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Rapport concernant la figue au Maroc

Module Agrobiodiversité

Réalisé par :
Encadré par:
Saida Boutyour
Hassan BOUZIANE
Imane AOULAD
ABDESSAMAD
A.U : 2019_2020
Sommaire
I. Introduction.......................................................................................................3
1) L’histoire de la figue......................................................................................4
a) Le concept historique de la figue..................................................................4
b) La figue au Maroc.......................................................................................4
2) Méthode et materiel........................................................................................5
a) Aire d’étude................................................................................................5
b) Diversité des types de figuier........................................................................6
c) La nomenclature de figuiers dans le Rif.........................................................6
d) Le rôle économique et socioculturel.............................................................7
3) Caprification de figuiers..................................................................................7
a) La reproduction sexuée...............................................................................9
b) Biologie florale.........................................................................................10
c) Inflorescences...........................................................................................10
d) Fleurs.......................................................................................................10
e) Biologie du pollinisateur............................................................................11
f) Cycle de l'insecte et de la figue......................................................................12
g) Méthodes de pollinisation..........................................................................14
4) Domestication...............................................................................................14
II. Résultat et discussion.....................................................................................16
III. Conclusion......................................................................................................19

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I. Introduction

Le Maroc possède des atouts climatiques, agronomiques, gastronomiques et géographiques


qui doivent être exploités pour une valorisation des produits agricoles et alimentaires aussi bien
sur le marché national qu'international. Ainsi, de nombreux produits traditionnels et/ou de
qualité méritent de se voir conférer une protection afin de valoriser l'histoire des produits et du
savoir-faire humain. Définir un produit du terroir revient à définir le terme terroir qui est
communément reconnu comme « un espace géographique délimité où une communauté
humaine a construit au cours de l’histoire  un savoir intellectuel collectif de production ». Cet
espace géographique est fondé sur un système d’interactions entre un milieu physique et
biologique, et un ensemble de facteurs humain, dans lequel les itinéraires sociotechniques mis
en jeu, révèlent une originalité, confèrent une typicité et engendrent une réputation, pour un
produit de ce terroir. Par produit de terroir on sous-entend un produit agricole ou alimentaire lié
à un espace géographique, à une société et à une culture. Il englobe une vaste gamme de
produits allant des fruits et légumes aux produits laitiers en passant par la charcuterie, les
boissons, les huiles et les farines. Les trois dimensions retenues dans l’identification d’un
produit de terroir sont l’espace, le temps et le savoir-faire.

Lʼ Agrobiodiversité ou diversité agricole, est la biodiversité qui a trait à la production


agricole ; elle concerne l’ensemble des espèces végétales et animales domestiquées, ainsi que
leurs parents sauvages et tous les organismes ayant un impact positif et ou négatif sur
l’agriculture et élevage. Elle contient aussi des ressources génétique des espèces utilisés pour
l’agriculture et alimentation humaine et animal (espèces cultivées, domestiquées) et la diversité
des espèces non récoltées dont dépend la production ou qui remplissent une fonction
écologique (micro-organismes du sol, parasites, prédateurs, pollinisateurs) ; et cette dernière
inclut non seulement des organismes (végétaux et animaux) impliqué dans le système agraire,
mais aussi l’homme en tant qu’acteur producteur, ressource et /ou destructeur.

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1) L’histoire de la figue
a) Le concept historique de la figue
L’histoire de la figue (Ficus carica) commence en Asie Mineure d’où elle est originaire.
Grâce à son goût délicieux, elle se répandit rapidement dans le pourtour méditerranéen et était
prisée tant des Romains que des Phéniciens. Les Corinthiens, eux, l’appréciaient pour autre
chose ! Ils avaient pris l’habitude de glisser ce fruit très bon marché dans les fameux raisins
qu'ils exportaient vers Venise. C’est de cette ruse historique que naquit l'expression "mi-figue,
mi-raisin" qui dit si bien l’ambiguïté d’une position ou d’une situation précise.

Fruit méditerranéen par excellence, la figue compte aujourd’hui plus de 700 variétés
produites principalement au Maroc, en Algérie, en Italie, en Grèce, en Turquie mais également
en Californie, bien loin de sa région d’origine. On distingue essentiellement deux variétés : la
figue blanche et la figue noire. La première, avec sa peau verte et sa pulpe rouge bien sucrée
est goûteuse à souhait mais reste rare en raison de sa vulnérabilité et de sa fragilité (Fig1), la
deuxième, avec sa peau à la couleur violacée et sa pulpe grenat, est très appréciée dans la
cuisine marocaine pour son moelleux et son goût prononcé (Fig2).

