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Journal d'agriculture traditionnelle

et de botanique appliquée

Le "moral" des plantes : introductions, hybridations et monstruosités


végétales au XIXe siècle
Jean-Marc Drouin

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Drouin Jean-Marc. Le "moral" des plantes : introductions, hybridations et monstruosités végétales au XIXe siècle. In: Journal
d'agriculture traditionnelle et de botanique appliquée, 37ᵉ année, bulletin n°1,1995. pp. 5-16;

doi : 10.3406/jatba.1995.3557

http://www.persee.fr/doc/jatba_0183-5173_1995_num_37_1_3557

Document généré le 30/03/2016


Résumé
Dans un article de la Revue horticole publié en 1852, Charles Naudin se réjouit de l'union intime entre
la botanique et l'horticulture. Il l'explique par l'intérêt que les horticulteurs de son époque portent au
"moral des plantes", c'est-à-dire à des particularités morphologiques ou physiologiques qui ne se
réduisent pas à leur valeur ornementale, et il voit "quelque chose de philosophique" dans ce sentiment.
Pour avérée qu'elle soit, la complémentarité de la botanique et de l'horticulture au XVIIIe et XIXe
siècles ne va pas de soi. Trois pratiques horticoles en particulier ont donné matière à penser aux
botanistes : l'introduction d'espèces exotiques dans les jardins européens, la recherche de nouvelles
formes par hybridation et la sélection des monstruosités végétales. Toutes les trois manifestent
l'irruption d'une certaine étrangeté dans l'espace du jardin et toutes les trois ont permis l'émergence de
nouveaux problèmes et de nouvelles perspectives scientifiques.

Abstract
In 1852, Charles Naudin published an article in the "Revue Horticole" praising the close link between
botany and horticulture. In his opinion, the horticulturists of his day were particularly interested in the
"moral des plantes", which looks at the morphological and physiological characteristics that go beyond
the ornamental value of plants, and he found something philosophical in this feeling. Odd as it may
seem, the complementary of botany and horticulture was not obvious in the 18th and 19th centuries.
Three horticultural practices in particular provided botanists with food for thought : the introduction of
exotic species in European gardens, the search for new forms through hybridization, and the selection
of vegetal monstrosities. All three helped introduce unusual vegetal forms to the garden environment
and encouraged the rise of new theoretical approaches.
b

Journ. d'Agric. Trad, et de Bota. Appl, nouvelle série, 1995, Vol. XXXVII (1) : 5-16

LE "MORAL" DES PLANTES : INTRODUCTIONS,


HYBRIDATIONS ET MONSTRUOSITÉS VÉGÉTALES AU
XIXe SIÈCLE*

DROUIN*
Jean-Marc

RÉSUMÉ.- Dans un article de la Revue horticole publié en 1852, Charles Naudin se réjouit
de l'union intime entre la botanique et l'horticulture. Il l'explique par l'intérêt que les
horticulteurs de son époque portent au "moral des plantes", c'est-à-dire à des particularités
morphologiques ou physiologiques qui ne se réduisent pas à leur valeur ornementale, et il
voit "quelque chose de philosophique" dans ce sentiment. Pour avérée qu'elle soit, la
complémentarité de la botanique et de l'horticulture au XVIIIe et XIXe siècles ne va pas de
soi. Trois pratiques horticoles en particulier ont donné matière à penser aux botanistes:
l'introduction d'espèces exotiques dans les jardins européens, la recherche de nouvelles
formes par hybridation et la sélection des monstruosités végétales. Toutes les trois
manifestent l'irruption d'une certaine étrangeté dans l'espace du jardin et toutes les trois
ont permis l'émergence de nouveaux problèmes et de nouvelles perspectives
scientifiques.
Mots -clés.- Histoire des sciences - acclimatation - hybridation - sélection

ABSTRACT.- In 1852, Charles Naudin published an article in the "Revue Horticole"


praising the close link between botany and horticulture. In his opinion, the
horticulturists of his day were particularly interested in the "moral des plantes", which
looks at the morphological and physiological characteristics that go beyond the
ornamental value of plants, and he found something philosophical in this feeling. Odd as
it may seem, the complementary of botany and horticulture was not obvious in the 18th
and 19th centuries. Three horticultural practices in particular provided botanists with
food for thought: the introduction of exotic species in European gardens, the search for
new forms through hybridization, and the selection of vegetal monstrosities. All three
helped introduce unusual vegetal forms to the garden environment and encouraged the rise
of new theoretical approaches.

