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E.S.P.E.M.E.

1ère ANNEE

Chargés de cours : Mme BARBRY


Mme DOUZENEL
M. DUPIRE
M. COLEY

INTRODUCTION A L’ANALYSE
FINANCIERE

SEANCES N° 5 & 6

ANNEE UNIVERSITAIRE 2006 – 2007


B. BARBRY, F. DOUZENEL, D. DUPIRE, G. COLEY : Introduction à l’analyse financière

3) Les soldes intermédiaires de gestion.

Les soldes intermédiaires de gestion (S.I.G.) constituent un outil d’analyse de


l’activité et de la rentabilité de l’entreprise, au travers d’une lecture plus économique du
compte de résultat. L’objet des soldes intermédiaires de gestion est de modifier la
présentation du compte de résultat afin de faire apparaître les différentes étapes de
formation du résultat et établir la part de responsabilité des opérations d’exploitation,
financières et exceptionnelles. Les S.I.G. permettent notamment de calculer la rentabilité
économique de l’entreprise. Pour ce faire, nous allons procéder à une lecture horizontale du
compte de résultat et constituer les soldes intermédiaires de gestion en respectant la
procédure décrite par le plan comptable.

a) La marge commerciale.

La marge commerciale (M.C.) concerne les entreprises ayant des activités commerciales
(activité de négoce, achat pour la revente de marchandises en l’état). Elle permet de suivre
l’évolution et d’apprécier l’efficacité de la politique commerciale de l’entreprise.

MC = ventes de marchandises – coût d’achat des marchandises vendues (achats de


marchandises + variations de stocks de marchandises)

b) La production totale.

La production totale (P.T.) concerne les entreprises ayant des activités industrielles. Elle
évalue le niveau d’activité de production de l’entreprise.

PT = production vendue + production stockée + production immobilisée

c) La valeur ajoutée.

La valeur ajoutée (V.A.) permet de mesurer la création de richesse de l’entreprise de par son
activité. Elle permet d’apprécier le poids économique de l’entreprise. La VA sert à rémunérer
les différents facteurs de production qui en ont permis la création, à savoir :

• Le travail (charges de personnel) ;


• L’Etat (impôts et taxes) ;
• Le capital prêté par les établissements financiers (intérêts) ou investi par les associés
(dividendes).

Le total annuel des valeurs ajoutées de toutes les entreprises d’un pays s’appelle le produit
intérieur brut (PIB). C’est une grandeur qui mesure à l’échelle d’une nation l’activité
économique globale. L’évolution du PIB d’une année sur l’autre détermine le taux de
croissance de l’économie.

- Les consommations intermédiaires :

Elles mesurent l’ensemble des biens et services achetés à l’extérieur de l’entreprise.

CI = achats de matières premières et autres approvisionnements + variations de


stocks de matières premières et autres approvisionnements + autres achats et
charges externes

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- La valeur ajoutée :

VA = MC + PT – CI

Remarque : une entreprise est d’autant plus n i tégrée qu’elle a peu de consommations
intermédiaires (elle sous-traite peu). Autrement dit, plus le ratio VA / CA (HT) est élevé, plus
le degré d’intégration est grand.

d) L’excédent brut d’exploitation (ou insuffisance brute d’exploitation).

L’excédent brut d’exploitation (E.B.E.) est un indicateur de la performance industrielle et


commerciale de l’entreprise, de sa rentabilité économique. Il représente le résultat
économique de l’entreprise engendré par les seules opérations d’exploitation,
indépendamment de la politique d’endettement de l’entreprise, de la politique fiscale de l'état
et des éléments exceptionnels.

EBE = VA + subventions d’exploitation – impôts, taxes et versements assimilés (sauf


IS) – charges de personnel (salaires, traitements et charges sociales)

Remarque : une entreprise ne peut pas être durablement efficace si son E.B.E. est négatif.
L’E.B.E. mesure la rentabilité de son outil de production.

e) Le résultat d’exploitation.

Le résultat d’exploitation (R.E.) est un outil de mesure de la performance économique nette


de l’entreprise, avant prise en compte de la politique d’endettement (ou financière) et des
éléments exceptionnels. Le RE tient compte de la consommation d’immobilisations dans le
cycle d’exploitation (dotations aux amortissements) et des pertes probables (dotations aux
provisions).

