Sie sind auf Seite 1von 16

disjoncteurs Fluarc au SF6 et protection

des moteurs MT
Jacques Hennebert
David GibbsP=

sommaire
1. Historique p. 2
2. Coupure par autosoufflage (auto expansion) p. 2
3. Arc tournant p. 4
4. Coupures et surtensions de manœuvre p. 5
5. Surtensions et ondes à front raide Les réamorçages p. 5
L'arrachement du courant p. 8
Les préamorçages p. 9
6. Isolation des moteurs p. 10
7. Propagation d'ondes à front raide
dans les moteurs p. 10
Conséquences des phénomènes
de surtensions p. 12
8. Isolation moteur d'après les normes Isolation entre spires p. 12
CEI et pratiques courantes Isolation par rapport à la terre p. 12
9. Performances des disjoncteurs Fluarc Essais de coupure p. 13
Résultats des essais p. 13
Dans la pratique p. 14
Avec l'expérience p. 15
10. Conclusion p. 16

cahiers techniques Merlin Gerin n° 143 / p.1


1. historique

Jusqu’à la fin des années 70 les n’étaient même pas conscients de de condensateurs, etc, comparé à ceux
disjoncteurs MT (moyenne tension) ont l’existence d’un tel phénomène. En effet de la coupure dans l’huile et dans l’air ;
utilisé, principalement, les techniques de grâce au soufflage magnétique dans l’air, ■ un volume réduit, par rapport aux
coupure dans l’air et dans l’huile. le grand allongement de l’arc (fonction de disjoncteurs à coupure dans l’air.
Les disjoncteurs à coupure dans l’huile, à la valeur du courant coupé), et son Pour remplacer les disjoncteurs à coupure
faible ou à fort volume d’huile, étaient en refroidissement, permettent une coupure dans l’air, dans les applications
Europe la seule alternative technologique. en douceur, sans surtension excessive. industrielles, et particulièrement pour la
La majorité des constructeurs de dis- Les techniques de coupure dans le gaz coupure des courants de démarrage des
joncteurs, d’envergure internationale, les d’hexafluorure de soufre -SF6- ou dans le moteurs, le disjoncteur SF6 est la solution,
présentaient dans leurs catalogues. vide ont commencé à être utilisées dès offrant :
Par ailleurs, les qualités des disjoncteurs les années 70-75 (selon les pays), ■ l’avantage d’une coupure en douceur,

à coupure dans l’air étaient très particulièrement pour les disjoncteurs MT et,
appréciées par leurs utilisateurs dans le des postes primaires. ■ par rapport aux disjoncteurs à coupure

domaine de la distribution industrielle de Le succès de ces deux nouvelles dans l’air, un faible encombrement.
6,6 et 11 kV en Asie et en Europe, et de techniques n’est plus à prouver. Leurs Pour toutes ces raisons, après avoir
5 et 15 kV sur le continent américain. avantages sont : fabriqué pendant 35 ans des disjoncteurs
Avec les disjoncteurs à coupure dans ■ une durée de vie plus grande que celle à coupure dans l’air de type Solenarc,
l’air, que ce soit pour des applications BT des disjoncteurs à huile ; Merlin Gerin a opté dès 1970 pour la
ou MT, les utilisateurs ne se préoccupaient ■ un meilleur comportement en réen- technologie à coupure dans le SF6 dans
pas des surtensions et bien souvent, clenchement rapide, coupure de batterie le secteur de la moyenne tension.

2. coupure par autosoufflage (auto expansion)

Tous les Fluarc sont des disjoncteurs à périphériques de l’arc. Les échanges de Les développements techniques actuels
auto-soufflage. Cela signifie que pendant température pendant la période d’arc font qu’il est intéressant de rester au
toute la durée de vie d’un disjoncteur - 20 s’effectuent donc surtout par convection. voisinage de la vitesse du son.
ou 30 ans - c’est la même masse de gaz L’énergie fournie par le système, dans un Cette vitesse peut être atteinte par une
SF6, contenue dans une enceinte fermée temps dt à une masse de gaz dm, est : géométrie convenable et pour une
étanche et scellée à vie, qui participe à la dw = V.I.dt = h.dm, certaine énergie développée lors de la
coupure et à l’isolement. avec : coupure. Technologiquement, les
Pendant la période d’arc, celui-ci est V = tension de l’arc, contacts tubulaires creux facilitent
refroidi par convection du SF6 et échange h = enthalpie par unité de masse ; l’écoulement rapide des gaz chauds et
thermique entre le gaz “chauffé” par l’arc ou encore : entraînent l’instabilité de la racine de l’arc,
et le gaz froid. V.I.dt = h.ρ. s.dx évitant l’usure des contacts d’arc.
Plus précisément, le gaz froid est insufflé avec : La technique de soufflage est d’une
perpendiculairement à la colonne d’arc ρ = densité, remarquable efficacité, elle nécessite
pour renforcer le mélange du gaz chaud s = section en coupe de l’arc d’injecter seulement une petite quantité
et du gaz froid (phénomène tourbillon- dx = chemin parcouru par la masse dm de gaz entre les contacts : par exemple,
naire). En comparaison, l’énergie calori- pendant un temps dt. avec les disjoncteurs Fluarc FB et FG, la
fique échangée par conduction radiale D’où V.I = h.ρ. s.u, u étant la vitesse des quantité de gaz comprimé injecté au col
est très faible. gaz. de la buse est de cinq grammes pendant
On pourrait s’attendre à un échange L’énergie transmise dépend directement l’ouverture.
calorifique par rayonnement dû à la de cette vitesse, mais les lois d’écoule-
Afin de limiter la température de l’arc qui
température élevée de l’arc. En fait, les ment des gaz nous apprennent que le
peut atteindre 10 000 ou 15 000 °C, à
échanges sont infimes car le rayonnement débit massique ne peut pas s’accroître
indéfiniment lorsque la vitesse augmente. l’approche du zéro de courant il faut avoir
est produit uniquement par les couches

