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La Tradition (Paris.

1887)

Source gallica.bnf.fr / MuCEM


La Tradition (Paris. 1887). 01/1904.

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XVin» Année. Le Numéro : 1 fc. Janvier 190*.
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La Légende de Virgile au Moyen-Age. HENRY CARNOY.
.
Le Chant des Oiseaus, légende du Nord
de l'Allemagne (avec gravure). . C. TERMONI.
.
Chanson de Noce Beauceronne, FÉLIX CHAPISEAU.
. . .
Le Langage des Bêtes ANTONIN PEKB'OSC.
La Folle de Tréhoudy, légende mancelle. A. GROSSE-DUPÉRON.
Galerie Traditionniste : Félix Arnaudin
(avec portrait) H. C.
Xe Calendrier Louis HADQI.FI-.
Les Caries de Visite B.
.
La Galette des Rois C W.
Le Jour de l'An en Annam DESTUTAYRE.
Chronique
.
JBibliografie Traditionniste PIERRE DE SAINT-JEAN.
Bibliografie des Provinces
Joumaus et Revues

PRIX D'ABONNEMENT
A

LA TRADITION
'

POUR LA FRANCE ET L'ÉTRANGER : UN AN, 10 FRANCS-

COMITE DE REDACTION
MM. FÉLIX ARNAUDIN, ALCIUS LEDIEU, FRÉDÉRIC ORTOLI, CAMILLE
PELLETAN, RAOUL PONCDON, STANISLAS PRATO, M. DE ZMIGRODZIU.

Tirages à part des articles parus dans la Tradition. — Le ti-


rage à 100 exemplaires, titre, couverture et pagination spéciale,
15 fr. la feuille de 16 pages (port en plus).
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voyant les épreuves.

CORRESPONDANTS A L'ÉTRANGER
MM. AUGUSTE GITTÉE, Pepinster (Belgique). — Dr STANISLAS
PRATO, professeurau Lycée Royal de Noto (Italie). — MICHEL
DE ZIMGRODZKI, Sucha, b. Krakow. Dr CHARLES DE MATYAS,
Limanowa (Autriche). — MINTZLOFF, Moïka, 40, Logis, 17,
Saint-Pétersbourg (Russie).

AVERTISSEMENT
Les ouvrages doivent être adressés en double exemplaire.
Même recommandation pour les revues qui reçoivent le service
de la Tradition.
LA TRADITION
LA TRADITION
REVUE ILLUSTRÉE

INTERNATIONALE DU FOLKLORE

ET DES SCIENCES QUI S'Y RATTACHENT


CONTENANT LA BIBLIOGRAFII- DES PROVINCES

Publiée tirée lr ennemies des principaus Folklorisles tirs J)etts Afontlex

HENRY CARNOY
Fondateur-Directeur

un BEAUREPAIRE-FROMENT
llédaeleur en Chef

DIX-HUITIEME ANNEE

PARIS
60, Quai des Orfèvres (I';r arr.
M. CM. IV
LA TRADITION
LA LÉGENDE DE VIRGILE
AU MOYEN-AGE

L nous a été donné plu-


sieurs fois déjà de parler
de Virgile dans La. Tradi-
tion (1), A vrai dire, ce
n'était point du grand
poète mantouan en tant
qu'écrivain latin, auteur
de YEnéide, des Bucoliques
et des Géorgiques, mais
d'une sorte de magicien
ou dei sorcier, tenant
école d'astrologie et de
sciences occultes , éton-
nant le peuple par ses en-
chantements comme le maiju Virgillu des légendes sici-
liennes, ou s'occupant de l'éducation de Luscinien, fils de
Dolopatos, dans le roman des Sept Sages du moine dom
Jean de Haute-Seille.On connaît également le rôle important
que joua Virgile dans la Divine Comédie de Dante Alighieri.
Un érudit italien, M. Domenico Comparetti, bien connu
des traditionnistes, avait été frappé par ce côté légendaire
de la vie de Virgile, et il s'était promis d'étudier et d'éclaircir
la question d'origine des traditions virgiliennes. M. Edeles-
tand du Méril, en France, et M. Rot, en Allemagne, l'a-
vaient précédé dans cette voie par des dissertations qui
avaient paru satisfaisantes. M. Comparetti commença par
publier sur Virgile au moyen-âge, trois articles (Nuova Anto-
logia) des plus remarquables, remplis d'érudition et de cri-
tique, dans lesquels il étudiait la métamorfose de Virgile
en sorcier, puis — ce qui n'avait pas encore été fait — le rôle
du poète dans la tradition littéraire jusqu'à la publication
de la Divine Comédie.
(1) La. Tradition, t. II, pp. 308 et 321.
2 LA TRADITION

En 1872, M. Comparetti reprit son travail, l'étendit, le


compléta et en tira deus volumes qui épuisent presque la
matière (1). Cette oeuvre forme un des chapitres les plus
curieus de l'histoire de l'esprit humain.
L'auteur divisa son travail en deus parties : la première
consacrée au Virgile des érudits ; la seconde, au Virgile des
traditions populaires,l'astrologue, le magicien, rival de Mer-
lin l'enchanteur.
Remontant d'abord au personnage réel, M. Comparetti
nous montre Virgile créant une nouvelle littérature, une
nouvelle école poétique en accord avec la pompe de la vie
fastueuse du temps d'Auguste. L'épopée héroïque, VEnéïde.
sans être une tradition latine véritable, était devenue assez
nationale pour satisfaire aus exigences de ce genre poétique.
Virgile la traita avec tout son talent, avec la connaissance
approfondie de la langue et de l'histoire de sa patrie. Il ac-
quit aussitôt une réputation que les siècles ne purent ébran-
ler ; il devint une sorte d'oracle pour les grammairiens dont
le rôle était alors si grand, et qui citèrent si souvent VE-
néïde, que, suivant la remarque de M. de Puymaigre, on pour-
rait la recomposera l'aide de ces citations innombrables (2).
Virgile devint rapidement populaire. On peut s'en assurer
par les inscriptions découvertes sur les murs de Pompéï,
qui sont, pour la plupart, empruntées au poëte mantouan.
Plus tard, les rhéteurs, pris de passion pour l'ancienne
langue à laquelle Virgile avait si amplement puisé, n'ou-
blièrent point l'auteur de VEnéïde ; il jouit auprès d'eus d'une
faveur toujours aussi grande.
Sa gloire traditionnelle provoqua même une sorte de vé-
nération superstitieuse. Dès l'époque d'Antonin, on con-
sulta les sorts virgiliens (sortes virgilianse), comme jadis on
avait consulté les sortes homericoe, les vers de Musée, ou les
sorts sybillins conservés dans le Capitole.
Au déclin de la littérature romaine, Virgile ne perdit rien
de son prestige; on en a la preuve dans les centons com-
posés avec ses vers.« L'interprétation allégoriquedéveloppa
encore le caractère mystérieu dont on se plaisait à le gra-
tifier. Douze passages du poète présentaient, dit-on, des
difficultés insurmontables.Leur impénétrabilité était, pour

(1) Domenico Comparetti : Virt/ilio net Medievo Euo (Livourne,


F. Vigo ; 2 vol. in-8, XII-313, et 310 pp.)
(2) Ct0 de Puymaigre, Folk-Lore, p. 281.
LA TRADITION 3

ainsi dire, un article de foi, et, devant eus, le grammairien


s'arrêtait court en s'écriant : « C'est un des douze » On at-
!

tribuait une science immense à Virgile, et Macrobe donne


une idée très exacte de la manière dont, de son temps, on
représentait le poète. Le paganisme n'entraîna pas Virgile
dans sa chute » (1).
Les chrétiens ne lurent pas sans scrupules les oeuvres de
Virgile. Ce scrupule n'empêcha pas que de nombreuses co-
pies ne fussent faites des manuscrits du poète. Ne voyait-
on pas dansVEglogue /Funeprofétie sur la venue du Christ?
On se prenait de pitié pour l'écrivain païen dont l'oeuvre
était si pure. Dante, plus tard, traduisit ce sentiment uni-
versel par le rôle qu'il accorda à Virgile dans sa Divine Co-
médie.

La tradition littéraire, qui ne pouvait se baser que sur


une vie de A^irgile écrite par Suétone, n'avait rien de mer-
veilleu. Des éléments nouveaus , apocryfes s'y introdui-
sirent. La tradition littéraire — partie comme la tradition
populaire de la haute idée que l'on se faisait de l'immense
savoir du poète, s'alimenta d'anecdotes éparses mêlées aus
notices sur Virgile. Ces anecdotes furent défigurées, ampli-
fiées, mais restèrent dans l'ordre naturel sans aucun accom-
pagnement de surnaturel. La Vie d'Esope, le fabuliste, placée
en tête des Fables de La Fontaine, peut donner une idée de
la Vie de Virgile dans la Tradition littéraire, car elle s'est
formée de la même façon.
Suivant la façon dont ces anecdotes étaient rassemblées,
on se trouva en face de deus Virgile, le Virgile du Dante et
le Virgile du Dolopatos, l'un d'une exquise noblesse, l'autre
d'une trivialité qui le rend presque méconnaissable.
Par ses études, Dante était l'homme du moyen âge ; mais
par la manière dont il comprenait les Anciens, il apparte-
nait à la Renaissance. Virgile se recommandait à lui et par
le talent et par le respect traditionnel. De plus, épris de l'u-
nité de sa patrie, l'élève de Brunetto Latini, voyait dans
Virgile le poète de cette unité. On comprend par cela même
les motifs qui déterminèrent le poète de Florence à dire au
poète de Mantoue :
Tu se lo mio maestro é'I mio auloré.
(A suivi-e). s HENRY CARNOY.

(1) De Puymaigre, Op. cit., p. 282.


LE CHANT DES OISEAUS
LÉGENDE DU NORD DE L'ALLEMAGNE.

Lors de la création, Dieu doua tous les oiseaus d'une voi


également belle. On entendait leurs chants d'allégresse dans
les cîmes des arbres comme dans les airs, et il était impos-
sible à l'oreille la mieu exercée de les distinguer l'un de
l'autre.
Mais, avec le temps, tout changea.
Les moineaus devinrent ce qu'il s sont encore aujourd'hui,
les petits vagabonds imitant le bruit des gamins.
Le paon, fier des brillantes couleurs de son plumage, se
crut autorisé à pousser des cris désagréables.
Le coucou simplifia son chant et se contenta de lancer
ses appels monotones qui ne servent qu'à attirer ses frères
afin de les provoquer au combat.
Le chardonneret fit entendre ses accents mélodieus, après
s'être rassasié dans les chardons où il niche de préférence.
Le cygne, orgueilleu de son aspect majestueu, renonça
tout-à-fait au chant et devint l'oiseau siiencieu.
La voi des corneilles avides et des corbeaus voraces ne
fut plus qu'un chant lugubre.
Les oies, devenues grasses et paresseuses, se bornèrent à
piailler ; bien qu'elles aient par leurs cris sauvé le Capitole,
elles ne font plus que nous agacer les oreilles.
LA T ADITION 5

Les hirondelles au vol rapide s'essoufflèrent et n'eurent


plus assez d'haleine pour chanter d'une façon suivie.
Seul, le rossignol resta, depuis la création, l'admirable
chanteur qui charme le monde. Son petit coeur, rempli d'un
amour fidèle, constant, chaleureu, le porte à se bercer dans
les branches où, le soir, il fait entendre ses ravissantes mélo-
dies pour séduire sa compagne, et c'est ainsi que l'amour
sauva le plus beau chant, et du haut du Ciel Dieu bénit le
petit oiseau et lui ordonna d'aller de pays en pays dans le
voisinage des foyers domestiques où réside le véritable
amour.
C'est là qu'il fait retentir ses suaves accents, afin d'égayer
le coeur de l'homme, de lui faire oublier le fardeau et les
peines de la vie en l'engageant, à son exemple, à trouver
son bonheur dans un amour fidèle et intarissable.
C. TERMONI.

