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Université Sidi Mohammed Ben Abdellah

Faculté des Sciences Juridiques Economiques et


Sociales -Fès
Département : Droit Privé
Master : Juriste d’affaires

Module : Droit des entreprises en difficultés

LA PROCÉDURE DU
MANDATAIRE SPECIAL

Enseignant : Mr Squalli abdelaziz

Réalisé par : EL MALKI Mohammed

A.U 2018/2019

1
APLAN

Partie 1: Le prélude de la procédure du mandataire spécial

Chapitre 1: L’ossature organisationnel du déclenchement

Section 1: Les critères objectifs

Section 2: Les critères subjectifs

Chapitre 2: Le choix du mandataire spécial

Section 1: Les personnes habilités à désigner le mandataire spécial

Section 2 : Les missions assujetties au mandataire spécial

Partie 2: L’écoulement de la procédure du mandataire spécial

Chapitre 1: La désignation du mandataire spécial

Section 1: Le rôle et les pouvoirs du mandataire spécial

Section 2: Les droits et les obligations du mandataire spécial

Chapitre 2 : L’aboutissement de la procédure du mandataire spécial

Section 1: L'accord du mandataire spécial

Section 2: L'échec de l'accord

2
INTRODUCTION

Le décollage économique d’un pays dépend de la prospérité des entreprises et de la


robustesse de la législation, ce facteur est nécessaire voire inévitable pour
l’attractivité des investissements. Donc l’entreprise est considérée comme étant une
partie prenante essentielle dans le processus de production, de circulation et de
consommation des richesses qui doit bénéficier d’un certain nombre de mécanismes
d’ordre juridique, économique et social afin d’assurer une économie assez
dynamique que possible. Malheureusement ce n’est jamais le cas car comme
l’entreprise passe par des périodes de succès et de prospérité elle peut également
subir des crises et des difficultés.

Les difficultés de l'entreprise peuvent conduire au dépôt de bilan. Mais la situation


de l'entreprise peut seulement être mauvaise sans être désespérée, la loi envisage
donc des traitements dont l'efficacité dépend de la prise de conscience de ces
difficultés. D'une part, elle organise une procédure de prévention visant à permettre
le règlement amiable de ces difficultés ; d'autre part on trouve une procédure de
sauvegarde. Le tri entre ces deux procédures se fait en fonction d'un critère simple,
celui de la cessation des paiements, c'est-à-dire l'impossibilité de faire au passif
exigible avec l'actif disponible.

Afin de remédier la situation, il importe de mettre en place un cadre juridique


habilité de faire face à ces difficultés. C’est le cas du livre 5 du code de commerce
marocain et scrupuleusement la loi numéro 73-17qui oblige les dirigeants à indiquer
les mesures qu’ils envisageaient pour redresser la situation de l’entreprise, ses
dirigeants sont convoqués soit par le président du tribunal de commerce soit à
travers une demande de ces derniers contenant la nature des difficultés à
3
compromettre la continuité d'exploitation ainsi que les moyens d'y faire face à cette
situation. Ainsi, lorsqu’une entreprise éprouve d’importantes difficultés sans pour
autant se trouver en état de cessation de paiements, son dirigeant cherche
généralement à conclure, avec tout ou partie de ses créanciers un accord destiné à
empêcher les poursuites intempestives et à assurer la pérennité de l’exploitation.
S’il souhaite mener à bien ses négociations dans un cadre totalement confidentiel et
ne pas être dessaisi de son pouvoir de direction, tout en bénéficiant de l’aide et de
l’expérience d’un professionnel avisé et indépendant des parties, il peut avoir
recours au mandataire spécial.

Le mandat est le nom donné à une technique ancienne, utilisée à différentes fins,
pour conférer une mission particulière à une personne désignée par l'autorité
judiciaire. Cette expression s'applique : "à toute personne ou à tout organe à qui
est assigné une mission précise et momentanée et qui reçoit des pouvoirs limités à
cette fin".