Figure 1 : Figue blanche avec une peau verte Figure 2 : Figue noire avec une peau violacée

b) La figue au Maroc
Pour notre plus grand bonheur, les figuiers fructifient deux fois par an ce qui permet deux
récoltes, l’une au début du mois de juillet et une autre d’août à septembre. La province de

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Taounate reste le premier producteur de figues au Maroc, avec une superficie de plantations
dépassant les 22.000 ha, suivie de la province de Chefchaouen, avec ses 7.050 ha.

Les plus réputées sont les figues de Taounate, surtout celles issues des terres des tribus de
Mtiwa et Rghiwa. Mais, il y a également celles produites par les «Nabouth» (vertes à la taille
moyenne), les «Ghoudane» (noires, de taille moyenne), les «Sebti» (vertes de forme ovale), les
«Warnaxi» (vert-jaune, de forme ronde, connues pour leur résistance), les «Hasskaidar»
(vertes et de grande taille), les «Mthel» (vertes et très précoces) ou encore les
«Menkhablghrab» (noires et de taille moyenne). Le moussem des figues de Bouhouda et Sebt
Mtiwa à Taounate qui a lieu en août de chaque année est un événement dédié entièrement à
ce fruit. Une grande messe des producteurs, des acheteurs en gros ou des simples
consommateurs venant des quatre coins du Maroc pour découvrir une offre variée de grande
qualité.

Et si la période des figues fraîches semble bien courte à ceux qui apprécient ce fruit, ils
peuvent se tourner vers le fruit séché, présent toute l’année. Les grands amateurs font
cependant la différence entre les figues sèches disponibles dès juillet, brunes et bien gonflées
et celles du mois de décembre, plus sèches et plus claires.

1) Méthode et materiel
a) Aire d’étude
L’aire d’étude correspond aux montagnes du Rif au norddu Maroc. Ainsi, nous avons
prospecté 208 <douars ou dsar> (Fig3), dans lesquels nous avons mené des entretiens avec
des agriculteurs.

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Figure3: Carte de localisation des sites de prospection au nord du Maroc

De point de vue cadre physique et géographique, il s’agit d’une unité intensément morcelée
composée par la juxtaposition de compartiments contrastés sur le plan du relief, de la lithologie
et la structure. La région est très humide et qu’elle reçoit les plus abondantes du pays (>1000
MM), quoiqu’on puisse observer une diminution des précipitation en direction du littoral
méditerranée et vers l’est (1,191 MM à Bab Berred, 1,542 mm à ketama et 419 MM à
targuiste).sur le plan sociodemographique, la population du rif est constitué par une mosaïque
de composantes qui a donné naissance à trois groupes ethnique principaux (Jbala, Ghomara et
Zenate)

b) Diversité des types de figuier


Du point de vue de la diversité des types nommés, le figuier correspond au fruitier qui
présente la plus grande diversité observée avec 133 types nommées recensées correspondant
à 122 génotypes. Le processus classificatoire des figuiers par les différents groupes culturels
rifains (Jbala, Ghomara et Zénètes) montre une tendance à les différencier en fonction de
critères agronomiques, morphologiques, symboliques, d’origine et de commercialisation. Cette
grande diversité est liée au fait que du point de vue social, le figuier tient une place importante
dans l’alimentation et l’économie familiale et a une grande valeur patrimoniale. La diversité des
nomenclatures, pratiques, représentations et savoir autour de cette culture montrent clairement
un lien avec la diversité variétale trouvée. L’approche ethnobotanique déjà réalisée a accordé
un intérêt particulier aux nomenclatures et aux classifications populaires.

c) La nomenclature de figuiers dans le Rif


Dans la majorité du territoire rifain, le figuier est appelé szar, ce qui signifie en arabe
Marocain <arbre >. Dans d’autres régions arabophone du Maroc, le figuier est nommé plutôt
Karmus au karmaqui veulent dire respectivement figue et figuier en arabe marocain. Dans le
territoire amazirghophone de notre aire d’étude, le mot tazart désigne indistinctement le fruit et
l’arbre. Cependant szar renvoie aux arbres de manière générale et à leur origine sylvestre.

