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Logique déductive et

inductive / par
Alexandre Bain,... ; trad.
de l'anglais par Gabriel
Compayré,...
Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France
Bain, Alexander (1818-1903). Logique déductive et inductive / par Alexandre Bain,... ; trad. de l'anglais par Gabriel Compayré,.... 1875.

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R 27408
Paris
1875

Bain, Alexander

Logique déductive et inductive

1
LOGIQUE

DEDUGTIVE ET INDUCTIVE
AITUES OUVHAGËS DE M. AL. BAIN

TIIAIU'ITS KN FllANÇAIS.

Les Sens et l'Intelligence, suivis d'une étude sur la psycholo-

gie d'Aristote, 187't, 1 fort volumo in-8°, traduit de l'anglais, par


M. E. Gazelles 10 fr.

Les Émotions et la Volonté. 1 fort volume in-8°, traduit de

l'anglais, par M. K. Gazelles. (Sous presse.)

L'Esprit et le Corps considérés au point de vue de leurs relations,


suivis d'études sur les erreurs généralement répandues au sujet
de l'esprit. I volume in-8°, de la Bibliothèque siMiiti/ique interna-
tionale; cartonné '» fr.

AUTRE GUVHAGE DE M. (J. COMPAYHÉ.

La Philosophie de David Hume. IN73 CThorin); 1 vol. in-8".

l'iiri* T\ |t. (Icnri,1^ C.hanicriti rnr des Sninls-IV-ri1^, l'J.


LOGIQUE

DÉDUGTIVE ET INDUCTIVfi

!• n

BAIN
m&XANDRE x
s k v R jîp V o (i i q r r. a i.1 r n [ v v, u s i t v, d'au k iï o r-: k
1\ J

1't\N1
I)l~ L'ANGLAIS
DIO l~'ANCI,IS
M^/TKAnUIT
l'A II

GABRIEL COMPAYRÉ
Doolour i-« IctlfO", |iiofV«<eiir <ii|i|ili'anl i l,i Fariillii

iti-t Ii-Mros d<- Tonloil^t:

TiiMI!
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PAUfS

I. I B RAI Hl K liEHM KR- H Al I. I. I K !H


17. itrK m; i.'ki'iii.k uk mkiiki ink. 17
i

i s 7
1-ul-
©
IMIKFACE DU TRADUCTEUR Î

M. Bain n'est plus un inconnu pour le publie


français. Une de. M. Ribol,
esquisse dans son livre
sur- la Psychologie untjluisc, avait déjà donné un

aperçu de la méthode pénétrante


et minutieuse

que M. Main applique à l'analyse des phénomènes

de l'esprit. La traduction d'un des plus importants

ouvrages du philosophe anglais, les Sens etl'Inlelh-

/jenve(l), publiée par M. Cazelles, a permis d'appré-


cier directement, et suu pièces authentiques, cette

psychologie savante, qui, par l'abondance de ses


informations et de ses vues de détail, corrige le
caractère un
systématique peu et absolu de ses

conclusions générales. C'est d'elle que Stuart Mill a

pu dire « qu'elle avait poussé la recherche analy-


tique des phénomènes
moraux au point le plus
avancé qui ait encore été atteint ».

Lu Lof/if/i/e, que nous publions aujourd'hui, nous

paraît digne d'être jugée avec la même laveur.


Venue après la logique de Sluart Mill, elle rivalise

(I) Lis Sriix vt l'intelliiji'Wi' truilnction C.a/.cllrs. liiTmer-HaillicTt',


1874.

Bain. Ludique. I. – «
\j l'UKI AC1-:

iivcc elle, non pour lu combattre, mais pour la per-


fectionner. Kurile dans le même sens, elle ne lui

ressemble pourtant, pas, et ne l'ail, nullement dou-


ble emploi avee elle. Il est vrai qu'elle reuobérit

peul-èlre sur ses défunts, en marquant plus nette-


ment encore su complaisance pour l'empirisme,
dont elle adopte les principes; mais, en revanche,
elle ajoute ù ses qualités pur une ordonnance meil-

leure, pur des additions ou des corrections pré-


cieuses, surtout par l'effort qu'a l'ait railleur, non
sans succès, pour écrire une logique à la fois scien-

lilique et pratique.
Lu logique de Sluurt Alill, malgré l'admirable

lucidité d'esprit qui est une des qualités maîtresses


de son auleur, reste uvaul tout, une logique su-

vunte, pur suite un peu compliquée et obscure pur


endroits, une logique où les hautes questions de lu
science sont discutées avec vivacité et avec force,
mais où les parties élémentaires du sujet, les par-
tics vraiment utiles, sont systématiquement nég'li-
^ces ou omises. Préoccupé de ses vues théoriques,
Sluarl Mill a écurie à dessein de son pi un les détails
techniques. Il a écrit pour les académies plulôlque
pour les collèges. Ainsi, quoique peu disposé' n

partager le dédain trop répandu de nos jours pour


I art syllo»'islique, dédain qui veut se donner les airs
d'une force d'esprit, mais qui n est un
plus ^TiUide
fond un une paresse, une vuine délicatesse intellec-

tuelle, Sluarl Mill a, de purti pris, abrég'é dans son

livre la théorie du syllogisme. De même il n'a


1)1 THAHUt.TKUK. \ij

celle partie de la logique pra-


abordé qu'en passant
science
tique, qui consiste à déterminer pourchaque
les applications de la méthode.
C'est, au contraire, dans le développement des

lois de la logique élémentaire ou appliquée que se


découvre la plus grande originalité du travail de
M. Bain. Près de trois cents payes ont été consa-
crées l'auteur à l'étude des méthodes dans les
par
différentes sciences. Nous trouvons ta une logique
réelle et technique qui suit pied à pied les sciences
dans lc-urs démarches, s'ajuslanl à tous leurs con-
tours, serrant de près tous leurs progrès, atin d'en
et de nous présenter, dans
exprimer la suhstanec
une série de lahleaux, les moyens dont dispose l'es-
l'aire l'ace à la diversité des pro-
prit humain pour
blèmes scientifiques. Ces études de logique appli-
Iburnir aux savants de
quée, outre qu'elles peuvent
profession des indications utiles, ont, encore
pour
résultat de contribuer à cette culture générale de
on le sait, le but favori des logi-
l'esprit, qui était,
ciens de l'ort-Koyal, et qu'on aurait tort de sacrifier

tout à fait à des idées absolues d'érudition étroite

et de science spéciale. Le logicien n'a point perdu


sa quand, par une synthèse bien faite des
peine,
et des résultats de chaque science, il a mis
procédés
ses lecteurs à même d'embrasser d'une via;
géné-

rale l'ensemble des connaissances humaines. D'un


autre et ne cet autre
coté, pour signaler que point,

M. liain est eut é dans les plus grands détails, pour


rendre claire et prolitable l'exposition de l'art syl-
Vl'lj l'Ill'îl'ACK1':

logistique, cet excellent instrument d'analyse in-


tellectuelle. Il a fait suivi'i! ses études sur ce sujet
d'une série d'exemples et d'exercices destinés à
familiariser les jeunes g'ens avec la dialectique dé-
duelive. En un mot, et sans oublier lesproblèmes
de la log'ique
spéculative, M. Main a composé un

livre qui, par eerlaines parties tout. au moins, est


un véritable manuel scolaire el un livre d'éduca-
tion, un livre enfin qui rendrait la logique popu-
laire, si la log'ique pouvait jamais le devenir.
C'est ce caractère éminemment
pratique
de la

logique de M. Bain qui nous paraît être le meilleur


titre de recommandation pour la traduction que
nous en donnons
aujourd'hui. L'état des études

logiques dans notre pays ne justifie que trop tous


les efforts qu'on peut faire pour réveiller le g'oùt de

la dialectique abstraite. Qu'on relise les pag-es re-

marquables que M. L. Poisse écrivait à ce sujet en

1840, dans sa préface aux Fraymeiil-s philosophiques


de Hamilton (1). Après un intervalle de trente ans,
ces observations sévères, sur l'extinction graduelle
et la décadence de la log'ique, ont gardé leur jus-
tesse et leur vérité. Ce déclin continu de la log'ique

provient moins de l'abaissement des' talents que


d'une sorte de dédain et do discrédit, propag'é le

plus souvent par l'irréflexion, eneourag'é quelque-


lois par l'esprit de système. De plus en plus on

i Voir /'V'mi'/i<.s//c)>/ii/iiS(i/i/ii''1, pur Iliimilton. Ti'.u ludion L. I Visse


p. i \ix t.'t suiv.
ni: rnAiiuci'KUK. ix

s'imagine que la pensée émancipée n'a pas besoin


de s'astreindre à des rôties, que la meilleure logi-
c'est le lalonl, le leiupéranient. Les politiques
que,
répètent volontiers ce lieu commun que les hommes
des sociétés modernes song'ent plutôt à revendiquer
leurs droits qu'à pratiquer leurs devoirs. Les sa-
vants peuvent avec raison l'aire entendre desplaintes
analogues. La liberté de penser, qui est le droit,
tout le inonde la réclame et avec raison mais la

logique, qui est le devoir, le devoir d'user d'après


les règles de la pensée libre, qui donc se soucie d'en

apprendre les lois?

A peine enseignée dans nos classes, la logique

est présentée aux élèves sous des formes trop sè-


ches et trop laconiques pour qu'elle puisse captiver
et façonner leurs esprits. Quelle impression garde-
rait des mathématiques quelqu'un qui ne les aurait
étudiées qu'un mois ou deux? Quel profit attendre
de celte initiation superficielle et purement verbale
à une science abstraite, qui ne peut devenir utile

qu'au prix d'une pratique prolongée;? Le sentiment

général de nos élèves, quand ils quittent la classe


de philosophie, c'est que la logique est la partie la

ennuyeuse du cours. Le seul résultat de ce


plus
maigre enseignement, c'est le plus souvent de les

en dégoûter pour la. vie.


N y aurait-il pas un remède à apporterait mal? ·'
Peu d'efforts ont été lenlés jusqu'ici, .le ne parle pas
de la logique générale et scientilique, qui, malgré
I*1 petit nombre de ses adeptes, a dniiiir lieu à
l'IlKl'ACK

quelques écrits
remarquables tels que les Essais
do M. Cournot..Mais la logique élémentaire
no semble avoir inspiré depuis longtemps au-

e.uue tentative sérieuse de réforme et d'améliora-


tion. ministre substitua lo
Lorsque le caprice d'un
mol de lot/iqiw au mot de philosophie, comme dési-

de nos lycées, le ré-


gnation officielle des
classes
cherché ou non, devait être, on le sait,
sultat,
rabaissement des éludes philosophiques, et non la

restauration de la cet honneur équi-


logique. A part

dont elle se serait on ne voit pas,


voque, passée,

dans l'histoire de ces dernières années, que rien ait

été (ait pour fortifier ou rajeunir l'enseignement de

cette science (I).


Le
plus grand mal peut-être, c'est qu'il n'y ait
texte à mettre entre les mains des élevés
pas d'autre
I Admirable écrit sans
que la Logique de Porl-Hoyal.
doute, véritable chef-d'neuvre de cet esprit modéré,
de ce bon sens exquis dont le dix-septième siècle a

transmis l'héritage à dos successeurs trop peu em-


à In recueillir! C'est avec respect
prossés quelquefois

doit parler d'un tel livre, qui fut en son temps


qu'on
d'une nouveauté originale et hardie, et où les sages

de l'orl-Uoyal, avec non moins de force et plus de

(l)t'.r n'est pas qu'il n'y ait eu des essai* particuliers tris- renia rr|iia-
blos et dus pour la plupart à dos savants par exemple, la MHhmli
ilims Ifs scicnii's <ir riiitoiwnment de M. Duhamel la l'hilonoftliit:
ihimi<i><' de. M. humas: llntmdiictinii ù la Maintint- c.rpéritHi'iiluIr
île M. Claude Iternard, etc. Ce <|iii in.ini|iie. c'est un travail d'en-
semble.
HO TIlADIX.TKrii. XJ

modération que Descaries, ont préparé lo triomphe

de In. réflexion personnelle et de esprit, de discer-

nement sur les préjugés de l'autorité et les erreurs

du pédanlisme. Mais enfin tout vieillit, du moins


en partie; et, s'il y a dans la logique de Port-Royal
des parties durables, comme les lines réflexions
morales de Nicole sur les égarements de l'amour-

propre, il y a aussi des points, et en grand, nombre,

où l'œuvre, en raison du progrès des sciences, est


devenue insuffisante et arriérée.
Je ne sais illusion les philosophes se
quelle par
sont imaginé, la plupart, que la logique, défi-
pour
nitivement établie en une l'ois par le génie d'Aris-
n'avait à faire, Kant
lole, plus de progrès partageait

un certain « Depuis Aris-


jusqu'à ce préjugé.
point
lole, écrivait-il, la logique n'a pas beaucoup gagné
beau-
quant au fond, et nième elle ne peut gagner

» II est vrai qu'il ajoutait «Mais


coup à cet égard.
elle peut très-bien acquérir en exactitnd<\ en préci-
sion et en cl a vif (I). »
II faut aller plus loin et reconnaître (pie depuis
Arislote, ou, ee qui revient au même, depuis la tin
de la scolastique, la logique a singulièrement

son domaine et renouvelé ses théories.


agrandi

D'une part, des logiciens ingénieux, pour la plu-


mathématiciens, tels que de Morgan et Boole
part
(on trouvera duns le présent ouvrage l'exposition
de leurs ont développé ou simplilié la
systèmes),

l> Lotiii/m 'li' K 1 1 1 1 Tivi<lu<'ti"M Tis-mt. Introduction, |>. ls.


\iji~i IMIKl'WCK

théorie du
syllogisme, en appliquant des symboles
nuiuôri<.|U«'s on des signes algébriques à l'expres-
sion des notions el des propositions dans la même

voie, ITamilton, en exigeant que dans les proposi-


tions la quantité du prédicat, fut déterminée aussi
exactement (pie celle du sujet, a accru le nombre
des formes fondamentales et des modes possibles,
que dans une de ses listes il é minière au nombre
de cent huit. Certes, nous sommes loin de nous

figurer qu on ail reculé les bornes de l'esprit humain


en doublant le nombre des syllogismes concluants;

mais nous croyons qu'il y a quelque profil à déter-


miner avec plus d'exactitude les conditions de la

pensée et du raisonnement déductif, et à ajouter


mécanisme in-
ainsi quelque chose à l'analyse du

tellectuel. D'autre pari, la logique inductive a été


créée de toutes pièces, non pas seulement par Ba-
con, dont, les intuitions, pourtant si clairvoyantes,
ont elles-mêmes peu vieilli, mais un
par des sa-
vants qui, tels que Newton et llerschell, ont non-
seulement pressenti par leur g'énie, mais éprouvé

par leurs découvertes, les vraies méthodes expéri-

mentales; et aussi par des généralisaleurs, comme

Whewell el Stuart Mill, qui, venusaprès les grands

progrès de la science, n'ont eu qu'à résumer, à for-

muler dans des lois le travail scienlilique des der-


niers siècles. Gomment nier après cela la possibilité
du renouvellement cl du progrès des études logi-
reconnaissant les accrois-
ques? (le n'est pas qu'en

sements de la logique on veuille lui contester la


nu nuniicTErn. xiij

lixité immuable de ses principes, pas plus qu'on ne

à nier l'éternelle vérité de la géométrie, en


soufre
refusant de l'étudier dans Kuclide! Mais que di-

rait-on, par exemple, d'une poétique qui, composée


du temps d'Homère, ne traiterait que de la poésie

épique et ignorerait les autres formes de la poésie?


Ne faut-il pasju^'er de même une logique qui, après
les grands efforts et les grands succès de la mé-

thode induclive, (elle qu'on la pratique depuis Ba-

con, voudrait en demeurer à l'étude du syllogisme,

tel que l'entendait Arislote?


Or, par la faute des lemps, la logique de l'ort-

Uoyal on est restée là. Le mot induction n'y est pro-

noncé qu'une fois, et seulement, par une étrange

distraction, à propos des sophismes ou des faux


raisonnements. On ne s'explique pas que l'induc-
tion, sur laquelle Arnaukl g'arde un silence ais-

solu, (piand il s'agit d'analyser les procédés régui-


liers et légitimes du raisonnement apparaisse
inopinément parmi les sources d'erreurs (1). Il y a
là précisément un de ces sophismes que l'ort-ltoyal 1

signale trois pagvs plus haut le sophisme du dé-


nombrement imparfait. Le plus étrange, c'est que
Porl-Moval savait parfaitement « que toutes nos
connaissances commencent par l'induction, parce
choses singulières se avant les
que les présentent

universelles ». Mais la force de l'habitude et l'au-


torité de la tradition condamnaient encore les es-

(I) Uinii/w'/•' l'urt -/ln.i/ii/, I. III. cliiip. \i\, |i. 1.


xivv l'HKFACE

prits les plus pénétrants à respecter les étroites


limites de lu Ionique déduclive. (combien d'autres

logiciens, moins excusables, oui commis la même

erreur après
Porl-Koyal
– JL ignorance ou l'oubli de la méthode induelive
est la grande lacune de la logique d'Arnauld et de
Nicole, écrite pourtant un demi-siècle après le
Nnmim Oryumtm; mais ce n'est pas la seule. Les
classilicalions n'y sont étudiées que d'une façon
superficielle et comme en passant. L'élude des mots
et du lan^'aft'e est a peine abordée. Les principes

rationnels sur lesquels se fonde le syllogisme ne


sont pas mis en relief. Les sophismes sont présentés
dans une liste confuse;, qui est une énumération
l'aile au hasard et non une classification
systéma-

tique; les mêmes sophismes y sont signalés plu-


sieurs fois. sous des noms différents, au mépris de

la règ-li- essentielle de la division, rèft'le que i'ort-


Hoyal énonce lui-même, et où il est dit que les mem-
bres d'une division ne doivent pas être enfermés
l'un dans l'autre.
Il serait superflu d'insister plus longtemps sur
les défauts inévitables d'un
livre, qui a rendu de

"rands services à l'i 'du cal ion de la jeunesse, qui peut


en rendre encore, mais qui a le lort .de dater de 10(12.

Qui ne comprend qu'il serait urgent de faire pour lu


JjHjii/iie île l'orl-Koval. cl à pins forle raison encore,

ce que M. VA\. Lévèque a feulé dernièrement avec


succès pour I hl.r/sliirice de Ihen de Kénelon, en re-
produisant dans ses lliirniniucs /D'nr/ilni/zcl/cs d an–
III" rilAliIT.TKIII. XV

mises à la modo du
liquos vérités, rajeunies, jour
et accommodées aux besoins nouveaux? Une Indi-
tout
ce que Porl-Koyal a
que où l'on conserverait

écrit d'excellent sur la confusion des idées, sur les

limites déjà science, sur les causes de nos erreurs,


mais où l'on lesexemples en
puisant
rajeunirait

dans le trésor do la science moderne, où


largement
l'on accorderait à l'induction la place qu'elle mé-

rite, où l'on introduirait des chapitres nouveaux

sur les mots et leurs rapports avec les idées, sur la

définition, sur la classification, sur l'expérience cl


les autres scientifiques, une logique enfin
procédés
écrite dans le même esprit que la ionique de l'ort-
sur le même plan, mais avec d'autres maté-
lioyal,
serait éminemment utile
riaux, qui ne voit qu'elle
et nécessaire? '?
Et cependant, sur un ou deux points, quoique
excellent qu'il soit dans ses tendances générales, cet
devrait être lui-même modifié
esprit de Port-Royal
et corrigé. D'abord la logique de Porl-Koyal ne
à la science, est pour elle un
croit pas assez qui

et non un but. Mais surtout, et c'est, à notre


moyen
elle ne croit pas assez à
gré, son plus "-i-and défaut,
elle-même. Sainte-Beuve la louait précisément de
cet autres dit-il,
esprit de modestie « f,es logiques,

sont moins d'elles-mêmes. » Les


plus ou éprises
logiciens de Port-Royal, au contraire, doutent, de

l'eflicaeité de la logique. (Test avec une malicieuse


ironie qu'ils parlent de la science qu'ils nous en-

seignent et dont ils ne veulent pas cire dupes


\VJ tUt~-Att:

« II est 1 1 1 1
raisonnable, disent-ils, d'acliotci- par la

peine d'apprendre ces questions le droit de les mé-

priser. » Quelle confiance veut-on qu'inspirent à de


] (-mi nos esprits, très -dis posés déjà par eux-mêmes à

dédaigner toute étude pénible, des savants qui dé-

précient eux-mêmes leur science, et qui déclarent

lestement qu'on peut, en sept ou huit jours, ap-


prendre de la logique tout ce qui vaut la peine d'en
être su? Qui donc, parmi nos élèves, lira des cha-

pitres précédés de cette


mention: « Les chapitres
suivants ne sont nécessaires que pour la spécula-
tion. G est pourquoi ceux qui ne voudront pas se

lalig'iier (esprit à des choses peu utiles pour la pra-

tique les peuvent passer (IV » Cette allure fine et


déliante peut être très -philosophique; elle peut
à des ral'linés, mais elle ne convient
plaire esprits

pas à un livre d'éducation. Il faut, pour qu'une


science s'impose à la jeunesse, qu'elle parle avec;

autorité, qu'elle alliehe plus de confiance encore

qu'elle n'en a peut-être au fond; enfin, qu'elle ne

prenne pas les devants pour diriger contre elle-


même un reproche d'inutilité que la paresse et la

légèreté ne seront que trop porléesàlui adresser. Dé-


lions-nous d'une logique qui a pu. à un si haut

déféré, «'ag-ner les bonnes «races d'un sceptique


tel que Sninle-Heuve. Quand on doute de la science

humaine, quand on pousse la haine du pédantisme


jusqu'à proscrire volontiers les croyances fortes et

il) Lmjiiiur(/<•' l'nrt-lioij'il, I. II. cli;i|). xwi..


lii; TUADI'ClKLli. XV'lj

sûres d'elles-mêmes, il est naturel qu on s'éprenne


d'une logique, dont le; dernier mol est presque
11 n'y u pas de logique! .Mais quand on croit à la
l'orce do la raison, el quand on veut communiquer
cette conviction salutaire à l'unie des jeunes g'ens,
comment ne pas préférer une logique, je ne dis

présomptueuse, mais plus courageuse,


pas plus
fière, n'avouerait pas qu'elle a bâclé
plus qui
sa bcsog'ne en deux ou trois jours, et. qui, deman-
dant plus d'etl'orls, promettrait plus de récom-
'1
penses?

Cette log'ique complète, riche en développe-


ments, appropriée à l'état de la science, enfin ani-
mée de celte ferme confiance qui convient à tout
art sérieux
et utile, il nous semble la trouver, au
moins en partie, dans la log'ique de M. Bain. Ce
sera l'honneur de l'école ang-laisc contemporaine
d'avoir' entrepris et mené abonne fin l'œuvre du ra-

jeunissement, du renouvellement de ta log'ique. Les

philosophes français de l'école spirilualisle se sont,


en g'énéral, tenus trop à 1 écart des sciences positives
pour pouvoir prétendre à rempli rlKHireusemenlcet te
lâche. L'école d A. Comte a naturelle!
positiviste

meut professé pour la log'ique ie même dédain que


« Tout ce qu'on
pour la psycholog'ie. peut dire de
réel, quand on envisagée esprit abstraitement, se
réduit à des g'énéralilés tellement vag'ues qu'elles
ne sauraient avoir aucune influence sur le rég'ime
intellectuel. La log'ique sera peul-èlre possible plus
tard, mais pour le moment elle est inexécutable, les
rillïl'AGK
W'iij l,~

grands procédés log'iques ne pouvant encore, être

<'X|)li(|ii('is avec la précision suffisante, séparément


do leur application (1). »
Les psychologues anglais ont l'ait une réponse
victorieuse à cette condamnation sommaire et re-
mis la logique, à sou rang1. Elle est à leurs yeux la
plus abstraite des sciences, et ils la placent dans
leur classification avant les mathématiques (2). Mais

pour la mettre au-dessus de toutes les sciences, au

degré le plus élevé de la généralité et de l'abstrac-

tion, ils n'en l'ont pas


cependant une science pure-
ment formelle, et ne
se contentent, pas d'y intro-
duire nne nomenclature sèche des lois les plus
élémentaires de l'esprit. Leur premier mérite, et
nous voudrions insister sur ce point, est d'avoir
exactement déterminé et défini le domaine de la

logique.
(le n'est pas là une question oiseuse, quoi qu'en
pense Port-Koyal. Ou pourrait calculer les progrès
qu'il faits depuis trois siècles l'esprit scientifique,
rien qu'en confrontant avec les principes aujour-
d'hui reçus une phrase comme celle-ci «C'est une
chose extrêmement ridicule que les g'ènes que se
donnent certains auteurs, autant de
qui prennent

peine pour borner lajuridicliou de chaque science,


et l'aire qu'elles n'entreprennent pas les unes sur
les autres, que l'on en prend pour marquer les

il) C'.n's i/c /i/u7ii.w/i/i/V /HWiYirc, t. I, p. :ti.

ï) Spcncvr: l'IwHiiiioitwn o/' tlw xtiaucs, p. 12 d 11.


lilj lïiAUL'CTErii. xix

limites «1rs royaumes cl régler les ressorts des par-

lements^).» A (jui, (le notre temps, est-il néces-

saire d'apprendre qu'il n'y a pas pour une science

de question plus capitale et plus essentielle que la


définition de son objet?
Or l'attribution exacte des sujets que la logique
embrasse, la délimitation de son domaine, soulève
encore quelques difficultés. D'une part, la logique
confine à la psychologue dont elle n'est qu'une ap-
plication; d'autre part, elle avo.isine les sciences,

puisqu'elle en règle la marche, et suit la pensée


dans ses développements, à travers les différents

objets de la connaissance, Il est donc malaisé de

l'aire unv place à part à la logique, et de la carac-

tériser assez nettement pour qu'elle ne risque d être


absorbée ni d'un côté ni de l'autre, ni par la science
à laquelle elle emprunte ses principes, ni par les
sciences auxquelles elle impose; leur méthode.
Ce n'est pas une raison cependant pour tomber
dans un autre excès, qui consisterait à proclamer,
comme le l'ait kanl, l'indépendance absolue de la

D'après lui, « dans les deux parties de la


logique.
logique (dogmatique cl technique), ou ne doit

donner la moindre attention, ni à l'objet ni au su-

jet de la connaissance (2) ». Si l'on suivait a la


lettre le précepte de Kanl, on aurait une logique
qui, à la l'ois, manquerait de solidité, puisque.

ÎU Lihjviui- de Vwt-Hnniil |ii'rinicr discours. |>. \\i\.


r.'l Kiiut: iMiii'/iic. Introduction, p. i.
XX l'HICl'Al'.IC

privée (li; tout fondement psychologique, elle serait


construite tout à l'ail in abatraclo, et d'utilité prati-
n'oserait pas même jeter un coup
que, puisqu'elle
d'œil sut' le développement réel de la science.
Nous touchons ici au plus grand débat auquel
donner lieu la définition de la log-ique. Il
puisse
de savoir si, comme l'ont pensé Kant, Ha-
s'ag'it
milton et un g'rand nombre d'autres philosophes,
la log'ique doit être réduite à l'étude des lois for-
melles de la pensée, ou s'il l'aut, au contraire,
Mill et pour M. Bain qui, à la
prendre parti pour
log-ique purement formelle, opposent ce qu'ils ap-
la log'ique matérielle ou réelle. A vrai dire, il
pellent
ne faudrait être ici d'une question de
pas dupe
mots. Les de la ma-
expressions péripatéticiennes
tière et de la forme nous semblent être nécessaires
mais les philosophes en ont étrangement
et justes;
abusé, et l'on être tenté de répondre à la
pourrait
discussion eng'ag'ée sur ce point les logi-
qu'ont

ciens formalistes, par une lin de non-recevoir


comme le fait le mathématicien an-
spirituellement
de « Lorsqu'on aura clairement
golais Morg-an
établi des définitions et, des exemples ce que
par
l'on entend par ta distinction de la forme et de
la matière, je serai plus capable que je ne le suis
de traiter la question avec précision.»
aujourd'hui
Il n'est de démêler avec
pourtant pas impossible
netteté le sens les philosophes ont
quelque que
l'ont
attaché, en général, au mot fon/icl, quand ils
appliqué a la logique. Nous voudrions précisément
1)1 TKAHUCTlClMi. ,j

montrer comment ils lui ont attribué une sig'nili-


calion trop étroit»'
et trop mesquine, qui ne répond
pus ù l'ampleur et à l'étendue des questions log'i-
ques nous voudrions faire voir aussi que le lei'ine
de logit/ue formelle avec certaines restrictions et
une interprélalion juste, mérite d'être conservé pour
caractériser, même dans ses plus larges développe-
ments, une science qui, pour être fidèle à elle-

même, doit
toujours demeurer abstraite, ne jamais
se préoccuper du contenu des jugements et des
raisonnements, et se borner à analyser la pensée
dans son mécanisme général, dans son application
à toute vérité.

Hamilton, qui sur ce point comme sur beaucoup


d'autres s'est inspiré de 1 esprit de Kant. définit la

logique, à laquelle il accorde d'ailleurs une grande

importance « la science des formes nécessaires de


la pensée. » – « La log'ique, dit-il ailleurs, a affaire
à la forme de la pensée, à l'exclusion de la ma-
tière (1). » Mais c'est Kant qui a certainement ex-

primé, avec le plus de force et de précision, la théo-


rie des log'iciens formalistes.
Quand on lit l'Introduction d'ailleurs admirable
de la log'ique de Kant, comment ne pas s'étonner

que, dans 1 histoire de cette science, parmi les hom-


mes qui ont contribué le plus à ses prog-rès, un

penseur aussi éminent ailcompté AYolf et Baiim-

g'arlen, et omis IJacon? Le silence systématique que

I) Hamilton Ledui't's, III, p. i:i.

li.vi.N. Logique. I. –
l'IUil'AUi
\xij

kiinl u gardé sur I homme, qui pusse à bon droit l


pour avoir régénéré la logique, est un trait signi-

lieatil', qui donne iinmédiatemeiil la clé des idées


de l'auteur sur les destinées et le rôle de la Ioni-

que. D'après Kant, la


logique ne saurait servir
aux sciences; elle ne doit, en aucune façon, s'occu-

per de l'objet do la pensée. On ne demande pas en


Ionique comment se comporte l'entendement, com-
ment il pense, comment il a pensé jusqu'ici, mais

simplement comment il a dû penser. Il serait aussi


absurde d'introduire des principes psychologiques
en logique, que de l'aire sortir la morale de l'ob-
servation des mœurs humaines. Il n'y a qu'une

question en logique comment l'entendement se

connaît-il lui-même? etc. ri).


Kn résumé, la logique n'est plus que la science
de l'accord nécessaire de la avec
théorique pensée

elle-même. Kilo se borne à l'analyse du jugement,


de la déduction, et des lois fondamentales de la

pensée. Elle devient une sorte de psychologie ab-

straite, qui considère entendement dans ses for-

mes vides, sans consentir à le suivre dans son


ap-

à la réalité, lille n'a aucun caractère


plication plus

pratique, et ne songe nullement à prouver la vé-


rité en général, l'îlle montre à esprit, non plus par

quelle voie sûre il atteindra en toute science la


certitude ou la probabilité, mais seulement com-
ment les fonctions intellectuelles les plus simples

,1 Ivant hi'ii'iiii; iiilrmliiclioii. inissim.


ni: inAuu<;u;t:ii. xxiij

peiiventso mettre d'accord avec elles-mêmes. A cer-


tains ég-ards, préoccupée avant tout de déterminer
les équivalents de nos jugements et de nos raison-
nements immédiats, elle n'est en quelque sorte que
l'art de la tautologie. Enfin, et pour employer une

par rapport à la pensée, te


comparaison, elle joue,
même rôle que la grammaire par l'apport au lan-

g'ag'e elle nous enseig'ne l'emploi rég'ulier des


notions dans le jugement, et des jugements dans
le raisonnement, de même que la grammaire nous
l'ait connaître l'usagée correct des mots dans les

phrases. Mais elle ne ressemble en rien à la rhéto-

rique et à la poétique, qui nous apprennent à user


des mots, correctement associés, pour exprimer de
beaux sentiments et de g'randes pensées elle ne
sait plus nous dire comment on combine les juge-
ments et les raisonnements pour découvrir le vrai
sous toutes ses formes.
Sans avoir la prétention d'épuiser le débat en

lignes, qu'il nous soit permis de dire com-


quelques
bien les vues do Kant nous paraissent inexactes,

incomplètes surtout. Le philosophe allemand s'est


arrêté à la première partie de la logique, celle qui

analyse l'entendement dans ses linéaments les plus


essentiels et les plus g'énéraux. Il est difficile, d'ail-

leurs, d'admettre que dans cette première partie


ta logique puisse être séparée de la psychologie.
A coup sur il ne faut pas que la logique soit le ta-
hleau réel et historique des vicissitudes de la pen-
sée humaine, pas plus que la morale proprement
XXIV l'MKl'ACK

dite ne pont l'image èlre


lidèle des mœurs des hom-

mes, esquissées à la façon d'un la Bruyère ou d'un


la Rochefoucauld. Mais la logique perdra-l-elle son
caractère, cessera-t-elle d'être la science idéale des
lois nécessaires de la connaissance, parce qu'elle
aura à l'école de la psychologie de quelle
appris
façon la pensée se manifeste et se produit? Y a-t-
il même pour elle un autre moyen d'acquérir cette
connaissance de l'entendement, qui est, d'après
Kant, son unique objet? L'exercice réel des opéra-
tions intellectuelles, convenablement dirigées,
n'est-il donc
pas précisément la même chose que
leur exercice nécessaire? La logique a-t elle autre
chose à faire qu'à transcrire, comme règles et
lois formelles, les applications concrètes que fait t
sans cesse de son entendement, non pas seule-
ment l'homme de science, mais le vulgaire iui-
même?

Il nous semble admet une distinction


qu'on

fausse et que rien ne justifie, quand à l'usage néces-


saire de la pensée (dans la déduction, dans les for-
mes équivalentes) on oppose son usag'e contingent

(dans l'expérience, dans l'induction). A vrai dire,


il est aussi nécessaire, étant données des observa-
tions et des expériences bien faites, deposer la loi

générale qui en résulte, qu'il est nécessaire de met-


tre d'accord la conclusion d'un
syllogisme
avec la

majeure et la mineure
qui la supportent. Prenez
les séries d'expériences de Well, de Leslie, de Dal-
lon n'est-il pas aussi nécessaire pour l'esprit, de
DU ïïtAhUTEl.'K. XXV

lier à ces connaissances la loi induetive


empiriques

qui
établit rapport unentre le refroidissement d<*

la température et la production de Ja rosée, qu'il


le serait d'admettre la conséquence déductive des

prémisses les plus simples? Sans doute la logique

peut être définie la science de l'accord de la pensée


avec elle-même, mais la pensée s'accorde avec elle-

même, dans ses applications expérimentales, aussi


bien que dans ses déductions «
priori. L'esprit a
certainement ses principes propres et essentiels,

mais il se réalise de
plus en
plus, il ajoute sans
cesse à son cire, à mesure qu'il saisit plus d'objets,
Chaque vérité nouvelle, découverte par l'expérience
ou autrement, accroît en quelque sorte sa sub-
stance. Que sont toutes les connaissances empiri-
ques elles-mêmes, sinon des formes régulières, né-
cessaires de la pensée?
Qu'on maintienne donc, si l'on veut, l'appella-

tion de logique formelle, mais après s'être rendu

compte qu'il y a de la forme dans toutes les opéra-


tions de l'esprit. L'induction a ses règles formelles,
non moins que la déduction. Ni dans ses opéra-
lions les plus abstraites et les plus générales l'es-

prit ne peut se passer d'un certain objet ou d'une


certaine matière, qui détermine en partie la nature
de ces opérations; ni dans ses
applications les plus
concrètes et les plus expérimentales, I exercice <lc
la pensée ne va sans une certaine forme. Voilà

pourquoi la logique est éminemment perfectible, et

progresse sans cesse avec la science elle-même. Il


l'HKI'ACK
XX VJ

ne pont y avoir de nouvelle science fondée, ni de

nouvelle méthode employée, sans qu'aussitôt il n'y


ait lieu d'ajouter un chapitre nouveau à la logique,
et île décrire de nouvelles Ibrnies de la pensée.

Quelquefois, et grâce à lit divination pénétrante


d'un Bacon, la logique devancera le travail de la
science. D'autres ibis et plus souvent, comme par
exemple pour la méthode expérimentale appli-
quée par M. Claude Bernard à la physiologie, ce
sont les découvertes du savant qui précéderont et

inspireront les réflexions du logicien. Dans tous les

cas, la logique sera, non-seulement une


quintes-
sence de la
psychologie, mais la synthèse de la
science humaine,
11 était bon que la logique réagît contre la ten-
dance des formalistes à exclure de leur
logiciens

science ne se directement
tout ce qui rapportait pas

au syllogisme. Mais on pouvait craindre que, par


esprit de réaction, le logicien de l'expérience ne se
laissât aller à imiter Bacon dans son dédain de la

logique déduclive, et à répéter le cri d'impatience


qui échappait déjà à saint Ambroise A dialeclica

Arislolatis, Hheru nos, Domine! Alors même qu'il se-


rait vrai de dire, avec un ancien, « ceux
que qui

s'enferment dans la dialectique peuvent être com-

parés
aux
mangeurs
d'écrevisses qui, pour une
bouchée de chair, perdent leur temps sur un mon-
ceau d'écaillés » nous estimerions encore que

cette substance excellente, contenue au fond de la

dialectique, mérite que pour arriver jusqu'à elle


I)U TltAiaXTKIIl.
XXVÎj

on passe
par-dessus les difficultés qui la hérissent.
C'est ce que M. Bain a admirablement compris. La

logique déduclive a obtenu de lui la même atten-


tion que la logique induetive, et son livre récon-

cilie, avec une ampleur de développement tout à


lait nouvelle, la logique de Bacon et la logique
d'Arislote.
Mais pour être large et eompréhensive, la logi-

(lue, telle que l'entend M. Bain, n'en a pas moins


un l'ôle, un but précis. 11 est impossible de mieux
caractériser la science (lui nous occupe, que ne l'a
l'ail notre auteur, en nous la présentant I" comme
la science théorique et abstraite, qui expose les
lois fondamentales do toute affirmation; 2° comme
la science de toutes les formes de la
pratique

'.V comme un de méthodes


preuve; système appro-

à la recherche et à la découverte rie la vé-


priées

rité. Sous ces trois la n'a, en dé-


aspects, logique

finitive, qu'un seul et même objet la preuve de


la vérité. Mais cette preuve suppose
soit des princi-

pes que l'analyse intellectuelle nous découvre, soit


des formes spéciales, un mécanisme compliqué d'o-

pérations et de raisonnements; soit enfin des com-


binaisons de moyens el de procédés, en un mot des
méthodes.
11 faut savoir gré à M. Bain d'avoir fait entrer
l'ill't de la découverte dans le domaine de la logi-

que. Sans doute la logique sert plus souvent à vé-

rifier des vérités déjà trouvées, qu'à découvrir des


vérités encore inconnues. Les découverts scienli-
XVViij l'KKI'ACE

tiques sont plutôt l'œuvre d'un hasard heureux,


d'une inspiration soudaine, que dune application
studieuse des règles de la logique. C'est dans les

hypothèses, dans les suggestions presque sponta-


nées de l'esprit, que le
plus grand noinhre des
théories scientifiques ont eu leur hereeau, et non
dans des combinaisons savantes de raisonnements
déductifs, ou même de méthodes expérimentales.
La log'ique a donc pour rôle essentiel de prouver
ee a été trouvé. Mais, au moins incidem-
qui déjà

ment, elle
suggérer des vérités
peut nouvelles. La

vig'iieur log'ique ne s'épuise pas tout entière dans

la preuve, dans l'exposition méthodique, dans la


vérification exacte des connaissances
déjà acquises;

elle se manifeste aussi,par de véritables acquisi-


tions, par des conquêtes réelles dans le champ de
la vérité.
Pour avoir délimité sévèrement le sujet de la lo-
g'ique, M. Bain n'en reconnaît pas moins ses rap-

ports avec les autres sciences. Bien qu'il la classe,


comme M. Spencer, avant toutes les autres études

scientifiques, au premier rang' de la généralité et


de abstraction, il sait qu'elle ne peut se passer du
secours des sciences moins abstraites et moins
gé-

nérales, et en particulier de la psychologie. «L'éta-


blissement des lois g'énérales, dit-il, suppose évi-
demment nn effort induclif considérable que
facilite singulièrement l'étude des phénomènes de
l'esprit. » En effet, améliorant sensiblement sur ce

point la log'ique de Mill. M. Bain a placé en lèle de


dii TKAhucïKru. xxix

son livre un résumé substantiel de ses théories sur

l'esprit. Il n'a pas accepté les vues systématiques


de Spencer, (|iii, prenant trop à la lettre sa classi-
lieation des sciences, rangées d'après leur ordre
de complexité progressive, semble croire que les
sciences fondamentales n'ont aucun besoin des
sciences subordonnées qui viennent après elles. Il
a admirablement compris, au contraire, le prin-

cipe si vrai de la solidarité scientifique, qui veut


que, dans le domaine des sciences, comme ailleurs,
un grand ait souvent besoin d'un plus pelilque soi. Il

en est des rapporlsde la logique avec la psychologie


et les sciences en général, comme des rapports de
la pensée avec le langage. Si la pensée précède le

langage et lui donne naissance, le langage une


fois créé, par une remarquable réciprocité de

services, le langage précise, accélère, enrichit la


De même si la instinctive ou relié-
pensée. logique

chic baie le des sciences, les sciences, à


progrès

leur tour,
développent et fortilient la logique.
On ne saurait trop s'étonner qu'une logique
aussi nettement définie que la logique de Mill et
de M. Bain, une logique qui sait aussi clairement
ce qu'elle est el ce qu'elle veut être, ait encouru,
de la part de certains philosophes, l'accusation
bien inattendue de ne constituer qu'un amas con-
fus de connaissances. •< Qu'est-ce la
que logique

de M. Mill? » demande M. Yéra, el ce qu'il dit


de Mill, il te dirait de la logique de Bain. « Ksl-ce
une logique formelle, ou bien une logique <>b-
XXX I'KKI''ACI::

jeclive, on rnmiiii: on voudra l'appeler? Ou bien

encore est-elle une logique quelconque? Or, je dis


(|uc la seule réponse qu'on puisse l'aire à ces ([(les-

tions, c'est qu'elle esl un amas confus, indigeste


cl suporliciel de toutes les sphères de la connais-
sance, ce qui veut dire qu'elle est le contraire de
ce qu'elle prétend et de ce qu'elle doit être (1). »
Ces critiques s'expliquent en elles-mêmes (sinon
dans leur Ion acerbe et presque injurieux qui
nous

paraît inexcusable envers de


grands penseurs tels

que Mil! et M. Ikiin), lorsqu'on voit que M. Véra,


en lidèle Hégélien, entend la logique dans un sens

tout à fait particulier. Il est même plus Hégélien


(pie Hegel, qui, reconnaissait en partie l'utilité de
h) logique ordinaire, dont il avouait qu'elle a pour
avantage de nettoyer /a trie. Mais Hegel ne s'arrête

pas à celle logique vulgaire; il passe outre, pour


s'élever à une entièrement nouvelle, non
logique

moins vague dans son objet qu'étrange dans ses


conclusions. La logique, pour lui, se confond avec
la métaphysique ('!). Kilo esl la science de l'idée
en soi et pour soi. Kile doit être tout à fait séparée

de la philosophie de la nature ou science de l'idée


dans son existence concrète. Klle peut être déli-
nie la science de l'idée pure, de l'idée dans l'élé-
ment abstrait Au abord
de la pensée (.')). premier

(I Tniiliicli.iii de la |ci^ii|in' île lli'uvl, |i,ir A. Vtira, I. I. Avaiit-


|I|'O|>IIS. |l. II.

(: I.olm<|ih> di! lli'i.'1'l trailiii'tiuii Wra. I. I. |>. -i-


(:tj l«l., r. il l.
lil TUAKIH'.TF.UII.
XXXJ

on se demande s'ilil • t \r i\
il n'y a
i\f
pas
i ri li|
là Ilout
s~\ iil n i i^'i i\ I ri i*kk
simplement
t

une exagération emphatique, dissimulée par de


grands mots, do cette vérité banale que la lo-

gique doit étudier uniquement les lois générales


et communes à toute science. Mais, en
y regardant

de plus près, on s'assure viLe qu'il n'y a aucun


rapport entre les idées de Hegel el celles de la plu-

part des logiciens. Ce ne sont pas les lois fonda-


mentales de la pensée, c'est la penséepure, en de-
hors de ses déterminations empiriques, de ses ap-

plications à la réalité finie, c'est la pensée vide de


tout contenu, ou n'ayant pour contenu que le
monde supra-sensible,Hegel veut que étudier
dans sa logique.
n'est Ce
pas ici le lieu d'exami-
ner si dans de pareilles recherches Ilégel aboutit iàl
des résultats qui aient quelque solidité, ou à de

pures chimères verbales. Il nous


semble, quant à
nous, la pensée
que ne peut pus plus se déterminer
ù vide, que l'estomac ne peut digérer à jeun. Quand
ou lit la logique de Hegel, tout en admirant la vi-
gueur merveilleuse de cet étonnant on a
penseur,

quelque envie de s'écrier, comme le l'ait M. Véra


lui-même, à propos des licc/ierc/ifs loi/ii/ucs de Tren-
delenburg « Sommes-nous, dans la sphère de la
logique ou dans les espaces imaginaires (!)?» Mais

peu nous importe pour le moment. Qu'il nous suf-


fise d'avoir prouvé, par ce! aperçu rapide de la lo-

gique Hégélienne, que les logiciens de cette école

I) l.u^i(|iif de; Ili^rl . ti-ailui'iion \(t;i. A van t-|u<>p.>s, |>. i\.


XXXÎj
i,l l'UÉh'ACKl~

sont, on un sens, pour apprécier des


incompétents
<i -uvres logiques courues dans un tout autre esprit,
et que leurs ci-iti(|ues ont plus de vivacité que de
portée.
Il est. d'ailleurs facile d'établir que la logique
anglaise, et en particulier celle de M. Bain, loin
d'être un amas confus et indigeste de connais-

sances, a, au contraire, un caractère systémati-


que très-prononcé, et qu'on y trouve, non pas seu-
lement cette multitude de détails dans lesquels la

pensée s'éparpille, mais aussi des théories, des gé-


néralisations dans lesquelles la pensée se concentre
i*l se saisit elle-même. Nous distinguerons d'abord,
à ce
point de vue, la loi qui ramènerait toutes les
connaissances humaines à deux faits essentiels la
différence et l'accord. L'esprit, d'après M. Bain,
n'est pas autre chose que le pouvoir de saisir des
différences et (les rapports. L'opération fondamen-
tale consiste à distinguer. La conscience, c'est-à-
dire la perception d'une idée, est à ce prix. Avoir
conscience, c'est au font! saisir- la différence de deux

impressions. Plus la différence est forte, plus la


conscience est vive. Uni* la
impression toujours

moine cesserait promplement d'être un objet de la


conscience. De là, M. Bain tire cette conclusion,
que l'esprit humain, dans toutes ses manifesta-
tions, loi de la relativité
est soumis à la »-rande

universelle, lue idée ne peut être conçue que par


opposition avec d'aulrcs idées. [Mus sont nombreu-
ses ces idées contraires, et plus a
l'idée primitive
in; iMAiiiK.ri.un. (
xxxiij

<l(! force (il. (le clarté.


Mais, après avoir distingué,
l'esprit assimile. Il saisi! les rapports et de là sortent
les eonnaissaiiees générales. De iriêine que la per-
ception de la diflërenee donne lieu à îles impressions
distinctes, particulières, de même la perception de
la ressemblance, saisie entre plusieurs impressions
d'autres formes de
qui se renouvellent, produit
la conscience, qui sont les idées générales.
La loi de la différence et de l'accord rég'it les
non moins que les notions. Sans doute
propositions
M. Bain semble quelquefois effacer la distinction
des philosophes, la notion de
qui, aux yeux sépare
la proposition. Une notion générale, par exemple,
ne serait autre chose que l'association de diver-
pas
ses propositions mêlées, et que l'habitude aurait,

pour ainsi dire, fondues l'une dans t'autre. Cepen-


dant M. Bain, en d'autres endroits de son livre,
maintient nettement la différence des notions et
des Les notions n'expriment qu'un
propositions.
seul point de ressemblance les propositions doi-
vent au moins embrasser deux choses. Par unegé-
néralisation hardie, M. Bain, reprenant et corri-
le travail Aristote a de
geant par lequel essayé

dresser la labledes calég'ories, réduit toutes les pro-


à trois espèces essentielles, d'après la na-
positions
ture des qui s'y unissent aux sujets. Ces
prédicats
trois sont la quantité, la succession. la co-
espèces
existence. Milleomptailcinqprédicatsultimes; l'exis-

lence, la coexistence, la succession, la causalité, la


ressemblance. Poussant plus loin l'analyse, lM. Bain
\X.\l\ l'KKI-ACK

prétend que l'existence n'est, en clle-iiH'-nic, riuuiu1


forme abstraite des autres prédicats. Dire qu'une
conspiration existe, c'est affirmer qu'un groupe
d'hommes s'est réuni pour accomplir une action com-
mune (proposition de coexistence, proposition de

causalité). On peut admettre sur ce point la réduc-


tion de M. Bain. Maison comprend beaucoup moins

qu'il ait supprimé la catégorie de la causalité, pour


la l'aire l'entrer dans la succession,
alors qu'il re-
connaît lui-même qu'il y a dans la causalité quel-
que chose de plus que dans la simple succes-

sion (I). Quant à la ressemblance que Mil! mettait


à part Al. Bain estime qu'elle ne peut constituer
une catégorie fondamentale de propositions, parce
qu'il y a ressemblance partout où il y a proposition

générale. Les seules propositions de ressemblance,


aient un caractère vraiment sont les
qui spécial,

aflirmatkms d'égalité, de convenance numérique,


et. ces affirmations seront mieux désignées par le
terme de quantité qui est adopté par M. Bain.
Systématique dans sa théorie sur les proposi-
tions, M. Bain ne l'est pas moins dans ses vues sur
le raisonnement. La déduction a sans doute à ses

yeux une grande importance et une valeur propre.


Kl, en effet, ce n'est pas au moment où les sciences

ont uw tendance marquée à devenir de plus en


plus déductives qu'il conviendrait aux logiciens de
né»'li«'er l'étude déjà déduction. Mais au fond la

Voir plus Iciin, p. loti.


W IIIAlMXTiaiS. XXXV

déduction n'est, pour M. Jiain connue pour Mill,


qu'une induction dissimulée, déguisée. D'une pari,
l'axiome du syllogisme, comme les axiomes en géné-

ral, n'eslqu'une inféreneeinduetive, l'ondée sur l'ex-

périence, par la croyance


garantie à runil'oi'initéde
la nature, croyance vers laquelle- nous entraîne un
élan instinctif de notre esprit. Mais de plus l'opé-
ration syllog-islique elle-même n'est que J'enve-

loppe /«/7/îp//< d'une opération matérielle, d'une vcri-


table induction. Le principe; qui sert de majeure
au syllogisme doit être décomposé en deux par-
lies en premier lieu, l'affirmation qu'il exprime
embrasse tous les cas observés; en second lieu,
cette même affirmation porte sur tous les cas sem-
blables qui n'ont pas encore été observés et qui
sont simplement inférés. De là les difficultés que
présente la tbéorie
du syllogisme. Or l'inférenee
induetive consiste, on le sait, à passer des cas

particuliers a d'autres cas particuliers; de ce que


d'autres hommes sont morts, nous inférons que le
pape actuel, qui esl un homme, que le pape qui
lui succédera, mourront aussi. C'est la ressemblance

qui nous guide dans chacune de ces inférences, et


nous sommes
prêts à renouveler le raisonnement

toutes les fois que la même ressemblance nous

frappera. Dans ces conditions, ne nous est-il pasper-


inisde dire une Ibis pour toutes tous les cires qui
ressembleront aux hommes, comme le pape actuel
leur ressemble, tous ces êtres mourront? Nous

nous risquons alors à déterminer, dans une pro-


t vj ru ici' a ci1:

position générale, les ressemblances qui nous auto-


risent à inférer des cas passés aux cas à venir.
Cette proposition générale devient la majeure de
la déduction. Par sa l'orme universelle elle nous
l'ait illusion et nous entraîne à supposer que tous
les cas ont été observés. Il n'en est rien pourtant.
Une vue plus correcte du syllogisme nous apprend

que la majeure n'est au fond qu'une affirmation


relative à un certain nombre de cas constatés;
niais qui en même temps, par les caractères géné-
raux, par les ressemblances qu'elle indique, peut
s'appliquer à tous les cas où nous reconnaissons
successivement ces caractères de ressemblance.

C'est précisément le rôle de la mineure de consta-


ter que tel ou tel cas possède ces caractères, et,
par suite, de rendre possible une nouvelle applica-
tion de la majeure.
Telle est, d'après M. Bain, comme d'après Stuart
Mill, l'explication des difficultés du syllogisme.
« explication destinée à produire, dans la logique,
une véritable révolution. » C'est le seul moyen de
faire du syllogisme autre chose qu'une tautologie,
qu'une « solennelle l'utilité ». C'est le seul moyen
de rétablir l'unité des opérations logiques, et de
résoudre l'antinomie que créait, dans les lois du

raisonnement, l'opposition apparente de l'induc-


tion et de la déduction. Il ne peut être question de
discuter ici une pareille théorie. Avouons cepen-
dant ([d'il est difficile de ne pas l'accepter, quand
on la bien comprise, et faisons remarquer, en pas-
DU THAIM'CTEUJt. XXXVÎj

sanl, à i\l. Bain <|uo, pour se conformer tout à l'ait


à cette réchiclion ingénieuse, qui tend à effacer le
caractère spécial et dislinclif du raisonnement dé-

ductif pour le ramener n'être que l'expression


formelle du raisonnement induetif, il aurait dû dis-

poser, dans un ordre inverse, les deux parties de


son livre.
En consacrant la première partie de son ou-

vrage à la déduction et au syllogisme, M. Bain


nous paraît avoir fait une concession regrettable
aux habitudes et aux traditions de la vieille logi-
que. Si vraiment l'induction est la seule opération
réelle de l'esprit, il serait logique et convenable

que l'induction fût étudiée la première.


