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Sophie Scholl

Die letzten Tage

ein Film von


Marc Rothemond

Deutschland, 2005
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SOMMAIRE

Le réalisateur page 4
Interview avec le réalisateur page 5
Fiche technique/artistique page 8

Le film

Synopsis page 9
Sequenzprotokoll page 10

Analyse de trois séquences page 13

Photos, Erzählen Sie den Film page 17

Autour du film

Texte zum Einstieg page 21

La Rose Blanche page 23

Sophie Scholl page 25

Fünftes Flugblatt page 26

Cinquième tract page 28

La Résistance allemande à Hitler page 29

Die Presse page 35

Site utilisé
www.bpb.de

Dossier réalisé par :

Hélène Hüther, professeur d’allemand au Lycée Ste-Clotilde,Strasbourg


Véronique Ley, professeur d’allemand au Lycée Ste-Clotilde, Strasbourg
Hubert Schang, Collège Stanislas à Montréal, Canada
Françoise Eckstein membre des RCA

Rencontres Cinématographiques d’Alsace, avril 2007

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Marc Rothemund
(aus Wikipedia, der freien Enzyklopädie)

Rothemund ist der Sohn des Filmregisseurs Sigi Rothemund und begann seine
Karriere als Assistent seines Vaters. Seine ersten Arbeiten als eigen-
verantwortlicher Regisseur legte er fürs Fernsehen vor.
Sein erster Kinofilm war 1998 Das merkwürdige Verhalten geschlechtsreifer
Großstädter zur Paarungszeit Seinen Durchbruch erlebte er 2005 mit dem Film
Sophie Scholl - Die letzten Tage. Für diesen Film wurde er am 19. Februar 2005
mit dem Silbernen Bären als bester Regisseur der Berlinale, sowie mit dem
Bernhard-Wicki-Filmpreis ausgezeichnet.
Sophie Scholl - Die letzten Tage wurde am 31. Januar 2006 für einen "Oscar" in
der Kategorie "Bester fremdsprachiger Film" nominiert.

Filmographie
1998 - Das merkwürdige Verhalten geschlechtsreifer Großstädter zur
Paarungszeit - mit Cosma Shiva Hagen

2000 - Harte Jungs - mit Tobias Schenke und Axel Stein


2001 - Die Hoffnung stirbt zuletzt mit Axel Prahl und Anneke Kim Sarnau
2005 - Sophie Scholl - Die letzten Tage - mit Julia Jentsch

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Entretien avec Marc Rothemund

Quel est le sujet de " Sophie Scholl - Les derniers jours (Sophie Scholl - Die
letzten Tage) (2004) " ?

Ce film redonne vie à Sophie Scholl, l’une des rares héroïnes de l’histoire
allemande, une figure devenue quasiment mythique. Il est centré sur les six
derniers jours (du 17 au 22 février 1943) de sa vie, depuis la préparation de
l’opération de distribution de tracts à l’université de Munich jusqu’à son
arrestation, son interrogatoire, puis sa condamnation et son exécution.
Il ne s’agit pas d’atteindre à une épure censée présenter Sophie Scholl comme
une sainte, mais comme la jeune femme qu’elle était : aimant la vie,
courageuse et fervente, totalement impliquée dans son combat au sein de la
Rose Blanche contre le nazisme.

Dans quelle mesure ce film est-il différent de celui de Michael Verhoeven sur
la Rose Blanche ?

Le film de Michael Verhoeven “ La Rose Blanche (Die Weiße Rose) (1982) ”


décrit le développement de l’ensemble du groupe de résistance ; les
événements dramatiques qui suivent l’arrestation de ses membres n’occupent
qu’une partie secondaire du film. Il se termine par l’arrestation de Sophie
Scholl, qui marque le début du nôtre.

Le film de Percy Adlon “ Les Cinq derniers jours (1982) ” couvre la même
période…

Le film de Percy Adlon est consacré à cette période mais aborde les événements
à travers Else Gebel, la compagne de cellule de Sophie Scholl. Le film se termine
lorsque Sophie est emmenée au tribunal. Notre film se situe toujours du point de
vue de Sophie. Nous avons également reconstitué le procès et donné vie au
tristement célèbre juge sanguinaire Roland Freisler. Mais ce qui distingue peut-
être plus ce film des précédents sur Sophie Scholl est que nous avons pu
consulter des documents qui étaient encore inaccessibles dans les années 80.

A savoir ?

Surtout les procès-verbaux d' interrogatoires de la Gestapo. Ces documents,


dissimulés dans les archives est-allemandes depuis des décennies, n'ont été
rendus accessibles au public que dans les années 1990. Les interrogatoires de
Sophie Scholl en particulier sont extrêmement intéressants. Ce qui m'a
notamment fasciné est le fait que l'agent de la Gestapo Robert Mohr, spécialiste
des interrogatoires avec 26 ans d'expérience, ait effectivement cru à l'innocence
de Sophie Scholl à l'issue du premier interrogatoire de cinq heures. Pendant cinq
heures, elle l'a écouté sans ciller, a répondu sans hésiter aux pires moments. Un
exploit incroyable. Ensuite, lorsque des pièces à conviction sont trouvées lors
d'une fouille de son appartement, elle continue à nier son implication. Ce n'est
que lorsqu'elle est confrontée au procès-verbal de l'interrogatoire de son frère,
au cours duquel celui-ci a tout avoué et a reconnu son entière responsabilité,
qu'elle dit : Oui, j'ai participé et j'en suis fière. A partir de là, elle tente de

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protéger ses amis et de convaincre l'agent que la Rose Blanche, dont les tracts
ont toujours donné l'impression de provenir d'une vaste organisation, n'était
constituée que d'elle-même et de son frère.

Jusqu'à présent, on savait peu de choses du fonctionnaire qui l'interroge...

Oui, puisque avant nous, personne ou presque ne s'était soucié de mener des
recherches à son sujet. Robert Mohr était une figure intéressante : un spécialiste
de l'interrogatoire qui avait déjà travaillé sous deux autres gouvernements et un
collaborateur passif qui faisait respecter la loi, quels qu'en soient les auteurs.
C'est saisissant de voir comment cet homme pouvait nier à ce point les horreurs
perpétrées à l'époque. Je me suis longtemps demandé pourquoi, après avoir
interrogé Sophie Scholl plusieurs jours durant, il lui avait finalement offert une
chance de sauver sa peau. Puis j'ai découvert que Mohr avait un fils de l'âge de
Sophie qui avait été récemment envoyé sur le front de l'Est.

Quelles sources avez-vous utilisé pour reconstituer le procès ?

Nous disposions des arrêts des sentences de mort rendues par le juge Roland
Freisler, des actes d'accusation et des minutes officielles du procès. Nous avions
également de nombreux récits de témoins oculaires. Sur la base de tous ces
documents, Fred Breinersdorfer, qui a longtemps pratiqué le droit, a écrit un
palpitant récit d'audience : trois accusés – trois points de vue complètement
différents. Tout d'abord Christoph Probst, qui se bat pour sa survie et, avec
l'accord de Hans et Sophie Scholl, prend ses distances par rapport aux idées de la
Rose Blanche par peur que ses enfants grandissent sans père. Puis Hans Scholl,
dont les arguments se heurtent très directement aux opinions du juge Freisler
puisque Scholl, contrairement à Freisler, s'est battu au front pour son pays. Et
finalement Sophie, qui argumente sur un plan plus émotionnel et est
spontanément guidée par son sens du bien et du mal. Elle tient courageusement
tête à Freisler, jusqu'au bout.

Elle se dirige sans fléchir vers la mort...

J'admire son courage. Elle refuse l'offre que lui fait l'agent Robert Mohr, signant
pratiquement sa propre sentence de mort. Cette approche de la mort est
sidérante : comment une jeune femme aussi pleine de vie, aussi positive que
Sophie Scholl peut-elle admettre le fait qu'on lui ôte la vie ? Quel sens donne-t-
elle à sa mort ? Et bien sûr, en tant qu'athée je me demande : est-ce plus facile
d'affronter la mort pour un croyant ?

Quelle était pour vous la chose la plus importante : que le film soit captivant
ou que ce qui y est montré soit historiquement authentique jusque dans les
moindres détails ?

La première chose. Mais en l'occurrence nous avons eu de la chance, parce que


les faits que nous avions réunis ne se contredisaient pas. Nous avons pu les
assembler comme les pièces d'un puzzle. Nous connaissions le cours des
événements et avons pu construire un schéma émotionnel sur ce canevas, ce qui
nous permettait de retracer les sentiments et les états d'âme de Sophie Scholl.

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C'est comme ça que j'ai envisagé le personnage avec Julia Jentsch : nous avons
élaboré le personnage à partir de toutes ces informations et de la vision que
nous avions d'elle.

Comment avez-vous choisi les acteurs ? Comment avez-vous notamment


trouvé Julia Jentsch ?

