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E28 - LES DIVERS TYPES DE PUITS ET DE FORAGES.

GENERALITES
1. De quoi s’agit-il ?
Un puits à eau ou un forage est un ouvrage de captage vertical permettant l’exploitation de
l’eau d’une nappe, contenue dans les interstices ou dans les fissures d’une roche du sous-sol
qu’on nomme aquifère. L’eau peut être remontée au niveau du sol soit de façon très simple
grâce à un récipient (seau par exemple) soit plus facilement grâce à une pompe, manuelle ou
motorisée.
Les puits et les forages sont très divers, que ce soit par leur profondeur, leur volume d’eau,
leur coût ou la pureté de celle-ci, justiciable ou non d’un traitement avant de pouvoir
être consommée (et qu’il convient d’ailleurs de contrôler non seulement à l’achèvement des
ouvrages mais régulièrement).
2. Qui utilise surtout ce moyen et depuis quand ? Quelles différences entre un puits et un
forage ?
- Les puits creusés manuellement figurent parmi les sources d’approvisionnement en eau les
plus anciennes. Les premiers puits étaient de très simples trous non protégés des éboulements
et qui n’ont pas résisté au temps et ont donc disparu. Beaucoup plus nombreux sont les puits
datés des Ages du Cuivre, du Bronze et du Fer que l’on retrouve un peu partout en Europe.
- Il existe en fait désormais trois grandes catégories de puits : les puits creusés, les puits
foncés et les puits forés plus communément appelés forages, terme ambigu qui désigne à la
fois un ouvrage et une technique de réalisation. Le choix du type d’ouvrage à réaliser dépend
essentiellement de la profondeur de la nappe aquifère (il serait par exemple très difficile ou
dangereux de faire creuser un puits à la main par des puisatiers à plus de 30 m de profondeur),
des données hydrogéologiques du terrain, de la rapidité recherchée ou non et du coût de
l’opération. Un puits creusé à la main avec la participation de la population s’avère le plus
souvent beaucoup moins coûteux. Enfin, l’ouverture d’un puits creusé à la pioche est bien
plus grande (ne serait-ce que pour permettre la descente de puisatiers) que celle d’un puits
foncé réalisé en enfonçant des outils dans le sol ou d’un forage dont l’orifice est au contraire
étroit compte tenu des outils utilisés et de la grande profondeur à atteindre.

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Creusement manuel d’un puits à Madagascar. Photo Caritas -X. Stephani
3. Pourquoi ?
Si l’eau est très présente sur la Terre, l’eau salée des mers et des océans représente 96,4% du
volume d’eau total.
L’eau douce représente seulement 3,4% du volume total de l’eau sur notre planète.
Cette eau douce est répartie comme suit :
- 2,15% est contenue dans les glaciers ou les neiges éternelles (environ 70% de l’eau douce
totale)
- 0,63% se retrouve dans les eaux souterraines (environ 22% de l’eau douce totale)
- 0,019% constituent les eaux de surface : lacs, rivières, fleuves (environ 0,6% seulement de
l’eau douce totale)
- Une très faible quantité (0,001% de l’eau totale) est contenue dans l’atmosphère
Dans la plupart des cas, et à défaut d’eau de surface, un puits ou un forage se révèle la
méthode la plus efficace pour obtenir des ressources en eau douce, laquelle y est d’ailleurs le
plus souvent de meilleure qualité qu’une eau de surface plus sujette à la pollution.
4. Qui est surtout concerné ?
Les gens vivant dans les régions où il y a peu d’eau de surface et suffisamment de ressources
d’eau souterraine.
5. En quoi consiste ce procédé ? Comment est-il mis en œuvre ?
Les puits peuvent être classés en 3 types :
- les puits creusés (dug well en anglais) ;
- les puits foncés (driven well ) ;
- les puits forés ou forages. (drilled well ).

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a) Les puits creusés
Voir la fiche E29 « Les puits creusés  »
Creuser sur le terrain avec une pelle et une pioche est la technique la plus simple et la plus
ancienne.
C’est aussi la plus fatigante mais la moins coûteuse. Elle nécessite que le sol soit
relativement meuble et la nappe phréatique peu profonde. Ces puits sont souvent bordés par
des pierres pour les renforcer et les empêcher de s’effondrer, mais il est nettement préférable
de les cuveler (maintenir à la verticale) avec des anneaux de béton souvent réalisés facilement
sur place avec des moules.
On peut aussi utiliser des moyens mécaniques moins rustiques de creusement pour diminuer
les efforts physiques importants.
Les puits creusés ne sont pas très profonds (entre 10 et 20 m le plus souvent,
exceptionnellement 30 à 40m). Etant peu profonds, ils risquent d’être contaminés et ils
peuvent s’assécher plus facilement que les autres types de puits.

