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La croissance et le développement économique Jbilou Mohammed

La croissance économique

Depuis plusieurs siècles, nous assistons à une amélioration considérable des performances de
l’économie et au cours des 45 dernières années à une accélération de cette amélioration ; ce
processus de transformations de l’ensemble de la société s’appelle la croissance économique …

La notion de croissance :

Définitions et approches de la croissance :


La science économique s’efforce de recherche les moyens les plus efficaces de lutter contre la
rareté ; la croissance que de nombreux pays enregistrent depuis prés de deux siècles est en ce
sens un réel succès.
La croissance économique peut être définie de différentes manières selon le type d’approche que
l’on adopte :

L’approche quantitative de la L’approche qualitative de la


croissance croissance

La croissance est un accroissement La croissance est un processus complexe


durable d’un indicateur de dimension. d’évolution de longue durée

Lorsque la croissance économique se perpétue dans le temps, elle contribue à générer de


multiples transformations structurelles.

Les notions proches de la croissance :


La notion de croissance exprime une réalité économique. Cette notion met en outre en parallèle
d’autres concepts qu’il convient de différencier :

Le développement L’expansion Le progrès


économiques
Phénomène plus large que la Phénomène plus conjonct- Ce concept prend en
croissance, le développ- urel que la croissance, l’ex- compte un accroissement
ement est la combinaison pansion est une progression du revenu réel ou de la
de multiples changements réversible d’un certain consommation réelle par
structurels, sociaux et me- nombre de variable caract- habitant. Il relève d’une
ntaux aptes à faire croître éristique d’une nation. approche qualitative de
le produit réel d’une nation. l’évolution d’une nation.

D’une manière générale, les nations de croissance et d’expansion s’appliquent aussi bien aux
activités d’une entreprise, d’une branche, ou bien encore à l’ensemble de l’économie nationale ou
internationale.

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La mesure de la croissance :

Les indicateurs de la croissance :


La croissance économique d’une nation entre deux années n et n+1 se mesure par l’évolution d’un
indicateur macro-économique, en général Le Produit Intérieure Brut (PIB) ou le revenu national.
Ainsi, dans le premier cas, le taux de croissance (t) est déterminée de la manière suivante :

PIBn+1 – PIBn
T = ------------------ X 100
PIBn

Ce taux apparaît en fait comme un instrument important de diagnostic économique puisqu’il


permet de mener à la fois :
ƒ Une analyse de l’évolution d’une même économie dans le temps ;
ƒ Une comparaison internationale de processus de croissance.

En marge de la détermination du taux de croissance d’une économie par un agrégat, les


économistes sont souvent amenés également à en mesure le phénomène par la prise en compte
d’un ensemble de caractéristique liées aux facteurs de productions :
ƒ Quantité de facteurs disponibles (travail et capital notamment) ;
ƒ Qualité de ces facteurs ;
ƒ Niveau de progrès technique atteint ;
ƒ Efficacité de la combinaison productive …

Dans le premier type de mesure, la croissance est un phénomène purement statistique ; dans le
second type de mesure, elle fait déjà l’objet d’une analyse de ses causes.

La contestation des indicateurs de mesures de la croissance :


La croissance matérielle décrit la mise à la disposition des agents économiques d’un nombre
croissant de biens et de services. On peut cependant, pour plusieurs raisons, contester
l’existence d’un rapport absolu entre taux de croissance et bien-être :
ƒ Le taux de croissance sous évalue certains aspects positifs de la croissance : Progrès de
la santé, de l’éducation…
ƒ Le taux de croissance ne comptabilise pas certains phénomènes de dégradations du bien-
être : pollution, encombrement …
ƒ Le taux de croissance ne décrit pas la maniéré dont sont réparties les richesses entre
individus ; les inégalités sont ainsi masquées.
Au-delà, c’est une remise en cause du phénomène même de la croissance qui peut être engagée ;
on observe en effet dans les pays développés que la croissance a, paradoxalement, engendré des
laissés-pour-compte de la société de consommation. En effet lorsque la croissance est rapide
comme elle le fut après la seconde guerre mondiale, elle conduit à privilégier certains catégories
de personnes en raison de leur mobilité, de leur qualification, de leur participation à des secteurs
de pointe, au détriment d’autres catégories appartenant à des activités plus traditionnelles et en
régression. Ainsi est née, à la fin des années 70, ce qui l’on nomme la « nouvelle pauvreté »

Les stratégies de croissance du Maroc :


Jusqu’aux années 80, le Maroc présente un modèle de croissance intermédiaire (priorité à
l’agriculture, à l’industrie et au tourisme). La décennie 80 est marquée par les programmes

