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Augustinus-Lexikon

Herausgegeben von / Edited by / Edite par

Cornelius Mayer
In Verbindung mit / In association with / En association avec
Erich Feldmann, Wilhelm Geerlings, Reinhart Herzog,
Martin Klöckener, Serge Lancel, Goulven Madec, Gerard O'Daly,
Alfred Schindler, Otto Wermelinger, Antonie Wlosok

Redaktion / Redaction / Redaction

Karl Heinz Chelius

Voll

Verlag / Publishers / Editions


Schwabe & Co. AG, Basel
1986-1994
293 294 Amor

<corpus mysticurn> zieht A. es im allgemeinen Amor


vor, von /<dilectio> oder /<caritas> zu sprechen
anstelle von am. Der Begriff der Freundschaft I. Le vocabulaire - II. Definitions - III. Metaphores
spielt noch eine gewisse Rolle in A.s die Lehre von
der Dreifaltigkeit betreffenden theologischen Chez A., il est difficile de distinguer nettement
Spekulationen. Einerseits vermeidet er es, das le contenu doctrinal d'<amor>, de /<caritas> et de
Modell der menschlichen Freundschaft zur Er /"<dilectio>. Sous le vocable am., sont presentes le
klärung des Mysteriums der Dreifaltigkeit heran vocabulaire, les definitions et les metaphores; la
zuziehen (cf. z.B. trin. 9,6; 7,1 1), andererseits be doctrine sera exposee sous les autres vocables.
ruft er sich auf den Charakter der Wechselseitig
keit in der menschlichen Freundschaft, um ver /. Le vocabulaire. - Pour parler de l'amour et de
ständlich zu machen, daß der Hl. Geist Vater und la charite, A. utilise les substantifs <amor> ( 1 308
Sohn gemeinsam ist: «... communio consubstan- fois), <caritas> (4689 fois), <dilectio> (1 559 fois) et
tialis et coaeterna; quae si amicitia conuenienter les verbes <amare> (3783 fois) et <diligere> (4833
dici potest, dicatur, sed aptius dicitur caritas» (ib. fois). Mais ce vocabulaire varie exprime-t-il une
6,7) [ 1 7]. Wenn A. auch hier den Begriff der <cari- difference reelle de sens? Telle est la question que
tas> dem der am. vorzuziehen scheint, so greift er se sont posee plusieurs auteurs [1].
doch an anderer Stelle wieder aufdas Erlebnis der /. - Chez A., äyäTrr| est traduit tantöt par <cari-
Freundschaft als Analogie zum Mysterium der tas> tantöt par <dilectio>: «duo enim nomina ha
Dreifaltigkeit zurück: «si enim hic tanta caritas bet apud Latinos, quae graece äyäTrti dicitur» (5.
est, ut animam tuam et animam amici tui unam 349, 1 ). L'equivalence des deux mots est explicite-
animam faciat; quomodo ibi non est unus deus ment reconnue: «... cum nihil sit aliud caritas
pater et filius?» (Io. eu. tr. 1 4,9; cf. trin. 8,14). Aus quam dilectio?» (s. 53, 1 1 ; cf. trin. 1 5,32; disc. chr.
demselben Grunde verbindet A. die Freundschaft 5). Habituellement employe au singulier, <caritas>
mit dem Hl. Geist: «... uera amicitia, quia non est a un sens positif: l'amour que Dieu est en lui-
uera, nisi cum eam tu agglutinas inter haerentes meme ( 1 Io 4,8. 1 6), l'amour de Dieu et du Christ
sibi caritate diffusa <in cordibus nostris per spiri- envers l'homme, l'amour de l'homme pour Dieu
tum sanctum, qui datus est nobis> » (conf. 4,7). et le prochain, et meme l'amour de l'animal pour
ses petits (ep. Io. tr. 9,1; en. Ps. 58,1,10). <Ali-
Anmerkungen. - [16] Caes. Arel. serm. 21,3 (- s. 385,3; cf.
Verbraken 155) formuliert unter Verwendung einer verlo quando> (s. Lambot 2), il est pris negativement:
rengegangenen Predigt A.s sogar: «et ista quaedam amicitiae <caritas illicita> (s. 349,1-4), <caritas mundi> (s.
dulcedoest ... est ergo ista amicitia consuetudinis. non Tationis, Lambot 5). Ce terme est rarement utilise au plu-
habent illam et pecora». - [17] Cf. hierzu Nedoncelle. rie\ (en.Ps. 140,2; s. 349,1).
Bibliographie. - P. Courcelle, Les lettres grecques cn occi- Le plus souvent, <dilectio> est employe comme
dent. De Macrobe ä Cassiodore, Paris 2I948. - L. Dugas, <caritas> en bonne part (en. Ps. 9, 1 5). Parfois, ce
L 'amitie antique d'apres les maurs populaires et les theories des terme est pris en mauvaise part, par exemple,
philosophes. Paris 21914. - P. Fabre, Saint Paulin de Sole et dans l'antithese <dilectio dei>/<dilectio mundi>
l'amitie chretienne, Paris 1949. - G. Folliet, «Deificari in
otio». Augustin. Epistula 1 0,2: RechAug 2 ( 1 962) 225-236. - W. (ep. Io. tr. 2,9. 14; Io. eu. tr. 74,4) ou dans l'expres-
Geerlings, Das Freundschaftsideal Augustins: ThQ 161 sion <dilectio carnalis> (ep. Io. tr. 8,5; Io. eu. tr.
(1981) 265-274. - I. Hadot, Seneca und die griechisch-römi 65,1). Dans ce dernier cas, il vaut mieux, remar-
sche Tradition der Seelenleitung, Berlin 1 969. - Ead.. Arts libe- que A., utiliser am., car, selon l'usage, <dilectio>
raux et philosophie dans la pensee antique. Paris 1984. - F.
Lossmann, Cicero und Caesar im Jahre 54. Studien zur Theorie est dit et recu «in melioribus» (ep. Io. tr. 8,5; cf.
und Praxis der römischen Freundschaft. Wiesbaden 1962. - trin. 8, 1 0). Utilise exceptionellement au pluriel,
M.A. McNamara, Friendship in Saint Augustine. Fribourg <dilectio> signifie <les agapes> (f. et op. 46 qui cite
1958. - M. Nedoncelle, L'intersubjectivite humaine est-elle lud 1,12).
pour saint Augustin une image de la Trinite?: AM 1 .595-602. -
V. Nolte, Augustins Freundschaftsideal in seinen Briefen. Le terme am. a chez A. un sens plus large et plus
Würzburg 1939. - H. Petre, Caritas. Etude surle vocabulaire indetermine que <caritas> et <dilectio>. Il peut de-
latin de la charite chretienne. Lousain 1948. - M. Testard, signer aussi bien l'amour bon que l'amour mau-
Saint Augustin et Ciceron 1-2, Paris 1958. - P.-P. Verbraken, vais: «ex amore suo quisque uiuit uel bene uel
Etudes critiques sur les sermons authentiques de saint A ugustin,
Steenbrugis 1976. male» (c. Faust. 5,11; cf. ciu. 14,7). «amor dei,
Ilsetraut Hadot amor proximi, caritas dicitur; amor mundi, amor
huius saeculi, cupiditas dicitur» (en. Ps. 31,2,5).
<Amor boni> sera <mieux> (diu. qu. 35,1) appele
<caritas>/<dilectk» [2]; <amor mali> sera <plus jus-
tement> (mor. 1 ,4 1 ) appele /,<cupiditas>//<libido>
[3]. Am. figure dans des antitheses absolues:
Amor 295 296