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Creusement d’un puits région des Savanes au TOGO - Photo Caritas Dapaong 
b) Les puits foncés (ou puits à pointe filtrante)

Puits foré au BURKINA FASO Photo Caritas Burkina


Voir la fiche E30 « Les puits foncés »
Les puits foncés sont réalisés par enfoncement par un mouvement de va et vient vertical d’un
tube perforé à bout pointu et de petit diamètre (sauf pour la technique particulière du
havage) dans une terre friable, comme le sable ou le gravier. Un filtre, ou crépine, est très
souvent fixé à la partie inférieure de la conduite pour filtrer le sable et les autres particules et
les empêcher de pénétrer dans le puits.
Ils ne peuvent puiser l’eau qu’à des profondeurs moyennes comprises entre 15 et 100 m
suivant la technique utilisée. Ils sont, comme les puits creusés, exposés aussi, mais moins, à la
contamination et à l’assèchement.
Il existe trois techniques de fonçage :
- Le fonçage par battage : le battage consiste à enfoncer un tube muni d’une pointe en
laissant régulièrement tomber un outil lourd (le trépan) sur l’extrémité du tube
- Le fonçage par injection d’eau (ou lançage à l’eau) : le procédé consiste à injecter de
l’eau sous pression à l’intérieur d’un tube pour faciliter le creusement du sol et l’évacuation
des débris.

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- Le fonçage par havage : le havage consiste à creuser le sol à la base même du tubage en
position verticale qui ainsi s’enfonce sous l’effet de son propre poids.
c) Les puits forés ou forages
Voir la fiche E31 « Les puits forés  »
Un grand nombre de puits modernes sont des puits forés qui sont creusés par percussion
d’un outil dans le sol ou par l’action rotative d’un outil coupant (tarière, foreuse, trépan)
tournant autour d’un axe vertical et qui brise et mâche les roches dont les résidus sont
remontées le plus souvent par des boues à la surface.
Ils peuvent atteindre jusqu’à 300 m de profondeur.
Les puits forés peuvent être réalisés suivant de nombreuses techniques :
1) Soit manuellement ou en utilisant des moyens manuels bon marché (par exemple des
vrilles appelées tarières que l’on fait tourner à la force des bras). Les techniques les plus
utilisées sont les suivantes :
- Forage à la tarière (hand-auger drilling en anglais) ;
- Forage par percussion (percussion drilling ) ;
- Forage par injection d’eau ou lançage à l’eau (jetting) ;
- Forage à la boue (sludging) ;
2) Soit en utilisant des moyens motorisés léger (pompes, compresseurs) pour creuser le
terrain :
- Forage au marteau fond de trou (rotary-percussion drilling) ;
- Forage rotary (rotary drilling).
3) Soit en utilisant des moyens mécanisés lourds de percement qui permettent d’atteindre de
grandes profondeurs :
- Ces moyens de forage sont souvent montés sur des gros camions super équipés. Ils
utilisent des outils de forage rotatifs qui mâchent ou brisent les roches, ou d’abord, si le sol
est mou comme c’est assez souvent le cas au début d’un forage,, des grandes vrilles appelées
tarières. Les forages peuvent atteindre plusieurs centaines de mètres de profondeur. Souvent,
une pompe est placée au bas pour pomper l’eau jusqu’à la surface.

