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MODULE 1 PHOTOGRAPHIES AÉRIENNES ET CARTES TOPOGRAPHIQUES

Bon nombre d’études en géographie utilisent les photographies aériennes comme source d’information. Pour pouvoir les interpréter, il nous faut, entre autres, bien connaître leurs propriétés de base, savoir manier des instruments comme le stéréoscope et développer les facultés d’observation, de concentration et de déduction logique. Les cartes topographiques constituent un des documents de référence qui facilite de beaucoup la photo-interprétation. Ces cartes ont leurs propres caractéristiques et il est essentiel de bien les connaître. C’est le but du premier module :

se familiariser avec les cartes topographiques et les photographies aériennes et s’initier à la première étape de la photo-interprétation, la « lecture » des photos.

François Cavayas A-2010

GEO1542 : Photo-interprétation et télédétection

LABORATOIRE 1-A CARTE TOPOGRAPHIQUE

PROPRIÉTÉS ET UTILISATION DE LA CARTE TOPOGRAPHIQUE

ÉCHELLE

Toute carte est tracée selon une échelle : L’échelle exprime le rapport de similitude entre les mesures (longueurs, surfaces) effectuées sur une carte et les mêmes mesures effectuées sur le terrain. À titre d’exemple, la distance entre deux bâtiments localisés sur une carte est de 2 cm. La même distance mesurée sur le terrain est de 1 km. Le rapport de similitude est donc de 2 cm pour 1 km ou

Échelle =

d =

2 2 cm

cm

=

=

1

D

km

1 100 000 cm

50 000

2 cm cm = = 1 D km 1 100 000 cm 50 000 D i

Distance mesurée sur la carte=d

ou 1 :50 000 ou 1/50 000

u r l a c a r t e = d ou 1 :50 000 ou

Distance mesurée sur le terrain=D

Nous pouvons faire le même exercice avec les surfaces. Lorsque nous parlons de longueurs, l’échelle est dite linéaire; pour les surfaces nous parlerons d’échelle surfacique.

L’échelle des cartes topographiques est pratiquement constante : Si l’échelle de la carte est constante partout, peu importe où l’on effectue nos mesures de longueurs, nous pouvons dire que ce que nous mesurons sur ce document est de X fois plus petit qu’il l’est sur le terrain. Dans l’exemple précédent une longueur, une distance, mesurée sur la carte serait de 50 000 fois plus petite qu’elle l’est sur le terrain. Or, l’échelle d’une carte n’est pas uniforme. En fait, les cartes sont une représentation sur un plan des surfaces continentales rapportées au préalable sur la surface d’une sphère (plus précisément, un ellipsoïde) qui approche le plus possible la forme et les dimensions de la Terre. Les variations de l’échelle sont dues à la sphéricité de la Terre. Pour les cartes à très petite échelle (p.ex. 1 :20 000 000) ces variations sont très importantes à travers la surface de la carte. Plus l’échelle devient grande (par exemple 1 : 50 000) moins la courbure de la Terre est importante. Les cartes topographiques (échelles 1 :1 000 000 ou plus grandes) sont construites de telle manière (voir point suivant) que les variations de l’échelle soient minimisées. Ainsi nous pouvons effectuer nos mesures en ne considérant qu’une seule échelle pour l’ensemble de la carte.

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LOCALISATION

Une carte topographique permet de localiser un élément au sol selon ses coordonnées géographiques ou ses coordonnées planes définies selon un système de référence cartographique. Tout élément sur la surface terrestre est rapporté sur la surface courbe de l’ellipsoïde terrestre. Pour le repérer on utilise ses coordonnées géographiques latitude, longitude :

   
 
   
 
    Les parallèles et les méridiens forment un système de référence sur la surface de

Les parallèles et les méridiens forment un système de référence sur la surface de la terre. Les latitudes et les longitudes ce sont des angles qui nous spécifient sur quel parallèle (latitude) et sur quel méridien (longitude) on se situe. La latitude est mesurée de l’équateur vers les pôles (nord ou sud). On parle ainsi d’une latitude nord (N ou +) et d’une latitude sud (S ou -). La longitude est mesurée d’un méridien standard vers l’est ou l’ouest. On parle ainsi d’une longitude est (E ou +) ou d’une latitude ouest (W ou -). Par convention le méridien standard (ou d’origine) est celui qui passe par l’observatoire de Greenwich en Angleterre.

Latitudes et longitudes définies sur la Terre supposée une sphère parfaite.

Tout point sur la surface de l’ellipsoïde est par la suite rapporté sur le plan de la carte selon une technique de projection cartographique spécifique. Parmi ces techniques, nous retrouvons une qui, malgré la projection d’une surface courbe à une surface plane, préserve les formes des objets localement (en fait les angles mesurés autour d’un point) au détriment des longueurs et des surfaces. Ce type de projection s’appelle conforme. Peu importe le pays, on utilise ce type de projection pour sa cartographie topographique. Les projections conformes se divisent à leur tour en projections cylindriques, coniques, azimutales, etc. Pour la cartographie topographique au Canada (échelles 1 :250 000 et 1 : 50 000) et au Québec (ex. 1 : 20 000) on utilise la projection cylindrique transverse conforme de Mercator. Pour minimiser les déformations des longueurs et des surfaces (variations de l’échelle) et ainsi rendre l’échelle pratiquement uniforme, comme nous l’avons mentionné précédemment, chaque pays utilise un système qui subdivise son territoire en morceaux. Chacun des morceaux est alors projeté

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indépendamment des autres selon le type de projection conforme choisi. Le fédéral (cartes 1 :250 000 et 1 :50 000) utilise un tel système appelé Universel Transverse de Mercator (UTM). Il s’appelle Universel car son inventeur (L’Armée des USA) l’a crée

pour l’ensemble du globe. Les morceaux sont définis d’une façon systématique en commençant par le Pacifique et comprennent des territoires inclus entre deux méridiens espacés

de 6 0 de longitude :

La surface de l'ellipsoïde terrestre est découpée en « zones » ou « fuseaux »
La surface de l'ellipsoïde terrestre est découpée en
«
zones » ou « fuseaux » de 6 0 de longitude. Au total il
0
y
a donc 60 zones UTM (60 x 6 0 = 360
) numérotés de 1
à
60, en commençant à l'ouest (-180 o de Greenwich) et
en se dirigeant vers l'Est.
Puisque les deux méridiens qui bordent chaque fuseau
convergent aux pôles, la largeur d’un fuseau sur la
surface de l'ellipsoïde va en diminuant de l’équateur
vers les pôles. L’utilité pratique de ce système s’arrête
ainsi à une certaine latitude proche des pôles. Afin de
représenter l’ensemble des masses continentales les
latitudes limites choisies sont : 84 0 30’N et 80 0 30’ S.
Chaque zone est à son tour subdivisée en quadrilatères
0
de 8
de latitude désignés par une lettre de C à X (en
omettant les lettres I et O). À titre d’exemple, sur la
figure ci-contre, le quadrilatère teint en rouge est
identifié comme le 32 N.
Afin de compléter la cartographie de l’ensemble de la
Terre les deux régions polaires sont représentées selon
le système UPS (Universel Polaire Stéréographique).
Comme son nom l’indique la projection stéréographique
(conforme) azimutale (sécante) est utilisée. Les
parallèles 80 0 30’ et 84 0
désignées A, B et Y, Z.
30’ délimitent les zones UPS
Pour chaque fuseau UTM, un cylindre transverse
sécant est défini centré sur le méridien central du
fuseau. Chaque point sur la surface de l'ellipsoïde à
l'intérieur du fuseau est projeté sur la surface du
cylindre selon la formulation de la projection cylindrique
conforme transverse de Mercator.

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Pour chaque fuseau on érige un système de coordonnées planes. Ainsi à chaque paire de
Pour chaque fuseau on érige un système de
coordonnées planes. Ainsi à chaque paire de
latitude, longitude à l’intérieur du fuseau
correspond une paire de coordonnées UTM.
L'axe des abscisses coïncide avec l'équateur,
qui selon cette projection est représenté par
une ligne droite, et est appelé l'axe des
coordonnées Est. L'axe des ordonnées
coïncide avec le méridien central du fuseau
(également représenté par une ligne droite) et
est appelé l'axe des coordonnées Nord.
Pour l'hémisphère nord, l’origine des
coordonnées UTM (intersection de l'équateur
et du méridien central) prend les valeurs
500 000 m Est, 0 m Nord. La valeur 500 000
est appelée "faux Est" et elle est attribuée pour
éviter les valeurs négatives en X à l'Ouest du
méridien central.
Selon le même principe, nous attribuons la
valeur 500 000 m et 10 000 000 m pour le
même point si nous voulons mesurer les
coordonnées à l'hémisphère sud. La valeur de
10 000 000 (faux Nord) est attribuée pour
éviter les valeurs négatives en Y au sud de
l'Équateur.

Au Québec on utilise un système similaire le Modifié Transverse de Mercator (MTM) où les morceaux sont définis à tous les 3 0 de longitude pour minimiser davantage les variations de l’échelle, tel qu’exigé pour la cartographie à grande échelle (ex. 1 :20 000).

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Chaque carte topographique couvre une portion du territoire (voir plus loin) à l’intérieur d’un fuseau UTM (ou MTM). Le cadre intérieur de la carte est formé par les projections des arcs des méridiens et des parallèles qui définissent cette portion du territoire. Ces lignes sont graduées et ainsi nous avons une indication sur les latitudes et les longitudes des lieux représentés sur la carte. Puisque ces lignes ne sont pas tout à fait droites, leur utilisation pour spécifier les coordonnées géographiques d’un point directement sur la carte ne donne qu’une idée approximative de sa position en latitude, longitude. On préfère ainsi définir les coordonnées UTM (ou MTM) d’un point et calculer par la suite ses coordonnées géographiques par un logiciel de conversion des coordonnées UTM en latitude/longitude.

Les coordonnées UTM sont faciles à définir. La carte contient un quadrillage (en bleu sur la figure ci-contre). On a qu’à localiser le carré de la grille qui contient le point et mesurer les distances en Est et Nord par rapport au point à gauche et en bas du carré.