Nous ne pouvions que signaler ici, sans avoir la

prétention de les juger, des généralisations aussi

hardies, et dont on ne contestera pas au moins

l'originalité. Ces vues systématiques ne compro-


mettent pas d'ailleurs l'utilité pratique des détails

de M. Bain. Sans
qui remplissent les deux volumes
doute il eût été désirable que l'auteur s'abstînt de

prendre aussi nettement parti pour les solutions


Stuart Mill était mieux inspiré quand il
empiriques.
voulait queladoctrine de son Traité s'accordât éga-
lement avec la théorie intuitive, et la théorie em-
de l'orig'ine de nos idées, et quand il s'ef-
pirique
« d'exposer les questions logiques dans des
forçait
termes fussent la propriété commune des deux
qui
écoles rivales de Et, en effet, il
métaphysique ».

semble qu'il serait, jusqu'à un certain point, possible


Main. 1. <
Logique.
j
XXXViij l'KKFACIi

du construire, en dehors des discussions des sys-


tèmes, une logique à peu près indifférente à toute
solution dogmatique, de même qu'on a essayé d'or-
ganiser une morale indépendante de toute méta-

physique. Que les axiomes de la géométrie soient


des vérités innées, ou des inductions expérimen-
tales, le résultat est le même au point de vue lo-

g'ique; puisque dans les deux cas ces principes ser-


vent de point de départ à une série de déductions
dont le logicien doit analyser le mécanisme. Que
la succession soit ou non distincte de la causalité,
la loi générale des sciences physiques n'en
est pas
moins de constater des uniformités de succession.
De telle sorte la logique
que pourrait, en un sens,
constituer ses règles et ses vérités au-dessus et en
dehors des contradictions desphilosophes. Mais il
est plus facile peut-être de former une pareille con-

ception que de la réaliser, et nous ne devons pas


(Hro surpris que M. Bain n'ait pas cru devoir faire
la moindre réserve dans l'exposition de ses théories

empiriques.
Gomment signaler toutes les innovations intéres-
santes d'un travail aussi considérable? Nous vou-
lons du moins
indiquer
encore l'effort qu'a fait
M. Bain pour donner à la théorie de la définition

l'importance qu'elle -mérite. Avec lui cette théorie


est passée de sa phase purement formelle, dont
s'étaient contentés les réelle
scolastiques, à sa phase

comme une des


et positive. Signalons enfin, parties
les plus neuves de l'ouvrage, les beaux dévelop-
DU THADUCTEUn. XXXÎX

pements consacrés>rr'>s îià la loi rlf»


In Ini de laIn nprsistnnce
persistance ou de la
on de In.

conservation de la force. C'est par elle que M. Bain


la loi de la causalité. A ses yeux, il n'y a
explique
plus de causes ni d'effets, dans le vieux sens ces
deux mots; il n'y a que des transformations succes-

sives d'une même force. C'est ici surtout que se

marque, par ses rapports avec le système de l'é-

volution, la date actuelle d'un livre, qu'anime l'es-


rester à au-
prit du temps, et qui ne veut étranger
curre des hypothèses de la science moderne.
Un mot seulement sur les principes qui nous ont

guidé dans notre travail Inutile de


de traduction.
dire que nous avons aspiré surtout à l'exactitude.
Mais nous nous sommes interdit, dans la mesure
du possible, d'employer des mots nouveaux, comme

rètentivitéy discrimina lion, etc. Nous n'avons pas hé-


sité à ramener ces aux vieux mots
néolog'ismes

de la langue philosophique française, non pas seu-


lement pour rendre plus facile la lecture de notre

auteur, mais aussi poun^éviter à certains es-

prits la tentation
qui pourrait leur venir de croire

que, derrière ces mots nouveaux, il y a des idées

nouvelles, méconnues jusqu'à ce jour parla légè-


reté de l'esprit français.
Quels que
soient les défauts du livre
original que
nous publions, et ceux que la traduction peut y
avoir ajoutés, croyons nous
qu'il est appelé à ren-
dre quelques services à la philosophie française.
Puisse-t-il contribuer à rappeler sur les études lo-

giques l'attention qu'elles


méritent! Un écrivain

anglais,
M. (îalton, qui applique ingénieusement
Xl l'HÉHACE I)l! TRADUCTEUR.

la statistique aux questions morales, dans l'en-

quête qu'il a ouverte tout récemment sur les con-


ditions du g'énie scientifique, sur l'éducation, sur
le rég'ime intellectuel qui convient à la jeunesse
des futurs savants, a recueilli le témoig-nag'e de

quelques-uns de ses correspondants, qui parlent


avec insistance des avantages qu'ils ont retirés de
l'étude de la log'ique (1). Sans doute on devient
souvent un savant sans le secours de la logique,
mais avec la logique on le deviendrait plus commo-
dément et plus fréquemment. D'ailleurs, outre l'in-

fluence positive qu'elle exerce sur les


progrès réels
de la vérité, la log'ique a aussi pour résultat de
« dég'ag'er le cerveau », selon l'expression de Ho–

g-el, de dissiper les chimères et les fantômes, d'em-


pècher les écarts de l'esprit. De même que l'étude
sérieuse de l'esthétique et de ses lois nous débar-
rasserait des faux poètes, soit en les décourageant,
soit en les rendant meilleurs, de même la connais-
sance approfondie de lalog'ique aurait tout au
moins l'avantag'e de diminuer le nombre des faux
savants. Les aberrations de de système,
l'esprit les

conceptions irréfléchies de l'imagination, les utopies

sociales, les rêveries astronomiques, la folie du

spiritisme et des autres formes de la superstition,


en un mot la déraison sous toutes ses espèces, tout
cela nous serait épargné en partie, si tous ceux qui
se mêlent de penser et d'écrire, avaient d'abord sou-
mis leur esprit à la sévère discipline de la log'ique.

Gabriel Gompayhk.

(I) Voir Rexve '/<< CM<)'<s·icntiJèques,> 2 tnars <8'?4.


PRÉFACE DE L'AUTEUR

Le présent ouvrage aspire à présenter un sys-


tème complet de log'ique à la fois formelle et in-
ductive.
Un chapitre préliminaire expose, avec les doctri-
nes psychologiques qui exercent quelque influence

sur la logique, la nature de la connaissance en géné-

ral, et la classification des sciences; on a voulu ainsi

éviter, dans le cours de l'ouvrage, toute digression


qui aurait trait à des points de doctrine. Bien que
ce chapitre soit destiné à préparer l'intelligence de
tout ce qui suit, il pourra suffire, à une première
lecture du livre, de le parcourir rapidement.
La première partie (déduction) contient la théo-
rie ordinaire du syllogisme, avec les additions

d'Hamillon, et un abrégé des systèmes composés


récemment, avec un si remarquable talent par de
Morgan et Boole.
La seconde partie induction) comprend les mé-
thodes de la recherche inductive et toutes les

questions accessoires que M. Mill a soulevées, en


les considérant comme des parties du problème de
l'induction. Diverses modifications ont été apportées
Xlij l'Rlîl'ACH
l~

à la position
de la question, à l'ordre des argu-
ments, aux proportions de la discussion. L'innova-
tion la plus considérable est l'explication de la loi
de causalité, par la théorie nouvelle de la conserva-

tion, de la persistance ou de la corrélation de la


force.

Les vues de M. Mill sur les rapports de la déduc-


tion et de l'induction sont adoptées sans réserve.

Seules, en effet, elles donnent le moyen de résou-


dre le problème du syllogisme, qui reste autrement

inextricable; seules elles assurent l'unité et la


clarté de la logique.

Un livre spécial a été réservé à la logique des


sciences, en vue d'éclaircir un nombre
par grand

d'exemples les méthodes logiques, et aussi de jeter

quelque lumière sur différentes parties des sciences


elles-mêmes. Dans col examen on a donné place à
toutes les sciences théoriques, ou fondamentales, –
les mathématiques,
la physique, la chimie, la bio-

logùe et la psychologie; aux sciences de classifica-

tion, c'est-à-dire à l'histoire naturelle; enfin à deux


sciences des – la
pratiques plus importantes, poli-
tique et la médecine.

La théorie do la définition est pour la première


fois soumise à un
plan méthodique, et étudiée sur
le même pied que la déduction et l'induction
comme une branche essentielle de la logique. Les
méthodes de la définition, considérée comme un
instrument de généralisation, sont ramenées à deux

règles, une règle positive, et une règle négative.


jjk i.'aitiîuh. xliij

L'attention du lecteur
est appelée sur les difficultés
de la définition – l'incertitude du sens
principales
des mots, et lechangenionl insensiblequi transforme

graduellement une qualité en la qualité contraire.

Dans la discussion des sophismes, j'ai épluché


les raisons que l'on donne pour justifier l'usage,
généralement adopté, qui consiste à séparer l'étude
des erreurs, contraires aux règles logiques, et l'ex-

position de ces règles elles-mêmes. suis ef- Je me


force do montrer que dans ce sujet deux parties
seulement méritaient d'être étudiées à part les ten-
dances sophistiques de l'esprit, et les sophismes de
confusion. Comme ces deux sont de
questions

grande importance et comportent de longs éclair-


cissements, elles ont été examinées l'une et l'autre
avec quelque minutie.

On n'a omis aucune des se


questions qui rappor-

tent à la logique; mais il a paru convenable de

séparer ces discussions du corps même de l'ou-

vrage. Dans un appendice, on a réuni les diverses


classifications des sciences, la détermination du do-
maine de la logique, la classification des objets
qui peuvent recevoir un nom, le postulat universel,
les divers sens de l'analyse et de la synthèse, les
théories de l'induction, l'art de la découverte, et
cnfllt les règles de l'évidence historique.

l'otir adapter cet ouvrage à un cours élémentaire


de logique, il faudrait omettre les additions ait
syllogisme, la logique des sciences, et les chapitres
de l'Appendice. Les jeunes étudiants ou les eandi-
Xliv l'UÉl'ACIi DE 1,'aLTKUR.

lin
datsICI aux
Cl 1 1 v mi"1 ivt aiil<
examens,
on »»
sans ti i.li Aiinlinn
chercher à > r\r\
connaître ces

parties réservées, peuvent trouver dans le reste de


un livre de lecture I»
l'ouvrage classique.
C'est une conviction généralement répandue que
la logique purement formelle est médiocrement
utile, et que les règles de l'induction doivent être

expliquées par des exemples, même dans les cours


de logique les plus élémentaires. J'ajouterai qu'une
attention croissante doit être accordée à la défini-
tion et à la classification, en les rattachant l'une et
l'autre aux études scientifiques, et même à des su-

,jets qui ne passent pas en général pour scienti-

fiques.
Comme je pourrais être accusé de présomption
en paraissant rivaliser ici avec M. Mill, je me hasar-
derai à remarquer que la seule chose ait manqué
qui
jusqu'à présent au succès de son
grand ouvrage,
c'est d'avoir suscité de nouveaux efforts pour éten-
dre plus loin encore le système de plus en plus élargi
des méthodes log'iques.

Aberdccn, murs 1870.


LA LOGIQUE
DKDIJCTIVE u ET 1NDUCTI VU

INTRODUCTION

1. La logique peut être brièvement définie, un corps de doctrines et de règles

qui se rapportent à la vérité.

Le rôle de la logique sera, dans la suite de l'ouvrage,


déterminé avec détail et précision. Pour le moment, remar-
quons qu'elle concerne la vérité de-choses, non les choses
particulières dont il s'agit, la forme, non la matière. D'ail-
leurs, si elle est à un point de vue une science théorique,
elle est surtout, dans ses principales visées, une science
pratique.
Dans ce chapitre préliminaire nous avons à considérer les
questions suivantes
1° Les données psychologiques ou fondements de la lo-
gique;
2° Les premiers principes de la logique
3° La nature et les classifications des sciences;
4° Les différentes formes données à la définition de la
logique;
«)" Les divisions de la logique.

t. Données psychologiques de la logique.

ï. La logique, ù tous los points de vue, implique do fréquents appels au\ luis
et niix opérations de l'esprit; et plus ces appels se multiplient, plus s'étend
le domaine de la logique.

Dans la logique vulgaire des écoles, c'est-à-dire dans la

logiqiiedéductiveousyHogïstique, voici sur quellesopératioiis


Bain. Logique. 1.
2 liNTKODIXTION.

intellectuelles portent les explications d'usage: la percep-


tion ou simple appréhension; l'abstraction qui forme les
notions ouïes concepts; le jugement qui formule des pro-
positions et le raisonnement, ou le fait de tirer de pré-
misses données des inférences et des conclusions.
Dans la logique inductive, on se livre ordinairement à
des recherches sur l'idée de cause. Par on s'enquiert
suite
de la discussion relative à l'origine des idées on discute
la question de savoir si nos connaissances dérivent toutes
de l'expérience ou si elles sont en partie (par exemple,
l'idée de cause, les axiomes des mathématiques, etc.), in-
tuitives, instinctives ou innées.
On considère comme une partie de la logique la théorie
de l'explication des phénomènes, et des limites de cette
explication. Il est pour cela nécessaire de faire un retour
vers la constitution des pouvoirs de l'esprit. C'est là le but
avoué de Locke, dans son Essai sur l'Entendement un
des livres qui ont le plus contribué au développement de la
science de l'esprit.
l)ans ces conditions, il semble que la méthode la plus
satisfaisante soit d'exposer, d'expliquer, une fois pour
toutes, au début de ce livre, toutes les parties de la psycho-
logie qui sont en quelque façon impliquées dans les règles
de la logique. Cette exposition, d'ailleurs, sera nécessaire-
ment brève.

DISTINCTION OU UELATIVITÉ.

A. Pour que l'esprit éprouve un sentiment, il faut (|u'il y ait nn changement


dans l'impression d'où il résulte que tout sentiment a, ainsi
pour dire,
denv cotés {is two-shlett). C'est la loi de la distinction ou de la relativité.

L'observation montre
que la continuité ininterrompue
d'une môme impression n'est pas accompagnée de con-
science. Plus grand est le changement, et plus vive est la
conscience. Une sensation permanente du loucher, ou un
son monotone, cessent promptemeut d'être sentis; si la
température reste la même, nous perdons tout sentiment
USTINCTION ET RELATIVITÉ. 3

du chaud ou du froid. Plus convaincants encore sont les


exemples qui montrent que les changements nous affectent
d'autant plus qu'ils sont plus considérables ou plus sou-
dains. Toute modification brusque nous excite et nous sti-
mule. Le premierrayon au sortirdu soleil
de l'obscurité,
la première gorgée d'eau qui nous désaltère, le moment
où l'on passe de la pauvreté la – voila les
richesse, phé-
nomènes qu'accompagne le le plus élevé de la con-
science. Les moments de transition une fois passés, il y a
comme un
apaisement insensible de l'émotion produite.
Par conséquent, il ne suffit pas de savoir que l'esprit est
soumis à l'action d'un sentiment ou d'une impression,
pour connaître dans quelle mesure il en a conscience; il
faut encore savoir quelle était la condition qui a précédé
immédiatement, et depuis combien de temps dure l'impres-
sion nouvelle. Qu'un homme possède aujourd'hui mille
livres, ce n'est pas un critérium suffisant pour apprécier
jusqu'àquel point il jouit de cette abondance de biens. Si, il
y a un an, ce môme homme ne
possédait rien, il est évi-
dent qu'il éprouve des sentiments tout à fait différents de
ceux d'un homme riche, qui aurait vu sa fortune tomber
de dix mille a mille livres.

4. Pour ce qui regarde la connaissance, il doit y avoir de munie une modification


ou un changement l'acte de connaître contient toujours deux choses.

Lorsque nous considérons les phénomènes de l'esprit au


point de vue de la connaissance, la même loi est encore
vraie. Nous connaissons la chaleur parce que nous venons
d'éprouver le froid la lumière, parce que nous sortons des
ténèbres le haut, par opposition avec le bas. Toute con-
naissance absolue est une chimère nous ne connaîtrions

pas le « mouvement », si nous étions incapables de con-


naître le « repos». Comment saisir ce qu'on entend par
une ligne droite, si l'on n'a pas vu une ligne courbe ou
brisée? Y
Nous avons, il est vrai, le pouvoir de fixer notre atten-
tion, dans ces couples d'objets, sur un terme plutôt que
4 îivruoDucj'iois.

sur l'autre, lui ce sens seulement est


permis déparier
d'une qualité individuelle. Nous pouvons attacher notre

pensée à la chaleur plus qu'au froid, à la ligne droite plus


qu'à la ligne courbe; de ces idées, l'une peut être deux
l'objet v-v/dlrtlr de notre pensée, tandis que l'autre n'en est
que l'objet implicite. Comme les changements peuvent se

produire dans nos impressions en deux sens, – du chaud


au froid, et du froid au chaud, – notre sensibilité est af-
fectée différemment dans les deux cas. La plus vive con-
science de la chaleur se produit lorsque nous passons à une
température plus élevée; la plus vive conscience du froid
lorsque nous
passons à une température plus basse. L'état
mental où nous arrivons est notre conscience explicite
l'état mental d'où nous sortons est notre conscience impli-
cite.
Le principe de la relatif i té est appelé à jouer dans la lo-

gique un rôle important. Nous le retrouverons dans les


théories relatives aux noms, aux définitions, aux
proposi-
tions ou jugements. Il est destiné à rectifier toute une vaste
catégorie de sophisme» les sophismes qui consistent à sup-
primer la relation, ou souIiUmes de l'absolu.

ACCOlUtOi: lŒSSKMIiLAM.i:.

5, Lorsque, après un intervalle, une impression se renouvelle, nous éprouvons


une forme nouvelle el pitrlieuliere de eonscience, l'impression ou lu cons-
cience île l'cieemil dans la différence.

Nous voyons devant nous bougie; on l'en- brûler une


lève; on la rapporte instants
quelques après. Nous éprou-
vons alors, outre l'impression de lumière, une impression
nouvelle le sentiment de Wiccord, de l'identité, de la ré-
pélitioii. C'est là, dans nos opérations intellectuelles, un
état mental non moins important que la conscience de la
différence ou de la distinction. Nous expérimentons sans
cesse le renouvellement de nos impressions antérieures,
sous des formes plus ou moins modifiées, et nous sommes
affectés d'une conscience d'autant plus vive, que la modi-
LA t~Ff''i~[!:r<Ct':HT).'A(:CO)U'. H

11 Il 1
fication est ptus grande. Cette conscience de l'accord com-
un grand nombre de degrés de-
pot'te dans son intensif
insignifiante qui nous fait rcconnaitre le
puis l'impression
commencement d'un nouveau jour, jusqu'à i'cdair de

génie qui produit une grande découverte, en assimitant,


en identifiant, comme l'a fait. Xe\vton, la ctmte d'une pierre
a la force qui pousse la lune vers !c gtobc tcrt'cstre.

).A COK~'AtSSAKCHASSOC.Π).A !UFFMftENC!: ~t' L'ACCOUD.

< Cnxnnitre un hit, c'Mt i't )a fois te t!is)in{;ucr de tnus )c.s faits différents, et
)'ac<'())()pr ou ['ittcntifict' :~)'<' tf))~ )<'s faits scmh!a))h's.
Ontrc pt'sdt'ux pouvoirs <))' )'<)')!<, )c.s<'))) auh<'t')cn)f'))t df la rottnaissa~~f'p
est !a )Mmoirc, qui Mt d':ti))<'u)'.s )<))))t!qt~'e dans CM deux [)ouvoirs.

La connaissance de la chateur comprend i" une sëric


d'impressions de différence ou de distinction entre )a cha-
leur et le froid 2" l'accord ou le renonve))ement de ces
mûmes impressions dans des conditions ditterentcs.
Outre la transition de la chaleur au froid, transition qui
est le premier élément de la connaissance de la chateur,
d'autres se produisent
transitions qui nous font passer de
tachateur a d'autres
sensations. Par exempte, nous passons
d'une sensation de chateur a une sensation de tumiere; la
différence de ces deux sensations introduit dans notre con-
science un nouvel etement. de distinction, et donne une
signification nouvette à ia chateur, et. aussi ta lumière.
La chaleur alors n'est plus seulement ce qui s'oppose au
froid, ettc est aussi ce qui s'oppose a uue seusation de
tumiere. C~est ainsi que chaque sensation nouvettequi suc-
cède a la sensation de chateur, et: qui se distingue d'eue
dans notre conscience, donne a ta chatcur une nouvette
signification négative nous disons alors que la chatcnr
n'est ni te goût, ni l'odcnr, ni ta sotidite, ni te son.
D'un autre côte, une impression mentale, comme i'idre
ou la connaissance d'un
schetting, est ta somme de toutes
les différences que nous avons constatées entre ce scheHi))~
et tout ce qui n'est pas lui en même temps que la somme
6 iN'rno~'c'no;

de toutes les ressemblances


qui existent entre le schelling
et les choses que nous lui avons comparées. Nous disons
qu'il est rond cela signifie qu'il diffère de ce qui est carré,
oblong, ovale, etc.; cela signifie encore qu'il ressemble à
tous les autres objets également ronds, qui dans un grand
nombre de circonstances nous ont frappés par leur forme
identique la forme du schelling.
Il en est de même pour te poids d'un schelling, Nous le
connaissons et par
par différence nous sa- ressemblance:
vous que le schelling est plus lourd que certains objets, plus
léger que certains autres, ce qui est une différence; nous
savons qu'il est au contraire identique dans son poids
avec une troisième classe d'objets, ce qui est une resssem-
blance.
La l'idée,
connaissance, ou la représentation d'un objet
concret est donc comme l'agrégat de toutes ces opérations
mentales de différence ou de concordance, fixées et retenues
dans l'esprit par le pouvoir intellectuel qu'on appelle la
mémoire: c'est grâce à la mémoire que nous sommes ca-

pables de distinguer et de comparer nos impressions pré-


sentes et nos impressions passées, et d'accumuler une vaste
provision d'cffets et pour ainsi dire de dépôts intellectuels,
appelés idées, connaissances, pensées.

LA CONNAISSANCE EST i'E i)!;UX ESPACES ELLE EST OBJECTIVE

Ot; S) n.!EC.T[YE.

7. !.n cnnnak.'ianced un M'h'')hn}:, d'une maison, d'une montagne, dnne etoi)f,


t'.st dnt'ohj';)'ti\< eue <<' rapporte a t'oi)jct, f!) d'autres tennt's, au n)on<h'

cxtt'm'm'. I.a connaissance t)'m< )<)aisn, d'une nt'nn', d'une .succt'Miun d'i-

tift's dans notre esprit, t'st dite 'inbjt'ctive t'Uc se rapporte an sujet, c'cst-

a dne an monde interien)'.

Nous
possédons tous un grand nombre de connaissances
décès deux genres: quelques esprits renferment cependant
plus de connaissances subjectives, quelques autres p)us de
connaissances objectives.
J.KSif'KKSAXS't'ttAH'KS. 7

f.A CONNAtSSAKCË CONSHJËHËE F COMME !NrUVUJUKLLE K't-

CONCtt~TE; 2° COMME CËNËHALK ET AUSTttAITE.

8. La connaie.sauce d'une tah!e qui est située dans une chambre a un moment

detenniue, est une connaissance indtvidneUe ou concrète au plus haut degré.


t.a connaissance de la tahie sans rotations de temps ni de !icu est nu'' co!t-

onitsancn gencratt' ou fdtstraitc. Gracf t) la loi d'accord t't de n'ssenddanct',


nou< asaocinns dant t~ott'c <<())'it (dus'n'urs tahh'.<! pftrticutit't'c.s, en ne f'onsi-

d''runt <)uc h'urs rapports, ft en m'~ti~'ant ipnrs diftcrcnces. Nous conct'vuns

tus quatitMii qui h'ur sont conununcs K toutes, (.'est en cela ()UR consiste h'

df t'csprit l'un des pouvoirs les plus importa!)ts (if


pomoir g<'nt!ra)isatt'ur
notre inteUijjcncc, et <jui n'est d'aiiteurs qu'une conséquence du pouvoir
fondamenta) de t'accord ou de t'assin)i!ation.

MSCUSStON KEf.ATtVK AUX COKNAtSSANCES (.ËNËRALES APPELÉES

AUSSt tDÉES AttSTItAtTES.

0. !,es connaiisances générâtes, prises dans leur sens rigoureux, resuttent de

l'accord de connaissances partientiere-'i cet accord est constate


ptuaieurs
par t'onptoi d'un mot conuMun.

Un motgenurat comme e ccrdc )), « rond », «antmat",


« sage H, est upptiquc a des choses qui par certains côtes se
ressemblent, et qui par d'autres diffèrcnt, afin d'exprimer
leur ressemblance.

On a
quetquefoh suppose que les quatites communes aux choses sem)d.)h!es
existaient quetque part en dehors des choses. C'est la doctrine appctee
ren~fme.

Certains philosophes, de l'école de Platon, ont cru qu'il


existait, dans l'univers des êtres, un cercle en général.
c'est-a-dirc une Ibrme circulaire sans
substance, sans gran-

deur, sans couleur. il y aurait De même


des archétypes,
des formes idéales pour l'homme, pour la justice, pour
Dieu, etc. Apres une ardente controverse qui fit rage au
temps de la philosophie scolastique cette opinion a été
abandonnée.
Néanmoins le realismcsubsisteencorcdans la doctrine d'un

monde extérieur indépendant, et au~i dans la croyance


8 tynu~DL'C/nON.

a une âme, a un esprit considère comme une subs-


tance distincte.
A parler rigoureusement, nous ne connais-
sons te monde extérieur que comme une perception de nos
sens, et l'esprit ne se revête jamais a nous que dans son
union avec lc corps.

L'iK'.u!t!'t't'.H'on()'t'n)<'n(h't't'.i('con) dans la difh'rcnce, consiste a adnx'ttrc

,c l'I'pl"elllel' à IlIi.uu\me dans uue notion Ics rcssemlrlauces


que l'eslmit ·peut
que t't'sjxit peut st'rcp)t'sent(')'ahn-[)i(''mc()a)).s
()('sohj('t.s))u''nu's,c!~))t'rdantFntit't'ftncntdctnc)t'sdifft'rfnc('s.C'estc<' une notion tes rt'sscmt~ance.s

t~t<)nat)pcHet('C(~/t'<f/v/«'.

Dansce cas, si l'on reconnaît qu'il n'y a pas en réalité de


cercle en soi, on suppose du moins que l'esprit, est capable
dépenser a la forme circulaire, à l'exclusion des antres
aux cerc)cs – la )a
qualités propres particuliers matière,
conteur, la grandeur.
Cette opinion, ene aussi, est. inexacte; carotte exagère le

pouvoir que possède l'esprit d'accorder


la préférence de
son attention à )'un ou a l'antre des attributs d'un objet con-
cret, tel qu'un scbetting ou une roue. Sans doute nous pou-
vons donner plus d'attention a la rondeur, et moins à la

grandeur; mais il est impossible que nous pensions à la


rondeur, sans penser a une certaine grandeur ou à une cer-
taine couleur.
Penser une abstraction, ou concentrer son esprit sur une
isolée, c'est penser alternativement aux différents
qualité
cette qnaUté. Nous pensons à la ron-
objets qui possèdent
deur, en nous représentant divers objets ronds, qui dif-
férent par ta matière,
d'aiucnrs par la grandeur, par la
conteur, etc. Le résultat de cette transition rapide de l'esprit
qui passe d'un objet a un autre, c'est que la qualité de la
rondeur fait pour ainsi dire saiHie, parmi toutes les autres
quautes, qui au contraire sont rejetecs a. t'arricre-ptan,sans

disparaître cependant entièrement. Le grand fait que t'abs-


tractiou implique constamment, c'est l'acte de passer en re-
vue des objets particuliers quiseres-~embteutsur un ou

plusieurs points, ma~re teurs autres différences.


Kous avons t'babitude d'emptoycr des objets hidividuets
)h)ŒSf.ÉNKi<ALF.S. 9

poursymboHscr une multitude d'objets: comme dans les


figures géométriques d'Kuctide. I! est inuti)c,dans les
raisonnements géométriques, de pen-eraun grand nombre
de choses circutaires: il suffit d'étudier les propriétés du
cercle dansmx: seule ngm'e, pourvu que nous prenions soin
dencrien~w<quisc rapporte a. la grandeur, a la
coûtent', ou a la matière; quatites nécessairement. insepara-
btes même de la figure la ptus simple.
Lorsque les togicictis partent d'idée, de notion, de con-
cept abstrait, il ne faut pas entendre par là autre chose que
l'accord d'un certain nomttre de choses il un point de vue
donne.

QUE L'U'È); ))'UK t.\h)VU'); KST )iK ASS~nn.ACH D'tDÉES

<H~)'tA).HS.

)O.L"'s(jU('«tn)'id<)nnnnsunnomà!ap''rfc)))io!)t)'m)int)i\i(t'),<'nmmc]'ar
t'x<'t~)'tcutt:nh)'c,it!)t\<)pa'))ast'uh'uu'ntr'impt'c'!SHH).st't)sih)t'<ht!t)u-
m('nt,Hya aussi un as!satt"<~n!i;<'<)('p))).if'H)'simprM'iionsj;nt--
ta)i.cs.

Lorsque nous regardons nn arhrc, nous sommes soumis


il un grand nombre d'impressions diverses les conteurs,
les formes, les grandeurs, etc. Or, cttaque impression
distincte nous rappcttc, par suite de la loi d'accord ou de
ressemblance, toutes les impressions ~cmbtabtes que nous
avons antérieurement éprouvées, et l'idée de t'arbrcse
trouve ctre ainsi non une represt'ntattun sensible pri-
pas

mitive, mais un compose, un ensemble, où se mctcnt a


cette représentation nouvctte
plusieurs sensationsancienncs.
Omque trait, ctfaquc dotait de t'artx'e nous suggère une
classification appropriée a cette quatite tes conteurs brune
et verte ne font impression sur nous que comme le résume
de toutes les sensations semblables de ces mêmes nuances.
Le concret et l'abstrait sont donc, on te voit, inextri-
cablement metes et confondus dans t'esprit. Un objet abso-
lument concret, qui ne pourrait être analyse et ranx'ne a

des abstractions ou il des classifications, c'est quoique


~)(l ).rno))rc.'['x'N.

chose qu'on ne rencontre nul)e part. Notre connaissance


suit il la fois deux marches différentes les connaissances
individuelles produisent des généralités, et les gencralitea
réagissent pour constituer les notions individuelles. S'il se
rencontrait dans le monde une chose concrète qui n'eût
aucun avec d'autres
rapport objets concrets déjà connus,
nous pourrions sans doute, on nxant tes yeux sur cet objet,
en le comparant à lui-même, acquérir l'idée d'une indivi-
dualité reeUement concrète, dans laquelle ne serait impli-
quée aucune idée générale mais
objet concret
un tel
différerait de tous les objets concrets que nous connaissons.
Nous ne sommes donc pas en état de noug former une

pareille idée.

)t.C'("icar.K't<ti'iK)nM't'\i.s)('m'('indi\idn<'ht't't('f)ncn'tt',(;c.st[)u't;U('c'!t
un c()nn)(Medt'tcnnin6([UH nous ncconfondons avec d'autres t!\is-
pas
t('ucM(ndi\idt)L'Hcs.

Le nombre des qualités générales qui se rattachent a


une existence individuelle doit être de nature a lui donner
un caractère spécial et défini. L'arbre que nous considé-

rons pour le moment est individualise par une rencontre


de qualités qui ne s'était jamais produite auparavant ou,
sinon par cette rencontre
elle-même, du moins par les cir-
constances environnantes, par les particularités de temps
et de lieu qui accompagnent la perception. Un schelling est
de même individualisé par les circonstances de temps et de
lieu où il se montre à nous.

) ?. La distinction entre m ~r~M~MM (tentation actncuc) et )a '-<y)/-<M<'H/<!<«M;


(conception
(C()II('ptionll.h~tmitc)
M)Mtr.tit(;) )e\it'nt
revirut à àla t.)di~tillcti()n
distinction <nn eviste
tlui c\i.stf <'nt)c laun aMcmhia~e
entre assemhlage
t~'tt'nninc d't'tf'M gcncm)M, et un ass<')nbtagH indt'tominK ()<* cet tm''nn"i
ideM.

Un scbening main,dans ma
c'est ce que j'appelle une
/)7'CM.«~M le schelling cnnsidere comme une monnaie
gencratc du royaume, c'est ce que j'appett'' une i'v'/Mv.v~-
<<~i~Ici, en ctt'ct, ma pensée se porte indifféremment
surdiv''rse))d!oits,ttiv'')'smutnent-,divcrsescirconstances;
).jH['m.\CtPEUË)tAtSONNEMHNT. H9

elle n'est point liée à un moment d6termin6, à une si-


tuation définie.

13, Les noms qui dÍ!Sigllt'lItI, illdÎl'idlis cOl'l'o,spondentau


IS.Lcsuomsquid~'signtinttt'sindiyiduiieort'ospondontgcm'ratcmentauca- ca-
t'actcre qu'ont ~'s individus d'(U ru des asscmbtaged'idtit;sgenMnd''s.

Il y a un très-petit nombre de cas ou tes noms des


individus n'ont aucun générées
rapport qui avec tes idées
entrent dans la composition dos iducs individuelles
par exemple, lorsqu'un homme est appelé César. On a
alors les noms propres, mots qui ont le moins de sens pos-
sible, purs symboles, employés pour distinguer les objets
les uns des autres. Mais, dans la grande majorité des cas,
les expressions verbales trahissent dans leur composition la
marche que l'esprit a suivie dans la conception de l'objet;
elles spécifient les notions générales qui composent l'idée
individuelle. Un vaste édifice gothique, un homme robuste
de quarante ans, cubique d'une certaine
un cristal dureté
et d'une certaine densité, voilà des désignations verbales

qui sont tout à fait d'accord avec la nature des idées.


La philologie confirme ici notre opinion. Les noms pri-
mitifs de certains objets concrets comme le soleil, la lune,
le père, la ont au fond un sens gênerai. La lune

(MMo~) est l'astre qui n mesure », le père (fatleer) est lo


nourricier (/M'f/<), et ainsi de suite.
Il semble donc qu'il ne soit pas possible de concevoir
les objets individuels sans généraliser et classer en même
temps. Un même mot est à la fois individuel et général.

LA LOt IKTELLECTUHL).)': Ut': L'ACCOtUt OU UE LA RESSEMBLANCE

EST LE t'HtKCn'E DU RAtSOXKEMEKT.

ti. Lf raisonuoucnt, MustoutM M"; formes, imp)iqnc les opération!! que dirige

ht)oidt!).)rfM('m)')Knfe,<'t<)')icon'.istctttaassi[nikt(n)t;choseaunt'
autre.

Le raisount'mcnt, sous sa forme la plus générale .con-


siste à inférer d'un fait particulier un autre faitparticuiier
de la metnc espèce. C'est la ressemblance qui stts;g)'rc
i2 [N'HtODUCTION.

i'inference et qui nous a généraliser


autorise tes quaUtcs.
Nous jetons une pierre dans un étang. La pierre, aprÈs
avoir produit a la surface de l'eau des c'ctabou'snrps

bruyantes, tombe au
fond,pendantqu'autourdupointou
el)c est tombée se dessine une série de vagues. Delà nous
inférons par raisonnement, nous présumons qu'une autre

pierre jetée dans te même étang y produira les mêmes


effets.Nous pouvons attcr plus loin,étendre cette infercnce
a un autre étang ou à toute autre masse d'eau. C'est ta
faire des infcrences, des raisonnements; c est dépasser
notre expérience actucHe pour étendre notre affirmation a
ce que nous ne connaissons pas. La ressemblance des cas
est ce qui détermine l'esprit à faire ce pas en avant, a anti-
ciper dans ses jugements sur ce qui u'Cxt pas encore arrive.
Ainsi nous n'irons pas inférer qu'une poignée de feuilles

sèches produirales conséquences


jamais de la chute d'une

pierre. Ni nos
croyances instinctives, ni notre expérience
de la nature, ne nous déterminent a attendre la production
des mêmes effets dans des circonstances différentes.
Cette forme de raisonnement est d'un usage gênerai et
nous est commune avec tes animaux. Un anima), habitue

trouver un abri sous un conclut mfercnce


buisson, par

d'un buisson a un autre


buisson, et ce qui le dirige dans
ce raisonnement, c'est la ressemblance des deux objets. Un
chien est détourne d'une action même par les menaces
d'un étranger qui manie devant lui un bAton qu'il n'a
c'est encore la ressemblance avec les
Jamais vu partieue
expériences antérieures qui suffit ici pour cveHtert:) crainte
du chien.
Une autre manière de raisonner, c'est lorsque, au moyen

des mots généraux, nous inferons scu) cas ou d'un d un

petit nombre de cas tous les autres cas de la môme espèce

tursque, par exempte, après uu petit nombre d'expériences,


nous concluons que toutes tes pierres vont au fond de t'eau,
que tontes les matières végétâtes sont combustibles, que
tous tes animaux nais-cnt d'autres animaux, ('est ta

t'«'~<w, dans son sens te plus technique, c'cst-a-dire te


UtU<KmH'!H)(.))'Ft))';NO'ri(H(:ONNAtSSAK<;)' {~

raisonnement non pas d'un cas particulier a un


qui passe,
autre cas partiodicr, mais de cas particuticrs a une affir-
mation univcrsc~e. Ici encore c'est la ressemblance qui
~uide l'esprit, la ressemblance, c'est-à-dire )a loi d'après

laquettc une chose nous su~ere l'idée des choses qui lui
ressemblent. C'est en 'vertu de la ressemblance que nous
associons dans l'esprit tous les faits
analogues qui ne sont
venus à notre connaissance nous sommes alors
jamais
de comparer les traits communs, les rapports, en
capables
vue d'établir une proposition gen6rale, ou, en d'autres
termes, une proposition inductive.
La troisième forme
raisonnement, de
que l'on appelle
la (/MC/ est encore fondée sur le principe de la res-
semblance. Lorsque de cette proposition–toutes les pierres
vont au fond de l'eau–nous inferons que tel autre corps ira
de même au fond
de l'eau, nous faisons une déduction
nous sommes autorises a la faire parce que ce corps res-
semble aux antres, on possède tout au moins les qualités
générales indiquées par le mot n pierre )). Lorsque l'esprit
s'est d'un c'est la ressem-
empare principe général, par

blance qu'il est conduit a découvrir les cas particuliers qu'il


convient de rattacher a ce principe, et c'est ainsi que nous
étendons notre connaissance par le procède deductif.

OUC-t~K mn'nUQL'E )'Ë KOTHK COKKAtSSAKCH.

1&. K(M
i5. Nos connai~ux'cs, soit par
cor.nu¡ssmll~cs,soit it tala ~m(i('<
l'apport M
l'al'r.))))'ort soit par
matii~I'l',suit rapporl ail t'es-
pal' rapport l'cs-
prit, sont te n'suttut d't'xpt'rit'm'cs dont nous avons con.st'it'nce.

l'our
ce qui regarde la matière, le monde extérieur on
<A/cc/ c'est par l'intermédiaire des sens, associes aux
mouvements, et gouvernes par les trois lois de 1 IVi'ELH-
UHNCH la ~i~'f.wc, la /'('ww/<rc, )aM«'wwc,(]uc
nous acquérons nos connaissances. Xou- vovons, nous en-

tcndons,nnustoucltons, nous moutons, nous flairons. Ps'os


énergies actives so)ttprovoq)u''t's a l'action [):u')a résistance
des objets, par leurs mouvements, parieur étendue. !\cns
distinguons ou nous idcntiiions nos di\er-t'-impressions;
i4 ~L~ )K'mo[)L'cnor(.

nous acquérons )c pouvoir permanent de les reprodu)i'e


nous associons les objets dont tes rapports nous frappent.
Enfin, par ces diverses opérations (expliquées tout au long

par des exemples dans la science mentale ou psychologie),


nous enrichissons peu a peu notre trésor d'images, d'idées,
de pensées, relativement au monde extérieur.
En ce qui concerne
l'esprit, c'est-a-dirc la connaissance
de notre vie intérieure, les sens n'agissent plus. Nous
avons directement ou immédiatement conscience de nos
sentiments, de nos pensées, de nos volontés, et nous ac-

quérons ainsi le pouvoir permanent de nous les représen-


ter. Nous nous rappelons nos plaisirs et nos peines, et l'ordre
dans lequel ils se sont produits nous faisons connaissance
non-seulement avec les choses, mais aussi avec les idées
des choses, avec les lois qui gouvernent la naissance et la
succession de ces Idées. Ainsi, c'est un fait de notre vie
psychologique ou subjective que nous nous rappelons
aisément tout ce qui dans la réalité a fortement frappe
notre attention.

Xi. U a été aHegne que nuetqnes parties de notre connaissance, au lieu d'être
te résultat <)e l'expérience, comme la ptnpart de nos idées, sont intuitives,
c'Mt'a-dire inhérentes a notre esprit, enfin indépendantes, soit de l'opération
de nos sens sur tes choses actueHes, soit des phénomènes particuiiers de
notre conscience subjective.

A différentes époques de l'histoire de la philosophie on


a donné diverses listes des éléments intuitifs ou à ~n'<M'<
de notre connaissance. Aujourd'hui la discussion porte
principalement sur ces quatre notions le temps, l'espace,
la ~t<6.i'MC~ la <MMM'.

On soutient y a dans ces notions quelque


qu'il chose que
l'expérience ne peut produire, et qui doit par conséquent
dériver d'une autre source de connaissance.
D'un autre côté, les partisans de ta théorie empirique
prétendent que la force motrice, les sens et la cons-
cience, assistés par les fonctions intellectuelles, suffisent à
rendre compte de ces notions.
()HI(j.lNKEMn!)!'JUEt~KOTKECOKNA!SSA!SŒ. 1S

Le TEMPS, par exemple, est une abstraction, et, comme


toutes les autres abstractions, il résulte d'une certaine res-
semblance saisie entre différents objets, entre différentes
impressions de l'esprit. Toutes nos expériences, objectives
ou subjectives, se montrent à nous avec une durée plus ou
moins longue l'attribut du
temps est précisément l'asso-
ciation, l'assimilation de ces états qui durent, considères
uniquement au point de vue de leur durée. En dehors de
ces expériences réelles, relatives à la différence et à la res-
semblance des choses qui durent, le temps n'est rien il
n'est pas une substance, a moins qu'on n'accepte la doc-
trine vieillie duréalisme il n'y a pas non plus d'idée dis-
tincte du temps, à moins qu'on n'adhère à la fausse doc-
trine du conceptualisme. En l'absence d'objets ou d'états
continus ou durables, une intuition du temps est contra-
dictoire mais, en présence d'expériences réelles qui nous
représentent des choses durables, que nous pouvons com-
parer, maigre leurs diilerences, au point de vue de leur
durée, nous sommes conduits à former l'idée du temps.
Il en est de même de l'ESPACE oude l'étendue, qui
est l'attribut commun de toute matière, et qui ne concerne
plus l'esprit. L'étendue appartient à la fois à la matière
solide et aux intervalles qui séparent les masses de matière
solide. Ces intervalles sont apprécies eux aussi par notre
sensibilité, c'est-à-dire par les impressions musculaires du
mouvement, soutenues de nos sensations
passives.
Les philosophes de l'd /<w'< allèguent que l'espace ne
dérive pas de l'expérience, que l'idée de l'espace est déjà in-
hérente à l'esprit avant toute perception car l'idée de l'es-
pace est; disent-ils, la condition de toute perception des
choses extérieures.
En opposition a cette doctrine nous soutenons que l'es-
pace, au point de vue abstrait, n'est que la ressemblance, le
trait commun de tous les corps étendus, et des intervalles
qui tes séparent, c'est-à-dire du vide. Nous comparons tous
les objets a ce point de vue; nous pensons a eux a la lu-
mière de cette comparaison, et de cette façon nous pensons
16 )~'inuht;<;i)u~.

al'cspacc. C'est la seule théorie conforme au nominansmc.


Une idée innée de l'espace est une espèce de conccptuiuisme.
L'intuition pure de l'espace est, dit-on, la source de )a
connaissance des axiomes ces axiomes ayant
géométriques,
des caractères (jne l'expérience ne saurait expliquer. Dans
ce cas, )es révélations ci /< prendraient, la ibrmc de

principes, et non pas seulement, de pures notions mais au


fond c'est la même chose; il n'y a de différence que dans

l'expression, Que n deux lignes droites ne peuvent ren-


fermer un espace )), que « deux choses claies à mte troi-
sième sont égales entre eues )), voila des principes intui-
tifs pour les philosophes qui soutiennent que la notion de
l'espace est enc-meme intuitive.
L'idée de CAUSE, elle aussi, e~t comprise parmi les pré-
tendues notions intuitives. Cette idée peut être exprimée
sous forme de notion ou sous forme de principe. Dans ce
dernier cas on dit « Tout etfet doit avoir une cause. » Une

proposition équivalente serait:~ La nature est uniforme,


ou bien, ce qui a été sera. x La discussion se réduit a sou-
tenir que si l'expérience peut nous montrer des eifets
particuliers obéissant à la loi de causalité ou d'uniformité,
elle ne peut du moins nous apprendre que tout effet doit
avoir, et a en réalité une cause que ce qui a été jusqu'ici
sera toujours.
L'idée de la SUHSTA~CE signitie que derrière les phéno-
mènes ou les apparences de la matière ou de l'esprit, il y a
un substratum inconnu et inconnaissable, appelé .s'M~a~eë,
M<~MC/M, M'M<<w<' /«<c/<<e. Cette idée ne peut dériver
de l'expérience. Sa définition exacte prouve qu'elle dépasse
l'expérience~ et cependant quelques philosophes prétendent
que nous sommes obliges d'y croire.
Par rapport à l'esprit, la substance n'est qu'un autre
nom de l'identité personnette, c'est-à-dire de la continuité
supposée de notre existence mentale;–la trame qui
supporte et soutient toutes nus pensées, tons nos senti-
ments, toutes nos \otontes, eutin tous ces pbeuomdiesdont
se compose le courant d~ notre vie consciente.
LAr<ATU)Œi)t'LA(:)(UYA'\(:t' i7

Sur ce la duc ).)')('('onh'im'~ soutient, que i~ no-


puin!.
tion de substance est une iicUuulturs de et, inu-
propos

ti)e.

ë'it s'agit, de ta matière, ta sn))stancet) est at)t.rect)osc

tous tes te ta!tie pins ~cnerat de


quête rapport (te corps,
leur et) d'autres tcr)o<'s!a résistance, t'incr-
existence, ou
les me<'aniq!)c-d!'ia matière. S'
tic,!e poids, pouvoirs
de s)d)st.;u)cc n'est excore que ta
s'agit, i'espri)., ta propriété
on les p)us générâtes de ta eonsf'icn~e, tes
propriétés les
faits sur se !bndeiaresset))i)tan<'ede tous les
lesquels
et en raison ils ont reçu iadesi~uatiou
esprits, desquels
commune avec te non-[)!oi, avec
d'esprits, par opposition
!a. matietc. Ces sonUe sentiment, )a\o)ition, l'in-
rapports

teUi~ence, trois faits se tout


qui rattae))C!d.p!n-on)noi[)sa

Htrcappete esprit.

EX)'nc.AT)o~sst'tt).n')mi~:).A(i!e!)'ornKer.Arnciu
LAtHSt.:LSS)0~m~HV)':AL'o)t)(,t.h):~OSCO~?<A)SSAXC):S.

)'HyKU)!)'«).~K'on!)t)m'Ucdt')'<'<))))! ()ui)c))~h'.tt'n)i)t'itu-dc[it'tt'
t't'\)H'tifH<'C.

La de [.ar a ta
disposition primitive l'esprit, rapport

croyance, est de supposer que t<:nt.ee<p!ie\ish'continuent.


ce existe en ce tien et dans cejour exis-
!t exister, que qui
tera in-tiitctive et, innée
toujours et p:n'tont.(~'ttc croyance
est comme tennc en échec et Hn'ai))tie par t'experience.

Nous découvrons vite en ei'tet que nos prc-omptions sont,

nUees notre connanccdecroit, et nous


trop toin; peu apen
nos \ncs a ta rca)ite des c!)ose-
proportionnons
Voici des vn):.aircs (te cette trtht.utce.Avant
exemptes
nous nons imaginons de\ir sentir tuujour-ce
t'cxperience
sentons tous tes honnnescpron-
qnc nous aujonrdtmi; que
vent. tes n)e!nes ce q'iitt~usarrive
sentiments que nous; que
arrive a. tout te font ccqn'o!))x~)-(iitc-t~rai.
u)onde;<jnc
!'ar nnetannatnret a tîntes Ct's
t'esprit.adt)erc pr<s~<np-
tions. toin de tes et't'ct.
L'expérience, t'avori-er,ap!ut~t pour
de les modérer et de tes att'aimir.

)tu\.i.~h)))~ L ?
18H ).mu))LL.'no.

AttTitmer a nue expérience particuhcre la \a)eur d'une

experic'nce nniversehe, c'est le resnttat d'une tendance


instinctive et a\eu-:te de no!re esprit. Alaisceia ne prouve

pas que tes citoses se rt''atis.'ttt (tans la nature conforme-


iucnt a )h~j~'u\[aion?.Xous(!.u\ona donc, puisque nous

sotntnc~di~posL's à L't. cintre nos as-tL'rtiotis.tu-dcJ.a des t':ut,


nous devons nous t!'ni['~articuUcrcnicnt. en ~ardc contre
les aHH'ni.u.ionsninvei'SL'i~es.U'e.'t là un des points t':at)les
ue la nature humaine, une des sources principales de nos
erreurs.
Cette
remarqnc ~enerate s'appHque particutiercment a la
causante. Nous sommes très-disposes a généraliser d'une

jaconnniverseheia toi <[c cause etd'eit'et..Mais nous éprou-


vons [a même tendance a l'écart) d'une intimte d'autres
choses, a. propos desuue!!es nous f'on~tatons ensuite que
noL~s nous .'ommes trompes, t~aprenvereenc de la loi. de
causante (toit être cherchée ameurs que dans notre ten-
dance ~la croire vraie.

0~i'Hrim; ;\)tU!t! f~): Vt!tSAXSLAOAHAXt')E


l)KL'[;X)'Ët!)EXCH.

tS.)'nLs<[Ut'hu)tt;ctrdu)i~nahn't))t'i~oust'nhamCK<)cst'm'urs,iiti)Ut

ns!sh'r~)h))rt'tn-)HK't,('tc()n-.iJctet'[\[))'')n'nccco)nun'tHSt'u[ctttMium

U<'t.)Ct'ttihtth'.

~'est ta conséquence inévitable de notre ttteone sur la


nature et sur t'ori~ine de ta croyance. Les partisans des

principes inn~s, eux-mêmes, admettent anjourdtuuque ces

principes ne se
développent qu'a t~ecasion des cttoses
t'eeUes; circonstance qui réduit nos connaissances innées a.
la mesure de t'cxperience, aussi complètement que si ettes
n'eiaient pas innées dn tout. Oi) suppose par c.mp)e(p)c
t intuition ~e ta cau-c ne-e a
présente nou~quctorsquc

n"nsav'~t..o!e!U!ti)o)nhre'n!t)'-au!.de\emptesde('a))-

satm.C.eHe i~'u~io))~ du:!)'en~etoppe~'e!. impliquée


daus)e\pe)iet)eeaundt'ureu'tqti'ette naverit.tbiouent

ptusd'e\i.4ence indépendante. Il u'yapasmoyendede-


LES HMtTES DE NOTRE CONNAISSANCE. 19

couvrir ce que les intuitions nous apprennent d'elles-


mêmes. Laissons donc de cote ces prétendues intuitions, et
ne tenons compte que de l'observation et de l'expérience.

LES L~MHES i'M KO)tΠCONNAtSSAXCK SONT CELLHS DK NOTHE

SKtSSntH.)']<

ii). Nous somn)t'-cH'tut(tt'Konnni)t'ctoustc.sot)jc)s qui anfctf'nt))o.<di\'<;rse<

t.)eu)tt.s()cstHth,cth'sn()tiouscon~K)s('t'.s(joit'!tH'suttC)tt.r<()ttucutt''
imisstntKt'm'tpasaud<')M.

Nous possédons diverses facultés de sentir les sens


(sensibilité passive) les muscles (sensibilité active). Lors-
qu'une de ces facultés est affectée, il Y a connaissance, ex-
périence. Ainsi nous connaissons la lumière, le son, le tact,
le goût, l'odeur, et nos différentes impressions organiques.
Nous connaissons encore la résistance et le mouvement.
Nous connaissons enfin nos divers
affectifs, états
comme la
crainte, l'amour, la colère, elc. N~tre esprit a fait un ~rand
nombre d'expériences sur les différences ou tes ressem-
b)anccs de ces divers états. C'est la, pour ainsi dire, l'al-
phabet de la connaissance. Nous pouvons combiner en effet
nn grand nombre de ces impressions primitives, de façon
à former des composes, des agrégats par exempte l'idée
d'une orange, d'un homme, du globe entier. Mais il nous
e't impossibh', quelque effort que nous fassions, de franchir
les limites de ces impressions primitives de la scnsihiiitc. A
supposer que l'univers n'ufet'me des propriétés qui ne fas-
sent pas imprcssiottsm'nos sens, tels qu'ils sont consti-

tues pour le momcut, nous ne pouvons en aucune façon


connaître de tettes propriétés.
Par conse(p!ent.ia notion d'nuc substance distincte de
tous ses attributs e't une chose incouuaissabh'.

Nous pou\)sc~nn;)itt'e)ccot'ps par ses qualités sensi-'


l))cs, et l'r~ptit par-es ~rntmh'i)ts,srspeuset'-r't ses vo-
lontés; mais nous ne puuv~ustienconm.utre an de)a.
20 ir<Tno).)UCTtON.

H. Premiers principes de la logique.

Xt).t!ya(ht))s].t[(~!((UMunt'crt.)i~)~on)h)'('(!(')irincipes};cn<raux,([~i)a
<'(!n.sthn('ntf'onnm')UH'\(''ritMh)('scicncc,t())tih)i[)Krmettcntd'<taht!rdcs
)T,;k"it'ttk's méthodes prntiqtK's.

Ces principes ont été diversement exprimes. On les a


appelés lois </<' /</ ~cy~'f.'e on «.<~M;c.s' /<;M</ayM<«?< </M
)'a/s'o?<~cy/<. C'est parcn que la logique embrasse ces
gencra)'tcs, qui sont lesplus hautes de toutes et qui do-
miueut toutes les sciences,c'est parce qu'elle donne a toutes
les sciences les relies do leur méthode, qu'elle a pu être
appelée avec raison 6'c<p/~« 6'cx'e/MMï, la science des
sciences.
Les premiers principes de la logique peuvent être pré-
sentes dans l'ordre suivant:
i" Le principe de cw~cMce ou d'eM~e, ou la vérité
nécessaire.
2" Les principes de la ~(M«e/
3" Le principe de l'«/«c<<o~.

l'iU~CU'E t)H COXStSTANC.ËOU ))'U)EKT[TÉ. – Yf;mTK


~KCKSSAUtH.

!!). t~e raisnnm'ntcnt, comn))' )(' ).n)~.i!;< c.\igc tju'on athxcne ce principe unc
princiye: :t!nH
nflirur,Uiou sous uur forruu pcut l'vtrc
!!nit')n!tti(n))))'<St'~h'eM))sunt*t<)nm'[)put)(ttr<'scu'.u))eamre.
yri·x~uti~e scus uue autre.

