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Collection Technique Cahier technique n ° 212 Un conducteur actif et singulier : le neutre
Collection Technique Cahier technique n ° 212 Un conducteur actif et singulier : le neutre

Collection Technique

Cahier technique n° 212

Un conducteur actif et singulier :

le neutre

Cahier technique n ° 212 Un conducteur actif et singulier : le neutre J. Schonek Building
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J. Schonek
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« Extrait du Cahier Technique Schneider Electric n° (à préciser) ».

n° 212

Un conducteur actif et singulier : le neutre

n ° 212 Un conducteur actif et singulier : le neutre Jacques SCHONEK Ing é nieur

Jacques SCHONEK

Ingénieur ENSEEIHT et Docteur-Ingénieur de lUniversité de Toulouse, il a participé de 1980 à 1995 à la conception des variateurs de vitesse de la marque Telemecanique. Il a été ensuite gérant de lactivité Filtrage dHarmoniques. Il est actuellement en charge des études Applications et Réseaux Electrotechniques au sein de la Direction « Power Protection & Control » de Schneider Electric.

CT 212 édition juin 2004

Lexique

i r , i s , i t , i N (A) :

I N (A) :

I L (A) :

I l (A) :

i h (%) :

I h (A) :

THD (%) :

valeurs instantanées des courants dans les phases et le neutre valeur efficace du courant dans le neutre valeur efficace du courant dans une phase composante fondamentale du courant I L taux dharmonique de rang h du courant I L

valeur efficace du courant harmonique de rang h,

taux de distorsion harmonique

(A) h (%) = I 100 i h I l (A)
(A)
h
(%)
= I
100
i h
I l
(A)

Cahier Technique Schneider Electric n° 212 / p.2

Un conducteur actif et singulier :

le neutre

Un paradoxe : le conducteur neutre est un conducteur actif dans lequel il ne devrait circuler aucun courant, et pourtantIl existe un regain dintérêt pour le conducteur neutre, lié à la prolifération des charges électroniques, à la circulation de courants harmoniques et au risque de surcharge. Dans ce contexte, lobjectif de ce document est de faire le point sur les habitudes et recommandations dinstallation : coupure, protection et dimensionnement du conducteur neutre.

Sommaire

Un conducteur actif dans la distribution électrique

1

1.1 Schéma général de Distribution Electrique

p. 4

1.2 Neutre, mais pas innocent

p. 4

 

1.3

Rappels sur les Schémas des Liaisons à la Terre

(dits « régimes de neutre »)

p. 4

1.4

Court-circuit phase neutre

p. 7

Règles traditionnelles de dimensionnement et de protection du neutre

2

2.1 Section du conducteur neutre

p. 8

2.2 Coupure du conducteur neutre

p. 10

 

2.3 Protection du conducteur neutre

p. 11

2.4 Appareillage adapté à la coupure et à la protection

 

du conducteur neutre

p. 12

3 Et vinrent les harmoniques

3.1 Charges non linéaires monophasées

p. 13

3.2 Charges monophasées dans un système triphasé

p. 14

3.3 Courant dans le conducteur neutre dans un système triphasé

p. 15

3.4 Taux de charge du conducteur neutre

p. 18

3.5 Effet des courants harmoniques sur

 

les canalisations électriques

p. 19

3.6 Estimation du taux dharmonique 3

p. 19

3.7 Dimensionnement des constituants dune installation

p. 20

3.8 Harmoniques et Schémas des Liaisons à la Terre

p. 21

3.9 Comment gérer les harmoniques impactant le neutre

p. 22

4 Synthèse

p. 24

5 Conclusion

p. 25

Annexe 1 : Rappels

p. 26

Annexe 2 : Cas particulier des installations BT alimentées par plusieurs sources

p. 27

Annexe 3 : Bibliographie

p. 29

Cahier Technique Schneider Electric n° 212 / p.3

1

Un conducteur actif dans la distribution électrique

1.1 Schéma général de distribution électrique

Le schéma le plus courant de la distribution électrique en Basse Tension est de type triphasé, avec neutre distribué. Cette disposition permet à la fois lalimentation de charges triphasées non raccordées au neutre (moteurs, par exemple) et de charges monophasées courantes. Les niveaux de tension les plus utilisés en Europe sont de 400 V entre phases, et 230 V entre phases et neutre (cf. fig. 1 ). Le secondaire du transformateur dalimentation est donc généralement couplé en étoile, voire en zigzag. Le conducteur neutre est réglementairement de couleur bleu clair, quand il nest pas également utilisé comme conducteur de protection (PEN, couleur vert/jaune).

1.2 Neutre, mais pas innocent

Le conducteur neutre présente des particularités par rapport aux autres conducteurs de la distribution électrique.

c Il a un rôle spécifique dans la définition des

Systèmes des Liaisons à la Terre

v il est en général possible et recommandé de le raccorder à la terre,

v il peut être utilisé comme conducteur de protection.

c

Le conducteur neutre est un conducteur actif

v

il assure lalimentation des charges

monophasées,

v il assure la circulation des courants de

déséquilibre,

v il assure la circulation des courants harmoniques

de rang 3 des charges non linéaires,

400 V 400 V 400 V 230 V 230 V 230 V
400
V
400 V
400
V
230 V
230 V
230 V

1

2

3

N

Fig. 1 : les tensions dalimentation en BT.

v il est parcouru par des courants de défaut

(défauts disolement, surcharge, court-circuit).

Lorsquil est utilisé comme conducteur de protection, il est parcouru par des courants de fuite capacitive.

Un certain nombre de précautions en découlent, dans la conception dune installation électrique :

c le dimensionnement et la protection du

conducteur neutre doivent suivre des règles précises ;

c la continuité du conducteur neutre est

impérative lorsquil est utilisé comme conducteur

de protection ;

c la coupure du conducteur neutre est

indispensable si son potentiel par rapport à la terre s’élève et atteint un niveau dangereux.

