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UNIVERSITE VICTOR SAEGALEN

BORDEAUX 2

Diplome interuniversitaire d'Acupuncture

COURS DE PREMIERE ANNEE

Séminaire 1

Introduction
Historique

Docteur Philippe CASTERA


INTRODUCTION
Il existe deux façons d'aborder l'acupuncture: interne ou externe.

Aborder l'acupuncture de l'intérieur, c'est s'imprégner de la philosophie


chinoise, d'un mode de pensée spécifique, et utiliser la médecine traditionnelle chinoise
dans ses diverses dimensions.

Aborder l'acupuncture de l'extérieur, c'est observer, analyser cette médecine


avec un oeil d'occidental.

En pratique, s'investir dans la médecine chinoise ne saurait signifier se


désinvestir de la médecine moderne et de notre culture spécifique. Comme nous le
verrons régulièrement les deux approches sont complémentaires et s'enrichissent
mutuellement.

Cette complémentarité légitime la place de l'acupuncture dans notre système de


soins. (voir les deux articles joints).

Selon le Professeur Cornillot, il existe une coupure épistémologique entre la


médecine générale et la médecine hospitalo-universitaire. Les deux discours usent, en
effet, de paradigmes différents pour écouter, analyser, juger, évaluer, soulager la
plainte, prendre en charge la souffrance du patient et de son entourage. Face au monde
en demi-teinte de la plainte mal systématisée, du malaise indéfinissable, de la fatigue
inexplicable, du trouble qui ne fait pas sa preuve, le médecin va devoir s'organiser.
Ethiquement et financièrement il n'est plus tenable de techniciser à outrance sa
pratique.
Ce souci d'organisation face à une demande du patient passe souvent par la
pratique de médecines non conventionnelles, comme l'acupuncture.

" Placée au carrefour du Savoir et de la Compassion, la médecine relève d'une


double légitimité, scientifique et sociale. Toutes les fois qu'elle s'est laissée séduire par
les charmes dorés de la science, la médecine a perdu son âme au nom d'un espoir de
progrès qui autorisait toutes les inhumanités. La médecine technique, trop dépendante
des intérêts de l'industrie, est en passe de perdre sa légitimité sociale pour se réduire à
un groupe de techniciens dispendieux dont il devient urgent de surveiller coût et
efficacité. A l'inverse, les médecines parallèles, souvent criticables du fait de leur
légitimité scientifique insuffisamment fondée, disposent d'un potentiel de légitimité
sociale bien supérieur."
Pr. Pierre Cornillot
Directeur du DIU d'acupuncture de Bobigny
HISTOIRE LA MEDECINE CHINOISE
Ouvrage conseillé: Histoire de la médecine chinoise de Dominique Hoizey. Collection
Médecine et sociétés. Payot, 1988.

1- LA LEGENDE.

1-1- La création des êtres humains. La déesse Nüwa.

Il y avait une fois une déesse de toute beauté nommée Nüwa. Un jour elle
modela des figurines avec de l'argile et de l'eau d'un étang. Ensuite, d'un léger souffle
elle leur insuffla la vie. Elle les prit dans ses bras et leur donna le nom d' "êtres
humains".

1-2- Les 5 empereurs légendaires.

Les 5 empereurs divins sont: Huangdi, Fuxi, Shennong (Yandi), Yao et


Shun. Deux ou trois de ces empereurs ont un lien direct avec la médecine:
Huangdi (l'empereur jaune), s'imposa comme seigneur suprême de
l'univers. Il en occupa le Centre dont la couleur symbole est le jaune. Le Centre, en
Chine, est la référence du pouvoir. Il serait l'auteur, avec ses ministres Qibo et Leigong,
du premier ouvrage structuré de la médecine chinoise, le Huangdi Neijing Suwen
Lingshu (classique de médecine interne de Huangdi). En fait cet ouvrage date, très
probablement, de l'époque des Royaumes combattants (475-221 avant JC). L'ouvrage,
compilation et sans doute synthèse de toutes les connaissances de l'époque sur la
médecine chinoise, comprend deux parties: les questions essentielles (Suwen) et l'axe
spirituel (lingshu). Le Yin-yang et les 5 mouvements y sont déjà développés, entre autre.