cahiers techniques Merlin Gerin n° 143 / p.2


évacué l’énergie calorifique produite (qui Ce freinage limite la distance entre les A titre indicatif dans les appareils MT (12,
atteint approximativement 30 000 joules contacts, c’est à dire la longueur de l’arc 24 ou 36 kV) la longueur de l’arc est de
lors de l’interruption d’un courant de et de ce fait l’énergie dissipée dans l’arc. l’ordre de 15 mm.
25 kA). La courbe d’enthalpie du gaz
montre qu’un gramme de SF6 suffit à
transporter cette énergie (cf. fig. 1).
i
Pendant la période d’arc, l’espace occupé
par l’arc au col de la buse dépend de la
valeur du courant instantané.
La section de l’arc, étant proportionnelle t
à cette valeur, est donc sujette à la même
variation sinusoïdale. A des valeurs
élevées de courant, l’arc peut occuper
tout l’espace, bloquant ainsi le flux de gaz
froid, c’est l’effet «bouchon» (cf. fig. 2).
Le débit massique total à la base de la
buse est donc faible lorsque les valeurs
de courant instantané sont élevées, mais
il s’élève rapidement dès que le courant
chute, juste avant le zéro de courant. Il
est alors plus important que lors de la
coupure d’un courant faible (cf. fig. 3).
fig. 2 : effet bouchon.
L’effet «bouchon» est bénéfique pour
deux raisons :
■ quand un disjoncteur s’ouvre sur un
circuit ouvert
courant élevé, il conserve une quantité
de gaz en réserve plus importante que course
des
lorsqu’il interrompt des courants faibles. contacts
Il n’agit pas en «aveugle» à l’approche du
zéro de courant. Ainsi :
■ sur fort courant, le gaz participe très
efficacement au refroidissement de l’arc
et à la désionisation, effet bouchon
■ et pour les faibles courants, le faible
débit massique évite la coupure brutale circuit fermé t
(arrachement), t0 : début d'ouverture des contacts d'arc

■ l’interruption d’un courant fort entraîne


un freinage du mouvement d’ouverture. section de l'arc
(proportionnelle
au courant) avec effet
h enthalpie bouchon
50 10 kJ/g
sans effet
bouchon
40 t
t0

débit
30
massique
de gaz
20

effet bouchon
10
t
T °K t0
fig. 3 : variation de la section de l'arc, de la course des contacts et du débit massique de SF6 pour
5 000° 10 000° 15 000° une coupure :
fig. 1 : enthalpie du SF6 en fonction de la à 10 % du P. de C.,
température. à 100 % du P. de C. : effet bouchon.

cahiers techniques Merlin Gerin n° 143 / p.3


3. arc tournant

Cette technique est utilisée en particulier ■ les points chauds créant des vapeurs produit vectoriel du champ et du courant,
pour les appareils à grande cadence de métalliques et une usure ponctuelle sont deux paramètres qui ne sont pas en phase
manœuvres, dans les contacteurs Rollarc évités grâce au mouvement des racines mais dont le produit garde une valeur
par exemple et dans certains disjoncteurs. de l’arc ; significative au voisinage du zéro de
Principe ■ cette rotation de l’arc se produit jusqu’au courant (cf. fig. 5).
Un conducteur parcouru par un courant, zéro de courant. Lors de la coupure de faibles courants, la
et placé dans un champs magnétique, La vitesse de rotation de l’arc a été vitesse est très faible juste avant le pas-
est soumis à une force qui tend à le faire mesurée. Elle varie avec l’intensité du sage à zéro du courant. Le refroidisse-
déplacer : c’est la loi de Laplace (champ- courant à couper, et dans le gaz peut ment par convection est alors faible et la
force-courant). Et c’est cette même loi atteindre la vitesse du son pour les forts désionisation n’est due qu’aux qualités
qui, appliquée à un arc électrique courants de court-circuit. intrinsèques du gaz SF6. Ce faible refroi-
conducteur, permet d’obtenir un arc Lors de la coupure des courants de court- dissement et cette désionisation font que
tournant. circuit, la force au voisinage du zéro de les coupures s’effectuent en douceur et
Application courant est assez élevée pour maintenir sans surtension de manœuvre.
Lors de l’écartement des contacts l’arc en rotation. En effet, la force est le
principaux, le courant à couper passe au
travers d’un solénoïde jusqu’à une
électrode circulaire. Un arc apparaît entre vitesse de rotation de l'arc
deux anneaux, perpendiculairement au
pendant la période d'arc juste avant le zéro
champ magnétique B produit par le
de courant
solénoïde. L’arc étant conducteur subit
donc une force F, et est en conséquence
courants élevés très élevée élevée
accéléré dans un mouvement circulaire
(vitesse du son)
(cf. fig. 4).
La technique de l’arc tournant présente courants faibles élevée faible
plusieurs avantages :
■ le refroidissement de l’arc est efficace fig. 5 : vitesse de rotation de l'arc due au champ magnétique.
dans le SF6 environnant,

noyau magnétique
bobinage parcouru par le courant
à couper
circuit magnétique

contact fixe principal

contact d'arc fixe

I
F contact d'arc mobile

contact mobile principal

fig. 4 : exemple d'un contact à arc tournant (contacteur type Rollarc).