1.3 Rappels sur les schémas des liaisons à la terre (dits « régimes de neutre »)

Ces rappels ont pour objectif de bien préciser le rôle spécifique tenu par le conducteur neutre dans la définition des Systèmes des Liaisons à la Terre -SLT-.

Le choix dun schéma de liaisons à la terre répond à 2 objectifs :

c

la protection des personnes et des biens,

c

la continuité de service.

Contre le risque de chocs électriques, les normes dinstallations ont défini les principes

Cahier Technique Schneider Electric n° 212 / p.4

fondamentaux de la protection des personnes qui sont :

c la mise à la Terre des masses des équipements

et récepteurs électriques,

c l’équipotentialité des masses simultanément

accessibles qui tend à éliminer les tensions de contact,

c la coupure automatique de lalimentation

électrique en cas de tensions ou de courants dangereux provoqués par la circulation du

courant de défaut disolement.

Il existe, pour les réseaux BT, 3 types de SLT. Ils diffèrent par la mise à la terre ou non du point neutre de la source de tension et par le mode de raccordement des masses (cf. fig. 2 ). Le choix du régime de neutre dépend des caractéristiques de linstallation et des conditions et impératifs dexploitation.

Schéma TT Dans ce type de schéma (cf. fig. 2a), dit de « neutre à la terre » :

c le neutre de la source est relié à une prise de terre distincte de celle des masses,

c toutes les masses protégées par un même

dispositif de coupure doivent être reliées au même système de mise à la terre. Cest le cas typique de la distribution publique en France.

La figure 3 indique le circuit parcouru par le courant en cas de défaut : la tension de contact sur la masse de lappareil en défaut atteint une valeur dangereuse. Le schéma TT impose donc la coupure au premier défaut disolement. Le dispositif de coupure mis en œuvre est un Dispositif Différentiel à courant Résiduel (DDR).

a Neutre à la terre (TT) - R B R A b Mise au neutre
a Neutre à la terre (TT)
-
R
B
R A
b Mise au neutre (TN-C)
-
à la terre (TT) - R B R A b Mise au neutre (TN-C) - R
à la terre (TT) - R B R A b Mise au neutre (TN-C) - R

R B

1

2

3

N

PE

1

2

3

PEN

c Mise au neutre (TN-S) - 1 2 3 N PE R B d Neutre
c Mise au neutre (TN-S)
-
1
2
3
N
PE
R
B
d Neutre isolé (IT)
-
1
2
3
N
PE
R B
N PE R B d Neutre isolé (IT) - 1 2 3 N PE R B

Contrôleur permanent d'isolement

Fig. 2 : les trois principaux schémas des liaisons à la terre ou SLT sont les schémas TT, TN et IT, définis par la CEI 60364-3. Le TN peut être soit TN-C (neutre et PE confondus) soit TN-S (neutre et PE distincts).

DDR I d N R d U d R B R A Fig. 3 :
DDR
I d
N
R d
U d
R B
R A
Fig. 3 : défaut d’isolement avec schéma TT Avec un
réseau 400 V / 230 V, R A et R B de 10 Ω, la tension de
contact Ud est de 115 V !

Schéma TN

Le principe de ce schéma dit de « mise au neutre » est de transformer tout défaut disolement en court-circuit monophasé phase neutre. Dans ce type de schéma :

c le point neutre BT de chaque source est relié

directement à la terre,

c toutes les masses de linstallation sont reliées

à la terre et donc au neutre :

v par un seul conducteur (PEN) de protection et

de neutre avec le SLT TN-C (conducteur Commun de protection et de neutre), (cf fig. 2b) ;

v par les conducteurs de protection (PE) et de neutre (N) distincts avec le SLT TN-S (conducteurs Séparés), (cf fig. 2c).

Cahier Technique Schneider Electric n° 212 / p.5

Le courant de défaut est équivalent à un court- circuit Phase/Neutre. Il génère une tension de contact dangereuse (cf. fig. 4 ). Le déclenchement du disjoncteur par une protection « court retard » ou un déclencheur magnétique est donc obligatoire (DPCC : Dispositif de Protection contre les Courts-Circuits). Le schéma TN permet dutiliser les protections de surintensité habituelles pour protéger contre les défauts disolement par déclenchement au premier défaut. Lemploi de DDR permet de saffranchir des vérifications sur la valeur du courant en cas de défaut, mais il est totalement inadapté et exclus en schéma TN-C. Le schéma TN-C nest pas recommandé pour lalimentation des dispositifs électroniques en raison de la possible circulation de courants harmoniques dans le neutre, sujet abordé dans les chapitres suivants.

Schéma IT

Dans ce type de schéma dit « à neutre isolé », le neutre du transformateur est :

c

soit isolé de la terre (neutre isolé),

c

soit relié à la terre par une impédance élevée

(neutre impédant). Toutes les masses de linstallation sont reliées à la terre (cf. fig. 2d).

En schéma IT, le premier défaut disolement nimpose pas le déclenchement, mais ce défaut doit être détecté au moyen dun Contrôleur Permanent dIsolement (CPI), et éliminé. Sinon un deuxième défaut survenant sur un autre conducteur actif provoque un court-circuit entre les conducteurs actifs concernés (cf. fig. 5 ). Le déclenchement est alors nécessaire pour éliminer la tension de contact dangereuse. Ce déclenchement est normalement obtenu par les protections de surintensité et parfois, selon la

I d N PE DPCC R d U d R B
I d
N
PE
DPCC
R d
U d
R B

Fig. 4 : défaut disolement en cas de schéma TN-S.

configuration du réseau, par des DDR protégeant des groupes de masses interconnectées. Avec le respect de cette obligation de rechercher et d’éliminer le premier défaut, le schéma IT procure la meilleure continuité dalimentation. La distribution du neutre est déconseillée en IT. En effet, en cas de premier défaut (maintenu) la tension phase terre sur les phases saines est égale à la tension composée. Les appareils monophasés raccordés à ces phases sont alors soumis à des tensions disolement phase masse supérieures à la normale, ce qui peut conduire à leur détérioration. (Exemple :

alimentation de matériel informatique). La non distribution du neutre interdit le raccordement dappareils monophasés entre phase et neutre et évite donc ce risque. Dans le cas contraire, les appareils devront être spécifiés pour une tension disolement égale à la tension entre phases.

