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Ed. resp.

: Dominique Jacques
Rue Nanon 98, 5000 Namur
Bimestriel janvier - février 2014
Dépôt : Turnhout
P201134

Dossier Spécial :
MARAICHAGE
Portraits
Techniques
Economie
Règlementation

Conseils techniques
Les avancées du bio
Règlementation en pratique
L’actu du bio
Evènements
Nouvelles des régions

Réflexions (im)pertinentes
Rendez-vous du Mois
Agenda
Formations
...

n°14 Le magazine de tous les acteurs du bio !


01-02/2014

Biowallonie
SCIENCES et METIERS
Arnaud Heuschen

de LA NATURE

CENTRE PROVINCIAL D’ENSEIGNEMENT AGRONOMIQUE DE LA REID


Enseignement secondaire-Enseignement supérieur-Enseignement de Promotion sociale -CEFA
Route du Canada, 157 B-4910 La Reid tel 087 21 05 10 ipealr@provincedeliege.be
www.mafuturecole.be

Aliments Animaux Bio


Aliments simples : Orge, épeautre,
avoine, triticale
Féveroles, pois, maïs, tourteau de soja
Tourteau de tournesol
Aliments composés vaches,
jeunes bovins, porcs, volaille
On peut travailler à la carte,
c’est vous qui décidez

Condiments minéraux
- Sels minéraux
- Bloc à lécher
- Sel marin
- Algues marines
- Magnésie, cuivre, sélénium
- Huile de foie de morue
SOMMAIRE
4 Reflets
Biowallonie, la nouvelle structure se met en place
édito
6 Dossier ‘Maraichage’
PORTRAITS
Nicolas Deeker
Pierre Le Maire
La Ferme de Moranfayt
La Ferme des Grands Près
TECHNIQUES
Techniques pour optimaliser son temps
de travail dans un système maraîcher
«bio-intensif» Au revoir 2013 et bonjour 2014 !
Culture Maraîchère de plein champ bio
J’aimerais commencer cet Itinéraire en vous souhaitant, au nom de toute l’équipe, une
ECONOMIE
Produire des légumes, rentable ? année 2014 de bonheur et de prospérité.
RÈGLEMENTATION
Règles de bases pour la production végétale L’année 2013 fut une année remplie de réflexions et de changements pour le secteur
biologique Bio avec notamment l’élaboration et l’adoption du plan stratégique bio à l’horizon
2020, qui, initié par le Ministre Carlo di Antonio, trace les objectifs à suivre pour
24 Conseils techniques le développement du secteur avec la mise en place de Biowallonie (p 4). De plus,
L’anthracnose du lupin
cette fin d’année fut également une période de travail intense avec le Cabinet et
25 Les avancées du bio l’administration sur la future réforme de la Politique Agriculture Commune pour l’UNAB
27 Règlementation en pratique partenaire du CPBio et le Code Wallon de l’Agriculture qui sont deux dossiers capitaux
29 L’actu du bio et complémentaires pour tous les agriculteurs en Wallonie.
EVÈNEMENTS
Séances d’information sur l’agriculture Ce Noël 2013, les producteurs de lait biologique de la région de Chimay ont reçu une
biologique bonne nouvelle par leur laiterie LDA - pour ne pas la nommer - comme quoi leur lait
Circuit court rentre enfin dans le circuit bio à partir du 5 janvier 2014.
Groupements d’achats alimentaires
Boucherie bio Herin Et pour commencer cette année 2014, nous vous proposons un Itinéraires bio consacré
NOUVELLES DES RÉGIONS au maraîchage. Vous allez découvrir à travers les différents articles des portraits de
Appel à candidature CRA-W maraîchers (p 6), la réglementation (p 27) sans oublier les conseils techniques, formations
et événements (p 29). Nouveauté de cette année, afin d’étoffer vos connaissances, le
34 Réflexions (im)pertinentes du Mois
CRA-W (cellule Bio-Pro) élabore des articles pour vous (p 24). Vous pourrez aussi lire
35 Rendez-vous du Mois la réflexion de l’UNAB sur le futur PGDA (p 34) et enfin, les incontournables petites
Agenda
annonces. Vous trouverez dans cet Itinéraires bio une invitation pour une journée
Formations
Livres du mois d’information pour tout le secteur bio à Ciney le 29 janvier en présence du Ministre
Petites annonces afin de trouver des réponses à vos questions et d’avoir un échange avec le Ministre.
Coin famille
Pour finir, je voudrais attirer votre attention sur le nouvel outil d’identification des
produits agricoles wallons. Il sera, dès 2014, important d’utiliser cette pastille afin de
sensibiliser les consommateurs à une consommation locale et responsable.
Vos remarques et vos questions sont les bienvenues.
Pour votre revue, voici vos contacts pour chaque association :
Biowallonie: Noémie Dekoninck : noemie.dekoninck@biowallonie.be
0479/937.034 En vous souhaitant une bonne lecture,
CEB : Bernadette Thiran : Bernadette.thiran@cebio.be
081/390.699
Nature et Progrès : François de Gaultier :
encadrement@natpro.be - 081/323.056 Dominique Jacques
UNAB : Sylvie La Spina : laspina.unab@gmail.com
0487/346.078
Bimestriel N°14 de Janvier 2014.
Itinéraires Bio est une publication commune du Centre Pilote Bio asbl
(CPBio), Rue Nanon, 98 à 5000 Namur. Tél. : 081/390.699
Fax : 081/390.691 - Courriel : info@cebio.be - www.cebio.be
Cpte Banque : 001-5416812-20
Ont participé à ce numéro : Bénédicte Henrotte, Noémie Dekoninck,
Frédérique Hellin, Sylvie La Spina, François Grogna, Muriel
Huybrechts, François de Gaultier, Émilie Guillaume, Ariane Beaudelot,
Carl Vandewynckel, Julie Legrand, Louis Hautier, Charlotte Bataille,
Dominique Jacques
Crédit photographique : Philippe Grogna, Emilie Guillaume, François de
Gaultier, Stéphanie Chavagne, Sylvie La Spina, Nicolas Deeker, Pierre
Le Maire, Bernard Brouckaert, Jean-Yves Van Compernolle, INRA
Editeur Responsable : Dominique Jacques - jacques_fas@yahoo.fr
0477/722.475.
Directeur d’édition : Philippe Grogna - philippe.grogna@biowallonie.be
Conception graphique : Mission-Systole - info@mission-systole.be.
Administration et secrétariat : Bernadette Thiran - bernadette.thiran@
cebio.be
Pour vos insertions ou actions publicitaires :
Denis Evrard - 0497/416.386 - denis.evrard@happymany.net
Ce bulletin est imprimé en 3000 ex. sur du papier Cyclus Print 80g.
100 % recyclé sur les presses de l’imprimerie Joh. Enschedé/
Van Muysewinckel à Bruxelles.
Reflets

Biowallonie

Biowallonie,
la nouvelle structure
se met en place
Philippe Grogna

Comme annoncé dans l’édi- nouvelle structure : le collège des pro- Si Biowallonie existe bel et bien, son
tion précédente, Biowallonie ducteurs. Cette structure rassemble les image n’est pas encore présente dans
a effectivement démarré ce différentes spéculations de l’agricul- l’environnement bio. Ce manque de
1er novembre 2013. Cette ture conventionnelle et le secteur bio visibilité, principalement dû à son dé-
nouvelle structure émane de (toutes spéculations confondues). Bio- marrage récent et aux changements
la réforme de l’agriculture en wallonie est une structure opération- qui s’exécutent pour l’instant au niveau
Région Wallonne du Ministre nelle et exécutante, et les actions du de plusieurs structures du secteur, sera
Carlo Di Antonio et se veut plan stratégique pourront à terme être rapidement comblé par la mise en
unique en regroupant diffé- adaptées de manière à répondre à des place d’outils de communication tels
rents services aux produc- demandes ou à des besoins plus spéci- que cette revue « Itinéraires BIO » dont
teurs bio. fiques des producteurs. C’est le collège l’édition est reprise par Biowallonie.
des producteurs (la partie bio) qui,
Les premiers membres de l’équipe avec le service d’appui au collège des Le numéro du mois de novembre a pré-
sont pour la plupart connus du secteur producteurs (Socopro), aura la tâche senté un extrait de la convention cadre
puisqu’ils sont presque tous issus du de consulter les producteurs du secteur de Biowallonie avec la Wallonie. Cet
Centre Pilote Bio (CPBio) et de l’asbl afin de rassembler leurs différentes extrait reprenait les différentes actions
BioForum Wallonie. Il s’agit d’Ariane demandes, puis de produire les diffé- issues du plan stratégique. Sur base de
Beaudelot, qui travaille sur les bases de rentes recommandations et/ou attentes ces actions, trois grandes missions ont
données, les statistiques et le dévelop- en concertation avec le ministère. été établies.
pement de filières ; Bénédicte Henrotte
pour la vulgarisation de la règlemen- Dans un premier temps, en attendant 1ère mission : encadrement
tation et le développement de filières ; la mise en place du collège des pro- des producteurs en agriculture
Frédérique Hellin qui suit l’accompa- ducteurs, une transition a lieu entre biologique
gnement de collectivités et le dévelop- les missions du CPBio et Biowallonie.
pement de filières ; Noémie Dekoninck Cette dernière assure en effet le pro- Nous accompagnons les producteurs
qui est chargée de communication et gramme du CPBio qui prend fin ce 31 en agriculture biologique, qu’ils soient
accompagne également les collectivi- mars 2014. La plupart de ces missions déjà en bio ou qu’ils soient en conver-
tés ; Stéphanie Chavagne qui participe étant reprises dans les actions du plan sion, de manière à ce qu’ils puissent
à la construction de l’image de Biowal- stratégique pour le développement de se développer de manière optimale.
lonie ; Carl Vandewinckel et François l’agriculture biologique à l’horizon Nous leur dispensons des conseils per-
Grogna qui sont conseillers techniques 2020 que Biowallonie doit mener à sonnalisés ou des formations théma-
en ferme ; et enfin moi-même, Philippe bien, elles seront soit terminées, soit tiques directement liées à leurs activi-
Grogna, en tant que coordinateur. poursuivies par Biowallonie. tés. Nous soutenons les coopératives,
Toutes ces personnes ont commencé et le développement des circuits courts
sont déjà opérationnelles. Trois autres Biowallonie ne travaillera pas seul, dif- et vulgarisons la règlementation bio.
personnes seront recrutées et viendront férents partenariats ou collaborations Avec nos partenaires, nous informons
renforcer l’équipe dans les semaines à sont déjà en train de se mettre en place également sur des techniques inno-
venir, de manière à pouvoir aborder et d’autres sont appelés à se créer vantes et accompagnons les agricul-
l’ensemble des missions. dans le secteur, que ce soit au niveau teurs dans le but de faciliter le travail
de la recherche, de la promotion, de la du producteur et d’augmenter le rende-
La mise en place de Biowallonie ac- formation … ou bien même au niveau ment de la production bio.
compagne la constitution d’une autre de provinces ou de communes.

4
Reflets

Notre équipe

Frédérique HELLIN
0479/937.022
frederique.hellin@biowallonie.be
Philippe GROGNA François GROGNA
0497/519.190 0499/189.591
philippe.grogna@biowallonie.be françois.grogna@biowallonie.be
Bénédicte HENROTTE Stéphanie CHAVAGNE
0479/936.979 0479/936.987
benedicte.henrotte@biowallonie.be stephanie.chavagne@biowallonie.be

Noémie DEKONINCK
Ariane BEAUDELOT 0479/937.034
noemie.dekoninck@biowallonie.be
0479/937.016
ariane.beaudelot@biowallonie.be
Carl VANDENWYNCKEL
0478/753.000
carl.vandenwynckel@biowallonie.be

2ème mission : Création de nou- acteurs concernés, nous soutenons la existantes. Nous mettons en place
velles filières au niveau des produc- recherche de nouveaux débouchés. des formations complètes au niveau
teurs, des transformateurs, des dis- Nous accompagnons et sensibilisons à des cursus scolaires ou des formations
tributeurs de la restauration et des l’introduction de produits biologiques continues pour les agriculteurs ou les
magasins dans la restauration. transformateurs. Nous présentons une
agriculture biologique viable pour le
Nous travaillons à l’introduction et 3ème mission : Promotion producteur, valorisant une production
à l’utilisation des productions biolo- de l’agriculture biologique à sociale et locale, assurant une autono-
giques dans le secteur alimentaire en l’attention des professionnels mie de la ferme.
général. A cette fin, nous accompa- conventionnels
gnons les producteurs, les transforma- La vision que nous avons pour Biowal-
teurs, les distributeurs et les magasins Nous organisons la promotion de lonie est d’intégrer pleinement l’agri-
pour le développement d’un bio acces- l’agriculture biologique auprès des culture biologique wallonne dans notre
sible (logistique, quantité, prix, infor- professionnels du secteur agricole, société en la rendant incontournable et
mation…) et les mettons en relation. via des séances d’informations et des accessible à tous.
En collaboration avec les différents journées de visites d’installations bio

5
Dossier du Mois

DOSSIER DU MOIS
Maraichage
PORTRAITS

NICOLAS DEEKER ensemble ils développent un modèle définir le mode de fonctionnement


économique et solidaire qui condui- et pour fixer les prix des produits et
Par François de Gaultier ra deux ans plus tard à la création le revenu de Nicolas. Au moment de
de la première AMAP de Wallonie. la création, Nicolas a déjà trouvé un
C’est en 2004 que Nicolas met Nicolas est séduit par le système terrain en location, équipé en eau
un premier pied en maraîchage dans ses valeurs sociales, environne- et électricité, préférant cette option
bio via la formation dispensée par mentales et militantes, et par le fait à celle de l’achat d’un terrain non
le CRABE1. Ce devait être le bon qu’il constitue une réelle alternative équipé.
pied puisqu’aujourd’hui il en vit et économique.
ne compte pas s’arrêter. Pour se Aujourd’hui ce sont 144 familles qui
« faire la main », il cumule plusieurs L’AMAP, par les liens intimes qu’elle ont signé un contrat avec Nicolas, lui
stages chez différents producteurs : crée entre producteurs et mangeurs, pré-paient les légumes, et le côtoient
Semailles, l’Ortie-culture, les Fraterni- comprend également des aspects chaque semaine sur divers points de
tés ouvrières, La ferme du Montaval pédagogiques et didactiques qui livraison. Nicolas cultive ainsi plus
et chez Vincent Cantaert. C’est chez motivent fortement Nicolas. Il faut en de 100 légumes différents, 10 mois
ce dernier que Nicolas fait ses pre- tout deux années au groupe formé par an.
miers pas en tant qu’indépendant, autour de Nicolas pour concevoir le
sur un terrain de 50 ares prêté par partenariat producteurs-mangeurs, 1
Voir www.crabe.be
Vincent Cantaert.

Durant une période d’une année, Ni-


colas a pu s’essayer en tant qu’indé-
pendant, développer sa clientèle de
mangeurs, se faire connaître, sans
devoir prendre de grands risques
puisque Vincent Cantaert lui prêtait
le terrain et du matériel, tout en lui
fournissant des conseils précieux.
Suite à cette année d’essais gran-
deur nature, Nicolas affine sa tech-
nicité tout en apprenant à gérer des
commandes.

Parallèlement, au sein du Groupe-


ment d’Achats Communs de Louvain-
la-Neuve, se crée un groupe de ré-
flexion pour la création d’une AMAP
(Association pour le Maintien de
l’Agriculture Paysanne). Ce groupe
entre en contact avec Nicolas et

6
Dossier du Mois

PIERRE LE MAIRE
Par Sylvie La Spina

Pierre Le Maire est agriculteur bio à


Borlez (Faimes), au coeur de la Hes-
baye. Il y gère une ferme de 75 hec-
tares de cultures de céréales et de
légumes, et travaille sur 75 hectares
supplémentaires dans des fermes voi-
sines.

Après 22 ans de pratique conven-


tionnelle, en 2000, Pierre décide
de passer en bio. Il commence pru-
demment avec 3,7 hectares, «pour
essayer». Plutôt satisfait de l’expé-
rience, Pierre augmente progressi-
vement les surfaces pour finalement
convertir le reste des terres en 2010.

La motivation de Pierre était de profi-


ter de la demande en produits bio de marché, la rentabilité de la ferme est
la coopérative de l’Yerne. Mais outre évidente. Mais elle dépend principa-
ce créneau économique, Pierre s’est lement de deux conditions : maîtriser
rendu compte, dans la pratique, que à la fois la culture et le débouché.
l’agriculture bio lui convenait mieux.
«On redécouvre son métier», dit-il. La culture légumière de plein champs
est plus risquée que la plupart des
La production bio demande d’obser- autres cultures. Elle demande des
ver, d’anticiper, de comprendre le budgets de départ importants : «On
fonctionnement du sol et d’agir en joue plus gros». L’échec d’une culture
fonction. «On est content de voir que peut avoir de lourdes conséquences
ça fonctionne tout aussi bien, voire financières. Il est dès lors important
mieux, en apportant moins d’intrants de posséder une maîtrise technique
au sol». des cultures, de disposer de main
d’oeuvre aux moments-clés et d’in-
Sur ses 75 hectares, Pierre cultive vestir dans l’équipement adapté.
actuellement 25 ha d’épeautre, 11
ha d’orge, 11 ha de haricots, 8,5 Pierre a recours à des entrepreneurs
ha de carottes, 3,5 ha d’oignons, 3 pour l’installation des cultures légu-
ha de panais, 2 ha de céleris et 11 mières et leur récolte. Néanmoins,
ha de pommes de terre. Les rotations il a décidé d’investir dans les outils
sont longues afin de briser le cycle d’entretien polyvalents (bineuse,
des maladies et il alterne céréales, herse étrille, etc.). Pour les plantes
engrais verts et légumes. Pour la fer- sensibles, Pierre a fait installer un
tilisation, Pierre fait des échanges système d’irrigation.
paille - fumier composté et complète
par un fertilisant organique du com- Le plus important selon Pierre est
merce. de trouver des débouchés pour ses
cultures. Dans sa ferme, le plan de
Les rendements sont tout à fait satis- culture est fait en fonction des contrats
faisants au yeux de Pierre : environ pris en hiver. Pour les légumes, Pierre
6,5 à 7,5 T/ha d’épeautre, 5 T/ha travaille principalement avec Hes-
d’orge, 9 T/ha de haricots, 55 T/ha baye Frost, et des entreprises de
de carottes, 45 T/h a d’oignons et conditionnement de légumes pour
30 T/ha de pommes de terre. le marché du frais pour les circuits
longs. Il s’est également lancé dans
Etant donné la baisse des coûts des le conditionnement des panais et des
intrants par rapport à l’agriculture céleris en hiver pour les grandes sur-
conventionnelle et surtout le meilleur faces et vend des produits frais à la
prix de vente des légumes bio sur le ferme depuis octobre.