CHANSON DE NOCE BEAUCERONNE

Nous venons, madame la mariée,


Nous venons pour vous oiïrir nos voeus.
Nous saluons toute la compagnie
Que voici ici, dedans ces lieus.
Quel bonheur pour deus coeurs
De se voir ensemble réunis,
Quel bonheur pour deus coeurs
D'être unis par l'amour enchanteur.
Ah ! sij 'osais, maisc'est si peu de chose,
Vous offrir notre petit présent ;
Acceptez-le, mais sans aucune chose,
Mettez-y la main sans compliment.
Jeunes épous, puissiez-vous
Goûter ensemble le plaisir agréable,
Jeunes épous, puissiez-vous
Goûter ensemble le plaisir le plusdou.
Acceptez ce beau plat de dragées.
Entouré de plus de mille fleurs ;
Nousvous l'offrons,madam'lamariée,
Prenez, il vous portera bonheur.
Toutes ces fleurs, toutes ces fleurs
Sont cueillies par les mains les plus tendres,
Toutes ces fleurs, toutes ces fleurs
Sont cueillies pour embaumer deus coeurs.
Recueilli par FÉLIX CHAPISEAU.
LE LANGAGE DES BETES
MIMOLOGISMES POPULAIRES D'OCCITANIE

AVANT-PROPOS.
La lcftigue d'Oc est foisonnante d'expressions où le peuple a
essayé d'imiter la voi, les cris ou le chant des animaus et les
innombrables bruits de la nature. Les noms donnés aus êtres
et aus objets familiers sont souvent d'expressives onomatopées.
Le peuple est allé plus loin : il a essayé d'interpréter le lan-
gage des animaus et même celui que son imagination a prêté
aus êtres inanimés. Tout ce qui l'entoure vit pour lui d'une vie
mi-réelle et mi-factice où se reflète poétiquement l'humanité.
L'eau, le vent, la roue, la.corde du puits, les frondaisons mou-
vantes et murmurantes, la- pierre avec laquelle, le faucheur
aiguise sa fau :
Pasim-pasam-pasim, asugo, asugaras,
Pasam-pasim-pasam, coupo-fi, coupo-ras (1),
les cloches, — les cloches surtout — tout cela a un langage.
:
Un homme va en maraude avec, sa brouette ; il marche à pas
furtifs, avec hésitation, et la roue de la brouette, qui tourne
lentement, lui dit : « Te veiran ! te veiran! le veiran! » (On te
verra!...) Effectivement il est surpris, et tandis qu'il s'enfuit au
grand galop, la roue, qui tourne maintenant très vite, lui crie
de sa voi stridente : « Te l'ai pas dich ? le l'ai pas dich ? (Te l'ai-je
pas dit?...) (2). Les cloches, c'est toute la joie et toute la dou-
bleur humaines. Le folk-lore languedocien a cette interprétation
étrangement belle de ce que dit une cloche shakspearienne de
Toulouse : « Causso-le, que te cal parti! » (Chausse-toi : il te faut
partir I) (3) C'est par centaines, et peut-être par milliers, que
l'on pourrait recueillir les mimologism.es relatifs aus cloches, et
ce recueil, qui ne peut manquer d'être fait un jour, nous révé-
lera sûrement les inspirations les plus profondes et les plus
pures de la littérature populaire. Il nous réservera aussi des
surprises, car les cloches n'y ont pas toujours la note grave
qu'on pourrait croire! Depuis la gaudriole jusqu'à la satire nar-
quoise ou acerbe, depuis la berceuse jusqu'à la lamentation,
depuis l'épitalame jusqu'au sirvenlesc de guerre, le paysan réa-
liste et idéaliste leur a fait tout dire, à ces chanteuses de bronze
et de rêve, dont la voi l'accompagne à tous les pas de la vie.
Si, des êtres inanimés nous passons au monde des bêtes, quel
champ plus vaste d'observation et de réflexion, et, par suite,
(1) J. Bessou. — D'Al Brès k la Toumbo, p. 98 (Rodez, E. Carrère,
1892.
(2) Communication de M. Frédéric Charpin.
(3) Communication de M. Paul Rey.
LA TRADITION 7

quelle diversité infinie dans l'interprétation ! De même qu'un


grand nombre de contes populaires, les mimologismes relatifs
aus bêtes (il n'est pas douteu que beaucoup ont fait partie de
petits contes aujourd'hui oubliés) pourraient être réunis sous
Ge titre : La Comédie des Animaus. De leur ensemble se dégage
nettement le portrait, presque toujours très fidèle, ou tout au
moins le caractère essentiel de chaque personnage ; parfois, ce
n'est qu'un dessin au trait, fantaisiste ou caricatural ; parfois
-
aussi, le mimologisme est un simple prétexte aus conseils de la
sagesse, à la notation de fénomènes périodiques de la vie cham-
pêtre, à des épigrammes plaisantes contre les vices de ces frères
inférieurs chez lesquels, à tort ou à raison, l'homme croit re-
connaître ses propres vices.
Les personnages portent un certain nombre de noms tradi-
tionnels désignant les grands premiers rôles. Ces noms, aussi
célèbres dans nos terroirs qu'ailleurs ceus de Pierrot, d'Arle-
quin et de Colombine, sont presque toujours mimologiques ; ce
n'est là qu'une superfétation, les noms usuels des animaus
étant très souvent Qus-mêmes des onomatopées, mais qui s'en
plaindrait ? Quelles délicieuses trouvailles! C est Cuculho l'A-
raignée, Calarino la Chardonnerette, Fnuzico ou Gingoulin le
Cochon, Calhor le Crapaud, Rozali l'Hirondelle, Margot la Pie,
.Tacot le Geai, Picarl ou Louhel le Chien, Curo-l'ibu le Loriot et
Calarino la Loriote, Bouièrelo ou Balari.no la Bergeronnette, Ar-
naul le Chat, Miroï le Merle,Nipani.ei\'Q\-{o\a.n, Janon la Colombe,
Milo-lengos ou Mizoulino la Mésange, Goundoulau le Paon, Gou-
doulic (1) le Rossignol, et enfin le plus poétique, le plus dou de
tous : Madouli, Madouli la Rossignole...
Colliger tous les mimologismes populaires serait un travail
immense. Tel n'est point notre but. Nous avons d'abord limité
notre champ d'investigations aus provinces de langue d'Oc, et
nous n'avons groupé dans la présente contribution à cette
branche jusqu'à ce jour peu explorée, croyons-nous, du folk-
lore, que les mimologismes concernant les animaus. Dans la
première partie, nous avons classé, en suivant l'ordre alfabé-
tique des animaus, les mimologismes dans lesquels un seul
personnage joue un rôle actif; dans la seconde, nous avons
réuni les dits populaires mettant en scène divers animaus.
On verra que les personnages qui tiennent le plus de place
dans ces documents, en l'état où nous avons arrêté nos re-
cherches, sont, par ordre décroissant : le Loriot, le Coq et la
Poule, le Rossignol, la Caille, l'Ortolan, l'Hirondelle, le Geai, le
Merle, la Mésange, l'Alouette et le Pinson. Mais il est bien clair
qu'il serait prématuré de conclure d'après le résultat de re-
cherches forcément très incomplètes.
(1) Goudouli, c'est en languedocien le nom du poète Goudelin :
n'était-ce pas une prédestination ?
8 LA TRADITION

Trouvent ici nos remerciements cordiaus les amis qui ont


bien voulu nous adresser de nombreuses communications. Elles
nous ont permis de donner une certaine importance à ce travail,
qui, néanmoins, — disons-le avec l'espoir d'inciter de nouveaus
folkloristes à continuer l'oeuvre, — est bien loin d'être défi-
nitif (1).
ANTONIN PERBOSC.

LA FOLLE DE TRÉHOUDY
LÉGENDE MANCELLE

Près de Mayenne, au delà du village de la Mettrie, il existait


un moulin appelé « Tréhoudy », qui a
sur les bords de l'Aron,siècles.
été détruit depuis des Ce nom serait même perdu, s'il
n'était resté attaché à une planche, qui permet de franchir la
rivière en cet endroit et à la légende suivante, que nous tradui-
sons du patois manceau.
Jardiau et Blouette étaient enfants du même village, de la
monnerie de Tréhoudy et s'aimaient depuis le berceau, pour
avoir, ensemble, joué, ri et pleuré, cherché des nids, cueilli des
mûres, mordu tour à tour aus mêmes fruits.
11 était grand, aussi fort qu'un bâton de mêlier ; elle, petite
et mincette. Quand, pour lire dans « la Croi de Dieu », ils allaient
au bourg d'Aron, par le chemin de la Mettrie, il la passait sur
son dos aus mauvais pas, ou bien avançait son sabot pour
qu'elle y posât le pied. Tous deus se regardaient : Jardiau était
fier, Blouette souriait.
Jardiau eut dix-huit ans, Blouette seize, et ils continuaient
de s'aimer : l'amour avait, à leur insu, cheminé du coeur de l'un
au coeur de l'autre. Elle était brune et jolie, mais le regard qui
jaillissait de ses prunelles un peu fauves, avait parfois des
langueurs troublantes, qu'il fut perdu dans le bleu du ciel ou
abaissé sur les bouleaus, dont le reflet grêle trempait dans le
bief du moulin.
D'ordinaire, pensive, Blouette parlait peu et n'avait que des
éclairs de gaieté. D'aucuns l'appelaient : « la belle qui dort »,
d'autres ; « la belle qui soupire », et personne ne la recherchait,
quoiqu'elle fût bonne et douce. On n'aime chez nous que les
filles qui ont le sang aus joues et le rire aus dents.
Elle ne levait pas les yeus quand Jardiau l'abordait. Quelque-
fois, lorsqu'elle revenait de la fontaine, à la chute du jour, il
la rejoignait à la dérobée et se chargeait de sa buire, qu'il por-
tait jusqu'à l'entrée du village. Ils n'échangeaient que quelques
(1)Les personnes qui posséderaient des documents originaus pou-
vant être utilisés dans un Supplément sont priées de vouloir bien les
communiquer soit à l'auteur, soit à M. de Beaurepaire-Froment.
LA TRADITION 9

paroles rapides, indifférentes, et se quittaient par un « bonsoir


Blouette, bonsoir Jardiau », sans plus, mais leurs coeurs, un
instant rapprochés, avaient battu plus près l'un de l'autre et
c'était assez pour leur joie d'un ou deus jours.
Cet amour de jouvenceau qui n'ose, de jouvencelle pudique,
dura plusieurs années. Un dimanche pourtant que Blouette
cueillait des brindilles de genêts pour s'en faire un balai, et
que, près de là, Jardiau, par passe temps cherchait des noi-
settes, il vint à elle et lui dit :
— Quand nous marierons-nous ?
Elle répondit :