Concernant sa répartition dans l’espace, le figuier est omniprésent, à côté des maisons,
on trouve les variétés préférées pour la consommation familiale, généralement ce sont des
variétés bifères, c’est-à-dire portant une production de figues fleurs parthénocarpiques,

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dénommée bakor, au printemps et une production de figues d’automne parthénocarpique ou
non-parthénocarpique dénommée Karmus.

Alors que dans les champs et les vergers, on trouve les autres types de variétés de figuier.

d) Le rôle économique et socioculturel


La filière du figuier à Taounate, un secteur à fort potentiel, joue un rôle capital dans le
développement économique de la région et l’amélioration des conditions de vie de la population
locale grâce notamment a la mise ne place de la coopérative agricole a Taounate.

Le ministère de l’Agriculture et de la pêche maritime a mis en place une stratégie afin de


développer la filière du figuier et augmenter la production et la qualité, a indiqué à la MAP, le
chargé des projets des arbres fruitiers à la direction provinciale d’Agriculture (DPA), Cette
stratégie , a-t-il expliqué, est basée sur l’extension de la superficie plantée et l’introduction de
variétés caractérisées par une productivité élevée au niveau de la quantité et de la qualité ,
outre le soutien des investissements en la matière , la modernisation du secteur et sa
valorisation , ajoutant qu’elle se base aussi sur l’agrégation , l’appui des organisations
professionnelles et le renforcement de la compétitivité du secteur afin de faire face aux
exigences du marché intérieur et extérieur.

Pour la province de Taounate, une enveloppe budgétaire de 4,413 millions DH a été


allouée à l’élargissement de la superficie plantée en figues sur 2.100 hectares. Sont prévues
également, la création de dix unités modernes de séchage et la mise en place d’autres
initiatives locales au profit des communes rurales.

Le secteur contribue aussi bien à l’amélioration des conditions de vie de la population locale
grâce notamment à la mise ne place de coopératives agricoles à Taounate. Un projet pilote
dédié à l'intégration des femmes dans le développement économique a été créé dans le cadre
du Millennium Challenge Account. Axé sur le développement de la filière à Sidi El Mekhfi et les
communes avoisinantes, le projet prévoit la construction d’une unité moderne de séchage et
l’encadrement et la formation des femmes dans le domaine

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2) Caprification de figuiers
La figue est un fruit pour le marchand de quatre saisons comme pour le convive à table
parce qu'elle se récolte comme une pomme et comme elle, elle est sucrée. Pour le biologiste
c'est une inflorescence creuse dans laquelle les fleurs se développent et donnent après
fécondation de minuscules akènes.

En fait, il existe dans les populations de Figuiers (Ficus carica L.) deux sortes de figuiers :
les figuiers mâles ou Caprifiguiers qui ne donnent pas de figues comestibles et les figuiers
femelles ou figuiers domestiques qui donnent des figues comestibles mais pas toujours.

Figure4: Fleurs femelles à style long. Figure5: Mise en évidence d'une fleur femelle parmi
d'autres.

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Figure6: Photographie à plus fort grossissement. Figure7: Par contre chez le Caprifiguier la morphologie
la longueur du style ne permet pas au Blastophaga des fleurs femelles du Caprifiguier est compatible avec le
déposer un œuf dépôt d'un œuf du Blastophaga

Figure8: Coupe longitudinale axiale d'une figue Figure9: La figue a été fragmentée pour les besoins de
au niveau de l'opercule dune figue de caprifiguier la prise de vue. Présence de deux Blastophaga femelles

Figure10: Les deux insectes ont été déformés suite à leur Figure11:Branche de Figuier avec jeunes figues.
entrée dans la figue et aussi suite à la dissection de la figue

a) La reproduction sexuée
L’espèce Figuier a une reproduction sexuée complexe Dans le sud, autour de la méditerranée,
(Europe, Asie et Afrique du Nord) chaque pied de Figuier produit, à trois moments de l’année des
bourgeons floraux qui peuvent se développer en figue. Ainsi apparaissent :

 des figues de fin d’été, mûres au printemps,

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 des figues d’automne, mûres à la fin du printemps
 des figues de printemps, mûres en été.

Ces populations de Figuiers comportent deux types de pieds :

 Les uns, appelés « Caprifiguiers » portent des inflorescences (les figues) ayant des fleurs
unisexuées des deux sexes. Les fleurs mâles sont réparties autour de l'ostiole. Les fleurs femelles
arrivent à maturité avant les fleurs mâles. Il ne peut y avoir d'autofécondation.
 Les autres types de pieds portent des inflorescences ne comportant que des fleurs femelles.

