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Electricité Industrielle

Energies Renouvelables

Cours - 1ère PARTIE

F. Leman
G.Galasso

FI2A - Année 2010-11

Ecole des Mines de Douai page 1 F. Leman


FI 3A 2009-10
Electricité Industrielle

Energies Renouvelables

COURS

François Leman – Professeur Agrégé de Physique Appliquée


Giuseppe Galasso – Professeur Agrégé de Génie électrique

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FI 3A 2009-10
Présentation du cours d’électricité industrielle.

L’ambition du cours « d’électricité industrielle » est de poser les règles de fonctionnement des systèmes
l’électriques et de présenter quelques applications dans les secteurs de l’industrie et du tertiaire. L’ensemble de la
formation est répartie en 24 h de cours et 18 h de travaux dirigés. Cet horaire ne permet pas de développer de façon
détaillée les différentes notions mais il donne un aperçu des domaines abordés : l’électrotechnique, l’électronique
de puissance, les règles de sécurité… Il donne les « outils » permettant la compréhension des systèmes électriques.
Une bibliographie permet d’approfondir les notions que vous serez amené à rencontrer dans votre vie
professionnelle.
Nous insisterons sur les énergies renouvelables pour la production d’électricité qui seront progressivement
introduits dans les réseaux électriques pour faire fasse aux problèmes énergétiques et écologiques.

Nous pouvons diviser le cours en deux parties


1ère partie : l’étude des circuits électriques industriels et tertiaires qui traite de la production, du transport, de la
distribution, de l’appareillage électrique. Cette partie comprend :
 La place de l’énergie électrique (F. Leman)
 Les réseaux monophasés et triphasés (F. Leman).
 L’étude des transformateurs qui sont omniprésents dans la distribution et les systèmes électriques (F. Leman).
 La lecture de schéma électrique, le fonctionnement et de choix des protections des installations et des personnes.
 Le transport de l’énergie électrique (G. Galasso).
Les risques électriques et la protection des personnes. Cette dernière partie est très importante pour des cadres qui
ont du personnel en responsabilité.
La distribution : SLT, protections du matériel (G. Galasso).
Cette première partie sera l’occasion d’aborder les sources d’énergie renouvelables éoliennes et photovoltaïques
qui auront un développement très important dans un avenir proche (G. Galasso)..

La 2ème partie traite de la motorisation et de la production d’énergie électrique. Prés de 72 % de l’énergie


électrique consommée dans l’industrie sert à faire tourner des moteurs. Cette partie comprend :
 L’étude des moteurs à courant continu ou alternatifs (F. Leman).
 L’électronique de puissance qui permet la commande de ces machines (F. Leman).
 L’étude des machines synchrones (ou des alternateurs) qui sont universelles pour la production de l’énergie
électrique (F. Leman).

La motorisation électrique a pris une place prédominante dans le transport train, tramway, métro, navire et a
certainement une place à prendre dans l’automobile avec l’avènement des véhicules hybrides ou à piles à
combustible (un véhicule compte déjà plus de 20 moteurs électriques : ventilateur, essuie-glace…).

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1ère partie : présentation de l’énergie électrique.

1. La production de l’énergie électrique en France.


1.1. L’énergie électrique dans l’ensemble des énergies primaires.

La production de l’énergie électrique est obtenue de façon traditionnelle à partir de sources d’énergies fossiles
pétrole, charbon et gaz ainsi que de réactions de fissions nucléaires utilisant l’uranium. Leur répartition est souvent
très inégale et dépend principalement de critères et de choix économiques et politiques. Le caractère
« renouvelable » de l’énergie est une donnée relativement récente, en France la source principale d’énergie
renouvelable est l’énergie hydraulique. Les autres sources d’énergie se développent le vent (l’éolien), la biomasse,
le solaire (photovoltaïque)…

Source : http://www.developpement-durable.gouv.fr/energie/statisti/pdf/reperes.pdf.
Unités: 1 tonne d'équivalent pétrole (tep) = 11 628 kW

Remarques : il faut faire une distinction entre l’énergie primaire produite pour laquelle l’énergie nucléaire compte
pour 41 % de l’ensemble (114,6/278,4) et l’énergie réellement consommée dont 21% (37,32/177,91) d’énergie
électrique. Cette différence s’explique par le mauvais rendement des centrales électriques et notamment nucléaires
(environ 33 %).
Les stratégies d’économie d’énergie doivent intervenir sur les ressources primaires c'est-à-dire sur la
consommation finale et sur le rendement des conversions.

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Note : la consommation mondiale annuelle d’énergie primaire est d’environ 1,4. 10+17 Wh ou 140 000 TWh
(10+12 Wh) soit en divisant par le nombre d’heures dans l’année 16 TW. Cela donne une moyenne de plus de 2 kW
par habitants (dans une plage de quelques W à des dizaines de kW par personne).

1.2. La production d’énergie électrique.

Les deux tableaux suivant montrent la part prépondérante de l’énergie nucléaire dans la production
d’électricité en France.

Production d’énergie électrique dans le monde Production d’énergie électrique en France

1.3. Comment équilibrer consommation et production ?


1.3.1. Utilisation des courbes de la demande.

La fonction essentielle d’un réseau électrique est de satisfaire la demande du consommateur. Les
générateurs (essentiellement les alternateurs) doivent s’adapter en permanence aux changements de la demande
pour cela il faut une prévision très précise de la demande pour les raisons suivantes :
On ne peut pas stocker l’électricité à faible coût (mis à part les barrages utilisant le pompage-turbinage)
La plupart des centrales sont thermiques, le temps de démarrage d’un état « froid » jusqu’à la connexion au
réseau est de plusieurs heures
Les générateurs utilisant des turbines à vapeur ont une limite maximale de puissance (appelée nominale)
mais aussi minimale : lorsqu’ils sont connectés au réseau ils doivent être chargés entre 30 % et 50% selon les
constructeurs.
Actuellement, les prévisions de consommation sont calculées à quelques % prés (en moyenne la précision d’un peu
plus de 1%).

1.3.2. Equilibre sur une journée.

En anticipant, un accroissement de la
demande, les responsables du réseau doivent
choisir quels générateurs sont concernés
parmi ceux disponibles, les générateurs qui
seront préparés, mis en pression puis
connectés au réseau puis par la suite
déconnectés : c’est un choix technique et
économique compliqué.
De plus dans le cas d’un marché privatisé, la
compagnie en charge du réseau à pour rôle
le choix des centrales mais sa décision est
prise dans le contexte de relation
contractuelle avec les différents participants
au marché.
La figure représente l’évolution journalière de la consommation électrique en
France(journée d’hiver en 2007). Les proportions des divers moyens de production, c'est-à-
dire des diverses sources d’énergies sont représentés sur 24 heures.

On s’aperçoit que l’équilibre entre consommation et production nécessite une mise en œuvre d’un ensemble de
mode de production :

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1° - Les centrales de masse : en France, elles sont essentiellement nucléaires (34 unités de 900 MW, 20 unités de 1300 MW et
4 unités de 1450 MW). Les temps de réponse des processus sont très longs (quelques heures) ; la mise en œuvre de ces
centrales est programmée en fonction d’une prévision journalière de la consommation.
2° - Les centrales de production intermédiaires (inférieures à 1 GW): en France, elles utilisent des énergies fossiles
(charbon et fuel). On peut y ajouter les centrales hydrauliques au fil de l’eau et des parcs éoliens selon les pays.
3° - Les centrales de production de pointe : elles ont un temps de mise en fonctionnement très court (de quelques minutes à
quelques dizaines de minutes). Ces unités sont principalement des centrales hydrauliques ou au gaz).

1.3.3. Equilibre sur une année.

Répartition de la production d’électricité pour répondre à la demande des consommateurs.

Production par secteurs de juillet 2007 à juin 2008 Part de la production d’électricité à partir d’énergie fossile

La pointe hivernale apparaît clairement. On voit également que la base nucléaire est régulée selon la saison (avec une production plus
importante en hiver), mais que la majorité de la pointe est compensée par l'augmentation de la production d'électricité à partir d'autres
combustibles fossiles que l'uranium. Les statistiques de l'UCTE (Union pour la Coordination de la Transmission de l'Electricité) permettent
de détailler cette production fossile dans la mesure du possible

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2. Les différentes modes de production d’énergies électriques.
2.1. Les centrales nucléaires en France.

En 2006, il y a 58 réacteurs nucléaires de puissance en activité dans 19 centrales en exploitation, un réacteur à


neutrons rapides expérimental, 12 réacteurs nucléaires arrêtés, 2 centrales en cours de démantèlement et 3 centres
de stockage de déchets radioactifs.