<amor dei>/<amor proximi> est oppose ä <amor «erunt enim homines se ipsos amantes, amatores
mundi>/<amor saeculi> [4] ou ä «amor sui» (ciu. pecuniae» (ciu. 14,7) rappelle son sens negatif.
1 4,28). Ou bien am. est qualifie - parfois dans un D'autre part, <dilectio> est aussi pris en mauvaise
meme passage - par des adjectifs les plus opposes: part. A ce propos, sont cites le Ps 1 0,6: «qui autem
<sanctus>/<immundus>, <terrenus> (en. Ps. 121,1); diligit iniquitatem, odit animam suam» et 1 Io
<rectus>/<prauus> (ib. 9,15). Am. est utilise au plu- 2,15: «si quis dilexerit mundum, non est dilectio
riel bien plus souvent que <caritas> et <dilectio>. patris in illo». «Ecce uno loco dilectio et in bono et
2. - De Tertullien ä Cyprien et de Cyprien ä in malo» (ciu. 14,7), remarque A., du moins
Ambroise et ä A., <dilectio> a perdu du terrain au quand cette version latine de 1 Io 2, 1 5 est utilisee
profit de <caritas> dans la traduction d' äyäitt]. Le [10]. Manifestement, l'auteur du ciu. a voulu legi
premier terme, substantifdu verbe <diligere>, s'est timer du point de vue chretien le sens positif
developpe surtout en Afrique et sous l'influence d'am. Non seulement, il a le souci d'accorder sur
des traductions bibliques. Gräce au christia- ce point la philosophie (neoplatonicienne) (cf. ciu.
nisme, ce mot sans aucun passe litteraire ou phi- 1 0, 1 ) et l'Ecriture Sainte (cf. trin. 8,14). Mais il est
losophique sert ä exprimer une notion centrale de aussi fidele - sans en etre conscient peut-etre - ä la
la religion nouvelle. Le second terme etait usuel et tradition chretienne anterieure ä lui: Origene
classique. Dans le langage courant, il designait [11], disciple de Plotin, et Gregoire de Nysse [ 1 2]
l'amour de parente ou d'amitie. Largement utilise avaient dejä rapproch6 l'erös platonicien et
par Ciceron, il exprime, en particulier chez lui, la l'agape biblique. Si l'on considere son arriere-
<caritas generis humani>, notion importante du fond grec, la justification scripturaire d'A. - ä
stoi'cisme. Chez les auteurs chretiens, ce mot sert ä l'oppose de celle d'Origene qui cite Prv 4,6.8 et
traduire äyÖurn. et acquiert tous les sens de ce Sap 8,2 - n'est pas probante, car aucun des textes
terme biblique. C'est surtout avec le ciceronien bibliques allegues en faveur du sens positif d'am.
Ambroise que <caritas> supplante <dilectio> dans ne cache une forme d'epcoc, ou d'epäv: Tit 1,8
la langue des chretiens. Mais c'est A., semble-t-il, <amator boni>ApiAxxyaüoc, et Io 2 1 , 1 5- 1 9 <diligere>
qui a contribue plus que ses predecesseurs ä reha- et <amare>/dyanäv et (piAJEiv.
biliter am., equivalent d'epoac,, et ä lui donner
Notes. - [1] En particulier Petre 25-100; Agaesse 31-36;
aussi un sens positif [5]. Marin; Bochet 277-28 1 . - [2] Cf. mus. 6,5 1 : conf. 10.40; trin.
En ciu. 14,7, A. met en relation am., <caritas>, 8,14; ciu. 14,7; ep. 140,49: s. Lambot 2. - [3] Cf. lib. arb. 1.10;
<dilectio>: il etablit leur synonymie [6]. Aux yeux diu.qu. 33; 36,1; 64,8; trin. Il,5;au. \4J;s.Lambot2.-[4]Ep.
de Nygren [7], il s'agit ici de la rehabilitation Io. tr. 2,8-9; doctr. chr. 2. 1 0: en. Ps. 3 1 ,2,5; 64,2; c. Iul. 4.33. - [5]
Petre 78-79.96-98: nous avons resume ici ses conclusions. Cf.
d'am. La <bona uoluntas> qui se propose d'«amare Mohrmann, Wortform 24-25; ead., Emprunts 140; ead., Pro
deum et non secundum hominem, sed secundum blems 194. Pour S. Ambroise, cf. Otten. Amor; id., Caritas. -
deum amare proximum, sicut etiam seipsum» [6]Cf. mor. 1,24; ciu. 15.22; trin. 14,10; 15,41. - [7] Nygren.
(ciu. 14,7) est ordinairement appelee dans l'Ecri- Ehrenrettung; cf. id., Eros 124-126; Burnaby 94-95; Petre
90-9 1 ; Bardy; Holte 262 n. 2; Bochet 280-28 1 . - [8] Cf. par
ture Sainte <caritas> et aussi am., souligne A. Mais exemple, Ambr. in Luc. 1 0, 1 76 (ä propos de Io 2 1 , 1 5- 1 7); Or.
il laisse ensuite <caritas> ä l'arriere-plan de la dis- Cant. prol. - [9] Frede 867. -[10] Dideberg 1 77-1 79. - [ 1 1]
cussion et s'attache surtout, comme l'indique le Or. Cant. prol. Cf. Graef; Ceresa-Gastaldo. -[12] Gr. Nyss.
titre du chapitre, ä montrer que les termes am. et hom. 13 in Cant. Cf. Danielou 199-208.
<dilectio> sont synonymes, «hoc propterea com-
memorandum putaui, quia nonnulli arbitrantur //. Definitions. - Des termes etudies, A. a donne
aliud esse dilectionem siue caritatem, aliud amo- plusieurs definitions. Rappelons ici les plus con-
rem. dicunt enim dilectionem accipiendam esse in nues: «nihil enim aliud est amarequam propter se
bono, amorem in malo» (ib.) [8]. Or les auteurs ipsam rem aliquam appetere ... cum amor motus
profanes ne font pas cette distinction. Des philo- quidam sit, neque ullus sit motus nisi ad aliquid
sophes, s'ils l'admettent, attachent cependant de ...» (diu. qu. 35,1)- «amor appetitus quidam est;
l'importance ä l'<amor in bonis rebus et erga ip ... amor ... rerum amandarum caritas uel dilectio
sum deum>(du. 14,7; cf. ib. 10,1). Quant äl'Ecri- melius dicitur» (ib. 35,2) - «caritatem uoco qua
ture Sainte dont l'autorite est placee au-dessus des amantur ea quae non sunt prae ipso amante con-
autres ecrits, elle ne met <aucune difference entre temnenda, id est quod aeternum est et quod
amor et dilectio (ou carita$)> (ib. 14,7). Tit 1,8: amare ipsum aeternum potest. deus igitur et ani-
<amator boni> - texte latin propre ä A. [9] - (cf. 5. mus cum amantur, caritas proprie dicitur, purga-
Lambot 2), et le commentaire de Io 21,15-19: tissima et consummata, si nihil aliud amatur;
«diligis me? ... amas me?» (cf. ep. Io. tr. 8,5; Io. eu. hanc et dilectionem dici placet» (ib. 36,1)- «cari
tr. 1 23,4-5) montrent qu'am. a aussi un sens posi tatem uoco motum animi ad fruendum deo prop
tif et equivaut ä <dilectio> tandis que 2 Tm 3,2: ter ipsum et se atque proximo propter deum»
297 298 Amor

(doctr. chr. 3,16)- «caritas ... uoluntas bona» [ 1 3] cheres ä A. «pondus meum amor meus; eo feror,
- «quid est dilectio uel caritas ... nisi amor boni? quocumque feror» (conf. 13,10) [20]. L'amour de
amor autem alicuius amantis est, et amore aliquid l'äme qui se porte vers son bien, lieu de son repos,
amatur. ecce tria sunt, amans et quod amatur et est compare au poids qui conduit tous les corps de
amor. quid est ergo amor nisi quaedam uita duo l'univers ä leur lieu propre, les uns vers le bas, les
aliqua copulans uel copulari appetens, amantem autres vers le haut [2 1 ]. Mais l'äme de l'homme est
scilicet et quod amatur?» (trin. 8, 1 4) [ 1 4] - «quae en position mediane [22]: au-dessous de Dieu et
est uirtus animae? ipsa caritas» (en. Ps. 1 03,2,3) - au-dessus des corps et du monde materiel. Par
«et ut generaliter breuiterque complectar, quam consequent, «omnis amor aut adscendit, aut de-
de uirtute habeo notionem, quod ad recte uiuen- scendit. desiderio enim bono leuamur ad deum, et
dum adtinet, uirtus est caritas, qua id, quod dili- desiderio malo ad ima praecipitamur» (en. Ps.
gendum est, diligitur» (ep. 167,15) [15]. 122,1) [23]. Cette metaphore de la pesanteur de
Lorsqu'A. definit, des le diu. qu., l'amour l'äme, A. l'a peut-etre recue de Jamblique [24]
comme tendance (/"<appetitus> [ 1 6]), mouvement (/Anima, animus).
de l'äme (/<motus>), il le presente comme le dy- La metaphore des ailes exprime l'amour qui
namisme de la volonte (/"<uoluntas>) dans son eleve l'äme vers Dieu. «nostra dilectio pennae
aspect le plus elementaire. Cet elan de l'äme n'est nostrae sunt» (en. Ps. 103,1,1 3): «non enim pen-
pas abstrait et indifferencie mais concretement nis aut pedibus, sed affect ibus uenimus ad deum»
determine par l'objet (<res aliqua>, <aliquid>) vers (s. 344, 1 ). Quels sont ces ailes? «una ala est, <di-
lequel il se dirige ou auquel il est dejä uni. II est liges dominum deum tuum ex toto corde tuo, et ex
<amor rerum amandarum> c'est-ä-dire <tout ce tota anima tua, et ex tota mente tua> (Mt 22,37).
qui n'est pas meprisable en comparaison du sujet sed noli ad unam alam remanere: nam si unam
aimant lui-meme c'est-ä-dire ce qui est eternel, et habere te putas, nec ipsam habes. <diliges proxi-
ce qui peut aimer cet objet eternel>. II est <amor mum tuum tanquam te> (ib. 22,39). nam si fra-
boni> et, comme le precise le doctr. chr., sa fin est trem quem uides non diligis, deum, quem non
de <jouir de Dieu pour lui-meme, et de soi-meme uides, quomodo potes diligere? (cf. 1 Io 4,20).
et du prochain pour Dieu>. La <dilectio> est donc accedat et alia: sic uolabis, sic de terrenis auferes
<ordinata> (ib. 1,28-29). Si, dans l'acte d'aimer, cupiditatem, figes in caelestibus caritatem» (s.
l'on tient compte non seulement de l'objet mais Mai 126,13) [25]. Ces deux commandements ne
sont pas <un fardeam (Mt 1 1 ,30) car «haec sarcina
du sujet, comme le fait le trin., l'am. joue un röle non est pondus onerati, sed alae sunt uolaturi» (s.
dynamique et unifiant: il apparait <comme une 1 64,7; cf. s. Mai 1 26, 1 3). Par contre, la metaphore
certaine vie qui unit deux etres ou tend ä les unir: de la glu exprime l'attachement de l'äme aux
celui qui aime et ce qui est aime> [17]. Enfin la choses terrestres qui l'empechent d'aimer: «amor
charite est la vertu de l'äme (en. Ps. 103,2,3) et rerum terrenarum, uiscum est spiritualium pen-
inversement la vertu est <la charite par laquelle on narum» (s. 1 12,6) [26]. Cet amour-lä «amor iste
aime ce qui doit etre aime> (ciu. 15,22) ou, de tartareus est: uiscum habet, quo deiciat in profun-
maniere plus concise, «ordo ... amoris» (ib.), dum; non pennas, quibus leuet in caelum» (en. Ps.
<summus amor dei> (mor. 1,25 [18]). La vertu, 1 40,2). Reunies dans plusieurs passages, ces deux
selon la definition de Ciceron [19], reprise par diu. metaphores decrivent l'ambivalence constitutive
qu. 31,1, est «animi habitus naturae modo atque de l'äme humaine: «obligata enim anima amore
rationi consentaneus», ou encore, selon la con- terreno, quasi uiscum habet in pennis; uolare non
ception stoicienne developpee dans le ciu., «ars ... potest. mundata uero ab affectibus sordidissimis
bene recteque uiuendi» (ib. 4,21), «artes ... ad saeculi, tamquam extensis pennis et duabus alis
inmortalem perueniendi felicitatem» (ib. 22,24). resolutis ab omni impedimento, id est, duobus
Notes. -[13] Gr. etpecc. or. 1 ,22; en. Ps. 36,2, 1 3; s. Denis 19.3; praeceptis dilectionis dei et dilectionis proximi
cf. trin. 15,38; ep. 147.44. - [14] Cf. ord. 2,48; diu. qu. 35,1; 5. uolat. quo, nisi ad deum adscendens uolando,
Lambot 2. - [ 1 5] Cf. gr. et pecc. or. 1 .22; ep. 155.13; 1 85.46; s. quia adscendit amando?» (en. Ps. 1 2 1 , 1 ) [27]. La
Guelf. 30, 1 . - [ 1 6] Chez A. <appetitus> a perdu le sens technique metaphore des ailes provient ä la fois de l'Ecriture
que lui donnait Ciceron, ä la suite des Stoiciens: «appetitum
animi, quem öpur|v Graeci uocant» (fin. 5.17; Bochet 105 n.
(Ps 54,7; 1 38,9) et de Platon; celle de la glu uni-
7). - [ 1 7] Cette reflexion peut se rattacher ä Plot. 6,8, 1 5 (Dide- quement de Platon [28].
berg 140-142.229-230). de Margerie 161-163 releve l'in- Les pieds symbolisent aussi les affections hu-
fluence possible d'Or. Cant. prol.; Pamph. Caes. apol. Orig. 5 (- maines. L'homme est mü non par ses pieds mais
Rufin. apol. Orig.). -[18] Doignon. -[19] Cic. inu. 2, 1 59. par ses affections (<non pedibus sed affectibus>
[29]). Cette expression est empruntee ä un passage
///. Metaphores. - A la lumiere de ces defini- de Plotin [30] quelquefois utilise davantage: «qui
tions, presentons egalement quelques metaphores ergo in hac uita gemunt, et desiderant illam pa
Amphitheatrum 299 300

