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Les humains dans la biodiversité Jacques Weber Montréal, Cœur des Sciences, 4 octobre 2007
Les humains dans la biodiversité
Jacques Weber
Montréal, Cœur des Sciences, 4 octobre 2007

Au Québec, toutes les maisons rappellent que les humains vivent dans la biodiversité, ici le bois. Cette belle maison cent cinquantenaire de Yvan et Louise Breton, à Bellechasse, l’illustre avec beaucoup de beauté.

La biodiversité dans les humains La biodiversité dans les humains B.Chevassus
La biodiversité dans les humains
La biodiversité dans les humains
B.Chevassus

On parle souvent des relations que les hommes entretiennent a vec le monde vivant.

Pour comprendre ces relations, il faut d’abord réaliser que les humains font partie de ce monde vivant, et qu’ils ne peuvent vivre sans interagir avec d’autres espèces. Ce qui est sur cette table provient entièrement du monde vivant. Nourriture et tissus nous sont fournis par des espèces vivantes.

Le plastique, issu du pétrole, nous est légué par une vie d’autrefois.

Ce monde vivant est perçu par les scientifiques à plusieurs niveaux d’analyse

Au Québec, la richesse de la nourriture en biodiversité ne le cède en rien à

Au Québec, la richesse de la nourriture en biodiversité ne le cède en rien à celle de la France !

Diversité intra-spécifique

Diversité intra-spécifique

Il y a d’abord la diversité génétique à l’intérieur même de chaque espèce.

Ces différences génétiques sont une assurance vie pour l’espèce. Telle maladie affectera le chat blanc, quand le noir résistera et transmettra sa résistance aux descendants…

Diversité des espèces
Diversité des espèces

Diversité des espèces

Diversité des espèces

Puis la diversité des espèces au sein d’écosystèmes donnés

Diversité des écosystèmes Le Maho
Diversité des
écosystèmes
Le Maho

LLaauurreennccee DDeesspprrééss && PPiieerrrree TTaabbeerrlleett LLaabboorraattooiirree dd''EEccoollooggiiee AAllppiinnee CCNNRRSS UUMMRR 55555533

Et la diversité des écosystèmes (système d’interactions entre espèces dans un milieu donné)

les trois niveaux de la biodiversité

Diversité écologique Diversité spécifique B. Chevassus Diversité génétique
Diversité écologique
Diversité spécifique
B. Chevassus
Diversité génétique

Les niveaux de la biodiversité sont eux-mêmes en interaction, depuis le niveau génétique….

Terre
Terre

Jusqu’au niveau planétaire.

Biodiversité ou système vivant sont synonymes. Le trait commun à toutes les formes de la vie est l’ADN.

Nature Féroce ?

(Gustave Doré, 1864)

Nature Féroce ? (Gustave Doré, 1864)

Elle n’est pas seulement façonnée, mais aussi pensée, représentée.

Aujourd’hui, les relations hommes-éléphants seraient illustrées de façon opposée à celle de Gustave Doré. Les humains seraient la force déchaînée à laquelle les éléphants ne résistent pas…

Les humains plaquent sur le milieu leur conception de l’organisation sociale et décident que telle espèce est « noble » ou « nuisible ». Or deux sociétés différentes ont des conceptions différentes de la nature: pas d’espèce « noble » chez les Pygmées qui n’ont jamais eu de noblesse !C’est pourquoi les anthropologues disent que la nature n’existe pas et qu’elle est une «construction sociale » permettant d’opposer « nature » et « culture » ou encore « sauvage » et « civilisé ».

Humains et non humains

Humains et non humains

La belle affiche de cette conférence appelle les humains à traverser la barrière, pour rejoindre leur place, qui n’est pas celle de spectateurs mais d’organismes en interdépendance avec tous les autres organismes vivants. Humains au milieu des non humains, tels nous sommes, même derrière la barrière….

Economie de la Biodiversité

Matières premières

Alimentation

Technologies « Bio »

Recyclage de l’eau

Fermentations

Atmosphère

Médicaments

Habitat

Vêtements

outils

Energie (verte et fossile)

Tourisme

Agriculture, pêche, chasse

Pollinisation

Impossible d’évaluer totalement le rôle économique de la biodiversité: perçue comme un coût par beaucoup d’entreprises qui se demandent comment évaluer monétairement leur impact (« quel équivalent de la tonne

Le réseau vivant

Le réseau vivant B.Chevassus
Le réseau vivant B.Chevassus

B.Chevassus

Le réseau vivant B.Chevassus

Pour obtenir ces aliments, il a fallu beaucoup de choses. Des microorganismes travaillant dans un lait fourni par des vaches grâce à une herbe dont la pousse implique le travail des microorganismes du sol.