Le langage contient souvent des expressions équivalentes


du même l'ait. 11 y a des mots synonymes, comme « rond »,
«circulaire a. "La matière est pesante,)) «la matière

sont. deux exprès-ions ditt'crcutcs de la même


gravite,)'

pensée de ces propositions


si l'une est vraie, l'antre t'est
aussi, en raison du principe d'identité, il y a des formes
~t;m''ral<'sdc)an~a.~cqui nous permettent d'aHn'mcr à la
t'ois plusieurs t'aits distincts, en les réunissant dans une
seule p)'~positi(H).u Heu (!e dire successivenieut: ~ter-
cure se meut dans unt'nipse,\enns se ment. dans une
cHipse, etc., n<~ns pouvons ttouscontenterdccc'teat'Hrtna-
~iott abrc~ee toutes les planètes ont des orbites ellip-
LEPtUNCn'UDUCONSiSTA~C)' 21 i

Si nous avons une fois avance cetteproposition


tiques.
nous sommes forces par les lois de l'identit.6 do
générale,
maintenir toutes les mérites
particulières qu'elle comprend
l'orbite de Saturne est elliptique, et ainsi pour les autres.
Il est évident que sans cette loi d'identité il ne pourrait
entre un esprit hu-
y avoir de communication intelligente
main et un autre. Comment comprendre un homme qui
ne maintiendrait pas la même pensée dans tes différentes
qu'il lui donne? Toute discussion, tout raison-
expressions
nement serait impossible.
Ces affirmations, identiques au fond, quoique diverses
sont ce qu'on appelle des ~e~es Mpccx-
par l'expression,
M~'ps. « Toute matière est pesante, )) donc telle « matière
est pesante, )) voilà une infcrence Mec~.svwc. Onexprime-
rait encore mieux sa pensée en disant que ce sont des
assertions «/~<~?<ex, <M~yK~< /'M/~ r/a~x /'6!M~'c, ou
ËOftVAmNTËS.
Il y a un contraste radical entre l'opération par laquelle
nous passons d'une expression a. une autre pour un même
fait, et l'opération par laquette nous passons d'un fait a un
autre fait, indépendant du premier. Lorsque uous disons
Aestrnortd, parce que A et )! ''ont l'uu et l'autre mor-
tels, nous ne faisons que nous t't'pcter – lorsque nous di-
sons A est mortel, donc l! e-t mortel, nous prenons l'af-
firmation d'un fait comme le fondement sur lequel nous
appuyons l'aftirmation d'un autre fait. Dans te premier
cas, il nous suffit de connaître le sens des mots dans le
second cas, nous devons consuttcr les faits et i'e\pcrh'ncc.
Des philosophes ont prétendu que ces vérités, qui sont
contenues dans d'autres vérités, et qu'on appelle a tort né-
cessaires, ne pouvaieut sortir des propositions equivalente;-
d'ou elles dérivent que gra~'eà un pouvoir spécial et innc

de l'esprit, pouvoir tout a fait distinct de )a facult; d'ob-


server l'ordre de la nature. San. ce pony')ir, sans cet
instinct particulier, les vérités eu question ne sauraient
être conçues, ni obtenir la foi absolue que nous leur accor-
dons. Mais il n'y a point de raisons suffisantes pour justi-
22 iMnoM.'cnoN.

fier une pareille hypothèse. Nous pouvons être disposés à


nous mettre d'accord avec nos
qu'il y ait
principes, sans
besoin pour cela d'un instinct spécial. L'impossibilité de
communiquer par le langage avec nos semblables, dans le
cas ou nous ne nous mettrions pas d'accord avec nous-

mêmes, nous force a obéir a. la loi d'identité, jusqu'à un


certain pointdu moins, car nous ne lui olx'ii-sons pas tou-
jours. Il n'est pas besoin ici d'un autre instinct que de la
tendance générale qui nous pousse à la conservation de
nous-mêmes; sans ccia, nous nous préoccuperions sans
doute fort. peu d'observer les lois des vérités nécessaires.
Si nous pouvions avancer aussi bien dans notre discours,
tout e<t niant sous une forme la vérité nous avons
que
at'th'meesous autre, une il semhte n'y aurait rien
qu'il
dans notre constitution mentale qui pût nous garantir
contre les contradictions. Si l'on considère nos facultés a la
façon des philosophes qui font dériver toute connaissance
de l'expérience seule, et si l'on tient compte en même
temps des nécessites pratiques qui nous dirigent, on a, a
ceqnilscn:b!e, toutes les conditions nécessaires pour ex-
pliquer que l'esprit adhère aux mêmes principes, malgré
la diversité des formes qu'il emploie pour les exprimera).

22.)[yacK)'t.n)h"<n)!)\inu'<pa)titt~!t'!t"tah\t's.t)'a('c<))J()f.<j)r<)c~siti')n.<i,
et yui sout connucs ,ous Ic now dc Lni.; rla !o ~r,·n.,ir~
et<)m'!f)!~t'<)n)t~t's.~<)~<)'nn'!t'fM<f/M/'t'H'f!r".(~.s()nt)t")[)rin- (~e sout h~s prin-

<['< d'idcntit'de <'ut~ra<!n')i"n,t'tdrr<'xc)usnu)<tnn)i)icu.

Le principe de l'identité peut être exprime ainsi: ((A


est.A.MUnec)toseestccqu'eHcest:mtl)ommcestun

(I) Parmi Iea ylrilo:uylu·: Oc 1·.i wa~ri, un certain


(t)Pa)'t)utc't)it't'nntt)''sJt'r(t;r~'rf\unc<'rtahttKnnbt'<'s~'))!t'mct)t,nat uowlm· s~·nlement, yar
<t'mt't<'Lt'[hu)/tS<)t[hrttm'nt<)'))tt'\istt'tnn't;)<'ntk'itt!ui(h<'(!'n)t)<'ttf't)f))'m
t'stt)t's.tish'(r<ju.;t';nt'ntsJt'j~nridrutih')\.nn.('td'rt".aj'K~)u!r)~c).)-
nu'n(h'~n''r!tt's)~'<i.t'h~t~<'t".s~rrt(h'ruri~iuch!hn)iv('<(t)t'j)<~H!'f!'r).Hm
j)t~t')nt'nt~Ut)tn't)<jth'unh".<tt')t\t)ut)uHS'!()nht't'ss<)[tt<t)sti))<'tt's,t't<)u[<\s
t:tit''m's'nnj[)[i')t)t'!tt(mStnu)U('ttt'))R'))t.<.t's))tt)<h'st)'.ut'~p:Hht'))[!t-ts:t)ts)s-
tt'tm'dt'Ktmtt!t'p)('h'n(h~'jUtt\a(!t<jt'tm'tttss\ttt)tt'[[fj')tSf/
tït'~assn))tt\prtictHt',ptHt'\r)nt'tt'cctttp)t'sttion:"ttcu\iig!)t's droites uc

peuvent cntcrn~'runc'p~rt'.M
!.);nuN('.u'En'n)r;N'nT~. 23

homme. Platon aurait dit, c L'idée est es'ah) a eUc-memc. a


)i sc!)U))e qu'on n'ait pas affaire ici, a proprement par-
dans iakdpener.de de consistauce.
ler, a. uu cas compris
La proposition c A e.-t A)) ne uous présente pas )m même
iait. sotta des turn)es<uH'ere))tes de tangage :cHc nous pre-
gentc lu même fait sens !em~!ne]a!).qa~e. ))ireq)x' ia.
même pensée exprimée; par te tnemem~t on par icsmones
mots est la même, n'est-ce pas nnc affirmation super-

iinc? La sctde chose ([ne ttonsayon-'a craindre, c'est de


nous tromper a propos d'un metnc fait diversement ex-

prime.
On repond aceUecritiqne en donnantan principed'iden-
tite une interprétation qui suppose quoique diversité dans

l'expression de la même pensée. On dit, aiors que [c prin-


A, sous un autre nom, est, ei~corc A: ce
cipe signifie que

qui rcvientac'xprimer avec n~oin-de netteté ia[oi~euerate


de l'accord des propositions. Si A e~a)e ou renferme <'?,
c,(/,Ptc.,uouspou\()nsdirea)<')'s.euc)~u):L:ean!)ester)ne-:
il ia série entière des choses renferme. Un
Aeste~at (pt'i!
tout est ia somme de ses parties.)'!) compose est i'en-
scmbtc de tous ies('de!nentsqui)e composent.
Passons au de c~7/<c/ «La même chose
principe

uet)eutpasa)afoise!reetucpasc)reA.))Cet!j'c)tamhre
ne pcut.etrcatatoischauttectU'oide. La toidei'ac-
cord des propositions avec eUes-memes exi~c qu'affir-
mant, un fait, deiermi))e on ne te i)ie eu même
pas temps.
Si nous avons itvaucc
assertion, nue
uons devons nous en
tenir la. Le principe de contradiction peut être eclairci
a\'ccp)us de netteté encore. D'après ia!oi de )areta!ivitf'
tonte peuscc., tonte afurmatiou s'oppose auucuotiouou
affh'tnatioucoutraire; ainsi, ace que nous appetofiSK nue
ugne droite)) s'oppo-e un~ chose contraire, « Jaii~ne
brisée on courhc. )' Or j'accord
pr~'positions des
avec
cncs-memesvcnt (m'a\a)'.t af)irme(p)e)qne chose de ta
ligne droite, nous sov(~us prêts a te nier de ta ii~ne contre.
nous appetous un homme nous nions en
Lorsque :sap'e,
même temps q))'i)s(ui fou. ('es! tanne forme c<pnvatcnte
24 t~r)!nnL'CTio.

quijonenn~rand r6!c en logique. D'après ces expuca-


tions,on voit que ta lui de contradiction a une signification
importante, ce qu'on ne peut ~uere dire de ta loi d'iden-
tité.
<Juantau principe de !'f'.7'f7~)'M/<</«M«/M«, il consiste à
dire :<~t'necho.-e duit être ou ne pas être;)) ((De deux
choses contradictoires, t'une doit être vraie, l'antre
faus-e.)) »
Cetteloi repose sur ia distinction des propositions en
propositions totateson nniversettes, et propositions par-
tienes on part:cu[ieres:e tous tes honnnes)) et «quelques
honnnesM. L(~'S!pu)ne proposition nnivcrseHe s'oppose a.
nnepropo-ition particulière, t'opposition n'est pas radi-
cate, ta contradiction est. i)H'on)p)ete.
La contradiction c~mpteh; existe entre (tes propositions
connnecette-ci: M Tons tes t)onnt~es sont mortels; H–
n aucun t)otmnen'e.-tmortet.)) La contradiction partielle
ctinconiptete enhe (tes propositions connue cettes-ci:
((Tous tes ttounues sont mortels,))–Mqnet<)ncs))om)nes
ne sont pas mortets,)) on encore: M Aneunhonnue n'est,
mortet,)'–«<jnetqnest)onnuesso)tt mortels.)) Dans ce
dernier cas, il n'y a pas de milieu: si t'nne des deux pro-
positions n'e.'t
pas \raic, si par e\onpteit n'est pas vrai
([notons tes hommes s)~ntmortets,atorsi) doit être vrai
(me()ne)quest)ommes ne sont pas mortels :i'aiternativ'e
ne comprend pas une troi-ietne));pot)R;r-c. Au contraire,
dans )e cas (i'U!w'contra(nctionradicate:« Tons h's dia-
mants sont. précieux,))–"ancundiamantn'est ))
précieux,))
)a. vérité se dans nu :asav'oir
tron\epeut-eh'e compromis

que qnetquesdiatnants sont précieux, que qnetqncs antres


ne )e sont pas. C'est ainsi ()ue ta loi (te )'cxc!usinu du mi-
Ueusereueuonannec(~)tradictiouahsoiue,maisanne

oppo.-ition partieue ou incomplète.rist<~e~'a énoncée


comme se rattachantata et.)ssi!ic.ation des propositions an
point de vue de !eur quantité. Kn résume, ce serait trop
t'honorer et h)i accorder une importance exagérée, ([n'en
taire nue )ui primitive de ta pt'nsee.
!')ŒHi':ttSPfUKCH'KSM;J.A)~L'CTK)K. 25

Le principe de la consistance, de la pensée que ces lois


n'expriment, qu'incomplètement, peutetre considère comme
le fondement de tout ce qu'on appelle en Ionique «infc-
renco immédiate » (par opposition à l'inference médiate
du sytto~isme).G'estceqn'on nomme encore :«inferenccs
ainsi improprement appelées,))–«propositions équiva-
lentes. ))<Juene que soit la dénomination qu'on adopte,
cette opération sera detaHh'e tout an ton~ dans la suite de
cet ouvrage la theone de la conversion des propositions
sera une des parties essentielles de cette exposition.

)')t!.Mn':ttS. )'mNcn'):s ))H r. oK~rcuoK.

23.La<)<'<h~)i)~) <ih)t'()ans )':<j'p)i<ati<~)(rtUR' [)to[M)')i)iun };t'ncra)cau!t<'as


p.tl'~('n!!t'['~U)'tt'th'pt~)H~iti'H!<)q~thtt.

Voici un exempte de deductio)) (f ï/ar.-enic est un poi-


son; or la substance que j ai entre tes mains est de Farse-
))ic,duncceUesubstanceestunpois')n.)')tyaic[quetque
chose de ptus qu'une vérité analytique, identitme, qu'une
tautologie. L'identité, )'equi\a)ence existerait entre deux
pronositions comme ceHes-c): «Tout arseuicestdu poison:
donc quetque arsenic e~tdu poison.))~tais,()aus)e cas pré-
sent, notre pensée fait un pas de ptus: nous avons besoin
d'une seconde assertion, indépendante de ta première, asa-

vuir:'<(.'<<e.M/s7~/«'eestde)'arseniC)"avant()econchu'e
t(C<'</<'xM<<(f/<('e est ()u poison, "tcinons ne nous conten-
tons pas de tirer une affirmation nouvene d'une affirmation
antérieure par un sin)pfe changement de mots: c'est de deux
affirmations preafahiesqne nous taisons sortir une conclu-
sion, et ces deux affirmations doivent être fiées l'une a ['autre

par (tes rotations déterminées, pour que la conclusion soit


légitime.
(~ette opération s'appeUenne/('<f't'M;'WM~ Il yaen
effet un anneau intermédiaire, un terme moyen entre la

première aftirmation et ta conctusiou. ?\onsne['on\ons,


par une simple analyse et par les lois de l'identité sente,
transformer cette affirmation, M t'arsenic e.'t du poi.son, »
26 tNTRom'CTto\.

en cette autre affirmation: cla substance que contient cette


bouteiiïecstdu poison; nniconvertir ces l'une danst'autrc
deux phrases: «toutematiùrecstindcstructib!<B–ci'ether
est indestructibte.)) Dans ]cs deux cas il tant nn intermé-
diaire. Les conctnsions seraient, itte~itimes, si ttous n'avions

pas prcalab)ementeta))ti qt'.c )a substance contRtu~e dans la


bontciHe est de l'at'scnic, et que t'ettier est une substance
materid!e.

21, L'axiome;
24. 011le
L'axiolJlp, nu premier pl'ilH'il'e,
)<'premier qui sert cie fon.Jen1l'lItil
principe,fjuiscrt<)eb))~<'mt'nt.'))adMuctiot),a la Mdurlion, aa
été (;X))rhtM!t!f'dit't'c)Ct)tt'.<in).<tnt'rM:()t)ju'ntn'dHi)t'dcL)XMs formes di-

\cr<t's.

i"Tont ce qmet-t vrai d'une c);)sscentict'c d'objets est


V)'aid('tt)))t')bj('tap['artt'nanta('~Hec)aM('.
2" Des ctioses qui coexistent avec ]a ni6n)e chose coexis-
tent entre cites.

Il y a des expressions ou d~'s formules corretatives pour


les raisonnements négatifs.
ëons sa première iorme )e principe s'adapte exactement
t'exposition dn sy))u-;isme. Il nous présente le type du
raisonnement, deductit', qui consiste à poser un principe
générât, dont la portée embrasse un cas ou des cas parti-
cutiers.
La seconde forme du principe équivaut à la première.
Mais elle a l'avantage de mettre en évidence le caractère
?Me<< de l'inference deductivc, et de faire ressortir en
quoi elle diffère de t'infercncc innnediate ou des propositions
identiques que fom)e ta lui de la consistance. Deux objcti-t,
qui par eux-mêmes ne semblent pas coexister, coexistent
avecuntrtHsietnet~bjet: on en conctntqu'its coexistent
entre eux. (~e cas ne saurait rentrer dan.-)a toi d'identité.
Qnette que soit sa fornx', te principe de la déduction est
sans donte admis aussitôt qnit est co)npris:mais seulement

parce que l'exprrience individuetle en garantit la vérité.


Lcsformcs correspondante-, appropriées au raisonnement
négatif, peuvent etrecxpr.mec- ain~i:
).F.S AXtOMES J))! LA DËDUCTtnN 27

{"Tout ce qui est nie d'une classe entière d'objets estnie


de tout objet qui app:u'tientacette classe.
2° Si un obj~'t coexiste avec un second objet, avec te-

que) ne coexiste pas un troisième oijjct, le premier objet


ne coexiste pasavcc le troisième.

25.LMa.Mm'sdt;)a()<)m;tionsupj)OS['ntrtunfortn!tL'delà nature.

Cette véritéest évidente, si les axiomes dérivent de l'ex-

périence. Nous avons observa, dans un grand nombre de


cas, quêtes objets qui coexistent avec un troisième objet
coexistent entre eux; mais nous n'avons pas constaté cette
coexistence dans
tous les caspossibtcs:no))sn'avonsobservc
ni ce qui existaitavant. nous, ni ce qui existe en dehors de
notre sphère, ni cntin ce qui existera dans l'avenir. Cepen-
dant, d'après les cas observes, nous n'hésitons pas a gene-
ratiser te principe et a. l'etendre a. tous les cas non observes.
Nous présumons donc que la <(nature est uniforme )', que
les événements d'anjourd hui seront ies événements de de-
main, tes circonstances restant tes mêmes.

La vérité serait évidente te cas où nous affir-


encore dans
merions que )es axiomes sont. des intuitions, et ne dérivent
pas de l'expérience. L'intuition des axiomes supposerait en-
core l'uniformité de la nature. Il est impossibtc que notre
conception, que notre pensée intuitive soit vraie, si la na-
ture n'est pas uniforme. Ainsi, qneUe que soit la théorie
sur l'oriente des axiomes logiques (et mathématiques), il
faut admettre qu'ils supposent dans tous les cas une vérité
p)us profonde, p)uscomprehensive:a que )a nature
savoir
est uniforme. Les axiomes logiques ne sont donc pas, mai-
gre les apparences, des premiers principes: ce sont des
principes secondaires, dérives; i!s se rattacttcntannc tige

qui porte d'autres brancttes)p)'eux.b't!s sont vrais, ph)s


vrai enc(trc estte principe foudamentaht ou i!sderive!tt.
C'estce principe dont il faut d'abord etabnr la vérité, dans
l'intérêt des principes subordonnes qui en sont les consé-
quences.
28 INTRODUCTION.

I'H)';Mn;KPKf~C[['H])E L'INDUCTION.

?(i.Lors<)Ut; noushdMt'~nsd'nnfait t'oMunm) fait inconnu,nonsfaisonsuttc in-


f<t'~n<'t!W~'()ni(;ige()css!'ran)it's.
I.a sente garantie dHCt'ttcinfrrcncMcstt'uniformitt'dehnatm'e.

Si nous jetons un morceau de bois dans le feu, le bois


se consume; nous en inférons que tout autre morceau de
bois sera consume de ta même manière. C'est précisément
accorder que ce qui est arrivé une l'ois arrivera toujours,
dans les mêmes circonstances; en d'autres termes, c'est
croire a l'uniformité de la nature.
Les uniformités partielles des phénomènes de la nature
se distribuent en deux catégories: les uniformités de coexis-
tence, et les uniformités de succession. Voici un exemple
d'uniformité de coexistence: La matière est inerte et pe-
sante il y a en cH'et dans cette aftirmation deux qualités
distinctes associées l'une a l'autre: d'une part l'inertie, de
l'autre la pesanteur; et ces deux qualités sont unies dans
toute l'étendue de la nature et dans toute la durée du

temps.
Ce qui garantit la vérité d'une uniformité générale de

coexistence, c'est l'observation spéciale de chaque


unifor-

mité distincte. pas d'avoiril observe dans un petit


nesuftit
nombre de cas la liaison de deux phénomènes, pour con-
clure qu'il sont toujours liés l'un à l'autre; il faut consta-
ter cette association en différents endroits, dans des circons-

tances, a des époques différentes. Si, après une investigation


suffisante, nous n'avons rencontre aucun exempte contra-
dictoire, nous affirmons à bon droit que la liaison des deux
qualités est une loi générale de la nature.

2' Uamtcs onit'ornntes df sm'pt'ssion on -t dcconvcrt une loi gc'ncr-ne '(ni

ahrcnt'surc<'p')intk'trav:ntcttcst('r))<')('ht's.0nt'an)'[)t;)('('iatoidt;
('ausitn)t'ou )')'))')'). r<~u.s!at\)nnnn')onsain!,i:
dnr.)nn«!tdt'!a(-ansMa
"Tuutt'\cHt'mt'Mtt".tt)tnfonnc!m'<tt)nct'<'dt'dn~ autre'Hcment",–

()n!.ic))~At()Utt'u)t'tttt'm')cspo~duua).)t'ii('nt;t'antcccdct)t.dunnt'
t't'\t'nt~nt'!ttatit'u."

Dire « Tout effet doit avoir une cause, » c'est supposer


t')tKMt[~t)'K!NC))'Ki')tL'UC'i1<)N. 29

ce qui est en question; car le mot cause implique un effet


ctt)i!ce?~'?'PourdonneraiaIoidecausa)iteuneexpres-
sion correcte, ilfaut. dire: «Atout.evenemeutc(!rrcspot.)d
un evenonent antérieur, auquel il est lie de tcl)e façon que
sil'un arrive, l'autre arrive; si l'un manque, l'autre man-

que. < L'antécédent n'est d'aiileurs pas toujours un fait


unique: il pcutetrc un cnsem))!e de circonstances, comme
dans le cas de la santé: effet comptcxc qui dépend d'un
grand nombre de conditions.
Puisqu'il y a des effets qui dérivent d'un grand nombre
de causes, it ne faut pas ncgu~er cette circonstance impor-
tante dans l'application du principe de l'uniformité. Ainsi
la mort peut résulter soit de la faim, soitd'un coup violent,
soitd'un poison. Il est donc exact de dire qu'étant donnée
dans des proportions sufusantcs i'unc ou l'autre de ces con-
ditions, la mort se produira. Mais le fait de la mort ne
prouve pas nëcessaircu)e)!t que la victime ait eu faim; il ne
prouve qu'une citose, c'est que l'une ou l'autre des circons-
tances qui détermine!~ la morts'est produite. Daus les re-
chcrclics inductives, il est donc nécessaire de (!eternuncr
/OM/M )es Cituses qui penvent prod!ure un effet.
De la loi de causante sortent des conséquences comme
celles-ci :<tiSi)a cause disparait, l.'e!)et(U-parait aussi.)) ))
K Ce~MM/c c«/<< <'<s.\< < r~'c~M. – Si la cause repa-
« l'uît, l'crfct reparait aussi. )) – Tout objet qui ne peut
« être etoi.~ne sans que l'effet ne cesse, doit être considère
« comme la cause, ou comme une partie de la cause, a –
« Tout objet, qui peut disparaître, sans que l'effet cesse,
«n'est la cause de cet effet. ?–<(Lacauseet!'ef!et
pas
« varient l'un a Fautre." »
pruportionneUemeut.
Ces ne sot!t des varies de la
maximes, qui que a-pects
loi de causalité, servent a etimincr ou a (''tablir le rapport
de cause a. effet entre tes pheuomcnes de ta nature.
30 ).t1(()U)'(;'[ION.

28.L!ttottit'<'a't'iithtt'tUtm't-'<'HcH<'us;())p:n\utt'')ttnm'ptusifn!)0]'tantCt'!i-
c()r(',t'()nnHt')'t~sf(''('un~r~('f)nsr()Ut'h<'cs,t<S((u'(H<ta~](''AentH,S()usunt:
HHt)(!furi)M',<i))h~').~ui<tt't~)n'rsi~t.!UCt',dt'ta('uii-.t;t'\Mhuu,du)acu)t'c-
~hOBt)ndct't'([ui\.Jen('cdM)a force.

Cette toi est une ~eneratisation de la science moderne.


Catitee et .\e\vton passent avec raison
pour avoir etahti
la loi de ta persistance ou de la conservation de la force
?//c'r~/t/< c'est-à-dire de la t'oree appliquée aux masses
materiettes.bi une bille
en frappe une autre et la met en
moovementj la force transmise n ta seconde bille est exac-
tement, )afot'ce que ta première a perdue.
L~voisier a eta)))i )a persistance du poids dans la ma-
tiere, en montrant (me pas un atome de matière ne pou-
vait être détruit, ))ier~e. Dans ta conbnstion on dans l'eva-
poration, tes motecntcsch.)n-:e)ttsen!emcnt de ptacc; cites
ne perdent point, tenrs propri~'tes essoiticnes d'inertie et de
pesanteur.
De notre temps, on est arrive a se convaincre que d'~<M-
~'cs forces, et non pas sentement. la force mécanique, a sa-
vo)r tachaient', ta force ct)imi!nu;,t'ctectricite, la force ner-
veuse,-ont ettesans'i soumises a ta lui de la persistance
ettes ne peuvent ni être créées, ni être
quantitative;
détruites, ëeutcment ettes se convertissent réciproquement
l'une dans t'autre, dans des conditions detiuies. La ctiateur
peut donner naissance au mouvement. ta force chimique
peut développer de ta ctta)eur;tL'etectricitepent être con-
vertie en c)):deur ou en mouvement. Dans ces transforma-
rien ne se et rien ne se crée; ta chaleur
tiens, perd, tor.que
devieut dans nue mactuuea vapeur un principe de mouve-
ment, ette
disparaît, ette s'anéantit connue cttateur. Lors-
que ta force motrice semble détruite, lorsque par exemple
un t)outct de canon vient s'attattrecoture une masse impe-
netrattte de pierres, la force d~projectionduttonletsc trans-
forme t~'ntcntn'rc en ct)a)t'm'; a tendront ou te c))oc a eu
ti('n,t('boutet.ettapierres'(')eventa)!nde~redecttatrur
exactement proportionne a. ta force motrice qui a été dé-
truite.
NA'f'):;HKt'HKOSCONNA!SSANCES. 31

Cette grande loi de persistance ta


quantitative de la
force, ou du mouvement, occupe une place emincnte dans
ta io~i(iueim)uctive.J~Iecmt)rasse et domine toutes les
sciences natureHes,cimcune de ces sciences n'étant qu'un
devctoppementpartiet de cette loi universeUe.

Ht. Nature et classification de nos connaissances.

XU.i~<)n))ais<auC('St'('om)~)~'<affi!'n~nti()n'-n')nti\('s;U'or<h't'dumon(])'.Ces
.'d~nn.aHmssm~ les o!)j<'tsdc!a''rt~.utcc, dont tccritcnum suprême est

t'.K-tiun.

Deux fois deux font quatre; te sotcH se h'c et se couche;


tes corps )ivres a eux-n)t*')ncs tombent; ta ctiateurfait
houittir )'cau;)es animaux se nourrissent d'air et, d'aH-
ments; i'harm(~nie est agréable à i'csprit,–\oita des
affirmation-ondes ('onnai>sam'es, relatives:! l'univers.

aces affirmations, et nons témoignons notre


Nouscroyons
enfance en agissant conformément nettes. Lorsque nous

voûtons faire t)ouittir de t'eau, nous ta soumettons a fac-


tion de !a chaleur: ce qui est bien la manifestation de ncti'c
croyance.

;)().C.u<ju'nhntd'.)hH)dt'\i~')'<)t')M('<)n)):.i'isanc'('st([n'<')t('so!t)Tf<

Une afiirmation est


lorsque, vraie,
après expérience, on
constate qu'ette correspond aux faits. Teite e~-t la preuve
directe de ta vérité de t'attirmation. On pourrait etat)tir
indirectement ta vérité de t affirmation, eu ta cotnparant à
une autre. Lorsqu'il y a contradiction, l'affirmation est
fausse.

!}i.L:)<'<)tn).~ss.")<tt~"t"t)')i<dit't't'.tan~'t{;<iatc.

Des afnrmatitms qui ne coitc~rnent qu'une cttose indivi-


duet!e,conune:n('tte maison est solide, "~<sar était
B « C.e matade ne sont des at'th'ma-
tu'ave, guérira pas,
tions particulières, ettes ne portent que sur uu seui objet.
32 )Mnum'c't'K)N.

Des affirmations qui embrassent tonte nue


ciasse, toute uue
espèce d'êtres, comme: ((Hne construction est so)ide, !ors-
que )aii.~)u'dn centre de .cravitepas~-e paries fondements
dcl't'fuueo.))–«Tous tes ~:rands~n(''ran\sfU)t, braves." ,>

–(()j'en~ou)'(!!sse)urnt fies pieds e't. nu'-i.nne de mo!'t,


prochaine, ns(un, des ;d't'u'iu;tt,ions ~euera)es;enes s'eteu-
deut~s~q~~ta~~c~ium~d~d~

~tX. ()!)< au )t'h))!r)!'r(~t('h(Jrsn~n)rspt)('nf)!~n'(~dt'ncn~'so)K'r;t-

(H~LS,m)ns))~uv~)).s;Utrin'h'<'auni;r~ndnotnhrcd<'('()nnai'tS.H)<'csgt''i~
rnk's.

Si chaque objet, iudividuet était, unique dans la nature


ctnei'esse)ub)ait.a.aucuuautre,iiyauraitautautdetois
que d'individus. Si, au )ieu de cette substance commune,
t'cau, toutes tes mers, toutes tes rivières, toutrs
qui t'emp!it,

les fontaines, il y avait, miue substances difh'reutes, il


nous faudrait accroître en proportion tenondx'edenos
afm'mations. Si, nniieu des treute-ix corps simptes jus-
qu'à presenteonnns, notre g)obe était compose de six miUe
etemeuts,i) il aurait un accroissemeutconsiderabte dans
!:intas~(;denosconuai.-sauces.Si,au)ieu([etrcnte'six
nous n'eu connaissions (p)e six, nous serious en état, de
réduire t.outet'nos co!U);)issance''physiques à un nombre
d'affirmations rctativemeut très-petit.

H3.))csta\.)nta;;t'u\()t'p<))'t''r[ao()!ti!is.)nc<'a~j)tu.sha)a<)ci;)'t';))n'.t[!)h'
d~

La raison en est chure.t'ne affirmation ~ncralen'est pas


autre chosequuu~rand nombre d'affirmations particu!ieres
réunies en une seuie.i'.He constitue par c~us)''queut. une
économie cousiderabte pour t'rspritiuuuai)). rue loi ge-
nerate nous p)ace sur une hauteur d(m nous dominons les
citoses et (ton. en on.e)dr!ard,)!ous embrassons nue
nndtitmte de !'aits.)jai"i de fapesautt'or. ta toi de )a per-
sistance de !a force, )a ici des prop~rti(U)sdcnnieseu
chimie. )a loi de )a relativité dans i'esprit,–compremient
chacune des miniersd'athrmationsp.n'ticu)ie!'es.
~A'ti! i)J': !\<)S'CONNAISSANCES. 33

Il. ,I'm.ct:W r., Ia cr~ir..n~r_


~4.La connaissance S(mssuf~rmt;part'ait(;oustituc)asH!cn<'<
Lescaractcrcsdt'tasciem'esuntk'ssuivants:
s'assurer du)af<t'/<<'dt'ta cou-
).HH(;M~)p!uic<)t's[Hoc'd('ss))~<'ia«\ pour
naissance.

L'homme expose à affirmer


ignorant est
sans prendre
soin de vérifier ses affirmations. Au contraire, l'homme de
science, non-seulement met à protit les procèdes vulgaires
de découverte, mais emploie un système spécial d'instru-
ments, un ensemble
de moyens pour vérifier ses connais-
sances. Ce système de régies et de procédés est jusqu'à un
certain point commun a toutes les sciences; jusqu'à un
certain point aussi, propre et spécial à chaque science par-
ticulière. Les procédés communs à toutes tes sciences sont
étudiés dans la togiquc.

!t5.n.Lac<)H!)aiss.)n<'t'sficnt!<iqHMd()it<trt'aussi~f'/i<'m/<q)!C])Ossi!))<

Sans doute la science ne repousse pas les faits particu-


liers, pourvu qu'ils soient vrais au contraire, cttc re-
cueille le plus de faits possible. Mais, considérant la vaste
portée et l'importance extrême des faits generatiscs, la
science pousse la généralisation jusqu'aux plus extrêmes
limites. Un petit nombre de faits isolés, dont on a soigneu-
sement établi la vérité, peuvent avoir de la valeur en eux-
mêmes, mais ils ne sauraient constituer une science.

étudie monde; ette


3(i.H).C)m<)ucst'it'ttct'p.)rtict!!iere ui.c/Mr~f/f.)7!M<du
elle aMt'mhte tes faits et tes fois ~'ucratcs qui sont de même es-
g)0t)pe,
pèce.

L'ctude du monde nous convainc que les phénomènes


sontde différentes natures, et doivent être étudies par
qu'its
des procèdes différents, l'ar exemple, les forces qui pro-
duisent les mouvements des corps célestes ne peuvent être
confondus avec ta combustion, le ma~neti-me, les forces
animales ou végétâtes. Les fonctions de esprit ne res-
semblent à rien. Par tes affirmations,
suite, les vérités
relatives à t'ordre du monde
se divisent en plusieurs caté

gories;ctit y a une convenance évidente a observer cette


)<A! t.– a
Logique,
34fi~ !rnoDt't:'r[uN.
1 1 A
division, a c)asscr)<'s faits de m~mn nature dans des caté-
gories spcciates. Associer dans une même étude les faits
relatifs aux planètes et les faits relatifs a l'esprithumain,
ce serait a coup sur cmb.u'rasspret embrouiller l'intelligence.

3~.)V.Toute science doit soumettre k'smatie)'M()u'e))ecompren!t a uueer-

tain on/n',
ttin<"Y/;< ail un certain
t'(~l'(aill arrangement, a(lll d'assurer
:t1'l'iUl¡;I'1I1Cnt, afin d'as~lIl'(,l' le
te miel!\
mieu'()x~sibie)a
possihle la

découverte, ta veritication et ta communicationde ta vérité.

Il ne sufilt pas de réunir tous les faits et toutes les géné-


ralités qui se rapportent a une même catégorie de phéno-
mènes il faut otcorc présenter ces matières dans un ordre
convenable.
Cet ordre varie avec chaque science. Néanmoins H y a

points, essentiels et communs a toutes les


quctques
sciences, sur lesquels il faut arrêter notre attention.
1" H faut s'élever du plus facile au plus difficile. Si un
fait, si une vérité générale, suppose et implique d'autres
faits, d'autres principes, c'est par eux qu'il faut. com-
mencer.
2" Avant de prouver une proposition, il faut avoir acquis
tout ce qui est nécessaire a cette preuve. Dans les sciences
de démonstration, dont toutes tes parties sont tiees, en héo-
métrie par exempts, chaque affirma) ion dépend d'une affir-
mation antérieure la succession des idées est alors métho-

dique et systématique.
3" Il faut etabiir te sens des mots avant d'en faire usage.
Il est naturel de commencer par la dennition des termes
essentiels de la science.

~S. La ctassitiratiou <))"! '.eienfM est «ne ''n))se<)uet)ce des yucs <)))e nous venons
d'exposer, (.ette <')a'*sitieati'm dérive, en premier lieu, tic la division en c!)-

tepoietdesphenomencs de la nature,eten second )ieu de )adenen(hnf'e

)nutue))edeee<eah'~orie~.de)'t)rd)edesi<nnneitere!ative<)u'onneuttcur
attribuer.

Si
chaque partie de la nature était entièrement séparée
et distincte de toutes )cs autres, il n'y aurait pas lieu d'éta-
blir entre les science? un ordre de progression et de du\e-
NATUU';f)KKOS<OKDAISSANCËS. 33

ioppement. Mais les


puissances diverses de la nature,
pesanteur, chateur, forces animâtes, esprit, etc., se mêlent
et se confondent à un haut degré dans leurs opérations. De
plus, tous les phénomènes, quels qu'ils soient, sont soumis
aux lois
de ta Ces lois peuvent être étudiées à
part, en dehors de toutes les catégories spéciales d'objets,
et t'élude de ces lois est comme une préparation nécessaire
a t'élude de toutes tes parties de la nature. Ce n'est pas
d'ailleurs de cette seulement
façon-là qu'une science par-
ticulière prépare a une autre.
les voies IL y a par consé-
quent un ordre de dépendance qui unit les sciences, et qui
détermine jusqu'à un certain point le développement suc-
cessif des études scientifiques. C'est d'après cet ordre que
les sciencea devront tour a tour passer dans les mains des
savants.

M. Les scit'nccs sont uu nhs)! aitM oo concn'tcs.

Les mathématiques, qui traitent, de ia ~Mn<</c, de la


quantité eu général, abstraction faite de toute quantité par-
ticulière, telle que ta longueur, le poids, la chaleur, etc.,
prennent le nom de sciences abstraites. Sauf une seule
exception, les mathématiques sont les plus abstraites de
toutes tes sciences les propriétés qu'eites étudient sont les
plus générâtes de tontes les propriétés. Les discussions

qu'elles engagent sur certains objets sont aussi indépen-


dantes que possible des autres qualités qui dans la réalité
s'unissent ~ces objets.
D'un autre côté, la zoologie, qui a pour but de décrire et
de classer une catégorie considérable d'êtres réels et con-
crets, à savoir te règne animât tout entier, est une science
concrète.
La seule science, qui au point de vue de l'abstraction
rivatise avec les mathenntiqne- est précisément la logique.
Les premiers principes de la fogiqne, têts qn'its ont été
exposes ci-dessus, toi de consistance, toi de déduction, loi
d'uniformité, dominent toutes les sciences particutic'ref.
:j!b ~'tftuoL'cnoN.

Hs sont ptus~ei~eraux,ptuscomprebc!~sifs que tes lois


de la quantité ette-meme.
Immédiatement après la quantité, la qualité la plus
~enerate des êtres est tey/i~v'M~.Tous les corps peuvent
ut,rt;i))[s<!nmonYeme))t, et il faut. cUsting~cr ici le mouve-
ment en masse et le mouvement
(mouvement, mecani'jue),

datisles motecutes(mouvement moteculaire). Les corps


sontsoumisatnnonat'aut)'e,nuatonstcsdcL)xata
fois. Il est evidentque tes fois dn mouvement peuvent être
detertninees, abstraction faite
de tout objet particulier. Il

y a par snito une science abstraite dn mouvement, que l'on


peut appeler mécanique abstraite, théorique, rationneite.

L'expression )ap)us usitée aujourd'hui est celle de ff ciné-


matique )). Lorsque, au contraire, on applique tes lois du
tnouvement a des corps reets et particutiers, comme les
sotides, les liquides ou tes n''x, ou rentre dans le domaine
de la mécanique concrète et de ses différentes formes, qui
ont des noms appropries aleurot)jet.
Il faut remarfmer que ce qui est <-<«! est en même
temps ';<M~/< le concret est ~eneratcmcnt M/)~'e. En
~t'mer.'d, ce qui est vrai dans le domaine abstrait doit être
vrai aussi dans ta reaHtecoucrete,cart'abstraitn'estqu'un
mot cmptoye pour designer [es rapports des choses con-
crètes. [,'nc toi, vraie au point de vue abstrait, serait contra-
dictoire, si ettc ne pouvait être appliquée aux choses con-
crètes. Mais, dans la réalité concrète, il peut y avoir des
forces opposantes qui neutralisent la loi abstraite. Il peut
y avoir par suite
quelque différence entre !es effets d'un
pouvoir qui agirait.f<'«/, et tes effets de ce rnt'me pouvoir
agissant en ~ww/v~eavcc d'autres forces. La loi abstraite
du mouvement, a savoir la tendance des corps à persévé-
rer dans te même état, n'est pas reansee dans tes choses
concrètes, en raison du frottement on des obstacles qui
s'opposent au tnouvement: ta tetutance a persévérer dans
le tnouvemcnt est ('ontrc-t)a)ancee par d autres influences,
et il est possible de catcuter te résultat complexe de cette
composition de forces. L'intérêt per.-onueta~issantseuldoit
CLASS[Ff(:A[10N ~ENOSCCNNA~SSANCKS. 37

avoir certaines mais, s'il se mete a d'autres


conséquences;
motifs d'action, ce n'est plus n lui qu'il faut attribuer t'eit'et
complexe qui se produit.
A vrai dire, les sciences abstraites doivent toujours pré-
céder les sciences concrètes correspondantes.

40. Pour )cn)on)entitsuftir.) de et.meries sciences ainsi ()U'i) suit: Lo-

j;i()uc.–H. Mathématiques.–Ht. Physique mécanique, ou sunnjemeut


Mécanique.- !V.hysique)))oteeu)aire.–V.C.hhnie.–V).)tioh)gie.–
VII, (~hacllue (le cl·; science.sc<)tn)))''nd
de ces scicnces cntnln'elul uue
une ctussc clistincte
clusse distincte de
(le
V)(. Psychologie.C.hacutic
l'sy('llola~i(·.
))!)enninenes. A e))es toutes,eHcst'm!)r!)Sseut tons tcsnhenomcncs connus.
t.'01'(tl'l`. (Iilllfi II'(lll!t (·.IIVS SOIIL l'illllll(.'l'('f~S
L'ordt'eda!Ls)equ<')ene!<.so<)te))uu~erce.sestuu C~t 1111 ordre
OI'UI'f' (11'.
de progression (Il'S
t)l'O~t'E',SSI011 <!cs
j))ussimj))es aux j))us composées, des )))usinde))t'mt.U)tcsan.'()))usdepc!t-

dN!~e.(!'f'.st)'ordredans!e(~ue)e!h'sdoiycnt être étudiées,et .suivant)eque[


ehcsso))ta[')'e)ccsasedcyeh<j)pcr.

I. – La comme nous l'avons Jcs


L"(;t<.H;)': embrasse, vu,

principes )csp[us fondamentaux et. les plus universcis:


consistance, déduction, uniformité. La tonique ne suppose
aucun principe supérieur aux siens, et c'est précisément
sur les principes (te ]a tonique que reposent toutes les
autres sciences. ![ n'y a pas de science qui n'use et ncpro-
Ste des données de la tOgique, qu'eXe en ait conscience ou
non.
IL – LesMA'rtn~),\)torHS sont la science abstraite de la
quantité elles déterminent les )ois de la quantité dans
quelque objet que ce soit.
HL–La MUcAKtOt'E, on physique mécanique, ou pbito-
sophic mécanique, est la science du mouvement par rap-
port aux corps pris dans tcur masse la science de ta force
qui détermine te mouvementdcs corps. H yad'attord une
mécanique abstraite ou théorique (cinématique), qui com-
prend tes lois de t'eqnitibre, tes lois du mouvement, appti-
cabtcs a. toute masse de matière, at)straction faite de toute
nature spCt'iat('tt'ot~jet-sap[))icationsccncrcte" de ces
toisemtu'a.ssentt'astronomit'.ouetttdcdcs mouvements
célestes, puis t'élude de ta chute des corps sur )a terre, la

stati()ue,t'ttydrostatique,ta dynamique,tttydrodynamique,
l'acoustique.
38 ):s"mo)'uc.TKtN.

ÏV. –La Morj'CL'LA)HE se rapporte


Puvs~orK aux mouve-
ments moléculaires, aux différents arrangements des corps.
Elle comprend ta cohésion et l'adhésion moléculaires, con-
sidérées comme les principes de combinaison dessoudes,
des liquides et des g'ax, la chaleur, la lumière, l'électricité.
V. – La CmMŒ continue, l'œuvre de la physique molé-
culaire. Elle se rapporte plus spécialement aux combinai-
sons ou décompositions, appelées chimiques, et qui ont
pour caractère d'être suivies de changements considérables
dans les qualités des corps.
La partie de la science, qu'on a longtemps appelée la
philosophie naturelle, comprend a. la fois la physique mé-
canique et la physique moléculaire mais elle laisse la
chimie en dehors de son domaine. Une classification pour
le moins aussi juste serait, celle qui considérerait la chimie
comme faisant partie de la physique moléculaire, avec
laquelle elle semble se confondre par une transition pres-
que insensible. En fait, l'action chimique est inséparable-
ment liée a la chaleur et a l'électricité, bien que ces sujets
puissent être, dans l'exposition scientifique, détaches de la
chimie.
La physique moléculaire et
physique la mécanique,
prises ensemble, épuisent dans tous ses aspects essentiels
l'étude de la grande loi de la persistance, de la conservation
ou de la corrélation de la force.
VL – La Hiouj(UE nous introduit dans un domaine en-
tièrement nouveau les phénomènes de la vie ou des êtres
vivants, phénomènes qui impliquent une structure orga-
nisée, unie à un pouvoir permanent de d~t'foppement et de
reproduction. Cette science est subordonnée aux précé-
dentes, en tant que les corps vivants sont soumis a toutes
les lois de la physique mécanique ou
mutecnlaire,
avant de
l'être aux lois spécifiques et particulières qui caractérisent
la vie.
La biologie se divise parties. Il y a la biologie
en deux
des végétaux, et celle des animaux la prcmiO'e qui étudie
a fond !a structure, la classification, la description des
CLASSit'K:At!ur< UK KOS CONMA)SSAKC!S. ~!j

plantes;
ht seconde qui en fait autant pour les animaux.
La botanique, )axoologic,l'anatomie et la physiologie de
l'ItOtnmcsontles divisions <c/'e/<de la biologie. Rcmar-
qnons d'ailleurs
qu'une science biologique abstraite est à
peine possible. Les lois de la vie ne peuvent être détermi-
nées d'une façon générale et uniforme pour les végétaux et
les animaux. L'effort le plus grand que l'on puisse faire
pour se rapprocher d'une distinction entre la biologie
abstraite et la biologie concrète, consisterait à distinguer
d'une part la physiologie des animaux et des plantes, et
d'autre part la description et la classification détaillée des
plantes et des animaux.
VIL – La l'sycnoLOt.fK, ou science de l'esprit, constitue
une province tout a fait spéciale de l'étude des pheno"
menés naturels. Si elle se place au dernier rang dans l'or-
dre de développement des sciences, cela tient à deux cir-
constances. D'abord l'esprit humain est un sujet d'étude
très-compliqué, et dont la difficulté est encore aggravée par
l'innuence d'un grand nombre de préjuges et de tendances
vicieuses. Par conséquent, avant d'aborder la psychologie,
le savant doit s'être préalablement astreint a une rigou-
reuse discipline scientifique, telle que la lui inculqueront
les sciences
précédemment enumei'L'es.
En second lieu, quoique
l'esprit, c'cst-a-dirc la conscience
subjective, soit un objet
tout a fait unique en son genre.
il n'en est pas moins vrai que cet esprit est constamment.
uni a un organisme corporel. Il faut donc connaitre cet or-
ganisme, qui ne se sépare point de l'esprit, et cet orga-
nisme est précisément étudie datts la dernière partie de la
biologie, je veux dire la physiologie de 1 homme.
Les sept catégories de t-ciences qm' nous venons d'indi-
quer contiennent les loi. de tons le. pit~noncnes connus,
pltenomene&delamatirr) on de l'esprit.. )';i[e-présentent.
d'aineurs ces lois dans l'ordre le p)us convenable pour les
étudier et les comprendre farih meut. Il ne saurait y avoir
de phénomène (trangc et tout a fait nouveau uu
pour
))ommetpti serait verseà fond dans ccsdiffercntes'ciencrs.
40 ~)n<)~;c')'H)~.

A vrai dire on pourrait, simplifier encore cette classificatioti


et ramener toutes tes lois des phénomènes à quatre chefs:
la mécanique moléculaire ou physique, la mécanique pro-
(Ht.e, ta hiuk~ieja psychologie. La logique ettes
prement
mathématiques sout sentement des instruments qui nous
aident a mieux comprendre )a nature des choses reeDes.

Auguste (~omte avait detacl)6 l'astronomie de la science

ge~~e['a)e a laqueUe on )a rapporte usucttcment, pour en


faire une des catégories essentielles de la science humaine.
a affaire
La raison qu'i) en donnait, c'est que l'astronomie
avec ce grand fait de la gravitation, fait spécifique et distinct,

qui ne rc-sembte a aucun antre, et que t'en peut étudier à

uniquement de la mécanique rationncttcct


part,ens'aidant
des mathématiques. Quoiqu'il soit permis de croire que
l'on a tort de donner ainsi a ['astronomie un rang proémi-

nent dans la classification


sciences, il faut reconna~re
des
de t~omte met en lumière un fait considé-
que l'argument
rable et certain. La gravitatioti est une force particulière,
distincte de toutes les autres; elle agit dans les corps cetestes
sans se meter a d'autres forces, et par suite cHc donne à
t'astronomie un caractère remarquable de simplicité.

i).Lcss('i<'n<s('o~<t'tt's.t'n.<('st!)<d)Yis.u)t.t)~')~cnth<'nad<"<sc!<*))M'is(;pon-
daircs, – <'on)nK' ta mt'tt'o)o)')gie. );t mi~o'.Uogit', )a gcf!<)};ie, ht gcngraphif.

Mni'i.mrunt'de ces s('ic))<'t'<.n'.))~))'dct)c< sujets la nene soi<)td<;ja


soient déjà compris
compris
d'une
d'uue h's szie::res fnlld"III'~lItall's,
t'a,;oll gi'IIÍ,rale
tac'))');t'')t'i')t't)at)s)!')iscit'!ic!'<t<)ni!t!Hit'))ta)<'s.
dans

Dans chacune de ces subdivisions de ta science on a n)is

à part un certain groupe de phénomène:; Ax~t/~w/<< asso-

cies, pour en faire l'objet d'une chute speeiatc. Layy!e~-

?'o/ par exempte, traite de t'atmosphere, dont les phc-


nomenes sont gouvernes par les fois de ta physique méca-

nique ou motecutaire. Ou peut en dire autant de la M;ie-


~<c. !) n'y a pas en effet d'agent naturel concourant a
la formation des minéraux, en dehors de ceux qui sont dé-
crits dans les sciences fondamentates. Le but specia) de la

minéralogie est de présenter un système de description et


CLASStt'ICA'nON DE NOS CONNAISSANCES. 4i

de classification minéraux, assez complet


des pour qu'on
puisse tacitement les reconnaître.
La ~eo/oy/e implique la biologie ainsi que la physique
son domaine spécial est la croûte terrestre, dans les limites
où elle est accessibtc à l'observation. La yeoy/<e est la
science de la surface
terrestre; elle est, comme les deux
sciences précédentes, une science descriptive, mais elle ne
renferme aucune nouvelle loi de phénomènes.
Parmi les sciences concrètes qui se rapportent spéciale-
ment à Fcsprit humain, nous pouvons compter la science
MCi! ta politique ou ia sociologie, qui a pour but d'appli-
quer tes lois de t'esprit aux êtres humains réunis en société.
Un autre exemple a citer est la pbitoiogic, la science du
langage universel; cttc comprend ta ch~ification des lan-
gues anciennes et des tangues modernes.

42. Nous n'avons pas enc()r('a<'))<'tt'r<nunn'ratinn<)t's))ra)«'hM de façon-

naissance,H))pt')('t'.s sciences. !~n's))'a('rk')<!fs sciences <)itc'<f~HM.

Le but linat de la pratique,


la c'est-à-
connaissance est

dire les règles de la conduite. 11 y a dans la pratique diffé-


rentes catégories, qui correspondent aux divers besoins des
êtres humains. Chaque catégorie repose sur un ensemble
de connaissances plus ou moins approfondies.
La pratique est ce qu'on appettc aussi fart.
Suivant le caractère des connaissances qui servent de
fondements a la pratique,/l'art est empirique ou scienti-
fique. L'art
empirique provient uniquement des connais-
sances acquises dans t'exh'cice de fart tui-memc. Les arts
étaient tous empiriques avant l'origine de la science,
comme par exempte t'agricutture, ta navigation, la métal-
lurgie. Il y a, même aujourd'hui, des arts qui sont restes
empiriques, comme par exempte ta médecine.
Les arts deviennent ta science
scientifiques
torsque
exerce sur eux son influence.
navigation en est un
La
exemple remarquable, puit-qu'ette a pour auxiliaires les
mathématiques, la mécanique, l'astronomie, l'optique et
la météorologie. L'art de construire, t'artitierie, la fabri-
4~ )Yr)!0[)f<"nON.

cation des machines, la teinturerie, et en genCrat les difte-


rentes formes de t'industrie sont des arts fondés sur la
science, et qui par suite mentent d'être appelés des arts
scientifiques ou des sciences pratiques. Un autre groupe,
rotatif a t'esprit, comprend l'éthique, ta togique (sous sa
forme pratique), l'esthétique, la rhétorique, la grammaire,
l'éducation, la politique, la jurisprudence, le droit, t'éco-
nomic potitiquc.
Plusieurs des sujets d'études que nous venons d'indi-
quer en dernier )ieu peuventetre considérés, tantôt comme
des sciences concrètes théoriques, tantôt comme des sciences
pratiques. Ma dépend dece que ces sciences sont construites
tantôt d'après nn type, tantôt d'après un autre. Ainsi la
potitique peut être conçue comme un corps méthodique
de théories systématiquement déduites
de quelques don-
nées ou vérités premières. Eue rcs'cmbte alors a la méca-
nique, à ta chimie, n la psychologie. D'un autre côte, ette
peut être construite dans un esprit pratique avec l'intention
d'agir directement sur les affaires publiques. Dans ce cas,
cUe prend la forme d'une série de maximes ou de pré-
ceptes rotatifs a fart de gouverner maximes qui peuvent
être plus ou moins fondées sur des théories scientifiques
et des vérités générâtes. Des remarques analogues s'appli-
quent a l'économie politique, a. la jurisprudence, à l'éthique.

43. Dans toute scit'ncc prati'juc, h'~ Mnnaissanecs sont choisies et ordonneft

uni()m'nK'))[t'u~ncttt)hut<)n'i)f)u)taUt'i)nh('.t.a<k'th)itiot)tt<;)itscit'))Ct'
pr.tti<(m' n'est autre <jUH la dctfronnation de soo but.