triam, currant dilectione, non pedibus corporis: tane ou mouvement imposc'1 Le «feror» augustinien: REAug 5
non quaerant naues, sed pennas; duas alas carita- (1959) 13-19. -S. Poque, Le langage symbolique dans lapredi-
cationd 'Augustin d'Hippone. Images hero'iques 1-2, Paris 1984.
tis adprehendant. quae sunt duae alae caritatis?
dilectio dei, et proximi» (en. Ps. 1 49,5; cf. s. 9 1 ,7). Dany Dideberg
En langage chretien, les pieds signifient «duo
praecepta dilectionis, dei et proximi» (en. Ps.
33,2,10; cf. Mt 22,37-40). Cette metaphore ex- Amphitheatrum
prime egalement l'ambivalence de l'amour hu- 1. Die Bedeutung der Kampfspiele im am. - 2. A. und die
main: «unus ergo idemque homo corpore stans Gladiatorenkämpfe - 3. A. und die <uenationes> - 4. A.s Kritik
uno loco, et amando deum accedit ad deum, et am Publikum im am.
amando iniquitatem recedit a deo; nusquam
pedes mouet, et tamen potest et accedere et rece- 1. Die Bedeutung der Kampfspiele im am. - Seit
dere» (en. Ps. 94,2; cf. ib. 9,15). dem 3. Jh. v. Chr. entwickelten sich die <ludi
gladiatorii> (Fechterspiele im Zweikampf oder in
Notes. - [20] Cf. ib. 1 1.28; ep. 55.18; 157,9; s. Etaix 1; mus. Gruppen mit unterschiedlicher Bewaffnung), seit
6,29. - [2 1 ] de Plinval; Bochet 1 05- 1 07. - [22] Berrou ard.
- [23] Cf. conf. 13.8; en. Ps. 121,1; 5. Etaix 1; s. 265,7. - [24] dem 2. Jh. v. Chr. auch die <uenationes> (Tierhet
O'Brien. - [25] Cf. cons. eu. 4,20; en. Ps. 67,18; 103,1.13; zen, auch Kämpfe der Tiere untereinander) zu
121,1; 138,12; 149, 15.- [26] Cf. en. Ps. 79,14; 138.13;5. 107,8; einem charakteristischen Bestandteil römischen
255,7; 31 1,4. - [27] Cf. ib. 66,3; 103.1.13; 138.13. - [28] Phdr. Lebens [1]. Bedeutende Persönlichkeiten des öf
246a-256a; Phd. 82e. Cf. Courcelle 33 1-334.608-6 1 5: Poque
287.336-339. - [29] Io. eu. tr. 32,1; 36,8; 48.3: s. 344.1; cf. ep. fentlichen Lebens veranstalteten und finanzier
155,13. - [30] Plot. 1,6,8. Cf. Poque 312-315. ten beide Arten von Kampfspielen für die Bevöl
kerung als <munera>. Diese fanden zunächst auf
Bibliographie. - P. Agaesse (ed.). Saint Augustin, Commen- dem Forum, später auch im Circus und im Thea
taire de la Premiere Epitre de s. Jean (SC 75), Paris 1961. -G.
Bardy, Amour et charite: BA 35 (1959) 529-531. - M.-F. ter [2] statt. Eigentlicher Austragungsort der
Berrouard, La position mediane de l'äme: BA 72 (1977) Kampfspiele wurden hölzerne Schaugerüste in
764-765. - I. Bochet. Saint Augustin et le desir de Dieu, Paris einer elliptischen Form, die dann im flavischen
1983. - J. Burnaby, Amor Dei. A Study of St. Augustine's
Teaching on the Love ofGodas the Motive ofthe Christian Life.
am., dem sogenannten Kolosseum, ihre monu
London 3l960. - A. Ceresa-Gastaldo. La dimensione mentale architektonische Vollendung fand. -
dc11'amore nell'interpretazione origeniana del «Cantico dei Wenn die Provinz Africa nach Latium und Cam-
Cantici»; Paradoxos Politeia. Studia Patristica in onore G. Laz- panien die größte Zahl von am. aufweisen konnte
zati. Milano 1979, 187-194. - P. Courcelle. Connais-toi toi-
meme. De Socrate ä saint Bernard, Paris 1974sq. - J. Danie- [3] und das am. von Karthago zu den größten im
lou, Platonisme et thiologie mystique. Essai sur la doctrine Imperium Romanum zählte [4], so macht dies
spirituelle de saint Gregoire de Nysse, Paris 2 1 953. - D. Dide- den Stellenwert der <munera> im Lebensbereich
berg, Saint Augustin et la premiere epltre de saint Jean. Une A.s hinreichend deutlich. Schon Tertullian hatte
thMogie de l'agape, Paris 1975. - J. Doignon, La premiere
ex6gese augustinienne de Rm 8,28 et l'unite formulee «more die Kämpfe im am. als dnsignissimum spectacu-
lulliano» des quatre vertus dans l'amour: CrSt 4 (1983) lum atque acceptissimum> bezeichnet (spect. 1 2).
285-291. - H.J. Frede (Hrsg.), Epistulae ad Titum. Philemo- Zur Zeit A.s hatten sich jedoch bei den <munera>
nem. Hehraeos (VL 25,2), Freiburg 1 983. - H.G. Graef.Tdwc, einige grundlegende Veränderungen ergeben, die
et AydTm: VSp Suppl. 4 (1949/50) 99-150. - R. Holte, Beati-
tude et sagesse. Saint Augustin et le probleme de la fin de seit Konstantin auf Drängen der Kirche hin er
l'homme dans la philosophie ancienne. Paris/Worcester, Mass. folgt waren: keine Verurteilung <ad ludum> und
1962. - B. de Margerie, Introduction ä l'histoire de l'exegese <ad bestias>, Schließung der Gladiatorenschulen
III. Saint Augustin, Paris 1983. - D. Marin, Charitas: AFLF und Einstellung der Gladiatorenkämpfe im ersten
(B) 17(1 974) 1 6 1-234. - C. Mohrmann, Wortform und Wort
inhalt. Bemerkungen zum Bedeutungswandel im altchristli Drittel des 5. Jh.s [5]. Von diesen Maßnahmen
chen Griechisch und Latein: Etudes sur le latin des chretiens 2, waren die <uenationes> nicht betroffen, obwohl
Roma 1 96 1 , 11 -34. - Ead., Les emprunts grecs dans la latinite sie seit alters fest mit dem Gladiatorenkampf ver
chretienne: ib. 3, Roma 1965, 127-145. - Ead., Linguistic
Problems in the Early Christian Church: ib. 3, Roma 1965,
bunden waren; sie dürften zu einem eigenständi
1 7 1 - 1 96. - A. Nygren, Die Ehrenrettung von amor bei Augu gen <spectaculum> geworden sein und an Bedeu
stin: APArMA M.P. Nilsson dedicatum, Lund 1 939, 367-373. - tung gewonnen haben. Dazu kam die Beschädi
Id.. Eros et Agape. La notion chretienne de l'amour et ses trans- gung oder gar Zerstörung der am. durch die Ger
formations 3, Paris 1 952. - D. O'Brien, «Pondus meum. amor
meus». Saint Augustin et Jamblique: RHR 1 98 ( 1 98 1 ) 423-428.
manen [6]. - Diese Veränderungen sind eine
- R.T. Otten, Amor, Caritas and Dilectio: Some Observations wichtige Ursache dafür, daß A., der sich der kom
on the Vocabulary of Love in the Exegetical Works of St. promißlosen Ablehnung der <munera> durch die
Ambrose: Melanges offerts ä C. Mohrmann, Utrecht 1963, lateinischen Kirchenväter [7] durchaus anschloß,
73-83. - Id., Caritas and the Ascent Motif in the Exegetical
Works of St. Ambrose: StPatr 8 (TU 93) (1966) 442-448. - H. bei seiner eigenen Kritik jedoch andere Akzente
Petre, Caritas. Etude sur le vocabulaire latin de la charite setzte. Bestimmend sind für A. aber ebenso eigene
chretienne. Louvain 1 948. - G. de Plinval, Mouvement spon persönliche Erfahrungen.
729 730 Caritas