Exemple : Sur une carte un point est situé à 400 mètres à l'est de la ligne verticale de 357 000 et à 200 mètres au nord de la ligne horizontale de 5 476 200, ses coordonnées sont 357 400 E, 5 476 200 N. Puisque il y a 60 fuseaux UMT, il y aura 60 points à l’hémisphère nord avec exactement les mêmes coordonnées. Pour éviter les confusions on accompagne toujours les coordonnées avec le numéro du fuseau (ex. 18T pour la région de Montréal). On peut ainsi identifier de manière non équivoque tout point de l'hémisphère nord.

la région de Montréal). On peut ainsi identifier de manière non équivoque tout point de l'hémisphère
la région de Montréal). On peut ainsi identifier de manière non équivoque tout point de l'hémisphère
la région de Montréal). On peut ainsi identifier de manière non équivoque tout point de l'hémisphère

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SURFACE COUVERTE PAR UNE CARTE

Une carte ou feuille topographique ne couvre qu’une petite portion du territoire à l’intérieur d’un fuseau UTM. Cette portion est d’autant plus petite que l’échelle de la carte est grande. Au Canada nous utilisons un système de subdivision systématique du territoire en feuilles topographiques basé sur les latitudes et les longitudes. On commence par des subdivisions larges de 8 0 en longitude (au sud du 68 ème parallèle) et de 4 0 en latitude. Ces subdivisions (quadrilatères) sont représentées par des feuilles à l’échelle 1 :1 000 000. Chaque quadrilatère est subdivisé à son tour à quatre quadrilatères, et chaque nouveau quadrilatère représenté à l’échelle 1 :500 000. En utilisant le même principe on arrive à des subdivisions du territoire que l’on représente au 1 :50 000. Chacun de quadrilatère reçoit un code qui permet de le situer dans le territoire canadien et connaître son échelle. Actuellement deux échelles sont maintenues par le fédéral, celles du 1 : 250 000 et de 1 :50 000. Une carte au 1 :50 000 représente le 16 ème du territoire contenu dans une carte au 1 :250 000 :

m e du territoire contenu dans une carte au 1 :250 000 : Une feuille au

Une feuille au 1 :250 000 (en jaune) est découpée en 16 morceaux, chacun des morceaux est représenté au 1 :50 000.

Au Québec nous utilisons un principe similaire en partant des quadrilatères du 1/50 000. Pour des raisons historiques, chacune des subvissions du 1/50 000 en quatre et représentée à l’échelle 1 :20 000 et non pas 1 :25 000.

La surface couverte par une feuille dépend de son échelle et de la latitude du territoire représenté. Si la Terre était une sphère parfaite un arc de 1 0 le long d’un méridien vaut à peu près 111 km sur la Terre, tandis qu’un arc de 1 0 le long du parallèle de 45 0 vaut à peu près 78 km. Ainsi, le quadrilatère de base à l’échelle 1 :1 000 000 à cette latitude couvre une surface de : (4 0 x 78 km) x (8 0 x 111 km) 312 km x 888 km = 277 000 km 2 environ. Partant de cette superficie nous pouvons conclure qu’en moyenne une feuille au sud couvrira selon son échelle :

Échelle

1/250 000 (16 ème de la feuille au 1/1 000 000)

1/50 000 (16 ème de la feuille au 1/250 000)

1/20 000 (quart de la feuille au 1/50 000)

Superficie approximative au 45 e parallèle

17 000 km 2

1 000 km 2

250 km 2

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DISTANCES–LONGUEURS

Une carte topographique permet de mesurer une distance entre deux points ou de définir une longueur quelconque. Pour ce faire, nous n’avons qu’à mesurer une distance sur la carte et la multiplier par le facteur de réduction. Les cartes topographiques sont toujours accompagnées d’une échelle graphique comme le montre la figure suivante (remarque : l'exemple ci-dessous n'est pas à l'échelle).

: l'exemple ci-dessous n'est pas à l'échelle). Nous pouvons l’utiliser pour déterminer la distance entre

Nous pouvons l’utiliser pour déterminer la distance entre deux points sur la carte sans passer par la multiplication par le facteur de réduction. On compare alors la longueur mesurée à cette échelle graphique en utilisant la subdivision secondaire à la gauche pour estimer des fractions de kilomètres. Un exemple est donné ci-dessous où la distance indiquée est d'environ 7,5 kilomètres ou 7 500 mètres.

est d'environ 7,5 kilomètres ou 7 500 mètres. Il est intéressant à noter que lorsque on

Il est intéressant à noter que lorsque on réduit ou on agrandit la carte, seule l’échelle graphique peut nous informer sur le nouveau rapport de similitude car elle est réduite ou agrandie de la même manière que notre carte originale.

Une autre façon de calculer une distance est d’appliquer la formule bien connue en se servant des coordonnées UTM des points :

Distance entre A et B =

SUPERFICIES

(

E A

E + N N

B

A

)(

2

B

) 2

( E A − E + N − N B A )( 2 B ) 2

Une carte topographique permet de mesurer une surface. Pour ce faire, différentes techniques peuvent être employées. Par exemple, on peut utiliser un appareil spécialement conçu, le planimètre. En l’absence de cet appareil, une autre technique est celle d’une grille où chaque carré correspond à une unité de surface à l’échelle de la carte. Le comptage du nombre de carrés qui tombent à l’intérieur de la figure est une méthode relativement correcte d’estimation de la superficie. Bien sûr, si la forme du contour correspond à une figure géométrique standard (parallélogramme, triangle, trapèze, etc.) il est facile de calculer sa superficie par la mesure de deux ou trois longueurs.

ORIENTATIONS

Une carte topographique permet de trouver l’orientation (par rapport au Nord) d’une direction quelconque. Une carte topographique contient l’information nécessaire pour s’orienter par rapport au Nord. Cependant il y a trois nord : le nord géographique où les méridiens convergent ; le nord magnétique que l’aiguille d’une boussole pointe,

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ainsi que le nord de la grille UTM (ou MTM). Ce dernier n’est pas un point comme le pôle Nord ou le pôle magnétique, car les lignes Nord-Sud de la grille demeurent parallèles au méridien central du fuseau UTM (ou MTM). En marge de la carte nous avons un diagramme montrant les différences entre ces trois nord. Partant de la grille UTM (ce qui est le plus facile) on définit l’orientation d’une direction par rapport au nord de la grille, et par la suite, à l’aide du diagramme, par rapport au nord géographique ou magnétique.

ALTITUDES

Une carte topographique permet de connaître l’altitude d’un point quelconque. Une carte topographique nous fournit les éléments nécessaires pour estimer l’altitude. Ce sont les courbes de niveau, i.e. des lignes joignant des successions de points de même altitude (=élévation d’un point au-dessus du niveau moyen de la mer, N.M.M.). Les altitudes sont exprimées en pieds (anciennes cartes) ou en mètres et les courbes sont tracées à une équidistance souhaitée (p.ex. 10 m). Il y a aussi une série de points bien définis sur la carte appelés points cotés où l’altitude est indiquée sur la carte. Si le point ne se trouve pas sur une des ces courbes nous utilisons les principes d’interpolation entre courbes de niveaux :

Marche à suivre :

Exemple 1 : Déterminez les altitudes des points (a), (b), et (c). Le point (a)

Exemple 1 : Déterminez les altitudes des points (a), (b), et (c). Le point (a) se situe sur la deuxième courbe intermédiaire entre les courbes maîtresses de 500 m et de 600 m, et plus proche de celle de 500 m. Étant donné l’équidistance de 20 m, le point (a) se trouve donc à 540 m. Le point (b) se trouve sur la quatrième courbe intermédiaire entre les courbes maîtresses de 500 m et de 600 m, et plus proche de celle de 600 m, donc son altitude est de 580 m. Le point (c) se trouve au sommet d’une colline. Comme ce point ne se trouve pas entre deux courbes de niveau nous savons que son altitude ne doit pas dépasser celle de la courbe la plus proche (600 m) + une équidistance (20 m). Nous pouvons quand même lui assigné une altitude approximative, disons 610 m

1. Déterminer l’équidistance ainsi que l’unité de mesure des altitudes (pieds ou mètres). Dans nos exemples nous allons supposer que les altitudes sont mesurées en mètres et l’équidistance est de 20 m.

2. Trouver la courbe maîtresse (une courbe è trait plus épais que les autres) la plus proche au point et lire son altitude

3. Déterminer si le point se trouve plus haut ou plus bas de cette courbe maîtresse en identifiant la prochaine courbe maîtresse la plus proche du point.

4. Si les points tombent sur des courbes de niveau ou sont sur le sommet d’une colline voir l’exemple 1

5. Si les points se trouvent entre deux courbes de niveau voir l’exemple 2.

6. Si le point se trouve dans le fond d’une dépression la façon d’opérer est la même comme dans le cas du point (c) de l’exemple 1 sauf qu’ici on descend en altitude (Exemple 3).

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Exemple 2 : Déterminez les altitudes des points (a), (b), et (c). Le point (a)
Exemple 2 : Déterminez les altitudes des points (a), (b), et (c). Le point (a)

Exemple 2 : Déterminez les altitudes des points (a), (b), et (c). Le point (a) se trouve plus proche de la courbe de 100 m et à peu près à un quart de la distance avec la prochaine courbe. Puisque le point (a) est plus haut que 100 m on aura 100 m + ¼ de l’équidistance = près de 105 m. Le point (b) se trouve à mi distance entre les courbes 160 m et 180 m donc à une altitude d’environ 170 m. Finalement le point (c) se trouve plus proche de la courbe de 200 m à un quart de la distance entre les courbes 200 et 180 m, donc son altitude sera d’environ : 200 m – ¼ de l’équidistance = 195 m

Exemple 3 : La dépression apparaît entre la

deuxième et la troisième courbe intermédiaire entre les courbes maîtresses de 200 m et de 300 m. Compte tenu de l’équidistance de 20 m

le

contour de la dépression se situe quelque

part entre 240 et 260 m. Nous pouvons ainsi dire qu’à l’intérieur de la dépression l’altitude se situe à 240 m – ½ de l’équidistance, soit à 230

m

environ.

RELIEF

Une carte topographique permet d’apprécier le relief topographique du territoire. La densité des courbes de niveau à un endroit précis et leur forme nous donne une indication claire sur le relief topographique comme dans l’exemple ci-après nous montrant une petite colline dissymétrique à droite. Nous pouvons allez plus loin dans l’appréciation du relief en extrayant des profils, en estimant l’angle de pente du terrain, etc.

plus loin dans l’appréciation du relief en extrayant des profils, en estimant l’angle de pente du

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CONTENU D’UNE CARTE

Une carte permet de connaître la nature des certains éléments qui composent un paysage (planimétrie). Plusieurs détails physiques (réseau hydrographique, boisés, milieux humides, etc.) sont montrés sur une carte par des symboles stylisés que l’on peut vite mémoriser pour décortiquer son contenu. Au besoin, au verso de la carte, il y a la liste exhaustive des symboles utilisés. Il en va de même pour les éléments anthropiques (routes, chemins de fer, bâtiments, etc.). Lorsque les éléments planimétriques sont de petite dimension vis-à-vis l’échelle de la carte, ils sont soit représentés par un symbole (pas à leur taille réelle) ou sont carrément omis.