H y a une grande différence, pour te choix des matières,


Ctttre une science tt)eorique(at)straitc ou concrète), et une
science pratique. Dans ta première, les connaissances ex-
posées se rattachent exclusivement catégorie de a une
phénomènes naturets: te mouvement, t'esprit~ la vie, etc.
Dans la seroude, tes connaissances sont empruntées a une
ou plusieurs sciences théoriques, et développées dans l'ordre
qui convient au but, a la tin qu'il s'agit d'atteittdre. Dans
une science ttteoriqne nous trouvons sens la forme ta plus
i))t)'1.\rr;t)M)~:LALO(jtQUH. 43Il~

succincte et la plus intelligible l'ensemble complet des


connaissances qu'on sur une classe d'objets
a acquises de
même espèce; ces connaissances pourront dans la suite
être appliquées a nn grand nombre d'arts, mais pour le
moment elles ne s'appliquent spécialement a aucun. Dans
une science
pratique, au contraire, les connaissances sont
mises au service de la fin qu'on poursuit.
Dans beaucoup de logiques écrites selon l'esprit d'Aris-
tote, on insiste pour montrer que la définition d'une science

pratique n'est pas autre chose que la détermination de son


but. Ainsi, dans l'éthique, nous avons d'abord à fixer le te~o~,
le but de l'éthique c'est sur cette question que portent, en

pareille matière, les principales divergences des opinions.


La logique, considérée comme une science théorique, est

définie par la catégorie d'objets qu'enc étudie considérée


comme un art (empirique on scientifique), elle doit être
dcEnie par son but. (Voir Appendice A, et Logique induc-
tive, livre Ht).

IV. Des diverses formes données à la déGaition


de la logique.

~i. f. La logique a été detinie 1" t'art du raisonnement; H° fart et la science


du raisonnement.

La première définition est celle d'AIdrich la seconde


est un amendement propose par Whately. Elles recon-
naissent l'une et l'antre le caractère de )a logique.
pratique
La seconde indique qu'en logique l'art est fonde, non sur
un empirisme vulgaire, mais sur la science. En d'autres
termes, la logique est une science pratique.

)f).U.Le tet'me«'<~HM"M''M<c.stt!)s~tnsant))ourd('fi))i'')a)<),;ifph':t''parce <)u'i)

pe~t être inter)'n't<'de)'))~ti'u))en)aniere;'j'*)'ar('<'<j)t*~Mt trop étroit,

trop restreint pour e\pri<ner entièrement )t'hntavnuedt')a)f)~i()t!e.

Le mot raisonnement peut être pris dans deux accep-


tions on bien il ne représente que la déduction, ou bien il
4t 'P' )\TH(H)L't:'rtON.

signifie toute inference, ta déduction et aussi t'induction.


Dans le sens te ptus restreint du mot raisonnement, la

tonique serait, limitée au raisonnement deductif ou an syl-


to~isme; dans le sons h'plus tar~(',)a)ogique compren-
drait aussi l'induction.Le St'nsicptuactroitcst celui qu'ont
adopte le plus grand nond)rc des togicicns; mais it n'en
est peut-être pas un qui soit reste fidèle a cette defmition.
Sous un titre ou sous un autre, tantôt sous te nom de lo-

gique appliquée, tantôt sous te propre titre d'induction,


les matières relatives a l'induction ont été introduites dans
les toniques deductivesde Whately, d'Hamiiton, deThom-
son et de qnctqucs autre" encore.
De plus, pris dans son acception même )a plus large, le
mot raisonnement est encore trop restreint pour le vaste

objet de la logique. Nous trouvons en effet traitées dans tous


les livres de logique des questions que ne comporte pas le
mot raisonnement: par exemple, la classification, la deti-

nition, la division, opérations qui doivent toutes être assu-

jetties a des règles, puisqn'ettes peuvent être bien ou mal


faites. Kn effet, nous appliquons l'epithete de A~~Mc a une
définition aussi bien qu'à un argument.

~<nt.(ne.)uttt'(te(i!thiond<').tt«i:i'[')c)arcpn'St'nte<'omme)a.sficncH

t)e.'i)<)i.sdet.)))ensec.

Cette définition à ce qu'il y avait de trop étroit


remédie
dans la définition précédente, \n la nature du mot raison-
nement. Le mot pensée est assez large, en effet, pour em-
brasser tontes les opérations contenues dans la logique
mais malheureusement il fait p)us encore il désigne
toutes les facultés inteuectueXes,
puisqu'il a la même ex-
tension que te mot intelligence lui-même.insi la mé-
moire et l'imagination sont des parties de la pensée, l'ai'
suite, ce mot de pen-ec a besoin d'être limite dan- sa signi-
fication,etd'etre applique seulement a ta pensée discursive
on renechie, ta sente qui entre en exercice dans tes opéra-
tions logiques et dans ta recherche de ta vérité. Ces opéra-
tions logiques peuvent être ramenées a deux l'abstraction
hKH.\rrh~s~)';L,\ux.ju' 4.~

et, te raisonnement. Le pouvoir intellectuel appcte abstrac-


tion est précisément celui auque) se rattachent les parties
du domaine de ta tonique, que le raisonnement, même
danssottsensieptustar~e,nesauraitcxprimer.
Même avec ces limitations nécessaires, l'appellation:
« Lois de la pensée)), est exposée a. d'autres objections.
D'abord cette expressi(U), dans son interprétation la plus
naturette, vise ta/~y<7~V~y<cptutot que la logique. Les
lois de ta pensée semtttent designer ptutôt les lois de l'ori-
gine et de la succession de nos pensées telles que tes
expose ta science de l'esprit, en d'autres termes, les lois de
t'associat.ion des idées.
On ne peut remédier a ces difficultés qu'en interprétant
arbitrairement. tes )ois de ta pensée. D'après
t'e\pressinn:
certains te mot/wc/suffirait
logiciens, a determit~er
t'expression,mais cette correction ne supprime pas ta diffi-
culté. Hestc a savoir si tes lois de ta pensée signifient la

pensée tct)e.qu'ettee-t, ou la pensée tettequ'ettc doit être.


Si c'est la pensée tette qu'ette est, on a t'objet propre de la
psychologie si c'est ta pensée tette qu'ettc doit e.tre, il faut
nous permette de contrôter,
qu'i)yaitt[ue)queprincipcqui
de tes tendances de t'esprit
réprimer spontanées principe

qui est dans te cas un élément de très-grande importance,


et qu'il faut par conséquent mettre en retiefdans la denni-

tiondetalf'ghme.
It serait difficitc qu'une exp!ication,quette qu'elte fut,
par\!ntaf.urc une bonne définition avecuncphraseausst
amt)i~uc, aussi inccrtamc, que t'cxpression « les lois de
ta pensée )'. Même quand on l'a déterminée par les res-
trictions nécessaires,
itsembtcpossibfe de trouver une
autre expression ptus propre a indiquer ce qu'on veut dire.
Si le sens de l'expression est M la pensée telle qu'ette doit
(~(;–ta droite et restée, –it faut fixer un
pensée
critérium du vrai et. du
critérium, qui ne peut etrequ'un
faux. Le t)Ut de la pensée, ainsi que )e remarque Hamifton,
est la vérité.
46 6 INTHOt)UC't')ON.

.i7.)V.–La togiquc a )''<('('!)('(nt'dc(inK'(~ns"("<'t'y' science

dt~up';t'ationSt)t'['('sp)'itd.n).;)at'oc!)'('hcde)atcritH.

Cette definitioti implique trois ct)oses:i°la logique fait

partiede la prati()ues('i(;ntiti<]uun)ent. conduite :e[ie est une


science pratique; 2" toute science pratique, tout art scien-

tiiique ou non doit avoir uu t)ut )e but de la logique est


la découverte de la vérité; en troisième Heu, tes moyens
employés pour assurer cette découverte consistent a ana-

lyser tes opérations de l'esprit.


Les deux
premiers points ne sauraient guère être con-
testes. Sans doute la logique présente certains aspects
théoriques; mais son but essentiel est toujours pratique.
Si tes recherches toniques n'avaient pas été nécessaires
pour ta découverte de la vérité, on n'aurait jamais songe à
les instituer.

Le troisième point que les moyens employés par la lo-


consistent a. examiner les opérations intellectuelles,
/giquc
soulevé quelque critique. Cet examen peut être un des pro-
cèdes logiques, mais il n'est pas le seul.

~8.).a<))''t)nit)0))[)rt'c''dM)tt't'.stmOttif!('t'paru')cdi''tim't)o)) importante, ftya a


dcn\<)"'«'))')<itt'<;c<'[)M(j)n'!ont connues i!nm)'Jiatt'ment, par une
intuition directe. cfUt's qui ne pO)Ycntt't)CC'))n)))<~(]Uf par t'intcrvention

()c<)Up)<)Ut'<\rritt'!iintt'r!)K'diairt'<.

Cette distinction est fondamentale. Les faits attestés par


une conscience
immédiate, comme M j'ai faim, j'entends
un son, j'éprouve du plaisir~ je parle ne peuvent pas être
soumis a~des lois, à des règles. Us sont pour ainsi dire dé-
Hnitifs et complets par eux-mêmes. Nous ne pouvons nous
soustraire a. ces intuitions nous ne pouvons ni en dimi-
nuer ni en augmenter l'évidence par des procèdes et des
méthodes togiqnes. Ces connaissances sont comme les
données fondamentates de ta conscience individuetie.
Une autre classe de connaissances, de beaucoup la ptus
nombreuse, comprend toutes celles que nous acquérons,
non par une intuition directe, par une conscience imme-
j~.r~rno~soELALOG~UK. 47

diate, mais par l'intervention de certaines vérités qui ettes-


memes sontconnucs immédiatement. Le soleif se levé, voila.
une vérité médiate ou indirecte; ce qui est immédiat, c'est
la sensation de la fumiere, et de ce fait, immédiat nous infe-
rons cet antre fait te soleil est au-dessus de l'horixon. Je
sens le froid, est une connaissance immédiate. L'affirma-

tion qu'une autre po'souue éprouve fa même sensation de

froid, est une inference médiate; (fans ce cas, les faits immé-
diatement connus sont certaines sensations de la vue ou
de f'on'fc, avec lesqueffes je sais par expérience que la sen-
sation du froid est iiue. Les sentiments et les pensées des
antres êtres ne nous sont jamais connus que de cette façon
indirecte.
Toute chose
qui s'accompfit en notre absence ne peut
être connue, si toutefois nous la connaissons, que mediate-
ment. Notre connaissance intuitive est limitée au temps

présent, et par suite la connaissance du passe et de Favc-


nir est nécessairement médiate.
Maintenant ajoutons que toute connaissance médiate est
à parler une inference. Lorsqu'une chose
proprement
est connue~ non par elle-même, mais au moyen d'une
autre chose qui se rapporte a elle, la connaissance est mé-
diate ou inférée, et le fait immédiatement connu est la

preuve du fait infère. Le fait que la température est au-


dessous de ~2" Fahrenheit, peut être infère de la percep-
tion qui nous montre que la neige tombe. La neige est ici
l'intermédiaire sur lequel s'appuie l'infcrcnce, la preuve
de cette vérité que l'air est froid. La fonte de la neige serait
au contraire la preuve que la température redevient plus
chaude.
De telles infcrenccs supposent un lien, un enchaînement
entre les phénomènes ditfcrents. Si A est la preuve de B,
A et H doivent être connus comme des faits qui sont unis

t'un a l'autre dans ta nature. Maintenant, pour nous a-surcr


de l'existence de ces rapports, de ces liaisons, certaines
sont nécessaires ce sont l'oh-ervation,) induc-
opérations
la déduction. En accomplissant ces opérations, nous
tion,
48 'NT)«)f)Ut;.T[ON.

sommes exposes a certames erreurs pour échapper a ces


erreurs nous devons prcudre des précautions; ces précau-
tions sont, précisément les relies de ta logique.
Pour ce qui concerne )es vérités immédiates, ces pré-
cautions et ces relies ne sont pas nécessaires. Sous ce rap-
port la confusion principale que nous sommes exposés à
commettre (confusion qui est fréquemment une source
d'erreurs) consiste à prendre une vérité inférée pour une
vérité immédiate. Nous sommes disposes a croire que nous
avons immédiatement conscience de vérités qui cependant
ne peuvent être qu'inférées. L'exempte le plus frappant de
cette tendance est notre disposition a penser que par la vue
nous percevons la distance; tandis qu'en fait (conformé-
ment a l'opinion de )!crketey et de ta majorité des savants),
nous ne connaissons ta distance que par inferencc. Notre
conscience immédiate m; porte que sur la couteur, sur la
tension et les mouvements des nmscte- de t'unit, qui sont
les signes de ta distance, mais non sur la distance elle-
même.

Ainsi, s'il y a des connaissances (me tout ic monde con-


sidère connue des objets d intuition, de conscience immé-
diate, comme nos sensations, nos émotions primitives; s'il
y a d'autre part des connaissances que tout le monde con-
sidère aussi comme des objetsd'inference, ou d'évidence
médiate, comme les sentiments de nos semblables, les faits
historiques, les généralisations de ta science; – il faut re-
connaître qu'il y a aussi, entre ces deux catégories bien
tranchées de connaissances, un terrain intermédiaire et mi-
toyen, où l'inferencc se mete et se confond avec l'intuition;
et on se rencontrent des connaissances aux
yeux de
qui
certains hommes passent pour des inferenccs, tandis que
pour d'autres elles sont de véritables intuitions. C'est
ce qui arrive pom' qnetqnes-unes de nos connaissances les
plus importantes et tes ptns discutées.
L'existence de ta divinité est considérée par quelques
philosophes comme une vérité d'intuition, c'est-à-dire
comme une révélation immédiate de ta conscience, comme
)jK[''tM'tiONS)));LAU~.t~Uf' 49

11,
une vérité « /< par d'autres, comme une infcrencc
tirée de l'ordre de l'univers, c'est-à-dire comme un juge-
ment Il /<;<c~o?'<; et d'un autre côté cette vérité est consi-
dérée le plus communément comme étant à la foi.-i l'un et
l'autre, un jugement d'inference, en même temps qu'une
intuition immédiate. De même notre connaissance du
monde est présentée
matériel par Rcid et Hamilton comme
une intuition tandis que d'autres philosophes nient qu'elle
soit intuitive dans le sens qu'on entend. En fait, ces ques-
tions controversées, touchant l'origine de nos connais-
sances, s'agitent toutes sur ce terrain confus ou se rcn-
contrent et se mêlent l'intuition et l'inferencc.

<M. L)t togi~uc n'a aftaix' M'ntes \t'iitc.s d'intY'rt'nrc; sadrfitntion (SH-
qu'aux
to!) t'atttt~dt-tm'ttt du Mitt) doit t't!~ La to~ioou est la scit'ncc
c\ptin)t't' ainsi
des (le t')'tt cm)''c«)t;ot )'Mstima)ion de la preuve.
o[)~t'.ttiom (jni

La détermination du critérium de l'évidence e't incon-


testablement la grande affaire de la logique. Son rote est
les du vrai et du faux, afin d'arriver a
d'exposer preuves
l'établissement de la vérité.
Si les logiciens doivent suggérer des méthodes relatives
à la découverte, des procédés destinés à atteindre des con-

ceptions qui seront ensuite vérifiées par les règles de la

logique, c'est une question pendante. M. Mit! ne l'a pas


expressément résolue dans la définition qu'il donne de la
logique, mais dans le titre de son ouvrage il associe ces
deux expressions tes principes de l'évidence, et les mé-
thodes de l'investigation scientifique. H

50. t)ans te j't~ext ou\M);t' ta h~qm' c<t fon~tt'r)~' )" Comme une scn'nc<'

at);trai«' et t))t''umjm'; 2" CoHmK' la ..ricocr [))ati<jm' (tf la jx'cuvf on <t''

t'Ktittt;ncc; 3" C'muuc de UM'thodcs auxiliaires )<ro['tvs a seconde)'


unsy<tM)f
tit rt't'hoctn' de la \t'tit<

i" La
logique, comme nous l'avons \u~ expose les lois
fondamentales de tonte affirmation; de ces lois e)[e tire des
inférences, qu'elle exprime dans des formules appropriées.
t.–) t
)tAtN.iquc.
50 ~l'KODUC'HCM.

A ce point de vue, elle est le pendant des mathématiques;


car elle est, comme elles, une science théorique, bien que
fort hnerieureaux mathématiques ['our l'étendue et la va-
riété de ses développements et de ses applications.
L'exposition du syllogisme peut être considérée comme
une théorie géométrique, car les différentes formes du syl-
logisme sont
systématiquement déduites des lois primi-
tives, des axiomes de la déduction. De même, de la loi
inductive de causalité on déduit des inferenccs qui peuvent
être mises sous forme de règles inductives.
En considérant la logique sous cetaspect théorique, les
anciens logiciens distinguaient la /c~ ~O6'c~ la logique e
qui enseigne, la logique sous sa forme spéculative, de la

/oy<c« M/c~.s, la logique pratique, qui dirige l'esprit. Dans


ces derniers temps, de Morgan et Hoolc sont les hommes
qui ont le mieux mis en lumière le développement théorique
de la logique, et qui, par suite, ont fait le mieux ressortir
le parallélisme de la logique et des mathématiques, les
deux sciences abstraites par excellence.
La
logique est la science pratique de la preuve et de
l'évidence. Les conclusions de la logique théorique ont de
l'importance, parce qu'cDcs apprennent à distinguer )a
vérité de l'erreur, l'évidence complète de l'évidence insuf-
fisante (la certitude, de la probabilité). C'est là le caractère
utile de la théorie du syllogisme, de t'inferencc inductive,
de la définition, et ainsi de suite. Les développements con-
sidérables que de Morgan et Hoole ont donnés à la logique
théorique~ s'étendent sans doute bien au-delà des applica-
tions connues de la logique dans l'état actuel de la science
humaine. Mais on peut espérer que ces formules savam-
ment élaborées de la logique théorique pourront, un jour
on l'autre, servir a des usâmes n'~ls, non moins que les sec-
tions coniques, qui sont restas deux mille ans sans appli-
cation.
Dans le présent lois de l'évidence
ouvrage,
les 'ont
étudiées dans leur plus grande extension possible, puisque
l'évidence y est considérée au double point de vue de la
i)ËriNm(~S!)HLA.i.Ot.IUL'i' 51

déduction et. de l'induction. Uyaa cela plusieurs raisons.-


L'induction est a proprement parier le fondementde toutes
nos connaissances; les erreurs sontJrcs-frequcntes dans les
opérations iuductives, et ces erreurs peuvent être soumises
a des rentes, a des corrections, aussi bien que les erreurs
de déduction. L'utiHte de la logique réduite strictement à
la déduction est re)ativemetitn~diocre, et cel!). est si vrai
que iesecrivajus qui ont compose des traites de logique
deducti\e se sont rarement I)ornes eux-mêmes à cette
unique étude, (four )me explication plus ample des opi-
nions diverses qui o!)t été exprimées sur la deûnition de la
tonique, voir l'Appendice!)
~t" Enfin [a logique est un système de méthodes, de
n'êtes. On peut donner légitimement un expose de tous
les procèdes connus qui assistcntl'intcltigcnce,soit dans la
découverte, soit dans la démonstration de la vérité, pourvu
toutefois que ces procédés soient généraux, applicables
connue tels a~ tonte science pourvu qu'on ne les metepas
ades particularités tecinnquesproprcsàchaque science.
La logique, au point de \'ne de la méthode, sert à diffé-
rents usages. Par exemple, c'est &eHe, comme dit IIami)-
tun, « de rendre explicite dans l'exposition verbale ce qui
"est implicitement enveloppe dans la pensée.)'Dans la
plupart des raisonnements, il y a de fréquentes omissions,
des ellipses, et, dans certains cas difficiles ou obscurs, il est
nécessaire de reparer ces omissions.

tfue seconde fonction


de la logique est de disposer une
argumentation ou une chatue de raisonnements, de la façon
qui convient te mieux pour montrer a l'esprit que cette
argumentation estcou''Ju.tnt.e ou non.n'est
la nndcs~rands
ns.~cs du sy~o~isme. Mais te syuogisme n'a pas seul ce
mérite. Les rentes de! induction do))ueut,et)es aussi, un
expose preci- etc~mpietdetoustcs moyens qu'on peut
enu))o\er~our prouver inductivemen! la vérité'd'un fait,
de sorte qu'en rameni'ntcttaque preuve particutierc a la
catégorie ~em'rate dont ('e tripartie, nous pouvons
mieux nous assurer de la \a[eur de cette preuve. Kutmc~s
S2 tNTKOMJC'HON.

mêmes t'aies nous apprennent à quel genre spécial de


preuves devons nous recouru' dans un cas donné.
Eu troisième lieu, remarquons qu'il y a certaines ma-
nières de présenter les laits déjà connus et les prémisses
d'une question, qui sucèrent a. l'esprit les conclusions
contenues dans ces données, et le conduisent a une exposi-
tion explicite de ce qui n'était qu'implicite et latent. C'est
là un moyen précieux d'arriver à la découverte de la vérité.
Les lois de l'association peuvent être appelées des idées
à aider les recherches déductives ou inductives. Le grand
but d'une science déductive est de tirer d'un certain nombre
de données (principes ou faits) la plus grande quantité pos-
sible de vérités, et les forces intellectuelles sont considéra-
blement aidées dans un pareil travail par l'adoption de
certaines formes méthodiques.
Dans une note tinale de l'appendice, nous résumerons
tous les usages de la méthode logique considérée comme
art de la découverte.

Les divisions de la logique.

&t. ttans la découverte et dans la vérification de la connaissance, il y a quatre

0))eratiut).seMt'n)ieHe.'i,)'t!~e rotative aux faits, les quatre antiesà ta gène-


r.disation des hits. Ce sout: ). /.0~wv'<«' quicomprend t'cxperime~ta-
tion.–i!.AnD'y;Htf«)n,uHrat)Stractiun.–tn.t'/n(/f«'(t'c/).–tV.V-K
~f/ffC~

).'Ul}SËttVA'HON.

!)2. Si t'ux peut det<'rn)i!t' de< communes a tontes les


rf'gtes d'observation,
sciences, et :q'))ticat))esatons)e< t'uhservatiou être considérée
sujets, doit
Comme une nartie de la tonique, indurtive.

t'ont' nous as~m-cr d(~ faits, qui sont les mat~-iaux de


toute doctrine scit'otitiquc', nous devons t'ccourn'at'ohser-
vation et a )'ex[)t'-rience.S'i) s'agit du monde extérieur,
t'observation suppose t'exercice des sens s'il s'agit de t'es-
L'OBSERVATION. S3il

prit, du sujet pensant, l'observation suppose la conscience.


De tous les procédés essentiels de la logique, l'observa-
tion est celui qui est généralement le moins étudie. Si l'ob-
servation était entièrement, comme elle l'est en partie,
une pure,intuition, c'est-à-dire une connaissance immé-
diate, elle devrait être absolument exclue de la logique.
Mais, en realité, e))e est antre chose qu'une pure intuition.
Lorsque nous partons d'un fait, d'une observation, il est
rare que nous pariions d'une impression absolument
simple, d'un fait de conscience unique. Nous considérons
par exemple comme un fait cette coïncidence
que la crue
des eaux à Leith suit la crue des eaux à Londres~ après un
intervalle de temps déterminé. Mais il s'en faut qu'il n'y
ait dans ce cas qu'une seule impression de nos sens. Nous
avonsalt'aire au contraire a une généralisation assez étendue,
fondée sur la comparaison d'un grand nombre d'observa-
tions distinctes.Cette généralisation ne peut être consi-
dérée comme un fait que par rapport à des généralités
plus hautes les lois de la succession des marées a la sur-
face de la terre. Il est évident qu'une opération inductive
est nécessaire pour établir une semblable aftirmatiou, et
que nous devons exiger ici toutes les garanties requises pour
s'assurer de l'exactitude des preuves indix'tivcs. De même le
fait que les poules de basse-cour se reproduisent par leurs
oeufs, est une génératitc inductive des observations in-
nombrables ont contribué à l'étabnr. Sans doute il y a des
généralités plus étendues encore dont elle n'est qu'un élé-
ment particulier; mais la différence n'est pourtant qu'une
différence de degré, entre une généralisation moindre et
une généralisation plus grande.
Nous arrivons a des observations qui sont en réalité des
faits individuels. Tels sont tes événements historiques. La
prise de Jérusalem est certainement un faitparticuner. De
même, les détails d'une observation scientifique sont aussi
des faits particuuers de sensation et d'attention. C~ faits
ne sont pas néanmoins des intuitions; lorsque, p.u' exem-
ple, nous disons observer que t'aiguiH'* aim.'nuéf se dirige
M LYmn~t'CTto~.

\ers le nord, nous confondons avec l'impression qui se pro-


duit SLH'nos sens un grand nombre d'inferencesemprun-
teesanos connaissances antérieures. C'est, grâce aces

counaissances antérieures nous savons nous ob-


que que
servotts une aigui!!e, et qu'etle se dirige vers le nord. Ainsi
la plus simple ol)servation est un metange d'intuitions et
d'inferences, et l'habitude que non-avons de joindre ces
deux opérations est une cause d'erreurs dans nos o))scrva-
tions.
Dans toute observation matérielle les sens entrent en
exercice. Le soin que l'on met a observer n'est pas antre
cl)osc que le soin qu'on met a exercer ses sens. La déli-
catesse de l'observation sensible est en natnrene,en
partie

partie le t'csultm, de l'exercice des sens sn!'des ol)jets spé-


ciaux. L'observateur s'exerce astrotiome
dans les observa-
toires; le pllysicien et le clumistc dans les taltoratoircs;
l'anatomiste dans la cliambre de dissection; le naturatiste
dans la campagne on dans les musées; l'étudiant en méde-
cine dans les ttopitanx.
Ontre l'apprentissage des sens, un bon ol)servatcur doit
s'haltitn'r a éviter le tnetan.~e abusif de l'induction avec
l'observation pure et simple, il l'aut ainsi qn'if s'astreigne
il certaines règles artin'ieDes, it CL'rtaines précautions, qui
lui permettront d'atteinnire a nu pins b.mt degré d'exac-
titude. Telles sont les règles relatives il la. répétition, il la

comparaison des observations, a l'emptoi du calcul, n l'éli-


mination des causes d inexactitude ([ne peuvent renfermer
tes instruments; il faut y joindre des formules matbema-
tiques de pn~babitite, qui contribuent encore ph)s a la cer-
titude des faits ol)ser\es.Hen).'n'qnons cependant que les
régies de l'observation varient avec les différents sujets que
l'on observe.
!lyapourc))a(juescienceunensemlde<lereL;te~qui
determine!H. ce qu'il s'agitd'ob~-ervrr, et qui nous appr~'n-
hentacltoisirdansunen-.em))ledecl)oscs)epointc.q)itat.
Les faits justoriqnch sont itmoudn'ables comme tes grains
de sab!e du rivage de la tner.fj'politique et t'historicttsa-
LA)))';F[NntON. S!) Il;

vent quels sont ceux sur lesquels doit porter leur attention,
et qui doivent être mis à part comme des faits politiques,
comme les données de la science politique. Les expressions
qu'on emploie pour désigner les qualités qui conviennent à
l'observateur politique sont les suivantes « Une connais-
sance appropriée, un jugement salace, un discernement
profond, un esprit analytique. » Aucun art, aucune règle
ne sauraient produire ces qualités intellectuelles.
On peut citer de nombreux exemples des erreurs que
des esprits peu exercés commettent dans leurs observa-
tions. Le meilleur apprentissage, même pour l'observation
en gênera), est encore l'habitude prise d'observer une caté-

gorie spéciale d'objets. Toute personne instruite doit con-


naître, dans sa manipulation pratique, une science d'obser-
vation ou d'expérience, comme l'histoire naturelle, la phy-

sique, la chimie, ou la physiologie.


Certains logiciens, qui se refusent à admettre l'induc-
tion dans la sphère de la logique, se sont fondés sur ce
que les règles de l'induction devaient être déterminées
d'une façon spéciale pour chaque science. C'est
la remarque
que nous avons faite pour l'observation. Mais, selon nous,
les deux cas ne se ressemblent pas. Les méthodes d'induc-
tion ne différent pas d'une science a une autre comme dif-
fèrent les méthodes d'observation. L'induction en astro-
nomie est la même qu'en chimie, en physiologie, en psy-
chologie. Les distinctions
qu'il importe de faire dans la
façon de poser le problème inductif ne correspondent pas
a des distinctions dans les sciences. Il peut y avoir une
logique commune pour l'induction, quoiqu'il n'y en ait pas
pour l'observation.
LA ['É)'K)'nO:<.

53. La définition est no )))'nct'd<' <)<' ~<'m'').')(!satinn, hmitt' :< une Mute )oopnctr,
on à un j;ron))t' <))' px'pm'tcs oonsidnc t'om))))' une mute.

La définition est le premier et le plus simple des pro-


cédés goneralisateurs. Lorsqu'un certain nombre d'objets
particuliers sont compares et a-similcs au point de vue
KO(1) ~T[tOT)UCT)ON.

d'une quatre commune, comme la l'orme circulaire, la


btanclicur, la pesanteur, le résultat de cette comparaison
est une notion, dont te sens est exprime par la définition.
La notion pont être complexe, elle peut exprimer un
~rand nombre de quatites communes, par exemple la no-
tion de ta~ic; mais si ces qua)ites sont considérées comme
groupées, comme unies, on tes regarde encore comme
constitnantuuc notion
uuique.
L'opération ~enéralisatrice qui aboutit a la notion se

présente sous différents aspects successifs ta classification,


l'abstraction, l'emploi des mots généraux, la f/e/?M'~o/
Nous prenons ce dernier mot comme le symbole de la sorte
tout entière.

C'est dans cette opération que nous apparat dans toute


sa pureté et sa simplicité le procède generalisatcur. Dans
les opérations dont. nous parterons tout à l'heure (inductive
et deducti\e), la généralisation se produit encore, mais
elte concourt ators avec d'autres opérations.
Dans la suite de cet ouvrage, nous ferons de fréquentes
allusions à appelée
l'opération
« analyse )), et comme ce
procède s'attic essentiettemcnt a la généralisation des idées,
nous devons en donner tout de suite un bref aperçu.
L'analyse est te résultat et le complément de l'abstrac-
tian. La séparation qu'indique le mot analyse peut être
faite de deux façons. En premier lieu, l'analyse peut séparer
les éléments d'une substance concrète comme par exemple
dans t'analyse de t'eau, qui sépare les substances salines et
tes inuuondices que renferme l'eau. Cette analyse est sou-
vent une
opération tres-deticate, qui connais-
exine des
sa!)ces profondes et une manipulation tiabite. En tout cas,
il y a là une séparation reette d éléments tes etements sont
''tfcctiyonent desunis et presenh'sap.u't.
t'nc seconde forme d'analyse est cette qui dérive de
~abstraction. Cette anah'se est purement ~mentale; les ete-
nx'nts ne peuvent être pre-entes a part. Lorsque par
abstraction nous pensons aux propriétés distinctes de la
math re, ronune ta pesanteur, t'etat liquide, la transpa-
LA DËHNn'ION. 37

réfringent ou dissolvant, nous divisons;.


renée, le pouvoir
nous analysons sans doute le corps qu'on appelic l'eau,
mais nous ne faisons cette division que dans notre esprit,
et ces propriétés, conçues séparément, ne sauraient subsister
en reatite seules et indépendantes l'une de l'autre. L'eau

peut être rangée dans différentes classes d'êtres chaque


classification met en relief un de ses attributs. L'eau con-
crète est donc un ensemble, un agrégat de propriétés ou
de pouvoirs lorsque ces pouvoirs sont conçus séparément,

l'objet concret est analyse d'une façon abstraite par une


division mentale et non par une division réelle.
L'analyse dérive donc de la généralisation elle n'est
un aspect de la généralisation. Tout acte de
qu'une phase,
classification ou de généralisation tend a produire des

abstractions, des analyses de ce genre. Si nous classons un

schetting parmi les corps ronds, parmi les corps blancs,


les corps d'un certain diamètre, parmi les objets
parmi
d'argent, entin parmi les monnaies, nous analysons un

schelling comme un tout. concret; nous distinguons ses


diverses abstraites, la rondeur, la blancheur, la
qualités
ta la valeur monétaire.
grandeur, matière,

Lorsqu'il s'agit d'éliminer les causes ou les pouvoirs


producteurs, ce qui est une partie du problème inductif,
il est essentiel de commencer par une analyse préparatoire,
pour isoler dans l'esprit les divers antécédents qui peuvent.
être invoques. Lorsqu'une eau impure semble avoir été
une cause de mort, on analyse d'abord cette eau; et, tant

qu'on n'a pas sépare les différentes substances qui entrent


dans sa composition, il est impossible de rechercher quel
est l'élément particulier qui peut être la cause du mal.
Dans ce cas une analyse
nous concrète.
faisons D'un autre
côte, si nous cherchons pourquoi l'eau éteint la chaux vive,
nous devons d'abord analyser mentalement tes propriétés
essentielles de l'eau distinguer ses propriétés dissolvantes
de. ses affinités chimiques, et ensuite procéder a l'examen
de cette question: quelle est celle de ces deux propriete'-
qui éteint la ct)au\?
S8 t\TRODUCT!ON.

t.'[Nt)DC'nON.

prnlmiélés neco«rt«cs
f)i.tj'm()u<'tiuu('stuncg('n(')'.dis,it)nnfjui))ni'tcstn'des/)/'o/<t;'<Mrt'co/t/im~
li~o., l'mrr~ ie l'rrrrtrr·,
/(.(/')t/;t'K/'<fH<< cles ol~scrvatious larticalièrcs.
d'âpres
cl';cprcs de!to))St'r\'atioi~pat'ticuUc)'t's.

Dans l'induction nous


toujours affaire a une pro-
avons
position, c'est-a-dirc h un rapport;, à une Maison de f/cM-r
faits, de deux propriétés. La proposition s'oppose a. la no-
tion eeDe-ci ne représente qu'une seule propriété. « Le
fer peut acquérir la vertu magnétique est une proposi-
tion qui associe deux idées le fer, et la vertu magnétique.
chacune de ces notions prise à part peut bien être l'objet
d'une détinition, mais non d'une induction.
L'induction et iadétinition en ce que se ressemblent
t'unc et l'autre généralisent. Mais l'induction ne généralise
()!:e des propositions. Un fait particulier peut donner lieu
a une proposition, mais non a une proposition inductive.
« Cet anneau est un morceau de fer, » voilà un fait parti-
culier, qui ne saurait être une induction.
Les recherches scientifiques ont en grande partie pour
but d'arriver a des généralisations inductives. La notion
générale n'a de valeur
que parce qu'elle peut entrer comme
élément dans les propositions inductivcs.

JLA)~:UL'cnOK.

55. La déduction Mt t'appticatiott de i'induction Mdescas nouveaux.

Lorsqu'uneproposition générale a été établie, il reste à


l'appliquer it des cas nnnwaux. Au moyen de l'induction.
nous avons acquis cette connaissance que n le fer est une
substance magnétique a nous pouvons faire usage de cette
proposition, en l'appliquant, lorsque les circonstances le
permettent, a des spécimens particuliers de fer. C'est ainsi

que les masses de fer que contient la terre rentrent dans la


proposition générale ci-dessus exprimée, et cette proposi-
tion indique par suite la cause ou tout au moins une des
causes du magnétisme terrestre.
r.A))Ëf)UcnoN. S9

C'est l'opération deductivc qu'on a exprimée dans les


différentes formes du syllogisme.
l'uisquel'ottservation ne fait pas partie du domaine de
la logi()uo, la iogique ne comprend que ces trois sujets
d'étude: la définition, l'indur'tion, ta déduction.
H n'y a pas d'inconvénient absoiua suivre,dans l'expo-
sition, Fordre qui consiste à commencer par ta définition
et a terminer par la déduction. !'rohab)cment, si la Ionique
était étudiée aujourd'hui pour la première fois, ou si cette
science avait suivi la tendance socratique, on regarderait
cet ordre comme te plus naturel. Mais
le progrès desctudes
logiques a fait adopter l'ordre suivant déduction, induc-
tion, définition. Hien qu'Ari-tote ait étudie ies différentes

parties de la tonique, il a cependant appuyé surtout sur le


syllogisme, et ceux qui l'ont suivi out 6tudie la déduction,
a l'exclusion complète de l'induction et de la définition
(considérées comme une opération generalisatrice).Et
lorsqu'ils se sont décides a introduire de nouveau dans la

iogique ces parties omises, ils ont été naturellement con-


duits a les placer après, non avant, te syllogisme.
Une autre rai'-on pour suivre cet ordre en sens inverse,
c'est le caractère ptns élémentaire de l'opération deductivc.
On peut en ettet expliquer cette tbrntc de raisonnement
sans fftirc allusion aux méthodes inductivcs de gencrali-
SHtiun.
Quel que soit l'ordre adopt6, une partie préliminaire de
la logique doit être consacrée a l'étude des éléments de la
connaissance, a savoir les notions et les propositions. Il
fautdonner une exposition complète des formes diverses
que revêtent ces éléments de la connaissance dans les dif-
férents domaines de la science.
LIVRE PREMIER

UMS MOTS, DECIDEES, ET DE~ PROPOSITIONS


LIVRE PREMIER

DES MOTS, DES IDEES, ET DES PROPOSITIONS

CHAPITRE PREMIER

DES MOTS.

). Nous connaitretes objets sans recourir an tangage; mai< toutes


pouvons
tes vérités considérées dans la tugi'(ue sont de~ vérités exprimées par des

mots.

Les connaissances qui guident les animaux inférieurs


a l'homme sont évidemment indépendantes du tangage. Les
animaux saisissent tes sens tes objets qui tes environ~
par

nent, et ce sont des images sensibles qui tcur présentent !c


souvenir de ces objets. Le buisson qui donne un abri, t'hcrbc
qui sert de pâture, tes animaux dont il fait sa proie, tous
ces l'animât ne tes connaît et ne tes recherche
objets, que
sous t'influencedes impressions sensibtes.
Les hommes, eux aussi, connaissent de la même façon un
grand nombre d'objets qui font partie de l'ordre de la na-
ture.sansavoir recours au tangage. L'enfant possède (teja
tout un trésor de counaissan''t's -eusibtes, avant de com-

prendre ou d'emph'ycr sa tangue maternette. L'habiiete


de t'ouvrier dépend en grande partie (tes associations natu-
reitcsqu'it établit entre les apparences ~ensibtt's de ['u!)jet

qu'il façonne, et. les mouvements qu'il doit accomplir )ui-


()4Il U\h)'.)')U.Mtmt.–t~LSMU'tS.

rn~mc: ainsi te notisscur de [tierce n'a qu'a regarder la


surface quitootit pour sa\oh'quet est lu coup qu'il doit
frapper.
Memedans tes professions oul'esprit joue un ptusgrand
rote, par exempte dans ta médecine, l'art consomme sup-
pose et.exige un grand uomtn'e de connaissances scnsibtes,
independat~tesdn tangage. Le médecin apprend dans les
livres tout ce qui peut être exprime par des mots: mais il y
a des nuances délicates de diagnostic, que le tangage est
impuissant Prendre, et que recueitte, en dettors de toute
ex)n'essitmverba)e,tesensdelavuc,cetuidelou[e,on
cehndn toucher.
De feues conuaissam'es,qui peu\eutsut')ircnuu individu,
ne pourraient être commmiiqueesad'autt'espersonnesqu'a-
\(;c dit'ncutteetdausdes tres-tinutecs.
proportions L'ne
nnprescion sensible, a proprement parier, ne pent être di-
rectement transmise. Un individu,qui n'aurait que des int-
pre'sions sensibles,sans mots pourtesexpriu)er,nc pourrait
être que très-indirectement utiie à ses scmbtabies: en les
ptacant a portée des ot)jets qu'ils ont besoin de connaître.
Unhoinmeagepeutenunetoisetparunesenieexpericnce
transmettre a t'entant [a connaissance de la nourriture, de
la boisson, de l'ab~i.Ue même un médecin peut montrer
du doigt a son eteve tes cas qu'i) a sous les yeux. Quanta
nos M<n//('t's, c'cst-a-dire. a nos actions extérieures,
l'instinct d'imitation, si puissant chez les hommes, et qui se
devetoppe aussi jusqu'à un certain point chez tes animaux,
sut'htatesconnnuni'mer.
Mais de tettes communications sont nécessairement diffi-
ciles ne peuvent
ettes avoir ticu que d'ttonmic a homme.
Httes sont perdues si cette transmission innnediate n'a pas
tien. Lhabitete acquise dans certaines professions ma-
nuettes ne peut être c'~nserve <jue grâce a une succession
d'ouvriers vivants qui se tran-mettcnt directement tcur--
secrets.
U'e?t.-nrtout quand il s'agit de transmettre nos décou-
vertes sur ta ressemblance, sur tes des
rapports choses, que
ttA!')Uh!.Si'KLA)'K~Sf';EETt)ESMO)S. 655

se montre l'impuissance dune transmission directe de nos


connaissances. Si par exempte nous voûtons, sans recourir
a des mots, ajtprendre a un autre homme le rapport que
uousa\ouscous!;)t~ntreu))~r:n~d))o)nt))'ed~ohjcts,<;pars
dnnsictnunde, et <jni tous pru(i).)i-.et)tde!acittdeur,nuUs se-
rons o))ti~;es d'appeler snccessivctuentson attention sur
cttacun de ces afin puisse, pa!'uue comparaison
ottjets, qu'it

récite, en.aisirtui-metue la re-'semhiance.t~omtnen est pins


c<~nnnode te mécanisme (p)i met a notre disposition des
mots cotnme –)eM/p/ te/e~, tes <<<o;<~ et qui, unis-
sant ensuite cttacun de ces mots a\ee le terme comtnnn de

~7«/ permet de faire e') nne !ois comiattrcnott\ pensée!


Te! est )e premier fait (mi prouve t importance des mots
au potnt de vue des comai-sanees générâtes. Une connais-
sance jneueraie n'est autre chose quête cons-
pas rapport
tate entre tes objets <h',i! est évident que le moyeu te plus
aise et te p)us e~peditit' de transmettre de tcttes observations
''on-i'te a tes d'sinner par des termes communs. Le mot
c arbre M désigne des traits de ressemb)ance saisis dans un
nombre ('ot)si(teratne
d'objets. L'emploi de ce mot, qui se
rapporte a tant d'individus distincts, fait connaître tes res-
sembtunces, tes rapports~ ce que les ptatonieicus appelaient:
t'unitedanstaptnratite.
Les. opérations du raisonnement consistent souventà as-
socier un nombre
certain de ces ~eneratites. Ainsi une
– comme 8 fois 9 font 72 – ren-
simpte muttiptication
ferme les suivantes – la muttiptication,
~cneratites 8, 9,

t'e~atitc, 7, JO, l'addition, Or, si ta simpte comparai-


son des cttosesindividuettes peutsnfnrc a produire sépa-
rément ctmeune de ces idées générâtes, sans recourir aux

)nots et au\ signes, t as-ociation commune de tous ces ete-

ments. dans t'operation de tamnttiptication, dépasserait la


puissance de t'iuteHi~ence ta plus vive. Les sens il enxseuts

peu\'e!~t nous montrer deux rangées de trois objets,


que
réunies en nne sente, font nue rangée de si\ot)jets;rnais
nous ne pourrons jamais découvrir d'un sent regard que 7
et 8 font

)tu.[.)m'. h– :i
()(' i.!VH)':)')~M!)~t. –)~.SA)()!S.

L~rs<p)f.'h'ri~s-m!tr\j)rim)''(~par()t'sm~ts,<)tt's
p(;Hy<)t.d(~!<tr~)<)))-sc))h'(n(;t)t,cu!nmm)i(pn''('s~;Ldiscu-
t.<('s,![!aisanssiass~<'h'('s<!ausd)'sprup()sit.i<)tts(',()tnptt'<'s,
'p)i(~Ht.hh)t'))t)n)(i~<)ur~i!])ui.~ah!t;d<t;rtt(''sd(;ri\t''('s.
~st.st')dt'nn't~tp)at)d <))('r)'Uai'<))'fm'du)an~a~f'q))t! 1:1

('~t)niussat)(;rj)~ut<t)'t'a-~)~'tth'.)n\tu~'t)w)d('st't.tu\r~~tcs
dcta!()~W]))t'.

ï.')'~utr('(~Hti.N-un'<'t'r!n)r)'dt'<!n~t.tuhh'\rji)(''at<if!nuh\('u~n('
;;ah\)'.rcu'')~rn)r~u'u!).~)j!r)!t't'r.u)un.urr,)H~«f.tr;nn)<~HjiH',
)Ut('~r<<f.

(m')))u~~s!ti<~)!)H'n!iu)n!rd)U\r!t"(~p.nsuit<'t'Ht'St't'oinp()<t('))f)Ut
)''n)u!nsd~L)ru\m"Ls.

.\()usn)'p()u\)~)sp;u'!('n)uy('nd('sn)ut.-('()!~n)U))iquct'
anx;m!rt's h ph)-[)!')'))('pt))'ti())i
(h'nutrccunnai&s.tncc,
s:)))-<)hn)('~rc!t)'una~pt'!))',('tt~)'.uhn]:)m', une phrase
~f'<~<'('.t'n)u:i()H('m;pr<))~'siU<')).L~[)!)r:).e.-t'com-
[)(~~<['t))h'n)('t<))m\~)'b~f.aj)t'')j)(~!ti<)n ~tf'ornx'')'

dun.w/('/(,'td')t)t</<<<<)U/f/~7/)j~~uj<'t(.~t.iach~
du))t.on[):)rt<h'[)r<'d!<d,hch<)-.eraj)p<)rt.('t'a!)snj~t.LL'-
tnutsi>~t~,(~'tm)h.'((.h'u)",«!(;su)('i)'),«)(_'y(;))t.<))Kt.t
t)).)i-()n M, n~ peuvent )).i-t;nx.~cufs no))-(i~nx'r des eu))-

)):ti~s;uu')'tt~t)t'('tU!.stihi('))t)H)It'p!n'a-;('-('))~r.unn):(it'c,
ni())'sp)'()[)u-iti<H)S('ni<~Kp)('.t[?unU)t's()ind'tn'('())nbi-
f~t\'t'('d'autrcs)nuts,cununc ".h';n).)r)'),K)t'uiri)
brHit')', "Y~'ntst'otttcx, « ta )))aiso)) regarde ):tme)'H,
pour dt'))h'des snurc~(t'informât)!)! c'<t.-a-dir('(ic-

pt't)p«.ititU)-u))dt'sp)n'ast;s. f~~pt'~j)~it.iu))S('ut)tif))n<t
p<'t)!'h'm()H)--dcu\t))<~s, ta plupart ('!n'~nth'f)))f'))t davan-
tage. !);(t)-t')(a''))ncd~ ccs<pr~s:-iuns nous pftt~on-. par
anah~d<'h'rn)in)'rd)' p.u'tic-: )"tph'hH)('<'i)<'>f'don)u))
par~h'.s/f/;–.)t'an,tcsuti'H, !(;\Cf)t,)an)ait.uu;
'p~i)~t')~)'(p)ics'atH'ituh':u).~uj~t: '<i)\ic!)t.M, « il

h!')!)'),<titsuutt~ <i!~r(~.t)'('))!!('?.

t!r)nar~ptunst)('p!ns~u~(t)'t)\t)~tn'plusieurs )not-,
pr~<t~e-t'n!);)p)'~sr.i)))r~,)h'sn!ti'<'ntpispum'f'<u'ntrr
mn-proposition, un~phra-c r't'st-a-(!i!'('(px'hj)w chose
t~s )')iui'us)'n<)f<s. 67

qm est dectare vrai ou faux, et que notre croyance doit ac-


cepter ou repousser. «Jean, arbre.), '<so)ei!,tune, tu-
miere)', M\cnt, t(t['rHUt',t('))j~~t.(;)), «nt!dso)i,Jton)n)c,
rm:'<, ne <;(')tstit,'t<'«tp:tS(!s phrases ondes affirmations, fi
yaq))uh))h'('host'dt;ph)sdat)s!'('rcssio)~a!)))t!at.ieatc
de tuxtc proposition n.c)h'nn.;ntinstru(;t.i\<eL'<n'jaune )),
voilà (feux mots, qui sous cette torn!ne nous apprennent
rien, mais qui dcYie))nentexprpssifs,(juipr~nncntun sens,
p:n'l'addition du mot: «est)).- cf/orts).jaune)). C'est
ce mot « est H qui unit les deux autres mots de tacon a en
taire une phrase:~r:unmaticatemt;)!t pariant, c'est ce que
nous appeions[e\'e['he: au poiut de \uei(~;iquc il consti-
tue ht ncoputc)) de la proposition.
Aupointde\'ue~r.u))mati('a),Iaj'!uase m' se divise
qu'en deux parties–)esujete(tepr~'dicat.Lesuje!Kl'or)),
te prédicat, «est jaune )).upoiut()e \ue ionique, le j)re-
dicatr;)\unmaticat est subdivise en deux autres parties:
l'attribut du prédicat, a savoir «jaune)), et te tnotqui sert
detraitd'unioU)decop)ue«est)'.L'.esttathibut«jaun~;)' n
qui constitue te prédicat to~i()ue.Ait!~i une proposition, en
to~itjue, comprend te sujet(t'or;, te predieat jaune),et ta cu-
puic(ust).
Dmts les propositions qui ser(''duise<!tadeuxmots,ta
copule est contenue dans te verbe: «Jean parte H. Un'; ata
en apparence qn'uu nom et un \erbe; mais le verbe, en
\eitu du sa nature même, renferme taitirmation. Deux
noms connue ~Jean avocat)), un nom t'tunadjectitcotnme
«or pesant)', ne constituent
connaisssance, si on aucune
n'y ajoute un troisième mot
qui puisse servir de copute;
mais nous avons un certain nombre de propositions ou un
nom, et un verbe (en nu t-eut mot), suintent pour donner
tieuanne affirmation compiete; comme «t'entant marcitO),
« te )'.
paill nourrit )',«Siriusbrit!e~t

~t)!tutt'n['a)tscutt')m'ht'<n't')!;mt)hnhhn'tirp[~["~)tntt)-[)in.s)tttp
t!t'.Stt.a)))uJ''S[U"t«'"t"t'S'tt.<nj.;Ut'.t!tH[h'V(')i't'~))tj~tj))tit(-~t[)i)t-)
tn'~m')nmt't~t'ntjtt"\t'~)tt'nh:u)~)s.
<!8 UV)(HH~:MH':)t.–t~KS.UOLS.

Dans des propositions de cette espèce, ce sont nos con-


naissances qui nous apprennent
grammaticah's a distinguer
te sujet du prédicat: c'est, te nom qui est ]c sujet, c'est le
ver))e qui est. le prédicat grammaticat, et qui, au point de
vue togi(p)e,coutient a la t'ois le prédicat et la copute afiir-
mative.lt en est de nn''n!e dans des propositions anatogucs
ponrta forme !'tcetie-ci: «L'or est pesant. B Ici encore nous
sommes guides par ta grammaire. Kous savons qu'un ad-
jectif, connue ~ne'ant)), n'est jamais )e sujet, et qu'H doit
être par conséquent te prédicat. Quant au nom, il peut ser-
\irout)iende-u)et)Oubie')depredicat)ogi(}ue.Aiusi:«l'o['
est uun)t''ta))),<((~sar est e)upc)'eurB,voita des proposi-
tions tonnées de deux nc:ns,t'tm qui est. sujet,t'autrcqui est
attribut. Dans ta tangue anglaise, c'est te p)us souvent la
ptace occupée par ces noms qui en détermine la nature:
c'e~tte qui est énonce k'prenner.ëi
sujet pour produire un
effet (!e rhétorique rordre est interverti, nous jugerons de la
\a!eur des mots~ non ptus d'après leurpiace, mais d'après fc
sens geaerat de )a phrase.
L!ne retnarquc sur taquette on ne saurait trop tôt nxcr
t'attention, c'est que le prédicat eu gênera! « M~ .«' /VM
A/< tmc te sujet il s'appHtjue a beaucoup d'autres choses
que cène dout ouest eu train de parler. «L'or est pe-
sant", sans doute, mais it n'est pas la sente chose pesante.
« t~c nois n'est pas bon à manger H voita une afm'mation
(jui nous taissectuiet'ementiibres de croircqn'il y a beau-
coup d'autres choses que le bois qui ne sont pas bonnes a
manger. Par consequon, le sujet et le prédicat, dans une
n'otn pas «<'c(")W~/«:x< « la même exten-
proposition
sion M; en fait, ils ont rarement la )neme extension.

.i.))m'r«~nusm)e.~<)t~Jt'h'tmiuc))!aco~um~n't;))atugi<)Ucparit'ctud'*dc9
H!0t'i.

)"0n sait maintenant qu une proposition, c'est-a dire


l'etemeut, fonda.entât de toute togique, ta forme Iogi([ue
de toute connaissance, est comp~~see de mots. l'ar consé-
quent il est itupos'ibte de dcLi'miner tes caractères des
!M)'Ofn~M:Hh![.TUDt!MSMOTS. M

si l'on n'a pas préalablement étudie les mots


proposions
([uitesforfncnt.
2" De t'emptoi des mots deriventnn grand nombre d'er-
reurs tes mots,
pour ainsi dire, tendent des pièges
à la
Or unedes l'onctions les plus importantes de la
pensée.
logique est de nous mettre en garde c<u)tre ces erreurs.
3" L'étude des tangues partees par içs hommes est le
des ctioses qui
moyen le pins aise de se rendre compte
existent. Une tangue comptetcment devetoppue exprime
toutes les choses que les hommes connaissent. Que ces
cttoses soient ou pas toutes ccttes que renferme
ne soient
t'univers, peu i)nporte:ettes sont du moins toutes celles
qui ont ~te mises en tumierc par les observations accumu-
h''cs des générations tmmaiues depuis m! graud nombre
de siècles. Or ou sait combien ii est utile, quand on veut
un système de togique, – c'cst-a-dirc un
<pospf complct
code des regtes de la preuve et (!e la mettu'dcdaus tontes
tes branches de la connaissance, – de réduire et de rame-

ner à des classes distinctes rcnsembte des c)<oscs qui exis-


tent. L'étudede la tangue des penph's tes ptns ectaires et
les plus civitis<s, ou ta comparaison des langues de dit!e-
rents neuptes, est te secours te ptns précieux que t'on
puisse appeler a son aide dans un parcit travait.
Dans le tangage d'un pcnpte ci\itise, nous trouvons des
mots pour les corps cetestes, teurs reyotutions etteurs

cttangcmcnts; des motsponr les grands objets de ta terre,


–ta mer, les montagnes, tes rivières, etc.; des mots pour
tes substances materiettes, – t'eau, la pierre, te fer, t'<'r,
te bois, t'ivoire; des mots pour les pouvoirs et les forces
– te ta ta des mots
naturettcs, vent, pesanteur, chaicnr

pour tes corps vivants,–tes plantes et tes anifnaux; des


mots pour tes organes et tes fonctions du corps tmmain;
des mots pour tes fonctions montâtes, t~ptaisir, la

peine, ta volonté,ta pensee;des mots p~ur tes ptu'nomencs


sociaux,–ta royauté, ta toi, ta punition, la propriété, te
crime des mots pour les nonbreuses professions de l'es-
pèce tmmaine,–t'agricutture, te commerce, et.unsi de
70 uvi!K)H)'.Mu';n.–nxsMcn's.

suite. Or ces mots sont. comme tes ctefs des différentes

catégories d'o))jcts([n'i[s représentent. D'un antre côte


uonsa\onsdes mots, des formes de tan~a~e, pour indiquer
tes russ(')n))tanc(';s qui oxis~'nt ctttt'c )cs cho-e~, – des mots
~('th'riqm.'s 0)) c')!umuns, connue utoi)e,s()H(ic,chaicm',
pO(tYuH',[)taisir,–tnut.s qui iudn[).)L'[)t()nc ces faits natu-
rct-L')'('p['~cnk'uti-.ou\t'nt,a!)uus.t'Jttitt[iousa\(~)sdc.s
c.\prt'iu))s\~rha!~sc(~t)ptc\c-–cunun'<c«//f' M~-
~'(.s.s<f/<?/~<;<<<tL')')nes qui nous apprennent (pt'it
y adans te mundf des choses unica par des rapports réci-
proques.

t. ).r~t~t'U~tn'dt'tun(t'a!)un)"tt'~i,;ne attache a un
ohjutaf!n qu'on

jttft't'ptnto''t't")'(''t".