Key -words.- Science history - acclimatization - hybridization - selection

Dans un article publié en 1852 dans la Revue horticole et consacré aux


"Plantes nouvelles introduites en horticulture", Charles Naudin (1815-1899), alors
aide-naturaliste au Muséum d'histoire naturelle, se réjouit de l'union intime entre
l'horticulture et la botanique : l'une et l'autre "se prêtent un appui mutuel tellement
nécessaire", que "la différence qui existe entre elles n'est en réalité que celle qui

* Texte révisé d'une communication au Colloque "Du chercheur au jardinier" (Université de


Cergy, 3-4 mars 1994)
Maître de conférences, Muséum National d'Histoire Naturelle, Grande galerie de
l'Évolution, 36 rue Geoffroy Saint-Hilaire, 75005 Paris.
sépare la pratique de la théorie". Et Naudin explique cette solidarité par l'intérêt que
les horticulteurs de son époque portent au "moral des plantes", c'est-à-dire à "des
particularités de caractère ou de mœurs" - nous dirions aujourd'hui de structure ou de
comportement - qui ne se réduisent pas à leur valeur ornementale et qui peuvent
même se cacher "sous la modestie du dehors". Il voit "quelque chose de
philosophique" dans ce sentiment, qui, précise-t-il, "manquait aux horticulteurs plus
matériels des siècles précédents" (NAUDIN, 1852 : 383). Ainsi se trouve célébrée une
rencontre en même temps que sont discrètement évoqués les obstacles surmontés et
le chemin parcouru. En effet, si un commun intérêt pour les plantes les unit,
botanique et horticulture sont loin d'avoir toujours eu des approches identiques ou
même convergentes. Ceci apparaît en particulier dans la manière dont elles ont
considéré la diversité des formes végétales - espèces ou variétés - présentes dans les
jardins, et les moyens de l'augmenter.

L'ACCLIMATATION, CETTE DOUCE CHIMÈRE DE LA


CULTURE

Le nombre des espèces qui croissent spontanément dans un pays donné est
limité. Toute choses égales par ailleurs, ce nombre est moins grand dans les zones
tempérées que dans les zones tropicales. Lors des dernières glaciations, la disposition
est-ouest des Alpes et de la Méditerranée a entravé les migrations nord-sud des
espèces végétales, provoquant ainsi une réduction de la diversité floristique sans
équivalent en Amérique du nord ou en Extrême-Orient1. Aussi très tôt l'introduction
de plantes en provenance d'autres régions du globe est apparu comme un moyen
évident d'accroître le nombre des espèces disponibles.
Ces migrations végétales qui ont commencé avec les débuts même de
l'agriculture sont entrées dans une phase nouvelle après la découverte de l'Amérique.
Elles sont connues des auteurs du XVIIIe siècle et leur offrent un argument pour
justifier l'utilité sociale de leur discipline. En 1752, un des étudiants de Linné,
Christophe Gedner, dans une dissertation dont le texte, selon l'usage des universités
suédoises de l'époque, est inspiré voire même rédigé par le professeur, défend l'utilité
sociale de l'histoire naturelle2. L'un des arguments avancés est le fait que la plupart
des plantes que nous utilisons pour notre alimentation ou notre ornement sont des
végétaux exotiques ce qui justifie l'intérêt des "curieux de la nature" à l'égard de ces
derniers. L'argument constitue un lieu commun de la littérature botanique et
horticole. On le retrouve utilisé en pleine Révolution, par Georges Toscan (1756-
1826), bibliothécaire du Muséum, dans la premier numéro de La Décade
philosophique3. Il revient en 1822 sous la plume d'Augustin-Pyramus de Candolle
(1778-1841) dans un article du Dictionnaire des sciences naturelles consacré aux
jardins botaniques. Le botaniste genevois explique que c'est à ces institutions "que
nous devons en grande partie et les arbres exotiques qui ornent nos campagnes, et
cette multitude de fleurs diverses qui décorent nos parterres". Et Naudin lui-même
dans l'article déjà cité, un siècle après Linné, évoque les "collecteurs intrépides et

