Sie sind auf Seite 1von 25
R evue "Repères et Perspectives Economiques" 01 / 1 e r semestre 2017 Economie de

Revue "Repères et Perspectives Economiques" 01 / 1 er semestre 2017

Economie de l’Equité

L’impact de l’ouverture financière sur la croissance économique au Maroc

Akhsas Omar, LESEG, Université Ibn Zohr, Agadir

Édition électronique

ISSN : 2509-0399

Date de mise en ligne : 28 avril 2017

Pagination : 01-25

Référence électronique

Akhsas O. «L’impact de l’ouverture financière sur la croissance économique au

Maroc», Revue "Repères et Perspectives Economiques" [En ligne], 01 / 1 er semestre 2017,

mis en ligne le 28 avril 2017.

L’impact de l’ouverture financière sur la croissance économique au Maroc.

Limpact de louverture financière sur la croissance économique au Maroc.

Résumé

L’objectif de cet article est d’apprécier l’effet de louverture financière sur la croissance économique du Maroc. Pour ce faire, nous avons spécifié un modèle de régression multiple sur des données en série chronologique couvrant la période (1980-2010). Nos résultats montrent qu’en raison de la faiblesse de louverture financière du pays et de linefficience des canaux de transmission, la globalisation financière na pas eu dimpact significatif sur la croissance économique du Maroc. De même linstabilité financière na pas eu un effet négatif sur les performances économiques, du fait notamment que le pays na pas connu une véritable crise de son système financier susceptible de déstabiliser l’économie réelle.

Mot clés : Ouverture financière, crise financière, croissance économique, données en série chronologique.

Classification JEL : C22, F02, F43, O11

The effect of financial openness on the Moroccan economic growth

Abstract

In this paper, we have tried to assess the effect of financial openness on the Moroccan economic growth. To this purpose, we have specified a linear time series model based on data-set from 1980 to 2010. Our results show that financial globalization had no significant impact on the Moroccan economic growth, we report two key, quantitatively meaningful to explain this result: 1) the weakness of the country financial opening and 2) the inefficiency of the transmission channels. Also, our research showed that financial instability had no negative effect on economic performance, in particular because the country financial system didn't experienced a crisis able to destabilize its real economy.

Keywords: financial openness, financial crisis, economic growth, time series data.

2

Revue Repères et Perspectives Economiques, N°1, Semestre 1, 2017

L’impact de l’ouverture financière sur la croissance économique au Maroc.

Introduction

Suite au développement de la finance globalisée, la compréhension des effets de louverture financière 1 sur la croissance économique a suscité un intérêt grandissant. Lensemble des travaux s’accordent à dire que louverture du système financier dun pays aux flux de capitaux étrangers confronte ce dernier à un dilemme majeur. En effet, à côté des gains engendrés par larrivé des capitaux externes, il ya le risque de linstabilité financière qui menace la solidité du système financier et qui peut ainsi affecter négativement la croissance des pays.

La globalisation financière représente laboutissement dun processus dintégration des places financières internationales qui conduit à l’émergence dun marché mondiale unique du capital. Ce processus, qui s’accompagne généralement des transferts de capitaux des pays les plus riches vers les moins dotés en ressources financières, aboutit à une allocation efficiente des ressources au niveau mondial (Artus et Cartapanis, 2008).

Toutefois, malgré les avantages théoriques de la globalisation financière, la mobilité croissante et sans contrôle du capital est souvent accusée davoir provoqué une série de crises financières et économiques qui ont secoué certains pays développés et en développement. Lhistoire économique contemporaine recense plusieurs épisodes de crises financières dans certains pays. Des turbulences telles, la crise de la dette des pays du tiers-monde en 1982, la crise du système monétaire Européen entre 1992 et 1993, la crise Mexicaine (1994-1995), la crise Asiatique (1997-1998), la crise Russe en 1998, la crise Turque en 2000, la crise Argentine (2001-2003) et encore la crise des surprimes en 2007 trouvent lorigine de leur diffusion dans les mécanismes de la finance globalisée.

Louverture financière, qui se traduit pour les nations par le dilemme reliant l’amélioration du revenu national à linstabilité et à la crise du système financier, représente une variable qui prend une nette importance dans les modèles de croissance des pays en développement.

Placé dans le contexte prédéfini, le Maroc est appelé à exploiter les opportunités offertes par la globalisation financière en matière de croissance économique 2 , sans pour autant menacer les fondamentaux du pays, notamment en terme de la stabilité de

1 Nous définissons l’ouverture financière par l’aptitude d’un pays à réaliser des mouvements de capitaux (entrants et sortants) avec l’extérieur, en termes d’investissement direct à l’étranger et d’investissement en portefeuille 2 Nous utilisons la définition de la croissance économique comme l’accroissement de la capacité d’une nation ou d’une région de produire des biens et services associé à un accroissement de la production de ces biens et services (Greenwold, 1987, p : 133).

Revue Repères et Perspectives Economiques, N°1, Semestre 1, 2017

3

L’impact de l’ouverture financière sur la croissance économique au Maroc.

son système financier. Autrement dit le pays doit réussir son intégration financière avec moins de dégâts.

Le principal objectif de ce papier est étudier la question de louverture financière du Maroc. Pour ceci, nous nous interrogeons sur la mesure de l’effet de la globalisation financière et de la crise financière sur la croissance économique du Maroc. Chose qui va nous permettre de présenter une réflexion sur un modèle devant permettre au pays d’exploiter les gains de louverture financière au profit de son émergence économique.

Pour ceci faire, ce travail est composé de trois parties. En premier lieu, nous présenterons les éléments théoriques qui relient la globalisation financière, la crise financière et la croissance économique. Ensuite, dans la deuxième partie, nous passerons brièvement une revue des principaux travaux empiriques liés au sujet. Enfin, la troisième partie sera consacrée à l’étude empirique visant à quantifier limpact de louverture financière sur la croissance économique du Maroc à travers la spécification dun modèle économétrique sur des données en série chronologique

I- Une revue de littérature théorique.

Le premier volet de la littérature portera sur les travaux analysant le lien entre la globalisation financière et la croissance économique alors que le deuxième traitera les fondements théoriques de la relation entre la globalisation financière et la crise financière.

1) Les fondements théoriques de la relation entre la globalisation financière et croissance économique. Personne ne peut nier l’effet de l’accumulation du capital sur la croissance économique. Louverture sur l’extérieur est, depuis longtemps, préconisée pour atteindre lobjectif du développement économique. Dans tous les cas, la forme de cette ouverture (économique ou financière) ne reste pas sans effet sur le progrès économique. La globalisation financière a été largement justifiée par ses effets escomptés sur la croissance des pays. Cet impact positif a été décrit dans la théorie néoclassique. Ce courant postule que dans une économie fermée, en concurrence pure et parfaite, la croissance diminue progressivement sous l’effet de la diminution de la productivité marginale des facteurs de production. Grâce à l’ouverture sur l’extérieur, les capitaux vont s’investir dans les pays ayant un stade du développement moins avancé, où les gains de productivité sont importants par rapport au pays d’origine, ceci accroît incessamment la croissance économique, au plus grand profit des économies émergentes qui ont connu d’important afflux de capitaux étrangers.

Un certain nombre de modèles théoriques ont mis en évidence un ensemble de voies par lesquelles la mondialisation des marchés de capitaux, peut encourager la

4

Revue Repères et Perspectives Economiques, N°1, Semestre 1, 2017

L’impact de l’ouverture financière sur la croissance économique au Maroc.

croissance dans les pays réceptionnistes des flux de capitaux. Prasad et al (2003) résumant lensemble des travaux liés à cette question, ont présenté une classification de ces canaux quils segmentent en deux types :

Les mécanismes directs. Ces derniers traduisent le fait que les flux de capitaux externes impactent l’économie réelle 3 à travers laugmentation du taux d’épargne intérieure, la réduction du coût du capital, le transfert des technologies et les modes de gestion ainsi que par la simulation du développement financier.

