/

Roman Jakobson
Les embrayeurs, les catégories verbales et
le verbe russe.
1

In: R. Jakobson: Essais de linguistique
générale. Traduit de l'anglais par Nicolas
Ruwet.
1

Minuit, Paris 1963, p. 176-196

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(.1lIAPl'l`lll*l IX

LES EMBRAYEURS. LES CATÉGORIES VERBALES
ET LE VERBE RUSSE (1)
1. Embraycurs et autres structures doubles
1.1.
Un message émis par le destinateur doit être perçu
adéquatement par le receveur. Tout message est codé par son
emetteur et demande à être décode par son destinataire. Plus le
destinataire est proche du code utilisé par le destinateur, plus la
quantité d'information obtenue est grande. Le message (M)
Il et le code sous-jacent (C) sont tous deux des supports de communication linguistique, mais tous deux fonctionnent d'une manière
dédoublée : l'un et l'autrc peuvent toujours être traités soit
comme objets d'emploi, soit comme objets de référence. C'est
ainsi qu'un message peut renvoyer au code ou à un autre message, et que, d'un autre côté, la signification générale d'une unité
du code peut impliquer un renvoi soit au code soit au message.
En conséquence quatre types doubles doivent être distingués : 1) deux types dc. circularité -- message renvoyant
au message (M/M) et code renvoyant au code (C/C) et 2) deux
types de chevauchement - message renvoyant au code
(M/C) et code renvoyant au message (C/M).
\

(1) Cet essai' est ln, t›raduction de Sliiftcrs, verbal categories, and the t¿ussia.Ii

zrerb, Russîmi Language Project, Department. of Slavic Languages and Lite1-ntures, Iíarvard University, 1957. Les parties Il et 2 sont un réaurné de deux
1-o_mmm1ieations limites en 1950 -- « Les catégories verbales n, Société Gon0V0ise
de Linguistique (voir CFS, IX, 6) et « Overlapping of code and message in
language ››, University of Michigan.
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177

1.2.
l\I/M) Le discours cité (oratio) est un énoncé à Pintérieur d'un énoncé, un message à Pintérieur du message, et on
même temps c'est aussi un énoncé sur un énoncé, << un message
à propos d'un message -», selon la formule de Vološinov (1) dans
1'étude qu°il a consacrée à ce problème crucial pour la linguistique et la stylistique. Ce genre de paroles << relayées ›› ou « déplacées ››, pour reprendre les termes deBloomfield, peut tenir une
très grande place dans notre discours, car il s'en faut de beaucoup
que notre conversation se limite aux événements vécus hic et
nunc par le sujet parlant. Nous citonsles autres, nous citons 1105
propres paroles passées et nous sommes même enclins à présenter certaines de nosexpériences les plus courantes sous forme
d'autocitations, par exemple en les confrontant aux déclarations
d'autrui : Vous _uvez appris qu'il a été dit... Eh bien I moi je vous
dis.;. (Mattliieii). Il existe une échelle. multiple de procédés lin..
guistiques destinés à rendre. les citations ou quasi-citations : le
discours direct (oratio recto), le discours indirect (oralio obliqua),
ct diverses formes de style in direct libre. Certaines langues, telles que le bulgare, le kwakiutl et lc hopi (2) usent de pm;
cédés morphologiques spéciaux pour indiquer des événerngntg
qui ne sont connus du 'sujet parlant que par le témoignage des
autres. C'cst ainsi qu'en tunica toutes les déclarations faites par
onï-dire (ce qui couvre la maj orité des phrases d'un texte à part
celles qui sont au discours direct) sont indiquées par la prégenœ
de /-áni/, postfixc de citation employé avec un mot prédicatif (3),
1.3.

C/C) Les noms p 1' oprcs, que Gardiner Ç4), dans son

essai « polémique ››, présente comme un des problemes les plus

épineux de la théorie du langage, prennent une place particulié-.re dans notre code linguistique : la signification générale d'un
nom propre ne peut se définir en dehors d'un renvoi au (g (1
Dans le code de Fanglais, « Jerry ›› signifie une personne nommée
Jerry. La circularité est évidente : le nom désigne quiconque
porte ce nom. L'appe1latif « chiot ›› 'désigne un Jeune chien,
« bâtard ›› désigne un chien de race mêlée, « lévrier ›› 1111 Chien utilisé dans les courses, mais « Fido ››I ne désigne Hi Plus Hi moins
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(1) Cf. \'.I\'. Vološinov, .Il.larlcsi.znI i y'ilosofija ;I'azyl\'<I~ (L@1*111È1`_“*f1* 1030),
(2) Cf. L. Andrejöin, Katcgoric .-:naczmriowe konjugacji b'H¿t7“"'87¢1fiJ (Cracovie.

1938) ; F. Bons, Kwakiutl Grammar, Philadelphie, 1947 _:
“'110l'f, ,, The
Hopi language, Toreva. dialect ››, Li*ngu'I'stic Slmctrfrcs of .\'ut-wc eirneriga, ¿,_¿_

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II. Hoijer, New York, 194.6.
(3) Cf. M. Haas, Tunica, New York, 10-il.

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(4) A.II. Gardiner, The Theory o_I' Proper Ncunes, Londres, 19-10.

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178

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13ss.us nr: LINGUISTIQUE oIšN1É;n.x1.u

qu'on chien qui s'appelle « Fido ››. La signification générale de
mots tels que << chiot ››, « bâtard ››, ou «I lévrier ›› pourrait être indi..
quéeau moyen d'abstractious telles que << la bãtardisc ››, ou de
périphrases comme « jeune chien ››, « chien utilisé dans les cour..
ses ››, mais la signification générale de « Fido ›› 11e peut être qua..
lifiée de la sorte. Paraphrasant Bertrand Russell (1), nous dirons
que si beaucoup de chiens s'appe1lent « Fido ››, ils n'ont en commun aucunc propriété spéciale de « fidoïté ››. De même le pronom
indéfini correspondant à des noms tels que Durand, Dupont,
Duval, etc. -- « Untel ››, « Chose ››, « Machinchouctte ›› --- inclut
une référence patente au code.
E
1.4.
M/C) Un message renvoyant au code correspond à ce
qu'on appelle en logique le mode autonyme du discours.
Quand je dis : Le chiot est un animal caressant, ou : Le chiot pleur..
niche, le mot «I chiot ›› désigne un jeune chien, tandis que dans
f.:::1e phrase comme ii Chiot ›› est un nom qui désigne un jeune chien
:;f;I, en plus bref, « Chiot désigne un jeune chien, ou encore « Chiot ››
bisyllabique, le mot « chiot ›› -- dirons-nous avec Carnap (2) _..;t employé comme sa propre désignation. Toute interprétation
.ayant pour objet Pélucidation des mots et des phrases _ qu'ellc
seit intralinguale (circonlocutions, synonymes) ou interlinguale
('§;;*aduction) -- est un message renvoyant au code. Ce genre
s:l'hypostase -e comme le pointe Bloomfield --- << est étI'0it<2I11€I1t

lié à la citation, à la répétition du discours ›› et joue un rôle vital
dans Pacquisition et l'usage du langage.

I

1.5.
Tout code linguistique contient une classe spéciale d'unités grammaticales qu'on peut appeler les embrayeurs (3) :

la signification générale d'un embrayeur ne peut être définie en
dehors d'une référence au message.
s
La nature sémiologique des embrayeurs a été examinée par
Burks (4) dans son étude sur la classification de Peirce des signes
(1) B. Russel, An Inquiry into .Meaning and Truth, Londres, 1940.

(2) ll.. Carnap, Logica! Syntaro of Language, New York, 1937.
(3) NDT ': Nous avons choisi ce terme pour traduire Panglais ›5'hi/ter. Umprunté par Jakobson it 0. Jesperscn, Language, pp. 123-124.-. Jospersen définit
ainsi le shi/ter : -I une classe de mots... dont le sens varie avec la situation...
exemple papa, maman, etc... ›› Le mot « cmbrayeur II, qui est utilisé dans le langage technique pour traduire certains des sens de shift, shifter, nous a paru
propre à. désigner ces unités du code qui « embrayent ›› le message sur la situation.