Comme les fleurs sont enfermées dans la figue et que l'entrée (l'ostiole) de celle ci est protégée par des
écailles qui se recouvrent, il ne peut y avoir de pollinisation par le vent.

b) Biologie florale

Le figuier commun (Ficus carica L,) est une espèce constituée d'arbres mâles (capriIfiguier) et
d'arbres femelles, Cette dioïecité qui n'est pas ancestrale chez le figuier (probablement apparue plus tard
que la monoïecité) est particulière à cette espècedu fait que sur le plan morphologiqueles deux types
d'arbres contiennent des inflorescences hermaphrodites, Les inflorescences du caprifiguier ont le double
rôle d'assurer la reproduction de l'insecte pollinisateur (Plastophaga psenses) et de fournir le
pollennécessaire à la fertilisation des fleurs de l'arbre femelle, Celles de l'arbre femelle sont destinées à
produire les fruits comestibles dont la présence des graines n'est pas toujours évidente.

c) Inflorescences
La figue ou sycone est une inflorescence dont les fleurs sont regroupées dans une structure en
forme d'urne qui n'est accessible que par une ouverture opposée au pédoncule, Cette constitution de
l'inflorescence fait que le transfert du pollen est effectué uniquement par l'insecte du blastophage qui vie
en symbiose avec les figues,

d) Fleurs
 Fleur mâle: Elle est constituée de C à Étamines au centre desquelles se trouve un

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Gynécée avorté, C'est donc une fleur morphologiquement hermaphrodite dont la fonction femelle
n'est pas assurée, Ce type de fleur existe aussi bien chez l'arbre mâle que celui femelle mais avec la
différence que chez l'arbre femelle les étamines ne portent jamais d'anthères ce qui les rend
fonctionnellement stériles,

 Fleur femelle : Elle est formée d'un périanthe de cinq pièces entourant un ovaire à ovule unique
surmonté d'un style unique se terminant par un stigmate, Ce type de fleur existe chez les arbres
mâle et femelle avec une différence au niveau de la longueur du style, Chez les individus femelles
le style est long (fleur longistylée) pendant qu'il est court (fleur brévistylée) chez les individus
mâles,

e) Biologie du pollinisateur
L'opération de la pollinisation est assurée par un insecte appelé le blastophage,
L'interaction entre la figue et son pollinisateur est peut être l'un des cas spéciaux les plus
connus dans l'opération de la pollinisation, Les deux évoluent simultanément de telle manière
que l'adule de l'insecte a besoin de déposer ses œœufs au moment où la figue est réceptive au
pollen, La forme de l'inflorescence chez le figuier constitue une barrière mécanique au transfert
du pollen; l'intervention d'un insecte spécifique est donc nécessaire , Le blastophage
(Blastophaga psenes) est un hyménoptère de petite taille (mm) et dont seule la femelle est
dotée d'ailes La reproduction de cet insecte se fait exclusivement à l'intérieur de la figue et
précisément à l'intérieur de l'ovaire, Après le dépôt des œufs dans la fleur femelle (brévistylée)
du caprifiguier par l'insecte grâce à son ovipositeur la larve se développe en se nourrissant sur
les parties florales en creusant une galle, Ainsi la larve se développe au détriment de la fleur,
Après deux mois l'insecte arrive au stade adulte, Le mâle qui est aptère sort le premier et
cherche activement la femelle dans d'autres fleurs de la même figue, Après l'accouplement le
mâle déchire la paroi de la galle et les bractées de l'ostiole pour permettre à la femelle
d'effectuer son envol, La femelle chargée de pollen et fécondée quitte la fleur à partir de
l'insertion du style et part à la recherche d'une figue réceptive, Chez l'arbre femelle l'insecte
pénètre dans la figue femelle la pollinose et meurt sans assurer sa reproduction, La nature
longue des styles (fleurs longistylées) ne permettent pas à l'insecte de déposer ses œufs, Il
s'agit là donc d'un conflit, L'arbre a besoin de l'insecte l'attire par des moyens d'attraction
chimiques pour assurer sa pollinisation et donc produire des graines mais ne lui permet pas de
faire sa ponte, Mais avec une phénologie décalée entre les deux types d'arbre (ils sont

