juridiques

ISSN : 2260-068X - prix au n° : 14 €

Les Cahiers

Numéro

171 • Février 2014

de La Gazette

Chaque mois, l’essentiel du droit des collectivités

Accueil des gens du voyage

Droits et obligations des communes

GAPS - istockphoto

ÉNERGIE
Les outils locaux de planification énergétique p. 16

ÉLECTIONS
Le rôle, les compétences et les procédures de la CNCCFP p. 19

CONTENTIEUX
Réagir à un recours en référé administratif p. 22

FINANCES
Décryptage des lois de finances p. 28

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Les Cahiers

Editorial
Numéro 171 • Février 2014
4

Vœux pieux ?
Par Brigitte Menguy

Actus Veille Textes officiels Jurisprudence Réponses ministérielles Dossier Les droits et obligations des communes en matière d’accueil des gens du voyage Cahiers thématiques Énergie
© Patricia Marais

6

8 10

12

16

• 19

Les outils locaux de planification énergétique

Élections
• Le rôle, les compétences et les procédures de la CNCCFP • Les causes de rejet d’un compte de campagne

22

Contentieux
• Réagir à un recours en référé administratif • Choisir une procédure de référé adaptée

28

Finances
• Les points clés de la loi de finances pour 2014 et de la loi de finances rectificative de 2013

omme chaque année, le mois de janvier a été rythmé par les vœux. Les corps constitués se sont traditionnellement prêtés au jeu, à l’image de l’Assemblée nationale et du Conseil constitutionnel qui, par la voix de leur président respectif, ont cette année (enfin) relayé les critiques récurrentes des juristes. « Remise en cause de l’autorité de la chose jugée » pour le président du Conseil constitutionnel et « frénésie normative » pour le président de l’Assemblée nationale étaient leurs principales remontrances. Le Conseil constitutionnel a ouvert le bal en présentant ses vœux, le 6 janvier, au président de la République. À cette occasion, Jean-Louis Debré a jugé « préoccupantes » les tentatives de contournement de ses décisions par le gouvernement et le Parlement. En effet, le président du Conseil constitutionnel a constaté qu’à plusieurs reprises au cours de ces derniers mois, des dispositions législatives ont été adoptées alors qu’elles contrevenaient directement à l’autorité de la chose jugée par sa juridiction. « Une situation préoccupante pour l’État de droit », la volonté générale ne s’exprimant que dans le respect de la Constitution.

C

32 34

Questions/Réponses Ressources

Guinness book
Le Conseil constitutionnel a également déploré l’adoption de lois « aussi longues qu’imparfaitement travaillées ». Un constat largement partagé par Claude Bartolone, président de l’Assemblée nationale qui, lors de ses vœux le 15 janvier, s’est réjoui que l’Assemblée entre dans « le Guinness book des records… Mais pas au détriment de la qualité du travail parlementaire ». Hélas, l’inflation législative est une réalité et elle n’est pas le seul problème. Allongement des lois, multiplication des textes d’application, augmentation des lois votées sans avis du Conseil d’État… autant de maux qui font perdre à la loi son caractère sacré. Et sur le fond, on ne peut ignorer le développement de l’inaccessibilité et de l’inintelligibilité des dispositions législatives. Alors si ces constats ne sont pas nouveaux, espérons que sous la forme de vœux, ils ne restent pas pieux !

Encarts jetés : mailings DA167189 et DB167189, prospection aléatoire. Mensuel édité par TERRITORIAL - SAS au capital de 7 325 000 euros Siège social : 17 rue d’Uzès, 75108 Paris Cedex 02, Bureaux : Espace Cévé - 58 cours Becquart Castelbon, 38500 Voiron RCS PARIS 404 926 958 - N° SIRET : 404 926 958 00020 N°TVA intracommunautaire FR 28 404 926 958 - Code APE : 5813Z Principal actionnaire : Info Services Holding Président-Directeur de la publication : Christophe Czajka • Directrice générale : Véronique Billaud • Directeur général adjoint éditorial et stratégie : Hugues Périnel • Directeur général adjoint administration et finances : Laurent Lévrino • Éditeur : Laurent Boidi Rédaction Directeur des rédactions : Hugues Périnel Coordination éditoriale : Jean-Marc Joannès, Xavier Brivet, Delphine Gerbeau et Brigitte Menguy redactionjuridique@lagazettedescommunes.com Réalisation Rédacteur en chef technique : Laurent Brugièregarde Maquettiste : Stéphane Mimouni • Premier secrétaire de rédaction : Véronique Garcia • Responsables de fabrication : Hervé Charras et Isabelle Seret • Dessinateur : Manuel Gracia Publicité • Tél. : 01 40 13 31 86 • Fax : 01 40 13 51 08 17 rue d’Uzès, 75108 Paris Cedex 2 Email : pub.collectivites@groupemoniteur.fr Web Responsable technique Web : Sébastien Mérieux Abonnement • Tél. : 04 76 65 93 78 - Fax : 04 76 05 01 63 • Administratif : 116 € TTC/an • Personnel : 62 € TTC/an, prélèvement automatique : 5,25 € TTC/mois • Prix au numéro : 14 € TTC • 9 numéros par an Impression Imp. des Deux-Ponts - ZA des Condamines, Bresson, 38320 Eybens N° de commission paritaire : 0515T87207 • ISSN : 2260-068X Dépôt légal : à parution Réf. bancaires : Caisse d’Épargne Rhône-Alpes - Code Banque : 13825 - Code guichet : 00200 - Compte n° 08776443495 Clé RIB : 51 - IBAN : FR76 1382 5002 0008 7764 4349 551 Bank identification code (BIC) : CEPAFRPP382

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Les cahiers juridiques de La Gazette

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En bref

Actualités

PLU intercommunal

Le Sénat rétablit son texte en commission
La commission des affaires économiques du Sénat a rétabli mercredi 22 janvier la minorité de blocage limitant le transfert aux intercommunalités des compétences en matière d’urbanisme, qu’elle avait instaurée en première lecture. Le texte qui en ressort sera celui qui sera étudié en séance en seconde lecture à partir du 29 janvier dans le cadre du projet de loi pour l’accès au logement et un urbanisme rénové (Alur). Culture

Simplification

La procédure législative aussi dans le viseur
« Les choses sont mûres. Il y a la volonté de mieux légiférer. Dans tous les partis ». Le rapporteur de la nouvelle mission de simplification législative formée à l’Assemblée nationale, Thierry Mandon (SRC, Essonne), qui copréside aussi le conseil de la simplification pour les entreprises mis en place début janvier, se veut optimiste. Il faut « des textes plus lisibles, plus efficaces, moins nombreux ». Cette mission est donc chargée de « rationaliser le flux normatif ». Et fera ses propositions en juillet 2014. Les premières auditions d’universitaires ont ouvert quelques pistes. D’emblée s’est posée la question du pouvoir normatif local, concept juridiquement faisable s’il s’appuie sur le principe constitutionnel de « subsidiarité » pour Géraldine Chavrier, professeure de droit à l’université de Paris I. Accorder un tel pouvoir aux collectivités serait possible, car celles-ci n’interviendraient qu’à un troisième niveau dans la hiérarchie des normes (après la loi et le règlement) pour adapter au territoire un texte national. Plus que la quantité, c’est avant tout la qualité des lois qu’il faudrait améliorer selon les premières interventions. Une réforme des études d’impact, tant sur leur forme (mieux harmonisée ?) que sur leur contenu (meilleure analyse économique, davantage de débat politique en amont ?) et sur leur méthode d’élaboration (consultations, centre de ressources d’expertise pour les parlementaires ?) semble indispensable.
Bénédicte Rallu

Un rapport sur les bibliothèques départementales
Dans un rapport publié fin décembre, l’Inspection générale des bibliothèques estime qu’à l’avenir, les bibliothèques départementales de prêt resteront « indispensables » à condition de s’adapter aux évolutions de leur territoire et à l’univers numérique, et de proposer de nouveaux services. Laïcité

INTERVIEW

Pas de loi sur les sorties scolaires
Lors de ses vœux aux autorités religieuses, François Hollande annonce qu’il faut « éviter le recours à la loi » sur la question de l’application du principe de laïcité aux accompagnateurs de sorties scolaires. Reprenant l’avis du Conseil d’État, le président préconise de « laisser les responsables faire preuve de discernement ». Médiation

Thierry Repentin
Ministre délégué aux Affaires européennes

« Les nouvelles directives marchés publics apporteront de la souplesse pour les collectivités territoriales »
Le Parlement européen a voté le 15 janvier 2014 les directives marchés publics « secteurs classiques », concomitamment à la directive « Concessions », relevant du même « paquet européen ». Quel regard portez-vous sur le vote de ces trois nouvelles directives ? Ce vote marque la fin d’un processus engagé depuis la fin 2011, avec la présentation des propositions de la Commission européenne, suivie par l’adoption du rapport sur la révision des directives « marchés publics » de M. Tarabella et du rapport de M. Juvin sur la directive « Concessions ». Les nouveaux textes apportent une clarification des règles du jeu, un certain nombre de pays de l’Est n’en disposant pas en matière de concessions. Les dispositions votées se rapprochent de façon très marquée des règles françaises qui existent depuis la loi Sapin. Qu’apportent, de façon générale, les nouvelles directives ? Elles apportent une simplification des procédures d’appel d’offres et facilitent l’accès des PME à la commande publique, avec une forte incitation à l’allotissement. Par ailleurs, les impératifs sociaux et environnementaux seront pris en compte à tous les stades de la procédure. Le pouvoir adjudicateur pourra, s’il le désire, insérer dans le cahier des charges des critères dont il faudra tenir compte. Encore une fois, le choix quasi systématique du moins-disant s’éloigne comme perspective unique… Comment s’effectuera la transposition des directives, et dans quels délais ? La transposition en droit national doit se faire dans le délai maximal de deux ans. Nous allons engager immédiatement un dialogue avec les représentants des secteurs concernés et les parlementaires.
Propos recueillis par Jean-Marc Joannès

La région Ile-de-France se dote d’un médiateur
Après les communes et les départements, les régions se mettent, elles aussi, à la médiation et c’est l’Ile-de-France qui ouvre la marche en choisissant Jean-Pierre Hoss, conseiller d’État honoraire, afin d’assurer la fonction de médiateur de la région Ile-de-France.

35 000

volontaires seront destinés à intégrer le dispositif du service civique, soit une augmentation d’environ 15 % par rapport à 2013. Cette montée en puissance sera assurée sous la houlette de François Chérèque, nouveau président de l’Agence du service civique.

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En bref

Cumul des mandats

L’Assemblée a définitivement adopté le projet de loi
Le Parlement a définitivement adopté, le 22 janvier, par un vote de l’Assemblée nationale, le projet de loi interdisant, à partir de 2017, le cumul d’un mandat parlementaire et d’une fonction exécutive locale, comme celle de maire. Le texte a été voté par 313 voix pour, nettement au-dessus de la majorité absolue des députés (289 voix), nécessaire pour passer outre l’opposition du Sénat ; 225 députés ont voté contre, 14 se sont abstenus et 25 n’ont pas pris part au scrutin sur ce texte, qui ne s’appliquera pas aux élections municipales de mars prochain. Si le Conseil constitutionnel saisi le 23 janvier donne son feu vert, les parlementaires ne pourront plus être, dès 2017, maires, adjoints, présidents ou vice-présidents d’intercommunalité, de conseil départemental (ex-conseil général), de conseil régional ou d’un syndicat mixte. Prévoyante, la loi interdit le cumul avec « toute autre collectivité territoriale créée par la loi ». Un nouvel article du Code électoral interdit le cumul d’un mandat parlementaire avec les fonctions de président et de vice-président du conseil d’administration d’un établissement public local, du conseil d’administration ou de surveillance d’une SEM, d’une SPL ou d’une SPLA, ainsi que d’un organisme d’habitations à loyer modéré. Les parlementaires pourront en revanche continuer à être conseillers municipaux, départementaux ou régionaux.
Martine Kis

170

millions d’euros seront dédiés à la péréquation territoriale dans le cadre du contrat de présence postale territoriale 2014-2016 signé par l’État, l’Association des maires de France et La Poste.

Rénovation urbaine

Le comité d’évaluation de l’Anru sur la sellette
Le projet de loi de programmation pour la ville et la cohésion urbaine, adopté par le Sénat, prévoit dans son article 1 la création d’une nouvelle instance d’évaluation. L’Observatoire national des zones urbaines sensibles et le comité d’évaluation et de suivi de l’Anru y seraient fusionnés. Un projet qui alarme le conseil d’administration du second, créé en 2004 comme une instance totalement indépendante, à la fois, du ministère de la Ville et de l’Anru. Ses membres refusent d’intégrer cette nouvelle instance et d’étendre à l’ensemble de la politique de la ville la compétence d’évaluation du CES. Énergie

Le Sipperec obtient gain de cause face à ERDF
Le syndicat intercommunal de la périphérie de Paris pour l’électricité et les réseaux de communication (Sipperec) a remporté, le 13 janvier, une bataille importante. Le Conseil d’État a en effet rejeté la demande de pourvoi en cassation d’ERDF, « le droit [d’une autorité concédante] de solliciter de [son] concessionnaire des comptes de résultat [lui permettant] de contrôler la qualité du service public de la distribution d’électricité ». Démographie

Décentralisation

La loi « métropoles » validée, un deuxième texte présenté le 2 avril
Le Conseil constitutionnel a donné son feu vert, le 23 janvier, à la loi de modernisation de l’action publique territoriale et d’affirmation des métropoles (voir p. 7). Le juge a toutefois formulé une réserve d’interprétation concernant le cumul des fonctions de maire et de président de la métropole de Lyon. « Cette décision offre au gouvernement d’importantes marges de manœuvre, en termes de simplification, pour poursuivre la réforme territoriale d’envergure dont cette loi constitue la première étape », ont aussitôt salué les deux ministres chargées de la décentralisation, Marylise Lebranchu et Anne-Marie Escoffier. tions des deuxième et troisième projets de loi de décentralisation présentés en conseil des ministres le 10 avril 2013. Il aura aussi vocation à traduire en actes le discours du président de la République, le 18 janvier à Tulle, sur une organisation territoriale devenue « trop compliquée, trop lourde et trop coûteuse ». Au programme : l’attribution de compétences exclusives aux régions dans les domaines du développement économique, de l’innovation, de la recherche et des transports hors réseau urbain. Le 21 janvier sur la chaîne parlementaire « Public Sénat », Marylise Lebranchu a notamment évoqué l’idée de « réduire le nombre de schémas régionaux pour parvenir à un seul vrai schéma de développement économique, de l’innovation et de l’aménagement du territoire qui s’impose aux autres échelons ». Le projet de loi à venir prévoira-t-il la suppression des conseils généraux sur les territoires de la métropole du Grand Paris, d’Aix-Marseille-Provence et des neuf métropoles de droit commun, comme l’a envisagé François Hollande ? Le gouvernement, pour l’heure, maintient le suspense.
Jean-Baptiste Forray, Brigitte Menguy et Philippe Pottiée-Sperry

Une nouvelle dynamique de peuplement
L’étude de l’Insee « Trente ans de démographie des territoires », dévoilée le 15 janvier, dresse le portrait d’une France très fortement marquée par les grandes aires urbaines. De nouvelles tendances y sont soulignées, notamment l’« intermétropolisation », soit des couloirs de population qui apparaissent entre des métropoles, comme sur l’axe Lyon-Grenoble-Genève. Élus locaux

Une fusion avec le département ?
Le gouvernement présentera en conseil des ministres, le 2 avril, un nouveau projet de loi de décentralisation, a indiqué Marylise Lebranchu, lors de ses vœux à la presse le 23 janvier. Objectif : une adoption définitive d’ici la fin de 2014, c’est-à-dire avant le lancement de la campagne des élections départementales et régionales programmées en mars 2015. Transmis au Conseil d’État début mars, ce texte fera l’objet d’une phase de concertation avec les sénateurs et les députés. Il regroupera les principales disposi-

Exercice du mandat
Les sénateurs ont adopté en deuxième lecture, le 22 janvier, la proposition de loi des sénateurs Jacqueline Gourault et Jean-Pierre Sueur facilitant l’exercice du mandat des élus locaux. L’ensemble des modifications adoptées en commission des lois a été adopté, les sénateurs y ajoutant de nouvelles dispositions visant la faculté, pour les conseillers communautaires, de constituer un droit individuel à la formation.

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Veille
Sélection des

textes officiels
Éducation

Accueil des mineurs avant et après l’école
Un arrêté prévoit qu’à titre transitoire, pour une durée de trois ans, le préfet peut permettre aux personnes titulaires du brevet d’aptitude aux fonctions de directeur en accueils collectifs de mineurs (BAFD) d’exercer des fonctions de direction des accueils de loisirs organisés, pour l’encadrement des enfants scolarisés pendant les heures qui précèdent et suivent la classe, pour une durée de plus de quatre-vingts jours et pour un effectif supérieur à quatrevingts mineurs. Cette dérogation ne peut être accordée qu’en cas de difficultés manifestes de recrutement, pour une période fixée par le préfet et qui ne peut excéder douze mois.
Arrêté du 12 décembre 2013, JO du 26 décembre.

Élections

Les modalités de publication des déclarations de situation patrimoniale des élus précisées
Un décret est relatif aux déclarations de situation patrimoniale et déclarations d’intérêts adressées à la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique. Par application des lois relatives à la transparence de la vie publique, les personnes assujetties aux obligations déclaratives devront déposer leurs premières déclarations : - le 1er février 2014, au plus tard, s’agissant des parlementaires, des représentants français au Parlement européen, des membres des cabinets ministériels et des collaborateurs du président de la République, du président de l’Assemblée nationale et du président du Sénat ; - le 1er juin 2014, au plus tard, s’agissant des titulaires de fonctions exécutives locales ; - le 1er octobre 2014, au plus tard, s’agissant des autres personnes assujetties. À l’exception de certains éléments mentionnés au III de l’article LO.135-2 du Code électoral et au III de l’article 5 de la loi n° 2013-907 du 11 octobre 2013, sont diffusés sur un site internet public unique d’accès gratuit, et dont l’autorité responsable est la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique : - les déclarations de situation patrimoniale et d’intérêts des membres du gouvernement ainsi que des modifications substantielles de celles-ci ; - les déclarations d’intérêts et d’activités des membres du Parlement ainsi que des modifications substantielles de celles-ci ; - les déclarations d’intérêts des représentants français au Parlement européen et des titulaires de mandats électifs locaux ainsi que des modifications substantielles de celles-ci.
Décret n° 2013-1212 du 23 décembre 2013, JO du 27 décembre.