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(4) A.\V. Burke, *I Icon, Index, Symbol ii, Philosophy and- .Pheuomenolog-icat
RcsearclI,'IX, 1949.
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ensymboles, index et icônes Selon Peirce un syii1b010(Pf=-“` exam'
31918 mot fran a'
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Ç is ii rouge ››) est associe à Poblet représente Par.
lilaœt
regle conventionnelle, tandis f-lifun index (Paf exemple i
.0 e de montrer
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quelque chose du doigt) est dans une relation
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. @iiisteiitielle avec Pobjet qu'il re résente. Les embrayeurs com-

eux fonctions et appartiennent ainsi à laiclasse des
_lSymboles-inde x. Un exemple frappant cité Paf Burks est
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e_PPf›nom personnel . << J e ›› designe
' '
'
'
la personne qui enonce <<-Je* ”- Î
ANSI. d'un coté le signe « Je ›› ne peut représenter son oblet sans r
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être
associé
«
C
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e *par une règle conventionnelle ii, et d,a“S,de,b
°d9S différents le même sens est attribué à des Sëfiluencesidlffe'
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rentf3S, telles que << je ii* << Bgû ii ii ich ii ii l >>, etc- i d0nc'« ie D est

un Symbole. D'un autie côté le signe ii je >›_11<*-“- Peut repreœnteri

son °blel1 S'il n'est pas « dans une relation existentielle ›› 21V9C _
i cet Ublet : le mot « je ›› désignant Pénonciateur est dans une 1`€1a"
tÎ011r_ exist entielle
' i avec Pénonciatioii, donc il. fonctionne
00mm c
UH Index (1).
i
011 il souvent pensé que le caractère particulier du pronom
D_ersoniiel
et des autres einbrayeurs résidait dans _l'absenc_e
_ _
Signification générale unique et constante. Ainsi Husserl .
_
Wort « ich ›› nennt von Fall zu Fall eine andere Person, und QS _ "li dies miltels immer neiuer Bcdeutung (2). A cause de cette Pïe; _
tendue multiplicité de leurs significations contexiuielles' B
1
s @Inbrayeurs
' °
me
d .
_› Par 0PPOsition aux symboles, fuïfšïït tra1teS.c_;)m s
index (3) . Ch aque embrayeur, cependant,
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* P 0556 0 une
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_e simples
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i' ateur
Slgnificatio n generale
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propre. Ainsi « je, ›› designe
le gesgãfl
Pour _ *
(Bt << tu ›› le destinataire) du message auquel il appalf leloéie 185
Bflftraiid Russell, les embrayeurs, 011, _d¿}nS sa §erI¿gliÎ0qu'ils ne
<<_particuliers égocentriques ›› sont définis Pal: CC ci toutefois,
5 appliquent jamais à plus d'une chose à la fois. G ›Pa__ exem__ i
est commun à tous les termes syncatégorématïqufs' ›une relaP18 la conjonction ii mais ›› n'e:-:prime à Chaque fou' cîiãdée «émétion adversative entre deux concepts donnés et nofldistingãe les
J rique de contrariété. En réalité, la seule ch0S*'-'› qålå linguistique,
emhrayeurs de tous les autres constituants dll C0
«= s
. qu ' ils
. renvoient
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message*
(fest 1 e fait
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obligatoirement au
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956.
(1) Cf. E. Benvenisto, ii _La. nature des pronoms vi 1il R J ' Lil» Illï-Lyc' 1 ..
. .1 de
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. selon les cas des
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d'fférei1f›0F*› °'° - prm
_ Perwnncs
1, Il! _
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(2) « Le mot *'.Îe' désigne
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. J I _Um'ersiirIiiin0¢"
ce fait. une signification toujours nouvelle. » (L°9'“'°'c_
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'*'-n-¢.¢_...-1-r-1-_......ï,

Halle, 1913).
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(3) K. Bühler, Sprachüic-0H'0› -Îena, 193-1.

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i_-:ss.iis iii; i.ii×:ouis'i*ioci: oi'-;iviï;ii.xi.i-1

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Les symboles-index, et en particu'lier les pronoms personnels,
que la tradition de l-Iumboldt concevait comme appartenant au
stratum l_e plus élémentaire et le plus primitif du langage, sont

au contraire une catégorie complexe où code et message se clie-

vauclient. (Test pourquoi les pronoms comptent parmi les acquisitions lesplus tardives du langage enfantin et parmi les premières
pertes de Paphasie. Si nous observons que même les linguistes
ont en des difficultés là définir la signification générale du terme
« je ›› (ou « tu ››), qui signifie la même fonction intermittente de
différents sujets, il est tout à fait compréhensible qu'on enfant
qui a appris à s'identifier à son nom propre ne s'liabitue pas aisément à des termes aussi aliénables que les pronoms personnels :
il peut hésiter à parler de lui-meine à la premiére personne alors
que ses interlocuteurs l'appellent ii tu i››. Parfois il s'efforce. de

redistribuer ces appellations. Par exemple, il essaiera de monopoliser le pronom de la première personne : « Essaie pour voir de

t'appeler moi. Moi seul je suis moi, et toi tu n'es que toi. ››
Ou bien il usera sans discrimination soit de « je ›› («. moi ››), soit
de <«. tu ii (« toi ››), pour désigner aussi bien ledestinateur que le
destinataire, de sorte que le pronom désigne n'importe quel protagoniste du dialogue. Enfin, << je ›› pourra être si rigoureusement
substitué par l'enfant à son nom propre qu`il en viendra à nom-

mer spontanément les personnes de son entourage mais refusera

obstinément d'énoncer son propre nom : le nom n'a plus alors
pour son jeune porteur qu'une signification vocative qui s'opposc
à la fonction nominative du « je ››. Cette, attitude peut subsister

en tant que survivance infantile. Ainsi Guy de Maupassaiit

avouait que son nom, quand il le prononçait lui-méme, rendait
un sontout à fait étrange à ses oreilles. Le refus de prononcer
son propre nom peut être érigé en ,coutume sociale. Zelenin (1)
note que, dans la société sanioyè-de, le nom propre était tabou
pour son porteur.
r
1.6.
Jean m'a expliqué que << bidoche ›› veut dire << viande ››.
Dans ce bref énoncé sont compris les quatre types de structures
doubles : le discours indirect (l\«IfM), un message autonynie

(M/C), 1111 r10m propre (C/C), et des embrayenrs ((`./M). il Savoir
le pronom de la première personne et le temps passé du verbe,
signalant un événement antérieur à Fénonciation du message.
Dans la langue et dans Pusage de la langue, les structures doubles
~ (1) D.BZ. Zeleniii, ii 'Pabu slov u nai-odov vostoénoj Evropy i severnoj _\zii ..,

II, Sbomílc Mu.':r,:'a .lniruμologií E Ètnograjii, IX, 1930.

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Jgolifîêlt “H Pôle cardinal. En particuliei, la classification des catee___ S grammaticales et singulièrement des catégories verbales,
s - gs»_ une discrimi na t'ion systématique des embrayeurs.
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2. Essrii de rlnssi`firaiion des crilégories\verhrzlrs.

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En vue de classer les catéfiories verbales. nous clevons

Observer (je

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ux distinctions de base :
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___ il 11 _ faut dist'
_ inguer entre l'énonciation
elle-même. (il) Èîlè
` “ °hlB\'-, la matière
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.'enoncée(H);
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~ _
lnågnèl

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distiilguer ensuite entre l'a_cl_e _on le 111'_o_eè_s loli-

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« et «lun quelconque de ses 11101-flëïfilltlfitiii (_ )
“ “QQ-Ht >› ou << patient ii (1).
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s
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lin conséquence, quatre rubriques doivent étre distinguées E
“H evenement
r aconte' (narraled event) ou pro cts del _eno (___)
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(C“")~11ii aete. de discours ou proces de l'én01101ï\U°“, (S '

1'" l31`0tf=1goniste
. du Procès,_ de Pénoncé (Tel , et un lll`0t5g0“lSœ
_
dl* llrocùs de Pénoiiciation ('l`“). destinateur ou destinataire.
d

"ri
l ont verbe se rapporte à un proces de l'cnon_ce. Les catc.Ê-ΰï`10-S verbales peuvent se suladiviser en deux classes selon qifelles
nnllliquent
Les
~
~ ou non les prot*i0'onistes
“ =›
“ du procès.
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“nlllîquaiit
les
Drotflgonistes
peuvent
caractériser
soit
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gonistes eux-nieines (TG), soil; leur relation au pI`00°›_5 de 1 enfmœ

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(race). Les catégories qui font abstraction des P1`0ti1šš°“_1Ste5
caractérisent soit le proces de l'éiioncé lui-même (Cali Soit sa

l
i

mlïltïün à un 'dautre procès énoncé (CGCG). Pour les catégories ne
fïïlfilctérisant qu'un seul terme de Pénoncé--le procés lui-inémc
(Cc) 011 ses protagonistes eux-mêmes (T8) --*-- 011 @mP1°Î°Îa rex'
Pression de cl é s ignateurs, tandis que les catégories Qi" 0811101'
térisent un tel terme. (Ce ou TB) en le rapportant à un autre termü
de 1' enonce
'
' (L.e(.°
“ * on T°(`1°) seront appelées des conn ecte urs.

