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A2 - L’AIR QUI NOUS ENTOURE ; LE DIOXYGÈNE

(classe de 4e)
C4. L’eau et le dioxygène en dehors de la Terre

Le système solaire et les planètes qui nous carbonique et de glace d’eau disparaissent et se reforment au
entourent rythme des saisons martiennes.

Ce texte propose un complément documentaire pouvant être


Composition actuelle des atmosphères (pourcentages en volume)
utile dans les rubriques de la partie A - «À la découverte de
notre environnement, la matière» intitulées :
gaz Vénus Terre Mars
A1 - Où trouve-t-on de l’eau ? Recherche documentaire le
dioxyde de carbone (CO2) 96 0,03 95
«cycle de l’eau sur la planète et l’eau en dehors de la Terre»
(classe de 5e). diazote (N2) 3,5 78 2,7
A2 - De quoi est composé l’air que nous respirons ? Le dioxy- dioxygène (O2) 0,003 21 0,15
gène et le diazote en dehors de la Terre, origine biologique
du dioxygène (classe de 4e).
Quelques hypothèses sur les différences d’évolution des
Les quatre planètes les plus proches du Soleil : Mercure,
atmosphères et sur la présence ou non d’eau liquide
Vénus, la Terre et Mars ont une surface solide, en tout ou
partie, constituée essentiellement de silicates. Au cours de la Pour expliquer les différences, on évoque principalement la
formation des planètes, les éléments lourds (tels que le fer et plus ou moins grande distance au Soleil et la différence de
le nickel) ont formé leur centre (noyau). Cependant, la surface masse. Lors de leur formation, les trois planètes étaient entou-
rées principalement d’hydrogène et d’hélium. La masse des
de Mars est principalement rouge, cette couleur étant essen-
planètes était insuffisante et leur température trop élevée pour
tiellement due à des oxydes de fer entrant dans la composi-
retenir ces composés légers qui se sont échappés, contraire-
tion des roches. Trois d’entre elles possèdent une atmosphère,
ment à ce qui s’est produit sur les planètes géantes telles que
seule la planète Mercure, trop proche du Soleil et trop peu
Jupiter, par exemple. Celles-ci ont, au contraire, retenu leur
massive, n’en possède pas.
atmosphère primaire en raison, d’une part, de leur masse
importante et, d’autre part, de leur basse température due à
leur éloignement au Soleil.
Eau, dioxyde de carbonne et dioxygène dans
le système solaire Divers scénarios permettent d’expliquer les atmosphères
actuelles. Les planètes en évoluant ont été le siège de phéno-
mènes volcaniques et de bombardements météoritiques
Les atmosphère comparées actuelles des planètes Vénus, produisant un dégazage. Une atmosphère s’est ainsi formée
Terre et Mars avec du dioxyde de carbone, du diazote, de la vapeur d’eau
Le dioxyde de carbone, l’eau et le diazote, constituants de et divers autres composés mais en moindre quantité.
notre atmosphère, existent également sur d’autres planètes L’important bombardement météoritique et cométaire aurait
mais en des proportions différentes et sous des états également contribué à l’enrichissement en eau.
physiques qui dépendent des conditions de température et de Un modèle d’évolution de la planète Vénus, la plus proche du
pression qui y règnent. Le dioxygène, lui, n’existe en quantité Soleil, permet de penser que de l’eau liquide aurait pu exister
abondante que sur la Terre ; il est le résultat et une forme de mais sous forme d’océans chauds avec une vapeur d’eau
«signature» de la vie. Les atmosphères actuelles des deux pla- suffisamment abondante au-dessus pour favoriser un effet de
nètes les plus proches de la Terre, Vénus et Mars, présentent serre1. La température de surface augmentant, l’eau s’est
des différences importantes par rapport à celle de la Terre. entièrement vaporisée. L’eau n’existe plus dans l’atmosphère
Sur Vénus, l’atmosphère contient essentiellement du dioxyde de Vénus que sous forme de gouttelettes formant avec l’acide
de carbone, la température au sol est voisine de 450°C et la sulfurique des nuages épais qui contribuent à cacher la
pression est environ 90 fois plus forte que sur Terre. Sur Mars, surface de la planète. C’est actuellement le dioxyde de
l’atmosphère contient également essentiellement du dioxyde carbone qui produit l’effet de serre et la forte température à
de carbone et un peu de vapeur d’eau mais la température la surface de Vénus.
moyenne est de l’ordre de – 50°C alors qu’elle est en Sur notre planète, les conditions initiales de température
moyenne de l’ordre de 14°C sur notre planète. De plus, étaient telles que l’eau s’est condensée sous forme d’océans.
l’atmosphère est raréfiée (pression environ 150 fois plus Des pluies abondantes ont dissous le dioxyde de carbone qui
faible que sur Terre). Des phénomènes atmosphériques exis-
tent sur Mars qui produisent des vents et des tempêtes de
sable tandis que les calottes glaciaires formées de glace 1. Voir fiche C6.