Lorsqu'on'tonne un non an\ objets, tchutquet'on


punrsnitd abord est de rendre possible tacotumnnicatiou
de ta pensée et )aeon\ersaHo)).(~ne t'ois inventes~ tes mots
jouent snttsidiaironentnn antre rote: its assistent le pen-
seur sotitaire. en ini permettant de se t'appeter, de pré-
ciser, de disposer ses penst''es.

M. Mitt a ren)ar<p!e, pour rectifier tes vues inexactes de


Locke et de antres tes !0tsso:!t
quetqu~'s pttitosopttes, que

tesnon)sdese))o-es,et)~ondenosideesdescttOSPS.Lemot
« soteit"desi-;t~e t'ot)jet,ai!~si nomme, et non pas seute-
mentt'idee, ta notion'menons en a\ons. Supposer que tes
mots sont tes no!us des ide-ssemes, est une forme d'idea-

tisme: c'est t'ottjet eo.,fondre


ettesujet.Lacttoscefte-
meme (si ette est ot)jecti\e est. déterminée par nos sensa-
tions, par ce que nous appâtons notre expérience de ta
reaiit~)'idee est an eontl'aire purement snf'jecti\c:e))e
est a rinonreusement parte)'un élément inteHectnpt.

.').<ut)')''r<"i:~)jH'u~~r\n<'()<a!<<'sinn)'<~fm<'nt<trt'<')a''St"<t)~n
1:~ .t~~lc~ vl ·n·I~m la .atll:i,I", acm· Ic·s ilrm
n, yar mmrv·;tumnl:nuo· t~rin-

Les mots peu\ent être diser.ementctasses.An point de


appartiennent a dit'tY'rentes
\ue/</</7'V"v~f'.i!s tangues:
iau~tats,te.tranc:us,tttebreu.a/7/Y~w7~y«'tes(fist)n~ue
en mots sitnptes et. eu mots figures; ie~eure des mots
figures contient, (h's (~jx'ccs \!U'i(';ca: –ritypct'bole,
t'it'()Hic,(;t.c.(.!('s figures sont, c(~ntr!m'esa la tonique, puis-
(j))'(.')t<'sco))ëist,('nt~t''Cin't.cr de )av6t'it(' pour émouvoir
!('sstjt)titncnts.

[ty!):m~piu)h'di~tinctu'))~'<<<<d(j.s)nuL-,(''cst-
a-()u't'des p.n'tit'sdn discours :di~t.H)ctiu!~ qui peut. p:);-scr
eu ~raudc partit'pour une distinction tonique. Ainsi fc
notnp<'ut.tonj(tnrst*'trc tu sujet, de ta proposition il en cst
souvent t'at.trit)ut.t/a(tjecti[ a deux fonctions ioniques,–
il peut être, et il est t'reqnetînnent un prédicat; en second
tie", il est it! caractère .<.y/f'c/w'attribue au ~enre qu'e\-
pri)n''tenotn: ~!)ont),<M.'<7<f//<M<e.«/
(adjectif,w/M. i. verbe a pour rote tonique d'être te
si~uedet'a!)i['u)ationou<te!apredicatiun.!)ucpeuty y
avoir du proposition sans verbe: Mie feu ~/v//< te nnei
e.(toux. )))~es antres parties du discours non) pas de
fonction tonique ()).

Des mots considérés ptn* rapport à. ta. généralité.

t).L«)'.s'[n''m''tt)S'.t')t'<m<sj).tt);tj'j)u)t.)!a'.t.if;)t.n.)Tf:(tn)ah)t<'ssMn-
)'tiUH't'l.)'t<)istittCti"nttmdat~t't)t.cstc''H~dt*sm<)tsj<ct(h~
ntnttn')'

L'tnu'rati<'))~cn<'r.di:'att'[cctuu(h''csm'tat'es~cn)b):u)cc

(!)'st)hjCts''st.)')K'()pt''t'at,iont''tni)t<'n)mcnt~('i('ntif)qu(;(!n

On'ns'a~i~c scit d'om' /< gt'ticrat);


["~iquc. ([)ar

())Aftirm:)ti')!t')'ta)')'itot!s~n.;t'.)n !<<te ).t)nt'[M)s!tiont'tJt't

<ntj')))t'th't),tj'))m)<St'n)''u)t~stti''r."i.t[tt''s)')nas,s~Ut's-tm''tnts.
(?)Qn.tth)~<)Hit~<~H)dt'H~'n~~t').ir<)!))).u'u~'<)!ioh~)!t'<ju'iN.!i)!r
t!n))'s<t))n't'<)<'t.t'ht)'['')n't'«Htctatt\it'tHt?<<)nt))n'u<)H.Sj'a)'(t)stt(t-
~4'i;t't'st)mt'~tH'"))<t.)(nmu))t')t't)H't)'tftt'H)~'s:t)St<))))Sttt'S)'.tp[)(H')~t-)th'<'
h".<)))jt'h')u''t'i))'a)'n".t').~t').~sih<)~"nth'<)n~h~Hh)rt'turh~n').th-
\ttt''tt'vt';)it)'t''t''t)t'~tar[.)s\)tu':th'mt")t't<['\m):t~[nï:)!ttt'ntt'atttt'tt'-
72 nvt!Mt't([':M[Ën.–[tESMOïs.

1 1,

exemple tes Uquides), soit d'une/)/'<s'/7~ générale (les


Hquides tendent a prendre !c même niveau), les mots em-
ptuyus sont toujours des mots-;enc)'.n)\. De jtmsies indi-
vidus qn'it faut identitier on comparer a <)es choses .géné-
râtes doivent avoir [eurs noms en tant qu'individus,–te
l!.hin,tamer(!aspien!~c.

7.Ct'm()tsi))(;uUr)'~uindi\h)u(')('stun)))ntqnin'(~t;)pj)ti'ih!t'()u'auu<*
(')uM<t'nm<h<r.<a~phfju<(un('('rt.<!nn~!nbrr()t'<'iiu.s(~,c~ raison

(tt')t'ut'S['fss('u)))h)nt't's.<)t')('ut'<i~(n~(sf'<)!nn)ui~.<.

Xct'xe~,)!ucep))ate)SiriuS)Teuet'itte,iesA!pes,rAn~te-
tet're, Hotne,?\otre-t)amp,\oitadese.\euH)!esdef~oms
utdi\'iducts;ith ne dt''si~nentcuacun qu'un objet.
Homme, cheva!,etoite, montagne, royamne, cite, édi-
fiée, \'oiia des mots chacun
pierre précieuse, généraux:
d'eux s'apptique a un nonibreinthfini de choses, qui ont
entre cHes une certaine rcssemotance on des traits com-
mune.
Les mots in(H\iduets peuvent :ntecter dif~'rcntes formes.
D'abord, comme dans tes exempies précédents, on trouve
des signes uniques, des marques au-sireduitesquepossibte
et specia)es il l'individu. m..ts
c\erxes,~irius'),\oi!ade:;

qui n'ont pas d'autre rôie que cetuiqui pourrait être remnti
par toute autre expression sp~eiate app)iquee à ces objets.
(!cttc forme ta ptusgenerate du nom propre se tnodine dans
dea locutions, composées de p'usieurs mots, qui represen-

(M'm)f))))n<))tsn<')'on\tms)t.utt'<)t')'unt'<~)()(''j';)utr~<:uh<()H'cHt..i<.ni<'ht
t()t))('<t)t')L\Hn)')i'~)C<t<)ans))oh)')'siti~)):~nutwn~f'o!~)~('\rctr~t-
)it<'d~t't!)!)'<)sr!n'nt't'~tt''tr)'t!S!t'jMrn()))'i,<ju't)ar~!htt)i<m(!e ta ono-
(hvj~))!)')u<n'ra)!)<h)!h)t'('.sn)').')<'i.nnt'tv~urntt)(-ta transition .tn

jn~)'a).tn~it:)~)n.~«')~)u\)<('u!r.jn~nt.tr.'n~U.)t)tv))i()).r,iu~t,t'
nu'!)t'.a)a~<ni)'!<'('\)irrit'i~'rf~h')H))!sa~~)s)'.iit,i)!aut,~our(jur))t~r
pr<h!)n!.<H'nn~say~))<~ni.)t'!)t)ti<')'ph~it'ur<<))rri)'n(-o<('~h)ur!~cs.Nn\

a<t«~t')'a<,)'))'<n~t)~<)t.(!)r<H~('ni(nt~.nhcu!i<')'('<ninnrnr(')pa!i I;r

j;t''tH'')!th)t'<i!t))Op')c()ncr~.h)!!Hnin<)i~Ju.nit.m'nrra)ih'<a~sa~)ir

j)n~!a!))<'m<'))t<j~<))~)''()t'<in)j)r('~in)~t)c(hft'<t'nrc()nd<')<1at~i~Our)oM)'
Mh.Mat.)~h~unt~~d.n..ra)it(.tt~<t')Ktivitr,c..hn~u<). r~<i-
((crc,)'!)))trt'<'stt.K'itt'nx'nt<~)~~)«'.
\OMS i't(Ot'tŒS)!TKOMSC.)'N)~tAIX. 73

tent aussi des personnes, hommes ou femmes, par exempte


John Davidson Hoss; Marie-Anne-Louise Urown; David
Smit!i,t'ne(!eo)'~es, a York. ici plusieurs mots sont né-
cessaires, parce Jotu),
que Marie, Hrown, etc., sont des
mots employés pour un grand nombre d'individus, et
ne sont point par conséquent des signes distinctifs. Des
noms de ce genre nous donnent sur tes personnes nom-
mecs.taptus petite somme possihie d'informations. Ces
noms ne nous disent pas même si les objets qu'ils désignent
sont des hommes; car les chevaux, les chiens, les vais-
seaux, etc., sont souvcut désignes par des mots de cette
espèce.
Voici une autre forme encore de noms propres « Le
pape «L'ambassadeuraHertin
régnant.') de Sa Majesté
tiritanniquc." M L'inventeur de la poudre à canon.') M Le
grand-prêtre de )}aa).))'< Le plus jeune des enfants.)) ((La
voûte du ciet. x – Ces tocutions ne désignent que des in-
dividus, mais elles supposent des généralisations anté-
rieures, combinées façon a ne plus avoir qu'une
de
signifi-
cation individuelle. Eues ont une vateur expressive, bien
(juc prises dans un sens individuel, et cette valeur expres-
sive dérive des genera)ites sur )csqnei)eset[es reposent.
Des noms coHectifs, comme nation, armée, multitude,
a'-sembtee, univers, sont en même temps des noms indivi-
duets; ils représentent une collection d'êtres reunis en un
sent, t'unite dans la ptunditc. Mais comme
il y a ptusieurs
nations, plusieurs armées, ptusieurs assembtees, ces noms
sont aussi des noms généraux. Comme il n'y a au con-
traire ([u'unseut univers, ce terme coHcctif est toujours
individue!.
Les mots qui désignent [es sui)stances matericHcs, )a
terre, iapierre, te se),ie sont
)nercure,t'eau,)e feu,
axs'i des mots indivitjuei. Car c))acnn d'eux dénote la cot-
tection entière de c))aqm; espèce de matière. Si t'espace
et te temps n'étaient des ils rentreraient
pas abstractions,
dans cette catégorie.
74 ~'t, MVhK)'~)tM[~t.– !n';s.~(~s.

ti.Lt'')Ht<)ts.'<~t/'<t«.tS'm)~j'j"'k'~m()ts<f~f/l!s~t'tH)!~f)tj('su)'n'ts,
!u.n<i!sw/</<<~fM'n~rhnt'nUt~.tOnbuL<,t(~~)H!!a<'(~uinun.s,h'sr.~)-
t)t)ttS(jt''c.s(tt)jrt.s.

(~otisidere comme un simple si~nc, te tnottt'apasd'autre


pou\(~rquc de designer,d'indiq)N'rt'objet.«Sirius)) nous
sn~eret'i()eede)\toitedece))o))).
Le mot K L(U)dres)'n'a pas d'antre eiFet que de nous
t'.m't; pensera ta \i)t)!nm~t))')H)mcc. Mais le mot ~nm'al
qui ~t te t')'u)tat de t'assimitatiu)) de ptusicm'~ objets, s'il
dt'notc encore [es in'ti\id))s, a pour caractère pri!)cipat de
c~ou de comprendre certains rapports qui existent
entre enx,d'e\pri)ner, en d'autres termes, tcnr attribut
commun.

LemotKetoi[('Hden<)teteneoutei!cet()i!cd!U)s!efir-
menn'nt, et. connoteiaressennttance qui existe entre toutes
)cs étoiles.
Le mot «capita)e~ dénote Londres, t!er!i!t, Paris, mais il
dec)are en même temps qnc ces trois \ines se ressemnient
par teur caractère de capitah'. La ressetm))ance,oda l'at-
tribut commun des choses, et)aco~MO/«~'<w,rattribnt
commun (te tous les mot-~eneranx.
Tous tes mots qui desi~neut ctasses, (tes
des c-peces,
etaut des mots généraux, sont
aussi par suite des mots
eonnotatifs – t'.mima), la ptante, la
t'hommp, t'arbre,
montagne, )a mer, le royaume, te gouvernement, le cercle,
tat'.d)rique,ia\ertu.
Ontrctes noms
généraux, !es adjectifs doivent aussi i
être considères comme connotatit's – blanc,
par exempte,
carre, sa.HC, vertueux. Ce sont )a des mots obtenus par ~e-
ner.disation. On tes attribueà un ~raud nombre d'objets
se rcssembtent par certains côtes: chacun d'eux de-
qui
note des objets ()articutiers(aY)'ct'additi(U) d'un nom),
mais i)sconnotent aussi la ressembiaucedts objets, (~e
<om. des mots expressifs, non pas de sans
simptes signes

compréhension.
!.es adjectifs res)dt.eutde)a~enerahsation,no)!m')if)s
!)«.SMO).S(;f)~tS~)AT!)''S. 7H~'i

que ies noms comumns. La même idée'générale est sou-


vent exprimée a ta fois par un nom et par un adjectif:
lecercte,etcircu)aireourond,–fa conteur, et coloré; la
pesanteur, et pesant.
(~est)a nature des choses qui fimitcseu)e l'usage d'em-
ptoycra )a fois un adjectif et un nom pour exprimer la
mémo i(h''e~)''ncratc. Le rote de t'adjectif est proprement
de réduire )'e\Le!~ion,d':K'('oit!'e ta signification expres-
sive dum'))). uAM/«~)'.<7y('.<; » st~nt moins nombreux
qnetesM/<&)), mais itspos.-edent pins d'attributs.
Maintenant, pom'fpt'annttont puisse convenir et. s'adapter
la signification totate d'nt) a<jjr'ctif, cette si~nit'tcation doit
ctrethnitee: eue doit contenir m~s"u) attribut, on tout
nu pins m) petit nombre d'attributs. <( Les hommes H
peuvent recevoir tes <p)a!iticati(~us exprimées paries mots
«sa,L:e, vieux, vertueux, urand'). Mais si nous voulions
fut'mer un adjectif tire de la classe senerate des chevaux,
nous ne trouverions pas dans la nature d'objets, auxquels
pùtcon\enir,ontreieursquantesnatn:'e~es,)'ensemb[edes
qualités du cheva). Lorsque des affectifs sont formes avec
tes noms de ces ctasses qu'on appc!)e)es espèces naturelles,
its ne peuvent être dans un sens
emnioyes que particuitC!'
et spécial. «FeUn » ne peut
s'appti<juerqu'àque)quc
caractère de la race fehne;«human))) ne peut designer
que <p<e)que attribut particulier det'homme.
L'n n(~u général est quehpjefoisempioye comme le nom
d'une classe; t'/MWMC commeicnomdetactassedes
hommes. Mais )e mot ctassea deux sens~H désigne tantôt

)ac)asse définie, tantôt !a classe it~detinie. Dans un sens


detim.uucciasseesttenumerationcompiete de tous tes

individus reetsqu'eite
comprend: (espairsdn royaume, les
mers du gtobe, tes ptauetes connues. Les individus de ces
ctasses ont des rapports, des caractères communs, et, de
p)us,its sont tous cotums et enune'!es. La question de
savoir si uu certain objet anpartienta cette classe peut être
resobtf de ()e))\façons :dat<ord, si )'objetp<~ssede)es
caractères co)nmu))s<)e)ac)a-se: en second He!s'dse
76 )JVXËP)tE.H!~t.– DES MOTS.

trouve compris dans l'enumeration. Le moyen te plus expé-

ditifpours'assurer qu'une personne est un pan' du royaume,


c'est de chercher son nom dans la Li~te officielle de la

pairie. Cette recherche nous dispense de la méthode pins


longue qui consisterait a juger d'après les caractères com-
muns il toute la classe.
Dans son sens indéfini, la classe
ne comprend pas l'énu-
meration des objets renferme; – les
qu'eue par exempte,
étoiles, les planètes, les hommes, les poètes, les sages. Ces
classes renferment des individus connus, et un plus grand
nombre encore d'individus inconnus. Il n'y a pas ici de liste
complète oit l'on puisse t.out de suite vérifier si l'individu
appartient a la classe. Le seul critérium consiste a constater
la ressemblance, la présence de l'attribut commun. La
question de savoir si un asu'e nouveHement découvert est
une étoile ou une planète ne peut être décidée que par la
determina.tion doses caractères. Si c'est, un astre immobile,
nous le classerons
parmi les etoiies; s'il accomplit uue
révolution circulaire autour d'une étoile, nous le classerons
parmi les planètes.
Dans ce dernier sens de la classe, le nom général et le
nom de la classe sont identiques. Le nom delà classe
dénote un nombre indéfini d'individus,
leurs rap- etconnote
ports ou leurs ressemblances. Le mot général a exactement
le même caractère. L'expression « les hommes sages e est
a la fois un nom de classe et un nom général. Mais lorsque
le nom de la classe est pris dans sa première acception,
lorsqu'il désigne une liste complète et exactement déter-
minée d'individus, il n'est pas le même que le non) général;
ici en ett'e), H faut un témoignage additionnel pour établir
sont les individus qui appartiennent il la c!assc.
quels
« Thaïes est un des sept sages, voila un exemple d'une
classe définie. « ëocrate est )) au te
s.'ige, contraire, présente
mot ~age comme h' signe d'uue classe indéterminée par le
nombre, et qui n'est connue que par le non) gênera).
'OK.\0')A')'IOK K')' HËKOTA't'tON. 77

(J,
!).L'opposition
L'Opl,osilioli ill"i(IUI\~
in~i<~t(''c l'al' le tUotf/cMH/o't'L
parte mol dà"I'I' ellete «)otfnHM"t't'pont)ata
mol COI/I/O/I'I' l'l'pond 11la dis-

ti~('~on<jU(')t.uni)ton(''t.~)iitcnU~)a()n:tntitcour.r<e/tj<w<et!afjua)itHO~
('f~f'/tf'

La denotation d'un mot gênera) (c'est-à-dire, les indi-


vidus qu'il comprend),c'est ce ()ue)f!uni)tonappe))<')'e.y/c~-
.s'/w<ou l'étendue. îj!tdenot,;)ti(~) ou t'extension du mot
/fM/<<e-.t t'e!)send)te de tous tes êtres ttumaius. La
connotation ou comprchcn~iou, ce sont. lésât. t.ribut,-i com-
mun: tes rapports qui constituent les caractères, ou la
définition des t~ommes,–a s:noir)a vie, tes organes ana-
tonn(mcs,h'stacu)tes)nora)<s,etc.
<!esdeu\ qu.dites,–deuotation ou extension, connotation
oucomp)'t'))en-'i(m,–sontop])osees)'unei'i)'autrc; l'une
est d'autant ptus grande que t'autre est plus petite. Le mot
anima) a nnedenotation ou extension ph)s grande que le
mot homme; pui-(ju'i)-étend non-scutemcntu tous les
))ummes, mais encore il toutes tes espèces des animaux.

Ha en même temps une connotation,, une compréhen-


sion moindre; car due connotc que les resscmbtauces
communesa tous les animaux, qui sont évidemment moins
nombreuses que les ressembtances communes a tous les
tiommcs; à savoir
ta vie animate en gênera), abstraction
faite de tout orn.misme speciat. D'un autre côte, ces mots
M tes hommes sa~es a dénotent inoins, ont moins d'exten-
sion que te tertne n tiommes H, pnisqu'its ne s'appliquent qu'a
nne etite de t'tmmanite. Mais en revanche ils connotent
ptus,itsont ptusde comprettensiou, puisqu'a la connotation
()u mot ))onm)e ils ajoutent tesattrit)utsconnotes parie
mot sage.
M. de Morgan a insista )onguement, et avec une grande
variété d'expressions, sur ta distinction de ta compréhension
et de l'extension, qu'il appctte aussi la targeur et ia profon-
dcnr.at'exentpted'Hamitton.
tt remarque que tes ternies ou les mots sout pris dans
quatre acceptions dit~reutes. Dans tes deux premiers sens
tes termes sont ~/{/'t'(.'«/~ ils se rapportent à des objets
78 i.)v!)Œ~m:n. ms~urs.

1.' .1: 1l F.r. ma.wmmnl~ .11,


~7('<e/nprenner!!en,K'ster)nesexprnnentunm<h-
vidu existant en dehors de tonte relation, de
parbn-rneme,
tonte connexi(~na\ecunantreindi\idn;ainsijean,t'homme.
En second Heu, tes termes (tesi~nent )m<<«'
/<(ptie.t contenue,imp)iqnee,(!ansnnob)etparticLdier,
p.)['cx('inj)ic,!c)n~t«hu)na[n"<!))'~t.ui)n)ah',a[)[)ti-
(~K''t).rhctn)nc. L'!U)tt'tH'uhscrv'n'i(~sy!t()~i.sim~sc
)'([)p'.n't.))t,()n)h)~i)'t')n~'nt,i\ rrs Lcrttx'sfju'itappcUf'dcs
((tt'rm<'s<)(')~'t'mit')'t' H)t('t)h~)))) ou «/<c'/<<L:j.
ibt'[neHt-)H')!t'<)())«' ))t'upu-h()t)''st,(h'duciart;rquL'cm'-
Lains objets scot di-tinctsd!'certaine aut!a objets, ou
doivent ctt'f confondus a\('(')'u.ouhit't)d'affin))crqu(;

tHtc[quequ.u)t<('onYi)'nt.f)UU('t'on\i('ntpasa<'(;s(!bjut-
–connnc par t'\cn)p!ch's))on)n)css'~nt. des 6t)'L~ vivants,
–tes rois sf~nt des t)o!mm's.
Dans tcnrsdcnx antres acccptionsh'stcDm's-ont app<)us
A~t'('A'par i\t.(!~ Morgan. Dans )<'pr('n)h'rr;).)('t('rn)('
rt'prt''scnt<'nncc)assc,nn~<'o!)<'ctiond'indi\i()ns,dcsi~n(~
d'âpres nn"qna)itt'()ni)('nr<'st.(on)rnnnc:t tous: c'est re

(jncMi))apnt'n(')nots~('')H'ran\f'(tnnotatits. Dans le second

cas, n'ternx'représente !annatit('t attribut d'une classe

d'objets;en(t'antrestern)es,<e~tnn nom abstrait,designattt


une qnaHte en dc))or~dn sujet. )!ref,ies mots dans [enr
fot'mc subjective nons donnent )me connaissance cxpncitc
de la ~encrante on de ta-:ener.disation, tantôt sous nre c
forme concrète, tantôt dune façon abstraite.

Remarquons une cetn distinction entre [e sens snt'jectit'


et. te sens ohjcctii'des mots n'exprime pas nnedinv'rencc
)a sente
importante. A moins (jn'on ne ies réduise a ciasse
des numspropres.ti'~ objectifsnoms onttons'jnetfjne ~('.ne-
ratitc, et cette ~e)h'rab!ee."t précisément ce on'indiquent
tes tenues subjectifs de ciasseond'a!tribnt;qnoiqnecenx-c[

peut-être t'expriment a\ec pins de netteté, i'renons h's

(maire exemptes cin'-part ant~nr: homme, hnn)ain,enre


tmmain, tmmanih' tes (!en\ premiers objectifs, tes deux
derniers sut)jectifs.t[e-te\ident(me !adiff)''renceu)trc

ri)onmteet)eineme!nnnainestinsaisi-sabie,ett'tmmanite
!XTKKS~KK) C<M)')U':i[~!<StON. 7')

h'es! pas autre chose que !e substantif abstrait de t'adjectif


humain.
La verita))iedit)'ere!n'e est cel)c qui existe entre les noms
des fiasses et. tes noms des attributs de ta c!asse.
M.de]\)ornancm,~oiecon)mesynony)ues,ponr)esmots
extension et eotuprt~eu.iou, tes ter))tes«et.(!t)d)!e et intcn-
sit'(M7~/</<<),et aussi «!)nt et forée ))(.sï'~c'7H</
/~w).)tanpt'n(;e)h~)!te tatb'ution sur nne distinction
importante, relative an\ diverses t'aeonsdontot) peut. eorn-
bin(;rte'-ternK'sd'e\ten~ion et )cs termes de compréhension.
Q))a!)d on condnne des termes dextension, par exemple,
t'honuneet)a))t'nte,–on obtient pour ainsi dire nnc
somm';arithmetinue)!mtot!dd'indi\idus,qneM.()eMor~an
uppette un ~f''v~Lor~()n'an contraire o~cotnbine deux
termes ()ni expriment des attrii)uts,cotMnte, par exemple,
A't'et/onn'apb)s<)etot!darithmeti(pie,ni(t'a~re~at.
Un a onetiaisoncojnmnne de plusieurs attri)'nts dans un
n)cn)esnjct;onacem)'itappeuem)~<ircn)aruue
encore (pt'it n'y a pas en an~)aisnien français d'expression
juste pour représenter tes parties distinctes dnnctmmose
entendu dans ce dernier sens. i.e mot «partie)) se rapporte
ettet!'etaL)'e\te))sion.L''s)n')ts« partie.~ constitutives on
eiementsx~e rapprochent de) id~e sans) atteimtre com-
plètement.
)<uo)e,ttans son système, exprime )'cy/par iesicne
de l'addition, ttomme t brnte. -)-.y,et fe co/Mc
parh'sif;nedeiamnuip!ic.itionsa;-expoii,~y;eti!de-
son système en se contorn)a))t toujours a ces con-
vetoppe
ventions.

nt.on'Auit3)ttna)d<')a'j;tn').)U'th[H]LOs(!cnhtt'7/'</r~(.<tn))ctt't'!m'

<).~));.):;Ct~h~ti~~(',ttt"-nti!<)iM!Jt)nt<n:)~«ihr.)Ut'oup.)huM'.

Des mots comme'non\ement,pe-'antcm', rondeur, Jar-

~enr, sagesse, harmonie, douceur. !)de:-sc,potarite, pru-

dence, jn-tice, béante,- -mtapprN'sah-traits, parce tp~'Ds

repr''sentent des unamcs ou de-attributs, ~anste~ rattacher


auxsujetsqui possèdent ce-uua'it.'s. iL-parais-cnt-c'parer
80 ~VnHm)!M[)~t.–t~ESMOTS.

comp)etement!es rapports des objets d'avec tes objets eux-


!ne)nes;operationimpossib[ecntait,in)possi))teaussienitiee,
ruais (p)et'on suppose p(~ssibtc par une sorte de fiction, Ils
(tonnent le sens exprime paria connotation des noms de
ciasses(p!iieurcorrespo))deut,–tes objets qui se meu-
vent, tes corp-pesants, tes cerctes, tes sa.~es, etc.; mais ils
ont perdu tout caract(';re de denotation.
1jesmotsab~traits,quoiqu'i)ssoientemp)oyesdanstoutea
)est.)n~U('s,))('sontpasa.hsotmne))tn)disp('n:a!)h;spo)<rIa
conversation, ni tucnie a la vérité pour ta science. Le sens
qn'i!se\prin)ent peut en effet être indique, ({noiqne moins
t)rieve)nen[, paries notns génériques qui )enr corrcspott-
dent. Le mot" mouvement') nedesi~nepasautrecitose que
tes mots (([es
dm~squi se meuvent M. Son resuhat le
ptns net est de nnu!er)a pensée à un sent caractère, com-
mun atours ies choses dont il s'agit: a savoir te mouvc-
ment. Cest comme si i'on disait: '()cs choses qui se meu-
vent en tant <)u'eiie~ se meuvent)). ne considère
On que
('ettescu)e circonstance qui )en''est commune a. toutes, en
t.tissant de cote toutes tes circoustancesqm caractérisent en
particulier ct)a(p)e)uo))ite. De même ('jushee H exprime )a
même c!)o-e([ueK actions justes)): car k'sseuis faits qui
correspomtentàcc terme sont ceux que) on comprend dans
ta classe des actions justes. H n'y a pas dans l'univers une
chose qui soit la justice en soi, et nous n'avons pas la pré-
tention de parter d'une justice absohnnent abstraite et dis-

tincte des actions justes. Que si~nine donc te mot justice? 't
H représente sans doute les actions justes, mais en insis-
tant, d'une t'af.'onspeciate, sur un certain rapport de toutes
ces actions;atindc ne représenter iesactionsjustesqu'en tant
(ju'enes sontjustes, on eut) antres terntes afin de [es consi-
t[erere\c)nsi\cment an point de vue de la justice. La pro-

position "La justice commande te respect,') est la même


que cette autre: «)<es personnes justessont respectées.)) »
Mais te mot abstrait indique ici, avec ptus de forct'()ue toute
autre expressiou, ce fait (met'et't'et produit, a savoir te res-
pect, a pour cause unique te rapport qui e\is'c entre toutes
J'KSM~tSA)!S'ntAn't'). 81

!espcrsom)es justes. <(La beauté procuredu plaisir)) équi-


vaut a cette << Les choses bettes
proposition: (en tantquc

ije)ics)sontdcsct)osesa~r!abtes(cnt:)nt,qu'a~'reablcs~.))Jt
n'y apasdebeanUien soi procurant un pL'usit'cnsui.
Ad.tncHt'(!nm:p:n'(!i!h'h\put)t~u,(;cscr:tit.)'('tum))C['d:u)i-,ia
vici[ie(;t't'enrdui'6;dist])c,t'['['cut'quia))i('))d!'ta{)cin('à il
disparaître. «L'<'sj~)'it.<'s).ic principe du muu\t;)ncnt,)) no
veut. pasdirc!)utrc<'hQsc([t)(; cc('[:« Le-) ûtrcsqui possèdent.
t'(jsprit.(<ttt.nut.(pt'i)s)epossL'd(')it),sot~ttescansesdes
ch()St;i?quiseni<'n\(;ut.(('t)tantqu'cttc.-)~cmcu\cnt).HL'Uij-
priL est. ins~piir:d)k'dt.'<(;t't.ain~6tcest'L'ets qu'on appL'Uc des
personnes, et qui sont. dou~sdt'factdt.csmcntidcs; et «)e
nionY(i[iient,~n'estqu')!n)t)ot.ahre\iatitde.stim'u\'[ttp!acer
«les choses (pn se tneuvent)).
Les tortues abstraits sont de poissants d'abré-
moyens

viation etc'est, pour eettt raison qn'iis ont été introduits


en aussi ~rand nombre dans k'iannaue ordinaire. Les
cu'co)uoeutionsauxqm)!es on est obtice de recourir pour
ics éviter su!'nsentapro)!\erh'urutiute sous ee rapport.
L'abus des tuot.sabstraits se tuanife-.tedaus ta tendance
presque invincible qui nous p~rtea imacincrttt'rrierc
ces mots l'existence re<'[!e d'entités a))straites. L'einpioi
des mots: temps,espace, esprit, nous deternnneasupposer
qu'ity y dans ta nature quoique cttose qu'on appeHete
<c/M, en dehors des c!ios~s<[ui (turent; quetque chose
qu'on appettct' en det)ors dos ctio>es étendues o't qui
se meuvent; entin,que)quecttose qu'on appo!te) esprit,
en dehors des êtres qui )nani('osteuttesf'acu)tostt)o'ntah's.
Un exercice ionique important, destine a découvrir les
erreurs qu'entretient ru-r~e des'notsa!)straits, consiste a

convertir [es propositions presente~'s sous tortue abstraite


en propositions eqniva!e!)te~compos~'es de t~oms~ncraux

qui ne suicnt pas abstraits ()!.

(t)tSi!('~t'tt~t't'~h(t"~t'~h)t'Ut;urt)t)t'uj'~))'s.<n)<!un!ni!)s<jn~n<ij;) LI
nlmsu cu vaut la Iwilll'. ,i,luhtur la rs:;lu d1.' r~umrrtir Il' prop"iliou" ;dl,

"H'ait<'<t'h~t~)!i(i'n~t'~u<')'t'<h~)('nt~;tus~rth' j.t.))i~!h'n

)!.U.).U~n'. ).– 1.
nv)Œpm.~nt.)(.–t~s~u~.

l'ar avec les mots at)straits, tous les mots


opposition
généraux ou génériques seront
app'')es<w/.e/'e<ils expri-
ment les rapportsdesctioseseutt'eeitL's, non pas comme des
caractùres 'pu, parnuea))straction Impossible, seraient

i!)d''penda)~s des cho.-es, mais têts qu'ils existent, e'est-a-


dire unis aux chose-. Tons tes homs de ~<'nre,cotmno
houuuc,arbi't'toiic, et tons k's adjectifs~ comme brave,
~raud,ori!)a))t,sout, par suitL', des uomscottcrcta. Tout
uoucouuotatit'L'st.doucunuomctjttcret,.
Nous ne d(j\ons pas
('otdondt'c, comme on le fait quel-
<j)tc t'ois, h: mot. Ht''m''t'a) et. le mot. abstrait.)~ mot gênerai
s'oppose au mot. individuel on particulier,~ mot abstrait
s'oppose an mot. concret,qn'iisoitoupartiodier ou generaL
Le non) abstrait: « blancheur x s'oppose sous ce rapportau
t)(tm ~encrât :<( tes cttosesidancbes)) et, par suite, a tous
tcso)')''tsparticu)iers<mlsont!dancs.
Le mot abstrait ne peut posséder )a don!)Ie fonction du
mot~eneraLqniatatoisdeitotedesohjctsetconnoteteur
ressembiancc. On peut dire, avec ~).Mi!i, du mot abstrait,
qu'd (tenote la resscmbtance, i''s rapports, et qu'il connotc
K/.ero)).Iais il n'y a aucun profit pour la logifptea 1
onptoyerfteparcits subterfuges. Le mot abstraitest
le der-
nier trrn)e de tageneratisation; c'est lui quifaltalafoisia
t'acinte. et te périt de cette opération.
C'est une conse(mence de ta generatisation qu'il doit y
avoir des mob pour tes ptus infimes comme pour tes plus
hautes getieratitcs; comme Anglais, Kuropecn, liomme,
animaL etreorgani&e, cercte, courbe, figure géométrique,
corps étendu, (~'sgener.disatious successives jouent un
grand rote dans [a science; eUes nous mènent a nn grand
noml)rcd'e\pressionstechniquesquidoiventetrec\aminees
entogique; mais cet examen trouvera ptusconvcuabh'ment
sa ptace dans le chapitre suivant sur la notion ou leconcept.

")n"\f'nt'\('t')!cnt'tt')rndtt'm)ttc<)t's<)))~('ur)t<st'tth'~pt't't't)'~it<'sd<a
fl; curr;iie~ut almrs nlairc·uu~nt
.M~ht~!<~n'.Us\nr.!it.n)a)~)'-r).utt'tn~nth'vi'.)i('.{)'af'h'n'[)<;ct;ttt')n~i-
,mi·I:~plvç.iqu~ In crai oararli·n:· clc cettc nml_
.<t)tn<k'iniînr~r
'Mt((ui))a..sc)"n)rrUrJ(;!aphit~<ophit')i:)itt't:
/,<«'.(~w/<, tt.c.L~U.
bKS MOTS t'Ait HAD'O!)' A LA HELAT[VITK. 83

it.ts~('f)n()f't';t[r~<))'[Cth's)))()ts,<)n.snt!')''sfutt'o)ntdc\'nclogi(~K'jCmhi'tlssc
h'.s~o).()nist'ran.ht'nt.\i;))))~.AT!\tm.

1!('sti)npossit))e ([ne !are)ativiteesseutic)iedetoute


('()n)jai~u)<'t',d<)ntt'j)('n.(''(',()('t.out('c()!)'ci(;r)('c,uese
),ra(h)is).'j)!~d.u)s h't:u)~.)~f;ui'-fjunt,o))~ les objets que
mms pouvons ctH)ua)t)'('))t'su))t.usisqnc comme des états
passagers ([uisuccedt'nt a d'a))t)'s~'t.uts(;o))tr:ure~, toute
expérience doit, pou)'ainsi dire, avoii'deux cotes; et iHa))t,
dedeuxf'hosesi'tnh.f)u))ienqnec)taque)notaitu[idoui)ic
sens, ou bien que n~)or chaque pensée il y ait deux mots.
Nous ue pouvons, pat'exen)n)e,coucc\oit'ta. iumiere qu'en
t'opposan!i'obscm'ite;uous par une impression
sentons
distincte que nons passons de ia)umierea)'obscnrite,et de
)'u))scuritea)abuniere.LemoUu)niet'en'apasdesens,si
()!) ne t'oppo-ie pas au mot obscurité. Nous distinguons par
la conscience deux changements contraires, ccuu qui nous
f.ut passer d('!atu)uiere a l'obscurité, et r<cëtw.w;cette
distinction est ta sente ditierence de sens qui existe entre tes
deux mots: ta bmuere, enterait de sortir des ténèbres, tes
ténèbres, on ic tait. de sortir de la lumière. Cette rct.itiyite
se retrouve partout et devrait donner iicu pour tontes
cttoses a i'ernp)oi de deux mots. Les tangues tiumaincs
devraient être composées, non pasdemotsindividuets,
mais pour ainsi dire de couptesde mots. En fait, nous trou-
vons dnu-tes tangues nn~randnond)re de ces conp)cs;
mais faut que cet usa~e soit universet.
its'en Par exempte,
nons trouvons <)es mots opposes conunccbaud et froid,
mouvement et. repos, en tiant et en bas, te~er et pesant,
et mince, riche et pauvre j,viect mort,
))enit)teetdoux,épais

parent et enfant, maitre et sujet, etc. linons parait néces-

saire de recherctterdan~quettesproporhons se développe


ce système de m~tsoppf~ses, et, s'ii n'est point nniversct,
de nous demander pourquoi.

t?.~t)~t'atn)c')tstim't)t'ui")~tt'tsmhtt't']ati\itrcst(')i)tn't'parJcsutut'!
<'osm~t')dt'su~)ts~t':t.\)n.

n n'y a pas de desin!.a)io)i tout a tait convenable pour


84li~ f.t\)!h!'tt)~))hh.– )))';S.U())S.

exprimer !e principe de re!at,ivit.enniversehe. L'opposition


marqn~'e par !esm~tspo-itii's et. négatifs est encore !a tneii-
ienre mais )ett;'me« )e'atif" tend il itKii-
nnpen trop

<p)er on det'aot,a).sence d'une qnaiite, sans indifjner ta


)M'esencr d'une ~u.))ih';r~nh'.)u't'. Or !anu~:).t,i\(; d'mie
(}uatit(''j')o('t.u)-irccth'~))L'('('t.tL'<)n.dit~<'[k;-tn~tjc.
X())'d<'tSt!d!)ut.u)td~titn'st'nn (j))(;n)[n'a<t.['c
C(~L-idt'r~'scu!)nnt'd~sch~-rs !(.'))< )j('c)):U)d ut )c froid,
te passait'de t'm).\t')tn'eut au nicmc titre des cxpc-
)'ie))(;i.r~'e))('set:u'tjt('nes.
LesnH')s")'e)!uit'et<rre!:).tit'MS('))tau-~itt'op!imi.t.es
p~nr('<~)\eni)'n'i. )!n'e\pihne!tt.qm;deti['('t;tti(ni~coin-
[!te\e'('(~ut!h't.'e))e'-dn)(~r(;etde)'t'nt'.)nt,de!cu!ic['ct,
(.h)n~uh')',du!t)~urt't(tn)))u<)\~)t)cut.
))e hu~ ces ;))nt: h's n).'d!eur~, ceux
qui s'adaptent
h'tnh-ti\at't~)i\ers:dih'' de' h retatiundcacho-es entre
L~e.<)ht e!!f'u!'e te-premiers. Nous adupterot~duncics
uxpre.-snu)s/et~< e)t rappelant que iemot
« négatif o a toujours te sots d'une existence reeUe, nuit
n)t)ins([ue)eniut punitif.insi expliques,ces ni~ts peuvent.
et)d)ra.erda.st~u~(tU('endHe f'))ni\e)'seHere)ati\ite.
Quant aux thtttsretaht'et rurreiatif, nous iese[up!')ieruna
pum'exprimer certaines rotations speciatesqui dérivent des
dispositions cu)))ptiqnees des ch~'sc-de ce [nonde.
?' Mi)) exprime ainsi qu'Usait la nature des mots posi-
tifs et négatifs: "(o!u.tnot couerct positif peut corres-
"p~ttdrem)motne:.ati!presa\oirdo)mem)t)omauue
''chose, nunspo))\ons eu former un second qui serait)).;
nom de tontes i~)rmiseei)e-)a.(~'s noms ne-
)'€os. s,

«-a!i!'sso!!te!'q!!o't!s'u! !es!'oisqn'<~n d~itparJef

«c~hectivement de tontes ie-chose- antre- q!)'nnecer-


«taineeht'-e de'tjfnin~'e.ns-i~<deno~tetontc.-
jeseh~-c-.rx~ph'ic-eh.i~joe))~ et. contacte ['.tttri-

o
"hn!qn)con~r.h'a)e'j~t-re!)!~nc.))

ta forme sont, s~n\etd


~!)e-.nom.-qoi-"ntp'-ni!d.!n-.

(. tn'i'iise!! re!h')!~menh't) antres mo!-sont po-i-


«tifs,quoique n.~atiis dan-h t~n.te.).e mot/<<<
~):s Mots~'snn'sKT Nh<.Ain's. 8~

« seu)etnent.)'at)sence de com-
par exempte, n'exprime pas

« médite; il exprime uu.'uh'ihutpositi! celui d'être une


« cause dr peine ou d'cunui. De menx~ te mot </A~y/v/<,
«mat~t'e sa forme négative (/Av/.s'),!tecouuote pas
«seutemeut. te défaut d'a~)'etue!)t,[u.)isuudc~reuu peu
«n)()indrrtd('('e<ju('si~))ifi<'i('m<f'c,qni(;s).csscn-
«ti~i)('))U~)tp<)-it)f.s/('st.:u)f'ontr;tn'(;))!t ntotqui,
<(()n<)iqt)~p(~iti!)anst.tt'~r)nc,)iC)'pt'('))tc([U('c''f[U'<'<)
«(;xpri)nt'r:titp:u'ct'sm()ts/«/')'f'()uc)i('urcM<
«~<s~«/</('~7/c/ Dcmctnc w/Y'équivaut a ~o~
«~<)) 1~
Au~i piu'~AL~HH. AL d<'Morgan pi'csottc cette dis-
tinf'tn))) connue tn)('furn)<'p!u'tic)!!it''r(;()c)~)'(')ati\it)'!U))i-
\e)'st'!h't')'('n('ns,dit-)),tn!e('~uj)tt'd(')notsconh':ti['cs,
« comme honnn'et eux deux
t)un-)n))')c.)icst<'i:m'qt)';t
« ces n)tU!<)'e[)resct)te)tt tout ce que t'en peut )!n:)~i[)et',
«tout ce qui peut exi.u't'd!)))s)'uni\er~Mais fes mots
<'C()))tr~it'esdu[;u):?:~eurdi!).)!reeud))'ass~'ute!)t;ene[':u,
«nout'uuiverstuuteotie)', tuais seu!etneutquetque idée
<f<eue)'ate.Ait)sip;u'uutes!)<j)n)ues,<u.!L:):usetetrau~er') j)
« sont des contraires; tout honnue (toit être t'uu ou l'au-
il ne saurait ~frètes deux.
«tre; \onAu~taiset'an!er

« sont ()es mots identiques, et il en est de )nefnc de non


et d'An~tais. On en dire autant des mots
'(étranger peut

«nombre a dans t'espece des nombres,


entier, et fraction
«des mots «pair, et homme du peupte M, parmi )cs sujets
« du royaume, des mots "mate et, temeiie') parmi les ani-
tt maux, et ainsi tte suite. Pour rendre compte de ce fait,
M nous dirons que t'idee entière examinée est un tout, uu
«/~f«'c/<('/(nous entendons seulement t'eusenmte
p:u'la

"dont nous considei't~nste~ parties); et tes mots (mi, saus


"avoir rien de commu)~,em!u'as'ent.aen\deu\ toute
'(t idée examiuee~appettcrout contraires, a c~
p.u'rapport
"tout. Aussi te tout étant te '.Anglaise)
~<'nret)umaiu.

«étranger "sont tes contraires: Ct~mme aussi <tsotd;)t et

« mate et tout
ci\i), t'omette, etc.)e ~'taut te ~cnre am-

<'mat, tes contraires seront «t'ttomme et ta etc. a


tx'ute,
86 uvtu':)'nr.)[t)':)t. –mis.

M. de Morgan nous fournit ici )'ementindispensab)c


pourunedennition exacte des mots positifs et négatifs. H
n'est pas tout a fait correct ~!e,dire ([ue"MOM/<CH re-
présente tons tes objets de ta nat~n'e qui n'ont pas L't con-
teur bt:u)chc;ot) vise d;u)s ce cas mn' generatite moins
vastc,)ageneratitede la conteur, et le sens ne «non
btanc H est sentemcnt noir, rouge, vert, jau)~e,t))eu, etc.
Quelquefois memeit s'agit d'une .qe!)era)ite encore moins
grande, la ~eneratite des conteurs htanche,noire, ctdes va-
riétés du gris, tes coutenrstiu prisme étant exctues; dans
ce cas" non ))tan(; M scntement noir et
signifie gris.

Lorsqu'un terme est. ambigu, une façon de )e rendre


précis est. (te citer te terme contraire. Le terme c~'<7a plu-
sieurs sens; il s'oppose a. nature), a militaire, a ecctesias-
tique, ~incivi) on discourtois, et ainsi de suite. On arrive
au même resutta). en déterminant quette est la généralité la
pms haute présente a l'esprit de ['orateur. Si iageneratite
est la division des pouvoirs de )'Ktat.,Hr~;<7Md(dt être en-
tendu comme te contraire de mi!itaire et d'ecclésiastique;
si c'est ta condition des honnnes dans tenrs rapports réci-
proques, « c/t' ') représente tes tKtmmes organises en so-
ciété; si c'est enfin tes manières ou ta tenue, c~'<7 doit
être entendu comme synonyme <te pon.
Ainsi de ces
trois cttoses, t'idee generate ou le genre,
!e terme positif, te ternie négatif, – nous ne
pouvons con-
naître l'une sans connahre tes deux autres. Si l'une est
ambiguë, cette ambiguïté disparaîtra par te soin qu'on
prcmh'a d'en mctnionner une seconde; il importe peu ([ne
ta seconde soit te terme contraire, outegcnretni-menx~.
))ans te !a!)gageo!'di))aire nous deter)niue!'ons)epms sou-
vent l'idée gt''nerate d'après )e sujet dndis''o))rs. Si t'(m est
en train de (jiscuter tes origine--de
ta.'ocieh'nnnaine,it ii
est. tacite de V(n!'([ne tes )nots«eivit et nature'))) sont (~n)-
ptoyes pour di\isert't()een~'nera)e de la condition tunuaine
an de \ue de ta société. Si nous ne connai-sotts
point, pâ-
le sujet du (ti-eours, nous seruns instruits nettement du
scnsdnnna,p)'(j.j.iYj.j.;(;))j.))~pj.(,j),~j(.~j.~ l,.
)nYt')!S):S rnXMF.Sï'F.N~G~'i'tOK. 87

mot. contraire, si par exempie, âpres avoir dit «civi]") on

ajoute « non ~ro-sier)'.

):t.t.~r!.qn'u!u'ith'!CK~<)"ttecon-
t<i!~th'rHutn'.f'rst~t\)!r!.Lp~~ntar'jn(''('()<')a<'un~'ari<'t~.

Chaud et froid, inmiere et ténèbres, hant ct bas, firnit

ctC())n'hc,bip))Rtma),piaisi!'ct.p('i!)t',vcrt.uctvicc,s:)nt/!
t't.n):)!tdh',))nin)ncct)ji'utc,~unad~sf'f)r)t.urc.))~o!us;
)a nt~diontt'nntfDUC est t':d'fi)'mntic)) de l'autre; )\d'{ir-
ma).u)n de i'u)~i:(!)o~t[o~ de l'autre.

H. memlwes, la

t,olltnu';Ùtt\ Il)lIt allssi l'i,dle, Il'a


<'(~nt!'i~t'jn')i')n''tu~ti'Hs''in'tt!t'a)~ust~n)U))t'))n''c!sion.
(¡noi'll'" pills Iii 1111\lI1e pl'i;dsiol1.

((R<)t)~e)),d:u~)Cf;e))t'('('<.)'uct)r,ne s'oppose pas H une


s(!tdec()u!(!ur;i)c.-tcuopp<)sitiut) avccuncphn'atitt'dc
con)''u)' Si.nous divisons It's conteurs d'âpres te spectre
de Newton, "ti()nr()n~p)'(''qnivant a six codeurs. Daxs
nne'numération comp)ctedcsdi\cr-cs nuances de la cou-

leur, non rou~e équivaudrait, a un grand nombre de


nuances particuHeres. La contrariété dans ce cas est donc
pour ainsi dire dit't'use et indécise. «H n'est pas At)s)ais,)) ))
\'oi)a une auirmation qui nous quetque
ptot~e sorte en
dans un océan de possibitites, parce qu'etie noustaisse
)ibre de choisir pat'nii les ))abitants de tous les pays.

)f).Lf'hn'~g('pOMMedi~rM'n)an)crMd'px[))im(')t'op))0<.)t!')nnu)an('f;
)it)!).

~° nans sai))ants,
quetqnes des noms sépares
cas sont

cni!p!oYes pour designer !es contraires :com)ne dans !es


environ
exemptes déjà cites. n\ad.)n.~)ahu).nueaun)aisc
centaines de couptes (tenons contraires: jeune,
quelques

vieux; sa~e,tou;)u'a'e.couard;ascension, descente; bien,

mai; doux, amer; sant~tna).)die; raboteux, nsse.

2"H la
y a certaines méthodes nener:des pour exprimer
négation. La principaie consiste dans ('emploi du preiixe
;;«~froid, ~'<~)'h'ctrique,M'moi.
8S U\).).)')!~tm~–)':S~nTS.

Ou e)i)ptoie:u)ssi!cspreiixesi[), a :auormai, inconnu,


inco)np!ehensib!e )'.
);e but. qu'on'-e propose est, encore atteint, par des cir-
contocutious,connue «toutexce~t~) et «tout ce ([ni reste,
nne)oiscecionceta~)t~' (!cs<!rr))n''r''s expressions ron-
dt'uht'UNe)))!un('r~e\t.'t'~p)'(~iti~nf't,i:tnt'itinn,q)nan([
c)!<' ~t (h~s'nmth' p.u' une pturaii~ ()<; c<jntt'au'<i;u)
(')xnsit. !U) ecnre; (in tnrta p.x't.hidij))))~' po.-iti\c,ct.
tu~t <<[ui rt'tc constitue L'tn)'\i.;tti\(;(jn ic cont'rairc.
((')'~ush'sc'M'pS!'i!np!cs, excepta tt')))'t.!U)X,))d'sis;'no)t.
tous t<'s<())~nm~t:)ux)) dans tf ~t'tn'u des corps simples.
Touh's jt'spartirs du discours, excepte te non), est la ma-
niu)'<')ap)us<jonip!ut<'d'exprimer « nott substantif.)) »

)().).a ~r.i)i\t'[run~)))'~)~'i<t<)'<<'))(' d'un ~hjt'(<~tn't'c)te!)U.ti.