Huangdi laissa à yandi, l'empereur ardent (ou rouge), le Sud. Il fut


surnommé Shennong ou divin laboureur. Il possédait un fouet magique lui permettant de
savoir si une plante était venimeuse ou pas. Le plus ancien ouvrage de pharmacologie
chinoise lui est attribué: le Shennong Bencaojing (livre de matière médicale du divin
laboureur).

Enfin, Fuxi est considéré comme l'auteur des 8 trigrammes du yinjing


(livre des mutations):

_____ __ __
_____ __ __
_____ __ __

Qian (Ciel) Kun (Terre)


__ __ _____
__ __ __ __
_____ __ __

Zhen (Tonnerre) Gen (Montagne)

_____ __ __
__ __ _____
_____ __ __

Li (Feu) Kan (Eau)

__ __ _____
_____ _____
_____ __ __

Dun (Marais) Xun (Vent)

Fuxi aurait également façonné les 9 aiguilles utilisées en acupuncture et


est considéré comme l'inventeur de cette pratique.

Donc, la légende est significative de la place accordée à la médecine dans


la tradition chinoise.

2- LES DEBUTS HISTORIQUES DE LA MEDECINE CHINOISE.

Il faut attendre le néolithique ou période de la pierre nouvelle, de 6000 à 2000


avant JC, environ, pour voir apparaître les premiers instruments de la médecine
chinoise: les bian . Il s'agit de pierres pointues utilisées pour inciser la peau.

Sous les premières dynasties, celle des Xia (21°-17° avant JC) et des Shang
(22°- 11° avant JC), la médecine était pratiquée par des sorciers guérisseurs. La
phytothérapie et l'hygiène étaient développées. Vers l'an 1000 avant JC, les chinois
utilisent déjà diverses méthodes sophistiquées pour éliminer les insectes qui sont
identifiés comme vecteurs de maladies.

Il est probable qu'à l'époque certaines douleurs ou affections étaient traitées par
incisions, ceci s'accompagnant de divers rites incantatoires. Les maladies étant causées
par des esprits mauvais, l'incision leur permettait de s'évader du corps, à condition de
les en persuader avec les incantations. De fait, la douleur disparaissait parfois, le rite et
l'incision étant ainsi validés globalement.

Puis progressivement l'acupuncture est apparue, utilisant les poinçons de pierre


(bianshi ou zhenshi). Puis les aiguilles furent en os, en bambou, ou en poterie. Plus
tard elles seront fabriquées en bronze, en fer, puis en argent.
Au cours des traitements les anciens ont remarqué que les sensations
provoquées par la puncture pouvaient se propager selon un trajet précis. Dans certaines
maladies ils ont également constaté des douleurs irradiées selon les mêmes trajets. Les
points situés sur ces trajets se sont révélés avoir certaines propriétés communes. Ainsi
s'est probablement créée expérimentalement, la théorie des Méridiens.

3- DES ZHOU DE L'OUEST A LA FIN DES ROYAUMES COMBATTANTS (11° siècle


- 221 avant J.C.).

3-1- Les évènements majeurs.

Sous les Zhou de l'Ouest (11°siècle - 771 avant JC), les praticiens
s'appuient déjà sur les théories du yin-yang et des 5 mouvements. On distingue, à cette
époque, 3 catégories de praticiens:

* Les "internistes" ou jiyi.


* Les "chirurgiens" ou Yangyi.
* Les "nutritionnistes" ou Shiyi.

Des rouleaux de soie ont été retrouvés dans la tombe n°3 de Mawangdui
en 1973. Il s'agit des textes les plus anciens connus à ce jour, conçernant l'acupuncture.
Leur ancienneté est estimée entre le 8° et le 3° siècle avant JC. Seulement 11
Méridiens sont cités au lieu de 12. De même la circulation dans ceux-ci se fait toujours
des extrémités vers le thorax ou l'abdomen, ce qui changera ensuite. Certaines parties
du texte sont absolument identiques à des passages du Neijing Suwen, ce qui dénote
déjà d'une certaine universalité de ce document. Les points ne sont pas encore localisés
avec précision et semblent plutôt être traités par application de moxas.

