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Groupe de renseignements et d'exploitation

Le Groupe de renseignements et d'exploitation (GRE) est


un service spécial créé par les services secrets français en
Groupe de renseignements
1957 pendant la guerre d'Algérie, chargé de rechercher des et d'exploitation
renseignements et de détruire les cellules que le FLN créait Situation
dans Alger.
Création 1957
Dissolution 1962

Sommaire Type Renseignement


Retournement
Organisation Infiltration

Opérations connues Siège 21, rue Emile


Maupas,
La bataille d'Alger
Basse Casbah.
Crise de mai 1958 Alger
Infiltration de la Wilaya III du colonel Algérie
Amirouche par le GRE Organisation
Notes et références Effectifs 300
Voir aussi Dirigeant Colonel Godard
Articles connexes Capitaine Léger
Liens externes Organisations
SDECE
Bibliographie affiliées

Organisation
Le GRE comprend trois secteurs :

1. Le service renseignements avec soixante-dix agents ;


2. Le service d'exploitation ;
3. Le service organisation des populations dirigé par le capitaine Allain. Les deux premiers
secteurs sont à l'origine des opérations du type « bleuite ».

Avec l'accord du colonel Godard, le capitaine Paul-Alain Léger, formé par le SAS britannique et ancien
commando en Indochine, agent du SDECE, décide de mettre sur pied une structure originale qu'il baptise
Groupe de renseignements et d'exploitation (GRE), dont le but consiste à pénétrer l'organigramme de la zone
autonome d'Alger (ZAA) pour mieux la détruire. À ses côtés deux adjoints anciens d'Indochine : le sergent-
chef Barjoux et Abdelaziz Abdelhami surnommé Surcouf, assistés de Hacène Guendriche, alias Zerrouk
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(alias Safi, alias Basile) , retourné (ex chef de la région 3 de la ZAA et ami de Yacef Saadi) , Farès,
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Saidoun Said, Khouas Boualem, Alilou, Boutanna, Hani Ahmed alias Si Saddek et Bob

Le PC du GRE se trouvait au palais Bruce, 21 rue Émile Maupas dans la basse Casbah, siège du secteur
Alger Sahel où le colonel Godard coordonnait l'action des parachutistes engagés dans la bataille d'Alger.
Au début il ne dispose que de très maigres moyens matériels, il recrute dans la quasi-clandestinité ses
« employés », main-d'œuvre permanente ou agents, ces derniers des deux sexes, parmi les volontaires mais
surtout parmi les « repentis » de l'organisation FLN. Ses relations amicales avec les officiers de
renseignement des régiments parachutistes et la direction du camp d'internement de Beni Messous lui
fournissent progressivement le personnel nécessaire à son projet. Il habille de bleus de mécaniciens certains
de ses hommes qui ne sont ni militaires réguliers ni même supplétifs (ce sont seulement des volontaires à sa
discrétion). Ils l'accompagnent dans diverses missions, participant à visage découvert aux actions
entreprises. Très vite, ils vont devenir pour la population musulmane les « bleus de chauffe » ou simplement
les « bleus », craints par ceux du FLN. La première préoccupation du chef du GRE est d'infiltrer un ou
plusieurs de ses agents dans l'organisation clandestine de l'adversaire. La détermination et l'astuce d'une de
ses premières recrues féminines lui permettent de réussir rapidement cette opération délicate qui aboutit à la
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récupération d'armes destinées au FLN, saisies dans une cache de la banlieue d'Alger

Opérations connues

La bataille d'Alger

Cependant, au début de juin 1957, sous la direction de Yacef Saadi, responsable FLN de la Zone autonome
d'Alger (ZAA), le terrorisme réapparaît en force dans l'agglomération. Aux arrêts d'autobus de la rue
Lelluch, des lampadaires piégés explosent dans les files d'attente, le drame se reproduit quelques jours plus
tard au casino de la Corniche. Les victimes sont des civils parmi lesquels beaucoup de femmes et d'enfants.
En juin marque la fin de la première phase de la bataille d'Alger de janvier à juin et le début de la seconde
qui se termine en octobre 1957. De janvier à juin le colonel Trinquier et le commandant Aussaresses
formaient le binôme chargé du renseignement auprès du général Massu. De juin à octobre, le colonel
Godard et le capitaine Léger prennent la suite, avec des méthodes différentes où l'infiltration prend le pas sur
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l'extorsion d'informations

En juillet, Léger et ses « bleus » interceptent des nouvelles livraisons d'armes, mais surtout, ils mettent la
main sur Amara Ali dit Alilou, principal agent de liaison de Yacef Saadi, qui est « retourné », puis incorporé
au GRE. En août les « bleus » s'attaquent aux groupes de choc, des jeunes à la solde du FLN qui tiennent la
Casbah et dont nombreux sont arrêtés et retournés. Après un véritable combat, Si Mourad et Ramel,
respectivement l'un responsable politico-militaire de la ZAA et l'autre chef du réseau bombes, sont tués au 5,
rue de l'impasse St-Vincent de Paul. L'infiltration dans le réseau de courriers de Yacef Saadi permet la
localisation de ce dernier, qui est capturé le 23 septembre, au 3, rue Caton. Abderrahmane Benhamida, le
commissaire politique de la Casbah, tombe aux mains des « bleus » en octobre. Puis c'est l'exécuteur du
FLN, Ali la Pointe qui, cerné avec ses complices au 5 rue des Abderames, son refuge, fut dynamité en partie
avec son propres dépôt d'explosifs le 9 octobre, mettant fin ainsi à la bataille d'Alger.