RE = EBE – DADP d’exploitation + RADP d’exploitation + autres produits


d’exploitation – autres charges d’exploitation

Vérification : RE = total I des produits d’exploitation – total I des charges d’exploitation

f) Le résultat courant avant impôts.

Le résultat courant avant impôts (R.C.A.I.) intègre toutes les opérations à caractère financier,
et permet de mesurer l’incidence de la politique financière sur la formation du résultat.

RCAI = RE + produits financiers – charges financières +/- quote-part de résultat sur


opérations faites en commun

g) Le résultat exceptionnel.

Le résultat exceptionnel (R.ex.) ne dépend pas des calculs précédents. C’est le résultat des
opérations non courantes de l’entreprise, c’est-à-dire des évènements non récurrents qui ne
concernent pas directement l’activité normale de l’entreprise.

Rex = Produits exceptionnels – charges exceptionnelles

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h) Le résultat net comptable.

Le résultat net comptable (R.N.C.) permet de mesurer ce qui reste à la disposition de


l’entreprise après versement de la participation des salariés et paiement de l’impôt sur les
sociétés, c’est-à-dire le revenu des associés après impôt. C’est un outil de mesure de la
rentabilité financière de l’entreprise.

RNC = RCAI +/- Rex – participation des salariés – impôt sur les bénéfices (IS)

Les soldes intermédiaires de gestion peuvent être calculés et présentés au sein d’un même
tableau figurant en annexe 2 page 8.

4) La capacité d’autofinancement (C.A.F.).

Définition : La capacité d’autofinancement a pour but de mesurer le surplus monétaire


dégagé par l’entreprise compte tenu de l’ensemble de ses activités. C’est un indicateur de
résultat que l’on estime plus représentatif que la notion de bénéfice net car celui-ci semble
trop exposé à des considérations d’ordre fiscal.

Caractéristiques :

- c’est une ressource durable pour l’entreprise (à plus d’un an) ;


- mesure la capacité de l’entreprise à faire naître un surplus par ses propres
moyens ;
- intègre les ressources qui ont un caractère répétitif : les opérations à
caractère exceptionnel sont exclues ;
- le bénéfice net ne recense que des produits taxables et des charges
fiscalement déductibles : on va réintégrer les charges ne créant pas de
décaissement (amortissements, dépréciations et provisions) et exclure les
produits qui n’entraînent pas d’encaissement (reprises).

Méthodes de calcul :

a) Méthode additive :

R.N.C.
Dotations aux amortissements , dépréciations et provisions :
* d’exploitation ;
+
* financiers ;
* exceptionnels.
Reprises sur amortissements, dépréciations et provisions :
* d’exploitation ;
-
* financiers ;
* exceptionnels.
+ Valeur comptable des immobilisations cédées
* Produits des cessions d’immobilisations
-
* Quotes-parts des subventions d’investissement virées au résultat de l’exercice
= Capacité d’autofinancement (C.A.F.)

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Remarque : On ajoute les moins -values de cession ou on retranche les plus-values de


cession d’actifs immobilisés car ce sont des charges ou des ressources exceptionnelles non
répétitives. De même, on retranche la part des subventions d’investissement virée au
compte de résultat car il s’agit d’une ressource externe accordée par les pouvoirs publics.

b) Méthode soustractive :

E.B.E. (ou I.B.E.)


+ Transferts de charges d’exploitation
+ Autres produits d’exploitation
- Autres charges d’exploitation
+/- Quote-part de résultat sur opérations faites en commun
Produits financiers sauf :
+
* reprises sur dépréciations et provisions.
Charges financières sauf :
-
* dotations aux amortissements, dépréciations et provisions financiers.
Produits exceptionnels sauf :
* produits des cessions d’immobilisations ;
+
* quotes-parts des subventions d’investissement virées au résultat de l’exercice
* reprises sur dépréciations et provisions exceptionnelles.
Charges exceptionnelles sauf :
- * valeur comptable des immobilisations cédées ;
* dotations aux amortissements, dépréciations et provisions exceptionnels.
- Participation des salariés aux fruits de l’expansion
- Impôt sur les bénéfices
= Capacité d’Autofinancement (C.A.F.)

