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SUR CORNAY.
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Extrait de la Revue historique des Ardennes.


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, NOTICE
HISTORIQUE

SUR CORNAY
ET

.
, SON ANCIEN CHATEAU

PAR LE Cn GABRIEL DE POUILLY.

MÉZIÈRES,
Imprimerie F. DEVIN, Libraire et Lithographe, rue du Château.

18615.

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,
NOTICE

SUR- CORNAY
ET

SON ANCIEN CHATEAU.


,
Co11u.Y, département des Ardennes, arrondissement de Vouziers,
à neuf kilomètres de Grand-Pré, son chef-lieu de canton, ancien
bailliage de Sainte-Ménehould (t), coutume de Vitry en Champagne;
autrefois Quarnay ('l) , en latin Quarnaium, Quarnacum, lÀrnaium,
Cornaciurn (3); prieuré érigé en t t .ft5 par une bulle du pape Eu­
gène m ; baronnie érigée en t 508 par lettres patentes du roi Louis
XII, en· faveur d'Henry, sire de Pouilly.
On remarque dans ce villag� les vestiges d'une ancienne fo�
resse féodale dont on ignore l'époque de construction, mais qui
devait remonter à des temps très-reculés. Oans l'Histoire de Verdun,
, (1) Sainte-Ménehould, très-ancienne prévôté, ne devint le siège d'un bailliage
que vers le milieu du siècle dernier. On ignore �me, selon M. Buirette, historien
de la ville de Sainte-Ménehould, s'il y eut ùne création spéciale d'un bailliage
roraJ. Avant cette époque, il n'y avait à Sainte-Ménehould qu'un· lieutenant du
bailli de Vitry, et l'intitulé des actes était : Pardevant le lieutenant du bailli de
Vitry, au siège et en la prévôté de Sainte-Ménehould. Vers 1780 le tribunal devint
indépendant de celui de Vitry, et les sentences furent intitulées · Pardevant nous
président, lieutenant-général, etc., du bailliage de Sainte-Ménehould.
(!!) Le dernier acte que l'on trouve portant ce nom écrit Quamay, est du U
aoflt l806.
(3) Voir infrà les chartes de 1!!06, t!!H, Ut!!, t!!l9, tU0, et les CArOfli<JtU•
,ù l'.Ârdfflne, par M. Jeantin, p. 329, t. I, charte de Godefroy-le-Grand, t0BS, etc.

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du chanoine Roussel, il en est parlé sous la date du XI• siècle,


comme .d'une place importante, et l'historien lui donne ·1es noms
de Castrum, Oppidum. Elle consistait en plusieurs forts, assis sur
des roches escarpées qui s'appellent Champs-Crochets, le Vieux­
ChAteau, le Grand-Bel et le Petit-Bel; tous séparés par des tran­
chées profondes, creusées dans la pierre , et communiquant par
des souterrains et des ponts-levis. Naturellement inaccessible , pres­
que de toutes parts, par la disposition du sol, le château n'avait
d'accès, si ce n'est par des poternes, qu'à l'ouest du côté de la
forêt , et là il était défendu par de hautes murailles et de larges
fossés.
Monsieur Sellier , prieur-curé de Cornay, dès l'an -t 786 , qui ,
comme tous ses prédécesseurs, était moine de l'abbaye de Chéhéry,
et avait eu à sa disposition les archives de ce couvent, où se trou- _
vaient rassemblés beaucoup de titres et de documents concernant
le pays et notamment Cornay (t), .s'exprime ainsi dans une lettre
adressée en {823 à M. Duvivier, alors conservateur des antiquités
du département des Ardennes , en réponse à une demande de ren­
seignements sur cette commune :
a Ce château, bAti sur un rocher escarpé appelé Champ-Crochet,
était fortifié par quatre tours rondes, d'une élévation prodi­
gieuse (2); il n'en reste plus que quelques fragments de fondation
et des souterrains. Il était défendu par des tranchées très-profondes
et des murs qui se prolongeaient à plus d'un quart de lieue : de
plus, de chaque côté, sur des rocs à pic , étaient bâties d'autres
tours.»
On voit encore à près de deux kilomètres de Cornay, particu­
lièrement au nord et à l'ouest, au lieu dit !'Ermitage, les traces (3)
d'une muraille d'enceinte. La distance éloignée du château peut
faire présumer également qu'elle a dti servir à clore un parc d'une

(t) Par la raison que les sires de Cornay figurent souvent panni les bienfaiteurs
de l'abbaye de Cbéhêry, et qu'ils en étaient les avoués nés.
(2) Expression qu'on doit apprécier et regarder sans doute comme exagérée.
(3) Bois défriché en grande partie depuis quelques années. C'est en cet en­
droit qu'il y a quelques années il fut trouvé, en cultivant la terre, un éperon dont
a forme rappelle ceux du temps de Henri IV. Les pointes de la mole, et au
nombre de cinq, ont plus de deux centimètres de longueur .

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grande étendue, en même temps qu'il des ouvrages de fortifica­
, tion; quoique d'après l'épaisseur des murs, on ne pût douter
que le but principal du fondateur n'ait été d'en faire un moyen de
défense.
Le monticule, dit ls, Vieux-Château, dont le sommet, à surface
plane et de forme presque circulaire, a t 60 pieds de diamètre, fut
abaissé , vers t 788 , de six à sept mètres, et il existait alors des
restes de constructions. On y trouva dans toute l'étendue de la
surfàce, des souterrains parfaitement construits et en très-bon état
de conservation, divisés en compartiments, et disposés en forme
de chambres (espèces de casemates}, avec escaliers descendant à
un étage intërieur: assez près dulbord, nord-ouest, il existe un
puits comblé, de forme ovale, et d'un grand diamètre. -En i8!9
(en allant vers le sud) , on a découvert dans le jardin du presbytère,
en creusant les fondations d'un mur de terrasse, un passage voûté,
, conduisant d'un côté sous le vieux château, et de l'autre se pro­
longeant sous la roche dite Champ-Crochet; plus loin , à cent pas
de là, on trouve son issue dans une maison du village, adossée à
la roche; l'entrée sert de cave. - En 4858, du côté nord-est,
lorsqu'on édifia un mur de soutènement autour du cimetière, on
mit à jour, en regard du portail de l'église, une poterne donnant
accès dans un souterrain, qui n'était sans doute que la continuation
du précédent, et tout près aussi un puits de forme ovale.
Cette forteresse fut souvent le refuge des religieux de Chéhéry
et des habitants des environs en temps de guerre (t). Entre autres
preuves, on peut citer une lettre de Guyt de La Loge, chevalier,
sire de Quarnay (2), datée du 3 juin {38.S., par laquelle ce seigneur
atteste que, pour avoir donné asile dans son château à l'abbé et •
aux moines de Chéhéry, pour les avoir protégés et avoir défendu

(l) Cornay, placé sur les frontières de la Champagne à cinq kilomètres du Ver­
dunois, a dfl souvent étre en butte aux attaques de ses voisins, durant les guerres
de la féodalité.-Récemment en bâtissant une maison près de Roches, au pied de
l'ancienne forteresse, on a trouvé une hache d'armes, qu'on voit avoir été riche•
ment damasquinée, et qui a dil appartenir à un chevalier.
('!) Guyt ou Guy de Quamay, était en l39'! chambellan du roi, et seigneur
pour moitié de la terre de Vouziers, dont il rendit le dénombrement cette année,
'!O j'"!l, avec Lucie de Beaune, sa femme. •

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le monastère, il a reçu d'eux la somme de quarante francs de bon
or: à cette charte est appendu un sceau qui porte l'empreinte
d'un lion rampant, et d'un cheval issant à mi-corps de l'écu pour
cimier (f).
Il appert par là que les châtelains de Cornay étaient autrefois
avoués (2) de l'abbaye de Chéhéry. Néanmoins, en UtO, l'abbé et
les moines élevèrent la prétention d'avoir pour vassaux ces mêmes
sires de Quarnay à qui ils devaient une partie de leurs domaines.
Cette prétention se fit jour à l'occasion. d'un différend survenu en
UiO entre le seigneur Guyt de La Loge, cité plus haut, et les reli­
gieux de l'abbaye. Ces derniers se disaient être en droit et possession
de percevoir, outre une rente de douze septiers, moitié froment,
moitié seigle, à eux octroyée anciennement (3) par Vauchiers de
Quarnay, sur les terrages de Fléville, le tiers de la dtme des
vignes de Quarnay et de Fléville, et spécialement des vignes du
dit seigneur; de plus, ils réclamaiel\t la propriété de deux pièces
de terre, sises en lieu dit les Aviaux (.t.), entre l'église de Chéhéry
(i) Lettre de Guyt dtt L<!. Loge, 5 juin· i�.
A tous ceulz qui ces présentes lettres verront et orront. JeGuyt, chevalier, seigneur
de Quarnay et de Fléville, fais savoir à tous que pour ce que jai recepteit l'abbey
et le convent de Chehéry en ma forteresse de Quamay leurs corps bestes et aultres
biens muebles avec ce ai che\·auchiet et fait chevauchiet ma mainade (a) pour
eulz et leur ai fait ravoir uns troupe! de chastrons (b) à Monsfalcon, gardee et
deffendue labbaye et leurs granges el aussy pour plusieurs aullres services que je
leur ai faitja receu deulz la some de XL frans de bon or et de juste poix. Desquels
XL frans dessus disje en quitte le dit abbey et convent et tous ceulz à qui quilance
il en appartient. En tesmoingnage de véritct Je Guyt, chevalier, dessus dit ai sccl­
lees ces présenlP.S lettres de mon propre scel dou quel je use et entent a user. Qui
furent failles et donnees lan MCCCLXXXllll le lier jour de Jung.
(:!) Avoués (advoués), protecteurs, défenseurs. - Selon plusieurs historiens on
distingua anciennement deux sortes d'avoués. Les uns, advocati ,oli, avoués du
• territoire, étaient héréditaires. C'étaient les fondateurs des églises ou leurs héri-
ti ers. En ce cas les femmes étaient aussi avouées. - On les désigne aujourd'hui
sous le nom de patrons. Les autres, advocati cau,arum, se donnaient par le prince
pour défendre en justice les droits des églises.
(3) En US0, voir in(rà.
(-1) Ce lieu porte encore le nom des Aviaux; ce sont les terres les plus fertiles
du pays.
(a) Mainade, compagnie, bande, suite année, vient de Kaisnie ou Mesnie, vieux
mot qui signifiait maison, tous ceux qui la composent, famille, serviteurs ; en
basse latinité maisnada, mesnada, mainada, maison. - On en a fait mesnadarlus,
mainadarius (domeslicus) mesnardier, mainadaire (Trévoux, Fleury, Hi,t<Jir11 ec­
cU,ia,tiqve).
(b) Chastrons, porcs, pourceaux, castrali porci.

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et Fléville, tenant à la rivière d'un côté, et aux prés sous les


, vignes de .Fléville de l'autre, lesquelles, ainsi que le tiers de la
dime ci-dessus, ils affirmaient leur avoir été autrefois léguées par
un des prédécesseurs de Guyt de La Loge, sans toutefois qu'ils
pussent ou qu'ils voulussent en exhiber lettres authentiques. Oppo­
sition de la part du chevalier, qui s'était remis de son autorité pri­
vée, en possession des terres en litige, et les avait amodiées (-t) à
Henry le Mariotte}, prévôt de Quarnay; il avait même été jusqu'à
exercer des violences contre un moine nommé Dom Wautrin,
. venu pour percevoir la dime sur les vignes au nom de son monas­
tère. De là, plainte des religieux pardevant le bailli de Vitry, pour
ces susdits griefs, et encore pour ce que le chevalier Guyt de La
Loge�avait battu et meurtri Dompt Wautrin, religieux de la dite
église, et qu'il avait dit_ plusieurs jurements et villenies d'iceux re­
ligieux, abbé et convent, combien qu'il fût et soit vassal de la dite
, église.
Par jugement, ou plutôt par transaction datée· du t 6 décembre
U-tO, pardevant Jehan de Lintelles, lieutenant du bailli (!) de
Vitry, les parties étant représentées, les religieux, par Gillet Par­
gny, et le chevalier par Colard Chardet, leurs procureurs, il

advint l'accord suivant : •
« Ledit chevalier confirme aux religieux la possession de la rente
de dome septiers, moitié froment, ipoitié seigle, à prendre annuel­
lement sur les terrages de Fléville; il consent aussi à leur recon­
naitre le droit de percevoir le tiers de la dime sur les vignes de
Quarnay et deFléville, et spécialement sur celles à lui appartenant,
et la propriété des deux pièces de terre précitées. - De leur côté,
les dits religieux abandonnent les arrérages des rentes et des re­
venus des terres; ils se désistent de la plainte en fait de jurements
et villenies, et le chevalier n'en pourra jamais être recherché. -
Les parties supportent chacune leurs dépens. »
Les sires de Quarnay étaient des chefs puissants; ils n'avaient
pour sU1.erain que le comte de Champagne jusqu'en -t28!S (3), et

(t) On disait anciennement admodier: affermer un héritage à moitié fruits ou à


une oertaine redevance de grains. Cc mot vient de modiu,, muids.
('!) l,P, bailli de Vitry était alors messire Philippe de Ccrvolle, chevalier.
(3) Epoque à laquelle la Champagne fut réunie à la couronne de France par l'a-

