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TABLE DES MATIERES

ECONOMIE GENERALE

THÈME 1 : AGRÉGATS, CROISSANCE ET DÉVELOPPEMENT

2

Chap I - LES AGREGATS ECONOMIQUES

2

I

– DÉFINITIONS

2

II

- L’ANALYSE DES AGRÉGATS ÉCONOMIQUES

2

III

- LES LIMITES DES AGRÉGATS

4

Chap

II - LA CROISSANCE ECONOMIQUE

5

I

– MESURE ET SIGNIFICATION

5

II. – LES INDICATEURS DE CROISSANCE

5

III

- LA SIGNIFICATION

LIMITÉE DES INDICATEURS DE CROISSANCE

6

IV – LES FACTEURS DE CROISSANCE ECONOMIQUE

6

V

– LES MODALITES DE LA CROISSANCE ECONOMIQUE

10

VI

– LES EFFETS DE LA CROISSANCE ECONOMIQUE

10

VII

–-LE PROCESSUS DE CROISSANCE

10

VIII – LES FLUCTUATIONS ECONOMIQUES

11

CHAP III : LE PROBLEME DU SOUS – DEVELOPPEMENT

13

I

– DISTINCTIONS ENTRE DEVELOPPEMENT ET SOUS-DEVELOPPEMENT

13

II

– NATURE ET CRITERE DU SOUS-DEVELOPPEMENT

14

III

– LES ANALYSES DU SOUS-DEVELOPPEMENT

16

IV – LES STRATTEGIES DU DEVELOPPEMENT

18

  • V – L'ENDETTEMENT DES PAYS DU TIERS-MONDE

20

THEME II : LES RELATIONS ECONOMIQUES INTERNATIONALES

24

Chap. I

DIVERSITE DES RELATIONS INTERNATIONALES

24

  • I – LA NATURE DES RELATIONS ECONOMIQUES INTERNATIONALES

24

II

– LES ACTEURS

25

Chap. II LES FONDEMENTS DU COMMERCE INTERNATIONAL

27

I

– LES FACTEURS DE PRODUCTION

27

II

– LES THÉORIES DE L’ECHANGE INTERNATIONAL

27

III

– LE PARADOXE DE LEONTIEF

29

Chap. III - LES POLITIQUES DU COMMERCE INTERNATIONAL

31

I

- LE PROTECTIONNISME

31

II

- LE LIBRE – ÉCHANGE

31

Chap. IV- L'ORGANISATION DES ECHANGES INTERNATIONAUX

33

I

– LA NOUVELLE ÉCONOMIE

33

II

– LA MONDIALISATION

33

III

– LES ORGANISATIONS INTERNATIONALES DU COMMERCE

34

IV – LES ORGANISATIONS REGIONALES

36

  • V – LES ORGANISATIONS DE L'AFRIQUE DE L'OUEST : l’exemple de l’UEMOA

38

THEME III : MESURE ET REGLEMENT DES ÉCHANGES

40

Chap. 1: LA BALANCE DE PAIEMENTS

40

 
  • I – DEFINITIONS

40

II

- L’ELABORATION DE LA BALANCE DES PAIEMENTS

41

III

– LES APPROCHES THÉORIQUES DE LA BALANCE DES PAIEMENTS

42

IV – LES COMPOSANTS DE LA BALANCE DES PAIEMENTS

43

  • V – L’EQUILIBRE DE LA BALANCE DES PAIEMENTS

45

Chap. 2 : LE CHANGE ET LE MARCHÉ DE CHANGE

46

 
  • I – LES TYPES DE CHANGE

46

II

– LES MOTIFS DU CHANGE

46

III

– LE MARCHÉ DES CHANGES

47

IV – LES OPÉRATIONS D’ARBITRAGE

49

V

– LES SYSTÈMES DE CHANGE

49

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1

ECONOMIE ET ORGANISATION DES ENTREPRISES

THÈME

THÈME 11 :: L’ENTREPRISE

LENTREPRISE ETET SES

SES SYSTÈMES

SYSTÈMES

CHAP :: 11 :: L’ANALYSE

CHAP

LANALYSE SYSTÉMIQUE

SYSTÉMIQUE DEDE L’ENTREPRISE

LENTREPRISE

I

- ORIGINE DE L’ANALYSE SYSTÉMIQUE

5151

5151

51

II

- DÉFINITION DE L’ENTREPRISE – SYSTÈME

51

III

- LES CARACTÉRISTIQUES DE L’ENTREPRISE EN TANT QUE SYSTÈME

51

IV - IMPORTANCE DE L’APPROCHE SYSTÉMIQUE DE L’ENTREPRISE

52

CHAP II : LE SYSTEME D’INFORMATION

54

I

- NOTION D’INFORMATION

54

II

- LE RÔLE DE L’INFORMATION

58

III

– LE SYSTEME D'INFORMATION

60

IV – LES TECHNOLOGIES DE L'INFORMATION ET DE LA COMMUNICATION

62

CHAP III : LE SYSTEME DE DECISION

64

I

– NOTION DE DECISION

64

II

– LE PROCESSUS DE PRISE DE DECISION

66

III

LES OUTILS D’AIDE A LA DECISION

66

IV – L’ORGANISATION DU POUVOIR DE DECISION

68

THEME II-LA STRATEGIE

75

CHAP I- LA DEMARCHE STRATEGIQUE

75

I.

– DÉFINITION DE LA NOTION DE STRATÉGIE

75

II. – LA DÉMARCHE STRATÉGIQUE

75

CHAP.II. LA STRATÉGIE D’ENTREPRISE

81

I.

–.

LA CROISSANCE

81

II

–. LA SPÉCIALISATION

85

III

–.

LA DIVERSIFICATION

85

IV –.

LA STRATÉGIE D’INTERNATIONALISATION

86

Chap.III. LES STRATÉGIES D’ACTIVITÉS

87

I

- LES STRATÉGIES FONDÉES SUR LA RECHERCHE D’UN AVANTAGE CONCURRENTIEL 87

II

- L’IMPARTITION ET LA SOUS-TRAITANCE

87

THÈME III : L’ENTREPRISE ET LA COMMUNAUTE HUMAINE

89

CHAP I : LA CULTURE D’ENTREPRISE

89

I

LA CULTURE D'ENTREPRISE

89

II– L'IDENTITÉ

89

III

– LE PROJET D’ENTREPRISE

90

CHAP. 1I : PLACE ET DROITS DES TRAVAILLEURS DANS L’ENTREPRISE

91

I

– ÉVOLUTION DE LA PLACE DE L’HOMME DANS L’ENTREPRISE

91

II

– LA PARTICIPATION DES SALARIÉS À LA VIE DE L’ENTREPRISE

91

III

LE DROIT DES TRAVAILLEURS ET SON ÉVOLUTION

92

IV – CONFLITS ET NÉGOCIATIONS

93

  • V – LA NÉGOCIATION

94

Chap.III - L’ENTREPRISE ET L’INTÉRÊT GÉNÉRAL

96

  • I – COMPATIBILITÉ ENTRE L’ETAT ET LES ENTREPRISES

96

II

– INCOMPATIBILITÉ ENTRE L’ETAT ET LES ENTREPRISES

97

III

– INCOMPATIBILITÉS APPARENTES

98

IV – L’ENTREPRISE CITOYENNE

98

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ECONOMIE

GENERALE

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THÈME 1 : AGRÉGATS, CROISSANCE ET DÉVELOPPEMENT

Chap I - LES AGREGATS ECONOMIQUES

Les flux économiques sont décrits dans les tableaux de la comptabilité nationale. Il reste aux comptables nationaux à mesurer les résultats, les grandeurs caractéristiques d’une économie. Ces mesures sont appelées « Agrégats ». Elles portent sur la production, les revenus, les dépenses et l’épargne.

I - DÉFINITIONS :

  • 1 - La comptabilité nationale

C'est un ensemble de techniques comptables utilisées pour mesurer les activités économiques d’un pays.

  • 2 - Les agrégats économiques

Ce sont des grandeurs statistiques mesurant l’activité économique sur un territoire pendant une période donnée.

  • 3 - La valeur ajoutée

Pour produire, une entreprise doit consommer des matières premières (ex : pétrole) mais aussi des produits élaborés qu’elle se procure auprès d’autres entreprises. Ces consommations sont appelées intermédiaires car elles participent à l’élaboration du produit final. La richesse créée par l’entreprise n’est pas égale au prix de vente de son produit mais à la différence entre ce prix et la valeur des consommations intermédiaires. Cette contribution à la création de richesse s’appelle la valeur ajoutée de l’entreprise.

V.A. = Valeurs des biens et services produits – Valeurs des biens et services utilisés dans le processus de fabrication.

V.A. = Valeurs des biens et services produits – Valeurs des consommations intermédiaires.

Cette valeur ajoutée est distribuée sous forme de :

  • - Salaires aux employés ;

  • - Impôts à l’Etat ;

  • - Cotisations aux organismes de Sécurité Sociale ;

  • - Intérêts et dividendes aux propriétaires et autres capitaux ;

  • - Epargne, conservée au sein de l’entreprise.

II - L’ANALYSE DES AGRÉGATS ÉCONOMIQUES

L’analyse des agrégats s’effectue selon trois optiques :

  • - optique de la dépense ;

  • - optique du revenu ;

  • - optique des produits.

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1

- Selon l’optique des produits

Dans cette optique on distingue les agrégats de la production que sont : le PIB, le PNB, le PIN, le PNN

  • 1.1 Le Produit intérieur brut (PIB)

Le PIB mesure la richesse créée par tous les agents économiques résidents sur le territoire national. Il peut être marchand ou non marchand.

-le PIB marchand est évalué au prix du marché. PIB marchand =∑VA +TVA ou TPS + droit de douane et assimilés

-Le PIB non marchand est évalué au coût des facteurs. PIB non marchand = ∑VA au coût des facteurs =∑ (VA au prix du marché- taxes et impôts)

De façon générale, le PIB se calcule selon deux approches :

L’approche par les dépenses et l’approche par les revenus.

Selon l’approche par les dépenses, le PIB = Cons. Des ménages + Dépenses publiques + Investis. bruts+ X Xn ou exportation nette = export – import

Selon l’approche par les revenus, le PIB = salaires + rentes + profits + intérêts + autres allocations.

  • 1.2 Le Produit national brut (PNB)

Il mesure la richesse créée par tous les agents nationaux résidents ou non résidents sur le territoire national.

PNB = PIB + ∑revenus des facteurs reçus du reste du monde - ∑revenus des facteurs versés au reste du monde.

Le PNB permet d’apprécier la richesse d’une nation.

NB : Les produits intérieur et national que nous avons envisagés sont qualifiés de bruts car ils ne tiennent pas compte de l’amortissement (perte de valeur des biens de production due à l’usure du temps). Ainsi, en déduisant du PIB le montant de l’amortissement, on obtient le produit intérieur net (PIN).

  • 2 - Selon l’optique des Revenus

Dans l’optique des revenus nous avons le revenu national, le revenu personnel.

2.1 Le revenu national

Le revenu national est égal à la somme des rémunérations des agents économiques.

RN = ∑revenus perçus par les agents économiques. RN = PNN – impôts indirects. RN = bénéfices des entreprises + intérêts + salaires + autres revenus.

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  • 2.2 Le revenu personnel

Ensemble des revenus que reçoivent les ménages, qu’ils découlent ou non d’une contribution à la production.

RP = transferts + dividendes + intérêts + salaires + autres revenus.

NB : le revenu disponible épargner.

est le montant dont disposent les ménages pour consommer ou

3 - Selon l’optique des Dépenses

Dans cette optique nous avons les agrégats de la dépense.

  • 3.1 La Dépense nationale

Somme des dépenses effectuées par les agents économiques au cours d’une période. C'est la demande intérieure. DN = FBCF + consommation finale des agents économiques.

  • 3.2 La Demande globale

Elle est la somme de la demande intérieure et de la demande extérieure (exportations).

III - LES LIMITES DES AGRÉGATS

Les agrégats économiques sont des mesures relativement précises et fort utiles pour évaluer les performances de l’économie nationale. Cependant ces mesures connaissent des limites. Ces limites sont :

Les agrégats comme le PIB et le PNB ne tiennent pas compte de certaines activités économiques. Ils ne mesurent que le volume des activités des marchés officiels. De façon générale le secteur informel et l’économie souterraine sont ignorés dans l’évaluation des agrégats. Le PIB et le PNB ne mesurent que la valeur de la production aux prix du marché. Ils ne tiennent pas compte des transactions productives effectuées hors du marché (travail domestique non rémunéré telles que les services rendus par les femmes au foyer ou les travaux effectués pendant les heures de loisir, toutes activités bénévoles). Le PIB et le PNB ne peuvent pas évaluer les changements de la qualité des produits offerts. Ils sont incapables de rendre compte des variations qualitatives de la production : par conséquent ils sous estiment notre bien – être matériel. Le PIB et le PNB, dans leur évaluation ne tiennent pas compte des effets néfastes sur l’environnement (la pollution sous toutes ses formes) et des coûts économiques pour l’économie (dégradation des forêts, effets nocifs sur la santé, problème d’eau portable…). Ironiquement, quand le PIB augmente, la pollution augmente, et par conséquent, la sur – estimation du PIB s’accroît. Le PIB et le PNB donnent une vision erronée de l’évolution du niveau de vie d’une population. En dépit du fait que l’évaluation du PIB par tête soit une mesure très significative du bien être économique.

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Chap II - LA CROISSANCE ECONOMIQUE

La croissance économique est un phénomène économique quantitatif et structurel (durable) qui modifie les structures (secteurs d’activités). Son accélération permet l’amélioration des conditions matérielles de la société qui en bénéficie. La croissance économique est donc recherchée par toutes les nations. Il est donc utile d’en avoir une approche exacte.

I – MESURE ET SIGNIFICATION

  • I -1 – Notion de croissance économique

Au sens strict, le croissance est l’augmentation soutenue pendant une ou plusieurs périodes d’un indicateur de dimension : Pour une nation on a le PIB ou le PNB.

  • I - 2 – La mesure de la croissance

La mesure de la croissance pose deux séries de problèmes :

Le problème de choix d’un indicateur de croissance qui puisse rendre compte de l’augmentation des biens et services disponibles. Pour les économistes, le PIB ou le PNB suffit. Mais une fois le choix effectué, il est encore nécessaire de s’assurer contre les biais statistiques qui faussent la réalité économique de l’agrégat (fraude, économie informelle). La fiabilité de l’instrument de mesure. Il ne doit pas s’altérer au cours du temps. Or, les agrégats sont tous évalués en monnaie dont la valeur est souvent influencée par l’inflation.

I – 2.1 - Le taux de croissance

La croissance se mesure par le pourcentage d’augmentation du P.I.B.ou d’une autre grandeur au cours d’une période. Ce pourcentage d’augmentation du PIB est appelé le taux de croissance.

Taux de croissance =

PIBn – PIBn-1

PIBn-1

X 100

La croissance se mesure par deux approches :

- la croissance nominale - la croissance réelle

La croissance en valeur ou croissance nominale

La croissance en valeur mesure l’augmentation du P.I.B. évalué au prix du marché.

La croissance en volume ou croissance réelle

La croissance en volume mesure l’augmentation effective du P.I.B. Cette augmentation exclue le

niveau de l’inflation.

Taux de croissance réelle = taux de croissance nominale - taux d’inflation.