1 Cf. Haudricourt et HEDIN, 1987, p. 116-117. Cf. aussi la communication de Georges


Métailié au Colloque de Cergy-Pontoise "Du chercheur au jardinier" (1994) sur "Lettrés
jardiniers en Chine ancienne".
2 On trouve cette dissertation dans LINNÉ, 1972 : 145-167. Le texte porte le titre latin de
"Quaestio historico naturalis : Cui bono ?" que l'on aurait pu rendre aussi par "A quoi sert
l'histoire naturelle ?" Sur les conceptions de Linné, cf. DROUIN, 1993 a : 42-43.
3 Sur Georges Toscan, cf. DROUIN, 1993 b : 175-181.
dévoués" et leurs conquêtes "dans le vaste champ de la nature" (NAUDIN, 1852 :
383).
Ainsi la cause semble entendue : au XVIIIe et au XIXe siècles, botanique et
horticulture ont conjugué leurs efforts pour accroître le nombre des plantes
étrangères cultivées dans nos jardins. Cependant, les migrations des plantes peuvent
aussi dérouter et inquiéter. C'est ce que révèle l'œuvre de Jules Michelet (1798-
1874). Plus connu comme historien, Michelet est aussi l'auteur de plusieurs livres
de vulgarisation sur l'histoire naturelle. Dans l'un d'eux, La Montagne , il s'étonne
qu'ayant "chez nous tant de fleurs délicates" nous cherchions "par toute la terre la
décoration de nos jardins". Il n'hésite pas à écrire : "Un fait immense au dernier
demi-siècle a changé notre Europe, l'invasion subite, aveugle et effrénée de toutes les
flores étrangères." Pour justifier cette affirmation, il fait appel à ses propres
souvenirs : "Enfant, je vis entrer dans un temps déplorable le triste hortensia. Jeune,
le vulgaire dahlia. Homme, le fuchsia et tout à la fois cent mille plantes." Il appelle
de ses vœux le jour où on n'admettra plus "une plante sans connaître [...] les plantes
sœurs qui l'entourent, qui lui font compagnie, et même (autant que faire se peut)
toutes les grandes harmonies locales où elle est encadrée". Il est à noter que Michelet
s'inquiète également d'apprendre qu'en Amérique les plantes européennes supplantent
les plantes américaines de la même manière que "le blanc fait disparaître l'Indien"4
Bien que Michelet cite sur ce dernier point Louis Agassiz (1807-1873) et
qu'il s'appuie sur l'autorité d'Alphonse de Candolle (1806-1893) - le fils d'Augustin-
Pyramus - pour dénoncer la banalisation de la flore mondiale, on trouverait
difficilement des accents aussi forts dans les écrits des naturalistes. Toutefois
quelques auteurs semblent s'émouvoir dès le début du XIXe siècle. Alexandre de
Humboldt (1769-1859) note que la prépondérance des plantes introduites et cultivées
sur les "plantes indigènes" explique l'aspect "si monotone" du sol européen, et
"désespère le botaniste dans ses excursions"5. Augustin-Pyramus de Candolle, tout
convaincu qu'il soit de l'utilité des jardins botaniques pour les introductions d'espèces
exotiques, invite instamment les voyageurs naturalistes à se livrer à des recherches
de géographie botanique "avant que la civilisation ait trop changé la surface du
globe"6. Or, si la connaissance de la distribution géographique des espèces importe
tant au botaniste, c'est qu'elle ouvre un champ de recherche d'une grande fécondité.
La cause la plus immédiatement perceptible et la plus universellement citée
de la répartition spatiale des espèces végétales est la variation géographique des
facteurs physiques qui conditionne la vie de la plante : température et humidité. Ce
déterminisme semble entrer en contradiction avec la pratique des introductions
végétales. Comment peut-on transporter une plante d'une région du monde à l'autre
si chaque espèce est appropriée au milieu dans lequel elle vit et seulement à ce
milieu ? A cette question la pratique de l'acclimatation tente d'apporter une solution
concrète.
Si le terme acclimatation n'est entré dans l'usage qu'à l'extrême fin du
XVIIIe siècle, le principe en est formulé plus tôt. Ainsi Daubenton (1716-1800),
écrit dans l'article "Botanique" de l'Encyclopédie :

"Combien y-a-t-il de plantes qui nous paraissent trop délicates pour résister à
notre climat & qui pourraient peut-être y vivre, si on les en approchoit par
degrés ; si au lieu de les transporter brusquement d'un lieu chaud à un lieu
froid, on les déposoit successivement dans des climats de température

4 MICHELET, 1868, les citations se trouvent pages 191 et 333 dans la réédition de 1983.
5 Humboldt, 1807 : 29.
6 Candolle, 1820 : 421.
moyenne, & si on leur donnoit le temps de se fortifier avant de les exposer à
la rigueur de nos hivers?"7

