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L’observation du tourisme Les principes fondamentaux

sur la Côte d’Azur • S’appuyer sur les enquêtes nationales si possible


• Appliquer les normes internationales
French Riviera Tourism Statistics • Mettre en place les enquêtes nécessaires
• Confrontation/croisement systématique des données
• Construction d’un système cohérent et autonome
Approche statistique • Vision dynamique : enquêtes permanentes avec
exploitation conjoncturelle
Applications

Workshop OMT – 19-20 février 2004 - Antibes

Les enquêtes régionales


La Côte d’Azur – French Riviera
Enquête « Visavion »
• 9,2 MILLIONS DE VISITEURS (+24H) Au départ de l’aéroport Nice-Côte d’Azur
• 5,2 MILLIONS DE SEJOURS ETRANGERS Échantillon représentatif 1000 passagers interviewés chaque mois
depuis 1989
• 68 MILLIONS DE NUITEES
• 160 000 LITS EN HEBERGEMENTS Questionnaire court / questionnaire long
COMMERCIAUX Base de données : 80 000 enregistrements
• 160 000 RESIDENCES SECONDAIRES
• CONSOMMATION TOURISTIQUE : Enquête « Visetran »
– 5 MILLIARDS D’EUROS Questionnaire auto-administré – clientèles étrangères
200 questionnaires exploitables chaque mois

Alpes-Maritimes et Principauté de Monaco

Le Système de Statistiques du Le Système Touriscope Côte d’Azur


Tourisme (SST) • Identification des segments les plus lourds en
nombre de visiteurs :
• Initié en 1984, soit 100 ans après la première vague de
touristes… avion = 23%
• Initiative et financement du Comité Régional du hôtels / résidences de tourisme = 56%
Tourisme Riviera Côte d’Azur • Enquêtes permanentes solides sur ces segments :
• En 2002 : Calcul et croisements des volumes de séjours
– 10 enquêtes permanentes
– 800 hébergements enquêtés
• Estimation/observation des durées de séjour et
– 13 000 interviews de visiteurs calcul des nuitées
– 7 conventions de partenariat : INSEE, Offices de tourisme, • Contrôle de validité avec d’autres sources et
Chambre de commerce…
ajustements

1
La production statistique
Extrapolation
• Des tableaux statistiques sur l’offre et la demande
• Enquêtes permanentes couvrent 72% du total
• Un dépliant chiffres clés et des dossiers annuels
des séjours
• Un classeur ‘Touriscope Côte d’Azur’
• 28% des séjours sont estimés à l’aide de ratios :
• Des études ponctuelles
– % de séjours avion
– % de séjours en hôtels • Un site web : www.touriscope.com
issus d’autres enquêtes visiteurs • Un tableau de bord ‘conjoncture’ : le Baromètre
tourisme

Origine : Grande Bretagne Grande-Bretagne


OBSERVATOIRE DU TOURISME DE LA CÔTE D'AZUR

Le marché britannique est le plus ancien et depuis 2001 le principal marché étranger de la Côte d'Azur, passé juste devant
l'Italie. I l représente plus de 1 million de séjours annuels, dont 500 000 dans l'hôtellerie. La "crise" du début de la décennie
90 est ainsi largement compensée et la tendance à long terme est très bonne. Les dépenses sont élevées.

HOTEL 600000
SEJOURS HOTELS
1500000
NUITEES HOTELS
500000
1200000

= 500 000 Intervalle 400000


900000

d’incertitude 300000
600000
200000

= 13 % 100000
300000

AVION 0 0
85 87 89 91 93 95 97 99 01 85 87 89 91 93 95 97 99 01

= 380 000 %
9
PART DE MARCHE COTE D'AZUR

Total si hôtel = 47 % Sur le total des nuitées hôtelières passées en France, les
7 britanniques en réalisent près de 8 % sur la Côte d'Azur. Si la
part captée a fortement baissé entre 86 et 92, elle
= 1 070 000
5 remonte depuis et a retrouvé en 2001 le niveau de 90.
PRES DE 8 % DES NUITEES
3
HOTELIERES EN FRANCE I l faut y voir un regain d'intérêt certain pour la région,
Total si avion = 40 % malgré la bonne diffusion nationale du flux, ainsi que la
1 demande supplémentaire générée par les compagnies
= 950 000 85 87 89 91 93 95 97 99 01 aériennes 'low cost'.

Bilans statistiques par pays d’origine

Le 20 du mois : résultats du mois précédent, tendances


sur l’année en cours
Reconstitution de la fréquentation
1070 000
GB/Irl.
séjours
GB/IRL. 85 86 87 88 89 90 91 92 93 94 95 96 97 98 99 00 01 02
extrapolés .(000)

SEJOURS 355 339 315 405 460 545 534 527 429 391 540 600 704 877 918 1071 1091 1070
NUIT EES 3503 3380 3115 3966 4177 5076 4785 4091 3909 4205 4954 4754 5378 6510 7016 7633 7693 7625

% des séj. hot. etr. 8,5 10,1 9,4 11,4 11,4 11,2 12,0 11,4 10,6 10,1 12,5 11,4 12,7 14,9 15,7 17,0 19,8 20,9
% des nuits. hot. et 11,1 13,0 12,1 14,0 14,4 14,4 13,0 12,1 12,7 12,5 12,6 11,8 13,2 15,0 16,2 17,4 20,1 21,9

SEJOURS HOT ELS 142 136 126 162 193 218 214 211 171 164 227 252 317 412 413 482 513 503

500 000
NUIT EES HOT EL 524 532 468 568 710 824 620 610 565 577 570 578 732 930 957 1154 1335 1388

SEJOURS RESID. 37 31 17 19 11 10 9 23 32 32 25 29
NUIT EES RESID. 227 243 143 144 126 116 126 183 217 207 208 209
séjours hôtels SEJOURS CAMP. 27 10 13 16 13 10 10 7 6 11 9 14 14
NUIT EES CAMP. 175 64 102 101 86 78 57 30 45 67 57 92 71

SEJOURS AVION 162 255 186 209 224 199 142 175 242 282 324 382 380 0

380 000 NUIT EES AVION


% séjours avion
2254
35
3333
47
1707
35
2081 2332 1765 1226 1589 1969 2116 2277 2438
40 52 51 26 29 34 32 35 36
2560
35
0
0

séjours avion Pour Hôtel Résidence et

Le taux de recours à l’avion et à l’hôtel varie beaucoup


selon les origines

2
Critiques sur les statistiques Éviter la surcapacité
Sont produites trop tard ! Too late ! Création nette de lits depuis 84 déduction faite des disparitions

Sont souvent incohérentes ! Inconsistent ! 40000 s urc a p a c i té

Ne disent pas clairement ce qu’il faut faire ou ne pas faire !


