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LOGEMENT SOCIAL

LA LEÇON DE c'est précisément un des objectifs


majeurs que se sont fixés les organisa¬
- LT/ a***mßt,

MAURICE teurs de l'exposition rétrospective (et


de l'ouvrage) «Maurice Braillard,

BRAILLARD
pionnier suisse de l'architecture mo¬
derne» (*), qui a été inaugurée le 1er
avril au Musée Rath à Genève. En
effet, le découpage thématique adopté ^m
fait ressortir plusieurs problémati¬ •

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ques : le rôle conceptuel du dessin, la
rigueur de l'approche constructive et m-
son influence sur l'expression La Maison ronde (1928-1930);
architecturale, l'importance d'un plan de l'étage-type.
dessein social dans le projet des loge-

distance critique envers le style inter¬


national moderne. C'est ce type de
*
Exposition présentée au Musée constat qui avait d'ailleurs amené
Rath de Genève du 1er avril au 30 Isabelle Charollais à se poser la ques¬
mai 1993. A cette occasion est tion «et si Braillard avait inventé sa
arement publié un ouvrage collectif intitulé propre modernité ?» (2), hypothèse
un architecte-urbaniste a autant in¬ «Maurice Braillard. Pionnier de travail prometteuse qui implique
fluencé le déroulement de l'histoire suisse de l'architecture mo¬ la redéfinition élargie du terme «mo¬
urbaine et architecturale de Genève. derne». Fondation Braillard Ar¬ derne» à l'intérieur d'un contexte cul¬
Rarement un architecte-urbaniste chitectes, Genève, 1993. Textes turel régional, peut-être même hel¬
genevois a autant développé ses ta¬ et documents réunis par Ursula vétique. S'il est vrai que Maurice
lents dans les multiples facettes d'une Paravicini et Pascal Amphoux. Braillard n'a jamais été un adepte in¬
oeuvre qui se distingue certes par son Textes d'Alberto Sartoris, Pascal conditionnel du «mouvement mo¬
ampleur mais surtout par sa diversité. Amphoux, Tim Benton, Armand derne» et notamment de ses tendan¬
«Après Micheli, Dufour, Blotnizky et Brulhart, Olivier Cinqualbre et ces dogmatiques, c'est néanmoins à
Théodore Turettini, pour ne citer que Rachel Even, Elena Cogeto, travers les projets de logements so¬
ceux-ci, Maurice Braillard semble Roger-Henri Guerrand, Paul Marti, ciaux - thème de cette rubrique - qu'il
appartenir à cette particulière espèce Ursula Paravicini, Bruno Reichlin s'approche le plus de l'appareil
d'architectes et d'ingénieurs dont les et Arthur Riiegg. méthodologique développé par cer¬
dossiers exhaussés et délaissés ont tains protagonistes des années vingt
recomposé la Ville. Ils n'ont laissé ici et trente. La réalisation d'ensembles
et là que quelques traces presque in¬ de logements économiques de cette
visibles d'un réseau dont l'étendue ments économiques, l'utopie et le époque se fait pour le compte de so¬
devient d'autant plus magique qu'elle réalisme de sa pensée urbanistique et ciétés coopératives d'habitation
est absente. Ils n'ont façonné que enfin, en parallèle, une réflexion sur «éclairées», bénéficiant de subven¬
quelques bâtiments ou ensembles, la sauvegarde du patrimoine tions publiques et qui souhaitent cer¬
souvent même réalisés par d'autres, architectural du XXème siècle. tes construire des logements
comme autant de fragments persis¬ hygiéniques, éclairés et équipés, mais
tants d'un tissu absolu» (1). LA MODERNITÉ surtout atteindre un niveau de loyers
Aborder une réflexion sur l'oeuvre DE MAURICE BRAILLARD adapté aux ressources des
dessinée, écrite et construite de Mau¬ coopérateurs.
rice Braillard implique nécessai¬ Les différents textes du catalogue
rement de tenir compte à la fois de ses tendent aussi à démontrer l'origina¬ La nécessité de répondre à ce double
aspects constants et de ses pluralités - lité de la démarche de Braillard - et sa défi - la création d'une forme d'habi-

La Maison ronde : façade sud (photo Boissonnas). La Maison ronde : façade cour (photo Boissonnas).

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PAGE 26 HABITATION N° 1/1993