Daubenton se veut prudent et réaliste. Il concède qu'il faudra "peut-être


plusieurs générations de la même plante dans chaque dépôt" mais il insiste sur
l'avantage que l'on tirerait de ces expériences si une au moins réussissait. Le Cours
de culture d'André Thouin (1747-1823) publié par son neveu en 1827, consacre une
douzaine de pages aux "Moyens d'accoutumer les végétaux à la température de nos
climats"8. Lorsque des plantes des régions chaudes ne se contentent pas d'une simple
protection, Thouin préconise de les cultiver en serre chaude, de récolter leur graines
et de se servir de celles-ci "pour obtenir des individus qui, en perdant leurs habitudes
natales, acquièrent peu-à-peu celles des végétaux du pays où ils ont pris naissance."
(THOUIN, 1827 : 448).
Cependant, cette conception est loin de faire l'unanimité. En 1817, Aubert
Dupetit-Thouars (1758-1832), qualifie l'acclimatation de "douce chimère de la
culture"9. Le mot de "chimère" est également employé en 1834 par Brisseau de
Mirbel (1776-1854) et en 1859 par Pierre Duchartre (1811-1894), l'un et l'autre dans
des notices de dictionnaires d'agriculture. Alphonse de Candolle, en 1855, cite
élogieusement Dupetit-Thouars et reprend à son compte la formule10. Mais dénoncer
une illusion ne sert à rien si on ne l'explique pas. Or, les botanistes qui ne croient
pas à l'acclimatation doivent rendre compte de la réussite de nombreuses
introductions. Pour cela ils distinguent tout d'abord avec soin naturalisation et
acclimatation. Naturaliser, naturalisation sont les premiers termes employés et les
moins précis. Acclimatation - et son doublet malchanceux "acclimatement" - ne sont
venus qu'ensuite, pour marquer la transplantation dans un climat différent. De ce
point de vue, l'acclimatation serait une forme plus difficile de naturalisation.
Cependant, comme le note au milieu du siècle Isidore Geoffroy Saint-Hilaire (1805-
1861), le terme "naturalisation", emprunté au langage du droit, implique l'idée d'une
intégration au pays d'accueil : naturaliser "c'est faire, après coup, un naturel, d'un
individu qui était né étranger" et de ce point de vue la naturalisation va plus loin que
l'acclimatation11. En fait il semble que la distinction entre acclimatation et
naturalisation soit surtout le fait des botanistes plus que des agronomes ou des
horticulteurs. C'est ce que laisse penser une remarque de Mirbel :

"Pour la plupart des agronomes et en particulier pour M. Thouin [...],


acclimatation et naturalisation expriment la même idée ; et comme nous ne
partageons pas cette manière de voir, il devient nécessaire d'indiquer la valeur
différente que nous attribuons à ces deux mots." (MIRBEL, 1834 : 46).

A ces termes distincts correspondent des statuts théoriques bien différents.La


naturalisation de végétaux venant de contrées dont le climat est voisin de celui du
pays d'accueil, ne pose pas de problème physiologique particulier ; en revanche, elle
soulève une des questions théoriques majeures de la géographie botanique : pourquoi
ces végétaux ne se trouvaient-ils pas initialement dans le pays où ils se sont

7 Daubenton, 1751, p. 344.


8 Thouin, 1827, t. 3, pp. 446-459. Sur la biographie de Thouin, cf. LETOUZEY, 1989, et
sur son enseignement : GAZIELLO ET MlLLOT, 1987, pp 3-15.
9 Dupetit-Thouars, 1817, p. 11, § 28.
10 Candolle, p. 1086, cf. dans le même sens : MARTINS, 1866, p. 44.
11 Geoffroy Saint-Hilaire, 1861, p. 149. Isidore Geoffroy Saint-Hilaire précise en note
qu'il se réfère à la 6ème édition du Dictionnaire de l'Académie (1835).
naturalisés puisqu'ils y poussent très bien ? Par cette question la géographie
botanique se relie à l'histoire passée de la vie et des continents, ce que de CandoUe a
souligné et dont Darwin a tiré les conséquences que l'on sait
L'acclimatation, au sens précis d'accoutumance progressive à un autre
climat, pose un problème délicat de physiologie végétale puisqu'il s'agit de savoir si
un individu peut se transformer sous l'influence du milieu et éventuellement
transmettre cette adaptation à ses descendants. C'est cette transformation qui est
dénoncée comme une "douce chimère" par les botanistes qui contestent l'idée
d'acclimatation. A leurs yeux, les prétendues acclimatations se ramènent à des
transferts en Europe de plantes qui vivaient dans des contrées d'Amérique du Nord ou
d'Extrême-Orient au climat analogue ou encore dans des zones tropicales mais en
altitude.
Cependant, pour Duchartre, qui reprend et développe avec vigueur cette
critique, "une porte reste encore ouverte à l'espérance" :

"En choisissant avec intelligence des générations successives de porte-graines,


c'est-à-dire en procédant par sélection, on arrive à créer, parmi nos plantes
cultivées, des races distinguées par des caractères nouveaux ; ne pourrait-on
pas, en agissant de même, parvenir à créer aussi, en quelque sorte à volonté,
des races plus rustiques que celles que l'on possède déjà ? Ne pourrait-on pas
aussi arriver par le même procédé à doter notre pays d'espèces que le climat
repousse ?" (DUCHARTRE, 1859 : 169-170).

Bien que cette possibilité théorique lui paraisse très difficilement réalisable,
le schéma qu'il propose mérite de retenir l'attention par le rapprochement qu'il établit
avec une autre grande voie de création de formes végétales nouvelles : la sélection.