Puisque )a))(\~at)\n'('t pas au'rf chose ([uccequirc~te


d'uu:c)u'<'uus(~!)!t'ouiprispht.i''ur~(d)j<'tsqua[)do)tpna a
dis'r;ut un, il est. évident (ph'ianenatJYC n'est pas moins
positive et r~'ei)e que ce qu'on app())e h; positif. En fait, il
faut que )eueL'atif et te positif puissent toujours être inter-
vertie, t~'posi)ii'e-t~ Je )n'atifcst <<<'M; mais on
peut eou.iderer<< connue positif, et c/i'M/comm(;
nen.uif.
H v a des cas ait t'un des deux contraires semble seul
ctrc positif, ~acc a une propti~'tespeciate: par cxcmp)c,
quand nous disons <fa.i,'oudancc)'uu ((présence)), par
oppo-ition a «défauts ou ~aosence)). Richesse, pauvreté;
dette, ct't''ance:p)u",)noii)s; force, fau)!esse;p)ein, vide;

Yie,tnort; science, ignorance; fécond, steri)e;que)que


chose, rien: sont des exemptes a!);uosuc's.i!seud))e que
ces mots tlous()(mnent<run cote m~e conception vraiment
po'ui\(\()e ['autre une conception ahsotnment négative.
t/interversion de ces termes paraitr.ut une vio)encc impos-
si))ieetcon)r.nrea[a))ature.umoin-,danstonscescas,
)a négative est c![e-n)~')neunph~'uou)cuer~ei et ()etern)i)'te:

') ):tt'n.in~Lu~ h'<i\


;')'SS)!h)':).~)'s '))';)~)):SK)'A'H)S. M')

etio constitue une expérience


))sti~)f'u))p~\n~r)f'))C('su(''('i:d''(h[
spéciale du fox't';
:enre humai)),
humain,
quoique te plus souvent une expérience moins a.reattte.
La situation du detnienr est, nn état. ree), avec des traits

carac,teristi(pH~s.)!v :t)))H'id'cp''i!<)'aic:!<'t!-it))atio))pf'

C)Hn:m'('(1''s))on)))!('s;nuusd''t:x'h<n)sdcc''ttcifh''c[cs(;;)S
p!U't.i('u)it'r~(to('('nx «qui n'ont, pas de <)cttrs)),t])ti sont,
«~o)v.tbt(''s)),('tnoH''t)'o))von~<'(~nn)~)'t'f'c!)S(L'cctni
(((jni(;stc))()t'th'' )).<sd<')!\ sit!t!t!i')n~s\)ppo'-)'!)t,t'uuca à
i':u)trc no~s p(~t\()!)sindincr<;nn)tf'))t, appâter t'uncuu
)':m t.r<'positive (M) n<r.'tti\c. S'il y a quelque difficulté a

transposer ~t'sepi)heu'sau\d~'u\to)'n~'scutH)';ur<'s,Cf')a
pn)\'i<'nt.d('t'i)!)ji~)')r('ti~)),dc i'in)pt'op)'it't/' d~j~ si~na-
!)' de ces t~rn~'s, rotnmc ('xp)'~ssi(~n de t'univcrst'ht'
rchdivit~.On t'mpioie h~quontncnt. dans des

ciati<)nsp)()ssp~'ia!('s('tph)s)i))ntccs,dcso)'t(;q'[f!!('m<)t.
positif parait s'appliquer p)use\ac1f'mp))tau.\)''tatstc)squ<'
)'ahr)t)datt<'c,)asant~,)acr(''anct', );( force, ic p)aisir,)c
btcn;h:ntoUH'atif)at) contraire,parait toutafaititnpropro
p0))r''xpritt)''rc<'s''tats.
L~Sji.:(')h''ratih''s)csptus hautes de toutes doive))) contenir
au moins deux choses, qui s'e\ptit)))e))t mutuenetnentet
qui sont ena)e)neutree)h's.<~ettcrentar(p)e est imporian'e,
parce que )'on se trompe souvent, en emptoyant encore tes
formes du)anna~e,atorsqn'ih)'yapins de reaiiteopposec et
correspondante. Ainsi,matière,esprit, ou ptns correctement
étendu et inetend)), objet, sujet,représente une concède'
reaiitesqui s'expiiquent t'une ('autre, lier ta matière,
('étendue, te monde objectif, c'est h'
affirmer
t'csprit,
monde suidectif. Jusqu'ici nous sommes dans femonfte de
t'experiencereene et actueite.Uya pour nous une transi-
tion faminere entre certains états de conscience que nous
matière, et certains antres états nous
nppetons que appe-
lons esprit; nous !es connaissons tes uns et tes antres
par
)eurmutue) contraste; notre connaissance ne peut. s'etever
ptusttaut. (~'pendant te tam;!)~e peut atter plus toin. \ous
pouvotis rt''smner sous t'ornievert'ate ces deux faits t'es-
prit et ta n)a<i)'['e,!e sujet et t'(d)jet:nous pouvons recourir
90 f.m:P!ŒM)E)'– nKS~oT.S.

~nn sent et même terme sera ce total;


qui t'equivatentde
ce terme pourra être mais
t'))nivers,)'existencc,t'a))sotu;
cette demarcttenonveite du tangage notait pas avanccrd'uu
pas notre connaissance. Il n'y a rien qui s'oppose à ce
que nousappetonst'univers,t'existence,t'a))s<du; rien n'est
a!'tirn)t'[orsqnc ['un nie ces cntite.-i supposées. Nous pou-
vons concevoir ta matière ~rAcc à son cotttt'ai['e:l'<'spt'it;
mais nous ne saurio)!str<~u\er a l'existence uu r~'et.
oppose

Accordons ponrnn moment qn'it y ait une ctiosecotnme


ta non-existence, ce qui donnerait une reatiteà l'existence,
qu'est-ce qui nous empêcherait de résumer de nouveau ces
deux choses en une sente, de donner un nom au total et
d'insister sur ta reaute de cette nouvette en raison
entité,
(te ta rea!ite<[uijui correspondrait, et ainsi de suite indé-
finiment? i\<~us (ievous nécessairement nons arrêter quelque

part,et. celte limite se trouve dansi'oppo~ition la plus eievee


ou ta ~ener;)!isatiou puisse nons porter. Eu cela nous nous
conformousatarc)ativiteessenticHe,a)adua)itedetoutc
connaissance, ~me unité absotuc n'est pas une connaissance,
c'est un mot qui ne si~nitie rien.

)~.Kt)<)t'!)<))'sd('htn'),)ti\it(''))ni\<('))'i)vaun~ram!')omh)'<krt')~ti«n'<
<j~('))t'<,<)ui<u!)ti)!)[)tit(U~d.tn<.t<~npt'r.(ti()ns')t'ta))ature<'t();u~h's)<
i.')tint)sdt')<tt<iYiH))s. De c<'src)atimtS()rrncutun grand nombre de
t''nMC!irt'btifs.

Dans la transmission du mouvement, il y a une chose


qui meut rat une chose qui est mue, qoeique chose qui
pousse et quelque chose est L'attraction et ta
qui pousse.

repnision exigent deux c))oses: l'objet qui attire, t'ohjet.


qui estat'ire. La chaleur et iahmuereemanentdc certains
et agissent sur d'antres corps. L'acide sopposc il t'a!-
f':diou!Uabase:)'uueti':U)treaunse)nentrc.
La génération implique des parents et des petits. i\tA)e
est )e corretatit'de femeHe. Le tnot mA!e Il'a pas de sens par
hn-m~me; c'est, par un sent acte iudivisihte de notre intel-

ligence que nous comprenons ces mots "mate et femeue)).


Le tait qu'us expriment, est un fait cu;up)exe: deux ef('
)t)':r.)'tV)T~t!\tVKRS!!M.K. 'H

ments y sont impliques; t'un ne peut être sep.'u'edeFautrc.


Serrure et c)''f, sont des termes corrélatifs de la mémo
espèce. Nous ne pouvons comprendre ou saisir ie sens du
mot c)cf sans peust'r a la serrure, ni le sens du motserrurc
sens penser a ta cief.
tj'organisation con'iptcxe de)asociété humaine comprend
différents états ou deux particss'imptiqucntmutueUement.
Têts sont tes rapportsdu souverain au sujet, du mattre au
domestique, du débiteur au créancier, de l'accusateur a.
!'accus6, du vendeur a t'acheteur, du profcsscut' a rocotler,
du médecin au ma)adc, de t'orthodoxe au dissident. Ce
sont t~ des cas uou pas de retativite univcrseHe ) mais de
rc)ati\'itespecta)e, qui méritent d'être considères en dehors
des rotations plus t'ondamentates que suppose toute con-
naissance.
Tous tes verbes actifs sont corretatifs par suite de )eur
essence même. supposeToutune agent )aquc))e chose sur
il agit H n'existerait pas, s'il n'agissait pas. Un conqué-
rant qui n'aurait, rien con([uisscrait une pure absurdité.
On dit généralement, par rapport au graud prohicme
de la perception du monde materic), que la connaissance
suppose un esprit qui connaitet un objet qui est ce!), ce
que l'on considère comme
preuve de )a distinction deune
l'esprit et de ta matière. En reaHte, cependant, ccla prouve
scutemcnt que dans l'action de !a connaissance comme
dans toute autre action, il y a !a participation de deux
choses, ëi ces choses existent ou non comme des entités
separeeset distinctes,c'est ta une question toute ditt'ercute.

tS.t.cSt~tSttt'ttH)<f~nt)jc~~<'t)tttn'o<mt(.))~sa)h'S('['t<'cist'<'tj~t~<ntitnpKt-
portion (~)':n~)))t'nh'h'n"n)h!)<<<~ntr.tht"u(h'.S!)t');)~.

« dans te (tes )'e\-


1/or~, genre corps simp!es. signifie
c)u''ion de tous tes soixante-deux autres c'pssimptes. Si
dix éléments de étaient Il aurait
ptus découverts, y par
suite dix oppositions, dix contraires de ptus. <'Saute)),
pourun paysan, représente l'absence d'un certain nomttre
de maladies vtdgaircs )R catarrhe, )e rhumatisme, la
92 ).)\Hi'.)'hKMU';tt. – !SMUT-

dyspepsie, !arou~'eok\ etc.; pour un garçon d'hopita), il a


un sens bien ptus étendu; pour un professeur de médecine,
iisi~)utiet'e.\c!nsiondep)usdemtHema)adies.
Un )~esauraiteuaucu!~ cas se soustraire au principe de
!aretati\itenni\'ersei(e.0nt]epentpar)erd'uncchose,si
elle est i))tc)tit.:(hte,sa)ts faire entrer d:u)s!a notion de cette
chose nne ou plusieurs antres e)[oses egafemcnt inteui-
~ihtes. Dira-t-on, par exempte, qu'nne« chaise » cstnn
tait ahsolu sans relation, qui n'imptiqneancnn oppose,
aucun contraire, ancnn t'ait correiatif?H n'en est rien. La
chaise e~tropposednK vide )),de la situation physique et
murated'nne personne (pnsonttt'e de l'absence de la chaise.
Cctnotpcutd'aiitenrs,setoniescirconstanceS)a\t)irnnscns
pins )ar.~eets'opposct'a pins de choses, par exempte à une
<(tat<!e)'nn«)[t)).aut)HtnarchepiedH.Entindpcnt
avoir des contraires et~'orep)us.!ton)breux;itpent, par
rapport au ~enrecsie~e)), s'opposer a un K sofa)), aune
« ottomane", a un banc )), à un escabeau'), etc. Le
sens comph't<!e ce mot reviendra doncacette phrase: «Je
ne demande pas nn escabeau, un sofa, etc., mais une
chaise." »
<:n\p) r n~ i! J

DES CLASSES, DES NOTIONS OU DES CONCEPTS.

t.<sc\t't'<')<t!tsrt'j't'<'sct)tt'nt<t<'s~r)t'~a)i;titU"t)s<j))is'~j~'ti'['n'nt:t ttt'spt'u-

))!')t't<'s.<f''K~u~M<j;r~n~t~<!t'))r~t<'srt't;J('t's'H!)~'t')i<s,on)M)e
t~m.~tt~n'ih'

t'J)t's~~n'p"s<')ttjt<<)n'n)ttt)'tn~f's[tt'<tj'<~iU")'s,c\'s(-a-ttm'ud's~t'tn~-
)'!)))-t)inm<))n)~))tcnt.S())')t'st'<s<)\jc~n:dr)rnKU~t(~)) en niant)
h')u't'm'i''tt'm't'.

K<)))~pon\())~ identifier ou ~<t)(''raU~('i'cortai))a objets


d'iqtn~ tm ~'u[ p~int, tic )~nib)ancc,p:u' (\\('n)p)c:
«)'t)t)d,ch~'ur,p<'):)!'it''M.upt'imdcvucc')nc!'ct,ccsgc-
))t''raHtt'a[)j)cHcnL des <');t-.cs:'<)t~('[)j~t.-ronds, tes oh-

j<;ts chauds, les ot'jcts po)arist''s M.ï.ors~'H'tt'point de


resscmhtance est. considère d'un'* façon abstraite.'<!a ron-
deur, fachatcur, la pt'tarite)), ['abstraction prend le nom
(!e notion ~<n'ra), on shnptctncnt de
~<ncra)t',d~ concept
notion (.'t de concept; ces deux mots paraissent s'adapter
p)nscon\en:d)!e!nentauneqnante!cncr:di-eeon'a)'idec
d'un sent obp't concret, tj'expre.–ion~'nne idée abstraite" o
est nnetnnya'ent pour designer te-. (pKditescomnun.es
d'une classe.
[t e'.tin)po-.i)))e de confondre tes ctasses~ tes notions,
(]ntn'e\~rit))t))!qn'nn sent point (!erc-sc)nb!;u!ce,:)\rc!es
p)'(~posit).'ns)[ni()oi\cnte!))brasser au moins'A'cho'es.
Maisi)\'an))~rand))o)nbredecLt'-scs,denot.ons!cne-
94 ),[\'U)';PtŒHtm<.–'t~S(.:LAK.-it:S,i;,TC.

ptus d'un trait


.1.n. n\.t,nJ~nf' m~m ~'I'lln !m"sF ~lr.
rates, qui expriment commun de ,.ueen
ressem-
blance, par exempte tes métaux qui se ressemblent tous sur
quatre ou cinfj points. La classe !<))ommeu possède encore
un bien ptus-:rand nombre de
rapports comnnms. Dans
ce cas,ta distinction entre la classe ou notion ~enerate,et la
proposition, scmtjte s'effacer. La difteret~ce ne porte plus
alors sur te nondtre des propriétés communes, mais sur la
façon dont on exprime teurunion. Dans la notion, tatiaison
(tes propriétés en un seul groupe est un fait acquis, défi-
nitif fenr union ne fait plus question. Dans la proposition,
au contraire, cette liaison est considérée comme douteuse,
et le doute est écarte par une assurance positive, donnée
sous forme d'affirmation distincte, et fondée, s'il est néces-
saire, sur des preuves.
Voici des exemptes de propositions generatisees qui en-
Yetoppem. deux notions tiees entre ettcs par une affirma-
tion. « La ctiateur peut être convertie en force mécanique, s
« Les métaux les bases des sels. » Dans
sont chacune de ces
propositions il y a deux notions distinctes la notion de la
K f'hatcm')), et la notion de « la conversion
en force mé-
canique M, ta notion des métaux )), et ta notion des
«bases des sets Mais ce n'est pas l'existence des deux
notions qui épuise la force de la proposition. Outre les
deux notions, la proposition contient l'affirmation que ces
deux notions sont ou bien unies ou bien desunies. On
suppose que l'auditeur ne sait pas ou doute si les notions
nmctat et base des sets » doivent coexister; et ta proposi-
tion en question supprime ce doute, autant qu'une afiirma-
tion le peut faire.
tt est évident que ce sont les propositions aftn'matives
ou conjonctives seules que l'on pourrait confondre avec les
notions qui expriment des propriétés doubles. Les proposi-
tions négatives, en effet, prononcent la desmuon ou ta liai-
son des cttoses.
Les ctasses, les notions, les concepts, ont ttaturettonent
trouve teur expression dans les mots, et, pour parler plus
exactement, dans tes mots généraux.
t)l':SAUH(h\S)'')NU~.K.SS);B))MS)iAPt'(J)i'rS. !)5

Ï.t.gi'Hn<)nuîni)rt'd('t)Oh~iLSS()ntfom)e('s'.m'ut)j)<)i~tuni<[uedt;]'csscm-
!~nn('t';t'ud'auh't'stcr!m"cites <)t')M)Ssf;d<'n~pt'un.St!u)aHn))nt,par c.\e<n-

p)(',hiiuj(',hn!(;,(hn'tt'~tiu,pu)~u'c,<'h~~d.p)ai.sii',)~)nt!)r('.

Hlancetatit une impression simpte,i)K)ivisibie, les objets


qui s'accordent sur ce point, et seuicmeut sur ce point,
constituent nue c)ass~'fondée sur nu seu! rapport; cette

classe n'a
qu'un seul attribuLljesnohonsan.tio~ue's sont
nombreuses. La transparence, la douceur, l'etast.icite, la
longueur, la forme carrée, la fragilité, la chafeur, tes li-
quides, ies simptcs, tes justes, )es puissant-; toutes
corps
ces notions reposentsnr un trait unique de ressemblance;
ce sont des ~eueratites qui ne comprennent qu'une qualité;
eilcs sont toujours considérées comme des effets simpies(l).

't.nyM')<n~ti()~.sr<~Mh''t'ssur<!t's.<K~pu<ts(jm,a!)s<tr<'nmnb)'cu.sont
p)u.sd'un.

Dans un bou nombre d'idées s;euera)es on trouve deux


communs. Une maison est: 1" une œuvre d'art,
points
construite pour donner asite à des êtres vivants ou aux
objets qui leur appartiennent. Une viHe est: i° un assem-
blage de constructions habitées, 2" sous un gouvernement
conmmu. Lh) aimant est un corps 1" qui attire le fer, et
2" ()ui est polarise.
Uonnne exemple d'idée
générale a trois propriétés, nous
citerons l'esprit qui contient trois fonctions distinctes la

(!))..)''hu~)i''it<Lt)~<jU)'hjUt"u<)t's<)('<'t"i)t()ti~!)s,M(n'!atnf a t'usagf
<)mc<nt'.ts)f.tt)t~nti)'<<ff/f//<<Ant''t"t'<))w)"('~ttmct)~t))'t'
)~.))!)',)~<'('H!)t'.()'.«'t<'rt')M''citi()~<h)hm'dah'!tadr)ihit!<~nt!nr~!ch'.),'i!)-
tt<Khh')i<)nJ'tr)huts~'m'r)~))t"i<)'tU)t'ti~))'t'ph~!t't'\tt'nsi<)nt'tti~ur')'-
))')<()adtttt'n')H't's)'rtiin)Ut'<)'))H)t'<i)!)''na)tnctdt''c''OtH[t~rt)tttUuhiptt',
t;tr<mt)ou\h'<t'rtt'Pt:n~tr"t'tth)~<'i))t''t'.t')ttm!'n!t~fn'~)th'*
r'')n'<'s~<'i!i~ucum'<)u:Ji)<'s!)'r.t'!at~'))<)h~'mct't()t'ia~i)')t'r<'))cc
t)<)n))t'tMith~u.tat'qn.~ih'<t<~h)u"t".tah'hn~<'nt''incite: )~n''<'<jUC
c'u,t Ic· y·un~ lu IrSus i·Iv·vi·. :m nuùns lmur Ic· utntvlr
<'tstt('~('m't'tt'j'!)iSt'tt'\t')<)ntf'H)s~t)m'[t'm)m~Ct'\h')irm'.<.t'Ut'r\p!i<'a- v·vli~ric·ur. i:vitu· cwtslina-
t)<H)''s))!np'nttUth'j)'))))'t~thr(')tt't'<)tn(')t'tt'at'!ad<'tm)ti<))):t")[)t[t'tt)"n)Ct)t,
Ut)n<t't)nsiJt'h'uu)!m'shnj~rsh'uh'.('t's~ut~nL'ui.~hfft'n'nr~~prc~fquf,
<)M'ha)))tm'~<m'ht('<tth'hn<t'()tnn'dt~nntu~t'st<i)n~h'.Uin!iHht;nh)n«Mt-
))":ttt'nu)it'n<,t't'n('t))ttt')t'))<'t'[)<citi()uc<"it<'«n))))fxc.
96 U\tt!H!i':MŒi.. ~)L.S(:L.St.S. ):)(:.

sct)si))iHte,h't\t')ent/['inte!!i.)ce. L'affinité c))imiqnc a


aussi une tripte définition: proportions det'mics, cham~e'
ment de prepri~'tes, production de chaieur.
La d~'nuitioute~).: temps adhd-.e<h't'intioumation enu-
merait.tptatru propriété.iachak'nr,iarou-eur,i'cui!ure,
)adouicur.

).~('t'tahn'~ht<~SL,)~)'.ti('~)'~)"t'nt~u)))tt-;r.<))(t)m))))n''(f<'traitsf-'))m])UttS.

Onh"'<'['ttt'("'[)t't('s))~(HnUt's.f/<<t/(/t~('sn<-<('tit))t')h'u)('s.

Los corps sinipt~th'ta ci)m)n;:().j''ne, soufre, siii-


('i).nn,uditnu,~r,<H),tc.,(~nt chacun une'"t'Ti~; de pro-
[)rit'tcsdisti)icti\t's.t~cno)nh)'cdcc('s[)ro['rich''s:u'tu(')[c-
)))CUtc())m))('!)('stcu))sid)')'d~(',('t!)[)CHf,ycna\oi[' un
~r!U)dhund'rcdh)C(u~m!'s.)t\ad)'<!i\t\n)Lt,p['nprictet-
c:n'.)c!rish(jHt's indiquées d.m--t:tdcfi)!iti<~) de to\y~t;tK';
et.:tpeU[))'es:u~.u)t.d.u)'adetinit.i(U)der(!['t~)dnter.
Ue même dans t''re~m;ueta!,u<~)sU'u))\uus des iftecs
~em'des~~))t)ees sur )H)~ra))() ))«))))H'c de propriétés corn-
nnute~. Les e)as--esappetees~e.pt';ces H, (tans iesct)s parti-
entier t)u''n~d~[)ne ace tno) en hist.uircnat.nreHc,<'nt. un
grand nund're de caractères; hea!)eunp de ['articutaritc's
communes terme, te )t)ude de cr..i'sa!e et de
puur!a p~nr

d(;\ett)j)pcmem,punr tes produit ctumiqnes, etc. Une d<'s-


criptie'n comptete dn cttene de firetagncs'ete'vcrait.au
moins a \in:-) un tt'en~c caractères.
Dans te re~ne animai se rencontre a un plus t)ant.dc~rc
Oicuretatiai-onde pttt.~ienrstra'~scnnntinns atatneme
ctasse. !A's (p)atih'scuthmunes au\ et~~)!tants sont trcs-
nondjrcnses: (me tîntes tes
emtin~'r.iti~nc~mptetede parti-

cniitrites
piiy-iq!te'tt!mm'ate-de c~tee:-prceexiuc!'ait

pcnt-etre de soixante a cent articles distincts, t.es qualités


Ct.nmmmes a tunste-- hommes sent encore pms nom-
breuses.
C.Ot dan', ~'e'ir~is grands renne. :mi)h'rat, végétât c't

anim:d, que ~eti.ehtrem tes e.\empirste~ph!s frappants de


!atiai'ondtm-ra))dh~)!du'ede(maii:es.J~esptt(''n~MnL'nes
tespinscompmptes(;ommsendehor-'decese~pe''csnatn-
f,K.\)!~SE'['ES!'i'C)';S. 97

relies M dépassent pas un nonmre retattvement pchtde ca-


racteres. Ainsi ta mort, n~nn~ ta plus compliquée dans ses
causes, uepent pas être caractérisée par tjeaucoup plus de
ciuqousixpa)'ticu)aritesdisti!ictives.

f).).('t~~i~t~()utt;S('it's.su!~p!<f)Ujno!n.s~'n/'int(~:<!r).\()~n('nn
sy.s~')tn'~['<t<hn'd''('[~tfi<thu)~;t\rt'm)<')KH))<)t)'ttu)~'j!H<}'t'iith'f:t)'<
t<)tt')t)(t<'<'h''f[ttt'<t)~r<t~<'('[('st't;ts.s~ssuj)<'t'it'm('.s~tit'st'tassrst))i''tt(')))'t~.
k~u .ysli·iuc ~ln da"silit'illiol1 .appliq1lt' tllIs:-ii atm ab,lral'lioll, qui cnrm=Imn-
d('nt!tuxc).s)'s.

i.t'mt)ti,Ht'<'t;t)Mn)otf'.(.<'e''('\j))'n))t'ntctuH'un))n<t;r<(h;('('th'f).!Ssi-
fication.

Lt classe «tnxnmc))
a un certain dc~ru de ~<)tt''['.dite:
cMc a rcxtcnsKMt de )a race humaine; c!)ecomt(j)c ou ex-
prinx; les rapports de tous tes êtres h)uuai))s,s<jnaHtc's
nécessaires potn'être admis dans ee.rf~tpe. La ct:)sse
((:uu!nat )) est. encore plus vaste :ettc)'eu!enne,ot~re tes
))0)))t))cs, un ~)'ahd))om!)redautres êtres, to))s ceux fjue
d'un seuhnut on appette tes brutes.
ptns~etie- La ciasseta
rute est appeteec~enre' par rapport a )ap!us limitée,
qui est appelée ue;-pece)).Mais il va des c)assesph)snene-
ra)cs encore qnciactassedes anitnaux, par exemple ia
ctassedcsc ctt'cs orpa<Hs<s)',(])!i('omp!'e))d~ a la fois tes
animaux et tes ptantcs. Si !'on donne a cette eiassepius
~eueraie te nom de t;enre, tes animaux et tes ptahtt's peu-
ventators être considères comme (tes espèces. Kt de metne
il y aura encore nnpem'e plus ete\e,ceh)i des «n'ps maté-
riels, mu comprendra comme espèces dist'mctes: d'une
p.u't, tes corps organises, de t'antre, tes substances inorga-
niques.
injustice est conmrise dans une et.tsseptus~t''[[era)e,)a
ta vertn, dans une ctasse pins uet~'rah'<'(!<'(!)'€, tes
vertu;
actions humâmes. L'( raison est une''spcct'p.n'tni L's t'a-
cu)tesiutrucctue)tes.~ui''(~n~t!tue))tun~r[)re.('tet')))'e
tm-memeestuoee~peeeo.)rr.)pp't.aH\t.'ot~)n~'ut.!hs,
qui constituent un ~etn'eptus~'ieVt'
Le eercte est. one espèce (tat)~t1~<)ft'p~~Ji~n< conrhes
\1\1:01,).iqnc.
t!u. (.tiqu(', ~j. l.
l,
HS
LIVXKPfŒMU'.U.–iJKS(:J,A.SSËS,M'C.

La géométrie est une espèce dans le genre des sciences


mattiematiques; tes mathématiques, une espèce dans le
genre pins eteve encore des sciences.
Si nous n'avions pas d'autres termes a notre disposition
pour la c)assitication graduée des groupes d'ot)jets que les
deux mots et espèce,
genre ()ui nous vicnnentdeia
p)tito-
sopttie grecque, nous n~ pourrions que les ec))angersa)~s
cesse t'un contre l'autre du tiaut en bas de l'echeitc; ces
mots ne signiGcraicnt pas autre chose que le rapport de
generatite des deux ctasses mentionnées, le genre étant
toujours ptus général (p.te l'espèce. Mais dans l'histoire na-
turenc,ou il y a une to!)~ne série de gradations successives,
on a imagine de tnemenncion~ue série de termes qui
correspondent a tous !cseche)(m-,et chacun d'eux est cm-
ptoye uniformément pourmtfh'~re distinct.
«Genre et
espèce)) sont enx-memes attribues a une place fixe qu'Us
conservent toujours. L'homme, )c cheval, le chien, le
chat, sont des espèces et ne peuvent être autre chose: les
ciassesqui les comprennent sont des genres et ne sauraient
recevoird'antrc désignation.
Dans la botanique, par exempte, il y a quatre divisions
principates et fixées une t'ois pour toutes:–ce sont les
ULASHKS, les l~AMM.LKS on OUDIŒS NATURELS,
les (iEX)U:S et enfin tes Eël'~CEë. Les ~'co/y/cWo~'cons-
tituent une classe les /M<ww.s', une famitte t'M~o~e
est un ~enre; l'(~ic//<M/Mest une espèce. Danscer-
tainscas particuliers, on intro<!nit des des
sous-divisions,

degrés intermédiaires entre divisions


ces quatre princi-
pates. Les ctasses sont divisées en les ordres
sons-ctasses;
naturets sont divises et sutxtivises en .w~.<f/ <M.
AY~< <r/.<s'~ .s'M/s/<; t~'s en .s'o~
getn'es

</<v\, .s'c<s c! M~.s-M; h'g e!!es-mf~mes


espèces

peuvent a\(~ir au-dessous d'eites tes ;<'7~. La detcrmi-


n.uioncfmmtet.e de cessut)divisious produit un totatde
<«/<<'d~~r~'s.
Dans ta/oo)o~ie, tes premières divi.-ious ou w~.s-y~
~-<'?- ~<s7/ etc., sont subdivisées en CLASSES
f.))':<,H~Sf~AKS LA CLASSf~'tCA'riUM. 99

(les mammifères), SOUS-CLASSES (les monaddphes),


01M)iŒS (tes primates), SOUS-ORDRES fies singes),
CENRES, ESPECES (le c))impauxe).
Eu deltorsd(~l'lnstoire naturelle et d'une ou deux autres
sciences de classification
exacte, comme la médecine, les
mots de genre et d'espèce conservent icur caractère mo-
hi[e.«(~'inte)) sera un genre par rapport aux espèces par-
ticulières de crimes: la trahiso!), le meurtre', la caiomnie,
le vol, te parjure, etc. Droit)! est un genre par rapport
aux différentes espèces de droits il est lui-même une
espèce par rapporta un genre pins ele\6,e les choses que
l'on reclamf; )). (V. G.-C. Lewis, ~<cf<<<~M ~6' <e?'?Mes
~o/<7/'yMe~,p.7.)

<)'aj'r)'s)c)n'i!)<pfth')a<c).))i\itt',c))~<~)C<')nss('asa<').)s'!('o~i('sc)t)Mes
<'urrt'!ati\<f'hM(~!t'iU)ti()!);t.').tnu(iuut;utr<'hUi\t',)M'tiuntton<nun~r<c)tc
<pt't'HHf'cstt'))t'-<m''nn'.

Nous n'a\o:)S que pou de mots a ajouter ;-nr ce sujet. La


loi de relativité, si elle est \raic, doit l'être sans exception
et sans réserve. Nous ne former u)~e classe sans
pouvons
diviser la totalité des closes eu deux moitiés, une moitié

comprise sons la classe, une moitié qui reste en dehors.


lorsque, par exemple, nous mentionnons la clas.-e des fi-
gures circulaires dans le genre des ligures planes, notre
distinction suppose l'existence de certaines antres figures

triangulaires, ovales, en spirale, etc., qui constituent les


groupes correiatif-.Lacla-.se des vertus suppose une autre
classe, suiva!!<
le gtnre que l'on considère; s'il s'agit du
genre des actiotis appréciées conformemei~t à leur mora-
lité, c'est-à-dire alid~'c du bien et du mal, la négative ou
la classe corre!ati\e-era le vice. l'arle-t-on des plantes, la
classe exclue ou ni''e sera la classe des atnm.tux ou celle
dr-. corps ni'u~'rtclsen g~'neraL t~ac~asse des saveurs

ameres cnrrt~p~ndra il la clause dessavrursdoncesou

s il est du s'il
astringentes, (ptt'tic.nd~s-cn.-ations goût;
est que-tiond~s sensation. <) goth~-ai,la classe des saveur.-
i<)<) t.iV)!)':)'))[~))H)t.–)~)!:S(:).ASS)~, EI'C.

ameres aura pour corrélatif t'enscmNe des antres sensa-


tions dn pontet des sensations de tous tes autres sens.

!)e!a même !acon,c))!Kjue idée abstraite doit avoir une

i(!eecorr~')ative,<p)ien est tac(jutre-pa.rtic,ctf)uidoit


('treNuerea!ite,siia[)reu!iereidecestreet)e.La)of)p'ucur
(dans ic~'e'ore de h't dimension) s'cpj)osen)atar~e)H'et a

F~'paisson'. !j(J!tsti<'e, si elle est nne notion recHe, s'op-


pose a une re.dih'correspondante, i'injnstice.L'affinit6
s'oppose on bien a.l'in<[in'eren('(',onbien:\tarepLdsion,
(~[bienat'nth'on a t'antru. Si le mot force a un sens dis-

tinct, e!te (toit avoir un correiatit'reet dont. le sens chan-

~erasetontnt'atn'a citante le premier terme tni-mcme.


Ainsi la f\jreepent être conçue comme oppose'cat'inaction,
au repos, on ijien comme opposée il la matière.

Des notions qui se présentent sous forme de propositions.

')).n~)H'.)m'uuj'(h'c.tt's ~impositions s(')))h!t't))o~iff)urt!n'()t"ican!)a!s-


.s!tn<'t'Atrr)tt's.~h')ist'nn'a!Ht't'Ut'<nt'!rt\)i~pas:)!.)t'<'t'qu't't!sn!jMM!)'
<~n.H'h'!('hu~(h'!i~'r en ~nt'<ruh'.)t)irn)ati<mdt'u\<'ho<t's distinctes, mais
sruk'mt'ntd'inditjucr,Je (!rsi.;ncrtn!<'f!.)s.sc, une notion, )!n<'o!)ccj)t.C<;)t<'
<'ot)tusit))tt'.stt.tsomt'('d<'tH'attr<)m~tt')t'cm's.

D!U)sL').[))'opusi(!()n:« Un triax~tc est une figure atrois

C(jt~,))!)0))s:)\n))s)atormf; extérieure, mais non iarca-


iite d'un p)'e')i('at.))LU)s)a proposition :« La p\nunidee~t
tato)'mc()eeo))stt'n<'honi.!L[)!nsso!ide,)) i!vaaiafois

['apparent'ee~ !a réalité d'un pn'()icat. Dans!cprf'n)icr


ca;ncn.-nc)io))-.p.)t'i'arfn'tnatio!t qu'un non et une

chose; non-donnons une i[)-tru<'tio)~orb;d~, nous dcter-


!ni!)ons!t'n~()'tiuntot.
!).n)stcs('t'(~ndca-,no))siions
d)'u\
~i)o-sui-.ti'u'h.))ou-.d('h')'n)in(.!)sunf.utparti('u-
ncr<h't'ord )'('<[)'t.tn.'ttu)' a sav(H['<n))'u'touf, (tu n~u~
trouvons uu~'dititrrn nous a\o!.s ()c-
t'(u'jn)'o~j)\)'a))U(tt',
vaut nous uni'('uu.'tru('t)oud)').)[)tus grande .soHditt'.
!')t(:))'OSmf)NSVKit]tALHS. ~))

Le premier exemple donne « Un tri:uig)c est une figure


a trois cotes,)) peut être pris comme type d'uue grande
quanti te d'affirmationsapparentes; on les appelle proposi-
tions verl)ales,deuuitions, et aussi jugetnents analytiques
ou explicatifs. Aiusic la justice cousi.'tcarcndrcachacun
ce qui lui est du » est, uuc proposition verbale, une défi-

nition, un jugement {)n!uytique;e!!e nous apprend que,


lorsque nous sommes en présence du fait sociai qui con-
siste à rcndrea chacun ce qui hu est dû, le seul mot a. en)-

ployer pour designer ce fait est le mot « justice)); et réci-


)orsque!e mot « justice "est prononce, le
proquement,
fait désigne par ce mot peut être exprime autrement par
l'expression développée: « douneratousccquileurest
dû)). D'un côte, les propositions verbales nous apprennent
quel nom il i'aut appliquer a une chose dom~ee; d'autre

part, elles nous enseignent le sens d'un mot donne.


Par
opposition à ces propositions formelles etvcrbales,
la proposition véritable est une proposition réelle, une affir-
mation (ou une négation) de rapport, un jugement syntite-
tiquc ou ampliatif; cnlin une déclaration toucitant l'ordre
de la nature.
Dans les verbales affirment l'accord d'un
propositions qui
nom avec une notion et réduite à mi seul traitde
simple

resscnmiance, il est rare que l'on commette des erreurs.


C'est dans les questions subtiles et conpiiquecs ()ue les
propositions \'erl)ales donneut lieu a des confusions: par
dans les de Huttcr sur la conscience
exemple, allégations

et le droit. les sujets que nous ignorons


C'est dans qu'il
nous arrive de nous tromper en preuaut pour la liaison de
deux chosescu de deux faits ce (pu n'était (p)e lasinu)le
du sens d'un mot. t'neteile ignorance ne res-
exposition
sort pas de la juridiction de la logique, (p)i doit seulement
nous recounuander d'être detiantsù. l'égard du caractère

am))igu et. decevantde la proposition \erhaie.


((Homère a écrit l'Iliade n est une propo-itionpureme!))
yeritale, car nous ne sajous d'Homère qu'une chose, c'est
est l'auteur de l'Iliade. Nous n'avons aucun sens a
qu'il
~2 UV)Œ['REMŒH.–t~S CLASSA, ETC..

attacher au sujet de la proposition, « Homère )), si ce n'est


te prédicat « écrivit l't)i;tde)).L'af'tn'matio;)
précisément
revient donc ici a dire (pn: l'auteur de Fitiadc s'appelait
Homère.
K L'instinct est. une science innée'), voila encore une
ver))ate. Si el[e nous
quelque chose de.
apprend
proposition
qu'et)e substitue <aune
plus que le simple mot instinct,c'est
notio!) confuse et va~ue une détermination précise de la
nature de l'instinct. Tonte definit.ioMdcmotatcineme
caractère :eHe
précise )c sens; eUe pont par conséquent
i'airequetque chose de plus que donner une )ccon de )an-

~a~e. Têt est le resuitat de t'importante fonction renipUe


mots L:enet'aux,(pd assimilent et unissent des ete-
paries
meutsepars.
Si a\eeDar\\in et. Spencer on dit: L'instinct est une
antérieure transmise par t'heredite, on énonce
expérience
une proposition te prédicat est ici un fahent)e-
reene,c')r
dans
rf'ment nouveau, qui n'était en aucune façon contenu
l'idée du sujet.
« La conscience exerce une autorite souveraine sur tes
actions des !tom!nes,xvoita''ucore une ver-
proposition

ba)e. nons recherchons ie ia connotation ou


Lorsque sens,

la définition de ta conscience, nous trouvons que l'auto-


rité est )c fait cssentiet qui ta caractérise supprimex cette
autorite, et la conscience n'existe ptus. Mais il peut y avoir
un ~l'and uornbre d'aftirmauons~f'<cs au sujet de la cons-
cience. Nous
pouvous (ieciarer([u'e!tecst une facutte
simp!e de )'esprit, une facnttecomph'xe ou ()crivee,[e re-

présenta!~ de la divinité dans ~esprit humain. Xous pou-


vons dire qu'eue existe che/: tous tes hommes,on,an con-
traire,(p)'ei!efaitdetautehc/(p)etqnes-nns;qu'ene manque
atous tes animaux; qn'eth'~st te fo!)de!m'nt de ias~cit'te
inunaine; qu'ene constitue ta plus t)ante dignité de
l'homme.
aLa matière est inerte, "voita une pronositiouvcrhate;
on ne fait dans cette ptn'a~e que )'t'p'ter la qualité essen-
tielte de font corps materiet. Des propo~itiotts récites reta-
)')«)t'0!?IHU!<SV)';[U)ALES. 103

tivcs a la matière seraient les suivantes: «La matière est


ou n'est paseterne))e; elle est indestructible; elle n'est

jamais en rcpos;eite est dedifferentes espèces; elle gravite;


eUe manifeste soit des aftmites, soit des r~'puisions." »
«Lajusticcestl)onorai)!e,M<'la\crtuestaimabtc,)) o
sont des propositions ruciics, si )'oo suppose que des senti-
ments d'approbation ne sont pas necessairetucnt compris
dans tes idées que nous nous formons de ces quaU tes.
((Les sensatiotts indiitercntes n'appellent jamais l'attcn-
tion par elles-mêmes voila une proposition verbale. Le
« ne pas appeler l'attention )) a te même sens que
prédicat
le sujet « sensations indifférentes )). Etre indiffèrent, ne

pas exciter notre attention, ce sont des notions que sépare


il peine une nuance de sens. Ït peut arriver cependant que
remploi du prédicat puisse aider une personne peu ins-
truite H comprendre mieux et dans toute sa force la signi-
fication du sujet.
« La souveraineté est l'autorité d'un homme ou de plu-
sieurs hommes sur les autres, o \oila encore une proposi-
tion qui n'est que la dennition du mot. souveraineté; elle
est par conséquent une proposition verbale. Toutes les hy-
pothèses invoquées pour expliquer l'origine réelle ou la

légitimité du pouvoir souverain seront, au contraire, des

propositions réelles.

8. Lt))'s<)'t'une notion n ~/H«'fMrj athihuts <'omu)un<, t'cxprEssum ())' cpttc un-

tiot)[)''utay()h'rappareuct'd'W)}ut''dit'!)t!cct,bic)t<[)!ck')'ru()iM[Mit[)u-
)KUtKnt~(:r)'~).

« Une maison est i'.utc servir d'habitation n'est


pour

jMs une proposition reçue. «Habitation)'constitua en


eifet un des éléments, sinon tous les éléments du mot niai-
sait ce une connait aussi
son.Quico[)()ue qu'est maison,
lofait exprime dans
la proposition enottcee ci-dessus.
«L'esprit est intelligent)) est encore une proposition
verbale;le prédicat répète seulement ce qui était dejacom-
pris dans l'idée du sujet, ï~a connotation, ou siguiticatiol~
)()~i. Ln)!):pm~H)';n.–)')'s~;L\ssKs,E'rc.

du mot. esprit, embrassL')'iutc!)i~ence, en même temps que


deux antres t'o)h'tious,)a vo!o!)t'et iaseusi!)itite. Cette
antre1'(~ pr(~)r,ition,(()'esprit est nui a un organisme m:ite-
rie!, ')cst,nneat!irmatio!t rceiie, le pre~ticatuc faisant

pas piutie du sens du sujet. L'union ()n corps et du l'es-


prit. ne ~aurait ~re comprise dans i'.nKdysc du mot
a esprit)'. Ari-'to!(',i~(\'t vrai, disait entrer dans ta signi-
ticationdn met âme, ~y',{,Pur~anisationcorp()['e)[e; pour
ce phitosophe, pat'eonse(p<ent, «i'ame est urne à un
corps,)) constituait, une proposition verbate ou analytique.
« Le jet) hru!e)'n'est pas une proposition réelle; on ne
fait en (tt'et dans cette phrase qncre'petcr, ou analyser le
principal attri!)nt du sujet, ~otre première notion dn feu,
(.'t!aptnsesseu!iene,est)ameniequcccuequ'cxprimcl'ac-
).ioude!'rù[er.

!).)hn~)<<'<)n'('r<j~ahnt'))('s,)(')m\)icMtv<'r[)a)~ns de t't'.ssNnhtancc encore,

t['<):m.stt'<ts[m'c"tt'nt~avt'ctct'r<'<tn'tt[m'L

Les
espèces natnreues se distin~uenten ce du'elles con-
tiennent non nn, deux, trois ou quatre traits de ressem-
h)ance, mdsnn~rand~ nombre, un nombre indéfini, et
même communes, soixante,
in<puis.dde, donnantes trente,

centque)quetois. L'oxygène a un Krand nombre de qua-


lités ;i'eusend))e de ces quatites est apropronentpaHerta
signification du mot. L'oxygène est un ~ax,ii a un poids
atomique H se combine avec
donne, t'hydrogene, etc.;

toutes ces propositions sont rigoureusement des proposi-


tions \eri)a'~s et analytiques. bont-e![es donc pom'ceia
innti!es et
insi~uiti.lutes? Certainement non, mais elles
peuYcntparteur forme nous e~arerquctquefois, en se don-
nant pour des propositions reeues.
La iorftie technique et eorrt'ctc de ces propositions serait
ccue-i:i) dans existe
tanatureuna~renatdequatites
qui'ont. la matière, ta transparence, t'c'tat~axcnx,'un
poids spécifique et m) pouvoir (te combinaison de~~
tl
n)ines.ctai!t'-idesuite;aceta~re~atdepropriet'ao;ia

appiiqn<ie;ot d'oxygène. Lorsque L'auditeur a~ete mis


)')«)i'~Sm<~SV)':)~!AJ.S. iOS

an courant, de ces diverses qnidih''s,t~s propositions comme


est nna~ent. de com-
((t'oxy~<nccst,nn-;a/,))c!'oxyKene
binaison etc. ne sont que
pnissant~ )'«)'(~y~Cne, a, ptns
des propositions \cr))aies, ident,i(ptcs on t;mtutu.~i()ucs;
iespr('di(';t~s~n~s))j)t'ri)!js,[)uist)n'Hs-ontsu~(';t'6.-at'cs-
p)'it(;nnn'')nGt('mph()nf'K;t~))))<'s!.[)r()nunc~.
ï) y:K'c[.)<'))dantdr'<'as,('ud<pr')pf)~it.if)HS:m:d().L;LH's
n('!S(.)))!.niidt'))t!)('s[)itLU)t<)t~)Hc-cH<s()nt.t'Hes,
!cs prédicats.tjuut:)iit<juc!q')C chose au sujet, tel q't'it est
saisi p.'u't'aodite)))'.
r Une p('S(t))))ept!))t et!Hnpat'faitoncot. instruite (~'s

prop)'ietesd'mtectast-e''())np)''x~,q.t')iqn'eneen-anheasa('x
p()n['tare<'n))n;titre.)jev)tLait'<'s:)it.<)uet'eh''ph!mte.t.un
anhnat e!K))'tne,<'on\'e)'t.d'm!e peau epai.sc, arme d'une
trcxnpaeLdedcfenst' o) ivoire. Pour des pet'sunncsq'd
Rosst'dentces connaissances, raftirtnationd'mte de ces qaa-
tites n'est <p)')!ne proposition \er!~de ou identique, pnis-
qn'eUe se t'ednit.a répéter nn des faits qui entrent dans [a
signification du mot.
Mais un e!ephant a en ontrenn~rand nondu'e de pro-
priétés distineti\es; par suite t'indication de ['nne d'entre

et)es serait, une


proposition récite. Tonte détermination
ajoutée ace qui est d<ja implique dans [c mot constituera
une affirmation synthétique.
Cependant cette detcrmi!)ationnon\e)!e.nne fois com-
mmiitmec, comprise et sra\ee dans [a mémoire, cessera

cHc-meme (t'être un prédicat. ree);et)e deviendra, a partir


de ce moment, nne proposition verbaie ou an.dytiqne, pnis-
(]u'e)!e ne fera (p)e répéter ce qne te nom snn~ere on con-
note<iemi-men)eponr tonte per'onnc dont L's connais-
sances ont. été agrandies dansée sens.
Tontes )csproprieh'snon\e)ietnent découvertes sont des.
prédicats ree)s,)orsqne pour la première f'isei!es se pre-
sententano))s;mais.desqn'enes ont eh''introduites dans [a
science, enes deviennent V!')')).'t!cs.L~M'sqneFarada\ décou-
vrit
([ne!'o\y!L;cn)'t'stm.')~ne.iqne,)apnh[ication de crtte
découverte fntnne proposition !'eette concernant i'o.\y-
i')<) ).mu':PiU':)[)K)t.–))KS<:LASSKS,i':TC.

gène. Mais, une fois admise par les savants, cette vérité
devintune proposition ver))ate,toutcommc l'exposition des
autres qualités de t'oxygène.
2" On peut avoir t)es(~in d'une
~v<~<~<«/~c/~v'pour
garantir tefaitfjue tes propriétés d'une ctassecomptexc ou
d'une notion sont reeUement unies. Ainsi t'espritestdefmi
par ces trois faits: la sensihitite, la votent~ ta pcns~'e; mais
cetledei'uution suppose mie induction antérieure, destinée
à eta))tir que ces trois
propriet~ se rencontrent toujof'rs
cnsend)te, – où il y a sensibilité, il y a aussi
que partout
\otonte,ot([uepartoutoùityavotonte,i)yaaussipcnsee.
Ani)'n)prqueiase))sibi)ite,jav()!ontt''t.'trinteiti~<'ncesont
associées, c't'j-tenoncer une prono-itionreeut;. La dciiut-
tion de t\'sprit suppose tacitement qun cette association a
été constatée; suite, t'esprit sent, )'esprit veut, ('esprit
par
pense, sont autant
de propositions verbales. Cependant,
puisqu'elles impliquent, torsqu'etles sont prises ensemble,
que les trots t'acuttes disti!)ctes sont unies dans la nature,
cHes peuvent être considérées cotnme contenant un pré-
dicat reeL
De la même des at'tirmations
façon, conmic les suivantes
« L'affinité chimique est soumise a des proportions deH-
nies; elle produit la cha)eur,etie est suivie d'un change-
ment de propriétés, » constituent une série de propositions
vct't)ates ou analytiques. 1[ y a cependant an fond un pré-
dicat t'eet à savoir M que L'union dans des proportions dé-
finies de deux corps est accompagnée d'une production de
chateuret d'un c))angement de propriétés )). Les mots (fafu-
nite chimique "expriment ces trois faits; et torsqu'on les
prend pour !c sujet d'une phrase avcct'un de ces trois faits

pourp)'edic.)t,)'aftirmationestpurenhmtanaiyti({ueouver-
bate:fe sujet si~nitie délace que la proposition affirme.
t~es exemptes que tmus venons de citer din'ercnt cssen-
tiehement (te ces aure~ats qu'on appeHe les espèces natu-
rciics, minéraux, végétaux ou animaux. Nous en donnerons
les raisons p)us tard.
3" La proposition verba!e peut être utitementcmptoyee
).A)~:riN['nON. 107

comme un M/e~e~ soit qu'on veuiUc exposer un fait


connu, soitfju'on vcuh)e le prendre comme principe afin
de lui rattacher c'm-equeucc. une que Ainsi nous dirons
j'oxygène est l'élément de la combustion, avec la sente
intention de présenter a l'esprit. ou d'indiquer cette pro-
priété speciaie, pour qu'on en puisse tirer quelque infe-
rence. C'est comme si nous disions: – «
Puisque parmi les
ditterents et tes différentes
pouvoirs propriétés, dont l'cu-
semble s'appelle t'oxygène, s'en trouve une qui est le prin-
cipe de la combustion, par conséquent, etc. »

tO.).a ~)'o~o.<i)innv)'ih,df'<s[cng!)))dc)):n'tit'id<'ntif[u''nvc<')a(h''finition,
qui MfiM't)'ta nn''nR'forme; !U!)i.sf))t; M) an tond ).)fm'me chose f)u<;fac):)ss<
)anotio!tontecon<'(.'[').

Pour
définir, nous employons la forme de la proposition
« un carre est une figure rcctitigne de quatre cotes, dont
les eûtes sont égaux, et, dont les angles sont des angles
droits; )) « nue société est une agglomération d'hommes
soumis a un même gouvernement. )) La liaison
indiquée par
ces affirmations existe non pas entre deux choses, mais
seulement entre nn nom et une citose; de telle sorte que
tontes les ddinitions sont des propositions verbales, et
toutes les propositions verbales qui se rapportent a des mots
généraux remplissent le rôle de définitions. Les exemples
de propositions verbales déjà donnes peuvent servir d'exem-
ples de définition-) totales ou partiettes. <-L'oxygène est un
gax, H voita une dennition partielle de l'oxygène.

) ). La ')ctun)i(')) est la .s~nnu' <)(' toutes tt'.s ([uatit~ fjm' t'onnott' )c non). HHt'

t')mi.<t'tasi(;ni)i'ttiot)<)uoo))).

La detittition de la ricttesse est l'indication de tout ce


qui est contenu dans le sens de ce mot. La defuutir~) de

l'esprit ennmùre toutes tes qualités requises pourcoustituer


ce que nous appelons l'esprit.
108 UViŒ
)'HKM[r')(.–i'HS(:),SSES,ETC.

)X.i.f)r.s~n'un~hjrta(!rs(ju.Uih'n<)n)))r('u':("i,(n~nnt't)ans)(.r.tsdcs('s[)t'('(.s
nahtr('n('s,<'('jhui~)~(M'<t)~s~('ut('n!(''tn'rn!j.i()~'s)J<)nt'.utitcr:(une(tt'-
th!!)H)n,((uinumt)is~('tcd'um'(~n!!)K'rMh(!Hcnn~~t.L'.

1" Au )ieu(t'enu)uercr toutes


les propriétés essentielles
a l'espèce, nous pouvons ne mentionner que cettes qui
suffisent pour distinguer cette espèce de toute autre. Ainsi
t'Ot'peot être d('n!iutt!H)'-t!dj!Ut[tc, dont ]e poids spéci-
fique est iU, ~4; parce ()h'Hn'\ a pftsd'HUH'e substance qui
possède la même combinaison de qualités. Le mercure est
un metaNiquide à la température ordinaire. L'elepitant
peut être défini par sa trompe seule caractère qui suffit
pour empecnerqu'ou h'cotubudea\ecaucuuautre animal.
L'tionnne peut être dL'!ini par te nondtre de ses muselés, )a
structure ()c ses mains, t'or~anisation de ses iacuites. mon-

tâtes, caractères qui sont tous propres a. rhumanitc.


Les denuitions de ce :eurc se r\cnt a reconnaître,a dis-
tinguer. Le poids et la couteut' associés suffisent pour
découvrir uuc pièce'de monnaie fausse. Dans tachhnie,
deux ou trois propriétés sut'n.-ent de même pour établir
l'identité d'une substat~'e quelconque. Uy a des maladies
connues par uusymptôux'unique; icdepôtdel'uratede
sodium ne se produit que dans la goutte.
Si détones définitions sont sut'tisantes, c'est, qu'ii n'y a
pas d'autres substances qui possèdent les mêmes caractères.
De nouveUcs découvertes pourraient tout changer. Ainsi la
coLdem'duptatiueet son poids spécifique considerabfe
ont cesse d'être des caractères suffisants pour le définir
depuis te jour on des métaux anatogues, t'o-mium ett'iri-
dium,outetedecou\erts.ë'ityavaitdes quadrupèdes doues
des tnemes facuites metnates que t'homme, ces i'actdtes ne
Sttftiraientpius pour etabt.rt'identite d'un être humain.
Lesth'tinitions incomptetes que nous venons de citer
contiennent tes caractères essentiels des objets définis:
eues expriment tesqu.dite:-(pnpasseutpouretre inhérentes
a ces objets. Mais,;) cote des caracuTtsessentiets, il ya,i
d~qu~h~tpnp~t~~re~Turan~~ma~~

iesoi)jets:cesontlt.~f/f/r/< Ainsi c'est, uncquatitc'


f.)':MŒ,):sW';<.K, !t')!)EK<:K. 109

accidenteHedndiamantd'etreiasu!)stancc!a plus précieuse


de tonte la natm'e.C\'st un accident. ci)e/H)on)me d'être
iet'oidesanin)au\;ies(~ua!it,sesseot.ie)!csdei'ttumatnt.û
resteraient, )es mentes, a supposer q!unc créature supé-
rieure apparut sur !a terre. Mais, Lant.~uc ces accidents
rcstentdes signes caracteri-ti~ncs,iLsp('u\<itetrecmp)()y('s
pour la d(''tituti).))d un ('hjrt,p))is<ju'i[ss(dii.(;))t. a empê-
cher (p['unicc(~d'(ntd~a\~cauc)~) antre
oLjt.'tc~nnu.
!')i))()UStu; connaissons un oi)j(~ que'par ses aec/(/6'M~
</<s'7/i('s antres propriétés de cet, objet donnenttieu,
quand on tese.\pt'itne,a()espropositionsreeHes.cependant,
a mesure (px'nons taisons connaissance avec ces qnatite's
additi(.)um;i!es, nonsf~'vons )es
cottsidererconune des
etetnents de ta connotation dn nom. Lorsque nous avons
appris que te diatnant, (teja être trans- que nons savions
parent, briNant, dur, précieux, est co!)d)nst.ib)c et com-
pose de carbone, nons devons placer ces nou\'e!tes qualités
au tnctncran~ que ies premières; a partir de ce motnettt,
elles sont comprises pour nous dans ta connotation du
mot.

Les cinq prëdicaments.

t!t".c~)t)jWt!it':))m'ttt'(s(')'))..('h('ntA).id!<ttt)('ht')t()<'<j)rnj)nsi)!o))s\or-

fiak')('tn')i<'s.<St)nt:!t'pt'nrt'(Yi;r<\spt'cc(si~)ad!)'f<'rt'nf(;

(~a,)j)K!,)t'pn)prt'H~<).t't'M)<t~uh't'<~h'"nH).H~(f!'Jj).6n'.x'),).