Accompagnement des programmes du cycle central 5e/4e Physique - Chimie 47


au fond des océans, capté par les organismes vivants, a été Dans le système solaire externe, les composés sont préféren-
transformé en calcaires. L’effet de serre a donc été limité, la tiellement des carbures d’hydrogène (pour des raisons de
température de surface restant presque constante. Dans les température) ; l’azote existe encore à l’état de diazote. Tous
océans, la vie est apparue. Des algues bleues ont utilisé le les satellites des planètes géantes sont formés d’un mélange
dioxyde de carbone pour croître et ont rejeté le dioxygène. La de glaces contenant de l’eau et des silicates en proportions
fonction chlorophyllienne a transformé notre atmosphère en variées. Seulement deux de ces satellites possèdent une atmo-
fabriquant le dioxygène qui actuellement permet les vies évo- sphère importante : Titan, satellite de Saturne, et Triton, satel-
luées. Dans la haute atmosphère, la couche d’ozone protec- lite de Neptune. La sonde Cassini-Huygens qui doit être
trice (O3) s’est formée, empêchant la pénétration des rayons lancée en octobre 1997 doit explorer Titan. Ce satellite nous
ultraviolets qui sont nocifs pour les organismes vivants. Les intéresse car les conditions physiques et chimiques de son
carbonates sont en partie éliminés et le dioxyde de carbone atmosphère pourraient correspondre à celles qui ont prévalu
est rejeté dans l’atmosphère par les volcans. Si la vie n’existait sur la Terre au moment de l’apparition de la vie.
pas sur Terre, son atmosphère aurait une composition Les composés primitifs qui pourraient être à l’origine de la vie
vraisemblablement voisine de celle des deux autres planètes sur Terre auraient pu venir de l’espace, des composés orga-
avec une plus grande proportion de dioxyde de carbone. niques nombreux ayant été trouvés dans les comètes ou à
La planète Mars est plus éloignée du Soleil. Actuellement, l’intérieur des météorites et même dans le milieu interstellaire.
l’eau liquide ne peut exister en raison des valeurs basses de Les missions spatiales nous ont fait découvrir depuis 20 ans
la température et de la pression. On trouve l’eau seulement des mondes à la fois très variés et fortement analogues. La
sous forme de glace ou de vapeur mais des traces d’écoule- planète Mars est la seule planète que l’homme pourra
ment sont visibles ainsi que des formations qui évoquent des explorer dans un avenir proche (en dehors de la Lune). Mars
lits de rivières. On suppose que la fusion des glaces se serait nous intrigue par l’éventualité de la découverte de vie fossile.
produite il y a trois milliards d’années provoquant de fortes Des sondes automatiques doivent explorer la planète Mars, la
inondations. Cette variation du climat pourrait être due à des planète Saturne (mission Cassini) et les petits objets tels que
phénomènes volcaniques ou à des variations orbitales comme les astéroïdes (dont certains sont faits de fer) et les comètes,
celles qui sur Terre provoquent l’alternance des périodes en analysant sur place leur composition ou en rapportant des
glaciaires et chaudes. Le dioxyde de carbone a, comme sur échantillons sur Terre (missions Stardust et Rosetta, par
Terre, formé des carbonates mais l’activité volcanique a cessé exemple). La sonde Galileo explore le système de Jupiter, les
semble-t-il depuis plus d’un milliard d’années. premiers résultats sont en cours d’étude.
Si l’eau a pu exister sous forme liquide, une vie primitive a pu
exister également. L’analyse des constituants d’une météorite
d’origine martienne a, par ses inclusions, laissé imaginer qu’il
était question de restes de vie... rien n’est encore prouvé mais Bibliographie
la recherche continue. Kenneth Lang et Charles Whitney, Vagabonds de l’espace,
Springer-Verlag.
À la recherche de la vie Bottinelli, Brahic, Gouguenheim, Ripert, Sert, La Terre et
l’Univers, collection Synapses, Hachette.
La découverte récente dans les profondeurs océaniques ter- Th. Encrenaz, Le système solaire, Dominos, Flammarion.
restres où l’obscurité règne, près de sources chaudes liées au
volcanisme, de formes de vie dans un environnement qui a Ph. de la Cotardière, Astronomie, Larousse.
priori semble hostile, nous fait réfléchir sur notre recherche Astronomie, Encyclopédie Universalis.
d’autres lieux où la vie pourrait exister en dehors de la Terre. Pour les élèves : Marcellin, Astronomie, CIL.