7
Dossier du Mois

LA FERME DE
MORANFAYT
Par Bénédicte Henrotte et
Carl Vandenwynckel

La ferme de Bernard et Sylvia Brouc-


kaert a toujours été dirigée vers
l’agriculture durable.

C’est en 1971 que les parents Ber-


nard (Joseph et Michelle) reprennent
la ferme et très vite, en 1975, ils
s’orientent vers la biodynamie. Dans
les années nonante, ils participeront
même à l’élaboration du cahier des
charges européen pour le bio. La
ferme restera tout ce temps en poly-
culture élevage.

En 1992, ils furent officiellement


labellisés bio. En 1999, leur fils Ber-
nard leur succéda. Ce dernier fit pro-
gressivement grandir la ferme pour une meunerie et le mélange sert à la demande croissante en produits
arriver aujourd’hui à une surface de l’alimentation du bétail. locaux.
80 ha dont : 15 ha de prairies per-
manentes, 35 ha de prairies tempo- Le reste de leur production (lait cru, Dans le magasin, vous retrouvez
raires, 10 à 15 ha de pommes de fromages, beurre et pommes de terre ) beaucoup de produits bio et locaux.
terre, de blé et d’un mélange: triti- est vendu à la ferme et, depuis Allez leur rendre visite, vous ne serez
cale-avoine-pois. Le blé est vendu à 2008, via des distributeurs. La publi- pas déçus ! D’ailleurs, ils recherchent
cité la plus efficace, c’est le bouche un associé pour la vente afin de
à oreille et un panneau sur la route. pouvoir rouvrir le dimanche matin,
La ferme bénéficie d’une bonne si- leur meilleur jour de vente pour les
tuation à 100 mètres d’une grande légumes.
route.
Avantages et inconvénients de
En effet, l’originalité de la vente l’association
directe c’est qu’en plus du magasin
ouvert 5 jours/semaine la ferme s’est Pour Bernard, l’association d’une
dotée de 4 distributeurs automa- ferme d’élevage avec des grandes
tiques, pour les clients plus pressés cultures et un maraicher permet des
en dehors des heures d’ouverture du complémentarités importantes, aussi
magasin. C’est clairement un moyen bien sur le plan humain (apport de
de vente différent pour une autre nouvelles compétences pour la pro-
clientèle. duction maraichère, main d’œuvre
- Un distributeur à plateaux 10 pro- supplémentaire, entre-aide) que sur
duits (pour les produits laitiers) le plan technique (échange de maté-
-U  n distributeur à pain riel, fabrication et épandage du com-
- Un distributeur à cageots pour post facilités, …).
les cubi de jus de pomme et les
pommes de terre L’association permet au maraicher
-U  n distributeur de lait cru d’avoir une clientèle de base et les
légumes permettent d’attirer de nou-
Pour élargir son offre, Bernard veaux clients pour le magasin. De
a débuté en 2010 la production plus, le maraicher a directement
maraîchère avec une associée. Il accès à une terre bio (pas de conver-
a choisi de s’associer car le travail sion). Attention, après plus d’un an
ne manque pas avec les légumes ! de location d’un terrain à une même
La ferme propose une vingtaine de personne, celui-ci peut prétendre au
légumes de plein champ (carottes, bail à ferme.
brocolis, panais …) et des tomates
de serre. L’association peut cependant entrai-
ner quelques difficultés car il est dif-
En 2013 l’activité maraîchère ficile de penser de la même façon et
s’étend sur 60 ares et la serre produit de toujours s’entendre.
des tomates variées pour répondre à

8
Dossier du Mois

LA FERME DES - la culture sans couvert et le repi-


GRANDS PRÉS quage sur terre propre après faux
semis (dès qu’il fait bon)
Par Bénédicte Henrotte et - après le repiquage, un à deux bi-
Carl Vandenwynckel nages mécaniques sont réalisés de
même que deux à trois désherbage
C’est en 1991 que Jean-Yves décide manuel. Le passage de la houe
de reprendre la ferme familiale de rotative a été remplacé depuis peu
ses parents et grands-parents. Ferme par un vibroculteur plus efficace.
qui au départ était consacrée aux - dès que la récolte d’une plantation
grandes cultures et à l’élevage de est plus ou moins terminée, la par-
bovins laitiers Blanc Bleu Mixte. Dans celle est broyée et retravaillée.
un souci de diversifier ses activités,
Jean-Yves débute la production de lé- En terme de main d’œuvre pour
gumes en 2000 sur une partie de la l’ensemble sa ferme, Jean-Yves a
superficie de sa ferme. Rapidement, pour l’aider, pu engager un ouvrier
en 2001, sensible à l’approche bio à temps plein et il occupe plus ou
et sollicité par Biomarché, il com- moins 4 saisonniers (plantations,
mence la production de brocoli et désherbages manuels et récoltes).
fenouil bio. A l’époque, c’était 1,5
hectares qui étaient consacrés au La commercialisation
bio. Actuellement, Jean-Yves cultive
5,5 hectares en bio. Il a ajouté à sa Comme il n’a pas de temps à consa-
crer à la vente directe, ni assez de Ce qui est important pour sa
gamme le chou-fleur et la betterave rentabilité, c’est d’avoir la produc-
rouge. légumes pour ouvrir un magasin,
il est essentiellement concentré sur tion la plus en relation avec la de-
la vente en gros. Cependant, pour mande du grossiste afin d’éviter les
Pourquoi ces légumes? surproductions.
ses fraises et les asperges produites
D’abord, d’un point de vue tech- en cultures raisonnées, il fait de la
vente directe de mi-avril à la fin juin. Une des difficultés, c’est :
nique, ils ont des cycles végétatifs - de répondre aux exigences de
courts (environ deux mois), qui lui Jean-Yves est donc tiraillé entre deux
courants, et pour lui ce n’est pas tou- qualité de la grande distribution
permettent de lutter plus efficacement (parfois critères de qualité trop
contre les adventices. Avant chaque jours facile de se positionner. Ce qui
est important, c’est de produire des proche des standards attribués aux
saison de culture, il se met d’accords légumes conventionnel),
avec la coopérative Interbio (ancien- fruits et légumes de qualité sains et
propres avec un minimum de pro- - et d’avoir la qualité et quantité qui
nement GPFL) pour les cultures à répond à la demande. Par exemple
venir. duits phytosanitaires. Il remarque
cependant que ses champs bio sont cette année, avec le printemps froid,
bien vivants, il apprécie la meilleure il a, malgré l’échelonnement de ses
La base de sa technique culturale : repiquages de brocolis, chou-fleurs
- une rotation en trois temps : un cou- stabilité des prix des légumes bio et
malgré une concurrence de plus en et fenouils, récolté 3 lots en même
vert en interculture composé d’un temps.
mélange graminée-trèfle (2,5 ha) plus présente de la Flandre et de la
suivi du chou-fleur (0,5ha) et brocoli Hollande, le débouché est plus faci-
(1 ha) et puis par le fenouil (1 ha) et lement assuré.
la betterave (0,1 ha).

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Flexibilité

9
Dossier du Mois

Techniques pour
optimaliser son temps de
travail dans un système
maraîcher « bio-intensif »
Émilie Guillaume

TECHNIQUES
Qu’est-ce que la Parallèlement, Nicolas Deeker, ma- Premièrement, fixer les objectifs de
planification en raîcher chez nous, témoigne de ses vente dans un calendrier prévision-
maraîchage ? expériences culturales qui renforcent nel: il s’agit de déterminer la compo-
celles de Jean-Martin. sition du volume à vendre semaine
Une planification culturale annuelle après semaine et pour l’ensemble de
détermine la gamme de légumes à Organisation du temps la saison. Aujourd’hui, Jean-Martin
produire et leur mise en place tout au de travail et calendrier vise une production de légumes pour
long de l’année, aussi bien en plein cultural annuel fournir 140 paniers. La quantité de
champ que sous tunnel. Mais pro- légumes nécessaire pour les paniers
duire pour récolter au bon moment Dès les premières années, un jeune est augmentée de 40 %, c’est ce qui
n’est pas si évident. Par exemple, maraîcher est vivement invité à éta- correspond à la vente sur le marché
les maraîchers subissent souvent une blir son plan cultural annuel, même hebdomadaire. Selon lui, le conte-
chute des ventes en été ; les consom- si celui-ci est modifié par la suite. Il nu vendu sous forme de panier est
mateurs sont en vacances, les pota- ne faut rien laisser au hasard, toutes similaire à celui du marché. Après
gers sont en effervescence et le maraî- les informations susceptibles de nous avoir planifié précisément la com-
cher est contraint de réorganiser son échapper une fois plongés dans le position des paniers semaine après
travail. Par contre, durant les mois de feu de l’action doivent idéalement semaine, il planifie rigoureusement
septembre-octobre, la demande en lé- se retrouver sur ce calendrier. Il faut les dates de semis pour les livraisons
gumes via les circuits-courts rebondit. y inscrire les dates auxquelles il est du début (4 premières semaines) et
Alors, comment viser juste ? nécessaire de préparer les planches, de la fin (4 dernières). Il remarque
d’intervenir sur la fertilisation, le dés- que certains légumes doivent revenir
Dans cet article, nous tenterons de herbage, etc. Pendant l’année cultu- plus régulièrement que d’autres tels
faire ressortir quelques-unes des tech- rale, ce calendrier permet d’avancer que les tomates, laitues, fines herbes,
niques utilisées notamment par Jean- sans se poser trop de questions et concombres, carottes, courgettes,
Martin Fortier, maraîcher au Québec, d’éviter tout oubli en fin de saison. poivrons, oignons.
pour optimaliser son temps de travail. Jean-Martin Fortier décrit ce qu’il ap-
Il est venu cette année partager les pelle être un véritable exercice.
fruits de ses réflexions lors de diverses
conférences dont celle organisée par
le CP Bio et le CRABE asbl. Au cours
de ses expérimentations, il a rassem-
blé un ensemble de connaissances
pratiques qualifiées de « bio-inten-
sives ». Il cherche à maximiser le ren-
dement économique d’une surface,
tout en ayant le souci de conserver et
d’améliorer la qualité du sol selon les
principes de l’agriculture biologique.
Il a réuni ses conseils pratiques dans
son livre intitulé « Le jardinier-maraî-
cher » en vente à la librairie de Na-
ture & Progrès.

10
Dossier du Mois

Grâce à son plan de rotation de


l’année en cours, il connaît la super-
ficie disponible par catégorie de
légume et le nombre de plants qu’il
est réellement possible de produire.
Il compare le calendrier prévisionnel
des ventes aux données du plan de
rotation. Cette étape peut remettre
tout en cause. Il faudra faire des
compromis. Une fois ceux-ci trouvés,
chacun des légumes aura son propre
tableau reprenant les dates de semis,
de repiquage, le nombre de jours où
la culture demeure sur la parcelle
et les dates de récolte. Jean-Martin
ajoute 14 jours à la date théorique
de récolte afin d’être sûr que la
culture soit arrivée à terme.

La transplantation des
semis

Les échéanciers des semis rythment ture flottante qui permet d’augmenter site. L’espace cultivable est aménagé
la planification de la production an- la température de 2 à 3 degrés. en plates-bandes surélevées appe-
nuelle. Il faut éviter de laisser stagner lées « planches ». Elles sont perma-
les semis trop longtemps dans leurs Un avantage du repiquage, contrai- nentes et enrichies d’une grande
cellules ou en mottes. rement aux semis en pleine terre, quantité de matières organiques et
est l’obtention d’une densité par- d’engrais verts.
faite et l’avance considérable que
les légumes peuvent prendre sur les Jean-Martin Fortier a adopté au
mauvaises herbes, ce qui diminue le cours de ses expérimentations un tra-
travail de désherbage. vail de plus en plus minime du sol et
a remplacé le traditionnel labour mé-
canique par un labour biologique.
Techniques de Nicolas Les micro-organismes, les racines et
Deeker pour intensifier la faune du sol sont appelés à faire
les cultures une grosse partie du travail. Sa pla-
nification annuelle est allégée grâce
L’intensification des cultures a pour à cette approche et la préparation
objectif d’augmenter la production d’une planche se limitera à diffé-
sans devoir augmenter la surface rentes phases:
cultivée. Pour ce faire, Nicolas sème - Le broyage des engrais verts et des
plus serré qu’auparavant, que cela résidus de cultures ;
soit entre les rangs ou dans les rangs. - L’étouffement des vieilles cultures
Un autre aspect de l’intensification par l’application d’une bâche noire
réside dans l’intensification tempo- durant deux à trois semaines ou
Lors du repiquage, il faut être vigilant relle, autrement dit dans une meil- d’un faux semis (deux semaines
car c’est une opération très délicate leure planification des cultures afin avant un semis/une plantation) ;
même si elle peut paraître facile à de ne pas laisser le terrain inutilisé - L’aération du sol grâce au passage
première vue. Chaque précaution après une récolte. Il produit pour cela d’une grelinette. Cet outil est une
est un investissement pour la suite. ses propres plants qu’il transplantera longue fourche en forme de “u“
Les plantules repiquées sont fragiles directement après une récolte. Cette munie de plusieurs dents qui s’en-
et peuvent souffrir d’un stress si leurs pratique demande toutefois une très foncent verticalement. Elle permet
racines sont abîmées. Plus le plan est bonne planification car il faut que les de travailler le sol en profondeur
vigoureux et plus la plante se portera semis soient réalisés bien à temps sans le retourner en utilisant la force
bien. Il ne faut donc jamais repiquer pour disposer de plants en nombre du levier ;
les plantules faibles ou malades. suffisant au bon moment. Il s’agit - L’amendement organique et l’incor-
de manière générale de rationaliser poration à l’aide d’une herse rota-
Afin de préparer les plants au stress l’espace-temps. tive réglée à une profondeur de cinq
causé par le passage d’un environne- centimètres. Cette herse rotative est
ment protégé vers un autre plus hos- munie d’un rouleau à l’arrière qui
tile (sujet aux vents et aux variations Travail minimum du sol égalise la surface ;
de température), Jean-Martin expose - Passage d’un râteau afin d’enlever
les plants sur des tables à l’extérieur Dès sa première année de produc- les débris et cailloux.
de la chambre à semis une semaine tion, Jean-Martin a établi de façon
avant de les transplanter. Les tables réfléchie et permanente son plan de
sont couvertes la nuit d’une couver- parcelles et l’aménagement de son

11
Dossier du Mois

Techniques de Nicolas
Deeker pour diminuer
le travail du sol
La diminution du travail du sol a de
nombreux avantages : réduction du
travail en lui-même et économie de
temps, préservation de la vie du sol,
économies de mazout, préservation
de la structure du sol. Pour atteindre
ses objectifs, Nicolas procède à un
travail rapide et peu profond du sol
avec des outils légers ou adaptés
(fraise, cultivateur, herse étrille et
disques buteurs). Il se sert également
de plus en plus d’engrais verts et plus
spécifiquement d’avoine.
l’absence de lumière. Trois à cinq Pour les semis en pleine terre, Jean-
semaines de recouvrement suffisent Martin sème en même temps une
pour obtenir un bon résultat. poignée de graines de légumes plus
Maîtrise des adventices précoces: des graines de radis pour
Le faux semis détecter l’émergence des betteraves,
Les mauvaises herbes concurrencent des graines de betteraves pour les
les légumes pour l’eau, les nutri- carottes, etc.
Deux semaines avant les dates de
ments et l’espace. Pour diminuer leur
« vrais semis », il conditionne la
impact et le nombre d’heures qui
leur sont consacrées, il faut impéra-
future planche en affinant la surface La rotation culturale : outil
tivement empêcher leur prolifération
du sol (voire en la couvrant d’une de planification sur le long
couverture flottante) afin de favoriser terme.
par des mesures préventives d’une
une levée maximale des mauvaises
part et empêcher leur montée en
herbes que l’on détruit par sarclage D’année en année, il est préconisé
graines d’autre part. En plus de sar-
superficiel, de manière à ne pas faire d’alterner les légumes sur une même
cler régulièrement les parcelles avec
remonter des nouvelles graines de surface. La rotation culturale est un
une binette, Jean Martin adopte trois
mauvaises herbes encore enfouies. pilier de l’agriculture biologique.
techniques qui sont :

Le désherbage par occultation Le pyrodésherbage Rappelons ici les principes de base


recommandés pour une rotation opti-
Cette technique consiste à brûler les male :
Des bâches permettent de couvrir les
mauvaises herbes à l’aide de torches -
Respecter un intervalle de quatre
planches inutilisées et empêchent la
(bruleurs à gaz). Il faut être vigilant. années entre deux cultures de cruci-
prolifération des mauvaises herbes
Si on attend trop, les plantules de fères, de liliacées et de solanacées.
jusqu’à un certain point. En effet, les
légumes auront le temps d’émerger Pour les cucurbitacées également
mauvaises herbes vont germer rapi-
et seront brûlées avec les mauvaises mais les intervalles peuvent être
dement grâce aux conditions d’hu-
herbes. moins stricts ;
midité et de chaleur créées par la
bâche mais disparaîtront ensuite par