Le mandat spécial du Livre V du Code de commerce est issu de la pratique qui


avait considéré qu'il entrait dans la mission du président du tribunal de commerce
de faciliter la recherche d'une solution lorsqu'une entreprise éprouve des difficultés
graves, d'ordre juridique, économique ou financier. Il se rapproche du mandataire
spécial en matière de copropriété en pré-difficulté dans sa mission de négociation.
Il a néanmoins été possible de dégager deux rôles essentiels des mandataires ad
hoc, à savoir, un rôle de représentation et un rôle de négociation. Les réformes en
cours en matière d'entreprises et de copropriétés en difficulté visent à mettre en
place un véritable statut du mandataire spécial. Dans toutes les branches du droit,
le mandataire spécial n'a pas de statut juridique mais simplement un embryon de
statut. Cette notion de mandataire spécial, son succès mais également ses failles
sont à mettre en exergues. La nécessité d'harmoniser les règles existantes afin de
créer un statut homogène en vue de renforcer la sécurité juridique s'avère
nécessaire.

Afin de mieux cerner notre sujet, il convient de s’interroger sur le déclenchement


de la procédure du mandataire spécial ainsi que sur son enchainement.

4
Partie 1 : Le prélude de la procédure du mandataire
spécial :

L’esprit de la loi relative au traitement des difficultés des entreprises est


désormais très clair : il faut mettre à la disposition du chef d’entreprise une
"boîte à outils", à charge pour l’entrepreneur (suivant en cela les bons conseils
de son avocat…) de choisir le "bon outil au bon moment".1

Le choix, cependant, n’est pas totalement libre. Il est limité par l’intensité des
difficultés que rencontre l’entreprise. L’état de cessation des paiements demeure la
clé de répartition entre les procédures collectives (strictement encadrées et
publiques) et les procédures préventives (souples et confidentielles).

Le mandataire spécial s’élève au rang de ces dernières. Dans cette partie nous
contenterons de traiter dans un premier chapitre l’ossature organisationnel du
déclenchement de cette procédure pour ensuite analyser le choix du mandataire dans
un deuxième chapitre.

Chapitre 1 : L’ossature organisationnel de déclenchements :

Section 1 : Les critères objectifs de déclenchements :

La première condition sine qua non pour déclencher cette procédure c’est que les
difficultés sont susceptibles d'être aplanies.

Aux terme de l'article 550 du code de commerce dispose que, «s' il apparaît que
les difficultés de l'entreprise sont susceptibles d'être aplanies (...)» .

Le président du tribunal fait intervenir un mandataire spécial, dans le cadre de la


prévention judiciairement assistée, soit au déclenchement du processus de
règlement amiable demandé par requête du débiteur ou ordonné directement par le
1
http://www.fsjes-agadir.info/vb/showthread.php?t=17916.

5
juge.

En vertu de l'article 5492 du nouveau code de commerce, s'il apparaît au président


du tribunal que les difficultés de l'entreprise peuvent être aplanies grâce à
l'intervention d'un tiers, il le désigne comme mandataire spécial. La mission du
tiers désigné est de réduire les oppositions entre le chef d'entreprise et ses
partenaires habituels. Le président du tribunal détermine la mission du mandataire
spécial lui donne un délai pour accomplir sa mission.

Concernant le second critère: « la réduction des oppositions éventuelle soit


sociales ou entre associés ou celles des partenaires habituels (...) »

Aux terme de l'alinéa 1 de l'article 5503 de la loi n°73-17 portant réforme du livre
5 du code de commerce du 1er Août 1996, prévoit ici que s'il apparaît que les
difficultés de l'entreprise sont susceptibles d'être aplanie grâce à l'intervention
d'un tiers à même de réduire «(...) les oppositions éventuelles soit sociales ou
entre associés ou celles des partenaires habituelles de l'entreprise (...)».Or on
entend ici par «opposition », lorsque on ressent, et ce par anticipation ,que la
situation de l'entreprise est en cours de dégradation, et qui elle n'est pas encore en
mesure d'honorer éventuellement ses engagements contractuels, les partenaires
refusent parfois de continuer de faire des transactions avec l'entreprise, dès que
cette dernière commence de ne pas payer les dettes qui pèse sur elle4. Il faut aussi
préciser ce qu'on peut entendre par
« Eventuelles ». Cette expression prête ici à l'interprété qu’il s'agit des difficultés
éventuelles, ou autrement dit difficultés prévisible. Dire des difficultés éventuelles,
c'est à dire que la décision de désignation d'un mandataire spécial ne serait se fait
que lorsque l'entreprise éprouve des difficultés prévisibles.