48 Physique - Chimie Accompagnement des programmes du cycle central 5e/4e


E7. Combustion du carbone dans le dioxygène

Manipulation Matériel

Élèves – un flacon avec du sable ou de l’eau au fond muni d’un bou-


chon sur lequel on pourra fixer l’extrêmité d’un fil de fer
Objectifs généraux – du charbon de bois ou du fusain
Respecter le protocole. – du dioxygène (bouteille ; voir aussi fiche préparation)
Manipuler proprement. – de l’eau de chaux
Faire un compte-rendu rédigé.

Objectifs spécifiques

Réaliser une combustion.


Identifier le produit de la réaction.

Déroulement de la manipulation

LUNETTES OBLIGATOIRES

– La combustion du morceau de charbon de bois ou d’un à l’extrêmité de laquelle on aura fixé un tuyau souple. Le gaz
fusain est amorcée avec la flamme d’une allumette ou d’un recueilli sera envoyé au contact de l’eau de chaux que l’on
briquet. aura versé dans un tube à essais. On observera la formation
– Lorsque le charbon de bois présente une zone d’incandes- lente d’un précipité (carbonate de calcium).
cence, l’introduire dans le flacon de dioxygène : la combus- – On pourra aussi effectuer le test du dioxygène (bûchette à
tion devient très vive. incandescence) et du dioxyde de carbone (eau de chaux)
– Lorsque la combustion est terminée, mettre en évidence le dans un flacon témoin contenant les réactifs. Dans le flacon
dioxyde de carbone formé. On pourra, par exemple, prélever final, on effectuera aussi le test du dioxygène.
un peu du contenu gazeux du flacon à l’aide d’une seringue – De même, le professeur, soufflant avec une pipette dans
l’eau de chaux, fera constater qu’il se forme un précipité iden-
tique ; on en conclut que la fonction respiratoire est également
source de dioxyde de carbone.

Points essentiels
– La combustion du charbon de bois dans le dioxygène est
plus vive que dans l’air.
– Dans l’air, comme dans le dioxygène, la combustion s’ac-
compagne d’un dégagement de dioxyde de carbone mis en
évidence avec de l’eau de chaux.

Accompagnement des programmes du cycle central 5e/4e Physique - Chimie 49


E8. Combustion du fer dans le dioxygène

Manipulation1 Matériel

Élèves – un flacon avec du sable au fond muni d’un bouchon sur


lequel on pourra fixer l’extrémité d’un fil de fer
Objectifs généraux – du fil de fer fin
Respecter le protocole – du dioxygène (bouteille ; voir aussi fiche préparation)
Manipuler proprement – une pile plate 4,5 V ou des allumettes
Faire un compte-rendu rédigé – de la laine d’acier
– une balance Roberval (ou mieux une balance à affichage
Objectifs spécifiques numérique à 0,1g)
Réaliser la combustion du fer

Déroulement de la manipulation

LUNETTES OBLIGATOIRES

La combustion de la laine d’acier est amorcée avec la flamme Points essentiels


d’une allumette ou en formant avec le tampon un court-circuit – La combustion du fer dans le dioxygène est plus vive que
entre les bornes de la pile. dans l’air.
Dès les premières étincelles dans la laine d’acier, introduire le – Dans l’air, comme dans le dioxygène, la combustion s’ac-
tampon suspendu au bouchon dans le flacon de dioxygène : compagne de la formation d’oxydes de fer dont la masse est
la combustion continue et devient très vive. supérieure à la masse du fer initial (environ + 0,5 g pour 3 g
de paille de fer). Il ne faut pas chercher à accorder une valeur
quantitative précise à cette manipulation compte tenu du fait
qu’il peut y avoir perte, sous forme de globules, d’une partie
de l’oxyde formé.