facit capacem. desideremus ergo fratres, quia im- 300-304. - G. Madec, c.r. de J.-L. Marion, Distance et beati-
plendi sumus» (ep. Io. tr. 4,6). tude: REAug 16 (1970) 317. -J.-L. Marion, Distance et beati-
tude. Sur le mot <capacitas> chez saint Augustin: Resurrection
Le temps de cette vie doit etre celui du desir (cf. 29 (1969) 58-80. - C. Mayer, Augustins Lehre vom <homo
Io. eu. tr. 34,7; en. Ps. 37,14; /"Desiderare, deside- spiritalis>: Homo spiritalis. Festgabe ßr L. Verheijen, Würz
rium). Dieu lui-meme entretient en nous ce desir, burg 1 987, 3-60.
afin d'augmenter notre contenance (en. Ps. 83,3) Goulven Madec
[12]. Enfin Dieu dilate le cceur (/"Cor) en y faisant
sa demeure; il y menage l'ampleur de la charite
(<latitudo caritatis>), repanduc en nos cceurs par
l'Esprit saint (cf. Rm 5,5; s. 23,7sq.; 163,1). Caritas
Tout ceci explique la priere de conf. 1,6: «an-
I. La doctrine a. de la charite - II. Introduction au double
gusta est domus animae meae, quo uenias ad eam: commandement de la charit6 - III. <Ordo praecipiendi> -
dilatetur abs te». 1 . Amour de Dieu - 2. Amour de soi - 3. Amour du prochain -
IV. <Ordo faciendi>
Notes. - [ 1 ] Voir Hey, capax; id., capacitas. - [2] C. <praecep-
ti>(lib.arb. 3,72; pecc. mer. 1,67.70; «'u.21, 16; c. ep.Pel. 1,14; c.
Iul. 1,19); <rationis> (diu. qu. 64,7); <sapientiae> (nat. b. 18); Sous le vocable /<amor>, ont ete examines le
<beatitudinis> (trin. 13,11; au 9,14); «scien tiae capax atque vocabulaire, les definitions et les metaphores (col.
doctrinae et habilis perceptioni ueritatis» (ciu. 22,24); «homi- 294-300). Cet article traite un premier theme, le
nem animal rationale, intellectus capacem» (Vinc. Vict. A. an. double commandement de la charite. Le reste de
et or. 4,2.37); «bonitatis et malitiae» (c. Iul. 1,37); <iustificatio-
nis> (ib. 2,22.24); <iustitiae> (ib. 2,31); «uirtutis et uitii» (Iulian. la doctrine a. de la charite sera expose sous le
A. c. Iul. imp. 1 ,79); etc. Cf. Hensellek/Schilling, capax; id., vocable /<dilectio>.
capacitas. - [3] Ib. 14,6: «quamquam enim magna natura sit (sc.
anima), tamen uitiari potuit quia summa non est; et quamquam /. La doctrine a. de la charite [1]. - Aucun
uitiari potuerit quia summa non est, tamen quia summae natu-
rae capax est et esseparticepspotest, magna natura est»; 1 4, 1 5; s.
ouvrage de l'eveque d'Hippone n'expose sa theo-
38,1: «duae uirtutes (sc. continentia et sustinentia) ... mundant logie de la charite de maniere systematique: celle-
animam et capacem faciunt diuinitatis». - [4] C. Faust. 21,4; cf. ci se trouve eparse dans l'ensemble de son ceuvre.
ib. 20,14. - [5] Trin. 14,18: «ex deformitate reformatur»; cf. ib. D'abord dans des ouvrages de synthese person-
1 4,22. - [6] Rufin. Orig. princ. 1,3,8 (GCS 22, p. 62): «ex spiritus nelle: mor. \;diu. qu. 35sq.; doctr. chr. 1,20-38; cat.
sancti confirmatione atque indesinenti sanctificatione, per
quam solam deum capere possunt»; ib. 3,6,9 (GCS 22, p. 290): rud. 6-8; conf.; ciu. 11-22; trin. 8,10-12; 15,27sq.;
«cum capaces dei fuerint effecti»; voir aussi Lampe 1 537; Harl ench. A ces ouvrages, il faut ajouter certaines
109-111.267. - [7] Cf. Altaner; Bartelink 15-17. - [8] S. lettres: ep. 55.140.155.258. Ensuite dans les com-
dom. m. 2,14: «quid opus sit ipsa oratione, si deus iam nouit, mentaires scripturaires. En plus des premiers
quid nobis sit necessarium, nisi quia ipsa orationis intentio cor
nostrum serenat et purgat capaciusque efficit ad excipienda commentaires ecrits comme le s. dom. m. ou Yexp.
diuina munera, quae spiritaliter nobis infunduntur». - [9] C. Gal, il faut examiner avant tout les quelques 800
Faust. 1 2,46: «disciplina catholica propterea simplici fide prius homelies conservees, en particulier s. 21,1-4; 34;
nutriri oportere docet mentem christianam, ut eam capacem 90,6-10; 96,1sq.; 138; 253,1-4; 265,9-11; 349; 350;
faciat ad intellegenda superna et aeterno»; s. 225,3: «nec ego
comprehendo: sed cogitatio facit nos extendi, extensio dilatat
disc. chr. ; 5. Denis 1 9; s. Etaix 1 ; s. Guelf. 1 6. 1 7; s.
nos, dilatatio nos capaces facit»; ep. 149,25: «(sc. Paulus) uult Lambot 3; 5. Mai 14, 1-3; 5. Wilm. 2; s. Mogunt. 40;
eos fide nutriri, ut capacesfiant participandorum thesaurorum en. Ps. 31,2,5; 101,1,18; 103,1,9sq.; 127,8; 140,2;
sapientiae et scientiae, qui sunt absconditi in Christo (cf. Col Io. eu. tr. 13,10-18; 17,6-9; 32,7-9; 65,1-3; 87,1. Les
2,3)». - [10] Io. eu. tr. 63,1: «quaeramus (sc. deum) inuenien- ep. Io. tr. constituent la partie la plus riche de cette
dum, quaeramus inuentum ... satiat enim quaerentem in quan-
tum capit; et inuenientem capaciorem facit ut rursus quaerat predication sur la charite.
impleri, ubi plus capere coeperit»; cf. ib. 94,5; 96,1; 98,2; L'enseignement de l'eveque d'Hippone est
Mayer 33. - [1 1] Cf. ib. 34,7; Berrouard: BA73A(1988) 132 avant tout biblique et pastoral. L'Ecriture Sainte
n. 37; 326sq. nn. 98-102; id., Desir. - [12] Cf. s. Wilm. 11,8: est la source principale de sa theologie de la chari
«differt (sc. Christus), non aufert, et in differendo quid agit?
desiderio dilatat sinum animae ... exercetur ergo capacitas tua te. Pour lui, la charite est la <res> de la Bible (doctr.
dilatione bonorum; ut aucta desiderio, sis idoneus capere quod chr. 1,39; /"Scriptura sacra) [2]. De lä, le principe
promittit, et quod desideras». exegetique fondamental: «in eo quod in scripturis
intellegis, caritas patet; in eo quod non intellegis,
Bibliographie. - B. Altaner, Augustinus und Origenes:
Kleine patristische Schriften, Berlin 1967, 224-252 (HJb 70 caritas latet» (s . 350,2). Plus que tout autre ecrit
(1951) 15-41). - G.J.M. Bartelink, Die Beeinflussung Augu biblique, 1 Io traite, de l'avis dFA., le theme de la
st ins durch die griechischen Patres: Augustiniana Traiectina, charite (ep. Io. tr. prol.; 1,5; 5,7.13; 8,1.4; 9,1).
Paris 1987, 9-24. - M.-F. Berrouard, «Le desir est le fond du Certains versets sont souvent cites: 1 Io 4,8. 16 (79
cceur»: BA 73A ( 1 988) 487sq. - M. Harl, Origene et lafonction
r&velatrice du Verbe incarne, Paris 1958. - W. Hensellek/ fois); 4,18 (76 fois); 2,15 (42 fois). D'autres textes
P. Schilling, capacitas: SLA Lfg. 4 ( 1 990). - Id., capax: ib. - O. bibliques sont frequemment utilises: Rm 5,5 (215
Hey, capacitas: TLL 3 (1906-1912) 298-300. - Id., capax: ib. fois); Lv 1 9, 1 8 et loc. parall. ( 1 66 fois); Gal 5,6 ( 1 55
Caritas 731 732

fois); Mt 5,44 et loc. parall. (110 fois); / Cor 13,1 avec Ambr. in psalm. 118serm. 16,24-28: Tajo 134-136. -[4]
(24 fois); 1 3,2 (50 fois); 1 3,3 (46 fois); Dt 6,5 et loc. Cat. rud. 7.9.39; ep. Io. tr. 7,7; en. Ps. 127,8; cf. Iulian. A. c. Iul.
imp. 1 ,94. - [5] Berrouard, Ordres. - [6] Pour une comparai-
parall. (86 fois); Rm 13,10 (81 fois) etc. A l'in- son entre A. et les Peres grecs, Barrosse. - [7] Cf. aussi/ et op.
fluence predominante de la Bible, s'ajoute celle de 16; Canning, Unity 58-75; Mayer, Glaube 102-112.
la culture antique, plus precisement 1 apport de la
philosophie stoicienne (/"Stoici) et neoplatoni- ///. <Ordo praecipiendi>. - Le double comman
cienne (/Plato, Platonici): celui-ci a fourni le ca- dement de la charit6 (Dt 6, 5; Lv 1 9, 1 8) a 6te preche
dre general de l'ethique a. fondee sur la recherche par le Christ (Mt 22,37-40 et loc. parall.). II donne
de la beatitude (/Beatitudo). la premiere place ä Dieu qu'il enjoint d'aimer de
D'autre part, l'enseignement d'A. est pastoral.
II est surtout dispense dans la predication tout son etre. II met en second le prochain et
(/Sermones, /Praedicatio). Deux grandes con- prescrit de l'aimer comme soi-meme. L'amour de
troverses lui ont donne des accents particuliers. soi n'est pas un commandement: axe sur l'amour
S'adressant aux donatistes, l'eveque repete que la de Dieu, il regle l'amour du prochain (s. Wilm.
paix (/"Pax) et l'unite (sVnitas) ne peuvent exister 2,4). Cet <ordo praecipiendi> a ete souvent pre-
sans la charite qui est don de l'Esprit-Saint sente par A. tant dans des traites comme le mor. 1
(/"Spiritus sanctus) ä la Catholica; il souligne aussi ou le doctr. chr. 1 que dans la predication (par ex.,
le primat de la charite. Face aux pelagiens, il in- disc. chr.; s. Wilm. 2).
siste sur la gratuite de l'amour de Dieu (/Gratia)
repandu dans le cceur de l'homme par l'Esprit- 1. Amour de Dieu. - Le commentaire a. de Mt
Saint. 22,37 definit a) l'objet du premier commande
ment et b) la maniere de l'aimer.
Notes. - [ 1 ] Dideberg, Caritas, est une version plus develop- a) Pour le neoplatonicien (ciu. 8,8; 1 0, 1 ) devenu
pee de cette introduction, avec un etat de la question et une chretien, l'objet du premier commandement
abondante bibliographie. - [2] Cf. Sieben.
s'impose. «bonorum summa, deus nobis est. deus
est nobis summum bonum. neque infra remanen-
//. Introduction au double commandement de la dum nobis est, neque ultra quaerendum: alterum
charite. - Dans l'initiation chretienne, le double enim periculosum, alterum nulluni est» (mor.
precepte de la charite occupe une place centrale 1,13) [8]. «summum (sc. bonum) id dicitur, quo
[3]. Selon le cat. rud. 7sq., Dieu s'est fait homme cuncta referuntur; eo enim fruendo quisque bea-
pour reveler ä l'homme l'amour de Dieu et lui tus est, propter quod cetera uult habere, cum illud
demander d'aimer en retour (<redamare>) [4] iam non propter aliud sed propter seipsum diliga-
Dieu et le prochain. tur, et ideo finis ibi dicitur, quia iam, quo excurrat
Dans le mor. 1,51, le jeune converti se deman- et quo referatur, non inuenitur» (ep. 118,13) [9]
dait «quomodo aut pariter ista in plenitudinem (/Deus).
perfectionemque consurgunt, aut inchoatur prius b) Selon Mt 22,37, l'homme doit aimer Dieu «ex
dei amor, et prius perficitur proximi». L'eveque toto corde, et ex tota anima, et ex tota mente». Le
donnera cette reponse dans sa predication: «mag <ex toto> (s. 34,8; spir. et litt. 64) dont Dieu doit
na est primitus commendanda dilectio dei, se- etre aime, recouvre toutes les parties de l'homme
cunda dilectio proximi; a secunda autem incipi- - cceur, äme, esprit (doctr. chr. 1,21) [10] - , en un
tur, ut ad primam perueniatur» (s. 265,9). Le Io. mot «ex toto, quod in te uiuit» (s. Wilm. 2,3) [1 1].
eu. tr. 17,8 distingue «deux ordres de la charite» Selon les stoi'ciens, il s'agit de la vie active (<cogi-
[5]: «dei dilectio prior est ordine praecipiendi, tationes>), la vie infra-rationelle (<uita>), la vie
proximi autem dilectio prior est ordine faciendi». contemplative (<intellectus>) (diu. qu. 35,2) [12].
Cette distinction commande la division de l'ex- Dieu est saisi directement par l'intellect
pose qui suit [6]. (/<ratio>//"<mens>); les autres objets sont appre-
Toutefois «utrumque praeceptum ita ... ut neu- hendes par le /"<cor> et l'<anima> (/Anima, ani-
trum sine altera possit teneri ...» (exp. Gal. 45) [7]. mus) mais en lien avec l'intellect. Ainsi les autres
«bene intellegentibus utrumque inuenitur in sin- amours convergent-ils vers l'amour de Dieu
gulis. nam et qui diligit deum, non eum potest (doctr. chr. 1,27) [13]. Aimer Dieu de cette mani
contemnere praecipientem ut diligat proximum; ere signifie aussi l'aimer «ut nihil amplius diligere
et qui sancte ac spiritaliter diligit proximum, quid debeamus» (mor. 1,18) [14].
in eo diligit nisi deum?» (Io. eu. tr. 65,2).
Notes. -[i]Ep. Rm. inch. MJ.etop. \6;disc. chr.; ep. 213.258.
2. Amour de soi. - Avant de montrer que
Cf. aussi le commentaire allegorique de Ct 4,2: doctr. chr. 2,7; l'amour du prochain est regle par l'amour de soi, il
ep. 149,4; s. Denis 15,3; en. Ps. 3,7; 77,44; 94,1 1. A comparer convient d'abord d'analyser celui-ci en lui-meme
733 734 Caritas