Do not tell what to do !
Ne donnent jamais le chiffre dont on a besoin ! 20000 Résid.

Never provide the needed figure !


Ne servent qu’à soutenir une décision déjà prise !
H ôte ls
Just support already made decisions ! 0
85 02
Portent sur le passé et non l’avenir ! T oute s réside nce s cla ssée s ou non

Always on past periods !

Le passé éclaire l’avenir… La crise de 1993


%
7000
2007 70
6000
60
5000
50
47,4 %
4000
40
3000
30
2000
20
1000
10
0
0
85 Séjours étrangers - projection 03
90 91 92 93
Occupation hôtelière annuelle

Evolution favorable de la saisonnalité


SST COTE D’AZUR :
Applications 1 800 000

1 500 000

Quels sont les vrais enjeux du tourisme de la destination ? 2003


1 200 000

900 000
Quelles variables spécifiques à mesurer ? 1993
600 000

300 000

0
J F M A M J J A S O N D

3
Moins d’1 nuit sur 2 en été Dépendance trop forte
PART DES ITALIENS DANS LA
FREQUENTATION ETRANGERE

35%
30%
50% 30%

25%

20%

15%

10%

5%

0%
93 03 85 87 89 91 93 95 97 99

Saisonnalité Affaires / Loisirs Occupation hôtelière par jour


Nuitées chambres 2003 100

600000 90

80
500000
70

400000 Loisirs 60

300000 50

40
200000
30

100000 20
Affaires
Moins
0 10
de 25%
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 0

Complémentarité des clientèles 3 communes = 65 %


Dispersion géographique
Part mensuelle des nuitées - 2003
40%

35%
Nice
30%
34%
25%
Grande-Bretagne

20% 161
com m unes
15%
35%
Cannes
10% 19%
Italie
5%
Antibes
0% Juan
J F M A M J J A S O N D 12%

4
Japonais = concentration %
Une région de nouveau attractive
SEJOURS DES JAPONAIS EN HOTELS
40

70 000 35 32% 26%


30
60 000 NICE
25
50 000
20
40 000
15 13%
30 000 10
20 000 5

10 000 0
89 91 93 95 97 99 01 03
0
ANTIBES CANNES LITT EST GRASSE MANDELIEU NICE LITT OUEST VENCE MONT MONACO
TAUX DE NOUVEAUX VISITEURS

Belges = dispersion Motivation loisirs


SEJOURS DES BELGES EN HOTELS

Activités
15 000 Détente,
sportives ou
NICE repos
autres
12 000 2% 70%
Just relax !
9 000

6 000
Visite de
3 000 sites,
tourisme
28%
0
ANTIBES CANNES LITT EST GRASSE MANDELIEU NICE LITT OUEST VENCE MONT MONACO

Faible renouvellement = danger ! Vieillissement de la clientèle


45%
Evolution des + 50 ans
1993
Nouveaux / First time 40%
13%
35%

30%

Déjà venus 25%


87%

20%
92 93 94 95 96 97 98 99 00 01 02 03

5
Age moyen : 42 ans Evolution de la dépense moyenne
46
Dépense par jour en euros / Average daily expenditure
180
160
44 140
120
100
42 80
60
40

40 20

92 93 94 95 96 97 98 99 00 01 02 03 0

1er séjour (First time) = Nice Les plus fortes dépenses


3 500 €
80%
D é p e n s e / s é jo ur ( pe r s t a y

T urq uie O
3 000 € LONGS visit e f amille- amis
B
J
60% 52% E
2 500 € C anad a A sie C
co ng rès hôt el T
co ng rès hôt el M
I
40% 2 000 € F
A
X
I
R
M
20% 1 500 € M o yen- Orient E
af f aires hôt el A
N
L
D
1 000 € E
0% M
E
500 €
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COURTS
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heb no n co mmercial
G

M
C

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Be

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M

on

0€
m

m
s
tre

rs

0€ 100 € 200 € 300 € 400 € 500 €


ho
Au

s
tre
Au

Dépense / jour (per day)

Les « revenants » se dispersent Les Turcs : « découverte » statistique !


40%
250 €
30%
30% 200 €
+ fortes dépenses par + faibles dépenses
jour par jour
150 €
20%
100 €
10% 50 €
0€
0%
as
n

ce
is

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n

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M

on

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m

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tre

rs

g
oc

el
ho
Au

Années 97 - 03
Pr

B
s
tre
Au

6
97% de + si visite casino Séjours de 4 nuits : + 75 %
300 000
Etrangers Français
150 €
250 000

120 €
200 000
132 €
+ 97 %
90 €
150 000

60 €
100 000
67 €
30 €
50 000

0€ 0
Non Oui
92 93 94 95 96 97 98 99 00 01 02 03

Dépense séjour/durée Séjours de 7 nuits : + 72 %


1 400
360 000

Etrangers Français
1 200
300 000

1 000
240 000

800
180 000
600

120 000
400

60 000
200

0 0

0 5 10 15 20 25 30 92 93 94 95 96 97 98 99 00 01 02 03

Durée en nuits / nights spent

Dépense jour/durée Eté au restaurant


350 95%

300

250

200
80%
150

100

50
65%
0
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10
0 5 10 15 20 25 30 Nuits

Durée en nuits / nights spent

7
Fait du shopping 37% de plus si visite musée
100 €

80 €
93 €
50%
60 €
68 €
+ 37 %
40 €

20 €

0%
0€
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 Non Oui

Nuits

55% de plus si shopping Eté à Monaco

125 € 30%

100 €

+ 55 % 99 €
75 €

50 €
64 €
0%
25 €
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10

0€ Nuits
Non Oui

Visité un musée ou un monument Conclusion

Un investissement à long terme et continu


Des statistiques fondamentales offre/demande

20%
Des statistiques utiles au marketing et à la stratégie
Adaptées aux particularités de la destination
Des étapes indispensables de validation-explication-
interprétation

0%
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10
Nuits

8
Table ronde :

Gestion de la destination
Côte d’Azur

Workshop OMT – 19-20 février 2004 - Antibes

9
ETUDE DE CAS : LA COTE D’AZUR

LE SYSTEME DE STATISTIQUES DU TOURISME :


APPROCHE STATISTIQUE ET APPLICATIONS

1. OBSERVATION DU TOURISME SUR LA COTE D’AZUR

2. LA COTE D’AZUR : UNE GRANDE REGION TOURISTIQUE

On peut présenter la Côte d’Azur comme une grande région touristique et l’une des plus
anciennes. Aujourd’hui, elle totalise plus de 9 millions de touristes, dont plus de 5 millions
d’étrangers. Si la Côte d’Azur était un pays indépendant, elle figurerait vers le 25e rang des
principaux pays récepteurs de touristes dans le monde.