Crise de mai 1958

Lors des évènements consécutifs du 13 mai 1958, le GRE dont l'effectif s'est accru, comptant près de 300
Algériens, hommes et femmes activement ralliés à la cause l'Algérie française, va jouer un rôle important
dans les manifestations de fraternisation qui vont amener la population de la Casbah sur le forum d'Alger.
Non seulement le terrorisme a été totalement éradiqué dans Alger, mais toute l'implantation du FLN a, pour
le moment, disparu de l'agglomération et la sécurité des populations est restaurée.

L'action du GRE contre le FLN va donc se poursuivre à l'extérieur de la capitale, notamment en Kabylie
dans le secteur de Bordj Menaiel permettant l'arrestation et le retournement de Si Ahmed Sabri.
Infiltration de la Wilaya III du colonel Amirouche par le GRE

Depuis un certain temps Zohra Tadjer dite « Rosa » une militante FLN âgée de dix-huit ans arrêtée par le
GRE, propose ses services au capitaine Léger. Son ralliement et son empressement paraissant suspects,
durant son interrogatoire, Léger va faire croire à la jeune fille qu'il existait des agents infiltrés jusque dans
les cadres des maquis FLN. Au cours de ces séances d'intoxications il arrivait au capitaine de s'absenter
quelques instants, laissant trainer sur son bureau des fausses listes marquées du tampon SECRET émanant
prétendument de responsables FLN devenus correspondants ou agents du GRE. Rosa pouvait y lire les noms
des « informateurs » du capitaine. Effarée elle reconnut ceux des principaux chefs de la zone 1 en Wilaya
III. Il fallait à toute force prévenir le maquis du complot qui se tramait. Léger lui en laissa le loisir en la
libérant définitivement et comme il l'avait prévu, elle disparut. À son arrivée au maquis de la Wilaya III,
dirigée par le redoutable colonel Amirouche dit "le Loup de l'Akfadou", Rosa est immédiatement suspectée.
Elle se défendit en produisant les « preuves » de la trahison des militants et surtout des responsables FLN en
contact avec le GRE. Elle est malgré tout considérée comme un agent double car elle a été vue en
compagnie de Léger, questionnée et torturée en conséquence par le sanguinaire Mahyouz Hacène. Elle
avoue tout ce que ses tourmenteurs souhaitent entendre, quitte à en rajouter. Sa confession qui n'avait rien à
voir avec la réalité, ne devait trouver un terme qu'avec son exécution. Les interrogatoires des faux agents
dénoncés par Rosa déclenchent un effet boule de neige imprévisible : d'abord dans la Wilaya III du colonel
Amirouche qui se répercutera ensuite dans les wilayas voisines. Mahyouz Hacène écrira à Amirouche : "J'ai
découvert le complot dans ma zone mais il y a des ramifications dans toute la Wilaya et encore plus dans la
Wilaya IV. Il faut prendre les mesures et nous amputer de tous ces membres gangrénés sans quoi nous
crèverons...". Hacène fut chargé par son supérieur de poursuivre les enquêtes sur toute l'étendue de la
Wilaya.

En définitive, cette ultime opération d'intoxication aura des répercussions qui vont dépasser et de loin, tout
ce qu'on aurait pu prévoir... Un véritable virus de suspicion (qu'on baptisera plus tard la « bleuite », par
allusion au « bleu de chauffe »). Les arrestations, les dénonciations se multiplient en quelques mois. Les
interrogatoires sont si violents que dans beaucoup de cas les rapports officiels de la Wilaya III signaleront
une moyenne de six suspects sur dix « décédés en cours d'interrogatoires". À ce régime, les suspects
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racontent n'importe quoi et Amirouche se sent renforcé dans son espionnite

Les estimations concernant le nombre des liquidations varient entre 2 000 et 6 000 morts. Dans sa circulaire,
Amirouche précise que les traitres sont surtout des personnes instruites, intellectuels, étudiants, collégiens,
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médecins et enseignants