En ce qui concerne le critère de la réduction « des oppositions éventuelles de


nature sociales » qui désigne qu'il s'agit ici pour le mandataire spécial de traiter
2
La procédure de la prévention externe est ouverte devant le président du tribunal dans le cas prévu à l’article précédent ou lorsqu’il
résulte de tout acte, document ou procédure, qu’une entreprise, sans être en cessation de paiement connaît des difficultés
juridiques, économiques, financières ou sociales ou des besoins ne pouvant pas être couverts par un financement adapté aux
possibilités de l’entreprise (...).

3
Article 550 : La procédure de règlement amiable est ouverte à toute entreprise commerciale ou artisanale qui, sans être en
cessation de paiements, éprouve une difficulté juridique, économique ou financière ou des besoins ne pouvant être
couverts par un financement adapté aux possibilités de l’entreprise.

Le président du tribunal est saisi par une requête du chef de l’entreprise, qui expose sa situation financière, économique
et sociale, les besoins de financement ainsi que les moyens d’y faire face.

4
CHAMOULAUD-TRAPIERS A et YILDIRIM G (2003), droit des affaires : Relations de l'entreprise commerciale,
Bréal, Paris, p 77 .

6
des conflits sociaux.

Section 2 : Les critères subjectifs :

Les entreprises concernées par le mandataire spécial :

7
Le premier alinéa de l'article 5465 de la nouvelle laisse à penser que ce dispositif
était ouvert uniquement aux commerçants personnes physiques et aux sociétés
commerciales.

II relatif « à la prévention externe », cette procédure était limitée aux seules


entreprise pouvant bénéficier les dispositions du livre V du code de commerce.

Cette indépendance normative de la procédure du mandataire spécial est


applicable à toutes les entreprises en difficultés et sans condition de temps.

La question de temps révèle un problème énorme de la détermination du


périmètre de déclenchement et de déroulement de la procédure du mandataire
spécial. Car, il ne s'agit plus de déclencher une procédure à l'égard d'une
entreprise alors qu'elle était en cessation de paiements et n'est plus encore
d'admettre à un mandataire d'exercer une mission sans l'enfermer dans aucun
délai.

Ce dernier est actuellement relevé, selon l'article 550 de la nouvelle, du pouvoir


d'appréciation large du président du tribunal de commerce. Et seul compétant afin
de déterminer la nature des entreprises qui peuvent bénéficier ce dispositif
législatif. Car le texte de la loi vise seulement que si « (...)les difficultés de
l'entreprise sont susceptibles d'être aplanies (...) ». Sans pour autant préciser
l'ampleur et la teneur des difficultés.

Ce dispositif est ouvert aux commerçants, personnes physiques ou morales,


dont la situation n'est pas irrémédiablement comprise et dont l'activité qu'ils
exercice relève de la compétence du président du tribunal de commerce.

Concernant les personnes chargées du déclenchement de la procédure du


mandataire spécial, aux termes de l'article 550 du code de commerce : la
désignation d'un mandataire spécial émane du président du tribunal de
commerce (1) ou par les créanciers ou encore par le débiteur (2)

5
Article 546 : Le commissaire aux comptes, s'il en existe, ou tout associé dans la société informe le chef de l’entreprise des faits de
nature à compromettre la continuité de l’exploitation et ce, dans un délai de 8 jours de la découverte des faits et par lettre
recommandée avec accusé de réception, l’invitant à redresser la situation.

Faute d’exécution par le chef d’entreprise dans un délai de 15 jours de la réception ou s'il n'arrive pas personnellement ou après
délibération du conseil d’administration ou du conseil de surveillance, selon le cas, à un résultat positif, il est tenu de faire délibérer la
prochaine assemblée générale pour statuer, sur rapport du commissaire aux comptes, à ce sujet.