L~Lroisdcrhit-rs,DtFt''K)<H\CK,)~Hn')U'A(:C[))K~T,
sunt.&C)t!s,apru~n't)n'nt [i:u'K'[',dc-.[H'6d!('.tt,s, tctsqu'it
f:mt.ic~ entendre )w)m't~(]i~ti<)L'ti()))~n~ Hunsvcooo-~d'it)-
()i'[U('t'.Lc--()euxpr<')!)['~s,)e~<<'et)'<w,n's<~))j)as

des autres.
pt't''dic:)~,dan'-)t'))--d('-tr(~

!~<'t;'t'tH't', t'['t'('('itti!)~)'t',su[it('(~'r~').'tt~-<*trhn-

t')c)tc)t)cnt.in~~i<)H~t'uHd:u).r:)utr~. X~ns a\u)!- (L'ja


d()H)tt')('S('t)-)(!n.nrt'('td'(.t'rr.'h'aiudh)urrt~
HO () UVtti';Ht)'.MH':K.–bKS CLASSAS, KTC.

sens de ta différence, fja différence e\prime/6\ e«?'«c~c.s'

~«e/s'.sY.Y/<' c~~M~M~ p/<<~7~s'e<Y~<A'<<


ye/<c.Siuonsadtnettons quetetoupestdugenreca~t~
les c:u':M'h''r('sq')iap[):u'tifn))ent, an t~~p, outre )c-; carac-
tères <)u~<'nro,st)))t. ce ))U'<)))aj)p(')!c la dHt'cnce,f/<
?' la différence spécifique. En résume, te surplus de ta
connotation du ('espèce, comparée a celle du genre, consti-
tue )a différence.
La science étantgenre, et ta ctnmie une espèce,
un la

<<ee de ta chimie est ce qui ia distingue de toutes les


autres sciences, ce qui lui est particulier et propre, en
dehors des caractères generaox de ta science.
tétant donne:- deux de ces trois faits, genre, espèce, dif-
tereuce~ nuns inter~n-. facilement te troisième. Avec le
genre ctt'especettons pouvons trouver ta dii!'e:'encc: nous
n'avonsqu'aretraucttcrtesaHrihutsessentietsdn genre des
attributs essentiets de l'espèce. Htant données t'especc et ta
différence, nons trouverons Iege!)rc enretranc))antta diffé-
rence desattrit)t<ts de l'espèce. Enfin, etatit donnes le genre
et ta différence, nous aurons t'espece en ajoutant la diffé-
rence aux caractères du genre. Les beaux-arts étant un
genre et ta peinture une espèce, ta différence est l'emploi
detacouteur.

)4.Un('fHn)M'))n'vn('t<'('['f'n()!))))<'n~)[))('tcdf)ad('(n)ih()nconsistK!t(!t''t<')'-
mi~t'ràb)')i'(~h't<jtK'gt't'!<'j)!)).t')t'v<(j(ti<'<)t))prctn)t'ro))jc(a()c(Hnt',t't
la
ta différeuœ Ua liS le lallg,'gc
diiÏL!rt'))ct's~uchiqu'U.tn<)':t.U){;(;HO)dinai)'t',)ad('(!t)hion
spcci¡¡,(\w, ordinaire, ln ddinitiolll'l't:nJ prend sOIl\'enl
suivent
<')'()('~)nut')uiat'('t's!n'th\ttin())a)'tc<.tuj;it'ic~)seommeh)seuteformH
t'tiah)'t))<'n');tdiL'r''d<')aa~iuiti<)~.

La pttysiotogie peut être définie la .s'<<c<' (y<'M/~) ~M<


//Y/</f f<<s'rw~ '< <~<~~f/ (ditterence) La poésie
e.'t un (y/~M) ~~M/' </<.s7/?;e/~ /e ~~f/~yc
(différence).
t~e discours ordinaire s'adre'sant a des
personne-i qui
sont déjà instruites 0~ partie, itsuftitd'hat'itude de définir
les t))~jets de cette manière, tjajtersf~nne qui demande une
définition de la ptty~iotogie a déjà l'idée générique de la
WtOPHUJH. 1H

science. Sinon, la dennition ne vaut rien; cardans ce cas,


ja science auraitcttc-meme besoin d'être définie par rapport
anugcnreplus6teve,«laconn<iissancc)),etainsi de
suite.

)!).T~us)cs.))tri!)UtS()n};t'n)'(',('()t'sMttîih~Lsat)<)hionu<'is()t')'rsj)t'CH(('st-
.<)H'c).)di)'f(''n't~'(')s()nt('~ns!<h''n'sr<nn!nr).'saUri!)Ht.sr.«/t~<7.(.]tssont
tuus('"n)prLSt);nis!('~ftt~<md;it)-s!t)c<)nn()tah<j)i'fntn<)LPt)t'sNitt')'nt[)rn)n-
t)un(tt'<'t'u<tHh'sd()tnn'tn'uadcsp['(''di('t.'t'hanxuu~r/~f<

Les caractères génériques du chien et tes caractères spé-


cifiques du loup sont tes caractères que connotent les mots
de chien et de toup.t'arier autrement, ce serait faire une
contradictin!) dans tes termes. Mais l'importance de cette
remarque ne pent être comprise entièrement que lorsqu'on
a étudie les deux autres predicaments: le propre et l'ac-
cident.

t<Lc~'<yn'f'tt)n)j))'(''die!)tn't't.ntt)''s'~n('~n~ttri))n(qni d<rivt',tjnit;<it
(]t't)ui(,on(')!)m(j~idt')'ui)dt)'unt'!Ui(t't('rt'('.s.St'nticL

Le !rt connotation, l'essence ou ta définition d'un


sens,

t)'iang)c,cstuuennurep)aue et rectilijunc de trois côtes. De


cette définition dérivent par déduction géométrique un
~rand nombre de propositions relatives au triangtc; par
exempte: Deux côtes quetcuuqnesd'un triangle sont plus
grands que le troisième – « les trois angles d'un
côte
triangle sont égaux à deux droits. ') Ces propositions se
rapportent :u< prédicat appcte propre ou jwo/~M/H. Ettes
determinentdes caractères qui ne sont pas esscuticts~quoi-
qu'its dérivent de caractères essentiels. Ettcs nous étirent
te type d'uugrandnotnhre de propositions reette. les pro-
positions qu'on otttientpar une interenccnmtftematique.
<'L'o\ygeue favorise ta c')tut)u-ion. s \oila un prédicat
nou essentiel de t'oxygène: c'est m~It peut être
clairement déduit de ta qualité ptusgenetate que possède
l'oxyge'ne de se coud)iner tacitement; avec tes corps; il dé-
rive ptus immédiatement encore de ce fait quet'oxygene se
combine avec le carbone.
1)2 `.~ uv)!KPHK\n)';n. –t~sc.LASSK~ K'rc.

Du poids speciiique d'un ~r.'nd nombre de substances


(propriété esseutienr,uous pouvons déduire beaucoup de
~y'M.Ku comparant, au point de vue du poids spéci-
fique, )e mercure avec k'piatiue et l'or, nous inferons que
le ptatineeLt'ors'cn!(j))ceront. dans [c mercure; une com-
paraison sen)b)a))!e nous montrer;) (me )<'i'e[',i'et:un, le
cuivre, l'argent, etc.~Hotteront sur ia même substance. (!e
sont )a des propositions tt~'dnites,uo)) des propositions es-
senticnes;c'e-t ce un'ou appelé des/ non pins des
(malites génériques, sp"cin()ues, ni (tes ditlerences.
K Les iluidcsexercfut. dans tous les sens la metne pres-
sion,))\'oita encore )m/< (mi dérive de la définition
desHuides.
Nous voyons, par conséquent, que pour maintenir !a
distinction des (jnatite~essentieiies et des quatites propres,
il est nécessaire <me tes caractères esscntiefs d'un objet,
soient des caractères u)timcs,i:)dependattts et non rcdnc-
tiltics a d'antres caractères. S'it est prouve qu'nuc qualité
dérive d'une antre
qualité, eNe n'est pas un caractère es-
sentiel, un elemcntde définition: elle est une inferencc on
un/)'/M~ La distinction s eltacclorsfjue nous confon-
dons indisti!)ctement les caractères ultimes et. les carac--
teres dérives et cela arrive souvent soit dans les sciences
elles-mêmes, soit dans les discours (ordinaires. L'enume-
ration des attril)uts de l'oxy~c'nc, de l'or,de l'homme, de-
vrait être i-enletiientl't'"mmeration des attributs irreduc-
tibles des fonctions ultimes de citacnn de ces êtres.
La proposition :<t L'homme est raiso)ma))!c, H constitue

un~(~M?. L'analyse ultime de la )~aturc Immaine, a


la(jueile appartient H la raison ".montre que la raison est
non pas une opération foudamen)a!e, mais tmeoperatiott
qui dérive des t'oudements de rintem~euce; par suite, la
raison ne doit pa-être donm'e 'om)ne nue partie de la
de!ihitionsci~n)in<m!'d('lho!Ut!!e.
Un peut eu dire autant de t'ette phrase :n L~omme
marc!tedel)ont,"ini~'r~!h'c taciie a déduire de sa struc-
ture anatomique.lh'même' j/h'~mme est un animal (jui
,\(:(.mKr<TU).;(.:UKCOM)')'ANT. H3 3

fait la cuisine, M sera


une application de ce fa~tplus géné-
ral l'homme est un animal qui empioie des ustensiles; et
ce fait hti-meme dérive de cet autre fait que l'homme est
doueata fuis d'intelligence ctd'un pouvoir musculaire.
La proposition: « L'homme est mortel,)) est citée par
M. Mit) comme un exempte d'afnrmation reeDe, non ver-
bale. S'il en est ainsi, elle constitue mi/o/t.Pour
résoudre cette question, nous devons considérer la façon
(tout on etabht tes caractères particuliers des êtres organises
par rapport a leur développement, leur croissance et leur
déclin. Si le cycle de l'existence, représente par ces mots,
est reconnu comme un attribut ultime et irréductible des
etr(.s vivants, la mortalité devra être considérée comme
faisant par~e de leur essence, de l'essence des hommes
aussi bien que des animaux et des ptantcs. Par suite, en
aftirmant cet attribut, on fera une proposition verbale ou
essentielle.

¡H.i, L'ACCtDKSt' 011 CO~COMUANT,


L'CCIDI\NT <)" comm(~)<n'dit'~t,
CUtome
!;O:'it:OMITANT, prédicat, "xl1l'ime
t'\))t'inn' queh¡uc dlllse
qudquc chuM
clu sujct, et nc
qui u'appartirul ltas ;i l'esseucc ou ;i la cmu«Uatiou yu'on

()))sujt't,t't()"'on ne
UKtn.jMS))0!t)'tnsut''()uh't'u<'rit)ct'<h)sujt't.L't'rt't)r~h)'i)'rt'<t'()xdt'
<juin':))'pa)'th'ut[<a.s!) t'csscuc''ouata connotation
m('ta)!)'or est t'ntp)oy('<'u~n!)H'tnom!aic,n'.<)i)a<)c.'i propositions

(!ont)cnjM)i''atp('ut<tt'ccohsiu')cm)nn))cunm'(i~n)o)!nnconcon))tanL

C'est avec les prédicats que se forme surtout


de ce genre
la proposition reeUe, par opposition a la proposition ver-
bale, essentielle, identique (la proposition analytique de
Kant). On a alors la proposition synthétique de Kant, pro-
position où le prédicat est une addition positive au sujet,
n'étant en aucune façon ni directement ni indirectement
contenu dans le sujet.
Ces aftinnations, qui portent sur la concomitance, sont
extrêmement abondantes dans la pratique de chaque jour.
Nous rencontrons sans cesse autour de nous des choses
qui s'accompagnent, bien qu'eltcs ne soient en rien impli-
l'une dans l'autre. Toutes les aftirmations rotatives
quées
aux corps et qui portent sur leur situation locate, sur leurs
proportions, sur leurs usages, sont des affirmations de
t.–s 8
)!.u~.L~i<[u'
H4 UVKEl'UKMtER. –)'ES CLASSES, ETC.

concomitance; nous
pouvons ne
songer à enfermer ces

prédicats dans la dénnition~u dans l'essence des corps.


L'essence de l'or, c'est, par exemple, de ne pas être corro-
sible (a moins pourtant, qu'on ne pui.-se étabiir que c'est la
une qualité dérivée, un/o//r/MM:); mais il n'entre pas
dans son essence d'être employé pour )a monnaie, pour tel
ou tel ornement, encore moins d'être exploité dans les
mines de la Californie ou de l'Australie. Il ne
peut être

question de comprendre ces qualités dans la définition de


['or. Le poids spécifique, au contraire, est une qualité es-
sentielle (au moins d'après les apparences), et à coup sur
la situation de l'or dans les couches les plus vieilles et les
plus profondes est une conséquence de la pesanteur; par
suite, elle est un /M'/?<~< de l'or.
L'action des facultés donne lieu a des propositions
nombreuses de concomitance. Socrate s'assied, se promène,
cause, des prédicats
voi)a réels. De môme tous les change-
ments, toutes les habitudes, toutes les positions diverses
des êtres, produisent des propositions réelles il est en
bonne santé; la montagne est couverte de neige; la moisson
est mûre.
Dans lespropositions les plus élevées de la science,
comme nous le verrons plus tard il n'y a qu'un petit
nombre de propositions de concomitance.

18. Il faut distit)j;m;)' les accidents .tt'~f'rnA/c.t et les acridphts t'/Mc/Mrn~/M. Les

accident;) ittM~mr:d)te9))t'différent j,n('rc des fjna)!tL'SH'(sentieHf).

Le concomitant séparable est


entendons ce que nous
communément par accident, comme par exemple « L'or
se trouve en Californie. Nous voyons clairement que ce
fait dépend de phénomènes géologiques qui concernent
d'autres matières que l'or; phénomènes qui auraient pu
tout autres sans que l'or subit aucune altération dans
ses quantés essentielles. Que des oies étaient soigneuse-
ment entretenues dans le Capitote à Home, c'est là un acci-
dent, un concomitant tout à fait distinct de l'idée des
oies.
ACCtDËKT Ut; (..UNf.OMtTANT. H3 -li

L'exemple étatique de cette distinction, dans IcsvieiHes


était l'opposition de ces deux phrases « Vir~He
logiques,
réside à Rome,)) accident separabic: «Virgile est né à

Mantouc,)) accident inséparable: distinction qui est sul'ti-


samment tondue, niais
qui pratiquement n'a aucune utilité.
Le concomitant, inséparable, c'est par exempte la couleur
des animaux dont la couleur n'a jamais varie, comme la
blancheur des cygnes et la couleur noire des corbeaux. Si
nous demandions pourquoi un attribut qui accompagne
toujours l'espèce, et qui n'est pas considéré comme un
l'on nous ré-
/M'o/)y'MM, n'est pas introduit dans l'essence,

pondrait vraisemblablement que la couleur des animaux


est une qualité variable, instable elle change souvent lors-

que toutes les autres qualités semblent rester les mêmes;

par suite, on la laisse ordinairement de cote lorsqu'il s'agit


de déterminer les caractères de l'espèce. Les exemples cités

justifient cette habitude. Ni la couleur btanche des cygnes,


ni la couleur noire des corbeaux, n'est universelle dans ces

espèces.
Ces remarques sur lescinq prédicats contribuent à
mettre plus nettement en relicf la distinction des proposi-
tions verbales et des propositions réelles.
CHU'! )!U; H)

DES PROPOSITIONS.

t-a(n<))t<t.si(h)nattt')a<'tt't'ons)dt't't''<'o'Ht)t)mcotnpf)SCC(i\)ns"j<'t,tt't)nm'f-
()h'.a,d'U)K'('U[)uh'.
An~sih!<'nqnt')('<nu)tS)'tt('.shot!(U)s,)('s~r<)p~sin()ns)M)~('ntt';trc<tas-
sc('.s:)*'d;tp)<h't)['<<t/~f'i['~[ttt'h't))'/(7f<f~

Il faut maintenant entrer dans un examen complet des


prop<~sitions ~(. ceUcs qui contiennent, au fond aussi
bien <p)edans)a forme, un predicatreei.
li c~t, important, de considct'ct'tespropusitionsde !a même
ta <;<))) (]))~nuttsa\ot)s considère tes mots ut les notions:
par t'an[)urtau\dt'u\ attributs fondamentaux de toutucon-
naissancc–t'a~remcnt et la différence, ou en d'autres
termes !a~eneraUte et ta rctativite.
L Les [)t'uposi!ions, comme tes notions qui )eg composent,
se rattachent à différents degrés ([cy6~<p/7c. « Ac 6'<<
A<<i/ totnhc dans )e ~ia~ara. » – « 7'~M/e ~M tend à
descendre. – 7'<rf< /c~M/p~' gravitent vers te
centre de !a terre. )) – « A<s' <'«/s' .<.wc .w/v gra-
vitent tes uns \ers tes autres. » – « 'f.' //<«'<' ~ra-
\i(e.))–oda une ~eric de propositions de p!usenptus
générâtes :c)tacnned'e)~'snnbra-se une sphère plus )ar;L;e
)pn'!a proposition précédente,et par )a dernière nousatte)-
~nons!a-pia're!ap)u-h) r-'e de tontes. cOn doit apprendra'
//f /< .s r/< – </ .<«/ f/f ,t~ – </
/<<<'
~Y'<–f'~7~f~))\oitauuatrepropo-.ith.n'
<p)ic~)ntiennent comme une progression dans ia~eneraiit~
<)(AU')')tf)KS mnf'OSt'nOKS. J)7 7

Ih'stevidentqneia~enerahte de la proposition dépend


de !a~eneraHteduconceptou de !anotion.Toute proposition
qui concerne )a terre est cnvetoppee dans les propositions
qui concernent les ptanetcs: toute proposition rctative aux
planètes ostéite-même comprise dans cettes qui concernent
les corps ce)cstes.P[usi) il a de ~'enera)it6 dans ie concept

qui constitue )e sujet


de la proposition, ptus la proposition
eite-meme est ~enera)e. i'ar exempte « Les hommes, –
tes animaux, – tes êtres – sont condamnes à
organises,
mourir.)) o

La loi qui etabtitmi rapport mvcrse entre l'extension


et la compréhension, entre la dénotation et ia connotation,

s'apptique aux propositions non moins qu'auxconccpts. Les


propositions tes plus générâtes sont celles qui ont le pré-
dicat )c pins timite :dc même l'extension diminue a mesure
quc!epredicats'accro!t.Nousdisonsparexcmpic:«7'o~/<'
M<a<c est indestructit))e, )) mais torsquc a )a qnatite
<<'s'?<e</A/e nous cette autre – c in\a-
ajoutons propriété
ri:)b)e dans son état (tiquide, so)idc,ou~axenx),))nous
limitons la portée ou t'cxtcnsiondu sujet a un petit nom-
bre de corps, qui sont jusqu'ici tesy~«'OM?<e/p~
cc?«/p/<et)cc~<~«,'([).

(I) rc Pour l' limih'I' il 1111l'as dOllné ,h's maximes ¡¡Í'IIÍ'I'"h' il fa Il ajurrtcr

(t)~Pou~thuitcr!\ut)(':)'idonn''d'm.)\imt')gt'!t<t.dt''i,i(t'.))t<<t/r
cfjtt)ttinatttFt'.s[t!))'ti(')a~titt's.m~'tt's)t):)\i!m's.Utttt"<n<'mc~<'[K'[a!<'st[u))tft'
s)U'U!!)««H!)rt')h)Utt'(tt'dt)nnt't'sh\)")n)''U')u<i;)'!))s)t')n)h!'e<)t"(t!hnih'
p!)('tin''())t'n)Cf"<tahsh.)!t.)/h)t<'hsit('t)n).)Cf~n)nt'nsiun(!u(hron')«)'
Y:n'!<'<~).s('n!iim('rs''(tt'inu<t)'~si«n.j()'~t~)S;)~'n))('~«)posih~ntt)''u!njH~,
~trsqn'<))t).(h'Mns)nr)m't'n)t')<'))rat)<t',(~ut<trt'r~nsid''r~~('unum'St'r.ip-
j'Mtt~ntMm)n()n)))rcimtt'tini<h'<'h('')n'-t.m('t'.<<nt'()nut.)nt~<,<)n!aum't)t
m<)Ji(it')'s~n,tim).S!n<n~i)nt'ntn"n!i.)juu(nn.<à''t'tt('j~n)M)'.ition!m
!m!)!<'dt'H)Utic<'i)'C()U!'tf)!)<'t"))<<)'tn"))st«utt'in''t'rtih!<)~,)nt.
t'f)n~)i~ais<)~p()Mit)~'s.t-t))«)~~('t'")M)')i''<~n< entait.~)us)t~hH'jWHti<)nt'.unt'
'ftaine o~.tc<.Mto ~Mf'f/. K~us suhshtt! A nn t'n.o~uhh' idr.t) et indt'fi!)i wn
to~t )'('L~ et dt'tt'rtohn' t.uhjitxut d'un n'n!~)!)' tunitr de tt'rtnt"i .) te )Ut'')n<'

t'ffc)t)u<'r('\<'tusi<)n(run))~n!)nt'!nin~t<

Aussi sup))t)~))~s ())!)' it' )))('«)('[))<'c\.uninr<uit ro).))i).\ t'.ntmî) th's pu!~h~)!.s


)t't;a)t's Httctk's-tn~mc.s tt's ~~uuho~st~Kips ~<nth)t'nt ()t'h (uoduhf )'Mhstt'u-
118 !VHE )'n)!MtF.n. – DKS rROt'OSmONS.

H. Les propositions sont soumises a la loi de la relativité,


en ce sens qu'a toute proposition correspond une propo-
sitioncorretativc,a toute aftirmation une négation. «L'Eu-
rope est située au nord de t't'Jqnateut'.)) «L'Europe n'est
pas située au sud
['Equateur. H– de «L'amitié est un
plaisir.~ «L'amitié n'est, ni nne peine, ni uno chose qui
nous laisse indiffèrent.)) »
Ici encore
la proposition se conforme dans sa nature a
la nature delà notion. A toute notion inteitig'ibtc s'oppose,
on le sait, nne autre notion – chose
inteiti~ibtc, quctqne
qui reste tors<juc ta notion a été distraite de tout le nord

s'oppose a)~ sud (le tout étant «te nord et le sud)'): te

ptaisir s'oppose a den\ choses: i" la peine; ~"t'indittercnce


(te tont'tant« tes sentiments

Apres avoir indique ces distinctions fondamentates, qui


s'appliquent également aux propositions et aux notions,
nous attons considérer maintenant ies diverses classes de
propositions recties qui penvent joncr
qncique rote en )o-
giqne. La prennerc distinction doit
être faite d'après la

/b7'e c-r/c'e~'e et d'après la ~y/<?CH/i ou le sens des


propositions.

tion (tn.cumf; tonis cc~ )~nut~)ns tt'~tt's sont :)ssist'c.< <).)m h'nr :)<')!')!< j'.u'
ut)c footc df circonstance. inthtcncc (te t'es ~untttons ['eut ctn' (hntnu!<'<'

s«it))ar)H)H))o)it')')ti:t).tth«i!t't'ti!)i!<tt',s<)it)'iU'U!)t'a<h)nM)sHationtt'ntt'ou
~c~Kh'Jt'iKJ~stk'c,S(/~)):n'tt'.s<tiftt<'u)h'i(~n*))n'sentrta<!t'('o)~('t1t'<h!frunt',
la m.unni~' \u)o!)h'' <h"i témoins, soit en~t) par tf t.u):(tismt' qui in'h'c an\

c<)npat))t'it<')m'~rit(tt'ht.«)uf!ran<'t'.))'.utt!('s<'i!t'()h!itatH't'<<w'f)rt'p'')m'm
afhi)~it'!at'')r('a)~f)ritc~t'n~').)i!t'd''st'h.!thm'Tuut''t'<ju'<)np'tdin'
th)th''nr(''nu't'~<)Ut"ttion,t:uttt)))'dr''<t<'a)\atd'h'.Ua(')i~n,(''M!qn'Udt'-

.sis)<(')H)('(<'tH!!)n<'Ct,t'<)ak',qui)nn)t''tr''f'~n~hat)nt'm~n~M)itit'('pa)H~
nom)'n'i)hn~)t'd'!n!)ut'H<Sf'~t~).))rcs.Si n)aintcnau! ~)! cas p.ntit'uho'nnN'.
c~t )u'<«'htt', )~)M'' )~)n\"n< r~n'tatt'r )aqm'H~' <!<' <'o'. nc~!LS(a!tS y t'st n''ah-

St'('.S.t)tsm)H'<t)Ct'u()t')'dt'('t'HtS(juim's'v)n'tt)trt'nt~as,)i"t)sp[t't)f)N-<tnttt''t''

<'<'t!t'sf[utp<'n\<'titt'tx't!ts('<'t'tn'('s,('tu<n)st')r[mntsa!'ns)m)))'oh!(-nn'pt'.tt)f['n'
<)('tii)i,pa)'<t'n~))e:)us))H'afp)('!)'(~nta[:ira)ajn('n.m'd'un<h.~hn('nt)t''L;),
<'(~HhuK''c a\<'c !a mauvais)' \<n~ (h's h'n«n)S, )'t la \rna)itr th's )~

))i<'n:"Qm'))t'scrat'i!)))u!'n<'c')'un<'Oth'ju''n.rn)))hnM'at~<'t't'S[H)!t()t'H'-
ponitt', <tu a\t'r t'o nx'pr.s th' ta pt'ux' <[Ut t'~t [mn't't' a o~t'Lttns t'aractt'n'
(;. ).<us.)
r!tO)'OS['f')0]\'HT.n;f.EMEN'r. ~9 9

Le mot, «jugement)) employé estdans la plupart des


traites de logique pour exprimer la proposition. La propo-
sition, dit-on, c'est !e jugement exprime par des mots le

jugement,ajoute-t-on,c'estl'opcration mentale par laquelle


nousdeciarons que deux cl)osesseconvienncnt ou ne se con-
viennent.pas.Ijorsque nousaffirmo))?qu'une montagne est
haute de quatre miite pieds, nous prononçons la convenance
ou l'accord de !a hauteur de ta montagne avec la mesure
de distance qu'expriment quatre mittc pieds: et par suite
notre anirmation que cette
implique ne s'accorde hauteur
pas avec un nombre plus grand ou p)us petit.
Noua remarquerons sur cet emploi du mot jugement,
comme synonyme de proposition, qu'aux yeux d'Aristotc il
aune signincation réelle. Aristotetientcompte de l'élément

subjectif que contient l'affirmation, a savoir l'intervention


de t'esprit de celui qui prononce le jugement. Lorsque je dis
« la terre est ronde )), la signification complète de ces pa-
roles, c'est qu'il en est ainsi conformément à ma croyance,
a ma conviction, on enfin a mon jugement: je pense que la
terre est ronde. Je parle seulement pour moi. Je ne puis
m'insérer dans la des autres hommes, il moins
croyance

qu'ils ne mêla fassent connaître etsila proposition n'était


pasconi'ormc a maproprc conscience, elle n'aurait a))so-
iumcntaucunscns.
Mais au point de vue pratique, le jugement, cet indis-
pensable corrélatif de la proposition, peut être passe sous
silence. Comme il est toujours la condition sous-entendue
delà proposition, il est inutile de Je mentionner. Dans
beaucoup d'autres cas nous négligeons de mentionner les
conditions nécessaires des c)~oses,pare\emple)a pesanteur.
Nous ne dirons pas qu'un certain poids maintiendra le

mouvement d'une horloge, t'najout;)nt/w~M~~f'


w/< tw~r
< ~v~ condition
nous considérons cette
comme accordée, sans (ju'its'ut nécessaire de la spécifier.
Il y a qucl(mes occasions seulement oui) est nécessaire
de mettre en relief l'intervention du sujet dans l'affirma-
tion; c'est par exemple lorsque les métaphysiciens dec)a-
120 t.tVHKi'REMH'H. –t~S['[(Ot'OSn'KS.

rent peut. y avoir des vérités objectives en dehors de


qu'il
tout sujet; et au-si lorsqu'on cherche a imposer par force
certaines opinions comme absolues et. infaittibtcs.
Saut'ces quetqnescas, te motjugcment n'est pas le meit-
leur exprimer ta formation
des propositions. Le rôle
pour
d'un ju~e peut exiger que le juge etabtisse certaines pro-
positions mais il consiste ptusordioaircmcnta déterminer
l'accord et te desaccord d'une proposition avec un cas donn6,
comme, par exempte, quand il s'agit d'interpréter une loi.
Les facultés nécessaires pour former des propositions sont

beaucoup plus étendues que ne l'indique le mot jugement;


les opérations de l'observation, de la classification, de l'in-
duction et. de la déduction, s'ont nécessaires pour donner
aux sens et aux facultés intellectuelles leur plus complet
développement.
Il est incorrect de définir 'a proposition, comme le fait

Hamilton, et de dire qu'elle consiste à prononcer la con-


formité de deux notions, à les considérer comme une seule
unité. Tout ce qu'une proposition peut faire, c'est de lier
ensemble deux faits, comme « les y?~~ ') et Mle /t<f<MM a
mais ce n'est pas de deux faits n'en faire qu'un, ni faire
rentrer l'un dans l'autre.

Forme extérieure des propositions.

2. Lt'spronositions.sont ff)~f/on/"t' distinction qu'on expnmt'par

h'n)ott/«nM/~<
<y'<<«7 t't/M;'<t'«/«')'sont)t'S!nnts)csj))ns('!nj))o\cs,()uni<jn'i)sno
soit'ntp.tsh'stnciUcnrs.pom't't'jucscnto'ccttt'disttnrtion.

LorsqttC ~pn''dicat est ynu du sujet, (1:ms toute t'ct.endne


du sujet, et (ta)):! tous les cas possib)cs, on dit que la pro-
positio)) est /o/ «M ~/</re/'M7/<e)) quantité « Toutes les
p]anetes sont rondes."–MToutes les vertus sont utHes. H–
«Tout charbon est )e produit d'anciens \e~etaux.~
~rANT!T~MS)'ROt'OsmONS. 121

Lorsque
le prédicat n'est vrai du sujet que dans une

partie de son extension, ou dat~s un nombre indéterminé


de cas, il est /< ou ~w«~<y au point de vue de la
quantité:–K()«e/'y~e~pfanetes sont plus farces que la
terre. » – (c Quekjues vertus sont dit'ticitcs ~accomplir. a –
((Certaines qualités de charbon servent a. fabriquer le gaz

d'éclairage.)) «Quel<jucs hommes sont sages.)) –«Cer-
tains métaux sont incorrosibles.')–('Certains cristaux sont

transparents, » – « Certaines maladies sont Incurabtes. »


Les expressions que t'en emploie habituellement pour
designer la quantité unIvcrseHc ou totale sont les mots
«Tout)) et «chacun~.–«Toutes les terres sont des
oxydes métalliques. H–« Otaqnc liomme est oblige de faire
son devoir, a 11 n'y a entre ces deux mots qu'une distinc-
tion do rltetori()ue; au point de vue logique, ils ont la même
'valeur. Le mot « tout » est quelquefois ambigu il peut
être employé dans un sens compose aussi bien que dans
un sens divise. « Tons les Anglais )) peut signifier la nation
tout entière dans ses pouvoirs coUcctit's, et non pas « chaque
Anglais)).
Quelquefois on exprime l'universalité sous des formes
– «Les terres sont des
moins explicites oxydes. )) – n Les

coupables doiventêtre punis. » –«L'homme est faible. ))–


«Le plaisir séduit. ))–« L'alcootest un stimulant. » Toutes
ces propositions sont prises universellement, bien qu'elles
n'aient ni la précision ni la force des autres formes.
Le terme de la quantité partielfe ou particulière est le
mot~ il représente un nombre indéterminé, un
ou plusieurs, et peut-être tous. tl est simp)eu)ent la néga-
tion d'aucun, et ne détermine pas le nombre. Le sens
logique du mot « quelques-uns )'est exactement rendu
p:'r l'expression <( quelques-uns f/M M~<)). Dans le lan-
gage usuel le mot « quelques-uns n'a pas tout a fait la
n)etnevaleur:« Quelques honunes-ont sages. ))-–« Quelqms
fièvres guCrisscnt.)) Ces plu'ases doivent être entendues
comme impliquant qn'if y a des ))o:))!ncs qui ne sont [.as
sages,et qu'il ya des fmvreux qui ne guérissent pas. Lors-
1~2 ;.)vnErKK)UKrt.–r'Kst'HOf'nsrrto.~s.

que nous affirmons une quahte d'un sujet qui nous est
connu, nous nous rendons generak'tucut compte que,dans
certains cas, te sujet ne possède pas cette quatitequ'itpos"
sededaus d'autres cas; le mot «quelques-uns)'traduit,
!K)n pas notre ignorance des autres cas mais ptutôt notre
conuaissauce que ce-'cas manquent de cette qualité. Le
sens est comptetemeutexprime par tes mots «quetfptes-uns
au p)us~), c'est-à-dire un nombre peu considerabtc ouït-
avec. la totalité. Le sens logique du
mite, par comparaison
mot « quetques-uns correspond a la première expérience,
a. )apremie'rcreucontre que nous faisons d'une nouveitc
classe de choses. Aiusi un voyageur qui débarque sur une
cote nouveUement. et qui y trouve
découverte un petit
nombre d'indigènes pourra dire, s'il ignore le caractère
des autres ])abita)us:<(0ue)<mes indigènes ontles cheveux
piats.H t) ne paHera ainsi qu<3 de ceux qu'il a \'us, et rien
qucdeceux-ta.
Dans le )augagc ordinaire, le mot '< que)ques-uns)) est

t'u'cmentpris dans son sens togique. L'expression y est


assez fréquemment onptoyee, mais en t'empioyautnous
cntendons qu'il y a pour te moment une Hmitatiott précise
dustuet. L'importance logique du mot se reveic dans ia
conversion des propositions, par rapport au syitogismc.
(~onnnc (tans toute proposition a!fn'mativR)cpre(Hcat est

prisdans un sensp)us [argeque tesujet, puisqu'il comprend


d'abord )c sujet, et quetque antre chose encore, nous m'

pouvons jamais transposer ies termes (dans une conversion


de proposition) sans ajouter une quatincation: «Tous tes
))ommes sont morh'ts, )) par exempte, donnera, après con-
version, cette autre proposition :t<Que)ques êtres mortcts
sont )es hommes.') o
Dans «te petit terme )'dusyHog!snh',)c mot «queiques-
uns~ peut rtreremptace par iesu)ots,i,M/)e~/
w~<s', etc. si le même tertueest employé dans
ta conctusion, le svHogisme est. correct, ~)ais dans tes cas
reeHement importants, quand il s'agit de la conversion
d'une proposition aHirmative universelle, noussonnnes
OUAN'm'~MSpROPOsn'tONS. i23

réduits aux mots ((que)qucs-nns)) ou « une partie ))(<!).


Un autre terme
pour designer la quantité moindre que
la totatit6, est )o mot «ta plupart~. M. de Mor~au l'a in-
troduit dans la théorie du syl)ogismc.<( La plupart des

gaz ont une odeur.))–«La plupart des nerfs cérébraux


sortent de lamoeHe ationgeo. )) – «La plupart des plantes
sont hermaphrodites.)) n
Certaines formes de sout indéfinies en
propositions

quantité; l'expression ne permet pas de décider si eiles


sont univcrseiles ou particu!icres. En fait, ces propositions
sontaM!M~ Nous eu trouvons des exemples nombreux,
lorsque les noms de certaines matières servent de sujets,
tantôt a des propositions universelles, tantôt a des propo-
sitions particulières. «Les aliments sont composes cimni-

qnementd'oxy~euc, de carbone, etc.; M c'est lit une pro-


cari! s'agit ()c tous I''sa!iments, de
position universeHe,
toute espèce d'aliment. «Le.-anmentssont.nece-saires

pour soutenir l'existence Immainc,)) est une proposition


particulière; car il ne s'agit ici que de certains atimcnts,
et non pas nécessairement de tous. Le métal est néces-
saire pour de la solidité,)) ne s'entend
donner pas de tous
les métaux collectivement.
Les mots « <7/< )) et « '<7'M~)) sont des termes
tccliniqucs qui servent a d~'si~'net la quantité LmiverseDe.
Avec les expressions universenes:« tous)), «chaque.'),ou
les mots equivateuts, on dit que le sujet ou le prédicat «est

(<)f.a<aison())!it~~)'.t.ntdin'')Ut')('S))!~t.uni\~r.'i)')('t~.u'tit'u!it'r!)<'('on-
\f)nn'nt['<)Sp(nn't't'pt'('St'))t<'r)cSttr«\)'))t)h's<t<'(aqtm!t)ttt'th'S[)tf)[t()s(tH)tt'
<<t~m'<'("im«Lsth'<iK't.si)t't'()ntr.)sh'indn!'hf~'ut))nim'~t'~rn(.r.

dt"<p)'(~)u.i~()n'.[).nhmh('rr'nu)()i\!jm'Nt'.sMu\<)ur~c'.n~us.)))~)u<~)S('t'
principe.Lit d!stH~')i"!)(tu~nt'r.d<'t(!t'rindi\ih~')aj'utirn<a substance

n)t''nu',c)n~nn):tt()r~H'.()('S)u'()j)f)siti'S:t')tt'csNt')n'<)r.t(')('ty!7,t't
nt)))t('tn'a'.)'('<'tdt)h~')it~ui\))'n))'t.

M.dt'Mn)'n~<)/f/'H(,)).(!(')j)rnj)~s<')t'.(h'u\mMtSt)))rin"t~a;;)h'
c<)i))m('s)')~)nYn~'<!U!n~t<.t-)~hjU('<(h'nni\t'rst')c)~.utiru)it'r". 't'.)u<

!'shonunc~(')tt\t('ttsi~hpt('ith':uq!tt't([«t'sh"!tnm"<str'tt'tt-'i"n
vat;
12~'1. nviu':)'tu':MŒH. ~ËSptioposrrto~'s.

distribue)); au contraire, on dit d'une forme particutierc


comme «quelques-uns )) qu'ette n'est pas «distribuée)).

3. ).f'sp!'<))H)~i)i«ns-.«ntfM).df!r[nMti\t'.<otL natives, ()~Un('hoi)<[ui se t'np-

tn)t't('<tttt'7~«/~<

Une
proposition affirme ou nin un prédicat d'un sujet
«Le'vit) est bon.')–«Le vin n'est pasbou.') Deux pro-
priétés coexistent ou ne coexistent pas. Il est tout aussi
important d'apprendre qu'ettcs necoexisteutpasquede
savoirqu'ettcs cocxistcut. «Laluneest levée. ))– « La lune
n'est pas levée)), sont des propositions qui out)a même
valeur comme connaissances; nous sommes guides dans
nos actions par l'une comme par )'autre.!) est coupable,
il n'est pas coupatde, sont des assertions diiterentes, mais
fondamentates t'une et t'autte de chacune sortent des con-
séquences particu)iercs.
Les propositions affirmatives et négatives ne sont pas
seutemcnt (tinerentes, cUcs sont <~)~yf~'c~; cites s'op-
posent f'uue a )'autre,
de sorte qu'en interprétant cette
opposition, nous pouvonsdetcrmincr toutcsks conséquences
de t'une (J'apres tes conséquences de t'autre. L'affirmation
et la négation, formées t'uneetl'autrcdu même sujet et du
même prédicat, sontleHement imp)i([uees l'une dans t'antrc
que nous ne pouvons connaître le sens de l'afiirmation
sans connaitre aussi le sens de !a négation. Un seul ciTort
d'intc))i~cnce suffit a nous faire comprendre t uncct l'autre.
Si ftous savons que cette af)irmatio!):« !/accuse est cou-

pab)e,') a pour conséquence une amende de cinq livres,


nous c<unprenons nécessairement que ta négative: «L'ac-
cuse n'est pas coupabte, )) cntraine t exemption de l'amende.
Ceci n'est qu'uucconsequeucc delà iui de relativité, d'a-
près ta connaissance des contraires est une sente
)aqueUe
et m~me connaissance (!).

(t)<)ur)q~("<irit'n"<)ntpm)~)sr drt.li:'('di<par.ntr<').~)istinf'tn)))('Htn'
l'al'/irnwtiun v·t la ui·alinn, cu tr.mclntrtant
['atfn)natn)ttt'ttant'~tttn)n,c))h\H)spottttnt!t'si~m'tit' Ic· ,inne cir ).)!u')ttunt!<tt'n
I:mi·Uiou Jn In mn

[)~m['n't)i')t:Ars~non-tt;~([).nm<'tt'sttto)).~rt''ah!t'.n))()t~~n'Hh!t'.
n~AJ.r)~KSl't«))'(JS)tfU~S. ~25

Ainsi tes propositions ne sontpasseulementuniverseUes


on partiei)cs,eHes sont encore affirmatives ou négatives.
Kt,en vertu de ia ici de relativité, une forme négative
correspond a c)):)q))cfbt'me affirmative; si i'm)C est com-
prime, i'autt'ei'e~t.ms-i.
Le caractère négatif des propositions est complique par
)a quantité des propositiot~s opposées. Le cas le plus simple
est ceini ou une proposition unlvt'r;eilcs'opposeanne au-
tre proposition universcUe « Tons les diamants sont pré-
cieux, )) M aucun diamant n'est précieux;)) ou encore

)orsque le sujet est un individu détermine, par exemple


« Francis était (ou n'était pas) l'auteur de V«~M. » Lors-
qu'une proposition particutifre s'oppose on bien a une
proposition univcrsene, ou bien a une autre proposition
particulière, Use produitators des formes distinctes de né-
gation on de contrariété, formes que nous déterminerons.

i.ci< signes ~c~tits/;[)/t['~M.<,<'tfc))))t't'ti.\t".«nsnni\'s<)uit'<)U!t:~<')tt


f) ces )))<)<!<su~t)t'sr<nim's<p!it'ih"'<!t')~n~nM
t't))'mt'sd'unt'.u'.)<f!)t')msc\p)t'~it.

Pour
exprimer la négative d'une proposition particuticre
et définie, comme :« Jean est ici, "«)c jour est beau,)) »
nous ajoutons le tnot ~c /~M au prédicat « Jean ~'cst/M~
ici. » Pour tes propositions universeUes ce procède est in-
suffisant. «Toutes tes planètes sont rondes,)) voita une
proposition qui n'est point niée par la phrase « Toutes les

pianotes ne sont pas rondes, a Le sens de cette expression


serait que quotquos pianotes peuvent être et sont proha-
h)ement rondes, mais qu'on fait une réserve pour les au-
tres. Nous obtiendrons, aucontraire, une négation radicale,
la négation comptete de la proposition affirmative nniver-

Il va ht St')))t'tm't)tr:)pjt:t t'eues d')nn'p['')j'(~it)<'nn)[Ttt'mativt\T<)Htt'Hott['"n)'


)t'ht!n')t'<j)!'(~)<)sitin!ntt)n));t)~t's').)n<.tt)~<.h'<<)'<<)t't)<'rtn)~snm'.
).'n)Tn'n)!)hmwUa!s.~i('n.)~j).~h<'tn)t'~).U:<h.th!)t~h'srh~St's:otJ.tdistit~'tn'~
<tt'('t'sdc)t\('(ttt~.ttuttt't)tt'L'trt'r~<'in't't't(h'i;nt.t'c.tttuJiUt!~<'):tun''inL~t
~.nrc unitc,(h)it.n)n)utt'.th<'(''trc «)!)'nrt)it't;t.tut tjuc te ccn)j")rtcn)it'.s

t"t[m's~utttu~.t~('.
12(i(; uvtŒWŒMtKn.– ))Ësri(ut'osi')i<s.

seiïc, en ph.rant au ([(''I)nt, de la phrase l'adjectif négatif


«MCM/ et eu rappliquant au sujet « Aucuue planète n'est
ronde.)) Une autre forme, usitée surtout pour exprimerla
négation avec t'onpitase de ta rhétorique, consiste à dire

par exemple :K Pas un tambour ne battait, pas une note


funèbre n'était entendL~)) »
Le préfixe //< est. employé de)a même façon. « Toutes les
actions suut justes ou injustes; prudentes ou imptu-
(teutes(l).)) o
La
négation peut encore être
exprimée par des plirases
comme )oin de H, « le contraire de a, « l'absence de »,
«te ntauuue, le défaut de)', etc. Certains mots, commet
~e/~<t'</Mc,<~ ont une \'ateurpositivcou négative, seiou
ie sens gênerai et ta constructiou de la phrase. «Peu,M af-

tirmeunpetitn('n)))re,etute!outtereste:que)quefoisc'cst
une forme potie pour exprimer une negatiot) conipiÈtc.
Danscertaiuseastesensdecemot est positit'~a pensée
portant surtout sur [e petit'nombre des choses dont on
dans d'autres cas te mot est surtout négatif. « Peu
parte;
de gens verront ce jour. »

f).Lt'.<)')u)~i.i)io))'iSf~~t.u~~tS).t)'<.):K.t:)ntutC()M)').Xt;S:Ji~tinct!UHqui
n':))))).Ltt'ti('ntt)n'cn~HtiM.th)h)gi([uc.

Dans une proposition simple, il n'y a qu'un sujet et qu'un


prédicat « Le sotei) est te\e. »– « !~a justice est excel-
lente. ))–'< La ('randc-HretagncA de nombreuses colonies.))
Dans une proposition comp)exe il y a plus d'un prédicat,
ou ptns d'un sujet, ou les deux a la fois. ((L'Angleterre, la
France et la Russie sont des puissances maritimes, a–«L'An-

gleterre a sont'un de guerres,et


beaucoup elle aacquis de
nombreuses possessionsa l'étranger.)) Dausie premier exem-
pte, trois propositions sont combinées avec un prédicat corn-
!nun,et,s'il f.dtait les anatyser au pointde\ue logique,eties
devraient être exposées séparément, c LaUrande-Hretagne

())F.nant;)~ist'nt'n)[))ui);MUMitK~t'cfi.\f«H.'«;</Mt/,f<t'~<ct[t'!iuJti\t'
/<'j~n'M/<('f'/fjj.
PROPOSHtOKS SIMPLES ET COMi'LKXM. 'i27

est une puissance maritime,etc. H Dans le second exempte,


deux propositions sou), affirmée- et une troisième estim-

p))cit(;)nentindkjuee)(juoi([u'iln'yaitqu'unseLd sujet,l'An-
gleterre. On y nftirnie:'i" que i'Angietei'reasouventsou-
tenu des guerres; 2" que t'Augtetcrre a conquis beaucoup
de pays a l'étranger, et le rapprochen)Lentde ces deux pro-

positions laisse entendre cette circonstance additionneite


que le second fait acte la conseqnenccdu premier. Comme
dans l'exempte précèdent, ces affirmations devront être
séparées et retabties dans leur forme simple, toutes les fois
de déterminer leur vérité ou )enr fausseté, ou
qu'il s'agira
de faire ressortir ieur évidence.
L'ensemble des propositions de cette espèce peut recevoir
te nom de propositions composées ou complexes.

<;on)p)c. qui se r;!p)Mt!citt))h~.sj)~ciM!t'n~'n<ah)togi(~uc


(i.L'propositions
s()ntk'Sttt'<)HosiLi()ns<'f~f"outcsp)'<)posi[i<ms</ft/t.<K'j.t).)na
ces(tt;t)xcusk"iptonosi)ions<hs)in<s.unt~))iMsnon)'bouti!'atni!m''n)C
sens.

La conditionnelte est extrêmement com-


propositiott
mune elte consiste a établir une vérité subordonnée à une
condition. « Si l'ignorance donne le bonheur, c'est une
– M Si tout le monde,
fotic d'être sage. » parte a ta fois, la
discussion ne peut être pratique. )) – « Si ta pluie n'arrive

pas, le bte manquera.)) »


On rend compte de cotte forme logique en disant encore
qu'une des deux propositions est ta conséquence de l'autre;
ou bien qu'on afiirmc ta connexion, la liaison de deux
faits dontt'un est la conséquence de l'autre; ou eunuque
ou t'un des faits existe l'autre existe au-si, ces faits
partout
étantexprimes par des propositions. Ainsi "ta conséquence
du bonheur des ignorants, c'est que la sagesse est une
fotic )).– tt La conséquence du désordre d'une discussion où
tout te monde parte, c'est que la discussion n'est pas sé-
rieuse. )' – u La conséquence du défaut de ptuie, c e~t le
manque de bte.H Dans touscesexe!nptes,on suppo-c
que, si l'antécédent est realise, te conséquent l'est aussi.
~28 r[\t~U~)K!(.–– !~KSt'H<U!t[')UNS.

Les propositions <«.t'~


expriment une alternative:
aJean est dan.ia maison
ou dans l'ot't')ec.))'–(')c granit
est ou ))ienundepôtsedimentaire,ou le rcsnhat d'une
action ignée.))–« t'être ou ne pas et, re.voiia la question.)) n
Les propositions de ee genre peuvent être considérées
comme associant des conditions telles que, si l'une cstréa-
Usec, l'autre ne l'est pas: «Si Jean pas dans la mai-
n'est
son, il est dans l'ot'nce, et s'il n'est pas (tans t'oftice, il est
dans la maison.') 1)

Chacune de ces classes


de propositions sert de fondement
à une catégorie spéciale de transformations logiques, qui
constitue une variété supposée du raisonnement syuogisti-
que. Le mot /<y/w//<c~<e exprime a ta fois )cs formes con-
ditionneites etdi-jonctiyes, et tcmotca~o~~Ke re-
présente toutes tes autres propositions.

')'.nc')mh!~iU!tt'm)(':m't'r.)utt<'tM'difh')'M['ccd''s propositions au point de

tUt'<!t')yH«My~<'t'tk'Ut<)it'tt'n'h('e.mpuintdeYue(!(')ayt<n/t/f',onob-
tit'nt()uat)('<t.)'s<'S()fp~'positions.

1" Les propositions universelles affirmatives A.


2" id. particulières affirmatives I.
3" id. universelles négatives E.
4" id. particuMères négatives 0.

Ces quatre espèces


propositions de
sont représentées
par les symboles A, t, E, 0. Les deux premières formes
deri\ent ieurs symboles des voycues contenues dans le mot

.'t/~7/'M:c/ La troisième et ta quatrième tes tirent des voyelles


du mot /<

A – Tous les hommes sont faitubtes tout X est Y.


1 – hommes sont. sages X est Y.
()ue)ques quelque
E:–Aucun ))omme n'est Dieu: aucun X n'est Y.
0 – Quelques hommes ne sont pas sages quelque X
n'est pasY.
~UA?<T)TÉUU)'tt)'DK:A'r. 129

'r)U'Ofm';))HHAMU.rO~S[.!itLAQL'AriTt'r)'HJ)'tU!:['iCAT.

.S. Les (juatrc tonm's sont les tonnes udnu.scs dans le


indiquas vutgairemunt
sy))o~si)n',f()nm's<jnisnt1iscntpom't'ns!~<'ui'dinni['t;.Hcnmrqn<)nsce]nn-
dant<)U('diU)S<'('sjH()j)osition.s)atjH.U)tited<)ntoi)ti('))t('ot)))'h'e.sLseu)t'-
)m'ntia()t!!HUit('dutf</r<;)'it'n))'t'!)t(')k'it<'tn<'t)tditdHiaqua!)tit<'du
four indique quatre fonnes
~'<ft!<. .s~~p)<'Mrat;t'ttt'unnssion,H.<)n)ittot~a
additiunm'Ucs.

Ainsi, prenons pour exempte: tout X est Y; tous ies


hommes sont fainibtes. Y peut être pris en deux'-eus:
designer tout Y~ ou scutemcnt quelque Y tous les êtres
faii)ibics,ou scuicment quelques êtres faUtibIes.–Hya a
par i-uite deux formes possibles
1" Tous tes Xs sont quelques-uns (une partie) des Y~
tous les Itommes sont quetqucs-uns (une partie) des êtres
iainibiet-est):). le SL'ns présume de la forme ordinaire,
oit la quantité du prédicat n'est pas déterminée. Comme
rien n'indique (juc les X< sont tous les Y.t',–que les hommes
sont les n'u)s êtres faiHib)es qui existent,–nous devons
supposer qu'i) y a, en dehors des hommes, d'autres Ys, d'au-
tres 6tres faitUbtes, et par conséquent supposer qu'on ac-
corde seu)ement que tes hommes font partie des êtres faitti-
btes, qu'il y ait oui ou non d'autres êtres fait)ibh's. Ordinai-
rement nous n'avons pas a nous préoccuper d'uue recherche
plus complète il nous suffit de savoir, dans une circons-
tance particu)iere, qu'un homme, qu'un certain nombre
d'hommes, sont t'aitubtes, ou, pour prendre un autre exem-
substance est vénéneuse, sans nous embarrasser
pte, qu'une
de chercher, pour te moment, si d'autres substances que
ccnc que nous avons dans la main ont la même propriété.
Ceci est une recherche distincte, indépendante de notre
affirmation présente, recherche qui peut être utile dans
certains cas, mais qui ne l'est pas dans tous, ni même dans
la majorité des cas. Il est important pour n~us de savoir
que tes vins sont des stimulants )):qu'it y ait ou non
d'autres stimulants. C'est une découverte tout a fait dis-
tincte, et qui peut avoir son utititespeciate, d'apprendre
L – iJ
)tA);<.L'i'tu'
i3<) HVRE i'HKMŒK. – ))ES t'KOPUSmoffS.

qu'it y a d'autres stimulants


que les vins. La forme com-
mune s'applique au premier cas la forme a quantité dé-
~ey'mxHce (~?<aH~ef/), tous les vins sont quelques-uns
des excitants, il y a d'autres excitants que les vins, -s'ap-
plique et convient au second cas.
Dans le sens strict du mot ~MC/~M~' (quelques-uns au
moins, et peut-être tous), la forme déterminée,
X est tout
quelque Y, est la même que la forme non déterminée, tout
X est Y. Hya seulement cette différence que, dans la forme
déterminée, l'attention est appelée sur cette circonstance
qu'il y a peut-être plus de Ys qu'il n'y a de Xs, tandis que,
dans la forme ordinaire, la question n'est pas soulevée, ni
même suggérée, quant aux Ys qui peuvent exister en dehors
des Xs. Si le mot quelques-uns est pris dans son sens usuel
« quelques-uns au plus )), la détermination particulière
que ce mot ajoute a l'attribut ne représente plus le sens de
la forme non déterminée.
Nous verrons, dans l'exposé que nous donnerons ci-après
de la logique de Boole, que cet écrivain considère comme
une nécessite d'exprimer par un symbole que le prédicat
d'une proposition affirmative est pris seulement dans un
sens limité, que son extension est partielle.
2° Lorsque le prédicat est pris universellement, la forme
A devient « tout X est tout Y n, il n'y a pas d'Y.'< excepté
les Xs. Mais ce n'est pas une forme usuelle. Dans le plus
grand nombre des propositions affirmatives le prédicat a
plus d'extension que le sujet il comprend le sujet et en
même temps d'autres êtres « la monnaie du pays est en
métal H il y a beaucoup d'autres objets que la monnaie
qui sont en métal. « Les étoiles sont des corps célestes Il
ici encore l'attribut n'appartient pas exclusivement au
sujet.
Pour des exemples
donner de ce genre de propositions, il
faut citer des définitions, comme celle-ci '< Le sel commun
est du chlorure de sodium, )) ce qui signifie qu'il n'y a pas
d autre chlorure de sodium que le sel commun. Mais cci-
termes sont coextensifs, uniquement parce qu'ils sont sy-
Q);Ar<'r)'))';f'L)!'nHhu:AT. )31 Il

nonvmes; feront deux n~msdiilerents pour exprimer une


scutcc), même chose. Les propt~itions qui définissent doi-
vent avoir des attributs et des sujets d'une égale extension.
Si nous cherchons des exemptes dans les propositions
réelles, nous pourrons citer celui-ci :« Tous )cs triangles
des triantes cquiangles. o De tels exem-
equilat.erauxsont
ptes sont rares, même en géométrie, ou les propositions at-
th'mcnt des et non pas des qualités concomi-
tantes.
Il n'y a qu'un très-petit nombre de cas où des propriétés

uniques donnent Heu à des propositions dont le sujet ait


(a même extension que le prédicat. « Le mercure est un

métal liquide » doit être entendu en ce sens qu'il n'y a

pas d'autre métal liquide que le mercure. Dans de sembla-


bles exemples, il est utile de noter que le sujet et le prédicat
ont une extension égale en disant par exemple, le mer-
cure est le .«'«/ métal liquide il n'y a pas de métal liquide
a la température ordinaire, si ce n'est le mercure. Comme
ici le prédicat a un caractère exceptionnel, il est ncces.-airc
d'en avertir le lecteur. C'est lui exemple analogue que cite
liumilton « Les êtres raisonnables sont des êtres qui rient,') »
car cela veut dire qu'il n'y a que les êtres raisonnables qui
soient capables de rire.
Dans les propositions les plus générales où l'on associe
des qualités distinctes, qui s'accompagnent constamment,
il est tout à fait rare de trouver une proposition où le
sujet et le prédicat aient une extension égale. Pour le
moment, nous n'en connaissons qu'un seul exemple bien
caractérise « Tout corps gravite n ce qui veut dire que la
essentielle de la matière, – est tou-
propriété l'inertie,
jours liée a l'attraction ou a la gravitation. Ces deux attri-
buts sont distincts, maiscoextensifs; il n'y a pas d'autres
choses qui gravitent que les corps il n'y a pas d'objet qui,
dépourvu d'inertie, possède cependantia pesanteur. Cepen-
danton pourrait tcmarquer que, s'il est facile decoucevoir
l'inertie sans la pesanteur, il est au contraire difficile d'ima-
giner la pesanteur sans l'inertie.
1~ ).t\)t!)'H!;M<[~. – !SrH~t'<JSt[U~S.