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'1'*“*-*II-u-μμ1_-..1`

U) _ND'l` : ll nous í`nlla-it choisir clos symboles _ppiii~ ali'-s_ig_iioi* ces quatre rubri-

ques différent es.
. En
' anglais,
' Jakobson
' '
avait' iiiilise les mitia-les des dii`férel1i~'ï'›
mots_ . U oniine le hasard vent iluciaussi bien « i'~non«-é ii et ~= éiioneiation vi dglnã
pm-(_, qu,¿._ ¿*a_utm p_._,.¿_ _, p_.,_,c¿,S ,, Qt. Ji protiigoiiîali-i ii, coiniiieneeiil. «le la in -i_1;i_
fiiçoii, nous avons décidé de désigner arbitin-irenieiit. les deux moinbres G0 l
seconde
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opposition
par leur prcniiere
eonsonne diffei-ente . P1 U'-'U-*.1P1 0f“l¿°"'° '
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et le s* deux niembi-es de l`nut-rc opposition par une de leurs voyelles differeiiles l
enoncó,*'énonciat›ioii.

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Essais DE LINGUISTIQUE Giz.\ir«:n.«'iLi?.
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Les désignateurs indiquent soit la qualité soit la quantité du
terme de l'énoncé et peuvent être appelés respectivement qualificateurs et quantificateurs.
Les désignateurs comme les connecteurs peuvent caractériser
le proces de l'énoncé et/ou ses protagonistes avec ou sans référen_ce au procés de l'énonciat_ion (_./C11) ou à ses protagonistes
(../ Fa). Les categories qui impliquent cette référence seront appelées embrayeurs ; celles qui ne Pimpliqiient pas seront dites
non-embrayeurs.
2
A partir de ces dicliotomies de base, tou tes les catégories vel-._
bales génériques peuvent être définies.
_

2.2. r Te) Parmi les catégories qui impliquent les protagonistes
du procès de l'énoncé, le genre et le nombre caractérisent
les protagonistes eux-mômes et cela sans référence au proces de
Fénonciation -~~- le genre qualifie et le nombre quantifie les protagonistes. Par exemple, en algonkin, des formes verbales indiquent si l'agent d'une part. lepatient de Pautre, sont animés
ou inanimés (l), et l'unicité, la dualité ou la multiplicité des
agents comme des patients est. exprimée dans la conjugaison
koryak. l
2.21. s 'l"=`=/T11) La personne caractérise les protagonistes du
procès de l'énoncé par référence aux protagonistes du procés de
Pénonciation. Ainsi la premiére personne signale l'idcntité. d'un
des protagonistes du proces de l'énoncé avec l'agent du procès
de Pénonciation, et la seconde personne son identité avec le
patient actuel ou potentiel du proces de Pénonciation.
./"

'

2.3.
Ce) Le statut el l'aspect caractérisent le procès de
l'énoncé lui-même sans impliquer ses protagonistes et sans référence au procés de Pénonciatioii. Le statut (dans la terminologie
de Wliorf) définit la qualité logique du procès. Par exemple,
en gilyak, les statuts affirniatif, présomptif, négatif, interrogatif,
et intcrrogatif-négatif sont exprimés par des formes verbales
spéciales. En anglais, le statut assertif emploie les combinaisons
avec do qui, dans certaines conditions, sont facultatives pour
les assertions affirmatives mais obligatoires pour les assertions
négatives ou interrogatives.
_ _(l) Cf. L. lšloonifield, « Algonquian ii, T.-in_gui'sli'c S'!rur*i'm*r.s of .\'afi'rr' A iiwríca.

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de lcnonciation.
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2.4.
'l`°C°) La volx caracterxse la
de 1'énoncé a` ses protagonlstes
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sa ns reíelcn

ciation ou au locuteur-

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2.41.
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. c
m stan relatïfëåîield
1*eC011
2.5.
CGCQ) Il n'ex1StG
PÎ'1îe,Îe0.<temps
(1946).
cette catégorie; des termes ,Îerncåe utilisé par B Oble être le P111:
fIu'une de ses vanetes. Led.1e greg, taxislfemncé par raPP°1`
ordre (Ou encore S0n mo; fige le procès de 1_@“°
approprié. Ijordre caraC'f¿U`
.
au PIOCG 5 de
.
a un a u tre proces
de lemme e et o sans refefence
.
tr0ÎS types
,
.
le
gllyak
'
.
distingue
nonclatlon : cest amsl que
t
le mme
tfoi'
.et 1'ordre
'* etexp
cl'o1*dr es mdepcndants
` '
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mert,
1 * au tre(ÎBPB
›fidme
ndanîl
. ›
-*Î leläåãåfcl,
sième exclut un ordre dep A
.
ultaflel'te ›
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t __... sun
.
div crscs l relatmns
avec le verbe ln
.
tc.
\Vhorf il
o
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anterlonte,. lllterrllptlfmg
.
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1946)V décrit un systeme
s1m1la1I`@ 911 Hopl (Wh°f'
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2.51.

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ns “Wi
d'aPPÊ1er
terstimonlal
endeliãfle
de
cena/C“> N°“§ åÎ~ÎÊÎÎÈÎΛa1f=
lalfeegfãîèfi
1'eÊ~°I1Î{

(anglais evídentiall la mpeg rocès de l'é1}011°eê ” (cea), à Sf-{V°1ncé_l
compte trois pr0C€5 `Î' åãnonciation e.noI1C u prùcès de 1 9111€

e e

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V

ciation, et un << pfoces ' née relativementa du rapportîfal Ève
source d'informatp1on alleg r0cèSl511r 121 base la base <1 “fl rt' *__ p
Le locuteur I*21PP°rte un p
ouï-dîI`@)~ sur _ al' PTeS°mp¿ '
Paf C0“1ect.lÎ.r
.
B rc
(preme
P pa I. formes
1a muïluf-`-lflulun (PautîeL çpršuve
d'une
(Preuve
(Preuve par révelauon expériencfi apteuelleux QPOUPGS de -- Ca)

ÎVÎOH) Ou de Sa.pr°Pre bulgare diSU“guÎ3 ( directe >* (cea Test;il
moiœl' La conμlgalsolcnt : la « 11arrat1°ntI.@ question. UI"

@más sé«mwq*1Pm... . <0» ~›. ca- A M
et la «narration mdlre
.__“'_-.-q.¢,.._,,,,,,,_,_,_n-n-μ

m ww. v....f.››««*<** *
.

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_

.

1 1047.

.. )""y
. .. 7; ' [.enmÊ£1`*“ *
, Î"'u.~J.~:/\'11

U

____.._

1.
J
J

184

Essais DE LINGUISTIQUE GÉNÉRALE

arrivé au steamer Evdokija ? ›› un Bulgare répondit d'abord :
zamínala << on prétend qu'il est parti ›› puis ajouta 1 zamina « j'en
porte témoignage, il est parti ›› (1).
l
2.6.
Uinterrelation de toutes ces catégories peut être illustrée à l'aide du schéma d'ensemble suivant :

/'

.1

__

«_

~

W

l

l
l

_

Timpliqué

-

T rwn impliqué -

Désignaleur Connecteur*Désignateu r Connecteur*
Qualificateur :
Ê' ' _
';
Q ltd nzfzcaleuz

Embrayeur:

_ Statut

Genre
A

Nombre-,

i

`

.
VOIX
1

Personne À

Embrayeur : i

;\Iode

I

la

Aspect

ip

Temps
l

Ordre

*Testimonial

μ-_

*i

\

nf1**

'i|

En s'attachant spécialement à l'opposition embrayeurslnonS-Jmbraycurs, on peut condenser ccimodèle en un tableau plus
simple :
'

_.
a
1

X_

1 implique

r Y

Ø

'

l

1

T non implique
0

r

i

DésignateuzïConnecleurîDésignatcur Connecteur

à
1
i

Non-em brayem' :

Embmyeum
_

Ted

'r"«=›/'ra

1 TBCB

il

race/*rw

r
_ l

Ce

ceμia

Cece

H

cece*/(za

¢ni_-_:-¢_.-___..-_...,

(I) Voir I-LG. Lunt, Granmlar of the .Maccrlonian Literary Language (Skopjc,

1952), sur la. distinction systématique faite dans le syst-ème verbal du niacÿéclomen entre les procès .< garantis » et =< distances ››.

