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Contrepoint Musical

Le terme de contrepoint est issu de l'expression "point contre point", qui ne veut rien dire d'autre que "note contre note",
mélodie contre mélodie. Le contrepoint est ainsi la technique musicale de création d'une ou plusieurs mélodies combinées à
une mélodie principale de départ.
En haut à gauche, contrepoint à deux voix
parallèles; au milieu, contrepoint oblique :
une voix en continu, une voix ascendante; à
droite, thème a contrario : une voix
ascendante, et une voix descendante. En
dessous, les trois voix d'un canon interprètent
une mélodie unique, avec des départs
successifs.
Les accords qui découlent de ces
différentes parties sont composés suivant les
règles du contrepoint qui veille à leur
cohérence, mais elles ne font pas l'objet d'une
prise de conscience et d'un développement
propre, ce qui est le fait de l'harmonie.
Plus ancien que la notion d'harmonie, le
contrepoint étudie la conduite des voix et les
rapports de leurs intervalles. Les deux
techniques, contrepoint et harmonie, se
complètent dans l'édification de toute
polyphonie.
Les civilisations les plus anciennes et les
plus "primitives" donnent des exemples de plusieurs parties musicales se déroulant en même temps. Cependant, il n'y a pas
entre celles-ci élaboration organisée, mais simple superposition de motifs individuels dont les rencontres sont fortuites. Le
contrepoint, à proprement parler, est un phénomène de la musique savante de l'Europe occidentale. Il apparaît en effet peu
après l'an mille et se développe jusqu'au XVIe siècle, surnommé "l'âge d'or de la polyphonie".
Au XVIIe siècle et au début du XVIIIe siècle, alors que les notions de tonalité et d'harmonie se dégagent et s'affirment,
l'équilibre se réalise entre la notion horizontale de contrepoint et celle, verticale, d'harmonie. Cette évolution culmine dans
l'art de J.-S. Bach : L'Offrande musicale, l'Art de la fugue ou les Variations Goldberg sont de véritables traités pratiques de
contrepoint, technique qui n'est plus utilisée qu'exceptionnellement par les musiciens romantiques, comme Beethoven dans
la Grande Fugue op. 133. De nos jours, la notion de contrepoint est réapparue et fait autorité dans la musique
dodécaphonique qui accorde la première importance aux rapports et à la répartition des intervalles musicaux.
L'étude du contrepoint, avec celle de l'harmonie et de la fugue, reste à la base de l'enseignement de l'écriture musicale.
Malgré son antériorité historique, cette étude suit traditionnellement celle de l'harmonie et prépare à celle de la fugue.
L'apprentissage du contrepoint est un exercice d'école particulièrement rigoureux, destiné à donner à l'élève discipline,
maîtrise et virtuosité d'écriture. Il consiste à composer pour de brefs thèmes donnés, en valeurs longues (le cantus firmus),
une deuxième, une troisième ou une quatrième voix, dont le caractère mélodique se déduit des intervalles du cantus firmus,
et dont le rythme obéit à cinq "espèces" bien déterminées. Des difficultés croissantes sont introduites par le mélange des
espèces, l'extension des inventions à huit voix, toutes sortes de canons, le contrepoint réversible (où tous les intervalles sont
renversés symétriquement), le contrepoint en imitation, le contrepoint à double-chœur, puis le choral figuré et le choral
varié.
Enfin, cet enseignement débouche sur la forme la plus élaborée de contrepoint, la fugue qui, à elle seule, constitue une
discipline particulière. Cette étude de contrepoint est toujours basée sur le Gradus ad Parnassum de Fux, qui date de 1725.

Dernière Modification 04/01/17

© Histoire de France 1996