[15]. L'amour de soi ne fait pas, remarque A., 3. Amour du prochain. - «Diliges proximum
1 objet d'un commandement [16]. Chacun, en ef- tuum tamquam te ipsum»: tel est le second com
fet, est porte ä s'aimer soi-meme «inconcussa na- mandement (Mt 22,39 et loc. parall.). Son enonce
turae lege» (doctr. chr. 1,27) [17]: «quantumlibet indique a) l'objet ä aimer et b) la maniere de
enim homo excidat a ueritate, remanet illi dilectio l'aimer.
sui...»(ib. 1,22). PourA., l'amour de soi nes'iden- a) Dans la langue profane, le terme <proximus>
tifie pas simplement au desir de la beatitude qui designe seulement le proche parent [28]. Chez A.,
resulte de l'adhesion ä Dieu: «ut enim homo se il exprime l'extension de la charite chretienne:
diligere nosset, constitutus est ei finis, quo refer- «proximus est omni homini omnis homo ... nihil
ret omnia quae ageret, ut beatus esset; non enim tam proximum, quam homo et homo» (disc. chr.
qui se diligit aliud uult esse quam beatus. hic 3) [29]. La parabole du Bon Samaritain repond ä
autem finis est adhaerere deo» (ciu. 10,3) [18]. II la meme question: «<et quis est mihi proximus?>
est l'amour dont l'homme aime Dieu «plus quam (Lc 10,29). putabat dicturum dominum: pater
te», «ex toto te». «... nullam esse aliam dilectio- tuus et mater tua, coniux tua, filii tui, fratres tui,
nem, qua quisque diligit se ipsum, nisi quod dili sorores tuae. non hoc respondit, sed qui uolebat
git deum» (ep. 155,1 5) [19]. «te ... ipsum salubriter commendare omnem hominem omni homini
diligis, si plus quam te diligis deum» (mor. 1,49) proximum, instituit narrationem. <homo>, inquit,
[20]. «uis diligere te? dilige deum ex toto te» (s. <quidam>. quis? quidam, tamen homo ... trans-
Wilm. 2,4) [21]. En effet, «totum exigit de te, qui ierunt proximi, et extraneus factus est proximus.
fecit te» (s. 34,7). En un mot, «non opus erat, ut quis ergo erat huic homini proximus?» (s. Denis
dato de dei dilectione praecepto etiam se ipsum 16,2) [30].
homo diligere iuberetur, cum in eo diligat se ip La notion de <proximus> comprend l'inconnu et
sum, quod diligit deum» (ep. 155,15). meme l'ennemi [31]: «omni homini proximus est
Mais l'amour de soi peut aller jusqu'ä mepriser omnis homo. interroga naturam. ignotus est?
Dieu: «amor sui usque ad contemptum dei» (ciu. homo est. inimicus est? homo est» (s. Denis 16,1).
14,28) [22]. II devient alors <haine de soi>: «qui ... Mais l'amour du prochain procede par etapes:
non diligit deum etiam si se diligit, ... tamen non «extende dilectionem in proximos, nec uoces il-
inconuenienter odisse se dicitur cum id agit quod lam extensionem. prope enim te diligis, qui eos
sibi aduersatur et se ipsum tamquam suus inimi- diligis qui tibi adhaerent. extende ad ignotos, qui
cus insequitur» (trin. 14,18). En effet, selon le Ps tibi nihil mali fecerunt. transcende et ipsos; per-
10,6 commente plusieurs fois par A. [23], «qui ... ueni, ut diligas inimicos» (ep. Io. tr. 8,4). Souvent
diligit iniquitatem, odit animam suam». Ce mau- le predicateur a recommande d'etendre la charite
vais amour de soi entraine meme la perte de soi- jusqu'aux ennemis: «sursum cor: extende, dilige
meme. La parabole du fils prodigue (Lc 1 5, 1 1-32) inimicos» (s. 56, 1 6) [32]. Cette invitation fait echo
illustre le commentaire a. de 2 Tim 3,2 («erunt ... ä celle du Christ rappelee au moins 1 1 0 fois par A. :
homines se ipsos amantes, amatores pecuniae»): «diligite inimicos uestros» (Mt 5,44; Lc 6,27). Cet
«... dimittendo deum, et amando te, existi et a te; amour est illustre par l'exemple du Christ lui-
et alia iam, quae sunt forinsecus, pluris aestimas meme (Lc 23,34) et celui d'Etienne (Act 7,59) [33].
quam te» (s. 330,3) [24]. Devie de Dieu, l'amour Pour l'exegete de / Io [34], aimer un ennemi
de soi conduit aussi le prochain ä sa perte: «ita et c'est aimer non seulement un homme cre6 par
proximum diligens, ad iniquitatem duces, et di Dieu (ep. Io. tr. 7,1 1) mais un frere en esperance,
lectio tua laqueus erit dilecti» (en. Ps. 140,2) [25]. heritier de la vie eternelle: «non ... amas in illo
Ainsi, dans le cadre du double commandement quod est; sed quod uis ut sit» (ib. 8, 10). La charite
de la charite (Mt 22,37.39), le moi ne peut rester a un röle transformant: «... fratrem diligis factum
neutre: ou bien il se ferme sur lui-meme, ou bien il ex inimico» (ib. 10,7; 1,9). Le terme <proximus> a
s'ouvre ä Dieu qui lui est superieur et au prochain, une extension plus grande que celui de <frater>
son egal: «deum ex toto te, quia ille est melior te; reserve aux chretiens [35]. «proximum tuum de-
proximum tamquam te, quia hoc est quod tu» (s. bes putare omnem hominem, et antequam sit
Wilm. 2,3) [26]. Par le double commandement, christianus» (en. Ps. 25,2,2). Devenu chretien, ce-
l'amour de soi est appele ä un depassement de lui-ci sera appele frere (s. 359,4) [36].
lui-meme. Mais, selon certains auteurs [27], De cette notion du prochain, A. a dormo une
l'amour de soi visant Dieu est chez A. un desir double justification [37]. L'une, empruntee au
sublime mais egocentrique puisqu'il cherche en stoi'cisme, se base sur la communaute de nature et
Dieu sa propre beatitude; il ne peut inclure plus particulierementde raison: «proximus ... non
l'amour du prochain que recommande le Nou- sanguinis propinquitate sed rationis societate
veau Testament. pensandus est, in qua socii sunt omnes homines»
Caritas 735 736

