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Définitions de l’urbanisme

Le cadre méthodologique de l’enseignement au Cycle est fixé par deux approches

- L’urbanisme qui est une démarche d’étude sur des territoires urbains ou
susceptibles de le devenir. Il mobilise des disciplines multiples de façon itérative et
développe une réflexion à différentes échelles d’espace et de temps. Les approches
théoriques ou méthodologiques sont très diverses et font débats, car l’urbanisme est
indissociable de l’affirmation de valeurs. De nombreux professionnels (planificateurs,
architectes, ingénieurs, juristes, etc.) contribuent à la définition des projets, puis à leur
formalisation sous forme de plans, programmes, documents techniques, etc.
- L’aménagement qui a comme objet la réalisation de morceaux de villes de taille
variable, sur des périodes de temps qui peuvent être longues. En prise directe avec
le réel, l’aménageur utilise les études d’urbanisme et les met en œuvre en intégrant les fortes
contraintes topographiques, économiques et juridiques. C’est une forme particulière du
management où le secteur public, qui a la légitimité du pouvoir de décision initial, est devenu
plus perméable aux méthodes du secteur privé.

Mais les définitions sont de fait multiples. Selon la place disciplinaire ou professionnelle
où l’on se situe, les visées changent. Comme les approches diffèrent alors que les objets sont les
plus divers, les cadres du débat deviennent multiples. C’est ainsi que l’urbanisme touche à toutes les
questions : le politique, le social, l’économie, le droit, le cadre de vie de l’homme, etc.
 Un ingénieur de formation. « L’urbanisme est un champ d’action pluridisciplinaire par essence, qui
vise à créer dans le temps une disposition ordonnée de l’espace en recherchant harmonie et
efficacité. » (Pierre Merlin, Dictionnaire de l’urbanisme)
 Un urbaniste politologue. « L’urbanisme, entendu comme l'ensemble des techniques mises en
œuvre pour organiser les villes afin d'en optimiser le fonctionnement et de l'adapter aux besoins de
ses habitants (définition Merlin-Choay) ne procède pas de l'action d'un seul acteur, mais d'une
multiplicité d'organisations de nature et de perspectives différentes. L’urbanisme ne se structure pas
en un seul système d'acteurs mais en une multiplicité de scènes ayant des fonctions sensiblement
distinctes et regroupant une combinaison d'acteurs et d'organisations relativement spécifique. Ces
scènes forment en cela autant de systèmes d'action qui concourent tous à la production de la ville,
mais sont néanmoins irréductiblement différents, d'autant plus qu'ils ne sont pas réellement
hiérarchisables. » (Paul Boino, Lyon la production de la ville, Parenthèse 2010)
 Un sociologue : « Plutôt que de s'attacher au contenu, affirmons que l'urbanisme aura pour vocation
de créer du fonctionnement urbain. Cette expression associe l'offre urbaine, les usages de la ville, la
gestion et l'organisation. Elle implique que l'interaction entre les acteurs se déroule dans de bonnes
conditions et qu'existent ou se construisent (par des apprentissages collectifs) les connaissances et
références communes qui permettent de se comprendre dans l'action. » (Alain Bourdin,
L’urbanisme d’après la crise, 2010)
 Un philosophe « L'urbanisme ménage l'environnement des humains, c'est dire qu'il se préoccupe
des usages ordinaires de chacun, qu'il améliore ses déplacements et facilite les liaisons que ce dernier
noue et dénoue en permanence avec d'autres citadins mais aussi avec le vivant et la nature. En
définitive, l'urbanisme est l'art de bâtir la demeure terrestre de l'humain afin qu'il puisse y résider en
paix avec autrui et en harmonie avec les éléments, tout en déployant ses potentialités et en exprimant
ses rêves. » (Thierry Paquot, L’abc de l’urbanisme, 2010)
 Un architecte sociologue : « L'urbanisme est un ensemble théorique et pratique formant une
discipline cohérente, organisée à partir de connaissances et de techniques propres, mais aussi d'origine
disciplinaire diverse, portant sur les établissements humains, visant à leur transformation spatiale et

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contribuant à leur adaptation sociale, économique et politique. Ces établissements humains sont
appréhendés à différentes échelles territoriales et à différents degrés d'occupation et d'aménagement.
La connaissance des établissements humains est un domaine que l'urbanisme partage avec d'autres
disciplines. » (Daniel Pinson, site personnel)
 Un architecte-urbaniste : « Je ne fais pas de distinction nette entre ce qui serait architecture et ce
qui est urbanisme. Il est crucial aujourd’hui que ces deux disciplines se parlent. Ce n’est pas l’ échelle
qui distingue l’urbanisme de l’architecture, mais le dialogue avec l’autre, le partage à plusieurs d’une
règle du jeu. Lorsqu’on construit un bâtiment, on maîtrise à quatre-vingt-dix pour cent ce que l’on
veut faire. Dans l’urbanisme, on ne le maîtrise qu’à cinquante pour cent peut-être… : il y a de
« l’autre », de l’inconnu, de l’aléatoire… […] L’urbanisme est une action politique qui exige beaucoup
d’intelligence partagée. » (Christian de Portzamparc, Grand Prix de l’urbanisme, 2004).

L’urbanisme apparaît comme un vaste continuum d’activités et d’approches d’études dans lequel
chacun trouve sa place en fonction de sa formation initiale et de son appartenance à un milieu de
travail. L’urbanisme est pluridisciplinaire et collectif par nature, ce qui n’exclut pas la tension, loin de
là. Mais sa caractéristique première est d’être d’essence publique dans la décision, même si ensuite
tout se complexifie, le privé se mêlant au public dans la préparation de la décision ou assurant en aval
la mise en œuvre des projets. C’est pourquoi l’on dit parfois que le premier urbaniste d’une ville est
le maire.

Paradoxalement, l’urbaniste qui s’affirme comme personne de synthèse est plongé dans
des débats alimentés soit par les connaissances produites par d’autres et qu’il devra interpréter
pour préparer des orientations, soit par les valeurs qu’il avance pour justifier ses options
d’organisation de l’espace, soit par son rapport au politique car, en voulant transformer la cité, il
s’immisce alors dans la légitimité de l’élu à inscrire son territoire dans le futur ! Un schéma, un projet
d’urbanisme sont immédiatement l’objet de discussions. S’il va engager de nombreuses questions
techniques, donc coûteuses, l’urbanisme ne peut se réduire à de la technique. Ce n’est pas non plus
de l’architecture. Si nombre d’architectes s’affirment urbanistes et si la question de la représentation
par l’image 3D largement médiatisée a pris une place croissante depuis dix ans, si le discours des
architectes occupe la scène, cette profession voit régulièrement contestée sa tendance à l’hégémonie
de pensée.

L’urbanisme est un terme français difficile à traduire en une autre langue et la littérature
sur le contenu et les méthodes utilisée est sans limite. Il n’y a pas de réelles théories qui se
confrontent, car le savoir unifié dans ce domaine n’existe pas et ne fait donc pas l’objet de partage.
En revanche, tout porte au débat. Dans son Dictionnaire de l’Urbanisme, Françoise Choay montre la
difficulté de cette discipline à se présenter comme unitaire et dotée d’une pensée totalisante,
bénéficiant d’un statut scientifique reconnu de tous et utilisant des méthodes claires. Néanmoins,
cette philosophe - historienne valorise toutes les initiatives contribuant à définir l’urbanisme, en
tenant compte de la complexité de la société et en référence à des systèmes de valeurs.

Cycle d’urbanisme. Novembre 2012