Pesée avant combustion Pesée après combustion

1. Voir fiche E3.

50 Physique - Chimie Accompagnement des programmes du cycle central 5e/4e


D7. Lecture raisonnée d’une équation-bilan en chimie

Exemple du bilan de la combustion du méthane dans le dioxygène

Les réactifs réagissent et donnent les produits de la réaction.

CH4 + 2 O2 CO2 + 2H2 O

1 molécule 2 molécules de
réagit
de méthane dioxygène
avec

1 molécule de 2 molécules de il se 1 molécule de 2 molécules


pour ou et
méthane disparue dioxygène forme dioxyde d’eau
disparues de carbone

Exercices de compréhension

1) Combustion complète de 3 molécules de méthane

nombre de molécules avant la réaction qui réagissent après la réaction


méthane 3 3 0
dioxygène 6 6 0
dioxyde de carbone 3
vapeur d’eau 6

2) Combustion d’un mélange de 4 molécules de méthane et de 4 molécules de dioxygène

nombre de molécules avant la réaction qui réagissent après la réaction


méthane 4 2 2
dioxygène 4 4 0
dioxyde de carbone 2
vapeur d’eau 4

Accompagnement des programmes du cycle central 5e/4e Physique - Chimie 51


E9. Réaction du calcaire avec l’acide chlorhydrique

Manipulation Matériel

Élèves Par groupe :


– 1 morceau de craie carrée (environ 5 g)
Objectifs généraux – 100 cm3 d’acide chlorhydrique à 2 mol.L-1 (ne pas
dépasser cette concentration)
Respecter le protocole
– (éventuellement eau de chaux)
Manipuler proprement
– 1 bouteille plastique avec bouchon à vis 1L (ou mieux, bocal
Faire un compte-rendu rédigé étanche pour stérilisation)
– 1 ballon de baudruche
Objectifs spécifiques – 1 balance à affichage numérique
– (éventuellement) bouchon avec tube à dégagement + tube à
Illustrer la conservation de la masse lors d’une réaction
essais pour recueillir un peu de dioxyde de carbone
chimique
Remarque : Incliner la bouteille dans laquelle on a déjà intro-
Identifier le dioxyde de carbone
duit l’acide chlorhydrique pour déposer en haut du goulot le
morceau de craie. Boucher très fermement. Noter l’heure et la
masse indiquée sur la balance (refaire les mesures au bout de
5 puis de 10 minutes).

LUNETTES-GANTS-BLOUSES OBLIGATOIRES

Durée Mise en évidence du dioxyde de carbone formé au cours


de la réaction.
Au moins 1/2 h.
Toute la craie disparaît au bout de 12 minutes environ.

Points essentiels

Remarques :
Avec un bouchon à vis, une légère fuite se produit (~ 0,1 g/
5 min), avec le ballon de baudruche (~0,4 g/5 min !).
Si au bout de 5 minutes on ouvre le bouchon, on entend des
gaz s’échapper et on peut constater une perte de masse
d’environ 1 g.
En cas d’utilisation d’un bocal, attention lors de l’ouverture
(yeux, peau).

52 Physique - Chimie Accompagnement des programmes du cycle central 5e/4e


E10. Préparation du dioxygène
Par action du permanganate de potassium acidifié sur l’eau oxygénée

Manipulation Matériel

Professeur – eau oxygénée 20 volumes (environ 20 cm3)


– solution de permanganate de potassium 0,1 mol.L-1
Objectifs (environ 50 cm3)
– acide sulfurique concentré (environ 1 mL)
Préparer du dioxygène en l’absence de bouteille de dioxy-
Remarque : Par définition 1 litre d’eau oxygéné (fraîche) à 20
gène au laboratoire
volumes est susceptible de libérer 20 litres de dioxygène lors
de la réaction de dismutation.

Durée Points essentiels

La réaction est très vive : verser l’eau oxygénée goutte à Le port des gants, des lunettes de protection et de la blouse est
goutte. vivement conseillé.
Ne pas oublier de purger l’appareil avant de récupérer le
dioxygène.

Accompagnement des programmes du cycle central 5e/4e Physique - Chimie 53


D8. Représentation moléculaire de l’air,
«pur» ou pollué

L’AIR « PUR » : un mélange gazeux

L’air est essentiellement constitué de molécules :


– de diazote N2 (presque 80 %)
– de dioxygène 02 (environ 20 %)
– de vapeur d’eau, de dioxyde de carbone (0,3 %)
– d’argon, de krypton, de néon, etc. (gaz rares)

AIR POLLUÉ par du dioxyde de soufre

Il y a pollution de l’air lorsque :


– les proportions de certains gaz contenus dans «l’air pur» (même en très faible
quantité) varient ; c’est le cas du dioxyde de carbone dont un excès provoque un
accroissement de l’effet de serre (Cf. fiche C6).
– des molécules de substances polluantes (dioxyde de soufre, oxydes d’azote, etc.),
même sous formes de traces, sont présentes.