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Forage d’un puits au TOGO - Photo Caritas Kara
6. Difficultés particulières et remèdes
Le choix entre les différents procédés de creusement des puits dépend de nombreux
paramètres :
- Les caractéristiques géologiques des terrains à creuser : roches dures, roches tendres et
friables, terre sableuse,…
- La profondeur à creuser (laquelle est fonction de la profondeur de la nappe phréatique).
- Les moyens techniques potentiellement disponibles sur place et leur coût.
- Le diamètre souhaité.
- Le volume d’eau à collecter chaque jour en fonction des besoins de la population à alimenter
L’absence d’entretien ou de réparation à temps d’un puits peut conduire à la diminution,
voire même à l’arrêt définitif du pompage ou du puisage de l’eau en raison de pannes de
fonctionnement. Elle est aussi la cause de dégradation de la qualité de l’eau et donc la cause
de maladies.
Elle conduit à l’abandon chaque année de plusieurs dizaines de milliers de puits creusés,
foncés ou forés chaque année dans le monde…
7. Principaux avantages et inconvénients
Les différents procédés ont chacun leurs avantages et leurs inconvénients qui sont détaillés
dans les diverses fiches de présentation des différents types de puits.
8. Coût
Les coûts d’un puits varient en fonction de la géologie du lieu, de la technique employée, de
la finalité du puits (volume d’eau par jour), du pays et du coût de la main d’œuvre et de son
équipement ou non d’une pompe.
La fourchette des prix est très large puisqu’elle peut aller d’environ 500 € pour un puits
sans pompe creusé à la main d’une dizaine de mètres, à plus de 13 000 € pour un forage
mécanisé avec pompe à une centaine de mètres de profondeur.
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9. Observations, recommandations et suggestions
Comme les puits creusés et les puits foncés ne peuvent que puiser l’eau à faible ou moyenne
profondeur (moins de 40/45 m en règle générale), ils sont plus exposés à la contamination par
les activités humaines et à l’assèchement pendant des périodes de sécheresse.
Dans les terrains instables, il est nécessaire de consolider les parois (tubage, cuvelage) par
un revêtement pour éviter les éboulements ou obstructions du puits.
10 Exemples de réalisation
- Il en existe de très nombreux dans les diverses Caritas, notamment en Afriqque et en Asie.
Signalons cependant les dex documents suivants :
- Une étude de cas a été réalisée au Tchad par la fondation Practica, l’UNICEF et Enterprise
Works/VITA. Elle est disponible sur le site internet :
http://www.unicef.org/wash/files/CH...
Cette étude examine l’importance des interventions de forages manuels sur l’amélioration du
taux d’accès à l’eau potable au Tchad et a mis en évidence que l’utilisation prépondérante
jusqu’en 2002 de techniques coûteuses de forage conventionnelles (mécanisées) ne
pourrait pas satisfaire la demande en eau sur l’ensemble du territoire tchadien
- Autre rapport intéressant : Un bilan réalisé par RWSN (Rural Water and Saniation
Network) au sujet des puits forés à la main au Niger depuis 30 ans. Disponible en ligne sur :
http://www.rwsn.ch/documentation/sk...
11. Où trouver davantage d’informations ?
a) Sites internet
- AFD (Agence française de développement) : "Réalisation et gestion des forages équipés
d’une pompe à motricité humaine en Afrique subsaharienne"
Guide illustré, polyvalent et très intéressant de 86 pages donnant de précieuses indications
dans tous les domaine de l’hydraulique villageoise et pas seulement sur les puits, les forages
et les pompes, mais aussi sur les modes de captage des nappes, l’aménagement et la gestion
des points d’eau, leur gestion communautaire et la formation à l’hygiène.
http://www.afd.fr/webdav/shared/PORTAILS/SECTEURS/EAU_ET_ASSAINISSEMENT/p
df/GUIDE-RURAL.pdf
- OMS (Organisation Mondiale de la santé) : « Le manuel du technicien sanitaire ».
http://whqlibdoc.who.int/publicatio...
- USGS « Ground water : well » (en anglais)
http://ga.water.usgs.gov/edu/earthg...

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- AKVO. Cette ONG hollandaise a réalisée plusieurs fiches intéressantes sur les puits et les
forages. Celles-ci sont disponibles sur son site : www.akvo.org
- Wikipedia « Puits à eau »,
 http://fr.wikipedia.org/wiki/Puits_...,
- Ministère de l’Environnement du Nouveau Brunswick : « Notions élémentaires sur les
puits d’eau »
http://www.gnb.ca/0009/0371/0018/in...
- WEDC ( Water Engineering and Development Centre, Lougborough University ).
Document sur les techniques simples de forage (en anglais)
http://www.watersanitationhygiene.o...
- Ministère de l’Agriculture, de l’Alimentation et des Affaires Rurales de l’Ontario :
« Les puits d’eau en milieu rural »
http://www.omafra.gov.on.ca/french/...
- CIPEA : « L’exploitation des ressources hydrauliques en Afrique Tropicale ». Rapport
de recherche no 6 consultable sur : http://books.google.fr
b) Vidéos
Le site de partage VIMEO permet d’accéder à un certain nombre de vidéos (en anglais) sur la
construction de puits élaborées par l’association bolivienne EMAS (Escuela Móvil de Agua y
Saneamiento (Mobile School for Water and Sanitation). EMAS élabore des formations et des
solutions bon marché d’accès à l’eau potable en Bolivie
http://vimeo.com/channels/emas
Comment faire un puits ?
La Rédaction Maison & Travaux 8 février 2017 Mis à jour le 8 février 2017
Posséder son propre puits présente de nombreux avantages. Pour mettre en place cette
installation, il faut suivre certaines étapes.