Assolement de base prévu par Jean-Martin Fortier incluant les engrais verts1 :

Jardin 1 Jardin 2 Jardin 3 Jardin 4 Jardin 5 Jardin 6 Jardin 7 Jardin 8 Jardin 9 Jardin 10

Crucifères
Cucurbitacées Liliacées Pois Ail
Seigle Seigle
Primeurs Compost Avoine Compost
Compost
Année Solanacées Verdures- Verdures- Verdures-
x Compost racines racines racines
Crucifères
Vesce Verdures- Cucurbitacées Verdures-
Seigle Seigle
Avoine racines Tardifs racines
Compost

Année
x+1

1
Jean-Martin Fortier, Le jardinier-maraîcher, Édition Écosociété, 2012, page 78
12
Dossier du Mois

-A lterner une culture exigeante Même si les échéances pour semer Jean-Martin Fortier a lui aussi testé
(crucifères, solanacées) avec une un engrais vert sont difficiles à res- les équipements disponibles pour
culture moins exigeante (la plupart pecter, ce type de culture intercalaire créer des microclimats au sein de la
des légumes racines, les cucurbita- est prometteur aux yeux de Jean- parcelle. Il utilise intensivement les
cées et quelques légumes feuilles), Martin Fortier. En plus de stimuler les couvertures flottantes. Ce sont des
cela permet d’optimiser l’emploi micro-organismes du sol, l’engrais bâches de toile en fibre de polymère
du compost en l’épandant unique- vert prévient de la prolifération des non tissées qui permettent à l’air et
ment sur les parcelles destinées aux mauvaises herbes. En formant un à l’eau de pénétrer. Elles aident à
cultures gourmandes ; couvert végétal dense rapidement, augmenter la température du sol tout
- Alterner une culture « légume-racine » les engrais verts ont un effet répressif en aidant à conserver l’humidité. Les
avec une culture « légume-feuille », sur l’enherbement. tunnels « chenilles » ont aussi été ex-
cultures avec des besoins minéraux périmentés et donnent de très bons
différents (ce qui correspond en gé- Jean-Martin augmente le taux de résultats. Il s’agit d’un tunnel en mo-
néral à des développements végéta- semis 5 à 10 fois plus que la recom- dèle miniature facilement assemblé
tifs différents) ; mandation générale. Lorsqu’il plani- et démonté à l’intérieur même d’un
- Alterner une culture à enracinement fie sa rotation, une de ses approches grand tunnel.
superficiel (laitue, oignon, choux, est de regrouper des cultures implan-
brocoli, chou-fleur, céleri, poireau, tées tardivement afin de les semer
avant et de regrouper les cultures ré- Démarche de Nicolas
épinard) avec des légumes à enra-
cinement intermédiaire (haricot, coltées tôt afin de mettre un engrais Deeker pour prolonger
pois, pomme de terre, carotte, bet- vert pendant le reste de la saison. la saison
terave, concombre, piment, navet, Le champ est divisé en 10 parcelles C’est un réel défi que s’est lancé Ni-
etc.) et des légumes à enracinement de superficie égale, ce qui permet colas. À l’avenir il espère produire
profond (panais, tomate, citrouille, d’avoir une rotation sur 10 ans et des légumes 12 mois par an, contre
courge d’hiver) afin de prospecter une succession rapide des cultures 10 mois par an actuellement. Il met
le sol à différentes profondeurs ; dont voici un aperçu. surtout son énergie sur le développe-
- Alterner une culture facile à désher- ment de l’après-saison, car l’avant
ber avec une culture plus difficile Prolongement de la saison saison est très aléatoire au niveau
à désherber et des cultures faisant climatique chez nous.
appel à des techniques différentes Plusieurs petits maraîchers s’efforcent
de lutte contre les adventices. aujourd’hui de trouver des solutions Le prolongement de la saison passe
peu énergivores pour effectuer leurs par l’utilisation plus poussée de ses
Convaincu des avantages liés à l’uti- récoltes plus tôt et prolonger leur sai- serres et de voiles thermiques, mais
lisation d’engrais vert, Jean-Martin son. Le chef de file de ce mouvement aussi par le choix de variétés adap-
planifie sa rotation afin de pouvoir est Eliot Coleman (auteur du livre tées et une rotation plus élaborée.
semer le plus vite possible un engrais « Des légumes en hiver » récemment
vert avant ou après une culture prin- traduit en français) dont les tech-
cipale (mesclun, carotte, betterave, niques montrent comment repousser
radis, haricot, etc.). L’engrais vert les limites des cycles saisonniers en
semé tard repoussera au printemps mariant biologie des plants et abris
et sera détruit avant la culture prin- simples.
cipale.

13
Dossier du Mois

Culture maraîchère de
plein champ bio

Julie Legrand
TECHNIQUES

Spécificités du secteur sont également des points importants Gestion des maladies
tout au long de la rotation. Le choix
La production maraîchère de plein des cultures dans la rotation doit éga- Il faut tout mettre en œuvre pour que
champ ou dit « industrielle » se dif- lement tenir compte des aspects pédo- la plante ne tombe pas malade, c’est-
férencie du maraîchage classique climatiques (productions adaptées au à-dire :
par la taille des champs cultivés. La sol et climat), économiques (présence • Choisir des variétés résistantes
vente de la production est bien sou- de débouchés industriels locaux) et • Bien nourrir sa plante selon ses be-
vent garantie par un contrat d’achat autres (organisation du travail, dispo- soins, ni plus ni moins.
avec une industrie de transformation sition du matériel et disponibilité de • Pratiquer des rotations longues, en
qui s’occupe du conditionnement et main d’œuvre). alternant les familles de plantes
de la commercialisation du produit • Bien préparer son sol pour assurer
vers des grandes surfaces ou des cen- Les cultures maraîchères de plein le meilleur développement de la
trales d’achats. Une partie de la pro- champ sont des cultures qui de- plante
duction peut être vendue à la ferme mandent beaucoup de technicité • Choisir un interligne adapté pour la
en vente directe. Ce dernier créneau pour la maîtrise de l’enherbement, circulation de l’air
est peu développé car l’agriculteur la gestion de la fumure et la lutte
n’a souvent qu’un légume à proposer contre les ravageurs. Contrairement Si malgré ces pratiques, la maladie
à la fois et que cela monopolise du aux grandes cultures, le produit de s’installe dans la culture, il existe des
personnel. la récolte se retrouve tel quel chez le produits de protection des plantes
consommateur. Il faut produire des naturelles. Avant d’effectuer un trai-
Une deuxième particularité du lé- légumes de calibres et de formes qui tement, il faut évaluer la pertinence
gume de plein champ, est qu’il s’in- répondent aux attentes du consomma- du traitement en terme économique
tègre dans une rotation avec d’autres teur. d’après l’état de développement de
cultures. Les rotations sont générale- la maladie et le stade de la culture.
ment composées de céréales et de lé- Une des particularités de la produc-
gumes de différentes familles en alter- tion légumière de plein champ est la Il existe des produits à base de cuivre
nance une année sur deux. De temps mécanisation de toutes les interven- et de soufre. Ces produits sont pré-
en temps, une prairie temporaire peut tions : semis, désherbage et récolte. ventifs pour empêcher le développe-
entrer dans la rotation pour résoudre Cette mécanisation est nécessaire au ment du champignon mais en aucun
une situation particulière. Les cultures vue de la taille des parcelles. Cette cas, ils ne sont curatifs. En pomme de
intermédiaires font également partie mécanisation permet de gagner terre, les traitements préventifs à base
intégrante de la rotation. L’assolement du temps et d’économiser en main de cuivre sont quasiment indispen-
est établi sur une période de six ou d’œuvre mais elle a un coût. sables pour lutter contre le mildiou.
idéalement huit ans. Pour les autres cultures, c’est au cas
En agriculture biologique, il faut tra- par cas.
Les objectifs à concilier pour établir vailler en PREVENTIF et non en cura-
une rotation sont : la fertilité des sols tif. Les pratiques culturales doivent le De nouveau produit, stimulateur de
et l’alimentation des plantes, la ges- plus souvent possible anticiper l’arri- défense naturelle, arrive sur le mar-
tion de l’enherbement et la maîtrise vée des adventices, des maladies ou ché. Ils sont utilisés par certains mais
des maladies et des ravageurs. Le des ravageurs. on n’a pas encore assez de recul
respect de la vie et la structure du sol pour juger de leur efficacité.
14
Dossier du Mois

Gestion des adventices sible et utiliser les outils le plus adap- Les fenêtres d’interventions des outils
tés à la morphologie de la culture. mécaniques sont restreintes, il faut
Il faut absolument bien gérer l’enher- Chaque culture a un système raci- trouver un compromis entre condi-
bement et ne pas se laisser dépasser. naire différent, un feuillage plus ou tions pédoclimatiques, stade de la
Il faut anticiper par : moins résistant au passage d’outil mé- culture et celui des adventices.
• Rotation longue avec des cultures canique et une capacité à se remettre
d’hiver et de printemps pour casser de l’écrasement. Quand les conditions le permettent, il
le cycle des adventices faut y aller et ne pas attendre de voir
• Pratique des faux semis, c’est-à- Sur base de ses éléments-là, on choi- les adventices. Le travail sera beau-
dire préparer le sol plusieurs fois sira l’outil et le moment adéquat pour coup plus efficace de manière géné-
à l’avance pour faire germer les les travaux de désherbage. rale sur jeunes adventices, stade fila-
adventices avant le vrai semis. ments. Les adventices non éliminées
• Utiliser des cultures nettoyantes Tous les travaux mécaniques dé- au début devront l’être plus tard, le
dans la rotation comme des prairies pendent des conditions météos car plus souvent manuellement.
de fauches, du seigle... il faut d’une part que la terre soit
ressuyée pour travailler le sol mais
La prévention permet de limiter la d’autre part, il faut également du
population d’adventices mais un temps sec après le passage des outils
passage mécanique ou manuel sera pour faire crever les adventices.
nécessaire pour maintenir la culture
propre. Il faut intervenir le plus tôt pos-

Les principaux outils utilisés sont :

• La herse étrille qui s’utilise sur presque toutes les cultures
au stade jeune. Le premier coup de herse étrille peut être
passé à l’aveugle avant la levée de la culture. Il faut bien
surveiller l’état de la culture avant le passage de l’outil
pour ne pas endommager les germes. Elle permet de tra-
vailler le rang et l’inter-rang. Elle s’utilise dans le sens du
semis et à 45° par rapport aux lignes de semis. Elle est
efficace sur des adventices au stade cotylédons.

Herse étrille

• L a bineuse est le deuxième outil le plus utilisé. Elle s’uti-


lise dans l’inter-rang une fois la culture bien implantée. Il
existe une multitude d’éléments pour travailler l’inter-rang
(socs, étoiles, dents, pattes d’oie). Le choix des éléments
de bineuse dépendra de la culture et de son stade de
développement. On peut également y ajouter des doigts
Kress ou des éléments de herse étrille à l’arrière qui per-
mettent de travailler le rang en même temps. La bineuse est
plus agressive que la herse étrille, elle permet de détruire
des adventices plus développées. C’est un outil de rattra-
page si on n’a pas su passer la herse étrille plus tôt ou si Bineuse munie de doigt Kress
la pression était trop forte.

• La houe rotative est un outil de désherbage en plein


comme la herse étrille. Elle est complémentaire à la herse
étrille et est moins agressive que celle-ci (contrairement
à ce qu’on pourrait penser en voyant l’outil). Il s’agit de
roues dentées qui tournent à grande vitesse et qui pro-
jettent les particules de sol et arrachent les adventices sans
endommager la culture. Elle est recommandée sur des sols
très durs ou sols battants.
Houe rotative et élément de Houe rotative

15
Dossier du Mois

• Le désherbeur thermique s’utilise en pré-émergence.


Il donne un coup de chaud aux adventices, ce qui fait
éclater ses cellules et les tuent. Cela ne réchauffe pas
le sol et n’endommage par la microfaune du sol. Il peut
être utilisé en post-émergence sur des cultures résistantes
comme l’oignon ; cela entraîne cependant un retard de la
culture. Le désherbage thermique est fréquemment utilisé
en culture de carottes juste avant le semis sur les buttes for-
mées quelques semaines auparavant. En fonction du salis-
sement des buttes, un deuxième passage peut être refait Désherbeur thermique
juste avant l’émergence des carottes.

• La buteuse est utilisée pour les cultures sur buttes comme
les carottes et les pommes de terre. La butte de pomme de
terre est parfois défaite (avant l’émergence des pommes
de terre) avec un passage de herse étrille et par la suite
rebutée. Le rebutage permet de garder les plants dans le
noir mais également d’enfouir et détruire les adventices. En
culture de carottes, comme illustré sur la photo, la butte est
rabotée sur le flanc par des rasettes et puis rebutée par les
éléments buttoirs. Ce travail peut être fait plusieurs fois sur
Bineuse butteuse en culture de carotte la saison en fonction de la pression en adventices.

• Le dernier passage est le passage manuel. Pour cer-


taines cultures, le recours au « weed bed » ou plancher tiré
par un tracteur permet de soulager le personnel. Ce pas-
sage est indispensable quand le recours aux outils devient
impossible aux vues du développement de la culture. Il ne
faut pas hésiter à passer avec les outils mécaniques quand
c’est possible et que la culture le permet sinon, on doit
consacrer énormément de main d’œuvre par la suite pour
rattraper. Un passage mécanique est parfois moins cher
que des heures et des heures de main d’œuvre.
Weed Bed

Le choix de l’interligne est important, En culture légumière de plein champ, nomique mais aussi écologique ; par
il conditionnera le passage des outils ceci est plus délicat que pour les exemple, les pyrèthres naturels sont
de désherbage mécanique. Il doit cultures en serre. L’exemple bien des insecticides efficaces mais très
être adapté en fonction de la place connu est de semer en alternance des peu sélectifs. Les prédateurs naturels
nécessaire au développement de la lignes de poireau dans les carottes seront également tués, les ravageurs
culture et à la gestion de l’enherbe- pour éloigner les mouches de la ca- pourront plus facilement se réinstaller.
ment. La densité de semis est géné- rotte.
ralement plus élevée car les outils de Gestion de la fumure
désherbage mécanique éliminent une En pratique, il faut arriver à semer et
partie des plantes. Il faudra pour ces repiquer les deux cultures en même
La fumure est gérée par la succession
deux facteurs trouver le meilleur com- temps, parvenir à les entretenir
des cultures et des intercultures dans
promis économique. conjointement et organiser la récolte
la rotation. L’intégration dans la rota-
des deux cultures.
tion de légumineuses est importante
Gestion des ravageurs pour la fertilisation azotée. Outre la
La surveillance des populations de ra-
rotation, le recours aux engrais de
vageurs et d’auxiliaires sur le champ
Comme pour les maladies, la gestion ferme est un apport important. La fer-
est très importante. Les réseaux
des ravageurs se base encore une tilisation dépendra évidemment de la
d’avertissement agricoles sont une
fois sur la prévention par le choix de culture à fertiliser.
bonne aide mais la vérification sur
variétés plus tolérantes, la rotation son propre champ est primordiale.
des cultures… Les insectes sont attirés Une analyse de sol au printemps est
sur la culture par l’odeur dégagée un bon indicateur de ce qu’il reste
En cas de fortes populations, il existe
par les plantes. Il faut donc essayer dans le profil et de ce qu’il faut ap-
des produits de traitements d’origine
de perturber les insectes en insérant porter. En cas de besoin, il existe des
naturelle. Il faut toujours évaluer la
d’autres cultures dans la parcelle. engrais bio du commerce à apporter
pertinence du traitement en terme éco-
en début de culture.

16
Dossier du Mois

Difficultés du secteur Les cultures maraîchères sont des De nombreux producteurs de légumes
cultures risquées car plus technique. plein champ sont à la recherche de
Culture Les coûts de départ sont importants en nouveaux débouchés pour étoffer leur
termes de semences et de frais d’en- rotation.
treprise. Une maladie ou un ravageur
La mécanisation est indispensable
ou encore les conditions climatiques
mais le matériel est très spécifique
peuvent détruire une parcelle et la
du semis à la récolte. De plus, les
rendre impropre à la récolte.
semences de légumes sont très petites
et la levée est délicate. Il faut des se-
moirs très précis et adaptés à chaque Débouchés
type de semences.
L’agriculteur peut écouler sa produc-
Pour gagner du temps et être plus vite tion via les industries de transforma-
concurrentiel, certaines cultures sont tion et sa culture est contractuelle.
repiquées en motte ; il faut donc une Il fait un contrat pour une certaine
repiqueuse adaptée. Pour le désher- superficie en début de saison, il sait
bage, il existe également une multi- au départ à quel prix sera acheté son
tude d’outils à choisir en fonction de produit. Il sera payé sur la qualité et
chaque culture. Enfin, au moment de quantité de production. Il ne maîtrise
la récolte, il faut être mécanisé car pas le prix de son produit. Ce sont
tout le champ est mur en une fois. les industries qui déterminent le plan-
Chaque culture nécessite une ma- ning de récoltes pour gérer leur stock.
chine bien spécifique pour la récolte L’agriculteur n’est pas complètement
et le conditionnement. libre dans sa production mais il est
certain d’écouler sa production.
Certaines machines peuvent être
achetées par l’agriculteur car il sait L’agriculteur peut également produire
rentabiliser l’outil sur une grande des légumes pour le marché du libre,
surface et qu’il peut l’utiliser sur dif- il doit alors à la récolte, trouver un
férentes cultures ; c’est le cas de la endroit de stockage. Il doit écouler
herse étrille et de la bineuse. Cepen- sa production auprès de grossistes,
dant, l’agriculteur a souvent recours transformateurs ou auprès de particu-
aux entrepreneurs pour les semis et liers. Il n’a pas la garantie d’écouler
la récolte car les machines sont trop sa production mais il est plus libre.
spécifiques. La maîtrise des travaux C’est plus risqué car il a d’énormes
est perdue quand ils sont faits par quantités sur le dos à écouler et tous
d’autres personnes : on ne choisit pas les légumes ne se conservent pas
la date et le soin du travail réalisé. de la même façon et pas pendant le
même laps de temps.