I d I 3 d 2 1 N N PE Contrôleur Limiteur I DPCC DPCC
I
d
I
3
d
2
1
N
N
PE
Contrôleur
Limiteur
I
DPCC
DPCC
permanent
de
d
I
d
d'isolement
surtension
(CPI)
R
R
d2
d1
U
U
d2
d1
R
B

Fig. 5 : courant de défaut en cas de double défaut avec le SLT IT et tensions dangereuses U d1 et U d2 .

Cahier Technique Schneider Electric n° 212 / p.6

1.4

Court-circuit phase – neutre

Le calcul du courant de court-circuit entre phase

et neutre diffère légèrement du calcul du courant

de court-circuit triphasé. La figure 6 représente

schématiquement les 3 possibilités de court- circuit dans une installation avec :

V : tension simple (phase neutre) en sortie de

transformateur,

U : tension composée (entre phases) en sortie

de transformateur,

Z T : impédance dun enroulement du

transformateur,

Z L : impédance dun conducteur de phase, Z N : impédance du conducteur de neutre, I cc_tri : courant de court-circuit triphasé, I cc_ph : courant de court-circuit entre phases, I cc_ph-N : courant de court-circuit phase neutre.

En général l’impédance de raccordement du neutre du transformateur est négligeable, d’où les équations :
En général l’impédance de raccordement du
neutre du transformateur est négligeable, d’où
les équations :
V
=
I cc_tri
(Z T
+ Z
)
L
U V
. 3
3
I
=
= =
I
cc_ph
cc_tri
2 (Z
.
+ )
Z
2 (Z
.
+
Z
)
2
TL
TL
V
=
I cc_ph-N
(Z
+
Z
+
Z
)
TLN

Si les conducteurs de phases et de neutre sont

identiques, Z N = Z L , et donc :

=

V

(Z

T

+ 2

.Z

L

)

I cc_ph-N

Pour de grandes longueurs de câbles, en particulier en distribution terminale, limpédance du transformateur est négligeable devant limpédance des conducteurs, et alors :

V ≈ I cc_tri Z L 3 V ≈ . I cc_ph 2 Z L
V
I cc_tri
Z
L
3
V
.
I cc_ph
2
Z
L
V
I cc_ph-N
2 . Z
L
D’où l’inégalité :

I cc_tri > I cc_ph > I cc_ph-N

Z L

Z T Z
Z
T
Z
> I cc_ph > I cc_ph-N Z L Z T Z Phase-neutre 1   T Z
> I cc_ph > I cc_ph-N Z L Z T Z Phase-neutre 1   T Z

Phase-neutre

1

 

T

Z

L

Tr iphas é

Z

T

 

Z

L

Z T   Z L
   

Z

N

    Z N

2

3

Phase-neutre

N

Fig. 6 : les possibilités de court-circuit sur un réseau triphasé.

Cahier Technique Schneider Electric n° 212 / p.7

Règles traditionnelles de dimensionnement et de protection du neutre

2

Les règles et indications exposées dans ce chapitre ont pour principales sources les normes

2.1 Section du conducteur neutre

En régime sinusoïdal, le courant dans le conducteur neutre dépend du déséquilibre entre les charges monophasées raccordées entre phases et neutre. Charges équilibrées : le courant dans le conducteur neutre est nul (cf. fig. 7 ). Charges déséquilibrées : le courant dans le conducteur neutre nest pas nul comme illustré sur la figure 8 page ci-contre. Dans le cas de charges déséquilibrées de même nature, le courant dans le neutre est inférieur ou égal au courant phase le plus élevé (cf. fig. 9 page ci-contre). Dans le cas de charges déséquilibrées de nature différente sur chacune des phases (résistive, inductive, capacitive) il peut arriver que le courant neutre soit supérieur au courant dans chacune des phases. Ce cas de figure nest toutefois pas très courant dans la pratique.

de conception et de réalisation des installations BT : CEI 60364 et NF C 15-100.

De plus, la présence dharmoniques (objet du chapitre suivant) dans le conducteur neutre est aussi un facteur important pour la détermination de sa section. La section du conducteur neutre, déterminée en fonction du courant véhiculé, peut être :

c inférieure à la section des conducteurs de

phasessi les conditions suivantes sont

remplies simultanément :

v la section des conducteurs de phases doit être

supérieure à 16 mm 2 Cuivre ou 25 mm 2 Aluminium,

v la section du conducteur neutre doit être au moins égale à 16 mm 2 Cuivre ou 25 mm 2

Aluminium,

v les charges alimentées en service normal sont

supposées équilibrées, avec un taux dharmonique de rang 3 inférieur à 15 %,

v le conducteur neutre doit être protégé contre les surintensités.

0

i

i 1 t i 2 i 3
i 1
t
i 2
i 3
i N i N 0
i
N
i
N
0

t

Fig. 7 : courants phases et courant neutre avec des charges linéaires équilibrées.

