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Encyclopédie de la musique et dictionnaire du conservatoire 1,1, Encyclopédie de la musique et dictionnaire

Encyclopédie de la musique et dictionnaire du

conservatoire

1,1,

Encyclopédie de la musique

et dictionnaire du [

]

Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France

Lavignac, Albert (1846-1916). Auteur du texte. Encyclopédie de la musique et dictionnaire du conservatoire musique

Lavignac, Albert (1846-1916). Auteur du texte. Encyclopédie de la

musique et dictionnaire du conservatoire

musique et dictionnaire du conservatoire. première partie, Histoire de la musique. [1], Antiquité, Moyen-Age / Albert

Lavignac,

1,1, Encyclopédie de la

1921.

Lionel de La Laurencie,

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DE

"Il

ENCYCLOPÉDIE

LA

MUSIQUE

|

Dictionnaire DU CONSERVATOIRE

ET

PREMIÈRE PARTIE

HISTOIRE DE LA MUSIQUE

ENCYCLOPÉDIE

Fondateur

Albert LAVIQNAC

Professeur

Conservatoire

Membredu Conseil supérieurd'Enseignement. au

Directeur

Lionel de la LAURENCIE

Président

dela Société française de Musicologie.

PREMIERE PARTIE

HISTOIRE DE LA MUSIQUE

ANTIQUITÉ MOYEN AGE

PARIS

LIBRAIRIE

DELAGRAVK

15,

RUE SOUF.FLOT,

15

1921

il

Tons droits de reproduction, de traduction et d'adaptation

réservés pour tous pays.

Copyright by CA, Delagmve, 4943.

AVERTISSEMENT

Le but de cet ouvrage

considérable,

conçu

des

aucun parti pris d'école,

tième tiède.

est de fixer l'état

sur un plan absolument nouveau et sans

connaissances musicales au début du ving-

C'est certainement le monument littéraire le plus considérable qui ait jamais été

élevé, en quelque temps et en quelque pays

l'ensemble

ce soit, à la gloire de l'art musical.

que

Depuis l'audacieuse initiative de Diderot et des Encyclopédistes (1781) portant sur

des connaissances scientifiques et artistiques, aucune entreprise aussi complexe

n'a été tentée en ce qui concerne les arts en général, et entre tous la musique, qui, plus

que tout autre, a pris En ce moment,

lement

des points de détail, des monographies, des mémoires, des correspondances,

extension si prodigieuse

derniers siècles.

une

en ces

l'effort de la littérature musicale, plus que jamais, se porte principa-

sur

qui enrichissent considérablement la documentation, mais t ouvrage d'ensemble, vaste

synthèse, restait à faire.

x

Pour traiter une si ample matière, il était indispensable de grouper une véritable pléiade de collaborateurs d'une autorité indiscutable, à la fois indépendants et éclectiques. Il fallait, bien entendu, d'abord des musiciens, mais aussi des musicographes, des^avants,

qu'étrangers et

des érudits, des, archéologues, des hommes de lettres, aussi bien français

possédant les connaissances les plus diverses. Leur nombre s'élève à plus de 130, et chacun d'eux a été appelé à choisir son sujet

parmi ceux qui lui étaient les plus familiers, vers lesquels l'avaient orienté ses études

précédentes ou ses

positeurs ou des

sympathies

personnelles.

Presque tous,

naturellement, sont des com-

peut

compter 27 professeurs

musiciens de premier ordre. Parmi eux on

du Conservatoire ou membres du Conseil supérieur, W philologues, savants et érudits, S physicien et physiologiste, 21 critiques musicaux,journalistes, littérateurs et esthéticiens,

37 instrumentistes dont 8 organistes et mattres de chapelle des différentscultes, et 6 facteurs

d'instruments, enfin 15 correspondants étrangers, etc.

On aurait

craindre qu'une telle

répartition

entre

tant de mains,

et

si différentes,

pu

pût nuireà l'homogénéité de l'ensemble

au contraire, il en est résulté une variété de

style qui supprime toute monotonie et rend la lecture plus légère, l'assimilation plus

aieée. Une entière liberté a d'ailleurs été laissée aux auteurs

personnelles, dans le langage qui leur est

exprimer leurs idées

pour

propre. Chaque article est

signé et daté et-con tient

de nombreuses références bibliographiques.