17
Dossier du Mois

Biowallonie

Produire des légumes,


rentable ?
Ariane Beaudelot
ÉCONOMIE
Une production intéressante huiles végétales, légumineuses,…) vente à des coopératives, transforma-
en réponse à une demande! constituent 59% des dépenses en bio teurs, distributeurs ou magasins bio.
et représentent 166 millions d’euros
Les chiffres que nous possédons sur (augmentation de 10% entre 2011 et En Wallonie, il existe une vingtaine de
la consommation de légumes bio en 2012). transformateurs de légumes bio. Ces
2012 en Belgique1 sont les suivants : entreprises s’occupent du stockage,
- 64% des consommateurs ont acheté Des débouchés diversifiés… du conditionnement, de la découpe en
au moins une fois des légumes bio en 4ème gamme (légumes crus, prêts à
2012 ce qui représente près de deux Les circuits de distribution des légumes l’emploi : lavés, épluchés et découpés),
familles belges sur trois ; en Wallonie sont variés autant en de la surgélation ou de la préparation
- Les ménages belges achètent 5% de vente directe — via les magasins à la de soupes, quiches ou autres plats à
leurs légumes en bio (en part de mar- ferme, les paniers de légumes, les mar- base de légumes.
ché) ; chés ou les nombreux Groupements
-Les produits alimentaires bio d’ori- d’Achats Alimentaires — qu’en passant 1 source : GfK Panelservices Benelux, 2013
gine végétale (légumes, protéines, par des filières plus longues — via la

RENTABILITÉ D’UNE avec des faibles coûts d’exploitation entre 50.000 et 100.000€ de chiffre
PRODUCTION en se passant de mécanisation et en d’affaires sur un hectare et ce, avec
limitant la main d’œuvre externe. une marge bénéficiaire de plus de
MARAICHÈRE 40%.
Ses débouchés ? La vente directe via
un groupement d’achat où il appro- Il est vrai qu’au Québec, ils par-
Exemple avec la Ferme des visionne plus de 140 familles par viennent peut-être à vendre leurs lé-
Jardins de la Grelinette semaine et sa présence sur plusieurs gumes plus chers qu’en Belgique, mais
marchés fermiers ainsi que la vente la saison de production est plus courte
Nous prendrons l’exemple de la ferme de mesclun (mélange de verdures) que chez nous.
des Jardins de la Grelinette, à Saint- aux épiceries aux restaurants et épi- Sa méthode pour y arriver est le marai-
Armand, à quelques kilomètres de ceries de proximité. Pour le groupe- chage bio-intensive (voir page 10).
Montréal, au Québec qui a été créé ment d’achat, plus de perte de temps
en 2005 par Jean-Martin Fortier. Dans de mise en panier, les consommateurs Les conseils de Jean-Martin
sa micro-ferme de moins d’un hectare viennent chercher eux-mêmes leurs lé- Fortier pour la vente directe des
(0,8 ha), il cultive une cinquantaine gumes, installés dans des caisses der-
rière son comptoir au marché. légumes
de légumes. Ils sont 3,5 temps pleins
à y travailler, en comprenant lui et son
épouse, sur une période de 8 mois (dû Avec 90.000€ de revenus bruts par Comment composer son
aux conditions pédoclimatiques). an, cela représente une productivité panier bio ?
astronomique de plus de 110.000€
Vu les coûts des terres agricoles, son l’hectare. De son chiffre d’affaires - 8 à 12 articles différents par panier,
objectif de départ était d’être rentable annuel, 45% lui revient à lui et son à tout moment de la saison (généra-
sur une très petite parcelle. Pour cela, épouse après déduction des frais de lement moins en Belgique)
Jean-Martin a restreint au maximum ses employés. - Une laitue dans chaque panier ou
les investissements de départ : seule- des épinards en début et fin de sai-
ment 29.000€ d’investissement (une Après 10 années d’expérience, Jean- son
serre, 2 tunnels, un motoculteur, une Martin est certain qu’un jardin marai- - Une verdure par semaine (parfois
chambre froide, un système d’irriga- cher bien établi, soutenu par un plan deux ou trois en début de saison) -
tion, une fournaise et divers outils), et il de production rodé et de bons points pas deux fois de suite les mêmes
a décidé de faire fonctionner sa ferme de vente, peut générer annuellement - Deux légumes racines par panier et

18
Dossier du Mois

des carottes le plus souvent possible - Eviter les légumes de conservation vous avez choisi de ne pas produire.
-Des légumes-fruits le plus tôt possible (pommes de terre, panais,…) qui - Chercher à « forcer » les cultures
afin d’ajouter de la valeur au panier pour la plupart restent longtemps aux pour être les premiers à les offrir
tôt en saison jardins et sont vendus moins chers dans les marchés
- Des fines herbes dans chaque panier - Développer une expertise pour les - Faire une fluctuation minimale des
cultures les plus lucratives, exemple prix et sensibiliser les consommateurs
Quelles stratégies pour pou- ici la tomate et le mesclun - Au marché, rincer les légumes, bien
voir demander de bons prix - Adopter les cultivars les plus savou- les présenter en mélangeant les cou-
en vente directe ? reux leurs et réalimenter en continu les
- Essayer régulièrement des cultivars étales
- Miser sur la qualité et la fraicheur différents afin de soutenir l’intérêt - Etre ouvert, accueillant, voire
- Favoriser les légumes racines qui des clients pédagogue, en invitant, par
peuvent être vendus avec leurs feuil- - Compléter la production avec des lé- exemple, vos clients à venir visiter la
lages gumes achetés chez des producteurs ferme…
spécialisés dans des cultures que

Quel temps de croissance et quel rendement par légume?


Légume Temps de croissance* Rendement/Planche **
Ail 600 unités
Bette 60j 150 unités/sem
Betterave 60j 160 bottes
Brocolis 75j 120 têtes
Carotte 55j 180 bottes
Chou-fleur 75j 130 têtes
Concombre de serre 50j 115 unités/sem
Courgette 50j 100 unités/sem
Épinard 40j 35 kg
Haricot 55j 30kg/sem
Laitue 50j 250 unités
Oignon 120j 182 kg
Poivron 120j 120 unités/sem
Roquette 35j 200 bottes
Tomate en serre 120j 70 kg/sem

* Nombre de jours nécessaires pour qu’un semis donne sa première récolte


** Planche : 75cm de largeur et 30m de longueur (22,5m2)

Comment connaitre la rentabilité de chaque culture ?


Pour chaque légume produit sur car il est limité et il faut chercher à était 4 fois plus rentable de cultiver
l’année, Jean-Martin complète le l’optimiser, et le temps, dans le but de des concombres que faire pousser
tableau ci-dessus. Il quantifie la planifier une succession de cultures des navets ou encore qu’une planche
valeur de sa production en mesurant sur une même surface. Ce tableau de laitue rapporte autant que des
non seulement les ventes totales entièrement complété donne une poireaux mais en deux fois moins de
de chaque légume sur une saison, bonne indication des légumes les plus temps.
mais également l’espace et le temps rentables… et ceux qui le sont moins.
pour chaque culture: l’espace, Il a pu constater par exemple qu’il

Tableau de rentabilité
Légume Total des Prix Nombre Espaces Revenu Nombre Classement Classement Rentabilité*
ventes/ an de au jardin par de jours des légumes (revenu par
planches planche aux planche)
par jardins
saison
tomate
13.240€ 4.84€/kg 4 3% 3310€ 180 1 1 élevée
de serre
épinard 2.400€ 10,5€/kg 5 3% 480€ 50 14 12 moyenne

*Basé sur un coefficient qui prend en compte les ventes totales, le rendement par planche et le nombre de jours aux jardins

Source : Jean-Martin Fortier, La jardinier-maraîcher, 2012


19
Dossier du Mois

RENTABILITÉ DES
LÉGUMES PLEIN CHAMP
La culture de légumes plein champ
sur une grande surface exige une tré-
sorerie élevée, plus importante qu’en
conventionnel, soit entre 3.000 et
10.000€/ha de l’implantation à la
récolte. Les postes les plus couteux
sont les semences, le désherbage
manuel et la récolte.

Selon l’ITAB, la rentabilité d’un cé-


réalier qui diversifie sa rotation avec
des légumes de plein champ est plus
élevée que le céréalier sans produc-
tion de légumes.

Avant de se lancer dans la


culture de légumes plein l’ensemble de la rotation. La ren- Vous trouverez ci-dessous un
champ, il est important : tabilité d’une culture ne représente exemple de calcul des coûts
rien sur l’ensemble de l’exploitation de production. Tous les chiffres
-d  e contractualiser votre production s’il n’y a pas de réflexion globale. sont donnés à titre indicatif. Les coûts
avant le semis. Le marché wallon varient d’une année à l’autre suivant
n’étant pas extensible, réfléchissez Dans le calcul de la rentabilité, il le nombre de traitements phytosani-
à la valorisation de votre faut tenir compte de beaucoup de taires et le nombre de passages pour
production avant de semer. paramètres : le sol, l’équipement de le désherbage.
- de bien calculer sa rentabilité et son l’agriculteur, l’environnement des en-
coût de production avant de démar- trepreneurs, le marché obtenu, l’exi-
rer. Il faut calculer la rentabilité de gence de l’agréeur,…

Exemple de calcul de coût de production pour la pomme de terre bio


(ITAB, Légumes plein champ bio, Vannetzel Elise, ARVALIS – Institut du végétal, mars 2013)

Interventions Indicatif Coût intervention +  Autres coûts TOTAL


horaire main d’œuvre  (€/ha) (€/ha)
(heure/ha) (15€/h)
Déchaumage / Faux semis 1 56 € + 15€ 71 €
Implantation CIPAN 0,5 31 € + 8 € 39 €
Broyage du couvert 0,67 36 € + 10 € 46 €
Labour 1,1 46 € + 17 € 63 €
Préparation du lit de semences
1 27 € +15 € 42 €
(2 passages vibroculteur léger)
Fertilisation 300 € (engrais) 300 €
Plantation 1,5 61 € + 23 1 700 € (plants) 1 784 €
Désherbage mécanique (houe rotative 6 m) 0,2 13 € + 3 € 16 €
Désherbage mécanique (herse étrille 12 m) 0,2 11 € + 3 € 14 €
Buttage (3 passages) 2,25 66 € + 34 € 100 €
Protection sanitaire (lutte contre le mildiou
1,6 57 € + 24 € 132 € (fongicides) 213 €
essentiellement)
Défanage (par broyage) 1,5 47 € + 23 € 70 €
Arrachage (par entreprise) 0 500 € 500 €
Transport récolte 3 109 € + 45 € 154 €
TOTAL 12,35 1280 € 2132 € 3412 €

Remarque : En Wallonie, le coût de production a été estimé à 3.800€ l’hectare car le coût de la main d’œuvre est plus
élevé (25€/h) et le coût des plants est proche de 2000€ l’hectare.

20
Dossier du Mois

Autre exemple de calcul de coût de production pour la carotte bio et le haricot bio
(Julie Legrand, CPL-Vegemar, 2013)

Interventions Coûts (€/ha)

Carotte Haricot

Semences 1300 € 440 €


Semis 200 € 40 €

Désherbage : - mécanique
600 € 200 €
- manuel
2000 € 200 €
- thermique
500 €
Engrais 500 € (4-3-5 1500 kg) 100 € + 100 ( entretien fertilité)
Produits phytosanitaires 50 € 100 €
Contrôle, organisme de contrôle 120 € 80 €
Récolte et chargement 1000 € 400 €
TOTAL 6270 1660 €

Indicatif de rendement et chiffre d’affaires de différentes cultures


(ITAB, Légumes plein champ bio, Repères technico-économiques, mars 2013)

Légumes Rendement Indicatif Cout de Charges opé- Prix de vente Chiffre


horaire l’intervention rationnelles d’affaires
(heure/ avec intrants TOTAL sortie
hectare) (hors main du champ1
d’œuvre)
pomme de terre 25t/ha 12,4h/ha 3224€/ha 3410€/ha 250€/t 6.250€
entre 240 et entre 2800 et entre 6400 et
carotte nantaise 50 t/ha 180€/t 9.000€
350h2/ha 4200€/ha 9450€/ha
entre 185,1 et entre 2471 et entre 5348 et
oignon 20t/ha 300€/t 6.000€
335h3/ha 3171€/ha 8198€/ha
6.000 à
panais 15 à 20t/ha 293h4/ha 1284€/ha 5679€/ha 400€/t
8.000€
haricot 7t/ha 1660€/ha 400€/t 2.800€
1
Charges opérationnelles, total = Indicatif horaire*15€/h (charges comprises) + coût de l’intervention
2
Binage manuel (3 passages : entre 200 et 300h/ha)
3
Binage manuel (3 passages : entre 150 et 300h/ha)
4
Désherbage manuel (2 passages : 200h/ha)

21
Dossier du Mois

Règles de base pour la production


végétalebiologique : cas des légumes Biowallonie
Bénédicte Henrotte
RÈGLEMENTATION

Seuls le matériel de Liste des variétés de légumes faisant l’objet d’une demande d’autorisation
reproduction (plants, obligatoire
bulbes, …) et les semences pomme de terre (consommation – primeurs - consommation
certifiés bio ou en Solanum tuberosum
– chair - consommation – farineuse - Consommation – peau
conversion peuvent être rouge - transformation - frites - transformation – chips - Trans-
formation - fécule
utilisés Allium ascalonicum échalote (plants – jaune - plants rouge)
Allium cepa oignon (semis) (jaune - rouge)
En cas d’indisponibilité de semences Allium cepa oignon (bulbilles) (jaune - rouge - blanc)
ou plants bio (pas d’offre dans la base Allium sativum ail (rouge - blanc)
de données OrganicxSeeds, http:// Apium graveolus var.dulce céleri à côtes, céleri branche vert
www.organicxseeds.be), l’agriculteur bette (poirée): feuilles : tige rouge ou tige blanche (beta
peut, sous certaines conditions, utiliser Beta vulgaris ssp. vulgaris vulgaris var.
des semences NON traitées. Les pro- conditiva: betterave potagère (Longue - Ronde)
ducteurs peuvent toujours se fournir en Brassica napus var. napobrassica rutabaga (non spécifié)
semences auprès d’un fournisseur non Brassica oleracea var. gongylodes chou-rave blanc
inscrit dans la base de données belge Brassica oleracea var.acephala
chou frisé non pommé, chou vert (A tige haute – automne -
à tige haute – hiver)
ou utiliser leurs propres semences ou
plants, pourvu que ces semences ou Brassica oleracea var. capitata f. alba chou pointu (précoce - tardif)

plants proviennent de l’agriculture bio- Brassica oleracea var. capitata f. alba


chou blanc (été - automne - conservation - chou à chou-
croute)
logique certifiée.
Brassica oleracea var. capitata f.
Il existe deux types de dérogations : rubra
chou rouge (conservation - automne - été)
1. D emande d’autorisation obli- Brassica pekensis chou chinois (printemps - été - automne - conservation)
gatoire : espèces reprises au ta- Brassica, diverses espèces navet à couper (non spécifié)
bleau (voir ci-contre), il s’agit d’es- Capsicum annuum var.grossum poivron doux orange (rouge)
pèces disponibles mais en quantité scarole (chicorée frisée) (plate – automne - plate –sous abri /
insuffisante. Cette demande doit être Cichorium endivia
précoce - plate – été)
justifiée. Cichorium intybus partim chicorée pain de sucre automne
2. Notification obligatoire (es- Claytonia perfoliata claytone de Cuba (non spécifié)
pèces ou groupes de variétés non re- Cucumis sativus concombre (cornichon) (automne - printemps - été)
pris au tableau), il s’agit d’espèces Cucurbita maxima grosse courge (potiron) (petite- Hokkaïdo)
très peu disponibles en qualité bio- Foeniculum vulgare var. douce fenouil (printemps - été - automne)
logique pour lesquelles la Région laitue batavia (sous abri (verte) - rouge - printemps (verte) -
Lactuca sativa var.capitata
accorde une autorisation générale. été / automne (verte))
- Dans tous les cas, ces utilisations laitue pommée (sous abri – automne - sous abri – hiver
sont soumises à autorisation ou à Lactuca sativa var.capitata - Sous abri – printemps - rouge - pleine terre – printemps -
pleine terre – automne - plein terre – été)
notification obligatoire avant le se-
Lactuca sativa var.capitata laitue frisée (non spécifié)
mis ou la plantation. Ces autorisa-
laitue Iceberg (sous abri – automne - Sous abri – printemps -
tions /notifications ne sont valables Lactuca sativa var.capitata Sous abri – hiver - pleine terre – printemps - pleine terre – été
que pour une saison à la fois. - pleine terre – automne)
- Sont interdits les semences et maté- laitue feuille de chêne (vert – sous abri – printemps - vert
– sous abri – automne - vert – sous abri – hiver - vert –
riels de reproduction qui ont été automne - vert – pleine terre - printemps - vert – pleine terre -
produits en utilisant des OGMs et/ Lactuca sativa var.crispa
été - vouge – sous abri - printemps - rouge – sous abri – au-
ou leurs produits dérivés. tomne - rouge – sous abri – hiver - rouge – automne - rouge
– pleine terre –printemps - rouge – pleine terre – été - laitue
- Les jeunes plants (exemples: à couper - vert – sous abri - vert – pleine air - rouge – sous
salade, poireaux, persil,...) doivent abri - rouge – plein air)
TOUJOURS provenir de l’agricul- Lactuca sativa var. longifolia laitue romaine (non spécifié)
ture biologique. Lollo rossa / Lollo bionda ( vert – sous abri – automne -
vert – sous abri – printemps- vert – sous abri – hiver - vert
- L’utilisation de stolons, bulbes – automne - vert – pleine terre – printemps - vert – pleine
Lactuca sativa var. crispa
(exemples: ail, échalote),... terre – été - rouge – sous abri – automne - rouge – sous abri
conventionnels est autorisée si le – printemps - rouge – sous abri – hiver - rouge – automne -
rouge – pleine terre – printemps - rouge – pleine terre – été)
producteur peut justifier que ce
Portulacea oleracea pourpier commun (non spécifié)
matériel n’est pas disponible en
Rucola coltivata roquette (non spécifié)
qualité biologique.
Rucola selvatica roquette sauvage (non spécifié)
Spinacia oleracea épinard (automne, printemps - été)