Les mécanismes indirects. Ils sont associés aux avantages de la spécialisation et à l’effet de discipline.

En ce qui concerne les mécanismes directs, les flux de capitaux externes procurent en générale un avantage lié à laugmentation de linvestissement et de la production nationale. Ceci accroit en retour le taux d’épargne intérieur. De même, ils permettent la réduction du coût du capital à travers deux mécanismes. Dune part, les flux de capitaux engendrent une meilleure allocation mondiale du risque par les possibilités du partage du risque entre résidents et non-résidents et par la liquidité du marché boursier quils assurent (Henry, 2000 et Stultz, 1999, cités par Prasad, 2003,). Dune autre part, grâce aux effets « Spillover » associés aux investissements directs étrangers. Les IDE, qui constituent une partie importante des mouvements internationaux de capitaux favorisent la diminution des coûts dinputs grâce à deux éléments, qui sont la concurrence sur le marché des produits et de facteurs et leffet d’entraînement qui résulte de la complémentarité des firmes multinationales qui investissent sur le marché local (Markusen et Venables, 1999).

Les flux de capitaux s’accompagnent aussi par le transfert des modes de gestion et de gouvernances anglo-saxons ; le poids croissant des actionnaires, notamment les investisseurs institutionnels conduit les dirigeants d’entreprises à privilégier la rentabilité immédiate ou à court terme au détriment de la croissance de longue période.

En matière du développement financier, louverture financière permet la forte participation étrangère dans lindustrie bancaire nationale, ce qui procure en retour divers avantages. Premièrement, cette participation favorise l’amélioration du cadre réglementaire et du contrôle du secteur bancaire. Ensuite, elle facilite l’accès aux marchés internationaux de capitaux. De plus, les banques étrangères introduisent souvent une variété de nouveaux instruments et de techniques financières répondant

3 Ou encore la sphère réelle, elle désigne la partie de l’activité économique relative au processus de production, d’échange et d’utilisation des biens et services, ainsi que la rémunération des facteurs de production impliqués dans ce processus. Elle s’oppose à la sphère financière qui englobe l’activité d’échange de titres financiers sur les différents marchés financiers.

Revue Repères et Perspectives Economiques, N°1, Semestre 1, 2017

5

L’impact de l’ouverture financière sur la croissance économique au Maroc.

aux divers besoins à la fois des épargnants et des investisseurs. Enfin, l’entrée des banques internationales tend à accroître la concurrence, ce qui peut améliorer la qualité des services financiers intérieurs et minimiser les coûts dintermédiation. Tous ces mécanismes se combinent pour accroitre le niveau du développement financier, élément crucial du développement des nations ouvertes.

En termes des mécanismes indirects, La globalisation financière joue un rôle utile en aidant les pays à pratiquer le partage international du risque, ce qui encourage indirectement la spécialisation qui, elle-même, relève le taux de croissance (Brainard et cooper [1998], kemp et Liviation [1973], Ruffin[1974], Imbs et Wacziarg[2003], cités par Prasad [2003].).

En effet, limpact de la spécialisation de la production sur la productivité est évident. Toutefois, en absence de mécanisme de gestion du risque, la spécialisation entraîne une forte instabilité de la production et, de ce fait, linstabilité de la consommation. Le partage international qui résulte de la globalisation financière constitue donc un autre canal de transmission de louverture financière vers la croissance économique des nations.

La globalisation financière impacte aussi la croissance par le moyen de l’effet de discipline. Ainsi, dans les années 80, un nombre important de pays ont été amenés à mettre en place des réformes politiques et économiques. Cette discipline a été imposée par l’engagement de ces pays dans louverture sur lextérieur, notamment sur le plan financier. Dans ce contexte, lintégration financière peut accroître la productivité dun pays en influant sur la capacité du pays à s’engager de façon sérieuse dans ladhésion à des meilleurs politiques économiques. Plus précisément la discipline imposée par la globalisation financière implique un changement dans la nature des projets dinvestissement mis en place ; elle permet une réallocation du capital vers des activités plus productives en réaction aux modifications des politiques macro-économiques.

Toutefois malgré tous ces avantages théoriques de la globalisation financière, elle peut parfois être considérée comme un obstacle à la croissance économique, surtout lorsque le système financier domestique est peu développé. En effet, l’ouverture s’accompagne souvent par l’assouplissement des restrictions aux flux des capitaux pour espérer une entrée nette de flux financiers. Mais cette mesure peut parfois accélérer les sorties lorsque le système financiers domestique est moins développé et n’offre pas de meilleurs possibilités de placement. L’ouverture financière peut donc provoquer une fuite d’épargne nationale vers l’extérieur menaçant ainsi la croissance économique.

6

Revue Repères et Perspectives Economiques, N°1, Semestre 1, 2017

L’impact de l’ouverture financière sur la croissance économique au Maroc.

L’ouverture financière est aussi souvent accusée d’avoir diffusé le risque systémique qui provoque dans certains cas des crises financières et économiques. La littérature traitant cette question fera lobjet du point suivant.

2) La globalisation financière et la crise financière : Une revue de littérature. Limpact de louverture financière sur le déclanchement et la prorogation de crises financières a fait lobjet de nombreuses contributions, qui ont mis en évidence une corrélation entre la globalisation des marchés des capitaux et la diffusion du risque systémique. Ainsi, Le page (2003) avance deux canaux qui lient la globalisation financière à la crise financière, qui sont la financiarisation du déficit et les déséquilibres durables de la balance des transactions courantes

La financiarisation du déficit : il est à préciser que dans les années quatre-vingt, une quinzaine de créditeurs possédaient environ 85% de la dette des pays débiteurs. Des structures, comme le Club de Paris pour la créance publique et le Club de Londres pour les créances privées garanties, dominaient le financement du déficit et pouvaient facilement coordonner leurs efforts pour restructuration en cas de difficultés de paiement. Par contre, dans nos jours les créanciers sont innombrables et leur coordination est difficilement envisageable. De plus, les émissions des titres des pays émergents ont augmenté à un rythme quatre fois supérieur à celui du crédit bancaire. La financiarisation du déficit de la balance courante, qui s’accélère avec la vague de la globalisation, se traduit par une diversification des créanciers et des supports de financements (bon du trésor, billet de trésorerie, obligation). Ceci rend difficile toute tentative de restructuration en cas de besoin, ce qui accroit les possibilités d’une crise de la dette publique et privée.

Les déficits durables de la balance des transactions courantes : La globalisation financière permet à une économie, dont le déficit de la balance courante est sévère, de continuer pendant des périodes très longues de financer ce déficit. Dès lors, l’endettement d'un pays peut prendre des proportions considérables avant même que des mesures de redressement des comptes extérieurs ne soient prises. Un pays peut donc facilement à continuer à consommer et investir plus qu’il produit toute en comptant sur les flux de capitaux pour équilibrer ses paiements. De plus l’endettement extérieur implique le paiement futur des intérêts et dividendes qui aggravent davantage les déficits de la balance courante du pays. Le lien avec la crise financière est double. Premièrement lorsque les déficits sont colossaux, une crise de confiance se généralise auprès des créanciers étrangers, ce qui les incite à se désengager du marché financier national par la vente de leurs titres. Un mécanise qui conduit à la chute des indices boursiers et à une crise boursière. Deuxièmement, les déficits successifs sont synonymes de dépréciation du taux change. Les spéculateurs sur le marché du change peuvent ainsi anticiper une telle dépréciation, ce qui les conduira à la vente massive de

Revue Repères et Perspectives Economiques, N°1, Semestre 1, 2017

7

L’impact de l’ouverture financière sur la croissance économique au Maroc.

la monnaie du pays en question. Chose qui engendra une nouvelle dépréciation et à terme une crise de change.