II. – LES INDICATEURS DE CROISSANCE

La croissance se mesure par l’augmentation d’un agrégat. Dans l’optique de la production les indicateurs suivants permettent d’apprécier l’amélioration des conditions matérielles des citoyens. P.I.B. nominal mesure les biens et les services aux prix en vigueur de la période où ils sont produits. Il permet de calculer la croissance nominale. P.I.B. réel mesure la quantité de biens et services produite par l’économie. Il permet de mesurer la croissance réelle. P.I.B. réel par tête mesure le bien-être économique, l’enrichissement individuel moyen.

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Il permet de calculer la croissance réelle du PIB par tête. Taux de croissance

Taux de croissance du PIB / tête =

réelle du PIB

Taux de croissance de

  • - la population

-

III - LA SIGNIFICATION LIMITÉE DES INDICATEURS DE CROISSANCE

Les agrégats par tête ne fournissent que des moyennes souvent peu significatives. Car ils n’intègrent pas les inégalités liées à la répartition des revenus.

Aussi, les indicateurs ne fournissent que des présomptions de progrès économique et une mesure de celui-ci. Pour y remédier, on procède à la détermination des indicateurs sociaux qui répond à un double objectif d’amélioration de la qualité de la vie et de la réduction des inégalités. Exemple : l’IDH (indicateur de développement humain) il tient compte de trois séries de facteurs :

  • - Le niveau sanitaire de la population (espérance de vie) ;

  • - Le niveau d’éducation (taux d’alphabétisation, nombre moyen d’année d’études) ;

  • - Le revenu moyen (PIB par habitant).

D'autres indicateurs sont utilisés pour mesurer la croissance :

Niveau de vie : Quantité de biens et de services que l'on peut acquérir avec son revenu. Son évolution dépend de la variation des revenus et de celle des prix. C’est un critère quantitatif.

Mode de vie : Ensemble des manières de vivre partagées par un groupe social plus ou moins étendu (famille, entreprise, nation). Caractérisé par la structure de la consommation, les conditions de travail, les moyens de transport, l'habitat. L'élévation du niveau de vie diversifie les modes de vie. C’est un critère qualitatif.

IV – LES FACTEURS DE CROISSANCE ECONOMIQUE

La fonction de production repose sur l'utilisation des facteurs de production travail et capital. La croissance dépend donc des quantités de facteurs de production disponibles et de la manière dont ils sont utilisés.

Le facteur travail : la croissance est possible grâce à une augmentation de la quantité de travail disponible ou par une amélioration de la qualité du facteur travail utilisé (accroissement de la qualification moyenne des salariés).

Le facteur capital : la croissance se traduit par des investissements qui viennent accroître ou améliorer le stock de capital technique disponible ce qui permet une augmentation des quantités de biens et services produites. Le progrès technique : Le progrès technique est tout phénomène permettant l’obtention d’un niveau de production plus élevé sans que le volume des facteurs utilisés ait été

modifié. Il accroît la productivité des facteurs de production utilisés. Il concerne à la fois le progrès technologique mais aussi le progrès en matière d’organisation. Il est lié au progrès scientifique. Le progrès technique peut être neutre ou non neutre.

Le progrès technique neutre

Il ne modifie pas l’équilibre entre les facteurs de production. L’hypothèse de neutralité du progrès technique amène à admettre que le progrès technique n’est en aucune manière lié à l’amélioration de la qualité des facteurs. Trois théories expliquent la neutralité du progrès technique.

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La neutralité au sens de Hicks

Le progrès technique est neutre au sens de Hicks, lorsqu’il élève la productivité marginale des facteurs de production (L, K) dans les mêmes proportions sans entraîner de modifications de la combinaison productive et de changement dans la répartition du revenu.

La neutralité au sens de Harrod

Le progrès technique est neutre au sens de Harrod lorsqu’il élève la seule productivité du facteur travail.

La neutralité au sens de Solow

Le progrès technique est neutre au sens de Solow lorsqu’il élève la seule productivité du facteur capital.

Le progrès technique non neutre

Le progrès technique n’est pas toujours neutre. Il peut modifier l’équilibre entre les facteurs. Ex :

les machines réduisent le besoin de travail et accroissent la demande de capital, tout en augmentant les profits par rapport aux salaires. D’autres inventions exigent moins de capital et plus de travail (le travail par équipe). Elles augmentent les salaires par rapport aux profits. Des théories tentent d’expliquer l’incorporation du progrès technique dans les facteurs de production.

Le progrès technique non neutre au sens de Solow

C’est le progrès technique qui se manifeste lors du remplacement des biens capitaux. Il rend plus efficiente la capacité de production de la dernière génération de capitaux par rapport à la génération antérieure.

Le progrès technique non neutre au sens de Harrod

Il se traduit par l’accroissement de la qualité du travail, du fait de la diffusion générale des connaissances, qui a des conséquences sur la productivité. Cette efficacité supérieure du travail est fonction :

du niveau de l’éducation ;

des changements dans la composition par âge de la population ;

de la réduction des horaires de travail ;

de l’amélioration du cadre de la production ;

de l’environnement psychologique du travailleur qui influe sur l’intégration des travailleurs dans l’entreprise.

Le progrès technique non neutre au sens de Hicks

Il est celui qui se manifeste à la fois dans le travail et dans le capital. L’approche induite du progrès technique explique le progrès des économies avancées et la stagnation des économies du tiers monde.

La croissance économique se fonde aussi sur des facteurs économiques et non économiques.

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1 - Les facteurs économiques de la croissance économique

Les éléments économiques sont susceptibles d’entraîner la croissance :

  • - L’industrie

Elle est considérée comme le moteur d’une croissance continue. De ce fait, les pays du tiers monde

sans véritable tissu industriel restent soumis aux rythmes aléatoires de la production agricole pour amorcer leurs croissances.

  • - Les échanges extérieurs

Les exportations élargissent le marché des produits nationaux. Elles peuvent déclencher et entretenir la croissance économique. Les importations des technologies sont sources d’efficacité nationale et donc sources de croissance. En somme les échanges internationaux jouent un rôle déterminant dans la croissance économique d’un pays. En effet, les mouvements de marchandises, des facteurs de production (travail, capital) incitent à rechercher des gains de productivité à cause de la concurrence étrangère qu’ils engendrent.

  • - La demande nationale

Le niveau de la demande intérieure est un stimulant de l’activité économique. En effet, la pression de la demande contribue à la hausse des prix sur les marchés et stimule la hausse de la production.

  • - Le niveau de l’emploi

Le niveau élevé de l’emploi autorise une forte demande et stimule à la hausse le niveau d’activités qui entraîne donc la croissance.

  • - L’épargne et l’investissement

Le niveau élevé de l’épargne nationale est un atout pour financer les investissements qui sont

nécessaires à la croissance.

2 - Les facteurs non économiques de la croissance

La croissance reflète au-delà de son contenu, la capacité qu’a une société de susciter et de supporter le changement. Elle est donc un phénomène culturel, politique, juridique et social.

  • - les facteurs culturels

Les systèmes de valeurs culturelles (les coutumes, la spiritualité, les attitudes vis-à-vis du travail…) sont essentiels pour amorcer la croissance. Car ils témoignent de la place de l’homme dans la société et permettent à l’homme de maîtriser son environnement et d’améliorer son sort matériel.

  • - les facteurs juridiques

L’existence d’une législation claire sur la propriété et d’une justice impartiale encourage les investissements et le développement des activités qui sont des sources de la croissance.

  • - les facteurs politiques

La présence des institutions démocratiques et une politique d’intégration nationale sont sources de croissance. En effet, elle entraîne une stabilité politique dans le pays capable d’attirer les investisseurs étrangers.

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  • - les facteurs sociaux

La lutte contre l’exclusion, contre la désintégration des normes assurant l’ordre social entraîne la croissance. Le développement des ressources humaines, le niveau de la population active, la qualité du travail,

la durée du travail stimulent la croissance. La politique de santé, d’éducation, de formation technique et professionnelle favorisent la croissance en élevant la productivité.

V – LES MODALITES DE LA CROISSANCEECONOMIQUE

Si la croissance économique dépend de l'augmentation des quantités de facteurs de production utilisés dans le processus productif, elle est aussi fonction de l'amélioration des techniques de production permettant de produire plus de biens et services avec les mêmes quantités de facteurs de production. On peut alors distinguer

La croissance extensive

Croissance obtenue par l’augmentation des facteurs de production mis en œuvre.

La croissance intensive :

Croissance obtenue à volume de facteurs de production identiques (grâce à des gains de productivité).

Une croissance extensive se traduira par des créations d’emplois ce qui n’est pas le cas si la croissance économique est intensive.

La croissance potentielle

Croissance obtenue par l’utilisation optimale de tous les facteurs de production dont dispose le pays.

La croissance équilibrée

Croissance obtenue dans les équilibres macroéconomiques classiques (équilibre du budget de l’Etat, sans inflation, avec le plein emploi des facteurs de production). Une croissance qui n’entraîne pas de disparités régionales.

La croissance zéro

Croissance qui respecte l’équilibre écologique, qui ne détruit pas les ressources naturelles déjà

limitées.

VI – LES EFFETS DE LA CROISSANCE ECONOMIQUE

-La croissance économique améliore les indicateurs sociaux qui indiquent le niveau du bien être de la population. -Elle suscite le progrès technique qui l’amplifie. -Une croissance dont les retombées sont équitablement reparties entraîne un développement équilibré des secteurs et régions du pays. -La croissance réduit la pauvreté et augmente le niveau de la consommation et de l’emploi. -En somme, la croissance entraîne le développement.

VII –-LE PROCESSUS DE CROISSANCE

Selon l'économiste ROSTOW, la croissance économique (développement économique) d’un pays se réalise en 5 étapes :

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1

- La société traditionnelle

C’est le stade antérieur à tout phénomène de développement. C’est une société dont l'activité est basée sur l'agriculture et l'artisanat et où le progrès technique est totalement inexistant.

  • 2 - Les conditions préalables au démarrage

C’est la phase d’évolution des mentalités se traduisant par une volonté de développement.

  • - Développement des moyens de communication et télécommunications (action de l’Etat)

  • - Accroissement de la productivité agricole ;

  • - Industrialisation progressive ;

  • - Apparition d’une épargne disponible pour les premiers investissements industriels.

    • 3 - Le démarrage ( The take off )

C’est la phase de décollage. Cette période se caractérise par :

  • - Apparition de techniques nouvelles ;

  • - Révolution politique et économique ;

  • - Amélioration de la productivité agricole ;

  • - Existence de secteurs de croissance élevée ayant un effet d’entraînement sur les autres ;

  • - Forte augmentation des investissements ;

  • - Apparition des industries de transformation ;

  • - Les pouvoirs publics orientent leurs actions vers le développement économique.

    • 4 - La marche vers la maturité

Phase d’application des techniques modernes à l'économie. Elle se caractérise par la création de nouveaux secteurs avec transfert de la population active agricole vers l'industrie et les services.

  • 5 - L'ère de la consommation de masse :

Il y a une grande importance des produits de consommation et des biens d’équipement durables. Il y a également prédominance du secteur tertiaire.

VIII – LES FLUCTUATIONS ECONOMIQUES

La fluctuation économique est la variation de l’activité économique. Ses amplitudes, ses durées sont diverses. Elle est observée à l’aide des indicateurs macroéconomiques. Elle se caractérise par une succession de phases : expansion - Crise – récession - reprise.

L’expansion : Elle est un phénomène quantitatif se traduisant par une augmentation temporaire et réversible d’une grandeur économique.

Le trend ou tendance longue : Le trend indique toute tendance animant le mouvement de l’activité économique dans le long terme.

La crise : Elle est la rupture brusque d’un mouvement ascendant de l’activité économique. Le moment de retournement d’un cycle économique. C’est un phénomène soudain, violent, perturbateur, qui se traduit par une chute brutale des prix et des valeurs, par des faillites d’entreprises, des licenciements massifs de main-d’œuvre.

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La dépression : Elle est une chute continue et progressive de la production, de l’emploi, du volume des revenus, des échanges intérieurs et extérieurs et des prix.

La récession : La période durant laquelle le PIB est à la baisse. Où les activités économiques sont à la baisse.

La reprise : La période au cours de laquelle le PIB est à la hausse. Où les activités redémarrent.

Un cycle économique est la répétition de l’activité économique à intervalles réguliers de temps.

La typologie des cycles économiques

On distingue plusieurs sortes de cycles, selon la durée moyenne de leurs phases d’expansion (phase A) et de récession (phase B). Chaque cycle porte le nom de l’économiste qui l’a découvert.

 

Facteurs caractéristiques

Durée moyenne

 

CYCLES

 

Phases

 

Indicateurs

A

B

Total

particuliers

Kitchin

cycle court

  • - 1 an et

 

1 an et

3

ans

Variation des stocks,

  • - demi

cycle mineur

demi

(3 à 5 ans)

des prix

  • - cycles des stocks

 

cycle majeur

  • - 4 ans

 

4 ans

9

ans

PIB, investissements ;

Juglar

  • - cycle des affaires

et

et

(7 à 11

l’emploi

  • - demi

cycles de

demi

ans)

l’investissement

Kuznets

Cycle de la construction

10 ans

10 ans

20

ans (15 à 25

Activité bâtiments ; travaux publics

ans)

 

cycle long

  • - 28 ans

 

28 ans

56

ans

Taux de croissance ;

Kondratief

  • - cycle de

fréquence des

l’innovation

innovations

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CHAP III : LE PROBLEME DU SOUS – DEVELOPPEMENT

Le développement est sûrement la question économique, humaine et sociale la plus importante de notre temps. Quel que soit le sens que l’on donne au mot développement, la notion est clairement comprise par tout le monde. Mais, des pays accèdent actuellement à un certain niveau de développement, parfois partiel ou qui ne concerne que certains secteurs de leur économie, alors que d’autres régressent et s’enfoncent de plus en plus dans une situation de précarité et de dépendance. Cette inégalité relève du sous-développement de ces nations. Mais quel que soit le niveau de sous- développement, la notion de pays en voie de développement, plus diplomatique, est caractérisée par un certain nombre de critères qui s’examinent par comparaison avec la situation des pays riches.

I – DISTINCTIONS ENTRE DEVELOPPEMENT ET SOUS-DEVELOPPEMENT

1 - Le Développement économique

  • 1.1 – Définition

Le développement économique est une évolution qualitative dans le sens d’une transformation profonde et favorable des structures socio-économiques. Mais, selon F. Perroux le développement économique est « la combinaison des changements mentaux et sociaux d’une population qui la rendent apte à faire croître, cumulativement et durablement, son produit réel global » En somme, le développement économique se présente comme un ensemble de mutations et d’accumulations qui s’intègrent au fil des années. Il est donc un processus de long terme.

  • 1.2 – Les formes de Développement

Le développement durable : mode de développement qui assure la satisfaction des besoins présents des populations sans compromettre ceux des générations futures par un équilibre entre l'action économique, la protection de l'environnement, le développement social et le respect de l'expression culturelle et politique ;

Le développement intégré : stratégie de développement des Institutions de Bretton-Woods mettant l’accent sur la réduction de la pauvreté par l’allègement de la dette des Pays pauvres et une plus grande participation de la société civile à la définition des objectifs et à la mise en œuvre du processus de développement.

Le développement local : développement impliquant tous les acteurs sociaux et économiques (producteurs, parents d’élèves, comités de gestion villageois, entreprises, communes, élus, ONG, chefs traditionnels) d’une zone ainsi que les dimensions économiques, sociales, environnementales en parfaite synergie.

