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POLITIQUES CULTURELLES

RÉGION ET CHAMBÉRY

Par anonyme.

Quelques chiffres

Conseil Régional Rhône-Alpes / Culture

Budget culture = 34 millions €

Spectacle vivant = 21,5 millions €

Equipes artistiques = 4,895 millions € = 31 %

Equipes artistiques = 165 dont 47 conventionnées

Lieux aidés = 90

Cies théâtre = 1,693 millions €

Cies théâtres = 68

Moyenne : 1,693 millions divisé par 68 = 24 900 €

Savoie : 5 Cies aidées

Description :
La région place les équipes artistiques au cœur de son dispositif en
faveur du spectacle vivant car elles oeuvrent au renouvellement
artistique, à l’aménagement du territoire et vont à la rencontre des
publics.
L’aide régionale vise à consolider leur structuration, à renforcer leur
capacité de production et de diffusion, à accompagner leur parcours, à
améliorer les conditions d’emploi des artistes et des techniciens.

Public concerné :

La Région peut accompagner dans leurs projets de création, de


production, de diffusion, de reprise et d’action culturelle, les équipes
artistiques professionnelles dont l’exigence artistique est avérée et qui
témoignent d’un parcours et d’un rayonnement régional.

POLITIQUE CULTURELLE / SPECTACLE VIVANT / THEÂTRE / DANSE

INFORMATIONS / QUELQUES REFLEXIONS…

CONSTAT

Travail de création :

Le travail de création est fragile. Certains spectacles sont réussis, d’autres ratés.
C’est une loi intangible. Elle s’applique à toutes les équipes artistiques, grosses
structures très subventionnées, petites structures.

Sur l’excellence et le label :

L’Etat a décrété, il y a déjà de nombreuses années (début des années 90) que les
Scènes Nationales étaient les lieux de l’excellence, de la qualité, voire de la
haute qualité, en matière de diffusion du spectacle vivant.
Des moyens considérables sont attribués chaque année à ces structures
budgétivores dont les dérives et les déficits avaient pourtant été dénoncés dans
les années 80 ( époque « Maisons de la Culture »).

Cette politique est une erreur majeure. Pourquoi ?

l’excellence, la haute qualité, le talent ne se décrètent pas et certainement


pas d’en haut. Le spectacle vivant est fragile par essence et les scènes
Régionales et Nationales n’échappent pas à la règle. De nombreux spectacles de
théâtre, de danse, moyens, médiocres, ratés, voire affligeants y ont été présentés
depuis vingt ans, les bons étant l’exception qui confirme la règle. (voir,
également, depuis des années les spectacles consternants présentés au Festival
« in » d’Avignon, présentés pourtant comme l’exemple à suivre).
Etre diffusé dans ces lieux labellisés n’est donc pas forcément signe de qualité et
on ne voit pas comment les responsables de ces lieux pourraient prétendre
donner un avis autorisé.

Existe-t-il une expertise de ces lieux avec des grilles sérieuses d’analyse ?
Non. Les rares fois où une évaluation a eu lieu, on a demandé, en réalité, aux
structures de s’auto évaluer. Sûr qu’elles vont être très critiques avec elles
mêmes ! Elles s’auto distribuent des satisfecits.

Sur les conséquences néfastes de la concentration d’argent public sur les mêmes
structures

Diffuser toujours les mêmes réseaux, l’esthétique ou la mode du moment, en


orchestrant en permanence la légitimité de leurs choix avec la connivence de
certains médias, a pour effet direct de fossiliser et d’ossifier un secteur qui
aurait plutôt besoin de régénérer. En effet, il n’existe pas un public mais des
publics avec des sensibilités différentes. Cette politique empêche le
renouvellement des formes, la conquête de nouveaux publics et tue dans l’œuf
des équipes artistiques qui ne pourront jamais se développer, faute de moyens
suffisants.

Sur les comités d’Experts des « DRAC » :

Composés majoritairement d’enseignants engagés dans l’action culturelle et de


responsables de scènes nationales, régionales… les « experts » auto-décrétés
n’ont jamais été élus démocratiquement. Ils n’ont donc aucune réelle
légitimité. Par ailleurs, lorsqu’un membre le quitte, un autre, de la même
famille, est aussitôt coopté.

Un rapport officiel a d’ailleurs dénoncé les pratiques de ces comités qui


distribue l’argent public sans aucun critère sérieux à leurs réseaux (phénomène
de consanguinité et de copinage).

Quand il y a phagocytage, il n’y a plus de renouvellement. Ce sont les mêmes


personnes qui se partagent depuis des années les postes, les crédits, les
opportunités, les privilèges attenants aux fonctions et qui se donnent les moyens
de tuer dans l’œuf des projets, des initiatives qui pourraient menacer leur
position.
Question : Qui expertise les experts ? personne. Les élus s’en remettent à leurs
avis. Chèque en blanc et carte blanche. Toutes les dérives sont permises.