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SE PREPARER A CREER UN PUITS
Le puits est un excellent moyen pour disposer de sa réserve d’eau personnelle. Si vous
souhaitez en construire un, il faut commencer par définir si votre terrain dispose d’une source
souterraine. Pour cela, le recours aux compétences d’un sourcier ou d’un hydrogéologue est
donc nécessaire. Une fois que le spécialiste a déterminé la présence d’une nappe phréatique
sur votre terrain, vous devrez déterminer à quelle profondeur elle se situe, quelle est la nature
de votre terrain et s’il est accessible, le type de puits à installer et le genre de matériel à
utiliser pour le forage.
Utilité d’un puits
Faire forer un puits présente de nombreux avantages. Cette installation permet de couvrir :
– Vos besoins en eau potable: grâce à la nappe phréatique présente sur votre terrain, vous
aurez toujours de l’eau à disposition,
– Vos besoins en eau d’irrigation: le puits peut également vous fournir de l’eau pour vos
champs et autres plantations,
– Vos besoins en énergie: grâce à la géothermie, vous pourrez utiliser votre puits comme
une source de chaleur.
Les démarches pour construire un puits
Bien que le puits soit sur votre terrain, vous êtes tenu de respecter certaines lois. La
construction d’un puits ne peut pas se faire sur n’importe quelle partie d’un terrain. Pour
obtenir l’autorisation adéquate, vous devez lancer une procédure auprès de la direction
départementale de l’agriculture et de la forêt ou DDAF. Après avoir étudié votre dossier,
l’institution pourra permettre, ou non, la création de votre puits.

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PUITS A EAU
Un puits à eau est le résultat d'un terrassement vertical, mécanisé (par forage, havage,
etc.) ou manuel, permettant l'exploitation d'une nappe d'eau souterraine, autrement dit
un aquifère. L'eau peut être remontée au niveau du sol grâce à un seau ou une pompe,
manuelle ou non. Les puits sont très divers, que ce soit par leur mode de creusement,
leur profondeur, leur volume d'eau, ou leur équipement.
Sommaire
 1 Histoire
 2 Architecture et conception
 3 Types de creusement
o 3.1 Puits artisanaux
o 3.2 Forages
 4 Protection
 5 Sécurité
 6 Culture et représentations
 7 Anecdote
1. Histoire
Les premiers puits étaient probablement de très simples trous non protégés des éboulements et
qui n'ont pas résisté au temps et ont disparu1.
Les témoignages archéologiques anciens datent du Néolithique, et ils sont en Europe localisés
sur le pourtour de la Méditerranée ou en Europe centrale et Europe de l'Est.
Le plus ancien puits du monde a été découvert à Chypre sur le site de Kissonerga ; il est daté
du Xe au IXe millénaire[réf. nécessaire] BP. En Israël, sur le site sous-marin de Atlit Yam, un puits
est daté de la fin du IXe millénaire BP2. Ces puits sont ronds et cimentés, tandis que les puits
trouvés en Europe centrale et de l’Est et appartenant à la civilisation rubanée sont construits
en planches de bois imbriquées et horizontales formant un casier dans le sol 3. Beaucoup plus
nombreux sont les puits datés des Âges du Cuivre, Bronze et Fer que l'on retrouve un peu
partout en Europe.


Puits gallo-romain en France

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Désert des Somalis (vers 1900)


Puits d'irrigation « délou » (Libye, 1980)


Puits à balancier du Parc national de Hortobágy (Hongrie)


Puits à balancier de Galda, Transylvanie (Roumanie)


Puits à balancier en Moldavie
2. Architecture et conception
Il existe plusieurs façons de concevoir un puits à eau. Dans la plupart des cas, on trouvera des
puits à margelle qui permettent à un récipient d'atteindre le niveau de l'eau, souvent au moyen
d'une corde. Lorsque la profondeur ne dépasse pas quelques mètres, on peut concevoir un
puits à marches qui permet à l'utilisateur de descendre physiquement jusqu'au niveau de l'eau
par un escalier, souvent hélicoïdal. Il existe en Inde des puits de grande taille, dits à degrés,
qui permettent de descendre au niveau de l'eau par un système d'escaliers comme celui de
Chand Baori.

