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Cours 3

Une division entre États mais des enjeux transnationaux

Les frontières séparent-elles ou unissent-elles les États ?

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VOCABULAIRE

Discontinuité : rupture entre deux ensembles différents, limite territoriale à partir de


laquelle se produit un changement.

États insulaires : États qui correspondent à une île. On dit aussi État archipélagique
pour désigner ceux qui s’étendent sur un ensemble d’îles [archipel].

Interface : limite entre deux espaces qui réalisent des échanges. L’interface unit plus
qu’il ne sépare.

Transnational : qui dépasse l’échelle de la nation, du pays, pour impliquer plusieurs


États.

1. Le découpage du monde

 La frontière est une limite qui démarque le territoire sur lequel un état exerce
sa souveraineté. La délimitation des frontières a accompagné la formation
progressive des États et les traces ont été souvent modifiées, notamment à
l’issue des guerres.
 On compte actuellement 250 000 km de frontières qui découpent le monde,
dont la moitié ont été tracées avant 1900… Depuis 1990, 25 000 km de
frontières nouvelles sont apparus, principalement à la suite de l’éclatement
de l’URSS…
 Plus de 70% des frontières de la planète ont été tracées par une douzaine de
puissances qui, pour beaucoup, avaient colonisé le monde du XVI e au XIXe
siècle.

2. Près de 200 États

 En 2005, 193 États souveraines sont admis à l’ONU et leurs frontières sont
internationalement reconnues… Si l’on exclut les régions de petits États
insulaires comme les Caraïbes et le Pacifique Sud, l’Europe est l’ensemble
continental le plus découpé avec 48 États dont la taille moyenne est de 140
000 km2…
 Les frontières sont souvent des discontinuités, surtout entre des États de
taille très différente… Entre les États du Nord et les États du Sud, les
frontières constituent une véritable fracture économique et sociale, comme
entre les États-Unis et le Mexique…

3. La frontière, coupure ou interface ?

 Les frontières séparent des États qui ont souvent des intérêts ou des
problèmes transnationaux communs, notamment en matière de circulation
des personnes et des biens, de gestion de l’eau et des ressources, de
protection de l‘environnement…
 Dans les régions sans conflits, la frontière est souvent devenue une interface
active, un espace dynamique de coopération et de développement entre les
pays…

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ÉTUDE DE CAS
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La frontière entre États-Unis/Mexique : le Nord face au Sud

La frontière entre les États-Unis et le Mexique est aussi une limite entre le Nord et le
Sud. Entre la première puissance du monde, les États-Unis, et l’une des premières
puissances du Sud, le Mexique, les contrastes restent forts : le revenu annuel moyen
du Mexicain (5 900 dollars) est six fois inférieur à celui de l’Américain (35 400
dollars). Étroitement surveillée et fermée par un haut grillage pour contrôler
l’émigration des Latino-Américains vers les États-Unis, cette frontière est aussi un
espace dynamique où la multiplication des activités et des aménagements porte
atteinte à l’environnement.

A. Une frontière barrière

Document 1 3 200 km de frontière entre les États-Unis et le Mexique

Fixée en 1848 et en 1853, la frontière entre les États-Unis et le Mexique s’étire de


l’océan Atlantique à l’océan Pacifique sur 3 200 km. Elle suit d’abord le Rio Grande
(appelé Rio Bravo del Norte au Mexique), du golfe de Mexique aux villes de Ciudad
Juarez et El Paso, avant de rejoindre la côte californienne, entre San Diego et
Tijuana, par une succession de sections géométriques rectilignes tracées dans le
désert.

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Document 4 Une barrière contre l’immigration

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«Depuis les attentats du 11 septembre, la politique frontalière des États-Unis à
l’égard du Mexique s’est encore durcie. C’est désormais le concept de sécurité
nationale qui prévaut et les immigrants clandestins sont mis dans le même sac que
les terroristes ou les trafiquants de drogue»… «Entre 1998 et 2001, 1573 personnes
sont mortes à la frontière entre le Mexique et les États-Unis… »

Une haute clôture métallique séparant le Mexique des États-Unis longe la route qui
descend vers Ensenala… Sur les promontoires, des véhicules tout-terrain de la
patrouille américaine veillent. Les migrants, souvent venus des États les plus pauvres
du sud du Mexique et d’autres pays d’Amérique centrale, sont désormais obligés de
passer par la région désertique qui s’étend entre Mexicali et Tecate ou les
montagnes inhospitalaires de Yuma, à l’est de Tijuana…

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B. Un dynamisme qui menace l’environnement

Document 5 Le développement industriel de la frontière mexicaine

Du côté mexicain, la croissance du secteur manufacturier est directement liée à


l’émergence d’une nouvelle forme de la division internationale du travail : l’industrie
maquiladora… Pour le gouvernement mexicain, cette activité permettait de favoriser
le développement d’un espace périphérique et marginalisé, frappé de plein fouet
par les mesures de restriction imposées par l’État voisin contre les travailleurs
saisonniers employés dans les grandes exploitations agricoles de Californie
(braceros)…

Document 8 Une industrialisation polluante

L’intégration transfrontalière aggrave l’ampleur des dégâts écologiques. Si les usines


mexicaines ne se privent pas de déverser leurs eaux usées infectées de bactéries et
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de virus dans les égouts californiens, les firmes américaines renvoient verse le sud
trente fois plus déchets toxiques… À Ciudad Juarez-El Paso, la pollution
atmosphérique couvre les deux villes d’un épais brouillard…

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Document 9 Mexique États-Unis : des conflits pour l’eau

En vertu du traité de 1944, les États-Unis doivent allouer annuellement au Mexique


850 millions de m3 du Colorado, tandis que notre pays doit laisser prélever 431
millions de m3 sur le Río Bravo del Norte [appelé Rio Grande aux États-Unis]…

Document 10 L’amorce d’une coopération transfrontalière

… dans un grand élan de générosité, les États-Unis ont décidé de financer la


construction d’une station d’épuration destinée à traiter les eaux usées de Mexicali,
fournissant à la fois capitaux et technologie à leurs partenaires économiques du sud.
Ce geste s’explique en grande partie parce que le réseau d’égouts de la capitale
californienne a pour effluent principal le Rio Nuevo qui traverse la ville de part en
part et va se perdre au fond d’une dépression située dans le d´serte de Yuma, de
l’autre côté de la frontière. Aux pesticides et herbicides issus du drainage agricole
s’ajoutent les rejets des particuliers et une partie des déchets liquides de l’industrie
locale…

Pour généraliser

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 La frontière entre les États-Unis et le Mexique est très contrôlée par les
Américains qui veulent freiner l’immigration mexicaine, mais elle connaît une
industrialisation active fondée sur les capitaux américains et la main-d’œuvre
du Mexique.
 Urbanisation, croissance démographique, industrialisation entraînent des
nombreux problèmes environnementaux concernant la gestion de l’eau et
des pollutions de toutes origines. De timides formes de coopération se
mettent en place pour faire face à ces menaces.