Nom de l'élément

Symbole

Nom de l'élément

 

Symbole

École; caserne de pompiers; Poste de police

École; caserne de pompiers; Poste de police Route - revêtement dur, toute saison (couleur rouge-brun)

Route - revêtement dur, toute saison (couleur rouge-brun)

École; caserne de pompiers; Poste de police Route - revêtement dur, toute saison (couleur rouge-brun)

Église; lieu de culte non chrétien; lieu de pèlerinage

Église; lieu de culte non chrétien; lieu de pèlerinage Route - revêtement dur, toute saison (couleur

Route - revêtement dur, toute saison (couleur rouge-brun)

Église; lieu de culte non chrétien; lieu de pèlerinage Route - revêtement dur, toute saison (couleur

Bâtiment

Bâtiment Route de gravier, aggloméré, toute saison (couleur orangée)

Route de gravier, aggloméré, toute saison (couleur orangée)

Bâtiment Route de gravier, aggloméré, toute saison (couleur orangée)
 
  Route de gravier, temps sec (couleur orangée)  

Route de gravier, temps sec (couleur orangée)

 

Centre de service

 
  Route pour transport rapide  

Route pour transport rapide

 

Poste de douane

Station de la garde côtière

Station de la garde côtière Route en construction (la largeur et la couleur varient selon la

Route en construction (la largeur et la couleur varient selon la classification)

 

Ruines

Ruines Sentier ou portage

Sentier ou portage

Ruines Sentier ou portage

Fort

Fort Rond-point (couleur rouge-brun)

Rond-point (couleur rouge-brun)

Fort Rond-point (couleur rouge-brun)
   

Numéros de route

    Numéros de route  
 

RÉSOLUTION D’UNE CARTE

La résolution planimétrique d’une carte définit la précision avec laquelle nous pouvons mesurer une distance, une longueur, une surface quelconque. Souvent on prend comme résolution planimétrique le quart du mm. Ainsi si l’échelle est 1 :50 000, la résolution (14 du mm) correspond à une distance au sol de 12,5 m qui signifie la marge d’erreur lors d’une mesure sur la carte. La résolution altimétrique définie la précision avec laquelle nous pouvons estimer une altitude. Souvent on la définit comme la moitié de l’équidistance entre courbes de niveau.

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LABORATOIRE 1-B PHOTOGRAPHIE AÉRIENNE

La photographie aérienne a été le premier moyen de télédétection utilisé pour faire l’inventaire des ressources terrestres et pour cartographier le territoire. Comme date de naissance de la photographie aérienne on admet aujourd’hui l’année 1858, lorsque Gaspar Félix Tournachon (dit Nadar) photographia de son ballon le quartier de l’Étoile à Paris. Les deux guerres mondiales (1914-1918 et 1942-1945) contribuèrent à l’essor de la photographie aérienne comme moyen de renseignement militaire. Dans l’entre guerres (années 1920) on commence aussi à faire des levés photogrammétriques, i.e. des mesures précises des objets au sol et des altitudes du terrain en se servant des stéréophotographies, dans le but de cartographier le territoire. L’interprétation des photographies aériennes (photo-interprétation) et les opérations photogrammétriques (stéréo-restitution) définissent à toute fin pratique la télédétection jusqu’aux années 1970 environ. Cette époque marque un tournant important dans l’histoire de la télédétection avec l’introduction massive des capteurs électroniques et de la possibilité d’enregistrer des images en format numérique, i.e. directement exploitables par ordinateur. En plus d’éliminer le processus encombrant du développement chimique des photographies, avec ces capteurs numériques, nous exploitons aujourd’hui pleinement le rayonnement solaire réfléchi (la photographie n’exploite qu’une portion de ce rayonnement) ainsi que d’autres formes du rayonnement électromagnétique provenant des objets (rayonnement émis par les objets, rayonnement des sources artificielles). La photographie aérienne est présentement confinée à la cartographie topographique parce qu’elle offre encore certains avantages par rapport aux images numériques : à la fois grande couverture de surface et finesse du détail visible. Il n’en demeure pas moins que les photographies aériennes, prises surtout la deuxième moitié du 20 e siècle, constituent une archive riche pour les études historiques.

Quant à la photographie par satellite, le problème de récupération du film photographique a limitée son acquisition à partir des vaisseaux habités. Seuls les russes continuèrent leur programme d’acquisition des photographies spatiales par des satellites automatiques. À la fin de la mission, le module du satellite incluant la caméra photographique était injecté et récupéré sur Terre. Si l’on inclut dans les photographies spatiales, celles prises par fusée, nous pouvons citer comme date de la première photographie spatiale l’année 1946. Une caméra de 35 mm, montée à bord d’une fusée V2, prend alors les premières photos de la Terre d’une altitude de 130 km. Pour les photographies prises par satellite (habité ou non), il faut atteindre les années 1960 où divers programmes spatiaux se mettent en branle aux USA et à l’ex-Union Soviétique.

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ACQUISITION DES PHOTOGRAPHIES AÉRIENNES

La photographie aérienne exploite le rayonnement solaire réfléchi par les objets et

le

photographique pour former à distance une image de la scène visée par une caméra photographique.

film

phénomène

de

réaction

photochimique

entre

ce

rayonnement

et

le

C’est quoi le rayonnement solaire?

Le rayonnement solaire est une forme particulière du rayonnement électromagnétique. On admet que le rayonnement électromagnétique ce de l’énergie qui est émise par une source et qui se propage à une vitesse voisine à 3x10 8 m/sec (vitesse de la lumière) en suivant un mouvement ondulatoire. Les ondes électromagnétiques comportent une onde électrique et une onde magnétique indissociables. La longueur d’onde (λ) représente la distance nécessaire pour que l’onde électrique (ou magnétique) reprenne son amplitude initiale.

(ou magnétique) reprenne son amplitude initiale. On admet aussi qu’à une échelle microscopique, le

On admet aussi qu’à une échelle microscopique, le rayonnement est composé de microparticules, les quanta ou photons. Le photon a une masse pratiquement nulle. Lorsque il y a transformation de l’énergie électromagnétique à une autre forme d’énergie et vice-versa, ces échanges énergétiques se font par des quantités discrètes dont l’unité est l’énergie transportée par un photon. Plus de détails sur le rayonnement électromagnétique seront donnés au Module 2 du cours.

Le soleil émet des quantités énormes de rayonnement électromagnétique. On estime que l’éclairement solaire aux confins de l’atmosphère se lève en moyenne à quelques 1350 W/m 2 (constante solaire). Par éclairement on veut dire la quantité d’énergie qui traverse par seconde (ou flux) une surface de 1m 2 . Comme le montre la figure 1, ce flux énergétique n’est pas également réparti dans le spectre. La plus grande partie se trouve dans la gamme des longueurs d’ondes du visible du spectre électromagnétique (longueur d’onde : 0,4μm à 0,7 μm) 1 , Il y a aussi du rayonnement invisible (ex. ultraviolet et infrarouge) mais en plus petites quantités.

ultraviolet et infrarouge) mais en plus petites quantités. Figure 1 : Distribution spectrale de l’éclairement

Figure 1 : Distribution spectrale de l’éclairement solaire hors atmosphère et, après passage par l’atmosphère, au niveau de la mer.

1 1 μm = 1 millième du millimètre (10 -3 mm) ou un millionième du mètre (10 -6 m)

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Le rayonnement dans le visible, peu importe sa source, est appelé souvent, la lumière. La lumière solaire selon sa longueur d’onde dominante nous donne une sensation différente que nous appelons communément la couleur (spectrale; voir Boîte 1 plus loin).

L’atmosphère terrestre avec ses gaz constitue un filtre, variable selon la longueur d’onde, qui réduit (par absorption) plus ou moins fortement l’éclairement qui atteint la surface terrestre. La figure 1 nous donne une idée de cette diminution de l’éclairement solaire direct à la surface terrestre. On parle du rayonnement solaire direct pour le distinguer d’un autre type d’éclairement qui arrive en même temps au sol via le firmament. Les particules qui composent l’atmosphère n’absorbent pas seulement le rayonnement mais aussi elles en diffusent une partie. La quantité du rayonnement diffusé et sa longueur d’onde dominante dépendent du type de particules ainsi que de leur taille. Plus les petites particules dominent, par exemple les molécules des gaz atmosphériques, plus le rayonnement solaire de courte longueur d’onde est diffusé. Ce qui explique la couleur bleue du ciel lors d’une journée claire. Plus les grosses particules dominent plus le rayonnement solaire dans l’ensemble du visible (et moins dans l’infrarouge) est diffusé. Le ciel passe alors d’une couleur bleue à une couleur jaunâtre/blanchâtre (présence des polluants atmosphériques ou des poussières) à du blanc (présence des nuages). En conclusion, l’éclairement solaire qui arrive à la surface terrestre est composé de l’éclairement solaire direct (photons pas absorbés ou diffusés par l’atmosphère) et de l’éclairement diffus du firmament (photons diffusés par l’atmosphère). Le premier est un éclairement directionnel et sa quantité dépend, à part des conditions atmosphériques, de la position à l’horizon du soleil. Le deuxième est un éclairement omnidirectionnel, les photons peuvent arriver de n’importe quelle direction. De quelle direction elles arrivent en plus grande quantité et quelle est la longueur d’onde dominante dépend de la composition de l’atmosphère et de la position du soleil à l’horizon. On estime qu’en moyenne l’éclairement du firmament constitue quelques 10% à 20% de l’éclairement total qui arrive à la surface.

La figure 2 est une preuve visuelle de l’existence des ces deux composantes du rayonnement solaire. La photo (a) a été prise sous un ciel clair. Compte tenu de la position du soleil au moment de la prise de cette photo (relativement bas à l’horizon), plusieurs photons arrivant directement de la direction du soleil sont « bloqués » par les bâtiments. Ainsi la partie arrière de bâtiments ne reçoit que l’éclairement du firmament qui est, comme nous l’avons mentionné, que quelques 10% de l’éclairement total reçu par les surfaces bien éclairées par le soleil. La différence entre la quantité du rayonnement solaire réfléchi (voir point suivant) par les surfaces où l’éclairement direct est bloquée et les surfaces bien éclairées par le soleil, est tellement grande qu’à nos yeux les premières nous apparaissent peu brillantes par rapport au reste. Nous parlons des zones ombragées ou éclairées. La photo (b) a été prise sous un ciel parfaitement couvert par les nuages. Ces derniers bloquent complètement l’éclairement solaire direct. Ce qui arrive à la surface est le rayonnement diffusé par les nuages et les autres particules atmosphériques. Son caractère omnidirectionnel fait que toute surface est éclairée presque uniformément. Les zones d’ombres ne sont plus visibles.

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(a) (b)

(a)

(a) (b)

(b)

Figure 2 : Photos prises sous un ciel clair (a) et sous un ciel couvert de nuages (b)

C’est quoi le rayonnement solaire réfléchi?

Les matériaux de surface terrestre agissent de trois façons devant le rayonnement solaire (direct ou indirect) : a) ils absorbent une partie, i.e. l’énergie électromagnétique est transformée à une autre forme d’énergie; b) ils réfléchissement une partie, i.e. ils restituent le rayonnement solaire dans l’espace ambiant mais dans des directions pas nécessairement les mêmes que celles de la provenance des photons; et c) ils laissent passer les photons à l’intérieur de leur corps. Dans ce dernier cas, les photons, après avoir parcouru un certain trajet, peuvent être absorbés ou diffusés (comme dans le cas de l’atmosphère) et une partie des photons diffusés peut retraverser le volume dans une direction opposée et ressortir du corps dans l’espace ambiant. Ici on parle de la réflexion (ou diffusion) de volume en opposition au phénomène de réflexion qui a lieu sur une « peau » mince de la surface du matériau (ou réflexion de surface). La réflexion de volume sera examinée avec plus de détails au Module 5 de notre cours où il sera question des études sur la qualité de l’eau. À part l’eau, les autres matériaux de surface sont « opaques » et ainsi seuls les phénomènes d’absorption et de réflexion de surface ont lieu.