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d’ajustement structurel (PAS) dictés par les organismes financiers internationaux (FMI et BM).
L’objectif est d’amener le Maroc à pouvoir rembourser ses dettes extérieures et à trouver la
voie d’une croissance équilibrée.
Période de Secteur Politiques économiques Résultats globaux
croissance prioritaire
De Secteur ƒ Réforme agraire. Croissance lente est
l’indépendance agricole ƒ Mise en valeur des terres équilibrée :
à la fin des fertiles. ƒ Taux de croissance du
années 60 ƒ Politique des barrages. PIB 3,6% ;
ƒ A travers les différents ƒ Taux d’investissement
Plans de développement, 1/3 moyen 12,3% ;
des dépenses d’équipement ƒ Taux d’inflation 2.2%
est orientés vers le secteur l’an ;
agricole. ƒ Endettement limité.
Ö Dualisme : secteur
traditionnel (demande
interne) contre secteur
moderne (demande
externe)
La décennie Secteur ƒ Industries de substitution Croissance remarquable :
70 industriel aux importations (plan 68– ƒ Le taux moyen : 7% (73-
72). 77).
ƒ Industrie de promotion des ƒ Taux d’investissement :
exportations (plan 73–77). 14% (en 73) à 33% (en
ƒ Code des investissements. 77).
ƒ Marocanisation. ƒ Le secteur occupe la 2e
ƒ Poursuite de la politique des rang dans la contribution
barrages … au PIB (40%).
Mais déséquilibrée :
ƒ Taux d’inflation moyen :
10%.
ƒ Fort endettement
extérieur.
ƒ Déséquilibre financiers.

La décennie Les « PAS » ; ƒ Politique d’austérité Croissance faible est


80 abandon de la (budgets de récession) ; malaise social :
stratégie des compression des dépenses ƒ Taux de croissance : 4%
secteurs et d’investissem-ents, des (de 1980-1990).
de la planific- subventions des biens ƒ Dégradation des services
ation. alimentaires. sociaux (désengagements
ƒ Rééchelonnement de la de l’Etat).
dette (accords successifs ƒ Service de la dette de
avec les organismes plus en plus lourd.
financiers). Résultats insuffisants pour
ƒ Dévaluation. le redressement des
ƒ Politique de privatisation … équilibres.

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Le développement économique :
Qu'est-ce que le développement ?

Le développement est un phénomène qualitatif (transformation des comportements, évolution des


mentalités...) ayant un aspect structurel (industrialisation, urbanisation, extension du salariat...)
et entraînant des changements économiques, sociaux, techniques, démographiques et
institutionnels.

Comment mesurer le développement ?


Le développement d'un pays est souvent assimilé à sa richesse : les pays riches sont les pays
développés et les pays pauvres sont les pays sous-développés. Or la répartition des richesses
n'est pas toujours égalitaire.

L'Indicateur de Développement Humain (IDH), créé en 1990, sert à mesurer le


développement. Il est calculé par le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD)
et prend en compte 3 facteurs :

• l'espérance de vie
• le niveau d'instruction : taux d'alphabétisation des adultes et nombre d'années d'étude
• le PIB par habitant : parité de pouvoir d'achat.

L'IDH est la moyenne des notes obtenues par les 3 composantes.

L'Indicateur de Pauvreté Humaine (IPH) a été créé en 1997. Il tient compte des conditions
de vie :

• accès aux services publics : eau potable, santé...


• niveau de malnutrition : part des enfants de moins de 5 ans

Remarque : les PDEM ont eux aussi leur IPH qui tient compte de la population ayant une
espérance de vie de moins de 60 ans, des analphabètes et des chômeurs d'un an ou plus.

Y a-t-il un lien mécanique entre la croissance et le développement ?

La croissance et le développement sont des notions différents mais liées. La croissance n’induit
pas forcément le développement. Les acteurs pays industrialisés se sont développés au rythme de
la croissance qu’ils ont connue depuis deux siècles.

Les pays de tiers monde souffrent d’un manque de développement, même si certaines ont connu la
croissance. Ainsi la chine connaît une forte croissance dans les années 90 alors qu’elle reste un
pays en développement. Cela est dû à :

ƒ Une progression de la population supérieure à cette croissance ;

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ƒ Une insuffisance et une mauvaise répartition des richesses créées, qui ne permettent pas
de dégager de quoi investir.
ƒ

Le sous-développement :

Le sous-développement : État des pays dont l'économie ne permet pas d'assurer aux habitants un
niveau de vie suffisant.

D'après l'analyse tiers-mondiste, le sous-développement est la conséquence d'un retard pris par
un certain nombre de pays dans un processus long et global, retard dû pour une large part à la
colonisation, et accru par la situation de dépendance dans laquelle sont maintenues les anciennes
colonies vis-à-vis des pays du Nord.

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