Notes et références
1. https://zaa-archives.com/membres-gre
2. https://zaa-archives.com/temoingnage-du-capitaine-leger-retournement-de-l-agent-double-
hacene-ghandriche-dit-safi-et-la-decouverte-de-la-cache-de-yacef-saadi-piste-04
3. "Capitaine Fleury: Outre Ghandriche, le FLN extérieur à Alger faisait confiance à Hani, dit
Amar, également retourné à notre profit."
4. https://www.nouvelobs.com/monde/les-50-ans-de-la-fin-de-la-guerre-d-
algerie/20120404.OBS5422/guerre-d-algerie-le-poison-de-la-bleuite.html: "A chaque
arrestation, la méthode du capitaine Léger est la même. Il se fait conduire dans la cellule du
prisonnier, sûr d'être torturé. Léger n'utilise pas ces méthodes. Il lui offre un café, une cigarette,
lui explique que le FLN a perdu la guerre depuis que les paras de Massu ont démantelé ses
réseaux pendant la bataille d'Alger, que ce conflit "est une guerre civile entre Français" et qu'il
peut éviter la prison, la gégène et la mort en travaillant du côté des futurs vainqueurs, avec le
GRE, avec lui.Le capitaine Léger, extraordinaire psychologue, sait trouver les mots pour
convaincre, ne force jamais l'adhésion mais écarte sans états d'âme ceux qu'il perçoit comme
irrécupérables. Et le plus souvent, la tactique fonctionne. Les anciens du FLN, rompus aux
méthodes de la clandestinité, vont se transformer en d'authentiques bleus, d'une fidélité
indéfectible à leur capitaine et d'une efficacité terrifiante envers leurs anciens camarades."
5. https://www.persee.fr/doc/xxs_0294-1759_1998_num_59_1_3775
6. http://www.fabriquedesens.net/La-bleuite-le-virus-anti-FLN
7. https://www.lemonde.fr/culture/article/2019/04/13/la-bleuite-guerre-parallele-d-
algerie_5449889_3246.html
8. The Barbary figs (Google books): "Amirouche, Aït Hamouda (1926–1959). Algerian military
leader during the war. A victim of the 'Bleuite', Amirouche grew convinced he was surrounded
by spies, and personally ordered the execution of thousands..."

Voir aussi

Articles connexes
Zone autonome d'Alger
Bleuite
Centre d'instruction à la pacification et à la contre-guérilla
Service de documentation extérieure et de contre-espionnage (SDECE)
Bureau d'études et liaison
Dispositif de protection urbaine
Dispositif opérationnel de protection

Liens externes
« La Bleuite ou l'art de la guerre (http://www.fabriquedesens.net/La-Bleuite-ou-l-art-de-la-gue
rre) », une émission de La Fabrique de l'histoire sur France Culture (19 février 2008)
Archives, sur le site de l'Institut national de l'audiovisuel :
« Arrestation de Yacef Saadi (http://www.ina.fr/video/CAF94073077/arrestation-yacef-s
aadi-voyage-max-lejeune-dans-le-departement-des-oasis-video.html) », journal télévisé
de 20 heures, 27 septembre 1957
« Explosion à la casbah d'Alger (http://www.ina.fr/histoire-et-conflits/decolonisation/vide
o/CAF94073079/explosion-a-la-casbah-d-alger.fr.html) », journal télévisé de 20 heures,
11 octobre 1957
https://www.lemonde.fr/culture/article/2019/04/13/la-bleuite-guerre-parallele-d-
algerie_5449889_3246.html
https://www.persee.fr/doc/xxs_0294-1759_1998_num_59_1_3775
https://www.algerie360.com/amirouche-la-bleuite-et-le-complot-des-officiers-libresmemoires-
doutre-tombe-de-si-mokrane-ait-mehdi/
https://www.nouvelobs.com/monde/les-50-ans-de-la-fin-de-la-guerre-d-
algerie/20120404.OBS5422/guerre-d-algerie-le-poison-de-la-bleuite.html
https://www.cairn.info/imaginaires-de-guerre--9782707143082-page-135.htm
https://zaa-archives.com/elimination-d-ali-la-pointe-hassiba-ben-bouali-mahoud-bouhamidi-
et-omar-yacef

Bibliographie
Paul-Alain Léger, Aux carrefours de la guerre, Paris, Albin Michel, coll. « Les Combattants »,
1983, 427 p. (ISBN 2-226-01764-X)
Maurice Faivre, Le renseignement dans la guerre d'Algérie, Panazol, Lavauzelle,
coll. « Renseignement, histoire et géopolitique », 2006, 355 p. (ISBN 2-7025-1314-X)
André-Roger Voisin, Intox et coups fourrés pendant la guerre d'Algérie : 1954-1962, Le
Coudray-Macouard, Cheminements, 2008, 186 p. (ISBN 978-2-84478-662-3)
Roger Faligot et Pascal Krop, La Piscine : Les services secrets français (1944-1984), Paris,
Le Seuil, coll. « L'Épreuve des faits », 1985, 426 p. (ISBN 978-2-02-008743-8 et 2-02-008743-X)
Gilbert Meynier, Histoire intérieure du FLN : 1954-1962, Paris, Fayard, 2002, 812 p.
(ISBN 2-213-61377-X)
Yves Courrière, La guerre d'Algérie, vol. III : L'heure des colonels, Paris, Librairie générale
française, coll. « Le Livre de poche » (no 3750), 1982, 730 p. (ISBN 2-253-00091-4)

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