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depuis cette époque que le roi de France. Ils recevaient foi et hom­
qiage de seigneurs de Fléville, de Sommerance, de Champigneulle,
de Saint-Juvin, de Marcq, de Quatre-Champs, de Savigny (t), de
Chausson (i), de Sorcy (3), de Hautbigny, de Yone, de Sacci, de

vènement de Philippe IV, dit le Bel,qui avait épousé à Paris, 16ao(ll U84, Jeanne
de Champagne, héritière du royaume de Navarre, des comtés de Champagne , de
Brie et de Bigorre.
(1) Savigny, en Champagne, prés de l'Aisne, canton de Monthois, arrondisse•
ment de Vouziers.
(i) Chausson, écart de Cernay-en-Dormois (Marne), trois lieues de Cornay (an•
cien fief).
(3) Sorcy, apanage de la maison de Quarnay, voir infrô.
Acte, tü partage de, ,ire, de Quarnay, t27, et 1317.
Le premier du mois d'août U7-t, entre messire Jehan dl' Quamay, chevalier,
messire Vaucbiers de Quamay, chevalier (a), et messire Miles, leur frère, aussi
chevalier, en présence de frere Guillaume, abbé de Chéhéry. -Par ce partage
Jehan, l'ainé, conserve Quarnay avec le chàteau-fort, Flé,·illc et Chàtel-les-Quar•
nay; Vauchiers a la seigneurie de Sorcy, avec le château et le fief de Bcautainmont
(Bauthémont), à l'exception de la dot de Mahaut, leur sœur - fors le mariage
aimez 1oz suer ; -Miles a Sommerance et Champigneulle avec des bois à Quar­
nay - Vaucbi€1'S et Miles reconnaissent par cet acte tenir ces domaines de leur
frère ainé et étre ses premiers vassaux,-et en sont li home lige devant tous homes
- H74, mois d'août
Le deuxième, qui est de l'an de grâce 1317, le jour de la fête de �int-Remy•
en-Vendanges, est fait entre Miles et Dentars frères, fils de Monseigneur Jehan de
Quarnay, chevalier, jadis sire de Quamay (cité dans le partage de ti74). - Miles
a pour sa part Quamay-la-Forte-Maison, toute la seigneurie nec basse et haute
justice, tgut le ban et finage d'icelle jusqu'à la rivière de Aire, en laquelle il a
moitié. - Il reçoit les hommages de Quatre-Champs, de Guyot de Savigny, de
Guyot de Chausson, des enfans de Sommerance (ses cousins, les enrans de Miles,
son oncle, de qui il a été question dans le pa11agc de U74), de Jehan dit Montdi­
dier de Saint-Juvin, de Rogier de Marcq. - le dit Dentars à Fléville et son terri•
toire iusqu'à la rivière, et la moitié de la dite rivière par devers Fléville. - Le fos•
sage et la gaitc (le guet),-c'est-à-dire l'entretien des fossés et CorLilications, et le·
service militaire du chàteau,-quc la ville de Fléville doit à la forlercssP de Quar­
nay, demeurent i la charge du dit Dentars. - Le dit Dcntsrs a deux maisons qui
sont sous le monticr de Quarnay, mais il n'a ni ban ni justice. Il a l'hommage de
monseigneur Clair de Bazelles, de monseigneur Jchan de !Ibigny (Haubignv ou Ha•
bigny) pour la cause de madame de Vouziers, de Guyot de Vonc, de N. àe Sacci.
- Ils promettent de s'en tenir à ce partage, sous peine, par celui qui aura con­
trevenu à cet arrangement, de payer cent livres tournois de bonne monnoie, moi­
tié au roy, moitié à la partie tenante. - Et le dit Dentars se reconnait home lige

(a) La descendance de Vauchiers ne subsista pas un siècle. Par une charte de


1363, qui est citée inlrà, on voit que Jchan de La Loge, sire de Quarnay du cher
de sa femme, Gillettc de Quamay a,·ail antérieurement à celte époque, fait un
échange de ce qu'il possédait à Mont-Saint-Martin avec Henry de Vouziers, seigneur
de Sorcy, c:ontre cc que ce dernier possédait à Quarnay cl à Fléville. Il est pro•
hable que l'héritière de la maison de Quaroay-Sorcy avait porté ces propriétés
dans la maison de Vouzicrs.-Jchan, Vauchicrs et Miles étaient lits de Milon, sire
de Quarnay et de llargucrite, sa femme, et petit-ûls d'Eudes, dont il sera question.

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Bazeilles (t), de Baldrange (i). Leur présence à différentes assises
tenues à Verdun dans le XI• siècle est constatée conjointement
avec celle des comtes de Chiny, de Grandpré, de Bar, et d'autres
grands feudataires (3). En t05i Vidon de Quamay signa, immédia­
tement après les comtes de Rethel, de- Verdun et de Chiny, la
charte donnée par Godefroy IV, dit le Grand, duc héréditaire de
Bouillon, et bénéficiaire de la Basse-Lorraine, de la maison d'Ar­
denne, pour le règlement de sous-voués des églises de Verdun, et
notamment celle de Montfaucon (4).
Le fief de Baldrange, situé entre Cor11ay et Lançon, et qu'on
peut considérer comme ayant été autrefois important par sa popu­
lation, par la raison que ses habitants étaient qualifiés bourgeois,
et que dans quelques actes ses possesséurs se trouvent qualifiés
sires, n'existe plus. 11 n'y restait en i789 qu'un vieux manoir
servant de maison de ferme, avec des bâtiments d'exploitation, et
, une chapelle alors abandonnée depuis peu. C'est maintenant un
bois qui a conservé son nom primitif (5). Déjà, au XVII• siècle , iJ
devant tous audit Miles (a). Furent témoings de cet acte : religieux homes Don
Svmon, abliée de Chéhéry, qui y apposa son sccl; Don Jasques le Borcier; Don
Martin de Manre, moines de Chéhéry; Ancelot de Châtel, écuyer.

(t) Voir à l'appui docctte mouvance, entre autn-s preu\·cs, une charte de Eudes
de Quarndy, en date cle 1206, citée infrà, et deux partages entre les membres do la
maison de Quarnay, UU el t3t 7, dont les extraits sont rapportés ci-dessus.
('!) Voir entre autres les dénombrements de la baronnie de Cornay, 168.f,
17.t0, etc.·
(ô) Hiltoirtt dit Verdun, par le chanoine Roussel.
(.t) Cette charte donnée dans les assises tenues à Verdun pendant les Cétes de la
Pentecôte, est imprimée dans les Chronique, dit rÀrdttnn11, par M. Jeantin; elle
mentionne également la présence de Milon, sire de Vienne-le-Château; de Wenze­
lin, sire de Clermont; d'Englobrand, châtelain de Mouzon.
(S) On le désigne souvent dans le pays simplement sous le nom de Cense.

(a) Homme lige ou vassal lige, vassal qui tient une sorte de fief qui le lie en­
vers son seigneur dominant d'une obligation plus étroite que les autres. Par
l'hommage lige le vassal était obligé de servir en personne et à ses dépens le sei­
gneur suzerain tant que durait la guerre, tandis que le vassal ordinaire ne devait
servir à ses dépèns que pendant quarante jours; celui-ci avait méme la faculté de
fournir à sa place un chevalier ou un homme d'armes. (Voir Saint-Allais.) Cujas,
Vignier, Bignon, cités dans Trévoux, croient que le mot lige vient de la méme
source que Jeudis ou leodi, loyal, fidèle; quoique d'autres le Cassent dérh·er du
mot lier, parce que dans la cérémonie de l'hommage, on avait la coutume de lier
le pouce au vassal ou de lui serrer les mains dans celles du seigneur, pour mon­
trer qu'il était lié par le serment de fidélité. - Lige signifiait aussi proche, immé•
diat, cc qui peut s'appliquer au cas dont il s'agit.

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n'était plus, à ce qu'il paratt, assez peuplé pour avoir une justice
particulière, et ses habitants étaient justiciables des officiers de la
baronnie de Cornay (t). Baldrange fut réuni au domaine de Cornay
en t6� par Antoine de Pouilly, qui l'acquit par acte du 3f dé­
cembre de Daniel d'Allamont, baron de Bolandre, seigneur de
Bantheville, son cousin , en échange de la terre et seigneurie de
Rilly-aux-Oies, mouvante du duc de Rethel, de la terre et sei­
gneurie de Vuallar, mouvante de la Cour-le-Co01te de Vonc, de la
cense de la Maladry, - laquelle cense était chargée d'une rente
d'un muids de froment envers la chartreuse du Mont-Dieu, -
d'une maison située à Roche, de quatre-vingts arpents de bois, et
de plusieurs pièces de vignes situées au territoire de Vonc, qu'il
tenait de sa femine, Suzanne de Pouilly de Vonc , sa parente. Les
tennes de cet échange constatent l'ancienne importance de ce
fief. - On trouve plusieurs chartes des seigneurs de Baldrange,
entre autres un accord de Jehan de Baldrange et d'Alix sa femme, avec
les religieux dé Chéhéry, en date du 8 avril {383, Le sceau porte
l'empreinte d'une croix cablée. - Cette Alix devait être de la fa­
mille des seigneurs de Cornay , car cet acte est fait au sujet d'un
des mo�lins de Cornay , dont le dit Jehan était possesseur du chef
de sa femme, et sur lequel les religieux prétendaient avoir le droit
de prélever chaque année trois septiers de blé de mouture. Elle
devait être fille de Jehan de La Loge, qui, en {360, était devenu
sire de Quarnay, par son mariage avec Gillette de Quarnay, héri­
tière de ce nom.
Le� décembre {525, Claude de Rouvroy, seigneur de Gerni­
court; Guillaume d'Issenart (2) seigneur de Landres , Philbert de

(t) Voir à l'appui, entre autres, les dénombrements de 168-1 et !740, où il est
dit que le fier de Baldrange étant situé dans le deltroit de la baronnie de Cornay,
les habitants du susdit fief sont justiciables de la justice de Cornay.
(t) Guillaume d'lssenart était fils de Geoffroi d'lssenart, seigneur de Landres,
Sivry, Saint-Georges, Champigneulles, et de Béatrix de Grandpré, sœur de Jeanne
de Grandpré, femme en tSOt d'Henry de Pouilly ; - Thierrette d'lssenart,
sœur de Guillaume , avait épousé François-Gratien de Maillart, écuyer , sei•
gneur de La Grève, qui fut seigneur de Landres, Sivry, par suite de son mariage,
et dont vint, entre autres enfants Françoise de Maillart , femme en tS39 de Nicolas
de Pouilly, seigneur de Bethincourt, de la branche des marquis d'Esnes, auteur des
seigneurs de Romagne-sous-Montfaucon, barons de Jasner, en Franche-Comté,
dont un rameau s'éteignit dans la maison de Ligniville, 16.43. - De François•
Gratien de Maillart, sont issus les barons de Landres, en Champagne (voir Nobil. da

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, Raides, seigneur de Marquigny-aux-Bois (-t), capitaine de la forte­


resse de Montfaucon, Florent Rodigue , Jehan Zabin, Grand-Jehan
le Picard et autres à la tête de leurs gens, profitant de l'absence de
Henry de Pouilly, qui était allé rendre foi et hommage au duc de
Lorraine, pour les teITeS qu'il possédait dans le Barrois, surpren­
nent la forteresse de Cornay à la faveur de la nuit ; ils pillent le
château et enlèvent les archives. Il y eut procès, et en t?S27, Henry
de Pouilly, baron de Cornay, fut, par arrêt du lieutenantdu bailli de
Vitry, au siège de ChAteau-Thierry, remis en possession des châ­
teau et chastel de Cornay (2) , et des revenus de la seigneurie depuis
l'époque de l'envahissement du château, avec dommages et intérê.ts
pour les violences et spoliations par lui souffertes , lesquels dommages
et intérêts, dit l'arrêt, seront fixés d'apr� l'estimation faite par le
dit seigneur de Pouilly , et reçue sur son simple serment , de la va­
, leur des objets enlevés ou dégradés.
Cette sentence, rendue par çontumace à la requête et en pré­
sence du procureur du roi, et de Robert Lévesque , procureur du
dit seigneur de Pouilly, condamne les adversaires de ce dernier
au bannissement perpétuel de France , et à la confiscation de leurs
biens au profit de l'Etat, saur'les dommages et intérêts dus ·par
eux. - Jean de La Barre , procureur à Château-Thierry, fondé de
pouvoir de Philbert de Haldes, et présent à la séance , déclara in­
terjeter appel au nom de son mandataire. Le résultat de cet appel
ne nous est pas entièrement connu; seulement on voit, par des
actes postérieurs à cette époque, que la confiscation n'eut point
lieu, et que la peine du bannissement , du moins perpétuel , ne fut
point prononcée. •
Champ.). Une autre sœur de Guillaume d'lssenart, Jebanne, avait épousé Regnault
d'AlldlDont, seigneur de Massiges et les Champys, aleul de Jacques d'Allamont,
mari , en lS7.(, de Nicolle de Chamisso , veuve de Jean de Pouilly, baron de
Cornay, chevalier, et quatrième aleul deCharles d'Allamont, ehevaller, qui épousa,
en t6"9, Suzanne l c l>o 1illv, veuve d'Antoine de Pouilly, chevalier, baron de
Cornay.
(t) Marquigny-aux-Bois, canton de Chesne-le-Populeux. - Philbert de Haldes
avait pour femme Loyse de Bournonville, avec qui il vendit, en tint, la terre de
l'Echelle (a) à Henry de Pouilly.
(?) Il y avait à Comay deux cbàteaux, le château-fort et un de moindre im­
portance. li en est parlé également dans les actes de partage, entre les membres
de la maison de Qaarnay, tUl, t3t7.
(a) Fief dépendant de la seigneurie de Binarville et situé sur le tenitoire de
cette commune.

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Tout ancienne qu'est cette législation, il n'y était rien omis, ni
pour la sflreté de la répression des délits ou crimes, ni pour l'in­
violabilité de la défense. - Les lettres de commission du lieutenant
du bailli mandaient au premier sergent à cheval du roy au ressort
du bailliage, d'appréhender au corps Claude de Rouvroy, Guillaume
d'lssenart, Philbert de Haldes, Florentin Rodigue, Jehan Zabin et
Grand-Jeban le Picard, en quelque lieu qu'il le pourrait, excepté
en lieu saint, où ils ne pourraient être arrêtés; auquel cas il de­
vait les adjourner à comparoir en personnes pardevant le bailly de
Vitry, à trois briefs jours, trois huictaines , trois quinzaines et le
quart d'abondant, sous peine de bannissement et de confiscation
de leurs biens, à la requête du procureur du· roi et du procureur
du dit seigneur de Pouilly; et si le dit sergent ne ]louvait avoir
accès jusqu'à eux ou jusqu'à leurs domiciles, il devait les adjourner
à son de trompe , cris publics, et par affiches apposées dans les
villes et lieux les plus voisins de la demeure des accusés où il pour­
rait avoir accès.
n existe deux traditions locp.les sur la destruction de ce chàteau.
Selon l'une, il fut rasé par ordre du Cardinal-Ministre de Richelieu,
nouveau maire du palais, sous le despotisme duquel disparut ce
qui restait des anciennes institutions et de la puissance féo�ale,
pour faire place à l'absolutisme ; selon l'autre, il fut détruit durant
es guerres de la Ligue, de 4590 à 4595, par les partisans de la
maison de Guise. Cette dernière opinion semb1(3 non-seulement la
plus probable , mais tout porte à penser qu'elle peut être admise
comme une certitude. Cette contrée, en effet, fut le théâtre de
loties sanglantes à cette époque. Le duc de.Lorraine s'était déclaré
contre Henri IV; il avait pris parti pour la Ligue, organisée par
les ducs de Guise, cadets de sa maison-ligue à la tête de laquelle
était alors le duc de Mayenne, Charles de Lorraine, son cousin -
et ses troupes firent, à différentes reprises, des excursions dans le
pays d'Argonne (i). Le baron de Cornay, Louis de Pouilly, avec
plusieurs autres seigneurs du pays, aussitôt après la mort violente
( l) Ona trouvé sur le territoire de Comay, et l'on trouve encore parf'ois en labourant,
des pièces de monnaie d'argent et de billon aux armes de Henri de Navarre, et
aux armes des ducs de Lorraine. - On en voit aussi à l'effigie de Maurice de La­
Tour, duc de Bouillon, 16-lO.