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2.2. Les centrales thermiques classiques.

La mise en place du parc de centrales nucléaires c’est accompagnée d’une diminution des centrales
thermiques. Actuellement, les centrales consomment essentiellement du gaz et du charbon.

Production thermique classique (en France) par type de combustible (source : http://www.industrie.gouv.fr).
1: 1 TWh = I milliard de kWh. - 2 : Gaz de haut fourneaux, de raffineries, déchets ménagers, résidus industriels, - 3 : Fioul lourd, fioul
domestique et coke de pétrole.

2.3. Les énergies renouvelables.


2.3.1. Extrait du rapport Stern (Les Energies renouvelables pour la production d’électricité – Freris
et Infield – Dunod)

Les deux camemberts ci-dessous, sont issus des conclusions du rapport Stern (publié en 2006, il donne une analyse
économique du changement climatique et de ces conséquences). Le rapport estime que la technologie peut
permettre une stabilisation « acceptable pour le climat » des émissions de gaz à effet de serre (550 ppm de CO2 en
2050).

Le rendement énergétique et la
capture du CO2 jouent un rôle
majeur dans ce scénario. La
contribution de l’énergie éolienne,
solaire, hydraulique, de la biomasse
et de la cogénération (CHP pour
Combined Heat an Power) à la
génération d’électricité complète le
reste.
CCS pour Carbon Capture Storage

2.3.2. Au niveau mondial.

La production d’électricité renouvelable (incluant les centrales de pompage turbinage) a


atteint 3525,5 TWh en 2006, soit 18,6 % de la production totale. Cette part reste
supérieure à la production d’électricité d’origine nucléaire (15 % en 2006) mais
largement inférieure à l’électricité produite à partir des combustibles fossiles 66,2%. Les
0,2 % restants sont apportés par la combustion des déchets qualifiés de non
renouvelables.
L’électricité renouvelable provient de six sources distinctes. L’hydroélectricité est la
principale d’entre elles avec 89 % du total renouvelable. La biomasse qui rassemble la
biomasse solide, la biomasse liquide, le biogaz et les déchets ménagers renouvelables est
la seconde source avec 5,7 %. Suivent l’éolien (3,5 %), la géothermie (1,7 %), le solaire
qui rassemble les centrales thermiques (hélio thermodynamiques) et les centrales
photovoltaïques (0,2 %), et les énergies marines (0,02 %).
Source : http://www.energies-
renouvelables.org/observ-
er/html/inventaire/Fr/introduction.asp

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2.3.3. En France

En 2008, La production totale d’électricité en France


s’élève à 571 TWh, soit le deuxième rang européen après
l’Allemagne. L’énergie nucléaire est la principale source
d’électricité du pays avec une part de 76,9%.
L’hydraulique est redevenue en 2008 la deuxième source
d’électricité (11,4 %), devant les combustibles fossiles
(9,5 %). Les 1,9 % restants proviennent de la biomasse
TWh en 2006), de l’éolien (2,2 TWh), des déchets non
renouvelables (1,6TWh) et des énergies marines (0,5 TWh
représentées par l’unité marée motrice de la Rance). À une
échelle moindre, la France dispose également d’une filière
géothermique en Guadeloupe sur le site de Bouillante
(78GWh) et d’une filière solaire (54GWh).
Source : http://www.energies-renouvelables.org/observ-
er/html/inventaire/PDF/3.4.8-France.pdf

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3. Consommation de l’énergie électrique.
3.1. Consommation d’électricité par secteur.

Source : observatoire de l’énergie (repères – édition 2008)


1: Corrigée du climat. 2 : 1 TWh = 1 milliard de kWh.

Entre 1973, année du premier choc pétrolier, et 2007, la consommation intérieure d’électricité s’est
développée deux fois plus vite que l’ensemble de la consommation d’énergie et a plus que doublé au cours de la
période.

3.2. Répartition de la consommation d’électricité par secteur.

Dans l’industrie, plus de 2/3 de la consommation d’électricité est absorbée


par les moteurs électriques:

30 % servent à la compression, 20 % au pompage, 13 % à la ventilation, il


reste 37 % pour les autres applications (traction, concassage,…). Plus de 2/3 des moteurs servent à comprimer ou
déplacer des fluides.

Dans le secteur tertiaire, la consommation des appareils électroniques


(ordinateurs…) et de l’éclairage a fortement augmenté ce qui en fait le
secteur le plus énergivore.

Répartition de la consommation du secteur tertiaire(la rubrique


« divers » correspond à l’éclairage et aux ordinateurs.

Dans le secteur résidentiel ; la consommation du secteur résidentiel a augmenté


de 2 % en 2006 par rapport à 2005. Cette augmentation est essentiellement due aux
consommations d'électricité spécifique (électricité hors chauffage, eau chaude
sanitaire et cuisson) qui ont augmenté de 4 % par rapport à 2005 et de 75 % depuis
1990.

(Source DGEMP/Observatoire de l'Energie) 1990 2000 2005 2006


Répartition de la
Evolution de la consommation d'électricité 39,6 55,7 66,7 69,4 consommation dans le secteur
spécifique* des ménages (en TWh) résidentiel.

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2ème partie : Etude des circuits électriques en régime
périodique.
La production par les alternateurs et le transport de l’énergie électrique est réalisée par des réseaux triphasés.
La distribution est en triphasée dans les installations industrielles et généralement en monophasée dans les
installations des secteurs résidentiels et tertiaires.

1. Les circuits monophasés en régime sinusoïdal permanent.


Ce chapitre donne sous forme de rappels les lois de base de l’électricité. Toutes ces notions sont des outils
indispensables à l’étude des circuits électriques.
Nous envisageons l’étude des circuits en régime permanant : la fréquence, les amplitudes des tensions et
des courants sont établies.
L’objectif des ce type d’études est de:
 concevoir les réseaux : dimensionnement de base des installations et des matériels, conduite et
gestion du système ;
 prendre en compte les situations à risque, ayant pour origine possible des dysfonctionnements de
l’installation ou des problèmes propres aux matériels électriques (usure, vieillissement).

1.1. Les caractéristiques d’une grandeur sinusoïdale.

La première chose à vérifier est la convention utilisée dans le schéma électrique car elle va définir le signe des
phases et des puissances électriques.

La convention « récepteur » : u et i sont de sens opposé. La convention « récepteur » : u et i sont de même sens.

i i

u u

Pour la suite nous adoptons la convention « récepteur ».


En électricité industrielle, la tension est fournie par un réseau bien défini (EDF) sert généralement de référence :
u (t) = U 2 sin (t + u) ; on peut lui associer la grandeur complexe U = Ue+ju
 U est la valeur efficace
 u est la phase de u
2
  est la pulsation:  = 2  f = en rad/s
T
Convention d’écriture :
 les grandeurs instantanées sont notées en lettre minuscule
 les valeurs efficaces sont en majuscule
 les grandeurs complexes sont soulignées

L’intensité du courant a pour expression :


i (t) = I 2 sin (t + i) ; on peut lui associer la grandeur complexe I = I e+ji

  est la différence de phase entre u et i ou le déphasage de i par rapport à u :  = u - i .

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Sin 
Rotation à  u() = Umaxsin 
tours par seconde

i() = Umaxsin (


U

I 

1.2. Les charges linéaires.


1.2.1. Notion d’impédance complexe.

La plupart des composants d’un circuit électrique sont linéaires, résistances, condensateurs, bobines, moteurs
électriques…
Un dipôle est linéaire s’il vérifie la loi d’Ohm généralisée : U = Z . I quelque soit le point de fonctionnement.

Ue ju U j( u   i ) Ze j
Z est l’impédance complexe telle que Z = = e =  est donc la phase de Z.
Ie ji I
La notation cartésienne permet de définir la partie réelle et imaginaire de l’impédance Z et de l’admittance Y.
Z = R + j X avec R la résistance et X la réactance. L’unité est évidemment l’Ohm ()

L’admittance Y = G + j B avec G : la conductance et B : la susceptance. L’unité est le Siemens (S).

1.2.2. Les dipôles élémentaires.

Tous les circuits élémentaires peuvent être modélisés par l’association des 3 composants élémentaires R, L et C.

Résistance : R Inductance pure : L Condensateur parfait de capacité : C


u u u

i i i

Impédance complexe : Z
1 1 -j/2
ZR = R ZL = jL = L ej/2 Zc = = e et YC = jc
jC C
I U
I /2
/2
I U
U
Impédance Z réelle : Z

Phase de l’impédance 

1.2.3. Charges « inductives » ou « capacitives ».

En électrotechnique, on distingue fréquemment les charges en fonction du signe du déphasage.