En photographie aérienne on ne s’intéresse qu’au rayonnement réfléchi. Pour décrire la capacité de l’objet de réfléchir le rayonnement solaire nous utilisons une grandeur (sans dimensions), la réflectance. C’est le rapport entre le flux du rayonnement solaire réfléchi et celui qui est reçu par la surface. Il varie donc entre 0 (absorption complète) et 1 (réflexion totale). Comme la figure 3 nous laisse comprendre, chaque objet selon ses propres caractéristiques, réfléchira des portions variables de rayonnement solaire selon la longueur d’onde. Le spectre de réflectance est appelé « la signature spectrale » de l’objet.

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100 90 80 Aluminium Cuivre 70 Conifères Feuillus 60 Herbe sèche Herbe verte Béton 50
100
90
80
Aluminium
Cuivre
70
Conifères
Feuillus
60
Herbe sèche
Herbe verte
Béton
50
Asphalte
40
30
20
10
0
0.5
1.0
1.5
2.0
2.5
3.0
Réflectance (%)

Longueur d'onde (micromètres)

Figure 3 : Réflectance de différents matériaux dans le visible (0,4-0,7 μm), le proche infrarouge (0,7-1,3 μm) et l’infrarouge à courtes longueurs d’ondes (1,3-3,0 μm).

Certains objets ont la capacité de concentrer le rayonnement solaire réfléchi dans une direction privilégiée et d’autres de le diffuser dans n’importe quelle direction. Ceci est principalement dû à la micro-géométrie de la surface (aspérités). Ainsi un objet sans aspérités importantes (objet lisse) réfléchira le rayonnement solaire dans une seule direction. On parle alors d’un réflecteur spéculaire. La surface d’eau calme approche un tel réflecteur spéculaire. Un objet qui possède des aspérités importantes est un réflecteur diffus. Un réflecteur diffus idéal est celui qui réfléchit la même quantité du rayonnement peu importe la direction. Un papier blanc mat est un matériau qui approche un tel réflecteur. Ce réflecteur idéal est appelé réflecteur isotrope ou réflecteur lambertien (du nom du mathématicien français Lambert). Les objets réels ne sont ni des réflecteurs spéculaires ni des réflecteurs lambertiens parfaits. Nous verrons plus loin (laboratoire 1-D) les répercussions des ces types de réflecteurs sur la photographie aérienne.

Une partie du rayonnement réfléchi, plus ou moins grande selon le type de réflecteur, est dirigée vers la caméra photographique. Dans son parcours il perd en force, dû à la diffusion et l’absorption atmosphérique ainsi qu’en raison de la distance (en fait le carré de la distance) qui sépare le sol de la caméra. Cette diminution de l’intensité a des répercussions importantes sur la technologie des caméras photographiques ainsi que la constitution des films photographiques comme il le sera question un peu plus loin.

L’atmosphère elle-même (excluant les nuages) est un réflecteur diffus du rayonnement solaire, comme nous l’avons mentionné plus haut. Sur le rayonnement réfléchi de la surface s’ajoute donc une portion du rayonnement diffusé par l’atmosphère dans la direction de la caméra. Ce rayonnement « parasite » n’est pas si important en quantité mais, selon la longueur d’onde et les conditions atmosphériques, il peut créer un voile sur la photo qui peut rendre l’image des objets au sol floue (diminution des contrastes). Pour contrecarrer cet effet de voile nous employons des filtres que nous examinerons brièvement plus loin.

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C’est quoi une réaction photochimique?

Le système de collecte de la caméra (voir plus loin) capte une partie du rayonnement réfléchi et la focalise sur la surface du film photographique. Une couche du film, l’émulsion photographique, contient des substances dites photosensibles. Si le rayonnement auquel elles sont exposées apporte suffisamment d’énergie, des électrons peuvent être libérés causant ainsi l’ionisation des leurs molécules. L’émulsion avec ses ions est une image latente. Cette image est traitée au laboratoire pour la « fixer » sur la pellicule. Ce processus est expliqué par la suite en fonction des deux types de film photographique : ceux en noir et blanc et ceux en couleur.

Les films en noir et blanc

Ces films, d’une épaisseur entre 0,08 à 0,18 mm, sont composés d’une base en polyester ou en acétate enduite de l’émulsion photographique. L’émulsion est une suspension de cristaux d’halogénures d’argent (le plus souvent des bromures d’argent :

AgBr) dans une couche de gélatine. L’émulsion est en fait une mosaïque de cristaux d’halogénure, de formes irrégulières (comme des flocons de maïs) et de dimensions différentes (entre 1 et 4 μm), dispersés aléatoirement dans la gélatine. D’autres couches sont ajoutées pour protéger l’émulsion des rayonnements parasites (couche anti-halo) ou des stresses mécaniques (couche de protection). La figure suivante montre schématiquement la structure d’un tel film.

montre schématiquement la structure d’un tel film. Les halogénures d'argent ne sont sensibles qu’à

Les halogénures d'argent ne sont sensibles qu’à l’ultraviolet, le bleu et le vert. En ajoutant des pigments aux cristaux, ils deviennent sensibles aussi à autres longueurs d’ondes. Cependant leur sensibilité ne dépasse par les 0,9 μm (proche infrarouge). En

observant les figures 1 et 3, il est clair que la photographie aérienne n’exploite qu’en partie le rayonnement solaire réfléchi. Pour exploiter pleinement ce rayonnement nous avons besoin d’autres types de « détecteurs » comme il sera question au Module 2. Les films en noir et blanc disponibles sont les suivants :

- films sensibles à l’UV;

- films sensibles au bleu (de l’UV jusqu’au vert)

- films orthochromatiques (de l’UV jusqu’au rouge)

- films panchromatiques (de l’UV jusqu’au proche infrarouge)

- films infrarouges (sensibles à toute la gamme de longueurs d’ondes de l’ultraviolet au proche infrarouge) Les films panchromatiques étaient et le sont encore de loin les plus utilisés pour l’acquisition des photographies aériennes en noir et blanc. Le graphique suivant nous donne une idée du degré de sensibilité des films panchromatique et infrarouge aux différentes longueurs d’onde. On observe que le film panchromatique est moins sensible au rayonnement dans l’UV et le bleu que le film infrarouge, tous deux étant moins

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sensibles au vert qu’au rouge. Le film panchromatique n’a aucune sensibilité au proche infrarouge.

n’a aucune sensibilité au proche infrarouge. Figure 4 : sensibilité des émulsions pa nchromatique et

Figure 4 : sensibilité des émulsions panchromatique et infrarouge

Un photon qui frappe un des cristaux d’halogénure, dans les longueurs d’ondes où le film photographique est sensible, peut apporter l’énergie suffisante qui modifie localement la structure chimique de l’émulsion en libérant le brome, qui est absorbée par la gélatine, et l’argent moléculaire ionisé (réaction photochimique). Cette modification de la structure de l’émulsion est d’autant plus importante que le nombre de photons qui ont été absorbés à cet endroit précis est grand. On parle de la création de l’image latente. Au laboratoire on emploie un révélateur qui réduit les cristaux sensibilisés en argent atomique pur. Le fixateur dissout finalement les halogénures non réduites et l’image finale est ainsi produite. Puisque l’argent atomique est noir, l’image obtenue, à part d’un renversement de la géométrie de l’objet, montrera aussi un renversement des tonalités de gris (moins de photons, moins d’argent ionisé alors tonalité brillante; plus de photons, plus d’argent ionisé, alors tonalité foncée). On parle alors d’un négatif. Le négatif peut ensuite, par un processus analogue, faire exposer le papier photographique avec un renversement de nouveau de la géométrie et des teintes de gris pour un positif agrandi ou seulement des teintes de gris, pour un positif développé en contact. La figure 5 montre schématiquement ce processus de formation d’un négatif ainsi que d’un positif.

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(a) (b) Structure d’un positif

(a)

(a) (b) Structure d’un positif

(b)

(a) (b) Structure d’un positif

Structure d’un positif

Figure 5 : a) Création d’un négatif ; (b) inversion de la géométrie et des teintes, création s’un positif et structure d’un positif

La figure 6 montre un exemple d’un négatif et d’un positif obtenu avec un film panchromatique et un film infrarouge au-dessus du même territoire et à la même échelle. L’inversion des teintes et de la géométrie du négatif est évidente. Ce qui est frappant ici c’est la différence des teintes des terrains couverts de végétation. Si l’on consulte la figure 3, on constante que dans la gamme des longueurs d’onde du visible (zone de sensibilité du film panchromatique, figure 4) la végétation est en général parmi les objets les moins réfléchissants. Compte tenu aussi de la plus faible sensibilité du film panchromatique au rayonnement dans le vert, la végétation apparaît avec des tonalités foncées. Par contre, la végétation est particulièrement réfléchissante dans le proche infrarouge (figure 3). Le film infrarouge étant sensible à ces longueurs d’onde (figure 4), il montre ainsi la végétation comme un objet brillant.

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GEO1542 : Photo-interprétation et télédétection Figure 6 : a) négatif et positif obtenus av ec un

Figure 6 : a) négatif et positif obtenus avec un film panchromatique; (b) négatif et positif obtenus avec un film infrarouge

Les films couleurs

Les films couleurs possèdent trois couches différentes avec des halogénures d’argent auxquelles on ajoute des pigments. Ces pigments permettent la sensibilisation des cristaux d’argent dans chaque couche au rayonnement avec des longueurs d’ondes spécifiques ainsi que la coloration caractéristique des ces couches une fois le film développé au laboratoire. Il y a deux types de film couleur : ceux dites couleurs normales et ceux dites couleurs fausses. Examinons chacun des ces types. La théorie des couleurs et de leur formation est revue brièvement dans la Boîte 1.

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Couleurs normales

Les photographies prises avec ce film restituent les couleurs qu’on aurait dues percevoir si on regardait la scène du haut des airs. La structure du film couleurs normales et montrée par la figure 7a. On distingue les trois couches caractéristiques avec des halogénures d’argent et le type de pigments ajoutés par couche de coloration caractéristique après développement (jaune, magenta et cyan). La sensibilité de chacune des couches est montrée par la figure 7b. On peut noter que les deux couches avec des pigments magenta et cyan ont un pic de sensibilité au rayonnement dans le vert et le rouge respectivement mais sont aussi sensibles au bleu. Pour empêcher que le rayonnement dans le bleu qui provient des objets influence toutes les trois couches nous ajoutons une couche (filtre) qui bloque ce rayonnement tel qu’indiqué à la figure 7a. Cette couche filtre se dilue lors du développement n’affectant guère la couleur des objets sur la photo.