Tous les sujets qui peuvent chercheurs et même les grands

vent à plusieurs points de vue divers.

intéresser les compositeurs, les artistes, les érudits.les

amateurs de musique, y sont traités ex cathedra, et sou-

Les grandes divisions de l'ouvrage

présentent

ainsi

se

En première ligne, I'Histoire DE LA MUSIQUE dans toûs les temps et dans tous les pays*

traitée

avec une extension jusqu'ici inconnue, résultant des recherches et des découvertes

récentes

les plus

La deuxième partie, Technique, Pédagogie ET Esthétique, traitera de l'ensemble des

connaissancestechniques (a l'exclusion de l'histoire) qui constituent la science musicale,

ainsi

que frontières communes

de celles qui, tout en

Technique

Acoustique.

sortant de son domaine exclusif, y confinent

Générale.

Pédagogie.

Technologie.

des

par

Histoire de la

Évolution des Systèmes Harmoniques.

Notation. et Auditive.

Physiologie Vocale

Technique de la

Déclamation et Diction.

Facture instrttmentale.

Voix et des Instruments. Musique de Chambre. Orchestration. L'Art de Diriger.

Musiqueliturgique et religieuse des différents cultes.

symphoniques

et dramatiques.

Conservatoire, des

Écriture

Art de la mise

Esthétique.

Formes musicales»

Histoire du

Orphéons,

Scène.

Chorégraphie.

en Grandes Écoles de Musique et des TMdtres subventionnés.

Musicale des Avèugles.

Notions de Jurisprudenceà l'usage des Artiste, etc.

Enfin, la troisième partie, qui

la

moins Intéressante au point de vue

manquer d'être

ne sera pas tique, consistera en. un volumineux Dictionnaire qui ne

pra-

complet

pourra et sans lacunes, puisqu'il condensera, sous la forme alphabétique, et dans un style lapi-

daire, toute la science répandue dans l'ensemble de l'ouvrage, avec des renvois aux cha- pitres spéciaux, où chaque sujet est traité avec les plus grands développements.

<*

Nous entrerons ici dans plus de détails sur la composition de la première partie,

l'HISTOIRE DE LA MUSIQUE, que nous livrons au public.

Plan. Commençant

les plus anciennes civilisations connues de l'antiquité la plus

par

reculée, nous étudions chacune d'elles séparément dans son développement et dans ses filiations jusqu'au Moyen Age. Pour celles-là, l'ordre chronologique a être exclusive-

ment adopté. Chaque chapitre de la période antique est rédigé par un savant philologue

possédant

forte érudition musicale.

une A partir de la Renaissance, chaque grande École musicale est traitée d'une façon a la

fois ethnologique et chronologique. Les trois plus importantes (Italie, Allemagne, Fbance)

ont pris naturellement l'extension la plus considérable.

présenté siècle

par

division séculaire

Le développement de l'art y est

chaque

Écoles

siècle jusqu'à nos jours. Pour ces grandes

européennes,

a été confiée à un musicographe éminent, soit français, soit

étranger,

particulièrement documenté sur la période historique à traiter.

Viennent ensuiteles civilisations de deuxième plan ou les plusjeunes, puis les nations

de l'Orient et de l'extrême Orient, du Nouveau Monde, et jusqu'à cer-

extra-européennes

taines

peuplades insoupçonnées,encore à l'état rudimentaire.

Pour les

musulmans, nous avons eu souvent recours à des écrivains orientaux

que pour

pays

les peuples exotiques nous nous sommes

adressés à des indigènes ou à des colons, qui nous donnent ainsi l'impression de l'art

à des missionnaires, de même

ou-

tel qu'il est compris dans le

Illustration. La

instruments ou

et non selon notre fausse conception occidentale.

pays,

partie

iconographique, très importante, a été' particulièrement

les collaborateurs

soignée. Pour complète

l'ont jugé opportun,

intelligence du texte, et chaque fois

que exemples de musique, des figures représentant des

des schémas, des photographies, des illustrations

d'innombrables

fragments d'instruments,

de toutes sortes, confiées à de très habiles dessinateurs, ont été disséminés à profusion

dans le courant de l'ouvrage, complétant

recherches minutieuses faites dans les musées, dans classiques. La plupart sont entièrementinédits, et un

ainsi la clarté des démonstrations.