LES FLEURS MONSTRUEUSES : DES EXPÉRIENCES FAITES


PAR LA NATURE ELLE-MÊME

Comme l'ont noté les auteurs qui ont écrit sur l'origine des plantes
cultivées, les conditions particulières créées par la culture permettent à des
variations, intéressantes pour l'homme mais désavantageuses pour la plante, de
subsister (HAUDRICOURT & HÉDIN, 1987 : 16-17). Ceci est vrai en particulier pour
les plantes ornementales, ces "monstres agréables" selon l'heureuse expression
employée par Milena Rizotto (1993), de l'Université de Florence, dans une étude sur
les pratiques de sélection horticoles au XVIIe siècle. Objet de tous les soins de
l'horticulteur, ces plantes sont souvent perçues avec méfiance par le botaniste pour
qui elles ne font qu'embrouiller le tableau de la nature. Linné affirme sans ambages
dans la Philosophia botanica (1751) que les fleurs multiples n'ont rien de naturel et
ne sont que des monstres12. Dans ses Lettres sur la Botanique, Jean-Jacques
Rousseau, amateur éclairé et lecteur de Linné, reprend la même idée13. Il met en
garde le botaniste débutant contre les confusions que favorisent les plantes cultivées,
non sans manquer d'établir un rapprochement avec l'état de l'homme en société :

"L'homme a dénaturé beaucoup de choses pour mieux les convertir à son


usage : en cela il n'est point à blâmer ; mais il n'en est pas moins vrai qu'il

12 "Luxuriantes Flores nulli naturales, sed omnes Monstra sunt", LINNÉ, 1751 : 95.
13 Le 21 septembre 1771 Rousseau écrivait à Linné "je tire un profit plus réel de votre
Philosophia Botanica que de tous les livres de morale." Lettre citée dans DURIS,1993 :
103.
10

les a souvent défigurées, et que, quand, dans les œuvres de ses mains, il croit
étudier vraiment la nature, il se trompe. Cette erreur a lieu surtout dans la
société civile ; elle a lieu de même dans les jardins. Ces fleurs doubles, qu'on
admire dans les parterres, sont des monstres dépourvus de la faculté de se
produire leur semblable, dont la nature a doué tous les êtres organisés."14

Quelques années plus tard, en 1778, le thème des "fleurs pleines" offre à
Lamarck, dans les "Principes de Botanique" qui ouvre la Flore française, l'occasion
de rappeler qu'une grande partie des fleurs cultivées sont des "monstres végétaux" et
de mettre en regard le point de vue de l'amateur de fleurs - le fleuriste - et celui du
botaniste. Les deux approches qui sont peintes successivement, s'opposent en fait
terme à terme.
Leur but est différent : tandis que le fleuriste est "plus jaloux de jouir que de
connoitre", le botaniste est "uniquement attentif à étudier, à épier la Nature". Leur
échelle de valeur diffère également : alors que le fleuriste "appelle continuellement
l'art au secours de la Nature, pour exciter celle-ci à des efforts inconnus", le botaniste
"se plaît à la contempler dans sa naïve simplicité plus précieuse sans doute que ces
agrémens dont on ne l'embellit que par la contrainte". En définitive l'un et l'autre ne
se placent pas au même niveau de la réalité : le fleuriste néglige l'espèce, ne
s'intéresse qu'à "quelques individus qu'il a adoptés" et les "transforme en de nouveaux
êtres, qui, sous les dehors de la fécondité et de l'abondance, cachent une dégradation
réelle". Le botaniste au contraire voit dans l'individu isolé "comme le type et le
modèle de l'espèce entière" et aime à y retrouver "les traits unis mais vrais" que la
Nature a fidèlement prononcés dans les productions qui lui appartiennent tout
entières"15. Après cette présentation assez manichéenne, Lamarck se fait plus
conciliant : chez les végétaux, contrairement aux animaux, "les monstruosités ne
font qu'ajouter de nouvelles grâces aux individus ; au demeurant, la nature est assez
riche pour ne pas souffrir d'abandonner ses droits dans nos parterres".
Mais si la Botanique n'a "rien à craindre" de ses monstres végétaux, il
semble bien, pour Lamarck, qu'elle n'ait rien à en apprendre. On mesure par
contraste avec cette attitude le renversement de perspective que réalise Augustin-
Pyramus de Candolle16.
En 1805, lorsqu'il réédite la Flore française de Lamarck, il reprend à
quelques nuances près les formules de la première édition17. En 1813, dans la
Théorie élémentaire de la botanique - son livre fondamental dans ce domaine - il note
que sous "le nom de monstruosités, nous confondons en général tout ce qui sort de
l'état habituel des êtres" et ajoute que sur ce nombre, "il en est qui sont des retours
de la nature vers l'ordre symétrique"(CANDOLLE, 1813 : 97.)18. En 1817 il publie
dans les Mémoires de la Société d'Arcueil une étude consacrée aux fleurs doubles :
leurs pétales sont des étamines transformées ce qui permet de considérer les pétales
comme "un état particulier des étamines". La fleur double dévoile à qui sait la voir