å
l

1
'I

§f**:.___

_

i

il

ini..-__.~_.:_f`_`_-`_'__

'-

1
'I

185

Gii.-xmiwmiiiis
3. Les concepts grammalícauœ du verbe russe.

3.1..

Nous. allons maintenant cataloguer et classer les Gaël;

iepti'
Bïflmmaticaux
Par les
verbale russes' '
ablfiall
corrige et coexPriméS
`
' formes
de
1932_ et 193? ories
(.1)'
Comme nous 1" ' _mplete nos _etudes
_
«J
' mdlquions
çåammaticales
oppos'
'dans ces articles, ' de deux categ

'
fe, ir 11011'
laut
`
' ees, 'lune .est. « marquefl >> et
'
' mal' liée
'i
si
nification
generale
d'une
I reside
g affirme la
_ en ceci'Cqu'elle
présence
d'11I1Bcatcšofle*
Ceftalne pr O 1.)íliété
6 rie
_Ell`ql1QB ii, L

(P0 sitive ou négative) A - la signification générale de la catfi-=›° .

nommarilüée
correspondante
n'avancc
rien concernant
la PTG'
s
'
,
_ _
nîgce de Â, et est em p l oyee principalement,` mms mn el;'QILISÎVB-*
né est
nt* POur indiquer Pabsence de A. Le terme I10H"ma q - ni..
t°UÎ0l11*s le négatif du terme marqué mais, au niveau de_lfl 513 é
mation
générale '. 1,°PP0sition
des deux termes Peut
être IIIÎGTPÎ
t'
.
°
tee 0_0mmc << aifirm
.
tionucléaires,
de A ”'
ation de A ›› je pas d'afíi_rm21
audi* fl'-fau niveau des siffnifications « rétrécies in 11
on rencontre 1.0
_ .
*D .
.
' atioll de
on A
pposition « affirmation de A *Y f “ afmm
n '-- ii,
. Quand nous nous réiérons ii une paire de C€\1l0Q°"e_S grarmugef
“cales Ulïlïosées' i nous les qualifions toujours comme* ma q
:QQ-marquée ››, <1
cet ordre. De même 9 (Ina nd nous* 110"éss
eferong au x classes,
. ans les
, .
°
s mflfltlonn
designateurs
sont tou1oiir
_
1'
'
de
_ A 11111',8l`lBll1'
en PTG-mier et 1 es connecteurs en second 11011
chacune
d
lo.
.
~
T
sont
08113
_
e ces classes, les categories implfflufmt
guces avant cell ' ' L
` °
oplîîé
_ _.i` C.. Lnfm
;aru
RFP?
(lui se limitent
11 abl?-1*3
feurs
corresde considérer leses embrayeurs
avant
les 11011-Cm
I

'

Pflndants.
'
k * ell revue, à l'exceP'*
Toutes les catégories * verbales
sont passees
.
\joli des- part'icipes,
'
classe hybride qui. releve
grammeticalemffnt
_
a la fois du verbe et de Padjectif
Ta

`

i

`e _--_:

il

v

3-2PERSONNE : a) personnel (SÎg“alanElqÈ1ep'I1-emièrl«`
impflrsonnel ; b) à Pintérieur dll personrdîleo personne
D ersonne (signalant le destinateur)lS@°°q lus restreint le
(signalant tout TI* imaginable et en un SGI1~rqlãnne:inc1“S1f
destinataire) ; c) à Pintérieur de la seconde PCC-1 “SH (manquanil
(signalant la participation du dest.inateur)/ex
-"""_'*--v-~_.,-__.,

'_ feriez

'
(1) Cf. Il-. Jakobson. “ 71111' Sbrllkfful' des russisclien
Y ei-\mms_ 1*» Chfmq
G¿*,|1§\`(3s

_
p wma
ii Signe
_
'
1, zéirn ii
i
Gu-iãolnio
Mat?
' (Prague, 1932), M;
1939)

.i"l'I(izfll'|gp`q

1

i'

I

135

Izssms me LINGUISTIQUE GI=':NÉnI\I.I=:

d`une telle indication). L'impératií et le hortatif emploient cette
distinction : cf. otdorrnem et otdoxní, oldoxnemte et otdoxnile.

3.2l.=._

GENRE :_a) subjectif (signalant la présence de T°)/

,

NOMBRE : pluriel (signalant la pluralité de T°)/

I
I
I I
II
I

*aun-i*-J-L*

nen tre ; IJ) à l'intérieiIr du subjectif, f é.mIn_In (signalant que
Te fest; pas mâle)/masculin (qui ne spécifie pas le sexe :
Vošel staršij vrac, ,šcnššina Ici soroka.

ffmm
A*-=1I
›-. -fflî

singulier. '

3 3.
STATUT : est exprimé en russe sur le plan syntaxique,
non sur le plan morphologique : cf. Ne on... Ne pojdei... On Ii ?...
Pojdct Ii '.7
ASPECT : a) perfectif (indiquant Faccomplissement

absolu de Ce)/imperfectif (neutre du point de vue de l'accom-

plissement ou du non-accomplissement) : cf. impf. pet' I< chanter ››
cet ph _,-pff' Ii accomplir, achever Faction de chanter ›› ;limpf.
dopeval' II être au stadefinal du chant II et pf. dopet' II accomplir
le stade final du chant ›› ; impf. zapeval' II être au stade initial du
chant ›› et pf. zapct' II accomplir le stade initial du chant ›I. Le
Iprétérit signale que, de deux procès, Ce précède Ca, tandis que
le présent n'implique pas de séquence ; en conséquence, un verbe
perfectif au prétérit ne peut être utilisé pour exprimer un accom-

plissement réitéré, puisque seul le dernier accomplissement dans

la séquence temporelle est exprimé par l'aspect perfectif : Inogda
on pogouarival (impf.) oireformax (on ne pourrait pas employer
le pf. pogovoril) ; To vystrcl razdavalsja (impf.), io slyšalisi kriki
(les prétérits perfectifs razdalsja, poslyšalis' ne pourraient être
substitués à ces formes imperfectives). C*est seulement si le proces répétitif est récapitule et son accomplissement final affirmé
que le prétérit perfectif peut être utilisé : Za use èti dni on pond*
govoril o rcformarc. Au présent, où, grammaticalement, aucune
séquence temporelle n'est impliquée, chaque accomplissement est
absolu, et on emploie le perfectif : Inogda on pogovorit o reformax ;
To v_z)szfrel razdaslja, to kriki poslyšatsja. Le prétérit perfectif
signale Fantécédence temporelle de Ce (par rapport à Ca) et son

accomplissement. Le présent perfectif n'indique pas si Ce précède ou non Cf* ; quand on l'emploie dans sa signification res-

treinte, nucléaire, il donne à entendre que Ce ne précède pas Ca,

et ainsi son accomplissement envisagé est postérieur à Ca : la
signification la plus usuelle du présent perfectif se rapporte à
l'avenir, ainsi Om' zakrI'r'al II Ils vont se mettre à crier. ››

I;-›,.¿*, ,-W., .

I

l

l

'

l

'

- "*-=¢_-- .-. ._
.rv

“_

~

...--1

-W

l
I

i

1

I

bl à 1**

-

I

GRAMMAIIW.