22
Dossier du Mois

La production - l’utilisation de préparations biodyna- tiques: la raison et la date du traite-


hydroponique (hors sol) est miques, ment, le type de produit et la méthode
interdite -les procédés thermiques ou méca- de traitement,
niques. - pour les autres intrants agricoles: la
La gestion et fertilisation des sols date, le type de produit et la quantité
se fait de préférence grâce à : En cas de menace avérée pour une achetée,
des pratiques qui préservent ou ac- culture, seule est autorisée l’utilisation - pour les récoltes: la date, le type ainsi
croissent la matière organique du sol, des produits phytopharmaceutiques que la quantité de la production bio-
améliorent sa stabilité, sa biodiversité, « NON chimiques » repris à l’annexe logique ou en conversion.
et empêchent son tassement et son éro- II du règlement 889/2008, s’ils sont
sion. Ex. Intégration de légumineuses en conformité avec les règlementations Dans le cas de ferme mixte
et autres cultures d’engrais verts dans générales sur les produits phytosani- (avec une partie non bio),
la rotation. taires (produits agréés en Belgique : la production parallèle de
information à vérifier sur le site la même variété en bio et
Peuvent être utilisés : www.fytoweb.be ou auprès de votre
organisme de contrôle). L’agriculteur
non bio ou de variétés qui
- des préparations appropriées de ne sont pas facilement dis-
micro-organismes, conserve les documents justificatifs
attestant la nécessité de recourir à ces tinguables n’est pas autori-
- les préparations biodynamiques, sée
- tous les engrais de ferme bio (max. produits.
170 kg d’azote/ha), lisiers, purins, Si deux variétés facilement distin-
fientes et les matières organiques pro- Conversion des végétaux
guables sont produites en bio et non
venant de la production biologique, et produits végétaux bio, il faut respecter les conditions sui-
de préférence compostés, vantes:
-certains engrais et amendements - our les cultures annuelles une
- prendre des mesures appropriées ga-
minéraux et organiques (voir listes période de conversion du terrain de
rantissant la séparation des produits
positives reprises à l’annexe I du deux ans est obligatoire avant l’en-
bio et non bio,
règlement 889/2008) : l’agriculteur semencement des premières cultures
- signaler chacune des récoltes au
conserve les documents justificatifs qui pourront être récoltées en bio,
moins 48 h à l’avance à l’organisme
attestant la nécessité de recourir à - les produits récoltés après les 12
de contrôl,
ces produits. Dans le cas d’utilisation premiers mois de conversion peuvent
- fournir à l’organisme de contrôle les
d’engrais composés, il est indispen- être vendus avec la mention : « Pro-
quantités récoltées et les mesures
sable de demander au vendeur une duit en conversion vers l’agri-
prises pour séparer les produits dès
garantie sur facture spécifiant que culture biologique ». Attention,
la fin de la récolte (par exemple,
toutes les matières premières sont les produits de conversion transfor-
les produits bio récoltés doivent être
autorisées en culture biologique. més ne peuvent contenir qu’un seul
livrés dès la récolte),
ingrédient.
- Les dérogations sont à demander à
La lutte contre les l’organisme de contrôle.
ravageurs, les maladies et L’agriculteur doit tenir à
les mauvaises herbes est jour un carnet de culture
axée sur disponible au siège de l’ex-
ploitation avec
-
des mesures préventives (variétés
résistantes, rotation des cultures, pro- - pour les engrais: la date d’applica-
tection des prédateurs naturels, tech- tion, le type et la quantité d’engrais,
niques culturales adaptées (ex.: faux les parcelles concernées,
semi), etc.), -pour les produits phytopharmaceu-

23
Conseils techniques

Agriculteurs Les conseils techniques


ceci vous intéresse ! d’hiver
Carl Vandewynckel et François Grogna
Biowallonie

La saison d’automne assez clémente a de pieds au mètre carré car s’il se ré- rendements en souffrent. Voici une liste
engendré des conditions de semis et de vèle être trop faible, que ce soit dû à un de matières premières à mélanger pour
levée très satisfaisantes. Néanmoins, déchaussement ou aux conditions de complémenter une ration hivernale.
ceux qui, au regard de la saison 2012, semis, la terre sera clairsemée, laissant
se sont laissés tenter à implanter un peu place au développement d’adventices. Pour 100kg:
hâtivement ou ceux qui, profitant de Prévoyez dès lors, soit un semis d’hiver - sel marin: 18 kg
courtes fenêtres, ont implanté dans des si les conditions le permettent, soit un - chlorure de magnésium: 5 kg
conditions un peu limites devront être semis de printemps. Le semis d’hiver - phosphate bicalcique: 40 kg
particulièrement vigilants aux rappels peut se réaliser jusqu’au 20 février. La - lithalgue 400: 30 kg
de bonne conduite de culture et de bon dose de semis et le choix des variétés - sulfate de cuivre: 2 kg
sens. doivent être adaptés aux conditions du - sulfate de manganèse: 1 kg
sol et du climat. Dans tous les cas, la - sélénium: 2 kg
Vous trouverez ci-dessous quelques rap- dose doit être augmentée de 10 à 15 - argile: 2 kg
pels et conseils qui vous aideront en % par rapport aux semis d’automne.
cette période de l’année. Ceci est à inclure dans la ration à rai-
2. Les prairies son de 100 à 200 gr/jour.
1. Les cultures Remarque: il existe des mélanges prêts
Si des « vides » ou des dégâts de san- à l’emploi, principalement sous forme
- Une analyse du sol tous les trois ans glier apparaissent sur vos prairies per- de seaux de 15 litres.
nous semble nécessaire pour gérer manentes, un sursemis est à prévoir.
l’apport de tous les éléments nutritifs Pour les prairies temporaires, suivant les Pour les problèmes de rétention d’ar-
du sol y compris l’analyse des élé- analyses de sol, il sera peut-être néces- rière-faix récurrents, on peut envisager
ments mineurs souvent ignorés mais saire de prévoir un apport supplémen- une cure supplémentaire de chlorure de
fréquemment la cause de bien des taire. magnésium à raison de 100 gr/jour (à
soucis. Si l’analyse du sol révèle un Par exemple, l’exportation de potasse diluer dans de l’eau tiède). Au moment
pH trop faible, prévoir un chaulage. est souvent plus importante que l’apport du vêlage, diluer 200 gr dans de l’eau
Pour la prairie, ce chaulage est à pré- provenant du compost annuel (20 à tiède et lui faire boire.
voir pour un pH inférieur à 5,5; en ce 30t/ha). Cela s’avère souvent efficace.
qui concerne les cultures, il peut déjà Remarque : si les amendements supplé-
être prévu dès que l’on descend sous mentaires sont nécessaires, pensez-y Même en hiver, l’apport d’eau est
un pH de 6,3. suffisamment tôt ; vous obtiendrez de primordial, particulièrement pour les
meilleures conditions d’achats. vaches en lactation. Certaines études
-
Prévoir le compostage des tas de portent un «intérêt pour» une eau
fumier durant le mois de février pour 3. La conduite du troupeau légèrement «réchauffée», dans le but
une disponibilité dès l’arrivée du d’améliorer la vie dans le rumen et in
printemps, lorsque la portance du sol durant l’hiver. fine obtenir une meilleure digestion, un
le permet. Pour les maraîchers, un Dans les rations des vaches laitières, il meilleur état sanitaire, une meilleure
deuxième, voire même un troisième faudrait favoriser la fibrosité: le manque assimilation de l’aliment, etc.
compostage, permet d’éliminer les de structure peut engendrer différents
semences d’adventices. Un apport de problèmes de santé chez l’animal (ex : Quant aux paillots, la bonne tenue du
PLF (aissainissant purain lisier fumier) acidose). Une fois par mois, on pourrait paillage, la qualité des pailles permet
avant le compostage améliore l’état inclure pendant une semaine 100 gr/ d’éviter bon nombre de désagréments,
sanitaire du fumier et de l’équilibre en jour/bovin de bicarbonate. comme les moisissures responsables de
oligo-éléments. mammites ou de problèmes respiratoires.
En cette période, les vaches ont parfois
-
Concernant les semis trop hâtifs, on moins d’appétit pour certains ensilages. Des conseils et des explications supplé-
risque d’observer un envahissement Si cela s’avère nécessaire, complémen- mentaires peuvent être obtenus auprès
marqué d’adventices. Dans ce cas, il tez la ration. de vos conseillers techniques : Carl
faudra prévoir, dès que les conditions Vandewynckel et François Grogna qui
de portance du sol et de météo (temps Il existe différents moyens pour rendre sont à votre service.
sec, mais pas de vent du Nord) le per- un fourrage plus appétant. Ex.: aug-
mettent, un passage agressif avec la François Grogna
mentez le sel dans la ration de 50 0499/189.591
herse étrille. Et, si la situation « dégé- gr/jour ; pour être efficace, cet ajout
nère », nous sommes à votre disposi- françois.grogna@biowallonie.be
se fera directement sur le fourrage.
tion pour des conseils. D’autres moyens peuvent s’envisager Carl Vandenwynckel
au cas par cas. La partie minérale de la 0478/753.000
- Soyez également vigilants au nombre ration est parfois un peu négligée et les carl.vandenwynckel@biowallonie.be
24
Les avancées du bio

Cellule Bio-Pro

LES AVANCÉES DU BIO

L’anthracnose du lupin, une


redoutable maladie apparue
récemment en Europe
Louis Hautier et Charlotte Bataille

Identifiée au début du XXe loppement de la maladie dès l’instal- présence de cette maladie réduit le
siècle au Brésil, puis aux Etats- lation de la culture. Cette caractéris- nombre de gousses produites par la
Unis, l’anthracnose du lupin tique explique également pourquoi plante (Figure 1-C), influençant ainsi
est une maladie occasionnant ces dernières décennies cette mala- directement le rendement en grains.
d’importantes pertes de ren- die s’est dispersée rapidement dans Elle cause également des déforma-
dement et limitant la culture le monde entier par le commerce et tions des grains et la réduction de
du lupin dans les régions plu- les échanges de semences. leur taille (Figure 1-D). En cas de
vieuses du monde entier. Elle a forte attaque d’anthracnose, quel
été signalée pour la première Des infections sévères peuvent occa- que soit le stade de développement
fois en Europe au début des sionner la destruction totale des se- de la plante, celle-ci flétrit et meurt.
années 80 et plus récemment mis. Durant la culture, la maladie peut Face à cette redoutable maladie,
en Australie et en Afrique du se propager rapidement de plante en différents moyens de lutte ont été
Sud. plante par les spores émises lors de étudiés, principalement en Australie,
pluies à partir des tissus infectés. Ces le plus grand producteur de lupin
Cette maladie est provoquée par un pluies sont également nécessaires à au monde, mais également en Alle-
champignon, Colletotrichum lupini la dispersion et à la germination des magne. La première méthode de lutte
(Bondar) Nirenberg, Feiler & Hage- spores. C’est pourquoi les régions consiste à utiliser des variétés résis-
dorn, comb. nov., et touche toutes pluvieuses sont propices au déve- tantes. Ainsi, des croissements ont été
les espèces de lupins : le lupin blanc loppement de l’anthracnose. Sur les réalisés parmi différents cultivars afin
(Lupinus albus L.), le lupin à feuille feuilles des plantes contaminées, des d’introduire des gènes de résistance
étroite, aussi appelé lupin bleu, taches beiges apparaissent (Figure chez les lupins blanc, bleu ou jaune.
(Lupinus angustifolius L.), le lupin 1-A) et, à la floraison, les tiges se Des variétés résistantes existent
jaune (Lupinus luteus L.), mais éga- courbent en crosses et des chancres actuellement sur le marché mondial
lement les espèces sauvages et les roses auréolés de brun apparaissent mais ne sont pas forcément adaptées
variétés ornementales. Les spores de (Figure 1-B). Ce champignon est à nos conditions de culture. De plus,
ce champignon voyagent avec les également capable de provoquer cette résistance n’est pas totale et est
semences, permettant ainsi le déve- l’avortement des fleurs. De plus, la influencée par la température.

Figure 1 : Symptômes d’infection par C. lupini sur lupin blanc : A) tiges courbées et chancre rose auréolé, B) taches beiges auréolées de brun
sur les feuilles , C) chancres roses auréolés de brun sur les gousses, D) graine saine (à gauche) et graines infectées par C. lupini (à droite).
Gondran J, Bournoville R, Duthion C (1994) Identification of diseases, pests and physical constraints in white lupin. INRA.

A B C D

25
Les avancées du bio

La seconde méthode de lutte consiste sibles à l’anthracnose que le lupin


à utiliser des semences indemnes blanc ou jaune. Sans ces précau-
d’anthracnose. Pour cela, des re- tions, il est hautement probable que
® cherches ont également été menées l’anthracnose se développe rapide-

CERTI SYS afin d’éliminer ce champignon des


semences.
ment dans la culture en fonction des
conditions météorologiques et ne soit
BIO CERTIFICATION pas maîtrisable vu l’absence actuelle
Outre les traitements chimiques de de traitements fongicides foliaires
désinfection de semences, qui ne efficaces agréés en agriculture bio-
sont pas efficaces à 100%, des trai- logique. La culture pourrait donc être
tements physiques à base de chaleur totalement perdue. Toutefois, de nos
sèche ou d’eau chaude ont été testés jours, la production de semences
et donnent des résultats comparables de lupin biologique ne permet pas
aux traitements chimiques. Ainsi, de garantir l’absence de cet agent
l’application d’une chaleur sèche de pathogène.
70°C durant quatre jours conduit à
une réduction significative, voire à Dès lors, la relance de la production
•••••••••••••

CERTI
l’éradication, de l’anthracnose sur les de lupin en agriculture biologique
bio ®
semences, tout en n’induisant qu’un ne pourra se faire que par le déve-
faible impact sur le pouvoir germi- loppement d’une filière de semences
•••••••••••••

natif de celles-ci. Il est également de lupin bio garantissant l’absence


signalé dans la littérature qu’un stoc- d’anthracnose. Ceci demande lors
kage des semences durant plusieurs de la multiplication de travailler avec
mois (14-18 mois) permet d’éliminer des variétés résistantes, de pratiquer
ce champignon. Des traitements bio- des épurations dans les champs de
logiques à base d’enzymes produites multiplication et sur les semences
par Saccharomyces cerevisae, de récoltées d’éradiquer le champignon
bactéries (Pseudomonas chloraphis par des traitements physiques ou par
Strain MA342 (Cedomon), de bac- le stockage. Un contrôle d’efficacité
téries fixatrices d’azote (TRF-FU-EB)) des traitements effectués devra en
ou d’extraits végétaux (mélanges plus être réalisé avant la distribu-
Plus de 30 ans orties, de prêles et de lait d’argiles) tion des semences aux agriculteurs
ont également été testés mais sans car il a été estimé qu’une infection
d’expérience montrer le moindre effet. Seul le Tille- de 0.1% des graines était suffisante
cur (SBM-new) (poudre de moutarde) pour engendrer, par la suite, des
en contrôle et montrerait un effet sur l’anthracnose pertes de rendement allant jusqu’à
mais son efficacité ne serait pas suf- 50%.
fisante pour éliminer le champignon
certification BE-BIO-01 des semences. En conclusion, sans garantie
CERTISYS
d’absence d’anthracnose sur les
de l’agriculture Enfin, pour contrôler la maladie au semences, il est à l’heure actuelle
cours de la culture, différents traite- risqué de cultiver du lupin en agri-
biologique. ments foliaires ont été étudiés. Les culture biologique car il est très pro-
traitements fongicides classiques per- bable que l’anthracnose soit présente
mettent de protéger, dans une cer- et anéantisse rapidement toute la
taine mesure, les plantes mais n’ont culture vu les conditions climatiques
pas d’effet curatif. Afin de cibler au propices au développement de cette
mieux les traitements foliaires, les maladie.
Allemands ont développé un modèle
permettant de prédire l’apparition de
la maladie et des périodes d’infec- Pour la Cellule Agriculture
tion. Il est à noter que peu de subs- biologique et Autonomie
tances naturelles ont été expérimen- protéique du CRA-w :
tées à ce jour. Celles ayant été tes-
tées, comme un traitement à base de Louis Hautier et Charlotte Bataille,
fougères, n’ont pas montré d’effets Unité Protection des plantes et
LA CERTIFICATION BIO probants sur l’anthracnose. écotoxicologie
VOUS INTÉRESSE?
VOUS DÉSIREZ VOUS LANCER Au vu de ces éléments, dans nos l.hautier@cra.wallonie.be
DANS LE BIO? régions au climat favorable à l’an- (081/62 56 87) et
thracnose, il apparait clairement c.bataille@cra.wallonie.be
CONTACTEZ-NOUS que le contrôle de cette maladie en (081/62 52 61)
www.certisys.eu agriculture biologique passe par
l’utilisation de semences indemnes
de ce champignon, et de variétés
TEL 32(0)81 600 377 tolérantes à cette maladie telles que
des variétés de lupin bleu moins sen-

26
Règlementation en pratique

Règlementation en pratique
Bénédicte Henrotte
Biowallonie
Il n’est pas toujours facile de s’y retrouver dans les règlementations,
qu’elles soient européennes, nationales ou régionales. L’agriculture se
distinguant par de nombreuses particularités, cette rubrique a pour
unique but de vous aider à mieux les saisir.