J'avais vu Julia à l'écran, ainsi que sur scène dans "Othello" aux Kammerspiele de
Munich. C'est une actrice d'une grande intensité de jeu, qui dégage une
puissance incroyable quand elle est en scène ou face à la caméra. Et elle aurait
donné n'importe quoi pour jouer Sophie. Nous avions besoin de battants comme
elle pour le film, parce que les conditions de tournage étaient difficiles pour
tout le monde. Julia, par exemple, commençait à six heures du matin puis
travaillait jusqu'à 18h30, allait aux Kammerspiele où elle tenait le
rôle principal le soir, et était ponctuelle sur le plateau à six heures le lendemain
matin. Fabian Hinrichs, que j'avais beaucoup aimé dans "Schussangst" et qui
incarne Hans Scholl, a quitté Munich pour Berlin à 17 heures après son premier
jour de tournage, a passé 3 heures et demie en scène à la Volksbühne avant de
revenir en voiture à Munich pour tourner avec nous 14 jours durant. Il fallait
vouloir à tout prix faire partie de l'aventure pour faire des choses pareilles.

Vous avez évité les clichés trop flagrants …

Intentionnellement. Je voulais autant que possible réduire la distance, de façon


à ce que le spectateur d'aujourd'hui puisse entrer directement dans l'action. J’ai
donc veillé à montrer le moins possible d’uniformes et de croix gammées. Quant
aux costumes, je voulais des originaux des années 40, mais j’ai choisi les moins
déconcertants à nos yeux. Mon film ne devait pas donner l’impression que l’on
assiste à un cours d’histoire. Cela ne m’intéresse pas de copier des scènes
historiques, mais plutôt d’explorer des questions toujours actuelles. Comment
réagir face à l’injustice ? Jusqu’où est-on prêt à s’impliquer personnellement ? Il
y a encore des guerres et des dictatures de nos jours partout dans le monde.
Mais nous sommes aussi confrontés à la question du courage civil dans notre vie
quotidienne. S’élever contre l’injustice, refuser de fermer les yeux, cela doit
rester un combat incessant.

Où avez-vous tourné ? Sur les lieux de l'époque ?

Le plus possible, oui. On voit, par exemple, Hans et Sophie Scholl quitter leur
ancien appartement à Munich, rue Franz-Joseph et sortir dans la cour. Comme
l'atelier de Schwabing où la Rose Blanche imprimait ses tracts n'existe
malheureusement plus, nous l'avons reconstitué après de minutieuses
recherches. Le Wittelsbacher Palais, rue Brienner, où était situé le quartier
général de la Gestapo à Munich, a été détruit en 1964, mais il existe plusieurs
bâtiments avec des façades semblables, par exemple celui du gouvernement de
Haute Bavière. Nous disposions de plans détaillés de l'intérieur et les avons
reconstitués fidèlement dans les studios Bavaria. Nous avons bien sûr également
filmé à l'université Ludwig-Maximilian et au tribunal de Munich. J'ai découvert
incidemment sur de vieilles photos que les arbres de la place Geschwister-Scholl
face à l'université, qui ont été remplacés quelque temps après la guerre, ont

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maintenant exactement la même hauteur qu'au début des années 40. J'ai vu cela
comme un bon présage : l'époque est mûre pour ce film !

L’ÉQUIPE TECHNIQUE
Réalisateur Marc Rothemund
Scénariste Fred Breinersdorfer
Producteurs Christoph Mueller
Sven Burgemeister
Fred Breinersdorfer
Marc Rothemund
Coproducteur Bettina Reitz
Image Martin Langer
Décors Jana Karen-Brey
Son Roland Winke
Costumes Natascha Curtius-Noss
Casting Nessie Nesslauer
Montage Hans Funck
Musique Johnny Klimek
Reinhold Heil
Maquillage Martine Flener
Gregor Eckstein
Mixage Tschangis Chahrokh
Design sonore Daniel Dietenberger
Alex Saal
Magda Habernickel
Directeur de production Patrick Brandt
Chargé de production Jo N. Schäfer
une production Goldkind Film et Broth Film
en coproduction avec Bayerischer Rundfunk, Süd-West Rundfunk et Arte
avec le soutien de FilmFernsehFonds Bayern (FFF) Filmförderungsanstalt (FFA)
Bundesanstalt für Kultur und Medien (BKM)
Ventes internationales Bavaria Film International

FICHE ARTISTIQUE

Sophie Scholl Julia Jentsch


Robert Mohr Alexander Held
Hans Scholl Fabian Hinrichs
Else Gebel Johanna Gastdorf
Dr Roland Freisler André Hennicke
Christoph Probst Florian Stetter
Alexander Schmorell Johannes Suhm
Willi Graf Maximilian Brückner
Gisela Schertling Lilli Jung
Robert Scholl Jörg Hube
Magdalena Scholl Petra Kelling
Werner Scholl Franz Staber

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Synopsis

Printemps 1943. La bataille de Stalingrad touche à sa fin, laissant derrière elle


des centaines de milliers de morts et le sentiment d'une obstination maladive du
Führer à poursuivre les hostilités. A Munich, ce désaveu est relayé notamment
par un groupe d'étudiants, baptisé le mouvement de la Rose Blanche propage des
tracts antinazis et couvre les murs de la ville de slogans. Deux de ses membres,
Sophie Scholl et son frère Hans, âgés d'à peine vingt ans, sont arrêtés par la
Gestapo après avoir distribué des tracts dans le hall de leur université...

Frühjahr 1943. Die Schlacht um Stalingrad ist entschieden, und in München


überziehen die Mitglieder der Weißen Rose die Stadt mit immer neuen Anti-
Hitler-Aktionen und -Parolen. Als Sophie und Hans Scholl in der Aula der
Münchner Universität Flugblätter verteilen, werden sie beobachtet und kurz
darauf verhaftet.

Sequenzprotokoll (aus Filmheft, www.bpb.de)

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S1
Vorspann und Einblendung: „Dieser Film hält sich an historische Fakten.“ –Sophie
und ihre Freundin Gisela hören im Radio Swing-Musik. Die Stimmung ist
ausgelassen. – Sophie sucht das geheime Versteck der Weißen Rose auf. Die
Gruppe druckt gerade ein Flugblatt (Musik). Hans teilt den anderen einen Plan
mit: Er will am nächstenTag an der Universität Flugblätter verteilen. Willi Graf
bezeichnet das Vorhaben als „Wahnsinn“.0:00-0:06

S2
Hans und Sophie in der gemeinsamen Wohnung. Sie schreibt einen Brief an
ihre Freundin Lisa, er bereitet die nächste Verschickung von Flugblättern vor. –
Am Morgen machen sich die Geschwister mit einem Koffer voller Flugblätter
auf den Weg zur Universität(Musik). – In der leeren Aula legen sie hastig
Flugblätter aus (Musik, Montagesequenz). Danach kehren sie noch einmal zurück,
um auch noch die letzten Flugblätter loszuwerden. Sophie schubst einen Stapel
von der Empore in den Lichthof. Eine Glocke ertönt. Die Geschwister mischen
sich unter die Studierenden, die aus den Sälen strömen. Sie werden vom
Hausmeister, der sie beobachtet hat, festgehalten.
0:06-0:14

S3
Erste Vernehmung beim Rektor. Hans und Sophie leugnen die Tat. Hans versucht
einen Flugblattentwurf zu vernichten, wird dabei aber vom Hausmeister ertappt.
Der Gestapobeamte Robert Mohr kommt hinzu und setzt die Vernehmung fort.
Die beiden finden weitere Ausreden.
0:14-0:17

S4
Sophie und Hans werden abgeführt. In der Aula begegnen sie Gisela. Sie wirkt
erschüttert. – Sophies Verhör wird in der Gestapozentrale, dem Wittelsbacher
Palais, fortgeführt. Mohr droht ihr mit Zuchthaus oder Tod. Er stellt
Detailfragen, vor allem zu dem leeren Koffer. Sophie erklärt sich und ihren
Bruder für „unpolitisch“. Mohr befragt sie nach ihrer Meinung zum Eklat im
Deutschen Museum vor einer Woche, bei dem Studierende gegen die Rede des
Gauleiters protestierten. Sie weicht aus. Mohr teilt Sophie mit, dass sich ihre
Aussagen mit denen von Hans decken und stellt ihr die baldige Freilassung in
Aussicht.
0:17-0:29

S5
Einlieferung ins Gefängnis (im Volksempfänger eine Rede von
Propagandaminister Goebbels). Aufnahme durch Else, eine mitgefangene
Kommunistin, die dafür Sorge tragen soll, dass Sophie sich nichts antut. – Sophie
wird abgeholt. Der Beamte Locher soll ihr einen Entlassungsschein ausstellen. Im
letzten Moment ein Anruf. – Sie wird erneut Mohr vorgeführt. Im bekannten
grauen Verhörzimmer befragt er sie zu den politischen Ansichten ihres Vaters,
ihrer Mitwirkung im BDM und ihrem Verlobten Fritz Hartnagel. Sie wird mit
Beweisstücken konfrontiert. Mohr zeigt ihr ein Flugblatt, das auf der
Schreibmaschine der Scholls geschrieben wurde. Durch das bei Hans gefundene
Flugblatt sei nun auch Christoph Probst schwer belastet. Hans habe alles auf sich