cahiers techniques Merlin Gerin n° 143 / p.4


4. coupures et surtensions de manœuvre

La modification brusque de la structure lièrement dépendants du type d’appareil De nombreuses études ont récemment
d’un réseau électrique provoque de coupure. été effectuées sur les surtensions de
l’apparition de phénomènes transitoires. Dans tous ces phénomènes, la coupure manœuvre à la suite de défaillances
Ceux-ci se traduisent souvent par la des petits courants inductifs dus à moteur et avec certaines technologies de
naissance d‘une onde de surtension, ou l’énergie selfique (1/2.L.I 2) des circuits coupure.
d’un train d’ondes HF de type apériodique est un important facteur de surtension. Ces études montrent que, pour toutes les
ou oscillatoire à amortissement rapide. Ces surtensions sont fonctions de l’appa- techniques de coupure, les surtensions
Ce problème de surtensions liées à la reillage de coupure utilisé et de la charge, injectées aux bornes d’un moteur tournant
commande des circuits avec quelque essentiellement transformateur ou à son régime, qu’il soit chargé ou non, ne
appareil que ce soit (interrupteur, contac- moteur. sont pas dans la majorité des cas,
teur, fusible, ou disjoncteur), a beaucoup ■ pour les transformateurs à vide, le capables d’endommager l’isolation des
fait parler de lui et de nombreuses études facteur d’amplitude étant faible, la coupure moteurs. Ceci tient à la faible impédance
ont été effectuées à ce propos. de petits courants magnétisants est facile de l’onde et à la force électromotrice
Pour comprendre le problème, il faut et sans danger. développée par le bobinage du moteur.
examiner les phénomènes qui donnent ■ pour les moteurs, la coupure des Au démarrage cette force électromotrice
lieu aux diverses surtensions, ou ondes à courants de démarrage est plus difficile n’existe pas et le risque est élevé.
front raide, qui apparaissent : et peut être grave de conséquences, Pour mieux cerner les influences et
■ réamorçages successifs ou arrache- particulièrement en terme de destruction performances des appareils de coupures,
ments du courant, à l’ouverture ; progressive de l’isolation du moteur qui il est intéressant :
■ préamorçages successifs, à la est plus faible que celle des autres ■ d’étudier les caractéristiques des
fermeture avec certains types d’appareils équipements. formes d’ondes de surtension générées
de commande. En fait, le grand nombre de moteurs MT par les opérations de coupure et l’effet de
Il est à noter que : utilisés dans l’industrie, leur prix, et leur ces ondes sur les différents types
■ l’ampleur des surtensions ayant pour sensibilité aux surtensions, ont rendu d’isolation;
origine ces trois phénomènes dépend de prudent leurs utilisateurs et les ■ de déterminer les effets des surtensions
l’instant (par rapport à la sinusoïde) où le concepteurs de réseaux. Car pendant sur l’isolation des moteurs ;
processus est initié ; leur durée de vie, ces machines subissent ■ de connaître les tenues en tension des
■ les phénomènes de préamorçages et des surtensions variées en terme moteurs.
de réamorçages successifs sont particu- d’amplitude et de temps de montée.

5. surtensions et ondes à front raide

L’étude des surtensions passe donc par encore trop rapprochés, n’ont pas la Pour résumer ce phénomène, si un
celle des trois phénomènes cités distance d’isolement nécessaire. Le appareil peut interrompre des courants
précédemment : courant qui s’établit alors est un courant transitoires à haute fréquence, il peut
■ réamorçages, de haute fréquence que le dispositif de alors provoquer des trains d’ondes
■ arrachement du courant, coupure est capable d’interrompre si sa transitoires de haute fréquence.
■ préamorçages. vitesse de régénération diélectrique est A noter qu’un moteur peut être soumis à
très élevée. Puis le même processus se une onde à front raide, de même type que
répète, et plusieurs réamorçages, jusqu’à
les réarmorçages une centaine, peuvent se produire. Ces
celle apparaissant sur son appareil de
Le phénomène commande, mais ayant une amplitude
réamorçages produisent des ondes qui
Quand les contacts se séparent juste se propagent le long du circuit. L’amplitude double (en raison du phénomène de ré-
avant le passage au zéro du courant de ces ondes dépend de la différence de flexion d’onde).
50 Hz, un amorçage peut se produire car tension présente entre les contacts, juste
la tension s’élève entre les contacts qui, avant que la coupure ne se produise.

cahiers techniques Merlin Gerin n° 143 / p.5


Les réamorçages selon les normes ■ le second phénomène appelé seconde
1 C1 + C2
CEI oscillation parallèle, provoqué par un F p2 =
2π L 0 . C1 . C2
Dans les documents de la CEI, les transfert d’énergie se produit entre la
réamorçages multiples créés par source et les capacités de la charge à
l’appareillage de commutation sont travers l’inductance de liaison L0, il Du fait des valeurs importantes de l’in-
qualifiés «d’événements anormaux». concerne la boucle “disjoncteur-C 1- ductance de la source et des inductances
Dans ce cas les équipements sensibles L0-C2". de charge, le reste du circuit n’est pas
(enroulements de moteur) doivent : Cette oscillation se produit avec une concerné par les secondes oscillations
■ soit être prévus pour résister à un niveau fréquence Fp2 de 100 à 500 kHz : parallèles.
plus élevé de tension de choc,
■ soit être protégés de façon convenable.
Pour les moteurs MT, l’utilisateur a donc
deux solutions pour éviter les dommages : phase avec interruption réussie
■ soit utiliser des moteurs ayant une très
bonne isolation, correspondant aux
caractéristiques (front, amplitude) des U
ondes à front raide qui se propagent, Us Up
■ soit utiliser des parasurtenseurs (pour
limiter l’amplitude de la surtension), et
des systèmes RC (pour dériver les
courants transitoires de haute fréquence).
Uc Um
Les documents CEI illustrant ces
phénomènes (cf. fig. 6) montrent que les
réamorçages sont non seulement définis t

par le niveau de surtension par rapport à Uf


la terre -Ulf- mais aussi par la valeur
maximale de la tension crête-à-crête -Us-
-. U lf

Les phénomènes transitoires de


réamorçage
Dans la réalité, des phénomènes
transitoires accompagnent très souvent
les réamorçages décrits précédemment.
Cette réalité est approchée dans le phase non encore interrompue
schéma équivalent (cf. fig. 7) d’un circuit U
comportant :
t
■ une source de tension sinusoïdale
d’inductance L1 et de capacité C1,
■ un appareil de coupure (disjoncteur D)
non dissociable des éléments parasites
Lp et Cp, Up
■ une charge inductive L2 possédant une
capacité répartie symbolisée par C2,
■ enfin une inductance de ligne L0.