De son côté, Boyer (2010) cite quatre mécanismes à travers lesquels la libéralisation financière 4 peut impacter la recrudescence des crises financières. L’auteur les résume ainsi :

La dette publique : la globalisation financière permet une forte circulation des capitaux. Ces derniers cherchent parfois les titres émis par les Etats, ce qui génère un fort endettement public. Ces afflux de capitaux perturbent le régime de croissance domestique en favorisant la consommation au détriment de linvestissement. C’est le cas des pays latino-américains qui entrent en crise dès que le durcissement de la politique monétaire aux Etats-Unis entraîne l’augmentation des taux dintérêt, impactant de ce fait la soutenabilité de la dette publique des pays endettés en dollars et des défauts de paiement.

Les changes flexibles : Le système de change flottant s’est imposé pour accompagner le processus de l’ouverture financière. La théorie postule que le passage aux changes flexibles et l’accélération des mouvements de capitaux internationaux impliquent la diffusion de crise de change. Depuis la fin du système de bretton woods, en mars 1973, il nexiste plus de règles de bonne conduite en matière du taux de change et du solde extérieur. Chaque pays pratique la politique quil juge appropriée à ses propres intérêts économiques et financiers. Le FMI ne gère plus le système monétaire international. Ce régime constitue-t-il un régime parfait ? se demandent Mathieu et Sterdyniok(2009). Dans la suite de leur article, ces deux auteurs citent quelques mécanismes qui montrent que leffet des changes flexibles sur linstabilité financière ; dans le contexte dun système de change flexible, les monnaies fluctuent beaucoup plus que les écarts dinflation et ne contribuent guère à équilibrer les soldes courants, ce qui met en jeu la compétitivité et la croissance des différentes zones.

Augmentation du crédit : La globalisation financière, en permettant la libre circulation des capitaux, engendre une situation d’explosion du crédit domestique. Avec le retard dans lapplication des règles prudentielles et sous l’effet de l’aléa moral 5 et de la sélection adverse 6 , cet emballement du crédit ne peut que déboucher

4 Lauteur préfère la notion de la libéralisation financière, qui est employée dans la majorité des études, de façon interchangeable avec celle de la globalisation. 5 En finance, l’aléa moral est constaté lorsque l’emprunteur aura tendance à ne pas utiliser de façon efficace les fonds empruntés dans la mesure où il ne risque en cas de faillite de son projet que la perte de ses capitaux propres. Autrement dit, il n’assume qu’une petite partie des résultats de ses actions, la perte principale étant supportée par les créanciers (banques ou déposants d’une banque d’investissement).

8

Revue Repères et Perspectives Economiques, N°1, Semestre 1, 2017

L’impact de l’ouverture financière sur la croissance économique au Maroc.

sur des situation de prise excessive de risque et de multiplication des défauts de paiement, notamment chez les banques endettées en monnaies étrangères.

Les innovations financière : La libéralisation financière stimule un flux dinnovations technologiques mais surtout financières qui semblent ouvrir des perspectives nouvelles à la profitabilité des entreprises. Ces innovations ont été à lorigine de la surabondance de liquidité, la naissance et le développement des bulles spéculatives finissant sur la crise de la dette Russe (LTCM), la crise de la nouvelle économie (crise internet) et la crise des subprimes.

A ces éléments, on peut ajouter un autre facteur si important. Il s’agit de la perte de l’autonomie de la politique monétaire du pays. En effet, il est à signaler que le développement des flux de capitaux nécessite parfois de lever les contrôles de change, qui en limitent la circulation. Une situation qui implique d’abandonner toutes sortes de politique monétaire autonome, surtout si le pays adhère à un régime de change fixe. C’est le cas des pays de la zone euro, qui n’ont plus de marge de manouvre en matière de la politique monétaire, fixée désormais par la banque centrale européenne à Bruxelles. Cette analyse a été mise en évidence par les travaux de Mundell(1963), connus sous « le triangle de l’incompatibilité de Mundell ». Cette théorie postule qu’il est impossible pour un Etat de maintenir à la fois un taux de change fixe, la liberté de circulation des capitaux avec l’étranger et une politique monétaire autonome (fixation du taux d’intérêt en fonction des objectifs internes de la politique économique de court terme). Ainsi selon cette approche, un pays cherchant à avoir une politique monétaire indépendante doit abandonner soit le régime du change fixe (laisser flotter sa monnaie) ou bien mettre en place des contrôles de change pour limiter les

6 Le concept de l’anti sélection a été appliqué au secteur financier pour la première fois par Stiglitz et Weiss en 1981. Les deux auteurs ont considéré que le secteur bancaire est fortement caractérisé par une asymétrie d’information entre débiteurs et créanciers. Les premiers connaissent mieux la rentabilité et le risque liés à leur projet alors que les deuxièmes en sont généralement moins ou mal informés. Dans ces conditions, l’établissement du crédit fixe un taux d’intérêt assez élevé pour attirer les seuls projets dont la rentabilité est supérieur et qui peuvent supporter un coût du capital élevé. De ce fait, le comportement de la banque stimule les entrepreneurs à risque qui acceptent de payer des taux d’intérêt élevés. Par contre, la proposition des taux exagérés va tout simplement faire fuir les entrepreneurs moins risqués, qui méritaient un financement avec des taux faibles, compte tenu de la sureté de leurs affaires. La banque sélectionne involontairement les projets à haut risque au détriment des investissements à faible risque : c’est la sélection adverse.

Revue Repères et Perspectives Economiques, N°1, Semestre 1, 2017

9

L’impact de l’ouverture financière sur la croissance économique au Maroc.

mouvements de capitaux. Or avec la globalisation financière, ces contrôles sont quasiment levés, ce qui conduit à l’une des situations suivantes :

- Maintenir une politique monétaire autonome, mais avec un régime de change

flexible. Cette situation risque de provoquer une volatilité du taux de change de la monnaie nationale. Cette dernière peut donc faire l’objet de la spéculation sur le

marché du change qui peut parfois conduire à une crise de change, surtout lorsque le pays accumule des déficits courants, comme nous l’avons démontré auparavant.

- Continuer à maintenir un régime de change fixe avec l’abandon de la politique

monétaire autonome. Dans ce cas le pays sera obligé de fixer sa politique monétaire en fonction des objectifs externes (équilibre extérieur). L’objectif interne (stabilité des prix) de la politique monétaire n’est pas réalisable, puisque le pays est obligé d’aligner son taux d’inflation sur celui de ses partenaires commerciaux, sinon il procédera à la dévaluation de sa monnaie. On risque donc de se trouver dans le cas d’une inflation importée qui peut perturber le régime de croissance interne et pénaliser la compétitivité du pays.

Lexamen de cette revue de littérature conduit à fonder les liens existant entre louverture financière et l’économie réelle, en termes de croissance économique et en termes dinstabilité financière. Il reste cependant à savoir si ces prédictions théoriques sont appuyées par les résultats des études empiriques.

II - Une revue de littérature empirique.

Nous allons présenter les résultats de certaines études empiriques portant sur le lien entre louverture financière et la croissance économique ainsi que ceux des travaux traitant le lien entre la globalisation financière et la crise financière.

1) Les études portant sur la relation entre la globalisation financière et la croissance économique. Plusieurs études économétriques ont été menées pour tester lhypothèse dune parfaite corrélation entre la globalisation financière et la croissance économique.