Cahier Technique Schneider Electric n° 212 / p.8

Une pratique courante consiste à avoir un conducteur neutre de section « moitié » de la section des conducteurs de phases. c égale à la section des conducteurs de phases. Cest le cas général, en particulier dans les circuits monophasés à 2 conducteurs, ou lorsque la section des conducteurs de phases est inférieure à 16 mm 2 Cuivre ou 25 mm 2 Aluminium. Cest également vrai dans le cas

dalimentation de charges non linéaires et que le taux dharmonique 3 se situe dans la fourchette de 15 à 33 %. c supérieure ou égale à la section des conducteurs de phases, dans le cas dalimentation de charges non linéaires et que le taux dharmonique 3 dépasse 33 %. Lintensité dans le conducteur neutre est alors prépondérante pour la détermination de la section des conducteurs.

i i 1 0 t i 3 i 2
i
i 1
0
t
i 3
i 2

i N

0 t
0
t

Fig. 8 : courants phases et courant neutre avec des charges linéaires déséquilibrées.

Dans un réseau triphasé il circule un courant de déséquilibre dû à limpossibilité dun équilibrage permanent parfait des charges monophasées.

Ce courant est égal à :

I N

= I + I

1

2

+I 3

Il peut être très variable comme le montre lexemple ci-dessous :

1 2 3N N 20 A 15 A 10 A
1
2
3N
N
20 A
15 A
10 A
10 A 20 A N 15 A
10 A
20 A
N
15 A

Voire même supérieur au courant de phase si la phase 2 est coupée :

10 A

I N = 17,32 A 20 A N
I N = 17,32 A
20 A
N

Fig. 9 : importance des courants de déséquilibre dans le neutre.

2.2 Coupure du conducteur neutre

Les règles de coupure ou de non-coupure du conducteur neutre ont pour objet de limiter les risques d’électrocution consécutifs à une élévation de son potentiel.

En schéma TN-C Le conducteur neutre a également le rôle de conducteur de protection (PEN). Le maintien de sa continuité est donc impératif en toutes circonstances, et de fait interdit tout dispositif de coupure sur sa liaison.

En schéma TT ou TN-S Le neutre est relié à la terre à lorigine de linstallation. Dans des conditions normales, son potentiel se trouve voisin du potentiel de terre. Cependant, pour différentes raisons, le potentiel du conducteur neutre peut s’éloigner sensiblement du potentiel de terre et atteindre des tensions dangereuses par rapport à la terre. La figure 10 illustre un phénomène possible : la circulation de courant dans le conducteur neutre provoque l’élévation du potentiel du neutre au niveau dune charge, même si celle-ci nest plus reliée à la phase à la suite dune manœuvre ou dun déclenchement. De plus, une inversion de câblage entre phase et neutre au niveau dune charge étant toujours possible, la non-coupure de lune des polarités risque en fait de maintenir la tension phase appliquée à la charge.

La coupure simultanée de la phase et du neutre est donc recommandée.

Par ailleurs, en cas de défaut dans une partie de linstallation (coupure accidentelle du conducteur neutre en amont, augmentation des impédances, défaut MT/BT, coup de foudre sur

le potentiel du neutre

les lignes basse tension

au niveau des charges utilisatrices peut s’élever de façon brutale et dangereuse.

),

Ces risques sont particulièrement présents dans les étages dun immeuble de grande hauteur, où il est plus difficile de garantir la qualité des liaisons à la terre du fait de la longueur exceptionnelle du câblage. Il a déjà été mesuré sur une installation un cas extrême où le potentiel du neutre par rapport à la terre était de 80 V en fonctionnement normal. Ce cas présente un risque d’électrocution. Afin de ne pas créer de situations dangereuses, il est donc vivement conseillé dappliquer la règle de coupure du neutre sans dérogation.

En schéma IT Le conducteur neutre peut se trouver à un potentiel quelconque, même sil est généralement voisin du potentiel de terre. En présence dun défaut (par exemple une phase à la terre) le potentiel du neutre par rapport à la terre peut s’élever jusqu’à la tension simple. Pour la maintenance dune partie dinstallation réputée hors tension, donc a priori non dangereuse, le personnel dintervention peut cependant être en situation dangereuse si le conducteur neutre nest pas coupé. Pour ces raisons, il est impératif de couper le conducteur neutre dans tous les cas. Seule la coupure du neutre garantit l’égalité des potentiels entre masse et terre après déclenchement.

Recommandations importantes c Le neutre ne doit jamais être coupé seul : il doit être coupé après les phases et rétabli avant les phases. Le non respect de cette règle provoque, en régime triphasé déséquilibré, des surtensions sur les appareils monophasés : la tension entre phases pouvant être appliquée à un circuit conçu pour être alimenté par la tension simple (phase neutre). Ce risque est illustré sur la figure 11 page ci-contre.

I

Z L N Z N !
Z L
N
Z N
!

Fig. 10 : élévation du potentiel du neutre.

Cahier Technique Schneider Electric n° 212 / p.10

1 2 3N N’ Z1 Z2 Z3
1
2
3N
N’
Z1
Z2
Z3

3

2

Z3 << Z1 et Z2

N' N
N'
N

individuel du neutre ou la coupure par appareils unipolaires (cf. CEI 60364).

De plus, du fait des tensions mises en jeu, lappareillage de coupure du conducteur neutre devra avoir aussi les caractéristiques nécessaires au sectionnement, notamment une tension disolement suffisante (exemple : tenue à une onde de choc de 12,3 kV en BT pour lappareillage industriel, selon la norme CEI 60947).

c Pour être coupé le neutre doit être sûrement

identifiable, cest pourquoi les normes dinstallation imposent son repérage par la couleur bleu clair et la lettre N sur les bornes et les schémas.

Nota : Dans le cas dune distribution sans Neutre, le conducteur de couleur bleue peut être utilisé en tant que phase, mais ceci nest pas recommandé. En ce qui concerne la position du pôle Neutre dans lappareillage, elle nest que rarement

1 précisée dans les normes, hormis par exemple

en France dans la C 62-411, pour les disjoncteurs de branchement BT. Toutefois lhabitude dans un grand nombre de pays européens, y compris en France, est de disposer les bornes de raccordement du Neutre à gauche de celles des phases (cf. fig. 12 ).