8
Paragraphe 1 : Le déclenchement de la procédure par le président du
tribunal de commerce

La lettre du premier alinéa de l'article 550 du code de commerce dispose que,


« (...) le président du tribunal le désigne (...) ». À ce propos cette formule légale
offre clairement et expressément une possibilité pour le président du tribunal de
s'autoriser.

Ce pouvoir présente aussi un inconvénient, car il a convenu d'imposer d'office


un mandataire spécial à une entreprise, avec l'obligation de le rémunérer.

Quoi qu'il en soit, il semble qu'il est opportun de laisser au représentant de


l'entreprise le monopole de la saisine du président du tribunal

Paragraphe 2 : Le déclenchement de la procédure du mandataire


spécial par le débiteur :

La loi 73-17 s'oriente aujourd'hui vers l'extension des critères de déclenchement


du mandataire spécial aux créanciers de l'entreprise. Cette extension est
effectuée à travers les termes de cinquième alinéa de l'article 545 de la loi citée
qui prévoit que le débiteur soit personne physique ou morale au droit de
demander au tribunal d'ouvrir l'une des procédures de prévention conformément
aux conditions prévues au livre V du code de commerce.

Chapitre 2 : Le choix du mandataire spécial :

Section 1 : Les personnes chargées à désigner le mandataire spécial :

Le président du tribunal peut nommer en tant que mandataire toute personne


compétente. Il s’agit toujours d’un professionnel averti qui dispose de
l’indépendance et de l’autorité nécessaires vis-à-vis des tiers. Il s’agit le plus
souvent d’un administrateur judiciaire. Ce peut être également un mandataire
judiciaire ou un ancien magistrat consulaire.

Afin de prévenir les risques de conflits d’intérêts ente les mandataires et les
entreprises concernées, l’article L. 611-13 du Code de commerce, issu de la loi de
sauvegarde, énumère certaines incompatibilités quant au choix du mandataire
spéciale.

9
Ainsi, les missions de mandataire spéciale ne peuvent être exercées « par une
personne ayant, au cours des vingt-quatre mois précédents, perçu, à quelque titre
que ce soit, directement ou indirectement, une rémunération ou un paiement de

10
la part du débiteur intéressé, de tout créancier du débiteur ou d’une personne qui
en détient le contrôle ou est contrôlée par lui au sens de l’article L. 233-16».

Toutefois, une exception a été introduite pour le cas où la rémunération a été


« Perçue au titre d’un mandat ad hoc ou d’une mission de règlement amiable ou
de conciliation réalisée pour le même débiteur ou le même créancier». Elle
permet au professionnel d’intervenir plusieurs fois aux côtés du chef
d’entreprise et, notamment, d’enchaîner un mandat ad hoc et une conciliation.

La personne ainsi désignée doit attester sur l’honneur, lors de l’acceptation de


son mandat, qu’elle se conforme à ces interdictions.

De même, ces missions ne peuvent être confiées à un juge consulaire en fonction


ou ayant quitté ses fonctions depuis moins de cinq ans.

Le président du tribunal qui examine la requête par laquelle le chef d’entreprise


demande l’ouverture d’un mandat spécial dispose d’un pouvoir souverain pour
choisir le professionnel qui sera chargé de la mission.

Néanmoins, en pratique, de nombreux tribunaux admettaient que le chef


d’entreprise qui a déjà rencontré un professionnel puisse faire état de ce(s)
premier(s) entretien(s) et suggérer au tribunal le nom du mandataire ad hoc
pressenti. Cette pratique était au demeurant implicitement reconnue par les
dispositions de la loi qui veulent que la question de la rémunération du
Mandataire de justice ait été réglée par les parties en amont de sa désignation.

Section 2 : Les missions assujetties au mandataire spéciale :

Le contenu de la mission du mandataire ad hoc est librement déterminé par le


président du tribunal dans l’ordonnance qui le désigne. Aussi sa mission est-elle
parfaitement adaptée à la demande du dirigeant et aux besoins de l’entreprise.