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3. Types de creusement
Puits artisanaux

La mort du puisatier par E.Sacré

Un ancien puits dans la cour de la Grande Mosquée de Kairouan, Tunisie

Puits. Ferme des Planons. Saint-Cyr-sur-Menthon


Les puits artisanaux sont creusés à la force des mains par le puisatier et ses aides. La largeur
du puits doit être assez importante pour qu'un homme puisse y travailler, et sa profondeur
dépend de celle de la nappe phréatique (un puits peut être approfondi si le niveau de la nappe
diminue) et du risque d'éboulement des parois. Si le coût peut être amorti, un puits plus large
est creusé, ce qui non seulement renforce la sécurité des travailleurs mais assure un plus grand
rendement lors de l'exploitation (la surface drainée de l'aquifère étant plus importante).
Pour creuser un puits plusieurs personnes sont nécessaires : un homme au fond du trou
pioche, rassemble la terre extraite dans un seau qui est remonté à la surface par un équipier. Si
le trou est très large, il peut y avoir deux personnes au fond, l'une pour piocher, l'autre pour

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pelleter. Lorsque le trou atteint la nappe phréatique et se remplit d'eau, le creuseur doit alors
dénoyer le puits en évacuant l'eau accumulée.
Les puisatiers d'autrefois mettaient en place une chèvre faite de trois rondins liés en haut et
fichés en bas dans le sol autour du trou à creuser. Une poulie y était attachée. Ils utilisaient
aussi un plateau de bois posé en corde sur l'ouverture du puits, pour pouvoir sortir plus
facilement les seaux pleins.
Une fois le trou creusé, il fallait bâtir la gaine du puits entre le niveau de la nappe et la
margelle avec des pierres, en respectant les règles de la maçonnerie (croisement des joints,
pose en boutisse, calage à l'arrière). Les pierres étaient descendues dans un seau ou au bout
d'une corde pour les plus grosses. Une autre technique d'édification de la maçonnerie était
également utilisée : la pose progressive du fût maçonné sur une embase ronde appelée "roue"
faite d'une solide charpente circulaire en bois, vide en son centre, donc non renforcée par des
rayons afin que ceux-ci ne gênent pas le creusement. Au fur et à mesure que les puisatiers
approfondissaient le puits, ils creusaient également sous cette roue qui s'enfonçait ainsi
progressivement dans le sol en même temps que le chantier et qui supportait le fût de
maçonnerie sur lequel des ouvriers postés à la surface rajoutaient des lits de moellons au fur et
à mesure de l'enfoncement. Cette technique permettait d'une part d'éviter d'avoir à descendre à
la poulie les pierres taillées au fond du puits et, d'autre part, sécurisait le travail des puisatiers
en évitant le risque d'éboulement des parois puisque le maçonnage de celles-ci était réalisé au
fur et à mesure de l'approfondissement du puits. Dans son Dictionnaire de l'architecture
médiévale, Eugène Violet-Le-Duc mentionne avoir retrouvé au fond de nombreux puits
médiévaux ces roues en bois de charpente, assez bien conservées malgré un séjour de
plusieurs siècles sous l'eau et qui attestent cette technique de construction. Selon des études
archéologiques récentes, cette technique très évoluée de la roue ne semble cependant pas
antérieure au XIVe siècle.
Les margelles des puits des grandes bâtisses traditionnelles sont constituées de pierres
finement taillées et portent fréquemment des sculptures, la richesse de l'ornementation et la
qualité des maçonneries étant étroitement liées aux capacités financières du commanditaire.
Forages
On peut regrouper sous l'appellation de puits modernes les puits réalisés par forage et équipés
pour la récupération de quantités importantes d'eau. Le puits artésien est un fonçage de tubes
dans le sol jusqu'à la nappe d'eau qui est sous pression par dénivellation. Grâce à la pression,
ces tubes ramènent l'eau naturellement à la surface.