14 Rousseau, [1771-1773], 1969 : 1188. Cette citation est tirée de la septième lettre sur
la botanique. Sur les œuvres de botanique de Rousseau, cf. l'introduction par Roger de
Vilmorin, dans l'édition de La Pléiade des Œuvres complètes.
15 Lamarck, 1778, t. 1 : 173-174.
16 Sur la philosophie d'Augustin-Pyramus de Candolle, cf. Drouin (à paraître).
17 Augustin-Pyramus de Candolle, "Description des organes", dans Lamarck et
Candolle, 1805 : 136-137.
18 II reprend la même idée en 1827 dans Y Organo graphie végétale, (vol. 2, p. 238), cité
dans ARBER, 1950 : 5.
11

l'identité des étamines et des pétales ; encore faut-il la penser comme anomalie ou
exception et donc d'abord raisonner sur les seules espèces sauvages :

"Linné débarrassa l'histoire des plantes d'un grand nombre de difficultés, et


introduisit beaucoup d'ordre dans leur classification, en montrant que toutes
les fleurs doubles n'étaient que de brillantes monstruosités et en les excluant
ainsi du catalogue des êtres naturels."(CANDOLLE, 1817 : 386)

Enfin en 1829, François Guizot (1787-1874), le futur ministre de Louis-


Philippe, lui ayant demandé d'offrir aux lecteurs de la Revue française la substance
d'un exposé improvisé qu'il avait fait quelques temps auparavant à Coppet devant la
famille de Madame de Staël, il rassemble les idées maîtresses de sa théorie dans un
article d'une vingtaine de pages intitulé "De l'état actuel de la botanique générale"19.
Après avoir résumé les principes de la classification par familles naturelles, il en
vient à la "structure générale dès végétaux" et évoque à ce propos les monstruosités.
Aux yeux des "botanistes philosophes"- l'expression est significative - celles-ci sont
comme des expériences faites pour leur compte par la nature elle-même et les
prétendus accidents ne sont bien souvent que des "retour(s) à l'ordre normal"20. Ainsi
"des six ovules qu'on observe toujours dans l'ovaire" du Chêne "un seul vient à bien
et forme le gland tandis que les cinq autres avortent". Le paradoxe est qu'un gland à
six graines nous paraîtrait monstrueux alors que c'est le gland à une graine qui est le
vrai monstre puis qu'il résulte de l'avortement de cinq ovules sur six. Et de Candolle
ajoute : "ici comme dans l'ordre moral nous sommes moins frappés des désordres
auquel nous sommes accoutumés que de ceux qui nous apparaissent de loin en
loin"(CANDOLLE, 1829 : 52)
Ces conceptions ne sont pas sans évoquer celles de Gœthe21. A l'égard de
celui-ci, de Candolle ne cache pas son admiration mais il tient à marquer son
indépendance. Il est de fait qu'il ne lisait pas l'allemand et qu'il n'avait probablement
jamais entendu parler de la Métamorphose des plantes lorsqu'il publia en 1813 la
Théorie élémentaire. Le livre de Gœthe est paru en 1790 mais n'a été traduit en
français que quelques décennies plus tard22. Dans l'article de 1829, de Candolle, après
avoir expliqué comment les sépales peuvent prendre l'apparence de pétales, les
étamines se changer en pétales, les bractées se présenter comme des feuilles, etc.,
juge "digne de remarque" que "le premier aperçu de cette loi soit dû à un homme dont
le génie semblait bien éloigné de ce genre d'observations"(CANDOLLE, 1829 : 51).
Gœthe de son côté a lu la Théorie élémentaire. Tout en se félicitant de voir un

19 Les circonstances de la rédaction de cet article sont racontés dans les Mémoires et
souvenirs d'Augustin-Pyramus de Candolle publiés par son fils (CANDOLLE, 1862 : 432-
433). Germaine de Staël était décédée depuis plus de dix ans à l'époque de cet exposé mais
de Candolle aimait rendre visite à ses enfants, Auguste de Staël et la duchesse de Broglie,
qui eux-mêmes étaient en relation avec Guizot.
20 Sur le rôle de la tératologie dans la pensée zoologique et anatomique du XIXe siècle, cf.
Fischer, 1985.
21 Le texte de Gœthe sur le Jardin de Palerme et ses réflexions sur la plante originelle ont
été évoquées dans la communication d'Olivier Salvatori. au Colloque de Cergy-Pontoise
(1994) : "Sur les conceptions morphologiques de Johan Wolfgang Goethe (1749-1832)".
Cf. aussi ARBER, 1950 : 40 et suiv. Callot, 1971 : 73-86.
22 La traduction est parue en 1831 sous le titre allemand de Versuch iiber die
Metamorphose der Pflanzen. Ùbersetzt von F. Soret, traduit par F. Soret, nebst
geschlichten Nachtràgen. Stuttgart. Cette traduction - moins connue que celle de Martins
de 1837 - est signalée par Henriette Brideau dans une édition récente de la Métamorphose
des plantes (1975) et par Guedes, 1969.
12