(a) (b)

(a)

(a) (b)

(b)

Figure 7 : film couleurs normales (a) structure; (b) sensibilité des couches

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Deux types de pellicules existent : les pellicules négatives et les pellicules diapositives. Dans le cas d’une pellicule négative, un négatif couleur (transparent) est obtenu. Ce négatif est utilisé comme les négatifs en noir et blanc dans une séquence négatif-positif. Les négatifs couleurs, comme les négatifs noir et blanc, manifestent un inversement de la géométrie de la scène et d’intensité de la lumière provenant de la scène. Les couches jaunes, magenta et cyan manifestent aussi un régime de couleur qui est le complément de la scène originale. Les positifs préparés par de tels négatifs reproduisent correctement la géométrie, l’intensité et la couleur de la scène originale. La figure 8 montre le processus de formation d’un positif couleur. Dans le cas des diapositives le transparent positif constitue le premier produit fini après le traitement (couleurs inversées).

(a) Négatif (b) Diapositive (couleurs inversées)
(a) Négatif
(b) Diapositive (couleurs inversées)

Figure 8 : Formation d’un négatif couleur (a) et d’une diapositive (b). La scène photographiée contient des objets blancs, noirs, rouges, verts et bleau.

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Couleurs fausses

Dans les années 40 on a inventé un autre film couleur dit ‘camouflage’ afin de localiser du haut des airs les endroits où des engins de guerre étaient cachés sous la végétation coupée. D’où le nom du film « camouflage ». Ici dans une des trois couches, les pigments ajoutés permettaient la sensibilisation des cristaux d’argent par le rayonnement invisible dans le proche infrarouge. Cette couche après développement contrôlait la sensation du rouge. Les deux autres couches étaient sensibilisées par le rayonnement dans le vert (sensation du bleu) et dans le rouge (sensation du vert). Puisque la végétation en santé réfléchit beaucoup dans le proche infrarouge (voir figure 3) sur une telle photo, elle cause une sensation dominante du rouge. Par contre une végétation coupée qui commence à s’assécher cause une sensation de couleur différente car elle réfléchit aussi d’une façon forte dans des longueurs d’ondes autres que l’infrarouge (ex. herbe sèche de la figure 3). Aujourd’hui on parle d’un film couleur infrarouge ou couleurs fausses. Des exemples des photos couleurs normales et couleurs fausses du même sujet sont montrés par la figure 9. Le feuillage vert apparaît rouge tandis que le feuillage asséché ou malade, avec des colorations différentes. Tel que montré par la figure 10, les trois couches d’un tel film sont sensibles aussi dans l’UV et le bleu. Pour empêcher ce rayonnement d’activer ces couches nous employons toujours un filtre optique (voir plus loin) qui le bloque (partie grise de cette figure). Pour le développement des ces films, les mêmes techniques que précédemment sont employées

les mêmes techniques que précédemment sont employées Figure 9 : Comparaison de la coloration des mêmes

Figure 9 : Comparaison de la coloration des mêmes sujets sur une photo couleurs normales et couleurs fausses.

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GEO1542 : Photo-interprétation et télédétection Figure 10 : Comparaison de la coloration des mêmes sujets sur

Figure 10 : Comparaison de la coloration des mêmes sujets sur une photo couleurs normales et couleurs fausses.

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GEO1542 : Photo-interprétation et télédétection

Boite 1 : La couleur

 

Les couleurs spectrales

   

Lorsque la lumière blanche du soleil passe à travers un prisme les couleurs dites pures spectrales apparaissent. C’est dans les années 1670 que Isaac Newton (1642- 1726) découvrit ce procédé de décomposition de la lumière. Les différentes couleurs perçues par l’œil et le cerveau humain correspondent à des longueurs d’ondes spécifiques du rayonnement solaire dans la partie du visible (de 400 nm à environ 740 nm). Newton nomma sept couleurs (plutôt des plages des longueurs d’ondes) tel que montré dans le tableau suivant. Aujourd’hui plusieurs ignorent l’indigo car il est difficile à distinguer. Il est à noter que l’intensité de la couleur peut altérer significativement la perception des couleurs spectrales. Par exemple une couleur jaune-orange de faible intensité peut être perçue comme du brun

des couleurs spectrales. Par exemple une couleur jaune-orange de faible intensité peut être perçue comme du
des couleurs spectrales. Par exemple une couleur jaune-orange de faible intensité peut être perçue comme du
 

Couleur

 

Intervalle des longueurs d’onde

 

Violet

 

~ 400–440 nm

Indigo

 

~ 440–460 nm

Bleu

 

~ 460–490 nm

Vert

 

~ 490–560 nm

Jaune

 

~ 560-590 nm

Orangé

 

~ 590-630 nm

Rouge

 

~ 630–700 nm

La couleur réfléchie

 

Les couleurs perçues sont pour la plupart des couleurs réfléchies par les objets et ne sont pas des couleurs spectrales. Le rayonnement solaire réfléchi dont la longueur d’onde est dans la zone spectrale du visible est converti par des photo-pigments dans les cônes rétinals en trois signaux qui correspondent à la réponse des trois types de cônes. Cette réponse est fonction de la longueur d’onde et elle est décrite par les courbes de sensibilité spectrale des cônes aux longues (L), moyennes (M) et courtes (C) longueurs d’onde, montrées à la figure ci-contre.

spectrale des cônes aux longues (L), moyennes (M) et courtes (C) long ueurs d’onde, montrées à

Mécanisme de perception La lumière provenant d’un objet a sa propre distribution spectrale. Cette distribution est convertie par les cônes en trois réponses selon la sensibilité des cônes. Ces réponses proviennent de l’intégration du produit de la sensibilité spectrale des cônes et de la lumière provenant de l’objet. La figure ci-dessus illustre ce processus. En multipliant le spectre de la lumière par les courbes de sensibilité des cônes et en intégrant nous obtenons les trois signaux couleurs fondamentales pour la perception de la couleur par le cerveau (bleu-vert-rouge). La hauteur des barres montre l’intensité relative des trois signaux fondamentaux dans cet exemple.

 
 

Deux principes importants découlent de ce processus de perception humaine pour la formation des images en couleur : a) La trichromaticité : tout spectre peut être réduit à trois valeurs précises sans perte d’information en regard du système visuel et b) Le métamérisme : les couleurs produits par des spectres qui donnent exactement la même réponse trichromatique sont indistincts. L’exemple ci-dessous illustre le métamérisme avec deux spectres différents de lumière visible pouvant créer la même sensation de couleur. Dans cet exemple la couleur résultante est celle de la barre violette dans le coin supérieur.

 
   
 

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Boite 2 : La couleur (suite)

Formation des images en couleur

 

La formation des couleurs par des moyens artificiels peut se faire en combinant les trois couleurs fondamentales (bleu, vert, rouge)

et en modifiant leur intensité relative. Ces trois couleurs fondamentales sont appelées couleurs primaires additives. C’est la façon qui est suivie par le moniteur couleur d’un ordinateur ou d’un téléviseur ainsi que par les méthodes de lithographie. Si l’on projette sur un écran blanc des lumières formées de couleurs primaires additives (proportions égales des trois couleurs primaires), on obtient :

Lumières bleue +

verte

+ rouge = blanc = cyan

Lumières bleue

+

verte

Lumières bleue + + rouge = magenta Lumières verte + rouge = jaune On pourrait ainsi obtenir toutes les couleurs désirées en modifiant l’intensité ou la densité d’une couleur additive par rapport à l’autre. Ainsi, Lumières ½ verte + rouge = orange

Les couleurs cyan, magenta et jaune sont appelées couleurs primaires soustractives. Toutes les couleurs peuvent être aussi formées par la soustraction de la lumière blanche par des filtres des ces trois couleurs primaires soustractives. Ce procédé est utilisé dans toutes les pellicules en couleurs et la peinture. Quelques exemples :

Lumière blanche + filtre magenta = magenta Lumière verte + filtre magenta = noir Lumière blanche + filtre cyan = cyan Lumière rouge + filtre magenta = noir Lumière blanche + filtre jaune = jaune Lumière bleue + filtre jaune = noir

La figure suivante illustre ces deux procédés de la formation de la couleur. Comme nous pouvons le constater, le filtre d’une couleur soustractive laisse passer les deux couleurs primaires additives dont la combinaison donne naissance à cette couleur particulière. Par exemple un filtre jaune lorsque exposé à la lumière blanche, ne transmettra que le vert et le rouge. C’est pourquoi on utilise beaucoup ce type de filtre pour éliminer le rayonnement bleu, résultat de la brume atmosphérique, ou on l’introduit dans la composition de l’émulsion couleur (voir texte).

dans la composition de l’émulsion couleur (voir texte). Addition des couleurs Soustraction des couleurs
dans la composition de l’émulsion couleur (voir texte). Addition des couleurs Soustraction des couleurs

Addition des couleurs

Soustraction des couleurs

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C’est quoi une caméra photographique?

Au fil des ans différents types de caméras ont été inventés afin de répondre à des objectifs cartographiques particuliers. À l’heure actuelle, seule la caméra (ou chambre) métrique est encore utilisée. Celle-ci est destinée à la prise de photos d’une grande qualité nécessaire à la confection des cartes topographiques. Les photos produites sont des instantanées et on parle aussi de clichés photographiques. La figure 11 montre un type de caméra métrique, ses accessoires ainsi que son installation à bord d’un avion. Les avions reçoivent un équipement particulier : trappes pour les chambres photographiques, aménagement d'un poste ad hoc pour le navigateur, etc. Ils doivent voler à une altitude constante et suivant des axes rectilignes préétablis. Cela exige une navigation délicate pour laquelle on utilise des viseurs spéciaux, des systèmes Doppler ou radar, etc. Le corps de la caméra inclut aussi un dispositif électrique pour le contrôle de la durée d’une pose (obturation), de l’avancement et de la planéité du film durant l’exposition. Le mouvement de l’avion peut causet « une traînée » ou « flou » sur l’image. Pour éviter cet effet, plusieurs caméras sont équipées d’un dispositif de compensation du mouvement de l’image.

(a) (b)
(a)
(b)

Figure 11 : Comparaison de la coloration des mêmes sujets sur une photo couleurs normales et couleurs fausses

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GEO1542 : Photo-interprétation et télédétection

Les composantes d’une caméra métrique standard sont montrées par le schéma de la figure 12. On distingue deux parties : le cône de l’objectif et le magasin. La première supporte le système de collecte du rayonnement solaire tandis que le magasin, le système d’enregistrement du film. Voyons les éléments de chaque partie illustrés à la figure 12, en commençant par le cône.

Bobine de Bobine de ravitaillement ramassage Magasin Film Plan focal Surface de Corps l'image Blocage
Bobine de
Bobine de
ravitaillement
ramassage
Magasin
Film
Plan focal
Surface de
Corps
l'image
Blocage du
déroulement
Distance
Cône de
focale (f)
l'objectif
Objectif
Diaphragme
Obturateur
Filtre
Champ angulaire de vue
Axe optique

Figure 12 : Représentation schématique des composantes d’une chambre métrique

Le cône de l’objectif.