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Les charges à déphasage positif sont notés « inductives » ou à « réactance positive » si le courant est alors en
retard sur la tension.
De même, lorsque  est négatif alors la charge est « capacitive ».

Exemple de charge inductive Exemple de charge capacitive


U I <0
>0
I U

Une charge est purement capacitive ou purement inductive si  = -/2 ou si  = + /2.


Cette notion est importante pour certaines machines électrique et plus particulièrement pour l’alternateur pour
lequel ce paramètre est réglable.

1.2.4. Associations de dipôles.

En série : les
impédances 
s’additionnent
Z1 Z2 Z1 + Z2 + …
En parallèle : les Y1
admittances
s’additionnent Y2

Y 1 + Y2 + …

1.3. Puissances et énergies électriques.

La particularité de l’électricité industrielle est de s’intéresser aux systèmes électriques qui mettent en jeu des
puissances importantes par opposition à l’électronique (qui s’intéresse aux signaux). La maitrise des calculs et des
mesures de puissances est essentiel pour quantifier les systèmes électriques.

1.3.1. La puissance instantanée

La puissance instantanée absorbée par le récepteur i


(c’est le composant utilisant la convention récepteur) est
le produit des grandeurs instantanées. : p(t) = v(t).i(t) Générateur v Récepteur
p(t) est aussi la puissance instantanée fournie par le
générateur.

Les grandeurs sont sinusoïdales : v(t) = V 2 sin t si la tension est choisie pour référence des phases.
i(t) = I 2 sin (t -  )
On obtient : p(t) = V I cos  - VI cos ( 2t -  ) .

L’échange d’énergie électrique entre un générateur et un récepteur se décompose en 2 termes :


 La puissance active notée P = V I cos  qui correspond à l’énergie reçue par le récepteur.
 La puissance fluctuante pf = VI cos (2.t -  ) qui a une pulsation de 2  et une fréquence double de celle du
réseau.

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i Tension v (t)

Générateur v Récepteur Courant i (t)

Puissance active P = Puissance instantanée p(t)


moyenne de p(t)

1.3.2. La puissance active P (unité : le watt W) et énergie.

1 T
T 0
De façon générale, c’est la moyenne de la puissance instantanée : P = p( t )dt = VIcos en régime

sinusoïdal
dW
Seule la puissance active (d’où son nom) correspond à une énergie : P = où W est l’énergie électrique en
dt
Joule. Les ordres de grandeurs industrielles permettent de privilégier le kWh comme unité d’énergie électrique :
1 kWh = 3,6.106J.

1.3.3. La puissance apparente S (unité de Volt Ampère VA)

Son expression est S = V.I.


On définit la puissance apparente complexe S = V I* avec V = V et I* = I ej dans le cas où v est la référence de
phase
D’où S = V I ej = VI cos  + jVI sin  = P + j Q

S = |S| = P 2  Q2 .

1.3.4. La puissance réactive Q (unité le volt ampère réactif var).

Cette grandeur ne correspond pas à une énergie, c’est un outil de calcul :

Q = VI sin  unité le volt ampère réactif notée var. Q S

V
1.3.5. Le facteur de puissance.
I  P
P
FP = donc en régime sinusoïdal ; FP = cos .
S
Il caractérise la qualité du circuit électrique : pour transporter une puissance active avec une intensité
minimale, il faut que le facteur de puissance soit égal à 1.

Les puissances absorbées par les charges élémentaires.

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R L C
P RI2 = U2/R LI2 = U2/(L) 0
Q 0 0 -I /(C) = -U2C
2

S P P -Q

Un condensateur fournit de la puissance réactive donc Q est négative.

1.3.6. Théorème de Boucherot.

Ce théorème est la base des calculs des circuits électriques par la méthode des puissances. Les puissances actives et
réactives d’un système est la somme des puissances actives et réactives de chaque constituant de l’ensemble :

P1 Q1
Ptotale = P1 + P2 +…
P2 Q2 Qtotale = Q1 + Q2 +…

Les puissances apparentes complexes s’additionnent : STotale = S1 + S2 + … par contre, STotale  S1 + S2 + …

1.4. Les charges électriques non linéaires.


1.4.1. Enjeux.

L’utilisation de matériel électronique (ordinateurs, matériel vidéo, lampes économiques…) est de plus en
plus importante notamment dans les secteurs résidentiels et tertiaires. Ce type de récepteurs peut avoir une
consommation prédominante dans certains bâtiments tertiaires.

Conséquences de la présence des harmoniques de courant et de tension.


On distingue les effets à court terme :
 Perturbations des systèmes électroniques de commande et de régulation (automate, ordinateur…),
 Déclenchement intempestifs des organes de protection (disjoncteurs…)
 Par les efforts électrodynamiques proportionnels aux courants instantanés en présence, les courants
harmoniques généreront des vibrations, des bruits acoustiques, surtout dans les appareils
électromagnétiques (transformateurs, inductances). Ils donneront des vibrations dans les machines
tournantes.
Les effets à long terme sont :
 L’échauffement des condensateurs, des machines et des transformateurs.
 Augmentation des intensités dans les câbles et par conséquent de l’échauffement des conducteurs,

Problématique : quelles sont les règles de calcul dans ce type d’installation?

1.4.2. Définition.

Une charge est non linéaire si elle ne vérifie pas la loi d’ohm généralisée : lorsqu’elle est soumise à une
tension sinusoïdale, la charge n’appelle pas un courant sinusoïdal.
Les exemples sont de plus en plus nombreux car ils concernent les montages utilisant des composants
d’électronique de puissance : les variateurs de vitesse pour moteurs électriques, les alimentations à découpage des
ordinateurs, les gradateurs réglant la luminosité des lampes…
Exemple : voici l’oscillogramme de l’intensité électrique traversant une lampe à économie d’énergie 23 W, 230V:

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Lampe éco :23 W-230V-1550lm ; la tension est sinusoïdale (échelle de gauche en V) et l’échelle de l’intensité est donnée en mA
(échelle à droite).

Spectre en fréquence du courant appelé par la lampe éco 23 W : valeur efficace (RMS) en mA des harmonique en fonction en
la fréquence en Hz

1.4.3. Décomposition de l’intensité du courant : les harmoniques de courant.

On se limite au cas où la tension est sinusoïdale v(t) = V 2 sin t , la décomposition en série de Fourier du
courant traversant la charge est la suivante :
i(t) = <i> + i1(t) + i2(t) + i3(t) +…
1 T
T 0
<i> est la valeur moyenne ; <i> = i( t )dt ce terme est généralement nul en régime alternatif.

i1(t) = I1 2 sin (t - 1) c’est le terme fondamental de valeur efficace I1.
Les termes suivants sont les harmoniques :
 Le rang 2 : i2(t) = I2 2 sin (2t - 1)
 Le rang 3 : i3(t) = I3 2 sin (3t - 1)…
Le spectre est donné sous forme valeur efficace I en fonction de la fréquence comme sur la figure ci-dessous ou
sous la forme taux individuel τi en fonction de f.
Le taux d’harmonique individuel est tel que τ i = 100.Ii/I1 pour le rang i.
Dans le cas de la lampe éco :

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La valeur efficace de i : I = i 2
(I12  I22  ... =  (I 2k ) (Relation de Parseval).
k 1
1 2
On rappelle : I = < 𝑖 2 > soit I = i ( t )dt
T

 I 2k
k 2
On définit le taux de distorsion harmonique THD =
I1
Dans le cas de la lampe éco :

1.4.4. Conséquences de la présence des harmoniques de courant et de tension.

On distingue les effets à court terme :


 Perturbations des systèmes électroniques de commande et de régulation (automate, ordinateur…),
 Déclenchement intempestifs des organes de protection (disjoncteurs…)
 Par les efforts électrodynamiques proportionnels aux courants instantanés en présence, les courants
harmoniques généreront des vibrations, des bruits acoustiques, surtout dans les appareils
électromagnétiques (transformateurs, inductances). Ils donneront des vibrations dans les machines
tournantes.
Les effets à long terme sont :
 L’échauffement des condensateurs, des machines et des transformateurs.
 Augmentation des intensités dans les câbles et par conséquent de l’échauffement des conducteurs,

1.4.5. Les puissances dans le cas d’une charge non linéaires.

La puissance active P = <p(t)> = <v(t)i(t)> = V I1 cos 1 ; 1 est la différence de phase entre v et i1. En
électrotechnique, on dit que la puissance est transporté par le fondamental : les harmoniques augmentent
inutilement la valeur efficace du courant dans les fils d’alimentation.
La puissance réactive Q = V I1 sin 1
La puissance apparente S = V I , on peut écrire S2 = V2 I2 = (V I1cos1)2 + (V I1sin1)2 + V2 (I22+ I32+…)

P2 Q2 D2


D est la puissance déformante D = V  I2k , cette puissance est donnée en VA ou en VAD volt ampère
k 2
déformant
Remarque : le THD est proportionnel à D ; D = V I1 THD .

