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Johnny Blanc, vous voulez obliger les médecins à s’installer, les « responsabiliser »...

Renversons la problématique...

L’achat de fromage est désormais remboursé.


La France traversant une crise économique, l’emploi se fait plus rare et les cotisations basées
sur les salaires à l’organisme chargé du remboursement viennent à manquer. Il est créé
l’ONDAF : objectif national de dépenses d’alimentation en fromage.

Les prix de vente sont désormais fixés par l’État. Afin de ne pas dépasser l’ONDAF, toute
évolution des prix à la hausse devient rare, et il finit par y avoir une déconnexion totale
entre le prix de vente (le plus bas d’Europe) et la réalité du coût du produit. Parallèlement, la
profession fromagère se voit de plus en plus encadrée administrativement, des objectifs lui
sont fixés, des cadres, des procédures...

Il est créé des ARF (Agences Régionales du Fromage) qui veillent au respect de ces
procédures et des pratiques. Les fromagers qui doivent des comptes aux ARF et à
l’organisme chargé du remboursement du fromage à ses acheteurs se voient imposer de
plus en plus de temps administratifs.

Le métier confronté à des difficultés économiques devant les faibles tarifs de vente, et
perdant de son attractivité voit de plus en plus de fermetures, et de moins en moins de
volonté de création immédiate de fromageries. Les fromagers qui restent voient les
demandes en fromage augmenter devant la baisse du nombre de fromagers et un
vieillissement de la population qui augmente le besoin en calcium.

Or ils ont dû licencier, les tarifs fixés pour les fromages au sein de l’ONDAF ne leur
permettant plus de salarier comme auparavant. Ils doivent faire plus d’actes de vente pour
répondre à la demande, dans des conditions plus difficiles, ils s’épuisent. Les taux de burn
out chez les fromagers explosent, les suicides rejoignent même les taux de l’Education
nationale ou des forces de l’ordre.

Face au manque de fromagers et à la demande de fromages toujours plus grande, il se


trouve des politiques pour réclamer l’obligation de leur installation et l’augmentation de
leurs plages d’ouverture, notamment les maires dont les villages n’ont désormais plus de
fromager. Il leur est reproché le financement de leurs études par l’État qui ne les a pourtant
pas plus financées que d’autres professions. Ils ont pourtant, pendant leur apprentissage fait
nombre de stages pour de très faibles rémunérations, permettant à de grosses fromageries
de tourner. Les fromagers ont en quelques années vu leur métier saccagé par les décisions
politiques et économiques, ils ont pourtant fait face au prix de l’épuisement permettant au
système de survivre et de masquer ses erreurs, ils vivent les conséquences de ces erreurs
comme les Français, et sont désormais transformés en cause du problème par les politiques
et des idiots utiles...

Nous aurions pu également parler de la pénurie de nombre de fromages en lien avec les prix
d’achats fixés par l’État (un des plus bas du monde) qui fait que les producteurs privilégient
désormais d’autres pays en priorité, mais c’est une autre histoire…
Dr Jérôme Marty