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4. Protection
Dans presque tous les pays, des lois prévoient la nécessité de protéger les puits d'alimentation
en eau potable, par la réalisation de barrières physiques (protection immédiate) et de barrières
législatives délimitant des aires où les activités à risque sont interdites.
5. Sécurité
Il peut être très dangereux de descendre au fond d'un puits, pour un curage par exemple,
lorsqu'on n'est pas un professionnel, non seulement à cause de la proximité de l'eau mais aussi
à cause des gaz qui peuvent s'être accumulés au fond. En effet, le fond d'un puits peut être
rempli de monoxyde de carbone, toxique et inodore. Les professionnels descendent avec une
bougie allumée qui s'éteint en cas d'absence d'oxygène et donne ainsi le signal de la remontée
urgente. Il est aussi possible d'utiliser un compresseur qui renouvelle l'air au fond du puits.
Lors d'un curage, il faut absolument éviter de creuser sous les fondations du puits, c'est-à-dire
sous le mur ou sous les buses, car le risque d'éboulement est important.
6. Culture et représentations
La branche IV du Roman de Renart relate l'épisode où le renard, pris au piège au fond d'un
puits, parvient à y attirer le loup à sa place. Le récit s'inspire de la Disciplina Clericalis de
Pierre Alphonse. Ce motif est repris et développé dans la réécriture contemporaine du roman
médiéval, Mon Roman de Renart de Xavier Kawa-Topor (Actes Sud, 2003).


Paul Signac Femmes au puits 1892


Karoly Femmes au puits

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C.West Cope La vérité sortant du puits
7. Anecdote

Puits maçonné à Boussay pourvu d'une grille.


La généralisation des châteaux d'eau et des canalisations a le plus souvent transformé les puits
à eau, que l'on trouvait dans nombre de jardins des domiciles privés et des espaces publics
d'autrefois, en ornements désaffectés que l'on a pris soin de fermer d'une grille pour éviter la
chute des personnes, type de mésaventure mis scène par exemple dans la chanson en nissart
Lou Pous (Le Puits) [archive].

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QUELLES SONT LES DIFFERENTES TECHNIQUES POUR FAIRE UN FORAGE ?
Lorsqu'on est propriétaire de sa maison, la loi autorise de disposer l'eau de son jardin comme
on le souhaite. Différentes solutions s'offrent alors au propriétaire selon la nature du terrain et
l'utilisation qu'il souhaite faire de l'eau contenue dans le sous-sol de sa propriété. Les
techniques de forage sont différentes suivant le type d'ouvrage envisagé.

Les puits de surface


Fonction
La fonction de ces puits traditionnels est de récolter les eaux de surface comme les eaux de
pluie et les eaux de lavage. Technique de forage Ces puits peu profonds, d'une dizaine de
mètres de profondeur maximum et de plusieurs dizaines de centimètres de diamètre, sont
creusés à l'aide d'une foreuse manuelle pour puits ou d'une petite machine à forer mobile.
On fait descendre après ou pendant les forages, des buses pour puits en ciment que l'on
consolide avec du gravier. Ces buses sont perforées pour permettre le passage de l'eau dans le
puits. Pour ce type de puits, les sols doivent être suffisamment poreux pour que les eaux de
pluie puissent s'infiltrer et remplir le puits.
Les puits artésiens
Fonction
Le puits artésien est un ouvrage permettant d'atteindre une nappe d'eau contenue dans un
terrain imperméable. La nappe d'eau sous pression remonte alors préférentiellement par le

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nouveau conduit foré. Forage Pour forer un puits artésien, on utilise généralement une
foreuse rotative de diamètre compris entre 15 & 20 centimètres ; il est de plus en plus fréquent
d'utiliser une foreuse rotative à percussion pour accélérer le forage. Un mélange d'air et d'eau
est envoyé simultanément pour dégager la terre et la roche broyées vers la surface. Un tubage
métallique est ensuite introduit pour éviter l'affaissement du trou et étancher le puits. La
nappe phréatique atteinte, un sabot viendra faire le joint entre le roc et le tubage.
Les forages profonds
Fonction
Le forage profond permet d'atteindre des sources d'eau souterraine. Généralement, une pompe
est nécessaire pour le relevage de l'eau. On utilise des pompes immergées et de plus en plus
fréquemment des pompes à énergie solaire. Des débits d'eau importants de l'ordre de plusieurs
m3/h sont alors disponibles pour assurer les besoins en eau de la maison. Forage On utilise
des foreuses rotatives à percussion de diamètre compris entre 20 et 25 centimètres. Une fois le
puits foré, on introduit dans le trou des tubes de forage en PVC pour consolider le terrain de
part et d'autre du conduit et pour éviter les infiltrations risquant de polluer l'eau profonde.

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PUITS MODERNE
 Ce type de puits peut être réalisé en partie à la main ou avec des machines. En général, son
diamètre intérieur varie entre 1 et 1,80 m.
 