C'est à cette époque qu'apparait une des personnalités les plus renommée
de l'histoire chinoise: Confucius (551-479 avant JC).
Laozi vécu également au 6° siècle avant JC et fut le père du taoïsme.
C'est l'auteur présumé du Daodejing (livre de la voie et de la vertu).

Le 6° siècle avant JC est donc une époque remarquable par la richesse et


la diversité des écoles philosophiques, en Chine. Ceci permis le développement de la
médecine en fixant les bases théoriques. L'évolution se fait ainsi d'une médecine
chamanique vers une médecine philosophique.

La notion de qi apparait à cette époque, complétant les théories déjà


anciennes du yin-yang et des 5 mouvements (wuxing).

Donc, c'est entre le 8° et le 3° siècle avant JC que la Chine a construit les


bases théoriques de sa médecine, qui est ainsi reprise dans le Huangdi Neijing Suwen
Lingshu.
3-2- Huangdi Neijing Suwen Lingshu ou Neijing.
Livre de l'interne de l'Empereur Jaune.

Se présente sous la forme de deux ouvrages:


* Le Suwen ou questions essentielles (Traduction de Albert Husson, aux
éditions "Méridiens", ASMAF, 1973) ( Les 11 premiers traités sont traduits et
commentés par Claude Larre et Elisabeth Rochat de la Vallée, aux éditions
Maisonneuve). Cette partie rassemble, sous forme de dialogues entre Huangdi et Qibo,
les questions essentielles se rapportant à l'anatomie, la physiologie et la thérapeutique.
* Le Lingshu ou Axe spirituel (Pivot de l'Esprit) (traduction commentée de
Mingwong, Masson, 1987). Cette partie traite plus particulièrement de l'acupuncture.

Il s'agit d'une compilation de textes et d'auteurs d'époques différentes. Les


textes les plus anciens datent sans doute du 4° siècle avant JC et les textes les plus
modernes du 8° siècle de notre ère, ceci étant d'ailleurs discuté et discutable.
Le fait d'attribuer cet ouvrage à Huangdi, empereur légendaire, témoigne
seulement de l'importance qui lui fut attribuée.

3-3- L'esculape chinoise: Qin Yueren alias BIANQUE


(407-310 avt JC).

Ce médecin particulièrement célèbre en Chine a fondé la démarche


diagnostique de la médecine chinoise. On lui attribue la paternité d'un ouvrage
renommé, le Nanjing ou Livre des problèmes difficiles, paru sous les Han.
(Traduction Mussat, Masson, Paris, 1979).

4- DE L'AVENEMENT DU PREMIER EMPEREUR A LA CHUTE DES HAN


( 221 avant JC - 220 après JC).

Le premier empereur de l'époque historique, qui unifia la Chine par les armes, fut
Qin Shi Huangdi. Il créa la dynastie des Qin (-221 à -206). Puis succédèrent les Han
pendant 4 siècles (- 206 à + 220).

4-1- Le Shennong Bencaojing ou livre de matière médicale de Shennong


(divin laboureur).

Composé sous la dynastie des Han, sans doute aux alentours du 1er
siècle de notre ère, cette ouvrage donne une liste de 365 drogues d'origine végétale
(252), animale (67) et minérale (46). Chaque drogue est décrite avec ses propriétés,
l'endroit où la trouver et comment la préparer.
4-2- Le "sage de la médecine", Zhang Zhongjing ou Zhangji
(150 à 219?).

Il s'agit de l'auteur du prestigieux Shanghanlun (traité des maladies


dues au froid) (Traduction Catherine Despeux. Editions de la Tisserande, Paris, 1985)(
Traduction Mingwong, Masson, Paris, 1983).
Cet ouvrage est consacré aux maladies provoquées par le Froid externe. Il
est divisé en 6 parties, chacune correspondant à une paire de Méridiens: Taiyang,
yangming, shaoyang, taiyin, shaoyin, jueyin.
L'acupuncture correspond à une méthode accessoire par rapport à la
phytothérapie, mais les cadres diagnostiques sont remarquablement décrits.
Cet auteur a également écrit le Jingui yaolue ou précis du coffre d'or,
non traduit en français.

4-3- Huatuo, le père de la chirurgie chinoise (141 à 208).