Élections

Remboursement des frais relatifs aux documents électoraux
Un arrêté fixe les tarifs maxima de remboursement des frais d’impression et d’affichage des documents électoraux pour les élections municipales des 23 et 30 mars 2014. Pour donner droit à remboursement, les circulaires et les bulletins de vote des candidats têtes de liste aux élections municipales des 23 mars 2014 (premier tour) et 30 mars 2014 (second tour) sont imprimés sur du papier de qualité écologique qui remplit certaines conditions.
Arrêté du 26 décembre 2013, JO du 31 décembre.

Environnement

Animation

Participation du public à l’élaboration des textes
L’article 3 de la loi n° 2012-1460 du 27 décembre 2012 relative à la mise en œuvre du principe de participation du public défini à l’article 7 de la Charte de l’environnement prévoit, à titre expérimental, dans le cadre des consultations organisées sur certains projets de décrets et d’arrêtés ministériels en application de l’article L.120-1 du Code de l’environnement, d’une part, d’ouvrir au public la possibilité de consulter les observations présentées sur le projet de texte au fur et à mesure de leur dépôt et, d’autre part, de confier à une personnalité qualifiée, désignée par la Commission nationale du débat public, la rédaction de la synthèse des observations du public. Le présent décret détermine les domaines dans lesquels les projets de décrets et d’arrêtés ministériels seront soumis à l’expérimentation. En outre, il organise les modalités de désignation et de rémunération de la personnalité qualifiée chargée de rédiger la synthèse et fixe les conditions auxquelles cette personnalité doit satisfaire en vue notamment d’assurer son impartialité. Sont notamment concernés les textes relatifs à la préservation du patrimoine naturel, au temps de chasse, aux installations classées.
Décret n° 2013-1303 du 27 décembre 2013, JO du 31 décembre.

Formation des animateurs et directeurs en accueils collectifs de mineurs
Un arrêté fixe la liste des organismes de formation bénéficiant de l’habilitation à compétence nationale afin d’organiser les sessions de formation conduisant à la délivrance des brevets d’aptitude aux fonctions d’animateur et de directeur en accueils collectifs de mineurs pour la période du 1er janvier 2014 au 31 janvier 2017.
Arrêté du 18 décembre 2013, JO du 28 décembre.

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Textes officiels
www.territorial.fr/2772-juridique.htm

Finances locales

Décentralisation

La loi « métropoles » publiée
La loi de modernisation de l’action publique territoriale et d’affirmation des métropoles est publiée après avoir été validée par le Conseil constitutionnel. Elle rétablit la clause de compétence générale des départements et des régions. La notion de collectivité territoriale « chef de file » est introduite, avec pour chaque échelon des missions attribuées : - l’aménagement et le développement durable du territoire, la protection de la biodiversité, le climat, la qualité de l’air et l’énergie, le développement économique, le soutien de l’innovation pour les régions ; - l’action sociale, le développement social et la contribution à la résorption de la précarité énergétique, l’autonomie des personnes, la solidarité des territoires pour le département ; - la mobilité durable, l’organisation des services publics de proximité, l’aménagement de l’espace, le développement local pour la commune. Dans chaque région, la conférence territoriale de l’action publique est chargée de favoriser un exercice concerté des compétences des collectivités territoriales, de leurs groupements et de leurs établissements publics. L’achèvement de la carte intercommunale est également organisé, et le Grand Paris est créé. Des dispositions spécifiques sont prévues pour la métropole de Lyon, celle de Marseille-Aix en Provence, et un nouveau statut de métropole est créé.
Loi n° 2014-58 du 27 janvier 2014, JO du 28 janvier.

Contrôle allégé de certaines dépenses
Un arrêté est pris pour l’application du décret n° 2012-1246 du 7 novembre 2012 relatif à la gestion budgétaire et comptable publique dont le second alinéa de l’article 42 définit le contrôle allégé en partenariat des dépenses de l’État, des collectivités territoriales et de leurs établissements publics.
Arrêté du 6 janvier 2014, JO du 19 janvier.

Développement durable

Label « ÉcoQuartier »
Une instruction vise à guider les services déconcentrés dans la mise en œuvre du label national ÉcoQuartier en 2014. Ce dispositif constitue l’un des engagements du gouvernement pour la transition écologique. Les services déconcentrés du ministère, tant aux niveaux régional que départemental, sont appelés à s’engager dès maintenant sur la 2e vague de labellisation et sur l’animation des clubs régionaux ÉcoQuartier dont les DREAL/DEAL/DRIEA sont déjà en charge depuis 2010.
Instruction NOR : ETLL1329159C du 8 janvier 2014.

Modernisation de l’administration

Un conseil de la simplification pour les entreprises est créé
Un décret crée un conseil de la simplification pour les entreprises, placé auprès du Premier ministre, pour une durée de trois ans. Il est chargé de proposer au gouvernement les orientations stratégiques de la politique de simplification à l’égard des entreprises, et notamment : - d’assurer le dialogue avec le monde économique et de contribuer à la participation des entreprises à la conception et à la mise en œuvre des mesures de simplification ; - de proposer au gouvernement des axes prioritaires de simplification et de le conseiller sur toute solution innovante ou mesure nouvelle de nature législative, réglementaire ou administrative qui lui paraîtrait devoir être retenue ; - de suivre les réalisations du programme de simplification pour les entreprises et l’évaluation de ses résultats ; - de contribuer à faire connaître les résultats obtenus auprès des entreprises, des organisations professionnelles et du grand public. Pour l’accomplissement de ses missions, il est informé des actions de simplification que conduisent les administrations et peut solliciter leur concours. Il adresse chaque année au gouvernement un bilan de l’avancement et des résultats du programme de simplification pour les entreprises. Il est composé de personnalités indépendantes issues des entreprises et des administrations, de parlementaires et d’élus locaux ainsi que d’experts, désignés par arrêté du Premier ministre.
Décret n° 2014-11 du 8 janvier 2014, JO du 10 janvier.

Statut de l’élu

Conseil national de la formation des élus locaux
Un arrêté modifie la composition du Conseil national de la formation des élus locaux. La liste des élus locaux nommés sur proposition de l’Association des maires de France, de l’Association des départements de France et de l’Association des régions de France est notamment modifiée.
Arrêté du 30 décembre 2013, JO du 5 janvier.

Environnement

Mise en œuvre des trames verte et bleue
La trame verte et bleue est un réseau formé de continuités écologiques (constituées de réservoirs de biodiversité reliés par des corridors écologiques) identifiées par les schémas régionaux de cohérence écologique et les documents de planification de l’État, des collectivités territoriales et de leurs groupements.
Décret n° 2014-45 du 20 janvier 2014, JO du 22 janvier.

N°171 • Février 2014

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Veille
Sélection de la

jurisprudence

Concession

Biens de retour
Le fait que le contrat de concession prévoie le versement au concessionnaire, à l’expiration de la concession, d’une indemnité destinée à compenser la valeur non amortie des biens nécessaires au fonctionnement du service public, ne fait pas obstacle à ce que ces biens appartiennent, dès leur réalisation ou leur acquisition, à la personne publique.
Conseil d’État, 21 octobre 2013, req. n° 358873.

Ouvrage public

Préjudice du fait d’une bibliothèque municipale
Saisi d’une demande en indemnisation de préjudices subis par les propriétaires d’une maison en raison de l’édification et du fonctionnement d’une médiathèque municipale, le juge a distingué les préjudices subis du fait de l’édification de l’ouvrage et du fait de son exploitation. Ainsi, le préjudice tenant à la perte de valeur vénale de la maison, liée à une privation de vue et d’ensoleillement, et à la réverbération des rayons solaires sur les vitres de l’ouvrage public, était connu dès la mise en service de ce dernier et se rattachait donc en totalité à l’année de cette mise en service. En revanche, le préjudice résultant des nuisances sonores liées à la pompe à chaleur de l’ouvrage était par nature susceptible d’évoluer dans le temps, il devait donc être rattaché non pas à la seule année de mise en service, mais à chacune des années durant lesquelles il a été subi. Commentaire
Lorsque la responsabilité d’une personne publique est recherchée, les droits de créance invoqués en vue d’obtenir l’indemnisation des préjudices doivent être regardés comme acquis, au sens de l’article 1er de la loi du 31 décembre 1968.
Conseil d’État, 6 novembre 2013, req. n° 354931.

Environnement

Principe de précaution
Le principe de précaution, garanti par l’article 5 de la Charte de l’environnement, ne permet pas, par lui-même, au maire d’exiger, à l’appui d’une déclaration préalable de travaux, la production de documents non prévus par les textes en vigueur. Ainsi, le maire ne peut s’opposer aux travaux déclarés au motif de l’absence d’une estimation du niveau maximum de champ électromagnétique reçu sous forme d’un pourcentage par rapport à la valeur de référence de la recommandation européenne.
Conseil d’État, 21 octobre 2013, req. n° 360481.

Fiscalité

Nouvelle annulation
Le Conseil constitutionnel a, une nouvelle fois, annulé des dispositions relatives à la taxe locale sur la publicité extérieure (TLPE). Sont ainsi contraires à la Constitution, les dispositions des articles L.2333-6 à L.2333-14 ainsi que celles des paragraphes A et D de l’article L.2333-16 du Code général des collectivités territoriales, dans leur rédaction issue de l’article 171 de la loi du 4 août 2008.
Conseil constitutionnel, 25 octobre 2013, QPC n° 2013-351.

Contrôle de légalité

Obligation de transmission
Aux termes de l’article L.424-8 du Code de l’urbanisme, une décision de nonopposition à une déclaration préalable peut être exécutoire dès qu’elle est acquise, même si elle n’a pas été transmise au préfet dans le cadre du contrôle de la légalité. Toutefois, le préfet peut, en vertu de l’article L.2131-6 du Code général des collectivités territoriales, déférer au juge les actes mentionnés à l’article L.2131-2 qu’il estime contraires à la légalité. Or le juge considère que figurent au nombre de ces actes les décisions de non-opposition à déclaration préalable, qui doivent être regardées comme des autorisations d’utilisation du sol. Ainsi, une commune est réputée avoir satisfait à l’obligation de transmission, dans le cas d’une décision tacite de non-opposition, si elle a transmis au préfet la déclaration préalable faite par le pétitionnaire, en application de l’article R.423-7 du Code de l’urbanisme. Commentaire
Le juge précise également que la commune doit adresser au préfet copie des éventuelles modifications du délai d’instruction. Le délai du déféré court alors à compter de la date à laquelle la décision est acquise.
Conseil d’État, 23 octobre 2013, req. n° 344454.

Déchets

Traitement des déchets inertes
Le Conseil d’État a validé la légalité de l’arrêté ministériel du 6 juillet 2011 relatif aux conditions d’admission des déchets inertes dans les installations classées de protection de l’environnement afférentes aux activités de transit et de traitement des déchets non dangereux inertes (rubriques 2 515, 2 516 et 2 517).
Conseil d’État, 29 octobre 2013, req. n° 353036.

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Jurisprudence
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Marché à bons de commande
En principe, les parties à un contrat ne peuvent pas demander au juge l’annulation d’une mesure d’exécution de ce contrat, mais seulement lui demander une indemnisation du préjudice qu’une telle mesure leur a causé. Par conséquent, commet une erreur de droit le juge des référés qui regarde comme étant au nombre des actes dont les parties sont, par exception, recevables à demander l’annulation ou la suspension de l’exécution, la décision d’une région qui, comme il l’a lui-même relevé, n’a pas pour objet de résilier le marché à bons de commande conclu avec une association mais qui se borne

Environnement

Exécution du contrat
à interrompre l’exécution de l’une des prestations prévues par l’un des bons. Une telle interruption constitue en effet une simple mesure d’exécution du contrat et non de sa résiliation. À ce titre, elle ne peut donc pas être annulée par le juge. Commentaire
Cette décision fait écho aux conditions de recevabilité de conclusions dirigées contre une décision de résiliation d’un contrat rappelées par le Conseil d’État dans sa décision du 21 mars 2011, Commune de Béziers (req. n° 304806).
Conseil d’État, 25 octobre 2013, req. n° 369806.

Schéma de gestion cynégétique
Les dispositions générales de l’article L.25-1 du Code de l’environnement relatives au schéma départemental de gestion cynégétique ne font pas obstacle à ce qu’en vertu des dispositions spéciales de l’article L.331-4-1 du Code de l’environnement, la réglementation du parc national, soumette, dans le cœur du parc, la chasse à un régime particulier, dérogeant aux règles du schéma.
Conseil d’État, 29 octobre 2013, req. n° 360085.

Responsabilité

Refus du concours de la force publique
La période de responsabilité de l’État pour refus de concours de la force publique pour l’exécution d’une décision de justice s’interrompt si l’huissier mandaté par le propriétaire du logement fait connaître au représentant de l’État qu’il suspend les effets de sa demande de concours.
Conseil d’État, 6 novembre 2013, req. n° 351740.

Domaine public national

Transfert de compétences
La loi n° 2004-809 du 13 août 2004 a substitué les départements à l’État, à compter du 1er janvier 2008, dans l’ensemble des droits et obligations liés aux routes alors classées dans le domaine public national. Au regard de leur portée générale – et de l’objet et des modalités de compensation financière des transferts de compétences –, ces dispositions doivent être regardées comme incluant les droits et obligations attachés aux actions en justice pendantes au 1er janvier 2008. Ainsi, la juridiction statuant sur le montant de l’indemnité à la suite d’un défaut d’entretien normal d’une route nationale pour laquelle l’État avait été reconnu responsable, avant le 1er janvier 2008, par une décision de justice devenue définitive, est fondée à mettre en cause le département. Et à mettre à sa charge le versement des sommes dues à la victime, en lieu et place de l’État. Commentaire
Le Conseil d’État en profite également pour rappeler qu’est d’ordre public le moyen tiré de ce qu’une personne publique ne peut pas être condamnée à payer une somme qu’elle ne doit pas.
Conseil d’État, 23 octobre 2013, req. n° 351610.

Nouvelle-Calédonie

Réforme des institutions validée
Le Conseil constitutionnel a validé la loi organique portant actualisation de la loi organique n° 99-209 du 19 mars 1999 relative à la NouvelleCalédonie qui précise la répartition des compétences entre cette dernière, les provinces et l’État, et modifie des règles d’organisation et de fonctionnement de ses institutions.
Conseil constitutionnel, 14 novembre 2013, décision n° 2013-678.

Eaux résiduelles urbaines

Condamnation de la France
La Cour de Justice de l’Union européenne relève que n’ayant pas assuré la collecte des eaux urbaines résiduaires d’une agglomération ni leur traitement pour plusieurs agglomérations, la République française a manqué aux obligations qui lui incombent en vertu des articles 3 et 4, paragraphes 1 et 3, de la directive 91/271/CEE du 21 mai 1991, relative au traitement des eaux urbaines résiduaires.
Cour de Justice de l’Union européenne, 7 novembre 2013, aff. n° C-23/13.

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Veille
Sélection des

réponses ministérielles

Conseil municipal

Procès-verbal et compte rendu
Il n’y aurait pas d’illégalité à ce que le même texte tienne lieu de compte rendu et de procès-verbal du conseil municipal, dès lors que les décisions sont présentées de façon claire et que ce texte permet de répondre aux différents objectifs impartis.
Question écrite de Jean-Louis Masson, n° 3693, JO du Sénat du 31 octobre 2013.

DSP

Les informations relatives au personnel des délégataires de service public sont-elles communicables ?
Il faut distinguer le droit à l’information relative aux agents publics de celui s’appliquant aux agents relevant du régime de droit privé. Dans le premier cas, la commission d’accès aux documents administratifs considère que les documents relatifs à la gestion des agents publics, tels que les bulletins de paie faisant état de la situation statutaire des agents, sont communicables, « sous réserve, toutefois, de l’occultation préalable de toutes les mentions dont la communication porterait atteinte au secret de la vie privée de l’agent [date et lieu de naissance, adresse personnelle, etc.] ainsi que celles révélant une appréciation ou un jugement de valeur concernant celui-ci » (avis n° 20110219 du 6 janvier 2011). En revanche, les données relatives à la situation d’un salarié relevant du droit privé et soumis aux dispositions du Code du travail ne sont pas considérées comme ayant un caractère administratif. L’appréciation par le juge de leur caractère communicable se fait au regard du degré de confidentialité des informations en question, dont la divulgation est susceptible ou non de porter atteinte aux droits du salarié.
Question écrite de Jean-Louis Masson, n° 3711, JO du Sénat du 31 octobre 2013.

Funéraire

Dispersion des cendres
Les maires ne peuvent se prévaloir des dispositions de l’article L.2223-3 du Code général des collectivités territoriales pour limiter l’accès aux espaces aménagés pour la dispersion des cendres aux seules personnes qui disposent d’un droit à être inhumé dans le cimetière concerné en application de cet article.
Question écrite d’Éric Doligé, n° 4524, JO du Sénat du 31 octobre 2013.

Patrimoine

Périmètre des immeubles protégés
En vertu de l’article L.621-30 du Code du patrimoine, l’architecte des bâtiments de France peut proposer, après accord de la commune, la modification du périmètre de protection selon deux procédures : à l’occasion de l’élaboration ou de la révision du document d’urbanisme, ou lors d’une procédure d’État. Cette modification est soumise à enquête publique pour l’autorité administrative compétente (maire ou préfet).
Question écrite de Jean-Louis Masson, n° 6230, JO du Sénat du 31 octobre 2013.

Intercommunalité

Dans quelles conditions les ententes entre collectivités échappent-elles à la mise en concurrence ?
La délégation d’un service public à un opérateur privé exclut le recours à tout mode de coopération intercommunale, telle que l’entente intercommunale, sur ces mêmes missions. La décision du Conseil d’État du 3 février 2012 « commune de Veyrier-du-Lac et communauté d’agglomération d’Annecy » (req. n° 353737) a élargi les possibilités de coopération intercommunale sans mise en concurrence et en dehors des établissements publics de coopération intercommunale en jugeant que la convention d’entente intercommunale par laquelle une commune confie à une agglo l’exploitation de son service d’eau potable n’était pas soumise aux règles de la commande publique. Le Conseil d’État a assorti la possibilité de deux conditions : l’entente ne doit pas provoquer « de transferts financiers indirects entre collectivités autres que ceux résultant strictement de la compensation de charges d’investissement et d’exploitation du service mutualisé » ; l’entente doit tendre « à l’exploitation d’un même service public, en continuité géographique, sur l’ensemble du territoire couvert par ces deux personnes publiques, sous la responsabilité opérationnelle de la communauté d’agglomération ».
Question écrite de Jean-Louis Masson, n° 4766, JO du Sénat du 31 octobre 2013.