Le mandataire ad hoc est toujours investi d’une mission limitée dans son objet et
liée à des circonstances particulières qui peuvent être très variées : difficulté de
remplacer un dirigeant décédé, opposition entre deux groupes d’associés, non
Convocation de l’assemblée générale ordinaire d’approbation des comptes…

Lorsqu’il intervient plus particulièrement dans le cadre de la prévention des


11
difficultés financières d’une entreprise, sa mission consiste en général :

12
À l’assister dans ses négociations, à rapprocher les parties et à rechercher, sans
formalité impérative, un accord entre le débiteur et ses principaux créanciers
(banques, fournisseurs…) pour mettre au point un plan de financement
prévisionnel satisfaisant à court et à moyen terme ;

À convoquer une assemblée générale des associés ou des membres de la


personne morale en vue de les inciter à reconstituer les capitaux propres ou à
augmenter le capital social ;

À organiser l’entrée dans le capital social de nouveaux investisseurs ;

À assister le chef d’entreprise dans la mise en place d’un plan de restructuration


et/ou d’un plan social.

Par ailleurs, les délais assez stricts que la loi pose en matière de conciliation et
de sauvegarde ont conduit les praticiens à utiliser le mandat ad hoc en tant que
phase préparatoire à l’une de ces deux procédures.

Dans cette perspective, le mandat ad hoc a pour objet d’analyser, sans contrainte
de délai, la situation de l’entreprise et de commencer à préparer, le plus en amont
possible, les termes d’un accord qui sera constaté ou homologué dans le
Cadre d’une conciliation ou encore d’élaborer le contenu du plan qui sera
finalement homologué dans le cadre d’une procédure de sauvegarde. Cette
dernière possibilité permet ainsi de mettre en oeuvre, en droit français, la
pratique américaine dite du «pre-packaged plan», dont les composantes sont
Négociées avec les principaux créanciers avant même le prononcé du jugement
d’ouverture de la sauvegarde.

Bien plus encore, dans ce cas de figure, le passage à la procédure de sauvegarde


permet au chef d’entreprise et au mandataire de justice qui l’assiste de faire
pleinement usage de la loi de la majorité qui gouverne le fonctionnement des
Comités de créanciers. En effet, à l’instar de la technique américaine du «cram
down», la sauvegarde aboutit alors à contraindre les créanciers récalcitrants à se
soumettre aux décisions adoptées par la majorité d’entre eux dans le cadre des
comités.

13
Partie 2 : L’écoulement de la procédure du mandataire
spécial

Au cours de cette partie, nous allons traiter dans un premier rang la désignation du
mandataire (Chapitre 1) pour ensuite aborder l’aboutissement de la procédure
(Chapitre 2).

Chapitre 1 : La désignation du mandataire :

Section 1 : Le rôle et les pouvoirs du mandataire spécial :

 Les rôles du mandataire spéciale :

Une fois désigné par le tribunal de commerce ou de grande instance, le mandataire


judiciaire a pour mission de représenter les intérêts des créanciers de l'entreprise
en difficulté. Sa principale mission est de recenser l'ensemble des dettes de
l'entreprise et de trouver des solutions en vue de redresser sa situation financière
tout en honorant les dettes dues aux créanciers6. À ce titre, le mandataire judiciaire
analyse les comptes, établit une liste des dettes et de leur montant et se rapproche
des créanciers et du dirigeant de l'entreprise en difficulté dans l'objectif de trouver
des solutions de remboursement. Il propose ainsi aux créanciers un plan
d'apurement des dettes7. Le mandataire judiciaire assure également le règlement
des salaires dus aux salariés. Si le redressement de la société s'avère impossible, le
mandataire judiciaire devient alors liquidateur. Il est chargé de liquider les biens
de l'entreprise ou de trouver un repreneur. À la différence du mandataire
judiciaire, l'administrateur judiciaire représente quant à lui les intérêts de
6
ESSAID Jalal M (2000), Introduction à l'étude du droit, Fédala, Mohammedia, p 399 .
7
CHERKAOUI H (2001), Droit commercial, najah, al Jadida, p 45.

14
l'entreprise en difficulté. Il travaille ainsi en étroite collaboration avec le
mandataire judiciaire dans le but de trouver des solutions de redressement tout en
sauvegardant les intérêts des créanciers.