Fig. 11 : risque de surtension en cas de coupure du conducteur neutre.

Si la charge connectée entre la phase 3 et le neutre est beaucoup plus importante que les charges des autres phases (1 et 2), en cas de rupture du conducteur neutre le point neutre artificiel Nse trouve porté à un potentiel voisin de celui de la phase 3. Les charges connectées entre les phases 1, 2 et Nse trouvent donc soumises aux tensions V1Net V2N, voisines de V13 et V23. Il est donc vivement recommandé de couper ou de sectionner le neutre avec des appareillages omnipolaires afin d’éviter le sectionnement

omnipolaires afin d ’é viter le sectionnement Fig. 12 : le p ô le du conducteur

Fig. 12 : le pôle du conducteur Neutre est à gauche (disjoncteur Compact NS100N, marque Merlin Gerin).

2.3 Protection du conducteur neutre

En schéma TN-C Le conducteur de protection (PE) ne pouvant être coupé en aucune circonstance il nest pas possible de couper le conducteur (N) dans une installation de type TN-C pour laquelle ces deux conducteurs sont confondus en un seul (PEN). En conséquence, la section du neutre sera choisie de manière appropriée puisque la protection par coupure automatique nest pas applicable.

En schéma TT ou TN-S

En cas de surcharge ou de court-circuit phase neutre sur un départ donné, le même courant de défaut parcourt les conducteurs de phase et du neutre. Deux cas sont donc à considérer :

c Section du neutre égale à la section des

phases La protection du neutre nest pas obligatoire. Le conducteur neutre est protégé par le dispositif de protection du conducteur de phase.

Cahier Technique Schneider Electric n° 212 / p.11

c Section du neutre inférieure à la section des phases Un dispositif de protection contre les surcharges approprié à la section du conducteur neutre est obligatoire.

En schéma IT En cas de double défaut, lun sur une phase, lautre sur le neutre, des départs de calibres différents peuvent être concernés (reliés par les défauts).

La protection des seules phases nest pas une solution sûre : la protection de phase dun calibre supérieur sur un départ peut être inadaptée à la section du neutre de lautre départ. La protection et la coupure du neutre sont donc obligatoires, sauf cas particuliers (exemples :

circuits monophasés, protection par DDR).

2.4 Appareillage adapté à la coupure et à la protection du conducteur neutre

Si les conditions précédentes sont remplies et si le neutre est repéré sans risque derreur, il est possible, voire recommandé pour des raisons économiques, de ne pas le protéger. Dans les autres cas, les risques dinversion phase/neutre justifient la protection du neutre.

Le cas des coupe-circuits Sauf cas très particuliers (utilisation de cartouches fusibles à percuteurs associés à un appareil de coupure), la fusion dun fusible placé sur un conducteur actif ne permet pas dinterrompre le courant dans les autres conducteurs actifs : la coupure est unipolaire. Pour éviter la coupure du neutre seul, celui-ci ne devra donc jamais être protégé par fusible. De même, le conducteur neutre ne sera pas coupé automatiquement en cas de fusion dun fusible sur lune des phases.

Le cas des disjoncteurs Lappareillage bipolaire (Phase/Phase ou Phase/ Neutre) ou tétrapolaire, permet de couper simultanément les phases et le neutre pour mettre un circuit hors tension. Les appareils phase/neutre, dont seule la phase est protégée, sont plus économiques et moins volumineux, mais nécessitent un repérage sans faille du neutre (cf. fig. 13 ).

Le cas des DDR Les DDR sont considérés comme des appareils apportant une grande sûreté de fonctionnement dune installation électrique : ils participent à la protection contre les contacts directs et indirects, ainsi qu’à la protection incendie. De plus, une inversion entre phase et neutre au niveau des DDR naffecte pas leur fonctionnement. Toutes ces fonctions réunies dans un même dispositif font que les DDR sont recommandés dans les nouvelles installations comme lors des extensions.

Cahier Technique Schneider Electric n° 212 / p.12

Le cas des appareils de coupure d’urgence Pour assurer une mise hors tension rapide dun circuit, la coupure omnipolaire (de tous les conducteurs actifs y compris le neutre) est recommandée au niveau de lappareil de coupure ou de larrêt durgence.

Le cas du contrôle – commande

Pour les appareillages (contacteurs, télérupteurs,

interrupteurs, délesteurs, régulateurs

destinés à la protection mais employés pour la commande ou le contrôle de charges (machines, éclairages), la coupure du neutre nest pas imposée par la normalisation. Toutefois, lorsque des contacts auxiliaires des appareils de protection sont utilisés pour réaliser des fonctions logiques ou de signalisation, il est parfois difficile de prédire le potentiel de chacun des conducteurs en situation de défaut (surtout dans un schéma triphasé). Dans ce cas, la coupure du neutre est aussi recommandée.

) non

ce cas, la coupure du neutre est aussi recommand é e. ) non Fig. 13 :

Fig. 13 : « Déclic » disjoncteur Phase Neutre avec identification du pôle neutre (Marque Merlin Gerin).

3

Et vinrent les harmoniques…

3 Et vinrent les harmoniques… 3.1 Charges non linéaires monophasées Une part croissante de l ’é

3.1 Charges non linéaires monophasées

Une part croissante de l’électricité est consommée par des charges électroniques non linéaires monophasées (éclairage fluorescent à ballast électronique, appareils électroniques domestiques, informatique, variateurs de vitesse). Ces appareils disposent en général dune alimentation à découpage, dont le schéma dentrée le plus répandu est du type redresseur monophasé à diodes avec filtrage capacitif (cf. fig. 14 ).

