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LA MONDIALISATION EN FONCTIONNEMENT

INTRODUCTION La mondialisation est un phénomène qui s’est développé et accentué depuis la fin de la Seconde Guerre Mondiale. Elle touche toutes les parties du monde depuis la fin de la Guerre Froide (1991). Il existe un système-monde : la planète n’est plus divisée entre quelques civilisations ayant peu de rapport entre elles. Elle forme un ensemble interdépendant. La mondialisation se caractérise par de nombreux aspects : la diffusion du capitalisme, l’internationalisat ion des échanges et des productions / du travail par les migrations / des capitaux / de l’information, le rôle majeur des organisations internationales (OMC, FMI, Banque mondiale), la diffusion des sciences et des techniques.

Quels sont les principaux aspects du fonctionnement de la mondialisation ? Quels sont les principaux acteurs et flux qui caractérisent la mondialisation ?

I. ÉTUDE DE CAS : UN PRODUIT MONDIALISÉ, LE MARCHÉ MONDIAL DU CAFÉ

Le marché du café est le 2 ème marché mondial de produits bruts (après celui du pétrole). 49 pays du Sud en produisent. Chaque jour, 2.3 milliards de tasses de café sont bues. C’est une boisson universelle.

Pourquoi le café est -il un produit mondialisé ? Quels sont les acteurs de la filière du café ? Comment le marché mondial du café s’organise -t -il ?

Le café est originaire d’Éthiopie, dans la « corne de l’Afrique ». C’est une boisson obtenue à partir de graines de caféier (arbuste). Le café se diffuse d’abord au Moyen- Orient, dans le monde arabo -musulman, puis gagne l’empire ottoman au 16 ème siècle et l’Europe au 17 ème siècle . Les plants de café sont acclimatés par les Européens en Amérique centrale et du Sud , en Afrique et en Asie du Sud-Est , ce qui permet le développement de la production . Au 19 ème siècle , la consommation de café a gagné le monde entier . Le café se cultive dans la zone intertropicale humide. Il faut des températures élevées (20°C minimum) et de fo rtes précipitations (2000 mm/an). Il existe deux variétés principales de café : l’ arabica (70% du marché) et le robusta (30%). Le café est cultivé de deux façons différentes : la grande plantation commerciale avec une grande superficie de monoculture et une capacité d’investir puisque les propriétaires sont souvent des FTN alors que la main d’œuvre est des salariés agricoles, et la petite plantation familiale de petite taille avec un système de polyculture associant le café aux cultures vivrières. Les 3 plus gros producteurs sont le Brésil, le Vietnam et la Colombie . A eux trois ils réalisent 50% de la production mondiale . Il y a aussi le Mexique, le Costa Rica, l’Inde, etc.

Le commerce de café engendre des flux du Sud vers le Nord, les producteurs étant au Sud et les consomma teurs au Nord . Les principaux consommateurs sont l’Union

Européenne, les Etats-Unis et le Japon. Certains pays du Sud sont aussi d’importants consommateurs, comme le Brésil. Certaines régions comme le Royaume- Uni, la Russie, l’Inde ou la Chine vont culture llement préférer le thé mais il y a un potentiel de développement du café. Le café est commercialisé par un circuit complexe avec de nombreux intermédiaires.

Acteurs locaux Négociants Torréfacteurs Distributeurs Consommateu Producteurs Exportateurs = courtiers
Acteurs locaux
Négociants
Torréfacteurs
Distributeurs
Consommateu
Producteurs
Exportateurs
= courtiers
internationaux
(Nestlé )
(Starbucks)
rs
La filière du café est dominée par des FTN des pays du Nord (Nestlé Suisse ; Starbucks,
Kraft, W al - Mart, Sara Lee, Procter & Gamble Etats-Unis ; Lavazza Italie ).

Le marché est spéculatif quand il y a de grandes variations des prix . Ce sont les bourses de pays développés du Nord (Londres, New York) qui les contrôlent . Les pays producteurs du Sud devi ennent donc financièrement dépendants du Nord. Depuis 1980 , la production ne cesse d’augmenter avec les nouveaux pays producteurs comme le Vietnam. Les prix baissent donc puisque la production a augmenté deux fois plus vite que la demande. Il y a donc une importante baisse du cours mondial du café. Il est passé de 4000 $/t en 1994 à 500 $/t en 2002. Malgré quelques reprises, il y a une tendance baissière, le prix s’est vu divisé par 8 en 8 ans. Depuis, il y a une reprise jusqu’à 1500 $/t en 2006. Cette spéc ulation a des conséquences négatives pour les pays producteurs. Elle entraîne une baisse des revenus et une surproduction qui fait chuter les prix . Les producteurs vont se tourner vers l’exode rural ou vont se diversifier , avec la production de produits il licites comme la cocaïne en Colombie par exemple.