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genommen. Sophie gesteht ihre Beteiligung. – Locher führt sie zur Toilette. Sie
blickt in den Spiegel und weint (Musik). – Sie unterschreibt ein Geständnis.
0:29-0:51

S6
Sophie wird erkennungsdienstlich erfasst.– In der Zelle macht ihr Else Hoffnung:
Vielleicht komme sie nur in ein Umerziehungslager, der Krieg sei vielleicht bald
vorbei. Sophie gesteht ihre Angst vor der Sippenhaft und weint (Musik).
0:51-0:53

S7
Fortsetzung des Verhörs. Mohr verlangt Informationen über Mittäter und
Geldgeber.
Sophie bezeichnet sich und Hans als alleinige Täter/innen und erklärt, sie und
ihr Bruder hätten lediglich den Anschein einer „breiten Basis“ erwecken wollen.
Mohr stellt Strafmilderung in Aussicht, wenn sie Namen nenne. Sophie lehnt
diesen „Hochverrat“ entschieden ab.
0:53-1:00

S8
In der Zelle. Else erzählt von Mohr, der über Sophie gesagt haben soll: „Solche
Leute braucht Deutschland eigentlich.“ In ihren Betten liegend führen Sophie
und Else private Gespräche. Sie schwärmt von einem unbeschwerten Sommer mit
Fritz, mit dem sie aber auch oft politischen Streit habe (Musik).
– Nachts hört sie Folterschreie aus angrenzenden Räumen. Sie betet zu Gott
(„Unruhig ist unser Herz, bis es Ruhe findet in dir“, Musik).
1:00-1:04

S9
Im Verhörzimmer. In einem philosophischen Gespräch äußern Sophie und Mohr
ihre unterschiedlichen Ansichten über Gesetz und Gewissen. Für Sophie steht das
Gewissen über dem Gesetz. Für Mohr ist dies eine privilegierte Sicht der Dinge.
Diskussion über die Begriffe „Freiheit“ und „Ehre“. Mohr sieht beides im
Nationalsozialismus verwirklicht. Sophie konfrontiert ihn mit ihrem Wissen
über den Mord an den Juden und Euthanasie. In Mohrs Gesicht spiegeln sich
erstmals Zweifel. Er baut ihr eine „goldene Brücke“: Wenn sie ihren „Fehler“
eingestehe, dürfe sie auf Strafmilderung hoffen. Sophie lehnt ab. Sie wolle die
Konsequenzen ihres Handelns tragen.
1:04-1:14

S 10
In der Zelle berichtet Sophie Else von Mohrs Angebot und ihrer Ablehnung:
„Es gibt kein Zurück.“ Eine Sirene kündigt einen Fliegeralarm an. Während
Else in ihr Bett flieht, sieht Sophie sehnsüchtig aus dem Fenster. – Am
nächsten Tag berichtet ihr Else von der Verhaftung Christoph Probst. Sophie
ist entsetzt. Sie wird ihrem Ankläger vorgeführt, auf dem Weg dorthin begegnet
sie Christoph. – In der Zelle betet sie erneut („Wende dich nicht von mir, lieber
Gott!“, Musik).

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Sie wird ihrem Pflichtverteidiger Klein vorgestellt, der aus seiner Ablehnung
keinen Hehl macht. Allein mit Else, zitiert Sophie ihren Bruder Hans: „Ein harter
Geist, ein weiches Herz.“ Sie nimmt Abschied von Else.
1:14-1:24

S 11
In einem Polizeiwagen wird Sophie in den Justizpalast gebracht (Musik).
Präsident des Volksgerichtshofs ist Roland Freisler, das Publikum bilden
uniformierte Nazis. Christoph verteidigt sich mit einer psychotischen Depression.
Lachen im Saal. Hans hält nach seiner Befragung ein Plädoyer gegen den Krieg.
Hitler könne den Krieg nicht gewinnen, sondern nur verlängern.
Freisler ist empört, im Publikum ist Unruhe vernehmbar. Sophie hält ebenfalls
eine Ansprache und wird von Freisler wütend unterbrochen. Vater Robert Scholl
drängt in den Saal und fordert vergeblich eine Anhörung. In seinem letzten
Plädoyer bittet Hans darum, Christoph zu verschonen. Sophie droht: „Bald
werden Sie hier stehen, wo wir jetzt stehen.“ Ohne weitere Beratung verkündet
Freisler gegen alle drei das Todesurteil.
1:24-1:39

S 12
Abtransport durch den Lichthof. Sophie wird in eine Zelle gebracht, wo sie
Abschiedsbriefe schreiben kann. Sie brüllt und weint. Besuch der Eltern. Der
Vater bekundet seinen Stolz. Sophie tröstet ihre Mutter: „Wir sehen uns in der
Ewigkeit wieder.“ Beim Herausgehen begegnet sie noch einmal Mohr. Sie betet
mit dem Gefängnisgeistlichen und erhält von ihm den Segen. Die Aufseherin
gewährt den drei Verurteilten eine letzte gemeinsame Zigarette. Sophie wird
von ihren Henkern zum Schafott geführt (Musik). Sie legt den Kopf unter die
Guillotine.
Schwarzblende. Schritte. Im Off Hans’ Stimme: „Es lebe die Freiheit.“
1:40-1:53

S 13
Abspann. Vor schwarzem Hintergrund werden die Todes- und Haftstrafen der
einzelnen Mitglieder der Weißen Rose aufgelistet. – Die Kamera blickt in den
Himmel, wo zwei Flugzeuge vorbeiziehen.Eine Sprecherstimme erzählt von
hunderttausenden Flugblättern der Weißen Rose, die von englischen Jagdfliegern
über Deutschland abgeworfen wurden. – Der weitere Abspann zeigt
historische Fotoporträts der Mitglieder.
1:53-1:56

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LES DERNIERS JOURS DE SOPHIE SCHOLL ( Marc Rothemund 2005 )

Le film allemand de Marc Rothemund raconte la confrontation d’une figure


de la résistance antinazie allemande et de ses juges. 3 séquences ont été
sélectionnées.

2ème séquence : la distribution des tracts

La caméra filme les deux frères et sœurs en route vers l’Université et le


dépôt des tracts le long des couloirs qui bordent les salles de classe.

D’emblée le décor apparaît massif, d’une verticalité imposante, froid et sans


âme. La seule couleur qui tranche est le rouge du drapeau nazi qui montre
l’inféodation de la culture au régime nazi, ce qui sera d’ailleurs confirmé par la
tenue militaire du recteur de l’Université. Dans toute la séquence, les lignes
verticales dominent. Les colonnes, la hauteur du bâtiment, la plongée totale ou
zénithale des tracts qui volent. La caméra se trouve ici à la verticale de l’objet
filmé. L’effet ainsi obtenu donne un aspect singulier à un tel angle, insiste sur
l’extraordinaire de la situation (la résistance au sein de l’Université) et renvoie
à l’épilogue du film et aux tracts lancés à titre posthume sur les villes
allemandes par l’aviation alliée.
D’emblée, les deux personnages apparaissent avalés par ce monument et par
l’immensité des salles qui semble vouloir leur dire qu’ils s’attaquent à une
force disproportionnée par rapport à leur action. Ils sont filmés le plus souvent
en plans de demi-ensemble qui cadrent les personnages en totalité tout en
faisant apparaître la partie du décor où ils évoluent. Ce type de plan les montre
toujours en quelque sorte en rapport avec un milieu. Et ce milieu prend alors
une signification symbolique en montrant l’isolement dans lequel se trouvent
Hans et Sophie. La fin des cours et la sortie des salles des étudiants ne fait que
confirmer ce point de vue puisque aucun d’entre eux ne fait mine de protester.
Leur action est également collective. Hans et Sophie sont filmés le plus
souvent ensemble et apparaissent unis dans le champ. La caméra les suit en
travelling latéral avec une grande profondeur de champ qui permet au
spectateur de suivre l’action.
Ironiquement, Hans et Sophie détournent les propres valeurs du régime nazi.
Ils sont tous les deux jeunes et beaux et correspondent aux idéaux aryens que
professe Hitler et utilisent l’arme dont a usé Hitler pour arriver au pouvoir; les
mots. Ici, deux jeunes rejettent l’idéologie nazie en faisant preuve d’une
lucidité politique rare (Hans a servi sur le front de l’Est et a vu la machine de
guerre et d’extermination allemande) et rédigent des tracts pacifistes au
moment où l’Allemagne subit sa première grave défaite à Stalingrad.
Trois visages du totalitarisme nous sont donc montrés dans cette séquence.
Une jeunesse qui n’admet pas la barbarie nazie, la passivité des uns (les
étudiants mais à travers eux la population allemande toute entière) et la
servilité et le zèle des autres (le concierge, le recteur, les fonctionnaires de la
police des séquences suivantes).