é à diodes avec filtrage capacitif (cf. fig. 14 ). Charge Fig. 14 : redresseur monophas

Charge

Fig. 14 : redresseur monophasé avec filtrage capacitif.

La forme donde de courant et son spectre harmonique typique sont représentés sur les figures 15 et 16.

% 100 90 80 70 60 50 40 30 20 10 0
%
100
90
80
70
60
50
40
30
20
10
0
 

1

3

5

7

9

11

13 15

17

19

21

23

25

Le courant absorbé par ces charges est constitué dimpulsions positives et négatives, en synchronisme avec les crêtes de la tension réseau. De ce fait, sa composante harmonique de rang 3 peut atteindre 85 % du fondamental.

 

Rang

Fig. 16 : spectre harmonique du courant phase. Ici le taux de distorsion (THD) est de 110 %, le taux dharmonique 3 (i 3 ) est de 85 %.

 

Tension réseau

Courant ligne

0 t
0
t

Fig. 15 : allure du courant.

Cahier Technique Schneider Electric n° 212 / p.13

Le tableau de la figure 17 donne des exemples dappareils monophasés générateurs de

courants harmoniques, et leurs principales caractéristiques typiques.

Type d’appareil

P (W)

I L (A)

i 3 (%)

Micro-ordinateur Micro-ordinateur + imprimante active Photocopieur en veille Photocopieur actif Tube fluo à ballast magnétique Tube fluo à ballast électronique Ballon fluorescent Lampe fluo compacte Moteur avec variateur de vitesse

60

0,5

85

300

1,45

35

70

0,32

65

1500 - 2200

7

- 10

15

36

0,2

25

36

0,16

10

250

1,4

10

25

0,2

80

500 - 3000

4

- 18

80

P (W) : puissance active consommée I L (A) : valeur efficace du courant absorbé i 3 (%) : taux de courant harmonique de rang 3

Fig. 17 : les principaux générateurs dharmoniques de rang 3 dans les installations industrielles et tertiaires.

3.2 Charges monophasées dans un système triphasé

Dans un système simplifié constitué dune source triphasée équilibrée et de trois charges monophasées identiques, connectées entre phases et neutre (cf. fig. 18 ) considérons deux cas particuliers :

v

celui de trois charges linéaires,

v

celui de trois charges non linéaires.

c

Dans le cas de charges linéaires, les courants

constituent un système triphasé équilibré. La somme des courants de phases est nulle, ainsi donc que le courant dans le neutre.

c Dans le cas de charges non linéaires, les

courants de phases ne sont pas sinusoïdaux et contiennent donc des harmoniques, en particulier de rang multiple de 3. Les courants des trois phases étant égaux, les courants harmoniques, de rang 3 par exemple, ont la même amplitude et peuvent s’écrire sous la forme :

i . = sin I 3 . ( ω t ) r3 3  2
i .
= sin
I
3 .
(
ω t
)
r3
3
2
π
i 3 
= sin
I
ω t
  =
I
.
sin
(
3
ω t
2
π
)
=
i
s3
3
3
r3
3
4 π
= sin
I
3
 
ω t
= I
.
sin
(
3
ω t
4
π
)
=
i
i t3
3
3
r3
3
N i i i t s r Source Charge Charge Charge i N
N
i
i
i
t
s
r
Source
Charge
Charge
Charge
i
N

Fig. 18 : charges monophasées.

Dune manière générale, pour des charges équilibrées, les courants harmoniques de rang multiple de 3 sont en phase et sadditionnent arithmétiquement dans le conducteur neutre, alors que les composantes fondamentales et les

harmoniques de rang non multiple de 3

sannulent.

Les courants harmoniques 3 sont des courants homopolaires qui circulent en phase dans les 3

phases.

Dans cet exemple, les courants harmoniques de rang 3 des 3 phases sont donc identiques. Le courant dans le neutre étant égal à la somme des courants des phases, la composante de rang 3 du courant neutre est donc égale à la somme des composantes de rang 3, soit :

i n3 = 3.i r3

Cahier Technique Schneider Electric n° 212 / p.14

3.3 Courant dans le conducteur neutre dans un système triphasé

La figure 19 réunit plusieurs courbes représentant les courants circulant dans les phases de 3 charges monophasées non linéaires identiques (comme décrites en 3.1),

et connectées entre phases et neutre. Le courant résultant dans le conducteur neutre, somme des trois courants de phase, est également représenté.

i r

0 t i s 0 t i t 0 t i N 0 t Fig.
0
t
i s
0
t
i t
0
t
i N
0
t
Fig. 19 : courants phases et neutre alimentant 3 charges monophasées non linéaires identiques.

Cahier Technique Schneider Electric n° 212 / p.15

Les spectres harmoniques des courants phases et neutre sont représentés sur les figures 20 et 21. Ces diagrammes montrent que le courant neutre ne contient que des composantes de rang impair

multiple de 3 (soit : 3, 9, 15

amplitudes sont 3 fois supérieures à celles des courants de phase. Le rang 3 est bien sûr prépondérant et les autres composantes de rang multiple de 3 (soit : 9, 15) contribuent très peu à la valeur efficace. Le courant neutre est donc pratiquement égal à 3 fois le courant harmonique 3 de chaque phase, soit : I N 3.I 3 Le courant neutre considéré ici est le résultat de la recombinaison des courants des circuits monophasés. Dans les installations électriques, il concerne donc en premier lieu les systèmes de répartition (triphasé vers monophasé) et les dispositifs dits « têtes de tableau ». Ce phénomène concerne uniquement les circuits triphasés, les courants phase et neutre dans les circuits monophasés étant bien sûr identiques.