Il s'agit du père de l'anesthésie, 1600 ans avant l'invention en Occident. En


effet, Hua Tuo utilisait des drogues anesthésiantes lui permettant de faire des
laparotomies, les premières de la médecine chinoise et mondiale.

5- DES TROIS ROYAUMES AUX DYNASTIES DU NORD ET DU SUD (220 à 589).

La chute des Han marque le début d'une période confuse de 4 siècles,


correspondant au moyen age chinois. Durant cette période les échanges avec l'Inde
s'intensifient ce qui enrichit la médecine chinoise.
A la faveur des nombreuses guerres, comme toujours, la chirurgie se
perfectionne, et c'est à cette époque que parait le premier ouvrage chinois sur le sujet.
Un autre fait marquant est l'institutionnalisation de l'enseignement médical.
Jusque là l'apprentissage de la médecine se faisait de maître à élève. Dorénavant
l'école de médecine assurera la transmission du savoir.

5-1- Wang Shuhe et le Maijing ou traité des pouls (3eme siècle).

Si la prise des pouls est déjà citée dans le Neijing, elle demeure floue et
peu systématisée. Le Maijing recommande la prise du pouls au niveau de l'artère
radiale, au poignet, sur 3 positions (pouce, barrière et pied). 24 qualités de pouls sont
décrites.

5-2- Zhenjiu Jiayijing de Huang Fumi (215-282).

Ce lettré, poète et historien, a présenté une hémiplégie vers la


quarantaine. Ceci a été à l'origine de sa vocation médicale. Il a eu le mérite de
rassembler en un seul ouvrage toutes les connaissances et expériences acquises
depuis le Neijing, dans le domaine de l'acupuncture. Il s'agit du Zhenjiu Jiayijing ou ABC
d'acupuncture et de moxibustion, dont l'influence fut considérable (Traduction Andres et
Milsky, à paraître).
L'ouvrage s'ouvre sur les conceptions traditionnelles de la médecine
chinoise en matière d'anatomie et de physiologie, avant de présenter la théorie des
Méridiens et leur pathologie, puis les points d'acupuncture et leurs propriétés
thérapeutiques. Cet ouvrage est précis, pratique, et comprend déjà la presque totalité
des points d'acupuncture des 14 Méridiens en comportant.

6- L'EMPIRE DES SUI ET DES TANG (581- 907).

Cette époque est marquée par une nouvelle unification de la Chine qui permet à
la civilisation chinoise d'atteindre une de ses apogées. Les échanges internationaux
s'intensifient et on retrouve des influences de la médecine chinoise dans le livre de la
médecine d'Avicenne (980-1037).

6-1- Chao Yuanfang (6° et 7° siècle).

Célébrité médicale de la dynastie Sui, il composa le Zhubing yuanhoulun


ou Traité sur les causes et les symptômes des maladies.

6-2- Sun Simiao, le "Roi des remèdes" (581-682).

Il s'agit d'une des figures les plus populaires de la médecine chinoise, qui
vécut plus de 100 ans. Il se délecta, toute sa longue vie, des 3 doctrines (confucianisme,
taoïsme et bouddhisme), et resta humble médecin de campagne, malgré les
nombreuses propositions des empereurs. Il dresse un portrait humaniste du médecin
idéal, autant philosophe que soignant. Il laisse deux ouvrages très populaires en Chine:
* Qianjin yaofang ou Prescriptions de mille onces d'or (Traduction
Catherine Despeux).
* Qianjin yifang supplément de l'ouvrage précédent.

Selon Sun Simiao, le bon traitement, c'est la combinaison harmonieuse


des drogues et de l'acupuncture.
Particulièrement perspicace et efficace, il soignait, notamment,
l'héméralopie par le foie de cabri ou de lapin, riche en vitamine A.

6-3- Wang Tao et le Waitai miyao (752).

Cette oeuvre magistrale, dont nous n'avons malheureusement pas la


traduction, est une somme qui touche tous les domaines de la médecine chinoise, des
origines au 8° siècle. Ainsi, pour soigner le béri-béri on utilise le plantain, riche en
vitamine B1; pour soigner le goitre, la sargasse ou le laminaire, riches en iode, etc....