Ces dessins ont été l'objet de

les collections ou dans les

ouvrages

très grand nombre ont été exécutés par les auteurs eux-mêmes.

Tel est, dans son ensemble, l'exposé du plan de cet immense travail, dont l'élaboration

et qui vient à

moment où le public d'élite

duré moins de douze

heure,

pas

ans,

son

au

l'attend se trouve suffisamment préparé pour,en saisir la haute portée artistique,

L'ÉDITEUR.

n'a

qui

scientifique et philosophique.

SOMMAIRE

n

LISTE DES COLLABORATEURS DE LA PREMIÈRE PARTIE

Egypte

f. Victor Ldbet,

chargé du cours d'Ëgyptologie à

l'Université de Lyon.

Assyrie-Chaldée

IH.

illa

Vibolliaud, Maître de conférences d'Asayriologie

Faculté des Lettres de Lyon,

à la Cour d'appel de Lyon.

et F. Pélagaud,

Arocat

1 Syriens, Perses, Hittites, Phrygiens

IL F. PiUMm.

Hébreux

`

Grand Rabbin

Abraiak Cabin, Sout- Directeur de

l'Ecole rabbioique.

Chine-Corée

H. Màdbici

Cousant, Secrétaire interprète du Minis-

tère des Affaires aoite et japonaise.

étrangères pour les langues chi-

M. Mausigs Coubmtt.

Japon

Inde

M. J. Gaossn, de la Faculté de: Lettres de Lyon.

Grèce (Art Grécq^RomaM)

d'Histoire de

M. Maurice Emmanuel, Professeur

Musique au Conservatoire.

Lyres et Cithares

M.

grecques.

Camille Saiht-Sairs,

Membre de l'Institut.

Moyen Age 1

la

Musique byzantine,

M. Ahédée GastooC, Professeur de

Schola Cantorum.

chant grégorienla

Musique occidentale, M. Am£dék Gastod*.

Origines de

la Musique polyphonique(Flandre, Angle-

terre, Italie, Allemagne,Espagne, France) du XI'

au XVII' siècle, MM. P. et L. HlLunucom,*•" Grands

Prix de Rome.

Italie

XIV et XV» sttefcs, M. Gdido Gaspïhihi, Bibliothécaire au Conservatoire Royal de Musique de Parme.

XVI' et XVII? siècle», D> Osoab Ceilbsoiti.

XVII' siècle (l'Opéra au),

fesseur d'Histoire de de Paris.

l'Artla

M.

Romain Rolland, Pro-

Faoullé des Lettres

XVW, et

XVIIP tiècles

(Murique

instrumentale),

M. Villanis, Professeur d'Histoire et d'Esthétique

musicales au Lycée Rossini de

Pesaro.

XVIII' tiède (de

tique

1735à 1792), M. A. Soffbedini, Cri-

musical de la Revue Nature et Arts de Milan.

1792

Professeur au Lycée

A. Camktti."

Soubies, Vice-Président

XVIII' siècle (/in) et début du XIX' siècle (de

à 1837), MM. G. Radiciotti,

Royal

de Tivoli (Rome) et

Période moderne, M. Albert

Les

de l'Association de la critique. Contemporains, M. Giovanni Mazzohi, Correspon-

dant

du Théâtre illustré de Milan/

Allemagne

(l'Opéra au), M. Romain Rolland.

Brenet.`

XVW siècle

XVII' et XVUt

XVm> siècle

M. Michel

siècles (de 1620 à 1730), M. Aura*

la Faculté

1815),

17S0 à

Pisbo, Professeur d'Histoire de l'Art à

des Lettres de Paris:

et

début du XIX'

(do

XIX' siècle {de,4813 à 1837), Duvai.