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- !8 -

de Henri Ill, en US89 (t) , s'était rangé sous la bannière du roi de


, Navarre , qui fut déclaré roi de France , et il lui fut constamment
dévoué (i). Capitaine d'une compagnie franche de chevau-légers,
(1) Henri Ill était \'enu assiéger Paris avec le roi de Navarre, et avait établi son
quartier-général à Saint-Cloud. li y fut assassiné le 1•• ao{lt tS89, à huit heures
du matin, par le fanatique Domini<.ain Jacques-Clément, dans le temps ou il lisait
des lettres que ce religieux sacrilége venait de lui remettre pour détourner son
.attention. Il mourut le lendemain à deux heures du matin, à l'âge de trente-neuf
ans, après en avoir régné quinze. En lui finit la branche de Valois, dont il ne
resta de mAle que Charles, duc d'Angoulème, fils naturel de Carles IX. Sous son
règne rut institué l'ordre du Saint-Esprit, en IS79.
(i) Henri IV, pour le récompenser de ses éminents services, Je fit chevalier de son
ordre, et en IS97, pour le rapprocher de sa personne, le fit gentilhomme ordinaire
de la chambre. Les gentilshommes ordinaires, créés par Henri Ill, étaient, du temps
de son successeur, au nombre de vingl-<JUatre, et servaient par semestre. En
temps de guerre, ils remplissaient à l'armée les fonctions d'aides-de-camp du roi.
- Louis de Pouilly, mort en 1606, à l'âge de cinquante-unans, laissa de Françoise
de Lameth, sa seconde femme (a),fille de Christophe, vicomte de Laon et d'A·
nizy-le-Cllàteau, et d'lsabeau de llourbavannes, 1° Antoine, né en IS8i, qui con­
tinua les barons de Cornay; il perdi� la vue au s ervice du roi, à la défense de l'ile
,I de Ré, ou il commandait, comme lieutenant-colonel, le régiment d'infanterie du
Plessis-Praslin, et reçut la croix de l'ordre ; i• Claude, tige des marquis de Lan­
çon, éteinte en t734, et dont la succession revint à cette époque à la branche
ainée de Cornay. Claude de Pouilly, né en tS9S,rut seigneur de Lançon, de Binar•
ville, de Marcq ; il rut maréchal des camps et armées du roi , commandeur de son
ordre, gouverneur de Casai, en Italie, où il rut tué en 1633. n avait épousé, en
1610, Marie d'Estivaux, dame et héritière de Mélimé, de .Montgon, de Neufville,
de Châtillon-sur-Bar , qu'elle lui apporta en dot, qui Je rendit père de Jean de
Pouilly, marquis de Lancon, par lettres patentes de 1680, lieutenant-général des
armées du roi, mestre de-camp du régiment de cavalerie de son nom(créé en 1673),
grand cordon de Saint-Michel, gou\'erneur de Mézières, ou il mourut en 168t,
veut ck>puis 1683 de Charlotte-Françoise de Ligny, fille de François, vicomte du
Charmel, etc.,sénéchal de Lomine, et d'Henriette de Gournay, el sœur, entre au­
tres, de Marie de Ligny, femme d'Antoine Egon, prince de Furstenberg. - Il tut
inhumé avec sa femme au pied du maitre autel de l'église paroissiale de Mézières
sous une tombe de marbre noir portant cette inscription : c Cy gissent les corps
cde noble et puissant seigneur,messiro Jean de PouiUy, chevalier, marquis de Lan•
c çon, NeuMlle, Mélimé, .Montgon, Binarville,etc., maréchal des camps ès armées
c du roi, gouverneur des ville et citadelle de Mézières, lequel décéda le 13 février
c de l'an t68S, âgé de cinquante ans, et de noble et puissante dame, Charlotte de
c Ligny, son épouse, laquelle ùécéda le iS aoClt de l'an 1683, âgée de quaradle
cet un an. - Priez Dieu pour leurs âmes., (6)
Henri de Pouilly, marquis de Lançon, son fils ainé, naquit en 1661, et mourut
au camp de .Meiden, près de Gand, des suites de ses blessures, le IS juillet 1696,
à l'àgf' de trente-quatre ans, étant mestre de camp de cavalerie, enseigne des gardes
du corps (compagnie écossaise), uec rang de brigadier et gouverneur de Sainte­
.Ménebould, sans laisser de postérit1:. Son corps repose dans le chœur de l'église
paroissiale de Crux-Honthcim, d'après ses dispositions testamentaires. - Jacques,
frère d'Henri, marquis de Lançon, après son frère, né en 167f, d'abord chanoine•

(a) Il avait épousé en premières noces Philippine de Nettancourt-Vaubecourt,


qui mourut sans enfants, en IS79.
( b) li y a évidemment erreur dans cette inscription. Jean de Pouilly né en 16ilt,
avait par conséquent soixante ans a l'époque de sa mort.

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- l6 ._

il reçut commission de mestre de camp pour levèr un régiment de


cavalerie, dans lequel fut incorporée sa compagnie, et eut destina­
tion de couvrir les frontièrP,s de Champagne. Dans le courant du
mois de septembre i590_ _. ayant été informé qu'un grand nombre
· de troupes lorraines s'approchaient de Sainte-Ménehould, il se
jeta dans cette place avec Claude de Joyeuse, comte de Grand­
pré (i), Jean de Nettancourt-Vaubecourt, Louis de Beauveau­
d'Espense, d'Inteville et plusieurs autres officiers, dont quelques­
uns avec leurs régiments ou leurs compagnies, tous am�nant avec
eux des vivres et des munitions de guerre, et lorsque, dès les pre­
miers jours d'octobre le duc de Lorraine se présenta aux portes de
la ville, à la tête d'un corps d'armée de ¼0,000 hommes et avec
une artillerie considérable, il y trouva bonne défense. Après plus
de trois semaines d'efforts infructueux, le duc prit le parti de se
retirer, le io octobre , non sans uoir perdu . beaucoup de
monde (i).
L'année suivante il assista au siège de Noyon, qui fut pris le i9
août, et accompagna ensuite le roi à Sedan, où ce prince allait
faire célébrer le mariage de Henri de La Tour-d'Auvergne, vicomte
de Turenne, avec Charlotte de La Marck, héritière du duché de
Bouillon et de la souveraineté de Sedan. Le -i5 octobre i59i Ste­
nay ayant été surpris et emporté d'assaut, à la faveur c:ie la nuit,
par le vicomte de Turenne, le jour même de ses noces (3), le
baron de Cornay_, qui faisait partie de ce�te expédition, en fut
nommé gouverneur(.&). Ses premiers soins furent de faire dresser

comte de L)·on, abbé commandataire d'Orbais , puis guidon des gendannes de la·
garde du roi, mestre de camp, b,lessé mortellement au siège d'Atb,:en Hainaut, en
t 701 , transporté dans son château de Mélimé, y mourut peu après, le M avril, à
l'âge do trente ans, sans aYoir été marié; - Henriette de Pouilly, marquise'lle
Lançon, leur sœur, chanoinesse-comtesse de Remiremont, fondatrice, en 1718, du
couvent de Lançon, mourut en 1734, laissant tous ses 1:,iens à Charles-Adrien de
Pouilly, son cousin, de la branche de Cornay.
(l) Claude de Joyeuse qui rannée suivante, quitta le parti d'Henri IV, pour
suivre c.elui de la Ligue, à l'excmplc•de la ·branche ainée de �a maison.
(i) Claude Buirette, Hiltoir11 d11 Sainte-Mémhould, p. US et i'l'!.
(3) Art dtl vérifier le• date,. - De Thou, t. xi, p. 449,-Biographie arclfn•
,aai,e. - Quand Henri de La Tour, au retour de son expédition, viùt àu lever du
roi lui apporter la nouvelle de la prise de Stenay :·Ventre-saint-gris,· 1ui dit ce
prince, je ferais souvent de semblables mariages, et je serais bientôt maitre de
mon royaume, si les nouveaux· mariés me faisaient de pareils présents'de noces.
(-') Dom Calmet, Notice dtl Lorraine. t. u, art. Stenay.

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1 • 9 ·'

- 11 -

le plan d'urie. nouvelle citadelle , qui ne put cependant être exé­


cutée que quelques ànnées après, sous son successeur, à cause du
peu de repos que lui laissaient les armées lorraines. (Dom Calmet,
lieu cité).
. Dès Je mois de décembre, le duc Charles Ill tenta de reprendre
cette place, mais il fut forcé d'en lever le siége avec perte. -Jean­
Louis de Lenoncourt, grand mattre de l'hôtel de Lortaine , gou­
,·erneur de Villefranche, y fut tué aux côtés du duc (t). Le 13 oc­
tobre 1592, il conduisit la garnison sous ses ordres au secours de
Beaumont-en-Argonne, et la commanda au combat qui eut lieu
le lerideruaio sous les murs de cette �ille , où le nouveau duc de
Bouillon, qui fut blessé dans cette affaire de deux coups d'épée,
battit les Lorrains, qui laissèrent dans cette journée sept cents
morts sur le champ de bataille; de ce nombre fut leur général Ar­
;-
fricain d'Anglure, prince d'Amblize, maréchal de Lorraine ; le
maréchal· du Barrois, Nicolas-Simon de Pouilly, baron d'Esnes,
ancien gouvem�ur de Stenay, pour le duc, qui commandait leur
cavalerie , y fut grièvement blessé et fait prisonnier (i).
Le duc de Lorraine tenait beaucoup à la possession de Stenay la
clef de ses Etats du Barrois ; aussi, au commencement de l'année .
1593, il vint de nouveau avec son fils, le prince Henry, mettre le
siége dennt cette ville; et cette fois encore , malgré les forces im­
posantes dont il disposait, malgré l'ardeur dont ses troupes étaient
animées, ses efforts demeurèrent impuissants devant la vigoureuse
_défense de la place (3) '.
En 1594, appelé par le roi, Louis de Pouilly alla servir au siége
de Laon (.fr), qui se rendit le i àot\t, et contribua, la même

(l) Dom_ Calmet (lieu cité) rapporte cet événement à l'an U391 au commence.
ment de l'année ; mais le père Anselme, dans sa généalogie de la maison de Lénon
court, dit que Jean de Lenoncourt, �and maitre de l'hôtel, el surintendant des
finances de Lorraine, fut tué au siège de Stenay en dêccmbre l59l_ (le 7 selon
M Jeantîn). Il laissa son nom à la Croix du Grand-Maitre, entre S\enay et
Mouzay. ·,
(i) L'abbé L'Ecuy, ..4.nnalt, d'lvoi,, Carignan tt dt Jlotuon, {822, p. 301
etsœ.
(3) Dom Calmet, lieu cité. - Dom Calmet cite comme s'étant particulièrement
distingué à cc.siège, du côté des Lorrains, Jean de La Cour, colonel du régiment
d'Esnes (Pounty).
(-1) Où fut blessé Jacques de Roucy, premier baron de Termes, colonel d'infan-
· ·
terie.

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- 18 -

année, sous le maréchal de Bouillon, à la reprise d'Ivois, de la


Ferté et autres places frontières du Luxembourg (t). Il continua
ensuite, malgré les attaques continuelles des garnisons lorraines
de Jametz, Je Villefranche et de Dun, d'occuper avec honneur le
gouvernement de Stenay jusqu'en i595, que cette ville ayant été,
par convention du 9 octobre, rendue au duc Charles, ce prince y
mit pour gouverneur Simon II de Pouilly, marquis d'Esnes qui fut
maréchal du Barrois, fils de Nicolas-Simon qui précède (i).
Déjà, antérieurement à cette époque, dès le commencement
des guerres de la religion, un baron de Cornay , Louis de Pouilly,
oncle de celui qui nous occupe, et nommé comme lui, s'était dé�
claré contre la maison de Guise. Député de la noblesse aux Etats­
Généraux d'Orléans, en {560, il embrassa te parti de la Réforme,
et füt un des principaux chefs de l'armée du prince de Condé, puis
de celle de l'amiral de Coligny, dans laquelle il partagea avec le
seigneur de Rou,Toy, la charge de colonel-général de l'infanterie.
Au combat de la Roche-1' Abeille, dit de Brassac en Limousin, le

(lJ Lettres du maréchal de Bouillon.-Nobiliaire tù Champagne.