7- DES SONG DU NORD AUX SONG DU SUD (960- 1279).

La chute des Tang entraine le démembrement de la Chine. Cette époque


perturbée a connu cependant un grand nombre de progrés, dont l'invention des
caractères mobiles, par Bi Sheng, en 1040, plus de 4 siècles avant Guttenberg.
En 1057 a été créé le bureau de révision des livres de médecine, qui imprima
tous les ouvrages dont nous avons parlé. L'enseignement médical est mieux structuré et
repose sur les livres classiques.
Contrairement à leur réputation, les chinois s'interressent à l'anatomie et
pratiquent des dissections dès le début de l'ère chrétienne. Toutefois, les premières
planches anatomiques datent environ de l'an 1000.
La Chine des Song a vu également se développer "l'assistance publique" avec
dispensaires, hopitaux, orphelinats. La variolisation semble avoir été initiée à cette
époque. La pédiatrie et la gynécologie deviennent des spécialités à part entière.

7-1- Chen Yan et le Sanyin jiyi binzheng fanglun.

Ecrit au 12eme siècle, cet ouvrage expose une approche nouvelle et


originale de l'étiologie. Il différencie trois types de facteurs pathogènes: endogènes (les
7 émotions), exogènes (les 6 facteurs pathogènes: Vent, Froid, Sècheresse, Humidité,
Canicule, Chaleur), et les facteurs ni endogènes ni exogènes (notamment alimentaires
ou traumatiques). Cette approche est toujours utilisée aujourd'hui.

7-2- L'homme de bronze (tongren).

Il s'agit d'une statuette présentant pédagogiquement 657 points


d'acupuncture. Elle fut créée par Wang Weiyi . On utilise toujours aujourd'hui la
localisation dîtes selon "Tongren".

8- LES JIN (1115 - 1234) et les YUAN (1279- 1368).

La dynastie Yuan met la Chine au pas Mongol. C'est aussi l'époque d'un
affrontement entre 3 écoles de médecine chinoise.

8-1- Liu Wansu, fondateur de l'école de Hejian.

Pour lui toute la doctrine médicale repose sur les 5 mouvements (eau,
bois, feu, terre, métal) et sur les 6 souffles (vent, froid, chaleur, humidité, canicule et
sècheresse). Il accorde une place prépondérante au Feu, en tant que mouvement, et à
la chaleur, en tant que souffle, d'où l'utilisation essentielle de drogues froides et fraiches.

8-2- Zhang Yuansu, Maître de l'école de Yishui (1186).

Pour lui, la maladie est le reflet d'un déséquilibre des Organes (Zang) et
des Entrailles (Fu).

8-3- Li Gao (1180-1251), auteur du Piweilun (traité de la Rate et de


l'Estomac).
Il a une véritable approche psychosomatique de la maladie, insistant sur
les conditions de vie, les intempérances, les émotions, qui épuisent la Rate et
l'Estomac.
9- LES MING (1368 - 1644).

1368 est la date de la reconquête de la Chine par les Chinois, ceux-ci chassant
les Mongols. La cité interdite fut construite de 1406 à 1424.
Matteo Ricci, en tant que Jésuite, séjourna en Chine de 1601 à 1610.
Cette époque est particulièrement riche en médecins.

9-1- Zhang Jiebin auteur du Leijing édité en 1624.

Cet ouvrage cherche à "expliquer clairement ce qui est difficile".

9-2- Yang Jizhou (1522 - 1620) auteur du Zhenjiu Dacheng ou "Le grand
succés de l'acupuncture et de la moxibustion", publié en 1601.

Il s'agit de l'ouvrage le plus important et le plus célèbre de la dynastie


Ming. Il rassemble toutes les connaissances acquises en acupuncture et moxibustion à
cette date.

9-3- Gaowu et le Zhenjiu juying ou "Les fleurs de l'acupuncture et de la


moxibustion" (1529).