Dans le cas de la lampe éco :

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Conclusion :
 En électrotechnique, on dit que la puissance « est transportée par le fondamental » : les
harmoniques augmentent inutilement la valeur efficace du courant dans les fils
d’alimentation.
 Le déphasage 1 entre les termes tension et courant du fondamental provoque l’apparition
de la puissance réactive Q ; le terme cos 1 est appelé DPF Displacement Power Factor.
 Le terme D caractérise la déformation du courant.

1.1. La mesure des grandeurs

 Les différents types d’appareils.

Un appareil (ampèremètre ou voltmètre)


 en position DC mesure la valeur moyenne de la grandeur
 en position AC
o de type non précisé mesure la valeur efficace uniquement des grandeurs sinusoïdales
o de type RMS (Root Mean Square) mesure la valeur efficace de la composante alternative (sans
tenir compte de la valeur moyenne)
o de type True RMS (DC-AC) ou TRMS mesure la valeur efficace de la composante alternative
d’une grandeur quelconque.

 La mesure des puissances.

Le wattmètre effectue l’opération : P = <u(t).i(t)> en se limitant à une bande passante restreinte. La bande
passante des appareils numériques permet de mesurer des grandeurs dont le fondamental est 50 ou 60 Hz.
i i
W W Charge
électrique
u u

Les appareils récents (pinces wattmétrique) indiquent P, Q, S, I et U. Ils peuvent aussi donner le THD et le spectre
harmonique du courant et de la tension.

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FI 3A 2009-10
Exemples d’applications

Exemple 1 : Installation électrique d’un atelier d’artisan.

Une partie du schéma électrique est donnée sous forme unifilaire :

Réseau EDF
230 V – 50 Hz
Disjoncteur

Groupe 2kW 1,5kW 1,5kW 2kW Moteur


40 tubes
compresseur Pméca = 1,5 kW ;
fluorescents de
4 kW ; cos = 0,72 Radiateurs électriques rendement = 0,8
30 W cos  =
Cos  = 1 cos = 0,77
0,9

1. Pour choisir les organes de protection, il faut calculer l’intensité du courant traversant les fils de chaque
récepteur puis le disjoncteur.
2. Le choix de l’abonnement EDF est fixé par la puissance apparente de l’ensemble. Calculer sa valeur.

Exemple 2 : modélisation du moteur monophasé d’un groupe compresseur.

1. Un moteur asynchrone monophasée peut être en modélisée de façon simplifiée par un circuit R, l en série.
La tension aux bornes du moteur um est sinusoïdale : 230 V, 50 Hz. Un wattmètre branché aux bornes du
moteur donne les valeurs suivantes : P = 600 W, Im = 6,5 A
 Calculer les puissances réactive et apparente du moteur.
 Calculer le facteur de puissance du moteur.
 Déterminer les valeurs de R et l.
 Tracer l’intensité I et les tensions complexes Um ; UR et Ul aux bornes du moteur, de R et de l.

2. Dans le but d’améliorer la modélisation, on a effectué un essai du moteur à


rotor bloqué. On ajoute l’inductance L permettant de tenir compte de la im
puissance magnétisante de la machine.
On donne L = 0,34 mH. l
 Déterminer les valeurs corrigées de l et R. um L
R
m

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2. Les systèmes triphasés en régime sinusoïdal.
Enjeu : la production, le transport et la distribution de l’énergie électrique se fait de façon universelle sous forme
triphasée.
Problématique : comment peut-on ramener les calculs d’un circuit triphasé à un circuit monophasé équivalent ?

Nous verrons l’intérêt et les différents avantages des réseaux triphasés par rapport au monophasé au cours de
ce chapitre.

2.1. L’installation triphasée – les systèmes triphasés de tension.

Générateur Récepteur triphasé


i1
1 Fils de phases 1
u12 u31 i2
2 2
u23 i3
3 3

v1 v2 v3
N iN
N’
Fil de Neutre

Les tensions simples sont les trois tensions entre phase et neutre : v1, v2 et v3.
Les tensions composées (de tensions simples) sont les tensions entre phases : u12 = v1 –v2
u23 = v2 –v3
u31 = v3 – v1
Le système de tension est dit « équilibré » si les trois tensions simples ont :
 la même valeur efficace V
 la même fréquence f
2
 la différence de phase entre tensions successives est de
3
Nous nous limiterons à l’étude d’installations équilibrées en tension ce qui est le cas général.

Le Système est direct si la succession des tensions est v1, v2 puis v3 :

V1 = V e0 V3 v1, v2 puis v3
2
j V1
V2 = V e 3
4
j
V3 = V e 3 -2/3

V2
Le Système est inverse si la succession des tensions est v1, v3 puis v2 :
v1, v3 puis v2
V1 = V e0
4 V2
j
V2 = V e 3 V1
2
j
V3 = V e 3
-4/3
V3
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Sens trigonométrique
La relation entre la valeur efficace des
tensions composées U et des tensions
U31
simples V est facilement obtenue par
l’étude de la figure donnée ci-contre :
V3 120°
U23 120°
V1
V2

3
U12 V
2
Notation : on précise pour le réseau la
valeur efficace de la tension composée et la
fréquence.
Par exemple : 400 V – 50 Hz.
On peut aussi donner : la valeur efficace de la tension simple/de la tension composée puis la fréquence.
Par exemple : 230 V/400V – 50 Hz.
Sauf indication contraire, le réseau est toujours direct.

2.2. Le couplage des phases en triphasé.

On rencontre deux types classiques de couplages dans les systèmes industriels : étoile et triangle.

 Le couplage étoile (noté Y ou )

a) Schéma.

1 Z1
I1 I1
1
Z1 V1
2
Z3
I2 3
2 Z2 3
I3
3 N
IN
N
IN

Les charges couplées en étoile sont soumises à la tension simple.

b) Le rôle du fil de neutre.

Le fil de neutre n’est pas systématiquement présent car son utilité dépend du type de charge utilisée.
1° cas : la charge triphasée est quelconque c'est-à-dire que les dipôles Z1, Z2 et Z3 sont différents.
Le fil de neutre impose le potentiel du point N’ : VN = VN’ les charges sont soumises aux tensions simples.
La loi des nœuds donne : I1 + I2 + I3 + IN = 0 , on s’aperçoit que le fil de neutre est traversé par une intensité qui
dépend du déséquilibre des trois charges.

Dans le cas d’une charge déséquilibrée sans fil de neutre, les tensions ne sont pas les tensions simples du
réseau électrique.

2° cas : si la charge est équilibrée c'est-à-dire que Z1 = Z2 = Z3 = Z alors I1 = I2 = I3 et IN = 0.


Le fil de neutre n’est pas indispensable car les tensions aux bornes des charges s’équilibrent d’elles mêmes.

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 Le couplage triangle (noté  ou D).

a. Schéma

J31
I1 I1 Z12
1
1 J12
Z12 Z31 U12
U12 Z23
U31
I2 J12 2
2
Z23 Z31
U23 I3 3
3

c) Propriétés :

Les charges sont soumises aux tensions composées.


Le montage ne possède pas de neutre.
I1 + I2 + I3= 0
Chaque courant en ligne I dépend de deux courants de phase J, par exemple : I1 = J12 – J31…

d) Cas d’une charge équilibrée.

Z1 = Z2 = Z3 = Zej , on montre que I = 3 J.

2.3. Les puissances en triphasé (les charges sont linéaires).

 Dans le cas général (la charge est quelconque)

La puissance active absorbée par une charge triphasée est la somme des puissances absorbée par chacune des
charges monophasée par phase.
P = P1 + P2 + P3 avec P1 = V1 I1 cos 1 sachant que 1 = v1 - i1
P2 = V2 I2 cos 2
P3 = V3 I3 cos 3
La relation est valable pour la puissance réactive Q = Q1 + Q2 + Q3
La puissance apparente est donnée par la relation ; S = P 2  Q2
Le facteur de puissance FP = P/S

 La charge est équilibrée.

P1 = P2 = P3 = V.I.cos et P=

Puisque U = V 3 on en déduit que P=

De même Q=

S= et Fp =

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FI 3A 2009-10
 Mesures des puissances absorbées par une charge triphasée.

Si la charge est équilibrée, il suffit de mesurer la puissance absorbée par l’une des phases puis de multiplier ce
résultat par 3
i1
Phase 1 W
v1
Charge
équilibrée

Energiemètre triphasé.