Périodecontemporaine,M.

M. P.-H. Baïmond

Camille Lie Son»,Président

de l'Association y·

de la critique.

France

Xllf siècle au XVII' (Musique inttrumentale), M. Hknri

Quittabd,

XVI' siècle,

Archiviste de l'Opéra.

M.

0-

HœraT Expert, Sous-Bibliothécaire au

Conservatoire.

XVI' siècle (le Mouvement humaniste), M. Paul-Marir

Masson, chargé de conf. d'histoire

l'Institut

siècle (VOptra

de la musique a

français de Florence (Univ. de Grenoble).

XV lt

au), IL Rohain Rolland.

XVIf siècle (fin) et XVIW (de 1687 à 17S9), M. Liotœi.

LA Laurencib.

DB

XVIII' siècle (fin) et début du XIX< (de 1789 à 181$),

M. Henri Hadigoxr,

1815

XIX' siècle. (de

Professeur au Conservatoire,'

d 1837), MM. Victor Dubaï et

Paul Locard.

Période contemporaine, M. Cahille Le Sehhi.

Belgique et Hollande

Écoles wallonne et

en

La

amande,

pour

M. René

Ltr, Rédacteur

chef du S. I. M.

la Belgique.

Chanson populaire flamande et wallonne, M. PAUL

Gilsom, Inspecteurgénéral de l'Enseignementmusi-

cal en Belgique. Angleterre

Période ancienne, M. Camille Lb Senne. XVW siècle (fOpdra au), M. Romain Rolland. Périodemoderne, M. Ch. Maclean, M. A. Mus. poet.

Espagne

M. Rafaël Mitjana.

La Musique

populaire espagnole, M. Raoul Lapahra,

h.

ter Grand Prix de Rome.

Portugal

M. Michm/Anoblo L*mb*btim, à Lisbonne.

M.

Russie

Higul Oeuhes et Nadia Ooulahgir.

Finlande et Scandinavie

M. I.

Pbilipp, Professeur au COnservatoire. Membre

du Conseil Supérieur.

Autriche-Hongrie (École tchèque)

Bohime, M. Albiandre de Birtba, Critique musical tchèque.

Hongrie, M. Alkxandu de Bbriba.

Tziganes

M. Knosp, Professeur à l'École des Hautes

musicales et dramatiques de Bruxelles.

Arabes

La Musique

La Musique Maghrébine, M. Iules Rodanet.

Arabe, M. Jules

Rooanr, à

Alger.

Turquie r

Études

M.

Raoup

Ykbia Bar, Chef dn

Bureau du Divan

Impérial (Sublime-Porte)(Constantinople).

Perse

M. Raodf Ymta Brt.

Thibet

,M. A.-G. Francib, Missionnaire h Khalatsé (Ladak).

Ethiopie {Abyssinie, Gallas, etc. Y

M. Mondon-Vidailhkt,Conseiller d'État de l'Empe-

reur Méaélik.

Birinanie-Cambodge-Laos-Siam

M.

Gaston Knosp, chargé de mission musicale en

Extrême Orient.

AtinnT¥i-T/iTilHw-flnn>iin<»liiiiA

M.

Gaston Knosp.

InBulinde (lava, Bornéo, Sumatra)

MM. Daniel de Lange, Directeur du Conservatoire

d'Amsterdam, et I. Snrllehan, de Rotterdam.

Madagascar

Andilaniéna

(Tamatave) (Madagascar). La Musique d Madagascar, M. Julien Tikbsot, Biblio-

M.

Albrecht Sichel,

fonctionnaire à

thécaire au Conservatoire.

M. Knosp.

Canaries

Amérique

Miss ESTBES SlNBLCTON.

M. Indiens Peaux-Rouges

Ashtown, du Colorado.