La durée de séjour est assez élevée, et de ce fait le total des nuitées atteint 68 millions sur
l’année. En termes de structures, on dénombre 160 000 lits en hébergements commerciaux, et
autant de résidences secondaires.

Le tourisme est le moteur principal du développement économique et démographique de la Côte


d’Azur. On estime à environ 15% la part du PIB due au tourisme, et la consommation touristique
annuelle est supérieure à 5 milliards d’euros.

3. LE SST Côte d’Azur

Pour mesurer l’offre et la demande touristique, un Observatoire du tourisme a été mis en place en
1984. Cela faisait 100 ans que la région se passait de statistiques du tourisme, mais le tourisme
s’affirme comme une véritable industrie qui a besoin de chiffres et le CRT Riviera Côte d’Azur a
donc mis en œuvre un programme de travail sur les statistiques. Aujourd’hui le système s’appuie
sur une dizaine d’enquêtes permanentes auprès des hébergements et des visiteurs, soit environ
800 hébergements et 13 000 interviews de visiteurs chaque année. Le système repose aussi sur
un ensemble de conventions de partenariat, mais c’est l’Observatoire qui pilote l’ensemble des
travaux.

4. LES PRINCIPES FONDAMENTAUX

Pour construire ce SST, on a décidé de s’appuyer en partie sur les enquêtes nationales, avec 2
conditions : qu’elles soient permanentes et qu’elles permettent une exploitation régionalisée
satisfaisante. On a également adopté les normes internationales afin d’assurer aux statistiques un
niveau maximum de cohérence méthodologique avec les données internationales et nationales.

On a aussi mis en place des enquêtes complémentaires. Ces enquêtes sont nécessaires,
notamment en raison de l’importance de certains types de visiteurs dans la région, mais elles ne
font jamais double emploi, et elles sont structurées pour pouvoir produire éventuellement une
information à un niveau territorial infra-régional.

L’Observatoire travaille surtout à ce qu’il considère depuis le début comme le coeur de la


réussite du Système : la confrontation systématique de toutes les données produites par les
enquêtes, en croisant les données afin de parvenir peu à peu à une vision exhaustive et cohérente
de la demande touristique. Si des décalages importants apparaissent alors que le champ
d’observation est identique, on approfondit la recherche pour réduire les écarts.

Le dispositif mis en place permet une vision dynamique du tourisme, il s’agit d’un système
d’observation permanent, plutôt que de simples études ponctuelles qui ne permettent pas une
approche globale et une mise en évidence des évolutions. L’acquisition continue de nouvelles
données permet d’affiner la vision et de réviser régulièrement les données précédemment
produites.

5. LES ENQUETES REGIONALES

Plusieurs enquêtes ont été mises en place, dont les plus importantes sont : une enquête auprès des
visiteurs qui quittent la région par l’aéroport de Nice Côte d’Azur (Visavion), et une enquête
auto-administrée auprès des visiteurs étrangers (Visetran). Ces deux enquêtes, plus l’enquête
dans l’hôtellerie, forment les « piliers » de l’architecture du SST. S’y ajoutent diverses enquêtes
dans les hébergements non hôteliers, des enquêtes ponctuelles sur certains segments et une
collecte systématique de tous les chiffres disponibles qui touchent au tourisme (casinos, palais
des congrès, remontées mécaniques,...)

6. LE SYSTEME TOURISCOPE COTE D’AZUR

La 1re étape a été d’identifier les segments les plus lourds en nombre de visiteurs. La région a
deux particularités : un profil géographique excentré et une typologie de clientèle qui a permis à
l’aéroport de Nice de devenir un grand aéroport international, donc le segment avion est
important (24% des visiteurs), et, 2e particularité de la destination, la part très importante de
l’hôtellerie comme mode d’hébergement, et plus récemment des Résidences de tourisme.

On a donc développé des enquêtes solides sur ces segments en y concentrant une grande part des
moyens disponibles. La mesure de la demande française est également basée sur l’enquête
nationale « SDT Sofres ».

Les volumes de séjours totaux sont ensuite produits par extrapolation à l’aide de ratios, les
nuitées sont calculées sur la base de durées moyennes observées, on contrôle la cohérence de ces
chiffres et on procède aux ajustements nécessaires. Il s’agit donc parfois d’estimations, mais qui
restent cohérentes entre elles et donc l’imprécision est « contenue », ce qui semble préférable à
des statistiques réputées exactes mais qui divergent fortement d’une source à une autre. Une
estimation réaliste et cohérente vaut mieux qu’une mauvaise statistique publiée à la virgule près.

7. EXTRAPOLATION : ETAPE IMPORTANTE

Les enquêtes avion/hôtel permettent de dénombrer 72% du total des séjours, il reste donc 28% à
estimer par des ratios. L’extrapolation est effectuée à la fois à partir des volumes de séjours
« avion » et des volumes de séjours « hôtels », en fait une combinaison des deux. Il y a une
marge ou un intervalle d’incertitude mais les statistiques s’affinent quand on améliore le calcul
des ratios avion et hôtel.

8. UN EXEMPLE : LE MARCHE GRANDE BRETAGNE

L’exemple de la GB comme pays d’origine montre une estimation de 950 à 1070 000 séjours
selon les ratios utilisés, il y a une marge d’incertitude mais on arrive de la sorte à reconstituer
une fréquentation globale au départ de ce marché.
9. RECONSTITUTION DE LA FREQUENTATION PAR PAYS

La particularité du système est donc de reconstituer la fréquentation pays par pays, car les ratios
diffèrent sensiblement et les outils d’enquêtes peuvent aussi différer (ex de l’Italie, marché de
proximité, où l’avion est peu utilisé pour venir sur la Côte d’Azur).