EVOLUTION DU RÈGLEMENT  èglement


R tage de matière sèche des aliments
BIO : POINT POUR 2014 CE/505/2012 du 15 pour animaux d’origine agricole
• les matières premières d’ori-
juin 2012, amendement gine minérale pour aliments
du règlement. des animaux, qui sont énumérées
 in des dérogations
F CE/889/2008 ; à l’annexe V, partie 1 du règlement
pour l’attache des ce qui a changé: CE/889/2008
bovins au 1 janvier • les produits provenant de la

2014 Poules pondeuses pêche durable à condition qu’ils
-E
 n l’absence de poulettes bio, pro- soient produits ou préparés sans
La règlementation bio interdit longation jusqu’au 31/12/2014 solvants chimiques, que leur utilisa-
d’attacher ou d’isoler les animaux de l’autorisation d’introduire des tion soit limitée aux non herbivores,
d’élevage, sauf de manière indivi- poulettes NON bio de moins de 18 et que l’utilisation d’hydrolysats de
duelle et temporaire, pour des ques- semaines destinées à la production protéines de poisson soit limitée uni-
tions sanitaires ou de sécurité (par d’œufs quement aux jeunes animaux (NB
exemple pour la traite ou pour des les veaux sont considérés comme
soins vétérinaires). Alimentation animale NON herbivores)
• le sel marin, le sel gemme brut
Cependant, l’attache des bovins - Limitation de la liste positive d’ali- de mine
était, jusqu’au 31 décembre 2013, ments NON bio autorisés en éle- • les additifs pour l’alimentation
encore possible pour les bâtiments vage (modification de l’article 22 du des animaux, énumérés à l’an-
construits avant le 24 août 2000. CE/889/2008) ; elle reprend : nexe VI du règlement CE/889/2008
Cette mesure transitoire a pris fin. • les aliments non biologiques
Néanmoins, le règlement prévoit d’origine végétale ou animale - P récision de la notion reprise dans
une dérogation pour les exploita- pour les animaux d’élevage le règlement CE/889/2008 article
tions de petites tailles qui possèdent (modification de l’article 43 du 19 « au moins 50 % des aliments
moins de 50 places pour l’attache CE/889/2008): proviennent de l’unité de production
des bovins (Arreté du Gouverne- -Jusqu’au 31 décembre 2014, elle-même ou, si cela n’est pas pos-
ment Wallon du 11 février 2010). seule l’utilisation d’une propor- sible, sont produits en coopération
Les bovins dans ces fermes peuvent tion limitée de matières pre- avec d’autres exploitations biolo-
être attachés à condition qu’ils aient mières riches en protéines non giques situées dans la même région »
accès à des pâtures pendant la biologiques est autorisée pour • Pour les herbivores, un minimum
bonne saison et à des espaces plein les porcins et les volailles. En cas de 60 % des aliments doit provenir
air au moins deux fois par semaine d’impossibilité de matières pre- de l’unité de production elle-même
lorsque l’accès aux pâturages n’est mières bio riches en protéines, un ou, si cela n’est pas possible, doit
pas possible. maximum de 5% de matières pre- être produit en coopération avec
mières riches en protéines NON d’autres exploitations biologiques
bio peut être utilisé. Le pourcen- situées dans la même région (voir
tage annuel est calculé sur base définition ci-dessous).
de la matière sèche de la fraction • Pour les monogastriques, un minimum
d’origine agricole des aliments de 20 % des aliments doit provenir
- L’opérateur conserve des docu- de l’unité de production elle-même
ments justificatifs attestant la ou, si cela n’est pas possible, doit
nécessité de recourir à cette dis- être produit dans la même région en
position coopération avec d’autres exploita-
• les épices, herbes aroma- tions biologiques ou des opérateurs
tiques et mélasses non issues du secteur de l’alimentation animale
de l’agriculture biologique, biologique.
à condition que leur forme bio-
logique ne soit pas disponible, Maintenant donc, toutes les céréales
qu’elles soient produites ou pré- qui entrent dans la composition de
parées sans solvants chimiques, la ration d’un monogastrique doivent
et que leur utilisation soit limitée à être bio (ou en conversion vers l’agri-
1 % de la ration alimentaire annuelle culture biologique).
d’une espèce, calculée en pourcen-

27
Règlementation en pratique

 éfinition de la région
D
(en référence à l’article
19 du règlement
CE/889/2008) adoptée West
Oost
Nederland
en Région wallonne Nederland
Zeeland

Zuid
Nederland Rhénanie du nord
La zone géographique considé- Westphalie

rée comme région regroupe :


- L’ensemble du territoire de la Nord-Pas- Hesse
Belgique de-Calais

- L’ensemble du territoire du Rhénanie


Grand-Duché du Luxembourg Haute
Palatinat
LU
- En France, les Régions Normandie
Picardie

Nord-Pas-de-Calais, Picardie, Sarre

Haute-Normandie, Ile-de-France,
Champagne-Ardenne, Lorraine et Ile-de-
France
Champagne
Ardenne
Lorraine
Brade
Alsace Alsace
Wurtemberg

- En Allemagne, les Länder


Nordrhein-Westfalen, Rheinland-
Pfalz, Hessen, Saarland et Baden
Württenberg
- Aux Pays-Bas, les régions Zuid-
Nederland, West-Nederland et
Oost-Nederland.
du mode de production biologique, forme les organismes ou autorités
 èglement CE/392/2013
R le règlement CE/392/2013 pré- de contrôles concernés.
du 1er janvier 2014 : voit expressément que les nouveaux
modifiant le système engagements suivant s’appliquent Art 65
de contrôle bio automatiquement à compter du 1er
Organisme de contrôle : nombre
européen, amendement janvier 2014:
minimum de prélèvements d’échan-
du règlement -accepter que son organisme de
tillons analysés (équivaut à 5% du
CE/889/2008 ; contrôle puisse échanger toutes
nombre des opérateurs)
ce qui a changé : informations pertinentes avec les
organismes ou autorités de contrôle
Art 68
dont le client ou ses sous-traitants re-
Ajout de la définition de lèvent, dans les conditions prévues Document justificatif : en cas de cer-
«dossier de contrôle» au règlement, tification électronique, la signature
-accepter qu’en cas de change- n’est pas exigée si l’authentification
“Dossier de contrôle” : ensemble ment d’organisme ou d’autorité de du document justificatif est établie
des informations et des documents contrôle, l’organisme de contrôle par une méthode électronique infal-
transmis, aux fins du système de transmette à ceux-ci ses dossiers sifiable
contrôle, aux autorités compétentes de contrôle et ceux de ses sous-trai-
de l’État membre ou aux autorités tants, dans les conditions prévues Art 92 bis et ter
et organismes de contrôle par un au règlement,
opérateur soumis au système de − dans le cas où l’opérateur se retire Echange d’informations entre Or-
contrôle visé à l’article 28 du règle- du système de contrôle, il doit in- ganismes de contrôle, entre Etats
ment CE/834/2007, notamment former son organisme de contrôle Membres, publication (Art 92 ter
l’ensemble des informations et des sans tarder et accepter que son remplace l’ancien Art 92 bis)
documents pertinents relatifs à cet dossier de contrôle soit alors
opérateur ou aux activités de cet conservé pendant une période Art 92
opérateur et détenus par les auto- de cinq ans au moins. L’opérateur Quater à septes, nouveaux articles
rités compétentes, les autorités de accepte par ailleurs que son orga- qui concernent la supervision des
contrôle et organismes de contrôle, à nisme de contrôle informe sans Organismes de contrôle par les
l’exception des informations ou des tarder l’autorité compétente de son Autorités compétentes, les plans
documents qui n’ont pas d’incidence retrait, d’analyse de risque des Organismes
sur le fonctionnement du système de − d’informer immédiatement l’orga- de contrôle (nombre minimum de
contrôle. nisme de contrôle de tout évène- contrôles par sondage équivalent à
ment dont il aurait connaissance 10 % du nombre d’opérateurs, 10%
Art 63, paragraphe 2 qui pourrait affecter la conformité de l’ensemble des contrôles non
Opérateurs : ajout d’engagements des produits au gèglement ou des annoncés, rotation des inspecteurs),
complémentaires devant être accep- produits biologiques reçus d’autres la mise en place du catalogue des
tés par les opérateurs dans une dé- opérateurs ou sous-traitants, l’opé- sanctions par les Autorités compé-
claration signée. Attention que pour rateur accepte dans ce dernier cas tentes et les données à fournir dans
les opérateurs déjà sous contrôle que l’organisme de contrôle en in- le rapport annuel.

28
L’actu du bio

ÉVÈNEMENTS

Séances d’information sur


l’agriculture biologique Christian Schiepers (producteur)

Sylvie La Spina

L’automne et l’hiver. Il est d’information sur l’agriculture bio Plusieurs centaines d’étudiants et plu-
l’heure de faire le bilan de organisées par l’Unab, en collabora- sieurs dizaines d’agriculteurs ont pu,
la saison 2013 et de prépa- tion avec le Service Public de Wallo- lors des séances de Ciney (14/11)
rer au mieux la saison sui- nie, le Centre Pilote Bio, Biowallonie et de Huy (9/12) s’informer mais
et les écoles d’agriculture de Ciney aussi discuter du BIO avec les prin-
vante. C’est aussi l’heure
et de Huy. Mais surtout, le plus cap- cipaux organismes actifs dans le
de la réflexion pour les tivant, ce sont les témoignages des secteur. Les prochaines séances sont
producteurs intéressés par agriculteurs bio venus raconter, avec programmées à Meyerode le 20/1
l’agriculture biologique. beaucoup de passion, leur parcours, (en allemand) et à La Reid le 11/2
leurs motivations et le fonctionnement (voir rubrique agenda).
Ils étaient une cinquantaine d’agro- de leur ferme.
biologistes au début des années
1990, qualifiés de fous, d’incons-
cients, de farfelus. A l’heure des
grandes révolutions industrielles, le
bio était considéré comme un cou-
rant à contre-sens, utopiste, et un re-
tour vers l’agriculture de nos grands-
parents.

Aujourd’hui, ils sont plus de mille


producteurs bio. Parmi eux, quelques
voisins, des gens «bien». On voit
aussi, avec le recul, que les premiers
bio s’en sortent, et même, produisent Bénédicte Henrotte (Biowallonie) Pierre Le Maire (producteur)
étonnamment bien sans avoir recours
à la chimie. Ils produisent différem-
ment... mais comment ? L’agriculture
de nos grands-parents ? Non, pas
vraiment. Il y a de nouvelles tech-
niques, de nouvelles technologies...
Même la politique agricole se met au
bio, on créé de nouvelles structures,
on soutient le secteur... Et puis finale-
ment, quel plaisir si l’on pouvait se
passer de ces produits chimiques et
travailler plus sainement ! Ce chemin
étant fait, il est peut-être temps de se
lancer.

Mais comment ? Pour quels débou-


chés ? Avec quel cahier des charges ?
A qui puis-je m’adresser ? Nombre
de questions - et d’autres - qui ont
trouvé leurs réponses aux séances

29
L’actu du bio

Transformer,
vendre ses produits
alimentaires en
circuit court
Biowallonie
Bénédicte Henrotte

Le 5 novembre dernier, - Dany Dubois de la ferme du - Jean Yves Compernolle de la


Biowallonie a participé à Moulin à Grosage, 30-40% du ferme des Grands prés à Liberchies
la journée circuit court or- quota lait est transformé et vendu (voir son portarit dans le dossier du
ganisée par la Direction à la ferme ainsi qu’une partie des mois),
bœufs, porcs, veaux et volailles, - Benoit et Jean Gibecq de
Communication Ressources
œufs. la Ferme Frison, ils vendent des
naturelles, Environnement, - Dumortier Francis de la ferme de agneaux bio pour la coopérative
Agriculture (CREA de Ath). la Roussellerie à Herseaux, il pro- Coprosain en autonomie alimen-
duit des céréales panifiables trans- taire, le reste de la ferme n’est pas
Cette journée a permis aux partici- formées à la ferme en farine, des bio faute d’espace pour la produc-
pants de faire le point sur la situation pommes de terre, …et il accueille tion d’aliments et le parcours de
de l’agriculture dans le Hainaut et les un maraicher indépendant sur sa volailles.
aides ISA (DGARNE), d’avoir des in- ferme. Il gère avec son épouse, - Fabienne et Marc Châtel, de
formations sur la reprise d’une ferme un petit magasin bio complet avec la Ferme Fourmanoy, producteur
et anticiper les difficultés (Agricall dépôt boulangerie et boucherie. Il de céréales bio et transformation à
Wallonie ASBL), de faire connais- vend ses produits via des marchés, la ferme de leur farine en pain et
sance avec « DiversiFerm », ancien- des Groupements d’Achat Solidaire pâtisseries.
nement appelé CQPF (Cellule qualité et des Groupes d’Action Local.
produits fermiers) et le CIM, Centre - Les vergers POM d’Happy
Interprofessionnel Maraîcher. à Papignies, s’étendent sur 11 ha Les conclusions des tables-
dont un site de 2 ha en bio. Ils pro- rondes
L’après-midi a été l’occasion d’échan- duisent des jus de fruits, pommes et
ger avec des agriculteurs venu témoi- pour faire de la vente en circuit
poires de table, vente à la coopé- court, il faut faire face à des lour-
gner de leurs expériences de vente rative Coprosain et à des Groupe-
en circuits court, parmi ces agricul- deurs administratives pour l’accès à
ments d’Achat. la profession et se mettre aux normes
teurs, beaucoup d’exemples bio :
AFSCA, il faut savoir gérer différents
métiers, être débrouillard pour trou-
ver des solutions face à la disparition
des infrastructures de transformation
(petits moulins, ateliers de découpe,
abattoirs, etc.).
Il est aussi important dès le départ
de rechercher sa clientèle puis de
faire de la publicité pour la main-
tenir. Pour se lancer ou s’agrandir,
l’accès à la terre est un problème très
important. Nombreux pensent que la
vente directe est une vocation car elle
demande beaucoup de travail et ce
n’est pas toujours facile de s’associer.
Parmi les commentaires souligner : «
le logo bio est un plus mais non indis-
pensable pour la vente directe ».

30
L’actu du bio

Rencontre annuelle des Groupements


d’Achats Alimentaires de Wallonie
et de Bruxelles (GACs, GAS, GASAP,
AMAP, etc)
François de Gaultier

La Région wallonne et Parmi les freins à la mixité, celui des nents à Bruxelles ou encore d’un pro-
la Région bruxelloise prix apparaît en premier lieu. Mais, jet pour les habitants de logements
comptent à ce jour plus de au fil des discussions, ce sont les sociaux soutenu par la commune
225 groupements d’achats aspects socioculturels qui s’invitent d’Etterbeek.
dans le débat : si le public des GAA
alimentaires d’après une
est relativement homogène, c’est La journée a aussi permis d’organi-
enquête récente du Réseau aussi parce que la diffusion de l’in- ser un échange d’outils de gestion
de Consommateurs Respon- formation sur ce type d’approvision- des GAA, très demandé par les
sables1 . Si l’on considère nement se fait à travers les groupes membres des groupes !
qu’un groupe comprend en d’affinité, les amis et connaissances,
moyenne 20 ménages, ce donc dans un même milieu. Rappelons que cette journée était le
sont plus de 4500 familles fruit d’une collaboration entre Nature
qui se regroupent pour Pour contrer cette réalité, des initia- & Progrès, le Réseau de Consomma-
faire leurs achats en colla- tives voient le jour à Bruxelles et en teurs Responsables, Le Réseau des
boration directe avec des Wallonie pour propager l’informa- Groupements d’Achats Solidaires de
tion et les pratiques via des structures l’Agriculture Paysanne2 , et le Centre
producteurs locaux.
d’insertion socioprofessionnelle, des liégeois du Beau-Mur3 . Fructueux !
CPAS, des communes, afin d’ouvrir
On peut parler d’un réel à une participation plus large. C’est
mouvement des GAA, en notamment le cas dans le GAC de 1
Voir www.asblrcr.be
plein développement. Ces Temploux, du projet « maître-cuistot » 2
Voir www.gasap.be
GAA se retrouvent chaque
3
Voir www.beaumur.org
mené par l’asbl Rencontre des Conti-
année pour échanger sur
leurs pratiques, se ques-
tionner et tenter d’amé-
liorer les systèmes, aussi
variés soient-ils, collective-
ment.

Cette année, la rencontre annuelle


des groupements d’achats alimen-
taires a regroupé 70 personnes
représentant une trentaine de grou-
pements différents de Wallonie et
de Bruxelles. La journée d’échanges
avait pour thème central celui de l’ou-
verture de ce type de circuits courts à
un public plus large, plus diversifié.
On y a parlé mixité et solidarité entre
mangeurs.