ENCYCLOPÉDIE DE LA MUSIQUE

ET

DICTIONNAIRE DU CONSERVATOIRE

PREMIÈRE PARTIE

HISTOIRE DE LA MUSIQUE

-+

EGYPTE

NOTE SUR LES INSTRUMENTS DE MUSIQUE DE L'ÉGYPTE ANCIENNE

Par VICTOR LORET

CHABGC DO COUHS j/ÊGYPTOLOÛlE A l/CNIVERSITÉ DR LYOK

INTRODUCTION

Les anciens Égyptiens semblent n'avoir possédé

système de notation musicale. Non seulement,

papyrus

qui sont

par-

qui

aucun

en

venus

nous

effet, parmi les milliers de

jusqunous,

on

n'en a rencontré aucun

musique d'ensemble

contint des signes musicaux ou

sion à une écriture mu*icale, mais

innombrables scènes de

qui fit quelque allu-

encore, sur les

que

ontconservéesles monuments

égyptiens,jamais

on n'a relevé un seul exemple d'un chanteur ou d'un

instrumentiste portant, son instrument,

u de papyrus que l'on

« partie m écrite.

Si je débute

par

précisément parce

à

la plupart

soit à la main, soit attaché

un rectangle quelconque de bois

pût considérer

comme une

cette constatationdésolante, c'est

que

la première idée qui vient L

a qui l'on parle de la

est de demander

impossi-

inépuisable

pas

des musiciens

musique des anciens égyptiens

ignorer à tout jamais.

le

le sous-sol de

mine de

que traité égyptien

tique; mais

^morceau de musique écrit

tiens avaient

ration

connu

raient

pas

ou

auraient fait vraisemblablement

et les peintres

si

l'exécution, au piano, de quelque air pharaonique.

Ces airs, dont les derniers échos sont éteints depuis vingt siècles au moins, il faut nous résigner à les

l'Egypte Certes, il n'est

étant

une

surprises-quel'on découvre un jour quel-

de musique, théorique

ou pra-

je doute que l'on rencontre, jamais un

en

notation. Si les

Égyp-

la notation musicale, ils en

pratique,

un usage sculpteurs pharaoniques,toujours

soucieux de rendre les moindres détails, n'au-

nous représenter, au moins

manqué de

une fois, un musicien lisant sa partie. Aucune figu-

de ce genre n'ayant jamais été signalée, je

en conclure, sans hésitation, que les

crois pouvoir

Egyptiens n'écrivaient pas leur musique.

Est-ce à dire

que nous

connaître un jour,

n'avons aucune chance de

musicales, du

à défaut d'œuvres

Copyright 6y Ch. Dtlagrave. 1913.

moins te caractère

de la musique égyptienne?

plus exactement,

la tonalité

ou,

Ici, la question change-

traité théorique ou pratique, si l'on en décou-

vrait un par hasard, pourrait nous fournir sur ce

sujet de précieuses indications. En attendant, l'exa-

men minutieux et patient des quarante ou cinquante

Un

flûtes égyptiennes

tombes et

pourrait nous

gammes ou

Fétis,

il

qui ont été découvertes dans tes

nos musées

qui sont conservées dans

permettre

de déterminer certaines

déjà tenté cette étude,

certains fragments de gammes.

quarante

ans, a

flûte du Musée

y a d'après une

J'ai continuéles mêmesrecherches, en décrivant une

égyptien de Florence.

trentaine de (lûtes égyptiennes antiques. D'autres,

particulièrement

men été définitivementétabli. Mais le problème est loin

précis, jusqu'ici, n'a

que quelqu'un se

M. Sonthgate, ont poursuivi l'exa-

de

de la question! ltien

d'être insoluble, et il faudra bien

décide un jour à le

Nous avons

son ensemble.

i notre disposition de nombreux instru-

reprendre dans

nous savons comment on les jouait. Celui

qui voudra les faire reproduire tous en fac-similé

(la chose est des plus aisées et des mains dispen-

ments,

dieuses, la

bablement,

plupart do ces instruments étant en ro-

en

pos-

facilement dresser un ample tableau

tirer quelques données certaines

sur

seau), et qui les jouera de toutes les manières

sibles, pourra

de gammes plus ou moins- complètes et, très pro-

la tonalité égyptienne.