(ep. 155,14) [38] (/Societas). L'autrejustification rendre ä chacun l'amour qui lui est du, en respec-
tiree de l'Ecriture est fondee sur la descendance tant sa place dans la hierarchie des etres (s. 100,2;
d'un meme pere (s. 90,7) ou plutöt d'un couple /Ordo). Plusieurs fois, cette doctrine mentionne
unique cree par Dieu ä l'origine [39] et meme sur la priere de l'Epouse du Ct 2,4: «ordinate in me
la predestination [40]. «proximus tuus ille est, qui caritatem» [52].
tecum natus est ex Adam et Eua» (en. Ps. 25,2,2).
Notes. - [8] Cf. aussi sol. 1,2; mor. 1,24; doctr. chr. 1,27; trin.
b) «Diliges proximum tuum tamquam te ip- 8,4; s. Denis 1 7,6; ep. 1 30, 1 4; 1 37,7. - [9] Cf. aussi ib. 1 55, 1 3. -
sum» (Lv 19,18 et loc. parall.): l'authentique [10] Cf. aussi mor. 1,13; du. 10,3; s. 334,3; s. Denis 17,6. - [11]
amour de soi est la <regula> de l'amour du pro- Cf. aussi uera rel. 24. - [12] Cf. aussi mor. 1,47; exp. Gal. 19; c.
chain [41]. «de proximo inuenta est tibi regula, Faust. 22,27sq. - [13] Holte 251-273; Canning, Distinction
quia inuentus es proximo tuo par tu ipse ... arten 12-19. En sens contraire, O'Donovan, Usus. - [14] Cf. aussi
doctr. chr. 1,21; 5. Denis 17,8. - [15] Pour l'histoire de ce con-
de te ipsum, et quomodo te diligis, sic dilige pro cept, O'Donovan, Self-Love 2-4. Pour sa signification, Bur-
ximum» (disc. chr. 3) [42]. «ut sciat homo diligere naby, Amor Dei 117-118; Canning, Self 145-184; O'Dono
proximum tamquam seipsum, prius debet dili- van, ib., surtout 1-9.37-59.93-111. - [16] Doctr. chr. 1,27.39;
gendo deum diligere seipsum» (en. Ps. 1 1 8,8,2) ciu. 19,14; ep. 155,15;5. Wilm. 2,4. - [ 1 7] Cf. aussi trin. 14,8; s.
330,3;5. Wilm. 2,4. -[ 18] Cf. aussi mor. 1, 18.48; doctr. chr. 1,21;
[43]. Inversement, l'amour du prochain peut aussi 5. Wilm. 2,4. Cf. O'Donovan, Self-Love 56-59. - [19] Cf. aussi
regler l'amour de soi: «indignum est enim, ut in se mor. 1,48; trin. 14,18; ep. 130,14; 177,10; s. 34.8; 90,6; s. Denis
non faciat, qui fach in proximum» (ciu. 21,27). 17,6; s. Wilm. 2,4sq.; Io. eu. tr. 87,1; 123,5. - [20] Cf. aussi uera
Ce veritable amour de soi permet d'aimer le rel. 93; doctr. chr. 1 ,28. -[21] Cf. aussi uera rel. 24; doctr. chr.
1,21; s. 34,8. - [22] Cf. aussi c. Sec. 17; Gn. litt. 11,20,27; ciu.
prochain et de le conduire ä Dieu: «quod ergo agis 14,13. - [23] Par ex., disc. chr. 4; en. Ps. 10,9; Canning , Self
tecum, id agendum cum proximo est; hoc est, ut 165-171. - [24] Cf. aussi 5. 96,2; 5. Wilm. 2,4; en. Ps. 1 18,8,2. -
ipse etiam perfecto amore diligat deum. non enim [25] Cf. aussi disc. chr. 3sq.;5. 128,5;5. Wilm. 2,4. - [26] Cf. aussi
eum diligis tanquam teipsum, si non ad id bonum s. 34,8; s. Denis 20,6. - [27] Holl 85.87.94sq. 107sq.; Nygren
ad quod ipse tendis, adducere satagis» (mor. 1,49) 62.97-1 2 1 ; Hultgren 50.285-287; Brechtken 85-155. Pour la
critique de Holl et de Nygren, cf. O'Donovan, Self-Love
[44]. Par consequent, «... non suscenseat alius 137-159. - [28] Petre, Caritas 141-168. - [29] Cf. aussi exp.
homo, si etiam ipsum propter deum diligis» Gal. 45; doctr. chr. 1 ,32; disc. chr. 4; en. Ps. 14,3; 25,2,2; 1 18,8.2;
(doctr. chr. 1,21) [45]. 5. 90,7; 149,18; 359,9; 5. Denis 16,1 sq.; Canning, Identity 179-
Plusieurs fois, le second commandement est 185. - [30] Cf. aussi en. Ps. 48,1,14; 118,8,2; Sanchis. - [31]
D'apres Canning, Identity 192-208, A. souligne avant 400 la
compare ä la regle d'or exprimee positivement en perfection de celui qui aime ses ennemis tandis qu'apres cette
Mt 7,12: «omnia ergo quaecumque uultis ut fa- date, il s'interesse ä l'ennemi lui-meme. - [32] Cf. aussi ep. Rm.
ciant uobis homines bona, ita et uos facite illis; inch. 18; pecc. mer. 2,22; ep. 130,13; en. Ps. 54,4; 93,28; 99,5;
haec est enim lex et prophetae» [46] et negative- 102,14; 108,4; s. 149, 18.- [33] En. Ps. 69,3; 108,4; 1 32,8; 5. 90.9;
149,16; 317,2; 319,4; s. Wilm. 2,1; ep. Io. tr. 5,4. Cf. Mayer.
ment en Tb 4,16 ou sous la forme d'un proverbe Attende Stephanum 229-231 et nn. 60-66. - [34] Dideberg,
«quod tibi fieri non uis, alii ne feceris» [47]. Ecrite Saint Augustin 67-73. - [35] Petre. Caritas 1 58. - [36] Ce5. 359
dans le cceur de l'homme par son Createur, «ea est est le seul commentaire a. A'Ecli 25,2: «concordia fratrum et
autem regula dilectionis, ut quae sibi uult bona amor proximorum». Cf. aussi disc. chr. 3; en. Ps. 25,2,2;
prouenire, et illi uelit, quae accidere sibi mala non 32,2,2,29; ep. Io. tr. 1,9; 10,7. - [37] Petre, Caritas 156. - [38]
Cf. aussi sol. 1,7; mus. 6,45; uera rel. 89; ep. 130,13; en. Ps.
uult et illi nolit. hanc uoluntatem erga omnes 1 18,8.2. - [39] Disc. chr. 3; en. Ps. 25,2,2; s. 149,18. - [40] Cat.
homines seruat» (uera rel. 87). rud. 50; en. Ps. 25,2.2. - [41] O'Donovan, Self-Love 1 12-136;
Dans Io, le Christ a formule le «diliges proxi Canning, Self 184-197; id., Identity 208-232. - [42] Cf. aussi
mum tuum tamquam te ipsum» d'une autre ma- mend. 9; ciu. 1,20; en. Ps. 140,2; s. 278,8. - [43] Cf. aussi ib.
1 1 8,27,6; Io. eu. tr. 87, 1 . - [44] Cf. aussi uera rel. 86; diu. au. 36,3;
niere: «... ut diligatis inuicem, sicut dilexi uos, ut doctr. chr. 1,21; conf. 4.18; ciu. 10,3; 19,14; disc. chr. 3sq.; ep.
et uos diligatis inuicem» (Io 13,34 et loc. parall.). 105,13; 130,14; 155.14sq.; 167,16; en. Ps. 72,34; 118,8,2; 5.
Cite peu frequemment ( 1 1 fois), ce texte n'a ete 90,6. 1 0; 5. Denis 1 7,6; s. Wilm. 2,4. - [45] Cf. aussi ep. 137,17.-
commente que rarement [48]. Mais, de part et [46] 5. dom. m. 2,74sq.; trin. 8,10; ep. 82,28; en. Ps. 51,10. Cf.
aussi s. dom. m. 2,81; ciu. 14,8. - [47] Vera rel. 87; doctr. chr.
d'autre, un meme enseignement est donne sur la 3,22; en. Ps. 32.2,1.6; 51,10;5. 9, 1 4. Cf. ord. 2,25;c. Faust. 15,7;c.
maniere d'aimer le prochain: «... nos inuicem dili- ep. Pel. 3, 1 4; Io. eu. tr. 49, 1 2; en. Ps. 35, 1 ; 57, 1 ; La Bonnardie-
gamus, ut quantum possumus, inuicem ad haben- re. - [48] Canning, Identity 232-239. - [49] Cf. aussi les com-
dum in nobis deum cura dilectionis adtrahamus» mentaires de Io 1 5, 1 2: Io. eu. tr. 83,3 et 5. 332, 1 («amate simul,
sed me»); celui de Io 15,17: Io. eu. tr. 87,1 («hac diligimus
(Io. eu. tr. 65,2) [49]. inuicem, hac diligimus deum»). -[50]Cf. mus. 6,46; au. 19.14;
Des son premier commentaire de Mt 22,37.39 ench. 76; ep. 1 37, 1 7; s. 37,23; 348,2. -[51] Burnaby, Amor Dei
dans le mor. 1, A. affirme le primat de l'amour de 113-137. Cf. aussi c. Faust. 22,28.78; mend. 41; ep. 140,4;
Dieu en lui subordonnant l'amour de soi et 243,12: en. Ps. 26,2.7; s. 21,3; 128,5; 5. Guelf. 30,5. - [52] Ciu.
l'amour du prochain [50]. Ce developpement 15,22; s. 21,3; 37,23; 100,2; 344,2;5. Etaix 1 . L'exegese a. a ete
rapprochee de celle d'Or. hom. 2 in Cant. 8; Cant. 3: cf. Petre,
constitue une application de la doctrine de la <di- Ordinata caritas, et Frank 25-27.
lectio ordinata> (doctr. chr. 1,28) [51]. II s'agit de
737 738 Caritas