La et la refraction double sont aussi des


polarisation
propriétés cocxtensives.
M. de Morj.,an, comme nous le verrons tout a i'item'e,
donne a cette formeIenomde/o/~A/<<H;<e~c.
parce qu'elle équivaut à deux propositions Tout X est Y,
c/toutYestX.
M. MiH adresse en substance les mûmes critiques a la
tlicorie d'ilamilton. Tout ce qui peut être prouvé de cette
:MTout A est 13, peut être prouvé, selon les
proposition
anciennes formes, de l'un de ses éléments ou de tous les
deux: «Tous les As sont des Hx; et tous les 1~'sont t
des Ax. » Tout ce qui peut être prouvé de cette proposi-
tion « Quelque et seulement quelque A est quelque H,
,ou tous les I}.s'),))peut être prouvé, les anciennes
formes, des éléments de cette proposition Quelques As
sont des i.i. quelques A~ ne sont pas des 1~, et (dat~s le cas
metnionne en dernier tous les Hx sont des
lieu), A.s,Mil),
/A<M<7~<, eh. XXII). « toute philosophie
Dire est toute

poésie)', c'est afm'mer ces deux propositions: « La poésie


est la ptniosophie, et la ptmosophic est la poésie. )'
j/affirmative [ se sous deux
particulière présente
formes, lorsque la quantité du déterminée
prédicat est
Quelque X est quelque Y (la forme usuelle) quelques Xs
sont <MM les Y.<. Quelques sont quelques corps cé-
lestes; quelques mortels sont ~MM les hommes. La seconde
forme est celle que Hamilton ajoute aux anciennes. La
meilleure raison a donner pour la ju-tifier, c'est qu'avec
la forme commune, le caractère du prédicat disparaît dans
une proposition affirmative nniverseUe convertie; ainsi
Tous les X sont des Y, ou Tous les hommes sont mortels, de-
vient, après conversion quekmes mortels sont les hommes;
ce (lui veut dire y~e/M~ X.s', quelques hommes, tandis
(lue nous avons ici le droit de dire /« les X.s, tous les
liommes.
Ces deux formes afiirmatives additionnelles ont été ac-
ceptées par quetques logiciens, par Thomson, dans ses
Luis t/e /« /e'e, et par ëpalding elles ont été prises
OUAN'rrrÉ )~'pft)'D~:A)'. 13~

comme )e principe d'un nouveau développement du sy!-

)ogistne. L'affirmation uoiversene–ToutXestt.outY–


est représentée par U(Thomson),oupar A'(Spatding').
L'affirmation particuiiere avec un prédicat universel par Y

(Titomson),ouparl~(Spatding).
Les additions proposées par t!amitton aux forme-! néga-
tives n'ont été acceptées jusqu'à présent par aucun autre

togicicn. Dans la forme E, aucun X n'est Y, « aucun mor-


tet n'est !)icn~,)e sujet et te prédicat sont l'un et. i'antre
nniversets. Il y a ici une négation, une exclusion totale et,

réciproque. Aucun individu de la classe des hommes ne


avec aucun individu de la classe des
peut être confondu
dieux. La coïncidence d'un homme avec un dieu est niée
.<.7'i!<. Le prédicat est pris universellement. Nous pour-
rions cependant etahur une forme où le prédicat, serait
Aucun X n'est quelque Y. «Aucuu homme
particulier:
n'est certaine classe d'animaux. )'Uya des ciasscs d'ani-
maux dont l'homme ne peut aucunement faire partie. Si
ces classes d'animaux
peuvent être spécifiquement deii-
nies, si elles représentent les quadrupèdes, les poissons, etc.,
ta proposition revient a la forme usue))e; car alors ['at-
tribut est encore pris univcrseUement, puisqu'H désigne
toute une classe.
Dans la négative particutière 0, « quelque X n'est pas Y)',
le sujet est particuUer, et le prédicat universeL Quelques
Xs ne se trouvent pas parmi les Ys « quctques hommes
ne sont pas Européens )) « quelques corps célestes ne hrit-
lent pas d'une lumière qui )enr soit propre. ~s

Cependant une quantité particutièrepeut être, dans cette


forme, attribuée au prédicat, par exemple quelque X n'est

pasquc!que Y;
quelques X. ne se rencontrent pas parmi
quelques Y.<. (Juctques hommes ne se confondent pas .)vec
des mammifères. Si l'expression « quelques
quctqucs-uns
mammifères" peut être déterminée spécifiquement et eqm-

vautac(p)adrupëdcs carnivores M ou«(j[uadrupcdesapeau


épaisse )), nous retrouvons ta vieiHe forme en 0, ou te pré-
dicat est universct. Knreponseat'objectionquet'ona a
i. DV~ŒPiO~H~t.–S!'KOt'«SH[~S.

adressée ajauouvctte forme a. savoir n'est


négative, qu'ette

jamais pratiquement reatisee,namiiton soutient que c'est


h) forme par Jaquette exclusivement nous </c~/«/ ~M'«M
<<'y/<< </«'«/< ~«<([Ue)conque est divisible. Ainsi, en
divisant ie genre Mso!dat M, nous dirons en nous-mêmes:
<( Quoique soldat n'est pas ([uetque soidat; car quelque sol-
dat est fantassin; quelque soldat est cavalier, etc.; mais
quoique infanterie n'est pas quoique ca\'a)crie. »

t')JMK!(AT[0. nHS ['ftOt'OSrrfOKS n'APRËS [~ MORGAN.

il
!).P()tu't''))uis<')')'<nnm('r:)ti')H(tt:t«~s)t'sn)0<h's()(Msit)h'S()eprH'Jicatint),i)
f'st!)t'('t'))t'R'[t't':u)t')'it;o)n'KUM'n)t'ntrnnn.utrt')a))at)!['<'(!it;«n/<ntn'.<.

Conformément .lux vues


que M. de Morgan très-exactes
a présentées sur [a contrariété, la négative est ce qui reste,
une fois qu'on a enlevé la partie positive d'un tout la né-

gative de X est U – X ou peut la symboliser par une


marque distincte, x par conséquent, X et. seront les deux
contraires dans un tout donne /<o~-A" est et Mo/t- est
X, car, a quelques Xs ne sont
pas Y.s a peut être remplace
par quelques X.s' sont y.f, et ainsi de suite.
Nous avons maintenant, au lieu des deux termes X et Y,
tes quatre termes X, Y, ;r, y. Par suite, au lieu d'une seule
couple X, Y, pouvant prendre les quatre formes de prédica-
tion A, E, 1, 0, nous avons quatre couples distinctes :X, Y;
X, y; Y et .y, y. Chacune d'ettes peut se présenter sous
la forme A, sous la forme E, t ou 0. Conséquemment, il y
a seize arrangements possibles. Après examen cependant,
huit de ces combinaisons apparaissent comme n'étant que
ta rCpetition des huit autres.
Nouspouvons exposer l'opération ainsi qu'itsuit Pre-
nons d'abord A, ou t'afnrmation universetie, et les quatr'
conptes seront:
f Tout X est Y (forme ordinaire).
2" Tout Xcsty (non Y).
3" Tout. (non X) est Y.
4" Tout ~non X) est y (non Y\
LES PROPOSITIONS n'AI'RÈS r'E MORGAN. ~H

La seconde forme Tout X est y (non Y), est la même que


Kdans le vieux système: Aucun Xn'est Y.
La troisième Tout .7; (non X) est Y, est la même que
aucun non X n'est non Y; rien n'est à la fois non X et non
Y; toute chose est ou bien X ou bien Y. Aucun non-esprit
n'est non-matière toute chose est ou bien esprit ou bien
matière. C'est là une forme nouvelle. Elle signifie que toute
chose est dans X ou dans Y (ou dans les deux à la fois).
La quatrième Tout (non X) est y (non Y), (tous les
non-mortels sont non-hommes), est la même chose que,
Tout Y est X, une forme qui n'a de nouveau que la trans-
position des symboles.
Prenons maintenant les quatre couples qui correspondent
à l'anirmation particulière 1

Quctqm'Xt'stY.
Qut;)qu(;Xcst</(nt)nY).
Quoique .T(n"nX)cstY.
Qudquc (mm X) <'st (non Y).

La première est la forme


ordinaire la seconde, la néga-
tive particulière. La troisième Quelque non X est Y, peut
être transformée en « Quelques Ys sont non Xs, » ou
bien «Tous les X sont non Quelques Y.s; » dans ces ter-
mes, elle est reçue parmi les formes additionnelles. La der-
nière « Quelque non X est non Y, » « Quelques choses
sont ni Xs, ni Ys, » tous les contraires de X sont les con-
traires de Y. L'infanterie n'est ni artillerie ni cavalerie la

négative de X (cavalerie) est la négative de Y (artillerie),

c'cst-a-dirc, l'infanterie.
La même méthode, appliquée aux négatives universelles
et particulières, complète l'exposition, et nous donne une
nouvelle forme, déjà notée

Qudqnc Y est rh't) X.

laquelle, comme la forme Tout Y est X – est simple-


ment due à la transposition des lettres de 0. L'auteur a des
raisons particulières pour comprendre ces dcuxvariutcs
parmi les formes des propositions.
H(6 UV!U':)')tK:\tU'Ut.–))L!Sj'nO['OSt['[ONS.

Ainsi, en outre des vieilles formes fondamentales A., I,


E,0, nous auronsquatre autres formes:
1" Chaque Y est X.
2° Quoique Y est non X.
Ces deux formes ne sont que A et 0, avec les termes
transposes.
3" Toute chose est ou bien X ou bien Y.
4" Quelques choses ne sont
ni X ni Y.
Ces deux dernières formes sont une couple contraire de
propositions ~M/o/<c~ucs, qui doivent être ajoutées aux
quatre formes régunéres dont le caractère commun est
d'être catégoriques.
L'auteur examine ensuite la compatibilité ou l'incompa-
tibilité de ces formes variées. H y a trois alternatives
1" Les propositions distinctes peuvent être telles qu'il soit
//M~<M~/c <y!<'<c.s' coc.<s< 2" Elles peuvent être telles
qu'il soit /;M'CM'<we <y/<'e//es eoe;s'<e~. 3° Elles peuvent
exister ou bien l'une avec l'autre ou bien l'une sans l'autre,
dans un état de c<~co~i~iee tl ~f/<e~<e. est évident,
par exempte, par rapport formes, aux vieilles
que A ne
peut coexister avec E ou avec 0; si tout X est Y, il ne peut
être vrai, soit que aucun X n'est Y, soit que quoique X est
non Y. D'un autre coté, si A existe, 1 doit exister, et de
même pour E et 0, la proposition particulière étant en-
fermée dans la proposition universelle. Enfin les proposi-
tions particulières 1 et 0 peuvent coexister ou non. Quel-
ques hommes sont sages; quelques hommes ne sont pas
sages voila deux propositions qui sont entre elles dans un
état de concomitance indifférente.
Apres cela l'auteur arriveadélinir ce qu'il appelle um'
M~/MM~M/< M/e~e e uneproposition qui comprend en
ene-méme rafurmation ou la négation de tontes les huit.
propositions simples. )' Ainsi supposons que X et Y soient
tels qu'aucune des quatre universettes ne soit vraie alors les
quatre particulières sont vraies. C'est là un des deux ça-,
appelé une proposition particulière complexe. L'autre cas,
c'est lorsqu'une des quatre nni\er.enes est vraie; alors cinq
t')tO)'osn'tO~'s(:0!<T)<AmKs. 137

autres sont établies, soit par affirmation, soit


propositions
par négation; et il y a deux concomitants qui sont des
contradictions~ de sorte qu'un seul d'entre eux est vrai. A
ce cas gênera.! se rattachent six formes différentes, qui ont
chacune leur intérêt
specia!.
Prenons A (la vicifle forme), tout X est Y, comme vrai.
Alors E ctO sont nies, et 1 est compris dans A. Des quatre
formes nouvelles, le concomitant neutre est tout Y est X
cette proposition peut coexister avec A; et prises eusembte
eues donnent ia proposition – Tout X est Y, et
complexe
tout YestX; en d'autres termes X et Y coexistentet sont

identiques. Or, c'est ta proposition affirmative universene

d'Hamilton, avec un prédicat dont la quantité est, univer-


selle tous les les Y.s.Ue
X.s'sont telle sorte que,
tous
d'après de Morgan, cette forme n'a pas droit a être comptée
parmi les propositions simples ou fondarncntates; e!le est.
une proposition compfcxeou composée, ([ni dérive des formes
simples, par les procèdes indiques. )f appuie cette théorie
sur cet argument que la proposition en question n'admet

pas une simple négation,


comme le fait toute proposition
fondamentale; elle est contredite, soit par quelques Xs
sont non Yx, soit par quelques Y& sont non X.! c'est-à-dire,
par l'expression disjonctive ou bien quelques Xs' sont non
Y.f,ou quelques Y.s'sont non X; et il n'est pas nécessaire
de déterminer laquelle de ces deux propositions doit être
mise en avant, de telle sorte que la contradiction est ambi-
guë et incertaine.

o't'nsmox nr';s )')t0)'"s<rto~'s

10.La n('j;:))n'<h)n'!sn)~ sens !)!'sn)ust'n).)t)i!t"'tt'<)Mnsr<)p)'ositit)nt)'n))t':<?)'-


tnHtm'nt)ht'M'))t'!)U!)t'))('j;<)ti\t'uni\t'rs('Uc:A~))p<)St'M)'rt))~m't"us n;

tcsihumm'isout )<:)(;)"auc~~h'nnn)t'n'<t'.at;C't'st<'t't~)'t)n;tp~t'Ht',t'n
tt),;HjUt'.rt~)Cus!thn)<!t'<t:O~T)tAUtt:S.

La contradiction,dans ce sens,est loppositit'tut'uueuni-


verseUettegative a une nniverscHe affirmative, ou d'une
universelle affirmative a une universeUe négative. Ton) X
estY;aucuuXn'estY. "Tt'utf'eqnipageduf'ateaua a
138 HV)Œ t'RHMtËM. r'ES t'HOt'OSH'tONS.

péri. » Tout l'équipage du bateau a survécu.)) Au point


de'vue de l'extension, c'est la négation la plus large, la plus
profonde, qui puisse être proposée. La quantité de con-
naissance requise pour une telle négation est à son maxi-
mum. Ce n'est que rarement, qu'on peut à une propo-
sition universelle substituerla proposition universene con-
traire. Nous pouvons douter de la vérité de cette proposition
«Toutes )esetoi)es scintillent, mais nous ne pouvons don-
ner a notre négation la forme d'une négation universelle
e Aucune étoile ne scintiHe. » Il est rare personne
qu'une
instruite, en avançant une proposition universelle, se
trompe au point que la vérité se trouvedans la proposition
universetle contraire.
Il y a une contradiction absolue apparente dans les
opinions relatives a l'immortalité de l'âme. Les chrétiens
disent: « Les âmes des hommes sont immortelles. » Les
bouddhistes et d'autres disent ((Aucune âme humaine n'est
immortelle. » Dans les sujets les plus simples, l'opposition
totaic est assez fréquente. On peut affirmer que « tous les
sont achetés )) et l'on peut nier aussi « qu'aucun
électeur soit acheté ». Ici la négation est aussi forte qu'elle
peut l'être.
Dans une opposition semblable, il faut remarquer que
les deux contraires ne peuvent être vrais, mais que les deux
peuvent être taux. « Tous les hommes sont sages »
« Aucun homme n'est sage » voilà des propositions qui
ne peuvent être vraies a la fois le sens de l'une est de dé-
clarer que l'autre est fausse entre les deux il y a une con-
tradiction dans les termes. Cependant il est possible que ni
l'une ni l'autre ne soient vraies que toutes les deux soient
/'«MM'CA'. La vérité peut se trouver dans une proposition
intermédiaire, placée à égale distance à savoir que quel-
ques hommes sont sages, quelques hommes ne le sont pas.
Ainsi la contrariété absolue laisse la place a une affirmation
intermédiaire.
On remarquera de plus par rapport à la contrariété que
les propositions contraires différent seulement au point de
)'HOP08['nO.\S(;nNTHADICTOtn)!S. ~39

vue de la <~<<e l'une affirme, l'autre nie, mais elles sont


toutes deux de même quantité, c'est-à-dire universelles.

)).).ant'ga)ionp('mc()nsi<tc~da~sr<))~)()sitioRd'Hne~nivft'se)h'af(innative
atn)M))artw'uU('<'t'nt'K:ttivt'.AaO,<)nd'um'u~itt:)'St'.Het!('gati\('!i)u~'
pa<'Uc)di<'<'cfdtirmi~i\<a).(!'<'st''ctj!nnaj)))(,ki'opj)ositioj~s
CONTKAmCTOtKKS.

Au lieu ((Tousde les hommes sont sages; » « Aucun


homme n'est sage, » nous pouvons avoir la couple opposée
« Tous les hommes sont sages. » « Quelques hommes ne
sont pas sages » (A, et 0). De même: « Aucun électeur
n'est acheté" (K). « Quelques électeurs sont achetés (I).)) »
Telle est la proposition eoH~K&'e~o~e.
Dans cette opposition comme dans celle des contraires,
il est impossible que les propositions soient vraies à la fois,
mais <<s' Me ~<<Me?ï< ~<; <0!<<p.s'~e!<.K/<H<Mp~/ si l'une est
fausse, l'autre doit être vraie; si l'une est vraie, l'autre doit
être fausse. Il n'y a pas ici,comme pour les contraires, de pro-
position intermédiaire possible. Ou bien « Tous les hommes
sont sages a ou bien «
Quelques hommes ne sont passages. »
Ou bien « Aucun électeur n'est acheté,)) ou bien « Quelques
électeurs sont achetés. » Les deux propositions sont telles
que nous devons nécessairement choisir l'une ou l'autre.
C'est à cette espèce d'opposition que se rapporte le principe
signalé pour la première fois par Aristote, et qui a toujours
été regardé depuis comme une loi fondamentale de la pensée,
la loi de l'e~'c/M~M~ ~M/MM.
Il faut remarquer de plus que, dans les propositions con-
tradictoires, il y a différence, non pas seulement dans la
</Ma/<<(f, mais aussi dans la ~Ma~~c.' l'une est affirmativ,
l'autre négative; l'une est universelle, l'autre est particulière.
Cette circonstance, au lieu d'augmenter, diminue l'opposi-
tion. Le changement de la quantité universelie en quantin'
particulière affaiblit l'opposition dans la qualité.
L'emploi du mot négatif le plus énergique, cw~/w/w~
pour designer cette forme un peu affaibue d'opposition,
exige quelques explications. Dans le discours ordinau'f !a
140 ).)Vt!)';)'RKMn~<. – n~Mt'Kor'ost'nc's's.

a une affirmation comme cettc-ci: «Tous tes


personne qui
docteurs sontachetes,~ négation Il
pourrai repondre parcette
absotue: Aucun électeur n'est act)ete,)) passerait pour
avoir contredit, l'affirmation de ta façon la plus radicale.
La déclaration :KOuetqucs<;tectcursn'ontpas été achetés,)) 1)
passerait pour une simpte contradiction; mais ta propo-
sition «Aucun électeur n'est acheté, oserait une contra-
dictoire au suprême degré. Le mot de « contraire oserait
considère comme tropfaittte pour une négation nnivcrsc)!e.
Il est évident que la <'M/Y«/<c<o~'e logique, connue nous
l'avons detmie, exprime une négation moindre que la eo/

//v«/logique: eue nie si peu, qu'e[)eexc)ut)a possibilité


d'une négation moindre; elle est te /M~«~?/Mi de la néga-
tion. Tandis que ceh)i qui affirme se risque :). accepter
j'at'tirmativcuniversette: «Tous les hommes sont sages," »
ce!ui qui nie avec timidité et, reserve se contente d'indiquer
une <<o/t à la régie générale; it ne dira pas: « Aucun
homme n'est sage, )) ce qui serait dans le tangage ordinaire
la contradiction absolue; il dira simplement que ~t/M('x
honnncs ~e sont sages il nie si /~?< ~M'<7 ne /~M.se /</s
/« /s'<7<7</ /< moins, II cttoisit si timidement, si hum-
tttcmcnt, sott terrain, qu'il <T/ tout autre contradicteur
ptus timide et ptustmnd)te encore. T.G mot «queiques!) qu'il
emploie indi(juesimp)ement([u'it veut faire nue exception,

quetquc petite qu'ctte soit. ()~c/'yM~pent signiner seutcmcnt


?~< cequi serait encore un mitteuexctu. Pour qui la négation
de cette vérité universette « Tous les hommes sont sages, ))

peut-elle signiner moins que ceci f/M homme n'est passage? :)


Voici comment peut. être explique t'emptoi du terme te

ptus énergique pour t'oppositiou la ptus faibte. Aristote, en


divisant tes prop(!itiuus~etou ta quantité,–uuiversette
ou particulière,–insiste beaucoup sur tes difticuttesqu'it
y a établir, et ta facilite qu'il y a renverser, une propo-
sition univcrsette, affirmative on négative, i~ata.cht; de cetm
))ui affirme est tat)orieuse:it doit s'être assure der/<
cas particutie)'; la tache de cetui (mi uie est. plus simple:
:t lui suffit de trouver Mutait contradictoire. S'it et:)it
t'itUt'USfUU~SCONt'HAJ'H.tUlitt'.S. )H 1

nécessaire .ttf.nr~'nn~))')ttt'~nn<'n['firm!)t!~n!jrn\,f'r-,p!f!
pour combattre une affirmation uufvcrsettede-
tabtir une négation ufuverscitc, la réfutation d'une gcuera-
)isati<~n incorrecte serait souvent une difficntte iusunnon-
t.abte.Mais pas nécessaire.
cetau'est Unsimplefaitcontraire
snfiit. Un trou au fond d'uue))arque!a submergera aussi
sûrement (jue si l'on avait tx'ise la barque tout entière,

par piauche. C'est ce caraetered'e.s'M//M«/</e


ptanciie
/~u/c/M~<qui fait l'importance de la propositio!)
contradictoire limitée. H est beaucoup p)us tacite de l'éta-
blir que d'arriver a une négation universelle et cependant
t'eftet est tem~mc. Mile aie inerite, si précieux, d'arrivcr a
uu grand résultat par les moyens les plus sifnpies.
It y a des cas où la proposition contraire et ta proposi-
tion contradictoire sont la même chose. Par exempte, quand
la proposition est singulière ou individuelle :« Jean e.'t
ici.)'«Jean n'est ici."–«Le monde a été crée un
pas
certain jour.)) «Le monde est éternet.")! n'y a pas (h;
milieu, dans ce cas, bien que )'opposition soit complète.
Un autre cas se présente, iorsqu'une toi générale dépend,
dans sa vérité ou dans sa fausseté, d'un seul événement,
comme il les lois de causante.
arrive dans Un seul fait bien
observe (d'après ce qu'on appelle la méthode de différence)
sufût à prouver un rapport de cause a effet. Si t'on découvre
un métal nouveau et. qu'on opère une sente fois sa fusion à
))10" Fahrenheit, on peut afnrmc)' d'une façon generate
ta fusion dn metat se produira
qu'a ta même température
toujours, tci ta M/t~'H/c'~ et la c~M</w</<'c/<o~ sont la même
chose. Le metat se fond ou ne se fond pas à ta température
indiquée. L'uniformité de la nature défend toute supposi-
tion intermédiaire, comme par exempte que certaines por-
fions du metat entrent eu fuston a cette température et tes
autres non ()).

())''t~)'cn).n't)Ut"<rr\<'n~)~\)'ht)n('r)ut.Ut't.ntH.imtthn~d'')<<J!t-
<.nm du
~IOH t)u mitit'u,
mUicn, 1'0\11' l'l'soudn'
pt'ur t't's"u<h'o ('t't'tah)t's
('t'rtaitH's qm'stions
tl'It'~tiol\; Ct*))))m' la
(;OIl1I1H' ia tHvtSthtjitt'
di\"isi"ilj(\~ in<n)x'
¡illinil'

tk' la nmh'')C, )t' )i!n'<'U)b)trt', t't'tt'tnih' dn mundr. La tnatit'tt' est (htij.ibtc,


la ntnt)ft't' n't'~t duLsihit', votLt dt's t'\ctttj)i~sdt' <'(tn[r:tHt'.s, ))<m df «)n-
p.~
Hadictuht.'t; il j'cut ) i~uh unt; j~upu~hu~ intcr~m'ttitXrt': ccrtaim's n).ttit'!t'~
)M ).)\)tEt'[U;MŒH.–UHSPRO)'OH['!)UNS.

Un autre mérite
logique de la forme contradictoire est
la substitution, pour la négation d'une proposition univer-
selle, do l'afiirmation équivalente et correspondante. Lors-

qu'on nie A, on affirme 0 par cela même. S'il n'est pas

vrai ([ne « tous les hommes sages a, il (toit être vrai


soient
que « quelques hommes ne sont pas sages )).
La proposition contraire et la proposition contradictoire
sont les seules formes importantes de l'opposition. Il est
d'usage d'y ajouter une autre variété, l'opposition d'une
affirmative et d'une –
particulière particulière négative
1 et 0, Quelques hommes sont sages, Quelques hommes ne
sont pas sages. Cette opposition est si imparfaite qu'il n'y
a pas a vrai dire de contrariété entre les deux formes. Elles
sont compatibles, elles sont souvent vraiesa la fois.Toutce
qu'on peut dire d'elles, c'est 'y;<'c//M Me~eMU<H~ c/ye/~M.c.
/'<~«.' et /'<n<<e. S'il est faux que quelques hommes sont
sages, il ne peut être faux que quelques hommes ne sont pas
sages. Mais comme l'un des deux prédicats peut se rappor-
ter a ungroupe d'hommes, et l'autre prédicat à un autre
groupe, il n'y a pas de contrariété réelle souvent les deux
propositions prises ensemhle expriment exactemcntla vérité.
Le nom de sous-contraires a été donne à ces proposi-
tions. Selon Hamilton, elles doivent être indiquées, unique-
ment pour compléter la ligure logique appelée le carré de
l'opposition.
Pour l'explication de cette ngure, il faut encore remar-
quer que la relation (on ne peut plus l'appeler opposition
dans le sens rigoureux de ce mot) entre la proposition uni-

-.u~t (titi~t)t<"t, ()<' snr)f que )<< deux contraires st'rfucot t'.tnx. Mais
~.dt'm'~t
i)fa<)tC))tctnin'(ju<'ponrttHmHton)a)n.<)i<'rccstfmbit'n ~suj<'t(f/ff~f).ou
hi)*nun('<'ho'!c/'f'm<r/«',j)))p~intq)~'t()~tr('fjuicst ritr)n)enortio)!<)t'
L)n)atit'rt'<"itYrai~t')nut("i)c.s:~)!!r<s))orti<)!))i,('t(~U('<H'M!~cr;)j)j)(~ition
in()i<)U)''t-ci-dessus r('ntrt'd.~).s)'<)p))~sit!on())'sr<)))ti.)t)!ftit"<j)~,('(M<);))t'
sait, ('.stK)umist-:)).ttoitk'rc\ctusit)n<h[!uHit'u.i'.N suit Hamihonsuuht'nt

<~)t'()('<'t'sdt'ux[)rn~ositiot~opposct's,).)m.iti<'r<'t'st<ini<.i)~<)a)natk'r<'tst
!m)i\i~ib)c;–t''v<)!nnt('t'.<,t)i))rt',ti)Y<j)()ntt'n'tj)!)sti))(';)'unt'doitt'tt''
\raicct)'.)utrehusst'.
<~A)t!!)'t)Kf.'U)'['<JS[L')UN. !43 3

verseuc et Lt proposition p;u'tif:t)!i~t'('A et t, H et 0, est

appelée .s'!<~«/<ë/'HK, ce qui indique une relation de subor-


dination.

r.AU)<)'t t)K )/«t')'()Sr!<)\.

M. de Morgan a apporté quelques modiucatious a cette


ngure. Considérant les mots contraire et contradictoire
comme identiques dans leur sens, il supprime le mot con-
tradictoire, et applique le mot contraire à ce qu'on appelait
autrefois contradictoire, c'est-à-dire aux oppositions diago-
nales A-0, E-1. Quant :). l'opposition des universelles A-E,
il propose l'expression de .w<.woM<<Y«'/Y'; et enfin pour
l'opposition des particulières 1-0, il emploie le mot de

M<e<M~YWC.
Si l'on voûtait introduire quelque innovation de ce

genre, fondée sur l'identité des contraires et des contradic-


toires dans le tangage ordinaire, il vaudrait peut-être mieux
renverser les expressions adoptées par M. de Morgan.
L'opposition des universettes A et E est une contrariété
complète; l'opposition de l'universelle a ta particulière de
)4t ~4 ).)\m.)')u~m't.–t't~)')~)t'~sr))~i\s.

qujiite oppo.e!)'est qu'une contrariété/M/<e on su-


hau.erne.Ktk'nierite donc ieuont de sous-contraire, A-0,
E-t/opposit.iou des particulieresl et Qu'à pas besoin, a
ce qu'il seutijte, de mot qui t'exprime. Si cependant on en
choisissait un, ('est !e mut. de.s~co/Y~equ'it con-
viendrait de pt'endrc.
Le carre suppose serait donc cetui-ci

Cette forme est


la conséquence des vues déjà exposées
sur la négation imparfaite des propositions contradictoires.
KHe est ainsi en conformité avec le système de la Ëgurc
(()ni est empruntée au parauctogramme des forces), con-
formité apparente fondée sur une convenance plus pro-
fonde. Ainsi A, K, étant un côte du carre, et )a ligne de.
S))ha)ternes A, I, étant le cote adjacent, la composition des
deux côtes, dans tes diagonales A-0 un E-1, supporte les
tW~w/'M- .<t'.s' ou .s«Mx-('c'/</?'M<<;A. i) n'y a pas ta
seulement nnc coïncidence de lang:)ge: c'est. l'expression
de ce fait que la contrariété subalterne ou subordonnée est
une forme partieite, subordonnée, de ta contrariété; une
proposition uni\crsettc s'oppose no)) a une universette, mai;-
a une particutio't', donn:mt )~ne contrariet' diaeonatc ou

obHque, au tien d'une contrariété (empiète un entière.


rn()t'()St!)().h.\JU)).\Li..S. It;')

Voici cm'on'unr forme différente drceHesqni ont été


exposées. Ari~toteemptoieia diagonale pour l'opposition
com))iet.e()es(Jet!\nni\e!e))csAet.K.Leseontradietoires
on sous-contraires A"0, 1~-1, sonUes cotes (entre la droite
ettagauc)K').]in'y:tpasd'oppositionin()i()nu(;cntreAct
1, entre Ë et 0; et la seconde diagon.de es!, inissec en blanc,
f et 0 n'étant pas:), proprement parler des contraires. Ce
carre a Je mérite de représenter par la. pins ionguc ligne
l'opposition ta plus complète j cette ligne est celle qui par-
tage la iignre c'est de cette disposition que dérive l'ex-
pression de propositions ~'«~c~'a/e~e~ opposées pour
designer l'opposition des nniversenes.

<:At()n'AH!S'ro'ri'

PROMStT'OXS MOUALHS.

propositions se prcscntt'!ttsomcm
tï.Con)m<<h)!)s)cta))gagt'on)in.n)'t',)t's
sou<un<-torm('quah~t!ounmt!iti'A)i'totca<'tah)innt-cat<~)nt-sp<'<'ia)(-
propositions,)'nics désignant sons )t'notn()fpropos)-
pomct'ttc<'spt-cc<)c
M-sont la
tionsm<(;/<)t's propositions qui pas (p~tinwsrt'ntrt'ntd~nsia
forme appctt't'«'

Si nousdii-uns cit:;eu)nt''tric q)tc)aco['ch)siondcri\t-


t.–t"
)!.uN.iqu'
H(i (; i,[Vit!t')(EMU';tt.–)~St'Ht)t'USH!U.\S.

/<eee.ax/'cM~'i'</des prémisses, t'at'tirnmt.ion aéra appelée


Mï~t/e etic expose une vérité, mais, en même temps, eile
h), qualifie comme une vérité nécessaire. Le contraire de la
nécessite estla coM/~yc/~v'; ce caractère donne Heu aussi
a des propositions modatcs. Les vérités de la physique sont
considérées comme contingentes et non pas comme néces-
saires les faits de cet ordre, eu effet, auraient pu être dis-
posés autrement. Ainsi, tout en affirmant que l'oxygène se
combine avec l'hydrogène, nous devons ajouter que c'est
la une vérité
contingente. D'autres formes génériques de
la modalité seront le possible et l'impossible, caractères qui
peuvent aussi qualifier les propositions. Aristote réduit ces

quatre formes a deux le neécssaire et le coM~M</e~ On a

suppose aussi qu'il avait compte le ~YM et le /a:M; parmi les


formes de la modalité. Bien que cela soit contesté quelque-
fois, il ne semble pas y avoir de raison pour ne pas ad-
mettre ces deux autres formes. De même il faut admettre
la probabilité et l'i'?'o~a6~e. Les logiciens, depuis
Aristote,ont généralisé les formes de la modalité, en les ap-
pliquant à des adjectifs ou à des adverbes, comme
« L'homme blanc court; )) – « il court vite. » D'autre

part, la qualification du <e??~M est un fait important qui


entre dans plusieurs propositions: « Il pleuvait/< il MM-
<~?<e de pleuvoir. »
Il est évident qu'on rencontre souvent de semblables

propositions. Mais Hamilton et les plus sévères des logiciens


formels les ont exclues de la logique. II est certain qu'cUcs
n'appartiennent pas au domaine étroit de la logique svHo-

gistique et formelle. Elles ont rapport au /w«/ et non à la


forme des propositions. Néanmoins elles doivent être com-
prises dans la logique plus compréhensive que nous esquis-
sons ici, et nous pouvons facilement leur assigner leur place
dans ce système. Les propositions dites y«/c~s'.sYH'y'e~ affir-
ment d'abord vét-itt'~y et
d';tl)oi,d une vérité, (-~t nous
tiotis apprennent
~LI)pi-etiticiit ensuite
UI)SLtit(,' que
(ILlil,
cette vérité appartient a la catégorie des vérités nécessaires.
Les mêmes remarques s'appliquent aux propositions con-
tingentes, possibles ou impossibles. Elles rentrent dans la
DusENS))).;s~)«)t'osn'ioKs. j47 7

cat~oric de l'évidence d(';duc),ivc, non fornu'tte, mais ma-


tcrieile. Quant a ]a~i'Y~a/'x7~e, comme p!'oposition mo-
daic, il faut en référer à la partie de la théorie inductive
qui traite dei'evidence probable.
Les
propositions quatifiees par le temps présent, passe
ou futur, ou par quelque temps du verbe en dehors du
présent considère comme le temps universct, peuvent être
considérées comme des propositions composées. EUes anir-
ment d'abord un fait, et ensuite le temps où te fait se pro-
duit. Un autre système, propose par M. MitL consiste &
associer le temps avec la copule (i).

Du sens ou de la signification des propositions.

t!}. t'onr expose)' ics divisions de i.) togique Inducthc, i) t'st nccc.s.s.urc dt; ctas-

.'iC'')Mt't'ojM)sitionst['.)pn's!ou'sens onieur signification.

Hicn
que les sens particuticrs des propositions soient
aussi variés que les connaissances humaines, il y a certains
sens neneraux qui déterminent des distinctions dans tu
méthode logique.

i. A cette question QucUe est au fond ou eu «t/M/nMCf (par avec


fjtpos'tio"
tafornK')!pscus d'une
[no[)o'![tiot)?))o)))M's)'t'prnd~it(m(',(h)usum;]))'opo-
sition, te /«<;</f'cn/ ~'Jf ft/i t)H/e nofH ~fmr «~/f< </();;< /<' ~t;/[7 < déjà
Mem.

Ainsi « Aristide
est juste )) est une proposition vraie, si
«juste H est te nom d'Aristide. « Les hommes sont dieux M
est une proposition fausse, parce que Dieu n'est pas un
non pour tes ttornmcs.
L'opinion de Hohhes est la verit' mais non toute la vé-
rité. La théorie est exacte, mais incomplète; sa portée est
timitec, et ette n'atteint pas te sens véritable du prédicat.

())nan!')'!)])))('ndirt'(/)\'f)~'f)Mf/)'.t/<)H~.<t/~</f)/«<').ondont~crn).tt)K'o-
!ifo)din!tii'cdt'i'f)ppO!'itio!)t)t".))r('p<)sihot)S.a))))h<)n)'t'.inx<'h<it'snr<'<'sMin"

im))ussih)(". et continentes. <)!)n!!t''jM))t'c<"i~<'t~ir<'i'.St']m'ntx fit) corps d<'ro'

trf)(;c,p,)rct'()u'i)s)ccompti<p~):tit'nts.tn'!protit.
i/t8 L[V)!).t')0';))n',)(. –)'L:SrHuro-'HH)!\S.

llobhes n'a pas saisita signification récite que comporte


la ('?«/<M/< r/c.s' MO?/M </M c/MMe.s'. tjorsque nous di-
sons: «Aristide est juste,)'une question préliminaire
s'élève, comment te nom déguste a-t-il pu 6tre appliquer il
Aristide? Lors<)nece nom a été pour ta première fois
employé, on tic connaissait, pas Aristide. On savait sot-
tement qu'un certain nombre de personnes s'étaient ac-
cordées dans leur vie, et qu'à cet accord on avait donne
le nom de justice ». Quiconque, dans la suite des temps,
pratique le même genre de vie, mérite le même nom.
Par conséquent, la proposition « Aristide est juste » veut
dire qu'Aristide /'e.M<<6/e a un certain nombre de per-
sonnes qui ont vécu avant lui il leur ressemble en un
point parlequel elles se ressemblent l'une à l'autre, et qui
leur a mérite le nom de «justes H. La proposition en ques-
tion est donc en un sens une afiirmation de y'c.M~ce;
mais c'est la le caractère commun a toute proposition qui
affirme la participation aux mêmes attributs. lin trait,
plus caractéristique, c'est que la proposition affirme une
~e.c~f.'MM' la coexistence d'Aristide et de la qualité ap-
petee « ta justice a. Deux choses sont mentionnées dans la
proposition, et elles sont liées
par une affir-l'une a l'autre
mation quidéclare qu'elles coexistent dans te même sujet.
Nous saurons,après avoir examine d'autres cas, si l'exemple
choisi peut ou non être pris comme type.

ir. U'après
).').t)'!t)'rcs une :ecoutlr, thi·orit~,
mu'secn)Mt<'th('()t'it',qmaicn)''mf.
yui a 1c mi·me rléfaut
défaut yuc ta lrécéctente,
fjm')apt'éc<dKnH;a Ia

pt'HjK)sit!0)tCot)''ish'ft/~t~f'f'rH~ft:A~ï<f'('Y~<t'/t~j<–
<t'st-a-din'acun))'i't'n')n'm)H)ttt\tt)n(h)nsum't't;)~sc,'ntutH't'ht.sscdi))t~
unc.tuh'c.

Lorsque nous disons Les planètes sont des corps


ronds, )' le sens, d'après cette théorie, serait que la classe
des planètes rentre dans la classe des corps ronds. « Nep-
tune est une planète, Neptune fait partie de l'ensemble
des corps appelés « planètes )'. Ou négativement « Les
hommes ne sont
pas des dieux, les hommes ne font pas
partie de la classe des dieux. Cette théorie est inexacte.
TH~O)t))':htJ)'m'CAT. ~!)

Elle confond la connotatioti d'un mot avec s'a dcnotation


ctie prend ta classe ~«?'~M/, qui est élastique et indéfinie
(tans son extension, pour une classe définie,qui serait une
collection déterminée Un mot g6n(';ralaautant
d'individus.
d'extension que les choses qui possèdent l'attribut, qu'il
exprime; bien qu'un certain nombre d'individus déjà con-
nus lassent partie d'un groupe, d'une fiasse, que dési-
gne ce mot général, la classe doit toujours rester ouverte
à de nouveaux individus. Voici un nom gênerai « la mer )),
qui est aussi un nom de classe. Les mers particulières du
globe sont onumcrees par les géographes, mais cette enu-
mération n'est pas définitive ni exclusive. Nous ne pour-
rions refuser le nom de mer a une mer nouvellement
découverte, sous ce prétexte qu'elle ne figurerait pas dans
l'ancienne liste. Si cette mer nouvette possède les carac-
tères voulus, nous n'hésiterons pas à l'inscrire désormais
à cote des autres mers. Du reste, il n'y a pas, pour la plu-
part des mots généraux, des listes dressées, des registres
d'individus. Nous n'avons pas de liste qui enumerc toutes
les choses rondes, toutes les étoiles, toutes les baleines,
tous les hommes. Nous avons seulement des rapports,
des ressemblances qui donnent à chaque mot un sens
et une connotation. Quand une chose est conforme au
sens du mot, ou lui applique le mot, et l'on a par suite des
propositions qui affirment avec vérité qu'une chose est
ronde, qu'elle est une étoile, et ainsi de suite.
En formant l'idée d'une classe, nous ne pouvons, comme
en formant une société, enrôler, enregistrer un nombre
défini d'individus, et ensuite juger les prétentions de tel ou
tel par une confrontation avec ta liste dressée. Nous ne pou-
vons que designer un attribut ou des attributs, et déter-
miner l'individu par la présence de cet attribut ou de ces
attributs.
~!0 uvrt[:)u':MŒ!t.–DM pROf'osniOKs.

lG. Il y a ,I"ux ml,thodes pour d.tt't'miuer les dasses Ics des


plus ¡;i,u.\mh's
K'.ttyt)dt'ttxnK'th()dt's()()urd('t('rfnnK')'!('s(dasM'ii)csp)ns~t'ncra)t'sdrs
prt'di('!))s.L'!UH;(''<nLsis[t;.tf:tH't'ui~('unt'ndHtait)udt'sp['n[)u~[[io~sr<'(!Ut's.
i.iUh'('as't'nr.!p))ortt'r.th)rh).tsif)('utiondHsct)oses([uip<;nve~tt'trcnuin-
tm'K.s. Les deux mu(i)t)dt'sst'('<)tnp)<;tc~tt'nnH ['autre.

t?ar l'examen détaille des propositions, lions trouverons


tout, de suite un grand nombre de propositions qui appar-
tiennent a )ac!assc déjà déterminée, et où l'on affirme la
coexistence la coexistence de deux choses, de deux faits
de deux propriétés. L'homme est morte!, – coexistence de
['humanité et de la mort. Le baromètre baisse, c'est signe
de pluie,– coexistence de deux faits la pluie, le baro-
mètre qui baisse.
Passons maintenant
de la coexistence à la qualité qui mi
fait contraste la succession, et demandons-nous s'il y a des
propositions qui afih'ment la succession de deux ou plu-
sieurs choses. Nous trouverons beaucoup de propositions du
cette espèce « Le vent soulève la mer; )) « Le soleil est la
cause de la végétation; » ((César renversa la république ro-
maine, » voilà des propositions de succession. A parler
généralement, partout où il y a
production, causaHt~,
changement, il doit y avoir succession un certain état de
choses est suivi d'un autre état de choses. Dans le
rapport
de cause a effet, auquel se rattache une si large portion de-
recherches humaines; il y a toujours ce qu'on
succession
appelle cause est suivi de ce qu'on appelle effet.
Nous avons vu déplus que les propositions impliquent
t'auirmation de la ressemblance ou de la différence. Ce con-
traste est un fait universel, inséparable de tout prédicat- le
fondement de la connaissance se trouve, on le
sait dans la
ressemblance ou la différence. Mais il y a certains cas ou
le caractère spécial d'uue proposition consiste dans la rc–
scmblance ou la différence, comme dans les proposition
numériques. Deux fois deux font quatre, voila une affir-
mation d'egatite pour établir )a vérité de cette
proposi-
tion.ii faut une met))ode qui prouve
l'egaHt)'; ou t'ine~a!it/
Cette proposition ne-aurait être rattact~c a la coexistence
mn)'OS)n()NS)~Q[.'ANTn'K. ISi

ou a !a succession elle se an avec une


rapporte contraire,

parfaite convenance, aux propositions qui expriment l'accord


ou [a différence dans ia quantité.

)7.Uni'('gMt'dj<')('s<n')itc).ssiftr:tti<)t)du.scitu.St\s~ui[)f;mt'ntt;trcnomn)6es
pn)uv(.'<'<)t))))i<'nt'st~m~()('ht~t)rh'')'f)t'('('.st)'nisat<u')nations:('0('xi.'it<'nn',
s)n'<'t's.sn)~,t'gahh'uui[H''(;:ditc.

Parmi les choses qui peuvent être nommées, nous trou-


vons (voir i'/l/~e~cc C) les attributs
à l'objet, spéciaux
tes attributs spéciaux au sujet, les attributs communs a
t'objctetau sujet. Les attributs communs sont la quantité,
!a coexistence, ta succession. Nous pouvons donc, sur l'au-
torité de cette
(''numération, indiquer comme formes uni-
\erseues de prédicats les attributs de l'objet et du sujet,
dont ou dechu'equ'Hs s'accordent ou non en <~My~7J. en
cw.y/.s/t'Mre, en w<ct'.w~.

t8.i.–).S)no~~si(if)!)sdH~)j,rftf:<'nt~)nt'))nt'nt)'H)))it'hd))('fit'ssci('nt'<
!n.!))!t''tn~ti(jt!)" et hautes !t\s.)p)t)i<(tionstnnt)/'ri<)Ut'< des autres sck'nt'<s.).<'
!')'dn'itt<ttt)<)t'.<t'<t'')t()'/Mt't<'<

Aittsi, en arithmétique, l'addition et la soustraction, ia


tat))e de multiplication, la re~)e de trois, – qui sont les
opérations i'ondamentates de cette science,– sont des afiir-
mations qui établissent L'accord ou le désaccord en fait de
quantité.
Trois et quatre t'ont sept; cinq de neuf reste quatre six
t'ois huit font quarante-huit ce que deux est à dix, six l'est
a trente, voiia des afurmations d'egatite, ou de convenance
en quantité numérique.
Les propositions de géométrie peuvent toutes être resu-
!uesde )ameme façon. L'angle compris dans un quart de
cercte est egai a un angte droit. Le voiume d'une sphrre
est ega) aux deu\ tiers du cytindre circonscrit. Ueux côtes
d'un u'iaugte pris eusembie sont plus grands que le tr(n-
sieu)ccote(inegaute).
t)ans)'a)gcbre, nous n'avons en ta
qu'a rap[~e)er passant
metho([e si importante qui opère ['ar<s.
).'i~ L)VitHi'J!]~m':)t. –ESmOPOS)'nO?<S.

Dans tous tes arts, dans toutes !es mannestattonsdeia


vie, l'occasion se présente souvent de mesurer la quantité,
c'est-a.-dire d'affirmer t'egatite ou t'inegatite, le plus ou te
moins. Même torsque ta quantité ne se pr<te pas a une

appreciationm)me!'ique,commequaudits'agitdes nuances
diverses (JnsenthnetH. et dn caractère humain, nnus pou-
vons encore )a nous (1h'ons,pa!'e\cm-
comparer quantité;

pic, qu'un homme est ptusencrgi([ue, ptusetairvoyant t


qu'un autre.

)9.hct!)it('!ti'act~'isti(jm'()('s'icicnc<'sdt')a()UK)ttitP,<cs)()'(''tn'pnn'mpnt
d('()m')iv("i.K~t"innt sans <)nut'cotnmc)cs autres science'dt'stonfie~nt',

i[~h)ctifs,n)i~sn't'.st)):n't)t's<)[)('uti(H)'ipui't'nx'ntdK<im'tivM.'i<t't!s.tceoih-
ptisSt'i~).t))htsgr:u~h')M)'tit'()'')('urtacht'.

CRtte
remarque détermine la méthode et )e caractère
ioniques ffes mathématiques. Tout ce qui rentre dans ces
sciences appartient à )abranc))e de fabrique appelée
DÉDUCTION.

20. n.–L('sp)Opo''iti<)))sdt'f.<)HX).ST)!'<(:K'!nn~dt'~xcspHCt"t.Dau<.it'p)'('-
mi(*r('tn,n')jJiitdK)a'iitu!)tH)n;H)!t's))em<'nt<~()rst''tr<!<'onsu)('rt'('s<'o~)n)t'

dt'!i[))'<)pOS)tit)!)<th;<f)~H~<<<~f!('r.Kt))'St')'.1p))Ot'tt')!t('\<ttSiv<
m('nta)'<)hjt'tu~Hnm')nd('t'\t''rit'))t'.

ou te monde extérieur,
L'objet, est une vaste multitude de
choses, répandues dans t'espace, et auxqueUes on attribue
une situation, une retation mutueUe par rapport à i'6ten-
due. Ainsi tes étoiles sont ptacees sur )a yoûtc cetestc a. des

distances déterminées.
La ~eo~raphie est une série de pro-
positions de coexistence dans t'espace :un océan, une
chaîne de monta~ucs, un fleuve, sont des objets dout la
géographie détermine, par rapport aux autres objets, ta
situation toca)c. On h'ur app)iquc tes propositions de gran-
deur qui sont te ptus comptetement mathématiques ou
quantitatives.

Quetques propositions de coexistence dans t'espace n'af-


firment pas autre chose que te rapport, du cotitenant et du
contenu ;e)!es déclarent (p~'un objet e.-t ou n'est pas dan"
)')!~)'<~)n~SUK(:X!S)'K!S'U:. ').').'<

un autre :.)ean est dans ta chambre; ta coustettationd'O-


rion est. dans l't!emispt)ere))oreat;Saint.e-ttetenc est dans

!'At!antique;te Hritisit Muséum contient le vase de Port-


tand. (~es pt'op~s~.iou.- pourraient 6Lr<;a[)p<ih~s]espiu~
values et tes pfusi)n)('!U'rn)i)u''('sdc~ propositions de quan-
Htf' Le de~'re de précision~ dans ce cas, dépend (te ia
~)'an<h'))['relative du ('unte)taut et du contenu. Un objet,
dontun qu'il est dans une maison,est.
affirme )nieuxd~i))i
qu'un objet cnn tenu dans une vina, et moins !)ien qu'un
objet, contenu dans une boite.
On établit <)'nne antre façon ia contiguïté dans~l'espacc
en afth'mant la proximité. Une chose qui est en detiors
d'une autre, mais en contact avec elle, a une situation dé-
terminée (ju'on exprime par des niots comme « près de)),
« acôt.e de )',<'an-dessus de an-dessous de M.S'H y a
un inter\ai!e, on a recours a une mesure de distance.
Les propositi<ms de contiguïté [es pins précises sont ceites
(jui établissent ia situation mutuelle par l'indication nu-
mérique tic ta distance ou de t'etendne.'t'ont faitdeconti-
~nïte pourrait être réduit acettc forme, si nous avions tes
connaissances suffisantes, et si cette détermination nous

sembtaitdesirabtc et nécessaire.insi la situation réci-


proque des étoiles dans ta sphère des cieu\st établie dans
tes termes d'une mesure angutairc; ta situation sur la
terre est déterminée exactement par ta ionuitude et la lati-
tude, et s'H est distances tineaircs.
aussi, ttecessaire,pardes
La détermination et de ccttt rotation peut donc
t'expression
ctre rapportée a t'aritinnetiqueeta ta géométrie, t.'indica-
tion précise de la situation rotative est t'ottjet propre de la
Keometrieanatytitme.
La description de tous tes nttjets du tnonde extérieur
qui compre!mentdes parties, et qui ont um'situation défi-
nie, des de conformes il
exige propositions contiguïté
t'uneuna i'autre des niethodes précédentes, (citons en ce
genre les
édifices, tes mac))iues, tes plantes, tes animaux,
tes agrégats, et tes cot!ectiousd'(~jets.
).t )JVi(H )'KM)n';)t.–!)Hspnn)'()StT«).~s.

'2).).ast!('()[h~')(n'in('t!t')~('f)('\istf'!H'c<'stt'A<)rM«'tHHmt'/t;f's)!~ct.

Il s'agit, ici d'une variété distincte des propositions


de coexistence. Au iieu d'une certaine situation locale,
avec des intervattesqui peu\'eut être apprécies numérique-
ment, !tous avons la coexistence de deux ou plusieurs
attributs places en u!) même heu. Une masse d'or contient
dans chacun de ses atoines les attributs qui caractérisent
ce metat, te poids, la codeur,