Quoi.qu'il en soit,

l'étude de la

pour

musique égyp-

ù l'étude des

tienne doit se borner,

instruments

paraisse & première vue, le

sujet ainsi réduit n'en est pas moins très vaste, si

ou plusieurs volumes

vaste même qu'ilfaudrait un le traiter à fond. C'est,

pour

l'instant,

de musique

que connaissaient les an-

en

effet,

par

milliers

ciens Égyptiens.

Tout

restreint qu'il

que nous sont parvenus des bas-reliefs et des pein-

tures représentant

des

scènes musicales; c'est par

1

centaines

instruments

l'on

retrouva, dans les tombes, des

des momies;

et d'alliancessuccessives entre les trois

Faucon finit

désormais unis

par l'emporter,

sous un

Ancien Empire (1V°-V1-

royaumes, le *w

dynastie).

que

a

de musiquedéposés auprès

et, les trois

roi de la II'

royaumes

seul sceptre, la monarchie

les textes hiéroglyphiques et

hiératiques font de

très nombreuses allusions à la musique, aux musi- ciens, aux instruments. Un travail completet exhaus- tif devrait, naturellement, tenir compte de tous ces

documents, sans en négliger

pos-

sibilité matérielle d'entreprendre une telJe besogne,

sans désespérer néanmoins

pharaonique est définitivement constituée sous le

règne de Perabsen (dernier

dynastie, env. 3S0O-3000).

paix, d'organi-

ses

Pendant cette fraîche période de

aucun, ni l'intention ni la

de pouvoir

Je n'ai, pour le moment,

sation et de vitalité exubérante, l'Egypte connaît

plus

heureux jours,

et les arts plastiques atteignent

la suite.

par

30OO-1SOO).

quenouille,

se

sans prestige.

l'Egypte

est

la désunion

à la suite du règne d'une femme,

un jour la

un niveau qu'ils ne dépasseront plus

désagrège eu

à bonne fin. Je me contenterai

que,

d'écrémer ici

ans,

Moyen Empire (Vll»-X.Vll° dyn., env.

Le

d'Egypte, tombé

royaume

plusieurs principautés en

mener

les notes très nombreuses

je réunis patiemment

de traiter dès maintenant

depuis trente

sur le sujet. J'insisterai parti-

culièrement sur les quelques points qu'il est permis

Pendant quelquesgénérations (XII0 dyn.)

réunie

encore

en un

reparait,

encore

seul

royaume,

mais

venues d'Asie, le

d'une manière définitive,

et surtout je m'efforceraide conserver partout, autant

que possible,

égyptienne.

l'ordre chronologique,de manière

que

cette revue

puisse contenir en germe une histoire de

des instruments

de musique égyptiens

la musique

C'est pourquoi, contrairement à la coutume cou-

rante. je commencerai par traiter des instruments

de percussion,quel'on

Outre

générale,

que ce ont été. les trouve qu'en

qui

se

tienne figurée

relÊRued'ordfnaire en dernier.

qu'il serait possible de démontrer, en théorie

sont les

instruments de percussion

premiers inventés par l'homme, il

per-

fait ce sont les instruments de

La première flûte

cussion qui apparaissent, à l'exclusion de tout autre, les monuments égyptiens les plus archaïques.

sur

égyp-

La flûte Tient ensuite.

précède

effet, de. plusieurs siècles,

cor-

en représentation d'un instrument à

la première

des. Est-ce simple

hasard? Ne doit-on, de ce fait,

tirer aucune conclusion?Peu importe. Sans vouloir

résoudre, ni même

tériorité des

examiner la

question de l'an-

rapport aux

second les ins-

les mo-

par

que

instrumentsvent

avant les

instruments à cordes, j'étudie en

truments à vent,

mine

pour cette seule raison

nous

numents égyptiens

logiquement

les font connaitre

instruments à. cordes.

Ceux-ci viennenten troisièmelieu; et, enfin, je ter-

l'orgue

hydraulique.Logiquement,l'orgue

instrumentsà

par eht être étudié dans la section des

vent. Mais on connaît la date exacte de son invention

Ktêsibios, barbierd'Alexandrie, et ici la chrono-

intéressant pour constituer un chapi-

cette question de chronologie présente,

une certaine im-

par

logie doit reprendre ses droits, d'autant plus que le

sujet est assez tre spécial.