9-4- Li Sizhen (1518 - ?). ++++++

Il s'agit probablement du médecin le plus célèbre de l'histoire médicale


chinoise. Il est l'auteur du Bencao gangmu (compendium de matiére médicale),
achevé en 1572, et véritable monument de pharmacopée traditionnelle. Il a également
écrit le Binhu Maixue (étude des pouls de Binhu) qui date de 1564 et le Qijing bamai
kao (examen des huit méridiens extraordinaires) publié en 1572.
Parmi ses multiples découvertes:
* "Le cerveau est le siège de la pensée première".
* "Révélation de la lithiase du cholédoque".
* "La glace pour faire tomber la fièvre".
* "La désinfection des vêtements à la vapeur".......

10- LES QING: de l'invasion des Mandchous (1644) à la première guerre de


l'opium (1839 - 1842).

C'est essentiellement à partir de cette époque que les relations avec l'Occident
vont permettre l'exportation de la médecine chinoise.
" La théorie de la médecine n'est encore chez eux qu'ignorance et erreur;
cependant les médecins chinois ont une pratique assez heureuse." Voltaire.
Il s'agit de l'époque des encyclopédies et autres compilations dont la plus célèbre
est le Yizong jinjian (Le miroir d'or de la médecine) de Wuqian, en 1742.
Le Wenrelun de Ye Gui distingue 4 stades aux maladies de la tiédeur
(wenbing), ce qui est encore utilisé aujourd'hui.
En fait, la plupart des ouvrages sont des commentaires du Neijing et du
Shanghanlun.

11- LES QING: 1842 - 1911.

Cette époque marque l'entrée en force de la médecine occidentale en Chine.


Parmi les médecins chinois formés à l'occidentale, le plus célèbre est Sun Yatsen
(1866 - 1925) le père incontesté de la Chine moderne.
Face au défi de la médecine occidentale (xiyi), la médecine chinoise (zhongyi)
poursuit sa trajectoire. Le Taijiquan, technique de longue vie, se popularise à cette
époque.

12- DE LA REVOLUTION DE 1911 A LA REPUBLIQUE POPULAIRE DE CHINE.

Cette époque a vu de multiples tentatives politiques pour éliminer la médecine


traditionnelle chinoise, qui fut à plusieurs reprises interdite. Malgré ceci, face à la
demande des populations et vu son efficacité à faible coût, elle est toujours réapparue
avec force.
La pénétration de la médecine occidentale en Chine interpella cependant maints
thérapeutes qui, sans abandonner l'héritage national, conçurent l'idée de repousser les
défauts de la médecine traditionnelle chinoise et d'assimiler les qualités de la médecine
occidentale. Ce courant porte le nom de Zhongxi huitong pai ou école (pai) de la
convergence (hui) et de la communication (tong) occident (xi) chine (zhong).

13- LA CHINE DE MAOZEDONG.

La médecine occidentale et la médecine traditionnelle chinoise cohabitent, avec


leurs hopitaux et leurs formations respectifs, mais toutes les étudiants ont une formation
minimale dans l'autre médecine.
L'ACUPUNCTURE EN OCCIDENT
Les premières références à l'acupuncture, en Europe, sont le fait de voyageurs,
et essentiellement des médecins de la compagnie néerlandaise des Indes orientales, à
la fin du 16eme siècle.
Les jésuites forgent, à l'époque, le terme d'acupuncture, à partir du latin "acus",
aiguille, et "punctura" , piqure. Le terme chinois est zhenjiu (piquer et moxas).

Deux auteurs marquent le 17eme siècle, Wilhem Ten Rhyne, médecin


hollandais, et le révérend père Boym, prêtre polonais. Le yin-yang, les principes
fondamentaux de la médecine traditionnelle chinoise, les pouls, les méridiens sont donc
connus, grâce à eux, dès la fin du 17eme siècle. Mais il y a encore très peu de
connaissances sur l'acupuncture elle-même.

La première thèse française traitant de médecine chinoise est soutenue en 1759


par Félix Bridault, à Montpellier. L'acupuncture est seulement signalée.

Durant tout le 18eme siècle, tous les auteurs s'interressant à la médecine


traditionnelle chinoise n'y relèvent que ce qui existe également en médecine
occidentale: les pouls, la matière médicale et les cautérisations. Ceci témoigne, une
nouvelle fois, de la frilosité du corps médical pour tout ce qui est nouveau ou inconnu.