Le développement humain : développement qui prend essentiellement en compte les aspects relatifs au genre humain afin d’assurer le bien-être de tous. Il suppose implicitement que le développement ne peut être limité à la croissance du PIB. Il se mesure grâce à l’Indicateur de Développement Humain (l'IDH) élaboré par le PNUD (en 1990) pour situer les pays dans une échelle de développement humain. Cet indicateur prend en compte le PIB / habitant, l'espérance de vie, le niveau d'éducation.

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  • 1.3 Mesure du développement

Le terme développement, dans le cas présent, est souvent pris comme un raccourci pour le développement économique, mais concerne aussi le développement humain, c'est-à-dire d'autres paramètres pouvant être considérés positifs pour la société (éducation, santé, espérance de vie ) ... On mesure le développement d'un pays à partir d'indices statistiques tels le revenu par habitant, le taux d'analphabétisme, l'accès à l'eau...

  • 2 – Le sous- Développement

Le sous-développement, définit selon les nations unies comme « la non-exploitation optimale de toutes les ressources économiques et humaines disponibles sur un territoire ou à une accumulation insuffisante de capital ».

II – NATURE ET CRITERE DU SOUS-DEVELOPPEMENT

  • 1 – Nature du sous développement

Le sous-développement est un phénomène global, une situation éminemment complexe : dans chaque territoire du monde, il se manifeste par une imbrication des symptômes économiques, démographiques et sociaux.

  • 2 – Les critères du sous-développement.

Le sous-développement peut s’analyser selon deux approches différentes :

  • - une approche empirique, essentiellement humaine et sociale

  • - une approche plus scientifique qui concerne l’économie du pays.

    • 2.1 – Les critères humains et sociaux

      • 2.2.1 – Les critères humains

Ils s’articulent autour de l’alimentation. En effet, les carences quantitatives et qualitatives alimentaires, sont en corrélation fortement positives avec un grand nombre de phénomènes constitutifs du sous-développement. Tels que le taux élevé de mortalité infantile, la brièveté de l’espérance de vie, la faiblesse de la productivité… De nombreux peuples vivent dans la faim et la malnutrition. La faim et la malnutrition provoquent des réactions en chaîne dont le résultat est d’annihiler les possibilités d’action de l’homme. Des qualités humaines comme la vivacité, la vitalité, l’aptitude intellectuelle, la volonté de réussir en sont ainsi réduites. Aussi, la famine chronique interdit aux hommes qui en souffrent de parvenir à un plein épanouissement de leur possibilité physique et mentale : elle les condamne à une vieillesse précoce et à une mort prématurée. La malnutrition est un facteur favorisant l’extension de nombreuses maladies : paludisme, bilharziose, rachitisme, goitre endémique… Le tiers monde ressemble ainsi à une gigantesque salle d’hôpital.

  • 2.2.2 – Les critères sociaux

Certaines caractéristiques communes peuvent être relevées.

La situation sanitaire : les pays en développement sont minés par les grandes endémies (tuberculose, lèpres, paludisme,SIDA) , carence de l’aide sociale.

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Le niveau de l’emploi : le chômage est très fort. Dans le milieu paysan la productivité est faible avec le facteur travail.

L’éducation : L’analphabétisme est très élevé en particulier chez les adultes. Le taux de déperdition scolaire est très élevé. La population féminine est en retard de scolarisation.

La démographie : les taux de natalité, de fécondité, de mortalité infantile sont élevés. Espérance de vie Faible.

Les structures politico-sociales : les pays en développement sont des anciennes colonies. Il y existe une situation de subordination économique et diplomatique. Il y persiste une absence d’unité nationale. Car il y’a trop de morcellements ethniques, linguistiques et culturels. Une absence de démocratie est encore perceptible malgré les efforts faits dans certains pays.

2.2 – Les critères économiques

Si l’observation des nations du tiers monde permet de constater des inégalités humaines et sociales, l’analyse de leurs résultats économiques laisse apparaître de forts déséquilibres qui contrastent d’autant plus avec les pays développés. Les éléments d’analyse sont :

Une économie désarticulée et peu productive

Les économies du tiers monde sont dites désarticulées en ce sens qu’elles voient coexister deux secteurs aux caractéristiques opposées :

  • - un secteur traditionnel qui est un secteur peu dynamique où l’économie est basée sur l’agriculture et l’artisanat et où les motivations pour la production sont faibles.

  • - Un secteur moderne qui est prospère et spéculatif où l’économie est basée sur l’industrie et l’agro alimentaire. L’économie se résume en une enclave contrôlée par l’étranger. On constate dans ces économies désarticulées et déséquilibrées, l’apparition d’activités intermédiaires, principalement en milieu urbain formant le secteur informel. Il assure des fonctions économiques et sociales essentielles pour la population.

Une dépendance financière invalidante. Les pays du tiers monde font face à une crise globale de financement dont une des manifestations

les plus évidentes est la montée de l’endettement dont les causes peuvent être :

  • - le désir d’une montée en puissance économique ;

  • - le déséquilibre structurel de la balance commerciale ;

  • - l’intégration recherchée au sein des marchés financiers internationaux (compétition et facilité d’octroi des prêts) ;

  • - le rôle des politiques économiques et financières menées par les pays industrialisés (hausse du taux d’intérêt). Les conséquences de l’endettement sont suffisamment graves pour qu’elles nécessitent la mise en place de politique de gestion de la dette au niveau international. Car les conséquences frappent à la fois les créanciers et les débiteurs.

Les indicateurs relatifs à la production :

Le secteur primaire est prédominant. Le niveau d’industrialisation est très faible. Il est inférieur à 10 % du PIB.

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L’indicateur de niveau de vie.

On constate que dans les pays en développement le revenu par tête est faible. Il y a une persistance de la sous-nutrition et la malnutrition.

2.2 – Le commerce extérieur

Il y a une forte dépendance des pays en développement vis-à-vis de l’extérieur. Mais la part dans le commerce extérieur reste faible. Une faible différenciation des exportations prédomine et pourrait expliquer cette marginalisation. Celles-ci sont basées sur les quatre principaux produits (café, cacao, minerais, banane). La conséquence est que les exportations sont faibles et les besoins croissants. De ce fait, les pays en développement doivent emprunter aux pays riches pour faire face à leurs besoins de développement. Ils se retrouvent ainsi face à un formidable endettement qui constitue l’un des problèmes majeurs de l’économie mondiale.

III – LES ANALYSES DU SOUS-DEVELOPPEMENT

Notion relative, le sous-développement doit nécessairement se référer à un terme de comparaison. Ce terme peut être un état idéal où une situation concrète considérée comme meilleure. S’il s’agit d’un état idéal, on peut dire que toutes les économies sont sous-développées par rapport à leur possibilité. S’il s’agit d’une situation concrète meilleure, la comparaison se fait alors par rapport à une situation réelle qui est celle de pays dits industrialisés. Par rapport à ceux-ci, on dira que tous les autres pays sont sous-développés. De ce fait, la notion de sous-développement peut être comprise comme une étape vers le développement. Cela, en vertu du principe que les nations aujourd’hui développées ont été sous- développées avant de parvenir à la révolution industrielle. Le tiers-monde est donc appelé à se développer à condition toutefois que rien n’entrave son évolution. A juste titre, de nombreux auteurs cherchent à expliquer le sous-développement. On distingue l’explication des libéraux et des marxistes.

  • 1 – L’explication néo-libérale.

Le sous-développement est perçu comme un simple retard qui peut être rattrapé. Les conditions du rattrapage sont : la liberté des échanges et la vérité des prix, la bonne gouvernance, la formation et la qualification des citoyens. Mais aussi, la lutte contre le déficit budgétaire et du déficit extérieur qui maintiennent l’économie dans un déséquilibre permanent. L’élimination de l’intervention importante de l’Etat dans l’économie. Il faut en somme libéraliser l’économie.

  • 2 – L’explication néo-marxiste.

Le sous-développement est perçu comme un fruit du développement. Pour les théoriciens tiers-mondistes (Samir Amin, Arghiri Emmanuel), le commerce international est organisé sous forme de pôles (Nord et Sud). Et l’échange international est maîtrisé par les pays du Nord. Cette maîtrise renforce les inégalités entre les pays et la dépendance des pays du Sud. Cet échange est qualifié d’inégal par Arghiri Emmanuel, car les partenaires n’ont pas la même capacité de s’imposer sur le marché et de fixer les prix. Les pays du sud n’exportent que les produits primaires à faible prix et importent des produits manufacturés très chers (détérioration des termes de l’échange). Ainsi seuls les pays du nord peuvent accumuler du capital et se développer.

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La solution préconisée est donc de couper le « cordon ombilical » et d’amorcer un développement auto-entretenu, endogène à travers une politique de développement adaptée aux ressources disponibles.

IV – LES STRATEGIES DU DEVELOPPEMENT

Plusieurs stratégies s’offrent aux pays du tiers monde pour amorcer leur développement. Elles portent sur l’agriculture, l’industrialisation, l’intégration et la réduction de la pauvreté.

  • 1 – La stratégie de développement basée sur l’agriculture

L’agriculture participe au développement économique par le biais de ses produits, son marché, ses facteurs de production (main d’œuvre) et son accumulation (formation de capital).La stratégie de développement agricole porte sur les éléments suivants:

- La valorisation du potentiel agricole (développement extensif, travaux d’irrigation, développement intensif, usage de l’engrais chimique) ; - La reforme agraire qui est une modification apportée par la puissance publique aux structures agraires ; - La révolution verte qui consiste à modifier la technologie agraire (semence, eau, engrais, pesticides…) et à développer la productivité afin de nourrir une population sans cesse croissante. En raison des progrès continuels de la recherche agronomique, la révolution verte apparaît comme une stratégie en perpétuel renouvellement.

  • 2 –La stratégie d’industrialisation

L’industrialisation et le progrès technique vont de pair. Ainsi donner la priorité à l’industrie équivaudrait à emprunter la voie royale du développement. Quatre stratégies sont envisageables : la stratégie du développement des industries industrialisantes, la stratégie d’industrialisation par substitution aux importations, la stratégie d’industrialisation par valorisation des exportations, la stratégie de développement endogène.

  • 2.1 – La stratégie du développement des industries industrialisantes

La logique de cette stratégie consiste à rechercher les pôles d’industrialisation dont les effets sur le reste de l’économie sont importants. Pour les tenants de la thèse (de Bernis) seules certaines industries sont susceptibles d’assurer la propagation du processus d’industrialisation à l’ensemble de l’économie. La stratégie soulève trois questions : quelle production encourager (industrie lourde, chimie, énergie) ? quel marché satisfaire ? quelles sont les acteurs du processus ? Dans la pratique cette stratégie se heurte à de nombreuses difficultés : rareté de la main – d’œuvre qualifiée, l’endettement financier, le niveau élevé des coûts, sacrifice d’autres activités pouvant conduire à un blocage du développement.

  • 2.2 – La stratégie d’industrialisation par substitution aux importations

Elle devrait permettre l’essor d’une industrie nationale tournée vers un marché intérieur protégé. Elle permet de combler la demande pour les biens à faible intensité capitalistique. Toutefois elle présente beaucoup de limites (risque de saturation de la demande, absorption insuffisante de la main – d’œuvre, dépendance financière…)

  • 2.3 – La stratégie d’industrialisation par valorisation des exportations

La valorisation des exportations qualifie la mise en place de la promotion des exportations et la substitution entre les exportations (produit à forte valeur ajoutée contre produit à faible valeur

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ajoutée.). La stratégie permet une plus grande utilisation des capacités nationales de production, étend le marché potentiel au – delà des frontières nationales, entraîne une élévation du niveau technologique de la nation. L’efficacité reste dépendante de la conjoncture mondiale.

  • 2.4 – La stratégie de développement endogène.

Selon les théories, l'on explique le sous-développement, ou le mal développement, d'un pays à partir :

 

D'attitudes et aptitudes intrinsèques

 

o

aptitudes et comportements de ses élites et de ses dirigeants ;

o

ses structures juridiques et institutions.

 

D'éléments extrinsèques, réels ou utilisés comme justification :

 

o intérêt géopolitique ou commercial qu'il crée auprès d'autres pays ; o place du pays au sein d'un système historique et politique relevant tant de son inscription géographique que culturelle ; o certaines réformes inadaptées imposées en contrepartie de financements de dernier recours par des organisations multilatérales (comme le Fonds monétaire international et la Banque mondiale) pour sortir des situations de déficit et d'endettement dans lequel le pays s'est mis. o manque d'intérêt et de compréhension des entreprises multinationales pour les dynamiques spécifiques au pays. o évolution défavorable des termes de l'échange, soit une perte de revenu en raison de la baisse des prix des exportations (le plus souvent des matières premières) par rapport aux importations (le plus souvent des produits manufacturés ou haute valeur technologique)

Alors, pour les théoriciens tiers-mondistes (Samir Amin, Arghiri Emmanuel…).le sous- développement est perçu comme un fruit du développement Les pays du tiers monde devaient donc de couper « le cordon ombilical » avec les pays du Nord anciens colonisateurs et d’amorcer un développement auto-entretenu, autocentré, endogène, autonome à travers une politique de développement adaptée basée sur les ressources propres disponibles.

3 – Les stratégies fondées sur la Coopération

  • 3.1 – Le NEPAD

Le Nouveau Partenariat pour le Développement de l’Afrique (NOPADA) ou NEPAD en anglais est une fusion du Millenium African Plan (MAP) des Présidents Thabo MBEKI d'Afrique du Sud, Olusegun OBASANJO du Nigeria et Abdel Aziz BOUTEFLIKA d'Algérie et du Plan OMEGA du Président Abdoulaye WADE du Sénégal. Le NEPAD a pour ultime objectif de combler le retard qui sépare l'Afrique des pays développés.

Le NEPAD se résume en dix priorités suivantes : La bonne gouvernance publique ; la bonne gouvernance de l’économie privée; Les infrastructures ; L’éducation ; La santé ; Les nouvelles technologies de l’information et de la communication (NTIC) ; L’agriculture ; L’environnement ; L’énergie ; L’accès aux marchés des pays développés.

  • 3.2 – L'AGOA

L’AGOA (l'Africa Growth and Opportunity Act) est une initiative du président américain Bill Clinton mis en œuvre sous forme de loi dite AGOA, votée par le Congrès des Etats-Unis le 18 mai 2000. Cette loi permet de faire entrer sur le territoire des Etats-Unis, sans droits de douane, des

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produits manufacturés (textiles essentiellement) en provenance de quarante huit pays d'Afrique subsaharienne. L’AGOA permet à l’Afrique d’augmenter son volume d’exportation et d’échanges avec l’extérieur. L’AGOA est une opportunité de marché pour les pays africains. L’éligibilité de la Côte d’Ivoire à l’AGOA avait été négociée par l’APEX-CI (Association pour la Promotion des Exportations de Côte d’Ivoire), organisme chargé de nouer des contacts avec les gouvernants d’autres pays et des organismes du commerce international en vue d’accompagner les entreprises ivoiriennes dans la conquête de nouveaux marchés extérieurs.