 Les pouvoirs du mandataire spéciale :

On notera notamment que le mandat ad hoc n’emporte aucune suspension provisoire


des poursuites de la part des créanciers de l’entreprises : celle-ci doit donc, pendant le
mandat ad hoc, continuer à faire face à ses charges courantes ; sauf la possibilité pour le
mandataire d’obtenir, au cas par cas, des principaux créanciers qu’ils renoncent à
l’exigibilité de leur créance pendant la période des négociations.

Ainsi que – plus largement- l’élaboration de toutes les composantes de l’accord


amiable.

On soulignera, enfin, que l’article L. 611-15 du Code de commerce, soumet


« Toute personne qui est appelée à la procédure de conciliation ou à un mandat ad
hoc ou qui, par ses fonctions, en a connaissance » à une obligation de
confidentialité.

Section 2 : Les droits et les obligations du mandataire spécial :

L’entrepreneur ou le dirigeant de l’entreprise est donc le seul habilité à saisir le


tribunal pour demander la désignation d’un mandataire spécial. Il doit ainsi
s’adresser au :

Au président du tribunal de commerce s’il est commerçant ou artisan,

Au tribunal de grande instance dans les autres cas.

Il faut envoyer en 4 exemplaires sa requête à la juridiction concernée.

Les pièces à envoyer obligatoirement avec la requête9 :

 Un extrait d’immatriculation au registre du commerce et des sociétés


(RCS) ou, le cas échéant, son numéro unique d’identification (numéro SIREN)
;
 L’état des créances et des dettes, un échéancier et la liste des principaux
15
créanciers ;
 L’état actif et passif des sûretés et l’état des engagements hors bilan ;
 Les comptes annuels, le tableau de financement ainsi que la situation de
l’actif réalisable et disponible, valeurs d’exploitation exclues, et du passif exigible
des trois derniers exercices

Les pièces qu’il est préférable d’envoyer8 également :

 Une situation de trésorerie actuelle et prévisionnelle ainsi qu’un compte


d’exploitation prévisionnel ;
 Un état des cessions d’actifs immobilisés intervenus au cours des 18
derniers mois ;

 Un état des inscriptions de privilèges et des protêts établi par le greffe au


jour de la requête ;

Si le dirigeant de l’entreprise propose un mandataire spécial, il lui faut donner


les conventions d’honoraires de ce dernier.9

Après que le président du tribunal ait lu le dossier, il convoque, via la greffe du


tribunal, le dirigeant de l’entreprise afin de l’entendre au sujet de la requête.

Ordonnance de nomination du mandataire spéciale :

Le président du tribunal nomme un mandataire suite à son entretien avec le


dirigeant. Une ordonnance précise l’identité de ce dernier, sa mission ainsi que la
durée. La loi n’énonce pas de limite de la durée mais habituellement celle-ci est
de 3 mois renouvelable plusieurs fois.

Le mandataire va mettre au point avec le dirigeant un protocole d’accord qu’il


faudra négocier avec les créanciers de l’entreprise afin d’obtenir des délais de
paiement et/ou remises de dettes.

Chapitre 2: l'aboutissement de la procédure du mandat spécial

Nous essayerons ici de distinguer l’aboutissement du mandataire spécial qui se


8
CHERKAOUI H (2001), Droit commercial, najah, al Jadida, p 50.

9
CHAMOULAUD-TRAPIERS A et YILDIRIM G (2003), droit des affaires : Relations de l'entreprise commerciale, Bréal, Paris, pages 78.

16
termine d’une part par un accord de négociation (section 1) et d'autre part par
l’échec (section 2).

Section 1: l’accord de mandataire spécial

La recherche d'un accord entre le débiteur et ses principaux créanciers peut


aboutir à l'obtention de délai de paiement/ remise de dette. Diverses mesures de
restructuration Industrielle financière et sociale peuvent surgir et apparaître :
cession de branche d’activité, fermeture de sites, redéploiement du personnel ...
etc.

Ainsi c'est en fonction du contenu de ces négociations qu'un document


formalisant l'accord amiable comportera une centaine de pages. C’est ici que se
posent deux problèmes : celui de la qualification de la nature juridique de ces
négociations (paragraphe 1), et celui du niveau de leur sécurisation juridique
(paragraphe 2)

Paragraphe 1 : la nature juridique de l'accord du mandat spécial :

Après les négociations, un accord sera rédigé par les conseils, ou par le
mandataire.