('¾)Simon de Pouilly, marquisd'Esncs, comte de Louppy-aux-deux-Chàteaux, baron
de Manonville, etc., sénéchal, puis maréchal du Barrois ( t 6i0) chambellan, conseil­
ler intime et d'Etat du duc de Lorraine, mestre de camp du régiment de cal-alerie
de son nom, né à Esnes en 1563, lils de l'iicolas-Simon de Pouilly, baron d'Esnes,
maréchal du Barrois, etc., cl de Anne de Monthureux, était de la même ramille que
Louis de Pouilly, mais d'une branche restée en Lorrainc.-11 mit à exé1..-ulionle pro•
jet de son prédécesseur. - Les fortifications de Stenay furent reconstruites sur
des plans plus modernes, et l'antique château-fort dis;,arut pour faire place à une
citadelle dont la ,·onstruction a été vantée par les hommes de l'art. (Géographie
hillorique du département tù la Meu111.) - Stenay, pendant les guerres de Ja·
Fronde, servit de retraile et de place d'armes aux princes mécontents; et ce qui
prouve l'importance qu'avait alors ce poste militaire, c'est qu'une médaille rut
frappée en mémoire de la prise de celle \'illc, en fGS-1, par ordre de Louis XIV
qui avait assisté au siégc. Ce mèmc roi en fit raser les fortifications et la citadelle
en t689.
Simon de Pouilly occupa le gom·crncmcnt de Stenay jusqu'au i juillet t63¾,
époque à laqueHe cette place, ainsi que rcllc de Jametz, fut remise pour quatre
ans entre les mains du roi de France comme gage de la paix. Il fut le dixième cl
dernier gouverneur de cette ville du nom de Pouilly. Il se retira dans sa terre de
Louppy, oil il mourul, le t 7 avril f633, de la peste, dit-on, sans laisser de postérité
mâle. Cc fut lui qui fit bâlir le beau chàtcau mod(>rnc actuel de Louppy. li avait
obtenu l'érection de cette terre en comté. en t6i8, et l'érection de la terre d'Esnr.s
en marquisat, en 1633.-Scs filles prirent alliance dans les maisons de Coligny; de
Commingcs-\'ervins; du Chàtclct-Lorrainc, de Redon de Pranzac , et de Pottiers.
- La dernière qui sul"\'écut fut Claude-Françoise-Angélique de Pouilly, morte en
f67:!, et enterrée dans la chapelle de Sain1e-Elisabcth de Hongrie, bâtie par la reine
de France, Anne d'Autriche, au bout de l'église des Cordeliers de Saint-François
(quartier de Saint-André des beaux-arts). Piganiol de La Force, dans sa Dt,cription

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- t9 -

U juillet HS69, il commanda avec ce même seigneur de Rouvroy,


le quatrième corps de l'armée calviniste, et contribua puissam­
ment au gain de la bataille, en chargeant vigoureusement le corps
de Philippe Strozzi, colonel-général de l'infanterie catholique, qui
fut fait prisonnier dans cette journée (Histoire de Charles IX, par
Varillas, p. 49i, t94, .05, t. 11). Ce Louis.de Pouilly mourut sans'
avoir été marié en t579. U était fils de Henry de Pouilly et de
Jeanne de Grandpré.
Il en fallait moins pour attirer sur lui la vengeance des ligueurs.
Ainsi se trouveraient naturellement expliqués les motifs de la des­
truction du château de Cornay. A l'appui de cette opinion vient
une charte du i8 avril 1601 , de Louis de Pouilly, dont il vient
d'être question, qui convertit en une redevance de quatre deniers
tournois par habitant, le service du guet ou voëtte, que chacun
était tenu de faire au donjon de Cornay (t). Il en est de même pour
le fossage, qui est changé en une redevance annuelle de deux sols six
deniers payables au jour de Pasques par chaque bourgeois qui, au­
paravant, était obligé de travailler ou de faire travailler aux fossés

d11 '" FrGnce, t. v1, et le président Huraultz, dans son Dictionnaire de Pam,
t vol, 1769, ont conservé son épitaphe ainsi conçue:

Cy Gi,t
Trè, illu,tr11 et pui11Gnt11 DGm11, JIGdGme ClGude-FrGnçoi,11
Ângéliqu11 de Pouilly d' Eine, Marqui1e d'Eine, Baronne
de JIGnonville, etc., épou,e de trè1-illwtre et pui11ant
Me111ire Alezandre, Marquil de Redon, d, Pra111Gc et
D'Gutre, lieu;,;, et Souverain d'Àrgillier,, laquelle
Etant ,updt·ieure de cette congrégation ,ou, la Reine
Trè1-chrétienne, ach111Jlf ,aintemmt ,a vie le 22 mari
t6ii.

NoT.i.. - L'église de Saint-François et la chapelle ont été détruites à la.Révo­


lution de 1789.

(l) Le servicP. du guet, ou voëlle, consistait à monter la garde au chàteau.


Guet· se dit en latin cu,todiœ, ezcubiœ, vigilia, mols qui signilient également
garde, ronde, patrouille, scntin<:lle garnison; faire le guet, cwtodire, ezcvbare,
11igilitu agere. - Voëlle, par corruption, vient de la basse latinité; Wactœ ou
Wagtœ signilie la même chose que les mots précédents , et on en a fait Vol!tte,
selon Du Cange; d'autres le font dériver du mot Yidere.-On dit encore dans les
campagnes vol!ttcr pour regarder, observer.

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- !Q,-

du chAteau pendant une semaine : et ceci se passait bien avant la


tout�puissance du Cardinal-Ministre.
Outre le service militaire du chAteau (guet) que les habitants de
Quarnay et de Fléville, et ceux de plusieurs villages voisins étaient
tenus de faire à tour de rôle, ils devaient également aux sires de
Quamay le service de chevauchée pendant un jour et une nuit à
leur coust, et pendant le reste du temps au coust du seigneur (t) ,
ainsi que J'aide chevel (Cl). D'après une· charte du mois d'avril tiSj;
où nous puisons ces renseignements, et qui sera rapportée plus
bas, il y avait à Cornay et à FléviUe quatre échevins (3). Ces magis­
trats étaient élus par les bourgeois, dont ils étaient les représen•
tants, mais ils devaient être agréés et institués par les seigneurs,
et ils étaient renouvelés chaque année. Ils étaient chargés de la ré­
partition et de la perception du droit d'assise, autrement dit tira­
ge (4), et devaient à cette fin, aussitôt après leur entrée en fonctions,
dresser un rôle contenant tous les habitants de la seigneurie, et un
autre contenant toutes leurs bêtes tirantes et servant au bAt , et qu'ils
remettaient entre les mains 'du seigneur. Ils pouvaient juger les
causes légères, et avaient ainsi ce qu'on appelait anciennement la
basse-justice. Ils étaient dispensés de tout service, excepté de celui
de surveiller les corvées, et étaient exempts de tout droit d'assise
et autres tant que durait leur charge (5). Ce temps apporta bien

(1) Chevauchée et host signifiaient indistinctement tout service militaire dù par


les vasseaux à leurs seigneurs.-Ce devoir féodal consistait non-seulement, à accom­
pagner son seigneur qui allait à la guerre pour le servit-e du roi, mais aussi à le
ser,·ir dans ses querelles particulières. Il y anit cependant de la différence entre
l'une et l'autre, comme on le voit dans l'ancienne coutume d'Anjou, qui dit que
• bost était pour défendre son seigneur. c'est-à-dire que le service d'host se faisait
dans le pays même et pour le défendre, au lieu que le ser\'ice de chevauchtle se
faisait pour les guerres du seigneur, mème hors les limites du territoire. - C'est
par corruption que l'on a dit ost qui signifiait en vieux langage, armée, du mot latin
ho•ti• (V. Saint-Allais, ancienne France, etc.)
(:l) .Aide, aidc-chcvcl, droit ainsi nomm(.I, parce qu'il était dù au chef-seigneur.
- On en distinguait de trois sorl<'s; l'un était l'aide de cavalerie ; il se payait
lorsque le seigneur faisait son fils chernlier; l'autre, l'aide de mariage, lorsque le
seigneur mariait sa fille; le troisième était l'ai,le de rançon, quand le seigneur
était fait prisonnier. (V. Dict. Trévoux, etc.)
(3) La charte de USi, concerne tlgalement Fléville, (p<'ut-être quatre pour les
deux villes.)
(-4) Dans les anciens déoombremeo!s, on trou\'e droit ù'assises, bourgeoisie,
congé, autrement dit tirage; dans les déoomhrements plus modernes on trouve
simplement droit de tirage.
(S) Chartes de US'.i, 1601, 1683 el différents dénombrements.

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- it -

quelques change_ments dans le mode d'administration, et dans les


noms des officiers municipaux ;-plus tard les seigneurs, las de ren­
dre eux-mêmes la justice, établirent des baillis ( i) ou prévôts pour
les remplacer; -mais toujours les nouveaux règlements, jusqu'en
t.789, eurent pour base la charte de t282. Une clause assez singu­
lière de cette charte est : que toute personne habitant Quarnay ou
Fléville pourra prendre femme ou mari où bon lui semblera,
excepté cependant dans l'étendue de la comté de Bar ou de la
comté de Grand-Pré.
Il y eut à Cornay jusqu'à la suppression des droits seigneuriau�,
justice basse, moyenneet haute.Elle s'administrait dès le XVI•siècle
par un bailli, désigné quelquefois sous le nom de prévôt , un lieu­
tenant du bailli , un procureur fiscal (2) et un sergent (3) chargé
de faire rentrer les rentes et amendes. Ces officiers étaient à la no­
mination du seigneur et révocables à son gré. Les bourgeois con­
tinuèrent à être représentés par deux échevins qui devaient prêter
serment entre les mains du prévôt de Cornay ou de son lieute­
nant (4), et étaient élus chaque année au jour de Saint-Denis, jus­
qu'en t683, époque à laquelle par une charte ou transaction passée
le i9 octobre entre Charles de Pouilly, baron de Cornay et ]es
habitants dudit lieu, il fut arrêté qu'il n'y aurait plus à l'avenir
qu'un échevin, nommé par le seigneur, ayant les mêmes attribu­
tions et jouissant des mêmes prérogatives que ses prédécesseurs (5).
Le village fut brûlé en t552, en même temps que Grandpré,
par les troupes wallonnes de Charles-Quint, et rebâti plus pres de
la forteresse. Le nombre et l'étendue des fondations que l'on a
rencontrées et que l'on rencontre encore en cultivant la terre,

(t) De là la dénomination de grands et de petits baillis.


('!) Le procureur fiscal se disait seulement des officiers des cours suhallernes ou
des seigneurs. Cet officier était chargé de l'intérêt public, représentait la commu­
nauté.
(:S) Huissier, lictor.
(-1) Les échevins de Flérllle devaient également prêter serment pardevant le pré­
vôt de la justice de Cornay, d'après la charte du t8 avril tGOl, cc qui annonce­
rait qn'il n'y avait à cette époque qu'unn justice pour les deux villages, quoiqu'en
1683 il y eût deux justices séparérs.
(!3) Voir à l'appui les chartes susdites de 160(, t683, dont nous donnons des
extraits et aussi les dénombrements de tS!9, 1S38, 1S73, 168" et 1761.

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- H -

dans l'ancien emplacement du village, prouvent qu'il était beau­


coup plus considérable alors que de nos jours. Une partie de cet
emplacement est désignée sous le nom de Champ-Saint-Nicolas, ce
qui porterait à croire que l'église dédiée à Saint-Nicolas, patron
de Cornay, était placée en ce lieu : une autre partie est désignée
sous le nom de La Chapelle; en cet endroit est un clos que l'on in­
dique comme ayant été le lieu de la sépulture des protestants qui
composaient autrefois une partie de la population de Cornay. -
Une croix plantée sur le Grand-Bel, rappellerait, selon les anciens
du pays, une mission célèbre dans la contrée par l'extirpation des
derniers restes de cette hérésie (t). Aucun document ne peut ser­
vir à préciser l'époque de cette mission; néanmoins il faut la re­
porter avant l'an t683, époque où il est parlé d'une chapelle de
Saint-Nicolas, tombant en ruines, et laquelle, avant d'être dédiée
au patron de Cornay, a dû, selon toutes probabilités, appartenir
aux Calvinistes.
Cette terre, qui était anciennement une sirerie (2), passa en l'an
t360, de la maison de Quarnay, qui la possédait originairement,
dans celle de La Loge par le mariage de Gillette de Quar­
nay (3), héritière de ce domaine, avec Jehan de La Loge. Cette
dernière famille n'en fut pas longtemps en possession, car en U26,
Messire Jacques de Grandpré, chevalier, seigneur de Hans (4) et

(t) �aguère encore, le tS août, jour de la fète de la Sainte-Vierge, on faisait à


Il la croix du Bel une procession en mémoire du vœu de Louis Xlll.
(i) Le litre de Sire s'attachait non-seulement à la personne, mais encore au fier,
à la seigneurie, et l'on appelait •irerie la terre du seigneur qui avait le titre de
sire, lequel titre, en füit de seigneurie, surpassait celui de seigneur. Les grands
seigneurs de fiers, les hauts barons de France prenaient ce titre dans les XI•, XII•,
XIU-, XIV• et XV• siècles, et il semblait leur être réser\'é particulièrement. -
Depuis le XVI• siècle le titre de sire rut exclusivement réservé pour nos rois el
les divers souverains , soit en leur parlant, soit en leur ècrh'ant. (V. Saint-Âllai,,
ancienne France, 1. 1, Tré,·oux, etc.)
(3) Gillettc de Quamay était fille de Miles de Quamay, pctitC:.fillc de Jchan de
Quarnay et de Sanche, sa femme , arrière-petite-fille de Milon de Quamay, et de
Marguerite, sa femme, et deuxième arriére-pclilc-fiilc ·de Eudes de Quarnay et
d'Agnès, qui fondèrent en Ut t la chapelle du château de Quarnay. - On trouve
une charte de l'an t3G3, par laquelle Jchan de La Loge, sire de Quarnay du chef
de sa femme Gillcllc de Quarnay, rait du consentement de cette dernière, une
donation à la chapelle précitée. (Voir infrà, un extrait de celle charte et la
chronologie des seigneurs de Quarnay).
(4) Fils de Henri de Grandpré, tige dt.s seigneurs de Hans , et pelll-fils de
Jean li, comte de Grandpré.

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des Armoises, devint seigneur de Quarnay, comme héritier de


Guyt de La Loge, fils de Jeban, et en i.Ut, le 9 aot\t, il l'échan­
gea (i) avec son neveu à la mode de Bretagne, Edouard de Grand­
pré, écuyer, seigneur d'Escry, d'Imécoort et de Saint-Georges (2),
contre les chàteau, terre et seigneurie d'Escry. Cet échange- fut ra­
tifié en U43, par acte du '.U avril passé pardevant Jehan Chap­
peron et Jehan Hubert, notaires-jurés du roi en la prévôté de
Sainte-Ménehould, par Mahaud de Rubempré, femme d'Edouard ,
alors comte de Grandpré, laquelle avait son douaire assis sur la
terre d'Escry, et par Isabeau de Béthune, veuve de Jacques.
Edouard mourut sans enfants en i 46i , après avoir la même année,
vendu le comté de Grandpré à Quentin le Bouteiller (par acte du
!!6 juin), et eut pour héritier Gobert I•• de Grandpré , son cousin-

( t) Par acte passé à Paris le mercredi neuf août, pardevant Estienne Contesse
et Pierrot Landreau, notaires-jurés du roi en son Châteler de Paris, et publié par
Messire Ambroise , seigneur de Love, baron d'Ivry, chevalier, conseiller cham­
bellan du roi et garde la prévôté de Paris. - Lequel acte transcrit mol à mol par
les notaires ci-dessus, sur uuJ cédule écrite en papier par les seigneurs Jacques
de Hans et Edouard de Grandpré, el signée d'eux, renfenne les conditions prin­
cipales suivantes ; Jacques Je Hans cèJe à Edouard de Grandpré les chasteaulx,
terres , chastellcnic , seigneurie , appartenances et appcndances de Cornais, cl
Edouard de Grandpré cède en échange a Jacques de Hans, les chasteaulx, terres,
seigneurie, appartenances et appcndanccs d'Escry, (aujourd'hui À•feld), à la
l barge par le dit Edouard de payer : t• au seigneur de Lor , une renie de tOO
livres parisis (la livre de 25 sols), établie au profil de ce dernier sur la terre
d'Escry, ou d'en opérer le remboursement au denier tG; 2° a Anthoine de Cha­
bannes, la somme de â80 hvrcs tournois une fois payée, pour une obligation que
le dit Anlhoine a sur le domaine d'Escry; 3• onze saluts d'or ou quatre-vingts
francs a la comtesse de Ligny , moyennant quoi la terre d'Escry sera libre et
franche de toutes charges.-La cédule S<' termine ainsi: Et proml'ttons par ceste
présente cédule que nous avons signeit de nos propres sings manuels de passer lun
a l'autre par eschangcs lradsports el meilleur garanty que faire se pourra les chas­
teaub:, terres , chastcllcnic , seigneuries appartenances dessuz ditez aux charges et
conditions dessuz ditez dedans ung moys après nos Ire retour du sicgc de Pontoyse cl
nous eslans retournes en notre pais fait l'an mil quatre cens et quarante et ung le
mercredy neuf jours du moys daoust. Ainsi signé Jacques de Hans et Edouard
de Grandpré.
(Dans cet acte Jacques de Hans est qualifié monseigneur et i;a femme est quali­
fiée noble dame madame Isabeau de Béthune , comme étant la femme d'un che­
valier. - Edouard ne porte pas celle qualification comme n'étant qu'écuycr, el sa
femme est qualifiée noble demoiselle mademoiselle Mahaud Je Rubemrré).
('t) Edouard II, fils d' Edoua1 J 1, comte de Grandpré, ne portait 110101 ce titre l
celle époque; le .:omté de Grandpré, ainsi que la forteresse, étailalors occupé par
Robert, duc de Bar: il en fut remis en possession en U.(3 par René d'Anjou, héritier
du duché de Bar, par donation de son granJ oncle, le cardinal Louis, duc de Bar,
fils de Robert.