I

l

187

I
|

erIiI=z, 1a"ÈÎ,Îfȧà“`.Ê? 1'imperIecuf 1 e e I; e I* m 1 n e (signalant 1*Intef2dil'.

l

ul e de Cel/1 n d é t e r m i n É , par exemple exat' -

L

_<=) à 1** ~
(sIgna1aÂÊtÊÎeʧ d? 1'imperfeeiIf et «Ie Iuniieiermine I; itératif

,

cable)/n0n_it. d '¿Èb01`d réitéré ou habituel et ensuite irrévû- p

*danser mais leratlí : 0" PU¢1Syval
Sait» _

ii Il avaitÿhabitude de i '

` p 115 lZï1I`(l C8553 de le faire yi ___- On pljasal II Il dan-

_d)à1**-«

I

début den(jteïîuP df: rimpeïfectif : inchoatif (signalant 10

7

<2) à1'in£e1-I Onüîchoatif'

_

Perfectivieïlf de 1 mehoatií : perfectivisé (II futur ››)/non- _
lÎll0yen de io Se' LÊ5 deux variétés de Pinchoatif s'exprirnent au I
“Hperfectii ëtnles çeriphrastiques combinant Pinfinitif d'un Verbe
Clloaff
@S Ormes p du P ri
1 1* a_uxI'I'Iaire
'
'I_< c\tre I›.*L'În"
“ainsitnoiiî-perfectivisé
_<.Sen t ce
_ *
f _ I andis que p°ïï}Dl01e la forme Imperfective de l*'21U?Î`: V
@Cuves C0 `
mehoatif periectivisé recourt aux form€S=P°
un
* Le P resent
›. ., lmperfî,
. (;é=)_
,aI1l1<*1S.
'i
f ctif
etc.e fo
dirme “spend
zero
. est
. eXp1`î1T1é
- par
Ln une part, t Paf Opposition au preterit impeifectif ÖUI _
inch
'2 au present erf~ t'i b du, etc. d autre P211
V
â S 0.am
_ Om.n°“'Pf11`feet`
kriëm' _ 1\ Isa.'I. pose
- ce 1 u l'acte dam
`
orcer le I - .
Drocè
p simplement
lsc ant' '
<< Ils se mettent à crier ›› * l`inC110€1'CîÎ l°°ffe.°ü' i
il Oflí l›I1d:Icl1l)¢Îí¿},î›ccomplissement de Pacte dîamorcer le Pl`°°cS':
`

'

mesfiest S'

.

zak riãqi
'
lmllaire
(1)_
p

.=1`s

I",

î

.tn

_. '
Brutal

I

0Î' I-

“ ils Vont crier ››. La relation entre ces deux f0ï"j

l f-.1 relation
'
usuelle entre *Om'

Gt

3' 4' _
s
» _ ÿ Ces
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« .
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Dûurraielnt selllroãÿiif Olcldltm ng el (ÿlšnaåîllaiittlessaåjsrîlu'ils se

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,r-.I›_.~I_ 111'

Isnte

I.

. ,-,1;1*Ic-

tions introCiuit.esI par 1\[_ Lmöenko ( K poñmnn finale II et ,. u:<*t.I:Îp se heurtent
de même que les vieilles tentat-ives d'exclure la seeondû 1"°'ÎgIlI*~.lI›ll.-:I
W le
des tournures courantes telles que :ly 1'510-“Of-“'“"-"`“' ° 'M "Q ' J m
'

mot 3

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Îfun 1,-¢›*;-bum 1'-íñitirnî Il(él.éeilîîiïiiïlldnlèleiiips 1›¢-jetée, ii .i11sie`I*1åÎ('Î:,,i{;:: :il ¿.t1*c_ ”
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I
l

_

I~:ss.-us nn I.INc.UIs'rrQUn GI-:NIï:n.~.I.I-:

vivait libre et ne connaissait pas le malheur II ; Zit' by cmu na
vole, ne znat' by pešali « s'il pouvait vivre libre, il ne connaitrait
pas le malheur ›› ; Zil' by emu na vole « Ah l s'il pouvait vivre en
liberté l ››

2

. ,r '_'
- _! vy. _. -1-

-.

,

_q.*i_:, i¿,

b) in jonctif (signalant que le Ce est imposé au protago-

niste)/indicatif.
il
_ Il existe deux variétés fondamentales de l'injoncti_f : ou bien
il figure comme un .pur appel (forme d'adresse) ou il est transposé
en un énoncé déclaratif.
*
V
Deux formes d'appel de Pinjonctif doivent être distinguées :
hortatif (signalant une participation au C0)/impératif. Ce

dernier réclame une participation au Ce, tandis que le premier

l
I
l

ajoute une note de cajôlerie. Les verbes perfectifs et déterminés
expriment ces catégories par des formes univerbales tandis que

les autres verbes usent de formes périphrastiques pour indiquer

1

la personne inclusive. Par exemple au hortatif*-, le verbe perfectif
napisal' et l`impeI*fectif correspondant pisal' présentent le paradigme: destinateur napišu-ka, budu-ka pI'sat', destinataire napišika, pišz'-ka, destinataires napišite-ka, pišile-ka, destinateur-des
tinataire napišem-ka, budem-ka pisal' (appel atténué : davaj-ka
pisal'), destinateur-destinataires napišcmfe-ka, budcmte-ka pisal'
(atténué davajlc-ka písat'). Ifimpératif offre le même paradigme
que le hortatif, mais sans la particule ka et sans la forme exclusive du destinateur(premiI1~.re personne du singulier) : à Pimpératif
le destinataire esttoujours impliqué, qu'il soitau singulier ou

I

Il

au pluriel et quïil y ait ou non participation du destinateur,

tandis que le hortatif implique le destinataire et/ou le destinateur
(Test seulement au hortatif des verbes déterminés que manque
la forme de la première personne du singulier.

I
l

`

Y..

"

\

?uuuAn'

'*

:_-«-_ _ ¢.'›

__I,..,.

'-

_ l

La foI*me déclarative de l'injonctif ne contient aucune distinction de personne ou de nombre grammatical et du point de vue
syntaxique elle peut s'appliquer à chacune des *soi-disant «trois
personnes ›› au singulier comme au pluriel. Employée dans une
proposition conditionnelle, elle exprime une hypothèse irréelle
émise par le sujet parlant : Pogebi (ou begi) on, cmu by ne sdo-

brovatî «I S'il s'était mis à courir (s'il avait couru) les choses
auraient mal tourné pour lui. ›› Dans une proposition indépendante, cette forme des verbes imperfectifs exprime une obligation que le T0 suppose imposée au TB : Vse oldyscajut, ci on begi

« 'I`out le monde se repose (se tient tranquille), tandis qu'il doit
courir. ›› La forme perfective correspondanteexpI*ime une action
accomplie par Te mais si surprenante pour Ta qu'elle semble

l

J

_E _
.l_-='« zirlšx

!

r

H

__1.-Q-II*

×uii.-\.\I.\I.\Ii:i¿

' 139

irréelle : Vse oldyxajul, ii on (ni s logo. ni s seyo) pobcgi « Tout.
le monde se repose, tandis que lui, tout à coup (salis raison) il se
inet à courir. ›› Quand un iiijoiictif narratif de cette sorte est

construit a partir d'un verbe imperfeetif, il recourt ii une forme
impérative périphrastique : Vsc otdyrajiit, a on (ni s tom, ni s
sega) dana] bczal . « I`oiit le monde se repose, tandis que lui,
subitement, le voilà en train de courir. II Ainsi Piiijoiictif nai*ratif
d'un verbe perfectif emploie la forme de l'inipératif, portant Sur
le destinataire (deuxiéme personne du singulier), de ce verbe,
tandis que l'injonctif narratif d'un verbe iniperfectif emploie la
forme de l'iinpératif, portant sur le destinataire, de l`auxiliairc
davaj. Seuls les verbes iiiipeifectifs, quand on les emploie dans
'

f

v

I'

r

J

'

des propositions indépendantes, expriment la différence entre les

deux variétés d`injonctif déelaratif: assoniptif betμ' el. narratif
davaj bešaf.
`

3.41.