IV. <Ordo faciendi>. - Dans l'ordre de la prati- parait pejoratif et inadequat. Pourtant, chez Ci-
que, l'amour du prochain est premier (Io. eu. tr. ceron, il designe des relations humaines cordiales
1 7,8). En effet, «... opportunius illud, de quo quis- [63] et, chez A., il signifie <se rapporter ä> (<referre
que facilius conuincitur» (exp. Gal. 45). «a secun- ad>; <propter aliud>) plutöt qu'<utiliser>.
da (sc. dilectione proximi) autem incipitur, ut ad Le prochain ne releve pas seulement de la
primam (sc. dilectionem dei) perueniatur: <si sphere de l'<uti> mais aussi de celle du <frui> [64].
enim fratrem quem uides non diligis; deum quem Les hommes qui s'aiment mutuellement <propter
non uides, quomodo diligere poteris?> (1 Io 4,20)» deum>, jouissent ensemble de Dieu et les uns les
(s. 265,9) [53]. «diligendo proximum ... iter agis. autres en Dieu: «haec autem merces summa est, ut
quo iter agis, nisi ad dominum deum» (Io. eu. tr. ipso perfruamur et omnes, qui eo fruimur, nobis
17,9). etiam inuicem in ipso perfruamur» (doctr. chr.
Ce mouvement qui, dans l'<ordo faciendi^ va 1,35) [65]. <Frui> est reserve ä l'amour de Dieu.
de l'amour du prochain ä l'amour de Dieu, A. l'a Quand ce terme est applique ä un homme, A.
analyse de differentes manieres. Voici ses princi- ajoute aussitöt «in deo», «in domino» (en citant
paux essais. Phlm 20: «ego te fruar in domino») [66] ou «prop-
ter deum» [67].
1. - L'amour du prochain est un <gradus> vers Employer ainsi <frui> ä propos du prochain
l'amour de Dieu. Cette affirmation se lit dans les n'est-ce pas souligner le lien qui unit amour du
premiers ecrits d'A.: mor. 1 ,48; mus. 6,46; c. Adim. prochain et amour de Dieu? Dieu que l'homme
6. Contrairement ä l'avis de certains auteurs [54], doit aimer <ex toto>, est aime <propter se>: il est le
l'amour du prochain n'est pas presente ici comme seul objet du <frui>. Le prochain, son egal, est aime
un <degre> que l'homme gravirait par lui-meme par l'homme <tamquam se> c.-ä-d. <propter
pour atteindre l'amour de Dieu. L'amour du pro deum>: il est l'objet de l'<uti>. Aimes <propter
chain est un <acte> [55] ä travers le quel l'action deum>, les hommes participent cependant en
meme de Dieu est percue: «... cum bene agitur, semble ä la <perfruitio dei>.
deum per nos agere intellegamus» (an. quant. 78)
[56]. Cet acte conduit ä Dieu le prochain et l'hom 3. - Le trin. 8 cherche ä montrer l'unite du
me qui l'aime comme lui-meme: «non enim eum double commandemant de l'amour (Mt 22,37.39)
diligis tanquam teipsum, si non ad id bonum ad [68]. L'Ecriture, en effet, ne mentionne d'habitu-
quod ipse tendis, adducere satagis» (mor. 1,49). de qu'un commandement pour les deux. Tantöt,
Dieu, bien supreme, n'est pas un <bonum priua- elle parle seulement de l'amour envers Dieu. Mais
tum> que chacun recherche pour soi mais un <bo- «qui diligit deum, consequens est ut faciat quod
num commune> partage avec les autres [57]. Ain- praecepit deus ... consequens ergo est ut et proxi
si, l'amour du prochain est-il «quasi cunabula ca- mum diligat quia hoc praecepit deus» (trin. 8, 10).
ritatisdei» (ib. 1,50). Tantöt, l'Ecriture recommande seulement
l'amour envers le prochain; elle semble passer
2. - Le rapport entre amour du prochain et sous silence l'amour de Dieu. «sed et hoc ideo quia
amour de Dieu a ete aussi mis en lumiere chez A. ä et qui proximum diligit consequens est ut ipsam
partir de la distinction /<frui>-<uti> [58]. Dejä praecipue dilectionem diligat. <deus> autem <di-
elaboree dans le diu. qu. 30, cette distinction a tt€ lectio est, et qui manet in dilectione in deo manet>
developpee dans le doctr. chr. 1 avant d'etre repri- ( 1 Io 4, 1 6). consequens ergo est ut praecipue deum
se dans des ceuvres posterieures [59]. Selon le diu. diligat» (trin. 8,10) [69]. Le raisonnement d'A. est
qu. 30, le <frui> est caracterise par l'<honestum> le suivant: celui qui aime son frere, aime l'amour.
recherche <propter se ipsum> tandis que l'<uti> Or, l'amour est Dieu puisque «deus dilectio est» (1
l'est par l'<utile> refere <ad aliud aliquid> [60]. Io 4,8.16) [70]. Donc, celui qui aime son frere,
Dieu seul est l'objet du <frui>: par nature au-dessus aime Dieu. Mais ce raisonnement souleve une
de tous les etres, il ne peut etre refere qu'ä lui- double question: quelle est la conception de
mSme. Le domaine de l'<uti> s'etend ä toute la l'amour sous-jacente ä la majeure? Comment jus-
realite visible et invisible, hormis Dieu, et se refe tifier l'inversion de la mineure?
re ä Dieu [61] (/"Referre ad). L'auteur du trin. a defini sa conception de
Le prochain est-il <utilise> (<uti>) pour jouir de l'amour ä la fin de l'expose sur l'unite du double
Dieu (<frui deo>)? Telle est la «magna quaestio» commandement de l'amour, inspire par 1 Io (trin.
que pose le doctr. chr. 1,20 [62]. Parce qu'il se 8,12) [71]: «quid est autem dilectio uel caritas
refere ä autre chose que lui-meme - c.-ä-d. ä quam tantopere scriptura diuina laudat et praedi-
Dieu -, l'amour de l'homme pour son semblable cat nisi amor boni? amor autem alicuius amantis
est defini par <uti>. Au lecteur moderne, ce terme est, et amore aliquid amatur. ecce tria sunt, amans
27 AL Vot. 1
Caritas 739 740

et quod amatur et amor. quid est ergo amor nisi dei» (ib.). A. fait un pas de plus dans sa reflexion:
quaedam uita duo aliqua copulans uel copulari «quos filios dei? membra filii dei». Comment? La
appetens, amantem scilicet et quod amatur?» (ib. reponse constitue la seconde conclusion: «et dili-
8, 14) [72]. Pour A., l'acte d'aimer comporte trois gendo fit et ipse membrum, et fit per dilectionem
elements. Mais il importe de le souligner: «quia in compage corporis Christi» (ib.). L'amour ne fait
cum diligimus caritatem, aliquid diligentem dili- donc pas seulement devenir un fils de Dieu,
gimus proptcr hoc ipsum quia diligit aliquid ... membre du Christ, en l'integrant ä son Corps.
caritas enim non est quae nihil diligit» (ib. 8,12). Mais il realise egalement l'unite de tous les mem-
L'amour de la charite est «la transposition, dans le bres du Christ entre eux, en edifiant l'unique
contexte d'une pensee chretienne, de la theorie Corps du Christ.
platonicienne et plotinienne selon laquelle «Et erit unus Christus amans seipsum»! Par
l'amour du Bien absolu est implique en toute con- ' cette phrase, A. exprime au plus haut degre sa
naissance et en tout vouloir humains» [73]. Tout pensee sur la charite fraternelle et l'unite du Corps
acte d'amour se refere ä ce Bien ideal, quand du Christ [78]. C'est par l'amour que se construit
quelque chose ou quelqu'un est aime. l'<unus Christus>. Celui-ci est ä la fois sujet
L'amour dont il s'agit n'est pas une abstraction: (<amans>) et objet (<seipsum>) d'une meme
c'est le Dieu-Amour de saint Jean. A. n'a pu iden- amour: il s'aime lui-meme. Mais cette unite du
tifier l'amour ä Dieu qu'en s'appuyant sur 1 Io Christ ne se realisera (<erit>) que progressivement
4,8.16: «deus dilectio est» et en convertissant le par l'amour mutuel: «cum enim se inuicem amant
sujet et l'attribut de cette affirmation, ä ses yeux membra, corpus se amat» (ib.).
substantiellement identiques [74]. «eandem ip-
sam fraternam dilectionem ... non solum <ex deo> En conclusion, on ne peut aimer Dieu sans ai-
(/ /o4,7) sed etiam <deum esse> (cf. / /o4,8) ... cum mer son fröre. En renversant cette affirmation, A.
ergo de dilectione diligimus fratrem, de deo dili tire la consequence extreme de sa doctrine sur le
gimus fratrem» (trin. 8,12). Le pasteur d'Hippone double commandement de la charite: qui aime
a approfondi cette conception du Dieu-Agape en son fröre aime Dieu. «non potest ergo separari
meditant 1 Io: l'amour qui, en l'homme, est Dieu dilectio. elige tibi quid diligas; sequuntur te cetera
de Dieu, c'est le don de l'Esprit-Saint [75]. ... nemo se excuset per aliam dilectionem, ad
aliam dilectionem; omnino sic se tenet ista dilec
4. - Le commentaire de 1 Io 5,\ b-2a dans ep. Io. tio» (ep. Io. tr. 10,3). Cet enseignement sur l'<ordo
tr. 10,3 [76], reprend la conception tripartite de faciendi> est primordial ä une epoque oü la Ca-
l'amour. II ne considere plus seulement «l'amour tholica est divisee par le schisme donatiste. Pour
de l'amour» inherent ä tout acte d'amour, mais A., «origo et pertinacia schismatis ... odium fra-
l'objet aime et le sujet aimant lui-meme. De plus, tris» (bapt. 1,16; /"Schisma).
dans ce commentaire, apparait la grande vision de
l'«unus Christus amans seipsum»: sujet et objet Notes. - [53] Cf. aussi trin. 8,12: «id autem ut a proximo
prouehamur frater est»; Io. eu. tr. 1 7,8: «incipe ... diligere proxi-
coincident dans un meme amour. La doctrine du mum»; Canning. Unity 72-75. - [54] Nygren 1 1 9; Hultgren
<Christus totus> explique ici l'unite du Christ et 70sq.; Dideberg, Saint Augustin 1 38. - [55] An. quant. 78: «illis
des chretiens (/Christus, col. 879-882, /"Ecclesia). omnibus gradibus ... quos actus melius appellamus». - [56] Cf.
En 1 Io 5,1b, saint Jean declare: «omnis qui aussi mor. 1,51; Canning, Loveof Neighbour 12-17. - [57] Cf.
critique de Nygren par Burnaby, Amor in St. Augustine 183.
diligit qui genuit eum, diligit eum qui genitus est - [58] Les interpretations divergent: cf. Nygren 65-74.116-
ab ipso», c.-ä-d., commente A., «omnis qui diligit 128; Holte 275-281; Brechtken 95-102; Canning, Vti/frui
... patrem, diligit ...fi\ium»(ep.Io. tr. 10,3) [77]. Or 1 85-2 1 6. Cet auteur depasse la position de Holte (ib. 1 85- 1 90)
saint Jean continue aussitöt: «in hoc cognoscimus et critique celles de Nygren et de Brechtken (ib. 210-216.
217-231). Cf. en dernier lieu Verheuen. - [59] Cf. aussi doctr.
quia diligimus filios dei» (I Io 5,2a). D'oü l'eton- chr. 1,44 (Canning, Vti/frui 183-185); ciu. 1 1,25. Pour l'his-
nement du predicateur: «filios dei dixit, qui filium toire de cette distinction, Holte 201-203. - [60] Canning,
dei paulo ante dicebat» (ep. Io. tr. 10,3). Pour Vti/frui 1 66- 1 83. - [6 1 ] Cf. la reflexion ä propos de l'amour de
resoudre la contradiction, A. fait appel ä la doc l'homme pour lui-meme (doctr. chr. 1,21 sq.) ou de l'amour de
Dieu pour l'homme (ib. 1 ,34). Diu. qu. 30 affi rmait seulement:
trine du Corps du Christ: «quia filii dei corpus «utitur etiam ceteris rationalibus animantibus ad societatem».
sunt unici filii dei; et cum ille caput, nos membra, Cf. aussi uera rel. 91. - [62] Canning, Vti/frui 198-210. - [63]
unus est filius dei» (ib.). De cet expose, le predica Id., ib. 187 n. 77. - [64] Cf. aussi ciu. 19,13; s. 255,7. - [65] Cf.
teur tire une premiere conclusion qui concerne aussi c. Faust. 22,78. - [66] Doctr. chr. 1.37. Seul passage oü
l'unite de la charite: «ergo qui diligit filios dei, Phlm 20 est cite chez A.: Biblia Aug. Epitres. <Frui> est rappro-
che ici de «cum dilectione uti»: pour cette version du texte, cf.
filium dei diligit; et qui diligit filium dei, patrem Canning. Vti/frui 207sq. L'interpretation de Brechtken 102-
diligit: nec potest quisquam diligere patrem, nisi 1 1 0 est discutee par Canning, ib. 210-216. Cf. aussi trin. 9. 1 3. -
diligat filium; et qui diligit filium, diligit et filios [67] Doctr. chr. 3,16. - [68] A ce propos. Du Roy 431-440;
741 742 Caritas