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- '.U -

germain (t), qui fut sire de Cornay et de Fléville. Le fils de ce


dernier, Gobert II de Grandpré, ne laissa de Claude du Bois-Roucy, ...
qu'il avait épousée en USI , que deux filles, dont l'atnée, Jeanne,
qui recueillit la majeure partie de la succession paternelle, fut
dame de Cornay, de Fléville, de Marcq, la Grande et la Petite
Besongnes, ·de Lançon, de Binarville , de Boureuilles, de Vienne­
la-Ville, de Domptmartin-sous-Hans et de Courtemont.
. Cette riche héritière· épousa, en 15M, par acte .du 25 mars,
Henry, sire de Pouilly, chevalier, seigneur de Pouilly-sur-Meuse.
de Baalon, de Quincy, Cervisy, etc., gentilhomme de l'ancienne
chevalerie de Lorraine, lieutenant de cent hommes d'armes des
ordonnances du roi Louis XII dans la compagnie de Robert de La
Marck .2- du nom, duc de Bouillon et seigneur de Sedan, puis
l'un des chambellans du roi François 1°• (i).
La sirerie de Cornay mouvait en plein fief du roi; elle fut érigée
en baronnie, en t508, en faveur de ce même Henry de Pouilly
--
dont il vient d'être question.
Au pied, et sur le prolongement du monticule, dit le Vieux-Châ­
teau , dont il a été parlé au commencement de cette notice, est
bàtie l'église, appuyée à l'est et au sud, sur de hauts murs de sou­
tènement , et dont le sanctuaire, qui c.late du commencement du
Xlll• siècle, faisait autrefois partie de la chapelle castrale. On y
communiquait du donjon par un escalier souterrain descendant en
spirale jusqu'à une poterne s'ouvrant en face du portail.

(t) Gobert et Edouard de Grandpré avaient pour aîeul commun Jean 111, comte
de Grandpré, ;;;ort en l3i4, et pour aïeule, Catherine de Châtillon-Saint-Pol. Go­
bert était fils de Féry de Grandpré, chevalier, seigneur de Verpel, Vonc et Quatre•
Champs, qui rut tué à Paris, le li juin 1418, dans une émeute qui eut lieu contre
les Armagnacs (voir le père Anselme); il a dil avoir pour femme Alix du Chàtelet•
Lorraine, rar Oil trouve, Cil date du t I no,·embre U7t, une quiuance de madame
Alix du Châtelet, dame de Port-sur-Scille et de Cornay, en farnur de l'abbé et du
couvent de Chéhéry; relie quittance est sœllée d'un sceau dont l'empreinte re•
présente les anncs du Châtelet-Lorraine, - d'or, à la bande de gueule, , char­
gdc de 3 fleur, de ly• d'nrgmt, - accok-es a,·ec celles de Grandpré, - bureU
d'or et de gi.eul�• de iO pièce,.
(t) IYHozier, Nobil. de Champagn, art. Pouilly. -Le père Anselme.-Marlot,
Hùt. de Rheim,. - Ce� historiens qualilient Gobert Il, comte de Grandpré. -
Béatrix, sœur cadette de Jeanne, partatrca pour une moindre portion dans les biens
paternels, et eut les terres de Sommerance, Champigneulles, Saint-Georges et
Saint..J uvin.

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·
Cette chapelle, de style gothique moderne, fut fondée, en -1�t t ,
par Eudes, chevalier ,· sire de Quarnay,, et Agnès sa femm�, qui
la placèrent sous le patronage de l'abbé de Chéhéry.
. L'abside, seule partie de l'ancien édifice qui subsiste encore,
est d'une architecture élégante -et hardie, et contraste avec la nef;
qui est d'une construction bien plus récente. Elle a ,·ingt-six.
pieds de long sur-dix-sépt de _large: et vingt-quatre de hauteur; sa
voûte gothique, soutenue par huit colonnes �n faisceau ( y èompris
celles de l'arc triomphal) e�à croisettes avec nervures, ogh·es et
arêtes : elle est éclairée par sept fenêtres hautes et étroites, à vous•
sure ogivale, La plate-bande, ·qui règne au-dessous des fe�t-res, est
supportée pat treize petites arcades gothiques. A gauche de-l'autel�
entre la première et la seconde. colonne, est' la chapelle castrale
actuelle; elle est à voûte surbaissée, avec nervures et culs de lampe;
elle a douze pieds de profondeur et dix de largeur, avec ·porte
. donnant_, accès du jardin du château actuel·( qui n'étai( autrèfois
que des bâtiments de dépendance) : vis-à-vis est• la sacristie assise
sur le mur de terrasse ati midi.
En i854 et i855, ce sanotu·aii:e, qui menaçait de tomber en
ruines, fut démoli et- réédifié exactement tel qu'il était avec les
mêmes matériaux hormis ceux défectueux qu'on a· été obligé de
remplacer. On a joint à la nef un fort beau porche ou tour carrée
gothique, qui supporte le clocher. Ces travaux ont été exécutés
d'après les plans et sous la direction de M. Marin, architecte de
l'arrondissement de Vouziers, et ont coûté 30,000 francs. La
chapelle castrale a été également réédifiée, mais aux frais de la
famille de Poui\ly, qui en est propriétaire ou du moins usufruitière.
On voyait encore, avant la démolition du sanctuaire, sur les
murs intérieurs, la ceinture funèbre ou litre, qui était l'emblême
d'un droit honorifique appartenant à tout seigneur, patron, fon­
dateur et haut justicier (t). Cette litre avait été peinte pour la mort

(t) On appelait lilres les ceintures funèbres, ou traces Je peinlure noire, de la lar­
geur dcdcu.,: pieds au plus, qui étaient mises toul autour d'une église ou d'une cha­
pelle, eil dedans el en dehors, en signe du Jeuil du patron ou du seigneur haut­
justicier, sut lesquelles les écussons de ses armes étaienl peinlS de distance en
distance. . . . .
Les honneurs de l'cglisc et prééminences. appartenant aux patrons, fondateurs
3

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- i6 -
d'André II de Pouilly, baron de Cornay, décédé en ,t 788, et re­
couverte en t79t par de hautes boiseries provenant de la cliapelle
de Chéhéry.
Par l'acte de fondation , Eudes de Quarnay , et Agnès , sa femme,
assignent quarante pièces ou sous d'or (solidos}, plus quarante
septiers de froment, mesure de Rheims, de rente annuelle et
perpétuelle, à prendre savoir : les quarante sous d'or sur les cens
des prés de Fléville et sur le four banal de Quarnay, les quarante
septiers de froment, savoir : trente-cinq sur les terrages de Fléville,
et cinq sur la dîme de Marcq, pour le traitement du chapelain qu'ils
mettent à la nomination de l'abbé de Chéhéry. A celte charte est
appendu un sceau en cire verte, dont l'empreinte , en très-bon
état de conservation, représente, sur son cheval de bataille, un
chevalier armé de toutes pièces (t}; sur l'écu ou bouclier d'argent
sont les armes de Quarnay : neuf annelets posés 3 3 3, dont on ne
peut distinguer l'émail; des trois annelets inférieurs on ne voit
d'entier que celui du milieu, les deux autres étant coupés dans leur
moitié par la pointe de l'écu; légende : Sigillum odonis de làrnaio.
Albéric de Humbert, archevêque de Rheims, confirma celle do­
nation par sentence de l'an i2t2 (2}; de même en i24,0 Juhelle
archevêque du même siége (3}.
Voici la teneur de ces actes :
I • Charte de fondation de la chapelle du château de Ouarnay, par
Eudes, sire de Ouarnay, en 121 1.

Ego Odo Dominus de Quarnaco presentibus et futuris notum facio quod de

et hauts justiciers seuls, consistaientdans la préséance a l'église 1>t aux assemblées


qui se tenaient pour l'entretèuement el les réparations d'icelle, à avoir le premier
l'aspersion de l'eau bénite de la main du curé, l'encensement, Ir baiser de paix, le
pain bénit, la recommandation particulière aux prières publiques, bancs et sépul­
tures dans le chœur, litres ou ceintures runèhres, et enfin à précéder tous les
autres aux processions et offrandes; cl, en outre, dans le droit de présentation
pour la cure ou bénéfice (ou plutôt de nomination; la personne nommée par le
patron recevant des lellres de l'évéquc).
(t) Les chevaliers avaient seuls le droit de se servir de tels sceaux.
(i) Ces deux chartes parfaitement c-0nservécs, sont des modèles de c�lligraphic,
surtout celle de l'arehevè<1ue Alhéric, par la netteté et la beauté des caracteres.
Celle de Juhelle n'est qu'une copie sur papier.
(�) Plutôt Juhel. - Juhel de Saint-Martin, d'abord archcv�que de Tours, fut
élu archevéque de Rheims en l:UO, et non en ti-(3, comme le disent MM. de
Sainte-Marthe. JI mourut en t:t.49.

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- t1 -
assensu -et laude Agneûs uxoris mee Et liberorum nostrorum pro salute anima•
rum nostrarum et antecessorum nostrorum constitui capcllarn in castro meo de
Quamaco assignans' omnibus capellanis qui in cadcm capella dcservienl Singulis ·
annis XL solidos Rcmcnsis monete , XX1i scilicet sumendos solidos ad festum
Sancli Johannis Batiste ln ccusu pratorum meorum de Felevilla et in furno de
Quarnaco; alios XXti solidos in nativitate Domini necnon et XL sextarios frumcnti
ad mensuram remenscm, triginlaquinque sci}icet scxtarios sumendos in terragiis de
Felevilla et quinquc in decima de March. Quod si de decima aliqvid dcfucrit ,
supplcbitur in terragiis supradictis. Et quia jus parrochieejusdem castri spectat ad
ecclesiam de Kaheris, ius etiam dicte capelle abbati de Kaheri coufero et conccdo
ut quociens eandem capellam vacare contingerit, dictus atbas tanquam patronus in
eadcm suslituat capellanum. Que omnia supra dicta ut rata permaneant presentem
paginam sigilli nostri appositione confii'mo. Actùm anno Domini millesimo ducen.
tesimo undecimo.

'!• Charte tJ:..4.lbmc th Hvmbwt, archtN�<J'H th RMim,, qui COfl/ÎNM la


fOflclotirm de la chapelle d, Qvomay, l212.
Albericus Domlni gratia Remensis archiepiscopus omnibus prescntes litteras
inspecturis in Domino salutem. Noverit universitas vestra quod Odo Dominus de
Quarnàco et Agnes, uxor ejus, in prœscntia nostra constituti, prosalute animarum
suarum et antecessorum eorum , in castro suo de Quamai capellam constituerunt,
assignantes omnibus capellanis qui in eadem capella dcscrvient , siogulis anois,
quadraginta solidos Remensis mouete; viginti scilicct solidos sumendos ad festum
sancti Johannis Baptiste in censu pratorum suorum de Felevilla, et alios in furno
de Quarnai, in nativitate D0111ini sumendos. Necnon.et quadraginta scxtarios fru­
menll ad mensuram remensem , triginta quinque scilicct scxtarios surnendos in
terragiis suis de Fele,·illa, et quinque in decima sua de March. Quod si de dec1ma
aliquid defuerit, supplebitur de terragiis supradiclls. Et quia jus parrochie ipsius
castri de Quaroai spectat ad ecclesiam de Chaherio, jus etiam patronatus dicte cccle­
sire abbati de Chaherio contulerant, ut quotieos candcm capellam vacare contingerit
. dictus abbas, tanquam patronus, in cadem capella substitue! capcllanum. Quonium
supradicta ut rata permancant; ad petitionem ipsius Domini Adonis et Agnelis uxoris
ejus, pi:csentes paginas sigilli nostri appositione, salvo jure parrochiali universitatis
et Ecclesie remensis et nostro , confirmavi. Actum anno incarnationis Domini.
M. CCXII.
�• Charte th Juhel dtt S. Martin, archtNêq� th Rheim,, qui COfl/irme th
nov11eav l'h-eetirm th la chapelle th COf'nay, t�O.
Juhellus Dei miscratione Remensis archiepiscopus, universis prœsentcs litteras
inspecturis, in Domino salutem.
Univcrsatcm vestram scire facimus quod fratrcs Ecclesire Beatœ Mariœ de
Caherio litteras habent de cappella qure est in castro de Quarnaco , sicut vidimus
et audivimus, quarum tenor talis est : (Suit la charte de fondation 1210).
Et quia anteccssor nostcr home memorre Albericus quondam Dei gralia Remen­
sis Ecclesiœ archiepiscopus supra dictas litteras laudavit, approbavit, el sigillo suo

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corroboravit, nos eliam laudamus approbamus, et appositione sigilli nostri confir.
mamus.
Datum anno millesimo ducentesimo quadragcsimo.
Elle fut de nouveau dotée en 1363 par Jehan de La Loge ( f)
chevalier, sire de Quarnay, et Gilles ou Gillette, de Quarnay, sa
femme, d'une rente de dix-huit septiers de froment, trente-six de
seigle et quarante d'avoine, à prendre annuellement sur les terrages
de Quarnay et de Fléville (2).
Ce fut après l'incendie du village, en i332, que les seigneurs de
Cornay abandonnèrent aux habitants leur chapelle castrale échap­
pée ainsi que le château à la destruction , et alors fut construit cette
petite chapelle , dont il est parlé plus haut, et qu'ils gardèrent
· comme places réservées. Ils en agrandirent la nef, trop petite pour
contenir les fidèles. Cette partie de l'édifice fut réédifiée ou plutôt
restaurée en 17i9, ainsi que le constate une inscription gravée sur
une pierre de la façade intérieure (3). Dans cette dernière construc­
tion, si l'on eu excepte les colonnes sur lesquelles repose la voûte
à plein ceintre, et qui sont d'ordre dorique, on ne remarque
aucun style d'architecture.
Les seigneurs de Cornay furent souvent les bienfaiteurs de l'abbaye
de Chéhéry; notamment Eudes de Quarnay, en i206 (.t.), le même
qui fut le fondateur de la chapelle du château ; Reinier de Quarnay,