  • 3.3 – La Coopération Sud/Sud

La Coopération Sud/Sud est l’ensemble des cadres de collaboration entre les pays du Sud (Sous- développés) pour la promotion du développement. Les pays du Tiers-monde peuvent tirer profit de l'expertise des plus avancés du groupe. C'est le cas des nouveaux pays industrialisés (NPI), la Chine et l’Inde et les Pays exportateurs de pétrole. L’Inde et la Chine jouent un rôle important dans le transfert de technologie et la création de zone franche.

Le transfert de technologie : ensemble d’actions et de mesures visant à rendre accessible la technologie aux pays sous-développés.

La zone franche : espace géographique bénéficiant d’avantages fiscaux, tarifaires et réglementaires pour susciter, augmenter des investissements dans un domaine précis.

  • 3.4 – Le Partenariat Public/Privé

C'est la coopération entre l’Etat, les collectivités publiques d’une part et le secteur privé d’autre part. Il s’agit de libéraliser l’économie. La libéralisation de l’économie est le désengagement de l’Etat de la production visant à la promotion du secteur privé (moteur de la croissance économique), à assurer la liberté de la concurrence par la réglementation et la régulation, à supprimer les monopoles, à susciter les investissements. La privatisation et la Déréglementation traduisent la volonté de libéralisation de l'économie.

La Privatisation : cession ou transfert à titre définitif d’entreprises du secteur public au secteur privé sous forme d’une cession de titres ou d’actifs ou d’une cession de contrôle.

La Déréglementation ou Dérégulation : politique de limitation de l'intervention de l'État donnant un rôle dominant au marché par une suppression totale ou partielle, par voie réglementaire ou jurisprudentielle, du monopole de droit accordé à un opérateur public ou privé exploitant des services publics.

  • 3.5 – Autres formes de Coopération.

Elles visent :

La promotion de la bonne gouvernance : capacité à mettre en œuvre une gestion efficace, efficiente et ouverte des affaires publiques (administration et entreprises publiques) pour soutenir le développement durable. La réduction de la pauvreté : c'est l’état de personnes ne disposant pas de revenus minimums (moins de 1$ /j /pers) et ne pouvant ainsi subvenir à leurs besoins les plus élémentaires et vitaux et n’ayant pas accès à un minimum de services publics. Ces personnes vivent en dessous d’un seuil appelé seuil de pauvreté. Les mesures de lutte contre la pauvreté sont : la généralisation de l’Education ; accentuation de politique de genre et développement basée sur la discrimination positive (faveurs faites à la scolarisation de la jeune fille en milieu où la femme occupe une place défavorable) ; politique de

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décentralisation; politique de santé publique généralisée à faible coût; accès des populations à un minimum de services publics (l’eau potable; la téléphonie).

Susciter les investissements notamment les IDE (Investissements Directs Etrangers) en direction de l’Afrique ; Un Investissement Direct Etranger est un investissement sous forme de capitaux qu’une entreprise étrangère effectue dans l’économie d’un pays par achat d’entreprises, constructions d’usines ou prise de participation (à hauteur d’au moins 10% du capital social).

Développer l’intégration économique c’est à dire les espaces économiques régionaux en Afrique pour renforcer les capacités d’échanges et de développement durable des pays africains.

Favoriser la coopération entre les pays africains et la coopération sud/sud

Développer des Zones de libre-échange (ZLE) : Espace géographique représentant des pays qui se regroupent par des accords et prévoient dans ce cadre l’élimination des barrières douanières et de toute entrave à la circulation des marchandises.

3.6 – L’Aide internationale au développement :

  • 3.6.1 – L'Aide publique au développement (APD)

C’est l’ensemble des apports en ressources fournis aux pays moins développés par des organismes officiels transitant souvent par des Institutions multilatérales dans le but de favoriser le développement économique et l’amélioration du niveau de vie. L’APD peut prendre également les formes suivantes : assistance technique, enseignants, bourses à des étudiants dans le pays donateur. L'APD peut être bilatérale ou multilatérale :

  • 3.6.2 – L'Aide privée

Beaucoup d’associations et organismes privés se consacrent à l’aide aux populations dans le tiers-monde : médecins sans frontière, Care International, Save the children, Action international contre la faim. Ils viennent compléter l’aide publique en cas de famine, de guerre, de calamités naturelles.

  • 3.6.3 – Les objectifs du Développement du Millénaire (ODM)

Les Objectifs du Millénaire pour le développement sont une initiative du PNUD (2000). Les pays doivent intensifier leurs efforts et unir leurs forces. Ces objectifs sont au nombre de huit :

_Eliminer l’extrême pauvreté et la faim ; _ Garantir à tous une éducation primaire universelle ; _ Promouvoir l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes ; _ Réduire la mortalité des enfants ; _ Améliorer la santé maternelle ; _ Combattre le sida, le paludisme et d’autres maladies ; _ Réaliser un développement durable et Assurer la durabilité des ressources environnementales ; _ Etablissement d'un partenariat mondial pour le développement.

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V – L'ENDETTEMENT DES PAYS DU TIERS-MONDE

  • 1 – Généralités

    • 1.1 – Notion d'endettement

C'est le recours au crédit par un Etat pour financer ses programmes de développement.

  • 1.2 – Historique

L’endettement international s’est développé rapidement dans les années 1970 à partir du premier choc pétrolier. Pour payer leur facture pétrolière et pour financer leur développement (livraison d’usines, achat de biens d’équipement), beaucoup de pays du tiers-monde se sont endettés à des taux d’intérêt élevés auprès des banques commerciales des pays développés. Ces dernières voulaient « recycler » les capitaux pétroliers déposés chez elles par les pays pétroliers qui se sont enrichis de la hausse des cours du pétrole.

  • 1.3 - Conséquences

Ce recours aux prêts de façon permanente a augmenté le poids de la dette des pays pauvres. Ces pays sont dans l’incapacité aujourd'hui de faire face à leurs obligations malgré les solutions pour aider à rembourser leur dette. L’endettement a tout de même permis le décollage des économies de certains pays en voie de développement en favorisant l’installation d’infrastructures socio-économiques et sanitaires.

  • 1.4 – Termes utilisés

Différents termes sont utilisés dans le monde de la dette. Ce sont :

Service de la dette : Remboursement des intérêts + amortissement du capital emprunté. Rééchelonnement : report de l'échéance de remboursement d’un prêt. Moratoire de la dette : l’interruption temporaire du paiement de la dette. Arriérés : dette due et non payée à une date donnée. Encours : Principal (échéances futures) + Arriérés du Principal et des intérêts

  • 2 – Composition de la dette d’un pays

La dette due par un pays peut être divisée en différentes catégories : la dette publique comprenant la dette extérieure (dette multilatéral et la dette bilatérale) et de la dette intérieure. Et la dette privée.

  • 2.1 –Dette extérieure et dette intérieure

La dette extérieure est due par le secteur public et le secteur privé d'un pays à l'égard des non- résidents. La dette intérieure est due par le secteur public aux résidents (Entreprises privées).

  • 2.2 - Dette publique et dette privée

Dette publique est l’ensemble des emprunts contractés par des emprunteurs publics. L'endettement extérieur concerne essentiellement la dette publique .. La Dette privée : Ensemble des emprunts contractés par des emprunteurs privés quel que soit le prêteur

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  • 2.3 – Dette publique bilatérale

C’est la dette d’un Etat due à des créanciers publics (Etats ou leurs institutions compétentes) étrangers. Les créanciers du Club de Paris détiennent la majorité des créances officielles bilatérales.

Le Club de Paris regroupe les principaux Etats créanciers. C’est une enceinte informelle de réunions dont la présidence et le secrétariat sont assurés par le Trésor français. La restructuration de la dette par le Club de Paris est supposée permettre un retour à la solvabilité du pays débiteur.

  • 2.4 – La Dette privée multilatérales : le Club de Londres

Dette due par un Etat à des banques créancières privées d'un autre Etat.

Le Club de Londres est l’enceinte dans laquelle se déroule la négociation entre les gouvernements débiteurs et les banques créancières privées d'autres Etats.

2.5. – La dette multilatérale (les créanciers multilatéraux)

Dette d’un Etat due aux Institutions financières internationales (FMI, Banque Mondiale ou les banques régionales de développement) et considérées comme prioritaires par rapport aux créances bilatérales.

  • 3 – Les perspectives de gestion de la dette

Plusieurs perspectives sont envisagées pour lutter contre l’endettement :

L’interruption des paiements (répudiation ou dénonciation). Si elle est temporaire on parle de moratoire de la dette. Mais cette situation fait courir le risque de perte de confiance des milieux financiers internationaux ; Le paiement de la dette coûte que coûte au prix d’un ajustement rigoureux. Solution très peu envisageable ; L’annulation partielle ou totale : elle fait l’objet de négociations entre pays riches et pays pauvres. Le rééchelonnement de la dette : solution généralisée permettant de reporter l’échéance de remboursement de façon négociée entre les partenaires concernés. N’exclut pas une politique d’ajustement.

  • 4 – Les institutions de Bretton-Woods

    • 4.1 – Présentation

Les institutions financières internationales (la Banque mondiale et le Fonds Monétaire International) ont été créées en juillet 1944 lors de la conférence monétaire et financière des Nations Unies à Bretton-Woods (New Hampshire - Etats-Unis).

  • 4.2 – Missions

Le FMI et la Banque Mondiale conseillent les pays en difficulté en utilisant différents instruments appuyés par des mesures d’accompagnement. L’on peut citer :

Les Programmes d’Ajustements Structurels représentent un ensemble de mesures et d’actions mises en place par les Gouvernants avec l’appui et le conseil des Institutions de Brettons Wood en

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vue de modifier les structures économiques et sociales. Il s’agit de faire face à des déséquilibres tels que, le PIB, le budget, la balance des paiements, l’inflation, l’emploi, le taux de change. L’adoption et l’application de PAS sont généralement suivies de mesures d’accompagnement et d’appuis financiers.

Initiative PPTE (Pays Pauvres Très Endettés) : c’est un dispositif global de réduction de la dette des pays pauvres très endettés qui appliquent des programmes d’ajustement et de réforme appuyés par le FMI et la banque mondiale. L’objectif est de rétablir la solvabilité des pays bénéficiaires en annulant, par des mesures exceptionnelles leur dette (celle-ci dépasse un niveau considéré comme " soutenable " au vu de leurs perspectives de croissance économique).

La facilité pour la réduction de la pauvreté et la croissance (FRPC) : c’est le guichet par lequel le FMI accorde aux pays pauvres des prêts assortis de faibles taux d’intérêts. Les programmes appuyés par la FRPC reposent sur des stratégies globales de réduction de la pauvreté qui sont pilotées par les pays eux-mêmes.

  • 4.3 – Le FMI

Au début, son rôle était de défendre le nouveau système des changes mis en place par les accords de Bretton Woods qui a pris fin n 1971. Ses nouvelles tâches sont d’aider à restructurer les économies en difficultés à travers les "Plans d’Ajustements Structurels".

  • 4.2 – La Banque mondiale

La Banque internationale pour la reconstruction et le développement (la BIRD), communément appelée la "Banque mondiale" est le second pilier des institutions financières internationales créé en juillet 1944 lors de la conférence monétaire et financière des Nations Unies à Bretton Woods (New Hampshire - Etats-Unis).

  • 4.2.1 – Rôles

Son rôle initial de financer des projets sectoriels, privés comme publics, à destination des pays du tiers-monde ou de l’ex-bloc de l’Est. Aujourd'hui elle conseille les pays en matière de réduction des déficits budgétaires, de mobilisation de l’épargne interne, d’incitation des investisseurs étrangers, de libéralisation des changes et des prix. Cette politique est complétée par des prêts d’ajustement (sensés atténuer la crise de la dette en favorisant une approche néo-libérale), des prêts - projets pour financer les gros équipements.

  • 4.2.2 – Filiales

Le groupe de la Banque mondiale comprend les "filiales" suivantes :

La BIRD (banque internationale pour la reconstruction et le développement) octroie des prêts pour les grands secteurs d’activités (agriculture ) ... L’AID, (Association Internationale pour le Développement) Créée en 1960, met à disposition des prêts à long terme (15-20 ans) à taux d’intérêts nuls ou très faibles pour les pays les moins avancés La SFI, (société financière internationale) Créée en 1956, elle a en charge le financement d’entreprises ou d’institutions privées dans le tiers-monde. Le CIRDI (centre international de règlement des différends relatifs aux investissements) Créée en 1966, il gère les conflits d’intérêts entre pays-membres. L’AMGI (agence multilatérale de garantie des investissements), créée en 1988 favorise l’investissement dans les pays en voie de développement (PED).

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THEME II : LES RELATIONS ECONOMIQUES INTERNATIONALES

Chap. I

DIVERSITE DES RELATIONS INTERNATIONALES

Les relations économiques internationales sont très hétérogènes quant à leur nature et quant à leurs acteurs.

  • I) LA NATURE DES RELATIONS ECONOMIQUES INTERNATIONALES

Elles sont constituées d’échanges commerciaux de biens et de services mais aussi d’échanges intellectuels, culturels, techniques. Elles concernent aussi les mouvements de personnes et de capitaux. Ces types d’échanges sont en interaction les uns par rapport aux autres.

I Importations de marchandises Pays Flux migratoires Pays d’origine d’accueil Transferts de revenus Habitudes de consommation,
I
Importations de marchandises
Pays
Flux migratoires
Pays
d’origine
d’accueil
Transferts de revenus
Habitudes de consommation, Créations de besoins
Retour d’une main d’œuvre formée
I
– 2. L’échange de biens et services
I
– 3. Les échanges intellectuels, techniques et culturels

– 1 Le déplacement des personnes : réfugiés (politiques et économiques), peuples migrateurs, touristes…

Les causes de ces déplacements sont innombrables : guerre, famine, recherche d’un meilleur niveau de vie, d’un asile etc. Pour les pays d’accueil, c’est l’apport d’une main d’œuvre étrangère généralement bon marché mais une source de tensions sociales, dégradation du cadre de vie. Pour les pays d’origine, c’est une source de diminution du chômage mais aussi une fuite de la population active (fuite des cerveaux)

THEME II : LES RELATIONS ECONOMIQUES INTERNATIONALES Chap. I DIVERSITE DES RELATIONS INTERNATIONALES Les relations économiques

Ces échanges sont variés et portent sur des produits primaires, des produits manufacturés, le tourisme, les finances, etc. Ces échanges posent le problème de la division internationale du travail. Les pays en développement se spécialisent et exportent les produits primaires ou des produits manufacturés incorporant beaucoup de travail peu qualifié. Alors que les pays développés se spécialisent et exportent des produits manufacturés à haute valeur ajoutée incorporant beaucoup de capitaux ou de travail fortement qualifié. Cette situation entraine la détérioration des termes de l’échange.

Ces échanges portent sur l’assistance technique dans tous les domaines, et sur un ensemble de techniques disponibles pour la production de biens et services. Les échanges de techniques donnent naissance au transfert de technologie afin de permettre aux pays en développement de rattraper leur retard technologique. Les transferts technologiques peuvent s’opérer de plusieurs façons :

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  • - Achat de produits de haute technologie (ordinateurs, robots, composants électroniques, instruments de précision…) qui permettent aux entreprises de réaliser leur production dans les mêmes conditions que les entreprises étrangères.

  • - La concession de brevets qui permet à des entreprises tierces d’exploiter, à des fins de production, une invention.

  • - La fabrication sous licence qui permet à une entreprise de réaliser un produit sur la base des procédés, des savoirs - faire, de l’expérience d’une autre entreprise.

  • - Le contrat d’ingénierie qui permet à une entreprise d’acquérir une usine « clef en main ».