Quand nous pourrons ! et devint plus rouge qu'un coque-
licot.
Les voisins plaisantaient de cette affection discrète et silen-
cieuse. Qu'attendaient nos amoureus pour s'épouser ? Qu'ils
eussent gagné cinquante écus, afin de se mettre en ménage.
L'argent était rare autrefois et Blouette ne gagnait que
quelques deniers par jour : pourtant elle filait du lever au cou-
cher du soleil. Ils souffraient dans l'espoir d'un bonheur à
venir, sans se douter qu'ils caressaient une chimère.
L'espérance est une molle berceuse, qui endort l'homme dans
la quiétude et le réveille souvent dans les tourments. Jardiau
reçut l'ordre de se rendre à l'armée du roi, et il lui fallut en
trois jours dire adieu à père, à mère, à frères, à soeurs, à l'âtre
de sa chaumière, aus grands arbres de la fontelaie, aus ajoncs
et aus bruyères de la lande, et le vin qui lui versa le sergent du
roi ne le consola point.
La veille de son départ, il vint, sur le soir, trouver Blouette à
la fontaine. En s'abordant, leurs jreus roulèrent des larmes. Ils
allèrent l'un près de l'autre, le long du bief, sans parler, lui
tremblant, elle frissonnante.
— M'attendras-tu,
lui dit Jardiau?
reprit-èiïe.
— Oui,
Et leurs regards se marièrent un instant, ce qu'ils n'avaient
pas fait depuis qu'ils étaient petits.
Il ajouta en avançant les lèvres : « Veu-tu » ? et avant qu'elle
n'eût répondu, il la serra dans ses bras et lui donna un long
baiser sur la joue. Elle, prit la main de son fiancé et y déposa
deus pièces d'argent et une médaille de la Vierge qu'elle portait
à son cou -.c'était tout ce qu'ellepossédait. Puis, ils se quittèrent
en se disant :
, Nous nous aimerons toujours !
Le lendemain, Jardiau s'en alla à Mayne (1), accompagné de
.ses frères, et Biouette qui le guettait, blottie derrière une haie
du chemin, le vit passer. Il chantait, le soldat du roi, p'ui s'ar-
rêtait par instant pour étouffer un sanglot et s'essuyer les yeus
du revers de la main.
Après le départ de son promis, Blouette devint plus blanche
que les liserons des bois, mais, chose étrange, la joue sur la-
quelle avait été déposé le baiser de Jardiau, resta empourprée
comme d'une fleur de pommier. Les jours et le semaines pas-

(1) Mayne, forme ancienne du nom de Mayenne.


10 LA TRADITION

sèrent et cette efflorescence demeura : l'empreinte avait été


frappée au feu brûlant des lèvres de son ami.
Les commères des alentours la plaisantèrent, et l'une d'elle
avança qu'elle avait une marque du diable. A ces moqueries,
Blouette ne répondait rien, joyeuse en son âme de porter cette
fleur de baiser, qui était un souvenir toujours vivant de la'ten-
dresse de son bien-aimé.
Jardiau et Blouette ne devaient plus se revoir. Lui fut tué à
l'armée du roi et la nouvelle en arriva au pays. Blouette l'apprit
et ses yeus s'ouvrant démesurément, .elle regarda fixement de-
vant elle et ne ne pleura pas. Elle ne pleura jamais, mais n'eut
plus pour personne le moindre sourire. La douleur figea ses
joues, tarit ses larmes et peu après elle perdit la raison.
Tous les soirs, en allant-à la fontaine, elle s'arrêtait longtemps
à l'endroit où Jardiau lui avait dit son dernier adieu, et là elle
écoutait. Son oreille troublée s'emplissait confusément de
plaintes, de soupirs, de bruits de baisers, alors que dans, le
calme de la fin du jour, on n'entendait que les pleurs du gâtoir
du moulin et le cri des orfraies.
Pendant le jour, elle errait çà et là, la tête penchée et dolente,
fuyant le monde, cueillant des fleurs, ou se faisant des colliers
et des couronnes de torsades de houblons et de clématites sau-
vages. Dans les ombres du crépuscule, elle découvrait, disait-
elle, le visage de Jardiau, le mirodait au clair de lune, jusque
dans les ondes moirées d'argent des remous de la rivière. Sa
figure s'empourprait alors un instant, puis s'éteignait dans
une.pâleur livide.
Un soir, l'infortunée crut l'apercevoir mouvant et voltigeant
dans un feu follet. Elle se précipita vers l'apparition, sans son-
.

ger au danger qui l'environnait et poussa tout à coup un grand


cri. Elleétait tombée dans le bief. On l'en retira, mais quelques
jours après, la vie s'échappait de ses lèvres au moment où
elle venait de prononcer le nom de son fiancé et celui delà
Vierge Marie.
C'est ainsi que Blouette mourut de mal d'amour, disait la
vieille paysanne, qui nous contait cette légende. Elle ajoutait
— On laisse trop les petits enfants s'amignonner, et l'on en
:

rit.
. En grandissant, il arrive que leurs coeurs se prennent, se
serrent et s'unissent à ne pouvoir les séparer. Ce sont des
branches nouées ; lorsqu'on coupe l'une d'elles, l'autre périt.
Depuis ce temps-là, quand une fille d'Aron est garçonnière
ou a des tendresses trop tôt écloses, sa mère ne manque pas de
lui dire :
— Malheureuse, tu me fais honte, tu finiras comme la folle
de Tréhoudy !
' A. GROSSE-DUPÉRON.
GALERIE TRADITIONNISTE

M. SIMON-FÉLIX ARNAUDIN est né à Labouheyre


(Landes), le 30 mai 1844. C'est là qu'il réside la plupart du
temps, car c'est un fervent et un fidèle du pays natal.
Félix Arnaudin a consacré une bonne partie de son exis-
tence à recueillir le traditionnisme des Landes. Sa première
publication traditionniste, Une Branche des Pic de la Miran-
dole, dont les éléments sont puisés dans une tradition locale,

parut en 1873 dans la Revue de Gascogne. 11 a fait paraître


les Contes Populaires recueillis dans la Grande-I^ande, le
Born, les Petites-Landes ,et le Marensin (Bordeaus, Vve Mor-
quet, 1887. — Réédition : Paris, Lechevalier, 1896). — Ce
volume est particulièrement précieu, en ce qu'il donne le
texte original, le texte occitan à côté de la traduction fran-
çaise. Depuis, Arnaudin a publié quelques autres contes,
des articles sur les croyances locales et sur la fonétique du
grand-landais, dans les Reclams de Biarn e Gascounhe, la
Revue des Traditions Populaires, le Bulletin des Parlers de
France. Présentement, tout en poursuivant divers autres
travaus étrangers au folklore, mais qui ont toujours le
même coin de Gascogne pour objet, et sans compter une
12 LA TRADITION

collection de fotografies commencée il y a plus de trente


ans, où il a pris à tâche de faire revivre avec fidélité dans
son aspect fysique, ses coutumes, ses scènes populaires,
la vieille Grande-Lande, il prépare activement le manuscrit
de son recueil de chansons landaises, qui formera trois vo-
lumes et comprendra près de cinq cents pièces, chacune ac-
compagnée de la musique. En même temps que le premier
volume, sinon avant, paraîtra un autre recueil consacré aus
proverbes, devinettes, formulettes enfantines de la même
région.
Félix Arnaudin est un modeste ; mais sa considérable et
précieuse oeuvre sur le traditionnisme landais est estimée à
la haute valeur dont elle est digne.
H. C.

LE CALENDRIER

Voici le jour de l'an qui est arrivé, annoncé par la politesse


des concierges, les premières oranges encore vertes de froid,
les étalages tentateurs des magasins et, tout d'abord, le calen-
drier que vient vous offrir le facteur, cet « homme de lettres »
utile entre tous.
Se rappelle-t-on bien, en recevant ce modeste carton
quelles idées il représente et quelles modifications le travail,
des siècles a fait subir aus caractères dont il est couvert ?
Le calendrier, comme son nom l'indique, est emprunté aus
Latins, qui donnaient au premier jour de chaque mois le nom
de calendai, dérivé d'un mot grec signifiant appel. Leur année,
depuis Jules César, comptait aussi douze mois (en lat. mensis,
de mensura, mesure) fixés,.comme les nôtres, d'après les révo-
lutions de la lune.
Janvier tirait son nom de Janus, dieu de la pai, auquel il était
consacré ; février venait de februalia, sacrifice solennel que les
Romains faisaient en ce mois ; mars avait été consacré par Ro-
mulus au dieu dont il se prétendait fils et placé en tête de
l'année, qui comptait alors dix mois seulement ; avril, le com-
mencement du printemps, où la terre semble s'ouvrir pour
donner à l'homme ses productions, avait été ainsi nommé du
verbe aperire, ouvrir.
Mai empruntait son nom (Malus), des vieillards ausquels il
était consacré ; le terme de majores désignait les magistrats,
les consuls, les sénateurs et les préteurs.
Juin (Junius) était ainsi nommé, soit de la déesse Junon, soit
des jeunes gens (juniores) dont les fêtes venaient après celles de
LA TRADITION 13

la vieillesse. Dans le calendrier de Romulus, juillet se trou-


vant le cinquième mois, Quinlilis, lorsque César réforma le ca-
lendrier, l'an 47 avant l'ère chrétienne, ce mois devint le sep-
tième et fut appelé Julius, en l'honneur du réformateur.
Par une raison analogue, août s'appelait d'abord sexlilis.
Après que l'empereur Auguste eut réduit l'Egypte en province
romaine, terminé la guerre civile et reçu trois fois les hon-
neurs du triomfe, le Sénat résolut, à ce que nous rapporte
Macrobe, de lui consacrer ce mois, « le plus heureu pour le
peuple romain, puisque c'était celui du triomfe de l'empereur. »
Augustus est devenu août dans le français moderne.
Septembre, octobre, novembre et décembre ont toujours
conservé les noms qu'ils avaient reçus dans l'ancienne division
décimale de Romulus, bien qu'ils se trouvent maintenant les
neuvième, dixième, onzième et douzième du calendrier.
Le mot semaine dérive du latin seplima, réunion de sept.
Les noms que nous avons donnés à chacun de ses jours nous
viennent aussi des Romains, qui les avaient reçus des astro-
nomes égyptiens ; la syllabe di, par laquelle ils se terminent
tous, est l'abréviation du mot dies, jour(l). Lundi était autrefois
lunx dies, jour de la lune ; mardi, Martis dies, jour de la planète
Mars ; mercredi, Mercurii dies, jour de Mercure ; jeudi, Jovis dies,
jour de Jupiter vendredi, Veneris dies, jour de Vénus ; samedi,
;
Saturni dies, jour de Saturne, et dimanche, dies magna, le grand
jour, le jour du soleil, ou dies dominica, jour du Seigneur, à
l'époque des empereurs chrétiens.
Le calendrier Julien fut suivi dans toute l'Europe chrétienne,
jusqu'au seizième siècle ; il péchait par une négligence de cal-
cul, donnant à l'année environ 12 minutes de trop.
Et je sais des gens au premier abord haussant les épaules :
«
Bah douze minutes », une quantité négligeable
I ! I

Eh bien ! voyez la conséquence de cette inexactitude : en


1582, par suite de cette erreur de douze minutes, qui formait
un jour en 130 années, l'équinoxe de printemps, au lieu d'arri-
ver le 21 mars, se trouvait le 11, d'après le calendrier.
On était en avance de dix jours : que faire?
Le pape Grégoire XIII trancha nettement la question. Sur
les conseils de l'astronome Lilio, il supprima d'autorité les dix
jours de différence et décida qu'à l'avenir trois des années sécu-
laires qui, d'après les règlements de César, devaient être bis-
sextiles seraient communes, et que dans la quatrième seulement
on intercalerait un jour supplémentaire.
A cette même époque, le commencement de l'année, qui en
.