Lors d’une interruption, plusieurs


oscillations indépendantes apparaissent :
■ au niveau du disjoncteur, les valeurs U f : valeur instantanée de la tension réseau
parasites de Cp1 et Lp1 provoquent une U c : tension réseau à l'instant de la coupure
première oscillation parallèle de fréquence U m : point d'extinction
Fp1 très élevée, de 1 à 10 MHz, pendant U lf : surtension par rapport à la terre
laquelle Cp1 se décharge à travers le U p : surtension maximale par rapport à la terre
disjoncteur : U s : amplitude maximale crête-à-crête de la surtension due au réamorçage
1
F p1 =
2π L p1 . C p1

fig. 6 : tension côté charge

cahiers techniques Merlin Gerin n° 143 / p.6


■ le troisième phénomène, appelé
oscillation du circuit principal, concerne première boucle d'oscillation parallèle

tout le circuit avec une fréquence Fm de 5


à 20 kHz : L1

1 L1+ L2
Fm =
2π L 1 . L 2 (C 1 + C 2)

qui peut ainsi être simplifiée pour une


charge très selfique : C1 Cp1 L p1 C2 L2

1
Fm = si L 1 << L 2
2π L 1 (C 1 + C 2)

Ces trois oscillations se produisent en


même temps après le réamorçage, et la L0
surtension qui en résulte est une super-
deuxième boucle d'oscillation parallèle
position des trois formes d’onde. Cepen- fig.7 : circuit équivalent
dant le développement de ces formes où Cp1 : capacité parasite du disjoncteur
Lp1 : inductance du disjoncteur
d’ondes dépend des caractéristiques du
disjoncteur, de celles du circuit et de
l’amortissement des composantes courant de fréquence industrielle (50 ou jusqu’à ce qu’elle dépasse la rigidité
résistives. 60 Hz), il peut créer plusieurs zéros de diélectrique de l’espace entre les contacts,
Le réamorçage unique courant à haute fréquence. La coupure et provoque ainsi un réamorçage.
Initialisée par la décharge de Cp1, la effective dépend alors du di/dt du courant Il faut se souvenir que pendant la période
première oscillation parallèle se produit lorsqu’il passe au point zéro et de l’apti- d’ouverture d’un disjoncteur ses contacts
juste après le réamorçage du disjoncteur tude de l’appareil à couper avec ce di/dt. se séparent, et de ce fait la tenue
avec une fréquence élevée Cp1. La Ceci dépend de sa vitesse de régénération diélectrique de l’espace entre ces contacts
seconde oscillation parallèle alors diélectrique : ainsi que de la tension d’amorçage
prépondérante entraine un courant ■ dans le cas des disjoncteurs ayant une s’accroissent à chaque réamorçage.
oscillatoire qui peut provoquer (ou non) vitesse élevée de régénération diélec- Pendant ce temps, le courant de charge
un zéro de courant, et dans ce cas peut trique, la coupure définitive peut se va augmenter puis décroître selon que la
(ou ne peut pas) être interrompu par le produire lors du premier passage au zéro valeur instantanée de la tension côté
disjoncteur. de courant à haute fréquence, charge dépasse ou non le niveau de
Dans le cas contraire, l’oscillation se pour- ■ pour des disjoncteurs à vitesse de tension E/2, ainsi que le montre la figure 8
suit jusqu’à ce qu’elle soit suffisamment régénération plus lente, plusieurs page 8.
amortie, et alors l’oscillation du circuit oscillations peuvent être nécessaires ; la Ainsi, la surtension de réamorçage pos-
principal prédomine. coupure peut même ne pas se produire sible est gouvernée par les caractéristi-
Les réamorçages multiples du tout. ques du circuit et du disjoncteur. La courbe
Dans des circuits fortement inductifs, le Ce courant à haute fréquence est initialisé d’onde de réamorçage est donc fonction
courant est déphasé de presque 90° par par les secondes oscillations parallèles de la fréquence du circuit de la seconde
rapport à la tension. Aussi, après et de ce fait, ce courant passe dans le oscillation parallèle, tandis que l’ampli-
l’interruption du courant au voisinage du circuit disjoncteur Cp1 et Lp1 (cf. fig. 7). tude possible est déterminée par la puis-
courant zéro, la tension atteint presque Sa fréquence est fonction des sance disponible, c’est à dire par la puis-
une valeur de crête. composants de cette boucle. Le courant sance stockée dans l’inductance du cir-
La tension commence à osciller à la passant ainsi par l’inductance de la charge cuit et dans la capacité au moment de la
fréquence fL du côté de la charge, et à la L2, n’est pas touché par la boucle des coupure.
fréquence fS du coté de la source. Si la secondes oscillations parallèles sauf par Dans la pratique,
différence momentanée des tensions de faibles perturbations. ■ les réamorçages successifs et les
d’oscillation dépasse le niveau de tenue Pendant la période de réamorçage, la interruptions de courant de fréquences
diélectrique, un réamorçage de l’arc se tension aux bornes de la charge oscille élevées qui provoquent le processus de
produit. autour d’un niveau de tension déterminé réamorçages multiples peuvent se répéter
Le circuit connait alors les premières et par la valeur acquise lors de la première plusieurs fois. La quantité d’énergie croît
secondes oscillations parallèles du côté interruption. Le niveau de tension moyen dans l’inductance de la charge alors que
de la charge. Ces secondes oscillations pendant cette période provoque un l’écart des contacts augmente, donc
provoquent un courant de haute accroissement du courant de charge. chaque réamorçage successif se produit
fréquence qui traverse le disjoncteur. Pendant la période de coupure, la tension à une tension plus élevée ;
Lorsque ce courant est superposé au de rétablissement transitoire monte

cahiers techniques Merlin Gerin n° 143 / p.7


chaque oscillation, dans la capacité C2 et
crée une surtension. Grâce à la
tension côté charge conservation d’énergie, la relation
instant de séparation des contacts mathématique entre le courant coupé
courant zéro «la» et la valeur de surtension est bien
t=0 connue :
E 1 2 1 2 1 2
C 2 . U max = C 2 . U c + L 2 . I a
2 2 2
0 t 2 L2 2
U max = Uc + Ia
C2
- E/2