Létude menée par Grilli et Milesi-Ferreti (1995) a été considérée comme lune des pionnières qui a cherché à étudier la relation entre la libéralisation du compte capital et la croissance. Cette étude, qui s’est intéressée à 61 pays développés et en développement, na pas confirmé une corrélation robuste ente la libéralisation du compte capital et courant dune part et la croissance économique d’autre part.

De même Edisson et al (2002) ont utilisé des données récentes et des nouvelles méthodes économétriques pour évaluer le lien entre lintégration financière internationale et la croissance économique. Plus précisément, ils ont cherché à vérifier si cette relation est dépendante des variables telles que le niveau du développement économique, l’éducation, le développement financier, le développement du cadre

10

Revue Repères et Perspectives Economiques, N°1, Semestre 1, 2017

L’impact de l’ouverture financière sur la croissance économique au Maroc.

juridique, la corruption et les politiques macroéconomiques. Létude s’est portée sur 57 pays pendant la période 1980-2000. Dans cette étude, les auteurs ont testé les prédictions théoriques qui postulent que lintégration financière internationale a un effet positif conditionnel à des spécificités économiques, financières, institutionnelles et politiques. Cette étude ne confirme pas cet impact positif. Cependant, ce résultat nimplique pas que louverture financière n’est pas associée aux succès économiques ; les résultats en question mettent en évidence un lien positif entre lintégration financière et le revenu réel par tête, le niveau de l’éducation, le développement du secteur bancaire et du marché boursier, les lois et les traductions du pays ainsi que « lintégrité du gouvernement 7 ».

Pour leur part, Edisson et al (2003), passent en revue et discutent un ensemble de travaux s’attachant à étudier la relation entre la libéralisation du compte capital et les performances économiques. Les auteurs concluent que leffet positif mis en évidence par certains travaux empiriques ne conduit pas à un résultat général concernant la relation entre louverture financière et la croissance économique ; si le résultat de leur régression suggèrent un effet positif parmi les pays de lOrient Asiatique, dautres recherches mettent en évidence cette relation uniquement pour les pays développés. L’étude conclut aussi que la présence dune relation causale entre ouverture financière et la croissance économique dépend du niveau du développement économique du pays et de lindicateur douverture financière considéré.

Kraay (1998) a réalisé une régression portant sur un ensemble de pays industriels et en développement durant la période 1985-1997. Lauteur conclut sur labsence dune corrélation positive entre la globalisation financière et la croissance économique et explique ce résultat par des différences institutionnelles et politiques ainsi par le phénomène de la volatilité des flux de capitaux qui accompagnent louverture financière.

Létude empirique de Klein et Olivei (2008) qui s’est portée sur les périodes 1986- 1995 et 1976-1995 a concerné à la fois les pays développés et en développement. Lobjectif est tester leffet de la libéralisation du compte capital sur la croissance à travers limpact sur le développement financier. Ils concluent que les pays ayant entrepris une politique douverture du capital ont connu un développement financier meilleur que les pays ayant maintenus des restrictions sur les flux de capitaux. Leur étude a aussi montré que la libéralisation du compte capital na pas, toujours, les mêmes effets bénéfiques pour tous les pays. Plus particulièrement la relation positive entre louverture financière et le développement financier est affirmée seulement pour le cas des pays extrêmement développés. Létude montre ensuite quil existe une

7 Définie par les auteurs comme le niveau des lois contre la corruption.

Revue Repères et Perspectives Economiques, N°1, Semestre 1, 2017

11

L’impact de l’ouverture financière sur la croissance économique au Maroc.

relation positive et significative entre le développement financier et la croissance économique dans les pays développés et en développement. Cependant, les résultats de cette étude doivent être considérés avec précaution. En effet, les auteurs supposent que l’effet sur le développement financier est le seul canal par lequel lintégration financière augmente la croissance économique et négligent les autres mécanismes qui sont préconisés par les modèles théoriques tels que leffet sur linvestissement et l’effet de discipline.

En 2000, Edwards a réalisé une étude pour tester l’effet de la mobilité du capital sur la croissance économique. Il a utilisé lindicateur Quinn pour mesurer la mobilité du capital. Les résultats de cette étude montrent que les pays, qui ont connu une ouverture du compte capital, ont réalisé des performances économiques meilleures que les pays dont les restrictions sur le compte capital persistent. Ces résultats postulent aussi que la relation entre ouverture financière et croissance économique se manifeste uniquement après avoir atteint un seuil du développement économique. Ce résultat peut être expliqué par le fait que les pays ne peuvent bénéficier de louverture financière que lorsquils ont développé un secteur financier domestique. Les résultats de cette étude renforcent lidée que louverture financière peut avoir des effets négatifs lorsque les structures financières du pays en question ne sont pas à niveau. Dans ce sens les pays émergents sont différents des pays développés. Ce résultat a été critiqué par Arteta et al (2001) qui contestent lidée que l’effet de la libéralisation du compte capital varie en fonction du développement financier. Ces auteurs affirment, en revanche, que cet effet dépend du niveau des règles et des lois ainsi que des autres dimensions de louverture, notamment sur le plan du commerce extérieur. Ce dernier résultat admet deux interprétations. La première est liée à l’évidence de lordre chronologique entre la libéralisation commerciale et libéralisation financière. La deuxième se rattache à la nécessité déliminer les déséquilibres macroéconomiques avant d’entamer un processus douverture du compte capital.

De leurs côtés, Gourinchas et Jeanne (2006) montrent à travers un modèle d’inspiration néoclassique que les gains de l’ouverture financière sur la croissance économiques ne sont pas toujours significatifs, même pour un pays initialement en situation d’autarcie. L’ouverture financière ne lui rapporte en réalité que très peu d’avantages. Ces derniers sont liés aux gains de bien-être produits pas le passage d’une autarcie complète à une parfaite mobilité des capitaux, qui se traduisent par une hausse de la consommation d’environ 1%. Les auteurs expliquent ce résultat par le fait que les distorsions engendrées par la faible mobilité des capitaux sont transitoires : le pays finit ainsi à atteindre une accumulation importante des capitaux sans s’ouvrir sur l’extérieur. Ainsi, sont les seuls pays initialement dépourvus des capitaux qui peuvent tirer des gains importants de l’ouverture financière.

12

Revue Repères et Perspectives Economiques, N°1, Semestre 1, 2017

L’impact de l’ouverture financière sur la croissance économique au Maroc.

Coeurdacier et al (2015) utilisent aussi un modèle de croissance néoclassique pour estimer les gains de l’ouverture financière, mais cette fois-ci avec la prise en compte du risque pays. Leurs résultats montrent que l’impact sur la croissance est non significatif (au mieux deux point de pourcentage). Les pays les plus risqués bénéficient certes du partage international du risque, mais ils voient parfois leurs résidents placer leur épargne dans les pays les moins risqués, c’est-à-dire dans les pays développés. Ce sont donc ces derniers qui sont les plus susceptibles de bénéficier des gains de l’ouverture financière. L’étude de Coeurdacier et al nuance les prédictions théoriques portant sur la relation de causalité entre l’ouverture financière et la croissance. Elle considère que cette causalité n’est pas absolue, mais dépend du niveau du risque, de la rareté du capital et de la taille des pays. Les auteurs avancent que l’ouverture financière pèse sur la croissance des pays émergents si leur niveau de risque est élevé par rapport à celui des pays développés. De plus, dans les pays émergents ayant une pénurie de capitaux avant l’ouverture, l’intégration financière permet d’accélérer la croissance à court terme et de la ralentir long terme. Les résultats du modèle de Coeurdacier et al permettent ainsi d’expliquer pourquoi les études empiriques ne confirment pas toujours les prédictions théoriques portant sur la causalité entre l’ouverture financière et la croissance économique.