Mais il a surtout fallu qu’une espèce particulière, l’espèce humaine, remplisse une fonction écologique essentielle « d’ensemblier ».

Les humains décidément, font partie intégrante de la biodiversité

espèce cruciale, dans la mesure où elle joue un rôle clé à toutes les échelles,

depuis l’intraspécifique jusqu’à l’échelle planétaire.

Ils ont, en plus, la capacité à penser leur place dans cette diversité. A condition qu’ils la perçoivent…

Il sont une

Diversité et alimentation

près de 13000 plantes alimentaires connues, 4800 sont cultivées,

• 4 espèces seulement représentent près

de 50 % de l’alimentation mondiale : blé, maïs, riz, pomme de terre

•18 plantes représentent 80%.

Notre alimentation elle-même repose sur des bases extrêmement fragiles. C’et la rançon d’une spécialisation croissante des productions et des milieux.

Ecosystème

Marin

Ecosystème Marin

Une interprétation simpliste des idées de Darwin a popularisé l’idée que dans la nature, il s’agit de manger ou d’être mangé, et que la sélection naturelle privilégie les plus forts. En fait, les espèces entretiennent des relations de prédation, mais aussi de parasitisme, de symbiose et même de « mutualisme », ne vivant bien qu’ensemble, sans se prendre ni se donner. Les relations peuvent être très sophistiquées, comme celles qui lient des fourmis, des arbres, des champignons et des bactéries, ou encore des squales et des poissons « nettoyeurs ».

Nombre d’espèces décrites et estimation minimale du nombre d’espèces existantes pour les principaux groupes
Nombre d’espèces décrites
et estimation minimale du nombre d’espèces existantes
pour les principaux groupes d’organismes dépassant
probablement 100 000 espèces (vertébrés inclus pour comparaison).
D’après WCMC, 1992. Global biodiversity assessment. Chapman & Hall.
Diversité et Productivité Species richness Aboveground biomass (g/m²)
Diversité et Productivité
Species richness
Aboveground biomass (g/m²)

Hector et al., Science 286: 1123–1127 (1999)

Pourtant, les travaux des écologues montrent une corrélation claire entre diversité des espèces en culture et productivité.

Diversité et Productivité en Mer

600 500 FIJI NCALEDONIA 400 POLYNESIA TONGA 300 200 100 0 0 20 40 60
600
500
FIJI
NCALEDONIA
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POLYNESIA
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300
200
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0
0
20
40
60
Biomass (g/m?)

S.R. (Species /Transect) commercial

( Kulbicki , IRD, 2004 )

Et les résultats d’études en mer montrent également cette corrélation entre diversité et productivité

LLeess 55 ggrraannddeess eexxttiinnccttiioonnss
LLeess 55 ggrraannddeess eexxttiinnccttiioonnss

Cinq grandes extinctions ont été repérées dans les temps géologiques, il y a 450, 350, 350 et 65 millions d’années. Elles se sont déroulées sur des centaines de milliers d’années, ou des dizaines de milliersd’années pour la dernière qui a vu la disparition des dinosaures .

Actuellement, nous affrontons la 6ème crise d’extinction, et elle se déroule à une vitesse sans précédent, plusieurs de centaines de fois plus rapide que les extinctions passées.

LeLe déclindéclin desdes populationspopulations animalesanimales
LeLe déclindéclin desdes populationspopulations animalesanimales

Oiseaux en

Angleterre
Angleterre

Toutes les espècesanimalesanimales Oiseaux en Angleterre Espèces forestières Espèces milieux ouverts Amphibiens

Espèces forestièresanimalesanimales Oiseaux en Angleterre Toutes les espèces Espèces milieux ouverts Amphibiens (monde) Balmford et al

Espèces milieuxen Angleterre Toutes les espèces Espèces forestières ouverts Amphibiens (monde) Balmford et al . 2003 Trends

ouverts

Amphibiens (monde)
Amphibiens
(monde)

Balmford et al. 2003

Trends Ecol. Evol.

Populations de vertébrés
Populations de
vertébrés

Habitats forestiers(monde) Balmford et al . 2003 Trends Ecol. Evol. Populations de vertébrés Habitats marins Habitats d’eau

Habitats marins(monde) Balmford et al . 2003 Trends Ecol. Evol. Populations de vertébrés Habitats forestiers Habitats d’eau

Habitats d’eau douce(monde) Balmford et al . 2003 Trends Ecol. Evol. Populations de vertébrés Habitats forestiers Habitats marins

Et les courbes d’évolution des espèces dans le monde se passent de commentaires.