France avait été fixé successivement au lor mai, puis à Noël et


enfin à Pâques, était mis au 1er janvier par un édit de Charles IX
daté de 1564.
(1) Du grec Siet.
14 LA TRADITION

Le calendrier grégorien, qui tirait son nom du pape Gré-


goire XIII, fut aussitôt adopté par tous les peuples catoliques ;
mais les Etats protestants se refusèrent longtemps à adopter
une réforme qui venait de la cour de Rome. De là, pendant le
dix-septième et le dix-huitième siècles, les deus manières diffé-
rentes de fixer les dates qu'on trouve dans les .divers pays et
que l'on désignait sous les noms d'ancien et de nouveau style.
L'Allemagne adopta cependant le calendrier actuel en 1700,
l'Angleterrre en 1752, la Suède en 1782; la Russie et les pays
de religion grecque ont jusqu'à présent refusé de s'y conformer.
Né terminons pas ces réflexions sur la modeste étrenne que
nous offre le facteur, sans donner une mention de regret aus
dénominations, rationnelles dans le fond et poétiques dans la
forme, que Fabre d'Eglantine fit adopter, en 1792, pour la dési-
gnation des mois.
L'année commençait à l'automne, au mois des vendanges,

-c'était, pai'bleu ! bien la commencer Ce mois s'appelait ven-
!

démiaire ; le suivant, brumaire, à cause de ses brumes, et le der-


nier, frimaire ou mois des frimas. Janvier, février et mars
s'appelaient nivôse, ventôse et pluvi&se, allusion à la neige, au
vent et à la pluie dont ils sont généralement ornés. Le prin-
temps arrivait ayeo germinal, floréal et prairial, mois des bour-
geons, des fleurs et des prairies, et enfin l'été se divisait en
lermidor, messidor et fructidor, annonçant les bains, les mois-
sons et les fruits.
Lorsque Napoléon rétablit en partie les vieus us dont la ré-
forme avait coûté le sang d'un million d'hommes, il n'eut garde
d'oublier le calendrier grégorien, et l'on vit revenir ces déno-
minations surannées, dont l'origine ne peut être expliquée
qu'à grand renfort d'étymologies.
Aujourd'hui, le calendrier républicain n'est plus usité qu'en
tète des colonnes de quelques jôurnaus intransigeants.
Louis HADOLFF
.

LES CARTES DE VISITE

Depuis le lendemain de Noël, les employés des postes sont


« sur les dents », par suite du classement et de la distribution
des cartes de visite, ces morceaus de bristol ou de carton dont
le nombre augmente à mesure qu'on en proclame l'usage aboli.
L'histoire de la carte de visite est singulièrement compliquée
et se perd dans des origines lointaines. 11 y a 1000 ans, des
Chinois — à cette époque moins chinois que nous s'envoyaient

LA TRADITION 15

des rouleaus de papier d'une longueur proportionnée au rang


du destinataire dans les circonstances où nous autres échan-
geons nos cartes.
Inutile de remonter si loin, et tenons-en aus cartes de visite
françaises.
Elles firent leur apparition sous le règne de Louis XIV. On
les appelait alors du gentil nom de « billets de visite ».
C'étaient de véritables petites estampes allégoriques où cha-
cun écrivait son nom. Plusieurs collectionneurs en possèdent et
de très curieuses. Elles représentent des paniers de fleurs et de
fruits, des fûts de colonnes que relienl des guirlandes, des Gé-
nies couronnés, des Amours joufflus courant ou au repos : sur
d'autres figurent des guitares, des tambourins, des trompettes ;
d'autres fois, ce sont de graves emblèmes : par exemple, sous
une urne funéraire une Espérance en deuil ; en ces temps guer-
riers, les attributs belliqueus, casques, épées, cuirasses pul-
lulent, cela devait être.
La Révolution, grande destructrice, abolit jusqu'à l'usage de
la carte de visite, mais le Directoire le rétablit six ans plus tard.
Personne ne sera surpris d'apprendre que, Napoléon régnant,
les images des cartes de visite représentèrent des canons — oui
des canons — des boulets et des casques.
!

Certains firent dessiner des temples, des urnes, des amfores.


Avec la Restauration, la carte de visite devint jDolitique. A
l'angle supérieur de gauche on plaça une abeille, un lys, une
violette, ou encore on encadra son nom de guirlandes de ces
fleurs.
1835 vit naître la carte artistique. C'était un carton encadré
d'une dentelle à jour; le nom se détachait au milieu d'une
gouache ou d'une aquarelle qui occupait le centre.
Le mauvais goût se manifesta à l'aise sur la carte artistique
et ramena l'usage-de la carte simple.
Un moment, l'usage chinois s'implanta presque chez nous.
Les convenances imposèrent d'user, selon le cas, de cartes de vi-
site très grandes, au milieu desquelles le nom était gravé en ca-
ractères microscopiques, ou de cartons minuscules couverts
presque en entier par un nom énorme.
La carte de visite d'aujourd'hui, tout le monde la connaît, est
d'un modèle plus ou moins varié et d'un goût plus ou moins
pur.
Je me bornerai, pour terminer, à désigner aus lecteurs
quelques échantillons grotesques et excentriques recueillis par
M. John Grand-Carteret.
Je cite : le comte de B... « frère du général B., blessé à Ma-
lakoff » ; M. Cosson-Lalande, « ancien élève du lycée de Bourg » ;
M. Justin Bargmet, « officier de réserve et d'académie » ; M. Le-
françois « l'année dernière professeur de français à la cour de
S. M. l'impératrice de Russie. »
16 LA TRADITION

Citons encore et ce sera tout : M. Verdois, « décoré du Mérite


agricole, décoration qu'il a préférée à celle de la Légion d'hon-
neur qui lui était offerte par le président de la République.plus
»
Avec un pareil « texte » M. Verdois doit payer ses cartes
de 1 fr. 75 le cent.
B.

LA. GALETTE DES ROIS

Cen'est point encore en 1904 que nous serons privés du gâteau


recelant en ses flancs dorés la fève dispensatrice de la royauté.
Et comme tous les ans, les cris éclateront encore, dans toutes
les familles où la galette du boulanger sera la bienvenue, chaque
fois que les favoris du sort porteront leur verre à leurs lèvres :
« Le roi boit la reine boit »
! !

Il faut bien le dire, d'ailleurs, les boulangers ne verraient pas,


eus, sans un certain plaisir la disparition d'une coutume qui
leur est fort onéreuse. Certains nous l'avouaient, ajoutant qu'il
avait été question de remplacer le gâteau offert au client par un
don au bureau de bienfaisance. Mais l'accord n'avait pu se faire,
les uns craignant de mécontenter leur clientèle, les autres fai-
sant remarquer que la remise de la galette des Rois est le pré-
texte donné aus porteuses de pain pour recevoir leurs étrennes.
L'intérêt du maintien ou de la suppression de la tradition est
sérieu pour les boulangers, car l'un d'eus nous disait que le
gâteau ainsi offert, et dont le volume est proportionné à l'im-
portance du client, lui revient de 1 franc à 3 francs. Bien en-
tendu, la dépense totale est d'autant plus considérable que la
clientèle est plus nombreuse. En résumé, il nous déclarait que
cet usage lui coûtait les bénéfices d'un mois de son commerce,
La suppression de la galette offerte par les boulangers n'en-
traînerait pas la disparition du gâteau des Rois, mais elle por-
terait assurément un coup sensible à cette tradition qui s'est
déjà sensiblement modifiée à travers les siècles.
La « fève » depuis longtemps, on le sait, n'est plus une fève,
mais le plus souvent un petit baigneur en porcelaine, transfor-
mation dont, seuls, se sont plaints les gens qui avalaient sans
sourciller la légumineuse afin de ne pas payer « quelque chose. »
Puis, la galette n'étant pas du goût de tout le monde voulant
néanmoins tirer les Rois, les pâtissiers ont depuis longtemps
pris l'habitude de glisser une fève, — en porcelaine, toujours,
— dans les gâteaus de diverses sortes. Et comme certaines per-
sonnes trouvent dans le renouvellement'de la fête une aimable
distraction, ce n'est plus seulement la veille et le jour de l'Epi-
LA TRADITION 17

fanie que les gâteaus en sont garnis, mais encore durant tout
le mois de janvier.
Le gâteau des Rois, qui a connu bien des vicissitudes dont
il a triomfe, subsistera longtemps encore, n'en doutons pas.
Depuis la charte de 1311, où il se trouvait officiellementnommé,
il eut des fortunes diverses ; après avoir été l'occasion de réjouis-
sances, aussi bien parmi le peuple qu'à la cour du Roi-Soleil,
il fut l'objet des délibérations du grave Parlement qui, en 1711,
à cause de la famine, le proscrivit afin que la farine, trop rare,
fût uniquement employée à faire du pain..
Son nom même était un danger quand vint la Révolution et
Manuel, du haut de la tribune de la Convention, tenta d'obtenir
que le gâteau des Rois fût interdit ; mais la galette triomfa du
tribun. 11 est vrai que, peu après, un arrêté de la Commune
ayant changé le jour des Rois en jour des sans-culottes, le
gâteau n'avait plus sa raison d'être, mais cette disparition ne
fut que momentanée, et il reparut sur toutes les tables fami-
liales dès que les temps furent moins troublés.
C. W.

LE JOUR DE L'AN EN ANNAM

LA FETE DU TET
« Bonne année ! » C'est le mot consacré en France, et les ré-
jouissances vont se succédant à l'occasion du 1" janvier : les
souhaits pleuvent, les étrennes aussi. L'usage de consacrer les
premières heures de l'année à un échange de cadeaus, à des
agapes familiales se retrouve un peu sous foutes les latitudes ;
mais il est des régions où la civilisation se montre plus pitto-
resque que la nôtre. Parmi elles, nous pouvons citer notre Indo-
Chine, dont l'Exposition d'Hanoï a attesté la vitalité.
Précisément à cause de cette attraction qu'exerce sur nous
les choses d'Extrême-Orient, et parce qu'aussi les moeurs de
nos possessions lointaines sont à l'ordre du jour, il est curieu
de relater comment se célèbre là-bas le nouvel an.
Les Annamites appellent ce jour-là le Tél. S'ils n'ont qu'un
jour de réjouissances dans l'année, c'est celui-là, mais aussi,
avec quelle solennité ils le célèbrent ! La fête du Têt sera pour
eus tout à la fois : la Toussaint, le 1er de l'an et notre moderne
14 juillet. Les cérémonies ausquelles cette fête donne lieu pré-
sentent, en effet, ce triple caractère de religion, fête de la fa-
mille, fête nationale, fête des ancêtres.
18 LA TRADITION

La lune fixe la datechaqueannée, à peu près comme est fixée


notre fête de Pâques : c'est toujours cependant fin janvier, com-
mencement de février que se trouve fixé le Têt. Le jour dit, par
tout l'Annam c'est la grève générale :plus de travail nulle part
et sous aucun prétexte, et pour n'importe quel pri. Du nord au
sud, de l'est à l'ouest du pays, sans distinction de rang ou de
caste, c'est un accord parfait, unique au monde peut-être, tant
est générale et profondément ancrée chez le peuple annamite
cette grande solennité.
Pour une fois donc,.notre colonie prend des habits de fête ;
l'Annamite, amoureu des guenilles, ne change guère de vête-
ments que ce seul jour de l'année : c'est dire la merveilleuse
transformation qui s'opère dans les rues et les villages.
Après s'être revêtus d'habits plus convenables, la fête com-
mence, fête familiale avant tout, puisqu'elle aura pour téâtre
l'intérieur des demeures. On choisit la plus belle pièce de l'ha-
bitation, on la décore avec soin : à la place d'honneur, l'autel
des ancêtres sur lequel sont déposés, un sablier garni de bâtons
de résine odorante, des chandeliers en laque, des espèces de
lingots de papier doré ou argenté, et des plats en bois et en
porcelaine, chargés de riz, de viandes, de fruits; aus murs sont
disposés éventails, écrans et parsaols ; au-dessus de l'autel an-
cestral, des tableaus écrits et relatant les hauts faits des pa-
rents. Dans les coins de la salle, des musiciens accroupis jouent
et chantent ces mélodies, naïves et suaves pourtant, des civili-
sations primitives.
Cependant, le chef de famille est entré ; les membres de la
maison, les parents et les serviteurs l'accompagnent : des ca-
deaus sont échangés, mottes de riz cuites à l'eau, sapèques en-
filées dans un lien de bambou. Et le repas commence : repas
pantagruélique, car si d'aventure vous veniez à vous promener
le soir du Têt, dans les campagnes annamites, vous ne sauriez
faire un pas sans vous heurter à quelque individu ivre de cette
mauvaise eau-de-vie, nommée là-bas : le choum-clioum.
Ajoutez à cela, par intervalles, des coups de fusils répétés, telle
une fantasia arabe, des coups de gong, de tam-tam, et encore
le feu dejoiedes lingots de papier doré, l'épreuve de l'eau, afin
de savoir si la nouvelle année sera une année de sécheresse et
de disette ou bien une période pluvieuse et féconde. Mais n'ou-
bliez pas que toutes ces cérémonies, ces repas, ces sacrifices
sont à l'honneur des ancêtres ; que ces ancêtres sont pour ainsi
dire participants de la fête, que ce repas est leur repas, cette
table leur table.
A peine si le dieu Bouddha obtient quelque honneur : la fête
du Têt, le nouvel an annamite, est une fête religieuse où les
dieus n'ont point leur place, c'est la fête nationale et de famille
qui prime toute autre réjouissance.
DESTUTAYRE.
CHRONIQUE