2) Les études portant sur la relation entre la globalisation financière et la crise financière.

Limpact de la globalisation financière sur la linstabilité financière a fait lobjet de plusieurs travaux empiriques. Ces travaux ont cherché à tester la corrélation entre les politiques de déréglementation et de libéralisation financière et les possibilités d’apparition d’épisodes de crises financières. Dans son article, Hamden (2006) a énuméré un certain nombre de contributions qui sinscrivent dans ce sens. Il cite par exemple l’étude de Demirgüç-kunt et Detragiache (2001) qui sont les premiers auteurs à appliquer la modélisation économétrique aux crises bancaires. Leur étude portant sur 53 pays entre 1980 et 1995, montre que la libéralisation financière augmente le risque de crise bancaire, surtout dans un environnement fragile. En outre pour les pays réprimés, la libéralisation financière améliore le développement financier, même sils sont touchés par la crise. De leur côté Eichengreen et Arteta après avoir effectué une étude des variables pouvant expliquer les crises bancaires, ont estimé un modèle probit avec ces mêmes variables. Ils constatent que la stabilité des banques des marchés émergents est menacée lorsquune explosion de prêts est induite par une politique macroéconomique et financière, conjuguée avec la déréglementation financière.

Hamdan énumère aussi l’étude de Mehrez et kaufman (2000), qui analyse l’effet de la globalisation financière sur la probabilité de crises bancaires dans un environnement peu transparent. En se basant sur un échantillon de 56 pays entre 1977 et 1997, ils

Revue Repères et Perspectives Economiques, N°1, Semestre 1, 2017

13

L’impact de l’ouverture financière sur la croissance économique au Maroc.

montrent que la probabilité de crise augmente dans les périodes suivant la libéralisation, surtout dans les pays peu transparents. De leur côté Barth et al (2001), utilisent un modèle probit et des données annuelles de 45 pays. Leur étude suggère que dans les pays où les gouvernements sont relativement dominants, des restrictions plus rigides sont imposées aux activités bancaires. En outre, limpact des restrictions de régulation sur le bon fonctionnement de l’activité bancaire est mitigé. Enfin, les auteurs constatent que les pays où les activités des banques sur le marché de valeurs sont restreintes, la probabilité dune crise est plus grandes toute chose égale par ailleurs.

Eichengreen et Rose (1998) ont réalisé une étude sur la probabilité des crises bancaires dans 105 pays en développement sur la période 1975-1992 à l’aide dun modèle probit. Leur résultat insiste surtout sur linfluence que joue le taux dintérêt des pays de LOCDE sur la probabilité de crise bancaire. Par contre, létude Eichengreen et Arteta (2000) met en doute le rôle des taux d’intérêt des pays développés sur la probabilité de crises bancaires dans les pays en développement.

De leur côté, Barth et al (2000) trouvent à partir dune étude sur soixante pays, que les indicateurs de développement du marché, particulièrement la liquidité des capitaux propres sur le marché, lémission de capitaux propres (sur le marché primaire) par rapport au PIB et l’émission dobligations à long terme (sur le marché primaire) par rapport au PIB, font baisser la probabilité dune crise financière.

Lexamen de cette revue de littérature empirique nous conduit à conclure que les prédictions théoriques ne sont pas toujours confirmées par des études empiriques. Les spécificités de chaque pays et de chaque zone économique peuvent être invoquées pour expliquer le paradoxe constaté.

III- Ouverture financière et croissance économique du Maroc : une investigation empirique.

Nous cherchons à spécifier les liens entre louverture financière et léconomie réelle pour le cas du Maroc. Notre objectif étant de quantifier limpact à la fois de la globalisation et de la crise financière sur la croissance économique du Maroc. Pour cette raison, nous allons spécifier un modèle de régression multiple expliquant la croissance économique par les variables de la globalisation et de la crise financière.

1) Spécification du modèle de l’étude.

La spécification générale du modèle s’écrit de la manière suivante :

Y t =

C + B X t + GF t + CF t + E t

14

Revue Repères et Perspectives Economiques, N°1, Semestre 1, 2017

L’impact de l’ouverture financière sur la croissance économique au Maroc.

Avec Y t est le taux de croissance du PIB réel par habitant à l’année t, C représente le PIB réel par habitant initial. X est la matrice des variables de contrôle qui sont susceptibles d’expliquer la croissance économique selon la théorie de la croissance endogène, GF et CF représentent respectivement les variables de la globalisation et

de la crise financière qui illustrent de ce faite le phénomène l’ouverture financière.

Enfin, E est le terme derreur du modèle.

La théorie de la croissance endogène a mis en évidence plusieurs variables explicatives de la croissance économique. Ces déterminants de croissance ont fait lobjet dune synthèse dans les travaux de Sala-i-Martin (2002). Dans notre cas, du faite de la disponibilité des données, nous avons retenu les variables de linvestissement, de linflation, de louverture économique, du capital humain, de la croissance de la population et de la taille de lEtat.

Tenant compte que nous aurons à faire à une spécification du modèle sur des données

de l’économie marocaine, nous allons introduire dans la modélisation deux variables

susceptibles d’expliquer la croissance économique du pays. Il sagit du poids du

secteur agricole et du poids de la population rurale.

A côté des variables de la théorie de la croissance endogène et celles relatives à

l’économie marocaine, nous allons modéliser avec des variables financières pour pouvoir répondre à notre objectif de recherche. Il s’agit des variables de :

La g l o b a l i s a t i o n fin a nci èr e : cette variable est mesurée par trois proxys :

- l’indicateur KAOPEN, de chinn et Ito (2005) est utilisé pour mesurer l’ouverture du compte capital. KAOPEN est un indicateur composite construit

essentiellement par la méthode de l’analyse en composante principale, il est compris entre -1, 8 et 2 ,53. Plus sa valeur est élevée, plus le compte du capital est ouvert. L’avantage de cet indicateur est qu’il tient compte du degré de restrictions et non uniquement de leur présence ou non (comme c’est le cas de la majorité des indicateurs d’ouverture du compte capital), Il est aussi disponible sur une période dépassant parfois 35 ans pour 166 pays.

- le volume des engagements extérieurs en termes dinvestissements en

portefeuille par rapport au PIB est employé pour mesurer l’ouverture du marché

boursier.

- Un indicateur quantifiant la globalisation financière par les mouvements de

capitaux. Le choix s’est porté sur les flux d’IDE en pourcentage du PIB pour les raisons de disponibilité des données. Lindice de la crise financière : L’indice de fragilité bancaire FSB de kibritcioglu (2002) est utilisé pour quantifier la crise financière. Il est composé de la combinaison des trois variables : i) les dépôts bancaires ; ii) les crédits bancaires au secteur privé ; iii) les engagements extérieurs des banques domestiques. Les fluctuations dans ces

Revue Repères et Perspectives Economiques, N°1, Semestre 1, 2017

15

L’impact de l’ouverture financière sur la croissance économique au Maroc.

variables sont susceptibles d’affecter la fragilité bancaire d’un pays. Autrement dit, les crises qui peuvent toucher une économie sont souvent provoquées par d’importantes chutes dans ces variables. L’indice de fragilité bancaire est construit en se basant sur la formule suivante :

FSB t 

DB

db

CBSP t cbsp
+

cbs

+ EEB

eeb

3

On note qu’avant de procéder à la spécification de notre modèle, nous avons étudié la

stationnarité des variables en utilisant le test ADF (les résultats du test sont synthétisés

dans tableaux 1). Cette étude montre que certaines variables ne sont pas stationnaires.