Schéma d'un puits (Source : Comité Interafricain d'Etudes hydrauliques, Utiliser une
pompe manuelle -Manuel de formation des formateurs villageois - Le point d'eau au
village  : aménagement ; utilisation ; entretien - série hydraulique villageoise livret 2, GH
Géohydraulique, CINAM - date non connue)

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 L'exécution d'un puits fait manuellement peut être décomposée en quatre phases :
 le creusement en terrain sec ;
 la construction du cuvelage ;
 la mise en place du captage ;
 la réalisation de l'équipement de surface.
1.  Creusement en terrain sec.
Ce terme désigne l'opération consistant à réaliser le trou, de la surface au niveau de l'eau.
La technique diffère suivant la nature du terrain.
 Terrain tendre (sables consolidés, argiles, grès, schistes tendres, altération de
roches cristallines) : Le creusement est effectué avec des outils simples tels que pics,
barres à mine. Suivant la nature du terrain, le cuvelage est réalisé au fur et a mesure
de l'avancement ou dans une phase ultérieure.
 Terrain dur (grès, calcaire, dolomies, schistes durs) : le fonçage nécessite l'emploi
d'un marteau piqueur et les parois du puits peuvent être laissées à nu.
 Terrain dur (granite, gneiss, quartzites) : le fonçage dans de tels terrains nécessite
l'emploi de l'explosif. On fore des trous de mine, puis on fait exploser. Cette
technique est de moins en moins employée car elle coûte très cher. La technique la
plus utilisée est le forage.
 Terrain instable (sable éolien, alluvions très fins) : la technique la plus efficace est
le havage. Le cuvelage est mis en place au niveau du sol, la colonne s'enfonce dans le
terrain sous l'effet de son propre poids au fur et à mesure que les déblais sont extraits
de l'intérieur.
2. Construction du cuvelage
Plusieurs techniques peuvent être utilisées pour la construction du cuvelage :
 le cuvelage en béton armé avec ancrage ;
 le cuvelage continu descendu par havage ;
 les cuvelages métalliques.
 Cuvelage en béton armé avec ancrage : La paroi de la fouille est entièrement
recouverte de béton armé. Selon la stabilité du terrain, on utilise deux méthodes :
 Si le terrain est instable, on met en place le cuvelage au fur et à mesure du fonçage par
passe de 0,50 ou de 1 m ;
 Si le terrain est stable, on réalise la totalité du trou - on fait le cuvelage après.

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Dans tous les cas, il faut réaliser un ancrage robuste à la surface du sol qui supporte le
cuvelage construit au-dessous.
 Cuvelage continu descendu par havage : Ce type de cuvelage est mis en place
lorsque les terrains sont instables, il est descendu par havage.
Le cuvelage est coulé à la surface de manière continue et au fur et à mesure de l'enfoncement.
L'extrémité inférieure est munie d'une " trousse coupante " en béton armé dont le diamètre
extérieur est supérieur à celui du cuvelage. Elle permet la pénétration dans le terrain et facilite
la descente de la colonne.
 Cuvelage métallique : Il est employé uniquement dans les zones difficiles d'accès ou
démunies des matériaux nécessaires à la confection des bétons.
Ce sont des plaques en tôles galvanisées ondulées et cintrées qui sont assemblées à l'aide de
boulons.
3. Mise en place du captage
Le captage est la partie du puits située au-dessous du niveau de l'eau. Il permet à l'eau de
parvenir au puits tout en maintenant les terrains aquifères en place.
Le captage est constitué de buses crépinées et du massif de gravier filtrant.
 Les buses crépinées peuvent être métalliques mais elles sont, en général, en béton
armé et préfabriquées. Elles sont empilées les unes sur les autres, la liaison étant
assurée par des encoches à angle droit ou par des étriers boulonnés, de manière à
former une colonne monolithique.
L'eau peut passer à travers la buse grâce à des trous de 1 cm de diamètre inclinés à 45° vers
l'extérieur.
La première buse mise en place comporte une trousse coupante qui facilite la descente de la
colonne.
 Le massif filtrant est un massif de gravier placé entre le terrain et la paroi extérieure
des buses.
Il permet de filtrer l'eau et d'arrêter les éléments fins comme le sable. Il est constitué de
gravier d'un diamètre de 10 mm environ. Le gravier doit être en quartz et arrondi. Un bon
filtre a une dizaine de centimètres d'épaisseur.
 Dalle de fond.
Quand le puits est fait dans des terrains instables, pour éviter que les éléments fins ne
remontent, on met une couche de gravier au fond du puits puis on pose dessus une dalle dite
de fond qui doit avoir un diamètre un peu plus petit que le diamètre intérieur des buses de