  • - Les investissements directs à l’étranger Investissement des entreprises directement dans les pays d’accueil.

Ces transferts sont généralement effectués par les pays développés entre eux (3 /4). C’est une partie qui bénéficie aux P. V. D. Tous ces échanges ne s’effectuent pas isolément. Il existe une interaction des différentes formes de relations. Exemple : les transferts de technologie entraînent des mouvements de personnes, de capitaux et de biens. Notons que la technologie est un ensemble de techniques disponibles et utilisables pour la production des biens et services.

I 4. Les mouvements internationaux de capitaux Les mouvements de capitaux occupent une place de plus en plus importante dans l’économie mondiale. Ces mouvements comprennent des capitaux à long terme et à court terme.

  • - Les mouvements de capitaux à long terme (investissements directs, les opérations de portefeuille, les crédits à moyen et long terme) ;

  • - Les mouvements de capitaux à court terme (crédits commerciaux à court terme, placements ou emprunts à court terme).

    • II LES ACTEURS

Les principaux acteurs des relations économiques internationales sont :

Les Etats, les entreprises multinationales, les Organisations internationales de développement.

  • II – 1 Les Etats

Les Etats ont une influence certaine sur les relations économiques internationales à travers leurs règlements, leur dotation en facteurs de production, leurs puissances militaires, économiques et financières, leurs doctrines etc ..

Les niveaux de développement différents des pays, leur inégale dotation en facteurs de production les poussent à effectuer des échanges. Les relations économiques internationales sont des relations entre économies de différentes puissances. Il existe des économies dominées (PVD) et des économies dominantes (PD).

  • II – 2 Les multinationales

Les firmes multinationales sont des entreprises nationales de grandes tailles qui possèdent ou contrôlent plusieurs firmes dans plusieurs pays. Elles jouent un rôle important dans les relations économiques internationales. Plus de 30 % des exportations mondiales sont effectuées par des firmes multinationales (voir bilan de croissance économie d’entreprise).

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26

II

– 3 - Les organisations internationales : OPEP, FMI, etc.

L’OPEP L'Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) ou en anglais Organisation of Petroleum Exporting Countries (OPEC) est une organisation intergouvernementale de pays visant à négocier avec les sociétés pétrolières pour tout ce qui touche à la production de pétrole, son prix et les futurs droits de concessions.

La création de l'OPEP résulte du fait que jusque dans les années 1970-1980, les compagnies pétrolières avaient les pleins pouvoirs sur le cours du pétrole et imposaient leurs prix aux pays producteurs. C'est ainsi que les principaux pays producteurs décidèrent de se regrouper de manière à pouvoir influer sur le cours du pétrole. La prise de contrôle de la production de pétrole se fît par une politique de nationalisation. Étant maîtres de leur production, les pays producteurs peuvent de cette manière influencer le cours du baril de pétrole et ainsi augmenter leurs revenus. L'OPEP cherche à réguler la production et le prix par un effort coordonné de ses pays membres, notamment en instaurant un système de quotas de production. Les membres constituent donc un cartel de producteurs. Ils se mettent d'accord sur la quantité de pétrole exporté, ce qui influence le prix du marché. Ils possèdent 75% des réserves estimées de pétrole et fournissent aujourd'hui 40% de la production mondiale.

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Chap. II LES FONDEMENTS DU COMMERCE INTERNATIONAL

Deux raisons expliquent le commerce international :

  • - l’inégale répartition des facteurs de production ;

  • - les théories des avantages absolus et comparatifs.

I - LES FACTEURS DE PRODUCTION

L’inégale dotation en facteur de production des pays crée des différences de coût de production et rend nécessaire l’échange. Ainsi, chaque pays a un avantage pour les biens qui contiennent une proportion élevée du facteur dont il est abondamment doté.

II - LES THEORIES DU COMMERCE INTERNATIONAL

Les fondements du commerce international ont été analysés par des auteurs appartenant à différents courants de pensée. Les économistes classiques raisonnent dans le cadre :

  • - d'une économie de concurrence pure et parfaite,

  • - où les facteurs de production sont mobiles à l'intérieur d'un pays et immobiles entre les pays ;

  • - et les rendements constants.

II

– 1 La théorie de l’avantage absolu (Adam Smith)

 

Selon la théorie de l’avantage absolu, un pays a intérêt à se spécialiser dans la production où il possède un avantage absolu (où il réalise une meilleure productivité).

Pays

volume unité de :

en

travail

par

Avantages absolus

 

Drap

Vin

Drap

Vin

Angleterre

100

120

Portugal

90

80

Oui

Oui

Un pays importe donc quand ses coûts absolus sont supérieurs à ceux des autres pays, exporte quand ils sont inférieurs.

Avantages de la théorie: se procurer à moindre prix certains produits, développer la production donc les revenus,

Inconvénients de la théorie: risque de suppression d'emplois, déficits extérieurs.

Toutefois, la spécialisation et l’échange peuvent être également intéressants pour les pays ne disposant pas d’avantages absolus.

II

– 2

La théorie de l’avantage comparatif (David Ricardo)

 

La théorie de Ricardo n'est valable que sous certaines hypothèses :

Les capitaux et le travail sont mobiles dans le pays (ils doivent pouvoir changer de secteur de production) mais pas entre les pays (sinon les capitaux abandonneraient les Pays trop chers).

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28

Un pays a un avantage relatif dans un produit si le rapport entre le coût de ce produit fabriqué dans le pays par rapport au coût du même produit à l’étranger est inférieur au rapport des coûts pour un autre produit. Où ses coûts sont proportionnellement les plus faibles ou proportionnellement les moins élevés.

Pays

volume unité de :

en

travail

par

Avantages relatifs

Drap

Vin

Drap

Vin

(p d )

(p v )

Angleterre

100

120

Oui

Portugal

90

80

Oui

Même si un pays est mauvais partout, il a intérêt à échanger si l'avantage diffère selon les produits. Il se spécialisera dans le produit où il est le moins mauvais. Le pays qui est efficace partout se spécialisera dans le produit où son avance est la plus forte.

Donc, chaque pays se spécialise dans le produit où sa productivité relative est la plus forte ( = productivité du pays pour un produit / productivité de l’autre pays dans ce produit)

L'intérêt de l'analyse de Ricardo est de montrer qu'il suffit d'un avantage relatif pour que l'échange international soit intéressant.

L'avantage relatif ou comparatif existe quand les coûts ne varient pas proportionnellement dans les deux pays.

Le risque de dégradation des termes de l’échange est une limite de la spécialisation sur la base de l’avantage comparatif.

  • II –3 La théorie Hecksher Ohlin et Samuelson du commerce internationale

Cette théorie est basée sur l’inégale dotation des facteurs de production.

De ce constat deux auteurs suédois Hecksher et Ohlin et un américain Samuelson vont élaborer un théorème du commerce international qui stipule que chaque pays a intérêt à se spécialiser dans la production intensive en facteur abondant sur son territoire. En d’autres termes Le commerce international conduira chaque pays à se spécialiser dans la production de biens incorporant les facteurs de production abondants sur son territoire.

II – 4 Le rôle de la demande (S. BURERSTAM LINDER)

Steffan Burestam Linder va élargir les théories de l’échange à la demande. Selon Burestam Linder, une entreprise produit pour répondre à une demande. En conséquence un pays doit produire le bien sur lequel il y a une forte demande sur le territoire nationale et ou à l’extérieur.

  • II –- 5- Les théories mercantilistes :

Alors que la théorie de l’échange international met l’accent sur les conditions et les avantages de la spécialisation internationale, les théories mercantilistes reprises par les Keynesiens, s’intéressent essentiellement au rôle que peuvent jouer les exportations en tant qu’instrument de la politique économique, en particulier pour assurer le plein-emploi.

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29

En effet, Keynes nous a appris qu’en période de récession, il faut relancer l’économie par la demande. Dans une économie ouverte, le risque est de voir l’accroissement de la demande se traduire par un accroissement des importations et non de la production nationale, donc l’emploi. L’exportation apparaît alors comme un moyen plus sûr de redynamiser la production, donc l’emploi. C’est un moyen d’exporter aussi son chômage. Le raisonnement précédent repose sur deux hypothèses fondamentales :

  • - l’immobilité des facteurs de production ;

  • - le plein-emploi des facteurs.

La remise en cause de ces deux hypothèses va conduire à un approfondissement de la théorie de l’échange.

III Le paradoxe de Leontief

En 1954 Leontief analysa le contenu en travail et en capital des exportations des Etats – unis. Il

obtint les résultats suivants :

 

Exportations

Productions

concernées

par

 

les importations

Capital K

2550780

3091339

Travail L

182313

170004

Rapport K/L

14

18

Ainsi, Leontief constata que les exportations des Etats – unis sont à forte intensité de main – d’œuvre. Cette observation statistique semble paradoxale lorsqu’on la confronte à la théorie HOS étant donné que les Etats-Unis sont abondants en capital. Toutefois, en tenant compte de la qualification de la main – d’œuvre, on obtient une image plus correcte de la nature des exportations américaines.

Explication du paradoxe :

L'explication des économistes suédois était insuffisante car ceux-ci ne prenaient en compte que trois facteurs de production (Travail, Capital, Ressources naturelles) sans les nuancer. Pour redonner une portée explicative aux théories suédoises, il faut admettre qu'en fait il n'existe pas 3 mais 5 facteurs de production :

  • - Le travail non qualifié ;

  • - Le travail qualifié.

  • - Le capital (usines et équipements)

  • - La terre cultivable.

  • - Les gisements miniers et pétrolifères.

Le paradoxe de Leontief devient alors explicable : -- c'est le travail qualifié qui est abondant aux USA par rapport au reste du monde. En fait, le capital n'a jamais été relativement abondant aux USA bien qu'en valeur absolue il ait été supérieur au reste du monde. Ceci explique donc le fait que les USA importaient des biens à forte intensité de capital (bois, chaussures, confection, cuir, automobiles, mobilier, jouets.) mais incorporant beaucoup de main-d'oeuvre peu qualifiée. Ceci réconcilie un peu Leontief et les théoriciens suédois en redonnant une certaine portée à leurs théories. Le paradoxe de Leontief a pour mérite de mettre en évidence le rôle essentiel de la qualification professionnelle dans l'explication de la configuration des échanges. En fait, les échanges de produits primaires sont largement déterminés par la localisation des ressources naturelles et l'importance de la main-d'oeuvre non qualifiée dans certains pays. Au contraire, les pays industriels avancés sont riches en main-d'oeuvre qualifiée par rapport au reste du monde -- leurs exportations incorporent donc une forte proportion de travail qualifié tandis que leurs importations incorporent une forte proportion de travail non qualifié.

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30

Chap. III - LES POLITIQUES DU COMMERCE INTERNATIONAL

Deux doctrines principales conditionnent les rapports entre les Etats dans les échanges internationaux. Il s’agit du libre – échange et du protectionnisme.

I - LE PROTECTIONNISME

Avec le développement du commerce international, des mesures protectionnistes vont apparaître. Ainsi, selon la théorie du protectionnisme éducateur (Fréderic List), si un pays moins avancé ne protège pas ses industries naissantes de la concurrence des pays développés, il ne parviendra pas à s’industrialiser. Inversement, la concurrence des pays à bas salaires constitue une menace pour les emplois non qualifiés des pays développés même si cet effet est compensé en partie par des créations d’emplois qualifiés. Le protectionnisme est donc l’ensemble des mesures ayant pour objectif de limiter ou de supprimer les importations de biens et de services de façon à protéger l’activité intérieure du pays contre la concurrence étrangère.

Les principales mesures protectionnistes

Ces mesures sont soient des barrières tarifaires, soient des barrières non tarifaires.

Les barrières tarifaires :

Elles représentent l’ensemble des droits de douane (taxes perçues par les services des douanes sur les produits importés ; le tarif douanier est soit un pourcentage du prix, soit une taxe forfaitaire).

Les barrières non tarifaires :

Elles sont diverses et complexes. On distingue les éléments suivants :

  • - Les contingentements : fixation d’une quantité maximale d’importation de certains produits pour une période donnée ;

  • - Les normes : réglementation spécifiant les caractéristiques du produit (hygiène, sécurité, procédé de fabrication…) ;

  • - La protection des marchés publics : les commandes de l’Etat peuvent être réservées, en droit ou en fait, aux entreprises nationales ;

  • - Le contrôle des changes : en limitant la quantité de devises qu’un agent résident peut sortir du territoire, on peut limiter les dépenses à l’étranger.

Mesures exceptionnelles :

  • - -La clause de sauvegarde : un pays dont une branche est gravement menacée, peut relever brutalement ses barrières douanières ;

  • - Les mesures de rétorsion : face à une mesure protectionniste prise par un partenaire, le pays peut réagir par des mesures identiques.

  • - La mesure anti – dumping : le dumping est la vente au dessous des coûts de production. Dans ce cas les exportations sont indûment favorisées (subvention) et le pays importateur peut décider des mesures de rétorsion.

II - LE LIBRE - ÉCHANGE

Il est une doctrine favorable à la suppression de toute entrave aux échanges de produits et de capitaux entre les différentes nations. A l’origine du libre-échangisme (" free trade ") il y a la liberté (" free ") du commerce (" trade ") au sein d’un pays et entre les pays. Cette notion s’oppose au commerce privilégié, aux monopoles.

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Au 17 ième et 18 ième siècle, les revendications en faveur du " commerce libre " sont d’abord des revendications en faveur de la concurrence. Les degrés du libre – échange vont des accords partiels à l’union économique et monétaire (intégration économique). .Les accords partiels

  • - Accords bilatéraux, multilatéraux : réduction des obstacles protectionnistes entre deux ou plusieurs pays.

  • - Clause de la nation la plus favorisée : c’est un principe de non discrimination selon lequel tout avantage accordé à un pays membre du GATT doit, sauf dérogation être étendu à tous les autres.

  • - Préférence non réciproque : on peut accorder à un pays la clause de la nation la plus favorisée, sans que celui – ci soit tenu d’en faire autant à notre égard.

  • - Accord d’autolimitation : un pays exportateur peut accepter de limiter la croissance de ses exportations, par crainte d’encourir des restrictions plus sévères.

  • - Zone franche : partie du territoire national dépourvue de toute barrière aux importations, et accordant souvent un régime fiscal favorable aux investissements directs.

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Chap. IV- L'ORGANISATION DES ECHANGES INTERNATIONAUX

Le commerce international connaît depuis le 20 ème siècle un développement prodigieux. De nouvelles relations entre les Etats voient le jour.

I – LA NOUVELLE ÉCONOMIE

  • 1 – Définition

Economie où les marchés de capitaux jouent un rôle prépondérant dans le financement des agents économiques spécialement des entreprises grâce aux NTIC (Nouvelles Technologies de l'Information et de la Communication).

  • 2 – Les avantages de la nouvelle économie

_ Développer les Investissement Direct Etranger (IDE) ; _ De favoriser l’accès, le développement et le dynamisme des marchés et marchés financiers ; _ D’accroître la flexibilité des entreprises, et la recherche de la qualité ; _ favoriser les délocalisations : la délocalisation est le transfert de capacités de production d’un site national vers un site étranger afin d’importer, pour satisfaire la consommation nationale, des biens et des services jusqu’alors produits localement; _ De développer la compétitivité et la croissance de l’économie mondiale; _ D’accélérer la mondialisation et de développer les alliances et partenariats de toutes natures ; _ D’accélérer l’innovation et le transfert de technologies, de renforcer les compétences et les connaissances dans plusieurs domaines (pluridisciplinarité).