Pour éviter des régressions trompeuses, Il y a lieu de les transformer en différence

première. Ainsi les variables telles le taux de croissance de la population, la taille de

l’Etat, l’investissement, le capital humain, l’ouverture économique, la population

rurale, le KAOPEN, l’investissement en portefeuille et les engagements extérieurs des

banques seront remplacées par leur différence d’ordre 1.

16

Revue Repères et Perspectives Economiques, N°1, Semestre 1, 2017

L’impact de l’ouverture financière sur la croissance économique au Maroc.

Tableau 1 : Test ADF

Variables

ADF en niveau

ADF en différence première

TCR

-10,6671***

 

CPOP

0,060644

-4,128123***

TE

-2,465496

-6,329575***

INVT

-1,511932

-6.10883***

INF

-3,215906**

 

KH

-2.203264

-3,031893***

OECO

-1,144493

-8,893781***

POPRUR

0,574446

-9,386438***

PIBAGR

-5,514456***

 

KAOPEN

-1,901809

-5,916080***

IDE-PIB

-2.927511*

 

INVSPORT

-2,295803

-4,643827***

ENG_EXT_BQ

-0,707444

-6,611417***

FSB

-5,125420***

 

Source : résultats sous Eviews

*signification au seuil 10 %, ** signification au seuil de 5 %, *** signification au seuil de 1 %.

2) Résultats de la spécification.

Nous avons procédé aux différentes spécifications du modèle tout en veillant à la vérification des hypothèses de régression. Pour les besoins de ce papier, nous avons réalisé les sept spécifications suivantes :

Dans la première spécification, nous avons testé la pertinence des différentes variables retenues pour expliquer la croissance économique du Maroc, le but de cette spécification est de vérifier les résultats antérieurs relatifs à la théorie de la croissance endogène. La deuxième, la troisième, la quatrième et la cinquième spécification sont réservées à lintroduction des différents proxys de la globalisation financière dans lobjectif dapprécier l’effet de louverture financière sur l’économie marocaine. Ensuite, dans la sixième spécification, leffet de la crise financière sur la croissance économique du Maroc est mis en épreuve. Enfin, la dernière estimation nous permis de tester l’effet conjoint de la globalisation et de la crise financière sur léconomie réelle du Maroc. Apres la vérification des hypothèses de régression, nous procédons à linterprétation des résultats des différentes spécifications du modèle qui sont synthétisés dans le tableau suivant :

Revue Repères et Perspectives Economiques, N°1, Semestre 1, 2017

17

L’impact de l’ouverture financière sur la croissance économique au Maroc.

Tableau 2 : L’équation de régression de la fonction de croissance

 

S1

S2

S3

S4

S5

S6

S7

 

-0.3800**

-0.3658**

-0.3807**

-0.2572

-0.5811**

-0.3004

-0.2958

PIB_hab80

(-2,7291)

(-2,4291)

(-2,6619)

(-1,4361)

-3,1137

(-1,6516)

(-1,7111)

 

0.0070**

0.0067*

0.0070**

0.0045

0.0146**

0.0044*

0.0044*

DINVT

(-2,5245)

(-2,033)

(-2,5048)

(-0,9907)

(-2,9648)

(-0,858)

(-0,8955)

 

-0.0007

-0.0014

-0.0007

-0.0013

-0.0089

-0.0005

-0.0017

DINF

(-0,1992)

(0.3603)

(-0,1947)

(-0,3642)

(-1,2290)

(-0,1476)

(-0,4619)

 

0.0012

0.0042

0.0013

0.0008

-0.0719

0.0099

0.0005

DKH

(-0,0433)

(-0,1340)

(-0,0437)

(-0,0269)

(-0,9168)

(-0,2576)

(-0,0191)

 

-0.0686

-0.0549

-0.0679

-0.0242

-0.0050

-0.0891

-0.0698

DCPOP

(-0,9971)

(-0,9004)

(-0,9905)

(-0,3523)

(-0,102)

(-1,0375)

(-0,9126)

 

0.0033

-0.0034

-0.0033

-0.0037

-0.0043

-0.0038

-0.0037

DOECO

(-1,0977)

(-1,1253)

(-1,0745)

(-1,1959)

(-0,8908)

(-1,1413)

(-1,1394)

 

-0.0008

-0.0015

-0.0008

-0.0016

-0.0025

-0.0002

-0.0016

DTE

(-1,2601)

(-0,5783)

(-2,2584)

(-0,5623)

(-0,7401)

(-0,0563)

(-0,4428)

DTE

 

0.0140*

0.0137*

0.0140*

0.0102*

0.0168**

0.0121*

0.0124*

PIBAGR

(-1,8804)

(-1,8078)

(1 ,8356)

(-1,2305)

(-1,8241)

(-1,3722)

(-1,51)

 

-0.0217

-0.0179

-0.0217

-0.0218

-0.0035

-0.0333

-0.0237

DPOPRUR

(-0,8966)

(-0,6899)

(-0,8744)

(-0,9265)

(-0,1295)

(-1,2296)

(-0,7834)

   

0.0147

         

KAOPEN

(-0,3795)

     

0.0002

       

IDE_PIB

(-0,0698)

       

1.34E-05

     

ENG_EXT_BQ

(-1,6161)

         

0.1082*

   

DINVSPORT

(-1,6342)

           

0.0066

 

FSB

(-0,3442)

             

-0.0840

KAOPEN*FSB

(-0,5849)

N

29

28

29

27

29

27

26

R

2

0,54

0,54

0,54

0,58

0,73

0,55

0,55

Prob(F-statistic)

0,02

0,05

0,04

0,03

0,04

0,05

0,07

Source : Résultats sous Eviews

Note : Variable dépendante : taux de croissance du PIB réel par habitant. (***), (**) et (*) correspondent respectivement à la signification statistique d’ordre 1%, 5% et 10%. (.) correspond à « t-Student ».

18

Revue Repères et Perspectives Economiques, N°1, Semestre 1, 2017

L’impact de l’ouverture financière sur la croissance économique au Maroc.

Dans

la

première

spécification,

les

résultats

sont

conformes

aux

prédictions

théoriques :

toutes

les

variables

sont

de

signe

attendu, mais

seulement

deux

variables sont statistiquement significatives. Le R 2 associé à cette spécification est de 0,54 montrant que 54 % de la variation de la variable endogène est expliquée par les variables explicatives retenues. De même la probabilité associée au test de Fisher est inférieure à 5 %, ce qui montre que les variables retenues expliquent significativement la croissance économique.

Le premier résultat mis en évidence est celui de lhypothèse de convergence traditionnelle. Le taux de croissance est négativement et significativement corrélé avec le PIB par habitant du début de période danalyse. Lhypothèse de convergence, qui postule que les pays ayant un niveau de développement initial faible ont tendance à accroitre plus que les autres pays de niveaux élevés, est donc confirmée sur les données marocaines.

Linvestissement domestique est de signe positif et significatif au seuil de 5 % et la régression suggère que l’appréciation du taux dinvestissement de 1 % augmente le taux de croissance de léconomie nationale de 0,007 %. De même le coefficient associé au capital humain est de signe a t t e n d u , mais non significatif. Les résultats m o n t r e n t q u ’ u n e augmentation de 1 % du proxy du capital humain provoque une appréciation du taux de croissance de 0,0012 %. Quant au coefficient du taux de croissance de la population, il est aussi de signe attendu et suggère que la croissance économique diminue de 0,06 % lorsque le taux de croissance de la population augmente de 1 %. Linflation agit négativement sur les performances économiques, mais dune manière non significative ; une augmentation du taux dinflation de 1 % engendre une baisse de la croissance de 0,0007 %. La taille de lEtat est négativement corrélée avec la croissance. Cette dernière baisse de 0,0008 % à loccasion de chaque augmentation du la taille de la puissance publique de 1 %. Les variables spécifiques à l’économie marocaine sont de signe attendu. De plus le coefficient de la variable PIB agricole est significatif au seuil de 10 % et la spécification montre que laccroissement de la valeur ajoutée agricole de 1 % améliore le taux de croissance de l’économie nationale de

0,014 %. Ce résultat confirme ainsi limportance du secteur agricole pour l’économie nationale. Le poids de la population rurale affecte négativement la croissance économique. Ce résultat rejoint celui mis en évidence par l’étude dAchy et Sekkat

(2007).