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rarement réceptives en même temps) la dernière génération des insectes émergeante coïncide
avec la réceptivité des figues de l'arbre mâle ce qui lui permet de déposer ses œœufs et donc
assurer la continuité de son cycle, Ce décalage de la phénologie constitue donc une forme
d'adaptation pour perpétuer la symbiose entre l'insecte et cette espèce de figuier,

f) Cycle de l'insecte et de la figue

Les arbres mâles produisent des fruits discrets qui sont hôte de 2 ou 3 générations
d’insectes sans chevauchement au cours de l’année Le blastophage passe l'hiver dans les
figues retardées du caprifiguier (mammes) à l'état larvaire Ces larves reprennent leur
différenciation pour éclore vers le mois de Mai, En quittant les mammes où il n'y a pas de pollen
(les anthères ne sont pas développées) les femelles du blastophage pénètrent dans des figues
nouvellement formées sur le caprifiguier, Ces figues appelées profichissont les seules
réceptives en ce moment, Après un nouveau cycle les insectes femelles émergent en juin pour
entrer soit dans des figues femelles comestibles ou figues d'automne (les envols précoces) soit
dans des figues de caprifiguier (les envoles plus tardives) Les premières n'assurent que la
pollinisation (passivement) car la tentative de la ponte est ratée à cause de la longueur des
styles, Les deuxièmes par contre arrivent à déposer les œufs (style court), Les larves de cette
ponte vont passer l'hiver dans ces figues (mammes), Le cycle reprend, Ainsi l'étalement de la
floraison le long de l'année et la synchronisation intra I arbre des inflorescences permettent
respectivement la survie des populations de l'insecte pollinisateur et le transfert du pollen, Chez
l'arbre femelle les figues retardées peuvent se développer par parthénocarpie (le pollen n'est
pas disponible au moment de leur réceptivité) chez les variétés bifères ou avortés chez les
variétés unifères, Les figuesissues des bourgeons de l'année se développent à l'aisselle des
nouvelles feuilles et continuent à grossir jusqu' à la maturité (juilletIaoût), Ce sont les figues
d'automne, Chez le caprifiguier ces figues assez rares ne commencent leur développement que
vers la fin août pour se terminer en Mai , Ces fruits sont observables en hiver quand les feuilles
sont tombées, Cela fait une différence nette entre les deux sexes, Détermination de la figue
réceptive par l'insecteL'insecteen phase adulte âgé de jours doit être capable de repérer l'arbre
à visiter sur une distance de quelques dizaines de mètresmais doit aussi distinguer l'arbre
recherché par rapport aux arbres d'autres espèces, L'odorat et la vision sont les deux sens qui
interviennent dans l'opération de repérage, Des travaux ont mis en évidence l'existence de
substances volatiles qui émanent de l'ostiole et permettent d'attirer la femelle adulte de
l'insecte, La comparaison entre des extraits issus de la partie externe de la figuede la partie

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interne et de l'ostiole et l'extrait totala montré que ce dernier (extrait total) était le plus attractif
chez les deux types de figues, L'extrait interne était aussi attractif que’extrait total uniquement
chez la figue de l'arbre mâle, Il a été également démontré que la figue mâle est généralement
plus attractive que la femelle, Ceci pourrait être expliqué par l'évolution de l'adaptation plutôt
favorable à la survie de l'insecte, L'attraction par les produits volatilesest consacré à la
localisation de la figue réceptive à faible distance (moins de mètres) et pour la pénétration à
travers l'ostiole , L'insecte se pose sur la figue et parcourt la surface en tenant ses antennes et
sa tête dressées, Une fois l'évaluation faite et dans le cas où la figue est receptive l'insecte
descend ses antennes plus bas et avance à la recherche de l'ostiole, En entrant dans la figue
par cet dernier il perd ses antennes partiellement ou totalement, Dans le cas où il n'y a pas
réceptivité il part à la recherche d'un autre fruit plus réceptif, Un insecte ne peut visiter qu'une
seule figue et cette dernière peut être visiter par plus d'une femelle, La localisation de l'arbre à
des distances plus importantes par l'insecte est effectuée grâce à la vision, Il semble que la
couleur vert brillante de la figue au moment de la réceptivité joue un rôle dans ce sens,
L'attractivité de la figue est plus élevée au début de la période de réceptivité et commence à
diminuer pour décliner à la fin, Ce déclin de la réceptivité des figues femelles constituerait lui
aussi une adaptation pour que les insectes se dirigent davantage vers les figues mâles qui ont
une réceptivité
retardée par
rapport aux figues
femelles,