La fréquentation de la Côte d’Azur par les Britanniques est estimée à plus d’1 million de séjours
Et de la même façon, par agrégation, on parvient à un total supérieur à 5 millions de séjours
étrangers. Ce total résulte de l’agrégation des volumes détaillés par pays, mais on peut retrouver
un total équivalent par d’autres sources, notamment l’enquête aux frontières nationales. C’est la
rencontre ou la réconciliation de ces totaux, par le bas et par le haut, éventuellement après
quelques ajustements, qui permet la production de données fiables et cohérentes.

10. LA PRODUCTION STATISTIQUE

L’ensemble des données, si elles entrent correctement dans le cadre de cohérence défini, fait
l’objet de publications, sous forme de bilans et de dossiers annuels, de tableaux statistiques
portant sur l’offre et la demande. L’ensemble de ces productions s’insère dans le classeur
« Touriscope Côte d’Azur » et rejoint le contenu du site internet du même nom
(www.touriscope.com).

11. EXEMPLE : LA FICHE MARCHE GRANDE BRETAGNE

Le marché d’origine constitue donc l’une des clés d’entrées principales des résultats du système,
car c’est souvent LE facteur discriminant principal pour ce qui est du comportement de la
clientèle. Chaque marché fait donc l’objet d’un traitement particulier.

12. LE BAROMETRE

Les enquêtes sont organisées de façon à pouvoir sortir les volumes essentiels (provisoires) dès le
15 du mois suivant, et le « Baromètre tourisme Côte d’Azur » paraît donc vers le 20 de chaque
mois depuis 1996, avec au recto les évolutions du mois et au verso la tendance depuis le début de
l’année comparée à l’année précédente.

13. CRITIQUES SOUVENT ENTENDUES SUR LES STATISTIQUES

sont produites trop tard : pas toujours puisque une exploitation rapide des données peut
s’organiser pour permettre de dresser un bilan 15 jours après la fin d’un mois par exemple

sont souvent incohérentes : c’est donc tout le travail des statisticiens de développer un système
cohérent et de valider les résultats avant de les diffuser

ne disent pas clairement ce qu’il faut faire ou ne pas faire : mais ce n’est pas leur rôle, elles
ne sont, comme le rappelle le thème de cet atelier, qu’une contribution, elles ne remplacent pas le
savoir faire mais elles peuvent éclairer le chemin

ne donnent jamais le chiffre dont on a besoin : cela semble vrai, même pour les statisticiens.
C’est pourquoi il faut produire des informations les plus détaillées possible, mais il faut aussi
s’entendre au départ sur les données les plus pertinentes et essentielles à produire. Et puis le
chiffre dont on n’a pas besoin aujourd’hui, peut-être paraîtra-t-il indispensable demain, or toute
donnée non collectée en son temps est définitivement perdue. Par ailleurs, le demandeur doit être
raisonnable : on n’arrivera jamais à produire des chiffres de fréquentation touristique d’une rue,
même si c’est la Promenade des Anglais ou les Champs Elysées.

ne servent qu’à soutenir une décision déjà prise : ou bien « on leur fait dire ce que l’on
veut » : c’est là un réel danger, et c’est bien pourquoi les producteurs de statistiques ne doivent
pas être directement les gestionnaires de la destination ni faire l’objet de censure ou de pression.

portent sur le passé et non l’avenir : on ne fait pas encore de statistiques sur l’avenir. Dans le
meilleur des cas, on parvient à réduire l’écart entre la collecte et la publication de résultats. Les
nouvelles technologies le permettront encore mieux (téléphones portables, comptages
automatiques). On peut anticiper l’avenir en s’intéressant aux taux de réservation, à la
consultation des sites internet, ou bien aux intentions de départ, mais ce sont des éléments de
prévision plus que des statistiques, et cela ne permet pas de produire des bilans aussi rigoureux
que sur le passé. Pourtant, même lorsqu’elles portent sur le passé ancien, les statistiques
s’avèrent tout à fait utilisables, car le passé éclaire parfois l’avenir. Voici d’ailleurs un exemple.

14. LE PASSE ECLAIRE L’AVENIR : PROJECTION DE TENDANCE SUR LA


FREQUENTATION ETRANGERE

Depuis 2001, la fréquentation étrangère de la région est sur une pente négative. La crise du 11
septembre n’est pas surmontée, mais ce sont surtout les facteurs économiques qui ont fait
plonger le tourisme dans un cycle de baisse. Néanmoins, l’analyse de la tendance et de
l’expérience du passé s’avère rassurante, et l’on peut tabler sur une reprise de la croissance dès
2005 et un nouveau record de fréquentation étrangère dès 2007. Cet exemple montre l’utilité des
séries anciennes et de la vision chronologique, c’est pourquoi il ne faut pas faire le procès des
statisticiens qui révisent régulièrement leurs séries. Une série révisée, c’est une série plus exacte,
et donc plus utile pour éclairer l’avenir.

15. LE SST COTE D’AZUR : APPLICATION

On peut à présent examiner comment les statistiques peuvent s’adapter aux besoins spécifiques
d’une destination.

En fait, il y a un fond commun d’informations indispensables à connaître, mais le


positionnement et les particularités d’une destination doivent s’analyser pour déterminer quelles
sont les informations spécifiques qui sont réellement utiles. En fait, pour faire un jeu de mots, les
variables peuvent varier.

Il est essentiel de bien identifier les vrais enjeux du tourisme spécifiques à la région, pour
produire des informations véritablement opérationnelles.

Par exemple, la situation n’est pas la même pour une destination « ancienne » ou nouvelle sur le
marché, pour une destination de court ou de long séjour, pour une destination dont la clientèle est
essentiellement nationale, régionale ou internationale, pour une destination assise sur un marché
fondamental ou bien plutôt multi-produits et multi-clientèles. Il faut donc identifier au préalable
ou le plus tôt possible dans le processus de construction du SST, les vrais enjeux du tourisme
régional.

Voici quelques questions à se poser concernant la destination :


• existe-t-il un conflit de priorité entre le tourisme et les autres secteurs ?
• le tourisme régional est-il trop dépendant d’un certain type de clientèle ?
• y a-t-il un vieillissement du produit ou un décalage avec les exigences de la clientèle ?
• la cohabitation des touristes avec la population résidente pose-t-elle un problème ?
• la rentabilité des structures commerciales touristiques est-elle insuffisante ?

c’est la réponse à de telles questions qui permet d’ajouter des variables spécifiques au tronc
commun des statistiques du tourisme et d’orienter le dispositif d’observation.