  • 3 – Les inconvénients de la nouvelle économie

_ Dépendance des pays du Tiers-monde à l’égard des multinationales et des capitaux étrangers ; _ Blanchiment d’argent, l'inflation due à une surliquidité de l'économie.

II – LA MONDIALISATION

  • 1 – Définition

C'est l’intégration et l’interdépendance accrue des économies des pays du monde. Il s'agit d'établir le libre échange total et la régulation des économies fermées.

Remarque : la globalisation = Mondialisation. La globalisation à l'origine mettait un accent sur l'intégration des marchés de capitaux.

  • 2 – Causes de la mondialisation

_ L'établissement du libre échange ; _ L'augmentation de la demande liée à la hausse des niveaux de vie et de l'accroissement de la population ; _ révolution des transports et des moyens de communication qui accélèrent la circulation des marchandises, des capitaux, des informations, des technologies et les échanges culturels; _ L’essor des firmes transnationales (les multinationales) et des places financières internationales.

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33

2

– Avantages de la mondialisation

_ Le développement de la compétitivité croissante des marchés nationaux et internationaux; _ Le développement du commerce mondial des biens et services; _ de susciter les transferts de capitaux et des investissements qui stimulent la transformation des ressources, la création d’emplois, la distribution de revenus, l’accroissement de la consommation qui stimule la production ; _ le développement des échanges culturels.

  • 3 – Inconvénients de la mondialisation

_ Les zones économiques non compétitives sont marginalisées ; _ Les multinationales implantées dans les pays du tiers-monde ont des politiques générales qui ne sont pas toujours conformes aux politiques nationales des Pays; _ Les pays pauvres subissant la détérioration des termes de l’échange sont obligés d’importer toujours davantage.

  • 4 – Le commerce équitable

Echanges internationaux permettant d’assurer une juste rémunération des producteurs et travailleurs marginalisés des pays du Sud en offrant de meilleures conditions commerciales afin de contribuer au développement durable. Le commerce équitable permet : un développement économique et social, la protection de l'environnement, le respect des droits sociaux fondamentaux, d'assurer une juste rémunération des producteurs des pays du Sud, d'instaurer des relations durables entre partenaires économiques, de proposer aux consommateurs des produits de qualité.

III – LES ORGANISATIONS INTERNATIONALES DU COMMERCE

L’OMC et la CNUCED sont deux organisations intervenant dans le commerce mondial.

  • 1 – L'OMC (L’organisation mondiale du commerce)

    • 1.1 –Présentation

L’OMC a été Créée en avril 1994 en remplacement du GATT (Accord Général sur les Tarifs Douaniers et le Commerce signé le 30 octobre 1947) à la suite de différents cycles de négociation. Elle a été fonctionnelle en janvier 1995.

L’OMC est chargée de réglementer les relations commerciales entre les Etats membres, au moyen d’accords multilatéraux et de résoudre les différends commerciaux.

Les domaines sont : les Droits de douane, les mesures non tarifaires, les règles, les services, la propriété intellectuelle, le règlement des différends, les textiles, l'agriculture.

  • 1.2 –Principes fondamentaux

L'Abaissement progressif des barrières douanières : améliorer l’accès des marchés de chaque pays pour des produits présentant un intérêt particulier pour ses partenaires en réduisant ses tarifs douaniers.

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La Clause de la nation la plus favorisée (NPF) : si un Etat membre concède à un autre Etat des avantages commerciaux spéciaux, il doit également les concéder à tous les autres Etats membres. Exception : avantages consentis dans le cadre d’une intégration économique.

Le Principe du traitement national (ou principe de non-discrimination) : les biens importés et les produits de fabrication locale doivent être traités de manière égale. Egalement pour les services, les marques de commerce, les droits d'auteur et les brevets étrangers et nationaux.

Le Principe de la bonne foi (interdiction des restrictions quantitatives) : suppression des mesures protectionnistes (restrictions à l’importation et à l’exportation) ;

Le Principe de la réciprocité : les échanges s’effectuent sur la base d’avantages mutuels et réciproques.

  • 1.3 –Mesures en faveur des Pays en développement

L'Augmentation de l’aide publique au développement (APD) de 0,5% jusqu’à 1% du PNB. Mobilisation du secteur privé pour encourager les investissements. L'Aide pour la stabilisation des recettes émanant des matières premières. L'Application d’un traitement commercial privilégié pour les exportations agricoles des pays d'Afrique,

2 – La CNUCED

  • 2.1 –Présentation

La CNUCED (Conférence des Nations-Unies pour le Commerce et le Développement) est la principale institution du système des Nations Unies pour le traitement intégré du commerce et du développement. Elle traite les questions relatives au financement, à la technologie, à l'investissement et au développement durable.

  • 2.2 –Mesures en faveur des pays en voie de développement

La CNUCED aide les pays en développement à choisir les politiques commerciales les plus aptes à favoriser le développement à l’heure de la mondialisation de l’économie;

Elle aide les pays en développement à attirer des capitaux et à mieux comprendre les enjeux des accords internationaux en matière d’investissements, de Technologie et de développement des entreprises;

La CNUCED contribue au développement des PME et soutient les efforts entrepris pour répondre aux mutations technologiques et scientifiques ;

La CNUCED a mis en place le Système Généralisé de Préférence (SGP) qui permet un abaissement unilatéral et sans contrepartie des barrières douanières des pays développés participant au système pour certains produits exportés par les PVD.

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IV – LES ORGANISATIONS REGIONALES

Les interdépendances croissantes entre le Nord et le sud d'une part et entre les Pays du Sud d'autre part sont le fondement majeur de la politique globale de coopération dans le Monde.

  • 1 – La coopération (UE-ACP)

La politique de coopération comprend un ensemble de mesures visant à assurer aux pays en voie de développement un accroissement des revenus qu'ils tirent de leurs propres ressources.

La convention de Lomé sert de cadre juridique à la coopération.

La coopération vise à garantir les recettes d'exportation des pays du sud contre des fluctuations trop brutales par :

_ Le maintien de leur pouvoir d'achat ; _ La transformation sur place d'une part croissante de produits de base afin d'en augmenter la valeur à l'exportation; Il s’agit de lutter contre la détérioration des termes de l’échange ; _ L’accès le plus libre possible aux marchés des pays industrialisés et à moindre coût à la technologie, au savoir-faire industriel, et à l'investissement par création d'industries. Le développement du commerce mondial est favorisé par d'autres formes de Coopération.

  • 2 - La zone de libre échange (ZLE)

Espace économique et géographique formé par le regroupement de pays qui prévoient dans ce cadre l’élimination des barrières douanières et de toute entrave à la circulation des marchandises sans Tarif extérieur commun. Exemple : L’ALENA (USA, Canada, Mexique).

  • 3 – La zone franche

Zone géographique limitée bénéficiant d'incitations à investir, dont l'exonération des droits de douanes, et d'un traitement fiscal et social préférentiel.

Les buts recherchés sont de : Créer des emplois, Contribuer à une plus grande intégration interindustrielle (pays développés - pays en développement), Elever la compétence des travailleurs et impulser le développement et le transfert de technologies, de Maintenir la main d'œuvre sur place en freinant l'immigration, de Développer les infrastructures (routes, installations portuaires) et les services publics (téléphone, eau, électricité).

  • 4 – L'intégration économique

4.1 Définition

Processus par lequel plusieurs Pays s’engagent à éliminer toute forme de discrimination (abolition des barrières douanières) entre leurs opérations économiques de manière à créer un espace économique homogène, unifié. Ces pays forment une union économique et monétaire et conviennent d’appliquer aux autres pays un tarif extérieur commun (TEC). Le Tarif Extérieur Commun (TEC) est l’ensemble des droits appliqués aux importations sur le territoire de la Communauté de produits en provenance de pays tiers.

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Exemples: CEDEAO (Communauté économique des Etats de L'Afrique de l'Ouest), la CEEAC (Communauté Economique des Etats de L'Afrique de Centrale), la COMESA (Marché commun de l'Afrique orientale et australe), UMA (Union monétaire arabe), SADC (Communauté de Développement de l'Afrique australe).

  • 4.2 –Avantages

_ Faciliter le développement des économies des pays concernés ; _ réduire les coûts de production grâce à la suppression des obstacles tarifaires; _ réaliser des économies d’échelles liées à l’expérience, à la production d’une unité, le passage d’une petite entreprise à une grande entreprise (atteinte de la taille optimale).

  • 4.3 Inconvénients

_ Coexistence de plusieurs zones au sein d’un ensemble économique (UEMOA et CEDEAO) ;

_ Les pays ont des tailles, des populations, des mentalités, des systèmes différents. Existence de conflit de leadership entre les Pays : un frein à la volonté de s’intégrer.

  • 4.4 –Les étapes de l’intégration économique

Les pays passent par différentes étapes avant de réaliser l'intégration économique.

 

Etapes

Zone de

Union

Marché

Union

Union

 

libre

douanière

commun

économique

économique

Conditions

 

échange

et

 

monétaire

Suppression

des

         

barrières

Oui

Oui

Oui

Oui

Oui

douanières

à

l’intérieur de

la

zone

Libre circulation des marchandises

Oui

Oui

Oui

Oui

Oui

Tarifs

extérieurs

 

Oui

Oui

Oui

Oui

communs vis – à

vis

des pays

tiers

Libre circulation des personnes et des capitaux

   

Oui

Oui

Oui

Harmonisation

       

Oui

Oui

des

politiques

structurelles

 

(agricole,

industrielle,

fiscale…)

Monnaie

         

Oui

commune,

unification

des

politiques

monétaires

et

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37

budgétaires
budgétaires

5 – La Zone Monétaire

Ensemble de pays regroupés autour d’une monnaie commune et respectant les règles monétaires suivantes :

  • - La convertibilité de toutes les monnaies entre elles sur la base de parités fixes ;

  • - La cohésion vis à vis de l’extérieur ;

  • - L'application d’une réglementation des changes commune ;

  • - L'existence d’un marché de changes unique ;

  • - La centralisation des réserves en devises.

Exemples: L'UEMOA (Union Economique et Monétaire Ouest Africaine), CEMAC (Communauté Economique et Monétaire de l'Afrique Centrale), la CMA (Zone Monétaire Commune : Afrique du Sud, Lesotho, Namibie et Swaziland). La CEMAC et l'UEMOA appartiennent à la Zone franc CFA.

V

LES

ORGANISATIONS

DE

L'AFRIQUE

DE

L'OUEST

:

EXEMPLE

DE

L’UEMOA

 

1 Présentation

L’UMOA (Union Monétaire Ouest Africaine) a été créée le 12 mai 1962 en remplacement de l’Institut d’émission de l’A.O.F et du TOGO. L'UMOA s'est basé sur un Institut d'émission commun, la BCEAO (siège à DAKAR) et sur une unité monétaire commune, le Franc CFA (Franc de la Communauté Financière Africaine).

Le MALI est rentré dans l’UMOA en 1984, la BCEAO remplaçant la Banque Centrale du Mali. Le 14 Novembre 1973 les pays membres ont renouvelé leurs engagements (du 12 mai 1962) par de nouveaux textes en lieu et place du Traité de 1962. Le 10 Janvier 1994, un nouveau Traité est signé instituant l'UEMOA (Union Economique et Monétaire Ouest Africaine) en remplacement de l'UMOA.

NB : La BCEAO (Banque Centrale des Etats de l'Afrique de l'Ouest), la BOAD (Banque Ouest Africaine de Développement) et la BRVM (Bourse Régionale des Valeurs Mobilières)° sont des Institutions spécialisées autonomes de l'Union. La BOAD étant une filiale de la BCEAO. Le 14 janvier 1994, le franc CFA a connu sa première dévaluation annoncée à Dakar.

  • 2.2 –La coopération avec la FRANCE

Le 4 décembre 1973, la République française et les pays membres de l’UMOA (Union Monétaire Ouest Africaine) ont signé des « conventions de coopération monétaire ».

Les pays africains ont ainsi réaffirmé leur volonté de continuer à œuvrer avec la France dans le cadre de la zone franc après avoir renouvelé le 14 novembre 1973, leurs engagements de solidarité régional précédemment conclu le 12 mai 1962.

  • 2.3 Objectifs

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Renforcer la compétitivité des activités économiques et financières des Etats membres;

  • - Assurer la convergence des performances et des politiques économiques;

  • - Créer un marché commun entre les Etats (Etablissement d'une fiscalité commune, d'un TEC,

de règles communes de concurrence, liberté de circulation des personnes et des biens) ;

  • - Coordonner les politiques sectorielles (portant sur le Développement des Ressources Humaines, l'Aménagement du territoire, le transport et les télécommunications,

l'environnement, l'Agriculture, l'Energie, l'Industrie, les Mines);

  • - Harmoniser les législations (Traité de l'OHADA et le SYSCOA).

THEME III : MESURE ET REGLEMENT DES ÉCHANGES

Chap. 1: LA BALANCE DES PAIEMENTS

I -

DEFINITIONS

1 – 1 Le commerce extérieur est valorisé en valeur FOB comprenant le prix de la marchandise ou en valeur CAF incluant le coût d’assurance et du frêt. Pour éviter un déficit de balance commerciale et de paiements, il appartient aux PVD de s’implanter dans le secteur des assurances et celui des transports.

  • 1 – 1 Le taux de couverture des importations par les exportations :

Valeur des Exportations

100

Valeur des Importations

Si le taux est à 100, la balance commerciale sera excédentaire ; Si le taux est à 100, la balance commerciale sera déficitaire ; Si le taux est = à 100, la balance commerciale est équilibrée.

  • 1 – 2 Le degré d’ouverture : c’est le rapport de la moyenne des exportations et importations et du PIB

½ (export + import)

PIB

  • X 100

  • 1 – 3 Le taux de pénétration : il traduit la concurrence étrangère dans le pays Importation

 
  • X 100

 

Marché intérieur = PIB + import- export

 
  • 1 –

4

Les termes de l’échange :

c’est la relation

existant entre les valeurs d’exportation et

d’importation.

Les termes de l’échange déterminent les taux d’échange c’est-à-dire le rapport de :

Indice de prix d’exportation

100

Indice des prix d’importation

Il y a détérioration des termes de l’échange quand le taux d’échange est à 100 ou quand l’indice des prix des produits exportés est à celui des prix de produits importés.

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On dit aussi qu’il y détérioration des termes de l’échange quand l’augmentation des prix d’importation est à celle des prix des produits d’exportation.

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40

II – L’ELABORATION DE LA BALANCE DES PAIEMENTS

La balance de paiements d’un pays est un système de comptes qui permet d’enregistrer toutes les transactions réelles et financières d’une économie avec le reste du monde pendant une période.

  • I) Le principe d’enregistrement des différentes structures de la balance de paiement

La balance de paiements est établie en s’appuyant sur les principes de la comptabilité en partie

double (chaque opération donnant lieu à deux inscriptions, l’une au débit et l’autre de même montant au crédit.) Les modalités d’enregistrement impliquent donc une égalité du total des débits et du total des crédits, ce qui justifie l’expression de balance.