VOIX; i*éfléelii/non-réfléchi. Par opposition à

ce de.rnieI',_lB réfléchi restreint la participation au procèã UB
l'éiioIicé. Le verbe non-réfléchi correspondant au verbe réfléchi
peut.. du point de vue syntaxique, être transitif ou intransitif.
ll,_e.t.ILansitif admet deux Te primaires -_ un sujet et un objet
irec , ct la forme reflecliie exclut le second de ces deux termes.
Cf. Sonja myla posudu II Sonia lava les plats ›› et Sonja mylas'
S '* S0 lave ›› ou Posuda mylas' « Les plats furent (lavés ››,
<< ›011l<\

l

II

u

,_
1

\I

l

Le sujet gi-aniinatical est le seul protagoniste pl-iinaireadinis Par
le verbe intransitif. “En regle générale, la forme réfléchie corres-

|

f

1

l

-I'i-fl" '*ï" _*"å._-I'.n-›*v-«IN-hln s

l

È

i
¿

poiidante exclut le suiet et ne s'emploie que dans les constructions impersoiinelles (cf. Ja ljašelo dyšu « Je respire difficilement»
et Jazclo dysitsja II Il est difficile de respirer ››), ou bien, (13115
(IUQ-lfl_U°-5 Cas* la Spllflfe de Faction subit un rétrécisseinent Sul_›5W1_Uf11_(°f- Parus belccl << Une voile blanchoie ›› et Parus bcleclslfl
vdali « bne voile luit blaiiclie dans le lointain ›› ;` zvonju « je sonne Y*
et zvonjiis' « je sonne à la porte ››)_ _
1
T'

V

v

. o

3.5.
Le TESTIMONIAL n'est exprimé en russe que SUP 1€
plan syntaxique. Cf. des particules telles que dc, mol, et leS_Pl`Q"
cédés utilisés dans les .diverses formes de discours direct ell “N11”

rect.

.

3.51.
ORIDRE : a) dépendant (sigiialaiit un Cflicoiiconiifl
tant à un autre Ce principal)/indépendant. Le tempS_ dans
un ordre dépendant fonctionne lui-même comme ordre : il signale
la relation temporelle au Ce principal et non au C“ comme 10 fait
le temps dans un ordre indépendant.
* , I *

\

Éf'
f/_

.f*:
_.

.._×/*I-*_ }_ '-. ._

,_

_ W..
ÿ_- _
;Ç.

QI-/Ê ""`

/_"""

190

i«:ss.\is I›i-: I.INuuIs*riI_iun Gif-;Ni?;IIAi.Is

La relation prétérit/présent se change en une opposition définissable, dans les termes de Wliorf, comme s é q u e n t i e pl 1 e
(signalant la liaison temporelle entre les deux Ce). Gérondif
prétérit imperfectif : Vstrcéav ec v rannej molodosti, on snova
uvidcl ce (ferez dvadcal' let II Apres l'avoir rencontrée à plusieurs
reprises dans sa prime jeunesse, il la vit de nouveau vingt ans
aprés ; II Nikogda ne vslrcãrw ego ran'šc, ja vãcra poznalcomílsja s
nim «Ne Payant jamais rencontré auparavant, hier _je fis sa connaissance ››. Gérondif présent imperfectif : Vsireéaja druzej, on
radovalsja ou radizctsja «I Rcncontrant des amis, il fut (il est)
charmé ›› ; On inner rabolaja II Il mourut en travaillant ›› (les deux
procés sont étroitement liés dans le temps). ll existe une relation
similaire entre les formes du prétérit et du présent du gérondif
perfectif -- vstI'etiv et vstrelja. Il est tres difficile de substituer la
seconde forme à la premiere dans une phrase comme Vslretiv ec
v rannej niolodosli, on snova uvidel ce IïeI*cz dvadcat' let II Après
l'avoir rencontrée une fois dans sa prime jeunesse, il la vit de
nouveau vingt après ››, ou on nikogda s ncj l›ol'še ne videlsja II il ne
lasvit plus jamais ››. On peut dire proéiluv (ou proé£J`a) Ifnígu, on
zadumalsja II ayant lu le livre, il sombra dans ses pensées ›› mais
proišlja ne pourrait pas être employé dans la phrase Proéitav
knigu; on vposlcdstvii ãaslo gouoril o Iirgj II Apres avoir lu ce livre,
plus tard il en parlait souvent. ›› Exemples de gérondif présent
perfectif :.i›.s*lrctjI1 vas, ja (on pourrait ajouter pri èlom) ne poveril
(ou ne motel vcrit') svoim glazam II Vous ayant rencontré, je n'en
crus pas (je n'en voulus point croire) mes yeux ›› : les deux procès
sont presque simultanés. Si le verbe principal précède cette sorte
degérondif, celui-ci peut exprimer la résultante du premier de
deux procés liés par une contiguïté étroite: On unes predlošenic,
vstrelja (pri èlom) Ijad vozrašcnij II Il introduisit une proposition
qui souleva une quantité d'objections II ; Ona upala, povredja
scbe (pri èlom) rcbro II Elle tomba et se froissa une côte. ›› Quelques verbes seulement forment un gérondif présent perfectif, et
même dans leurs paradigmes on a tendance à remplacer de telles
formes par la forme du prétérit et de la sorte à abolir la distinction entre séquentiel ct concurrent dans les géroiidifs perfectifs :
On zašeg spiãku, osveliu (substitué à osvelja) komnaíiz II ll frotta
une allumette et éclaira la pièce II, mais On zašigal spiéku, kazdyj
raz na mig osuešéaju (et non osvešãav) komnatu .II Chaque fois
qu'il frotta une allumette, il éclaira la pièce un instant. II
I Dans le parler moscovite de ina génération, le séquentiel est
scindé en deux formes purement taxiques - corrélatif (signalant une connexion interne entre les deux Ce) et non-corré-

i

F

_ li

il

Ê!

.

on.\M:u.\1m-J

¿

i
l

-4:,-4"-î-4:-5:*

I
I

_

191

|

latií (rfimpliquant pas de connexion interne) : Nikogda ne
vslrešavši akterov, on neuznal, Irak govorit' s nimi << Comme il

n'avait jamais rencontré des acteurs, il ne savait pas comment
les aborder. ›› Nikogda prešde ne vstreãav akterov, on sluëajno

poznakomilsja s Kaãalovym << N'ayant jamais rencontrédes acteurs, il fit par hasard la connaissance de K. ›› Vslretivši ego,
ona gusta pokrasncla « L'ayant rencontré, elle devint toute
rouge ››, Vstrctiv Petra, on vskore stolknulsja ešöe s neskol'kimii
znakomymi << Peu après avoir rencontré Pierre, il tomba sur
d'autres amis ››. Il est plus facile de substituer des formes telles
que vstrelív à des formes comme vstretivši que de faire Pinverse.
On peut dire Snjavši (ou snjav) pal'to, ja pošušvsiuoual pronizy-P
vajušöij xolod « Quand j'ôtai mon manteau je ressentis (en consé-f
quence) un froid perçant ››. Mais la forme snjavši est peu probable dans une phrase comme Snjav pal'to, ja sel za stol << Ap1”èS
avoir ôté mon manteau, je m'assis à table ››. Ainsi la prétendue
synonymie de formes comme srwalja, sxuativ, sxvalivši ou portalturja, poscalturiv, poxalturivši est en fait inexistante.
.i
3.6.
Parmi toutes les formes verbales, Pinfinitii est celle qui
véhicule Pinformation grammaticale minimale. ll ne dit rien ni
'sur le protagoniste du procès de l'énoncé, ni sur la relation dc ce
procès aux autres procès de l'énoncé ou au procès de Pénonciation.
L'infinitif exclut ainsi la personne, le genre, le nombre, Pordre
et le temps.
*
Dans les autres formes, et à un degré moindre que dans l'infinitif, la concurrence des categories verbales est soumise au des
lois restrictives. r
P
Genre et nombre marqué(pluriel) s'exc1uen1; mutuellexncnt.
Personne et genre s'cxcluént mutuellement.
P
La personne implique le nombre.
i
Personne et temps marqué (prétérit) s'excluent mutuellement.
Les désignateurs de T et 1'ordre marqué (gérondif) s'excluent
mutuellement. p
Parmi les aspects marqué_s,l1) perfectif, déterminé et itératif,
et 2) perfectif, itératif et mchoatif s'excluent mutuellement ;

seul le déterminé et Pinchoatif sont compatibles : par exemple
On bešat' et On budet bešaf.

L'inchoatif exclut le temps marqué (prétérit), le mode marqué
(non-indicatif) et 1'ordre marqué (gérondif).