JAQUE année, dans la première se-


maine de janvier, commence à
l'église Saint-Etienne-du-Mont.
de Paris, une neuvaine qui" est
l'occasion d'un vrai pèlerinage.
De petites baraques sont ins-
tallées sur la place du Pantéon,
et un commerce d'objets de piété
s'établit entre marchands forains
et fidèles, tout comme au Sacré-
Coeur de Montmartre. Mais ce
n'est là, pour ainsi dire, que le
vestibule du temple de la Cha-
rité, dont les grandes assises se
tiennent à l'intérieur de l'église.
Tous les jours, de midi à quatre
heures du soir, de curieuses pro-
cessions ont lieu avec, comme
suprême couronnement, la présence du cardinal archevêque de
Paris, le dernier jour.
La cérémonie est peu compliquée. Une trentaine déjeunes
filles vêtues de noir, avec des voiles blancs sur la tête, font cor-
tège à une statue de Sainte-Geneviève,portée à bras, et faisant
deus fois le tour intérieur de l'église. Sur tout le passage de la
sainte, les fidèles, massés sur le parcours, cherchent à toucher
ou à frôler, d'une main pieuse, la. vénérable relique.
Une tradition séculaire veut, en effet, que sainte Geneviève,
la patronne de Pans, guérisse tous les maus et apporte à qui
l'approche bonheurs et richesses.
Aussi, c'est à qui aura la joie de.porter la main sur la statue
vénérée. Beaucoup même n'oublient pas de mêler, dans une
piété bien comprise, les joies célestes aus biens terrestres, et
s'empressent de faire toucher la relique à leurs porte-monnaie
gonflés àen crever. Le simple contact fait pousser l'argent dans
la bourse, parait-il, comme le soleil fait pousser le blé dans les
champs ; et comme le geste n'est pas très pénible, bien qu'il
soit moins auguste que celui du semeur, on s'en donne à coeur-
joie.
Veut-on savoir maintenant quelle est l'origine de ces neu-
vaines de Sainte Geneviève ? Voici : Sainte Geneviève, la pa-
tronne de Paris, avait déjà sauvé victorieusement Lutèce des
ravages du terrible roi des Huns, Attila, lorsque Childéric,
chassé des Gaules pour avoir violé des vierges libres, vint
mettre le siège devant la future capitale de la France qu'il ré-
duisit bientôt à la famine A ce moment apparut Geneviève,
âgée déjà, mais toujours soutenue 'par son patriotisme. Elle
s'embarqua sur une flottille de pêcheurs, parvint à sortir
comme par un miracle, de la ville assiégée, et ravitailla la po-
pulation affamée avec onze bateaus chargés de vivres. Son
voyage avait duré neuf jours, pendant lesquels chaque heure
avait été marquée par un prodige. Ainsi, des arbres couchés
20 LA TRADITION

en travers obstruaient le cours du fleuve et rendaient la navi-


gation impossible ; Geneviève fait un signe de croi, et l'obs-
tacle disparaît; le vent souffle-t-il trop violemment, d'un geste
la vierge rétablit le calme.
La flottille s'était échouée sur un banc de sable ; la petite
bergère la renfloue d'une seule prière. Chemin faisant, elle
multiplie sous ses pas les guérisons les plus étonnantes, rend
le jour aus aveugles, la vie aus morts, le mouvement aus pa-
ralytiques, l'ouïe aus sourds, la parole aus muets. Tel était
l'empressement autour de la sainte, qu'on vit des pauvres gens
lui dérober les franges de sa robe, qui avaient aussi le don de
guérir.
C'est pourquoi le culte de sainte Geneviève a toujours été très
en faveur à Paris.
*

La Revue Alsacienne illustrée rassemble les détails familiers de


la vie passée, parle des morts illustres, signale à l'attention
publique les artistes, les savants et les écrivains, donne un
tableau complet de l'activité intellectuelle de l'Alsace.
Chaque fascicule renferme de nombreuses illustrations et des
planches hors texte. Il contient au moins 18 pages de texte et
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Cette Chronique, d'au moins 40 pages de texte, donne la
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briques, tous les faits et documents qu'il paraît utile d'enre-
gistrer : Littérature, Art, Archéologie, Histoire, Folklore, Politique,
Droit, Economie politique, commerce et industrie ; Agriculture ; Sta-
tistique, etc. ; des articles biografiques et nécrologiques, accompa-
gnés de portraits.
Pri : Alsace-Lorraine, 17 fr., France et Etranger, 19 fr. On
s'abonne chez tous les libraires et aus bureaus de la Revue :
27, rue des Serruriers, Strasbourg (Alsace).

Le peintre arlésien, Léopold Lelée a préparé une série d'es-


tampes, L'Image Prouvençau, qui représentent les scènes ty-
piques de la vie provençale populaire, La Vihado, La Farandoulo,
La Courso di Bibu etc. Cette série d'estampes, constituant des
documents iconografiques traditionnistes, sera livrée au public
prochainement.
*
Sous le haut patronage du roi des Belges, une exposition de
l'Art français du XVIII0 siècle, doit s'ouvrir à Bruxelles, le
16 janvier prochain, au profit de la Société de bienfaisance fran-
çaise de Bruxelles.

D'après la Bible, Dieu lui-même ordonna au patriarche


Abraham de faire la circoncision sur tous les enfants mâles de
sa famille. Il en fit une loi expresse pour ses descendants, et la
circoncision devint la marque distinctive du soi-disant peuple de
Dieu.
LA|TRADITION 21

Les Juifs donnaient à tous les étrangers le nom d'incirconcis.


C'était ordinairement huit jours après leur naissance qu'on pra-
tiquait sur les enfants la circoncision. Jésus fut circoncis par
le grand-prêtre Siméon. Ce fut à cette époque que ce vieillard
composa, prétendent les chrétiens, le beau cantique où il s'écrie
qu'il est content de mourir, puisque ses yeus ont vu le Sau-
veur du monde.
L'Eglise a consacré ce fait par une fête qu'on célèbre le 1er jour
de janvier, et qui est appelée la Circoncision. Dans les commen-
cements du christianisme, il s'éleva quelques disputes au sujet
de la circoncision. Certains apôtres voulaient assujettir à cette
cérémonie les juifs devenus chrétiens ; mais il fut décidé que la
circoncision judaïque ne devait pas avoir lieu dans la loi nou-
velle qui n'exigeait que la circoncision du coeur, c'est-à-dire le
retranchement des passions et des désirs illicites. L'usage de la
circoncision est aussi observé parmi les Cafres, les Coftes et
les chrétiens d'Abyssinie. Ces derniers admettent simultané-
ment le baptême et la circoncision.

Une fois de plus, le téâtre de la Monnaie, qui fut hospitalier


à tant d'oeuvres françaises—Hérodiade, Salambbô, Gwendoline, etc.
— et qui se trouva30toujours à l'avant-garde du mouvement mu-
sical, a donné, le novembre, un ouvrage dont l'art français a
le droit de s'enorgueillir hautement et qui comptera dans l'a-
venir parmi les plus belles et les plus nobles manifestations de
l'école contemporaine : le Roi Arlus, d'Ernest Chausson.
Tiré des légendes relatives à la Table-Ronde et au roifabuleu
qui la fonda, le Roi Artus n'est pas, à proprement parler, un
opéra; c'est plutôt un haut poème développé dans la forme dra-
matique, un drame lyrique qui condense en quelques tableaus
saisissants et de belle composition plastique la substance poé-
tique des romans célèbres du Cycle artusien, en lesquels s'est
résumé l'idéal chevaleresque du moyen âge et qui ont laissé une
trace si profonde dans l'âme française.
Le poème, écrit en une langue châtiée, partie en prose, partie
en vers, habilement divisé en une série de tableaus poétique-
ment conçus, contient des pages tout à fait remarquables, ani-
mées d'un beau souffle dramatique.
Les trois actes du drame s'échafaudent en une gradation
superbe et puissante, qui aboutit, au final, à une scène d'une
grandeur et d'une envolée absolument admirables. Il y a là un
triple choeur dont les sonorités, d'abord voilées, s'étagent,
s'enflent et grandissent en éclat d'une majesté grandiose et vrai-
ment impressionnante.
La Société Française des Fouilles Archéologiques avait orga-
nisé le lundi, 30 novembre, dans la salle de la Société des Agri-
culteurs de France, 8, rue d'Atènes, la première de ses confé-
rences, faite par M. A. Gayet sur les Origines des Danses Sacrées.
Dans un luxe inouï de décors, avec une profusion de tableaus
vivants, M 118 Térésa Cerutti , danseuse-mime du téâtre delà
Scala de Milan, reconstitua, au fil de la parole du conférencier,
22 LA TRADITION

les danses religieuses de l'Egypte antique, culte osiriaque et


isiaque, d'après les peintures des tombeaus tébains : attitudes
rytmées du rituel funéraire, la danse devant le sacorfage, la
danse des Pleureuses, la danse de la Conjuration, de l'Offertoire,
des Palmes, et la série des danses de l'Egypte grecque, le myte
dyonisiaque et les danses bachiques, d'après les broderies des
étoffes d'Antinoë : la danse de l'Echarpe, la danse funèbre, la
danse dyonisio-osiaque, la danse dyonisio-osiriaquej les danses
bachiques réglées sur des pas égyptiens.
Ce fut un des derniers régals offerts aus Parisiens par l'infa-
tigable égyptologue, avant son départ pour les rives lointaines
d'Antinoë, où ses yeus habitués à regarder les morts, décou-
vriront, cette fois-ci, dans la sépulture des sables antiques, les
plus précieus vestiges de la ville abolie.

M. G. Hérelle, correspondant honoraire du Ministère de


l'Instruction Publique, vient de publier une enquête sur Les
Pastorales Basques (in-8°, 87 p.), qui est presque un volume.
Après une notice sur le mode de représentation des pasto-s
raies populaires basques, l'auteur a donné la bibliografie des
pastorales. On n'en connaît qu'une seule imprimée ; c'est Saint
Julien d'Antioche, publié en 1891 (Bordeaus, Vve Moquet), par
l'érudit basquisant Julien Vinson. M. Hérelle décrit ensuite
les manuscrits de pastorales qu'il sait exister; puis, signale
celles dont il ne connaît que le titre.
L'auteur n'a pas prétendu faire un ouvrage définitif, mais
donner une simple ébauche destinée à poursuivre une enquête.
Aussi a-t-il terminé son petit volume par un Questionnaire
destiné à fournir des renseignementsgénéraus sur les Pastorales
basques et des indications nouvelles de Pastorales. Il fait appel
à tous les basquisants, folk-loristes ou autres érudits curieus
<c
de littérature populaire ». Nous engageons nos lecteurs, qui
pourraient avoir des documents, des renseignements sur les
Pastorales basques, à les communiquer à M. G. Hérelle, 23,
rue Vieille Boucherie, Bayonne (Basses-Pyrénées).