Uc = tension aux bornes de C2 avant
l’oscillation
C2 = valeur de la capacité en aval
L2 = valeur de l’inductance en aval
Et donc, si le neutre côté charge n’est pas
zone de tenue diélectrique mis à la terre (c’est le cas pour la plupart
entre les contacts des moteurs), dès l’interruption de la
première phase (cf. fig. 9) un déplacement
Vmin du potentiel du neutre par rapport à la
courant côté charge pendant les processus de réamorçages
terre se produit et la surtension qui en
résulte est : 2 2
période Vmax U max = 0,5 V + (1,5V) + 1,5 L 2 / C 2 I a
de décharge
avec V = tension simple, entre phase et
période neutre.
d'extinction Mais cette équation ne tient pas compte
de l’amortissement du circuit qui fait
t décroître progressivement l’amplitude des
oscillations. Dans la pratique, il faut donc
introduire un facteur d’amortissement K :
K=1+ x
tension
d'alimentation
1,5 V
avec x = amplitude de l’oscillation autour
du potentiel du neutre.
fig. 8 : réamorçage
D’où :
■ lorsqu’il n’y a pas de courant arraché,
la valeur minimale de Umax obtenue est
■ l’amplitude est limitée par la tenue ■ la seconde façon est de ne pas couper
de : (Umax) mini = 0,5 V + X
diélectrique de l’espace entre les contacts, rapidement le courant HF, mais d’attendre
= 0,5 V + (K - 1) 1,5 V
amplitude qui s’accroît pendant qu’il s’amortisse et s’annule, pour couper
= 1,7 V avec K = 1,8
l’ouverture. La vraie valeur de tension de définitivement au prochain passage à
= 1,4 V avec K = 1,6.
réamorçage est donc fonction de l’énergie zéro du courant à fréquence industrielle.
■ avec un courant arraché, petit mais
disponible et de la régénération diélec-
non négligeable, Umax est bien sûr plus
trique, si bien qu’une valeur générale
maximale ne peut être fixée.
l’arrachement du courant important; les valeurs les plus élevées
Il est défini comme une «coupure de pouvant être observées lorsque la
Le processus de réamorçage/coupure coupure de la première phase provoque
peut s’interrompre de deux façons : courant abrupte assez loin du zéro de
courant 50 ou 60 Hz”. la coupure des autres phases, presque
■ la première, par la fin des phénomènes
Alors que le courant a été brusquement instantanément. Ce phénomène est
de réamorçage. L’espace entre les
contacts, nécessaire pour couper, amené à zéro par la coupure, le courant appelé arrachement du courant virtuel.
augmente en même temps que la tension de l’inductance de charge a besoin d’un Le processus d’arrachement de ce
transitoire de rétablissement (TTR). certain temps pour dissiper l’énergie courant virtuel dépend entièrement des
Lorsque le taux d’augmentation de la magnétique emmagasinée et pour caractéristiques du circuit et du couplage
tenue diélectrique dépasse le taux permettre au champ magnétique de
entre phases. Il peut donc se produire
d’accroissement de la TTR, la coupure chuter. L’énergie emmagasinée dans l’in-
avec n’importe quel disjoncteur.
est définitive ; ductance L2 (cf. fig. 7) est transférée à

cahiers techniques Merlin Gerin n° 143 / p.8


■ avec des valeurs élevées du courant
arraché, la puissance emmagasinée dans
le circuit de charge au moment de la
coupure peut être extrêmement élevée,
et peut entraîner des surtensions
excessives.

V
les préamorçages
Au moment de la fermeture des appareils N
de connexion (disjoncteur-contacteur-
0,5 V
interrupteur), une position est atteinte où
la tenue diélectrique entre les contacts
devient inférieure à la tension entre les
contacts. A cette position, un amorçage U max
(appelé préamorçage) se produit. Les X
tensions, du coté de la source et du coté
de la charge, vont très rapidement
atteindre une tension intermédiaire et la
tension entre les bornes amont et aval de
l’appareil de coupure décroître pour
atteindre une valeur plus basse. Ce
changement rapide de tension a pour
effet de créer une onde de tension à front
i
raide de part et d’autre de l’appareil.
L’amplitude du front peut atteindre une
valeur aussi grande que la valeur de
crête de la tension simple. Les ondes de
Ia
haute fréquence qui en résultent
atteignent la charge où a lieu une réflexion,
et l’onde réfléchie retourne aux bornes du
disjoncteur. L’arc du préamorçage peut fig. 9 : interruption de la première phase avec courant arraché Ia.
être alors coupé au zéro de courant ou à
proximité de ce zéro. Sa coupure dépend
atteint sa valeur de crête, l’onde de tension enveloppe des trains d’oscillations HF
du di/dt du courant lorsqu’il passe au
haute fréquence décroît lentement du fait est décroissante.
zéro.
du passage des ondes dans le câble Comme nous venons de le voir, le
Mais étant en cours de fermeture,
(l’impédance caractéristique d’un câble phénomène de préamorçage est très
l’écartement entre les contacts diminue;
est de quelques dizaines d’ohms). complexe et difficile à prévoir. L’apparition
cette coupure n’est donc effective que
Le processus répété de préamorçage de surtensions dépend de nombreux
jusqu’à ce que la tension dépasse à
suivi d’une onde de courant de haute facteurs :
nouveau leur tenue diélectrique. Avant
■ caractéristiques du disjoncteur
que les contacts se touchent ce processus fréquence et d’une coupure de courant
est donc semblable dans sa nature au (propriétés diélectriques, capacité à
peut se répéter plusieurs fois.
phénomène de réamorçage décrit couper le courant de haute fréquence),
La tension qui apparaît aux bornes du
■ caractéristiques du circuit (impédances
récepteur connaît un «double effet» dû à précédemment. Une différence toutefois :
la tenue diélectrique diminuant avec le caractéristiques des câbles et récepteurs),
la réflexion (généralement de l’ordre de
■ ainsi que l’instant de la fermeture.
1,8 fois la tension introduite ). Après avoir rapprochement des contacts, la courbe