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captage : cette dalle a une épaisseur de 10 cm environ et est percée de trous qui laissent passer
l'eau.
Quand le puits est réalisé par une machine, le cuvelage et le captage sont faits avec des buses
préfabriquées empilées les unes sur les autres.
Les buses couramment employées ont 1 m de haut et 1 m de diamètre intérieur.
4. Equipements de surface
Il s'agit de la dernière phase de réalisation d'un point d'eau. Ces équipements sont essentiels
pour conserver le puits dans un bon état et pour assurer une bonne qualité de l'eau puisée.
Les équipements de surface doivent comprendre :
 La margelle ;
 Le trottoir ;
 Une aire assainie anti-bourbier ;
 Les abreuvoirs, les zones de lavage ;
 Le système d'exhaure (la pompe) ;
 La rigole qui permet de recueillir les eaux de ruissellement ;
 Le puits perdu ;
 La clôture.
Le détail de cet équipement de surface est donné dans la fiche " aménagement du point d'eau
et de ses abords "

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REALISATION DE 2 PUITS MODERNES/ Niger
Lieu : villages de Tamindaou Zanfaraoua et de Debi sur la Commune rurale de Kornaka au
Niger
Contexte : Conscient des difficultés rencontrées par les populations nigériennes en matière
d’approvisionnement en eau potable et d’assainissement, le Gouvernement du Niger a adopté
en 2002 une Stratégie de Réduction de la Pauvreté et en 2003 une Stratégie de
Développement Rural. L’objectif général est celui de « réduire l’incidence de la pauvreté
rurale de 66 % à 52 % à l’horizon 2015 », et l’eau a été retenue dans ces cadres nationaux
comme élément moteur de croissance.
Le taux de couverture des besoins en eau en milieu rural était, en 2004, estimé à 50%. Les
systèmes d’approvisionnement en eau potable et d’assainissement sont encore rustiques et se
composent dans leur majorité de puits traditionnels et de puits modernes. Les nappes captées
sont assez profondes, et les moyens d’exhaure sont à traction humaine ou animale contribuant
à altérer la qualité de l’eau et à rallonger les temps d’attente autour des ouvrages.
Périodiquement, surtout pendant la saison sèche, il y a des assèchements d’une part
importante de ces puits. Les volumes d’eau disponibles demeurent alors pour les familles très
insuffisantes ce qui fait que des sources très douteuses telles que les mares et marigots sont
aussi utilisées pour couvrir les besoins des ménages.
Objectif :
 Améliorer l’accès à l’eau potable tant en qualité qu’en quantité pour les habitants des 2
villages ;
 Alléger la corvée d’eau pour les femmes : les temps d’attente au point d’eau sont réduits, les
distances parcourues pour s’approvisionner en eau potable sont diminuées ;
 Sensibiliser les habitants à l’hygiène (700 personnes de manière directe).
Nature de l’investissement :
 Construction de 2 puits modernes avec aménagements de surface.
Financement accordé : 12 000 € sur un budget de 75 331 €
Association partenaire : Eau Vive
Bilan au 30 mars 2010 :
Les deux puits sont terminés et la mise en eau a été réalisée en août et sa qualité est bonne :
  le puits de Débi a une profondeur de 77,80 m,
  Le puits de Tamidaou Zanfarawa a une profondeur de 62.50 m.

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Par ailleurs, afin d’améliorer la salubrité des abords des puits, de faciliter et de sécuriser le
puisage, et de diminuer leur ensablement, des aménagements de surface ont été construits  :
  une margelle de protection de 0.80 m de hauteur et de 0.20 m d’épaisseur,
  Un trottoir de propreté en béton armé d’un mètre de diamètre d’environ 7 m,
  Un muret de protection élevé à l’extérieur du trottoir, muni de 2 ouvertures,
  Des bancs d’attente, à l’intérieur du trottoir,
  Des abreuvoirs installés à un minimum de 14 m du puits.
Parallèlement à la réalisation des travaux, deux structures de gestion des puits ont été mises
en place. Ces comités veillent sur les conditions d’hygiène et d’assainissement autour des
points d’eau, le respect des règles d’exploitation et d’utilisation des puits, le paiement des
tarifs définis au préalable en assemblée.

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