On observe une diversification des modes de production et des tentatives de régulation des cours. En 1962, l’ONU crée l’OIC (Organisation Internationale du Café) qui réunit les pays producteurs et consomma teurs. Depuis 2001 , elle a lancé un programme qui vise à améliorer la qualité du café et à lutter contre la surproduction, avec une coordination entre les pays producteurs et ceux consommateurs . Le commerce équitable s’est développé à la fin du 20 ème sièc le. Des labels comme Max Havelaar (1998) sont fondés pour assurer une meilleure rémunération aux producteurs et garantir un débouché pour leur production . Le petit producteur peut vendre sa production à un prix garanti mais le consommateur doit accepter de payer un surplus. Une nouvelle forme de consommation se développe dans les pays développés du Nord : le café conditionné en dosettes (Senseo, Nescafé), qui oblige le consommateur à se doter de machines spécialisées. Le prix est plus élevé car il y a une recherche de qualité. La part des dosettes dans le marché mondial est de plus en plus importante. Le conditionnement a un impact écologique contraire aux objectifs du développement durable. Les FTN font un profit de plus en plus élevé et dépassent le commerce équitable, qui lui reste marginal avec seulement 6% du commerce mondial.

II.

MOBILITÉS, FLUX ET RÉSEAUX : ASPECTS MAJEURS DE LA MONDIALISATION a. LES FLUX D’ÉCHANGES, LE COMMERCE INTERNATIONAL ET LES TRANSPORTS

Les flux d’échanges sont des échanges de m archandises donc ce sont des flux matériels .

La croissance des échanges de marchandises Depuis 1945, il y a à l’échelle mondiale une croissance forte et régulière des échanges de marchandises : multipliés par 15 en 70 ans et cette augmentation se poursuit à un rythme de +6% par an . La hausse des échanges s’accélère dans les années 1970 et décolle encore plus après 1993 . Au 21 ème siècle , tous les continents participent au commerce international de marchandises avec l’intégration de l’Afrique, du Moyen- Orien t et de l’Amérique du Sud. Ceci est dû au développement des moyens de transports maritimes et aériens, au progrès techniques réalisés dans les domaines de l’informatique et de l’électronique , au triomphe du libre -échange contrairement au principe de protec tionnisme, à l’augmentation de la population mondiale et de son pouvoir d’achat et à l’action des FTN pour diffuser leurs produits à l’aide de publicités et d’études de marchés pour répondre aux attentes des consommateurs.

La nature des produits échangés Les 75% des flux commerciaux sont des produits manufacturés, produit par l’industrie, comme l’acier, l’électroménager, l’automobile, le matériel informatique ou les produits textiles. 15% sont des produits extraits des sous-sols comme les minerais ou des sources d’énergie tels que le charbon, les hydrocarbures ou l’uranium. 10% sont des produits agricoles.

Le développement des moyens de transport La mondialisation du commerce international a bénéficié du développement des moyens de transports :

MARITIMES qui représentent les 3/4 du commerce international en volume et les 2/3 en valeur . Les bateaux peuvent transporter de grandes quantités de marchandises (plus de 100000 t). Leur prix est bas et attractif . Il y a une spécialisation des navires. Le conditionn ement dans des conteneurs a contribué au développement du transport maritime. Il existe des grandes voies maritimes : l’Atlantique, le Pacifique, Méditerranéenne et Circumafricaine. Cependant, il y a des aspects négatifs comme les flottes de complaisance (les pays ferment les yeux et offrent des immatriculations même s’il y a des menaces avec des bateaux en mauvais états qui peuvent provoquer des catastrophes naturelles comme les marées noires). Les principaux ports sont sur les grandes façades maritimes et sont des plateformes multimodales.

AÉRIENS qui se sont développés depuis 1945, surtout pour le transport de voyageurs mais aussi de frets, notamment les marchandises précieuses, les vaccins, les aides alimentaires ou d’urgence. Le transport aérien est or ganisé

autour de hubs (New York, Londres, Francfort, Tokyo, Paris). Il s’agit cependant du moyen le plus cher , mais aussi le plus rapide.

FERROVIAIRES qui sont les principaux moyens de transport de marchandises à l’intérieur des continent. Le train est moins cher que l’avion mais plus cher que le bateau . Il est très présent sur certaines zones difficiles d’accès (littoraux russes glacés) mais est concurrencé par les tubes (oléoducs, gazoducs).

ROUTIERS qui sont plus chers mais plus rapides et plus souples, car ils sont effectués par camion .

Les plateformes multimodales sont des centres d’impulsion de mondialisation.

b. LES MIGRATIONS INTERNATIONALES

Le terme de migration désigne un déplacement de population.