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3ème séquence : l’interrogatoire de Sophie Scholl.

C’est la partie principale du film et la plus longue. Marc Rothemund adopte


ici le point de vue de la jeune fille. C’est d’ailleurs son point de vue qui servira
de fil conducteur à toute l’œuvre. Elle est alors présentée à un officier de
police, l’inspecteur Mohr – œil terne, costume gris, croix gammée au revers –
qui l’interroge. C’est ici que le film devient passionnant puisque les deux
trajectoires des protagonistes iront en s’inversant.

- Mohr va être de plus en plus fasciné par les convictions et la


détermination de Sophie. Il finira par vouloir la sauver. Les idées de la
jeune femme ont-elles un impact sur le fonctionnaire ? On peut répondre
par l’affirmative. Remettront-elles en cause ses convictions nazies ? Le
film ne le dit pas, mais on peut imaginer que le ver est dans la pomme. A
chaque question, Robert Mohr mesure le gouffre qui sépare le courage de
Sophie de son propre conformisme. Tour à tour haineux, colérique,
tourmenté par les aveux de la jeune femme, envieux, admiratif, il est
parfois déstabilisé dans ses croyances. Sophie touche à plusieurs reprises
des zones sensibles et dévoile ce que le peuple allemand refuse de voir.
Mais en bon fonctionnaire et en se dirigeant vers le lavabo, il finit malgré
tout comme Ponce Pilate par s’en laver les mains.

- Sophie quant à elle commencera par nier toute implication puis se


sentant piégée, finira par assumer sa responsabilité. Elle finit par
transformer les séances d’interrogatoire en autant de plaidoyers pour sa
cause. Elle oppose quelques vérités simples; liberté de conscience,
liberté d’expression, démocratie, paix pour tous les peuples. Elle est
solidement accrochée à ses idées, idéaliste. humaine, empathique et
surtout déterminée. Sa liberté de ton contraste évidemment avec les
multiples fiches qu’utilise de manière tatillonne Robert Mohr. Elle
montre finalement qu’avec des mots, on peut secouer le plus inégal des
rapports de force par la seule force du verbe. Les puissants peuvent ainsi
être ébranlés par le seul fait qu’on leur tient tête.

La belle idée du film, c’est la description de cette relation où la peur


n’existe pas, au cœur même d’un pouvoir de terreur. Marc Rothemund trouve là
une manière juste de montrer la part d’humanité de chacun et amorce une
réflexion sur les mécanismes humains qui sont en jeu dans toutes les formes de
fascisme. Jusqu’à quel point, doit-on servir et obéir ?
Pour filmer tout cela, le cinéaste adopte un style particulièrement dépouillé,
épuré de toute figure de style. Pas ou peu de mouvements de caméra, des plans
rapprochés poitrine ou taille pour bien cadrés les personnages dans un huis-clos
d’un bureau. L’utilisation quasi-exclusive du champ-contrechamp permet de se
concentrer sur ce duel et sur les dialogues. Seules quelques échappées (les
toilettes, l’entrée d’une tierce personne, les sorties de Robert Mohr,
l’ouverture du rideau) viennent perturber ce face-à-face. La mise en scène de
Marc Rothemund atteint à l’économie qui privilégie l’exposition concrète des
faits.

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Cette séquence est, nous l’avons dit, répétée à plusieurs reprises. Loin d’être
une redondance inutile, elle est au contraire un enrichissement. C’est en
superposant tout ce que disent les deux personnages que le spectateur se rend
compte de leur complexité. Sur le plan narratif, le procédé de la répétition
permet à l’histoire de se construire de façon originale. Ainsi, les premières
confrontations ont une fonction dramatique forte (Il s’agit pour Robert Mohr de
faire avouer Sophie) mais la dernière permet d’élargir le propos philosophique
du film en évoquant la place de chacun dans un univers totalitaire. Avec le
personnage de Sophie Scholl, on ne peut s’empêcher de penser à l’œuvre de
Jean Anouilh, Antigone, elle-même inspirée de la tragédie de Sophocle. Comme
Sophie, Antigone tient tête à l’autorité – le roi de Thèbes, Créon - qui voudrait
l’amener à se soumettre et la sauver. Elle a en effet, braver l’interdiction
royale d’offrir à son frère une sépulture. Mais devant son obstination, Créon
devra se résigner à la faire exécuter.
Cette intertextualité pourrait se poursuivre en analysant le contexte de
création de la pièce de Jean Anouilh. Celle-ci est présentée pour la première
fois à Paris le 4 février 1944 peu avant la libération de Paris. Créon devient
alors Pétain et Antigone , la Résistance.

4ème séquence : le tribunal.

Ce procès est un simulacre de justice. Là aussi, la verticalité des lignes et


des personnages renvoie à la rigidité et à l’inflexibilité du régime nazi; les
immenses drapeaux à la croix gammée qui couvrent du sol au plafond une
partie du mur, les nazis au garde-à-vous, le salut hitlérien quasi-vertical, la
colonne supportant le buste de Hitler………Le décor intervient alors dans
l’histoire beaucoup plus que le bureau de Robert Mohr. C’est la continuité de
l’univers carcéral que les accusés connaissent depuis leur arrestation.
Cette séquence est la confirmation des deux autres. La justice n’est plus
aveugle mais assujettie au pouvoir totalitaire, les avocats ne sont là que pour le
décorum. Ce n’est plus le huis-clos de l’interrogatoire mais un procès se
déroulant devant un public très sélectionné. Les bancs sont occupés par des
membres d’organisations nazies et des militaires. Tous forment un tableau
silencieux derrière les accusés.
Pourtant face à l’accusateur Roland Freisler qui éructe sa rage et sa haine
totalitaire, ce tribunal se transforme également en tribune où les inculpés
profitent de leur court temps de parole pour affirmer en public leurs
convictions. Et leurs mots, leur calme, leur résolution font trembler l’assistance
davantage que les imprécations du magistrat.

Trois points de vue complètement différents découpent cette séquence :

- Tout d’abord Christoph Probst, diminué par l’épreuve qui se bat pour sa
propre survie.
- Puis Hans Scholl dont les opinions se heurtent très directement aux
opinions du juge. Il apparaît jusqu’auboutiste et assume pleinement ses
actes. On sent par l’intermédiaire de ses phrases, « l’Allemagne sera
montrée du doigt pour avoir accepté Hitler », poindre la culpabilité
allemande.
- Et finalement Sophie, qui argumente sur un plan plus émotionnel. C’est

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elle, une fois de plus qui fait vaciller une partie du public (un homme
baisse la tête submergé par l’émotion). Elle apparaît dangereuse parce
qu’elle persuade de la justesse de sa cause.

Le contraste entre les accusés et le tribunal est évidemment saisissant. Ils sont
les seuls à ne pas faire le salut nazi, ils font la leçon au président (« J’étais sur
le front russe, pas vous… »), Hans montre du doigt ses accusateurs. Leur
attitude (particulièrement celle de Hans et de Sophie) est calme, déterminée et
courageuse et contraste évidemment avec celle du président, totalement
hystérique et odieux. La justice apparaît comme un instrument de terreur
utilisé pour imposer la dictature national-socialiste. Par un jeu de mise en
parallèle et d’opposition, la mise en scène souligne donc le conflit entre tous
les personnages.

Hubert Schang

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Erzählen Sie anhand der Fotos die Geschichte von Sophie Scholl

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20
Texte zum Einstieg

Einige Texte können als Einstieg zum Film benutzt werden:

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Aus: Stephan Hermlin, Abendlicht
in: Alternative, livre de Première

Dazugehören
Hans J. Massaquoi
Aus: Neger, Neger, Schornsteinfeger
in: Warum, livre de Première

Hausaufgaben
Jakob Arjouni
in : Alternative, livre de Terminale

Sage Nein! (1993)

Wenn sie jetzt ganz unverhohlen


wieder Nazi-Lieder johlen,
über Juden Witze machen,
über Menschenrechte lachen,
wenn sie dann in lauten Tönen
saufend ihrer Dummheit frönen,
denn am Deutschen hinterm Tresen
muß nun mal die Welt genesen,
dann steh auf und misch dich ein:
Sage nein!

Meistens rückt dann ein Herr Wichtig


die Geschichte wieder richtig,
faselt von der Auschwitzlüge,
leider kennt man´s zur Genüge -
mach dich stark und bring dich ein,
zeig es diesem dummen Schwein:
Sage nein!

Ob als Penner oder Sänger,


Bänker oder Müßiggänger,
ob als Priester oder Lehrer,
Hausfrau oder Straßenkehrer,
ob du sechs bist oder hundert,
sei nicht nur erschreckt, verwundert,
tobe, zürne, bring dich ein:
Sage nein!