Construction

Caducité du permis de construire
L’article R.424-17 du Code de l’urbanisme prévoit que le permis de construire est périmé si les travaux autorisés sont interrompus pendant un délai de plus d’une année. Dans ce cas, le permis de construire accordé n’a plus d’existence légale. Dès lors, les travaux entrepris, tels ceux se rapportant aux fondations d’un immeuble, sont réputés comme exécutés sans autorisation d’urbanisme.
Question écrite de Jean-Louis Masson, n° 7273, JO du Sénat du 7 novembre 2013.

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Réponses ministérielles
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Urbanisme

Lotissement

Les serres de production et autres bâtiments agricoles sont-ils soumis à la taxe d’aménagement ?
Les serres de production et les autres bâtiments agricoles sont constitutifs de surfaces de plancher dans la mesure où ils sont clos et couverts, en application des dispositions de l’article R.112-2 du Code de l’urbanisme, issues du décret n° 2011-2054 du 29 décembre 2011 entré en vigueur le 1er mars 2012. Avant le 1er mars 2012, les serres de production et les locaux d’exploitations agricoles étaient, certes, d’ores et déjà considérés comme constitutifs de surfaces de plancher. Toutefois, celles-ci n’étaient pas comptabilisées dans le calcul de la surface hors œuvre nette (Shon), pour des motifs fiscaux et non au regard de considérations relevant de l’application du droit des sols. Ainsi, n’étant pas constitutives de Shon, les surfaces concernées n’entraient pas dans l’assiette de la taxe locale d’équipement. Depuis le 1er mars 2012, cette taxe locale a été remplacée par la taxe d’aménagement. Les serres de production et les locaux d’exploitations agricoles sont exonérés du paiement de cette taxe, en application des articles L.331-7 et L.331-8 du Code de l’urbanisme.
Question écrite de Rudy Salles, n° 37703, JO de l’Assemblée nationale du 12 novembre 2013.

Parcelles distinctes
Un promoteur souhaitant aménager deux ensembles de parcelles situés de part et d’autre d’un chemin communal doit déposer deux demandes de permis d’aménager le lotissement.
Question écrite de Marie-Jo Zimmermann, n° 36018, JO de l’Assemblée nationale du 5 novembre 2013.

Administration

Accès aux documents
La Commission d’accès aux documents administratifs a estimé que l’autorité administrative n’est tenue de satisfaire une demande de communication par photographie que dans la mesure où les autres modalités, par exemple la reprographie, s’avèrent impossibles au regard des caractéristiques des documents.
Question écrite de Fanny Dombre Coste, n° 30734, JO de l’Assemblée nationale du 12 novembre 2013.

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Urbanisme

Jury de concours
La participation de l’architecte des bâtiments de France à un jury de concours ne peut être envisagée que de manière ponctuelle. Cependant, les observations rendues à cette occasion ne peuvent lier l’avis futur émis dans le cadre de l’autorisation de travaux.
Question écrite de Jean-Pierre Gorges, n° 30000, JO de l’Assemblée nationale du 12 novembre 2013.

Commande publique

Est-il possible, pour un marché de prestations juridiques, de retenir comme critère de choix le montant des honoraires ?
Conformément au Code des marchés publics, les critères de sélection des candidats ou de choix des offres doivent être objectifs et dépourvus de caractère discriminatoire. Font partie des critères de sélection des candidatures les éléments prouvant la capacité du candidat à répondre à la consultation. Dans le cadre d’un marché de services juridiques, ces critères peuvent être quantitatifs, comme le montant des droits à plaidoirie. La qualité de la réponse et l’adéquation de celle-ci à la demande du pouvoir adjudicateur constituent des éléments de choix des offres. Il est admis que le critère de l’expérience du candidat, qui constitue en principe un critère de candidature, peut servir de critère de choix des offres « lorsque sa prise en compte est rendue objectivement nécessaire par l’objet du marché et la nature des prestations à réaliser et n’a pas d’effet discriminatoire » (CE, 2 août 2011, req. n° 348254). Dans ces conditions, un critère pour le choix de l’offre lié au montant des droits à plaidoirie, traduisant le volume d’activité du cabinet, ne paraît pas nécessaire par l’objet du marché et la nature des prestations à réaliser.
Question écrite de Marie-Jo Zimmermann, n° 35831, JO de l’Assemblée nationale du 12 novembre 2013.

Démocratie locale

Droit d’expression de l’opposition
Si certaines municipalités optent pour l’insertion de bulletins d’information générale dans la presse locale, elles restent soumises aux dispositions de l’article L.212127-1 du Code général des collectivités territoriales et doivent respecter le droit d’expression des élus d’opposition, qui peuvent saisir le juge administratif en cas de manquement à cette obligation.
Question écrite de Marie-Jo Zimmermann, n° 15826, JO de l’Assemblée nationale du 12 novembre 2013.

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Dossier

Les droits et obligations des communes en matière d’accueil des gens du voyage
Par Emmanuel Aubin, professeur de droit public, faculté de droit de l’université de Poitiers

Le contexte juridique – la nécessité de réformer le statut des gens du voyage à la suite de l’abrogation partielle des dispositions législatives relatives à leur statut remontant à 1969 – et politique – les critiques adressées à l’encontre des procédures d’expulsion des gens du voyage durant l’été dernier – invite à dresser le panorama des droits et obligations des communes. En rappelant la nécessité de distinguer les gens du voyage des Roms.

i elles ont un rôle à jouer dans l’intégration des Roms, les collectivités territoriales ne sont effectivement pas soumises aux mêmes obligations à leur égard que celles concernant exclusivement les gens du voyage de nationalité française. Ces derniers sont les seuls à être concernés par la loi n° 2000-614 du 5 juillet 2000 relative à l’accueil et l’habitat des gens du voyage dont l’application parfois problématique a amené les juridictions administratives mais également les pouvoirs publics à rappeler aux communes leurs obligations en matière d’accueil mais également d’habitat de ces groupes vivant de façon traditionnelle dans des résidences mobiles tout en pratiquant l’alternance du nomadisme et de la sédentarité. Une fois leurs obligations satisfaites, les communes peuvent utiliser l’arme du droit pour demander l’évacuation forcée des résidences mobiles des gens du voyage. Alors que la France vient de faire l’objet pour la première fois d’une condamnation de la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) en raison d’une expulsion de gens du voyage contraire à l’article 8 de la CEDH (1), le rappel des conditions dans lesquelles une commune peut exercer ses droits en la matière permet de mieux cerner les contours de la contrepartie sécuritaire de l’obligation d’accueil.

S

L’obligation en matière d’accueil et d’habitat des gens du voyage
Créée en mai 1990, cette obligation pour les communes de plus de 5 000 habitants d’accueillir sur leur territoire les gens du voyage a été systématisée dans l’importante loi n° 2000-614 du 5 juillet 2000 dont l’application par les communes et l’interprétation par les juridictions administratives permettent de dresser un bilan. En premier lieu, la pratique montre que les communes rencontrent des difficultés à remplir cette obligation d’accueil. Trois séries de raisons peuvent être avancées pour expliquer cette situation. D’une part, des raisons sociologiques inscrivent l’accueil des gens du voyage dans la logique du phénomène Nimby (not in my Backyard) (2), des associations de riverains n’hésitant pas à saisir les tribunaux administratifs pour contester les choix de la commune ou les décisions concrétisant l’obligation d’accueil (emplacement, éventuel recours à l’expropriation (3), permis de construire, etc.).D’autre part, une méconnaissance des polygones de vie des gens du voyage amène parfois des collectivités à aménager des aires mal locali-

sées qui seront peu ou pas fréquentées, les gens du voyage pratiquant alors le stationnement illégal. Dans ce cas, les communes recevront une aide minorée pour la gestion, l’article 138 de la loi de finances pour 2014 ayant prévu la prise en compte du taux d’occupation des places à partir du 1er juillet 2014. Enfin, la proximité d’échéances électorales n’est guère propice au volontarisme des édiles qui ne veulent pas prendre le risque de cabrer leurs administrés, le temps politique venant contrarier celui de l’action publique avec cette réserve toutefois que le juge peut ordonner le respect d’une obligation imposée par le schéma départemental d’accueil (4). Le taux de réalisation des aires d’accueil atteint seulement 52 % début 2014, soit un peu plus de 20 000 places réalisées pour un objectif fixé à 41 469. Afin d’accélérer la réalisation de cette obligation, une association et des familles issues de la communauté des gens du voyage ont saisi d’un référé mesures utiles le tribunal administratif de Nantes le 5 novembre 2013 en vue d’obtenir du juge qu’il amène le préfet à obliger les communes inscrites au schéma à réaliser les aires d’accueil manquantes (5). En deuxième lieu, il convient de préciser que toute commune mentionnée dans le schéma départemental d’accueil est concernée par cette politique sociale d’accueil y

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compris lorsqu’elle compte moins de 5 000 habitants. Dans ce cas de figure, il a été précisé, d’une part, que ces communes ne pouvaient toutefois être inscrites d’office par le préfet dans ce schéma (6) et, d’autre part, qu’un EPCI peut décider l’installation d’une aire dans une autre commune membre que celle désignée par le schéma départemental à condition que la commune concernée soit incluse dans le secteur géographique d’implantation de ce schéma (7). L’expérience montre la pertinence du traitement de cette obligation dans le cadre intercommunal dont le Conseil d’État a reconnu qu’elle facilitait « l’insertion des nomades dans l’environnement local » (8). Il existe, à cet égard, un partage des compétences en matière d’accueil des gens du voyage entre les communes et les établissements publics de coopération intercommunale (EPCI). Le transfert de compétence doit avoir été effectué expressément au profit de l’EPCI sauf à voir le juge annuler la délibération de ce dernier relative à l’aménagement d’une aire (9). Un tel transfert de compétence revêt un caractère spécifique et ne peut intervenir au titre de la compétence habitat ou logement social de l’EPCI (10), l’état du droit étant amené à changer si la proposition de loi Le Roux du 5 décembre 2013 est adoptée cette année car elle pré-

voit une compétence obligatoire des EPCI à fiscalité propre en matière d’accueil des gens du voyage. L’autre obligation communale consiste à rendre possible l’habitat adapté des gens du voyage, c’est-à-dire, l’acquisition d’un terrain familial en vue d’y construire, à titre privé, un habitat formé d’un hangar abritant la résidence mobile et d’une pièce à vivre équipée des éléments d’hygiène. Le projet de loi Alur (Accès au logement et à l’urbanisme rénové) en cours d’adoption prévoit, pour faciliter cette intervention publique, la reconnaissance de l’habitat caravane afin de permettre aux communes d’intégrer l’accueil des gens du voyage dans la compétence habitat. La ville de Strasbourg a innové en lançant il y a un an la plus vaste opération d’habitat adapté consistant à créer un lotissement de 150 pavillons conformes au mode de vie des gens du voyage. La proposition de loi du député Le Roux en date du 5 décembre 2013 prévoit de créer une procédure contraignante de construction des aires permettant au préfet de consigner les fonds nécessaires à la réalisation d’une aire d’accueil dans le budget des communes n’ayant toujours pas rempli leur obligation d’accueil. Une telle proposition s’inspirant de la procédure appliquée aux communes refusant de

construire des logements sociaux se heurte à une certaine réticence des élus. À supposer qu’elle soit votée avant l’été prochain, elle posera la question de savoir si le ministère compétent adressera bien aux préfets les instructions pour mettre en œuvre cette procédure débutant par une consignation puis, en cas d’inertie communale, se prolongeant par une mise en demeure et, enfin, un pouvoir de substitution du préfet à la commune en cas d’absence de réalisation des travaux nécessaires. Une autre proposition de loi déposée le 26 juillet 2013 par le sénateur Hérisson a plutôt mis l’accent, dans le contexte préélectoral que l’on sait, sur l’adoption de nouvelles procédures accélérées d’expulsion (11), c’est-à-dire, sur les droits de la commune à l’encontre des gens du voyage dont les résidences mobiles stationnent illégalement sur le territoire communal ou intercommunal.

Le droit de l’expulsion et de l’évacuation des résidences mobiles des gens du voyage
Le principal droit de la commune consiste à assurer le respect de la réglementation et de l’utilisation de ses dépendances doma- …/…

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Dossier

…/… niales dès lors qu’elle a rempli son obligation d’accueil ou a participé à l’accueil dans les conditions prévues par la loi. L’article 9 de la loi du 5 juillet 2000 permet au maire de prendre un arrêté portant interdiction générale et absolue de stationner en dehors de l’aire d’accueil des gens du voyage. Sur cette base, en cas de stationnement illégal, le maire peut demander au préfet de prendre un arrêté de mise en demeure, cette mesure pouvant faire l’objet d’un recours devant le juge administratif (12). En cas d’échec de la mise en demeure de quitter les lieux concernés et en cas d’atteinte à l’ordre public, il existe une procédure d’exécution forcée de cette mesure de police. Bien que l’expulsion « déplace le problème et l’amplifie » (13), il n’en demeure pas moins que l’existence d’une telle procédure est logique afin d’assurer l’exécution de l’arrêté d’interdiction de stationnement pris par le maire dont la commune a réalisé une aire permettant l’accueil décent des gens du voyage. La loi n° 2007-297 du 5 mars 2007 a répondu aux demandes des édiles en transférant à l’État – sur demande du maire – la compétence pour ordonner, sans recours au juge, l’évacuation forcée des résidences mobiles. Le maire étant moins exposé juridiquement, il est significatif de constater que l’habitude est désormais prise de faire le procès de l’État chaque été à la faveur des déplacements d’importants groupes de gens du voyage lors des pèlerinages religieux. La procédure d’expulsion des résidences mobiles des gens du voyage stationnant en dehors d’une aire d’accueil aménagée à cet effet a été validée par le Conseil constitutionnel dix ans jour pour jour après son adoption (14). Le périmètre de la mesure de police a été étendu par la loi du 18 mars 2003 pour la sécurité intérieure qui a pris en compte le développement de la solution intercommunale. L’article 9-I in fine de la loi du 5 juillet 2000 prévoit, en effet, l’application de la procédure d’expulsion des résidences mobiles

dans les communes qui « appartiennent à un groupement de communes qui s’est doté de la compétence pour la mise en œuvre du schéma départemental. En cas de transfert de la compétence gens du voyage, l’EPCI se substitue dans les droits et obligations de la commune et doit donc saisir lui-même le juge administratif des référés pour obtenir l’expulsion des gens du voyage stationnant depuis plus de six mois sur une aire d’accueil (15). Les communes disposant d’un emplacement provisoire agréé dans l’attente de l’aménagement d’une aire réglementaire peuvent également actionner cette nouvelle procédure d’évacuation. Il existe une seconde procédure visant l’expulsion cette fois des gens du voyage en raison d’une violation du règlement intérieur de l’aire sur laquelle leurs résidences mobiles stationnent. La société gestionnaire de cet équipement public ne peut prendre une mesure générale d’exclusion des gens du voyage de toutes les aires d’accueil dont la gestion lui a été confiée car cette mission de service public s’exerce dans le cadre de chaque convention de délégation (16). L’expulsion peut également concerner des nomades sédentarisés. Elle doit tenir compte, dans ce cas de figure, des exigences de la CEDH. En 2004, la CEDH a pour la première fois jugé qu’une expulsion par une commune de gens du voyage sédentarisés portait atteinte au droit de mener une vie familiale et privée normale (17). En dernier lieu, la cour a condamné la France en raison de la procédure déclenchée par le maire de la commune d’Herblay (Val-d’Oise) demandant l’expulsion de gens du voyage sédentarisés occupant des terrains sur lesquels ils vivaient depuis plusieurs années. Dans sa décision du 17 octobre 2013, la cour évoque une atteinte à la vulnérabilité des gens du voyage et invite les autorités à porter « une attention spéciale à leurs besoins et à leur mode de vie propre ». Malgré l’existence de droits permettant

d’apporter une réponse ferme et rapide – à défaut d’être toujours effective –, nombreux sont les maires qui réclament des nouvelles mesures visant à mieux « surveiller et punir » les gens du voyage à l’instar de la proposition de loi déposée le 26 juillet 2013 par le sénateur Hérisson visant à renforcer les sanctions contre le stationnement illicite alors que la proposition de loi du député Le Roux du 5 décembre 2013 propose de façon moins polémique d’ouvrir aux élus locaux ayant construit une aire d’obtenir plus facilement du préfet l’évacuation des occupants d’un campement illicite lorsqu’il existe une aire d’accueil dans un rayon de 50 kilomètres offrant des capacités suffisantes. Entre le bâton et la carotte, les communes n’auront peut-être plus à choisir si cette proposition équilibrée entre les droits et les devoirs aboutit.

(1) CEDH, 17 oct. 2013, Winterstein c/France, req n° 27013/07. (2) Traduite littéralement, cette expression signifie « Pas dans mon jardin » et traduit l’expression d’une hostilité de la population locale face à la réalisation de projets collectifs nourrissant une contestation pour de bonnes ou de mauvaises raisons. (3) CAA Nantes, 25 mars 2008, Ass de défense des habitants de Salbris, n° 07NT02193. (4) CE, 22 oct. 2012, Cne de Montigny-le-Bretonneux, n° 331219 (légalité du schéma imposant une aire de grand passage sur le territoire de cette commune). (5) La Gazette des communes, 8 nov. 2013. Le schéma prévoyait 278 places et les communes en ont réalisé 168, la fermeture pour travaux d’une aire ayant provoqué un nomadisme de plusieurs groupes et des demandes d’expulsion liées à ces stationnements illicites. (6) TA Versailles, 5 juin 2007, Ass. Accro des Loges, AJDA 2007, p. 2053. (7) CE, 5 juill. 2013, Cté de communes de Dinan, n° 346695 ; AJDA 2013, p. 2263, note E. Aubin.

(8) CE, 18 juin 1997, Associations de quartiers La Chambrée, L’Oisonnière, La Gemmetrie, La Moricerie, AJDA 1998, p. 267, obs. E. Aubin. (9) CE, 30 mai 2001, Cne de Canejan, n° 230340. (10) CAA Douai, 28 déc. 2007, Cne de Pont de Metz ; AJDA 2007, p. 410, concl. J. Lepers. (11) Vidée de son contenu par la commission des lois le 4 décembre 2013, cette proposition a peu de chances d’être adoptée. (12) Décret n° 2007-1018 du 14 juin 2007, Code de la justice adm, art. R.779-1 à R.779-8. (13) D. Lopez, La loi relative à l’accueil et à l’habitat des gens du voyage : la fin des errances juridiques de l’article 28 de la loi Besson ? Petites Affiches, n° 195 du 29 septembre 2000, p. 8. (14) Cons. const, déc. QPC n° 2012-13 du 5 juil. 2010 ; AJDA 2010, p. 2325, note E. Aubin. (15) CE, 10 oct. 2007, Communauté urbaine de Lyon, n° 305130. (16) CAA Nancy, 16 mai 2013, n° 12NC01546 ; AJDA 2013, p. 2064. (17) CEDH, 27 mai 2004, Connors c/R.Uni, req n° 66746/01.