Il mesure les courants dans les phases et le neutre ainsi


que les 3 tensions simples.
Il permet de mesurer, de visualiser, d’analyser et
d’enregistrer les grandeurs électriques d’un réseau ou
d’une charge triphasée : puissances (actives, réactives,
apparentes, intensités, tensions, énergies…)

2.4. Le schéma équivalent par phase (ou schéma monophasé équivalent).

 Présentation et intérêt.

Dans le cas des charges triphasées équilibrées, il est inutile de tracer un schéma et de réaliser les calculs
pour chacune des phases. On représente un schéma équivalent à l’une des trois phases ; celui-ci étant branché entre
phase et neutre. Cette méthode ne s’applique qu’aux charges équilibrées. On ne représente qu’une seule phase
que l’on suppose couplée en étoile.
Le fil neutre représente uniquement le potentiel de neutre du réseau, on dit que le neutre est fictif (ce fil
sera généralement représenté en pointillé pour montrer son coté fictif).

i1 i
Charge
Charge monophasée
v1 triphasée v équivalente
iN par phase

Attention !
Le courant traversant le fil de phase n’est pas égal au courant dans le neutre (la loi des nœuds ne s’applique pas).
Les puissances calculées grâce au schéma équivalent par phase devront être multipliées par 3 pour retrouver les
puissances absorbées par la charge triphasée.

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 Charges couplées.

En étoile En triangle
j
I1 Z=Ze I ZD = Z ej
J U= 3 V

I= 3J
P = 3 UJcos = 3ZD J2cos

I Z I Z P = 3 VIcos = 3Ze I2cos

V V P = 3 Ze ( 3 J)2cos
Donc 3.Z = ZD

P = 3VIcos = 3 U I cos L’impédance par phase ZD = 3Zej permet de retrouver


les même puissances que pour le couplage étoile.
Q = 3VIsin = 3 U I sin

2.5. Quels sont les avantages du triphasé sur le monophasé ?

1er avantage : pour une même puissance transportée et une même densité de courant dans les fils alors le volume
de conducteur est plus faible en triphasé.
Pour justifier cette affirmation, il faut comparer les deux types de lignes d’alimentation

Ligne monophasée Ligne triphasée

La puissance active La puissance active


Im V R absorbée par la charge It V 3R absorbée par la charge
monophasée est monophasée est
Ligne monophasée P = R Im2 = V2/R P = 3R It2 = 3V2/3R
Ligne triphasée On en déduit que It = Im/3
La densité de courant  dans un fil est l’intensité par
unité de surface :  = I/S en A/m2.
La section de câble est Sm = Im/ La section de câble est St = Sm/3
Le volume Vm des 2 fils de la ligne monophasée est Le volume Vt des 3 fils de la ligne triphasée est
Vm = 2LSm Vt = 3LSt = LSm = Vm/2

Conclusion : le volume de cuivre est réduit de moitié avec la ligne triphasée.

2ème avantage : nous avons vu que la puissance instantanée en monophasée fait intervenir un terme de puissance
fluctuante. Cette puissance n’existe pas en triphasé, dans le cas d’une charge équilibrée, la puissance instantanée a
pour expression p(t) = 3 VI cos. Elle est constante ce qui évite les vibrations éventuelles des machines électriques.

3ème avantage : les machines électriques triphasées (qui seront vues dans les chapitres suivantes), ont une puissance
nettement plus élevée, pour un même volume, que les machines monophasées. De plus, les performances sont
nettement meilleurs en triphasé : couple de démarrage…

On retrouve une distribution monophasée chez les particuliers pour des puissances inférieures à 24 kVA et dans le
transport ferroviaire (train, tram…) afin de simplifier l’alimentation.

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FI 3A 2009-10
Exemples d’applications

Cogénération : Modification d’une installation électrique industrielle.


L'entreprise arc-en-ciel est chargée de
l'incinération d'une partie des ordures ménagères
du district de l'agglomération Nantaise (75 000
tonnes) et de déchets industriels banals (60 000
tonnes).
L'usine fonctionne depuis 1994, dispose de deux fours
permettant de traiter 7 tonnes / heure chacun à pouvoir
calorifique inférieur (PCI) de 2 000 kcal/kg.
L'incinération permet la production d'énergie en
cogénération :
- vapeur 350°C à 32 bars pour l'entraînement d'un
turbo alternateur de 6,2 MW pour l'auto alimentation de l'usine et vente à EDF (production 20 000 MWh/an).
- vapeur 225°C à 18 bars (sortie de la turbine) pour une entreprise voisine (80 000 tonnes par an).

Enjeu : Lors de la mise en place du nouveau système de traitement des fumées, il a fallu modifier la distribution
d’énergie électrique de l’usine. Pour alimenter l’ensemble de la nouvelle installation, il a été décidé d’utiliser un
départ existant de 400 kVA en changeant le transformateur pour l’adapter à la nouvelle puissance désirée. (Voir
schéma Annexe A0).

Problématiques:
 Dimensionner le transformateur pour la nouvelle installation électrique.
 Conserver un facteur de puissance tel que l’installation ne soit pas pénalisée financièrement par EDF.
1. Dimensionnement du transformateur.
Le choix du transformateur se fait notamment en fonction de la puissance apparente de l’installation
électrique.
Il faut calculer la puissance active et réactive de chaque récepteur puis faire un bilan des puissances de l’installation.
 Compléter le bilan des puissances électriques de l’installation
 Calculer la puissance apparente nécessaire pour la nouvelle installation.

2. Compensation de l’énergie réactive


En tarif « Vert » lorsque la puissance souscrite est supérieure à 250 kVA, la quantité d’énergie réactive
consommée (tan ϕ > 0,4 côté primaire du transformateur) pendant les heures pleines ou les heures de pointes est
facturée pendant les mois d’hiver.
 Calculer la valeur efficace du courant en ligne IT.
 Calculer le facteur de puissance cos T et la tan T de l’installation.

Une batterie triphasée de condensateurs est branchée en parallèle avec l’installation. Elle fournit une puissance
réactive de 250 kvar

IS IT Charge
PT
QT
Transformateur
V IC
triphasé

Condensateurs : 250 kvar

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 Calculer pour l’installation compensée:
 Les puissances actives PS, réactive QS et apparente SS
 La valeur efficace IS du courant au secondaire au transformateur.
 Le facteur de puissance cosS
 La valeur efficace IC du courant en ligne de la batterie de condensateurs.

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Q0

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FI 3A 2009-10
Application 2 : modèle électrique d’un moteur électrique.

Un moteur est alimenté par un réseau triphasé équilibrée direct : 415 V ; 50 Hz.
Le modèle par phase d’une machine asynchrone est constitué de façon simplifiée d’une résistance R en série avec
une inductance L.
Des mesures ont été effectuées sur ce moteur entrainant une charge mécanique, les grandeurs suivantes ont été
relevées :
La valeur efficace de la tension mesurée entre 2 phases : 415 V.
Les puissances active et réactive absorbées par le moteur : P = 2500 W et Q = 1750 var

 Calculer l’intensité en ligne et le facteur de puissance.


 Représenter le schéma par phase puis calculer les composants de ce schéma.
 Les enroulements de ce moteur sont couplés en étoile, le neutre n’est pas relié au réseau.
Déterminer la tension appliquée à chaque enroulement si un fil de phase est coupé.

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3ème partie : le transformateur.

Quelques dates
1819 Hans Oersted (1777-1851) Un champ magnétique est créé par un courant électrique.
Biot (1774-1862) et Savart (1791- B = μo I / 2πr
1841)
1820 André Marie Ampère (1775-1836) Lois générales de l’électromagnétisme : création d’un champ magnétique par une bobine, théorème

 Hdl  Ni
1825 François Arago (1786-1853) Aimantation du fer doux, ferromagnétisme, électroaimant.
1831 Michael Faraday (1791-1867) Découverte de l’induction, f.e.m. , générateur.
1860 James Maxwell (1831-1879) Théorie de l’électromagnétisme. Unification des théories de l’électricité et du magnétisme.
1878 Lucien Gaulard (1850-1888) Transformateur, transport d’énergie en courant alternatif.

1. Enjeux.
Toute l’énergie électrique est transformée plusieurs lors de son parcours entre les centrales électriques et les
utilisateurs. Le transformateur est un maillon essentiel de l’électricité et justifie pour une bonne part l’utilisation de
l’alternatif.

2. Quelques rappels sur le magnétisme et les circuits magnétiques.


Les systèmes de l’électrotechnique utilisent tous les propriétés des circuits magnétiques. Dans ce paragraphe, nous
présentons les connaissances utilisées dans les prochains chapitres.