En fait, c'est au 19eme siècle que l'acupuncture va connaitre une mode sans
précédent grâce, notamment, à Berlioz et Cloquet.
En 1816, Louis Joseph Berlioz, père du musicien, publie son "Mémoire sur les
maladies chroniques, les évacuations sanguines et l'acupuncture". Il y relate les succés
obtenus grâce à l'acupuncture. Il n'y développe aucune théorie, mais il lance l'intérêt
pour la méthode.
Mais c'est avec Jules Cloquet que l'acupuncture va atteindre son apogée et les
esprits se déchainer. Jeune et brillant chirurgien, membre de l'académie de médecine
dès l'age de 36 ans, il exerçe à l'Hotel Dieu à Paris. Le célèbre Docteur Bretonneau de
l'Hospice général, son ami, lui fait part des résultats positifs obtenus. Convaincu,
Cloquet décide d'essayer l'acupuncture. Il va devenir le chef de file de cette nouvelle
thérapeutique. Il multiplie les observations. Le 20 Décembre 1824, il communique à
l'académie des sciences. De nombreux articles et ouvrages sont publiés. Mais
l'acupuncture est appliquée empiriquement, sans aucune connaissance des bases
théoriques de la médecine traditionnelle chinoise. Les conclusions de Jules Cloquet
posent des limites à cette thérapeutique, assez proches de celles qui nous sont fixées,
aujourd'hui, par les universitaires: "L'acupuncture agit essentiellement sur les douleurs
de toutes causes et de tout siège."

En 1825, le chevalier de Sarlandière, médecin de Montaigu est le premier à


effectuer des moxas, à piquer et à effectuer de l'électroacupuncture. A cette époque
l'acupuncture est à la une des journaux et de l'ouvrier à la Duchesse, tous veulent se
faire acupuncturer.
Petit à petit la mode passe, mais en 1863 parait un ouvrage important, "La
médecine chez les chinois" du Capitaine Dabry de Thiersant. Ce militaire, non
médecin, consul, résida en Chine de 1857 à 1871. Il traduisit 10 ouvrages de médecine
chinoise. Le livre de 579 pages décrit sans juger. Il s'agit du premier vrai traité
d'acupuncture publié en Occident. Plus de 70 pages sont consacrées à l'acupuncture.

Il faudra ensuite attendre Georges Soulié de Morant. Né en 1878, celui-ci


apprend le chinois sur le tas, si je peux dire, au contact de Judith, la fille de Théophile
Gautier, qui cotoie quotidiennement un chinois recueilli par son père. En 1901 il est
nommé en Chine pour le compte de la banque Lehideux dont il est employé. Sa
connaissance du chinois le fait vite nommer Consul de France à Shanghai, puis
Yunnanfu.
En 1934 il fait paraître "Le précis de la vraie acupuncture chinoise". En 1939
et 1941 paraissent les tomes 1 et 2 de "L"acupuncture chinoise" où il condense son
savoir. Il mourut en 1955.
Il aura fallu un non médecin pour que l'acupuncture trouve ses vraies bases en
Occident. Les consultations s'ouvrent dans les hôpitaux.

Le Docteur De La Fuye fonde la Société française d'Acupuncture en 1943 et


intente un procés à Soulié de Morant, son Maître, pour exercice illégal de la
médecine....Ceci aboutit rapidement à une scission des acupuncteurs de France.

Le syndicat national des médecins acupuncteurs de France voit le jour en 1946.

De nombreuses écoles se structurent et proposent des enseignements. Mais, en


1988, elles choisissent de se saborder au profit de la création du DIU d'acupuncture,
seul diplôme reconnu en France pour exercer l'acupuncture (Bordeaux, Lyon, Nîmes,
Nice, Marseille, Nantes, Paris, Strasbourg, Lille).

Enfin, le 31.1.97 est créée la Faformec, fédération des acupuncteurs pour leur
formation médicale continue, qui regroupe les 23 associations françaises, et plus de 800
médecins. Le premier congrés a eu lieu à Bordeaux en Décembre 1997.

Depuis 1973, la Société d'Acupuncture d'Aquitaine propose des réunions de


FMC. Elle constitue la plus importante association régionale de médecins acupuncteurs
et la deuxième association nationale, avec 125 membres.