La réalité de l’offre et du positionnement de la région a donc des implications sur le système de


statistiques. Il doit être conçu pour mesurer les indices sensibles. Il n’est pas facile de produire
au sein d’un dispositif unique les informations descriptives fondamentales et dans le même
temps d’en extraire les informations réellement utiles au processus de prise de décision. C’est
donc un système qui est loin d’être figé mais s’efforce de suivre voire d’anticiper les besoins. Un
bon système statistique doit donc être à la fois stabilisé, pour permettre l’observation
d’évolutions et de tendances significatives, mais également évolutif, pour prendre en compte les
besoins stratégiques de la destination.

Quelles sont les données fondamentales qui doivent être produites ? On peut citer par exemple :
origine des clientèles (où aller les chercher ?)
motivation des clientèles (que leur proposer ?)
suivi quantitatif et qualitatif de l’offre hébergement (éviter sur-sous capacités)

16. EVITER LA SURCAPACITE

Il est important de connaître précisément la structure du parc d’hébergement et son évolution, et si


possible de l’anticiper. Il faut s’assurer que l’évolution de l’offre suit bien l’évolution prévisible de la
demande et contribue au renforcement du positionnement souhaité pour la destination.

A la fin des années 80, la Côte d’Azur a vu le nombre de projets de créations d’hébergements
exploser. Un recensement de tous ces projets avait alors abouti à la conclusion que si tous ces lits
supplémentaires étaient mis sur le marché, cela déstabiliserait complètement l’économie touristique
et aurait un fort impact sur les taux d’occupation.

Comme on le voit ici, c’est bien ce qui s’est produit : 30 000 lits nouveaux ont été ajoutés au parc en
quelques années seulement. Le résultat attendu s’est produit.

17. LA CRISE DE 1993

1993 a été une année noire où pour la première fois l’occupation annuelle est tombée au dessous de
50%. C’était une conséquence directe d’une situation de sur-capacité que l’on a vu venir mais pas pu
empêcher. C’est toutefois le rôle de l’appareil statistique d’anticiper ce genre d’évolution et d’alerter
les OGD le plus tôt possible.

De la même façon, si l’offre se réduit sensiblement sur un espace donné, il faut le mettre en évidence
et en envisager les conséquences. C’est le cas dans de nombreuses zones où les prix de l’immobilier
ont explosé et où la rentabilité insuffisante des structures touristiques risquent de les faire disparaître.
18. LA SAISONNALITE

La principale difficulté d’une destination est de parvenir à équilibrer sa fréquentation sur l’année.
Le système statistique doit donc s’attacher à produire les données de séjours et de nuitées par
période suffisamment courtes pour mettre en évidence la répartition temporelle des flux. La
plupart des enquêtes régionales devraient donc être structurées pour pouvoir produire des
données au minimum mensuelles.

Sur la Côte d’Azur, les progrès en matière de saisonnalité sont réels, même s’ils sont lents. La
Côte d’Azur a commencé par n’être qu’une destination hivernale, au tout début de l’ère du
tourisme, puis est devenue une destination avant tout balnéaire, estivale donc. Mais depuis une
trentaine d’année un rééquilibrage est intervenu et tout le travail de la destination a été de
générer ou favoriser un flux tout au long de l’année. Elle y parvient peu à peu, en travaillant sur
la mixité des marchés et des clientèles, selon les motifs affaires/loisirs, les origines de clientèles
et d’autres facteurs de complémentarité.

Voici l’évolution de la saisonnalité mensuelle entre 93 et 2003. On note que la pointe estivale est
demeurée inchangée, tandis que la fréquentation des autres mois a énormément progressé.

19. L’ETE NE DOMINE PLUS

Depuis 1995, moins de la moitié des nuitées ont lieu entre juin et septembre, et de ce fait la
notion de saison/hors saison n’a plus vraiment de sens.

20. IMPORTANCE DU TOURISME D’AFFAIRES

On doit beaucoup au tourisme d’affaires dans ce travail contre la saisonnalité. Les courbes de
nuitées mensuelles dans l’hôtellerie montrent bien que la saisonnalité du flux affaires (au sens
large) est presque exactement inverse de celui de flux loisirs.

21 . JOUER SUR LA DIVERSIFICATION DES ORIGINES

Travailler sur les marchés d’origine permet aussi d’équilibrer les flux sur l’année, car
l’échelonnement des départs diffère d’un pays émetteur à un autre. Les Italiens sont très présents
sur la Côte d’Azur en décembre et janvier et proportionnellement peu nombreux en Juillet. En
revanche les Britanniques sont présents toute l’année, mais relativement peu nombreux en Mai.
Il ne s’agit que d’un exemple, pour illustrer l’intérêt de mesurer la fréquentation par pays
d’origine et par mois et de travailler en priorité les marchés qui contribuent le mieux à remplir
les périodes où la demande est faible.

22. EVITER LES DEPENDANCES TROP FORTES

La diversification des marchés est un objectif permanent. Une destination a toujours intérêt à
dépendre le moins possible d’un seul ou de quelques marchés. Il faut mesurer cette dépendance
et réagir lorsqu’elle évolue négativement. Ainsi par exemple, entre 91 et 94, la fréquentation de
la Côte d’Azur a été trop dépendante du marché italien, qui a représenté à lui seul jusqu’à 30%
des nuitées étrangères. C’est le rôle des observatoires d’alerter les OGD sur de telles évolutions
indésirables.
L’analyse de la saisonnalité mensuelle ne suffit pas. En termes statistiques, on doit pouvoir
mieux faire.

23. ENCORE DES PROGRES A FAIRE

C’est ce que permet l’enquête nationale dans l’hôtellerie, qui peut produire des données
d’occupation hôtelière par jour. Et comme on le voit, sur la Côte d’Azur, une autre vision de la
saisonnalité apparaît quand on raisonne sur les données quotidiennes et non plus seulement
mensuelles.

Cette courbe des taux d’occupation par jour montre bien que la saisonnalité quotidienne est
encore très marquée. On compte plus de 60 jours où l’occupation est inférieure à 40% et même 5
jours à moins de 25%. Cette analyse nous fait donc aboutir à des conclusions radicalement
différentes.

On note au passage que l’unité de décompte est capitale et qu’une statistique peut en cacher une
autre. Cette prise de conscience, que certains jours dans l’année 80% des chambres sont
inoccupées, est une information qui peut fortement orienter l’action des OGD, par un effort accru
auprès des clientèles fréquentant la destination à ces périodes de l’année.