31
L’actu du bio

La Boucherie Bio Herin,


une inauguration
remarquée
Stéphanie Chavagne

Biowallonie

Carlo di Antonio accompagné Alain Dewalque

Du 18 au 22 décembre, la Située à Lesterny, proche de Nas- position de leur bâtiment, le lieu des
famille Herin avaient mis les sogne, la boucherie jouit d’un posi- différentes chambres froides,…
petits plats dans les grands tionnement stratégique. Elle est le
pour le lancement de leur seul magasin de proximité du village. Pour lancer leur affaire, les Herin
Et qui plus est, les premières bouche- ont reçu une aide financière estimée
nouvelle boucherie à la
ries bio aux alentours se trouvent à à 30 % des investissements totaux,
ferme. Pour l’ouverture of- Cens et Namur, soit à plus de 30 grâce au système ISA (Investissement
ficielle avec la presse, nom- kilomètres. dans le secteur agricole). La province
breux sont les personnages du Luxembourg a, par ailleurs, ap-
politiques qui avaient fait le Cette entreprise familiale est menée porté son soutien pour le volet com-
déplacement. par un trio de choc composé de Di- munication.
dier, Arnaud et Annick. A l’atelier de
Carlo Di Antonio en per- découpe, nous retrouvons Arnaud, Sensibilisés à l’importance et la
sonne, le Ministre de l’Agri- diplômé de l’Ifapme. Annick s’oc- force d’une bonne communication,
culture était présent. Il a cupe de la vente. Quant à l’élevage les Herin ont mis énormément d’éner-
et l’entretien de la ferme, il est géré gies et des moyens importants pour
dégusté les préparations à
par Didier le père et Arnaud le fils. médiatiser leur activité. Ils ont tout
base de viande Salers du A la boucherie, vous trouverez de d’abord créé un site internet et une
cheptel familial, concoctées la viande bovine salers, du porc et page Facebook pour être présent sur
par Alain Dewalque, chef de la charcuterie provenant de la la toile. Pour se faire connaître dans
de cuisine du restaurant production familiale, mais aussi de leur région, ils ont envoyé pas moins
gastronomique « Les 7 fon- la volaille, du mouton et les produits de 19.000 flyers informatifs aux
taines ». Les députés pro- de base d’une épicerie de proximité. habitants des villages avoisinants.
vinciaux René Collin et Thé- La volonté d’Annick est de valoriser Ils se sont entourés de partenaires
rèse Mahy, respectivement les produits bio wallons dans son et de personnes relais dans le milieu
en charge l’un de l’agricul- commerce, ainsi le pain sera fourni du tourisme et de la gastronomie (tel
par Agribio, le mouton par PQA, la que Luc Dewalque). Enfin, ils ont mis
ture, l’autre du développe-
volaille par le Coq des prés… une énergie significative et apparem-
ment durable avaient aussi ment très efficace pour orchestrer
fait le déplacement. Poussés par l’envie de valoriser leurs une ouverture remarquée.
produits en circuit-court et le souhait
de recevoir une rémunération juste La ferme Herin est un bel exemple de
pour leurs productions, ils ont enga- reconversion. Elle avait comme spé-
gé une longue réflexion pour le lance- culation principale le lait. Un excès
ment de leur boucherie. Après avoir de travail les pousse à changer leur
suivi des séances d’informations et orientation en 1998. Ils se dirigent
d’accompagnements (notamment au- alors vers la Salers. Le ferme peut
près de BioForum Wallonie), ils ont aujourd’hui abriter 100 bovins ainsi
décidé de se lancer. Accompagnés que 300 porcs à l’engraissement. A
par le CER de Marloie, ils ont enta- terme leur projet est d’écouler toute
mé les démarches officielles (permis leur production salers male via la
d’urbanisme, permis d’exploiter,…). boucherie, et continuer à vendre les
Ils ont trouvé auprès d’un consul- femelles pour l’élevage.
tant indépendant, Sébastien Herbiet
(Autocontrole consult sprl) une aide www.bioherin.be
significative pour les démarches
Afsca et HACCP. Plus encore, ce col-
laborateur les a aiguillés pour la dis-
Carlo di Antonio
32
L’actu du bio

NOUVELLES DES RÉGIONS


Réseau de fermes pilotes en agriculture
biologique et autonomie protéique : clôture de
l’appel à candidature lancé par le CRA-W
La Cellule Agriculture biologique et Autonomie protéique du CRA-W

Sous l’impulsion du Mi- recherches qui réponde aux ter votre intérêt et nous vous remer-
nistre ayant l’agriculture attentes du secteur dans les cions pour votre motivation.
dans ses attributions, le domaines de l’agriculture Nous clôturons les candidatures et
Plan stratégique pour le biologique et de l’autono- allons maintenant former les diffé-
rents groupes de fermes en croisant
développement de l’agri- mie protéique.
les caractéristiques des exploitations
culture biologique a été candidates avec les profils attendus.
adopté par le Gouverne- Afin d’atteindre cet objectif, la cellule
Ensuite, dans les semaines à venir,
ment wallon. C’est dans agriculture biologique et autonomie
nous proposerons aux agriculteurs
ce cadre que la Région a protéique du CRA W a lancé aux
retenus d’effectuer une visite dans
agriculteurs désireux d’innover et de
demandé au Centre wal- leur exploitation. Le partenariat sera
progresser dans leurs pratiques une
lon de Recherches agrono- proposition de collaboration dans le
effectif après avoir fixé et s’être mis
miques (CRA-W) la mise en d’accord sur les engagements de
cadre d’une recherche participative.
place d’un programme de chacun.
Vous avez été nombreux à manifes-

33
Réflexions

Réflexions
(im)pertinentes Commentaires à propos de
du mois l’avant-projet du Programme
de Gestion Durable de l’Azote
Dominique Jacques

Notre coup de gueule animaux dans des exploitations de Il y a donc bien discrimination pour les
s’adresse au Programme plus en plus industrielles (malgré la agriculteurs qui ne fertilisent qu’avec
de Gestion Durable de diminution paradoxale du nombre de de la matière organique.
l’azote (PGDA). A l’heure bêtes global); et par une gestion inap-
propriée des intrants. Quelle orientation prendre
où nous vous écrivons
l’avant-projet du PGDA pour redonner sa valeur aux
version 3 a vu le jour. Nous Le PGDA : discriminant pour matières organiques ?
l’accusons d’être taillé sur l’azote d’origine organique
mesure pour l’agriculture La matière organique assure la fertilité
La règlementation (actuelle et pro- des sols. Arrêtons de la placer dans
chimique, discrimant l’utili- posée) officialise une DISCRIMINA- les déchets, le fumier doit rester la
sation d’azote d’origine or- TION entre l’azote de synthèse et richesse de la ferme. La valeur de la
ganique au profit de l’azote l’azote d’origine organique. En effet, matière organique tient dans sa teneur
de synthèse. Appliqué tel le niveau d’azote organique autorisé en carbone et accessoirement dans sa
quel par l’agriculteur bio- est déterminé par un calcul théorique teneur en azote, phosphore et potas-
logique, en respectant les qui définit le taux de liaison du sol. sium. De plus, faut-il rappeler que la
dates et dosages d’épan- Ce calcul ne permet par exemple que matière organique permet d’enrichir le
dages des matières orga- deux bovins à l’hectare en bio. Dès sol, là ou la matière de synthèse vient
niques, il assure à l’agricul- qu’il y a un dépassement, la sanction l’appauvrir.
est immédiate.
teur bio (qui refuse l’apport
d’engrais minéral) une ré-
colte de «pas grand-chose ».

Cet avant-projet est pour-


tant une magnifique oppor-
tunité de corriger d’impor-
tantes erreurs qui sont ac- source : Nitrawal
tuellement commises lors
des épandages de fertili- Et en ce qui concerne les nitrates, si la
parcelle entre dans le programme de
sants organiques.
prélèvement du profil azoté, les résul-
tats constatés sont comparés aux résul-
Qu’est ce que le PGDA tats obtenus dans des fermes de réfé-
rence avec en plus un facteur d’erreur
Revenons quelques instants sur la rai- qui pénalise davantage le producteur.
son d’être du PGDA. Il a été créé pour A contrario, quand on observe la poli-
diminuer l’impact des nitrates dans les tique appliquée à l’utilisation d’azote
nappes souterraines. Cette pollution a de synthèse , on constate qu’elle
été causée et est causée, dans sa par- permet des pratiques nettement plus
tie agricole d’une part par l’utilisation libres pour l’épandage, ne tenant pas
facile et excessive d’azote de synthèse compte du calcul des résidus.
; d’autre part par la concentration des

34
Réflexions

Tout d’abord, il faut absolument ren- apports en prairie (passant du 15 Art. R. 211 :
verser l’impact négatif actuel de la janvier au 1 février) ne permet pas - Le texte fixe les modalités des contrats
directive nitrates en Wallonie et en de tenir compte des hivers doux pen- d’épandage. Il devrait alors aussi
Belgique qui amène les agriculteurs à dant lesquels les prairies ont besoins prévoir une vérification des lieux
se méfier de la matière organique. d’être nourries en début de saison d’épandage.
Ensuite, il est essentiel pour le législa- quand les sols sont encore froids.
teur de bien différencier le fumier du Ce projet a des conséquences impor-
lisier ou du purin car ces formes de Art R. 206 et 207: tantes pour l’agriculteur. A l’heure
matière organique ont des incidences A partir du moment où 250 kg d’azote actuelle, lorsqu’il dépasse son taux
différentes dans le grand laboratoire (organique + minéral) sont acceptés de liaison au sol, il se voit retirer des
sol. en moyenne sur la surface totale de primes uniquement sur base d’un
la ferme, nous ne comprenons pas calcul théorique sans même pou-
Analyse et commentaires sur le la limitation de la quantité d’azote voir prétendre à une autre forme de
projet de PDGA organique à une moyenne de 115 contrôle que sont les mesures d’APL
kg par hectare de terre arable et une (azote potentiellement lessivable).
Art. R. 203 : moyenne de 230 kg par hectare de
Dans les fertilisants organiques à prairie. En bref, vous l’aurez compris, nous
action rapide, l’azote se trouve sous souhaitons des aménagements à cet
forme directement assimilable par les Art. R. 209 : avant-projet. Le texte considère, à
plantes (ammoniaque que les bacté- - Il faut toujours restituer au moins tort, que toute la problématique des
ries du sol convertissent en nitrates). l’équivalent de ce qu’on a exporté. nitrates dans l’eau se focalise essen-
C’est précisément avant l’hiver que Dans le cas présent on interdit les tiellement sur l’azote organique chez
les plantes en ont grand besoin pour restitutions organiques au profit des les agriculteurs. Rien n’est prévu pour
constituer leurs réserves sous forme chimiques qui seraient apparemment interdire l’azote destiné à embellir la
organique non lessivable. Il est ab- « moins polluantes » ! couleur verte des pelouses des particu-
surde de ne pas pouvoir alimenter - L’interdiction de l’azote organique liers, des zonings,…
les cultures tant que la végétation est au profit de l’azote chimique est un
en route et à un moment où elles en non-sens. L’arrêté impose la réduction des pé-
ont grand besoin pour constituer des - En quoi les légumineuses posent-elles riodes d’épandage. A l’Unab, nous
réserves pour l’hiver. Dans l’idéal, il un problème puisqu’elles apportent militons pour un épandage dans de
conviendrait donc que l’administration de l’azote organique non lessivable bonnes conditions, garantes de qualité.
adapte les dates d’épandage des fer- ? Qu’en est-il des cultures associées
tilisants à action rapide annuellement avec les légumineuses ?
en fonction des conditions météorolo-
giques.
- Limiter les apports organiques au 15
septembre revient à ignorer le calen-
drier des cultures. Quel producteur
peut assurer que toutes les céréales
seront moissonnées, les pailles récol-
tées et la terre ensemencée au 15
septembre ? Une date fixée au 15
octobre serait plus réaliste et permet-
trait aux agriculteurs de faire face
aux conditions météo et de pouvoir
travailler correctement.
- Le report de la date des premiers

35
Rendez-vous du mois

Agenda
 
Chers agriculteurs et éleveurs bio,
(10h45) Introduction
Comme nous, vous avez choisi le mode de
production biologique. Nous sommes à L'agriculture biologique dans la politique agricole wallonne
présent plus de mille producteurs bio en Par Monsieur le Ministre Carlo Di Antonio
Wallonie, et ce chiffre ne cesse de croître
Le producteur bio au centre de la politique agricole wallonne :
d’année en année.
le Collège des Producteurs
Dans le même temps, la place du secteur Par Renaud Baiwir, Cabinet du Ministre Di Antonio
Colloque BIO positivement dans la politique
bio évolue
agricole wallonne et européenne. Le (12h15) Buffet campagnard bio
Le mercredi
Ministre 29Carlojanvier
Di Antonio 2014 auralancé
a en effet lieu, à
un chantier important pour réformer La Cellule transversale de Recherche Agriculture biologique et
Ciney, un colloque BIO organisé par l’Unab,
l’agriculture avec BIO une àpolitique agricole Autonomie protéique
intitulé «L’agriculture l’horizon 2020
qui se veut plus proche des demandes Par Daniel Jamar et Virginie Decruyenaere (cellule BIO-PRO)
: de nouvelles politiques et structures qui
NOUS des producteurs.
donnent Pour le secteur
la parole». Cette bio, de a
journée Programme de l'APAQ-W pour la sensibilisation
nouvelles structures ont été
pour but de vous informer sur les changements mises en
des consommateurs aux produits bio et locaux
place et sont dès à présent
dans la politique agricole wallonne, en ce qui vos
Par René Poismans, Directeur de l’APAQ-W
concerne interlocutrices.
l’agricultureElles représentent
biologique, et aussi
de la vous
possibilité pour les agriculteurs
présenter les nouvelles structures mises en place bio de Biowallonie, la nouvelle structure d'encadrement pour tout le
prendre
en soutien leur secteur
au secteur en main.
(encadrement, recherche, secteur bio
promotion,
L’Unab services
souhaiteopérationnels
vous informerdude collège
ces Par Marc-André Henin, Président et Philippe Grogna, Directeur
des producteurs).
changementsLemais Ministre
aussi Carlo di Antonio
vous donner la
présentera sa en
vision de l’avenir du bio et sera Vision et propositions de l'Unab pour l'agriculture bio
parole présence des acteurs de notre
disponible pour répondre Par Marc-André Henin, Unab
agriculture. Quelle àque vos soit
questions
notre ou
écouter spécialisation,
vos suggestions.nous sommes tous
Discussion générale, table ronde
concernés.
Toutes les informations dans le document joint à (16h) Verre de l'amitié
Nousetvous
cette revue sur attendons nombreux !
le site www.unab-bio.be.
Nous vous attendons nombreux !

Séance d’information sur l’agriculture biologique


Le mardi 11 février à La Reid, l’Unab organise, en collaboration avec le Service Public de Wallonie, le
Centre Pilote Bio, Biowallonie et les écoles d’agronomie de La Reid, une séance d’information sur l’agriculture
biologique.

Pourquoi pas le bio ? Mais est-ce possible pour ma ferme ? Quelles sont les démarches ? Qui peut m’aider ? Et
pour les problèmes techniques ? Pour quels débouchés ? A quelles difficultés dois-je m’attendre ? Et mes voisins
passés au bio, quelle est leur expérience ?

Cette séance d’information tentera de répondre notamment à ces questions et permettra un échange de points
de vue avec les principaux organismes actifs en agriculture biologique.
Rendez-vous à 13h à l’IPEA La Reid, rue du Haftay 738, 4910 La Reid. Invitation cordiale à tous !

36
Rendez-vous du Mois

Biofach fêtera son 25ème anniversaire du


12 au 15 février prochain

Du 12 au 15 février 2014, Nuremberg (Allemagne)


accueillera la 25ème édition du salon Biofach, Salon Pilote
Mondial des Aliments Biologiques. Il s’agit du plus grand
salon consacré au secteur bio en Europe pour les produits
alimentaires, textiles et produits de nettoyage. BioFach
accueille également en son sein Vivaness, espace dédié
aux cosmétiques. Chaque année, de nombreux acteurs
professionnels s’y retrouvent et analysent ensemble les
perspectives de marchés communs. BioFach est l’endroit
propice pour la création de contacts internationaux et
pour positionner son entreprise dans un marché hors de
nos frontières.

A côté de son volet commercial, BioFach constitue aussi une


grande plateforme mondiale consacrée au savoir et aux
informations sur le bio. Organic 3.0 – l’agriculteur et
l’agroalimentaire bio de demain sera le thème clé de
cette édition. Organic 1.0 est une référence aux visionnaires
et pionniers qui ont élaboré le concept de l’agriculture
biologique ; Organic 2.0 était le pas indispensable vers
un cadre législatif et réglementaire pour le secteur bio. Et
maintenant, Organic 3.0 permet de se poser la question :
qu’est ce qui va déterminer l’agriculture biologique et le
secteur de l’alimentation bio de demain? De nombreux
ateliers et conférences auront lieu sur ce thème. Pour cette
édition, les organisateurs annoncent 2.400 exposants et
40.000 visiteurs professionnels.

Présence wallonne ? Une vingtaine d’entreprises


wallonnes seront présentes au sein du stand de l’AWEX.
De plus, une délégation wallonne d’une vingtaine d’acteurs
wallons s’y rendra durant deux jours. En effet, cette année,
Biowallonie a proposé à l’ensemble du secteur bio wallon
de visiter ce salon. Notre délégation wallonne sera
composée de plusieurs producteurs, un transformateur, un
distributeur, des traiteurs et des magasins bio.

Plus d’informations sur BioFach : www.biofach.de

37
Rendez-vous du mois

Formations

FORMATION « LA BIO DANS LA PRATIQUE » Me 13 mars


Jacquy D’Hulster
Rue Albert 6, 6596 Forge Philippe
Les formations à la méthode Sencier ont 0474/205.585
été renommées « La Bio dans la pratique ».
L’organisation et le contenu des formations Ve 14 mars
ne changent pas : présentation de chacun, Loeckx Philippe
rappel de la formation précédente, matière Le Quesniau 14, 7870 Montignies lez Lens
de la nouvelle formation, visite de la ferme 0479/410.299
et des parcelles, et surtout, tout le long de
l’après-midi, discussions et réponses à vos Ve 20 mars
questions pratiques. Remi Hardy
Marveld 84, 4850 Moresnet
087/786.180
Thème du mois de mars :
Organisation du travail pour le printemps :
Ve 21 mars
Gestion des prairies ; Mise à l’herbe ; Cultures
Henri Delaisse
de printemps ; Rappel sur la gestion de la matière
Moulin de Rondu 19, 6800 Remagne
organique et le compostage.
0495/402.843
Visite de terrain : cultures et animaux

Formateur : Philippe Loeckx.