Conclusion :

- la C.A.F. est souvent supérieure au résultat net comptable : une entreprise


peut enregistrer une perte tout en dégageant une capacité
d’autofinancement positive ;
- l’intérêt de la C.A.F. est d’être une ressource propre à l’entreprise et sans
contrepartie, à la différence d’autres sources de financement (les dettes
bancaires engendrent des frais financiers et doivent être remboursées ; les
fonds propres apportés par les actionnaires doivent être rémunérés) ;
- la C.A.F. est une ressource potentielle définitivement acquise qui ne se
retrouve pas obligatoirement ni immédiatement en trésorerie.

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CAS N° 1 : ENTREPRISE SARRASIN.

Vous disposez du compte de résultat de l’entreprise SARRASIN au 31/12/N fourni en


annexe 1.

@ Travail à faire :

1) Dresser le tableau des soldes intermédiaires de gestion (cf. annexe 2) ;

2) Calculer la C.A.F. par les deux méthodes.

CAS N° 2 : ENTREPRISE BERTHIER.

Le tableau suivant montre l’évolution dans le temps (de N-2 à N) de certains soldes
intermédiaires de gestion pour l’entreprise Berthier ainsi que les moyennes sectorielles
constatées en N :

Exercice Exercice Exercice Moyenne


Eléments
N-2 N-1 N sectorielle
Valeur ajoutée (1) 26 % 28 % 31 % 28 %
Charges de personnel / valeur ajoutée 45 % 43 % 41 % 40 %
Impôts et taxes / valeur ajoutée 7% 7% 8% 8%
Excédent brut d’exploitation / valeur ajoutée 54 % 57 % 58 % 58 %
Excédent brut d’exploitation (1) 14 % 16 % 18 % 15 %
Charges financières (1) 7% 6% 4% 2,5 %
Résultat de l’exercice (1) 1% 2% 2,5 % 4%
Résultat exceptionnel (1) 8% 3% 1% 2%
Capacité d’autofinancement (2) 7% 9% 10 % 15 %
(1) En % du chiffre d’affaires.
(2) En % des emplois stables.
(3) En % du fonds de roulement net global.

@ Travail à faire :

Présenter un rapide diagnostic sur l’activité de cette entreprise.

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ANNEXE 1 : COMPTE DE RESULTAT (SYSTEME DEVELOPPE) DE L’ENTREPRISE « Sarrasin » AU 31/12/N.


Exercice N N-1 Exercice N N-1
CHARGES (hors taxes) Totaux PRODUITS (hors taxes) Totaux
partiels partiels
Charges d’exploitation Produits d’exploitation
Coût d’achat des marchandises vendues dans l’exercice 10 119 716 Ventes de marchandises 15 722 800 15 722 800
§ Achats de marchandises 10 874 906
§ Variation des stocks de marchandises (755 190) Production vendue 2 288 758
Consommations de l’exercice en provenance de tiers 1 846 106 § Ventes
§ Achats stockés d’approvisionnements : § Travaux
- matières premières 117 437 § Prestations de services 2 288 758
- autres approvisionnements 101 925
§ Variation des stocks d’approvisionnements (829) Montant net du chiffre d’affaires 18 011 558
§ Achats de sous-traitances Dont à l’exportation
§ Achats non stockés de matières et fournitures 125 430
§ Services extérieurs : Production stockée
- personnel extérieur § En-cours de production de biens
- loyers en crédit bail 92 845 § En-cours de production de services
- autres 1 409 298 § Produits
Impôts, taxes et versements assimilés 143 206 143 206
§ Sur rémunérations Production immobilisée
§ Autres Produits nets partiels sur opérations à long terme
Charges de personnel 5 293 574 Subventions d’exploitation
§ Salaires et traitements 3 975 504
§ Charges sociales 1 318 070 Reprises sur dépréciations, provisions (et amortissements) 298 233 298 233
Dotations aux amortissements et dépréciations 404 298
§ Sur immobilisations : dotations aux amortissements 59 496 Transferts de charges
§ Sur immobilisations : dotations aux dépréciations
§ Sur actif circulant : dotations aux dépréciations 344 802 Autres produits
Dotations aux provisions
Autres charges
TOTAL 17 806 900 TOTAL 18 309 791