2.2. L’excitation magnétique.


2.1.1. Le théorème d’Ampère.

Un fil traversé par un courant électrique est une source de champ magnétique (nous ne développerons pas les
aimants permanents dans ce cours). L’espace situé autour du fil est alors « magnétisé », cette aimantation est
caractérisée par le vecteur excitation H . Le théorème définit le vecteur H le long d’un contour, en pratique ce
contour est le circuit magnétique du transformateur ou du moteur.
Le théorème d’Ampère précise que le circulation du théorème d’Ampère le long d’un contour fermé est égale la
somme des courants traversant ce contour ce qui s’écrit :  Hdl   ik . H s’exprime en A/m.
k

Pour déterminer le signe du courant, on choisit un sens positif pour le contour puis on applique la règle de la main
droite : les courants qui sont dans le sens du pouce sont de signe positif.

 Exemple :

i2 i1

H H

 Hdl = i 1 – i2

Dans le but d’augmenter l’excitation magnétique, on réalise une bobine. Un circuit magnétique permet de
« canaliser » l’aimantation :
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FI 3A 2009-10
i
i
k
V
Ai
,
0
,
8
A
En supposant
R que le module du vecteur H est constant le long du contour, on obtient : H l = N i
l est la longueur
G moyenne du circuit magnétique, N le nombre de spires
é
n
Remarqueé : l’excitation magnétique est directement liée aux ampères tours  = Ni qui sont aussi appelés « force
magnéto-motrice
r ».
at
e
2.2. L’induction
u
magnétique.
r
2.2.1. Relation entre induction et excitation.

Un corps isotrope et homogène soumit à une excitation magnétique est le siège d’une induction magnétique qui
dépend des propriétés physiques de la matière. L’induction magnétique résulte de la polarisation du vide B vide =
o H à laquelle il faut ajouter celle de la matière considérée : B mat = o  H avec  appelée susceptibilité
magnétique.
On en déduit B = o (1+) H = o r H
Les grandeurs o et  sont la perméabilité du vide et perméabilité relative.
On utilisera pour simplifier la perméabilité  = o r et B= H
Dans le vide :  = 0 et o = 4 10-7 SI

Les machines électriques utilisent des matériaux ferromagnétiques (Fer, Nickel, chrome, cobalt) qui sont
caractérisés par une perméabilité importante de l’ordre de 10 4 à 106. Néanmoins, ils ont l’inconvénient de saturer et
 n’est pas constante.

2.2.2. Les matériaux ferromagnétiques.

a) Aimantation d’un matériau ferromagnétique.

Les machines électriques utilisent des bobines qui permettent de créer un champ magnétique. Le matériau
ferromagnétique est « excité » par la bobine inductrice (l’inducteur). Les matériaux ferromagnétiques sont
constitués, du point de vue microscopique, de domaines (dits « domaines de Weiss ») qui sont en dehors de toute
aimantation, orientés de façon aléatoire.

Matériau ferromagnétique Matériau ferromagnétique

Lorsque l’on augmente le courant i (et par suite H), les différents domaines vont s’orienter puis lorsque
tous les domaines seront orientés alors le matériau est saturé. Nous retrouvons les différentes phases sur la
figure suivante :
Ecole des Mines de Douai page 30 F. Leman
FI 3A 2009-10
B en T

Une partie
des
domaines
restent
orientées H en A/m
B = Br
Les domaines H>> 0 et B = Bsat
s’orientent Les domaines sont
progressivement en tous orientés :
H= 0 et B = 0 fonction de H l’aimantation est
L’orientation B = H maximale
est aléatoire

On augmente progressivement l’excitation.

b) Le cycle d’hystérésis.
Lorsque la bobine inductrice est alimentée par un courant alternatif, l’induction magnétique évolue en
suivant la courbe B(H) donnée ci-dessous.
Lorsque le matériau a été aimanté, il a tendance à conserver une aimantation même si l’excitation s’annule.
L’induction au repos n’est pas nulle, on dit qu’il persiste une « aimantation rémanente » Br.
Il apparait aussi une valeur particulière de l’excitation qui annule l’induction c’est l’excitation coercitive Hc .

B
Bmax : 1,5 à 2 T

Br H
-Hc Hc
-Br

c) Matériaux ferromagnétiques doux ou durs.

Matériaux doux Matériaux durs


B(T)
B(T)
Br  1T

Hc = 105 A/m H(A/m)


H(A/m)

L’aimantation rémanente Br est faible ainsi que l’excitation On appelle ainsi les matériaux destinés à produire des aimants
coercitive Hc. permanents. Le cycle est très large (Br  1T et Hc = 105 A/m). A cette
Les matériaux (fer et ses alliages de silicium et de Nickel) sont catégorie appartiennent les ferrites dures, les AlNiCo (alliage Fer-
utilisés de façon universelle dans les transformateurs et les moteurs Nickel-Cobalt-Aluminium). Les alliages fer terres rares (samarium et
électriques. On obtient des champs magnétiques de 1,7 T et plus néodyme) utilisés depuis 20 ans ont des performances remarquables.

2.2.3. Les pertes dans les circuits magnétiques.

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FI 3A 2009-10
Lorsqu’un matériau magnétique est aimanté et désaimanté de façon périodique ce qui se passe dans un
fonctionnement en alternatif, il devient le siège de pertes particulières. On distingue deux types de pertes ; les
pertes par hystérésis et les pertes par courant de Foucault.

a) Les pertes par hystérésis.

Elles sont dues « aux mouvements » des atomes de fer causés par les inversions de l’excitation.
On montre que ces pertes sont proportionnelles à la surface du cycle d’hystérésis.
On utilise généralement une formule empirique pour les quantifier : PH = KH V f Bmn (V est le volume du circuit
magnétique en m2, f est la fréquence en Hz, Bm est la valeur maximale atteinte par l’induction au cours du cycle)
KH est une constante liée au matériau
n est le coefficient de Steinmetz (n  1,8 à 2).
Afin de limiter, les pertes par hystérésis on ajoute du silicium dans les alliages de fer.

b) Les pertes par courant de Foucault


L’inversion périodique de l’excitation s’accompagne de la circulation de courants
induits, appelés courants de Foucault, dans les masses métalliques(Ce phénomène
a été découvert par le physicien français Léon Foucault en 1851). Ces courants
provoquent un échauffement du circuit magnétique.
Ces pertes sont aussi données par une formule empirique : PF = KF V f2d BM2 où
KF est une constante liée au matériau, d est le diamètre des tôles.
Les pertes par courant de Foucault sont réduire en feuilletant le circuit magnétique
(les transformateurs, les moteurs ne sont pas constitués de tôles massives) : voir la
figure ci-contre.

Remarque : les courants de Foucault ont des applications pratiques ; des systèmes
de freinage à courants de Foucault sont utilisés notamment sur les véhicules poids
lourds et sur les autocars sous le nom de « ralentisseur », ou sous le nom
commercial Telma, marque d'un important fabricant de ce système de freinage.
On utilise en outre les propriétés des courants de Foucault dans le contrôle non destructif ou dans les plaques de
cuisson à induction, et même en métallurgie avec les fours à induction qui chauffent la masse métallique jusqu'à la
faire fondre

Principe de la plaque à induction.

c) Les pertes fer


L’appellation « pertes fer» représente la totalité des pertes énoncées,
qui sont physiquement indissociables, à savoir: les pertes par hystérésis et
par courants de Foucault. On notera pfer = PH + PF.
Dans les applications en alternatif, les matériaux magnétiques utilisés sont
donc le siège d’échauffements qui sont l’expression physique de ces pertes.
Même si les matériaux sont choisis et façonnés de façon à minimiser ces
Diagramme des pertes volumiques
échauffements, la valeur de ces pertes n’est pas négligeable et représente un
critère important dans la qualité d’un appareillage.
À tire d’exemple, la figure ci-contre représente l’allure d’un abaque donnant les pertes volumiques par unité de
fréquence, en fonction de la fréquence d’utilisation et de l’induction maximale atteinte.

2.3. Le flux d’induction.

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FI 3A 2009-10
2.3.1. Définition

Le flux d’un champ magnétique homogène à travers S
une surface S (cette surface sera la section des spires des bobines par
B
exemple) est
= S B.dS = B.S = B.S.cos . P

De façon générale, on s’intéresse aux sections de bobinages qui sont perpendiculaire au champ magnétique et l’on
considère qu’il est constant dans toute la section :  = B.S . S

B
2.3.2. La loi d’Hopkinson : analogie entre circuits magnétiques et circuits électriques.