cahiers techniques Merlin Gerin n° 143 / p.9


6. isolation des moteurs

La majorité des enroulements stator des spires n’a donc pas besoin d’être élevé; rapport à la terre (ou isolation principale),
machines à courant alternatif est par contre, l’isolement entre les bobines est soumis a des contraintes diélectriques
constituée de bobines préformées, reliées et la masse doit être élevé pour supporter de trois à sept fois supérieures à la tension
entre elles pour former le bobinage d’une la tension phase-terre. nominale 50 Hz.
phase. Les bobines sont constituées de Ceci conduit à des distances d’isolement L’isolation entre spires est normalement
plusieurs spires en série, chacune d’entre faibles entre les spires et une isolation soumise à des niveaux de contrainte très
elles devant être isolée l’une de l’autre et plus épaisse de la masse pour supporter bas, mais qui peuvent être de 100 à 1000
du circuit magnétique mis à la terre. la tension phase-terre. Cette technologie fois plus élevés pour les premières spires
L’isolation est donc à considérer “entre introduit une capacité importante d'une des bobinages lorsque les surtensions
spires” et “entre bobinage et masse”. part entre les spires, d'autre part entre les dues aux réallumages multiples se
Pour assurer leurs performances sur le bobines et les encoches, ce qui conduit à produisent. Cette isolation entre spires
plan magnétique et thermique, les bobines une faible vitesse de propagation de la est d’ailleurs très difficile à tester, ce qui
sont placées dans des encoches situées surtension dans les bobinages d’un conduit à diverses appréciations des
au cœur du stator, lequel est mis à la moteur. conditions d’essais. Il n’existe donc pas
terre. Ainsi, l’isolement de type sec entre Le bobinage de la machine isolé par d’essais directs normalisés.

7. propagation d’ondes à front raide dans les moteurs

Comme décrit précédemment, le stator


d’un moteur est constitué de nombreuses
V
spires. 0 A B C D
Déterminer avec précision la répartition, tf V0 VA VB VC VD
entre spires, des tensions de choc à front
raide est très difficile. Aussi plusieurs τf théorique réel
modèles ont été développés pour étudier 100
ces surtensions, le plus connu utilise un 80
réseau maillé de bobines et de
60 VA VB VC
condensateurs en dérivation. tension V0
Dans un tel réseau maillé, le bobinage phase-terre 40
%V
est considéré comme un “milieu” dans 20
lequel des ondes se propagent avec une 0 t (µs)
impédance caractéristique donnée et τt 0,5 1,0 1,5 2,0 2,5
pendant un certain temps. L’onde à front τc
raide met donc un certain temps (Tt) à
passer de spire en spire ; ce temps est
100 tension sur extrémité de bobine
généralement beaucoup plus petit que le (V0 - VA )
temps de montée de l’onde (Tf) (cf.fig. 10). 80
Si l’amplitude de l’onde est Vmax, la tension tension 60 tension sur première spire
développée dans les spires est : %V
40
V2 = Vmax.(Tt/Tf).
Ainsi pour un moteur ayant une 20
caractéristique de propagation d’onde t (µs)
fixée (Tt), la tension qui apparaît aux 0 0,5 1,0 1,5 2,0 2,5
bornes de la première spire dépend de
fig. 10 : tension développée entre spires et extrémités de bobine lors de l'application d'une tension à
l’amplitude et du temps de montée de la front raide sur le bobinage d'un moteur.
surtension.

cahiers techniques Merlin Gerin n° 143 / p.10


Des relevés d’expériences (cf. fig. 11)
révèlent que : V%
■ les temps de front d’ondes supérieurs à
3 µs provoquent une tension négligeable 100

aux bornes des premières spires ; Puissances des moteurs


■ l’amplitude de la surtension est plus ▲ 2 200 kW
80 ● 100 kW
importante pour des ondes à front de ❍ 75 kW
montée de l’ordre de 0,5 à 0,2 µs ;

et + autres puissances
■ ces résultats sont indépendants de la 60

puissance des moteurs concernés. ❍ ▲

Toutefois la durée de telles surtensions 40



✛ ●
(ondes à front raide) est très courte; en ●

conséquence, même si la puissance
instantanée de la surtension peut être 20 ❍ ✛

élevée, l’énergie est très faible. De ce fait,


les dommages provoqués à l’isolation
0
sous forme de trous microscopiques dans 0 1 2 3 τ(µ s)
le système d’isolation, parfois appelés
“trous d’épingle”, sont très limités et bien fig. 11 : amplitude de la tension en fonction du temps de montée de l'onde.
souvent ne peuvent pas être détectés. En
effet un seul trou d’épingle cause très peu
de modifications dans les caractéristiques
d’isolation. Mais ces trous d’épingle se
multiplient au rythme des surtensions à 5
front raide. Ils provoquent alors des “points
chauds”, qui dégradent progressivement V3
les caractéristiques d’isolation, limitant
tension de choc phase/terre, en p. u.

ainsi la vie du moteur. Cette dégradation 4


est un processus généralement lent qui
peut ne pas être détecté jusqu’à ce que
l’isolation de la bobine soit totalement
3
détériorée.
De récentes discussions sur les
dommages crées sur les moteurs MT ont V I=tension nominaleen kV

conduit à établir des courbes de résistance V 1 = 2/3 V 1 .(1p.u.)


V2 2 V 2 =2 V 1
des moteurs aux tensions de choc. A titre
V 3 =1,25 2 (2V 1 + 1)
d’exemple, en fonction du temps de
montée, la figure 12 montre la courbe de
tenue au choc publiée par un comité de
l’Institut des Ingénieurs Electriciens et V1 1

Electroniciens ( IEEE) qui tient compte du


vieillissement des moteurs. Cette courbe
montre l’excellente capacité de l’isolation
des moteurs à supporter les surtensions
0 0,2 1 2 3 4 5 6 7 8
à fronts d’onde de durée supérieure à
5 µs, mais aussi la grande sensibilité aux
amorçages dûs à des surtensions ayant durée du front en µs
des fronts d’onde de durée inférieure à
1 µs. La contrainte est donc bien fonction fig. 12 : courbe enveloppe de résistance à la tension de choc de moteur.
du temps de montée de la surtension.