Il existe deux types de mouvements migratoires :

L’émigration quand les personnes quittent leur pays pour s’installer à l’étranger

L’immigration : l’arrivée dans un pays d’une population étrangère

Les principaux foyers de départ sont au Sud (Afrique du Nord et subsaharienne, Asie du Sud et Amériqu e latine). Le monde compte environs 300 millions d’immigrés.

Il y a différents types de migrations :

Les migrations forcées avec les réfugiés politiques ( 50 millions dans le monde)

Le brain drain (drainage des cerveaux) de travailleurs qualifiés pour des meilleures conditions de travail ou de salaire généralement, surtout vers les Etats - Unis

Les migrations économiques de travailleurs peu qualifiés à la recherche d’emploi et de salaire. Elles représentent le plus grand nombre de migrants et sont provoquées par les différences de richesse entre les pays du Nord et ceux du Sud, et par la croissance démographique

Ces mouvements peuvent être bénéfiques pour les pays de départ avec une baisse du chômage, des transferts financiers importants de la part des émigrés, etc…

Dans ces départs de population, il faut ajouter le tourisme international (séjours de moins de 2 mois). Chaque année, il y a environs 1 milliard de touristes internationaux. Les principaux pays émetteurs de touristes sont les Etats-Unis , le Japon, l’Europe et les nouveaux pays riches (Russie, Chine, Moyen - Orient). Les principales destinations touristiques sont le bassin méditerranéen, le bassin des Caraïbes , la France (plus de 80 millions de touristes par an), les Etats-Unis , l’Espagne, l’Italie Il y a de nouvelles destinations comme le Mexique ou la Thaïlande.

Certains pays ont organisé leur économie autour du tourisme. Ce sont des États insulaires avec peu de ressources (Maldives, Bahamas) qui développent de grands complexes hôteliers. Il y a d es formes de tourismes spécifiques : d’affaires (salons, congrès) ou religieux (pèlerinages).

Ces mouvements de populations jouent un rôle considérable dans le processus de mondialisation. Plus d’un milliard de personnes vont à l’étranger chaque année.

c. LES FLUX D’INFORMATIONS ET DE CAPITAUX : FLUX IMMATÉRIELS

Ces flux sont en constante hausse et reposent sur le progrès technique et scientifique qui a rendu p ossible la mondialisation dans des secteurs comme la télécommunication (devenu le premier secteu r industriel mondial en 1994), l’informatique et l’aérospatial. Ces différentes techniques ont été combinées pour faire de l’information un facteur de production . Même si l’on tend vers un « village global », une diversité culturelle persiste. La maîtrise de l’information comma nde les stratégies des gouvernements, entreprises, organisations financières et États- majors militaires . Le contrôle et l’accès à l’information sont un élément essentiel de la puissance. Cependant, il y a une supériorité des Etats-Unis qui contrôlent quelques grands réseaux : internet, GPS, CNN…

Les flux financiers sont des mouvements de capitaux à travers le monde sous forme de placements, d’emprunts et de crédits. Chaque jour, 1500 milliards de $ changent de main. Ces flux ont bénéficié de la révolution des télécommunications : la bourse est informatisée dans les années 1980 . Les opérations financières sont aujourd’hui ininterrompues et en temps réel . La mondialisation est complète dans ce secteur . Les Investissements Directs à l’Ét ranger (IDE) sont des opérations financières des FTN (qui augmentent leur capital avec la mise en vente d’action, des prêts, des avances de trésorerie…) qui sont un indicateur fondamental de la mondialisation et ont explosé dans les années 1980 . Les princi paux émetteurs sont l’Europe, l’Amérique du Nord et l’Asie.

III. ACTEURS ET DÉBATS DE LA MONDIALISATION

a. LES ACTEURS DE LA MONDIALISATION

Les grandes organisations internationales Depuis 1945, la coopération internationale s’est beaucoup accélérée au travers d’organisations intergouvernementales : l’ONU , créée en 1945 et qui siège à New York, est une structure transnationale qui veut maintenir la paix dans le monde. D’ autres organisations ont été créées autour de l’ONU :

Le Fond Monétaire International (FMI ), créé en 1944 lors de la conférence de Bretton Woods et qui siège à Washington, conseille les gouvernements et accorde des prêts aux États

La Banque mondiale, ex - BIRD créée en 1945 et qui siège également à Washington, a le même rôle que le FMI

L’ Organisatio n Mondiale du Commerce (OMC), créée en 1994 en succédant au GATT et qui siège à Genève, regroupe 150 États et règle les conflits commerciaux, favorise le développement du libre-échange et lutte contre le protectionnisme. Elle peut sanctionner les États .