_ _

_'

_

**-v--u

\

,

192

1-:ssA1s on 1.1Nc-uxs'r1QU1«: GÉNénAL1~:'

..

_

L'itératif exclut le présent et Pinjonctif (quand il est cn corrélation avec lc présent).
'

Le conditionnel et le présent s'excluent mutuellement. c

L Excepté pour les formes d'appel de l'injonctif, le mode marqué
(non-indicatif) et la personne s'excluent mutuellement.
Les formes d'appel excluent Popposition personneljimpersonnel et impliquent Popposition inclusif/non-inclusif.
Le mode marqué (non-indicatif) et l'ordre marqué (gérondif)
s'excluent mutuellement.
P
L'aspect et la voix-sont les seules catégories compatibles avec
toutes les autres catégories quelles qu'elles soient. Parmi les

aspects, cependant, seules les paires perfectif/imperfectif et déterè
miné/indéterminé einbrassent toutcsles catégories verbales. La

..,_..-1*

paire inchoatif/non-inchoatif est confinée au présent, cependant
que Popposition itératif/non-itératif exclut seulement le présent
et Pinjonctif. Cf. My šivali v stolice « Nous vivions dans la capitale dans lc temps, maisc'est fini maintenant ››, Esli by on ne
šival v stolice, on skoree privyk by k derevne « S'il n'avais jamais
vécu dans la capitale comme il en avait Phabitude, il se serait
habitué plus facilement à la campagne ›› ; Zivavši podolgu v sloIice, on ne moy svyknut' .sjas provinciej « Ayant vécu assez longtemps dans la capitale, il lui fut difficile de s'adapter à la province» ; Emu prixodilos' šívat' podolgu v dercvne << ll eut l'occasion
de passer de longues périodes à la campagne ›› ; V èlom gorode
nam ne šivat' «Plus jamais ne vivrons-nous dans cette ville comme
nous en avions l'habitudef(dans cette ville, il n'y a plus moyen
de Vivffš) ›> ; Na ãušbinc nc šival' - toski ne znavat' << Qui n'a pas
vécu longtemps à l'étranger n'a pas eu l'occasion clfapprendrc
Ce que e'est que la nostalgie ››.
V
I
Pour les verbes non-transitifs, l'opposition entre voix réfléchie
etvoix non-réfléchie est d'ordinaire limitée à la personne nonmarquéc (impersonnel) de Paspect non-marqué (imperfectif).
fl. Les procédés grammalicaua: du verbe russe

J

4.1.
,Toute forme fléchie, en russe, comprend un théme et
une désinenee. Les thèmes sont préfixes ou non-préfixés (simples).
Dans nos exemples la désinenee est séparée du thème par un tiret,
un préfixe l'est du morphème suivant par un plus, et les mor«phèmes à l'intérieur d'un thèmesimple ou d'une désinenee sont
.1

u

F

JIÇÎ

._

1

Gnmumninu

193

séparés l'un de l`autre par un trait d'union, ainsi : /vi+rv-a--la-s/. ,
c
e
Un thème peut inclure un suffixe thématique, ainsi /rv-á--t,/,
ou être non-suffixé, ainsi /gris--t,/. Un thème verbal peut présenter deux alternants - un thème plein et unthème tronqué,
qui ordinairement diffère du premier par 1'omission du phonèmc
final, ainsi /znáj-/ : /zná-/ ; /rvá--J : /rv--/. Les thèmes
pleins se divisent en thèmes fermés, se terminant par un nonsyllabique,/znáj -/, /star,-éj--/, /griz--/, et thèmes ouverts, sc
terminant par un syllabique, /rvá---/, /dú-nu--J ; (pour une description plus détaillée voir notre article de 1948) (1).
Trois types de morphèmes désinentiels doivent être distingués :
un « suffixe initial ›› qui n'est jamais précédé par un autre suffixe
désinentiel, ainsi /rv-a--l-á/ ou /rv-a--l-á-s/, /rV,--ó-m/ ou

/1“V,*-ó-m-sa/ ; ; un « suffixe final ›› qui peut se présenter sans

être suivi d'un autre suffixe, ainsi /rv-a---l-á/, /rv,-ó-m/ ; 1111
« postfixe ›› qui peut s'ajouter à un suffixe final, ainsi frv-a--1-á-s/,
/I`V,-*-ó-m-sa/, /rv-á--f-ši/. Si une désinenee consiste en un seul
suffixe, ce dernier est tout à la fois initial et final, ainsi /rv--ú/,
ÎQTÎZ,--á/. Les désinences se divisent en consonantiques et vocaliques. Les désinences consonantiques commencent par une consonne./griz-l-aj ou consistent en une seule consonne /zná-f/. Les
désinences vocaliques commencent par une voyelle /griZ;-**Ô-š/
ou consistent en une seule voyelle /griz--ú/ ou en un zéro alternant avec une voyelle /m,ér,--95'* / : /var,-_i/.
i
p
Des catégories verbales différentes font usage de pr0CédéS

grammaticaux différents.

a

1

'

4-2La personne, le genre et le nombre emploient les suffixes
désinentiels finaux. Là où la personne est exprimée, la distinction entre les deux nombres et entre la première et la seconde
personne est rendue par les mêmes suffixes à la fois, tandisque
la << troisième personne ›› est rendue par le suffixe final et son
nombre par le suffixe initial : /gar,--1-U : /gar,--á-t/. Ceci représente la seule exception à Putilisation des suffixes finaux par les
désignateurs caractérisant les protagonistes du procés de l'éI10HC8.
A cette expression séparée du nombre et de la « troisieme perSOI1Ile ››, on peut comparer le système des pronoms : tandis que

la supplétion est employée dans les pronoms de la premiere et

de la deuxièmepersonne (/já/ et /mi/, /tif et /vif, 131* Îfolsleme
1

.

_

J

(1) R. Jakobson, « Russian Conjugation ››, Word, 4, 1948.

|

/

H

12

I

l

.

""""

1

19-1

iassixis un i.iNouis'r1QUis oiéNiï;n.\i'.i-:

_

I.
l

personne ›› est exprimée par la racine et la différence en genre
et en nombre par les désinences : /óll--*Fé/, /21I1**"a/ et /2111,*-i/.

_: ,_ _ _ _., -

4.3.
Pour signaler les temps, des désinences vocaliques sont
utilisées pour lc présent, et des consonantiques pour le prétérit :

/znáj-au = /me z-#/ ; /znái-fl/ =_ /?flá*-f/ : /r\f›-ó-m/ =

1

1
Il

/rvá-I,-i/. Les désinences vocaliques d1sting_uent'le present et le
mode injonctif, en corrélation avec Findicatif present, de toutes
les autres formes verbales
le prétérit aussi bien que Pinfinitif.
Ce dernier emploie une désinenee consonantique d'un seul suffixe, qui finit sur un zéro alternant avec une voyelle (/zná--t,j :
/n,is---t,i/).

s

1

*

4.31
Les aspects sont différenciés par des modifications dans
le thème (suffixes thématiques ou préfixation) et par des formes
périphrastiques. La paire déterminé/indéterminé se distingue par
l'alternance de deux thèmes non préfixés : ou bien un thème
plein
s'oppose à un thème plein fermé se terminant en
, . ouvert
..
,-aj-/, 1-aj-/, ou bien un thème non “suffixé s'oppose à un thème
suffixe : /b,iå-á-/ : /b,ég-aj }, ]l,it,-é--/ : /1,11;-åj--*/› /kilt.-Î-~ /2
,'kat-áj--/ ; /n,ás--/ : /nas-i--/. Les deux thèmes non préfixés
de _la paire itératiflnon-itératif se distinguent par le suffixe
,'-ivaj--/ ou /-váj-j dans la forme itérative, ainsi /p,is-ivaj--/ :
,'p,is-á-/, /éit-ivaj---J : [éit-áj--/, /ziia-váj--J : /znaj--/. Si un
préfixe sfajoute à une paire itératif/non-itératif ou déterminélnondéterminé, alors, à moins que la signification lexicale ne diver e
la relation entre ses membres se change en l'opposition perfectif/im perf ectif.
' Le déterminé et Pindéterminé deviennent respecti vement le perfectif
' et l "imperfectif, tandis que l'itératif passe à
l'imperfectif et le non-itératif au perfectif, Cf- /PI`,i+I1'ÖS-*J 1
/l>I`,î+I1as,-i-J ; }vi-l-p,is-a--/ : /vi-1-p,is-ivaj--/. Dans d'autres
paires perfectif/imperfectif, un thème préfixé s'opp0Se à Un tl1 ème
non préfixé ou un thème p l ein
' ouvert a` un ferme' se terminant en
.