Dideberg, Saint Augustin 137-166; Canning, Unity 75-104. - «more tulliano» des quatre vertus dans l'amour: CrSt 4 (1983)
[69] Sur le sens de <praecipue>, Canning, Unity 83-86. Meme 285-291. - J.-B. Du Roy, L'experience de l'amour et l'intelli-
problematique dans ep. Io. tr. 8,4; 9, 10. - [70] Dideberg, Saint gence de la foi trinitaire selon saint Augustin: Rech Aug 2 (1 962)
Augustin 142n. 17; Canning, Unity 100-104.-[71]Aproposde 415-445. - K.S. Frank, Geordnete Liebe. Cant 2,4b in der
ce texte capital, Canning, Unity 1 04- 121, rejette avec raison la patristischen Auslegung: WW 49 ( 1 986) 1 5-30. - J. Gallay, La
fausse conception de l'interiorite^ a. de Du Roy. Cf. aussi trin. charite fraternelle selon les Tractatus in Iam Ioannis de saint
15,5.10; ep. Io. tr. 5,7; 9,10; Io. eu. tr. 17,8: Dideberg, Saint Augustin, These Lyon 1953. - B.T. Gioultses, 'H fiOiirf| Ttjc,
Augustin 154-166. -[72] Cf. aussi diu. qu. 35,1; trin. 6,7; 9,2; ep. aYdnr|c, o-rf| ÖeoXoyia toö iepoö AuYouo-tivou: GregPa 64(1981)
Io. tr. 7,1; 9,10; 10,4; ciu. 11,26.28; en. Ps. 118,8,3sq.; s. 21,2; 273-282. - V. Grossi, La spiritualita agostiniana: Le grandi
23,13; 34,3sq.; 5. Denis 19,1; Canning, Unity 77-83. - [73] scuole della spiritualita cristiana, Roma 1984, 161-206. - A.
Agaesse 5 1 . Cf. aussi Canning, Unity 86-92. - [74] Excellente H amman. De l'agape ä la diaconie, en Afrique chretienne: ThZ
mise au point de van Bavel. - [75] Ep. Io. tr. 7,6; trin. 1 5,28.37: 42 (1986)214-221. - N. Hartmann, Ordo amoris. Zur augusti-
Congar 89-91; Dideberg, Caritit 254-260. /"Dilectio. - [76] nischen Wesensbestimmung des Sittlichen: WW 18 (1955) 1-
Dideberg, Saint Augustin 150-153; Canning, Unity 47-54. - 23.108-121. — K. Holl, Augustins innere Entwicklung: Gesam
[77] Pour la majorite des ex6getes modernes, «qui genuit» de- melte Aufsätze zur Kirchengeschichte 3,Tübin$en 1928, 54-1 16.
signe le Pere tandis que «qui genitus est ab ipso» est le fils de - R. Holte, Beatitude et sagesse. Saint Augustin et le probleme
Dieu et non le Fils de Dieu. Dans l'exegese latine, la maniere a. de lafin de l'homme dans la philosophie ancienne, Paris/Wor-
de 1 i re / /o 5. 1 b n'apparait, ä notre connaissance, que chez Hil. cester, Mass. 1962. - M. Huftier, Loi et amour chez saint
trin. 6,42; 1 2, 1 . - [78] Mersch 1 38. Cf. aussi le commentaire de Augustin: ASeign 59 (1966) 63-82. - G. Hultgren, Lecom-
/ Io 4,20 (ep. Io. tr. 1 0,3; s. Guelf. 1 6, 1 ) et celui de Io 1 3,34 (Io. eu. mandement d'amour chez Augustin. Interpretation philosophi-
tr. 65,1 sq.). que et theologique d'apres les ecrits de la periode 386-400, Paris
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3. Das durch A.s Bekehrung bedingte neue Ver
Dany Dideberg ständnis von c. und s. - Das gegenseitige Verhält
nis von c. und s. wurde vor A. bereits sowohl in der
heidnisch-philosophischen wie auch in der
Caro - spiritus christlichen und gnostisch-häretischen Tradition
breit reflektiert [5]. A. lernte den Antagonismus
I. Der a. Sprachgebrauch - 1 . Das Wortpaare, und s. als Schema von c. und s. in dessen schärfster Ausprägung bei
- 2. Eingrenzung der Wortbedeutung von c. und s. und deren den gnostischen Manichäem (/Augustinus (uita).
Wertung - 3. Das durch A.s Bekehrung bedingte neue Ver /Manichaei) kennen [6]. Rückblickend auf jene
ständnis von c. und s. - 4. Der ab 394/395 vorherrschende
biblische (paulinische) Sprachgebrauch - II. Idp4 und xvsOua Zeit schrieb er in conf. 4,26: «caro carnem aecusa-
bei Paulus - 1 . Der heilsgeschichtlich-theologische Skopos der bam». Bei seiner Bekehrung zum katholischen
Begriffe - 2. Probleme der Paulusinterpretation bei A.: Wandel Christentum in Mailand spielte die durch die Be
in der Auslegung von Rm 7,7-25 - 3. Die bibelexegetische gegnung mit dem Neuplatonismus (/Plato-
Tradition - III. Der Mensch als c. und s. im Lichte der von A.
akzeptierten und modifizierten Philosophie - 1 . Die anthropo
nicorum libri, /Philosophia) gewonnene Klarheit
logischen Definitionstermini - 2. Die Einordnung von c. und s. über das Wesen geistiger Substanzen (/Sub-
in den neuplatonisch konzipierten <ordo rerum> - IV. Der stantia) für ein neues Verständnis von c. und s.
Mensch als c. und s. im Lichte der a. Schöpfungstheologie - sowie von deren Verhältnis zueinander eine nicht
1. Der paradiesische Mensch - 2. Der Sündenfall und seine geringe Rolle (cf. ib. 6,4). Die ebenfalls in Mailand
Folgen für c. und s. im Status des Unerlösten - V. C. und s.
Christi - 1. Erlösung als Wiederherstellung der <concordia> gehörten, philosophisch fundierten Predigten des
zwischen c. und s. - 2. Die <concordia carnis et spiritus> im /Ambrosius (col. 273sq.) über die Geistseele als
Status des verherrlichten Christus - VI. C. und s. im <homo /<imago dei> festigten bei ihm eine neuplatoni
iustificatus adhuc peccaton - 1 . Der neue und andere s. bei der sche Bewertung der Dinge [7], auch der c. und des
Bestimmung des Verhältnisses von c. und s. - 2. Die Aktivitä
ten der c. im <iustificatus> - 3. Christliche Existenz als <agon> s.
und die verheißene <concordia plena carnis et spiritus> - VII.
Das Spezifische im a. Denken über c. und s. 4. Der ab 394/395 vorherrschende biblische
(paulinische) Sprachgebrauch. - A. beginnt über c.
/. Der a. Sprachgebrauch. - /. Das Wortpaar erst in jenen Schriften ausgiebiger zu reflektieren,
c. und s. als Schema. - Wie /<foris-intus>, in denen die Häufung von Bibelzitaten
/"<signum-res> und andere gehört c.-s. [1] mit zu (/Scriptura sacra) ins Auge fällt: mor., Gn. adu.
jenen Wortpaaren, in denen neben dem Gegen Man., lib. arb. und uera rel. [8]. Im Schrifttum
satz zugleich ein übergreifendes Gemeinsames dieser Zeit tauchen zum erstenmal c.-s.-Stellen
zur Sprache kommt. Dabei wird eines der Glieder aus den paulinischen Briefen auf wie Gal 6,8 in
dem anderen wertend übergeordnet [2]. Diese uera rel. 4: «qui seminat in carne, de carne metet
Schemata kennzeichnen treffend A.s philosophi corruptionem, qui seminat in spiritu, de spiritu
sches und theologisches Denken. Im Schema c.-s. metet uitam aeternam». Die beiden wichtigsten,
manifestiert sich die ganze Spannung der a. An Gal 5, 1 7 in lib. arb. 3,5 1 : «caro coneupiseit aduer-
thropologie, Hamartiologie und Soteriologie. Die sus spiritum et spiritus aduersus carnem» sowie
bei A. häufiger als <carnaliter>-<spiritaliter intel- Rm 7,25 in mus. 6,33: «menteseruio legi dei, carne
legere> artikulierte bibelhermeneutische Frage autem legi peccati», gehören zeitlich bereits in die
stellung wird unter <signum-res> dargestellt. Jahre 394/395, in denen A. seine Kommentare
zum Römer- und Galaterbrief schrieb [9], Von
2. Eingrenzung der Wortbedeutung von c. unds. dieser Zeit an dominiert im Gebrauch von c.-s.
und deren Wertung. - Selbstredend kennt A. na der biblische Gehalt in seiner eigentümlich a.
hezu sämtliche Bedeutungen, die c. im Latein hat Brechung. A. zitiert Gal 5, 1 7 (gelegentlich zusam
[3]. Im spezifischen, hier zu erörternden Sinn be men mit Vers 1 6: «dico autem: spiritu ambulate, et
zeichnet c. im Unterschied und Gegensatz zu s. coneupiscentias carnis ne perfeceritis») nahezu
(/Spiritus) sowie zu dessen bedeutungsverwand lOOmal. An Häufigkeit folgen: Rm 7,25 (mit
ten Begriffen (/Anima, animus, /Mens, /Ratio) <mens> statt s.) etwa 60mal und Rm 8, 1 3: «si enim
den Leib (/Corpus) bzw. die Leiblichkeit und mit seeundum carnem uixeritis, moriemini; si autem

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