Au front du cône de l’objectif, on distingue le filtre. Vient par la suite l’objectif, illustré ici par un système de deux lentilles, avec l’obturateur et le diaphragme entre les deux lentilles.

Le filtre. Son rôle est de contrôler une caractéristique du rayonnement solaire qui exposera le film : soit ses longueurs d’onde, soit la polarisation, soit son intensité selon sa direction de propagation, etc. Souvent il s’agit de lames de verre, surfacées optiquement et teintées avant fabrication. Lorsque ces filtres sont fabriqués à l’aide de feuilles minces de gélatine teintée (placés ou non entre des glaces optiques transparentes) ils portent le nom de filtre de gélatine ou filtres Wratten. Sur la figure 11b on peut voire différents types de filtres exposés au sol en avant plan. Ceux avec une teinte foncée, ce sont des filtres qui contrôlent les longueurs d’ondes du rayonnement solaire. Ils sont appelées filtres sélectifs et on peut les diviser en trois catégories: a) les filtres passe-haut qui bloquent le rayonnement d’une longueur d’onde inférieure à une valeur seuil; b) les filtres passe-bas qui bloquent le rayonnement d’une longueur d’onde supérieure à une valeur seuil; et c) les filtres passe-bande qui ne laissent passer que le rayonnement avec des longueurs d’ondes dans un intervalle spectral donné. Dans le cas des photographies aériennes, les filtres colorés les plus utilisés sont les filtres passe-haut. Ces filtres servent surtout à éliminer les radiations dans les courtes

GEO1542 : Photo-interprétation et télédétection

longueurs d’ondes (UV et en partie ou entièrement le bleu) qui proviennent essentiellement de la brume atmosphérique. Toujours sur la figure 11b, on observe un autre type de filtre avec sa partie centrale plus foncée. C’est un filtre dit anti-vignettage, qui contrôle l’intensité du rayonnement selon sa direction de propagation. Généralement les objectifs ont tendance de faire chuter la quantité du rayonnement qui arrive à leur périphérie par rapport à leur partie centrale. Un tel filtre réduit la quantité du rayonnement qui expose le centre du cliché, obtenant ainsi une uniformité de l’exposition de l’ensemble du film. Sans ce filtre, les bordures de la photo apparaissent plus sombre que le centre. Un troisième type de filtre est celui avec une teinte claire uniforme. C’est un filtre polarisant. Ceci réduit l’intensité du rayonnement réfléchi d’une façon spéculaire surtout par les surfaces d’eau. d’Il est à noter que les différents types de filtre peuvent être utilisés en combinaison.

L’objectif. Il est la pièce maîtresse du système de collecte. Il un assemblage complexe de plusieurs lentilles de verres différents. Avec l’objectif on exploite le phénomène de la réfraction des ondes pour pouvoir diriger le rayonnement selon sa direction de propagation à un endroit précis du film. C’est le principe d’une photo instantanée. Toute lentille convergente, ou système de lentilles, est caractérisée par sa longueur focale (ou distance focale ou simplement focale) et par son diamètre d’ouverture maximal. Dans les caméras utilisées en télédétection, l’objectif est tenu à une position fixe par rapport au plan du film car les objets se trouvent toujours à des grandes distances (mise au point à l’infini) contrairement aux caméras d’amateurs. Ainsi on considère que la focale est la distance qui sépare le centre de l’objectif du plan du film (figure 12). Pour la prise des photos aériennes les focales vont habituellement de 85 à 305 mm.

Longueur focale et dimension du cliché photographique définissent le champ angulaire total de vue du capteur (figure 12), autrement dit les directions de propagation du rayonnement solaire admises a priori par l’objectif. Le champ de vue est calculé tenant compte de la moitié de la distance diagonale du cliché ainsi que de la longueur focale de la caméra. Pour un cliché carré nous aurons donct :

CVA(deg .)

=

2 × tg

1

⎛ a 2 ⎞ ⎜ ⎟ ⎜ ⎟ 2 f ⎝ ⎠
a 2
2 f

où CVA(deg) signifie champ de vue angulaire exprimé en degrés,

tg -1 signifie arc-tangente

a est la taille du cliché (supposé carré) exprimée en centimètres, f est la distance focale exprimée en centimètres.

Selon leur champ de vue, on distingue a) les téléobjectifs (jusqu’à environ 75 0 ); b) les objectifs grands angulaires (de 75 0 à environ 100 0 ); et c) les super grands angulaires (plus que 100 0 ). Les grands champs, 90 0 et 120 0 , sont le plus souvent utilisés pour les prises de vues à basse altitude afin de maximiser l’étendue de surface couverte par un cliché (voir plus loin). Cependant, pour les terrains très accidentés ou les milieux urbains, on choisit de préférence de plus petits champs correspondant aux focales de 210 et 305 mm, afin de réduire les distorsions géométriques sur les clichés (voir plus loin).

GEO1542 : Photo-interprétation et télédétection

Pour un cliché de 230 mm nous aurons les types d’objectif suivants :

Type de

Longueur du

Largeur du

Longueur focale

Angle de

Type d’objectif

film

cliché

cliché

champ

9" ´ 9"

230

mm

230

mm

85 mm

124,8

Super grand

   

angulaire

9" ´ 9"

230

mm

230

mm

153

mm (6")

93.5

Grand angulaire

9" ´ 9"

230

mm

230

mm

305

mm (12")

56.1

Téléobjectif

L’obturateur. Il est un mécanisme qui contrôle la quantité du rayonnement solaire qui exposera le film; en photo on parle de la durée d’une pose (ou vitesse d’obturation). Les vitesses d’obturation sont normalement exprimées par des multiples de 2 : 1/125 sec, 1/500 sec, 1/1000 sec, etc. Les caméras métriques intègrent l’obturateur entre les lentilles de l’objectif (figure 12).

entre les lentilles de l’objectif (figure 12). a. L’obturateur s’ouvre : très peu de rayonnement est

a. L’obturateur s’ouvre : très peu de rayonnement est admis

b. L’obturateur est à moitié ouvert

c. L’obturateur est grand ouvert : une quantité suffisante de rayonnement est admise pour produire une image de qualité

d. L’obturateur est en train de fermer

e. L’obturateur est presque fermé bloquant la plus grande parte du rayonnement de pénétrer le capteur.

Le diaphragme. Il est un mécanisme qui contrôle l’ouverture utile de l’objectif. Il joue un rôle analogue à l’iris de l’œil. Le rapport entre l’ouverture (diamètre) utile et la distance focale est appelé le nombre ouverture ou F/STOP et il est à la base de la désignation de la vitesse d’un objectif spécifique :

N =

f

d

où N est le nombre ouverture, f est la distance focale et d, le diamètre utile d’ouverture. La plus grande ouverture possible (ou vitesse de l’objectif) est F/1 et les valeurs

F/32. À

chaque changement d’un incrément (par exemple de F/2 à F/2.8), la quantité du rayonnement qui pénètre l’objectif baisse de moitié. En effet, la quantité du rayonnement (L) qui est collectée est directement proportionnelle au temps de pose (t) et au carré du

diamètre d’ouverture d :

standard changent par incrément de 2 : F/1.4, F/2, F/2.8, F/4, F/5.6, F/8

par incrément de 2 : F/1.4, F/2, F/2.8, F/4, F/5.6, F/8 L = k t d

L = k t d

2

Si le temps de pose est réduit de moitié, il faut doubler d 2 pour une même quantité de

moitié, il faut doubler d 2 pour une même quantité de lumière. Ainsi le diamètre est

lumière. Ainsi le diamètre est multiplié par 2 ; en conséquence, le nombre ouverture

multiplié par 2 ; en conséquence, le nombre ouverture est divisé par 2 . F/STOP et

est divisé par 2 .

F/STOP et vitesse d’obturation sont des paramètres importants à tenir compte pour maintenir une grande qualité et définition de l’image en fonction de la luminosité

GEO1542 : Photo-interprétation et télédétection

disponible lors de la prise de vue. Par exemple, pour la même distance focale, un objectif rapide (grande ouverture ou l’équivalent petit F/STOP) favorisera la création d’une bonne image lors des conditions de basse luminosité. Un petit F/STOP doit être accompagné d’une plus grande vitesse d’obturation afin de maintenir la bonne qualité de l’image.

Pour une certaine quantité de rayonnement nous pourrions avoir le choix des relations suivantes :

Vitesse

d’obturation

1/1000

1/500

1/250

1/125

1/60

1/30

1/15

Nombre

ouverture

2

2.8

4

5.6

8

11

16

GEO1542 : Photo-interprétation et télédétection

PROPRIÉTÉS ET UTILISATION DE LA PHOTOGRAPHIE AÉRIENNE

UNE NOTE EXPLICATIVE

Dans nos explications des propriétés des photographies aériennes nous utiliserons des illustrations en tenant compte soit de la géométrie du négatif, soit du positif, ou parfois des deux. Tel que montré par la figure ci-dessous, le négatif présente les conditions réelles de prise d’une photo (géométrie inversée par rapport au terrain) et il est situé en haut de l’objectif à une distance égale à la focale de la caméra. Le positif, pour sa part, représente la situation avec la géométrie correcte (par rapport au terrain) et il est situé entre le terrain et l’objectif, à une distance de ce dernier égale à la focale de la caméra (même échelle que le négatif).

la focale de la caméra (même échelle que le négatif). PROJECTION Telle une carte topographique, une

PROJECTION

Telle une carte topographique, une photographie aérienne est une projection d’un

espace 3-D sur un plan. Cependant le type de projection n’est pas le même. La photographie aérienne instantanée est une projection centrale tandis qu’une carte topographique (une feuille) peut être considérée comme une projection orthographique. La figure 13 illustre les deux types de projection dans le cas le plus simple d’une photographie verticale, i.e. une photographie prise avec l’axe optique de la caméra parfaitement aligné avec la verticale des lieux. Les implications de cette différence de système de projection sont illustrées schématiquement par la figure 14. Dans le cas des cartes tout point du terrain est projeté sur le plan de la carte par un faisceau des lignes parallèles perpendiculaires au plan de la carte. Ainsi peu importe la géométrie de la surface tout point est réduit à sa position sur le datum cartographique. Dans le cas des photos, tout point est projeté sur la surface du film par un faisceau de rayons qui convergent vers le même point (le centre de l’objectif). Dans le cas d’un terrain plat (en ignorant la courbure de la Terre), la photo verticale présente la même géométrie qu’une carte (à la même échelle). Dans le cas d’un terrain accidenté les points surélévés (les sommets des pyramides de la figure 14) sont déplacés par rapport à leur position sur une carte. Ce déplacement est d’autant plus fort que l’on s’éloigne du centre de la photo. Ce déplacement est appelé déplacement radial car la longueur du déplacement est fonction de la distance de l’objet par rapport au point central de la photo.