Und wenn aufgeblasne Herren


dir galant den Weg versperren,
ihre Blicke unter Lallen

21
nur in deinen Ausschnitt fallen,
wenn sie prahlen von der Alten,
die sie sich zu Hause halten,
denn das Weib ist nur was wert
wie dereinst - an Heim und Herd,
tritt nicht ein in den Verein:
Sage nein!

Und wenn sie in deiner Schule


plötzlich lästern über Schwule,
schwarze Kinder spüren lassen,
wie sie andre Rassen hassen,
Lehrer, anstatt auszusterben,
Deutschland wieder braun verfärben,
hab dann keine Angst zu schrein:
Sage nein!

Ob als Penner oder Sänger,


Bänker oder Müßiggänger,
ob als Schüler oder Lehrer,
Hausfrau oder Straßenkehrer,
ob du sechs bist oder hundert,
sei nicht nur erschreckt, verwundert,
tobe, zürne, bring dich ein:
Sage nein!

Konstantin WECKER, 1993, Uferlos

La Rose Blanche – Die weiße Rose

22
Le
groupe
de

résistance La Rose Blanche fut fondé au printemps 1942, à l'université de


Munich, par Hans Scholl et Alexander Schmorell.

Les jeunes étudiants refusaient d'accepter le totalitarisme dans lequel avait


sombré l'Allemagne, et voulaient sauvegarder leur indépendance d'esprit face au
"nihilisme intellectuel" que représentait le nazisme. Ils parlèrent de la situation
politique avec Kurt Huber, professeur à l'université de Munich, réputé pour ses
cours de philosophie qui impressionnaient et influençaient beaucoup les
étudiants. Kurt Huber les encouragea à résister et devint le mentor de la Rose
Blanche.

Révoltés par la dictature hitlérienne et les souffrances causées par la guerre,


les étudiants se décidèrent à agir pendant l'été 1942. Hans Scholl et Alexander
Schmorell rédigèrent les quatre premiers tracts ; ils les envoyèrent par la poste
de la fin du mois de juin à la mi-juillet à des destinataires soigneusement choisis
à Munich, principalement des intellectuels.
Les étudiants se référèrent dans leurs tracts à d'éminents penseurs et écrivains
comme Schiller, Goethe, Novalis, mais aussi Lao Tseu, Aristote, et citèrent
également la Bible. Les destinataires de ces tracts, pour la plupart écrivains,
professeurs d'université, directeurs d'établissements scolaires, libraires et
médecins de Munich et de ses environs, étaient censés reproduire les tracts et
les envoyer au plus grand nombre possible de gens.

En juillet 1942, Hans Scholl, Alexander Schmorell et Willi Graf furent incorporés
dans la Wehrmacht en tant qu'étudiants en médecine, pour servir comme
infirmiers au front de l'Est ; ils furent envoyés en URSS pour trois mois. De retour
en Allemagne, ils prirent contact avec d'autres groupes de résistance. Hans
Scholl et Alexander Schmorell se mirent ainsi en relation avec Falk Harnack, le
frère de Arvid Harnack, l'un des dirigeants de l'organisation Harnack-Schulze-
Boysen. Pendant l'hiver 1942-1943, lorsque la bataille de Stalingrad atteignit son
paroxysme, les étudiants rédigèrent avec leur professeur Kurt Huber le
cinquième tract de la Rose Blanche. Des milliers d'exemplaires furent imprimés
et distribués non seulement à Munich, mais aussi à Augsbourg, Francfort,
Stuttgart, Salzburg, Linz et Vienne.
Les étudiants écrivirent sur les murs des slogans pacifistes et antifascistes,
collectèrent du pain pour des détenus de camps de concentrations et
s'occupèrent de leurs familles. Les actions de la Rose Blanche furent prises en

23
exemple à partir de janvier 1943 par des intellectuels du sud de l'Allemagne et
de Berlin. Leurs tracts furent également recopiés et distribués à Hambourg par
un groupe de jeunes gens en contact avec la Rose Blanche, qui s'était constitué
autour de Hans Konrad Leipelt, étudiant en chimie. En février 1943, après la
défaite de Stalingrad, Kurt Huber rédigea le sixième tract. Il fut imprimé à plus
de 2 000 exemplaires, distribué et envoyé par la poste. Le 18 février 1943, Hans
Scholl et sa sœur Sophie lancèrent des centaines de tracts dans la cour
intérieure de l'université de Munich ; le concierge les arrêta et les livra à la
Gestapo. Ils furent condamnés à mort, car leurs appels au ressaisissement
éthique des consciences allemandes fut considéré par les nazis comme un crime
politique majeur. Le réseau de Hambourg fut lui aussi démantelé par la Gestapo
à l'automne 1943. Hans et Sophie Scholl, ainsi que Christoph Probst, un autre
membre du groupe, furent guillotinés le jour même de leur condamnation, le 22
février 1943 ; d'autres résistants, Alexander Schmorell, Willi Graf et le
Professeur Kurt Huber furent exécutés quelques mois plus tard. Dix autres
membres de la Rose Blanche furent assassinés les années suivantes, dont huit à
Hambourg. 80 personnes furent arrêtées dans le sud de l'Allemagne, et 50
personnes dans la région de Hambourg ; elles furent condamnées à des peines de
prison allant jusqu'à cinq ans, pour avoir été en contact avec la Rose Blanche.

Membres de La Rose Blanche à Munich :

Alexander Hans Scholl Sophie Scholl Christoph Probst Willi Graf Kurt Huber
Schmorell 1918-1943 1921-1943 1919-1943 1918-1943 1893-1943
1917-1943

Membres de La Rose Blanche à Hambourg :

Hans Konrad Karl Ludwig Traute Lafrenz Heinz Kucharski Bruno Himpkamp Albert Suhr
Leipelt Schneider *1919, libérée le 15 1919-1945 *1925, libéré le 12 *1920, libéré le 12
1921-1945 *1919, libéré le 12 avril 1945 avril 1945 avril 1945
avril 1945 à Bayreuth à Stendal à Stendal
à Stendal

1921-1943 Sophie Scholl

1921

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9. Mai: Sophie Scholl wird in Forchtenberg/Kocher (Württemberg) als Tochter des
liberalen Bürgermeisters Robert Scholl und dessen Frau Magdalene (geb. Müller)
geboren.
Sie wächst in Ulm auf und wird in christlich-humanistischem Geist erzogen.
Wie ihr älterer Bruder Hans Scholl glaubt sie während ihrer Gymnasialzeit
zunächst an das von den Nationalsozialisten propagierte Gemeinschaftsideal: Sie
tritt dem Bund Deutscher Mädel (BDM) bei.

1937
Dezember: Infolge ihrer fortgesetzten Arbeit in der Bündischen Jugend wird sie
zusammen mit ihrem Bruder für mehrere Wochen in Stuttgart inhaftiert.

1940
Sophie Scholl beginnt eine Ausbildung zur Kindergärtnerin.
Durch Eindrücke während des Arbeits- und Kriegshilfedienstes entwickelt sie bald
eine Abwehrhaltung gegenüber dem nationalsozialistischen Regime.

1942
Sie nimmt an der Universität München ein Biologie- und Philosophiestudium auf.
Durch ihren in München Medizin studierenden Bruder kommt sie in Kontakt mit
anderen Studenten, die sie in ihrer Ablehnung gegen den Nationalsozialismus
bestärken.
Entschlossen zur illegalen öffentlichen Kritik, beteiligt sie sich an der Verbreitung
von Flugschriften der studentischen Widerstandsgruppe "Weiße Rose".
Die Mitglieder der "Weißen Rose" verschicken ihre Aufrufe, legen sie in
Telefonzellen und in parkende Autos und geben sie zur Verteilung an
Kommilitonen in anderen Städten.

1943
Januar: Sophie Scholl ist erstmals an der Herstellung eines Flugblatts beteiligt.
Die u. a. in Köln, Stuttgart, Berlin und Wien verteilten Flugschriften verursachen
Aufsehen und führen zu einer intensivierten Fahndung nach den Urhebern.
Januar/Februar: Die Geheime Staatspolizei (Gestapo) vermutet die Autoren der
Flugblätter in Münchener Studentenkreisen.
15. Februar: Fertigstellung und Versand des sechsten Flugblatts mit dem Aufruf,
das NS-Regime zu stürzen und ein "neues geistiges Europa" zu errichten. Es wird
in England nachgedruckt, von britischen Flugzeugen über Deutschland
abgeworfen. Der Inhalt wird außerdem durch den Sender British Broadcast
Corporation (BBC) verbreitet.
18. Februar: Die Geschwister Scholl verteilen etwa 1.700 Flugblätter in der
Münchener Universität. Ein Hausmeister, der sie dabei beobachtet, meldet sie. Die
Gestapo verhaftet die Geschwister Scholl und Christoph Probst (1919-1943), ein
weiteres Mitglied der "Weißen Rose".
22. Februar: Nach dreitägigem Verhör folgt der Prozeß vor dem Volksgerichtshof.
Den Vorsitz führt der aus Berlin angereiste Roland Freisler. Hans und Sophie
Scholl werden gemeinsam mit Christoph Probst zum Tod verurteilt und noch am
selben Tag im Strafgefängnis München-Stadelheim hingerichtet.