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Figure12: cycle de l’insecte et de la figue chez Ficus carica

g) Méthodes de pollinisation

Il est généralement admis que seules les figues pollinisées et donc qui ont des embryons viables
(variétés types smyrnes) peuvent être utilisées pour le séchage, La pollinisation est donc une opération
obligatoire dans les régions où ce type de culture est pratiqué à l'échelle commerciale, Deux
méthodes de pollinisation existent chez le figuier :

 Des fruits de caprifiguier sont accrochés sur les branches du figuier femelle à raison de plusieurs
dizaines au moment de la réceptivité qui dure deux à trios semaines , La période de réceptivité est
déterminée par la couleur des fruits, Ces derniers ont une couleur vert claire avant de virer vers un
vert sombre qui détermine la fin de la réceptivité,
 Des arbres de caprifiguier sont plantés au bord de la parcelle du côté du vent dominant, Le
blastophage en émergeant du caprifiguier effectue un envol à la recherche des figues réceptives,
Dans ce cas le problème de la distance entre les arbres mâles et ceux femelles peut se poser car
l'insecte a tendance à visiter les fruits les plus proches et la durée de vie de l'insecte adulte (jours
environ) limite cette distance à quelques mètres , Des arbres mâles peuvent aussi être éparpillés
dans le verger, Cette manière de faire est la plus adaptée aux zones où le climat trop sec ne permet
pas à l'insecte adulte de vivre assez longtemps (quelques heures), De ce fait elle ne peut visiter des
arbres relativement lointains,
 selon les génotypes le figuier commun peut produire une ou deux productions par an, Selon le cas
une figue peut exiger une pollinisation pour se développer et arriver à maturité ou se développer
grâce à la parthénocarpie, Les bourgeons de l'année précédente dont l'évolution a été bloquée
peuvent chuter ou reprendre leur croissance au printemps suivant pour atteindre la maturité au
moins de juin, Ces fruits n'étant pas pollinisés à cause de l'indisponibilité du pollen à l'époque de
leur réceptivité arrivent à maturité grâce à la parthénocarpie, Ce sont les figues fleurs, Les
bourgeons qui apparaissent à l'aisselle des feuilles évoluent en fruit au cours de la même année

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pour arriver à maturité en été, Ce sont les figues d'automne , La production de ces figues peut être
tributaire de la pollinisation ou non,

3) Domestication
Il est généralement admis que le figuier a été domestiqué au Proche-Orient il y a environ 6500
ans. Nous rapportons ici la découverte de neuf fruits de figue carbonisés et de centaines de drupelets
stockés à Gilgal I, un village néolithique ancien, situé dans la vallée du bas Jourdain, qui remonte à
11 400 à 11 200 ans. Nous suggérons que ces fruits comestibles ont été récoltés à partir d'arbres
parthénocarpiques issus de branches plantées intentionnellement. Par conséquent, les figuiers
auraient pu être la première plante domestiquée de la révolution néolithique, qui a précédé la
domestication des céréales d'environ mille ans.

Une différenciation génétique significative entre la Méditerranée occidentale et la


Méditerranée orientale reflète probablement également une diversification de la figue
commune sur le bassin méditerranéen précédant la domestication.

En revanche, les populations insulaires italiennes semblent résulter de l'introduction de


figues cultivées car elles présentent des haplotypes continentaux. Notre étude représente
une première enquête sur le polymorphisme de l'ADNmt et ces indications devraient être
confirmées par l'analyse des formes cultivées locales des Baléares et des îles italiennes et
d'autres populations naturelles de la Méditerranée orientale.

 Facilement bouturable

Dans leur étude, les scientifiques ont constaté la présence de restes de figues qui se
développent sans pollinisation (parthénocarpiques) et possèdent des graines vides ne
contenant pas d'embryon de figuier. Cette découverte implique sans doute que le figuier
était cultivé. «Sur un figuier sauvage, quand la figue n'est pas pollinisée, elle tombe. Et
quand les figues mûrissent sans pollinisation, cela veut dire que l'arbre a été domestiqué.

Le figuier se bouture facilement dans la nature ; C'est cela qui a certainement intéressé
les premiers agriculteurs. Ces derniers ont sélectionné les espèces de manière
inconsciente, simplement parce que les fruits mûrissaient dans les zones qui manquaient de
blastophages. Il est fort possible que les premiers producteurs de fruits du néolithique aient

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constaté que certaines formes étaient meilleures que d'autres. Et que c'était celles-là qu'il
fallait cultiver. Parce qu'ils utilisaient sûrement déjà avec plaisir le fruit séché, un fruit très
nutritif qui se conservait, se transportait et se monnayait facilement.