L'accord amiable n'est pas homologué par le tribunal, souvent l'accord des
parties et soumis soit au constat du président soit à l'homologation ce qui
introduit un risque. Ainsi, afin que les créanciers de la nouvelle monnaie
bénéficient du privilège, il devra y avoir une homologation de l’accord.

À cet effet et comme homologation de l'accord s'avère nécessaire au passe au


stade de règlement amiable ne serait-ce que pour bénéficier de cette
homologation de l’accord.

Cette procédure fait intervenir le tribunal de commerce dont le président désigné le


mandataire spécial, puis lors de la clôture du mandat ainsi qu'au moment où il
transforme en règlement amiable pour son homologation.

Les principales modifications qu'il apparaît d'apporter ont trait à la disposition


relative aux effets nouveau attachés à l'homologation cette dernière devrait
réduire les craintes des établissements financières d'être poursuivis pour soutien
abusif.

17
Paragraphe 2 : le choix de mode de sécurisation de l'accord de négociation :

Ici on va se demander sur qui va faire le choix entre l'accord ou


l'homologation par le tribunal. Ces deux choix mènent à deux concepts : celui de
la confidentialité et celui de la sécurité.

En optant pour la confidentialité, ce choix ne sera pas dicté par le chef


d'entreprise ou par ses conseils, mais bien par ceux qui vont libérer les apports
nouveaux, car ils risquent d'exiger l'homologation du tribunal.

Néanmoins si cette homologation est publiée il y a un risque de créer


une insécurité financière ou commerciale.

Si en opte pour la sécurité, ici on peut simplement demander au président du


tribunal de commerce qu'il y ait donné force exécutoire à l'accord, conformément
aux dispositions de droit commun.

Or cette sécurité juridique ne peut être obtenue sans une mesure de publicité
ouvrant le droit à l'exercice des voies de recours.

Après un certain délai le jugement sera notifié et publié dans les publications
que l'on connaît bien en matière de droit des sociétés par exemple. L’accord étant
ainsi connu il est à craindre que les tiers fournisseurs ou assureurs crédit
suppriment alors le crédit fournisseur dont bénéficiait l'entreprise.

Supprimer la confidentialité comporte donc un risque. La confidentialité qui


existait jusqu'à présent devrait être conservée pour que le mandataire spécial soit
pleinement efficace.

18
19
Section 2 : l'échec de la conclusion d'un accord de mandat spécial

Dans cette section nous allons analyser dans un premier paragraphe la fin de la
procédure à la demande du débiteur et dans un deuxième paragraphe l'échec dans
la résolution des difficultés d’entreprise.

Paragraphe 1 : la fin de la procédure à la demande du débiteur

D’abord, le débiteur a la possibilité de demander au président du tribunal de


commerce de mettre fin à la mission du mandataire spécial parce que la
rénumération lui paraît trop élevé ou encore parce que ces difficultés se sont
estompées ou parce qu'il pense pouvoir les résoudre seul.

Il peut aussi préférer une procédure de redressement judiciaire préventive afin de


bénéficier la suspension des poursuites de ses créanciers toutes ces solutions sans
être nécessairement opportunes n'en reste pas moins à la discrétion du débiteur
sauf si la fin résulte de la demande du mandataire spécial.

Ensuite le chef de l'entreprise doit démontrer que l'entreprise n'est pas toujours
en état de cessation des paiements et que les difficultés qui avaient justifié la
désignation du mandataire spécial ont disparu ou ont cessé.

Enfin le processus s'est bien passé et un accord a été trouvé dans le cadre du
mandat spécial rien à signaler l'accord ayant vocation à rester sous la forme
contractuelle sans autre possibilité sauf à recourir à la procédure de la conciliation
afin de le faire constater ou homologuer ce qui suppose ici une sorte de
transformation du mandat spécial à la procédure de conciliation.