O rganisations économiques régionales

L’ Union Européenne (UE), ancienne CEE (change de nom en 1993) créée en 1957 lors du traité de Rome, veut la libre circulation des marchandises, des capitaux, des services et des hommes. Elle regroupe 28 États et est un modèle pour d’autres organisations

L’ Associations des Nation du Sud -Est Asiatique (ASEAN ), fondée en 1991, regroupe de nouveaux pays émergents à économie dynamique (Indonésie, Malaisie, Singapour, Birmanie, Thaïlande, Vietnam, Laos…). Elle veut la même libr e circulation que pour l’UE, mais pas pour les hommes

L’ Association de Libre-Échange Nord Américaine (ALENA), fondée en 1994 et regroupant les Etats-Unis, le Canada et le Mexique, et veut la même libre circulation que l’ASEAN

Le Marché Commun de l’Amérique du Sud (MERCOSUR ), fondé en 1995 et qui regroupe d’abord l’Argentine, le Brésil, l’Uruguay et le Paraguay puis le Venezuela en 2005. Il veut la même libre circulation que l’ASEAN et l’ALENA

Leur poids est de plus en plus important dans l’économie mondiale. Il y a aussi des regroupements de pays plus souples qui ont un rôle de gouvernance économique mondiale : le G8 (fondé en 1974) et le G20 (fondé en 1999).

Les FMN ou FTN Ce sont des entreprises qui ont des filiales à l’étranger. Il y a dans le monde ±82000 FMN . Elles sont très représentées en Amérique du Nord, en Europe et en Asie orientale (Wal-Mart aux Etats-Unis, Danone pour la France et Toyota pour le Japon ). Les FTN veulent écouler leur production dans un maximum de pays, même si certains marchés leur échappent . Elles émettent des IDE et procèdent à la délocalisation, pour une main d’œuvre moins chère, en particulier vers l’Asie du Sud- Est, l’Amérique du Sud et l’Europe de l’Est.

Les États Depuis 1945, la structure étatique est remise en questi on : les États ont abandonné des pouvoirs aux organisation internationales et régionales. Des États, surtout en Europe et en Afrique, sont menacés d’éclatement : l’URSS en 1991 a formé 15 nouveaux États, la Yougoslavie en 1992- 1999 a donné naissance à 7 nouveaux pays l’Éthiopie s’est séparée de l’Érythrée et l’Ukraine, le Royaume- Uni, l’Espagne, la Belgique ou encore le Sud - Soudan menacent d’éclater. Cependant l’État reste l’acteur majeur de la mondialisation avec la prise de grandes décisions politiques et économiques , le choix de la politique monétaire ($, Yuan en Chine, Yen au Japon). Il décide aussi de la construction des grandes infrastructures (tunnels, ports, autoroutes, chemins de fer …).

b. UNE MONDIALISATION CONTESTÉE

La mondialisation entraîne et suscite de nombreux débats.

Les partisans soulignent ses aspects positifs : le développement des échanges qui permet une baisse du prix des produits, l’accès aux produits par de nombreux consommateurs dans le monde, le développement des pays pauvres, la b aisse des inégalités

Un mouvement altermondialiste remet en cause la conception libérale de la mondialisation. Elle entraînerait les inégalités, la ruine des agriculteurs traditionnels, une dépendance alimentaire, une uniformisation du monde village global ») et les pratiques des FTN, telles que la délocalisation et la recherche du profit au détriment du développement, sont condamnées.

La mondialisation est accusée d’effets néfastes sur l’environnement dont on prend conscience avec la lecture géo -envi ronnementale des cartes. La communauté internationale a créé le concept du développement durable en 1992 lors du sommet de la Terre à Rio de Janeiro. Il veut concilier le développement économique, l’amélioration des conditions de vie des populations et la préservation de l’environnement pour les générations futures. Le protocole de Kyoto de 1997 prévoit de baisser les émissions de gaz à effet de serre. Il est accepté par de nombreux pays qui prennent des mesures restrictives, cherchent de nouvelles sources d’énergie et se sont beaucoup engagés (UE, Japon) tandis que d’autres le refusent (Chine, Etats- Unis). Cependant, les positions évoluent puisque certains qui l’avaient d’abord rejeté commencent à accepter l’idée de réduire leurs émissions de gaz à effet de serre. Ces accords montrent la volonté de coopération des pays pour faire face aux problèmes environnementaux , mais chacun veut d’abord préserver ses propres intérêts. Il y a aujourd’hui des discussions autour du thème des changements climatiques. Il y a souvent des sommets internationaux sur ce thème. La crise économique de 2008 a remis au second plan l’intérêt porté aux problèmes environnementaux en mettant l’accent sur la relance de la croissance économique.