Dans un circuit magnétique, l’excitation H est crée par les ampères-tours :  =  Nk Ik = Hl


k
l
Le flux  = B.S =  HS = .S./l , on en déduit :     .
S
 est la réluctance du circuit magnétique :   lS en H-1
Remarque : les relations précédentes sont utiles dans le cas d’un circuit magnétique pas ou peu saturé.

On retrouve une analogie entre les circuits électriques et les circuits magnétiques

circuits électriques circuits magnétiques


I 
U 
U = R.I  = 
l 1l
R  
S S
Coupe
I
U R
Section S en m2

2.3.3. La loi de Faraday.

Une bobine de N spires soumise à un flux magnétique variable est le siège d’une force électromotrice e telle que :

d( t ) 
e(t) = - N . la f.e.m. e est dans le sens du courant et le
dt champ magnétique (ou ) est donné par la
i
règle de la main droite.
e

La loi de Lenz : « la f.é.m. induite e s’oppose à la cause qui lui a donnée naissance !». Par exemple : si le courant i
augmente alors  augmente et la f.é.m. e < 0 : elle s’oppose à l’augmentation du courant i.

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FI 3A 2009-10
3. Le transformateur.
3.1. Quel est le rôle des transformateurs ?

Le transformateur permet de modifier (diminuer ou augmenter) la valeur efficace de la tension d’un circuit
électrique.

On retrouve sur cette représentation, les tensions utilisées pour les alternateurs, pour du transport et pour la distribution aux
industriels ou aux particuliers.

3.2. Principe de fonctionnement du transformateur .


3.2.1. Principe simplifié du transformateur.

Il est constitué de bobinages enroulés autour d’un circuit magnétique :

C’est le courant primaire qui impose le


i1 i2 sens positif du flux dans le circuit
magnétique.
Le marquage des tensions et des
u1 e1 e2 courants traduit le sens de transfert de
u2
l’énergie.

Le primaire se comporte comme un Le secondaire se comporte comme


récepteur vis à vis de la source (tension et un générateur vis à vis de la charge (tension et
courant de sens contraires). courant de même sens).

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Schéma équivalent d’un transformateur parfait:

Symbolisations :

Les trois figures suivantes représentent les symboles des transformateurs les plus souvent rencontrés.

3.2.2. Le transformateur parfait en régime sinusoïdal.

a) Comment déterminer le nombre de spires ?

On utilise la relation de Boucherot dans laquelle, on fixe la fréquence (généralement 50 Hz), la section du circuit
magnétique S et la valeur maximale du champ magnétique B M (entre 0,5 et 1T pour un matériau magnétique).

Relation de Boucherot :
Les transformateurs de distribution fonctionnent à flux constant (l’amplitude du flux est constante) lorsqu’ils sont
en régime permanent (c'est-à-dire en dehors des phases de mise sous tension ou hors tension).
dφ U1 2
u1(t) = U1 2 sin t et u1 = -e1 = N1 donc le flux  = - cos t on en déduit l’amplitude du flux
dt ωN1
U1 2 2𝜋
M = = BMS et U1 = fBMSN1 c’est la formule de Boucherot.
ωN1 2

2𝜋
De même au secondaire : U2 = fB SN2
2 M

b) Transposition d’une impédance.

I1 ZS I2 ZP I2
I1
U1 U2 US U1 US/m U2 US

US = mU1 – ZSI2 US/m = U1 – ZPI1 avec I1 = mI2 donc US = -m2 ZPI2 + mU1

Une impédance peut être placée au primaire ou au secondaire en respectant la relation : ZS = m2ZP .

L’adaptation d’impédance est utilisée, par exemple, dans les systèmes audio pour adapter la charge (enceintes) à un
amplificateur.

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3.3. Le transformateur réel et son modèle.

Le modèle du transformateur parfait ne permet pas de prévoir les pertes lors des phases de fonctionnement et les
éventuelles chutes de tension or ces informations sont indispensables lors de la conception ou lors du
fonctionnement d’une installation électrique.
Par exemple, une installation d’éclairage public sera validée si la chute de tension est inférieure à 3%. D’autre part
les pertes vont nécessiter un refroidissement car les transformateurs sont des convertisseurs de quelques VA à
quelques MVA.

3.3.1. La plaque signalétique du transformateur.

La norme NF C15100, impose d’y inscrire : la puissance apparente nominale SN, la tension primaire nominale et la
tension secondaire à vide, la fréquence. Exemple : 2 kVA – 230 V – 48 V - 50 Hz.
On retrouve sans difficulté, la valeur efficace des intensités primaire I1N et secondaire I2N :

I1N = et I2N =

Pour justifier la chute de tension en charge et les pertes, il faut faire apparaître les défauts de la transformation

3.3.2. Les défauts et pertes du transformateur.

Echauffement du circuit
magnétique du aux pertes fer

Pertes par effet Joule dans les enroulements ou


i1 i2 pertes cuivre : pJ1 = r1I12 et pJ2 = r2I22

u1 e1 e2 u2

Flux de fuite : f1 = l1.i1 au primaire


et f2 = l2.i2 au primaire

l1 i2
i1 r1 m.i2 r2 l2

i1v
u10
Rf Xm mu1 = u20 u2

Source Imperfections Transfo parfait Imperfections Récepteur


d’alimentation

On obtient le modèle complet du transformateur monophasé.

Remarque : la figure ci-contre présente la structure réelle d’un transformateur de petite


puissance. Les enroulements primaire et secondaire sont imbriqués afin de limiter les
fuites magnétiques.

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3.3.3. Modèle ramené au secondaire.

a) Modèle.

En fonctionnement en charge c'est-à-dire lorsqu’une charge est branchée au secondaire, le courant à vide devient
négligeable devant le courant en charge. On peut déplacer Rf et Xm sans modifier sensiblement le modèle :

2
On déplace les impédances en les multipliant par. m

r1 l1 i2
i1 m.i2 r2 l2

i1v
u10
Rf Xm mu1 = u20 u2

On obtient le schéma équivalent ramené au secondaire :

i1 RS XS
m.i2 i2 Avec
RS =
u10 Rf u2
Xm mu1 = u20
XS =

b) Grandeurs associées au schéma.

 La chute de tension.

La loi des mailles donne au secondaire : Application : U2 = 22 V, Rs = 200 m, XS = 400 m


Le transformateur alimente une charge telle que I2 = 10 A et cos
 = 0,707.
Déterminer le rapport de transformation sachant que U 1 = 230 V

Echelle ; 20 V par cm

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 Le rendement :

𝑷𝟐 𝑼𝟐 𝑰𝟐 𝒄𝒐𝒔𝝋
𝜼= 𝑷𝟏
= 𝑼𝟐 𝑰𝟐 𝒄𝒐𝒔𝝋+𝒑𝒆𝒓𝒕𝒆𝒔𝒇𝒆𝒓+𝒑𝒆𝒓𝒕𝒆𝒔 𝒄𝒖𝒊𝒗𝒓𝒆

Les pertes fer sont les pertes du transformateur mesurées à vide et les pertes cuivre sont les pertes par effet
Joule pJ = RS I2 2

Exemple d’application : installation d’éclairage.

Les systèmes de protection ne sont pas


représentés

100 tubes de 30 W FP = 0,9

Les caractéristiques du transformateur sont: primaire 400 V, secondaire 230 V, 4 kVA et 50 Hz.

1. Préciser la signification des indications 400 V, 230V et 4 kVA. Déterminer la valeur nominale des
intensités efficaces au primaire et au secondaire I1nom et I2nom.

2. On réalise un essai à vide du transformateur. Les résultats de la mesure sont:


 au primaire: 400 V, 0.4 A et 80 W;
 au secondaire: 230 V
Calculer:
a. le rapport de transformation.
b. Indiquer la cause essentielle des pertes à vide.

Le transformateur est utilisé dans des conditions proches du fonctionnement nominal.


On rappelle que la chute de tension secondaire est donnée par la relation approchée: U2 = I2( RS cos2 + XS sin2).
On adopte le modèle de Kapp pour ce mode de fonctionnement avec R S = 463 m et XS = 111 m.
3. Les caractéristiques du transformateur sont données sur le tableau ci-dessous.

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a. En vous aidant du modèle de Kapp, vérifier la valeur de la chute de tension relative U en % et la
tension de court-circuit Ucc en % données par le constructeur.
U  U2
Note : La chute de tension relative est U% = 100 20 avec U20 la tension à vide et U2 la tension en charge lorsque le
U 20
secondaire est traversé par l’intensité nominale.
U1CC
La tension de court-circuit UCC en % = 100 c’est le pourcentage de la tension primaire nécessaire pour que le secondaire court-
U1nom
circuité soit traversé par l’intensité nominale.