II. Résultat et discussion


Nous soutenons ici que la diversité intraspécifique de la figue est un développement des
agroécosystèmes du Rif et joue un role de nombreuses dimensions de la vie sociale,
économique et religieuse. Il structure le système pastoral agro-sylvo de cette région, et est
important pour l'alimentation des ménages et le fourrage être une source importante de
revenus grâce au commerce des figues sèches. À la suite de Garibaldi et Turner (2004), en
raison de sa plusieurs rôles sociaux, culturels et économiques que nous considérons; Ficus
carica une espèce culturelle clé de voûte. La diversité a été maintenue dans une large
mesure malgré la effets négatifs de l'expansion de la culture du cannabis sur l'agrodiversité
dans le Rif (Hmimsa 2009). Le haut niveau de diversité intraspécifique, la complexité du
système de dénomination des variétés de figues et de la classification associé à des
niveaux socio-culturels et économiques élevés les valeurs contrastent avec un niveau de
diversité des olives beaucoup plus faible (seulement sept variétés locales, Hmimsa et Ater
2008) dans mêmes agroécosystèmes dans le Rif. Ce faible niveau de diversité, associée à
l'existence d'un clone, le Picholine marocaine, qui domine dans tout le Maroc (Khadari et al.
2008b), peut être lié aux gouvernements agricoles politiques, du moins depuis la période du
protectorat français (1912–1956) (données non publiées d'Aumeeruddy-Thomas), qui ont
favorisé les plantations d'oliviers et la production d'huile d'olive pour l'exportation. La culture
de la figue n'a cependant jamais été encouragée par politique culturelle, probablement en
raison de la difficulté de developer le commerce des figues fraîches, ce qui aurait pu
contribuer au maintien d'une diversité intraspécifique très localisée. Simi- l’utilisation de
nombreux synonymes (noms différents pour un meme morphotype) peut être attribuée au
faible niveau de longs échanges commerciaux. Un système de nommage binaire basé sur
la différence de couleur; le commerce des figues sèches noires et blanches est utilisé pour
le commerce, quels que soient les noms de variétés fraîches, à l'exception de quelques
varieties qui ont une large réputation.

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Le nombre de synonymes pour la même variété reflète la fait que les clones de figues
d'un patrilignage particulier ont tendance à être conservés sur son territoire. Gestion
patrimoniale clonale plantes multipliées a été mise en évidence par d’autres auteurs relation
avec les tubercules (Caillon et al. 2006; Emperaire et Peroni 2007; Heckler et Zent 2008).

Un processus socioculturel qui sous-tend la forte schéma de diversification localisé au


Maroc décrit par Achtak et al. (2010). Cependant, cet intérêt à maintenir les variétés
héritées n'éliminent pas les processus innovants (incorporation de variétés issues
d'événements mutationnels ou d'autres régions), montrant ainsi le grand intérêt des
agriculteurs à la diversité. La tension créée entre la conservation du local patrimoine et la
capacité des agriculteurs à incorporer des varieties ailleurs est au centre des processus de
diversification. Un large éventail d'attributs de couleur de fruits frais (5 à 6 différentes
couleurs) est utilisé pour distinguer les variétés de figues. Les attributs de couleur forment
des termes de base pour nommer les variétés ou déterminants attachés à un terme de base
non motivé d'un variété donnée. Comme discuté dans de nombreuses études (par exemple,
Benz et al. 2007; Gibson 2009), la couleur est l'une des plus importantes caractéristiques
permettant aux agriculteurs de distinguer les races faciliter leur entretien et leur
transmission grâce à des pratiques de propagation spécifiques. En plus des attributs de
couleur, notre enquête a montré que le système de nommage couvre une diversité de
domaines lexicaux.

Les variétés de figuiers nommées d'après leur lieu d'origine sont également considéré
comme local. Nous voyons ici une analogie construite localement de l'incorporation de
personnes pour former le territoire actuel groupes sociaux avec des variétés de figuiers,
tous deux originaires d'un autre endroit ainsi que d'avoir une identité locale. Cette
importance particulière accordée aux frontières dans la formation de l'identité ainsi que
l’environnement et les paysages ont également été éclairé par Simenel (2010) sur les
communautés berbères du sud du Maroc. Un lexème motivé est un label avec un sens
précis. La non-motivation, au contraire, indique soit une perte lexicale (Hill et al. 2003), soit
des noms ont été empruntés à d'autres endroits et qui ne