  • - Si la transaction provoque une augmentation des avoirs (ressources) pour le pays, elle est

enregistrée au crédit de la balance. Ex : les exportations de biens

  • - si la transaction annule des avoirs ou augmente les engagements (emplois) du pays, elle est enregistrée au débit de la balance. Ex : les importations de biens

Schéma du principe d’enregistrement des opérations dans la balance des paiements

Chaque transaction s’analyse en :

AUTONOM et E
AUTONOM
et
E

pour chaque résident

Recette
Recette
INDUITE
INDUITE

Une opération

Entraîne

et pour la trésorerie en devises du pays

Augmentatio Dépense n
Augmentatio
Dépense
n

et

  • DEBIT

II – L’ELABORATION DE LA BALANCE DES PAIEMENTS La balance de paiements d’un pays est un
Diminutio n CREDIT
Diminutio
n
CREDIT
CREDIT DEBIT Écriture en partie double
CREDIT
DEBIT
Écriture en partie double

S’inscrit dans la balance de paiement en

II – L’ELABORATION DE LA BALANCE DES PAIEMENTS La balance de paiements d’un pays est un

Ecriture en partie double

Un modèle de construction de la balance des paiements

Intitulés

Débit

Crédit

Balance commerciale (BC)

Balance des invisibles (BI)

Balance des transactions courantes BTC= BC + BI

Balance des capitaux à court terme (BKct)

 

Balance des capitaux à long terme (BKlt)

 

Balance des capitaux BK= BKct + BKlt

Erreurs et omissions EO

 

41

Balance des opérations non monétaires = BTC + BK + E0

 

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III - LES APPROCHES THEORIQUES DE LA BALANCE DES PAIEMENTS

  • a) L’approche traditionnelle

D'origine keynésienne, elle est essentiellement réelle et consiste à regarder l'ensemble des biens disponibles et l'ensemble de l'utilisation de ces biens.

Les biens disponibles dans une économie, sont : PNB (Y) et les importations (J) ; les utilisations sont : l'absorption (A) et les exportations (X). [L'absorption inclut : la consommation (C), l'investissement (I) ainsi que les dépenses gouvernementales (G), si on veut les distinguer des deux autres].

Y + J = A + X ou J - X (déficit commercial) = A - Y

Si on a un déficit de la balance courante, c'est que l'on consomme plus que l'on ne dispose de revenus.

b- L'approche financière

Elle consiste à regarder l'équilibre des affectations des ressources et des utilisations des ressources.

L'affectation du revenu s'écrit : Y = C + S (l'épargne) + T (taxes)

L'utilisation du revenu s'écrit : Y = C + I + G+ (X-J).

En réorganisant, il devient: S-I + (T-G) = X-J.

Si on a un déficit de la balance courante, c'est que l'on investit plus que l'on épargne (épargne privée et épargne publique (T-G)).

C'est l'approche qui est devenue principale. C'est-à-dire que l'on s'intéresse de plus en plus aux déterminants que sont l'épargne et l'investissement. Puis, on en déduit l'évolution de la balance commerciale (au lieu de s'intéresser principalement à des déterminations par le revenu).

IV - LES COMPOSANTS DE LA BALANCE DES PAIEMENTS

La balance des paiements est constituée de trois grandes parties :

- la balance des transactions courantes portant sur les biens et services ;

  • - la balance des capitaux portant sur les opérations financières ;

  • - les erreurs et omissions qui sont une partie représentant les ajustements nécessaires pour équilibrer la balance.

Importations de marchandises Balance commerciale Exportation de marchandises Importations de services Exportations de services Balance des
Importations de marchandises
Balance
commerciale
Exportation de marchandises
Importations de services
Exportations de services
Balance des transactions courantes
Balance des
invisibles
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Transferts unilatéraux

 
 
 
Balance des capitaux Erreurs et omissions

Balance

des

capitaux

 
 

Erreurs

et

omissions

 
Transferts unilatéraux Balance des capitaux Erreurs et omissions Nègos international Autres biens et services (poste d’ajustement)

Nègos international

Nègos international Autres biens et services (poste d’ajustement)
Nègos international Autres biens et services (poste d’ajustement)

Autres biens et services (poste d’ajustement)

Nègos international Autres biens et services (poste d’ajustement)
Nègos international Autres biens et services (poste d’ajustement)
Nègos international Autres biens et services (poste d’ajustement)
Nègos international Autres biens et services (poste d’ajustement)
Mouvements de capitaux à long terme Mouvement de capitaux court terme à
Mouvements de capitaux à
long terme
Mouvement de capitaux
court terme
à
Variation de la position monétaire
Variation
de la
position
monétaire
solde
solde

La balance des paiements fait souvent l’objet de décomposition en balances partielles plus significatives au plan économique.

  • A- LA BALANCE COMMERCIALE

Comparant les seules importations et exportations de marchandises et de matière première, la balance commerciale permet d’apprécier le degré de compétitivité de l’industrie et de l’agriculture d’un pays. Un solde commercial positif témoigne ainsi soit de la performance de l’industrie soit de l’efficacité du réseau commercial. La balance commerciale permet également de calculer le « taux de couverture » du commerce extérieur, c’est à dire le rapport des exportations aux importations.

  • B- LA BALANCE DES INVISIBLES

Cette balance présente les échanges qui ne donnent pas lieu à des mouvements de marchandises :

les services (frais de transport, assurances, tourisme), les dividendes sans contrepartie (appelés les transferts unilatéraux – ce poste concerne principalement le rapatriement des revenus des travailleurs immigrés).

L’analyse de cette balance est délicate, car elle regroupe beaucoup de postes disparates. Il est donc nécessaire d’analyser chaque ligne de la balance. Cependant, une balance invisible importante et excédentaire caractérise souvent les pays fortement développés, entrés dans l’ère postindustrielle.

  • C- LA BALANCE DES TRANSACTIONS COURANTES

Appelée aussi balance des opérations courantes, la balance des paiements courants ou balance courante recense toutes les opérations définitives d’un pays, c’est à dire les opérations qui ne donneront pas lieu ultérieurement à des flux de sens inverse. Le solde des transactions courantes revêt une grande importance puisqu’il permet de savoir si une économie vit ou non au-dessus de ses moyens. La balance des paiements étant toujours équilibrée, un déficit de la balance des transactions courantes signifie que le pays devra avoir un excédent de la balance des capitaux, donc soit s’endetter, soit accepter des investissements étrangers, soit réaliser ses créances sur l’étranger.

  • D- LA BALANCE DES CAPITAUX

Cette balance regroupe les mouvements de capitaux à long terme et à court terme du secteur privé non bancaire. Son interprétation doit être menée avec prudence. En effet, une amélioration de la

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balance des capitaux signifie que les entrées de capitaux dans le pays sont supérieures aux sorties, soit, en d’autres termes, que le pays emprunte beaucoup à l’étranger ou rapatrie des capitaux placés à ‘extérieur. Au contraire, une détérioration de la balance des capitaux (solde négatif) peut indiquer que le pays investit beaucoup à l’étranger. Cette exportation de capitaux est porteuse de revenus futurs.

E- BALANCES PARTICULIERES

Une balance de paiements est un compte retraçant les emplois et les ressources se rapportant à une certaine opération économique. La balance des paiements est constituée de deux grandes parties : la balance des transactions courantes et la balance des capitaux. La balance des transactions courantes est elle-même la résultante de deux balances : la balance commerciale, qui regroupe toutes les opérations marchandises et la balance des invisibles qui regroupe les échanges ne portant pas sur des biens réels (services et transferts unilatéraux). La balance des capitaux comporte deux balances : la balance des capitaux à long terme concerne les opérations dont les échéances sont supérieures à un an. La balance des capitaux à court terme retrace les flux de créances et d’engagements à moins d’un an. On distingue, à ce niveau, les opérations du secteur privé non bancaire et les opérations monétaires des secteurs bancaire et public. Ces dernières, du fait du rôle particulier qu’elles jouent dans l’équilibre de la balance des paiements, sont inscrites dans le poste : variation de position monétaire. Dans la pratique, l’établissement de la balance des paiements se heurte à des écarts statistiques liés à l’imperfection des sources de renseignements. Deux postes permettent d’ajuster les chiffres afin d’obtenir un compte équilibré.

Le poste « autres biens et services » dans la balance des transactions courantes :

Le poste « erreurs et omission » qui assure l’ajustement final de la balance des paiements en tenant compte de l’écart entre le total des débits et le total des crédits enregistrés.

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V L’EQUILIBRE DE LA BALANCE DES PAIEMENTS

La balance des paiements devant être présentée en équilibre, le solde global traduit la position monétaire extérieur du pays. Il est donc inscrit avec un signe opposé (+, - ), dans le poste :

variation de la position monétaire.

Importation

Exportation

     

Achat de

Vente des

services et

services et

transfert

transferts

     

Sortie de

Entrée de

capitaux à

capitaux à

long terme

long terme

     

Sortie de

Entrée de

capitaux à

 

capitaux à

court terme

court

     
V – L’EQUILIBRE DE LA BALANCE DES PAIEMENTS La balance des paiements devant être présentée en
V – L’EQUILIBRE DE LA BALANCE DES PAIEMENTS La balance des paiements devant être présentée en
BALANCE BALANCE DES COMMERCIALE INVISIBLES
BALANCE
BALANCE DES
COMMERCIALE
INVISIBLES
V – L’EQUILIBRE DE LA BALANCE DES PAIEMENTS La balance des paiements devant être présentée en
V – L’EQUILIBRE DE LA BALANCE DES PAIEMENTS La balance des paiements devant être présentée en
BALANCE DES CAPITAUX A L T BALANCE DES CAPITAUX A C T
BALANCE DES
CAPITAUX A L T
BALANCE DES
CAPITAUX A C T
V – L’EQUILIBRE DE LA BALANCE DES PAIEMENTS La balance des paiements devant être présentée en
V – L’EQUILIBRE DE LA BALANCE DES PAIEMENTS La balance des paiements devant être présentée en

BALANCE DES

 

BALANCE DES MOUVEMENTS

TRANSACTIONS COURANTES

DE CAPITAUX

     
V – L’EQUILIBRE DE LA BALANCE DES PAIEMENTS La balance des paiements devant être présentée en
BALANCE DES OPERATIONS NON MONETAIRES SOLDE DE LA – /+ = BALANCE DES =0 PAIEMENTS VARIATION
BALANCE DES
OPERATIONS NON
MONETAIRES
SOLDE DE LA
– /+ = BALANCE DES =0
PAIEMENTS
VARIATION DE LA
POSITION MONETAIRE
EXTERIEURE

Les soldes que l’on étudie sont choisis pour des raisons pratiques tenant aux instruments de la politique économique à mettre en place :

Pour surveiller le niveau de la trésorerie externe du pays on retient comme indicateur le solde des opérations non monétaires. La situation est saine si l’équilibre est atteint sans variation de la position monétaire extérieure. Pour apprécier la compétitivité économique et l’équilibre à long terme on retient comme indicateur le solde des transactions courantes. Un excédent courant signifie que le pays produit plus qu’il ne consomme.

Comment régler un déficit de la balance de paiements ?

On peut annuler un déficit par les modalités suivantes :

- l’ajustement par la monnaie ;

  • - l’ajustement par les prix ;

  • - l’ajustement par l’endettement ;

  • - le recours aux réserves en or et devises.

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Chap. 2 : LE CHANGE ET LE MARCHÉ DE CHANGE

L’internationalisation des échanges se traduit par des besoins de conversion des monnaies des différents pays. Cette opération d’échange d’une monnaie contre une autre se nomme le change et se réalise sur le marché des changes. Le change est une opération d’échange d’une monnaie contre une autre. Il se réalise sur le marché des changes.

I LES TYPES DE CHANGE Il existe deux manière de réaliser le change : le change manuel et le change scriptural.

  • a) le change manuel

C’est l’acte de conversion directe des monnaies au guichet d’une banque ou des services d’un opérateur économique spécialisé. Ex : les conversions des voyageurs effectuant des séjours limités à l’extérieur ne nécessitant pas d’ouverture d’un compte bancaire.

  • b) le change scriptural

C’est le passage d’une monnaie à une autre par le jeu d’écriture. C’est la forme la plus importante des opérations de change. Les instruments les plus utilisés sont :

  • - le chèque bancaire ;

  • - les mandats ;

  • - les virements.

Il fonctionne à l’aide des comptes à l’étranger appelés Nostro ou vostro. Un compte ouvert à l’étranger est un compte vostro pour le pays accueillant et nostro pour le propriétaire du compte. Par ces comptes, le change se réalise sans mouvement de capitaux d’un pays à un autre.

II LES MOTIFS DU CHANGE Diverses raisons expliquent la nécessité d’échanger une monnaie étrangère, appelée devise, contre la monnaie nationale ou, à l’inverse, la monnaie nationale contre la devise.

  • a) Le règlement des échanges de biens et services

Les transactions sur biens et services entre résidents et non – résidents nécessitent des opérations de change. Ex : Une entreprise ivoirienne qui achète des marchandises au Japon devra se procurer des yens, de la même manière qu’un touriste japonais désirant se rendre à Abidjan devra se procurer du CFA.

b) Les échanges de capitaux

Les entreprises réalisent des opérations financières à l’étranger. Les investissements à l’étranger, la recherche de la meilleure rémunération de leurs capitaux les place dans les pays où le taux d’intérêt est le plus avantageux ou empruntent là où cela leur coûte le moins cher.

Les acteurs économiques font de la spéculation (parier sur l’avenir), en effet les agents économiques peuvent acheter une devise s’ils anticipent une augmentation de son cours. Si le cours varie selon leur anticipation, ils peuvent la revendre et ils réaliseront alors un gain de change à court terme. Ex : L’euro est à 655.957 Cfa, des anticipations vont dans le sens d’une hausse. Si l’on achète 100 000 €, on paiera aujourd’hui 655.957 x 100 000, soit 65595700 Cfa. L’euro passe à 700 Cfa. La vente des 100 000 € rapportera 700 x 100 000, soit 70 000 000 Cfa. Spéculer donc sur l’euro aura rapporté 70 000 000– 65595700 = 4404300 Cfa.

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III

LE MARCHÉ DES CHANGES

Le marché des changes est un marché où l’on achète et vend des monnaies. Sur ce marché se déterminent les taux de change. Il y a deux formes de marché de change :

  • - le marché de change institutionnel et officiel se tient dans les locaux des bourses de valeurs ou à la banque centrale ;

  • - le marché de change interbancaire et libre non localisé, il est mondial et fonctionne à l’aide de réseaux d’information. Dans la pratique, les deux marchés se complètent. Les opérations de change se réalisent sur le marché des changes, sur lequel se détermine le taux de change.

    • III – 1 Présentation du marché des changes

Sur le marché des changes, les opérations peuvent se réaliser au comptant ou à terme.

  • a) Le marché au comptant

Sur ce marché les opérations d’achat et de vente des devises s’effectuent au cours du jour de la

transaction, et le règlement intervient dans les quarante – huit heures.