25
Fünftes Flugblatt der Weißen Rose. Nach einem Entwurf von Hans
Scholl und Alexander Schmorell mit Korrekturen von Kurt Huber,
Januar 1943.

Aufruf an alle Deutsche!

Der Krieg geht seinem sicheren Ende entgegen. Wie im Jahre 1918 versucht die
deutsche Regierung alle Aufmerksamkeit auf die wachsende U-Boot-Gefahr zu
lenken, während im Osten die Armeen unaufhörlich zurückströmen, im Westen
die Invasion erwartet wird. Die Rüstung Amerikas hat ihren Höhepunkt noch
nicht erreicht, aber heute schon übertrifft sie alles in der Geschichte seither
Dagewesene. Mit mathematischer Sicherheit führt Hitler das deutsche Volk in
den Abgrund. Hitler kann den Krieg nicht gewinnen, nur noch verlängern! Seine
und seiner Helfer Schuld hat jedes Maß unendlich überschritten. Die gerechte
Strafe rückt näher und näher!

Was aber tut das deutsche Volk? Es sieht nicht und es hört nicht. Blindlings folgt
es seinen Verführern ins Verderben. Sieg um jeden Preis! haben sie auf ihre
Fahne geschrieben. Ich kämpfe bis zum letzten Mann, sagt Hitler - indes ist der
Krieg bereits verloren.

Deutsche! Wollt Ihr und Eure Kinder dasselbe Schicksal erleiden, das den Juden
widerfahren ist? Wollt Ihr mit dem gleichen Maße gemessen werden wie Eure
Verführer? Sollen wir auf ewig das von aller Welt gehaßte und ausgestoßene Volk
sein? Nein! Darum trennt Euch von dem nationalsozialistischen
Untermenschentum! Beweist durch die Tat, daß Ihr anders denkt! Ein neuer
Befreiungskrieg bricht an. Der bessere Teil des Volkes kämpft auf unserer Seite.
Zerreißt den Mantel der Gleichgültigkeit, den Ihr um Euer Herz gelegt!
Entscheidet Euch, ehe es zu spät ist! Glaubt nicht der nationalsozialistischen
Propaganda, die Euch den Bolschewistenschreck in die Glieder gejagt hat!
Glaubt nicht, daß Deutschlands Heil mit dem Sieg des Nationalsozialismus auf
Gedeih und Verderben verbunden sei! Ein Verbrechertum kann keinen deutschen
Sieg erringen. Trennt Euch rechtzeitig von allem, was mit dem
Nationalsozialismus zusammenhängt! Nachher wird ein schreckliches, aber
gerechtes Gericht kommen über die, so sich feig und unentschlossen verborgen
hielten.

Was lehrt uns der Ausgang dieses Krieges, der nie ein nationaler war?

Der imperialistische Machtgedanke muß, von welcher Seite er auch kommen


möge, für alle Zeit unschädlich gemacht werden. Ein einseitiger preußischer
Militarismus darf nie mehr zur Macht gelangen. Nur in großzügiger
Zusammenarbeit der europäischen Völker kann der Boden geschaffen werden,

26
auf welchem ein neuer Aufbau möglich sein wird. Jede zentralistische Gewalt,
wie sie der preußische Staat in Deutschland und Europa auszuüben versucht hat,
muß im Keime erstickt werden. Das kommende Deutschland kann nur
föderalistisch sein. Nur eine gesunde föderalistische Staatenordnung vermag
heute noch das geschwächte Europa mit neuem Leben zu erfüllen. Die
Arbeiterschaft muß durch einen vernünftigen Sozialismus aus ihrem Zustand
niedrigster Sklaverei befreit werden. Das Truggebilde der autarken Wirtschaft
muß in Europa verschwinden. jedes Volk, jeder einzelne hat ein Recht auf die
Güter der Welt!

Freiheit der Rede, Freiheit des Bekenntnisses, Schutz des einzelnen Bürgers vor
der Willkür verbrecherischer GewaltStaaten, das sind die Grundlagen des neuen
Europa.

Unterstützt die Widerstandsbewegung, verbreitet die Flugblätter!

APPEL À TOUS LES ALLEMANDS

Le cinquième tract de la « Rose blanche » a été rédigé en janvier 1943 alors que
se confirme la défaite de Stalingrad. Il se présente comme un tract du
«mouvement de résistance ». L' heure semble venue de mobiliser le peuple
contre les criminels nazis qui l'entraînent à sa perte.

27
« La guerre touche irrémédiablement à sa fin. Comme en 1918, le
gouvernement allemand s'efforce d'attirer l'attention sur le danger croissant que
représentent les sous-marins, alors qu'à l'Est les armées reculent sans arrêt et
qu'à l'Ouest le débarquement est attendu... Avec une certitude mathématique,
Hitler conduit le peuple allemand à l'abîme. Hitler ne peut plus gagner la guerre,
il peut seulement la prolonger. Sa responsabilité et celle de ses acolytes ont
infiniment dépassé la mesure. L' heure du juste châtiment approche.

Allemands ! Voulez-vous, vous et vos enfants, partager le destin qu'ont subi les
juifs ? Voulez-vous être jugés à la même aune que vos suborneurs ? Devons-nous
être à jamais le peuple le plus haï et le plus rejeté de la terre ? Non ! C'est
pourquoi, séparez-vous des sous-hommes nazis ! Prouvez par l'action que vous
pensez autrement! Une nouvelle guerre de libération commence. La meilleure
partie de notre peuple combat à nos côtés. Déchirez le manteau d'indifférence
dont vous avez recouvert votre cœur ! Décidez-vous avant qu'il ne soit trop
tard...

L'idée impérialiste de puissance doit être définitivement mise hors d'état de


nuire, d'où qu'elle vienne. Le militarisme prussien borné ne doit plus accéder au
pouvoir. Seule une coopération généreuse entre les peuples européens
permettra de jeter les fondements d'un nouvel ordre. Tout pouvoir
centralisateur comme celui que l'État prussien a tenté d'établir en Allemagne et
en Europe doit être tué dans l’oeuf. L'Allemagne de l'avenir ne peut être que
fédérale. Seul un ordre fédéral sain peut encore aujourd'hui redonner vie à
l'Europe affaiblie. Les travailleurs doivent être libérés de leur humiliant
esclavage par un socialisme raisonnable. Le leurre d'une économie autarcique
doit disparaître de l'Europe. Chaque peuple, chaque individu a droit aux biens de
ce monde ! »

LA RÉSISTANCE ALLEMANDE A HITLER : CONTEXTE ET DÉFINITION

Documents réunis par Françoise Eckstein

Le 30 janvier 1933 le président du Reich Hindenburg demande à Hitler


d’exercer les fonctions de chancelier du Reich. Conformément à une
tactique arrêtée dès 1925, Hitler est arrivé légalement au pouvoir ; ce
respect de la légalité n’est qu’officiel, car tout au long de la « montée du

28
national-socialisme », il n’a pas hésité à lancer ses troupes dans des
entreprises et des excès tout à fait illégaux.
La population est alors traumatisée par la crise économique, le chômage.
Le système politique est bloqué. L’émiettement des partis politiques, leur
incapacité à conclure des alliances ont empêché la formation de
gouvernement disposant d’une majorité parlementaire. Les extrêmes en
profitent et transforment le débat politique en guerre civile. D’un côté,
les communistes avec leur drapeau rouge, de l’autre les nazis avec leur
croix gammée, il y a des blessés et des morts. Les élites de droite
sentent le moment venu de réaliser leurs objectifs, abolir le régime de
Weimar, établir un régime autoritaire et éliminer le régime bolchevique.
Peu à peu l’idée d’une alliance avec Hitler fait son chemin même si les
désaccords subsistent ; en juillet 1932, le NSDAP devient le premier parti
du Reichstag et les conservateurs poussent Hindenburg à choisir Hitler à la
chancellerie, pensant « mettre le caporal bohémien dans leur poche ».
Dès son arrivée au gouvernement, Hitler s’engage dans la destruction de
l’État de droit et l’organisation d’un État totalitaire aux méthodes
répressives. C’est dans ce nouveau contexte politique que se sont
manifestées sous des formes différentes, des oppositions à Hitler qui
constituent la Résistance allemande.