GEO1542 : Photo-interprétation et télédétection

Plus l’objet (ici les sommets des pyramides) est éloigné du centre plus son dépacement est fort. Comme nous verrons par la suite, nous tirons profit de ces déplacements pour pouvoir observer les objets en 3-D (voir laboratoire 1-C : stéréophotographies) et extraire une information exacte sur les altitudes des objets (procédé photogrammétrique).

sur les altitudes des objets (procédé photogrammétrique). Figure 13 : Différence de projection entre photo aérienne

Figure 13 : Différence de projection entre photo aérienne (cliché) et carte topographique

entre photo aérienne (cliché) et carte topographique Carte topographique terrain plat terrain plat…………
Carte topographique
Carte topographique

terrain plat

et carte topographique Carte topographique terrain plat terrain plat………… terrain accidenté terrain

terrain plat…………

terrain accidenté terrain accidenté
terrain accidenté
terrain
accidenté

position des sommets des pyramides

Photo verticale
Photo verticale

déplacement radial des sommets

Figure 14 : Différence entre une carte et une photo verticale

GEO1542 : Photo-interprétation et télédétection

Les différences entre une carte et une photographie aérienne deviennent beaucoup plus apparentes lorsque l’axe optique de la caméra dévie de la verticale pour pouvoir prendre des photos obliques (Figure 15). Dans ce cas, même si le terrain est plat et horizontal, photos

obliques et cartes ne sont pas du tout similaires. En général on admet qu’une photo est oblique si

intentionnellement l’axe optique est incliné par rapport à la verticale de plus de 3

les photos obliques en obliques basses (si l’horizon n’est pas visible) et en obliques hautes (si

l’horizon est visible). Dans notre module, seulement les photos verticales seront retenues.

. On distingue

0

Figure 15 : différents types de photos aériennes selon l’inclinaison de l’axe optique de la
Figure 15 : différents types de photos aériennes selon l’inclinaison de l’axe optique de la caméra
a) vertical; b) oblique basse; c) oblique haute.

ÉCHELLE

Tout cliché vertical peut être caractérisé par une échelle moyenne. Contrairement à

une carte topographique un cliché photographique n’a pas une échelle (pratiquement) uniforme. Tel que mentionné, seulement dans un cas, plutôt rare, l’échelle est uniforme : axe de la caméra parfaitement vertical, terrain plat et horizontal. Le relief topographique et la déviation de l’axe de la caméra de la verticale sont les causes de variation de l’échelle pour les photos prises proches de la surface terrestre. Pour les photos prises à haute altitude par avion ou par satellite, la courbure de la Terre devient un facteur important qui contribue à la variation de l’échelle. Un exemple de variation d’échelle à cause du relief topographique est donné par la figure 16. Les lignes ab et cd apparaissent sur une carte comme des lignes droites mais pas sur la photo lorsque le terrain est accidenté.

GEO1542 : Photo-interprétation et télédétection

GEO1542 : Photo-interprétation et télédétection Figure 16 : Variations de l’échelle dues au relief topographique

Figure 16 : Variations de l’échelle dues au relief topographique

Tel que montré par le schéma explicatif ci-dessous, la distance horizontale entre les points AB et les points CD est la même sur le terrain, mais pas sur la photo. Elle apparaîtra plus courte pour les points AB au fond de la vallée par rapport à celle entre les points CD au sommet de la montagne. Alors l’échelle sera plus petite aux endroits les plus éloignés de la caméra et elle sera plus grande aux endroits les plus rapprochés par rapport à une échelle définie selon un plan qui correspond à l’altitude moyen du terrain.

plus rapprochés par rapport à une échelle définie selon un plan qui correspond à l’altitude moyen

GEO1542 : Photo-interprétation et télédétection

Les organismes spécialisés à la prise des photos inscrivent au bas de la photo une échelle approximative selon leurs estimations d’après l’altitude de vol de l’avion, la longueur focale de la caméra ainsi que l’altitude moyen du terrain.

Souvent on caractérise l’échelle d’une photographie comme suit:

a) (1:60 000 et plus petite)

b) (entre 1:12 000 et 1:60 000)

petite

moyenne

c) (1:12 000 et plus grande)

grande

Quelques exemples de calcul de l’échelle sous différentes conditions du terrain photographié sont donnés par la suite.

Terrain plat et horizontal au même Plan du film Déterminer l’échelle niveau que le niveau
Terrain plat et horizontal au même
Plan du film
Déterminer
l’échelle
niveau que le
niveau moyen de la
(terrain
au
datum)
mer (datum).
f
d’une
photographie
prise à une altitude de
Puisque l’altitude de vol est définie
par rapport au datum, l’échelle est
calculée selon la formule simple
(triangles semblables) :
Objectif
500
m
si
la
caméra
utilisée
avait
une
longueur focale de 88
mm.
f
Échelle= H
H
1
E=
Donc
Où f est la longueur focale, et H est
l’altitude de vol (les deux quantités
doivent être exprimées avec les
mêmes unités).
Nous pouvons aussi écrire :
500 ⎞
0,088
1
E=
, souvent on
1
5682
Échelle
=
afin
d’obtenir
⎛ H ⎞
arrondi,
et
donc
Datum = Niveau moyen de la mer
E=1/5000
f
directement le rapport de similitude.
Terrain plat et horizontal à une
altitude H T .
Plan du film
f
Puisque la hauteur de vol (par rapport
au sol) est plus courte que l’altitude
de vol, nous aurons :
Objectif
1
Échelle =
⎛ H −
H T
Déterminer l’échelle
d’une photographie
aérienne lorsque la
caméra utilisée a une
longueur focale de 210
mm, l’altitude de vol
est de 4000 m et le
terrain se trouve à une
altitude de 200 m.
H
1
f
E
=
⎛ ⎜ 4000
200 ⎞
⎝ 0,210
Terrain
H T
Donc
1
Datum = Niveau moyen de la mer
E
, souvent
= 18095
on
arrondi,
et
donc
E=1/20000

GEO1542 : Photo-interprétation et télédétection

Cas général : terrain Plan du film accidenté avec une altitude f moyenne ( H
Cas
général :
terrain
Plan du film
accidenté avec une altitude
f
moyenne (
H
).
T
Objectif
Comme
dans
le
cas
précédent :
1
Déterminer l’échelle
d’une photographie
aérienne lorsque la
caméra utilisée a une
longueur focale de 210
mm, l’altitude de vol est
de 4000 m et l’altitude
moyenne du terrain est
de 200 m.
Échelle =
1
⎛ H
H ⎞
H
T
E
=
⎛ 4 0 0 0
2
0
0
f
0
,
2
1
0
Terrain
Donc
H
1
max
, souvent
H
H
min
moy
E = 1 8
0
9
5
on
arrondit,
et
donc
Datum = Niveau moyen de la mer
E=1/20000

Si l’on veut connaître l’échelle à un endroit quelconque de la photo nous appliquons la même formule de calcul, sauf que l’altitude moyenne du terrain est remplacée par l’altitude du terrain à cet endroit, h :

Échelle =

1

H

h

avion

f

Pour ce faire, nous devons disposer d’une carte topographique et des renseignements sur les

paramètres d’acquisition souvent inscrits en marge du cliché photographique. Ces inscriptions (photographies des cadrans des différents appareils simultanément avec la prise du cliché) diffèrent d’une caméra à l’autre mais généralement nous retrouvons :

a. Marques fiducielles (leur rôle sera discuté plus loin)

b. Focale de la caméra en mm, numéro du cliché et numéro de la mission

c. Altitude de l’avion en mètres

d. Heure d’acquisition

e. Niveau à bulle

Des exemples sont donnés par la suite.

GEO1542 : Photo-interprétation et télédétection

 

Niveau à bulle

Horloge

Altimètre…………

 
à bulle Horloge Altimètre…………     ex.1   Altimètre Niveau à bulle Horloge
 

ex.1

 

Altimètre

Niveau à bulle

Horloge

Numéro de la caméra Longueur focale
Numéro de la caméra
Longueur focale
 

ex. 2

1.

Quelle était la verticalité de la photo? Nous avons une bonne idée

1. Quelle était la verticalité de la photo? Nous avons une bonne idée
1. Quelle était la verticalité de la photo? Nous avons une bonne idée

en se référant au niveau à bulle. Dans les deux exemples on constate que la bulle est bien centrée. Ceci veut dire que le plan de la photo est parfaitement horizontal. Chaque cercle du niveau signifie 1 degré d’inclinaison. Pour les travaux de précision, les plates-formes sont munies d’une unité dite IMU (gyroscopes) qui permet la prise de mesures des angles d’inclinaison de la caméra.

2.

Quelle était l’altitude de vol?

2. Quelle était l’altitude de vol?
2. Quelle était l’altitude de vol?

Ex. 1 : Environ 1200 m Ex. 2 : Environ 550 m La valeur indiquée peut être cependant en erreur jusqu’à 2%, et on ne peut pas s’y fier si des mesures de précision sont à faire avec les clichés comme dans les opérations photogrammétriques.

3.

À quel moment la photo était prise? Dans l’ex. 1 l’horloge

 
3. À quel moment la photo était prise? Dans l’ex. 1 l’horloge  
3. À quel moment la photo était prise? Dans l’ex. 1 l’horloge  

analogique montre midi et quart; dans l’ex. 2 l’horloge numérique montre presque quatre heures moins vingt.

4.

Quelle était la longueur focale de la caméra? Dans l’exemple 2

4. Quelle était la longueur focale de la caméra? Dans l’exemple 2

nous pouvons lire 152.92

 

5.

Marques fiducielles. Tous les clichés fournissent quatre marques

5 . Marques fiducielles. Tous les clichés fournissent quatre marques
5 . Marques fiducielles. Tous les clichés fournissent quatre marques

aux quatre côtés de la photo et au centre. Ces marques servent à définir le centre de la photo, un point important dans les calculs photogrammétriques. Les clichés pris avec des caméras modernes en fournissent quatre autres placés aux quatre coins de la photo.

Si nous n’avons pas suffisamment d’informations sur les paramètres de prise de vue ou la photo utilisée est un agrandissement ou une réduction d’une autre photographie, la seule solution pour connaître l’échelle est de comparer une distance mesurée sur la photo entre deux points et la même distance connue par une carte topo ou même mesurée sur le terrain. Cette façon de faire est moins précise lorsque le terrain est accidenté. La mesure sur la carte de la même distance nous permet d’écrire la relation suivante :

E

photo

E

carte

=

L

photo

L

carte

E

photo

=

L

photo

L

carte

E

carte

38

GEO1542 : Photo-interprétation et télédétection

Un exemple est donné par la suite :

La figure suivante montre des extraits d’une carte topographique à l’échelle 1/20 000 et d’une photographie aérienne couvrant tous deux un territoire sans relief appréciable. La distance entre les deux intersections, indiquées par des cercles sur la carte, mesure 65 mm et sur la photo, 32,5 mm, quelle est l’échelle de la photographie aérienne?