24. LA DIFFUSION SPATIALE

La diffusion spatiale de la fréquentation est également un axe de recherche qui débouche sur des
objectifs précis. Sur la Côte d’Azur, 3 communes sur un total de 164 regroupent à elles seules les
deux tiers de la fréquentation. A peine un visiteur sur 3 choisit une autre commune de séjour.

25. JAPONAIS = CONCENTRATION

L’analyse des lieux de séjour choisis par les différentes clientèles peut aider à choisir des cibles
particulières. Ainsi, les Japonais se concentrent à Nice et on ne peut pas vraiment compter sur ce
marché pour atteindre cet objectif.

26. BELGES = DISPERSION

En revanche les Belges se répartissent beaucoup mieux sur l’espace régional et ce marché
contribue mieux à atteindre cet objectif. Cette information est importante pour les OGD, mais
elle ne répond pas à la question : faut-il favoriser l’hébergement des visiteurs en dehors des
principales zones ? A priori, cette idée semble bonne, mais il faut tenir compte d’autres éléments.
Par exemple réfléchir à l’impact que cette meilleure diffusion spatiale peut avoir sur les
déplacements des visiteurs. Chercher à héberger les visiteurs en dehors des grands centres
d’accueil peut même s’avérer contre-productif à cause de l’accroissement des volumes de
déplacements de véhicules, dans une région déjà saturée sur le plan du trafic routier. Des études
d’impact sur le trafic seraient donc nécessaires afin de mesurer ce qui est réellement souhaitable
pour la destination.

27. FAIBLE RENOUVELLEMENT = DANGER


La Côte d’Azur est une destination ancienne et l’une des variables statistiques à suivre de près
est le taux de renouvellement de la clientèle. Les nouveaux clients d’aujourd’hui sont les clients
qui reviendront demain.

La part de nouvelle clientèle, réalisant un tout premier séjour , avait fortement chuté. En 93, ce
taux a atteint un niveau historiquement bas, à seulement 13% du total des visiteurs. Près de 9
séjours sur 10 étaient donc dus à des visiteurs connaissant déjà la destination. Comment
interpréter ce résultat ? Il peut apparaître comme un excellent indicateur de la capacité de la
destination à fidéliser sa clientèle. Mais ce faible taux peut aussi signifier que la destination
n’attire plus suffisamment de nouveaux clients, que son image est donc moins attractive, et
s’inquiéter des conséquences à long terme de ce fait. Les clientèles habituées de la région y
viennent et y reviennent souvent, mais il est important aussi de générer un flux de nouveaux
visiteurs.

28. UNE REGION DE NOUVEAU ATTRACTIVE

Depuis 10 ans, heureusement, la destination est parvenue à faire remonter ce taux, jusqu’à 32%
en 98. A présent le quart des séjours correspond à de nouveaux visiteurs et c’est un résultat
acceptable. Un modèle pourrait peut-être permettre d’estimer la fréquentation future de la région
en prenant en compte l’âge moyen des visiteurs, le nombre de séjours qu’ils effectuent en
moyenne, l’écart moyen entre deux séjours, le taux nouveaux visiteurs et le taux de retour
probable des visiteurs venus pour la première fois. Cette recherche reste à mener.

29. LE REPOS ET LA DETENTE

Il est essentiel de comprendre la motivation de cette nouvelle clientèle. Les distingos classiques
affaires/loisirs ne sont pas suffisants et il faut aller plus dans le détail. Les enquêtes différencient
donc parmi les visiteurs à motivation de loisirs ceux qui viennent pour se détendre et se reposer,
ceux qui viennent pour visiter et faire du tourisme, et ceux qui pratiquent des activités. De là est
ressorti le poids énorme des séjours effectués simplement pour se reposer ou se détendre. Il y a
donc une différence importante entre les séjours de vacances-loisirs (pour se reposer) et les
séjours de tourisme au sens strict (pour visiter) et la pratique d’activité n’est que très rarement la
raison du séjour. Cette information est capitale et peut aider à comprendre comment présenter la
destination dans sa communication, comme une région où il fait bon vivre, se reposer ou se
promener au soleil. Cela paraît simpliste, mais cette approche correspond bien à la motivation
réelle des clientèles.

30. VIEILLISSEMENT DE LA CLIENTELE

Renouveler la clientèle s’avère d’autant plus important quand on réalise que la clientèle de la
région correspond surtout aux tranches d’âges supérieures. On voit ici l’évolution en % des
visiteurs de plus de 50 ans, passés de 31% en 92 à près de 38% en 2001. Si cette évolution se
poursuivait, d’ici une quinzaine d’années la moitié de la clientèle de la Côte d’Azur aurait en
moyenne plus de 50 ans.

31. AGE MOYEN = 42 ANS

En 94, l’âge moyen de la clientèle a dépassé 44 ans, mais depuis, elle se stabilise autour de 42
ans. Cette réflexion a initié un groupe de réflexion et un plan de travail sur le tourisme jeune,
l’idée étant de rajeunir l’image de la destination, d’adapter les structures d’accueil à la demande
du tourisme des jeunes et à toucher cette cible en priorité.

32. 1ER SEJOUR = NICE

Attirer une clientèle nouvelle d’accord, mais comment ? Comme on le voit bien ici, c’est la ville
de Nice qui constitue vraiment la porte d’entrée de la région, et plus de la moitié des nouveaux
séjours y ont lieu. C’est une information importante pour le marketing.

33. LES REVENANTS SE DISPERSENT

En revanche, lorsqu’ils reviennent, ils se dispersent davantage, surtout vers Cannes et Antibes.
On comprend bien l’intérêt d’analyser les clientèles à la lumière de cette variable statistique : le
1er séjour. Cela permet d’adapter les stratégies à l’objectif de la destination : capter une nouvelle
clientèle, et certaines stations y parviennent mieux que d’autres et on doit donc se servir d’elles.

34. EVOLUTION DE LA DEPENSE MOYENNE

L’étude de la dépense moyenne par jour et par séjour est capitale. L’évolution a été très positive
ces dernières années, correspondant à une montée en puissance du segment haut de gamme.