( t) Par une charte datée du 3 mai t :363, et passée pardcvant Jehan Schillon et
Jehan Sohier, jurés du Roi à Sie-Menehould, publiée cl scellée du Sl'cau de la
prévôté de Ste-McnehoulJ par Jacques Sohier, garde du sceau Je laJilc prévôté.
(2) La chapelle avait donc à celle époque de revenu annuel t• 40 solR valant de
notre monnaie U fr. l'un; 2• Trente-huit seplicrs de froment; 3" Trente-six
scpliers Je seigle; .(• Quarante seplicrs d'avoine. Cc qui vaudrait année commune
au moins 1,600 fr,
(3) La première pierre de cc rondement a esté posée par hautz et puissantz
seigneurs, Messire André de Pouilly, chevalier, baron de Cornay, et Dame Maric­
Gillcllc J'Hcrbcrnont, son épouse, et Mademoiselle de Cornay, Darne de Marcq et
de Martincourt, et par honora&le personne Oom Pierre Poitevin, prètre et curez
de Cornay, le 18 avril 1710.
(-t) Par une charte de 1206, Eudes, chalclain de Quarnay ( caslcllanus de
Quarnaco ), ne rait pas la donation lui-mèmc, mais il déclare que c'est avec son
consentement, celui de sa remmc Agnès, et Je ses cnrants, qu'Alhéric, surnommé
Mauclerc, rait don à l'abl.ayc de Chéhéry de la moitié de ses terres cl prés, situés
à Champigneulles cl à Quatre-Champs; et pour que ses successeurs ne l'ignorent
pas, cl n'entreprennent rien coutre cette donation, il appose son sceau à cette
c-hartc. - Il agit ici comme suzerain.

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chevalier en i2i7 (1); Vauchiers de Quarnay, chevalier, seigneur


de Sorcy, en ii80 (2), conjointem�nt avec Marguerite, sa mère,
veuve du sire Milon de Quamay, ohevalier (3), et de Mahaut de
Quarnay, sa sœur; Miles de Quarnay, chevalier, en 13ft (4); Guyt
de La Loge, chevalier, sire de Quarnay, en UIO; Henry, sire de

(t) Reinerus, miles de Quarnaio. - donne le IJUart lies terragl'S de Vauzelles, et


du cens des prt-s du même territoire, du conscnt<'mcnt de sa femme, Alix, et de
ses enfants, en présence de : Suybert, doyen de Saint-.Juvin, •1ui écrivit la charte;
de Théohald, prieur de Grandpré; de Gauthier, curé de Verpcrt (,ic), chanoine
d'Epernay, et de Vaultbier, curé de Quarnay, •tui ont a11posé leurs sceaux aux pré­
sentes lettres.
(!!) Celle donation consistait en douze scptil'rs de fromrnt et seigle, moitié l'un
et moitié l'autre à prendre annuellement sur les terrages de 1-'l(h·illc. Cette rente
fut rachetée le U août l!iOG, par lfonry de Pouilly, et Jeanne de Grandpré, sa
femme, pour une somme de t 10 livres tournois, une fuis 11ap'e et comptant. Cette
transaction fut confirmée par une sentence de Thierri de I.cnoncourl, bailli de Vitry.
(3) Milon de Quarnay était lils d'Eudes et d'Agnès, eommc nous l'avons dit
plus haut, et comme il appert par une charte de 1219, et dont nous donnons copie,
seulement parce qu'elle fait mention de plusieurs familles existant alors dans le pays.
Charte de Hilon de Quarnay, t219.
Ego Milo de Qu:imaio notum facio tam prcsentibus quam futuris presentcs
paginas lnspecturis. Quod cum llomïnus Odo pater meus, •111ondam t<'rram apud
March, in dèccima et terragio et censu possidct, •1ue ad me jure hercditario dcbe­
bat reJirc totam dictam terram devolontate et assensu Agnctis matris monete in
manu mea posuit, se dcvcsticns et me investicmlo. t:a;o vero mcmoratam IPrram
cum omnibus acrescenciis que in ea potcrunt evenire tam in decima quam in
terragio vel in ccnsu ad petitionem ipsorum Domine 1-:lisahcth de Villari (a),
cognate mee et hcredibus suis in fcodum cl homagium dedi in perpct11111n possi­
dendam. Et quia sigillum non habcbam, donum istud sigillo patris mci sigillavi. ll11jus
autem rei testes sunl : Dominus llenry cornes de Grandri-Prato (b), l>ominus
Baulduinus de Altreio (c), Dominus Gervasius de Conde (d), Dominus Colardus de
Vendeio·(e), Dominus Sestcmnus, l>ominus Jacobus Je Chastclicr ({), Dominus
Stcphanus Boceret (g), Dominus Radmus de Villari (h), Dominus Gilo de Altreio
(i), Domina Agnes il<' Plaseio LJ). Actum anno ab incarnatione Domini millesimo
ducentcsimo nonodccimo.
(-1) I.e même qui p:,rtagea en t27-I, avec Jehan et Vauchiers ses frères. JI se dit
dans cette charte, t 3 Il, frère de Vauchicrs et fils de Milon de Quarnay cl de
Marguerite, Cemmc jadis de Monsci!!lleur Milon.

i
(a) Elizabeth de Villair, ou Villers.
(b) Henry, comte de Grandpré.
(c) Baudoin d'Autry.
(d) Gervaise de Condé.
{t) Colard de Vandy.
Jacques de Chastelier.
) Etienne Boceret.
) Raimont de Villair.
Gilon d'Autry.
) Agnès de Puisieux.

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Pouilly, baron de Cornay, en t5t2; Jean de Pouilly, baron de


Cornay, en t568; César de Pouilly, baron de Cornay, Brigadier
des armées du Roi, en 1.675; Jean de Pouill_y, chevalier, seigneur
d'Exermont, etc., colonel d'infanterie, frère du précédent, en
tGS,\ (t).
Ils conservèrent jusqu'en t789 le droit de faire des retraites
spirituelles dans ce monastère, et les religieux étaient tenus
d'assister en corps aux obsèques des seigneurs de Cornay .
Cornay, bAti à mi-côte, tout à proximité de la forêt d'Argonne,
(entre Varennes et Grandpré), sur la rive gauche de la rivière
d' Aire, est dans �n site très-pittoresque; les points de vue y sont
variés, l'air y est vif et pur; les cas de longévité n'y sont pas rares.
Du haut des Champs-Crochets ( ces roches escarpées où s'élevait
jadis le château des sires de Quaroay, et au pied desquelles le
village, irrégulièrement groupé, semble encore se serrer à l'ombre
protectrice de la vieille forteresse féodale), on jouit d'une perspec­
tive admirable.
La commune de Cornay possède• trois cents hectares de bois
qu'elle tient de la libéralité de ses seigneurs.

Chronologie des sires de Quarnay.

Vmoi. ou GuY {Vido) de Quarnay, chevalier, souscrivit en to52


une charte de Godefroi IV, duc de la Basse-Lorraine, dit le Grand,
pour le règlement des sous-voués des églises de Verdun, et notam­
de celle de Montfaucon. Il vivait enèore en l'an i096.
W.nm de Qoarnay .
VA.ULTBIER, sire de Quaroay, cheval}er.
EuoES de Quarnay, chevalier, sire de Quaroay, mentionné avec
sa femme Agnès, dans une charte de H06 , fonda avec la même

(t) Jean de Pouilly, ayant perdu sa femme, Madeleine des Ardens, morte à
Cornay le 30 juillet 1671, à l'âge de vimrt-un ans et quelques mois, se retira au
couvent de Chéhéry, sans néanmoi'ns pronon<',er de vœux, et y mourut en 168-1,
àgé de St ans. 11 léb'lla par son testament la plus grande partie de ses biens, consis­
tant principalement en bois, aux religieux, qui lui firent ériger un bea11 mausolée
dans leur chapelle.

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Agnès la chapell� du château de Quarnay, en HH. Il eut pour


fils Milon et Renier de Quarnay.
MrtoK de Quamay, chevalier, sire de Quarnay, donne à foy et
hommage du consentement de son père Eudes, sire de Quamay,
et d'Agnès, sa mère, la terre de Marck , à sa cousine Elizabeth de
Villers, par une charte de t9f9. Il meurt en H74, laissant de
Marguerite, sa femme , i O Mahault ; 2° Jean, 3• Vaulchiers;
4° Miles ou Milet de Quarnay.
JEBil de Quarnay, chevalier, sire de Quarnay, partage-avec ses
frères par acte du mois ci' aoftt i 27 4, la succ:ession de Milon, sire de
Quarnay, leur père. Il est l'auteur de la charte d'affranchissement
de Quamay et de Fléville de 1.282. Il mourut avant l'an t3i7,
époque du partage de sa succession , laissant de sa femme Fran­
çoise, deux fils , Milet et Dentars.
M1us ou MILBT de Quarnay, sire de Quarnay, écuyer, partage
avec son frère Dentars, par charte du iO octobre t319, la succes­
sion à eux échue par le trépas de Monsignour Jehan de Quarnay,
leur frère, chevalier, jadis sire de Quarnay. Miles fut père de Gillette
de Quarnay, qui épousa en t360, Jehan de La Loge, à qui elle
porta la terre de Quarnay.
JEeu de la Loge, chevalier, sire de Quarnay, dti chef de sa
femme Gillette, précitée, lequel en t580confirmapar une nouvelle
charte, la charte de Quarnay de 1.282, avec son fils Guyt de la
Loge.
GuYT ou GuYoT de La Loge (Guy ) , chevalier, sire de Quarnay,
chambellan du roi, mentionné après son père dans la charte de
-1380, était aussi seigneur pour moitié de la terre de Vouziers,
(avec chAtel à Ste•Menehould), dont il rendit foy et hommage au
roi, le 20 juin -1392, avec Lucie de Beauno, sa femme, qu'il venait
d'épouser ( Chronologie des Seigneurs de, Vouziers par PAie}. Il
mourut sans postérité en U26 , et eut pour héritier dans la terre
de Cornay, Jacques de Grandpré, son neveu.
JACQUES de Grandpré dit de Hans, seigneur de Hans , chevalier,
fut sire de Quarnay en U26. En U-lt , il vendit le château et la
terre de Cornay en échange de la terre d'Escry, aujourd'hui Asfeld,
à son neveu à la mode de Bretagne, Edouard comte de Grandpré •

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ôi ._

n était mort en Ut3, époque où sa veuve Isabeau de Béthume


ratifia cette vente.
EDouuo, comte de Gran dpré, écuyer, sire de Quarnay en U41;
mourut en i 462, sans enfants de Mahaut de Rubempré sa femme ,
après avoir la même année, vendu son comté de Gran dpré à
Quentin le Boutbeillier. Gobert de Gran dpré, son cousin germain,
lui succéda.
r.onEa.T ie• de Gran dpré, écuyer, sire de Quarnay en U62,
meurt en_ U7t , laissant d'Alix du Châtele t-Lorraine , Gobert li de
Grandpré, et une fille, Jeanne, qui fut dame de Vonc.
GonBa.T li de Grandpré , chevalier, sire de Quarnay, etc., épousa
vers -t .\80, Claude du Bois-Roucy. Il était mort en t 498 , ne laissant
que deux filles, dont l'aînée Jeanne, principale héritière, porta la
sirerie de Cornay et autres terres dans la maison de Pouilly, par
son mariage avec Henry sire de Pouilly, en t502.
HENRY, sire de Pouilly, chevalier , Seigneur de Pouilly-sur­
Meuse ( t), de Baalon, de Quincy, de Cervisy, et autres lieux ,
lieutenant d'une compagnie de cent lances, chambellan du Roi ,
fut sire de Cornay par son mariage contracté le 25 mars t 502
ave c Jeanne de Grandpré puis baron de Cornay, en t 508. Il mourut
à Stenay en t 555, à l'âge de cent-un ans, laissant de cette union
deux fils , Louis et Jean, et une fille Anne.

( l) La maison de Pouilly doit son nom à l'ancien .:hâteau de Pouilly-sur-Meuse,


à trois lieues de Stenay ( en Barrois), domaine qu'elle a poss1•dé sans iuterruptiou
pendant plus de huit siècles, jus<Ju'à re 1111'elle en ait été dépouillée par suite des
événements de la Révolution de l i8!l. La br:u1che qui haltilait celle terre est
actuellement fixée en Autriche. - Victor de Pouilly ( de Polliaco), 11ui vivait au
commencement du X• sièdc, fut le premier seigneur de Pouilly-sur-Meuse. li est
cité dans la chronique de llfozièrcs, d'Allard de ljcnilli, comme un cheralier de
grand renom ( vir atrenuua). li fut l'allié cl le fülèlc compa1,?non d'amies de Marc,
comte du Dormois, et il fut tué au dire de celte chronique dans un combat que
Marc gagna sur le comte Balthazar de l\cthel, sous les murs de Warc11, en IMO.
Ses hauts faits d'armes sont également cdélirés dans un poème héroï11ue intitulé
l'OE,ling ou la Belgique délivrée de la fureur de, Nor,nantb, par M. Lorrain,
prorcsseur d'histoire au collége 1le Virton , - Il fui surnommé l'exterminateur
des Normands.
Armes de Pouilly .
))'argent, au lion d'azur, couronné, armé cl lampassé de gueules;
Cimier : un pl'lican d'argent, ailé d'azur, avec sa piété ;
Devise : /ortitudino et caritate
Couronne: de Marquis;
Supports : deux griffons.