cahiers techniques Merlin Gerin n° 143 / p.11


conséquences des ■ soient dus à une surtension très élevée second pôle, alors que la tension coté
consécutive à un fort courant arraché, moteur est égale à 1,8 p.u., une tension
phénomènes de ■ soient dus à une répétition de de 2,3 p.u. est appliquée coté source et
surtensions surtensions de moindre valeur, coté charge, sous la forme d’une onde à
Les réamorçages consécutives à plusieurs coupures avec front raide. Cette onde subit aussi une
Comme expliqué précédemment, chaque arrachement. réflexion qui porte son amplitude à
réamorçage successif se produit à une Les préamorçages 1,8 x 2,3 = 4,1 p.u. aux bornes du moteur.
tension plus élevée avec une valeur Lors du préamorçage du premier pôle, En résumé
maximale qui ne peut être fixée. Or la une onde à front raide de 1,8 p.u. peut Les phénomènes de préamorçage sont
répétition excessive des surtensions peut être appliquée aux bornes du moteur. très complexes. Les surtensions qui en
conduire à la destruction définitive de Cette tension se propage à travers les résultent dépendent de beaucoup de fac-
l’isolation entre spires aussi le nombre de bobines et sera vue en tête de la deuxième teurs : du disjoncteur et de son
réamorçages lors d’une même coupure bobine comme une oscillation «lente» comportement dans de telles
est une donnée de base. d’amplitude de 1,8 p.u.. A ce moment là, circonstances (capacité ou non à
L’arrachement du courant la tension coté source est maximale sur interrompre prématurément le courant),
Les claquages de moteurs ayant pour la phase A (1 p.u.) et, sur les phases B et du circuit (impédances transitoires,
cause ce phénomène, directement lié à C, elle est égale à 0,5 p.u.. fréquences propres), ainsi que de l’instant
l’instant initial de la coupure, sont : Ainsi dans le cas le plus défavorable, de fermeture sur l’onde sinusoïdale de
lorsque le réamorçage se produit sur un courant.

8. isolation moteur d’après les normes CEI et pratiques courantes

Le comité technique pour les machines isolation par rapport à la terre 2 2 (2Un +1) = 40 kV ; mais elle n’est
tournantes (travaillant pour la CEI), et appliquée que pendant un temps court
Essai de tension à fréquence
différents auteurs de la littérature tandis que la valeur 20 kV crête apparaît
industrielle
technique, s’accordent sur les niveaux à chaque demi-période pendant une
La tension efficace (2Un + 1) kV est
d’isolation nominale des machines minute.
appliquée entre les bornes du bobinage
rotatives MT.
et la terre pendant une minute, puis est Essai de tenue à la tension de choc de
La norme CEI 34 stipule les niveaux
augmentée à une vitesse de 1 kV/s jusqu’à foudre
suivants.
deux fois (2Un + 1) kV; puis immé- La tension d’essai est 4 Un + 5 kV, ou
diatement ramenée à zéro, à la cadence 4,9 p.u. + 5 kV en valeur de crête.
isolation entre spires d’au moins 1 kV/s. A la suite de cet essai, Cette tension est la même que pour l’essai
le moteur ne doit présenter ni claquage, d’isolement entre spires mais avec un
La tenue à la tension de choc de foudre
est vérifiée par l’application d’une onde à ni dommage. temps de front de 1,2 µs.
front raide, de niveau (4Un + 5) kV, Un La valeur de crête, 2 2 (2Un + 1) kV , Le tableau de la figure 13 récapitule les
étant la tension nominale. Ainsi, pour dérivée de ce test est un peu supérieure différents essais de coordination de
Un = 6,6 kV, la tension d’essai est de : à celle de l’essai de choc. l’isolement qui sont effectués sur les
(4 x 6,6) + 5 ≈ 31 kV (crête). Pour Un = 6,6 kV, la valeur de crête cor- moteurs MT.
Généralement, le niveau de surtension respondante est donc de :
est exprimé en p.u. (per unit) c’est la
valeur crête de la tension phase/terre :
isolement essai à 50 (60) Hz essai de choc
2
1 p.u. = Un valeur efficace
3 entre spires 4,9 p.u. + 5 = 31 kV à 6,6 kV
(50 % sur un échantillon)
Pour Un = 6,6 kV, la tension d’essai temps de montée 0,5 µs
s’écrit aussi :
par rapport 2 UN + 1 ⇒ 2 (2 UN + 1) ⇒ 0 4,9 p.u. + 5 = 31 kV à 6,6 kV
4,9 p.u. + 5 kV (crête).
Par convention, 50 % de cette tension à la terre 14 kV ⇒ 28 kV⇒ 0 temps de montée 1,2 µs
doit être appliquée aux bornes d’un 1 kV/s
échantillon de bobines d’entrée, ce qui
correspond à un compromis dû à la
distribution non linéaire de la tension le 0 1 mn
long du bobinage. Le temps de front
d’onde ne doit pas être inférieur à 0,5 µs. fig.13 : niveaux d'isolement nominaux pour machines tournantes.

cahiers techniques Merlin Gerin n° 143 / p.12


9. performances des disjoncteurs Fluarc

De nombreux tests ont été réalisés dans Caractéristiques des câbles ■ courant : 280 A
différents laboratoires, depuis de Les extrémités de l’écran du câble à cos ϕ : < 0,2
nombreuses années, sur les associations champ radial sont mises à la terre. Fréquence d’oscillation : 27 kHz
disjoncteur-moteur MT ou des montages Longueur : 100 m
Tension : 12/20 kV
équivalents. résultats des essais
Récemment, selon le projet qui est sur le Courant : 295 A
(cf. fig. 15, 16, et 17)
point d’être inclus dans le document Type : Pirelli X23
Isolation : polyéthylène Les disjoncteurs Fluarc utilisés étaient
CEI 17A, les tests suivants ont été réalisés
Capacité/m : 0,22 nF/m des FG2/40 kA et FG1/25 kA.
dans le laboratoire Volta (rapports des
Impédance : 40 Ω Tension d’essai : 7,3 kV.
tests AC 1239 et AC 1241) :
Ces résultats reposent sur vingt essais
Paramètres du circuit moteur réalisés à chaque valeur de courant et de
essais de coupure ■ courant : 100 A
capacité. Ce résumé tient compte de
Schéma du circuit : (cf. fig. 14). cos ϕ : < 0,2
l’aspect statistique.
100 A - 7,3 kV et 280 A - 7,3 kV Fréquence d’oscillation : 11,7 kHz

Co = 40 nF inductance 100 m de câble


jeu de barre à champ radial
disjoncteur organe 25 à 50 µH ± 10 m/40Ω ± 10Ω
moteur de protection de fermeture

R 5Ω
Cc = 7,35 µ F
Cp = 400 pF
circuit de réglage à 2,5 nF

fig. 14 : schéma du circuit d'essai 100 A/7,3 kV - 280 A/7,3 kV.

