée d’un travail précédent consacré à l’appropriation des TIC par les Maliens de Montreuil (3), nous avons donc décidé pour cet article de nous intéresser aux usages de Facebook par les personnes issues de migrations récentes (i.e. elles-mêmes ou leurs parents) en

migrations récentes (i.e. elles-mêmes ou leurs parents) en provenance du Mali. 2009 Facebook. Fondé en 2004

provenance du Mali.

2009

Facebook.

Fondé en 2004 par Mark Zuckerberg et réservé alors aux étudiants de l’Université d’Harvard, Facebook rassemble à l’heure actuelle plus de 250 millions de membres (4).

Se présentant comme un service fournissant à ses membres le moyen d’être en relation avec des personnes situées n’importe où sur la planète (comme le suggère l’illustration de la page d’accueil, voir ci-dessous), Facebook apparaît comme un outil d’une immense puissance pour maintenir les liens au sein des diasporas et autres communautés transnationales.

un outil d’une immense puissance pour maintenir les liens au sein des diasporas et autres communautés

L’importance des migrants

A travers son moteur de recherche et l’utilisation

de différents mots clés généraux (tels que

« migrants », « abroad » etc

d’obtenir une idée générale de l’importance du public migrant sur Facebook.

il est possible

),

Une grande variété de nationalités représentées à l’étranger disposent ainsi de groupes spécifiques, lesquels regroupent des milliers d’utilisateurs, comme c'est le cas pour les Zimbabwéens, les Bulgares, les Malés et autres.

Les « groupes » de Maliens

Le groupe créé sur Facebook regroupant le plus grand nombre d’individus se reconnaissant sous l’appellation « Maliens » est le groupe « Maliens de Facebook » (1063 membres). Son objectif est « de réunir tous les maliens qui sont sur facebook afin de faire un grand réseau et de pouvoir retrouver des gens que vous avez perdu de vue. »

Ce groupe, à l'instar de « Maliloveur / Maliloveuse » (416 membres), « La Malienne

Connection » (400), « Mali puissanci » (266) et

« À tous les Malien's et Soninké

pas seulement les émigrés maliens. Cependant, à

» (52 ), ne vise

y

regarder le profil des inscrits, nous notons que

la

plupart de ces derniers sont situées en-dehors

du Mali. Nous assistons ainsi à ce que nous appelons une « extraversion » de la présence malienne, voire plus largement africaine, sur Facebook, ce qui n'est sans doute pas sans conséquence quant aux propos tenus et aux imaginaires qui s'expriment sur le réseau (aspect qui mériterait d’être traité plus longuement).

D'autres groupes ciblent plus précisément les émigrés maliens, et ce à différentes échelles :

Au niveau global existe le groupe « La diaspora malienne » (180 membres) dont le slogan est :

« La diaspora malienne se fait de plus en plus

présente sur internet (notamment dans les blogs!!!) alors pourquoi pas sur facebook!? » et dont le créateur, résidant à Montreuil (5), s’exprime en ces termes : « c'est cool de voir tous ces enfants maliens réunis dans un groupe!! ».

Certains ciblent les lieux de résidence. Parmi eux, des groupes renvoient au pays d’accueil, tels que

« Maliens de France » (33 membres) ou « 2ème

Génération » (254 membres, groupe à destination des « jeunes franco-maliens »). D'autres renvoient quant à eux à la ville de résidence comme par exemple « Maliens à Paris » (113 membres).

Un

savoir « Les Maliens membres).

groupe fait référence au lieu d'origine, à

Diouncoulané » (38

de

Enfin, un groupe s’est constitué sur la base de la lignée familiale : « La grande famille Niakaté » (115 membres ), dont le le but est de rassembler ses membres situés dans plusieurs pays.

Quelles activités sur ces groupes ?

La création d'un groupe sur Facebook est une

procédure assez contrainte, ce qui explique la très grande ressemblance entre les différents groupes. On trouve ainsi sur la quasi totalité des groupes étudiés l'ensemble des rubriques suivantes :

« forum », « mur », « photos », « vidéos » et

« liens ».

Les discussions que l'on rencontre sur ces groupes relèvent très majoritairement de l'ordre du loisir et de la détente (alors que sur les forums et les blogs, les discussions politiques sont monnaie courante). Par ailleurs, l'image véhiculée du pays à travers les témoignages, photographies et vidéos est généralement agréable, positive, associant des élements « traditionnels » à d'autres plus « modernes » (monuments et grands bâtiments) :

« traditionnels » à d'autres plus « modernes » (monuments et grands bâtiments) : « Bamako

« Bamako tu me manques » (6)

Expression

et

visibilité

d’une

identité

plurielle

Notes :

Sur Facebook, l'appartenance à un groupe n'est pas exclusive. Les individus combinent de multiples appartenances, chacune témoignant de leur identité sans en être l'élément central. Ainsi le jeune S.D. met-il à la fois en ligne ses passions liées au football, aux séries télévisées, aux voitures et à la musique rap en plus de son attachement affirmé envers le Mali.

L’avantage de Facebook, comparé aux blogs et forums, est ainsi de pouvoir dans un même « lieu » afficher et pratiquer cette pluralité identitaire. Dès lors les recherches devraient plus s’intéresser aux services de ce type afin de saisir la multiplicité des pratiques et les faisceaux de relations dans lesquels les migrants sont inscrits

(1) http://ticmigrations.fr (2) Diminescu Dana, « Le migrant connecté, pour un manifeste épistémologique. », Migrations / Société, vol. 17, n° 102, 2007. (3) Devriendt Arthur, « Les Maliens de Montreuil, des quêteurs de passerelles », mémoire de Master 1 Géographie, Univ. Paris 1, sous la dir. G. Dupuy, 2008 (4) http://fr.wikipedia.org/wiki/Facebook (5) Ville célèbre pour l’importance de sa communauté malienne (10 000 individus selon la mairie) (6) Photographie et commentaire associé d’A.D. sur le groupe « Maliens de Facebook »

Illustration de la première page : http://bit.ly/WLuQ7