Avoir un sens localement. Mouvements de personnes, d'une part, et des variétés de


figuiers, d'autre part, peuvent en partie expliquer catégories non motivées. Variétés de
figues individuelles recombinantes propagées par boutures sont nommées nabout, «semis

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spontané» (Aumeeruddy-Thomas 2010). Cela suggère leur récente société dans le
portefeuille de variétés reproduites par propagation propagative, qui est généralement
utilisée pour d'autres arbres comme l’olivier et le châtaignier, et une diversification en cours
processus de fication à partir d'une sélection de semis similaire à celle décrit par McKey et
al. (2010) pour d'autres propagations clonales plantes ed. La biologie complexe du dioïque
Ficus carica et sa co-évolution avec un insecte pollinisateur spécifique (Kjellberg et Al.
1987) forment également la base de la classification locale complexe système d’information,
ajoutant ainsi à la diversité variétale globale. L’existence de variétés à double récolte,
parthénocarpiques et non variétés parthénocarpiques, résultant d'une sélection à long terme
processus de domestication (Zohary et Hopf 2000) constitue un autre niveau de complexité
et d’opportunité maintenir les variations.

La diversité intraspécifique est résultat de l’incorporation de variétés issues de mutations


somatiques sur les variétés existantes, incorporation de nouvelles variétés issues de la
recombinaison sexuelle, cumulables variétés du patrimoine et de la transmission ainsi que
des

Variétés d’autres localités. Bien que ces pratiques tendent vers une augmentation de la
diversité dans le temps, notre recherche montre également que certaines variétés
anciennes et renommées peuvent devenir rares parce que les agriculteurs préfèrent les
variétés qui ont une valeur spéciale. Variations entre les portefeuilles de variétés des
agriculteurs suggèrent l’importance des préférences interfamiliales et des préférences
individuelles pour façonner la diversité. L’analyse des variations villageoises montrent qu'au-
delà du discours sur l’importance des variétés transférées par les ancêtres, les agriculteurs
cultiver des variétés de valeur plus intensive. Perte potentielle variétés traditionnelles en
raison des exigences du marché modern met en évidence l'importance de développer la
conservation in situ approches qui concilient les exigences économiques des agriculteurs et
leur désir d'innovation avec l'importance du maintien des variétés patrimoniales.

Tous les figuiers ne donnent pas des fruits comestibles; Certaines variétés (dites de type
commun) sont autofertiles et peuvent fructifier sans besoin de pollinisation. D'autres variétés
ne pourront fructifier qu'après intervention du blastophage.

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III. Conclusion
Le figuier est considéré comme représentatif de l’arboriculture fruitière dans les
agroécosystèmes traditionnels du Rif, sans oublier sa valeur patrimoniale et sociale. D’une
manière générale, différentes études ont souligné que la gestion de la diversité variétale par
les agriculteurs est directement influencée par des facteurs sociaux, économiques, culturels
et écologiques. Dans ce sens, nos travaux portant sur les liens cultivés - spontanés ont
montré que lorsqu’il s’agit d’un figuier ou d’un caprifiguier, le spontané présente une des
caractéristiques de transmission et d’héritage identique. Il a poussé sans intervention
humaine, mais cela ne l’empêche pas de devenir un bien arboricole comme les autres
faisant de ce spontané un produit social et non naturel. Son lien profond au domaine du
sacré, rajoute en outre une dimension culturelle forte à ce spontané, car fondé sur des
croyances qui relie les hommes à leur territoires, par le biais de la bénédiction divine ou
baraka. L’agriculteur peut maintenir la variété spontanée quand elle donne un fruit de bonne
qualité, la greffer ou l’éliminer. Un acte qu’on peut inscrire comme étant la base d’une
pratique qui fait partie du processus de domestication par recrutement de nouveaux
morphotypes qui par le biais des croisements et de la multiplication sexuée présentent un
nouveau génotype. Le statut de spontané peut changer pour évoluer vers le cultivé suite à
l’intérêt manifesté par l’agriculteur et les pratiques qu’il exercera sur le spontané. En effet,
dès que le gens commencent à le consommer, à lui accorder de l’intérêt et du temps pour le
tailler, le bouturer et le replanter, il peut être considéré comme une variété à part et les
agriculteurs le citent parmi les variétés de figuier qu’ils ont dans leurs vergers. Sans doute,
pourrions-nous parler aussi d’une réappropriation d’échappées de culture nābūt qui
correspond au processus de sélection qui a pu au cours du temps représenter une
approche de domestication du figuier.

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