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Interview

Olivier le Mailloux
Avocat

des gens du voyage. C’est une grande avancée, mais beaucoup de terrains ne sont pas construits et ceux qui existent sont, comme l’a remarqué la Cour des comptes, peut utilisables car mal conçus ou mal gérés. Faute de pouvoir stationner sur des terrains officiels, les voyageurs sont contraints par nécessité de trouver eux-mêmes des solutions ce qui occasionne de nombreux conflits avec les communes. L’arsenal répressif sanctionnant les stationnements litigieux est très dur. Il contient même une procédure d’évacuation forcée administrative qui ne concerne que les gens du voyage selon la définition des lois de 1969 et de 2000. Pour toutes les autres personnes, les expulsions dépendent d’une décision de justice et connaissent la trêve hivernale. Je fais partie de ceux qui demandent que les règles concernant les gens du voyage soient alignées sur le droit commun. Comme dans toute population, y compris chez les avocats, il existe des voyageurs qui se conduisent mal. Le Code pénal dispose de nombreux moyens pour réprimer les mauvais comportements de toute personne quel que soit son mode de vie ou d’habitat.

Quelles sont les communes concernées par l’accueil des gens du voyage ?
Aucune des 36 000 communes de France n’échappe à l’obligation d’accueillir d’une manière ou d’une autre les gens du voyage. En plus de la loi Besson qui précise que des aires d’accueil et des terrains de passage doivent être prévus selon les besoins dans le cadre des schémas départementaux, la jurisprudence du Conseil d’État (ville de Lille 1983) encadre les haltes qui peuvent être effectuées dans les communes ne disposant pas d’équipements d’accueil. La récente décision de la Cour européenne des droits de l’homme qui, le 18 octobre dernier, a condamné la France pour avoir expulsé des voyageurs sans leur proposer un terrain de remplacement au nom de l’article 8 de la convention (droit au respect de la vie privée et familiale) confirme ces obligations d’accueil.

DR

Pensez-vous que le corpus législatif concernant l’accueil des gens du voyage et la répression des stationnements litigieux soit équilibré ?
Théoriquement l’ensemble des textes régissant les comportements des habitants de résidences mobiles semble équilibré entre le principe d’accueil par les communes et la répression des stationnements abusifs. Mais cet équilibre est très relatif. Dans la réalité, les gens du voyage ont des contraintes assorties de sanctions alors que les communes qui n’assument pas leurs obligations ne subissent aucune pénalité.

Pensez-vous que les obligations des communes en matière d’accueil sont mal connues des différents acteurs ?
Oui ! Trop souvent, sous la pression d’un conflit, les voyageurs renoncent à faire valoir leurs droits devant la justice. Beaucoup de maires, malheureusement encouragés par des associations d’élus, balayent les principes du droit et se braquent en prétendant pouvoir sélectionner les personnes présentes sur leur territoire. Une telle attitude discriminante est totalement illégale même si certains s’appuient sur le fameux quota de 3 % maintenu par le Conseil constitutionnel. Ce quota ne concerne que les communes de rattachement administratif et les inscriptions sur les listes électorales. Il ne concerne nullement les stationnements ni même la domiciliation pour le courrier ou les droits sociaux.

Certains maires se plaignent de devoir justifier d’atteintes avérées à l’hygiène ou à l’ordre public pour demander une évacuation forcée administrative. Pensez-vous que ces règles peuvent être assouplies ?
Non ! Toute décision administrative doit être justifiée. Même s’il n’est pas totalement satisfaisant, le critère de troubles avérés sert de garde-fou contre les décisions automatiques. Si des voyageurs s’installent sur des sites inappropriés, c’est que bien souvent ils n’ont pas d’autres alternatives car les terrains officiels n’existent pas. Il est donc important que les maires, les préfets, les juges disposent de critères qui déterminent l’opportunité ou non du site choisi par nécessité. Ce problème ne se poserait pas si les terrains officiels étaient réalisés et surtout étaient utilisables.
Propos recueillis par Olivier Berthelin

Comment se traduit ce déséquilibre dans la pratique du droit ?
La loi Besson (5 juillet 2000) prévoit des terrains aménagés pour l’accueil

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Les cahiers juridiques de La Gazette 15

Les règles concernant les gens du voyage devraient être alignées sur le droit commun

Énergie

Analyse

Les outils locaux de planification énergétique
Par Cécile Fontaine, avocate à la cour, SCP cabinet Seban et associés

Les collectivités disposent d’outils de planification spécifiques en matière de politique énergétique dont l’élaboration nécessite la collecte de certaines données. Mais elles peuvent également intervenir dans ce domaine par le biais des documents d’urbanisme.

a France a prévu de diviser par quatre ses émissions de CO2 d’ici 2050. À l’horizon 2020, les engagements pris lors du Grenelle de l’environnement permettront de réduire de près de 23 % les émissions par rapport aux niveaux de 1990 pour faire face au défi du réchauffement climatique. Les dispositions de la loi n° 2010-788 du 12 juillet 2010 portant engagement national pour l’environnement, dite « loi Grenelle II », retranscrivent au niveau national ces engagements. Ces objectifs ne pourront toutefois être réalisés que s’ils sont mis en œuvre au niveau local. C’est ainsi que, lors de la conférence des Nations unies à Rio de Janeiro, en 1992, les États participants ont adopté le programme « action 21 », ou « agenda 21 », qui définit un certain nombre d’actions en faveur du développement durable, en invitant à déléguer au niveau local la mise en œuvre des recommandations adoptées. En France, le législateur reconnaît aux collectivités territoriales une compétence générale en matière de protection de l’environnement et de lutte contre l’effet de serre par la maîtrise et l’utilisation rationnelle de l’énergie (1). Dans le cadre du débat national sur la transition énergétique, il a été souligné que, par « leur connaissance des territoires, les collectivités territoriales ont une légitimité à agir sur les questions de sobriété, d’efficacité énergétique, de production d’énergie à partir de sources renouvelables, et, plus généralement, d’organisation sur les questions d’énergie en intégrant les enjeux énergétiques nationaux » (2). Les collectivités territoriales sont donc aujourd’hui des acteurs essentiels de la politique en matière de lutte contre le changement climatique et d’efficacité énergétique.

L

Les outils spécifiques
Le schéma régional du climat, de l’air et de l’énergie
L’un des principaux outils de planification locale en matière de lutte contre le changement climatique est le schéma régional du climat, de l’air et de l’énergie (SRCAE), dont chaque région doit se doter (3). Le projet de SRCAE est élaboré conjointement par le préfet de région et le président du conseil régional, après consultation des collectivités territoriales concernées et de leurs groupements. Ce projet de schéma est ensuite mis à la disposition du public, puis soumis à l’approbation de l’organe délibérant du conseil régional et arrêté par le préfet de région (4). L’élaboration de ce document nécessite, en amont, la rédaction d’un rapport comprenant, pour chaque région, l’ensemble des données pertinentes en matière de politique énergétique (inventaire des émissions directes de gaz à effet de serre et émissions polluantes, bilan de la consommation énergétique et évaluation du potentiel d’économie d’énergie ou de développement des énergies renouvelables). À partir de ces données, les orientations générales de politiques publiques au niveau de la région sont définies, notamment en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre, d’amélioration de l’efficacité énergétique et de maîtrise de la demande énergétique, ainsi que des objectifs de développement des énergies renouvelables. Un schéma régional éolien est annexé au SRCAE. Il établit la liste des communes situées dans des zones favorables à l’implantation d’installations éoliennes.

16 Les cahiers juridiques de La Gazette

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Schémas régionaux de raccordement au réseau des énergies renouvelables
Les objectifs de développement des énergies renouvelables fixés dans les SRCAE sont mis en œuvre dans le cadre des schémas régionaux de raccordement au réseau des énergies renouvelables qui déterminent les ouvrages de réseaux publics d’électricité à créer ou à renforcer pour permettre le développement de ces énergies (5). Les schémas régionaux de raccordement au réseau des énergies renouvelables sont élaborés par le gestionnaire de réseau public de transport d’électricité, la société Réseau de transport d’électricité (RTE), en accord avec les gestionnaires des réseaux de distribution d’électricité et après avis des collectivités ayant la compétence d’autorité organisatrice de la distribution. Ils sont approuvés par le préfet de région.

Plan climat-énergie territorial
Outre le SRCAE, l’autre principal outil de planification spécifique aux politiques énergétiques est le plan climat-énergie territorial (PCET) (6) qui devait être élaboré avant le 31 décembre 2012 par les régions et la collectivité territoriale de Corse, si elles ne l’ont pas intégré dans le SRCAE,

les départements, les métropoles, les communautés urbaines, les communautés d’agglomération ainsi que les communes et les communautés de communes de plus de 50 000 habitants. Les autres collectivités peuvent adopter volontairement un tel plan. Le PCET porte sur le patrimoine et les compétences de la collectivité concernée et fixe des objectifs stratégiques et opérationnels de lutte contre le réchauffement climatique, ainsi qu’un programme d’action pour l’amélioration de l’efficacité énergétique et l’augmentation de la production d’énergies renouvelables. Il doit être compatible avec le SRCAE. Les PCET sont élaborés sur la base du bilan des émissions de gaz à effet de serre que sont tenus d’établir l’État, les régions, les départements, les métropoles, les communautés urbaines, les communautés d’agglomération et les communes ou communautés de communes de plus de 50 000 habitants ainsi que les autres personnes morales de droit public employant plus de 250 personnes (7). À ce bilan est jointe une synthèse des actions envisagées pour réduire les émissions de gaz à effet de serre. Les PCET doivent prévoir un dispositif de suivi et d’évaluation des résultats. Le préfet de région accompagne la collectivité dans

l’élaboration de son plan en lui transmettant en amont des éléments d’information rappelant les objectifs et les orientations du SRCAE. Une circulaire ministérielle recommande de compléter ces informations par une contribution identifiant « les principaux enjeux qui, du point de vue de l’État, sont à considérer dans le cadre de l’élaboration du PCET » (8). Les collectivités territoriales peuvent également se faire assister par les services de l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe) dans l’élaboration de leur PCET (9). Des dispositifs d’aide au financement des PCET sont par ailleurs proposés aux collectivités (10).

Agenda 21 local
Signalons enfin que le PCET peut représenter le volet climat d’un agenda 21 local qui constitue un programme d’action défini par la collectivité locale en faveur du développement durable sur son territoire. La lutte contre le changement climatique et la protection de l’atmosphère constituent l’un des cinq enjeux ainsi identifiés en matière de développement durable. Ces programmes sont mis en œuvre dans un cadre de référence national par le biais d’un appel à reconnaissance des projets territoriaux (11). La collectivité s’engage de sa propre initiative dans cette démarche d’agenda 21 local sans être tenue à une obligation de résultat. La reconnaissance au niveau national de ces projets territoriaux en matière de développement durable tend ainsi à contribuer à la cohérence des différentes initiatives locales dans ce domaine.

Informations nécessaires à la planification
La bonne mise en œuvre de ces outils de planification nécessite de disposer des données de consommation et de production d’énergie. Dans ce cadre, la coopération avec les opérateurs exploitant les réseaux est indispensable. La loi oblige ainsi les gestionnaires de réseaux de distribution d’électricité à fournir aux autorités organisatrices de ces réseaux les données permettant d’élaborer et d’évaluer les SRCAE et les PCET, ainsi qu’un bilan détaillé de la contribution du concessionnaire aux PCET qui le concernent (12). Toutefois, la collecte par les collectivités territoriales des informations détenues par les gestionnaires des réseaux publics d’électricité peut rencontrer certaines difficultés du fait de l’application des règles en matière d’informations commercialement sensibles. En effet, la loi prévoit que chaque « gestionnaire de réseau public de distribution d’électricité préserve la confidentialité des informations d’ordre économique, commercial, industriel, financier ou technique dont …/…

©JUPITER IMAGES-2008

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Énergie

…/… la communication serait de nature à porter atteinte aux règles de concurrence libre et loyale et de non-discrimination ». La liste de ces informations est fixée par décret (13). Il s’agit notamment des informations relatives aux puissances enregistrées et aux volumes d’énergie consommée ou produite, lesquelles sont de nature à constituer des données utiles à l’élaboration des outils de planification de la politique énergétique. Pour remédier à ces difficultés et améliorer l’échange d’informations, le groupe de travail du Conseil national du débat sur la transition énergétique a récemment proposé de créer une obligation de service public de gestion des données de consommations dans le cadre des concessions de distribution d’énergie (14). L’idée de création d’un guichet unique pour simplifier la collecte des informations nécessaires à l’élaboration des outils de planification a également été évoquée dans le cadre du débat sur la transition énergétique.

À noter
La collecte des informations détenues par les gestionnaires des réseaux publics d’électricité rencontre certaines difficultés du fait du caractère d’information commercialement « sensible ».

Les autres outils de planification
Outre la planification spécifique à la lutte contre le changement climatique, d’autres outils de planification peuvent servir de support pour intégrer des exigences en matière de politique énergétique. Le groupe de travail du Conseil national du débat sur la transition énergétique a ainsi proposé de permettre la définition de critères d’efficacité énergétique dans les documents d’urbanisme (15).

D’ores et déjà, la loi dispose que l’action des collectivités publiques en matière d’urbanisme « contribue à la lutte contre le changement climatique et à l’adaptation à ce changement » (16). C’est ainsi que les schémas de cohérence territoriale (Scot), les plans locaux d’urbanisme (PLU) et les cartes communales ont vocation à définir les conditions permettant d’assurer la « réduction des émissions de gaz à effet de serre, la maîtrise de l’énergie et la production énergétique à partir de sources renouvelables […] » (17). En outre, les outils de planification environnementale spécifiques ont une portée juridique sur les documents d’urbanisme : les Scot et les PLU doivent prendre en compte, lorsqu’ils existent, les SRCAE et le PCET (18). Notons que le Conseil d’État a été amené à préciser cette notion de « prise en compte » laquelle ne doit pas être assimilée à une véritable obligation de mise en conformité (19). Ce point soulève la délicate question de l’articulation entre les différents outils de planification, spécifiques ou non, recensés en matière de politique énergétique. À force de les multiplier, ne risque-t-on pas de rendre ces outils inefficaces car trop complexes à mettre en œuvre et impliquant différents échelons de compétence territoriale sans réelle logique ? Certains auteurs s’en inquiètent (20). Ce besoin indispensable de cohérence en la matière a été souligné dans le cadre du débat sur la transition énergétique. Il a ainsi été préconisé de veiller à ce que les différents documents de planification soient simples et rationalisés entre eux pour éviter toute incohérence (21). Certains participants du groupe de travail du débat sur la transition énergétique ont ainsi proposé que les SRCAE deviennent opposables aux autres documents de planification, ce qui attribuerait à la région un rôle primordial en la matière.

Références
• Code général des collectivités territoriales (CGCT), art. L.1111-2 et L.2224-31. • Code de l’urbanisme (C. urb.) , art. L.110, L.111-1-1, L.121-1 et L.123-1-9. • Code de l’environnement (C. env.), art. L.222-2, L.229-26 et s., L.2224-31. • Code de l’énergie (C. énergie), art. L.321-7.

À lire

• « Quelle gouvernance ? Quel rôle pour
l’État et les collectivités ? », rapport final du groupe de travail du Conseil national du débat sur la transition énergétique. www.transition-energetique.gouv.fr

À retenir
• Simplification. La mise en œuvre de la transition énergétique dans un cadre décentralisé, que les participants au débat national appellent de leurs vœux, ne pourra se faire qu’en veillant à la simplification des outils existants en la matière.

> Cette analyse est parue dans La Gazette des communes n° 2195.

(1) Code général des collectivités territoriales, art. L.1111-2 d. (2) Rapport final du groupe de travail du Conseil national du débat sur la transition énergétique « Quelle gouvernance ? Quel rôle pour l’État et les collectivités ? » (www.transition-energetique.gouv.fr). (3) Règles codifiées aux articles L.222-1 et s du Code de l’environnement. (4) C. env., art. L.222-2. (5) C. énergie, art. L.321-7. (6) C. env., art. L.229-26 et s. (7) C. env., art. L.229-25.

(8) Circulaire du 23 décembre 2011 relative aux bilans d’émissions de gaz à effet de serre et aux plans climat-énergie territoriaux NOR : DEVR1132610C. (9) www.pcet-ademe.fr (10) Voir notamment le contrat d’objectif territorial (COT) proposé par l’Ademe et le contrat de plan Étatrégion (CPER). (11) Référentiel pour les agendas 21 locaux, disponible sur : www.développement-durable.gouv.fr (12) CGCT, art. L.2224-31. (13) Décret n° 2001-630 du 16 juillet 2001.

(14) Rapport final précité. (15) Rapport final précité. (16) C. urb., art. L.110. (17) C. urb., art. L.121-1. (18) C. urb., art. L.111-1-1 et L.123-1-9. (19) CE, 28 juill. 2004, Assoc. défense de l’environnement et a, req. n° 256511. (20) « Vers un droit public de l’économie d’énergie ? Les collectivités territoriales face à leurs nouvelles obligations », F. Tesson, O. Bonneau, AJDA 2012, p. 2256. (21) Rapport final précité.

18 Les cahiers juridiques de La Gazette

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Élections

Analyse

Le rôle, les compétences et les procédures de la CNCCFP
Par la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques (CNCCFP)

Créée par la loi du 15 janvier 1990, la Commission nationale contrôle les comptes de campagne et les financements politiques.

L

a loi du 11 mars 1988 relative à la transparence financière de la vie politique traduit la volonté du législateur de régulariser les relations entre le monde politique et l’argent en instituant le principe du financement public des partis et le plafonnement des dépenses électorales pour les candidats. Créée par la loi du 15 janvier 1990, la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques (CNCCFP), autorité administrative indépendante depuis 2003, est chargée de la mise en œuvre de cette législation. La commission remplit trois missions principales.