type de I(A) K (facteur surtension (p.u.) réamorçages


disjoncteur d'amortissement) moyenne moyenne multiples
SF6 + un écart type
FG2 100 1,77 2,96 3,43 non
100 1,77 2,94 3,41 non
280 1,54 1,91 2,09 non
280 1,54 1,87 2,14 non
FG1 100 1,77 1,63 1,81 non
100 1,77 1,79 2,14 non
280 1,54 1,69 1,78 non
280 1,54 1,43 1,64 non
fig. 15 : résultats des essais avec disjoncteur Fluarc FG2/40 kA et FG1/25 kA : il ne se produit pas de réamorçages multiples
(tension d'essai : 7,3 kV - Cc : 7,35 µF).

cahiers techniques Merlin Gerin n° 143 / p.13


dans la pratique les contacts, seulement une micro- Vis à vis de l’arrachement de
seconde après le zéro de courant. Quand courant
Comme expliqué dans le premier chapitre, des disjoncteurs et des contacteurs à Des surtensions pouvant être observées
les techniques actuellement les plus coupure dans le vide coupent un circuit, lorsque la coupure de la première phase
utilisées dans les appareils MT sont la lorsqu’il y a suffisamment d’énergie pour provoque prématurément la coupure des
coupure dans le vide et la coupure dans initialiser un réamorçage, il en résulte autres phases, ce processus dit de
le SF6. Ces deux techniques présentent souvent un processus coupure / coupure du courant virtuel dépend
cependant des différences importantes réamorçage (réamorçages multiples). entièrement des caractéristiques du circuit
dans le domaine de la protection des Ce comportement varie selon le type et du couplage entre phases. Il peut donc
moteurs MT. d’alliage des contacts, mais reste différent se produire avec n’importe quel dis-
Vis à vis des réamorçages et du comportement d’un disjoncteur à joncteur.
préamorçages multiples coupure dans le SF6 qui a besoin Et comme d’autres phénomènes qui font
Le phénomène de réamorçages multiples d’environ dix microsecondes pour intervenir des coupures de courant de
dépend de la capacité du disjoncteur à retrouver 75 % de sa tenue diélectrique. haute fréquence, la coupure du courant
couper des courant de haute fréquence. Aussi, avec la technique de coupure dans virtuel risque plus de se produire dans les
Les disjoncteurs à coupure dans le vide le SF6, un seul réamorçage est possible disjoncteurs à coupure dans le vide,
sont capables d’interrompre des courants et fréquent lorsque les contacts se qu’avec des disjoncteurs utilisant d’autres
HF, du fait de l’extrême vitesse de la séparent juste avant le courant zéro techniques de coupure.
régénération diélectrique : la tenue (50 Hz). Exceptionnellement quelques
diélectrique peut atteindre 75 % de la réamorçages peuvent se produire mais
valeur qu'elle aurait normalement entre jamais en nombre important.

Laboratoire VOLTA C1239 86/12/12/030

0,1 ms

voie 4
10.00 kV

voie 5
10.00 kV

voie 6
10.00 kV

17,6 kV

fig. 16 : oscillogramme de coupure d'un disjoncteur FG2, à 100 A sur 7,3 kV, avec le circuit d'essai CEI.

cahiers techniques Merlin Gerin n° 143 / p.14


En résumé avec l’expérience ■ industries lourdes ( de process),
La capacité des disjoncteurs à coupure ■ plates-formes offshore,...
dans le vide d’interrompre des courants Le premier disjoncteur Fluarc fut mis en Ceci démontre la parfaite adaptation des
de haute fréquence, les rend beaucoup service en 1971. En 20 ans, plus de disjoncteurs Fluarc à la commande et à la
plus sensibles aux préamorçages 70 000 disjoncteurs de ce type ont été
protection des moteurs MT.
multiples que les autres disjoncteurs. Par installés dans le monde entier, pour des
contre, les disjoncteur au SF6 ne coupant applications variées notamment dans le
pas prématurément les courants de haute domaine industriel où les manœuvres
fréquence, ne provoquent en général des moteurs doivent être sûres à 100 % :
■ auxiliaires de centrales,
qu’un seul préamorçage.

Laboratoire VOLTA C1241 86/12/16/013 100.0

1 ms

voie 1
.10 kA

voie 7
2.00 V

voie 4
10.00 kV

voie 2
.10 kA

voie 8
2.00 V

voie 5
10.00 kV

voie 3
.10 kA

voie 9
2.00 V

voie 6
10.00 kV

fig. 17 : oscillogramme de coupure d'un disjoncteur FG1, à 100 A sur 7,3 kV, avec le circuit d'essai CEI. Le disjoncteur coupe sans arrachement de courant.

cahiers techniques Merlin Gerin n° 143 / p.15


10. conclusion

La comparaison entre le niveau d’isola- Cette valeur comparée aux résultats de Les Fluarc et Rollarc ne génèrent pas de
tion des moteurs et celui des surtensions test donnés au chapitre 9 montre que les réamorçages multiples, ce qui permet de
résultant de l’utilisation des disjoncteurs Fluarc ne surtensionnent pas de façon sauvegarder l’isolement entre les spires
Fluarc et contacteurs Rollarc montre qu’il dangereuse pour le moteur. des moteurs.
existe une bonne marge de sécurité. Ces disjoncteurs couvrent une gamme L’expérience a montré que leur emploi
A la tension de 6,6 kV qui est la plus étendue de courants nominaux, de rend inutile l’utilisation de limiteur de
utilisée pour des moteurs, le niveau tensions et de pouvoirs de coupure. Pour surtension ZnO pour écrêter et de circuits
d’isolation de l’ensemble de l’installation les cas difficiles (vieux moteurs ou risques RC pour atténuer les effets des
MT (CEI 298) est de 60 kV “choc” et de vieillissement accéléré) l’emploi des réamorçages multiples.
l’isolation du moteur entre ses bornes et disjoncteurs Fluarc FG1 ou des
la terre est de seulement 31 kV “choc” contacteurs Rollarc (P < 250 kW) est
(CEI 34) conseillé, car ces matériels utilisent la
technique de l’arc tournant.

cahiers techniques Merlin Gerin n° 143 / p.16