botaniste aussi réputé confirmer "l'identité de toutes les parties de la plante", il


reproche puis
nature" à de Candolle
d'appelerde"dégénérescence"
"supposer que la régularité
toutes lesentre
modifications
dans le plan primitif
qui nous de la
dissimulent23. C'est une critique fondamentale mais qui s'inscrit sur fond d'un intérêt
commun pour les métamorphoses végétales24.
Ainsi de simple curiosité pour amateurs frivoles, les monstruosités
végétales sont-elles devenues matière à réflexion pour botanistes et philosophes.
Elles restent cependant des manifestations spontanées et imprévisibles du pouvoir
créateur de la nature. En deçà donc de ce pouvoir démiurgique que l'hybridation peut
offrir à l'homme : non seulement sélectionner le nouveau mais en provoquer
l'apparition.

LES AMOURS DES PLANTES

L'hybridation est utilisée dans le but d'obtenir de nouvelles variétés de


plantes ornementales, alimentaires ou industrielles. Mais elle constitue en même
temps un moyen d'investigation pour essayer de mieux connaître la vie de la plante.
On connaît l'image traditionnelle de Mendel, précurseur isolé qui aurait découvert en
1865 ce que d'autres ne verront que trente-cinq ans plus tard. Depuis quelques années
cette version est considérée comme une "image d'Épinal" et contestée de plusieurs
côtés25. Il est probable cependant que le dossier est loin d'être clos et que de
nouvelles interprétations pourraient être proposées. En tout état de cause, une des
conséquences de cette controverse est de rappeler que l'œuvre de Mendel s'inscrit
explicitement dans une tradition de recherche, à la fois théorique et pratique, dont les
origines remontent au milieu du XVIIIe siècle26.
Ceci apparaît dès les premières lignes de son mémoire de 1865, dans la
manière dont il présente l'origine de ses recherches :

"C'est en procédant sur des plantes d'agrément, à des fécondations artificielles


destinées à obtenir de nouveaux coloris, que l'on a été amené aux recherches
qui vont être exposées ici. La régularité remarquable avec laquelle revenaient
les formes hybrides, toutes les fois que la fécondation avait lieu entre les
mêmes espèces, donna l'idée de nouvelles expériences dont le but serait de
suivre les hybrides dans leur descendance."27

Le paragraphe suivant se réfère explicitement à plusieurs de ceux qui l'ont


précédé dans cette pratique :

"De consciencieux observateurs comme Kœlreuter, Gaertner, Herbert, Lecoq,


Wichura et d'autres encore, ont avec une infatigable persévérance, consacré
une partie de leur vie à l'étude de ces questions"

Aux auteurs cités par Mendel, il faudrait ajouter Naudin lui-même, dont le
nom revient constamment si on parle de rapports entre botanique et horticulture au
XIXe siècle. En 1861, dans un article intitulé "Sur les plantes hybrides", il présente

23GŒTHE, 1837 : 312-314.


24 Pour une analyse plus fine de la position de Goethe, cf. Guedes, 1969.
25 Sur Gregor Mendel, cf. BLANC, 1984 ; BRANNIGAN, 1985 ; OLBY, 1985 ; DROUIN, 1989;
Lenay, 1990.
26 Sur les travaux de Mendel et sur cette tradition de recherche, cf. BuiCAN et al., 1993.
27 "Recherches sur des hybrides végétaux", reproduit dans LENAY, 1990 : 54.
13