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- 33 -

LoUIS de Pouilly, chevalier, baron de Cornay, etc., colonel


général de l'infanterie calviniste en t569, mourut sans avoir été
marié en t 5 79. Il eut pour héritier Louis de Pouilly, li• du nom,
son neveu , fils de &<>n frère·puiné, Jehan , décédé avant son frère
atné en t 568, et de Nicole de Chamisso.
LoUJs de Pouilly, Il• du nom, chevalier, baron de Cornay en
ta79, seigneur de Fléville, Marq, Lanson, Binarville , Boureulles ,
Vienne-la-Ville, Domptmartin et autres lieux, naquit en t555. Il
fut mestre de camp de cavalerie, gouverneur de Stenay, gentil­
homme de la Chambre du roi Henri IV et chevalier de l'ordre. Il
mourut en t 606, laissant de Françoise de Lameth , fille de Chris­
tophe, vicomte de Laon et d' Anizy-le-Château, qu'il avait épousée le
27 mai t581 , entr'autres enfants deux fils dont l'aîné, Antoine, fut
baron de Cornay, le second, Claude, fut l'auteur de la branche des
marquis de Lançon. Il fut tué au service du roi en t63 3, étant
maréchal des camps et armées.
ANTomsde Pouilly, chevalier, baron de Cornay, etc., né en HS82,
perdit la vue au service du Roi, le 8 novembre t6i7, à la défense
de l'ile de Ré, où il commandait le régiment du Plessis-Praslin,
infanterie , et fut fait chevalier de l'ordre. Il mourut en HUS, lais­
sant de Suzanne de Pouilly de Vonc, sa parente, qu'il avait épousée
· le 30 septembre t6'U, huit enfants dont l'ainé fut César qui suit.
Cts.u de Pouilly, chevalier, baron de Cornay (en t648), etc.,
né en -16!6, mestre de camp du régiment de cavalerie de son nom,
brigadier des armées du Roi en t674i, chevalier de l'ordre, blessé
mortellement au combat de Turkeim, en Alsace, le 5 janvier t675,
en chargeant l'ennemi à la tête de sa brigade, mourut le tO du
même mois sans avoir été marié.
Cu.uLBS de Pouilly, chevalier, baron de Cornay, par la mort de
son frère aîné César en t675, avait d'abord porté le titre de baron
de Fléville. Il naquit en t630 au château de Cornay, fut major
commandant le régiment Royal-cavalerie, avec le grade de mestre
de camp en f67!. Il est mentionné comme chevalier de l'ordre
royal et militaire de Saint-Louis, en t 7 t O. Il mourut le 8 novembre
-1718. Il avait épousé, 3 juin t65 9, Anne d'Herbemont qui lui
avait donné seize enfants, dont huit moururent jeunes. L'atné des

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-34-

survivants fut César de Pouilly , qui fut baron de Fléville et marquis


de Saint-Marceau-sur-le-Mont ; le puîné, André, fut baron de
Cornay.
Aimai de Pouilly, chevalier, baron de Cornay, etc., né le 7
décembre i672, au château · de Fléville, chevalier de Saint-Louis,
premier capitaine, lieutenant colonel commandant le régiment de
la Ferté, infanterie, mort au château de Cornay, le iO décembre
t748, avait épousé, le 23 ao(Jt. i7i0, Marie-Gillette d'Herbcmont
dont un fils unique qui suit :
CHA.RLEs-ADRIEN de Pouilly, chevalier, marquis de Lançon, sei­
gneur de Binarville, Mélimé, Neuville et autres lieux , par héritage
de la branche de Pouilly de Lançon en t 734 , mourut avant son
père, le 5 octobre i7-12. n avait épousé en t741 , le it janvier, sa
cousine germaine, Marie-Josephe de Pouilly, née au château de
Charmois, le 9 août i721, laquelle se remaria en t747, avec Jean­
Baptiste de Salse, chevalier, seigneur d' Apremont, Châtel, Sons,
etc., chevalier de St-Louis, et mourut en i749, - Charles-Adrien
laissa un fils qui suit.
ANoat II• du nom de Pouilly, c hevalier, baron de Cornay et de
Fléville, marquis de Lançon , seigneur de Marcq, Binarville ,
Aubange, Sorbey, Pilon , Mont, Thonne-le-Thil , Romponsel ,
Rouvrois-sur-Othain, Poix, Saint-Pierre-sur-Vence, Champi-·
gneulles, Montdigny, et en partie de Cervizy , Ly on, Châtillon-sur-Bar,
Villers-le-Loup, Moulaniville , Andevanne, né le t•• mai t7'2,
épousa le 8 aoùt t760, au château de Poix, sa parente, Louise­
Charlotte-Elisabeth de L&rdenoy s de Ville, fille aînée d'Oger-Charles
de Lardenoy s de Ville, chevalier, vicomte de Durmort, en Flandre,
seigneur de Naomé, Blandin, Narkin, Mellereux, en Ardenne, de
Poix, de Saint-Pierre, de Champigneulles, de Montdigny, Cléfay,
en Champagne, et de Charlotte de Pouilly de Saint-Marceau, veuve
le 18 avril 4788; elle mourut au château de Cornay le 5juin t828 à
l'Age de 86 ans.
De quinze enfants issus de ce mariage, sept moururent jeunes,
l'aîné de ceux qui survécurent fut:
ANsELllB, marquis de Pouilly , baron de Cornay , chevalier, né le
!t février t771, était capitaine au régiment de la Reine-cavalerie,

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- 33 -

lorsqu'il émigra en i 792. Il servit dans l'armée de Condé jusqu'à


l'époque du licenciement, en i80t, rentra en France en 1802 ,
fut créé chevalier de l'ordre royal et militaire de Saint-Louis, à la
rentrée des Bourbons, reçut en même temps le brevet de lieutenant­
colonel de cavalerie, pour tenir rang à partir du 8 mai t 800et mourut
au château de Cornay, le 5 janvier {819, sans avoir été marié.
Cuaus, comte, puis marquis de Poui]]y et baron de èornay,
après la mort de son frère alné, Anselme, en t819, naquit le 23
janvier 4775, et fut reçu chanoine-comte de Lyon (1), en -1785. Il
émigra le 8 mai 1792, servit dans l'armée des princes jusqu'au
licenciement, en t80t, et y fit toutes les campagnes; rentra en
France en -1802; reçut la croix de l'ordre royal et. militaire de
Saint-Louis, le 20 novembre i8t5, puis le t8 avril -1816, le brevet
de capitaine d'infanterie, pour tenil' rang à partir du 8 mai t800,
et mourut le 23 janvier -1823. - Il avait épousé, en i803, Anne­
Louise de Mecquenem (2), fille de feu Roland de Mecquenem,
chevalier de Saint-Louis, ancien capitaine au régiment de Picardie ,
seigneur du Charme et de Montgon , et de Marie-Louise-Françoise
de Gruthus de Leffincourt ; elle était née le i0 août i782, et est
décédée à Cornay le 6 avril t863.
LouJS-ANSBLIIIB, marquis de Pouilly, baron de Cornay, fils atné
de Charles, qui précède, né le 2 décembre tso,, a épousé, le 2
décembre i8U, à Fontainebleau, Jeanne-Charlotte-Alexandrine
de Saluces, fille de Charles, marquis de Saluces, et de Jeanne de
Toulongeon. En t855 il a vendu le château de Cornay à son frère
puiné, Louis-Gabriel-Théophile , qui suit :
Lou1S-Gna11iL-TBMPDlLB, comte de Pouilly, baron de Cornay, né
le U septembre -1806, a épousé le 22 mai t8.U Victorinê-Marie­
Henriette de Villantroys, née le 23 mai t8i3.

H) Les chapitres de Lyon, de Brioude, en Auvergne, de Remiremont, en


Lorraine, étaient les plus nobles de France. Les historiens les ont surnommés la
pierre de touche de la noblesse. A Lyon il y avait trente-deux chanoines comtes,
l'archevêque, Primat des Gaules, aussi comte de Lyon;· le Roi était premier chanoine
d'honneur. A Remiremont, l'abbesse était princesse de l'empire. Les chanoinesses
pouvaient se marier, à l'exception de l'abbesse. On les qualifiait illustres et honorés
seigneurs, illustres et honorées dames (Père Menestrier, hi,toire de Ly on. -
Dictionnaire de Trévoll,;I), au mot l'hapitre, etc.
(i) Mccquenem ou Mcckenbeim, famille originaire d'Allemagne dont une branche
a francisé son nom.

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Charte octroyée aux habitants de Cornay et de Flévi Ile par Jehan de


Ouarnay au mois d'avril 1282.
A tous ceux qui ces présentes verront et orront, Pierre Toincl Echevins garde
pour le Roy notre seigneur des sceaux de la Prévôté de Sainte-Menehould, salut :
Sachent tous que aujourd'hui i• jour du mois de janvier Ut6 Collinct Balle et
Jehan Charpentier jurés du Roy notre seigneur en ladite Prévôté, et établys à le
faire, ont veu, tenu mot à mot , diligemment lu et collationné une lettre ou
chartres 11eeUée de trois sceaux pendants en Laz de soye, de circ verte pièces donnes
et octroyé aux habitans de Quarnay et Fléville par feu nobles personnes Jeban
seigneur de Quarnay et Fancque (a) sa femme, scellé du scel dudit seigneur de
Quarnay, et des sceaux de révérend père en Dieu Labbès de l'Eglise Notre-Dame
de Chéhéry et de feu monseigneur Vauchiers de Quarno1y, seigneur de Sorcy (b),
saines et entieres en sceaux et écritures sans nulle suspicion dont lesdits jurés se
pûssenl apercevoir, et une autre lettres scellées de deux sceaux à simples queues
renversé par le haut, de feu Monsieur Jchan de La Loge, chevalier lors seigneur de
Quarnay et de Guiot (c) son fils, ·à l'une desquelles queues pendait le scel de feu
Monsieur Huc de La Loge, frère dudit Monseigneur Jchan de La Loge, si comme de
prime face toutes les choses apparurent auxdits jurés par l'inspection des lettres,
desquelles premières la teneur est telle :
Charte de 1282, avril, samedy après pasques.
Nous Jchan, seigneur de Quarnay, et Fancquc , femme dudict devant Jehan ,
faisons sçavoir à tous ceulx qui ces présentes chartres verront que l'assise de
Quamay et de Fléville est tel que chacun bourgeois des deux villes devant dictes
doit chacun an au Seigneur de chacune bcstcs trayant (d) douze deniers et un
scplicr de froment, et chacune brebis doit un denier. Ces rentes doivent �Ire
rendues le jour de la Ceste Saint-Denys , et le doh·ent du jour toutes jours sans
occasion, et qui devait du jour ne les payerait devrait cinq. sols dix deniers
d'amende retenus par ledict Seigneur ou par le sergent qui le retient. On doit
chacun an au Seigneur trois corvées, une en mars, une en versenne et l'autre en
vins, et chacun bourgeois des deux villes devant diltes doit chacun an au Seigneur
une semaine ouvrier aux fossés. Se par pauvreté ne renonce chacun bourgeois des
deux villes devant dites doivent un septier froment, qui n'a bestos trayans et
douze deniers, et si payer ne le peut, il est en regard des dits Seigneurs des
échevins.
Item doit au Seigneur chacun bourgeois en messon (1!) '!n scillcur, et qui ne
payerait ledit scilleur et ne viendrait aux fossés et corvées aux jours qu'il en se-
(a) Plutôt Fanchc ou Fanchon, diminutif de Françoise. - Dans une ratification
de cette charte, en date du is septembre U99, au dom de Pierre de Pallas pre­
mier mari de Jeanne de Grandpré et de cette dernière, ce nom est écrit Françoise,
(b) Sorcy, au c�nton de Novion- Porcien, arrondissement de Rethel, 67'.! habitants.
- Ecart : Bauthémont ancien château ; coutume de Vitry. Il y avait à Sorcy
(voir la giographit dl!, Ârdennt, t8S6) un château dont on ne voit plus que les
ruines. - Il est parlé du château de Bauttrèmont (Bautainmont) dans le partage
de la maison de Quarnay, de U7-I.
(c) Guyot, diminutir de Guyt ou de Guy, cité plusieurs fois dans cette notice.
(d) Trayant, tirant du verbe trayer qui signifiait anciennement trainer, tirer (voir
Trévoux), plus tard dans les chartes on mit: chaque bête tirante, servante au bàt.
(e) Messon, de Messio, basse latinité, moisson.

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rait semont, il paierait aussi douze deniers d'amende et le lendemain devrait reve­
nir aux co"ées.
Les bourgeois des dclll: villes devant dittes doivent aller en cbe,·auchée un
jour et une nuit à leur coust et d'ores en avant au coust du Seigneur {a), et si le
dit Seigneur les en deO'aisait (b) ils pourraient revenir sans row1ait, et qui n'irait ou
n'enverrait homme raisonnable, qui semond il serait, il payerait 3 sols d'amende,
so il ne pouvoil montrer essoingne (c) raisonnable.
Les deux villes devant dittes doivent aide (d) au Seigneur si il rait son fils che­
valier ou s'il marie sa fille. Le Seigneur a chacun an ès villes devant dittes deux
bans, l'un de moust et l'autre de vins et doit durer chacun ban un mois, et se
peut on vendre à restP annuelle. Si chevalier vient en aucune de ces deux villes
devant dittes du lems que on vat (e) le ban, il peut boire et manger là où il veut et
les bourgeois avec ly, et ceulz qni est l'hostel il y mangera il pourra vendre son
vin sans méfait (/).
Le Seigneur a de chacun Tonne! de vin que on vant en broche qui tient un
muids ou plus un septier d'afforage (g).
Les bourgeois des deux villes devant dittcs doivent mettre quatre attanneurs ès
deux villes devant dittes pour at{fnnerer les vins , et on ne pèut attannerer se non
pour les deux non ne plus, et qui autrement attannerait il payerait 3 sols du
tonne! <nies, dix sols du tonne! rrQmentel.
Si aucun prend bourgeois de la :ditte assise ou la soie chose pour la debtc le
Seigneur dont on veut venir à droit, le sire le doit délivrer, et s'il ne le délivrait,·
li dit bourgeois sera a droit, ly sire ly doit rendre sa droit raison, et s'il ne luy
rendait, le dit bourgeois s'en doit tenir aux règles de la ville dont il serait, et se
il qui le prendrait ne voulait venir à droit, le sire doit raire son pouvoir de déli•
vrer, et par guerre et par force et par amys en bonne roy.
De querelles dont le Seigneur plaiderait bourgeois des deux villes devant dittes,
ne se met ou subs homme se dcmele, non se cc n'est pour le crand ( h) de l'une
partie ou de l'autre, si le sire plaidait bourgeois des deux villes devant dittes pour
démelés, il y a en des jurés ou plaids, si le sire se veut mettre aux jurés le bour­
geois ne s'en peut ôter et si ly hommes s'y veut mettre, ly sire ne s'en peut oter.
Si le bourgeois fait meslé où il y ait sangs doit iS sols d'amende et sans sangs
cinq sols et en jour de marché doublê. Le rourlait de.... batailles en chartres qui
est entrée doit iS sols, et si il fait paix 7 sols et demy, et s'il y avait bataille de
meurtre ou de larcin, cil est ramené en la mercy du Seigneur qui est eschevcz (,).

(a) D'ores en avant, mots dont on a rait doresnavant, puis dorénavant.