Formations politiques
La commission contrôle le respect de leurs obligations comptables, soit le dépôt de leurs comptes certifiés par deux commissaires aux comptes, au plus tard le 30 juin de chaque année pour l’exercice de l’année précédente. Elle délivre les agréments aux associations de financement des partis politiques afin qu’elles puissent percevoir des dons de particuliers, ouvrant droit éventuellement à un avantage fiscal, et fournit aux mandataires financiers les reçus-dons, en fin d’année. Ceux-ci restituent avant le 15 mars de l’année suivante les pièces justificatives de recettes. En l’absence de retour de ces documents, la CNCCFP peut refuser de procurer au mandataire défaillant des liasses de reçus-dons pour l’exercice suivant. À l’issue de son instruction, la commission transmet au secrétariat général du gouvernement la liste des formations politiques ayant satisfait à leurs obligations comptables, laquelle détermine l’octroi de l’aide publique et la capacité de financer une campagne électorale. Pour l’exercice 2011, 326 formations politiques étaient tenues de déposer leurs comptes. L’obligation de dépôt concerne près de 380 partis pour l’exercice 2012. Cette évolution illustre la croissance continue du nombre de partis politiques observée ces dernières années.

tions, dans les circonscriptions d’au moins 9 000 habitants. La loi accorde un délai de deux mois (1) aux candidats pour déposer leur compte de campagne à la commission. À compter de sa réception, la commission dispose d’une période de six mois pour statuer sur le compte, réduite à deux mois à compter de la date limite de dépôt des comptes en cas de requête contentieuse. Après procédure contradictoire, la commission approuve, rejette ou réforme les comptes de campagne. Elle arrête le montant du remboursement forfaitaire de l’État dû aux candidats ayant recueilli au moins 5 % des suffrages exprimés, ou 3 % pour les élections des représentants au Parlement européen et les élections territoriales de Polynésie française. La loi du 14 avril 2011 confère à la commission la faculté de moduler le remboursement d’un candidat afin de sanctionner financièrement une irrégularité qui ne serait pas d’une gravité telle qu’elle doive entraîner le rejet du compte. Ainsi, entre les mois de juin 2012 et mars 2013, la CNCCFP a examiné, sous le contrôle du juge, les comptes de campagne des dix candidats à l’élection présidentielle et les 4 273 comptes de candidats aux élections législatives. Les reçus délivrés par les mandataires, tant en matière de financement des partis politiques que des campagnes électorales ne mentionnent pas, en dessous de 3 000 euros, le bénéficiaire du financement. C’est pourquoi, par exception au droit de communication de l’administration fiscale, c’est la commission qui authentifie, si nécessaire pour cette dernière, les reçus qui lui sont produits.

politique, à l’égalité de traitement entre candidats et au bon emploi des deniers publics.
(1) Quinze semaines après le premier tour de scrutin pour l’élection des députés des Français établis hors de France.

À savoir
• Composition. Organe collégial, La CNCCFP est composée de neuf membres (hauts magistrats) et assistée par un secrétariat général (environ trente-cinq permanents) et près de cent cinquante rapporteurs occasionnels. Elle est présidée par François Logerot. • Recours. Les décisions de la commission font grief et sont susceptibles d’un recours gracieux devant la CNCCFP et d’un recours contentieux devant le juge de l’élection statuant sur l’inéligibilité du candidat ou devant le Conseil d’État statuant en plein contentieux sur le montant du remboursement forfaitaire alloué au candidat (un ministère d’avocat est obligatoire).

Références
• Loi n° 88-227 du 11 mars 1988 relative à la transparence financière de la vie politique (JO du 12 mars 1988, p. 3290). • Loi n° 90-55 du 15 janvier 1990 relative à la limitation des dépenses électorales et à la clarification du financement des activités politiques (JO du 16 janvier 1990, p. 639). • Loi n° 2011-412 du 14 avril 2011 portant simplification de dispositions du Code électoral et relative à la transparence financière de la vie politique (JO du 19 avril 2011, p. 6831).

Information
La CNCCFP participe à l’information des citoyens par le biais de la publication simplifiée des comptes de campagne et de ceux des partis politiques au Journal officiel. Elle remet un rapport d’activité aux pouvoirs publics où elle établit le bilan de son action. Elle peut y formuler des propositions de modification législative en tirant les enseignements des difficultés rencontrées. Travaillant sous le contrôle du juge, elle apporte un concours essentiel à la transparence financière de la vie

Comptes de campagne
La commission contrôle les comptes de campagne des candidats à l’ensemble des élec-

> Cette analyse est parue dans Le Courrier des maires n° 271.

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Les cahiers juridiques de La Gazette 19

Élections

Analyse

Les causes de rejet d’un compte de campagne
Par la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques (CNCCFP)

Le candidat doit respecter des formalités dites substantielles dont la violation peut entraîner le rejet de son compte et le priver du remboursement de ses dépenses.

a Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques (CNCCFP) contrôle les comptes de campagne des candidats à l’ensemble des élections, dans les circonscriptions d’au moins 9 000 habitants. La loi accorde un délai de deux mois aux candidats pour déposer leur compte de campagne à la commission. À compter de sa réception, la CNCCFP dispose d’une période de six mois pour statuer sur le compte, réduite à deux mois à compter de la date limite de dépôt des comptes en cas de requête contentieuse. La CNCCFP a pour mission d’approuver et, après procédure contradictoire, de rejeter ou de réformer les comptes de campagne soumis à son examen. Lorsqu’elle rejette un compte, privant ainsi le candidat d’un éventuel remboursement de ses dépenses de campagne et entraînant la saisine du juge de l’élection, la commission entend sanctionner la violation d’une formalité substantielle ou d’une irrégularité particulièrement grave. Cependant, depuis la loi n° 2011-412 du 14 avril 2011 portant simplification de dispositions du Code électoral et relative à la transparence financière de la vie politique, la commission peut, dans les hypothèses où les irrégularités ne conduisent pas au rejet du compte, réduire le montant du remboursement forfaitaire en fonction du nombre et de la gravité de ces irrégularités.

L

peut entraîner le rejet de son compte et le priver du remboursement de ses dépenses. Le compte de campagne ne peut être présenté en déficit L’article L.52-12 du Code électoral dispose que « le compte de campagne doit être en équilibre ou excédentaire et ne peut présenter un déficit ». Le déficit peut être constaté par la commission dès le dépôt du compte ou résulter de l’instruction menée dans le cadre d’une procédure contradictoire, laquelle peut faire apparaître des dépenses omises (cf. ci-après) ou des recettes irrégulières. L’absence de visa du compte de campagne par un expertcomptable Le candidat doit retracer l’ensemble des dépenses et des recettes dans un compte de campagne qu’il doit adresser avec les pièces justificatives à la commission. Ce compte doit être, préalablement au dépôt, mis en état d’examen par un expert-comptable, et ce quel que soit le pourcentage de voix obtenu, à l’exception des comptes ne présentant ni dépense, ni recette. Le financement de la campagne par une personne morale Les dons consentis par une personne morale publique ou privée, française ou étrangère, sont interdits, à l’exception de ceux provenant des partis politiques français respectant les dispositions de la loi n° 88-227 du 11 mars 1988 relative à la transparence financière de la vie politique. Cette interdiction absolue peut être sanctionnée pénalement. Ainsi, seul peut financer une campagne électorale, le parti qui se conforme aux dispositions de la loi précitée en :

- percevant l’aide publique et/ou ne recueillant des fonds que par l’intermédiaire d’un mandataire ; - faisant certifier ses comptes par deux commissaires aux comptes et en les déposant à la commission au plus tard le 30 juin de chaque année suivant celle de l’exercice comptable.

À noter
Toute contribution émanant d’une formation politique qui ne remplit pas ces conditions est susceptible d’être considérée comme effectuée par une personne morale (en contradiction avec les dispositions de l’article L.52-8 du Code électoral) et entraîner le rejet du compte.

Le dépassement du plafond des dépenses fixé par circonscription La législation visant à renforcer l’égalité des candidats a instauré un plafond des dépenses dans les circonscriptions électorales d’au moins 9 000 habitants. Ce dépassement peut être constaté par la commission dès le dépôt du compte ou résulter de l’instruction menée dans le cadre d’une procédure contradictoire, laquelle peut faire apparaître des dépenses omises (cf. ci-après). Après décision définitive du juge de l’élection et décision de reversement prise par la CNCCFP, le candidat doit verser au Trésor public une somme égale au montant du dépassement constaté. Les irrégularités liées au compte bancaire Le mandataire doit ouvrir, dès sa déclaration en préfecture, un compte bancaire unique, propre à chaque élection, retraçant la totalité des dépenses et des recettes ayant donné lieu à un mouvement financier.

L’absence de respect des formalités substantielles
Le candidat qui se présente à une élection doit respecter un certain nombre de formalités dites substantielles dont la violation

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Cette obligation s’impose même si aucune dépense n’a été engagée et aucune recette perçue. Devant les difficultés rencontrées pour ouvrir un compte bancaire, le législateur, dans la loi n° 2011-412 précitée, a institué le « droit à l’ouverture » du compte bancaire au profit du mandataire financier.

À noter
Ainsi, la commission peut non seulement rejeter le compte de campagne pour lequel aucun compte bancaire n’aurait été ouvert mais également le compte du candidat qui aurait, par l’intermédiaire de son mandataire, ouvert deux comptes bancaires fonctionnant simultanément.

La reconnaissance d’une grave irrégularité
Paiement direct En application de l’article L.52-4 du Code électoral, le mandataire règle les dépenses engagées en vue de l’élection, à l’exception de celles prises en charge par un parti politique. Par conséquent, après la déclaration du mandataire, le candidat ne peut plus payer directement de dépenses, à l’exception de menues dépenses. Selon la jurisprudence, ces menues dépenses payées directement par le candidat, le suppléant, le remplaçant, les colistiers ou des tiers doivent être faibles par rapport au total des dépenses et négligeables par rapport au plafond.

élection et tout don supérieur à 150 euros doit être versé par chèque, virement, prélèvement automatique ou carte bancaire. Tous les dons doivent obligatoirement être versés antérieurement au dépôt du compte de campagne sur le compte bancaire ouvert par le mandataire. Par conséquent, un don qui serait supérieur à 4 600 euros (ou plusieurs dons de ce même donateur), un don qui ne transiterait pas directement par le compte bancaire du mandataire – c’est-à-dire qui serait versé tout d’abord sur le compte bancaire personnel du candidat ou qui passerait par un intermédiaire financier – peut amener la commission à prononcer le rejet du compte de campagne du candidat. Toutefois, si une erreur manifeste est constatée par le candidat avant le dépôt du compte, le mandataire est autorisé à procéder au remboursement du don litigieux. Incompatibilités de fonction Il existe plusieurs types d’incompatibilités de fonctions pouvant entraîner le rejet du compte de campagne : - un candidat, suppléant, remplaçant ou un colistier ne peut être ni mandataire (ou membre de l’association de financement), ni expert-comptable ; - l’expert-comptable chargé de la présentation du compte de campagne ne peut être ni mandataire ni président ou trésorier de l’association de financement ; - le mandataire financier, personne physique, ou l’association de financement électorale ne peut être commun à plusieurs candidats pour une même élection. Dépenses omises et compte insincère L’article L.52-12 du Code électoral dispose que chaque candidat est tenu d’établir un compte de campagne retraçant selon leur origine, l’ensemble des recettes perçues et, selon leur nature, l’ensemble des dépenses engagées ou effectuées en vue de l’élection. L’omission d’un montant important de dépenses électorales peut entraîner le rejet du compte pour insincérité. Toutefois, la commission apprécie ledit montant par rapport au montant total des dépenses et par rapport au plafond. Si le rejet n’est pas prononcé pour ce motif, il peut l’être pour déficit ou dépassement du plafond lié à la réintégration dans le compte des dépenses omises.

Références
• Loi n° 88-227 du 11 mars 1988 relative à la transparence financière de la vie politique. • Loi n° 2011-412 du 14 avril 2011 portant simplification de dispositions du Code électoral et relative à la transparence financière de la vie politique. • Code électoral, articles L.52-4, L.52-8, L.52-12.

À lire
• « 50 questions sur le financement de la campagne électorale » paru dans Le Courrier des maires n° 266 de mars 2013. • « Le rôle, les compétences et les procédures de la CNCCFP », fiche pratique parue dans Le Courrier des maires n° 271. de septembre 2013.

Sur le web
• www.cnccfp.fr Le site de la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques. • www.courrierdesmaires.fr Le dossier spécial « Municipales 2014 » (tout savoir sur le financement et la communication en période électorale).

À noter
Sous réserve de son pouvoir d’appréciation, la CNCCFP considère en général que sont acceptables des paiements directs représentant un montant total inférieur à 10 % du montant total des dépenses et 3 % du plafond.

Cependant, dans le cas où un seul de ces deux seuils a été dépassé, la commission tient compte également du montant unitaire des dépenses en cause : - s’il s’agit d’une addition de menues dépenses, elle peut ne pas prononcer le rejet du compte ; - en revanche, s’il s’agit d’une ou plusieurs dépenses de montant élevé, elle peut prononcer le rejet du compte. Dons de personnes physiques irréguliers Les dons de personnes physiques sont limités et encadrés par l’article L.52-8 du Code électoral. Ainsi, le montant des dons ne peut excéder 4 600 euros par personne et par

> Cette analyse est parue dans Le Courrier des maires n° 272.

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Les cahiers juridiques de La Gazette 21

Contentieux

Analyse

Réagir à un recours en référé administratif
Par Olivier Le Bot, agrégé des facultés de droit, professeur de droit public à l’université d’Aix-Marseille

Le nombre de recours en référé a considérablement augmenté au cours des dernières années. Urbanisme, contrats, fonction publique : tous les domaines sont concernés. Le référé est devenu un contentieux quotidien, sinon régulier, pour les collectivités territoriales.

i l’on exclut les contentieux du droit au logement opposable et de l’éloignement des étrangers (lesquels n’intéressent pas les collectivités territoriales), une demande sur six introduite devant la juridiction administrative l’est désormais au titre d’une procédure de référé. Sur l’année 2012, on recense, par exemple, 10 000 demandes en référé-suspension, 5 000 en référé-instruction ou expertise, 3 000 en référé-liberté et autant en référé-constat (1). Comment y faire face ? Comment réagir à une demande en référé ? Si l’on raisonne par rapport aux trois grandes catégories de procédures que sont les référés d’urgence (référé-suspension, référé-liberté, référé-mesures utiles), les référés ordinaires (référé-constat, référéinstruction ou expertise, référé-provision) et les référés en matière de contrats publics (référé précontractuel et référé contractuel), trois questions se posent principalement : faut-il prendre le recours au sérieux (notamment par rapport à un recours au fond), faut-il y répondre et, le cas échéant, faut-il assister à l’audience ?

S

Prendre le recours au sérieux ?
Cette première question est légitime au regard de l’office restreint en principe dévolu au juge des référés. Alors que le juge du fond statue au principal, disposant de pouvoirs d’annulation, de réparation et de réformation, le juge des référés, en principe, n’aborde pas le fond du droit et statue par des mesures censées présenter un caractère provisoire (CJA, art. L.511-1). Ses décisions peuvent, pour cette raison, être remises en cause par le juge du fond (2). Pour autant, peut-on déduire de cette différence de pouvoir, et même d’office, que les mesures

prises en référé seraient d’une importance secondaire et que seule l’instance au fond compterait véritablement ? Ce serait incontestablement une erreur, et cela pour deux raisons. D’une part, il arrive (et c’est même fréquent) que le juge des référés statue sur un litige sans intervention ultérieure du juge du fond. Tel est le cas pour le référé-liberté, le référé-provision et les référés précontractuel et contractuel. Ces voies de droit constituent des recours autonomes. Leur recevabilité ne dépend pas et n’est pas liée à l’introduction d’une action au principal. Dans le cas des référés précontractuel et contractuel, l’intervention d’un juge du fond est inconcevable sur la question soumise au juge des référés, à savoir le seul manquement aux obligations de publicité et de mise en concurrence régissant la procédure de passation d’un contrat. Dans celui du référé-liberté, le particularisme de la procédure fait qu’un juge du fond n’intervient jamais à la suite d’une telle action. En réalité, c’est uniquement dans le cas du référé-provision que la saisine du juge du fond demeure possible après l’intervention du juge des référés, même si elle est en pratique assez rare. Il en résulte que, dans ces hypothèses, en droit (pour les référés en matière de contrat) ou en fait (pour le référé-liberté et le référé-provision), le juge des référés va connaître seul du litige. Une mesure défavorable prise à l’encontre de la collectivité publique (telle l’annulation d’une procédure de passation d’un marché ou l’injonction de louer une salle municipale) ne pourra donc pas être remise en cause par le juge du fond. L’intervention du juge des référés aura éteint le litige ; elle lui aura apporté, en pratique, un règlement définitif.

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À noter
La demande en référé doit tout simplement être prise au sérieux du fait des enjeux qu’elle peut soulever.

D’autre part, et cette remarque vaut pour toutes les procédures, la demande en référé doit tout simplement être prise au sérieux du fait des enjeux qu’elle peut soulever. Si l’on prend le cas des référés en matière de passation de contrats publics, le juge des référés dispose du pouvoir d’annuler l’ensemble d’une procédure de passation. Une telle mesure oblige la collectivité concernée à recommencer l’ensemble de la procédure avec le coût, les complications et l’allongement de durée que cela représente. Le juge du référé-provision peut obliger la collectivité publique à verser au requérant une somme correspondant à la totalité de la somme réclamée si l’obligation de payer dont il se prévaut n’apparaît pas sérieusement contestable. Les pouvoirs du juge du référé-liberté sont également très étendus. Il peut ordonner de réaliser ou d’interrompre des travaux, de prendre une décision, de statuer sur une demande, etc. Même dans le cas du référé-suspension, qui représente un recours accessoire, les conséquences d’une suspension peuvent être très importantes et bloquer de plusieurs mois (jusqu’à l’intervention du juge du fond) la réalisation d’un projet, la révocation d’un agent, l’application d’un règlement ou la mise en œuvre d’une réforme.

Faut-il répondre au recours ?
Cette question ne se pose pas dans tous les cas. Pour quatre procédures, en effet, le juge a la possibilité de statuer au seul vu de la requête. C’est d’abord le cas pour le référéconstat : le juge, quel que soit le sens de sa décision, n’est jamais tenu de mettre en cause le défendeur et peut statuer au seul vu des écritures du demandeur (3). C’est aussi le cas pour les trois référés d’urgence, la loi laissant au juge une option : si la requête lui paraît dépourvue de toute chance de succès, il la rejette par une ordonnance de tri sans la transmettre au défendeur (CJA, art. L.5223) ; si elle lui paraît sérieuse, il statue après instruction contradictoire et, donc, information du défendeur (CJA, art. L.522-1). Dès lors qu’une requête est communiquée au défendeur, il est bien évidemment (faut-il le démontrer ?) dans son intérêt d’y répondre. Certaines collectivités se mordent encore les doigts de s’en être abstenues (4). La collectivité qui ne répond pas prend donc un risque très important – à dire vrai le même que dans une procédure au fond – puisque le dossier sera constitué uniquement des arguments du requérant. Il est donc primordial, autant que dans

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une instance au principal, d’y répliquer. Utilisant son droit de contredire, la collectivité publique défenderesse doit expliquer la façon dont les faits se présentent à ses yeux. Elle a également intérêt à contester la recevabilité de la requête : délai pour agir, intérêt à agir, exigence de notification dans le contentieux de l’urbanisme, production d’une copie du recours au fond en référésuspension (5). Il lui faut enfin contester le bien-fondé de la demande : démontrer que l’urgence n’est pas satisfaite, que la somme d’argent demandée est sérieusement contestable, que la demande du requérant se heurte à une contestation sérieuse, que les exigences de publicité et de mise en concurrence ont bien été respectées, etc. Elle doit, en somme, faire valoir tout élément susceptible de faire échec aux prétentions du demandeur.