aux lecteurs de la Revue horticole certains résultats de ses travaux. Il y décrit deux
espèces de pétunias, le pourpre (Petunia violaceà) et le blanc (Petunia
nyctaginiflora). Les hybrides produits par leur croisement se ressemblent tous, et
sont fertiles. Ils ont une forme et une couleur intermédiaires. Quatre croisements
opérés en 1854 donnent l'année suivante 36 hybrides, dont 35 ont des corolles à peu
près semblables. En revanche sur 47 individus issus d'un hybride, il observe une
grande diversité : une seule plante ressemble à l'hybride, 10 sont semblables au
Petunia violacea, les autres présentant certains caractères de l'une ou l'autre espèce.
Enfin, à la troisième génération, sur 1 16 plantes, 12 répètent le type de l'hybride de
1854, 26 se rapprochent du Petunia nyctaginiflora et 28 du Petunia violacea , les 50
autres présentant des caractères variés qui les rapprochent de l'une ou l'autre espèce.
Pour Naudin, cette expérience démontre, qu'au moins dans le genre Petunia, "les
hybrides n'ont aucune constance, et qu'on ne peut pas compter sur le semis de leur
graines pour reproduire et conserver les variétés que le croisement y a fait naître".
D'une manière plus générale, il constate que les hybrides, lorsqu'ils ne sont pas
stériles, tendent à disparaître en quelques générations. Il ne croit pas pour autant à la
permanence des espèces, mais il pense que "la nature qui a fait les espèces, parce
qu'elle en avait besoin, et qui les a organisées pour des fonctions déterminées, n'a
que faire des formes hybrides, qui ne répondent pas à son plan" (NAUDIN, 1861).
C'est à ce dernier argument qu'Henri Lecoq (1802-1871), professeur
d'histoire naturelle à Clermont-Ferrand, répond lorsqu'il réédite en 1862 son ouvrage
sur La Fécondation naturelle et artificielle des végétaux dans ses rapports avec
l'horticulture, l'agriculture et la sylviculture... dont la première édition datait de
1845. Lecoq, qui a lui-même pratiqué l'hybridation et qui fait partie à ce titre des
auteurs cités par Mendel, apprécie en connaisseur la qualité scientifique du travail de
Naudin mais critique sa philosophie implicite. Lorsque ce dernier considère que la
nature "n'a que faire des formes hybrides qui ne répondent pas à son plan", il lui
répond que nous ne savons "ni pourquoi ni comment la nature a fait les espèces", ni
si elle a "un grand besoin de toutes celles qu'elle a faites"28. D'ailleurs pour Lecoq,
loin d'être contraires à la nature, les mariages entre espèces différentes s'y produisent
souvent. Il n'hésite pas à extraire d'un de ses propres ouvrages de vulgarisation, La
Vie des Fleurs, une description romantique des amours végétales :

"Souvent les insectes se plaisent à troubler les ménages les plus heureux, les
liaisons les plus assorties. Ils portent, le jour ou la nuit, la poussière
fécondante d'une fleur sur une autre, et avant que le pinceau intelligent de
l'horticulteur ait remplacé les hasards de leur course vagabonde, c'est aux
insectes que nous avons été redevables des panachures et des variations d'un
grand nombre de fleurs de nos jardins."(LECOQ, 1862 : 15).

Derrière la rhétorique s'affirme une vision philosophique de l'hybridation.


En mariant ainsi les espèces, l'homme prolonge le travail de la nature. Ce ne sont
pas là de purs arguments rhétoriques. L'impact qu'ont eu les plantes hybrides sur
l'horticulture est là pour le montrer, ainsi que l'écho qu'a rencontré la génétique
mendélienne dans le milieu horticole après 1900. Intérêt réciproque comme on peut
le constater à la lecture des travaux de la IVe Conférence internationale de génétique,
patronnée par la Société Nationale d'Horticulture de France, organisée en 1911 à
Paris et dont les comptes-rendus ont été publiés en 1913 par Philippe de

28 LECOQ, 1862 : 64 et suiv. La première édition, celle que pouvait connaître Mendel date
de 1845, traduite en allemand en 1846.
14

Vilmorin29. On y voit l'intérêt que les pionniers de la génétique portaient aux


travaux des horticulteurs.

CONCLUSION

Pour avérée qu'elle soit, la complémentarité de la botanique et de


l'horticulture au XVIIIe et XIXe siècles ne va pas de soi. Trois pratiques horticoles
en particulier ont donné matière à penser aux botanistes : l'introduction d'espèces
exotiques dans les jardins européens, la sélection des monstruosités végétales et la
recherche de nouvelles formes par hybridation. Toutes les trois manifestent
l'irruption d'une certaine étrangeté dans l'espace du jardin et toutes les trois sont liées
à l'émergence de nouveaux problèmes et de nouvelles perspectives scientifiques. A
chaque fois l'horticulture ne s'est pas contentée de mettre en pratique un savoir
botanique, elle a contribué à son élaboration. C'est ainsi que William Bateson
(1861-1926), un des fondateurs de la génétique, disait des conférences sur
l'hybridation : "l'homme de sciences y reçoit du praticien des idées nouvelles qu'il
va... digérer et dont il fera sortir plus tard la bonne idée scientifique"30. Cette
complémentarité dans l'innovation ne se limite pas au domaine de la génétique
naissante, elle se retrouve pour l'acclimatation et la sélection ; elle marque de son
sceau deux siècles de rapports entre le chercheur et le jardinier.

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29 Ce congrès a attiré l'attention de plusieurs historiens, en particulier FISCHER, 1990.


30 Voir la réponse de William Bateson à l'allocution du président, dans VILMORIN,
1913:19.
15

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