Sur la compétence des experts :


Les critères sont très limités : celui de l’artistique, totalement subjectif mais
bien commode pour légitimer ses propres réseaux et protéger ses prébendes et
privilèges.
Autre critère : être coproduit en amont de la création par plusieurs Scènes
Nationales et/ou Régionales pour être éligible. On peut le constater, le système
est verrouillé.
Quelques personnes ont donc tous les pouvoirs sur la vie du spectacle vivant
dans une région. Car, l’heureux élu voit « toutes les fées se pencher sur son
berceau ». Il obtiendra les meilleures aides de la Région, du département, de sa
ville. Il pourra même être conventionné. C’est une rente assurée pour de
nombreuses années.

Qui peut donc donner un avis autorisé ?


Le public, c’est lui aussi, l’expert, c’est lui aussi qui est sensible à une
création, un travail. Le public est évidemment méprisé par les techniciens qui
mettent toujours en avant son absence supposé de goût. Il ne choisirait, si on le
laissait faire, uniquement, « Mon cul sur la commode ». Ce qui bien sur est faux.
Ce mépris est anti-culturel.

Sur l’accès aux comptes et à la transparence

N’existe pas. Aucun contrôle de la part des élus. Aucune analyse du coût réel
d’un spectacle. Aucune analyse, également, à posteriori, de l’impact, de la
réussite, du contenu d’un spectacle. A partir du moment où la Collectivité a
investit de l’argent public, elle légitime son choix, en criant au « génie ! »
(exemples nombreux), sans tenir compte de la réaction des spectateurs, de la
Presse … Il y a donc un gaspillage important de l’argent public via
notamment, certains spectacles achetés très haut dessus d’un prix normal ou
d’opérations de communication qui monopolisent des budgets considérables.

Que faut-il faire ? PROPOSITIONS

Changer la composition des comités d’experts (les Responsables, Directeurs de


lieux, Président de Scènes Nationales, Régionales, salariés, Présidents de
Compagnies, salariés, ne doivent pas y siéger car ils sont juges et parties. Il y a
conflit d’intérêts).
Etablir une liste de critères objectifs, celui de l’artistique et des coproductions en
amont, n’étant pas les éléments déterminants afin d’éviter les dérives de
copinages et de consanguinité actuelles.

Concernant l’aide aux équipes artistiques

Répartir les subventions différemment. Diminuer de façon signifiante celles qui


touchent des aides conséquentes depuis de nombreuses années et aider de façon
prioritaire celles qui n’ont rien obtenu ou de petites sommes.

L’argument fallacieux concernant le soi disant danger de « l’atomisation des


aides », la « non dispersion » ou le « saupoudrage » est une nouvelle fois très
pratique pour aider toujours les mêmes, maintenir les privilèges de certains
et empêcher les autres d’exister.

Nous rappelons que de nombreuses équipes non aidées sont des Compagnies
Professionnelles possédant une licence d’entrepreneur de spectacles. L’argent
public et les théâtres, bâtiments publics doivent servir à tous ceux qui en font la
demande et non pas être réservés à certains réseaux, amis des responsables de
lieux.

L’argent de la République doit aider tous ceux qui sont dans le secteur
d’activité selon une grille de critères transparents. Personne ne doit être
exclu.

Concernant la Ville de Chambéry, la politique menée actuellement de soutien


quasi exclusif à une association en matière de diffusion et coproduction de
spectacles vivants (Amccs) produit les effets suivants :

Les Compagnies Professionnelles sont victimes d’une concurrence très


déloyale à plusieurs niveaux par rapport aux équipes extérieures accueillies par
l’amccs : (budget de plus de 5 millions d’Euros consacrés à cette association via
des financements croisés et des recettes)

- Financement très faible des créations (argent)

- Absence de temps de résidence ( argent + lieux équipés)

-Absence de temps suffisant et de lieux équipés pour la diffusion

Menaces directes sur les emplois (ceux existants) et empêche la création


éventuelle de nouveaux. (les Cies Pros sont des TPE)
En résumé, La Ville exerce une censure de fait (limites considérables à la
liberté d’expression), mène une politique d’exclusion culturelle, protège un
monopole (hégémonie d’une association L’Amccs) et donne toujours plus
d’argent (plusieurs millions d’Euros à cette structure sans la contrôler.
(gaspillage de fonds publics alors qu’elle en comptable).

De fait, la Culture est privatisée avec des fonds publics dont sont
bénéficiaires toujours les mêmes structures qui protègent leurs privilèges et
ne veulent surtout pas partager. Il y a une disproportion flagrante qui ne
peut qu’interpeller tout démocrate.

Les élus ne peuvent pas, dans leurs discours mettre toujours en avant les
valeurs de partage, de solidarité, d’égalité, de transparence , de démocratie
(participative) et faire exactement le contraire.

( A suivre)