Comme

dans la disposition de mon travail,

portance,

de donner

je crois utile, avant

au

lecteurquelques

d'aborder mon sujet;

indications générales

concernantlesdiversespériodesdel'histoiied'Ëgjpte.

et, lors de l'invasion des ityksos, hordes barbares

pays

est sans force

pour

leur ré-

IGOO-HOO).

sister et subit pendant plusieurssi&clesla domination

étrangère.

Nouvel Empire (XVT,H«-XX" dyn,,

Alnnès expulse les Hyksôs, et dès lors commence pour

l'Egypte la période la plus brillante de son histoire.

Les armées

égyptiennes

parcourent

triomphalement

l'Ethiopie.

revers;

l'Asie antérieure, la Libye,

Mésopotamie à

les

Égyptiens

la

époque

le

la Nubie et

Sous Aménoplris III (XVIH« dyn.), le plus fastueux

de tous les pharaons, l'empire égyptiens'étend de la

l'Abyssinie.Mais viennentles

sont forcés d'abandonner l'Asie petit à

arrivent; à refouler plu-

et

d'Asiatiques.

petit, de redescendre la vallée du Nil, et c'est avec

plus grande peine qu'ils

sieurs invasionsde Libyens

libyque (XXI»-XXV° dyn.,100-700).

(dieu de Thèbes) qui

L'Egypte tombe au pouvoir du clergé, et

grand

c'est un monte sur

souve--

prêtre d'Amon

trône à la mort de Ramsès XII, le dernier

rain de la XX" dynastie. Le royaume

se dissoudre sous ce nouveau

ne tarde pas à

régime, et l'on voit,

chrono- successivementou simultanément, régner plusieurs dynasties sans gloireàT hèbes, à Tanis, à Bubastis.Ces

dynasties- sont toutes, plus ou

d'origine Iibyque. Les

moins directement,

profitent de ces

Éthiopiens

divisions, non seulement

Époque

pour secouer le jong égyp-

Cette pé-

tien, mais encore pour envahir le pays et s'y établir

pendant un siècle.

saïte (XXVI» dyn., 7<MMiâS).

riode, que l'on a pu appeler la Renaissance égyp-

tienne;

mou-

est comme

la dernière flamme d'un feu

rant. Ce sont les

dernières années de l'indépendance

de l'Egypte, qui,' depuis cette époque jusqu'à nos

jours, n'a plus recouvré la liberté. Les

été refoulés

capitalede

le haut Nil,

Sous

l'Égypte.

vers

Éthiopiens ont

et Sais est désormais la

les rois saltes, l'art cherche

Epoque préhistorique (env.

3000-4000 avant notre

A cette époque, le royaume d'Egypte n'est

ère).

pas encore

constitué. De nombreux clans et de

nom-

breuses tribus, venus de la Libye, de l'Asie anté-

rieure, du sud de

combattent,

se déplacent, nouent entre eux des alliances et finis-

former quatre grands groupements (Guêpe,

sent par

l'Egypte, se mêlent,

se

Jonc, Cobra, Vautour), bientôt accouplés en deux

royaumes (Guêpe +

3ÎJ00).

Jonc, Cobra + Vautour).

Epoques archaïque (["-111° dynastie, euv. 4000-

Une

nouvelle peuplade, venue de l'Asie

par

le nord et pénè-

admira-

race,

dans le pays

Haute-Egypte. Cette nouvelle vers

ses voisins, un troisième

Après plusieurs siècles de luttes

l'Arabie et la Somalie, descend

tre en

blement douée, s'implante solidement

et se taille, aux dépens de

royaume (Faucon).

à

se retremperaux sources les plus anciennes et prend

s'installent

grecques étrangers viennent admirer

le

pays; la veille de la visite d'Hérodote.

L'É-

pour modèle les œuvres de l'Ancien Empire. Sous

Amasis, des colonies

des voyageurs

en Egypte,

on est presque à

Basse époque