La Tribune de Saint-G'ervais, revue mensuelle de la Schola Can-


lorum, met au concours un recueil de douze à quinze chants po-
pulaires français.
' Il sera attribué deus cents francs de prix offerts par la Schola
Canlorum et cent francs avec une médaille par la Société des
Etudes historiques. La division en trois ou quatre prix sera
faite par les soins du jury. En outre, les six recueils classés les
premiers seront imprimés aus frais de la Schola, et pour chacuu
cent exemplaires seront mis à la disposition des auteurs. Les
manuscrits devront parvenir à M. Pierre Aubry, 74, avenue de
Wagram, au plus tard le 31 janvier 1904.
Le jury est composé de M. Vincent d'Indy, président; de
MM. Charles Bordes, directeur des Chanteurs de Saint-Gervais,
Jules Combarieu, docteur ès-lettres, inspecteur d'Académie,
Fr. Funck-Brentano, docteur ès-lettres, bibliotécaire à l'Arsenal,
LA TRADITION 23

Tabournel, Julien Tiersot. bibliotécaire au Conservatoire de


musique, membres ; de MM. Pierre Aubry et Gaston Duval,
archivistes paléografes, secrétaires. Le rapport sera publié dans
la Tribune de Sainl-Gervais et la Revue des Etudes historiques, et
envoyé à tous les concurrents.
Le nombre des pièces à recueillir est fixé à quinze au maxi-
mum, pour inviter par là les concurrents à choisir dans les
chants populaires d'une province surtout ceus qui leur semblent
les plus caractéristiques et mériter davantage d'être retenus.
Les chants composant chaque recueil devront appartenir à la
même province.
En tête de chaque pièce on devra, autant que possible, donner
l'indication de la provenance, du village, de la personne qui
l'aura chantée.
En ce qui concerne le texte littéraire, on demande aus con-
currents de donner une transcription aussi simple que possible
du patois parlé, sans surtout chercher à le franciser- De même
le jury saura gré aus concurrents de joindre des notes explica-
tives, si le texte d'un chant comporte des allusions à des faits
historiques locaus ou à des usages spéciaus à la province.
Quant a la musique, il faut naturellement une notation très
exacte on rappelle à cet effet aus concurrents que les chants
;
populaires ont une origine fort ancienne, que quelques-uns re-
montent à une époque où il y avait d'autres modes que le ma-
jeur et le mineur, et que par suite la transcription ne doit pas
chercher à ramener à l'un ou l'autre de ces deus modes une
mélodie qui ne leur appartiendrait pas.

BIBLIOGRAFIE TRADITIONNISTE

VICTOR CHAUVIN. — Bibliografie des Ouvrages Arabes ou relatifs


aus Arabes publiés dans l'Europe Chrétienne de 1810. A i88o, tome
VIL — Liège, H. Vaillant-Carmanne ; in-8», 192 p., 6fr.
Nous avons déjà signalé plusieurs fois dans 'La Tradition
l'oeuvre si considérable entreprise par M. Chauvin, Bibliografie
des Ouvrages Arabes ou relatifs aus Arabes publiés dans l'Europe
Chrétienne de 1810 à ISSo. Le tome VII de cette publication
vient de paraître.
Ce tome est encore consacré aus Mille et Une Nuits dont la.
bibliografie à déjà tenu les tomes IV, V et VI. Il est donc la
quatrième partie, mais la dernière, relative à la bibliografie de
ces contes. Comme les tomes V et VI, le septième donne le
résumé des contes, avec indications comparatives, qui avait
commencédans le tome V. L'auteur a terminé ce volume par une
utile Table Alfabétique des contes figurant dans les tomes V,
VI et VII.
En rendant compte du tome VI, nous avions rappelé qu'en
1902, M. Victor Chauvin avait eu de l'Académie des Inscriptions
24 LA TRADITION

et Belles-Lettres de France, le pri Delalande-Guérineau, en


partage. Nous sommes heureus d'annoncer que la Deutsche
morgenlandilclie Geselleschaft, voulant reconnaître l'intérêt que
présente la Bibliografie des Ouvrages Arabes, a accordé, depuis
1903, une subvention annuelle à l'auteur. Ces deus récompenses
méritées fort légitimement, permettront à M. Victor Chauvin
de mener à bien son énorme labeur, qui est encore loin d'être
terminé.
' HENRI LIZERAY. — Ogmios ou Orfée. — Paris, V%ot frères ;
in-18, 44 p., lfr. 50.
Nous avons déjà signalé dans La Tradition les cinq plaquettes
de M. Henri Lizerajr relatives à Aïsus. Dans un nouveau petit
volume, Ogmios ou Orfée, l'auteur considère les deus écoles gau-
loises, celle d'Orfée et celle de Pytagore enseignant, l'une la
filosofie, l'autre le druidisme. Comme le dit Clément d'Alexan-
drie, les filosofes Celtes habitaient le Midi et les Druides gau-
lois le Nord. Aus premiers appartient l'essor de la pensée indi-
viduelle, aus seconds l'effort en commun donnant lieu aus
hypérestésies du magnétisme animal et aboutissant au com-
munisme.
Le chapitre sur le Monde improvisé par le raisonnement, que
l'auteur estime la suite logique de l'axiome de Descartes : Je
pense, donc je suis, est absolument erroné. Ce filosofe n'écarte
pas toute preuve de l'existence fournie par les sens, puisque la
pensée n'est et ne peut être qu'une chose matérielle produite
par le cerveau qui éprouve les sensations perçues par les sens.
CHARLES LANCELIN.
— Histoire Mytique de Shalan. —
Paris,
H. Daragon ; in-8°, 224 p., 7 fr. 50.
Jusqu'ici, M. Charles Lancelin était connu comme un lettré,
et beaucoup se surprendront qu'il soit l'auteur de ce volume
qui vient de paraître, l'Histoire My tique de Shatan. Mais les an-
ciens lecteurs de La Tradition n'en seront point étonnés, puis-
qu'ils savent que M. Lancelin était un curieu et un ami du tra-
ditionnisme.
L'ouvrage de M. Lancelin est une histoire générale du myte
démoniaque à travers les âges. Il en recherche les lointaines
origines obscures et montre très bien comment ce qui était ja-
dis une idée, un myte, une légende, a fini, dans la suite des
temps, par être envisagé comme une réalité par l'humanité,
comment l'existence de Satan et de l'enfer a été dogmatisée
par les religions, et particulièrement le christianisme chez
lequel on constate, dans l'Apocalypse, la date de concrétisation
de l'Esprit du Mal. Car si, en historien averti et impartial, l'au-
teur archive et signale tout ce qui a rapport à Satan; il écrit
sainement ces lignes nécessaires : « Ce ne sont là que des lé-
gendes curieuses, mais quoi! ne sommes-nous pas ici en pleine
légende ? Où que l'on se retourne en ce sujet, on ne trouve en
face de soi que de vagues traditions cosmiques, des allégories
sans consistance, des mytes difficilement discutables, et des
fictions basées sur rie primitives affabulations. Comme terrain
solide de discussion, comme textes positifs et précis, comme
réalités saisissables, — rien ! »
LA TRADITION 25

Si dans son ensemble lui-même l'ouvrage de M. Lancelin est


traditionniste, une partie l'est plus spécialement, celle qui dans
le chapitre l'Evolution du Fantôme est consacrée au Développement
Populaire de l'idée et du culte sataniques. Cette section com-
prend : La Messe vaine — La Messe sanglante — Le Sabbat
politique — Le Téâtre démonologique — Onguent sabbatique

Electuaire sabbatique — Les Possessions — Les Pactes —
La Messe Stercoraire — Le Luciférisme — Satanisme contem-
porain — Èes Démonografes contemporains.
Le volume de M. Lancelin est fortement documenté et d'une
lecture des plus attachantes. Je tiens à signaler spécialement
VEpilégomcne qui, en même temps qu'une large et belle page
littéraire, est l'explication du myte de Satan, que l'homme
forgea caricaturalement en une création monstrueuse réunis-
sant ses défauts et ses vices. Je signalerai aussi les deus ta-
bleaus syntétiques, fort bien faits, de la formation de Satan et
de la formation de l'Enfer, dont l'auteur a accompagné son
ouvrage ; et pour montrer jusqu'où peut aller l'aberration hu-
maine, la reproduction d'un autografe du démon, datant du 29
mai 1629, autentiqué par arrêt de justice, tiré d'un registre de
l'église de Sainte-Croi, où Satan reconnaît sa possession d'une
créature et s'engage à en sortir, à tel jour et à telle heure, avec
d'autres démons. Je ne m'explique pas très bien, par exemple,
pourquoi alors que Satan parle du 20 mai comme date de sortie,
l'engagement de cette même sortie est daté du 29 mai 1629 (ou
1624) ; il doit y avoir là-dessous quelque diablerie.
.
Une indication bibliografique, qui a son importance..
La cu-
rieuse Histoire My tique de Satan, tirée à un nombre restreint
d'exemplaires, ne sera jamais réimprimée, et est appelée par
conséquent à devenir un livre précieu et recherché.
CÉLESTtN PONTIER. — L'Epopée d'une Rkee. — Montpellier, édi-
tion de L'Action Méridionale, in-8', 16 p., 30 cent.
Cette plaquette de prose , dédiée à mon ami le fédéraliste
L.-X. de Ricard, est un chant entousiaste à la gloire de la Race
dite faussement latine. M. Célestin Pontier écrit avec raison
que « les races sont éternelles » ; les formes extérieures de civi-
lisation peuvent varier à travers les siècles, mais la Race de-
meure. M. Pontier nous donne pour mère Rome et pour aïeule
la Grèce ; l'erreur est tout au moins certaine au sujet de la
première. L'action de Rome fut plutôt néfaste au point de vue
civilisateur; ce qui est extraordinaire, c'est cette croyance, gé-
nérale, mais pas moins insensée, qui suppose que les peuples
ont tiré de Rome leur civilisation. On s'imagine que celle-ci
n'existait nullement chez eus avant la conquête romaine. Or,
chez ces peuples, la civilisation fut au moins parallèle, sinon an-
térieure pour quelques-uns, à celle de Rome. Et même si la Rome
barbare et soldatesque, fut civilisée par la Grèce, à la suite de
la conquête de celle-ci, est-ce aussi exact que ça, que les peuples
méditerranéens puisèrent les éléments de leur civilisation, pa-
rallèle ou antérieure à. celle de Home, dans la Grèce antique, et que
cette civilisation ne fut pas plutôt, aussi bien que celle de la
Grèce, le développement normal de la Race Pélasgo-Méditerra-
néenne suivant le temps, le climat et les milieus ?
26 LA TRADITION

ALAIN DE BECDELIÈVRE. — L'Escalade de 4602. — Paris, A.