), dont les

Calcul de la valeur efficace maximale du courant neutre Supposons, comme sur la figure 19, que les ondes de courant des 3 phases ne se chevauchent pas. Sur une période T du fondamental, le courant dune phase est constitué dune onde positive et dune onde négative, séparées dun intervalle où le courant est nul. La valeur efficace du courant ligne peut être calculée par lexpression :

T 1 I = . ∫ i 2 dt . L l T 0
T
1
I
=
.
∫ i
2 dt
.
L
l
T
0

La valeur efficace du courant neutre peut être calculée sur un intervalle égal à T/3. Sur cet intervalle, le courant neutre est également constitué dune onde positive et dune onde négative, identiques à celles du courant phase. La valeur efficace du courant neutre peut donc être calculée de la manière suivante :

T / 3 1 2 I = . ∫ i . dt N n T
T / 3
1
2
I
=
.
i
.
dt
N
n
T / 3
0
T / 3
1
2
I
=
3
i
.
dt
N
n
T
0
T
/ 3
T
et comme :
i
2 dt
.
= ∫
i
2 dt
.
n
l
0
0
T
1
2
alors :
I
=
3
i
dt =
3
.I
N
l
L
T
0

Le courant dans le conducteur neutre a donc ici une valeur efficace eeeee fois supérieure à celle du courant dans une phase. Lorsque les ondes de courant des 3 phases se chevauchent (cf. fig. 22 et 23 page suivante), la valeur efficace du courant dans le neutre est inférieure à e fois la valeur efficace du courant dans une phase. De même, lorsque les charges comportent une part de circuit linéaire, le courant absorbé ne présente pas de palier nul (cf. fig. 24 ci-contre), et la démonstration fournie ci-dessus ne sapplique pas. La valeur efficace du courant dans le neutre est alors strictement inférieure à e fois la valeur efficace du courant dans une phase.

% % 300 300 250 250 200 200 150 150 100 100 50 50 0
%
%
300
300
250
250
200
200
150
150
100
100
50
50
0
0
1
3
5
7
9
11
13 15
17 19
21
23
25
1
3
5
7
9
11
13 15
17 19
21
23
25
Rang
Rang

Fig. 20 : spectre du courant phase.

Cahier Technique Schneider Electric n° 212 / p.16

Fig. 21 : spectre du courant neutre.

Le facteur e ne peut donc être obtenu quen cas dalimentation exclusive de charges, telles que décrites en 3.1, identiques sur les 3 phases. La puissance de ces dispositifs étant relativement faible (en général quelques dizaines de watts chacun), ceci ne peut donc

concerner que des départs de faible intensité. Le courant neutre peut alors dépasser le courant phase, mais sur des départs peu chargés. Il ny a donc pas de dépassement de la capacité du conducteur neutre, si sa section est égale à celle des phases.

i

i s

i t

i r

section est é gale à celle des phases. i i s i t i r 0

0

0 t

t

Fig. 22 : courants dans les 3 phases, avec chevauchement.

 
 

i

N

0

0 t
0 t

t

Fig. 23 : courant dans le neutre, avec chevauchement.

 
 

i

0

0 t

t

neutre, avec chevauchement.     i 0 t Fig. 24 : courant absorb é par une

Fig. 24 : courant absorbé par une charge avec circuits linéaire et non-linéaire.

3.4

Taux de charge du conducteur neutre

Le courant dans le neutre peut donc dépasser le courant de chaque phase dans des installations telles celles possédant un grand nombre de dispositifs monophasés (équipements informatiques, éclairage fluorescent). Cest le cas dans les immeubles de bureaux, centres de calcul, Internet Data Centers, centres dappels téléphoniques, banques, salles de marchés, zones d’éclairage en Grande DistributionCette situation nest pas générale, en raison de lalimentation simultanée de charges linéaires et/ ou triphasées (chauffage, ventilation, éclairage incandescent) ne générant pas de courant harmonique de rang 3. Une attention particulière doit cependant être apportée aux sections des conducteurs neutre, pour leur détermination lors de la conception dune nouvelle installation, ou pour leur adaptation lors dun changement des charges alimentées.

Une approche simplifiée permet destimer le taux de charge du conducteur neutre. Comme indiqué en 3.3, pour des charges équilibrées, le courant dans le neutre I N est très voisin de 3.I 3 , soit :

I N 3.I 3

Pour de faibles valeurs de distorsion, la valeur efficace du courant est proche de la valeur efficace du fondamental, donc :

I N 3.i 3 .I L

Cette équation lie tout simplement le taux de surcharge du neutre (I N /I L ) au taux de courant harmonique de rang 3. Elle permet dobserver, en particulier, que lorsque ce taux atteint 33 %, le courant dans le conducteur neutre est égal au courant dans les phases.

Pour des valeurs quelconques de distorsion, des simulations ont permis dobtenir une loi moins approximative, présentée sur la figure 25 .

qui peut s’écrire : I N 3.i 3 .I 1

doù : I N /I L 3.i 3

(%)

I N / I L 2,0 1,8 1,6 1,4 1,2 1,0 0,8 0,6 0,4 0,2
I N / I L
2,0
1,8
1,6
1,4
1,2
1,0
0,8
0,6
0,4
0,2
i 3 (%)
0
0 20 40
60
80
100

15 33

Fig. 25 : taux de charge du conducteur neutre en fonction du taux dharmonique 3.

Cahier Technique Schneider Electric n° 212 / p.18

Sans information détaillée sur les émissions dharmoniques des appareils installés, une autre approche simplifiée consiste à lier directement le taux de charge du conducteur neutre au pourcentage de charges électroniques. La courbe de la figure 26 a été établie compte tenu dun taux de courant harmonique 3 généré par les charges électroniques égal à 85 %.