U1CC = U1nom UCC%. /100


Court-circuit au
ICC = I2nom secondaire

b. Calculer la valeur du rendement manquante dans le tableau donné précédemment.

c. Le transformateur installé dans un supermarché alimente une installation d’éclairage constituée de


100 tubes de 30 W et de facteur de puissance 0,90. Calculer la tension aux bornes des lampes et
vérifier que la chute de tension est dans la norme c'est-à-dire inférieure à 3%.

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4. Le transformateur triphasé.
4.1. Constitution.

Enroulement
Culasse
BT

Noyau

Enroulement HT

Culasse

Transformateur abaisseur d’un centre local qq 100kVA Transformateur de quartier qq 10kVA

4.2. Les enroulements.

 Schéma de principe.

Remarque : les grandeurs


sont repérées par des lettres
majuscules au primaire et
vA vB vC minuscules au secondaire.
φA φB φC

va vb vc

Pour ce type de transformateur à 3 colonnes, les flux à vide ne sont pas identiques dans les trois colonnes par
conséquent les courants à vide ne sont pas égaux pour les trois enroulements primaires.

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 Couplages des enroulements.

On trouve 3 types de couplages : Couplage étoile noté Y ; Couplage triangle noté D et couplage Zig Zag noté Z

Notation : transformateur Dyn

4.3. Fonctionnement à vide (pas de charge).

 Le rapport de transformation global m.

vA va0
vB vb0
vC vc0

Le rapport de transformateur global ou apparent est m=



VS0 = Va0 = Vb0 = Vc0 : valeur efficace des tensions simples secondaires à vide.
VP = VA = VB = VC : valeur efficace des tensions simples primaires.
US0 valeur efficace des tensions composées secondaires à vide.
UP valeur efficace des tensions composées primaires.

 Représentation vectorielle des tensions.

Exemple 1 : couplage Yyn voir document

vA va

A a

vA B b va

C c

N 2 est le rapport de transformation par colonnes :


N1
N
Exemple : UP = 400 V et 2 = 0,67
N1
Les VA et va étant tracées de façon identique par rapport aux bornes homologues, on peut écrire :

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Va =
N 2 V (les vecteurs sont notés en caractère gras) c'est-à-dire que V est en phase avec V . De même pour les
A a A
N1
phases b et c. La valeur efficace de VS0 = Va0 = 0,67. 240 = 160 V

Echelle : 50 V/cm

Exemple 2 : transformateur Yd.

vA uab

A a
ubc

vA B b
uca

C c

N2
Exemple : VP = 240 V et = 0,67.
N1

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Echelle : 50 V/cm

 Indice horaire : I.

2.2..1. Définition.
On peut déterminer l’angle  qui est la différence de phase entre les tensions primaires et secondaires
correspondantes :  = φ (vA) – φ(va) = φ (uAB) - φ (uab) = …

En pratique, on s’aperçoit que  est un multiple de π/6. L’indice horaire I est le rapport =I

6
Pour l’exemple 2 :  = π/6 et I = 1 c'est-à-dire que les tensions du secondaire sont en retard de 30° par rapport à
leurs homologues primaires.

12 h

1h Secondaire
Primaire

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2.2..2. Importance de l’indice horaire.

Il est important de respecter l’indice horaire lorsque l’on ajoute un transformateur dans une installation
existante (le transformateur est placé en parallèle afin d’augmenter la puissance apparente). Si I n’est pas correct il
se produit un court-circuit.

 Choix des couplages.

En basse tension, il est intéressant de disposer d’un neutre afin de disposer de tension simple
(réseau domestique) et d’un réseau triphasé (pour les artisans par exemple).

En haute tension, il est intéressant de relier le neutre à la terre afin de réduire les tensions
d’isolation :

V1
A A
U1

B B Neutre
Bâtit
relié au
Bâtit
C C
Ui Ui

La tension d’isolation Ui est : 0 < Ui < U1 La tension d’isolation Ui est : 0 < Ui < V1

Il faut éviter d’avoir des couplages identiques au primaire et au secondaire pour que les
déséquilibres (une phase plus chargée qu’une autre) ne se transmettent intégralement au primaire.

Couplages industriels : les couplages industriels classiques sont :

m
Yy 0 N2
N1
Yd1 N2
3N 1
Yz11
3N 2
2 N1
Dy11
3N 2
N1
Dd 0 N2
N1
Zy1 2N 2
3N 1

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3. Fonctionnement du transformateur en charge (équilibrée).
3.1. Schéma monophasé équivalent par phase.

vA va
vB vb
vC vc
m;

3x RS XS

I1 I10 mI2 I2

V1 mV1 V2
RF Xm

Attention ! c’est un schéma monophasé donc les composants dissipent le 1/3 de la puissance du transformateur.
RF dissipe pfer/3…
Xm est la réactance magnétisante (puissance réactive mesurée à vide).
La résistance ramenée au secondaire RS dissipent les pertes cuivre (ou par effet Joule).
La réactance ramenée au secondaire XS absorbent la puissance réactive correspondant au flux de fuite.

3.2. Tension au secondaire du transformateur.

Le modèle permet de prédire le fonctionnement en charge, la chute de tension dépend du type de charge :
V2 = I2 ( RS cos φ2 + XS sin φ2) avec φ2 le déphasage de la charge.
On en déduit : V2 = V20 - V2
La chute de tension composée est U2 = 3 V2

3.3. Le rendement.
P2
 = avec P2 = 3 V2 I2 cosφ2 et P1 = P2 + pfer + 3 RS I22
P1

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Exemples d’applications

Exemple 1 : transformateur à deux secondaires.

Un transformateur à deux secondaires est supposé parfait. Le nombre de spires au primaire est N 1 = 280 spires, au
secondaire N2A et N2B. Au bornes du secondaire 2A, on branche une résistance R = 30  et aux bornes de 2B, une
impédance Z = 25  de facteur de puissance cos = 0,85 (AR). « AR » ou « arrière » signifie que la charge est
inductive c'est-à-dire que le courant est en retard sur la tension.
Le primaire est branché sur le secteur 230 V, 50 Hz.

N2A R
2. On désire dissiper les puissances P A = 1 kW dans R et PB = 1,5 kW dans Z. N1
 Déterminer la tension et le courant pour chaque enroulement.
 En déduire le nombre de spires de chaque enroulement secondaire. N2B Z

3. Calculer l’intensité et le facteur de puissance au primaire

Solution :
1. Pour l’enroulement 2A
PA = U2A2 /R on en déduit U2A = 173 V puisque le transformateur est parfait N2A / N1 = U2A / U1
d’où N2A = 211 spires. La valeur efficace du courant IB = 5,8 A
Pour l’enroulement 2B
U 2B
La puissance active PB = U2B I2B cos  et U2B = Z . I2B d’où PB = cos  On en déduit UB = 210 V
Z
et IB = 8,4 A.
Pour l’enroulement B : N2B / N1 = U2B / U1 donc N2B = 255 spires.

2. Le transformateur est parfait c'est-à-dire qu’il ne dissipe pas de pertes ; on peut réaliser un bilan de puissances afin de
déterminer S1 puis l’intensité au primaire.
Au primaire : P1 = PA + PB = 2,5 kW et Q1 = QA + QB = PB.tan = 930 var
2 2
S1 = P1  Q1 = 2667 VA = U1 I1 ; l’intensité efficace au primaire est I1 = 11,6 A.

Application 3 : transformateur triphasé.

Un transformateur triphasé Dy11 présente les caractéristiques nominales suivantes :


 Tension primaire nominale U1n = 20 kV
 Tension secondaire à vide U2v =410 V
 Puissance apparente nominale Sn =150 kVA.

a. Donner la signification de Dy11


b. Déterminer le rapport de transformation global (ou industriel)
c. en déduire le rapport du nombre spires par colonne N 2 / N1.
d. L’intensité nominale des courants en ligne au primaire et au secondaire.

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Bibliographie

Compléments en électrotechnique

Electrotechnique
Luc Lasne – Dunod.

Electrotechnique ; Transformateurs et machines tournantes (Cours et exercices)


Dominique Bareille et Jean-Pierre Daunis – Dunod.

Introduction à l’électrotechnique ; fondements d’électricité et d’électromagnétisme.


Jacques Laroche – Dunod

Compléments en électronique de puissance

Electronique de puissance ; conversion de l’énergie électrique (Cours et exercices)


Michel Lavabre - Casteilla

Compléments sur les énergies renouvelables

Les énergies renouvelables pour la production d’électricité


Leon Freris et David Infield – Dunod

Electrotechnique des énergies renouvelables et de la cogénération.


Nick Jenkins – Dunod

L’énergie de demain
J. L. Bobin - E. Huffer - H. Nifenecker – EDP Sciences

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