Quotes-parts de résultat s/ opérations faites en commun Quotes-parts de résultat s/ opérations faites en commun
Charges financières 275 008 Produits financiers 7 667
Dotations aux amortissements, dépréciations et provisions De participations
Intérêts et charges assimilées 275 008 D’autres valeurs mobilières et créances de l’actif immobilisé
Différences négatives de change Autres intérêts et produits assimilés 7 000
Charges nettes sur cessions de valeurs mobilières de placement Reprises sur dépréciations et prov., transferts de charges fin.
Différences positives de change
Charges exceptionnelles 86 098 Produits nets sur cessions de valeurs mobilières de placement 667
Sur opérations de gestion 13 694
Sur opérations en capital : Produits exceptionnels 8 913
§ valeurs comptables des éléments immob. et financiers Sur opérations de gestion 913
cédés 9 600 Sur opérations en capital :
§ autres § Produits des cessions d’éléments d’actif 8 000
Dotations aux amortissements, dépréciations et provisions : § Subventions d’investissement virées au résultat de
§ dotations aux provisions réglementées 62 804 l’exercice
§ dotations aux amortissements, dépréciations et autres prov. § Autres
Participation des salariés aux résultats de l’entreprise Reprises sur dépréciations et prov., transferts de charges exc.
Impôts sur les bénéfices 146 925 146 925 Solde débiteur = perte
Solde créditeur = bénéfice 11 440
TOTAL GENERAL 18 326 371 TOTAL GENERAL 18 326 371

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ANNEXE 2 : Tableau des soldes intermédiaires de gestion.

Produits Charges Soldes intermédiaires de gestion N N-1


(Colonne 1) (Colonne 2) (Colonne 1 – Colonne 2)
Ventes de marchandises …………. Coût d’achat des marchandises vendues ………… Ÿ Marge commerciale …………. …………

Production vendue …………. ou Déstockage de production …………


Production stockée ………….
Production immobilisée ………….

Total …………. Total ………… Ÿ Production de l’exercice …………. …………

Ÿ Production de l’exercice …………. Consommation de l’exercice en provenance


Ÿ Marge commerciale …………. de tiers …………

Total …………. Total ………… Ÿ Valeur ajoutée …………. …………

Ÿ Valeur ajoutée …………. Impôts, taxes et versements assimilés …………


Subventions d’exploitation …………. Charges de personnel …………
Ÿ Excédent brut (ou Insuffisance brute)
Total …………. Total ………… d’exploitation …………. …………

Ÿ Excédent brut d’exploitation …………. Ÿ ou Insuffisance brute d’exploitation …………


Reprises sur charges et transferts de Dotations aux amortissements ,
charges …………. dépréciations et provisions …………
Autres produits …………. Autres charges …………
Ÿ Résultat d’exploitation (bénéfice ou
Total …………. Total ………… perte) …………. …………

Ÿ Résultat d’exploitation …………. Ÿ ou Résultat d’exploitation …………


Quotes-parts de résultat sur opérations Quotes-parts de résultat sur opérations
faites en commun …………. faites en commun …………
Produits financiers …………. Charges financières …………
Ÿ Résultat courant avant impôts
Total …………. Total ………… (bénéfice ou perte) …………. …………
Ÿ Résultat exceptionnel (bénéfice ou
Produits exceptionnels …………. Charges exceptionnelles ………… …………. …………
perte)

Ÿ Résultat courant avant impôts …………. Ÿ ou Résultat courant avant impôts …………
Ÿ Résultat exceptionnel …………. Ÿ ou Résultat exceptionnel …………
Participation des salariés …………
Impôts sur les bénéfices …………
Ÿ Résultat de l’exercice (bénéfice ou
Total …………. Total ………… perte) …………. …………
Plus -values et moins -values sur cessions
Produits des cessions d’éléments d’actif …………. Valeur comptable des éléments cédés ………… …………. …………
d’éléments d’actif

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