Paragraphe 2 : l'échec dans la résolution des difficultés d'entreprise

L’impossibilité de parvenir à un accord avec les principaux créanciers de


l'entreprise peut parfois conduire le mandataire spécial en cas d'échec de sa
mission de présenter immédiatement et sans délai un rapport au président du

20
Tribunal alinéa 2 de l'article 550 ce dernier mettant fin à sa mission et à la
procédure sa décision et alors notifiée au des buteurs et elle n'est pas susceptible
de recours.

S’il ressort du rapport du mandataire spécial que le débiteur n'est pas encore en
état de cessation des paiements et que les négociations effectuées n'aboutissent
pas un accord le recours à la procédure de conciliation reste ouvert

Si le mandataire spécial constate que l'entreprise est en état de cessation des


paiements le tribunal statut d'office sur l'ouverture d'une procédure de
redressement ou de liquidation judiciaire.

21
CONCLUSION

Il s’avère que la confidentialité est le maître mot : la procédure du mandataire spécial


n'est soumise à aucune publicité contrairement à celle du redressement judiciaire par
exemple.

Les avantages de cette procédure résident dans la simplicité de sa mise en œuvre, sa


souplesse et sa confidentialité : il permet au dirigeant de se faire assister par un
professionnel sans pour autant que ses difficultés soient rendues publiques.
Quant aux limites de cette mesure, elles tiennent à son caractère essentiellement
contractuel et notamment à l’impossibilité d’empêcher les créanciers qui ne sont pas
parties à l’accord de continuer à exercer leurs poursuites.

22
Bibliographie :

OUVRAGE:

- CHAMOULAUD-TRAPIERS A et YILDIRIM G (2003), droit des affaires :


Relations de l'entreprise commerciale,
Bréal, Paris, p 77.

- CHERKAOUI H (2001), Droit commercial, najah, al Jadida, p 45.

- CHAMOULAUD-TRAPIERS A et YILDIRIM G (2003), droit des affaires :


Relations de l'entreprise commerciale, Bréal, Paris, pages 78.

- Marie-Laure Coquelet « Entreprises en difficulté », 6e édition ( 2017 ), p 66.

TEXTES DE LOIS :

-Le livre 5 du code de commerce marocain.


-Le livre 6 du code de commerce français.
-Le livre 11 du code de commerce américain.
23
WEBOGRAPHIE:

- https://www.captaincontrat.com/articles-gestion-entreprise/mandat-ad-hoc .

- https://droit-finances.commentcamarche.com/contents/1452-entreprise-en-difficultes- mandat-ad-
hoc-et-conciliation.

- https://www.entreprises.cci-paris-idf.fr/web/reglementation/entreprises-en-
difficulte/mandat-ad-hoc.

https://www.service-public.fr/professionnels-entreprises/vosdroits/F22290 .
SOMMAIRE :

Partie 1: Le prélude de la procédure du mandataire spécial ……………5

Chapitre 1: L’ossature organisationnel du déclenchement ……………………5

Section 1: Les critères objectifs ………………………………………………..5

Section 2: Les critères subjectifs ………………………………………………6

Paragraphe 1 : Le déclenchement de la procédure par le président du tribunal de


commerce : ……………………………………………………………………8

Paragraphe 2 : Le déclenchement de la procédure du mandataire spécial par le


débiteur :……………………………………………………………………….8

Chapitre 2: Le choix du mandataire spécial …………………………………8

Section 1: Les personnes chargées à désigner le mandataire spécial …………8

Section 2 : Les missions assujetties au mandataire spéciale …………………9

Partie 2: Le déroulement de la procédure du mandataire spécial ……………….11

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Chapitre 1: La désignation du mandataire spécial ………………………………11

Section 1: Les critères de la désignation ……………………………………11

Section 2: Les droits et les obligations du mandataire spécial ……………12

Chapitre 2 : l'aboutissement de la procédure du mandat spécial…………..13

Section 1: L'accord du mandataire spécial …………………………………13

Paragraphe 1 : la nature juridique de l'accord du mandat spécial : …………14

Paragraphe 1 : le choix de mode de sécurisation de l'accord de négociation :….14

Section 2: l'échec de la conclusion d'un accord de mandat spécial : …………….16

Paragraphe 1 : la fin de la procédure à la demande du débiteur : ………………..16

Paragraphe 2 : l'échec dans la résolution des difficultés d'entreprise : …………..16

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