Dans la deuxième spécification, nous avons introduit la variable du KAOPEN comme

indicateur de jure de la globalisation financière. Le R 2 associé au modèle reste identique à celui de la première spécification et les variables apparaissent toujours de signe attendu sauf lindicateur douverture économique qui devient de coefficient

Revue Repères et Perspectives Economiques, N°1, Semestre 1, 2017

19

L’impact de l’ouverture financière sur la croissance économique au Maroc.

négatif. La variable du KAOPEN est de signe attendu, mais elle nest pas significative. La spécification montre que l’amélioration de lindicateur KAOPEN de 1 % stimule positivement la croissance économique de notre pays de 0,014 %. Certes cet impact nest pas significatif, mais il est du signe stipulé par les prédictions théoriques. Ce résultat est conforme à celui obtenu par Ben salha et al (2008) qui, menant une étude sur un échantillon de dix pays de la zone méditerranéenne, ont conclu que louverture financière, mesurée par le KAOPEN, n’exerce aucun effet significatif sur la croissance économique. Lintroduction de la variable des investissements directs étrangers comme indicateur de facto de la globalisation financière dans la troisième spécification, montre une corrélation positive, mais non significative avec la croissance économique. Le même résultat est constaté lorsque louverture financière est mesurée par les engagements extérieurs des banques domestiques (quatrième spécification). Dans ces deux spécifications les variables de contrôle gardent toujours le signe attendu.

Dans la cinquième spécification, les résultats apparaissent concluants. Les variables de contrôle sont de signe attendu et le modèle nous renseigne sur l’existence dune relation positive et significative au seuil de 10 % entre la croissance économique et la globalisation financière mesurée, par les investissements étrangers à la bourse de Casablanca. La régression suggère ainsi que l’amélioration des investissements étrangers en portefeuille est à lorigine de l’appréciation du taux de croissance de 0,1 %. Cette conclusion rejoint un autre résultat mis en évidence par l’étude Ben salha et al qui ont trouvé que louverture financière, mesurée par les investissements étrangers en bourse, exerce un impact positif et significatif sur la croissance économique.

Exception faite de lindicateur des investissements étrangers en portefeuilles, les autres proxys de la globalisation financière ne sont pas significatifs, même sils ont le signe attendu. Pour pouvoir appuyer le résultat de la régression nous avons étudié la causalité au sens Granger entre la globalisation financière et la croissance économique du Maroc. Le test de causalité de Granger permet vérifier si une variable peut être expliquée à partir dune autre variable. Y est dite causée par X au sens de Granger si X aide à la prédiction de Y. Lhypothèse testée est celle selon laquelle X cause Y et vice versa. On utilise le test F- statistics. Un niveau élevé de F signifie que lhypothèse de non causalité est rejetée. Une probabilité est associée au test qui permet de mesurer le seuil de tolérance de lerreur dans linterprétation du test.

Les résultats du test apparaissent concluants et confirment ceux de la régression. Les probabilités associées aux différents tests sont dans tous les cas supérieures au seuil de 5 %, lhypothèse nulle nest pas rejetée. On conclut donc que les indicateurs de la globalisation financière ne causent pas la croissance économique. De plus le sens inverse de la relation n’est pas vérifié, c'est-à-dire que le taux de croissance

20

Revue Repères et Perspectives Economiques, N°1, Semestre 1, 2017

L’impact de l’ouverture financière sur la croissance économique au Maroc.

économique nexerce aucun effet significatif sur les indicateurs de globalisation financière

Lintroduction de la variable de la crise financière (spécification 6) ne laisse pas apparaître une relation significative avec la croissance économique. Lindice de fragilité bancaire semble sans effet significatif sur la croissance économique. De plus, la régression suggère un coefficient de corrélation positif contrairement à l’intuition théorique et aux résultats des études empiriques antérieures. Dans cette spécification les variables de la théorie de croissance endogène gardent les signes attendus, mais elles sont toujours non significatives.

Dans la dernière spécification, nous avons construit une variable dinteraction pour cerner l’effet conjoint de louverture financière et de la crise financière sur la croissance économique. Le coefficient de la variable dinteraction est de signe négatif, mais non significatif. Ceci peut être interprété de cette manière : plus la fragilité financière est élevée, plus les effets positifs de la globalisation financière sur la croissance économique sont affaiblis. Ce résultat va dans le sens des explications données par Prasad et al (2003) au paradoxe de la relation entre la globalisation financière et la croissance économique. Des explications qui mettent l’accent sur le rôle de linstabilité financière dans la neutralisation des effets positifs de louverture financière sur l’économie réelle.

3)

Discussion des principaux résultats.

Pourquoi la globalisation financière n’exerce pas un effet significatif sur les

performances économiques nationales ?

Un premier élément de réponse est à rechercher dans le degré douverture financière du pays. La carte mondiale de lindicateur KAOPEN montre que la Maroc figure parmi les pays de la zone à ouverture financière faible (moins de 25 %). Cette faiblesse de jure est due au fait que certaines restrictions, face aux mouvements de capitaux, persistent encore ; La convertibilité du Dirhams n’est pas totalement acquise, certaines opérations de marché de change sont interdites, d’autre sont soumises à l’autorisation préalable de loffice de change. Ce sont autant de facteurs qui empêchent le développement des flux de capitaux étrangers.

Une autre explication est liée aux canaux de transmission des effets de la globalisation financière à l’économie réelle. Théoriquement, louverture financière affecte le bloc réel par un certain nombre de filières de transmission, en loccurrence le développement financier et l’épargne. Nous supposons que tout impact de la globalisation financière devrait transiter par l’amélioration des performances de ces deux dernières variables. Dans la perspective de vérifier si labsence dun effet significatif entre la globalisation financière et la croissance économique est imputable

Revue Repères et Perspectives Economiques, N°1, Semestre 1, 2017

21

L’impact de l’ouverture financière sur la croissance économique au Maroc.

aux canaux de transmission, nous avons étudié la causalité au sens Granger entre les indicateurs de globalisation financière et ses canaux de transmission.

Le test de causalité de Granger met en évidence l’absence de liens de causalité entre tous les indicateurs de la globalisation financière et les canaux de transmission. Limpact de louverture financière, supposé transiter par ces filières de propagation, se trouve donc bloqué à ce niveau, ce qui empêche toute transmission vers la croissance.

Labsence dun impact de la globalisation financière sur les canaux de transmission met en évidence le problème de linefficience de ces derniers. Une situation qui est le résultat de la configuration de l’économie nationale caractérisée notamment par la prédominance de la finance indirecte, la faiblesse des marchés capitaux, La faiblesse du niveau du développement économique et institutionnel et linsuffisance de lépargne intérieure.