(b) llcft'aisait du verbe deO'aire ou défaire, délivrer, excuser, dispenser. On dit
défaite , excuse.
(c) Essoingne , ensoigne, exoinc, empêchement, excuse, vieux terme de
jurisprudence du verbe essoinner, exoiner, excuser, cxcusare.
Aide, aide chevel.
� Ou bat.
On doit , cc me semble, entendre cette phrase de cette manière : et l'hôte
chez qui il mangera pourra vendre son vin sans méfait.
(g) Muids, iss pintes; septier, 8 pintes; pinte, deux chopines.
(h) Crand, terme de coutume, sùreté, assurance.
( i) Eschever, verbe, vieux mot qui signifie échapper, s'échapper, eft'ugere, se
subducere, éviter, eschever la prison. (Dictionnaire deTrivoux.)

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Si le sire plaidait homme des deux villes devant dittes, ety dit homme ne peut
avoir pleige (a) s'Ha...maison ou terre dessoubs le Seigneur, il doit retraire sur ce
qu'il a (b), et ly bourgeois doit fiancer (c) qu'il ne peut avoir pleigc, si cc n'est de
meurtre ou de larcin. Et ly sire ne peul prendre. bourgeois des deux villes devant
dittes ne sa chose par inventaire des eschevins non ce n'est prévention de
larcin.
Qui vend maison il doitdouzc deniers, cil qui l'achepte douze deniers, et scion
que on en vaod on en paye. Si aucuns hommes du dehors vient aux deux ,mes
devant dittes ou en l'une d'icelles, fuyant, ly sire et ly bourgeois le doivent rete­
nir, tant qu'il voudroit faire droit sur les gayvcs (cl) que l'on prend en ces deux
villes devant ditlcs , doit on les garder un jour en villes el puis vendre aux us cl
coutumes de la ville. Si aucun bourgeois marie sa fille de son mueble la dite fille
oc reporte mie (e) aux frères en héritage ne en muebles si le père ne la marie cl si
ly frères mourit sans hoirs, ly héritages et ly mueblcs reviennent aux plus pro­
chains.
Et ne peut mie prendre robbe ne lict a femme pour deble, si la femme et le
mary ne les livrent ne robbe à homme tout comme il est sur luy, sc cc n'est pour
la rente le Seigneur ou pour les usine de la ville. Et chacun des deux villes de­
vant dittcs doivcnt chacun an dix tournois pour droit de Werpt(/). Les terres, les
prés, les vignes, ly jardms, ly courtils des deux villes devant dittcs demeurent à
telle rente si comme de roie et de terrage comme elles étaient au jour que cette
charte fut faite. Doit avoir ly dit·Seigneur ès deux ,·illcs un bourgeois et deux
Messcrits (9) un pour les bleds, les vins et prés.
Se peut marier ccluy des deux villes devant dittes à quelle personne qu'il veut
fors que dessoubs ly comté de Bar et ly comté de Grand-pré.
Il doit avoir <1uatrc cschevins ès deux, villes devant diucs. Les bourgeois des
villes les doivent nommer et le sire les doit mettre; et se doivent remuer chacun
an. Ly cschevins doivent être quittes des chcvauchics, des champarts (h) et des
corvées, et ils doivent garder les charrues des corvées se on les en semoot(a),
cl le sire leur doit leur fournissement comme si ly charros.
Et si le sire voulait rien demander à ceux desdittes villes devant dittes qui ne
Cust écript aux chartres, il doit demander et demcncr (J) par les chartres de haulte
(•ic) et le droit.

(a) Pleigc, caution.


(b) Retraire, retenir, reprendre.
(c) Fiancer, promettre, assurer (on disait fiance pour assurance, etc.) fiancer
prison , se rendre prisonnier.
(cl) Gayvcs, épaves, toute r.hose perdue et non réclamée, le mot épaves se di­
sait plus parliculièrcmcnt des hèles égarées, errantes, etc. (tiré des Coutume, ck
Normandie).
(e) Mie s'employait auircfois comme particule négative.
(n WP.rpl, ancien terme de coutume, saisine.
(g) Messerits, mcssarius , messier : Villageois commis à la gnrde des biens de la
terre en temps de moissons, plus particulièrement en <·elui des vcndangPS. On
disait aussi messilier, massacr, en bas hreton, signifie berger, gardeur de bêles.
(h) Champarts; terme de coutume; le même que l�rrage.
(i) Semont, du verbe scmondre, avertir- on dit encore semondre à une céré­
monie runèbrc.
(J) Démener, être réglé par, s'en tenir à.

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't!

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Ly sire peut conduire de sa debpte qui qu'il veut envers les bourgeois des deux
villes devant ditles taot que on lui ait contredit.
Les moulins des villes devant dilles sont bannai et ly bourgeois des villes
ne puct mourc à autre moulin, et ly ·sire les doivent raire parans et moulans aux
bans des dits bourgeois des ditÏes villes, et s'ils ne le faisaient, ils peuvent sans
mesfait moure et payer aille11rs, et nul ne doit mouldre devant les bourgeois des
deux villes devant dittes. Les fours des deux villes devant dittes sont bannai et
doivent cuire cil des deux villes aux XX,
Chacun bourgeois peut vendre et dépendre son héritage à homme dessoubs le
Seigneur de ces ·4cux villes, en tant comme il est bourgeois de la ,·me et que si
le dit bourgeois s'en veut aller hors les manoirs de ces deux villes devant dittcs,
et il a fait (a) envers les sires et les villes ce qu'il doit, le Seigneur et ly bourgeois
doivent conduire ly et la sienne chose à leur pouvoir , et puisqu'il en serait aller
manoir hors la ville, tout le revenant (b) sera aux seigneurs, et s'il ne veut revenir
manoir en la ville, on le doit retenir de la ville. Le dit Seigneur retient deux de
fors un à Marcbevaux et l'autre en Argonne au lieu que on dit Le Foure des
\Vuarye, et plus n'en peut faire.
Il est fait par notre accord et ! 'accord de nos bourgeois des deux villes dessus
nommées; avons jurés de tenir ces prèsentcs cbartres et pour que de notre fait
d'avance, ne puissent être niées en temps advenir et pour mieux assurer et tenir
ferme à tousjours Jcban Seigneur de Quarnay devant dit :iy fait sceller <--elle pré·
sente chartre de mon propre sec!; et je Fancque devant di ttc, comme je n'at point
de sccl à user à cette presente chartre laquelle est octroyée , Nous Jehan sire de
Quarnay -et Fléville, et Fancque, devant dits et aussy pour mieux assurer les
dessus dittes et en tesmoing de vvritey pour. iccllPs , avec le scel devant dit avons
fait mettre en ces présentes chartres, le sœl religieux homme !'Abbé L'Eglise
Notre Dame de Chéhéry, de l'ordre de Sciteaux et le scel de notre chier frère
monsieur Vauchiers de Quarnay, chevalier Seigneur de Sorcy . Ce fut fait en l'an
de l'iocamation• notre Seigneur Jésus-Christ mil deux cent quatre vingt deux au
mois d'avril le samedy apres clause Pasques.
Nous n'avons pu découvrir la charte de Jehan de La Loge et de
Guyot, son fils, de laquelle il est fait mention par les jurés
Collinet Balle et ·Jeban Charpentier, qui l'ont collationnée en Ui6,
en même temps que la charte de i282: nous savons seulement par ·
un inventaire des papiers et titres de la maison de Pouilly, qu'elle
datait de l'an i380. - Ce n'est sans doute qu'une ratification de la
précédente , de même qu'une charte du 28 septembre U99, dont
nous ne possédons qu'un fragment, et qui n'est qu'un acte confir­
matif, au nom de Pierre de Pallas, premier mari de Jeanne de
Grandpré et mort en i50t (janvier).

(�) Il semblerait quïl doit y avoir ici une négation au lieu d'une affirmation.
(b) Ou rcmenant, vieux terme de coutu�e, le relte. (0iclionnaire de T11.Évoux) •

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Elle fut de nouveau confirmée en i 002 par acte passé le 26 mai
pardevant Vivien Boileau et Didier Jumelles , notaires jurés du Roi
au bailliage de Vitry, en la prévôté de Sainte-Menehould, par Henry
. de Pouilly et sa femme Jeanne de Grandpré. Par cette nouvelle
charte les habitants ont la faculté de défricher partout où ils vou­
dront les terres et prés vagues, et d'en jouir, toutefois en en payant
le cens. - Ils, ledit seigneur et sa femme ont consenti que leurs
bourgeois et habitants desdites villes pourront dorénavant et pour
tousjours, toutes et quantes fois qu'ils auront aysément et puissance
deshamber terres et prés vagues où qu'il en pourrait trouver, et en·
leur proffit, et en faire de leur propre chose à tousjours moyennant
que ils seront tenus de rendre et payer audit seigneur tous les ans
ou à leurs hoirs successeurs et ayant cause d'eulx à présent et au
temps advenir. C'est à savoir: pour chacune fauchée de près deux
deniers tournois, et au regard des terres, si ils en deshambent en
lieu où l'on ne paye les dismes, ils payeront pour chacun cent un
deniers tournois. Et en lieu qu'on a accoutumé à payer comme à
Martinycourt et ailleurs prendrait le terrage, etc.
Les terres et jardins et les terrages et vinages et aultrez rede­
vances que les deux villes de Quarnay et Fléville doivent avant
cette présente charte cy déclarés demorront et payeront pareille­
ment av�c ce qui est écript cy-dessus.

Extrait de la charte du 18 Avril 1601.

Par une charte ou transaction du i8 avril i601 , le service da


guet tut converti en une redevance annuelle par chaque bourgeois
de quatre deniers tournois payables , deux au jour de St-Denys,
9 octobre, et deux à Pasques : - à cause du guet on voëtte que
anciennement chacun habitant devait faire au château ou donjon
de Cornay.
Le fossage est converti en une rente annuelle ou redevance d e
deux sols six deniers payables a u jour de Pasques ( i ) par chaque
bourgeois qui auparavant était obligé de travailler ou de faire tra-

(1) Le petit blanc valait cinq deniers, le grand blanc, dix deniers.

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vailler pendant une semaine aux fossés du château. Cette redevance


s'appelait le droit des six blancs de Pasques. Il y a deux éche­
vins qui sont élus par les habitants, mais qui doivent être agréés et
constitués par le seigneur, sauf aux habitants d'en nommer d'autres
qu'il approuve si iceulx n'étaient par luy agréés. - Ils doivent prê­
ter serment entre les mains du prêvôt de Cornay ou de son lieute­
nant; ils sont chargés de la répartition et de la perception du droit
d'assise.
Extrait d'une charte du 19 octobre de l'an 1683 (2)

Une charte du {9 octobre t683 apporta aux auciennes coutumes


· des modifications dont le_s principales sont :
Désormais il n'y aura plus dans la communauté de Cornay qu'un
Echevin , nommé par le Seigneur tous les ans au jour de St-Denys,
le 9 octobre. - Cet Echevin, aussitôt qu'il aura été nommé et
• installé en sa charge, et qu'il aura été reçu de justice, devra re­
IPettre entre les mains du Seigneur un rôle contenant tous les
bourgeois et habitants de Cornay , et un autre contenant toutes

('!) Cette <'harte ou transaction fut passée pardevant Jean Hannont et Nicolas
Baulny, notaires royaux héréditaires, â la résidence d'Apremont et de Cornay,
bailliage de Vitry, pendant la matinée du mardy, 19 octol:re 1683, devant l'église
de Cornay, lieu où les habitants ont coutume de Caire leurs asst'mblées.
Entre Messire Charles de Pouilly, chevalier, baron, seigneur de Cornay, Flé­
ville, Marcq, Channois, Esconny, Pouilly, etc., et les habitants de la communauté
de Corna} , représentés par les bourgeois dont les noms suivent .
Jean Ladurelle Le Sure, maitre tonnelier, syndicq des habitants de Cornay, y
demeurant ; Bertrand Lendormy ; Nicolas Bidier ; Mathieu et Thiébault Job ;
Thomas Boureuilles ; Odot ))aullet ; Bertrand Boncompagnon ; Bernis ; David ;
. Alexandre Michelot; Mathieu Robinet ; Waultrin Ladurclle ; Pierre Henrionnet ;
Daniel Hicquenart ; Nicolas Fontenille; Nicolas Campagne ; Jean Lepagc ; Claude
Cotrest ; Tiébault Ladurclle ; Pierre Quillaux; Alexis L'huillier; Bertrand Leclercq ;
Nicolas Job ; Thomas Ile La Barre ; Jean Hus.�on ; Pierre Husson , le jeune ;
Nicolas Le Loup ; Soumeillon ; llesmin ; Arnould de La Cloris dit Montauban ;
Pierre Cotrest ; Antoine Uu Pont : César Le Clercq ; Jean La DurcllP le jeune;
Nicolas Bohan ; llibcrt Ludet ; Henry La Durclle ; Jean Bodart ; Jean Robinet ;
Rohert David ; Mangin Boncompagnon ; Nicolas Le Clerc ; Charles Dtroux; Jean
de Louppy ; Pierre Raulin ; Nicolas Bahelette ; Charles Daulet ; Jean Hidaine •
Jean Laidshœur ; Nicolas Robinet ; Jean <:ompagnou ; Pierre La Bra ..... ; Barth/
lemy Campagne ; Jean Janot ; Gervais Lagreslette ; Ruer; Pierre Le Prieur ;
Thomas Campagne ; Jac11ues Du May ;
Tous bourgeois et habitants du dit Cornay, faisant et représentant la plus
grande et la meilleure partie des habitants assemblés en corps â la diligence du dit
Ladurclle, leur procureur syndicq , etc.
En présence des témoins : Jacques Lcstaudin, dit La Jeunesse, marchand, et
Jean llenriet, charron, dcmcu�nt à Châtel cl pour cc rappelés.

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les bêtes tirantcs et servantes au bâts. - En l'absence du sieur
Prévôt ( ou bailly) et de son lieutenant, il pourra exercer la justice,
sans néanmoins juger amendes ni procès. - Les habitants recon­
naissent que les carrières existantes dans les bois de la commu­
nauté de Cornay ( lesquels bois du reste ils tiennent, et d'après leur
aveu , de la libéralité des prédécesseurs du seigneur Baron de
Cornay), appartiennent au seigneur. - De son côté le Seigneur,
pour leur témoigner sa bienveillance, consent et accorde que les
habitants et leurs successeurs à perpétuité, pourront prendre et
tirer de la pierre dans les dites carrières pour leur usage toutes• et
quantes fois ils en auront besoin, sans en payer aucun �roit. - Le
septier de froment est remplacé par une somme de quarante sols
tournois, pour droit de tirage.

Cornay, le _i., novembre -18&.

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