54 Physique - Chimie Accompagnement des programmes du cycle central 5e/4e


C5. Représentation des molécules
Des molécules simples aux molécules complexes

En tant que première illustration des réactions chimiques, le il existe plusieurs types de modèles moléculaires, dont deux en
programme se réfère à des molécules dont la structure est particulier : le modèle «compact» et le modèle «éclaté». Par
particulièrement simple. Ceci n’empêche pas de montrer exemple, la figure 1 donne la représentation de la molécule
quelques documents représentant des molécules plus d’éthane (CH3 - CH3) en modèle compact (1a) et éclaté (1b).
complexes (cyclohexane, glucose, saccharose, cholestérol, Dans les deux modèles, les atomes sont assimilés à des
ATP, molécules «cryptands», etc.). Sans qu’il soit demandé ici sphères. Dans le modèle compact, les dimensions relatives des
aucune mémorisation, on pourra ainsi souligner la variété et atomes et des liaisons sont globalement respectées. Il permet
la complexité des structures moléculaires présentes dans la de définir le «rayon» des atomes (dit rayon de Van der
nature ou synthétisées par l’homme. Waals), égal à la moitié de la plus courte distance à laquelle
peuvent s’approcher les noyaux des deux atomes identiques,
appartenant à des molécules différentes. Dans le modèle
Représentation topologique des molécules
éclaté, plus lisible puisque l’on y écarte les atomes les uns par
L’enchaînement des atomes au sein d’une molécule est géné- rapport aux autres, les distances sont par contre très suréva-
ralement représenté à l’aide d’une formule dite «semi-déve- luées par rapport aux dimensions des atomes. Ce modèle est
loppée» ou «développée» (si on y fait figurer toutes les liai- donc beaucoup plus éloigné de la structure réelle que le
sons). Lorsque l’édifice moléculaire devient plus complexe modèle compact. La figure 2 donne la représentation du
(comportant un nombre important d’atomes), il est pratique cyclohexane en modèle éclaté.
de recourir à un mode de représentation simplifié : la repré- Figure 2 : représentation du cyclohexane en modèle éclaté
sentation topologique. Dans cette représentation, qui n’a pas
à être enseignée au collège, les liaisons carbone-carbone sont
représentées par des segments, dont les extrémités représen-
tent les atomes de carbone. Les atomes d’hydrogène ne sont
pas mentionnés (chaque carbone en porte un nombre tel que
sa tétravalence est respectée) sauf s’ils sont liés à des hété-
roatomes (atomes autres que C), eux aussi représentés. Par
exemple, le propane CH3 - CH2 - CH3 sera représenté en
notation topologique par : ; l’éthanol (CH3 - CH2 - OH) Ces représentations spatiales peuvent être montrées aux
par : élèves par l’intermédiaire de logiciels de représentation molé-
OH.
Ce mode de représentation est très fréquent pour des molé- culaire ou en projetant un transparent ; il est préférable que
cules cycliques. Ainsi, le cyclohexane de formule C6 H12 est les élèves en gardent une trace sur un imprimé qu’on leur
représenté en perspective : ou bien «à plat» : remettra en plus de la visualisation à l’écran.
La représentation topologique permet donc d’alléger la repré- Les molécules évoquées précédemment ont une structure rela-
sentation en formule plane des molécules. tivement simple. La plupart des molécules, d’origine naturelle
ou synthétique, ont des structures en général plus complexes.
En voici quelques exemples, que les élèves n’auront pas à
Pour leur représentation spatiale mémoriser :

Figure 1 : modèles moléculaires de l’éthane Le glucose (C6 H12 06) (figure 3)


Il s’agit d’une molécule appartenant à la catégorie des sucres,
très présents dans les milieux vivants. Le glucose est le plus
commun et le plus répandu dans le monde naturel. Synthétisé
par les plantes à partir d’eau et de dioxyde de carbone, il est
inversement dégradé en ces mêmes molécules par les ani-
maux, ce qui produit de l’énergie.
(1a) : modèle compact, représentation agrandie
Figure 3 : la molécule de glucose

(1b) : modèle éclaté

Accompagnement des programmes du cycle central 5e/4e Physique - Chimie 55


Le saccharose (C12 H22 011) (figure 4) Figure 4 : la molécule de la saccharose
Cette molécule est constituée de deux unités : une unité
glucose et une unité fructose, liées l’une à l’autre ; elle est la
molécule constitutive du sucre de table. Présente dans de nom-
breux végétaux, on la trouve surtout dans la canne à sucre et
la betterave sucrière.