On s’attache à repérer les segments de clientèles les plus rémunérateurs. Sur la Côte d’Azur,
l’espace est une denrée rare, le terrain est très cher et il faut donc chercher à optimiser le
rendement touristique. Il existe des produits d’hébergement pour absolument tous les budgets,
mais l’élévation qualitative du produit et du niveau de consommation par tête reste une priorité.

La raison en est qu’il s’agit d’une région où il existe une concurrence interne entre les secteurs
d’activité et un problème d’espace pour le logement des résidents. Ces facteurs pourraient à
terme repousser les structures touristiques, si elles n’étaient plus assez rentables, à la périphérie
des zones les plus attractives. Or le tourisme a besoin des meilleurs emplacements pour pouvoir
prospérer, avec pour ainsi dire la vue sur la mer. Pour qu’il les conserve, il faut donc une
élévation constante de la qualité et du niveau des prix praticables.

35. SEGMENTS LES PLUS REMUNERATEURS

Ce graphique représente bien la recherche des segments les plus rémunérateurs, en combinant
dépense par jour et par séjour. Les segments qui s’avèrent les plus rentables pour la destination
sont surtout les séjours pour congrès provenant des marchés éloignés : Canada, Moyen-Orient,
Amérique du Sud, car il s’agit d’une clientèle qui dépense beaucoup (du moins l’entreprise qui
les emploie) et si elle vient de loin elle a tendance à séjourner plus longtemps. Un congrès
asiatique ou canadien sur la Côte d’Azur s’avère donc beaucoup plus rentable qu’un séjour de
belge chez des amis.

36. LES TURCS : UNE DECOUVERTE STATISTIQUE !

Tous motifs confondus, les clientèles les plus dépensières sont, sans réelle surprise, les
Asiatiques, les Moyen Orientaux et les Américains. On a récemment découvert cependant une
autre origine qui se distingue nettement par sa dépense élevée : les Turcs. Ce marché a été très
peu travaillé et on pourrait dire qu’il s’agit là d’une « découverte » statistique. Comme quoi les
statistiques n’enfoncent pas que des portes ouvertes mais permettent quelquefois de révéler des
faits importants insoupçonnés.

37. LES CASINOS INFLUENT SUR LA DEPENSE

Plus évidente sera la constatation que la fréquentation des casinos est l’un des facteurs
d’augmentation de la dépense par jour les plus influents. Un visiteur qui a joué au casino a
dépensé en moyenne 97% de plus que les autres. Mais les pertes sont elles indiquées en dépenses
par les visiteurs malchanceux ? C’est une question intéressante pour le compte du tourisme…

La durée des séjours, et tout particulièrement les liens entre durée des séjours et niveau des
dépenses, constitue un champ de recherche très intéressant.

38. DEPENSE PAR SEJOUR SELON LA DUREE

La plupart des destinations travaillent à allonger la durée des séjours. Cela peut être un bon ou un
moins bon objectif selon la perspective dans laquelle on se place. Comme on le voit ici, la
dépense par séjour augmente normalement avec l’allongement du séjour. Un séjour d’une nuit
rapporte à la région 250 euros en moyenne, un séjour de 2 nuits près de 400 euros, etc… En fait,
la progression est rapide jusqu’à 5 nuits, mais ensuite la dépense par séjour n’augmente
quasiment plus que le visiteurs ait séjourné 5 nuits ou 9 nuits. Et même entre 10 et 20 nuits le
gain est assez marginal et peut être pas suffisant pour qu’on renforce le positionnement sur le
marché du long séjour. Dans une région plutôt saturée en termes de densité de trafic routier et
avec des difficultés certaines en matière de circulation et de stationnement routier, il n’est peut-
être pas intéressant de favoriser les clientèles occupant l’espace trois semaines si l’on peut
obtenir un rendement un peu inférieur seulement en seulement 5 ou 6 jours de présence.

39. DEPENSE PAR JOUR SELON LA DUREE

En allant plus loin, les visiteurs résolument les plus intéressants pour la destination, en termes de
recette unitaire, sont bien ceux qui séjournent une, deux ou trois nuits, qui dépensent plus de 150
euros/jour. La recette par jour tombe très vite ensuite et dès la 7e nuit on tombe au dessous de
100 euros, 2.5 fois moins que pour les visiteurs ne séjournant qu’une seule nuit.

Sachant cela, on interprètera différemment la baisse de la durée des séjours qui est observée
depuis plusieurs décennies. La durée moyenne des séjours est passée de dix nuits à 7 nuits en dix
ans, mais cette évolution moyenne n’est donc pas forcément négative, et de plus une moyenne
cache toujours beaucoup de choses, il faut vraiment se méfier des moyennes et surtout étudier ce
qu’elles cachent.

40. HAUSSE DES SEJOURS DE 4 NUITS

En termes de durée de séjour, le critère statistique courant est de compter les courts séjours
(jusqu’à 3 nuits) séparément des longs séjours (+ 3 nuits). L’expérience de la Côte d’Azur est
que cette approche ne suffit pas et qu’une unité de décompte plus fine s’impose. Pour preuve,
nous observons l’évolution positive la plus forte sur les séjours de 4 nuits, aussi bien par les
Français que par les Etrangers. Ces séjours sont normalement affectés à la catégorie des longs
séjours, mais ce sont les plus courts parmi les longs séjours et une valeur intermédiaire ou juste à
la limite d’un segment peut donc peser sur un résultat moyen de sorte que l’on risque de tirer de
mauvaises conclusions. Ce ne sont pas les longs séjours qui augmentent, mais on a une très forte
progression des séjours de 4 nuits. Les évolutions de la demande exigent parfois que l’on revoie
les nomenclatures ou bien les normes de regroupement, ou bien la manière de traiter
l’information.

41. HAUSSE DES SEJOURS DE 7 NUITS

Une autre tendance forte est le développement presque aussi fort observé sur les séjours de 7
nuits. Mais les séjours de 8-9 nuits n’augmentent pas. Ces informations fines sont capitales pour
la commercialisation de la destination. (elles montrent par exemple que des forfaits d’agences de
voyages de 4 ou de 7 nuits se vendraient nettement plus facilement que des forfaits de 5 ou de 10
nuits, ou encore que les hébergements auraient tout intérêt à proposer par exemple des tarifs
spéciaux sur des séjours de ce type, ou bien au contraire de faire un effort tarifaire important
pour la 5e ou la 8e nuit, celle qui se vend moins naturellement).