 L’instauration de la « révolution nationale-socialiste »

La « révolution nationale-socialiste » a toujours pris soin de sauver


l’apparence de légalité de ses actes. Hitler profite de l’accoutumance de
la population et des partis politiques dès 1930, à l’utilisation de l’article
48 qui permettait de gouverner par ordonnances, pour asseoir son régime
dictatorial.
Le 23 mars 1933, la « Loi en vue de faire disparaître les malheurs du
peuple et de l’État » est votée par tous les partis siégeant au Reichstag, à
l’exception du parti social-démocrate (les communistes sont interdits de
vote), elle donne les pleins pouvoirs à Hitler et met fin à la séparation des
pouvoirs législatif et exécutif. Désormais, le gouvernement du Reich
est habilité à promulguer les lois sans l’aval des organes représentatifs.
En 1937, il demande à
un nouveau Reichstag où ne siégeaient plus que des membres du parti
unique, de prolonger de 4 ans la loi sur les pleins pouvoirs. Il recommence
l’opération en 1941, avant de demander au Reichstag en 1943, un vote
supprimant toute limite à sa validité.
Les exactions délibérées des nazis servent à justifier de nouveaux décrets
entraînant le pays dans l’arbitraire le plus total. Ainsi, au lendemain de
l’incendie du Reichstag, le décret « Pour la défense du peuple et de
l’État » suspend toutes les libertés fondamentales garanties par la
Constitution. Aussitôt, commencent les arrestations en masse des
communistes, des sociaux-démocrates et d’autres opposants que l’on
place en détention préventive. C’est pour les accueillir qu’est construit à
Dachau le premier camp de concentration dont Himmler annonce la
construction le 20 mars. Environ 100.000 personnes sont arrêtées pour la
seule année 1933, 500 à 600 périront à la suite de mauvais traitement et
de torture.

29
Après les élections du 5 mars 1933 où le NSDAP n’obtient pas la majorité
parlementaire absolue, une série d’ordonnances mettent fin en quelques
semaines à la démocratie en Allemagne. Le 21 mars, le décret sur
« L’interdiction d’attaques perfides contre le gouvernement du
soulèvement national » punit de prison tout acte ou toute parole portant
préjudice au pouvoir en place : ce décret rend pratiquement impossible
toute opposition.
En l’espace d’un an, de nombreuses autres mesures vont réduire la
plupart des possibles contre-pouvoirs existant encore en Allemagne. Les
partis et des syndicats autres que nazis sont dissous, la presse et la
culture sont « mises au pas », puis les gouvernements des Länder sont
réduits au rang de simples unités administratives aux ordres du
gouvernement central ou du parti unique dont est proclamée, en
décembre 1933, l’Union avec l’État.
Après la mort du maréchal Hindenburg en 1934, Hitler cumule les
fonctions de chancelier et de président du Reich, il se fait appeler
« Führer du Reich et du peuple allemand ». Il s’attache plus directement
les officiers, les juges et les fonctionnaires en exigeant qu’ils prêtent un
serment de fidélité à sa personne.

 L’organisation d’un dispositif répressif

En plus de cette « législation » en soi répressive, le nouveau régime se


dote rapidement d’un appareil policier et judiciaire lui permettant
d’éliminer toute opposition.

Une police toute puissante

Avec la disparition de l’État de droit, la police politique devient toute


puissante, elle a même la possibilité de dicter ses conditions à la justice,
voire même de se substituer à elle.
Dès avril 1933, la redoutable « police secrète d’État » (Geheime
Staatspolizei dite Gestapo) qui vient d’être créée en Prusse s’installe
dans le centre de Berlin. En avril 1934, Himmler installe au même endroit
le quartier général de la SS. Par un décret du Führer en 1936, le
Reichsführer SS Himmler est nommé chef de la police allemande, ce qui
avalise l’union de la SS et de la police en la personne de leur chef.
Dépendant directement du Führer, la police politique n’est plus une
branche de la police générale, et elle va peu à peu faire de la police
générale son instrument.
Reinhard Heydrich prend bientôt la direction d’un nouvel « Office central
pour la sécurité du Reich » qui, à partir de 1939, réunit sous son autorité
la Gestapo, la police criminelle et le service de sécurité de la SS. Ce pôle
très centralisé devient progressivement un État dans l’État au service
d’Hitler.
La Gestapo n’était pas formée que de nazis fanatiques ; dès le départ,
Himmler et surtout Heydrich ont procédé à un recrutement donnant la
préférence à la compétence technique. Ainsi, était-elle composée
d’excellents professionnels devant lesquels les pratiques des résistants

30
débutants n’avaient guère de chance de subsister longtemps. Leur
habileté à s’infiltrer et à entretenir des agents dans les groupes de la
résistance ouvrière initiale a été d’une efficacité dévastatrice. Le
maintien en place de policiers de l’époque de Weimar explique aussi que,
dans certains lieux comme Munich, les méthodes de la Gestapo,
notamment au cours des interrogatoires, sont restées plus « douces »
qu’ailleurs.
Cependant, alors que la Gestapo se plaignait de son manque de moyens et
de personnels (32 000 en 1942), son efficacité a été renforcée par la
délation pratiquée à haute dose par une société exerçant une sorte
d’auto surveillance. Ainsi, la Gestapo s’est-elle appuyée sur le plus grand
nombre pour persécuter ou détruire des minorités dissidentes ou
résistantes ainsi que les « ennemis » raciaux.

Une justice très obéissante

En même temps, le régime est parvenu à utiliser à son profit la justice.

Dès mars 1933 sont réactivés les tribunaux d’exception déjà utilisés à la
fin de la République de Weimar et qui traitent de la criminalité politique.
Le 24 avril 1934, le tribunal du Reich, qui a mécontenté le pouvoir en
acquittant trois communistes accusés dans le procès de l’incendie du
Reichstag, est remplacé par le tribunal du Peuple : celui-ci est chargé de
juger les crimes de haute trahison. Jusqu’en 1945, il prononça plus de 5
000 condamnations à mort. Constitué de juges et de jurés fidèles à la
ligne du parti, il est l’instrument par excellence de la justice politique du
IIIe Reich et met en pratique la conception du droit national-socialiste.
Selon le national-socialisme, le droit est ce qui est utile au peuple, le
droit de la communauté passe avant les droits individuels. Dans cette
conception il n’existe plus de séparation des pouvoirs, le droit n’a plus
aucune valeur normative supérieure aux impératifs politiques, nationaux
ou raciaux. Il n’est plus qu’un outil aux mains du pouvoir. Il n’est plus le
même pour tous, seuls sont égaux devant la loi, les citoyens de race
aryenne agissant dans le sens voulu par le pouvoir. Les ennemis raciaux
(les juifs) ou les ennemis de l’État doivent être mis hors d’état de nuire.
Ils sont punis plus sévèrement que les citoyens de race aryenne.
Contrairement aux principes de l’État de droit, la définition des délits et
des peines perd en précision. Tout ce qui est jugé contraire à la « saine
sensibilité populaire » ou à la volonté du peuple, c’est à dire du Führer
qui l’incarne, devient punissable. Le « principe du chef » implique que le
Führer « juge suprême » soit la source de la loi et du droit.
Dans l’ensemble, la mise au pas de la justice n’a pas posé trop de
problèmes dans un corps judiciaire qui était en très grande majorité
conservateur et nationaliste. Épuré rapidement de ses éléments « non
aryens », juifs et « marxistes » grâce à la loi sur la re-fondation du
fonctionnariat en avril 1933, le corps judiciaire accepta sans trop discuter
la centralisation de la justice et le renforcement du code pénal auxquels
procède en 1933 et 1934 une série de décrets ou de lois.
La justice du IIIe Reich se veut expéditive. Les procès sont accélérés, la
sentence peut être immédiatement exécutée. Les droits de l’accusé et de

31
la défense sont réduits, ceux de l’accusation élargie. Pire : les juges
allemands accepteront qu’à côté de la justice « normale » existent une
police et une justice politiques qui échappent à leur compétence et qui
finiront par leur dicter leurs volontés. La guerre aggrave ces conditions
draconiennes. Ce qui importe maintenant c’est de prévenir, de
dissuader. La seule intention de commettre un acte considéré comme
délictueux suffit à justifier les plus lourdes sanctions. Des délits de plus
en plus nombreux sont jugés par les tribunaux d’exception. Le pouvoir,
par l’intermédiaire de la police politique, fait usage d’une sorte de droit
de veto lui permettant de casser ou de rectifier les jugements trop
cléments.
La SS et la Gestapo s’arrogent de plus en plus le pouvoir d’arrêter, de
juger et de punir, hors de toute procédure judiciaire, ce qui rend toute
résistance extrêmement vulnérable.