E

p

=

3

2

,

5

1

6

5

2

0

0

0

0

E

p

=

1

1

2

2

0

0

0

0

E

p

=

1

4

0

0

0

0

5 2 0 0 0 0 ⇒ E p = 1 1 2 2 0 0

SURFACE COUVERTE PAR UNE PHOTO

La surface couverte par un cliché est fonction de la hauteur de vol ainsi que du champ angulaire de vue qui pour sa part est fonction de la focale et de la taille du cliché. Il est évident que le changement d’un des ces deux paramètres fera varier la surface couverte par un cliché. À titre d’exemple (figure 17), en maintenant a) la hauteur de vol et la taille du cliché constantes, une caméra de longue focale couvrira une plus petite surface qu’une autre avec une plus petite focale et b) en faisant éloigner l’avion du sol tout en maintenant les autres paramètres constants, on augmentera la surface couverte par un cliché. Dans la pratique, on peut mesurer les dimensions du cliché et les traduire en distances au sol via l’échelle. Étant donné que le cliché est un rectangle (souvent carré) il est alors facile de trouver la surface couverte.

GEO1542 : Photo-interprétation et télédétection

f = 305 mm f = 152.4 mm (b) (a)
f = 305 mm
f = 152.4 mm
(b)
(a)

Figure 17 : Couverture de la photo en fonction de la focale (a) ou de l’altitude de vol (b)

LOCALISATION

Une photo aérienne ne permet pas de connaître la position d’un point quelconque selon sa latitude/longitude ou selon un système de référence cartographique. Une

photo a sa propre projection (projection centrale) et possède une orientation quelconque par rapport au système de coordonnées géographiques (tout dépendant de l’orientation des lignes de vol pour l’acquisition des photos). Seulement après des opérations spécifiques de photogrammétrie (orthophotographie, levés photogrammétriques) nous pouvons connaître les coordonnées de tout point sur la photographie aérienne. Souvent dans ces opérations on érige un système de référence arbitraire en définissant comme origine du système de coordonnées le centre de la photo repéré grâce aux marques fiducielles.

définissant comme origine du système de coordonnées le centre de la photo repéré grâce aux marques

GEO1542 : Photo-interprétation et télédétection

DISTANCES-LONGUEURS-SUPERFICIES

Nous pouvons effectuer des mesures des longueurs, des distances ou des superficies comme sur une carte mais il ne faut perdre de vue que plus le terrain est incliné et//ou accidenté moins ces mesures sont précises.

ORIENTATIONS

Une photographie aérienne a une orientation quelconque. L’orientation approximative d’une photo ne peut pas être connue qu’en consultant une carte topographique. Seulement après les opérations photogrammétriques l’orientation est connue avec exactitude. L’heure de prise de vue et la direction des ombres projetées au sol par des éléments surélevés peuvent nous donner une idée sur cette orientation en l’absence d’une carte

ALTITUDES

Une photographie aérienne ne nous permet pas de connaître l’altitude d’un point quelconque. Ceci peut se faire après une série d’opérations en photogrammétrie. Seulement pour les éléments surélevés (bâtiments, arbres, etc.) nous pouvons connaître approximativement leur hauteur par rapport au sol avoisinant en utilisant soit la longueur de leur ombre projetée au sol soit par la méthode du déplacement radial.

Ombres : Il faut connaître la position du soleil au moment de la prise de vue (ceci peut se faire en utilisant : la latitude du lieu, la date et l’heure de prise de la photo). La longueur de l’ombre projetée mesurée sur la photo est traduite à une longueur au sol à l’aide de l’échelle de la photo. Si l’on connaît la position du soleil par son angle zénithal, i.e. l’angle par rapport à la verticale au sol, le calcul se fait comme suit (triangle rectangle de la figure ci-dessous) :

h = tg (90 Z ) × S

où h est la hauteur recherchée de l’objet, Z est l’angle zénithal du soleil et S est la longueur de l’ombre au sol.

Z h S
Z
h
S

Si nous connaissons la hauteur vraie d’un autre objet surélevé, il est facile de calculer la hauteur recherchée tenant compte que la longueur de l’ombre est proportionnelle à la hauteur. À titre d’exemple si l’objet de référence a une hauteur de 15 m et la longueur de son ombre est 2 fois plus grande de celle de l’objet, alors la hauteur de ce dernier sera de 7,5 m.

GEO1542 : Photo-interprétation et télédétection

Pour avoir une estimation précise des hauteurs par cette technique, l’ombre doit être projetée sur un sol plat et horizontal.

Méthode de déplacement. Cette méthode donne des résultats passablement précis si les conditions suivantes sont satisfaites :

1. La photo est verticale ou presque de sorte que nous puissions assimiler le centre de la photo au point nadir (point correspondant au pied de la verticale des lieux au sol);

2. Le dénivelé ente le centre de la photo et la base de l’objet n’est pas important;

3. La hauteur de vol au-dessus de la base est connue avec précision

4. La base et le sommet de l’objet sont clairement visibles. Plus l’objet se trouve éloigné du centre plus le déplacement radial est grand et ainsi base et sommet sont souvent bien identifiables

5. La distance entre la base et le sommet de l’objet est suffisamment grande pour

qu’on puisse la mesurer avec précision avec l’équipement disponible, par exemple une règle. Si toutes ces conditions sont satisfaites on procède comme suit : a) On localise le centre de la photo; b) On évalue la distance entre le centre de la photo et le sommet de l’objet

(r a ) et c) la distance de déplacement (d), i.e. distance entre la base et le sommet de l’objet. Cette distance de déplacement peut être traduite en hauteur de l’objet (h) par la formule suivante :

h = H ×

d

r

a

où H est la hauteur de vol.

Exemple H=914 m Réservoir A r=59,5 mm d=4,5 mm 4 ,5 mm h = 914
Exemple
H=914 m
Réservoir A
r=59,5 mm
d=4,5 mm
4
,5 mm
h
=
914 ( m )
×
h
=
69 m
A
A
59 ,5 mm
Réservoir B
r=127 mm
d=9,5 mm
9
,5 mm
h
=
914 ( m )
×
h
=
68 m
A
A
` 127 mm
Note : la photo ci-contre ne sert qu’à illustrer
les choses; pas à la même échelle que la photo
où les mesures ont été prises.

GEO1542 : Photo-interprétation et télédétection

Preuve Triangles semblables : AOD et A’OC’ A' B' C' rb H − h f
Preuve
Triangles semblables : AOD et A’OC’
A' B'
C'
rb
H
h
f
ra
=
(H
h
)
×
r
=
f
×
A D
a
A
D
r
f
a
Triangles semblables : BOC et B’OC’
H
f
O
=
H r
×
=
f
×
BC
b
BC
r
b
Puisque les distances AD et BC sont égales alors les deux équations
nous donnent :
(
H
h
)
×
r
=
H × r ⇒
H × r
− h ×
r
=
H × r ⇒
H
×
(
r
r
)
=
h × r ⇒
a
b
a
a
b
a
b
a
H
×
(
r
r
)
H
a
b
h =
r
a
A
D
h
C
B

RELIEF

Une photographie aérienne ne nous permet pas de bien apprécier le relief

topographique. La topographie fait varier la brillance des objets en changeant la quantité du rayonnement solaire reçu par un élément de la surface. Ainsi un versant exposé au soleil apparaîtra sur la photo plus brillant qu’un autre de dos au soleil. Ces contrastes font que nous pouvons avoir l’impression visuelle du relief, mais ce n’est que très approximatif. Seulement une vue stéréoscopique nous offre une bonne appréciation du relief (laboratoire 1-C).

CONTENU

Une photographie aérienne ne nous permet pas de connaître directement la nature des objets au sol. Ici nous faisons intervenir la photo-identification et la photo- interprétation (laboratoire 1D)

RÉSOLUTION La résolution spatiale exprime la capacité d’une photographie aérienne à restituer des détails fins d’un paysage. Elle est fonction de plusieurs paramètres incluant : le pouvoir séparateur de l’objectif et du film utilisé, le contraste entre les objets, le développement chimique etc. Pour la mesurer l’on emploie les lignes paires/mm. Une cible spécifique composée d’une alternance de lignes sombres et claires de la même taille tel que montré par la figure 18 est photographiée (souvent dans le laboratoire) et des interprètes analysent les photographies ainsi obtenues et ils se prononcent sur le plus petit pattern des lignes sombres-claires qu’ils sont capables de distinguer. Bien que les objectifs et les films de bonne qualité aient des pouvoirs de séparation qui s’élèvent à quelques 100 lp/mm, la photographie finale ne dépasse pas les 40 lp/mm. En comparaison l’on évalue que l’œil humain a un pouvoir séparateur de quelques 10 lp/mm (voir tableau ci-après).

43

GEO1542 : Photo-interprétation et télédétection

GEO1542 : Photo-interprétation et télédétection Figure 18 : Cible typique pour évaluer la résolution d’une photo

Figure 18 : Cible typique pour évaluer la résolution d’une photo (lignes paires par millimètre)

Élément

Objectifs standard

Film panchromatique ou film couleur normale (les autres types de film ont un pouvoir séparateur inférieur)

Œil humain

Impression lithographique

Pouvoir séparateur

> 100 lp/mm

Cibles de fort contraste avec leur environnement (1000 :1) : 400 lp/mm Cibles de faible contraste avec leur environnement (1,6 :1) :40 lp/mm

10 lp/mm

6 lp/mm

Différents pouvoirs séparateurs

Différents pouvoirs séparateurs

Ce qui est le plus intéressant est de pouvoir mettre en relation la résolution des photographies avec la taille du plus petit objet que l’on puisse distinguer sur une photographie quelconque (en supposant des objets de bon contraste avec leur voisinage). Ceci est fondamental pour tout projet de cartographie. Pour ce faire on peut suivre le raisonnement suivant : « le plus petit objet que l’on puisse distinguer a la taille équivalente d’une ligne dans une ligne-paire. Puisque dans un millimètre l’on peut distinguer X lp donc la taille d’une ligne dans une ligne-paire est 1/2X du mm. En utilisant l’échelle de la photo l’on peut traduire cette distance en distance équivalente au sol ». Un exemple : supposons une photographie avec une résolution de 25lp/mm à une échelle 1 :10 000 alors la taille du plus petit objet serait :

d

=

1

50

mm

×

10000

=

200 mm

=

20cm

Avec la même résolution mais avec une échelle au 1 : 40 000 on aura donc 80 cm

Cet exemple nous montre clairement que même à des échelles moyennes nous sommes en mesure de distinguer des objets qui ont une taille autour du mètre. L’échelle 1 :40 000 est à la base de la cartographie topographique au Canada (cartes au 1 :50 000 ou au 1 :20 000). Pour les inventaires des ressources, l’échelle 1 :15000 est

GEO1542 : Photo-interprétation et télédétection

souvent employée tandis que pour les travaux d’ingénierie des échelles aussi grandes que 1 :2000 sont utilisées. La figure suivante nous montre un exemple de la dégradation de la résolution avec la diminution de l’échelle

Échelle 1 :2000 Échelle 1 :8000, agrandissement (4X)
Échelle 1 :2000
Échelle
1 :8000,
agrandissement
(4X)

Généralement à la même échelle, la résolution spatiale au sol d’une photo en noir et blanc est meilleure que celle de la photo en couleur.