Faut-il favoriser les longs ou les courts séjours ? La question est délicate et stratégique. Le
rendement est meilleur dans le cas des séjours courts, mais comme on l’a vu l’un des enjeux
majeurs de la destination est de parvenir à mieux diffuser dans l’espace la consommation liée
aux séjours. Le problème, c’est que pour parvenir à ce résultat, il faut travailler sur les longs
séjours plutôt que sur les courts, même s’ils rapportent moins en consommation quotidienne.

42. RESTAURANT

Pour illustrer cela, on peut analyser le % de visiteurs à motivation « loisirs, vacances »


consommant tel ou tel produit ou telle ou telle activité. L’effet de ces consommations est
généralement positif car il contribue à répartir la dépense sur un ensemble plus vaste de produits
et sur un territoire plus large. En clair, le visiteur qui séjourne une nuit n’a guère d’occasion de
dépenser son argent, en dehors de ses transferts, de son hébergement et peut-être d’un ou deux
repas au restaurant.

C’est ce que l’on voit ici, où dès la 2ème nuit, plus de 80% des visiteurs « loisirs » consomment
au moins une fois dans un restaurant, et ce taux n’augmente presque plus ensuite, pour des
séjours plus longs.

43. SHOPPING

Concernant la pratique du shopping, il faut que le séjour dure au moins 3 nuits pour que dans un
cas sur deux, 50%, inclu e une dépense de shopping. Ensuite le taux augmente jusqu’à la 7e nuit,
mais guère plus au delà.

44. 55% DE PLUS SI SHOPPING

Or, comme on le voit ici, un séjour avec shopping rapporte à la région 55% de plus en moyenne
qu’un séjour sans shopping. Si l’on veut que la manne touristique irrigue mieux le tissu
commercial, les boutiques, il faut donc travailler sur les séjours de 3 à 7 nuits car si le séjour est
plus court, on n’a pas le temps ni l’occasion, et si le séjour est plus long, on n’a plus d’argent !
les courts séjours présentent donc l’avantage d’une dépense par jour plus forte, mais aussi un
inconvénient majeur, c’est qu’ils limitent grandement les possibilités de visite, d’activités et de
consommations diverses. Les visiteurs qui ne séjournent que 2 ou 3 nuits vont souvent se limiter
aux lieux de présence incontournables : aéroport, hébergement, restaurant à proximité,
éventuellement palais des congrès, … et ne seront pas disponibles pour une consommation de
produits et de services situés hors de leur parcours ou nécessitant plus de temps.

Si l’on veut optimiser la dépense et la présence touristique, il faudra donc tenir compte de tous
ces paramètres puis faire un choix stratégique. L’idée simpliste de départ : privilégier les
segments de clientèles à plus forte dép jour n’est donc pas nécessairement un bon choix
stratégique. Peut-être est-il plus efficace pour la destination de favoriser les segments moins
dépensiers par jour mais qui séjournent plus longtemps. Il faudra donc choisir entre meilleur
rendement par jour (logique de cherté de l’espace) ou bien logique de diffusion de la
consommation (longs séjours) ou bien un mix des deux.

45. MUSEES

Chaque type d’activité ou de consommation affiche un seuil différent. La visite à un musée ou un


monument, par exemple, concerne environ 1 vacancier sur 4. Mais il faut dépasser les 4 nuits
pour atteindre 20%.

Ce marché du tourisme culturel est d’ailleurs essentiel pour la Côte d’Azur. C’est une motivation
complémentaire importante et une composante de base de l’image touristique, mais il est difficile
de mesurer le tourisme culturel, faute de définition précise. Qu’est-ce qu’un séjour de tourisme
culturel ? Suffit-il d’avoir visité un ou deux musées pour pouvoir être considéré ainsi ? Il y a là
un problème de définition et de qualification de la clientèle qui pose problème pour sa mesure
statistique. On se limite à chiffrer les entrées dans les sites mais cela n’est pas suffisant. Il faudra
mieux faire à l’avenir ;

46. UNE CLIENTELE PLUS DEPENSIERE

Surtout qu’il s’agit d’une cible de clientèle très intéressante, pour sa dépense plus élevée (on
dépense 37% de plus si on a visité un musée, même si l’entrée est gratuite, cela n’a rien à voir) et
de plus il s’agit d’un facteur de diffusion spatiale de la fréquentation extrêmement puissant, car
les sites d’intérêt culturel se trouvent partout.

47. MONACO

Pour la Principauté de Monaco, dont on va parler en détail tout à l’heure, le marché des séjours
touristiques est double : il y a les visiteurs qui y séjournent et sont hébergés à Monaco, mais il y
a surtout, dix fois plus nombreux, les visiteurs de la journée. Mais comme le montre bien ce
graphique, il faut qu’un visiteur séjourne plus de 4 nuits sur la Côte d’Azur pour qu’il visite la
Principauté dans plus de 30% des cas. Ce seuil peut s’avérer tout à fait intéressant à connaître.
48. CONCLUSION

Ce petit tour d’horizon des applications possibles d’un système de statistiques régionales avait
pour ambition de démontrer l’utilité de la mesure statistique, par le biais d’enquêtes rigoureuses
et d’un investissement continu. Un bon système statistique doit produire deux types de données :
les statistiques « fondamentales » qui sont nécessaires à la construction du CST et à la
description standardisée de l’offre et de la demande, et deuxièmement, il doit produire aussi des
informations plus stratégiques ou utiles sur le plan marketing. Les choix doivent être faits en
liaison avec les OGD. Les statisticiens peuvent proposer par exemple des segmentations
pertinentes pour étudier la demande, mais ils ne peuvent pas décider d’eux-mêmes d’en faire des
cibles prioritaires. Il y a donc une collaboration à établir entre les deux niveaux.

Par ailleurs, la production de statistiques ne suffit pas, il faut également en assurer le tri, les
filtrer en fonction de leur fiabilité, de leur pertinence, de leur cohérence et de leur capacité à
éclairer ou au contraire à tromper. Il faut souvent expliquer comment lire la statistique, ce qu’elle
signifie et ce qu’elle ne signifie pas ou même ce qu’elle cache. Il faut ensuite passer à
l’interprétation et à la traduction en actions.

Si l’on a pu montrer que les statistiques ne sont pas des productions sèches, réductrices, passant
à côté de l’essentiel, arrivant trop tard et peu opérationnelles, on a fait un pas en avant. Peut-être
cela encouragera-t-il davantage d’OGD à davantage baser leur réflexion et leur action sur les
statistiques.

49. TABLE RONDE COTE D’AZUR