Formation gratuite, bienvenue à tous. RDV à la ferme à 13h30, fin vers 18h30.

Inscription :
loeckx.unab@gmail.com ou 0479/41.02.99.

38
Rendez-vous du Mois

CONFÉRENCE : AMÉLIORER LA QUALITÉ DES SOLS PAR L’ACTIVITÉ BIOLOGIQUE –


IMPORTANCE DES MATIÈRES ORGANIQUES ET DES AMENDEMENTS BASIQUES CALCIQUES

Date : 24 février 2014 Patricia Gramme


Durée : 13 h 30 à 16h Coache-Formatrice en Jardins Potagers écologiques
Lieu : Centre d’Accueil, de Colloques et de (permaculture)
Séminaires (CACS) – Place d’Ellezelles – Salle verte Gestion, création et aménagement de Jardins
à l’étage. Potagers en permaculture
(Coaching - Formations pratiques - Conférences)
Conférencier : Baptiste HOTTEKIET 0495/242.090
(agronome)
Organisé par le Parc naturel du Pays des Collines Voici un aperçu de ce que vous allez découvrir :
Ruelle des Ecoles, n°1 Reportage RTBF - Jardins et Loisirs sur les principes
7890 Ellezelles. de permaculture que j’applique dans mon Jardin
Tél: 068/544.604 Potager : 4 novembre 2012.

DEUX FORMATIONS POUR L’ÉLEVAGE BIO PAR LE DOCTEUR


JOSEPH DABEUX, VÉTÉRINAIRE AU GIE ZONE VERTE.

Module 1 : Découverte Module 2 : Gestion du parasitisme


de la méthode chez les ovins-caprins
OBSALIM chez les bovins.
Le vendredi 7 février 2014 de 10h à 16h
Le jeudi 6 février 2014 de 10h à 16h à Lens. à Villers-sur-Lesse, commune de Rochefort.

L‘alimentation des ruminants est le pivot de toute pratique L’enjeu de cette formation est de porter un autre regard
d’élevage. La méthode OBSALIM est une méthode d’ob- sur le parasitisme naturel et d’apprendre d’autres moyens
servation et de diagnostic à destination des éleveurs, tech- de gestion efficaces. En connaissant mieux la dynamique
niciens et vétérinaires pour mieux comprendre la digestion globale du parasitisme de son propre élevage, l’éleveur
du ruminant et savoir réagir immédiatement aux erreurs est à même de mieux réagir aux risques parasitaires et de
de nutrition. L’éleveur, par son sens de l’observation et la remplacer les médicaments allopathiques par des produits
connaissance des symptômes alimentaires, peut se réap- naturels. L’étude des différents parasites, de leurs cycles
proprier la maîtrise de l’alimentation de son troupeau. biologiques, les conditions de leur développement et les
Le programme comprendra des exposés en salle le matin relations hôte-parasite sont autant de sujets qui seront pré-
(Salle Communale) et une visite d’élevage l’après-midi sentés lors de cette formation.
(Ferme Raucq). Le programme comprendra des exposés en salle le ma-
tin (Salle Concordia) et une visite d’élevage l’après-midi
(Ferme de Jambjoule).

Participation de 20€ par journée de formation, repas bio compris, à verser sur le compte :
BE19 0682 0327 1712 ; mention « Nom du participant + nom de la formation »

Inscription avant le 30 janvier auprès de Nature & Progrès : 081/32 30 66 ou


emilie.guillaume@natpro.be
Appel au covoiturage : nous centralisons les offres et les demandes. N’hésitez pas à nous les communiquer.

39
Rendez-vous du mois

Livres
du Vous pouvez retrouver ces livres à la librairie de Nature & Progrès, Rue de Dave, 520
mois à Jambes entre 9 h et 16 h – vendredi jusque 18 h - soit en les commandant par fax :
+32 (0)81/310.306 ou encore par internet : www.docverte.be

DES LEGUMES EN HIVER - PRODUIRE EN ABONDANCE MÊME SOUS LA NEIGE

Des légumes en hiver est un manuel pratique destiné aux jardiniers amateurs comme aux professionnels
du maraîchage. En vingt chapitres richement illustrés, Eliot Coleman, cultivateur américain et pionnier
de l’agriculture biologique, dévoile les méthodes qu’il développe au coeur de son exploitation de petite
surface, selon trois principes primordiaux : diminuer l’impact environnemental, densifier les cultures et
réduire le coût financier de son exploitation. Particulièrement connu pour ses techniques de culture hiver-
nales et respectueuses de l’environnement, ce producteur inventif et astucieux explique comment parve-
nir à récolter des légumes variés et de qualité, quelle que soit la saison. Il défend l’utilité des serres
mobiles et des tunnels, encore inexploités en France, l’une des clés du succès pour les récoltes de primeurs tout au long de
l’année. Le lecteur apprend pas à pas à préparer un sol, puis à semer et à récolter à l’aide d’un équipement modeste et
peu mécanisé évitant au maximum le recours aux énergies polluantes. Schémas et planning explicatifs jalonnent l’ouvrage
afin d’aider chacun à cultiver des légumes, même lorsque les conditions climatiques ne s’y prêtent pas. Les précieux conseils
de l’auteur accompagnent les producteurs en herbe à chaque étape de leur apprentissage en leur permettant notamment
de faire face aux questions et difficultés qu’ils peuvent rencontrer dans la mise en oeuvre de cultures saines ou encore en
abordant la question des outils nécessaires à ce travail de la terre. Des légumes en hiver se présente comme un plaidoyer
pour une relocalisation des productions agricoles. Auteur  : Eliot Coleman | Editeur : Actes Sud | 241 pages – 39,83 €

CONSTRUIRE UNE CAVE NATURELLE - CONSTRUCTIONS ET AMÉNAGEMENTS D’ESPACES POUR


LA CONSERVATION DES FRUITS ET LÉGUMES - CONSERVER NATURELLEMENT SES RÉCOLTES : LA CAVE D’HIER,
UNE TECHNOLOGIE POUR AUJOURD’HUI

Tous ceux qui font leur jardin sont confrontés chaque année à cette question : comment conserver effica-
cement ses récoltes pendant l’hiver ? De même, ceux qui achètent de grandes quantités de fruits ou de
légumes souhaitent pouvoir les conserver le plus longtemps possible sans perte de qualité. Malheureuse-
ment, les caves modernes sont généralement trop chaudes, trop sèches et construites avec des matériaux
peu propices à la conservation au frais des aliments. Ce livre décrit en détail, et au moyen de très nom-
breux exemples pratiques, comment construire ou aménager une cave naturelle (c’est-à-dire contrôler
naturellement la température et l’humidité), dans une maison neuve ou ancienne, pour conserver ses fruits
et ses légumes, mais aussi son vin. Le livre présente également tous les moyens, pour certains très simples, de conservation
au jardin, comme les jauges, les silos et les caves enterrées.
Auteur : Claudia Lorenz-Ladener | Editeur : Ulmer | 448 pages – 25,25 €

LES GRANDES PRODUCTIONS VEGETALES


 anuel d’agronomie ou de phytotechnie spéciale ... C’est à dire appliquée aux ESPECES végétales, ce
M
livre présente la biologie et les techniques de sélection et de production des principales grandes cultures
des régions tempérées :
- Les céréales : blé tendre, blé dur, orge, avoine, seigle, triticale
- Les plantes dites sarclées : maïs, betterave, pomme de terre, oléoprotagineux
- Les plantes fourragères : prairies permanentes et temporaires, fourrages annuels
Auteur : Dominique Soltner | Editeur : Sciences et techniques agricoles | 461 pages – 35,50€

ENGRAIS VERTS ET FERTILITE DES SOLS - PRINCIPES AGRONOMIQUES – PRATIQUES AGRICOLES


Comment fonctionne un sol ? Qu’est-ce qui le rend plus fertile ? Comment favoriser la circulation de l’eau et
de l’air permettant une agriculture optimale, qu’elle soit traditionnelle ou biologique ?Comment améliorer
ces pratiques pour mieux protéger l’environnement et respecter les équilibres fondamentaux ? Comment
maintenir une récolte rentable ? Cet ouvrage ouvre des perspectives pour les exploitants : il explique les
fondements scientifiques de l’agronomie et développe de façon très pédagogique le principe des systèmes
radiculaires, responsable de l’aération et de l’hydratation des sols et des cultures. Le lecteur découvre
pourquoi et comment les plantes contribuent à la fertilité des sols par l’action physique et chimique de leurs
racines : elles se comportent comme tout être vivant et cherchent à améliorer le milieu de vie à leur profit
... et au profit d’autres cultures qui se trouvent dans le même sol. L’auteur démontre combien une rotation
culturale bien pensée permet, en utilisant les « compétences « de la nature, une fertilité importante tout en maîtrisant la flore
adventice indésirable. Il offre également un inventaire exhaustif des espèces utilisables en précisant l’intérêt de chacune d’elles
pour l’ensemble des types de culture. Auteur  : Joseph Pousset | Editeur : France Agricole | 397 pages – 43,75€
40
Rendez-vous du Mois

Documentation

Documents disponibles au centre de documentation sur le sujet : MARAICHAGE

Fiches culturales : Techniques culturales :


Artichaut Production de minimottes
Aubergine Production de mottes de poireaux
Betterave Weed-master (porte-outil pour petites fermes maraîchères)
Carotte Rotations en maraîchage
Céleri à côtes Manuel des jardiniers sans moyens
Céleri rave Gestion de l’enherbement
Chicon Désherbage en maraîchage
Chicorée Application de la Biodynamie en maraîchage
Chou Récolte et conservation des légumes
Chou brocoli Engrais verts en maraîchage
Chou pommé Travail du sol
Chou romanesco Machines pour la maîtrise des adventices en maraîchage
Choux fleur Terreaux sans tourbe
Concombre
Courgette
Echalote Gestion :
Epinard Analyse de systèmes en maraîchage diversifié
Fenouil Fermoscopie de maraîchage et circuit court
Fraise Références technico-économiques en légumes bio
Laitue Guide d’installation en maraîchage bio
Oignon Gestion de la production maraîchère en bio
Panais Modèles économiques d’ASC (Agriculture soutenue par la communauté)
Poireau
Pomme de terre
Potimarron
Sauge Ouvrages :
Manuel de jardinage biologique (EducAgri)
La culture de l’oignon (Nature & Progrès)
La culture de la tomate (Nature & Progrès)
Production bio-dynamique de fruits et de légumes (Ulmer)
Les maladies des plantes maraîchères (INRA)

Ces documents sont disponibles à la consultation et à la photocopie au centre de documentation du CPBio, au


520 rue de Dave, 5100 Jambes (dans les locaux de Nature & Progrès). Ouvert tous les jours de 8h30 à 16h30.
Des photocopies peuvent aussi vous être envoyées par la poste. Contactez Nature & Progrès au 081/32.30.56.
Pour accéder à une quantité importante de ressources documentaires, vous pouvez également faire une recherche
sur la base de données d’ABioDoc, le Centre national français de ressources documentaires en agriculture biolo-
gique, à l’adresse suivante : http://abiodoc.docressources.fr

41
Rendez-vous du Mois

Contact : fermeduchampia@sky-
net.be ou 0474/796.328 Pour que votre petite
annonce paraisse
OFFRES D’EMPLOI dans Itinéraires Bio,
elle doit nous parvenir
FERME DORLOÛ, WODECQ, le 20 du mois précédent
Petites PROVINCE DU HAINAUT OC-
CIDENTAL
la parution.
annonces Ferme mixte active et reconnue
en agriculture biologique, 40
>M  ars-Avril :
20 Février
Pour vos petites annonces : ha CHERCHE AGRICULTEUR ou
> Mai-Juin :
info@biowallonie.be couple, GERANT de l’exploita-
20 Avril
tion : traite, élevages et cultures
> Juillet-Aoùt :
en agriculture biologique. Pos-
20 Juin
sibilités de logement. Profil et
OFFRES infos en tél : 0498/590.954
FOIRE DE LIBRAMONT 2014 après 19h ou agriwaconsul@
Suite à son succès en 2013, gmail.com. Site : taper « ferme
«En terre bio», votre chapiteau dorlou »
bio, sera à nouveau présent
pour représenter et rassembler FERME GRODENT, MALMEDY,
le secteur BIO à la foire de Li- PROVINCE DE LIÈGE
bramont 2014. L’heure est à la En vue d’une réorganisation, la
préparation de cet événement. Ferme Grodent cherche:
Si vous êtes producteur, dési- - soit à remettre l’activité froma-
reux de vendre vos produits bio gerie,
sur place, ou si vous êtes un - soit une forme d’association,
organisme actif dans le secteur coopération pour développer
bio (vente, conseils, etc.) et que l’outil.
vous souhaitez disposer d’un Nos produits de qualité sont
espace (payant) dans le chapi- réputés depuis de nombreuses
teau, manifestez-vous avant le années (début en 1974) . Mal-
15 février auprès de Sylvie La gré une constante croissance
Spina (Unab) : 0487/346.078 de la production de fromage
ou laspina.unab@gmail.com. (+/- 200.000 litres transfor-
més), nous n’arrivons pas à
TAUREAU SAILLIE suivre la demande, il y a donc
Blanc Bleu Mixte Blanc Dos ins- un réel potentiel de développe-
crit. ment, notamment pour les pâtes
Contact : Thibault Hannoteau molles « Le Malmedy » et le «
0497/628.459 Bernister Fleuri ». La distribution
est principalement assurée par
TRACTEUR FIAT 8590DT des grossistes réputés. Cette
Contact : Thibault Hannoteau activité est idéale pour complé-
0497/628.459 ter la gamme de produits d’une
fromagerie régionale et/ou bio
AVOINE BIO , ou pour diversifier une ferme
Contact : Dominique Jacques : laitière bio et apporter une meil-
jacques_fas@yahoo.fr leure valorisation de litres de
0477/722.475 lait. N’hésitez pas à contacter
Raphaël (0477/377.232) pour
de plus amples informations.
DEMANDES
Plus d’info sur les produits :
FERME DU CHAMPIA, www.fermegrodent.be
CHEVETOGNE,
PROVINCE DE NAMUR
Ferme du Champia, Cheve-
togne, recherche une cuve 200L.
pour fabrication de fromages.

42
Coin famille

Biowallonie

Les champignons
Pauline Donneau et
Noémie Dekoninck

Abondants dans la forêt en automne, vite autant dans nos repas de tous Ils sont gorgés d’eau et réduisent
pour ceux qui vont à leur recherche les jours que pour les fêtes de fin fortement lors de la cuisson. Pour
soyez prudents lors de la cueillette ! d’année. nettoyer les champignons, il ne faut
Les variétés sont nombreuses : cèpes, pas les tremper dans l’eau car ils
bolets, girolles et c’est avec plaisir Peu caloriques, ils apportent des vita- l’absorbent et perdent en saveur !
qu’on les retrouve dans nos plats ! mines du groupe B qui interviennent Il suffit de les frotter et de les passer
dans le bon fonctionnement neu- dans un linge humide.
Faciles à préparer, les recettes avec romusculaire. C’est également une
les champignons ne se comptent plus ! bonne source en oligo-éléments, plus Les champignons se conservent
Potage, farce pour viande, risotto, particulièrement en sélénium qui est quelques jours au réfrigérateur à une
omelette, toast, ce roi des bois s’in- un puissant antioxydant. température allant de 4 à 7°C.

Mille-feuilles de choux-vert à
la claytone et champignons,
crumble de noix
Recette de Claude Pohlig,
Cuisine potager
(www.cuisine-potager.be).
« Cuisinez nous aujourd’hui et vous
mangerez demain. Cuisinez durable,
le plaisir de manger pour une planète
meilleure. »
Emincer le reste du chou après l’avoir lavé.
Ingrédients pour 4 personnes Mixer la claytone de cuba avec 15 cl d’huile, verser dans
1 chou vert une casserole et y ajouter le reste de chou et le bicarbonate
1 botte de claytone de cuba de soude. Cuire à couvert à feu doux entre 10 et 15 minutes,
20 cl d’huile d’olive le choux doit avoir compoté.
250 gr de champignons bruns (ils sont plus fermes)
2 échalotes Eplucher et hacher les échalotes, les faire suer dans le reste
1 c. à soupe de bicarbonate de soude d’huile d’olive et ajouter les champignons émincés. Cuire
20 noix jusqu’à perte de l’eau.
1c. à soupe d’huile de noix Mixer la mie de pain avec l’huile de noix et ajouter les noix
1 tranche de bon pain sec concassées.
Monter le mille-feuilles en plaçant un disque de chou, le chou
Préparation cuit, un disque, les champignons, un disque et du crumble.
Enlever 8 feuilles de chou et faire 12 ronds à l’emporte-pièce
ou avec un verre. Cuire ces feuilles à la vapeur ou à l’eau en Chauffer au four chaud à 160°C 15 minutes et terminer 5
les gardant un peu fermes. minutes au grill.

43
Faire le pas vers l’agriculture biologique …
Vous êtes agriculteur et vous souhaitez convertir votre Contactez-nous et nous nous ferons un plaisir de vous
ferme au mode de production biologique ? En plus de expliquer les démarches administratives pour certifier
cela vous aimeriez combiner les audits de vos différents votre exploitation au mode de production biologique.
cahiers des charges pour gagner du temps et donc en
réduire les coûts ? Nous avons également à cœur de remercier nos clients
pour la confiance qu’ils nous accordent.
L’équipe de Quality Partner est là pour vous !
Quality Partner vous souhaite ses meilleurs vœux pour
Nous vous invitons à rejoindre les nombreux agricul- 2014 !
teurs « bio » déjà inscrits chez nous et à notifier vos
activités grâce au formulaire de notification d’activités
disponible sur simple demande ou téléchargeable sur
note site web.

www.quality-partner.be
Rue Hayeneux 62 • B-4040 Herstal • Tél : +32(0)4 240 75 00 • Fax : +32 (0)4 240 75 10 • info@quality-partner.be