_._r-

1

g

9

/-aj-/.
/-si-/. ainsi /f›a+p.is-fi--i = /p.15-=i-f = /i~.iš~i-¿/ =
/r,1š-aj-/, /p,ix-nú-/ : /p,ix-áj--/, /at+r,éz-a-J c: /at+r,iz-

áj--/. Si les deux membresd'unc paire perfectif/imperfectif ont
des thèmes ouverts, le suffixe de thème /-nu--/, /-I1fl*-/ Signalc
le verbe perfectif, ainsi /kr,ik-nu--/ : /kr,ié-á--f, /max-nú-~-/ :

/inax-á--/.

i

t

L'aspect inclioatif combine l'infinitif du verbe donné avec le
present perfectif (/bud--/) et imperfectif (#) du verbe « être ››.
4.4- . Parmi les connecteurs, les non-embrayeurs s'expriment
au moyen de postfixes. La voix marquée joint un postfixe au

E
:
I
i

I
l4

la
i

1.

1

il

1

p

-

A*

v

Giixivimninn

195

suffixe désinentiel final de la voix non-marquée correspondante;
le réfléchi ajoute le postfixe /-s/ ou 1'une de ses variantes automatiques 1-sa/, /-sá/ et /-ca/, ainsi /fstr,éé-u-s/, /fstr,ét,--i-š-sa/,
/fstr,ét-~i-t-ca/. La forme corrélative du gérondif prétérit ajoute
le postfixe /-ši/ aux formes non-corrélatives, ainsi ]fstr,ét,-i-f-ši/ *: /fstr,ét,-i-f/_ Maisdevant un second postfixe, à savoir
dans le cas du gérondif p_rétérit des verbes réfléchis, Popposition
corrélatif/non-corrélatif est abolie s: seule la forme /fstr,ét-i-'-fši-s/ existe. Ainsi, de deux préfixes successifs, Pantécédent est
redondant.
T
Les embrayeurs appartenant à la classe des connecteurs, à
savoir les modes, emploient des particules enclitiques -- des
« annexes ›› dans la terminologie de Whorf -- au lieu de suffixes
désinentiels et de postfixes. La combinaison de ces annexes avec
le morplièmeverbal précédant est soumise aux règles du sandhi
externe, alors que la combinaison des suffixes ordinaires est gouvernée par les règles du sandhi interne. Dans le cas des modes
injonctifs, au contact des annexes et du morphème précédant,
apparaissent des groupes de phonèmes iiomialement inadniissibles fi Pintérieur d'un mot, tels que, par exemple /p,t,/, /f,t,/,
/ILS/, /f,s/, /t,s/, /s,s/, /p,k/, '/f,k/ ou des distinctions telles que
/111,11,/-I /mt,/, /m,s/ : /ms/, /m,k/ : /mk/. C*f.fpa+znal<óm,--rf*
t,i/ et /pa+jd,--ó-mt,i/ 5 /pa-J,-znakóm s --rf " sa/ et
d › """.
6-m-“_ S21/, /pa-1-znakóm , --#- ka /, e t /pa-|-jd,-ó-m`
kaj. Dans
notre transcription, un intervalle séparant les traits d'unionet
les tirets de ces annexes symbolise leur caractère particulier. A
'

I

l'indicatif /v,il,-i-t,i/, figure habituellement la variante fermée

de ji/, sous Pinfluenee de la consonne palatalisée suivante du
même mot, tandis qu'à Pimpératif /v,il,--i- t,i/, on observe souvent une variante plus ouverte de /i/, comme dans le groupe de
mots /pr,i-1-v,i--l-i t,ibé/, puisque les lois du sandhi interne ne
jouent pas ici. Tandis que les formes de l'impératif_utilisent des
particules fixes, le conditionnel opère avec la particule mobile

/bi/› lb/› /Pl-

La particule [ka] est spécifiquement hortative, tandis que les
deux autres particules utilisées par Pinjonctif --- celle de la deuxième personne du pluriel /t,i/ et le réfléchi fs/ ou /sa] passent
simplement du statut de suffixe ou de postfixe à celui d'annexe.
peuvent s'encliainer_ct chacune d'entre
Tout es ces particules
* '
elles, ou deux, ou toutes les trois, peuvent être rattachées aux
deux formes san s annexe de linjonctif,
" `
` qui' peuvent aussi s'employer séparément. Une de ces/formes est le thème ve rb al avec
suffixe desnientiel zero --# '(remplacé par f--i/, /--U après un

_'_

`\

\jc

_)-"_r
./f'

F

R:

unfiiilhμ..

\-,,..- -

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_'__._`›\
;.'.›^.*
.5.- ' _
.

.

_'

196

:essais nn' LINGUISTIQUE eiiiivi'-:iIAi.E A

_ _ _ _ _ _ .,_. .-_

2/4* .- yan -_'

`\\_`

'*-\

“_ "_`

--

_. ...v..-*--*'

groupe de phonèmes et après un thème n'ayant pas d'accent
fixe sur sa racine ou sur le suffixe thématique), ainsi /fstr,ét,--# f,
/kr,ikn,--if, /s,id,--i/, /vi-1-s,id,-Hi/. Dans l'ensemble du système
verbal russe, c'est le seul cas où le zéro joue le rôle d'alternant
primaire dans une désinenee. L'autre forme sans annexe est
identique à la première personne du pluriel du présent perfectif
mais diffère de celle-ci syntaxiquement (absence de pronom),
sémantiquemeiit (signifiant « que toi etimoi... ››) et paradigmatiquement : /fstr,ét,--i-m/ s'oppose à /fstr,ét,--i-m t,i/ comme
« destinataire singulier ›› à << destinataire pluriel ›› et à /fstr,ét,-i-m ka/ comme Pimpératif -au hortatif. Cf. Paccumulation
maximale de morphèmes granimaticaux dans /pra-|-gul,id-áj-i-m- ti - s - ka/. La première personne du singulier du présent
perfectif s'emploie aussi dans les formes de l'injonctif mais seulement jointe à 1'annexe /ka/.
,
'
Quelques formes périphrastiques des modes injonctifs combinent l'infinitif du verbe donné avec des formes de l'injonctif des
verbes auxiliaires : /búd,-i-m/, /búd,-i-m- t,i/, /bi'id,--i-m- ka/,
/búd,--i-m -t,i -ka/, /da-váj--#/, /da-váj--#- t,i/, /da-váj-#- ka/, jda-váj-#- t,i -ka/.
_
4.5.
En résumé, en mettant de côté quelques formes périphrasti
' par les
T verbes
`
`
q
imperfectifs,
Pexpression
d
t. nes . emp 1 oyees
.
es ca egories verbales russes presente, grossièrement, la structure suivante :
P
Les désignateurs de T (désignant les protagonistes), embrayeurs
(personne)
ou non- emlirayeurs (genre et nombre), font usage de
Q
suffixes désinentiels finaux.
Les désignateurs de C (désignant le procès) utilisent les
composants du mot antérieurs au suffixe final. Les embrayeurs
(temps) emploient des suffixes désinentiels initiaux, tandis que
les non-embrayeurs (aspect) remontent plus loin ; ils ignorent
la désinenee et opèrent avec le thème -- à savoir avec les suffixes
de thème et la préfixation.
Les connecteurs font un large emploi des unités postérieures
au suffixe final. Les non-embrayeurs (voix et ordre) utilisent les
postfixes
q
, tand'is que les embrayeurs (mode) tendent à réduire
la dé sinence
'
'
A
au zero
et ap` remplacer
les,;.suffixe's““A désinentiels
habituels par des annexes autonomes; ` partie en transformant
les suffixes en a nnexes, partie en ajoutant
'
de nouvelles particules purement modales.
.
r

1
J
...
_..

i
i
1

f

,_ . î_- Î- *-_

I|
I

\

l

\
il

il

-- _ _,_ . _-