Doit-on dépêcher un agent à l’audience ?
Cette dernière question appelle à une réponse plus nuancée que les précédentes. En effet, le déplacement d’un agent (ou d’un élu pour les petites communes) jusqu’au tribunal administratif n’est pas toujours chose aisée. En comptant la durée de l’audience

et le temps du déplacement, c’est au minimum une demi-journée – et le plus souvent une journée – qui se trouve sinon perdue du moins consacrée à un seul dossier. Il doit donc être « rentable » de mobiliser cet agent une journée entière sur une seule affaire. Il faut, en d’autres termes, que sa présence à l’audience apporte un réel intérêt pour être justifiée. Deux précisions s’imposent avant de présenter les critères à prendre en compte dans cet arbitrage. Dans les procédures envisagées, l’audience publique présente un caractère obligatoire (sauf rejet par une ordonnance de tri) pour les référéssuspension, liberté, précontractuel et contractuel. Pour les autres, elle présente un caractère facultatif mais demeure possible si le juge le souhaite. Si une audience se tient, la présence des parties n’est pas obligatoire : l’audience est ainsi régulière en l’absence d’une partie (6), dès lors, bien sûr, que celle-ci a été régulièrement convoquée. Quels sont les critères à prendre en compte dans le choix d’assurer la représentation de la collectivité à l’audience ? En faveur de la première option (ne pas s’y rendre), une considération peut être prise en compte : lorsque l’audience intervient, elle a été précédée d’une phase écrite qui a per- …/…

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Contentieux

…/… mis aux parties d’échanger, par l’intermédiaire du greffe, leurs productions. Durant le laps de temps, parfois bref, dont elles disposent avant l’audience, les parties peuvent en effet échanger (par fax ou, désormais, par voie électronique) plusieurs mémoires écrits. Il est habituel qu’elles produisent et répliquent à plusieurs reprises aux arguments de la partie adverse, dans un délai de quelques jours à quelques heures, ce qui permet de parfaire l’instruction avant l’audience de référé. On peut donc considérer que, lorsque l’audience se tient, les arguments (de droit et de fait) ont été exposés et débattus. Cependant, les considérations plaidant en faveur d’une présence à l’audience ont nettement plus de poids.

À noter
Dans le cadre souple et ouvert au dialogue que constitue l’audience de référé, le juge peut amener les parties à discuter, à prendre ou reprendre le dialogue et, ce faisant, à trouver un terrain d’entente.

• Premièrement, l’audience publique fait partie intégrante de l’instruction. Alors que dans les procédures au fond, l’instruction est close avant l’audience (CJA, art. R.613-11) et se trouve donc terminée au moment où se déroule la phase orale, elle ne l’est qu’à l’issue de l’audience en matière de référé (CJA, art. R.522-8). Par conséquent, les parties peuvent y présenter des nouveaux moyens de droit et de fait, produire des pièces et préciser ou reformuler leurs conclusions.

Certes, la pratique montre que l’audience est davantage de nature à apporter des précisions ou des clarifications (en particulier sur des points de fait) qu’à faire basculer totalement une affaire. La collectivité défenderesse n’en court pas moins un risque en s’abstenant d’être présente. • Deuxièmement, il n’est pas rare que l’audience de référé favorise un rapprochement des parties. Dans le cadre souple et ouvert au dialogue que constitue l’audience de référé, le juge peut amener les parties à discuter, à prendre ou reprendre le dialogue et, ce faisant, à trouver un terrain d’entente (7). Ne pas être présent à l’audience prive donc la personne publique d’une possibilité de règlement amiable du différend. • Troisièmement, d’un point de vue tactique, la collectivité publique défenderesse a la possibilité de développer toute son argumentation à l’audience. Il lui est ainsi loisible de ne pas répliquer à la requête par un mémoire écrit et de conserver l’ensemble de ses arguments de droit et de fait pour le jour de l’audience. Une telle démarche est autorisée (8) même si, il faut le reconnaître, elle manque singulièrement de fair-play. Il résulte de ce qui précède que la présence à l’audience est plus que conseillée.

Certes, tout n’est pas perdu si la collectivité publique ne peut être représentée à l’audience faute d’agent disponible et qu’il en résulte le prononcé d’une mesure défavorable à son encontre. En effet, s’il se trouve que la mesure prescrite n’aurait pas dû l’être, les voies de recours, devant une juridiction supérieure, ou l’exercice d’un réexamen, devant le juge qui a rendu la décision, permettront d’obtenir la réformation de la décision. Toutefois, cette nouvelle action aura un coût supplémentaire, demandera du temps et, surtout, ne dispensera pas la collectivité d’exécuter la décision en attendant l’issue de cette action. En conséquence, c’est uniquement pour un motif impérieux (traitement d’un dossier prioritaire, absence d’agent disponible) que l’absence de la collectivité à l’audience pourra, en opportunité, être envisagée.

Références
• Code de justice administrative (CJA), art. L.511-1, L.522-1, L.522-3, R.522-8 et R.613-11.

À noter
La collectivité publique défenderesse a la possibilité de ne pas répliquer à la requête par un mémoire écrit et de conserver l’ensemble de ses arguments de droit et de fait pour le jour de l’audience.

À lire
• « Le guide des référés administratifs et des autres procédures d’urgence devant le juge administratif », Olivier Le Bot, Dalloz, 2013.

Code de justice administrative
• Article L.511-1. Le juge des référés statue par des mesures qui présentent un caractère provisoire. Il n’est pas saisi du principal et se prononce dans les meilleurs délais. • Article L.522-1. Le juge des référés statue au terme d’une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu’il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L.521-1 et L.5212, de les modifier ou d’y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l’heure de l’audience publique. Sauf renvoi à une formation collégiale, l’audience se déroule sans conclusions du rapporteur public.

À retenir
• Motif d’absence impérieux. Dès lors qu’une requête est communiquée au défendeur, il est bien évidemment dans son intérêt d’y répondre et c’est uniquement pour un motif impérieux qu’une absence de la collectivité à l’audience pourra, en opportunité, être envisagée.

> Cette analyse est parue dans La Gazette des communes n° 2193.

(1) « Le guide des référés administratifs et des autres procédures d’urgence devant le juge administratif », Olivier Le Bot, Dalloz, 2013, n° 13. (2) Voir, par exemple, CE, 24 oct. 2001, Cne Marennes, req. n° 228543 ; CE, 30 déc. 2002, Assoc. fédérative régionale pour la protection de la nature Haut-Rhin, req. n° 232752. (3) CE, 21 déc. 1979, Cne Arnouville-lès-Gonesse, req. n° 17362, Lebon p. 487. (4) CE, ord., 22 mars 2002, min. Justice c/C., req. n° 244279, Lebon T. p. 852 ; 5 mai 2002, B. req. n° 239487 : juge faisant droit à la demande au seul vu des allégations du requérant qui, non contredites par l’administration – faute de production – ont été tenues pour vraies.

(5) Exigence qui, ne présentant pas un caractère d’ordre public, ne sera pas soulevée d’office par le juge : CE, 29 avr. 2002, Cne Montsapey c/P., req. n° 236633, Lebon T. p. 916. (6) CE, 29 janv. 2003, Sté Chourgnoz SAS, req. n° 249499, Lebon T. p. 912. (7) Voir, par exemple, CE, ord., 25 juin 2003, A. et Said A., req. n° 257835 ; ord. 30 juil. 2004, M., req. n° 270462 ; ord. 29 sept. 2004, A., req. n° 272584 ; ord. 6 mai 2008, B., req. n° 315631, Lebon T. (8) CE, ord., 9 janv. 2001, D., req. n° 228928, Lebon p. 1.

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Analyse

Choisir une procédure de référé adaptée
Par Olivier Le Bot, agrégé des facultés de droit, professeur de droit public à l’université d’Aix-Marseille

Les collectivités assument le plus souvent le rôle de défendeur dans les instances en référé. Pourtant, utilisé de façon adaptée, le référé administratif peut représenter aussi, entre leurs mains, un outil extrêmement efficace pour assurer en justice la sauvegarde de leurs intérêts.

es cas de figure dans lesquels les collectivités recourent au référé administratif peuvent être articulés autour de quatre objectifs : contraindre une personne privée ; préparer un procès au fond ; obtenir le paiement d’une somme d’argent ; contester les actes et agissements d’une autre autorité.

L

Contraindre une personne privée
La première hypothèse correspond à une situation d’inertie ou plus largement de manquement d’une personne privée à ses obligations légales ou contractuelles. Le référé-mesures utiles (Code de justice administrative (CJA), art. L.521-3), également appelé référé-conservatoire, apparaît parfaitement adapté à un tel cas de figure. Il permet aux collectivités publiques de contraindre un particulier au respect de ses obligations. Deux domaines sont principalement concernés : l’expulsion des occupants sans titre du domaine public et l’exécution par une entreprise de ses obligations contractuelles. Le premier contentieux a pour objet la libération d’une dépendance domaniale indûment occupée. Une collectivité a délivré un titre d’occupation à une personne physique ou morale de droit privé (mise à disposition d’un logement de fonction à un agent, autorisation d’occuper une place ou un trottoir pour l’implantation d’un kiosque à journaux, contrat autorisant l’occupation et l’exploitation d’une cafétéria au sein d’un bâtiment public…). Le titre d’occupation arrive à son terme ou est retiré, l’intéressé s’y maintient néanmoins. La collectivité propriétaire peut obtenir son expulsion en s’adressant au juge du fond,

mais la procédure risque de durer d’un à deux ans. Il y a donc intérêt à s’adresser au juge des référés pour obtenir le prononcé de la même mesure dans un délai plus bref (de l’ordre d’un à deux mois). Il suffit simplement, pour la collectivité intéressée, de démontrer au juge qu’elle a un besoin rapide d’utiliser le bien indûment occupé – par exemple pour affecter le logement de fonction à un autre agent (1), pour confier l’exploitation de la cafétéria à un nouveau cocontractant (2), pour réaliser des travaux de réaménagement de la voirie ou encore pour permettre la circulation normale des piétons sur un trottoir (3). Les collectivités publiques recourent également au référé-mesures utiles pour contraindre un cocontractant à l’exécution de ses obligations. Lorsqu’un partenaire contractuel manque à ses obligations contractuelles, la jurisprudence a reconnu qu’il y avait urgence à lui enjoindre d’exécuter tout ou partie de ses obligations en raison, soit de la nécessité de poursuivre l’exécution de travaux publics, soit d’impératifs liés à la continuité et au bon fonctionnement du service public. Sur ces fondements, le juge des référés a enjoint à des cocontractants de communes de rapporter le matériel enlevé d’un chantier afin que les travaux qui s’y déroulent ne se trouvent pas interrompus (4), de procéder à l’enfouissement de câbles électriques prévu par un contrat (5), de mettre à la disposition de la commune une benne permettant d’assurer la continuité du service public de l’enlèvement des ordures ménagères (6) ou encore de lui remettre les moyens nécessaires à l’aménagement et à l’entretien du réseau des pistes de ski (7). Selon la même logique, une entreprise ayant fourni à l’administration du matériel informatique défectueux, le juge lui a ordonné de réparer les …/…

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Contentieux

…/… ordinateurs défectueux et, le temps de cette réparation, de les remplacer par d’autres ordinateurs (8).

Préparer un procès au fond
La deuxième série de procédures est mise en œuvre par les collectivités territoriales en vue de préparer une action au fond. Un différend, généralement d’ordre indemnitaire ou contractuel, surgit avec une personne privée ou une autre personne publique (les murs d’un bâtiment fraîchement livré commencent à se lézarder, un entrepreneur exécute un marché dans des conditions insatisfaisantes, etc.). La collectivité publique entend se constituer des éléments de preuve ou obtenir une expertise avant de saisir le juge du principal d’un recours en responsabilité contractuelle ou extracontractuelle. Elle dispose pour cela de deux procédures de référé. Le juge fera droit à la demande dès lors que la mesure sollicitée présente une utilité ou un intérêt dans la perspective d’une instance susceptible d’être portée ultérieurement devant la juridiction administrative. La première de ces voies de droit, le référéconstat, est codifiée à l’article R.531-1 du

CJA. Il permet uniquement de faire constater des faits. L’expert mandaté par le juge pourra ainsi décrire l’état matériel d’un immeuble à la suite d’infiltrations d’eau (9) ou constater l’état d’avancement de travaux de construction d’un parking (10). En revanche, il ne pourra pas porter une appréciation sur ces faits, rechercher l’origine de désordres (11), chiffrer un préjudice (12) ni interpréter un contrat (13). La seconde procédure, le référé-instruction ou expertise, est codifiée à l’article 532-1 du CJA. Si la condition d’utilité est satisfaite, l’expert désigné par le juge dispose d’un pouvoir plus étendu. Sa mission ne se borne pas, comme dans le référé-constat, à la présentation factuelle d’une situation. Elle s’étend à l’analyse technique de celleci ainsi qu’à la détermination des causes et des effets des faits constatés. À cette fin, l’expert peut se voir confier une mission large : constater des faits et des désordres, et en déterminer l’étendue ou l’ampleur ; porter une appréciation sur ceux-ci ; en rechercher les causes ; en identifier les conséquences et les effets ; suggérer des propositions pour y remédier et en indiquer le coût (14). L’expertise réalisée permettra d’éclairer le juge du fond sur les aspects techniques du dossier. L’introduction de ces recours présente

l’avantage d’interrompre le délai de garantie décennale ainsi que le délai d’exercice d’un recours indemnitaire.

À noter
Le référé constat et le référé instruction permettent d’interrompre le délai de garantie décennale ainsi que le délai d’exercice d’un recours indemnitaire.

Obtenir le paiement d’une somme d’argent
La troisième situation concerne le référéprovision (CJA, art. R.541-1), qui permet à une collectivité territoriale (comme à toute personne juridique) d’obtenir rapidement (dans un délai de cinq à six mois) le paiement d’une somme d’argent qui lui est due. Contrairement à ce que laisse indiquer l’intitulé de cette voie de droit, le requérant peut obtenir le versement de la totalité de la somme exigible et non pas seulement une avance ou une provision sur celle-ci. La procédure est simple à engager : présentant un caractère autonome, elle n’est pas subordonnée à l’exercice simultané d’une action au fond. En outre, il suffit, pour obtenir gain de cause, de faire état d’une créance « non sérieusement contestable » sans avoir

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à justifier d’une quelconque urgence. La créance litigieuse peut trouver son origine dans un contrat, dans une loi, dans un règlement ou encore dans un fait dommageable générateur de responsabilité (les dommages et intérêts auquel il ouvre droit seront regardés comme une créance sur la collectivité concernée). S’agissant des collectivités territoriales, la créance en cause peut être détenue sur une autre personne publique (par exemple l’État) (15). En pratique toutefois, l’action sera le plus souvent engagée à l’encontre d’un cocontractant de la collectivité, généralement un constructeur au titre de la garantie décennale (16) ou de la garantie de parfait achèvement (17). En application de la jurisprudence « préfet de l’Eure », la demande de provision sera déclarée irrecevable si la personne publique requérante dispose du pouvoir d’émettre elle-même un titre exécutoire (un titre de perception) pour recouvrer la créance dont elle demande le versement (18).

quant à sa légalité et qu’il y a urgence à en prononcer la suspension (pour éviter qu’un préjudice grave ne résulte de son exécution avant que le juge du fond ne soit en mesure de statuer). Le référé-liberté représente un recours autonome permettant d’obtenir le prononcé d’une mesure de suspension ou d’injonction lorsque l’acte ou le comportement querellé porte une atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale.

À noter
Le référé-liberté permet d’obtenir le prononcé d’une mesure de suspension ou d’injonction lorsque l’acte ou le comportement querellé porte une atteinte grave à une liberté fondamentale.

cice par un EPCI de compétences non encore transférées. Le juge des référés a estimé que ces agissements portaient une atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale (en l’occurrence la libre administration des collectivités territoriales) dans la mesure où les attributions en cause relevaient encore de la compétence des communes membres (20). Le juge a, en conséquence, enjoint à l’EPCI de cesser d’intervenir dans le domaine de compétences non encore transférées.

Contester les actes et agissements d’une autre autorité
Le dernier groupe de procédures correspond au référé-suspension (CJA, art. L.521-1) et au référé-liberté (CJA, art. L.521-2). Ces deux recours permettent d’obtenir le prononcé d’une mesure de suspension ou d’injonction à l’encontre d’un acte ou d’un agissement d’une personne publique portant préjudice aux droits et intérêts de la collectivité requérante. Le premier, le référé-suspension, constitue un recours accessoire à un recours principal en annulation ou en réformation. Le juge suspend la décision attaquée lorsque celle-ci est entachée d’un doute sérieux

Ces deux voies de droit peuvent être engagées à l’encontre des actes et agissements de l’État mais aussi d’autres collectivités territoriales (de niveau égal, inférieur ou supérieur). Les applications les plus nombreuses et les plus significatives concernent le contentieux de la coopération intercommunale. Dans ce cadre, par exemple, a été suspendu, au titre du référé-suspension, un arrêté préfectoral créant une communauté de communes. La condition d’urgence a été regardée comme remplie « eu égard au transfert de compétences et de ressources fiscales opéré au détriment des communes requérantes ». Celle relative au doute sérieux a également été considérée comme satisfaite en l’absence d’information suffisante des communes concernées leur permettant d’apprécier les conséquences de cette intégration (19). Concernant le référé-liberté, on retiendra une affaire dans laquelle le juge avait été saisi par des communes critiquant l’exer-

À lire
« Le guide des référés administratifs et des autres procédures d’urgence devant le juge administratif », Olivier Le Bot, Dalloz, 2013.

À retenir
• Variété. Les diverses procédures de référé ouvertes devant le juge administratif sont de nature à donner satisfaction aux collectivités territoriales pour peu qu’elles soient utilisées à bon escient. • Combinaisons. Les différentes procédures peuvent en outre être articulées pour conduire la collectivité requérante au résultat recherché.

> Cette analyse est parue dans La Gazette des communes n° 2194.