La responsabilité familiale complète les moyens de répression

La responsabilité familiale consiste à rendre tous les membres de la


famille responsables sur leurs biens, leur liberté ou leur vie des actions
« illégales » commises par l’un d’entre eux. Cette mesure, apparemment
sans ancrage juridique, était évidemment un instrument de répression
terrible. Celui qui voulait s’engager dans la résistance savait qu’il
n’engageait pas sa seule personne, mais aussi les membres de son
entourage. C’est surtout après l’attentat du 20 juillet, que cette mesure
fut généralisée et appliquée par une commission spéciale créée au sein
de l’Office central de la sécurité du Reich, dès août 1944. En novembre
1944, le haut commandement de l’armée en demande l’extension aux
familles de déserteurs et aux soldats prisonniers de la Wehrmacht qui, à
l’étranger, rejoignaient la résistance et collaboraient avec l’ennemi.
Finalement, les tribunaux civils ont prononcé environ 16 000
condamnations à mort (dont 15 000 après 1941) et plus des deux tiers ont
été exécutés, ce qui donne l’idée de la répression qui s’est abattue sur l’
Allemagne au cours du IIIe Reich, et surtout pendant la guerre. Cela ne
concerne que les condamnations prononcées par les tribunaux
« normaux » et fait abstraction des exécutions sommaires et des
génocides à l’égard des juifs, tsiganes, homosexuels ainsi que la
suppression des vies « jugées indignes de vivre ».

Comment définir la Résistance allemande ?

Problème de définition

L’État total veut l’homme total. Or, sa prétention à mobiliser tous les
individus et à obtenir de chaque individu une adhésion à ses normes et à
ses valeurs entraîne des formes de résistance inconnues dans les pays où
il s’agit prioritairement de se débarrasser de l’envahisseur. Ces modes de
résistance ne sont pas forcément actifs, pas forcément politiques.

32
L’étude de la résistance allemande par les historiens s’est d’abord
prioritairement consacrée à la résistance politique ou éthique des élites
ou groupes dûment organisés et identifiables. Puis, elle a peu à peu
découvert une résistance qui traverse tout le corps social et peut prendre
des formes diverses. La notion de résistance « la Resistenz » est alors
très élargie : « Par résistance, il faut entendre tout comportement actif
ou passif révélant le refus du régime nazi ou d’une partie de son idéologie
et lié à certains risques ». L’historiographie de la résistance n’a depuis
lors cessé de découvrir « à la base » de nouveaux foyers de résistance à la
fois au sens large et au sens étroit du terme. Mais, on ne peut pour autant
faire du peuple allemand un peuple résistant.
Entre les deux pôles que constituent la Resistenz d’une part et la
résistance fondamentale et active de l’autre, les historiens ont essayé de
cerner différents types de refus ou d’opposition désignés par des
appellations différentes, mais aucune des typologies n’est totalement
satisfaisante.

Proposition d’une typologie des résistances allemandes

Dans son livre « Les Résistances allemandes à Hitler » qui nous sert de
base pour cet article, Gilbert Merlio construit son ouvrage sur une
caractéristique de la résistance allemande relevée par Peter Steinbach
pour qui elle présente un caractère progressif.
En criminalisant les oppositions ou, plus généralement les attitudes non
conformes, le régime nazi suscite des résistances. Ses victimes deviennent
des adversaires qui s’opposent à lui au fur et à mesure qu’il dévoile sa
nature totalitaire et criminelle. Ce qui veut dire que les différents
groupes sont entrés en résistance à des moments différents pour des
motivations différentes et sous des formes différentes.
Ainsi, à la résistance ouvrière de type politique, succède l’opposition
idéologique ou spirituelle des Églises, elle-même suivie par la résistance
active et armée des élites traditionnelles. C’est la nature dictatoriale du
régime qui contraint l’opposition des organisations ouvrières à entamer
une lutte clandestine contre le régime. C’est la persécution des Églises
qui les fait entrer en dissidence. C’est la politique aventureuse et
criminelle du régime qui engendre la résistance de certains membres des
élites traditionnelles civiles et militaires.
La guerre suscite de nouvelles formes de résistance, notamment dans la
jeunesse, à l’exemple du réseau de La Rose Blanche. Au sein des élites
civiles ou de l’armée, la résistance sera longtemps, sinon jusqu’à la fin,
accompagnée d’une collaboration objective avec le régime. Alors que les
opposants politiques entrent dès le début en résistance, l’opposition des
Églises et des élites traditionnelles civiles et militaires est caractérisée
par une « période de latence ». L’idée ou la décision de résister,
déclenchée par tel événement, n’est suivie d’effet qu’après cette
période. Le passage à l’acte est postérieur. Entre-temps, on continue
d’obéir, de collaborer.

L’exil, autre forme de résistance

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Sur le demi-million d’ Allemands qui quittèrent le sol national entre le 30
janvier 1933 et 1945, 90% étaient juifs. L’émigration des juifs atteignit
son apogée après « la nuit de cristal » du 9 novembre 1938. Au début du
IIIe Reich, ce furent 30 000 à 40 000 opposants politiques qui durent fuir
en catastrophe leur pays pour échapper aux poursuites de la police et à
l’enfermement dans les nouveaux camps de concentration. Il s’agissait
surtout de représentants des partis et syndicats de gauche, communistes,
sociaux-démocrates et parfois chrétiens, auxquels il faut ajouter quelques
dissidents du parti nazi et de nombreux intellectuels juifs ou non.
Ces exilés avaient conscience de représenter « l’autre Allemagne » et se
considéraient comme partie intégrante de l’opposition à Hitler, certains
tentèrent de s’organiser afin de venir en aide à la résistance intérieure.
Celle-ci laminée, ils durent se contenter de maintenir dans de
nombreuses publications la tradition culturelle de l’Allemagne.

Bibliographie :

- Les résistances allemandes à Hitler de Gilbert Merlio


(Documents d’ Histoire-Talandier 2001)

- Ces Allemands qui ont affronté Hitler de Gilbert Badia


(Les Éditions de l’ Atelier 2000)

- Une Allemagne contre Hitler de Günther Weisenborn


(Éditions du Félin 2001)

Die Presse

Sophie Scholl – Die letzten Tage

Im Frühling 1943 nähert sich die Schlacht um Stalingrad ihrem Ende. Das
hunderttausendfache Sterben nährt in vielen die Erkenntnis von der krankhaften
Obsession Hitlers, den Krieg um jeden Preis weiter zu führen. An der Münchener
Universität haben sich Studenten zusammen getan, um den Wahnsinn zu
bekämpfen. Sie nennen sich „Die weiße Rose“. In Flugblättern fordern sie zum

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Widerstand gegen das Nazi-Regime auf. Bei einer Flugblatt-Aktion auf dem
Gelände der Universität wird die junge Studentin Sophie Scholl zusammen mit
ihrem Bruder Hans verhaftet. Es folgen tagelange Verhöre durch die Gestapo….

Kritik: Das Martyrium von Hans und Sophie Scholl und den anderen Mitgliedern
der pazifistischen Widerstandsgruppe „Weiße Rose“ benutzt Regisseur Marc
Rothemund, um die Jahre des Nationalsozialismus und den Widerstand gegen das
Nazi-Regime aus der Sicht einer jungen Frau zu beleuchten. Rothemund hält sich
an historische Fakten und konzentriert sich auf die Psycho-Duelle zwischen den
Widerstandskämpfern und den Vernehmungsbeamten. Nach dem Fall der Mauer
1989 erhielt der Regisseur Zugang zu wichtigem Archivmaterial, insbesondere zu
den Original-Vernehmungsprotokollen der Geschwister Scholl. Gestützt auf
dieses Material, gibt Rothmund das Geschehen detailgenau wieder und zeigt uns
ein Kammerspiel von eindringlicher Intensität.
Rothemund zeigt Sophie Scholl nicht als Heilige, sondern als junge,
verantwortungsbewusste Frau, die das Leben liebt und dennoch nicht davor
zurück schreckt, bis zum äußersten zu gehen. Sophie Scholls Hinterlassenschaft
ist eine Herausforderung für die nachfolgenden Generationen, insbesondere für
die heutige Jugend und stellt zugleich jeden vor die Frage, wie er selbst sich
wohl unter ähnlichen Bedingungen verhalten würde. Die Konfrontation der
Studentin mit dem Nazi-Schergen (Alexander Held), der es Dank seiner blinden,
beflissenen Ergebenheit vom Nichts zur Gestapo-Vernehmungsbeamten gebracht
hat, hat nichts einseitiges, aber große Wirkungskraft.
Der Film erreicht ein hohes Niveau an emotionaler Intensität, nicht zuletzt
wegen der eindringlichen Darstellung der Sophie Scholl durch Julia Jentsch, die
wir noch weitaus oberflächlicher in Weingartners „Die fetten Jahre sind vorbei“
in Erinnerung haben. Einen wesentlichen Anteil trägt auch André Hennicke, der
den Präsidenten des Volksgerichtshofs, Dr. Roland Freisler so lebensnah
darstellt, dass uns bei seinem hasserfüllten Gebrüll das Blut in den Adern
gefriert. Rothemunds Film erreicht einen Grad an Emotionalität und Anspruch,
den nur wenige für sich in Anspruch nehmen können. „Sophie Scholl – Die letzten
Tage“ ist ein düsteres, bedrückendes Werk, durch das nur vereinzelt
Sonnenstrahlen ziehen, die Sophie Scholl, wie ein Geschenk entgegen nimmt –
eine Aufforderung, niemals aufzugeben.

Julien Welter, Die Zeit, 14. Februar 2005

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