Température moyenne de l’hémisphère nord

(M. Deque; Météo France , 05004)
(M. Deque; Météo France , 05004)

Ce qui inquiète les scientifiques est la rapidité des phénomènes. Ici, l’évolution des températures moyennes qui montrent que le réchauffement actuel n’est pas le premier, mais que jamais on n’en a vu ayant cette amplitude ni cette rapidité.

Les gaz à effet de serre (GIEC, 2001)

(M. Deque; Météo France , 05004)

Les gaz à effet de serre (GIEC, 2001 ) (M. Deque; Météo France , 05004)

Ici encore, c’est moins la quantité de gaz à effets de serre, déjà inquiétante en elle même, que l’accélération des phénomènes, qui est préoccupante. Elle est à mettre en relation avec l’accélération de la dégradation de la biodiversité.

La diversité biologique en agents pathogènes

Plus de 300 fois plus d’agents pathogènes dans les zones tropicales 335 espèces différentes G
Plus de 300 fois plus d’agents
pathogènes dans les
zones tropicales
335 espèces différentes
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Septentrionalpathogènes dans les zones tropicales 335 espèces différentes G 12u 0é 0g 2an Gradient de latitude

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de

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Equateurpathogènes dans les zones tropicales 335 espèces différentes G 12u 0é 0g 2an Septentrional Gradient de

individual (g)Plant (g)

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Plant biomass

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Arbres et Carbone

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JJ GGrraannaaddooss && CChh KKöörrnneerr ((22000022)) GGlloobb CChhaannggee BBiiooll 88::11110099

On a longtemps cru que l’accroissement du CO2 dans l’atmosphère serait bénéfique pour les arbres qui, disposant de carbone, croîtraient plus vite. L’expérience en vraie grandeur montre l’existence d’effets de seuil. Au-delà d’une certaine concentration de CO2, les arbres qui ne disposent pas des autres nutriments qui leur sont nécessaires à dûe proportion du carbone, sont fragilisés et ont une vie raccourcie…

Ce qui accroît le relargage de CO2 et de méthane.

RRaaccccoouurrcciisssseemmeenntt ddeess rryytthhmmeess ééccoollooggiiqquueess

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Avec un accroissement élevé de la quantité de CO2 dans l’atmosphère, les arbres sont fragilisés et la forêt connaît plusieurs cycles au lieu d’un dans la même période de temps.

Cette accélération des écosystèmes est d’ores et déjà observée dans les écosystèmes marins, où la disparition des prédateurs laisse place à des espèces à vie de plus en plus courtes et à rotation rapide des générations.

Avant le feu CChh KKöörrnneerr ((22000022))
Avant le feu
CChh KKöörrnneerr ((22000022))
Après le feu CChh KKöörrnneerr ((22000022))
Après le feu
CChh KKöörrnneerr ((22000022))

Maîtriser la nature ?

Maîtriser la nature ?

Dans ce paysage vivent 400 habitants pa kilomètre carré, au Nord Cameroun. Ils ont totalement « maîtrisé » l’écosystème montagnard, mais leurs aménagements survivront-ils au cangement climatique, ou celui ci les transformera-t-il en réfugiés écologiques ?

Paris, 2-3 février 2007

Le paradoxe économique de la biodiversité

Ma biodiversité est riche ! Pourquoi suis-je pauvre?
Ma
biodiversité
est riche !
Pourquoi
suis-je
pauvre?

La biodiversité est dans le sud, la misère aussi.

Les connaissances sur la biodiversité du sud est dans le nord, la richesse aussi…

L’empreinte écologique de la richesse ?

L’empreinte écologique de la richesse ? Source : WWF

Source : WWF

Conclusion

• Une biodiversité faite d’interactions entre des

organismes dans des milieux en évolution: les humains en font partie •« l’équilibre naturel », c’est le changement

• des bouleversements ayant des précédents, mais à

des rythmes sans précédent, et en accélération

• de sérieuses raisons d’inquiétude

• possibilité d’agir fonction de la vitesse d’action

• un rôle important de inégale répartition des richesses

et du savoir

Conserver = maintenir un potentiel évolutif

Merci de votre attention !

Remerciements à L’Institut Hydro- Québec en Environnement, Développement et Société de l’Université Laval

Hydro- Québec en Environnement, Développement et Société de l’Université Laval www.gis-ifb.org www.ihqeds.ulaval.ca

www.gis-ifb.org

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