(1) CE, 22 juin 1977, A., req. n° 04799, Lebon p. 288. (2) CE, 28 mai 2001, Sté Codiam, req. n° 230692, Lebon T. p. 1136. (3) CE, 10 mai 2004, B., req. n° 258935. (4) CE, sect., 13 juil. 1956, OPHLM Dpt Seine, req. n° 37656, Lebon p. 343, concl. J. Chardeau. (5) CE, 9 juil. 2008, Sté Rhône Vision Câble, req. n° 309878, Lebon T. ; CE, 20 févr. 2013, Communauté d’agglomération de Saint-Quentin-en-Yvelines, req. n° 364025, Lebon T. (6) CE, 30 oct. 1963, Sarl Sonetra, Lebon p. 520. (7) CE, 9 déc. 1988, Sté « Les téléphériques du massif du Mont-Blanc », req. n° 92211, Lebon p. 438. (8) CE, 1er mars 2012, Sté Assistance conseil informatique professionnelle, req. n° 354628, Lebon T. (9) TA Paris, ord., 7 mars 2003, SA Sécurité pierre investissements, req. n° 0303065/9-2. (10) TA Rennes, ord., 11 déc. 2006, Stés GTB Construction et Soletanche Bach France, req. n° 065002. (11) TA Paris, ord., 7 mars 2003, SA Sécurité pierre investissements, req. n° 0303065/9-2.

(12) CE, 16 oct. 1987, F., req. n° 84691. (13) CE, 30 oct. 1959, Min. des Armées c/Sté chaudronnière et tôlerie de Courbevoie, Lebon p. 569. (14) Voir par exemple CE, 20 déc. 1968, Cne Villaines-la-Juhel, req. n° 75072, Lebon p. 679 (expertise sollicitée par une commune avant d’engager la responsabilité d’un constructeur). (15) CE, 22 juin 2012, Min. Int. c/Cne Evry, req. n° 356688, (condition non satisfaite en l’espèce). (16) CAA Nantes, 30 avr. 1992, OPHLM de Nantes (Nantes Habitat), req. n° 91NT00861, Lebon p. 524. (17) CAA Paris, 27 mars 2003, Sté Bouygues Télécom, req. n° 99PA01912, inédit au Lebon. (18) CAA Lyon, 22 févr. 1994, Communauté urbaine Lyon, req. n° 93LY00351, Lebon T. p. 625. (19) CE, 5 juill. 2004, Cne Ria-Sirach, req. n° 264867. (20) CE, 12 juin 2002, Cne Fauillet et a., req. n° 246618, Lebon p. 215.

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Les cahiers juridiques de La Gazette 27

Finances

Analyse

Les points clés de la LFI pour 2014 et de la LFR de 2013
Par Véronique Grélé-Cessac et Stéphane Masse, directeurs de mission associés, FCL Gérer la Cité

La loi de finances initiale pour 2014 (LFI) et la loi de finances rectificative (LFR) pour 2013 du 29 décembre 2013 comportent plusieurs mesures impactant les budgets des collectivités dès 2014. Elles concernent notamment les modalités de participation des collectivités au redressement des finances publiques, des règles de répartition des dotations de l’État aux collectivités et les ajustements apportés aux mécanismes de péréquation horizontale ainsi qu’à la fiscalité locale.
Concours financiers de l’État
Une réduction de l’enveloppe normée des concours financiers de l’État de 1,5 milliard d’euros en 2014 (LFI 2014, art. 132 de la) La LFI acte la diminution des concours financiers de l’État de 1,5 milliard d’euros (Md€), confirmant la participation des collectivités à l’effort de redressement des comptes publics prévu par la loi de programmation des finances publiques pour les années 2012-2017. L’imputation de cette baisse s’applique sur la DGF des collectivités au titre de 2014. La contribution des communes et des EPCI à l’effort de redressement des finances publiques Pour les communes et EPCI, la baisse totale est de 1 680 millions d’euros (M€) en deux ans, soit 840 M€ par an : - les communes participeront à hauteur de 70 % soit 1 176 M€, une minoration de 588 M€ imputée sur la dotation forfaitaire de 2014 ; - pour les EPCI, la minoration totale sera de 504 M€, soit 252 M€ en 2014 qui seront imputés sur la dotation d’intercommunalité. Cette diminution sera répartie, entre communes, d’une part, et EPCI, d’autre part, au prorata des recettes réelles de fonctionnement (RRF) du budget principal, minorées des atténuations de produits et du produit des mises à disposition de personnel facturées dans le cadre de mutualisation de services entre

l’EPCI à fiscalité propre et ses communes membres constatées dans le dernier compte de gestion disponible (soit 2012 pour la répartition 2014). En cas de modification de périmètre d’EPCI (depuis le dernier compte de gestion disponible) les recettes seront reconstituées de la manière suivante : - calcul de la part de chaque commune dans les RRF du budget principal de son EPCI d’appartenance au moment où ont été établis les comptes de gestion ; - application de ces parts au périmètre des EPCI au 1er janvier 2014. Si, pour une commune ou EPCI, la minoration excède le montant perçu au titre de la dotation forfaitaire ou de la dotation d’intercommunalité, la différence est prélevée sur les compensations d’exonération de fiscalité locale ou à défaut sur les douzièmes de fiscalité. À l’instar de 2013, les besoins de financement de la DGF seront uniquement assurés par un effort financier des collectivités Le besoin de financement de la DGF 2014 est estimé à 278 M€ avec : - pour les dotations indexées sur la population : 159 M€ ; - pour l’augmentation de la péréquation : 119 M€ a minima. Le financement sera assuré uniquement par les collectivités locales : - avec la poursuite de la réduction des variables d’ajustement (schématiquement les compensations fiscales hors taxe d’habi-

tation) de - 19,2 % contre - 16,32 % en 2013 ; - par des réaffectations internes : minoration de certaines composantes de la DGF pour alimenter la péréquation. Modification du calcul de l’écrêtement de la part « garantie » de la dotation forfaitaire des communes Actuellement, les communes dont le potentiel fiscal par habitant (PF) est supérieur ou égal à 0,75 fois le potentiel fiscal moyen national (PFM) subissent un écrêtement de leur part « garantie » dans la limite de 6 %. Cet écrêtement (destiné à financer le coût induit par l’évolution démographique de la dotation de base) était calculé en fonction de la population et de l’écart relatif entre le PF de la commune et le PFM. L’article 134 de la LF 2014 modifie son calcul en opérant l’écart relatif au regard de 0,75 fois le PFM (contre 1 fois le PFM actuellement). Création de fonds de financement des missions de préfiguration des métropoles d’Aix-MarseilleProvence et du Grand Paris Fonds de financement du Grand Paris La contribution aux frais de fonctionnement de la mission de préfiguration de la métropole du Grand Paris, fixée à 2 M€ en 2014 et 2015, est financée par : - un prélèvement sur la dotation forfaitaire perçue au cours de l’année de répartition par la commune de Paris, les communes

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situées dans les départements des Hautsde-Seine, de Seine-Saint-Denis et du Valde-Marne et les communes des autres départements de la région d’Ile-de-France appartenant, au 1er janvier de l’année de répartition, à un EPCI à fiscalité propre comprenant au moins une commune de ces trois départements ; - un prélèvement sur la dotation d’intercommunalité perçue au cours de l’année de répartition par les EPCI à fiscalité propre comprenant au moins une commune des départements des Hauts-de-Seine, de Seine-Saint-Denis et du Val-de-Marne. Ces prélèvements sont répartis au prorata des montants perçus l’année précédente par ces collectivités au titre de la dotation forfaitaire et au titre de la dotation d’intercommunalité. 19 EPCI, 124 communes des départements de la petite couronne et 4 communes de départements de la grande couronne appartenant, au 1er janvier de l’année de la répartition, aux EPCI précités, sont concernées. Fonds de financement de la mission pour le projet métropolitain d’AixMarseille-Provence La contribution aux frais de fonctionnement de cette mission, fixée à 500 000 euros en 2014 et 2015, est financée par un prélèvement sur la dotation d’intercommunalité perçue au cours de l’année de répartition par la communauté urbaine de Marseille Provence Métropole, par la communauté d’agglomération du Pays d’Aixen-Provence, par la communauté d’agglomération Salon-Étang de Berre-Durance, par la communauté d’agglomération du Pays d’Aubagne et de l’Étoile, par le syndicat d’agglomération nouvelle Ouest-Provence et par la communauté d’agglomération du Pays de Martigues, soit 6 EPCI concernés. Ce prélèvement est réparti au prorata des montants perçus en 2013 par ces EPCI au titre de la dotation d’intercommunalité.

zones prioritaires de la politique de la ville, du revenu fiscal moyen des habitants de ces quartiers et du potentiel financier. Ces critères sont appréciés l’année précédant celle au titre de laquelle est répartie la dotation de développement urbain. L’article 95 de la LF 2014 fait passer le nombre de communes bénéficiaires de 100 à 120 et l’enveloppe de la DDU est fixée à 100 M€ contre 75 M€ en 2013. Cette augmentation est financée par la minoration des variables d’ajustement. Les crédits de la DDU sont répartis entre les départements : - pour trois quarts contre deux tiers actuellement, en tenant compte de la quote-part définie à l’article L.2334-41 et du nombre de communes éligibles dans chaque département ainsi que de leur classement selon les critères prévus au deuxième alinéa du présent article ; - pour un quart contre un tiers actuellement, en tenant compte du nombre de communes éligibles dans chaque département comprises dans la première moitié du classement et de leur classement selon les critères prévus au même deuxième alinéa. Par ailleurs, cet article modifie la détermination de la quote-part de la DDU des communes des départements d’outre-mer. Elle est calculée en appliquant aux trois quarts contre aux deux tiers actuellement du montant total de la DDU le rapport, majoré de 33 %, existant, d’après le dernier recensement, entre la population totale des communes des départements d’outre-mer et la population totale des communes des départements de métropole et d’outre-mer. Des ajustements apportés au FSRIF à compter de 2014 (LFI 2014, art. 134) L’introduction d’un indice synthétique pour le prélèvement sur le modèle du FPIC Jusqu’en 2013, le prélèvement, calculé afin d’atteindre chaque année le montant annuel du FSRIF, était réparti entre les communes contributrices en proportion du carré de leur écart relatif entre le potentiel financier par habitant de la commune et le potentiel financier moyen par habitant des communes de la région Ile-de-France, multiplié par la population de la commune. La LFI 2014 met en place un indice synthétique sur le modèle du FPIC pour le calcul des prélèvements afin de prendre en compte le revenu par habitant à hauteur de 20 %. Désormais, le prélèvement est réparti entre les communes contributrices en fonction du produit d’un indice synthétique multiplié par la population de la commune. Cet indice est fonction : - pour 80 % de l’écart relatif entre le potentiel financier par habitant de la commune et le

potentiel financier par habitant moyen des communes de la région d’Ile-de-France ; - pour 20 % de l’écart relatif entre le revenu par habitant de la commune et la moitié du revenu par habitant moyen des communes de la région d’Ile-de-France. Pour déterminer le revenu par habitant, la population prise en compte est la population INSEE.

À noter
La prise en compte du revenu par habitant moyen de la région Ile-deFrance à hauteur de 50 % seulement a pour objet d’éviter que certaines communes ne contribuent pas en raison d’un indice négatif.

Relèvement du plafond du prélèvement Jusqu’en 2013, le prélèvement au titre du FSRIF ne pouvait excéder 10 % des dépenses réelles de fonctionnement de la commune constatées dans le compte administratif afférent à l’avant dernier exercice. Ce plafond est relevé à 11 %. Mise en place d’un plafonnement évolutif des contributions au titre du FSRIF La LFI 2014 prévoit que, si la contribution d’une commune au titre du FSRIF augmente de plus de 25 % par rapport à l’année précédente, la part de la contribution qui excède ces 25 % est divisée par deux. Ce système permet de lisser la progression des contributions. Ajustements apportés au fonds national de péréquation des ressources intercommunales et communales (FPIC) Modifications en matière de prélèvement • Augmentation de la pondération du revenu. La LFI 2013 avait modifié la répartition du prélèvement qui s’effectuait en fonction d’un indice synthétique de ressources et de charges multiplié par la population de l’ensemble intercommunal ou de la commune isolée. Cet indice synthétique était obtenu : - pour 80 %, en fonction de l’écart relatif entre le potentiel financier agrégé par habitant d’une part, et 90 % du potentiel financier agrégé moyen par habitant ; - pour 20 % en fonction de l’écart relatif entre le revenu par habitant d’une part, et le revenu moyen par habitant. La LFI 2014 modifie la prise en compte de la pondération du revenu par habitant en passant de 20 % à 25 %. En conséquence le taux de 80 % appliqué sur le potentiel financier agrégé par habitant est remplacé par le taux de 75 %. • Relèvement du seuil maximum de prélèvement. La LFI 2013 avait relevé le seuil …/…

Dispositions afférentes aux mécanismes de péréquation
Hausse de 25 M€ de l’enveloppe de la DDU et du nombre de communes bénéficiaires à compter de 2014 Pouvaient bénéficier de la DDU les communes de métropole éligibles l’année précédente à la DSUCS qui figurent parmi les cent premières d’un classement de ces communes établi chaque année en fonction de critères tirés notamment de la proportion de population résidant dans des quartiers inclus dans les

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Finances

…/… maximum de prélèvement. Les montants prélevés sur les communes isolées et sur les ensembles intercommunaux au titre de la contribution au FPIC et le cas échéant au FSRIF, ne pouvaient excéder de 11 % (10 % en 2012) les produits des ressources qu’ils ont perçus dans le cadre du calcul établi pour la détermination du potentiel fiscal de l’année de répartition. En 2014, ce taux passe à 13 %. Modification en matière de reversement : relèvement et lissage du seuil minimal de l’effort fiscal La première condition pour bénéficier d’une attribution au titre du fonds était d’avoir un effort fiscal supérieur à 0,75 en 2013. Initialement, le PLF 2014 prévoyait de relever ce seuil à 0,90 en 2014 afin de renforcer la concentration des effets de la péréquation horizontale ce qui excluait environ 167 ensembles intercommunaux ou communes isolées (soit 10,4 % des EPCI et communes isolées potentiellement bénéficiaires du FPIC). L’article 49 de la LFR 2013 prévoit un lissage du relèvement du seuil minimal de l’effort fiscal, ce dernier passant à 0,8 en 2014 puis à 0,9 en 2015.

Cotisation minimum de CFE Instauration d’un nouveau barème L’article 76 de LF 2014 instaure un nouveau barème pour la fixation du montant de la base minimum de CFE comprenant six tranches au lieu de trois, ce qui permet, d’une part, de distinguer trois sous-catégories dans l’actuelle catégorie des contribuables réalisant moins de 100 000 euros de chiffre d’affaires ou de recettes et, d’autre part, de distinguer deux sous-catégories dans l’actuelle catégorie des contribuables réalisant plus de 250 000 euros de CA ou de recettes. Devenir des dispositions en vigueur en 2013 Pour les communes et les EPCI sur le territoire desquels s’appliquent des montants de base minimum pour les trois tranches de chiffre d’affaires ou de recettes en vigueur au 31 décembre 2013 et qui n’ont pas pris de nouvelle délibération, le montant de la base minimum est égal à celui qui a été appliqué au titre de l’année 2013 (après revalorisation annuelle) ou, le cas échéant, à celui qui a été fixé par une délibération prise entre le 22 janvier et le 1er octobre 2013 pour une application à compter de l’année 2014.

contributives. Cette prorogation d’exonération n’étant pas prévue en début d’année, les notifications de CFE reçues au titre de 2013 comprenaient les produits attendus au titre de ces auto-entrepreneurs. La loi de finances prévoit que l’exonération sera prise en charge à 50 % par l’État et à 50 % par les communes et les EPCI à fiscalité propre concernés, le montant à la charge de ces derniers s’imputant sur les douzièmes de fiscalité. Par ailleurs, l’article 76 de la LFI 2014 prévoyant l’abrogation de l’exonération temporaire de CFE des auto-entrepreneurs, cet article exonère de CFE, au titre de l’année 2014, les auto-entrepreneurs créés en 2013 et remplissant les conditions fixées par l’article 1464 K précité dans sa rédaction en vigueur au 31 décembre 2013.

À noter
En matière de bases minimum de CFE, la commune ou l’EPCI peuvent prendre délibération sur les montants applicables en 2014 jusqu’au 21 janvier 2014.

Les dispositions fiscales
Revalorisation forfaitaire des valeurs locatives L’article 86 de la LF 2014 fixe à 0,9 la revalorisation forfaitaire des bases pour 2014 contre 1,8 % en 2013, soit le niveau de l’inflation constatée sur l’année écoulée (2013 et non une référence à l’inflation prévisionnelle de 2014 soit +1,3 %).

À noter
Toutefois, pour les contribuables dont le montant du CA ou des recettes est inférieur ou égal à 100 000 euros, ces montants ne pourront pas excéder les nouveaux seuils plafonds. Cette mesure peut conduire à des pertes potentielles de produit pour les EPCI et les communes en fonction du niveau actuel de leur base minimum.

À savoir
Modifications apportées aux IFER des régions

• L’article 70 de la LF 2014 prévoit pour l’IFER du matériel roulant la mise en place d’un système avec deux seuils fixés en fonction du nombre de kilomètres parcourus l’année précédente par l’entreprise de transport. L’article 71 de la LFR 2013 modifie les tarifs et l’assiette des IFER Télécom. • L’article 80 de la LF 2014 prévoit que la durée d’harmonisation peut aller jusqu’à cinq ans en ce qui concerne la REOM dans le cas d’une fusion et ou d’un rattachement d’une commune. • L’article 126 de la LF 2014 réglemente la suppression du jour de carence et le renforcement du contrôle des arrêts maladie. • L’article 137 de la LF 2014 prévoit la prolongation du délai pour conclure des baux emphytéotiques administratifs (BEA).