Le deuxième résultat mis en évidence par ce travail est celui de l’absence deffet négatif de linstabilité du système financier national sur les performances économiques du Maroc. Un résultat évident qui peut être expliqué par le fait que le pays na pas connu véritablement de phases dinstabilité financière susceptibles de mettre en jeu les performances de léconomie réelle. Une situation attribuable, comme nous l’avons déjà signalé, au renforcement de la réglementation prudentielle et à la faiblesse des participations étrangères dans les banques marocaines et sur le marché boursier. Les chiffres de Bank Al Maghreb précisent que actifs étrangers représentent moins de 4% du total des actifs des banques nationales. De plus, la part des non- résidents dans la capitalisation boursière, hors participation stratégique, est inférieure à 1,8 % en 2008, selon le CDVM. Si la sphère financière na pas pâti les effets de la crise financière, la sphère réelle, quant à elle, na pas échappé aux retombées de la récession économique mondiale particulièrement en Europe. Leffet de la crise qui a touché les principaux partenaires du Maroc, notamment la France et lEspagne, s’est transmis à l’économie à national. Quatre domaines ont été directement impactés : les échanges commerciaux, les recettes touristiques, les transferts des marocains à l’étranger et les investissements directs étrangers.

Conclusions et recommandations

Dans ce papier, nous avons tenté détudier limpact de louverture financière sur le modèle du développement économique du Maroc. Après avoir présenté une revue de littérature théorique sur le sujet, nous avons conclu que la globalisation financière exerce un effet significatif sur la croissance économique et sur linstabilité financière des pays qui encouragent flux de capitaux sortants et entrants. Toutefois ces analyses théoriques ne sont pas toujours validées par études empiriques. Par la suite,

22

Revue Repères et Perspectives Economiques, N°1, Semestre 1, 2017

L’impact de l’ouverture financière sur la croissance économique au Maroc.

nous essayé de spécifier la question étudiée pour le cas du Maroc à travers la modélisation économétrique avec des données en série chronologique.

Nos résultats montrent qu’en raison de la faiblesse de louverture financière du pays et de linefficience des canaux de transmission, la globalisation na pas eu dimpact sur la croissance économique du Maroc. De même linstabilité financière na pas eu un effet négatif sur les performances économiques, du fait notamment que le pays na pas connu de véritable crise du système financier susceptible de déstabiliser l’économie réelle

A la lumière des résultats de la présente étude, la conception dun modèle de développement économique avec ouverture financière comme variable déterminante, nécessite d’améliorer l’efficience les canaux de transmission précédemment définis. Ceci devait s’articuler autour de trois points :

- Le développement de l’épargne intérieure. Il semble que c’est l’effet du

niveau d’épargne intérieure qui l’emporte bien plus que l’ampleur des transferts d’épargne extérieure. De plus, il existe une partie non négligeable des ressources

financières internes qui est employée dans des circuits informels empêchant tout développement des circuits de financement officiels.

- Lamélioration du niveau du développement économique et institutionnel. La

globalisation financière exerce un effet positif sur l’économie réelle conditionnellement au niveau du développement économique et institutionnel. La persistance des déséquilibres macroéconomiques ne laisse pas réunir les conditions nécessaires pour une meilleure intégration financière. De plus, la complication des procédures administratives est un terrain fécond à l’apparition

des maux de la corruption. A cet effet linsuffisance de l’efficacité des institutions gène le processus de simplicité, de rationalisation et de raccourcissement des procédures administratives.

- Le développement des mécanismes de la finance directe. Les flux de capitaux

générés par la globalisation financière sont de très court terme et transitent par les marchés financiers. De plus, lintégration financière se caractérise par la sophistication des produits et des opérations, notamment les produits dérivés. Faute de développement de ces derniers prive le pays des gains potentiels des flux d’épargne internationale qui cherchent une certaine spéculation et une couverture de risque.

Revue Repères et Perspectives Economiques, N°1, Semestre 1, 2017

23

L’impact de l’ouverture financière sur la croissance économique au Maroc.

Références bibliographiques

Achy L. et Sekkat K.2007. Economie marocaine en question, LHarmattan.

Akhsas O.2013. Globalisation, crise financière et croissance économique du Maroc :

essai de modélisation économétrique, thèse de doctorat en sciences économiques » FSJES, Agadir.

Arteta C., Einchengreen B.

et Wyplosz C.2001.

« when does

capital

account

liberalization helps than it hurts », NBER working papers, N° 8414.

Artus P. et Cartapanis A. 2008. « Globalisation financière et croissance économique dans les économies émergentes : la sous-estimation des contraintes macroéconomique induites », Revue économique vol. 59, N °6.

Barth, J. R., G. Caprio, Jr. & R. Levin .2000. « Banking systems around the globe: do regulation and ownership affect performance and stability? », World Bank Development Research Group, working Paper, N°. 2325.

Barth, J. R., G. Caprio, Jr. & R. Levine .2001. « Financial regulation and performance:

crosscountry evidence ». Central Bank of Chile. Working Papers N° 118.

Ben Salha O., Bouazizi T. et Aloui C.2008. « Libéralisation financière, crises bancaires et croissance économique : cas des pays du sud de la méditerranée », colloque international : ouverture et émergence en méditerrané, Rabat, octobre

2008.

Bourbonnais R. 2005. Econométrie, Dunod, Paris.

Boyer R.2010. « Équilibres et déséquilibres mondiaux : crise asiatique, bulle internet, surprime : des crises récurrents », Cahiers français N° 357.

Chinn M.D. et Ito H. 2005. « A new measure of financial openness », NBER Working Paper N° 8967.

Edisson

H-J.,

Levine

R.,

Ricci

L. et Slock

T.2002.

« International

financial

integration and economic growth », IMF working paper N° wp/02/145

Edisson H-J., Klein M . , Ricci L. et Slock T. « Capital account liberalization and economic performance: survey and synthesis », IMF working paper N°

WP/02/120.

Edwards S. 2000. « capital

mobility

and

economic

performance:

are

emerging

economies different? », NBER working papers, N° 8076.

24

Revue Repères et Perspectives Economiques, N°1, Semestre 1, 2017

L’impact de l’ouverture financière sur la croissance économique au Maroc.

Eichengreen, B. & Arteta C.2000. « Banking crises in emerging markets:

presumptions and evidence » Working Paper, No. 115, University of California, Berkeley

Eichengreen, B., & A. K. Rose .1998. « Staying afloat when the wind shifts: external factors and emerging-market banking crises », CEPR Discussion Papers 1828, C.E.P.R. Discussion Papers

Greenwold D. 1987. Dictionnaire économique, éd Economica, Paris.

Grilli V. et Milesi-Fereti G-M. 1995. « Economic effects and structural determinants of capital controls », IMF staff paper, vol.42.

Hamdan H. 2006. « Déréglementation bancaire et stabilité dans les pays émergents », papier de recherche, Université dOrléans.

Kibritcioglu, A. 2002. « Excessive Risk−Taking, Banking Sector Fragility, and Banking Crises», Working Paper N° 02/114, University of Illinois at Urbana−Champaign.

Kraay A.

«

liberalization », World bank.

1998.

in

search

of

the

macroeconomic effects

of

capital

account

Le page J-M. 2003. Crise financière internationale et risque systémique, Bruxelles, De Boeck

Markusen J-R., Venables A-J. 1999. « Foreign direct investment as a catalyst for industrial development » European Economic Review, N° 43.

Mathieu C. et Sterdyniak H. 2009. « la globalisation financière en crise », Revue de lOFCE, N° 110.

Nguyen D. K. 2008. La libéralisation financière et marché émergent, Lharmattan.

Mundell R-A. 1963. «Capital Mobility and Stabilization Policy under Fixed and Flexible Exchange Rates», The Canadian Journal of Economics and Political Science, Vol. 29, No. 4 pp. 475-485.

Prasard E., Rogoff K., Wei S.-J., Kose A.2003. «Effet de la mondialisation financière sur les pays en développement : quelques constatations empiriques», IMF Occasional Paper N° 220.

Sala-i-Martin X. 2002. « 15 Years of New Growth Economics: What Have We Learnt? », Barcelone, 2002.

Revue Repères et Perspectives Economiques, N°1, Semestre 1, 2017

25