I N / I L 2,0 1,8 1,6 1,4 1,2 1,0 0,8 0,6 0,4 0,2
I N / I L
2,0
1,8
1,6
1,4
1,2
1,0
0,8
0,6
0,4
0,2
i 3 (%)
0
0
20
40
60
80
100

Fig. 26 : surcharge du conducteur neutre en fonction du pourcentage de charges non linéaires.

Dans les installations de forte puissance (ordre de grandeur : P > 100 kVA ou I > 150 A), plusieurs facteurs contribuent à réduire la surcharge du neutre :

c de plus en plus d’équipements informatiques

(stations de travail, serveurs, routeurs, ASI) utilisent des circuits de compensation du facteur de puissance (Power Factor Correction -PFC-) pour réduire considérablement les harmoniques de rang 3 générés ;

c les installations de chauffage, ventilation,

climatisation des bâtiments de grande taille sont alimentées en triphasé, elles ne contribuent donc pas à la génération dharmoniques de rang 3 ;

c les dispositifs d’éclairage fluorescent (à

ballasts magnétiques ou électroniques) génèrent proportionnellement moins dharmoniques de rang 3, et ceux-ci compensent partiellement les harmoniques générés par les équipements informatiques. Ce foisonnement des charges est dautant plus important que la puissance de linstallation est importante. Sauf cas exceptionnel, le taux dharmonique dans ces installations ne dépasse pas 33 % et le courant dans le conducteur neutre ne dépasse pas le courant dans les phases. Il nest donc pas nécessaire de sur- dimensionner le conducteur neutre par rapport aux conducteurs de phases. (cas des conducteurs unipolaires).

3.5

Effet des courants harmoniques sur les canalisations électriques

La circulation de courants harmoniques provoque un échauffement supplémentaire des canalisations électriques, pour plusieurs raisons :

c échauffement du conducteur neutre par la

circulation de courants harmoniques de rang 3, alors que ce conducteur nest normalement parcouru par aucun courant en régime sinusoïdal équilibré,

c échauffement supplémentaire de tous les

conducteurs par augmentation de leffet de peau et des pertes par courants de Foucault, résultant de la circulation de tous les rangs

dharmoniques. Dans le cas des Canalisations Electriques Préfabriquées -CEP-, des mesures d’échauffement ont permis de déterminer le facteur de déclassement à appliquer. La figure 27 indique les courants maximaux admissibles dans les conducteurs de phase et de neutre, en fonction du taux dharmonique

(I max = k.I nominal ).

Par exemple, les courants maximaux admissibles dans une canalisation de calibre 1000 A avec circulation de courants harmoniques tels que i 3 = 50 % est de :

v

courant phase maximal : 770 A,

v

courant neutre maximal : 980 A.

Le choix du calibre de la canalisation doit bien sûr tenir compte de lintensité possible dans le conducteur neutre, mais une canalisation dont les conducteurs ont tous la même section est parfaitement adaptée à cette situation.

3.6 Estimation du taux d’harmonique 3

La section du conducteur neutre dépend de lestimation du taux dharmonique 3 dans linstallation. Dans limpossibilité deffectuer des mesures sur site (conception dune installation neuve, par exemple), deux démarches sont envisageables : lune simplifiée, lautre plus rigoureuse.

Démarche simplifiée A partir de la nomenclature et des caractéristiques des charges raccordées dans linstallation, calculer :

c la somme des courants phases de toutes les

charges, mono et triphasées, soit I ph (A) ;

c la somme des courants harmoniques 3 des

charges électroniques monophasées seules,

soit I 3 (A) ;

c le taux d’harmonique 3 : 3 i (%) = 100. I 3 I ph
c le taux d’harmonique 3 :
3
i
(%) = 100. I
3
I
ph

k

1,4 1,2 1,0 0,8 0,6 0,4 0,2 i 3 (%) 0 0 20 40 60
1,4
1,2
1,0
0,8
0,6
0,4
0,2
i 3 (%)
0
0
20
40
60
80
100
I phase
I neutre

Fig. 27 : courants phases et neutre admissibles dans une CEP.

Lutilisation dun conducteur neutre de section double ou en cuivre à la place de laluminium napporte pas damélioration sensible. En effet, les pertes dans le conducteur neutre, même réduites par ces constructions particulières, contribuent sensiblement à l’échauffement global de la canalisation. Un déclassement est donc tout de même nécessaire.

Démarche plus rigoureuse

Pour obtenir une estimation plus précise du taux dharmonique 3, une démarche plus rigoureuse doit tenir compte de facteurs supplémentaires :

c

facteur de puissance des charges,

c

facteur de simultanéité de fonctionnement,

c

foisonnement de phase des courants

harmoniques de rang 3,

c spectre réel des charges installées (et non un

spectre typique). La description détaillée dune telle démarche sort du cadre de ce document.

Exemple (démarche simplifiée) Dans un bâtiment de bureaux, les charges alimentées par phase sur chaque départ sont relevées dans le tableau de la figure 28 page suivante. A noter que pour simplifier, le courant harmonique 3 est obtenu en multipliant le taux

dharmonique 3 par le courant efficace (et non le

courant fondamental, en général inconnu).

Cahier Technique Schneider Electric n° 212 / p.19

Type de charge

Nombre

Courant unitaire

Courant

Taux

Courant

efficace absorbé

efficace total

d’harmonique 3

harmonique 3

total

(A)

(A)

(%)

(A)

Micro-ordinateur

10

0,5

5

85

4,25

Micro-ordinateur

5

1,45

7,3

35

2,55

+ imprimante

Photocopieur

2

0,32

0,64

65

0,42

en veille

Tubes fluo, avec ballast magnétique

20

0,2

4

25

1

Chauffage

 

10

10

0

0

Total

   

27

 

8,2

Fig. 28 : courants dalimentation des charges présentes dans un immeuble de bureaux.

Le calcul donne un taux dharmonique 3 global égal à :

8,2

27

i 3 (%)