Suppression progressive de l’exonération des auto-entrepreneurs • Suppression de l’exonération des auto-entrepreneurs nouvellement créés (LFI 2014, art. 76). L’exonération temporaire de CFE prévue en faveur des autoentrepreneurs pour les deux années suivant celle de la création de leur entreprise est supprimée. Les nouveaux auto-entrepreneurs seront désormais soumis au même régime de CFE que les autres redevables de taille comparable. • Prorogation en 2013 et 2014 de l’exonération de CFE bénéficiant aux autoentrepreneurs depuis 2010. L’article 55 de la LFR 2013 proroge en 2013 l’exonération de CFE dont ont bénéficié, au titre des années 2010 à 2012, les auto-entrepreneurs créés en 2009 ou en 2010. Cette prorogation permet d’assurer, pour ces contribuables, la transition vers les nouvelles modalités d’imposition à la base minimum de CFE qui tiennent davantage compte des capacités

Renforcement du poids des territoires industriels dans la répartition de la cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises La CVAE perçue sur les entreprises disposant de locaux et/ou employant du personnel dans plusieurs communes est territorialisée au regard de la clé suivante : - un tiers sur la base des valeurs locatives imposées à la CFE ; - deux tiers sur la base des effectifs. Pour les établissements dont les immobilisations industrielles représentant plus de 20 % de la valeur locative des immobilisations imposables à la CFE (avant abattement de 30 %), l’effectif pris en compte est multiplié par 2. Afin de renforcer le poids des territoires industriels, l’article 79 de la LF 2014 augmente cette pondération en la portant à cinq pour la CVAE perçue par les collectivités à compter de 2014. Attention, cette disposition pourra entraîner des variations sensibles de CVAE en 2014 (+/-), ces transferts entre collectivités n’étant pas neutralisés par le FNGIR ou de la DCRTP. L’instauration d’une nouvelle IFER pour les EPCI à FPU et les départements Cette nouvelle IFER s’applique aux stations de compression du réseau de transport de gaz naturel, aux canalisations de transport d’autres hydrocarbures et aux canalisations de transport de produits chimiques. Le montant de l’imposition forfaitaire est fixé à 500 euros par kilomètre de canalisation de transport de produits chimiques. Ce sont les

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EPCI à FPU et les départements (50/50) qui en bénéficieront selon les mêmes règles de répartition qu’actuellement.

sées l’année même, établie au vu des états de mandatements. Modalités d’application de la TEOM incitative L’article 53 de la LFR 2013 vise à rendre la TEOM incitative plus opérationnelle en rendant possibles les cumuls de quantification (volume et levée par exemple) et l’existence de plusieurs tarifs en fonction de la nature des déchets ou notamment des modalités de collecte (en porte à porte ou en apport volontaire).

La création d’un fonds de soutien aux collectivités territoriales ayant contracté des emprunts structurés
L’article 92 de la LF 2014 crée un fonds doté de 100 M€/an pour une durée maximale de quinze ans, soit un total qui pourrait atteindre 1,5 Md€ sur la durée. Il remplace le fonds exceptionnel de soutien de 50 M€ en faveur des collectivités mises en danger par les emprunts toxiques, créé en fin d’année 2012 (LFR 2012 n° 3, art. 4). Ce fonds a pour objet de verser une aide pour financer les indemnités de remboursement anticipé des produits visés par le fonds, c’est-à-dire les produits structurés les plus sensibles et les contrats de couverture qui leur sont liés. Pour bénéficier du fonds, les collectivités devront avoir signé, avec chaque établissement de crédit, un protocole transactionnel portant sur les seuls emprunts structurés et instruments financiers faisant effectivement l’objet du versement d’une aide par le fonds de soutien.

sement du syndicat intercommunal ou du département vers les communes membres est conservée et étendue aux EPCI mais le montant de celui-ci est désormais limité à la moitié du produit de la taxe.
> Cette analyse est parue dans Le Courrier des maires n° 276.

Références
• Loi n° 2013-1278 du 29 décembre 2013 de finances initiale pour 2014, publiée au JO du 30 décembre 2013, p. 21829. • Loi n° 2013-1279 du 29 décembre 2013 de finances rectificative pour 2013, publiée au JO du 30 décembre 2013, p. 21910.

À noter
À compter de 2014, les communes et les EPCI au profit desquels est perçue une part incitative de la taxe font connaître aux services fiscaux, selon des modalités fixées par décret, avant le 15 avril de l’année d’imposition, le montant en valeur absolue de cette part incitative par local au cours de l’année précédente (y compris désormais les constructions neuves).

À savoir
Les contributions à l’effort de redressement pour les départements et régions. Sur les 3 milliards de baisse de la DGF en deux ans, les départements, à l’exception de Mayotte, participent à hauteur de 952 M€, soit 476 M€ en 2014. Dans une logique de péréquation, la baisse de la dotation forfaitaire sera modulée au regard d’un indice synthétique (fonction pour 70 % du rapport entre le revenu par habitant du département et le revenu moyen par habitant de l’ensemble des départements et pour 30 % du rapport entre le taux moyen national d’imposition de taxe foncière sur les propriétés bâties des départements et le taux de foncier bâti du département). Pour les régions, la minoration totale est de 368 M€, soit 184 M€ en 2014, prélevés sur la dotation forfaitaire en fonction des ressources de chacune d’elles avec une modulation de l’effort pour les régions d’outre-mer. De nouveaux dispositifs pour les départements. Trois dispositifs sont créés et répartis dans une logique de péréquation : - un fonds de 830 M€, alimenté par le transfert des frais de gestion de l’État sur la taxe foncière sur les propriétés bâties, et destiné à compenser une partie du déficit de financement des allocations d’insertion et de solidarité (LF 2014, art. 42) ; - un fonds de solidarité alimenté par un prélèvement de 0,35 % sur l’assiette des DMTO 2013, les départements ayant en parallèle la capacité de porter pendant deux ans le taux des DMTO de droit commun de 3,8 % à 4,5 % (LF 2014, art. 78) ; - un fonds de solidarité des départements franciliens, à l’instar du FSRIF, alimenté par un prélèvement de 60 M€ sur les départements de Paris, des Yvelines et des Hauts-de-Seine (LF 2014, art. 135).

À noter
Pour bénéficier du fonds, une demande devra avoir été déposée en préfecture avant le 15 mars 2015.

Autres mesures
Modification des modalités d’accompagnement financier dans le cadre de la réforme des rythmes scolaires L’article 125 de la LF 2014 vise à reconduire pour l’année scolaire 2014-2015 le même régime d’aides financières qu’en 2013-2014, ce qui a pour effet : - d’une part, de maintenir l’aide actuelle à la rentrée 2014 pour les communes ayant mis en œuvre la réforme dès la rentrée 2013 ; - d’autre part, d’élargir le champ des bénéficiaires des aides puisque l’intégralité des communes pourra y prétendre au titre de l’année scolaire 2014-2015. Hausse du taux de FCTVA Compte tenu de la hausse du taux de la TVA à compter de 2013, l’article 38 de la LF 2014 porte le taux de FCTVA de 15,482 % à 15,761 % (0,2/1,2 - 0,905 %). Ce taux sera applicable dès 2014 pour les communautés d’agglomération et les communautés de communes dont l’assiette des dépenses éligibles est constituée des dépenses réali-

Perception de la taxe sur la consommation finale d’électricité (LFR 2013, art. 45) Désormais, le critère démographique est supprimé pour définir le régime de perception de la TCFE. Lorsqu’il existe un syndicat intercommunal exerçant la compétence d’autorité organisatrice de la distribution publique d’électricité ou le département si, il est compétent, celui-ci percevra de plein droit le produit de la taxe en lieu et place des communes et des EPCI à fiscalité propre qui en sont membres, quelle que soit leur population. Dans tous les cas, la possibilité d’un rever-

Lexique
CFE : Cotisation foncière des entreprises. CVAE : Cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises. DDU : Dotation de développement urbain. DGF : Dotation globale de fonctionnement. DSUCS : Dotation de solidarité urbaine et de cohésion sociale. EPCI : Établissement public de coopération intercommunale. FPIC : Fonds national de péréquation des ressources intercommunales et communales. FPU : Fiscalité professionnelle unique. FSRIF : Fonds de solidarité de la région Ile-de-France. IFER : Imposition forfaitaire sur les entreprises de réseaux. LF : Loi de finances. LFR : Loi de finances rectificative. LFI : Loi de finances initiale. TCFE : Taxe sur la consommation finale d’électricité.

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Questions/réponses

Vos questions

juridiques
Droit au reclassement des agents non titulaires
Peut-on licencier un agent non titulaire en CDI afin de le remplacer par un fonctionnaire, sans avoir cherché préalablement à le reclasser ?
NON Le recrutement d’agents contractuels n’est permis qu’à titre dérogatoire et subsidiaire dans les cas particuliers énumérés par la loi. Un agent contractuel ne peut tenir de son contrat le droit de conserver l’emploi pour lequel il a été recruté, que ce soit pour un CDD ou un CDI, lorsque l’autorité administrative entend affecter sur cet emploi un fonctionnaire. L’administration peut donc légalement, pour ce motif, licencier un contractuel. Toutefois, le Conseil d’État reconnaît, dans un avis du 25 septembre 2013, qu’en vertu d’un principe général du droit il incombe à l’administration, avant de prononcer le licenciement d’un agent contractuel en CDI pour affecter un fonctionnaire sur cet emploi, de chercher à le reclasser. La mise en œuvre de ce principe implique, dans l’attente des dispositions réglementaires d’application de la loi du 12 mars 2012, que l’administration propose à cet agent un emploi de niveau équivalent ou, à défaut et si l’intéressé le demande, tout autre emploi. L’agent ne peut être licencié que si le reclassement s’avère impossible, faute d’emploi vacant, ou si l’intéressé refuse la proposition qui lui est faite.

Ce mois-ci, les experts statutaires du CIG Petite couronne de la région Ile-de-France répondent à vos questions

Police municipale
Les communes de moins de 20 000 habitants peuvent-elles avoir un ou plusieurs agents de police municipale en commun ?
OUI En vertu de l’article L.512-1 du Code de la sécurité intérieure, les communes de moins de 20 000 habitants formant un ensemble de moins de 50 000 habitants d’un seul tenant peuvent avoir un ou plusieurs agents de police municipale (PM) en commun, compétents sur le territoire de chacune. Une convention conclue entre l’ensemble des communes intéressées précise les modalités d’organisation et de financement de la mise en commun des agents et de leurs équipements. Cette convention, transmise au représentant de l’État dans le département, est conclue pour une durée minimale d’un an. Les agents de PM sont mis de plein droit à disposition des autres communes par celle qui les emploie, pour la durée de la convention et, au maximum, pour une durée de trois ans, renouvelable par période n’excédant pas trois ans, dans les conditions prévues par le Code général des collectivités territoriales et le décret du 18 juin 2008. Pendant l’exercice de leurs fonctions sur le territoire d’une commune, les agents sont placés sous l’autorité du maire de celle-ci.

Non-renouvellement d’un CDI
Le délai du préavis fixé par le décret du 15 février 1988 pour informer un agent non titulaire du nonrenouvellement de son contrat se calcule-t-il de date à date ?
OUI L’article 38 du décret du 15 février 1988 fixe, pour les agents non titulaires engagés pour une durée déterminée susceptible d’être reconduite, le délai dans lequel l’administration doit les informer de son intention ou non de renouveler leur engagement à son échéance. L’administration doit ainsi notifier son intention : au plus tard le huitième jour précédant le terme de l’engagement, pour l’agent recruté pour moins de six mois ; au début du mois précédant le terme de l’engagement pour l’agent recruté pour une durée égale ou supérieure à six mois et inférieure à deux ans ; au début du deuxième mois précédant le terme de l’engagement pour celui recruté pour une durée supérieure à deux années ; au début du troisième mois précédant le terme de l’engagement pour le contrat susceptible d’être reconduit pour une durée indéterminée. Dans ce cas, la notification doit être précédée d’un entretien. Selon le Conseil d’État, le décompte de la durée du préavis doit s’entendre de date à date.

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Catégorie C
L’accès au dernier échelon de l’échelle 6 de rémunération de la catégorie C est-il contingenté ?
NON Il existe, depuis le 7 juillet 2013, un 8e échelon (indice brut 499) dans les grades de la catégorie C dotés de l’échelle 6 de rémunération. Il est accessible après une durée maximale de quatre ans et minimale de trois ans passés dans le 7e échelon. Ce 8e échelon se substitue à l’échelon spécial mis en place dans la plupart des cadres d’emplois de la catégorie C, autres que ceux de la filière technique, par le décret du 23 avril 2012. Pour mémoire, l’accès à ce dernier était subordonné à l’inscription à un tableau d’avancement établi, au choix, par appréciation de la valeur professionnelle et des acquis de l’expérience, après avis de la commission administrative paritaire, et contingenté par un taux de promotion. Désormais, le 8e échelon est accessible, de manière linéaire, à l’ancienneté, selon le droit commun applicable à l’avancement d’échelon. À titre transitoire, les tableaux d’avancement à l’échelon spécial établis pour 2013 avant l’entrée en vigueur des dispositions demeurent valables.

Emploi fonctionnel
Le congé spécial peut-il être accordé, sur sa demande, à un fonctionnaire détaché dans un emploi fonctionnel, en dehors de toute procédure de « décharge de fonctions » ?
OUI Le titulaire d’un emploi fonctionnel comptant au moins vingt ans de services civil et militaire valables pour le calcul de ses droits à pension de retraite, et occupant depuis plus de deux ans au moins son emploi, peut solliciter le bénéfice du congé spécial. Il doit être à moins de cinq ans de l’âge lui ouvrant droit à une pension de retraite, cette dernière condition ayant remplacé, depuis le 1er janvier 2012, la condition d’être âgé de 55 ans au moins. Ce congé ne peut, en outre, être accordé si un autre fonctionnaire de la collectivité ou de l’établissement en bénéficie au même titre. À l’expiration du congé spécial, accordé pour une durée maximale de cinq ans et au plus tard jusqu’à la limite d’âge, l’agent est admis d’office à la retraite. La décision de l’autorité territoriale accordant, à sa demande, un congé spécial à un fonctionnaire détaché dans un emploi fonctionnel, si elle met nécessairement fin à ce détachement, ne constitue toutefois pas une décharge de fonctions au sens de l’article 53 de la loi du 26 janvier 1984. Ainsi, elle n’a pas à être accompagnée des diverses garanties procédurales qui s’y appliquent.

Demande d’agrément d’un assistant maternel
La liste des pièces composant le dossier de demande d’agrément aux fonctions d’assistant maternel est-elle fixée par un arrêté ministériel ?
OUI Le dossier de demande d’agrément aux fonctions d’assistant maternel est adressé au président du conseil général du département de résidence de l’intéressé, par lettre recommandée avec demande d’avis de réception, ou déposé auprès du service départemental compétent. Le formulaire prévu par l’article L.421-3 du Code de l’action sociale et des familles est conforme au modèle Cerfa 13 394*03. Outre la copie d’une pièce d’identité, d’un justificatif de domicile, ou d’un titre de séjour en cours de validité, le dossier doit comporter, notamment, un extrait du bulletin n° 3 du casier judiciaire de chacun des majeurs vivant au domicile du demandeur, ainsi qu’un certificat attestant de la réalisation de l’examen médical prévu à l’article R.421-3. L’agrément n’est pas accordé si l’un des majeurs vivants au domicile du demandeur a fait l’objet d’une condamnation pour une des infractions pénales listées à l’article L.421-3 du code. Pour toute autre infraction inscrite au bulletin n° 3 du casier judiciaire, il revient au service départemental de protection maternelle et infantile de juger si l’infraction justifie un refus. Lors d’une demande de renouvellement, l’attestation d’assurance en responsabilité civile professionnelle permettant de couvrir les dégâts corporels causés ou subis par le mineur, obligatoire dès le début de l’activité, doit également être fournie.

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martine.kis@courrierdesmaires.com

N°171 • Février 2014

Les cahiers juridiques de La Gazette 33

Ressources
MARCHÉS DE TRAVAUX

CCAG-Travaux commenté
Le CCAG-Travaux organise les conditions de mise en œuvre du marché et les relations entre les intervenants. Cependant, sa structure est complexe et sa rédaction parfois elliptique. La 2e édition de cet ouvrage présente et analyse de manière précise et concise l’intégralité du CCAG-Travaux. Chacun des 51 articles fait l’objet d’un commentaire synthétique qui permet une compréhension immédiate de sa portée et facilite sa mise en œuvre. Des précisions sur les sujets connexes les plus récents (Guichet unique, travaux à proximité de certains ouvrages, garanties, régime de responsabilités, loi MOP, etc.) dans les commentaires offrent un éclairage utile pour permettre de répondre efficacement à tout incident pouvant survenir durant l’exécution des travaux. En outre, chaque article est enrichi des références, des extraits de textes officiels utiles à sa compréhension, ainsi que du résumé de la jurisprudence judiciaire et administrative à jour en octobre 2013. Enfin, les tableaux et les schémas facilitent la compréhension des procédures de transmission et de notifications des éléments du marché pour éviter les erreurs de procédures. Cet ouvrage permet à tout maître d’ouvrage, responsable de marché, juriste et maître d’œuvre de résoudre tout problème juridique dans l’application du CCAG-Travaux pour exécuter les marchés en toute sécurité. Nicolas Charrel, CCAG-Travaux commenté, Ed. Le Moniteur, décembre 2013.

SÉCURITÉ

Le maire et la lutte contre le bruit
L’article L.2212-2-2° du Code général des collectivités territoriales (CGCT) précise que la police de la tranquillité publique comprend le soin de réprimer les atteintes à la tranquillité publique telles que les rixes et disputes accompagnées d’ameutements dans les rues, le tumulte excité dans les lieux d’assemblée publique, les attroupements nocturnes qui troublent le repos des habitants, et tous les actes de nature à compromettre la tranquillité publique. La compétence du maire relative aux bruits de voisinage est définie par l’article L.2215-1 du CGCT, mais aussi par le Code de la santé publique et le Code de l’environnement. Dans un contexte législatif complexe et diffus, cet ouvrage précise l’étendue des pouvoirs de police administrative du maire en matière de bruits liés au comportement d’une personne, à une chose dont elle a la garde ou à un animal placé sous sa responsabilité, ou encore de bruits provenant des activités professionnelles (chantiers…), sportives, culturelles ou de loisir. Un exposé clair et de nombreuses illustrations jurisprudentielles permettent de resituer concrètement les situations auxquelles se trouvent confrontés les maires dans l’exercice de leurs prérogatives pour lutter contre le bruit. Joël Clérembaux, Le maire et la lutte contre le bruit, Ed. Territorial, janvier 2014.

juridiques
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GESTION LOCALE

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Droit et gestion des collectivités territoriales
Droit et gestion des collectivités territoriales (DGCT) décrypte l’ensemble des évolutions législatives, réglementaires et jurisprudentielles de l’année échue. La 1re partie présente des études consacrées aux défis liés aux mutations des systèmes énergétiques. La 2e partie traite de l’actualité législative, réglementaire et jurisprudentielle de l’année au travers de chroniques thématiques qui détaillent l’administration territoriale et les aspects territorialisés de l’action publique (fonction publique territoriale, urbanisme, environnement, finances et fiscalité, etc.). Destiné aux acteurs publics locaux, véritable encyclopédie de la décentralisation, fournit toutes les clés pour apprécier la portée des réformes institutionnelles. Groupement de recherche sur l’administration locale en Europe (GRALE), Droit et gestion des collectivités territoriales, Ed. Le Moniteur, septembre 2013.

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N°171 • Février 2014

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