Picard ; pet. in-8", 168 p. et 1 pi., 2 fr.
L'assaut que les troupes du duc Charles-Emmanuel de Sa-
voie, donnèrent à la ville de Genève, dans la nuit du 11 au 12
décembre (ancien style, du 21 au 22 décembre, nouveau style)
1602, n'est pas un grand fait d'armes. Mais il est resté célèbre
en Savoie et en Suisse, parce que la légende s'est emparée de
lui. Le 12 décembre 1902, Genève fêta solennellement le troi-
sième centenaire de sa victoire. Le 21 juillet 1903 était égale-
ment le troisième centenaire de la pai entre la Savoie et la
Suisse. Ces divers événements ont donné l'idée à M. Alain de
Becdelièvre de publier sur L'Escalade de 4 60% une étude qui a
paru dans le courant de l'année dernière. Il y avait de fort nom-
breus écrits historiques et légendaires sur l'Escalade, dûs à des
protestants, mais très peu, presque pas, du côté catolique.
M. de Becdelièvre est un auteur catolique, et on le voit bien.
Le volume se divise en deus parties : L Histoire et La Légende,
Dans la première, l'auteur fait un historique rigoureu de l'Es-
calade. Il montre comment, alors qu'une partie des troupes
de Savoie avaient déjà pénétré dans la ville, Genève fut sauvée
grâce à Isaac Mercier, de garde à la Porte Neuve, qui fit retom-
ber la herse, tandis que ses compagnons donnaient l'alarme ;
le pétardier savoyard Picot ne put pas faire sauter la porte.
Les Genevois accoururent et mirent en déroute les assaillants.
Treize de ceus-ci furent fait prisonniers et pendus ; on leur coupa
la tête, comme à cinquante-quatre cadavres de soldats savoyards
tués dans la mêlée, et on exposa les soixante-sept têtes sur les
remparts. Voilà les excès ausquels conduit le fanatisme reli-
gieu, qu'il soit d'un côté ou de l'autre. Quant à l'attaque noc-
turne de Charles-Emmanuel, il est certain que c'était un acte
de traîtrise.
La seconde partie de l'ouvrage de M. de Becdelièvre est celle
qui intéresse particulièrementles traditionnistes. L'auteur rap-
porte les légendes de détail suscitées par l'escalade des Sa-
V03rards, cite des chansons, des cantiques et des complaintes
composés à cette occasion. Mais il faut regretter très vivement
que M. de Becdelièvre n'ait cru devoir citer que des textes
français et ne pas donner les compositions populaires en dia-
lecte savoyard ; d'autant plus qu'elles sont les meilleures et les
plus caractéristiques de la littérature populaire sur l'Escalade,
et ce sont celles-ci qui auraient eu précisément le plus de
saveur.
Le volume est accompagné d'une planche reproduisant une
curieuse estampe représentant l'Escalade de Genève par les
Savoyards en 1602.
ABBÉ A. DAUCOURT.

Traditions populaires Jurassiennes. —
Zurich, Juchli et Beck ; in-8", 19 p.
M. l'abbé Daucourt a recueilli quelques-unes des traditions,
légendes et superstitions du Jura suisse. L'auteur a indiqué ce
qu'il est important de remarquer : la plupart de ces traditions
ont une grande similitude avec celles de la Franche-Comté et
de la Bourgogne, ce qui confirme que ces pays sont habités par
LA TRADITION 27

un même peuple de race celtique, les Séquanais, ainsi qu'on


le pense déjà. On aime à voir la juste compréhension dont fait
preuve l'auteur à l'égard du traditionnisme, en estimant qu'il
ne doit pas présenter seulement de l'agrément aus yeus des
lettrés ou des artistes, mais une haute valeur pour l'étude de
l'etnografie antéhistorique. La brochure est accompagnée de
deus planches en fotogravure, .reproduisant deus curieus ta-
bleaus d'ex-voto de l'église de Bonfol, où se trouve le tombeau
de saint Fromont, objet d'un pèlerinage.
ABBÉ J. GAROUTTE. Noëls Patois Languedociens, 3e recueil.
— —
Toulouse, L. Sistac; in-8", 49 p. avec musique, 1 fr. 25.
M. l'abbé Garoutte a entrepris une oeuvre charmante, en
même temps que méritoire au point de vue traditionniste : la
publication des vieus noëls populaires de la région languedo-
cienne du païs mountli.
La présente brochure est un troisième recueil ; c'est donc in-
diquer que M. l'abbé Garoutte a déjà fait paraître deus recueils
de noëls. Ce dernier contient dix-neuf nadalels, texte occitan
accompagné de la musique et de la traduction française en vers.
L'auteur annonçait la parution prochaine d'un quatrième re-
cueil de noëls ; j'espère que nous pourrons le signaler bientôt
dans La Tradition.
Je ferai une seule remarque à M. l'abbé Garoutte. Il serait
nécessaire qu'il indiquât le lieu où chaque noël a été recueilli,
ce qu'il ne fait point. La chose lui sera facile, et ce simple dé-
tail a son intérêt au point de vue documentaire traditionniste.
PirniiE DE SAINT-JEAN.

BIBLIOGRAFIE DES PROVINCES


Archéologie. Art. Etnografie. Histoire. Linguistique.

GASCOGNE. — Ahéus e Flous (Auch , Léonce Cocharau ; pet.


in-8° carré, 128 p., avec musique). — Pour écrire ce petit volume
de vers qui est une glorification de la terre et de la langue an-
cestrales, ils s'y sont mis à quatre Gascons de l'Armagnac:Max
Laclavère, vicaire-général du diocèse d'Auch, C. Cézérac, F.
Sarran, Paul Tallez. Des trois derniers, je sais que M. Tallez
est curé, mais bien que je suppose que le volume soitdû à quatre
ecclésiastiques, je n'en suis pas certain. C'est Paul Tallez qui
fait à lui seul la valeur d'Ahéus e Flous. De M. Cézérac, je ne
vois comme dignes d'être cités que La Periggléro e La Crouls de
la Jusliço, un récit légendaire ; de M. Sarran, Bé. n'cijou bist, et
une chanson sur le mode populaire, Isabèu; de M. Laclavère
une seule pièce, Lou Ritme de « Belinc ». Quanta M. Paul ,
Tallez,
ses oeuvres sont celles d'un vrai poète. Les trois pièces de vers,
Au Houns dou Bos, Lou Darrè Mouliè de Bouhobent, Lou Piupiu
valent la peine d'être relues. Mais ce qui est vraiment remar-
28 LA TRADITION

quable, ce sont les chansons que, les vieilles se perdant si fâ-


cheusement, M. Tallez a composées, avec la musique, pour
tâcher de les faire chanter par le peuple d'Armagnac, au lieu
des stupides importations des cafés-concerts parisiens. Il y a
là cinq chansons, La Cansonn don Lin, La Cansoun douBlat, La
Cansoun rjou Mainal, Do 1, Cansoun de Bregnes, dont les trois pre-
mières et la dernière sont dans la meilleure allure populaire.
La. Cansoun dou Lin est simplement délicieuse.
La Gascogne, par L. Barrau-Dihigo (Paris, Léopold Cerf ;
in-8", 80 p., 3 fr.). — Ce volume porte comme titre général, Les
Régions de la France.Eri effet, le premier d'une série, il fait partie
d'un ensemble d'études sur les provinces de France, entrepris
par la Revue de Synlèse Historique, dont M. Henri Berr est le direc-
teur averti. Ce dernier a précédé l'étude de M. Barrau-Dihigo
sur La Gascogne, d'une excellente introduction générale sur
La Synlèse ries Etudes Relatives aus Régions de la France. Remar-
quez qu'il n'est pas écrit « des Etudes Historiques » ; en effet,
pareille indication serait trop restrictive et cadrerait mal avec
le but recherché, de donner vraiment la syntèse d'une région,
la véritable syntèse générale de cette région à tous les points
de vue. Il ne faut pas prendre non plusces- monografies pour
une bibliografie complète de la province envisagée , mais elles
seront le tableau essentiel des travaus dans les diverses branches
d'études : histoire, archéologie, etnografie, traditionnisme, art,
l'indication des résultats acquis qu'il est utile et nécessaire de
connaître pour avoir un aperçu suffisant. On comprend à quel
point de pareils volumes devront être utiles ; mais leur géné-
ralité même, qui est désirable et souhaitable, est une difficulté
et un écueil pour l'auteur de la monografie. Je dirai tout de
suite que la monografie de M. Barrau-Dihigo sur La Gascogne
est remarquable, malgré de petites taches de détail inévitables
dans de pareils travaus, d'autant plus que l'auteur s'occupait
d'une région vaste dont la bibliografie est immense. Ceci dit,
je ne pourrai m'occuper que de formuler les critiques de détail.
Tout d'abord, M. Barrau-Dihigo aurait dû déclarer que la Gas-
cogne, précise et véritable, est l'ancienne Aquitaine de César,
le pays, la terre compris entre les Pyrénées, le cours de la Ga-
ronne et l'Océan. Il ne saurait y avoir de discussion à ce sujet;
dès lors, qu'importe qu'une petite portion de cette terre soit
occupée par un peuple d'autre race, les Escualdanacs. Les cam-
pagnes d'Agen — rive gauche de la Garonne — sont de langue
gasconne, mais non pas les autres. C'est pourquoi, Jasmin,
qui se qualifiait lui-même de poète gascon, n'est certes pas un
poète gascon ; on peut être un poète, voire un. grand poète, et en
même temps un ignorant, surtout au point de vue filologique
M. Barrau-Dihigo. exécute un peu trop cavalièrement le Dic-
tionnaire Etymologique de la Langue Gasconne, d'Alcée Durrieu,
dans lequel, si le second tome n'est pas impeccable, l'auteur a.
parfaitement démontré l'ânerie monumentale! fabuleuse, inouïe
de la science officielle venant nous raconter que la langue occi-
tane dérive du latin corrompu I On peut s'étonner que M. Bar-
rau-Dihigo attribue à un anonyme le volume Poésies Populaires
en langue française, recueillies dans l'Armagnac ell'Agenais, qui est
de Jean-François Bladé; précisément dans ce volume, Bladé
LA TRADITION 29

indique bien que la langue de l'Agénois n'appartient pas au


gascon mais au « dialecte languedocien ».
Il est vrai que M. Barrau-Dihigo n'est rien moins que tra-
ditionniste. Sans qu'on puisse m'accuser d'être en la circons-
tance orfèvre, surtout demeurant sur le quai, je dois cependant
dire, d'après les preuves qui s'en trouvent dans son volume,
que M. Barrau-Dihigo ignore le traditionnisme. Le prenant
pour une chose puérile, non seulement il méconnaît son côté
artistique, estétique, mais ne se rend pas compte qu'il est une
science des plus hautes et des plus difficiles ça dépend de la
:
façon de le traiter. H m'est agréable de signaler que M. Barrau-
Dihigo porte le même jugement que moi sur La Vasconie de
M. de Jaurgain, dont j'ai rendu compte en son temps dans La
Tradition ; il a très bien marqué que M. de Jaurgain a lui-même
les propres défauts qu'il reproche à Bladé avec la plus tenace
insistance.
LANGUEDOC — Armanac de Lengodoc e de Gascounho per 4904
(Toulouse, F. Laclau ; pet. in-8", 80 p. 0 fr. 15 c.) — Cet Alma-
nach de Languedoc et de Gascogne pour l'année 19(Jl, est publié
par les félibres de VEscolo Moundino de Toulouse. C'est le lieu
de rappeler ici, puisque cela n'a pas été fait dans l'Almanach,
que, membre-fondateur de l'Escolo, c'est-à-dire ayant envoyé
mon adhésion lors de l'appel pour la constitution du groupe,
je réclamai, dans le premier n° de La Terro d'Oc, organe de
l'Escolo Moundino, la publication d'un almanach, comme pre-
mière manifestation indispensable. En effet, c'est surtout et
d'abord au peuple qu'il faut aller pour que l'oeuvre félibréenne
ne demeure pas vaine. Neuf ans après, on songe à réaliser ma
proposition ; j'ai le droit de m'en réjouir, bien que j'entende les
réflexions à la lecture de mes paroles : nous avions tous cette
idée Je réponds simplement : Connu ! Je veu me réjouir seu-
1