  • b) Le marché à terme

Sur ce marché, les conditions de la transaction (quantité échangée, cours) sont déterminées immédiatement, mais la livraison et le règlement n’interviendront que plus tard, à l’échéance convenue. Il se forme de la manière suivante :

court à terme = cours au comptant + / - report ( déport). Les taux de report et de déport dépendent de la différence des taux d’intérêt sur les deux devises. Sur ce marché, les intervenants peuvent couvrir leur risque de change. Ex : Un importateur Ivoirien qui achète ses marchandises aux USA à 100 000 $ et qui prévoit une hausse du dollar à 700cfa peut acheter aujourd’hui des dollars à trois mois au prix de 600.09, il paiera dans trois mois quelque soit la variation du dollar (60 009 000 $ au lieu de 70 000 000 $)

  • III – 2 Le taux de change

C’est le prix auquel une devise s’échange contre une monnaie nationale. Ce taux est fixé par la confrontation de l’offre et de demande des différentes monnaies.

offre de devises ( demande de cfa) Taux d’équilibre demande de devises (offre de cfa) quantité
offre de devises
( demande de cfa)
Taux
d’équilibre
demande de devises
(offre de cfa)
quantité de devise
Taux
de
change

Quantité échangée

A partir de ce prix d’équilibre, seront déterminés les deux côtés du cours de la monnaie.

III- 3 Les déterminants du taux de change

Le niveau du cours de change dépend de plusieurs déterminants :

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  • - le solde de la balance des transactions courantes ;

  • - l’inflation ;

  • - le taux d’intérêt ;

  • - la théorie du portefeuille des titres ;

  • - la spéculation.

le solde de la balance des transactions courantes

BTC < 0 entraîne offre de monnaie nationale supérieure à demande de monnaie nationale. Cela

conduit à une baisse du taux de change.

  • - la parité du pouvoir d’achat

L’écart d’inflation doit s’établir de manière que le prix national et les prix étrangers des biens échangés soient identiques. Un pays qui connaît une inflation plus forte que celle des partenaires voit sa monnaie se déprécier. Ex : un bien se vend à 15000 cfa à Abidjan, 199203,1872 cedis à Acra. Selon la théorie des parités des pouvoirs d’achat, le taux de change d’équilibre doit être de 15000 / 199203,1872 = 0,0753, soit un cedi est égal à 0.0753 cfa. Si le taux d’inflation est de 5% à Abidjan et de 2% à Acra, le nouveau taux d’équilibre sera de (15000 x 1.05) / (199203.1872 x 1.02) = 15750 / 203187,2509 = 0,0775 Soit 1 cedi est égal à 0,0775 cfa (une dépréciation du cfa).

  • - le rôle du taux d’intérêt

Un pays qui désir augmenter le taux de change de sa monnaie, peut le faire en relevant le taux d’intérêt pour attirer plus de capitaux sur son territoire.

  • - la théorie du portefeuille des titres

Les acteurs économiques peuvent détenir dans leur portefeuille des titres nationaux, étrangers et des devises. Chacun cherche à optimiser son portefeuille en fonction du rendement et du risque attaché à chaque actif. Ex : si le taux d’intérêt américain augmente, les acteurs vont se porter davantage sur les titres américains, entraînant ainsi une appréciation du dollar.

  • - la théorie de la « bulle spéculative » : la spéculation

Il s’agit ici de montrer comment les anticipations et le comportement des acteurs économiques agissent sur les taux de change. Ainsi, en cas d’anticipation à la hausse du dollar, les acteurs vont tous acheter cette monnaie, induisant alors une hausse effective de son cours ne reposant que sur la spéculation. Il suffit d’une rumeur annonçant une baisse du dollar pour que tous le revendent, crevant ainsi la bulle spéculative qui s’était formée.

III – 4 La spécification du cours d’une monnaie

Le taux de change comporte deux séries d’éléments :

- les composantes du cours de la monnaie ; - le mode de cotation.

  • a) Les composants du cours de la monnaie

Le cours complet d’une monnaie comprend la cote, la base et les deux côtés.

La cote est toujours dans la monnaie qui est cotée.

La base est la quantité fixe d’unités de référence dans la cotation qui se fait sur la base 1 – 100 –

1000

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Eur \ usd : x \ y Base la cote
Eur \ usd : x \ y
Base
la cote

X : côté gauche cours à l’achat

Y : côté droit ou cours à la vente

La cote comprend toujours une partie entière et une partie décimale de 4 chiffres.

  • b) Les modes de cotation

L’écriture du taux ou cours de change peut s’effectuer selon deux procédés :

  • a) La cotation à l’incertain :

On évalue la quantité d’unités de monnaie nationale nécessaire pour acquérir une devise

Ex : A Paris l’Euro est coté par rapport au dollar, soit 1$ = x €

  • b) La cotation au certain :

On évalue la quantité de devise que permet d’acquérir une unité monétaire nationale Ex : A Paris, le dollar sera évalué en Euro, soit 1€ = 1/x $

III – 5 Le fonctionnement

Le développement des échanges internationaux, le progrès de la communication et de

l’informatique ont modifié l’étendu du marché des changes.

  • - il est un marché planétaire : aucune localisation géographique, les cambistes peuvent s’adresser aux différentes places financières grâce aux instruments de transmission, des réseaux spécialisés et des systèmes informatiques permettant d’enregistrer et effectuer rapidement les opérations.

  • - Un marché interbancaire : les banques y interviennent pour leur clientèle et pour leur propre compte.

  • - Un marché qui fonctionne en continu :

A cause des différents fuseaux horaires, le marché fonctionne vingt – quatre heures sur vingt – quatre.

IV LES OPÉRATIONS D’ARBITRAGE Le cours d’une même devise n’est jamais exactement identique sur les différentes places financières. L’opération d’arbitrage permet de rapprocher le cours d’une devise par rapport à une autre sur les différentes places financières. L’arbitrage peut être bilatéral (deux devises) ou multilatéral (plusieurs devises)

V LES SYSTÈMES DE CHANGE

La nature d’un système de change est une caractéristique fondamentale d’un système monétaire. On distingue deux systèmes de change :

  • - le change fixe ou rigide ;

  • - le change flottant ou flexible.

  • a) Le système de change fixe

La monnaie ne peut varier qu'à l'intérieur d'une marge de fluctuation autorisée (autour des parités). Exemple : les accords de Bretton Woods de 1944 à 1973. (Marge de fluctuation à +/- 1 % puis de + / - 2,5 % lors des accords de Washington en 1976)

  • b) Le système de change flottant

Le taux de change varie en fonction de l'offre et de la demande, au jour le jour. Aucune marge n'est imposée. Il n'y a pas de prix officiel de la monnaie (plus de parités). Depuis 1973 et 1976 (accords de Kingston), on distingue le flottement pur et le flottement impur :

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le flottement pur est un modèle théorique : il n'y aurait aucune intervention de la banque

centrale. le flottement impur existe en pratique : il y a intervention de la banque centrale sur le marché des changes.

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ECONOMIE ET ORGANISATION DES ENTREPRISES

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THÈME

THÈME 11 :: L’ENTREPRISE

LENTREPRISE ETET SES

SES SYSTÈMES

SYSTÈMES

CHAP :: 11 :: L’ANALYSE

CHAP

LANALYSE SYSTÉMIQUE

SYSTÉMIQUE DEDE L’ENTREPRISE.

LENTREPRISE.

I - ORIGINE DE L’ANALYSE SYSTÉMIQUE

Quatre écoles, à travers leurs théories, influencent le management des entreprises. Il s’agit des

écoles suivantes :

  • - L’école classique : elle utilise des approches scientifiques pour accomplir de façon optimale le travail en entreprise.

  • - L’école des relations humaines : elle s’emploie à déterminer les meilleures conditions en vue de déterminer des meilleurs rendements.

  • - L’école quantitative : elle se sert des mathématiques, de l’économétrie,…pour résoudre les problèmes de l’entreprise.

  • - L’école moderne : elle traite des théories des systèmes. A cet effet, l’analyse systémique a été approfondie dans les lignes de l’ouvrage fondamental de L. VON BERTALANFFY.

L. V. BERTALANFFY est biologiste de formation. Après s’être spécialisé dans la gestion des

entreprises, il a voulu appliquer la biologie à l’entreprise. Après une étude minutieuse des

fonctionnements comme un système des cellules vivantes où les éléments sont interconnectés et

interdépendants, il réalise alors que l’entreprise fonctionne de la même manière comme la cellule.

Par conséquent elle a les caractéristiques d’un système.

II - DÉFINITION DE L’ENTREPRISE – SYSTÈME

  • II - 1- Notion de système :

Un système est un ensemble d’éléments en interaction, organisés en fonction d’un but.

  • II - 2 - Les caractéristiques générales d’un système

-Un système est composé d’éléments interdépendants ; c’est à dire interconnectés dans leur

fonctionnement. L’un dépend de l’autre.

  • - un système a un but

Exemple : La montre est un système. Son but est d’indiquer le temps.

  • - un système peut être ouvert ou fermé.

Il est ouvert lorsqu’il est en relation avec son environnement dans son fonctionnement.

Il est fermé quand il ne subit pas l’influence de son environnement. Exemple : un moteur de

véhicule.

  • - un système a des variables d’entrée, de sortie, de commandes.

Exemple : une entreprise, prise comme un système a les variables suivantes :

  • - variables d’entrée ou intrants : Matières premières, les ressources financières et humaines.

  • - Variables de sortie ou extrants : Les produits, les services, les salaires…

  • - Variables de commandes : ce sont les centres de décision (l’administration de l’entreprise). 3 – L’approche systémique de l’entreprise :

L’approche systémique de l’entreprise consiste à considérer l’entreprise comme étant un système et

à l’étudier comme ayant les caractéristiques d’un système.

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III - LES CARACTÉRISTIQUES DE L’ENTREPRISE EN TANT QUE SYSTÈME.

II1 - 1– L’entreprise est un système concret

L’entreprise est un système concret parce qu’elle est composée d’éléments concrets :

Les machines Les locaux Le personnel Les biens de production
Les machines
Les locaux
Le personnel
Les biens de production

Et un ensemble d’éléments abstraits : sa culture, son histoire.

  • III - 2 – L’entreprise, système organisé :

L’entreprise est une organisation qui réunit des moyens matériels, humains, financiers pour

produire des biens et services destinés à la vente.

L’entreprise est dotée d’une structure : « somme totale des moyens employés pour diviser le travail

en tâches distinctes et pour ensuite assurer la coordination nécessaire entre ces tâches ».

  • III - 3 – L’entreprise est un système finalisé

L’entreprise a une finalité et des objectifs qui lui sont propres. L’objectif de l’entreprise est de

réaliser un maximum de profit et de lutter pour sa survie d’où la nécessité de la mise en œuvre

d’une stratégie.

  • III - 4 – L’entreprise est un système ouvert

L’entreprise est en relation constante avec son environnement dans lequel, elle puise les éléments

nécessaires à son fonctionnement. Inversement, l’environnement reçoit de l’entreprise les résultats

(produits, services…) et les résidus (déchets, polluants…) de son activité.

Exemple : l’entreprise est en relation avec les fournisseurs, clients, banques…

  • III -5 – L’entreprise est un système dynamique

L’entreprise peut en effet connaître de nombreux états ; elle ne constitue pas un ensemble statique

mais évolue en permanence, notamment sous l’influence de son environnement.

  • III -6 – L’entreprise est un système régulé

L’entreprise s’adapte en permanence pour réaliser sa finalité et atteindre les objectifs visés en

raison de l’existence d’organes de commande, prenant des décisions.

IV- LES DIFFERENTS MODES DE REGULATION DU SYSTEME ENTREPRISE

-La régulation par anticipation : ce sont les actions des dirigeants sur les variables d’entrée afin

de prévenir une perturbation dans le fonctionnement interne de l’entreprise.

-La régulation par alerte : c’est la correction des phénomènes perturbateurs dès que ces derniers

sont imminents.

-La régulation par erreur : c’est la correction des phénomènes perturbateurs lorsque des écarts

apparaissent entre les objectifs et résultats.

-L’auto-régulation :c’est la correction qui se fait de façon automatique sans organe de commande.

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Remarque : La régulation est un ensemble de mécanisme qui permet à un système de maintenir

en équilibre.

V - IMPORTANCE DE L’APPROCHE SYSTÉMIQUE DE L’ENTREPRISE

L’approche systémique de l’entreprise permet de considérer l’entreprise comme un « tout » où les

éléments sont interdépendants en vue de réaliser les objectifs. Elle permet d’avoir une vision

globale de l’entreprise et d’accorder une importance à tous ces éléments sans en discriminer… Et

cette approche permettra d’optimiser les objectifs.

CONCLUSION : L’entreprise est une organisation composée de parties interconnectées en

évolution permanente sous l’action de l’environnement et de ses dirigeants. Elle est assimilable à

un système.

Exemple démontrant que l’entreprise est un système :

L’entreprise a des éléments : Les machines, les véhicules, les locaux, les hommes, etc…

Les éléments sont interconnectés : Les éléments fonctionnent de façon liée, l’un

dépendant de l’autre.

L’entreprise poursuit un but : La recherche de profit, la survie dans son activité.

Elle a une frontière : Là où se limite ses capacités de production ;

Elle a des variables d’entrée : Les intrants (tout ce dont elle a besoin pour produire) ;

Elle a des variables de sortie : Les extrants (bien produits, les services) ;

Elle a des variable de commande : Ce sont les centres de décision de l’entreprise ;

L’entreprise est un système ouvert finalisé : elle est un système ouvert parce qu’elle ne

fonctionne pas en vase clos. Elle entretient des échanges avec son environnement (les

fournisseurs, clients, banque, les concurrents, etc…). Et finalisé parce que l’entreprise

poursuit un but, elle a une finalité.

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CHAP II : LE SYSTEME D’INFORMATION

I - NOTION D’INFORMATION

L’information est un message, un savoir, des connaissances qui se transmettent.

Elle est à la fois « signe » ou un renseignement qui apporte une connaissance sur un objet ou un

événement.

  • I 1 - Importance de l’information en Entreprise

L’information est au cœur du système de gestion de l’entreprise. Elle fait l’objet de traitements,

d’interprétations et permet des décisions et des actions.

L’information permet de coordonner et de contrôler l’ensemble des flux qui circulent dans

l’entreprise.

Elle est indispensable pour rassurer les employés ; pour supprimer leurs inquiétudes et enfin les

mettre en confiance.

Elle crée un climat convivial au sein de l’entreprise et permet de maîtriser les conflits entre la base

et la hiérarchie. Elle permet de produire un impact positif sur le personnel afin d’améliorer son

comportement pour le meilleur devenir de l’entreprise.

L’information est indispensable à la prise de décisions.

  • I – 2 - Les sources d’information I – 2– 1.Les informations internes

Les informations descendantes qui sont transmises d’un supérieur à un subordonné. Elles

sont véhiculées par des supports comme les notes de services, les circulaires, des

réunions, etc…

Les informations latérales ou horizontales

Ce sont celles qui circulent entre les employés de même niveau hiérarchique.

Les informations ascendantes qui sont transmises par un subalterne vers un supérieur

hiérarchique.

Exemple : Un compte rendu à un patron ;

Un rapport.

Ces informations sont véhiculées au moyen de support, comme les boîtes à suggestion, le délégué

du personnel, etc…

I – 2– 2.Les informations externes :

Ce sont celles qui proviennent de l’environnement. L’entreprise peut :

  • - se procurer des informations publiques gratuites ;

  • - acheter des informations à des organismes qui les produisent ;

  • - réaliser elle-même une étude (Ex : enquête sur les concurrents) ;

  • - sous-traiter à un organisme spécialisé, la collecte d’informations (ex : une étude de

marché).

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Les principales sources d’information externes

Comptes de la nation

Rapport du Conseil Economique et Social

Statistiques et études des ministères

Travaux des organisations professionnelles

Chambre de Commerce et d’Industrie

Visites des salons professionnels, expositions, de foires

Documents commerciaux des concurrents…