Le cholestérol (C27 H46 0) (figure 5) Figure 5 : la molécule de cholestérol

Cette molécule, synthétisée par l’organisme à partir de


graisses, joue un rôle essentiel dans le métabolisme du corps.
Son accumulation dans les artères peut cependant provoquer
une gêne à l’écoulement du sang et engendrer des troubles
cardiaques.

L’adénosine triphosphate, ou ATP Figure 6 : la molécule d’ATP


(C10 H14 013 N5 P3) (figure 6)
Cette molécule est constituée de trois unités : une molécule de
sucre (le ribose), une base (l’adénine) et l’enchaînement de
trois groupes phosphate. C’est une des molécules les plus
importantes du monde vivant car elle constitue une source
d’énergie disponible pour la réalisation de réactions biochi-
miques : contraction des cellules musculaires, métabolisme de
la nourriture, synthèse des protéines, etc.

Un exemple de molécule «cage» : les cryptandts rieur de la cavité. Il devient alors inaccessible au milieu exté-
(Figure 7) rieur comme s’il était dans une cage (d’où le nom de
cryptate). De nombreuses applications en synthèse résultent
Cette classe de molécules possède une structure tridimension-
de ces propriétés. On représente en figure 7 la structure du
nelle dans laquelle on peut distinguer une sorte de cavité dont
cryptant emprisonnant un cation K (figure 7a) puis, en modèle
la taille et la géométrie dépendent de la structure moléculaire.
compact, le cryptand seul (7b) et avec le cation (7c) au centre.
Une autre molécule, en particulier un cation, peut venir se lier
à quelques atomes du cryptand, et ce tout en étant à l’inté-

Figure 7 : une molécule de cryptand ( C18 H36 O6 N2 )

7a 7c 7b

56 Physique - Chimie Accompagnement des programmes du cycle central 5e/4e


E11. Synthèse d’un arôme de banane
Lacétate d’isoamyle (éthanoate de 3-methyl butyle)

Matériel

– un bain-marie (chauffage électrique de préférence)


– un thermomètre
– un tube à essais ou un petit erlenmeyer avec bouchon
surmonté d’un tube réfrigérant (20 à 40 cm de hauteur)
– une petite ampoule à décanter et son support
Manipulation – deux bechers
Élèves
Produits (par groupe)
Objectifs généraux – 5 mL d’acide acétique (90 %)
Respecter le protocole – 5 mL d’alcool isoamylique (ou 3 méthylbutan-1-ol)
Manipuler proprement – quelques gouttes d’acide sulfurique (4 à 5) (90 %)
Faire un compte-rendu rédigé – solution d’hydrogénocarbonate de sodium (bicarbonate)
Distinguer réactifs et produits – eau froide avec chlorure de sodium
Pour distribuer les réactifs, le professeur pourra utiliser des
Objectifs spécifiques burettes de 50 cm3 préalablement remplies, l’une d’acide
acétique, l’autre d’alcool ; il rajoutera ensuite l’acide sulfu-
Réaliser la synthèse d’un arôme
rique au mélange.
Apprentissage de nouvelles techniques : relargage, utilisa-
tion d’une ampoule à décanter Attention : utilisation obligatoire de lunettes, gants et
blouse : les trois réactifs sont nocifs, voire inflammables
(les deux premiers).

Manipulation

ESTÉRIFICATION DÉCANTATION

Points essentiels – Mélange homogène au départ, hétérogène à l’arrivée.


Possibilité de séparation par décantation.
– Rôle du réfrigérant.
L’utilisation correcte de l’ampoule à décanter nécessite du
– Constater la différence d’odeur entre les réactifs et l’ester temps.
produit. Attention : Ne jamais placer le nez directement au
– Éventuellement : relargage
dessus mais déplacer légèrement le dégagement en agitant
avec la main. «Neutralisation» par l’ion hydrogénocarbonate dans le but
d’isoler le produit cherché des réactifs non utilisés.

Accompagnement des programmes du cycle central 5e/4e Physique - Chimie 57