lement de la parution de cet Almanach, bien qu'on n'ait pas


fait appel à ma collaboration, et pour cause. 'J'ai déclaré, il y a
quelques années, dans La. Terro d'Oc, que je n'accepterais jamais
qu'une ortografe arbitraire fut imposée aus membres de VEs-
colo Moundino, où personne n'a le droit d'émettre pareille obli-
gation. L/Armanacde Lengodoc e de Gascounho per 190i est modeste
pour son début, et cela ne va pas plus mal ; il se développera,
se diffusera et rendra de grands services à la cause méridiona-
liste et décentralisatrice Je signalerai que l'Almanach donne
un assez grand nombre de proverbes populaires occitans.
Lou Députai de Balliarguel, par Alfonse Roque-Ferrier (Mont-
pellier, Durand frères ; in-S°. 19 p. 1 fr ). — Cette carnavalade
montpelliéraine est due à l'érudit Alfonse Roque-Ferrier , fé-
libre. Je le qualifie ainsi tout court, bien que je n'ignore point
qu'il est président du Félibrige Latin, groupement protestataire
sur certains points ; mais étant moi-même un félibre indé-
pendant, je considère seulement, en dehors d'un quelconque
groupe ou organisation, ce qui constitue en essence le félibre.
La brochure de Roque-Ferrier, qui se vend au profit des pê-
cheurs bretons, est une protestation contre les tentatives de
suppression des sept langues de France, non par le sujet de
la petite comédie, qui est une simple farce en trois parties,
mais par le fait même de la langue en laquelle elle est écrite
30 LA TRADITION

et par la pièce de vers ouvrant la brochure, Per las set Lengas


de Franco, que voloun debaussa, qui souligne l'intention. Lou Dé-
putât de Balharguet a bien son cachet de terroir et contient des
caractéristiques locales traditionnistes.
SAINTONGE.
—Inventaire sommaire des Archives Départementales
antérieures à 4790, série B, par Meschinet de Richemond (La Ro-
chelle, Eugène Martin; in-4°, 416 p. à 2 col.). — Nous avons
rendu compte, dans le dernier n",d'un volume de l'Inventaire som-
maire des Archives Départementales antérieures à 1790, par M. Mes-
chinet de Richemond, archiviste de la Charente-Inférieure,relatif
aus pièces concernant la commune de La Rochelle. Le volume ac-
tuel, série B,est la continuation du volume, séries A et B,que nous
avons analysé dans La Tradition de juin 1901. Avec quelques actes
généraus du pouvoircentral, série A, ce précédent volume renfer-
mait les archives relatives aus Cours et Juridictions,Parlements,
Bailliages Sénéchaussées et autres Juridictions secondaires,
Cours des Comptes,Cours
,
des Aides, Cours des Monnaies de Sain-
tonge. Il contenait l'analyse de 1005 articles de la série B. Le
nouveau volume contient l'analyse de la continuation des articles
1006 à 1828 de cette série. Ceus-ci concernent le Siège Royal de
Saint-Jean-d'Angély, la Juridiction de l'Abbaye Royale de Saint-
Jean-d'Angély, le Bailliage, Siège Royal et Cour des Salines de
Rochefort, la sénéchaussée et Présidial de La Rochelle. Nous
avons déjà fait remarquer combien était colossal le labeur ana-
lytique des pièces des archives de la Charente-Inférieure au-
quel s'est livré M. Meschinet de Richemond. Les volumes de
son Inventaire sont un répertoire précieu qui indiquent à reni-
ait, au chercheur, au traditionniste de très nombreuses pièces à
consulter sur les moeurs et coutumes, l'existence sociale d'au-
trefois .

JOURNAUS ET REVUES

La Tradition accepte les échanges qui lui conviennent, mais


elle ne cite que les revues ou journaus qui l'ont signalée.
Le Capitole (Paris), décembre : Un Maître Toulousain : Icart.
La Fount-Luqueto (Dr B.). — Echos Toulousains.
L'Echo du IX" Arrondissement (Paris), 3 décembre : Félicien
Champsaur. — 10 décembre : Victor Roger. — L'Art du Cuir
(M. Hutin). — 17 décembre : Georges Grisier. — 24 décembre :
Brieu. — 31 décembre : Le Mime Farina.
Alceste (Paris), 12 décembre : Les Fouilles de M. Redon : Le
Soubassement inconnu du Louvre (Louis Richard). —Le Salon
d'Automne (Sunlight), — Bibliografie (De Beaurepaire-Fro-
rnent).
La Province (Paris), décembre : Un Poète de Terroir : Mau-
rice Rollinat (Henrj^ Gay). — Le Museon Arlaten (Frédéric
Charpin). — Les Habitations Chinoises (Auguste Benoist)
LA TRADITION 31

L'Humanité Nouvelle (Paris), décembre : La Conception Sociale


de Fichte(Gustave Mayer). — Chronique des Lettres Allemande,,
Anglaise, Française, Portugaise
Le Monde Occulte (Paris), octobre : Téories et Procédés con-
cernant les Guérisons miraculeuses (Marestan). — Essai d'ex-
plication scientifique des' Personnifications Spirites et des Fé-
nomènes Psychiques (Maxwel). <— Bibliografie (P. R.).
L'Ouest Artistique et Littéraire (Paris), décembre Congrès de
:
l'Union RégionalisteBretonne. — Les Provinces de l'Ouest (Eli.).
L'Intermédiaire des Chercheurs et Curieus (Paris). 10 décembre
:
De qui est l'Hôtel-de-Ville de Paris ? (E. Mareuse). — Grattoirs
préhistoriques (E. Grave). — La légende du poète Gilbert
(A. S... E). — Proverbes sur l'alcoolisme (Paimblant du Rouil).
— Midinette (P. L.). —Pied du Diable (Dr A. Vercoutre) —20 dé-
cembre : Iconografie du meurtre rituel (M. Liber, G. de Massas).
— Saint Jean
l'Evangéliste (F. Bl.). —Saint Expédit (A. Sage).

Les Reliques (A. S... E). —Saint-Martin et les Cornes. —
30 décembre Un mode d'empoisonnement au XVII» siècle (Cu-
:
riosus). — La Couleur de la Carmagnole (C. B.). — L'Ordre de
Cordelière (C. B.). — L'Ordre de la Cordelière (Palliot le Jeune).
de cartes à jouer (Louis Morin). —Origine
— Les Fabricants(Garumnus).
de la déesse nue
Polybiblion (Paris), décembre Histoire de l'Art dans l'An-
:
tiquité, par Georges Perrot et Charles Chipiez ; Sports et Jeus
d'adresse, par Henry d'Allemagne La Franche-Comté, par
;
Henri Bouchot ; L'Epopée Biblique, par H. Boissenot ; La Bel-
gique Pittoresque, par Constant de Tours ; Aus Pays de la
Prière, par Henri Guerlin (Visenotj.
Notes d'Art et d'Archéologie (Paris), décembre : L'Exposition
de Dinant (Josef Determ). — La Sculpture Bourguignonne et
les droits du Musée de Dijon André Girodie). — Le Salon
I
d'Automne (P. Mouliet). — Notes de Province (Baron de
Wismes).
La Pensée (Paris), décembre : Le Téâtre Breton (Maurice
Duhamel). — La Gargote (André Tudesq).
La Lorraine (Nancy), décembre : Madame Falconet (A. V.). —
La Nympfe et la Satyre (Léon Tonnelier).
La Jeune Champagne (Reims), décembre : Le Portel (Ernest
Raynaud). — Lettres sur la Patrie (Nemo). — Pangermanisme
et Décentralisation (La Boëtie). — Bobinette ou les Pincettes
Perdues (Maurice Deligny).
Revue du Nivernais (Beaumont-la-Ferrière), décembre : La
Noël du pauvre (Ja). — Sur la flamme (Edmond Blanguernon).
— Jules Renard (Henri
Bachelin). — Notre terre (Achille
Millien).
La Gerbe NormandeÇLe Hâvre-de-Grâce), décembre : Triptyque
(Auguste Germain). — La Forêt (Georges Touret).
La Province (Le Hâvre-de-Grâce), décembre : En Annam
(Georges Burghard). — La Comédie du Juge (Robert de la Vil-
lehervé).
Revue de Bretagne (Vannes), décembre : L'Idée décentralisa-
trice et les partis politiques sous la Restauration (Dr A. Rous-
32 LA TRADITION

seau). — Union Régionaliste Bretonne (Henry de la Guichar-


dière). — Le Père Noël (Jos. Parker). — Antoine de la Salle et
le Seigneur du Chastel (Vte de Calan).
Le Terroir Breton (Nantes), décembre : Régionalisme et Cato-
licisme en Bretagne (Léon Le Berre). —Le Sonneur de Bom-
barde de Pen-lnis (H. Liber).
La Vendée Historique (Luçon),' 5 décembre : Zig-Zags au Pays
des Géants (Henri Bourgeois). — La Flocellière (H. B.). —
20 décembre : Choses de Chez Nous (H. B.).—Fontaines(H. B.).
Revue du Bas-Poitou (Fontenay-le-Comtej, 4° trimestre 1903.

Nous savons, par coupure du Courrier de la Presse que le n°
du 4e trimestre de.1903 de la Revue du Bas-Poitou a.cité La Tra-
dition, mais le n" ne nous a pas été envoyé, pas plus qu'aucun
autre n» de 1903.
Les Annales Fléchoises (La Flèche). —-Nous savons, par cou-
pure de l'Argus de la Presse, que le n° de décembre des Annales
Fléchoises a signalé La Tradition, mais ce n" ne nous est pas
parvenu.
La Brise (Brive-la-Gaillarde), décembre : Couchers de Soleil
(Jean du Téron). — Notes de Baltazar Sabrefol (Poinsot et
Normand}'). — Les Petites Communiantes (Eugène Arnaud).
La Vie Toulousaine (Toulouse), 5 décembre : Félibrige et Ré-
gionalisme (Alfonse Artozoul). — Invocation au Sommeil (De
Beaurepaire-Froment). — 12 décembre : L'Union Latine et le
Régionalisme (Bernard Sarrieu). — Emile Piahet (Paul Yaki).
— 19 décembre : Romuald. Joubé (Paul Yaki). — L'Etude
de
maître Passarieu (FilineBurnet). —25 décembre : Noël (Armand
Praviel). — L'Autre Nuit de Noël (De Beaurepaire-Froment).
L'Ame Latine (Toulouse), décembre ; Une Lettre de Volney au
premier Consul (Henri Maz.el). — Venerque (Marc Lafargue)
Revue Méridionale (Carcassonne), décembre : Maurice Rollinat.
— Reprouberbis, Macsimos e Redits (E. B.).
La Revue Forézienne (Saint-Etienne), décembre : Stefanoiseri.es
(Un Vieu Gaga). — La Bête du Filosofe (Ch. Revel).
Les Alpes Pittoresques (Grenoble) : La Vieille Tour (Henri Se-
cond). — Pour ne pas coiffer sainte Caterine (Reproduit de La
Tradition). — Dans la Capitale de la Savoie (Viator).
Le Clocher Provençal (Marseille) : La Niue de Nouvè (Hector
Jacomet). — Les Fêtes de la Noël en Provence (Odysse Riche-
mont). — La Bressarello de PEnfant-Jèsu (Louis Astruc).
Lou Félibrige (Marseille), décembre : Assemblado Generalo de
la Mantenènço de Prouvenço. — Li Novo Felibrenco.
Jadis (Bruxelles), décembre : Paille dans les églises (Em.
de M.). — Deuil (Viator, A.-D., Spectateur). — Le Téâtre Popu-
laire d'Anvers (A. F.).

Le Gérant : LE BAYON.
Vannes. — Imprimerie LAFOLYE FRÈRES, 2, place des Lices.