Depuis sa création avec la Constitution du 4 octobre 1958, le pouvoir du conseil constitutionnel s'est considérablement accru.

On a longtemps eu en France un contrôle de constitutionnalité a priori. Plus aucun juge ne pouvait en prononcer l’annulation pour inconstitutionnalité car une fois publiée la loi est déclarée conforme a la constitution. Ensuite l’idée d’un contrôle a posteriori est apparu. Suite à la révision constitutionnelle du 23 juillet 2008 (art 61-1), à été mis en place la Question Prioritaire de Constitutionnalité (QPC). Le Conseil constitutionnel a été saisi par la Cour de cassation (arrêt du 31 mai 2010) d'une QPC posée par Mr.Daniel W, dans les conditions de l'article 61-1 de la Constitution. Celui ci reproche le fait de la non conformité de la garde a vue, aux droits et libertés que la Constitution garantit, des articles 62, 63, 63-1, 63-4, 77 et 706-73 du code de procédure pénale. Les conditions matérielles dans lesquelles la garde à vue se déroule négligeraient la dignité de la personne. Tout d’abord le Conseil Constitutionnel se déclare incompétent pour juger la constitutionnalité des articles 63-4 alinéa 7, et 706-73 du CPP. A propos de l’argument selon lequel, les conditions de détention de la garde à vue sont contraires au principe de dignité, le Conseil Constitutionnel, cite que « la méconnaissance éventuelle de cette exigence dans l'application des dispositions législatives précitées n'a pas, en elle-même, pour effet d'entacher ces dispositions d'inconstitutionnalité ». C'est aux autorités compétentes de sanctionner les possibles atteintes. En effet, on rappelle que « la garde à vue demeure une mesure de contrainte nécessaire à certaines opérations de police judiciaire ». Cependant il finit par « les articles 62, 63, 63 1, 63-4, alinéas 1er à 6, et 77 du code de procédure pénale n'instituent pas les garanties appropriées à l'utilisation qui est faite de la garde à vue ... ces dispositions méconnaissent les articles 9 et 16 de la Déclaration de 1789 et doivent être déclarées contraires à la Constitution ». Quel rôle a jouer la Question Prioritaire de Constitutionnalité dans la réforme de la garde à vue ? Dans une première partie nous étudierons la constitutionnalité de la procédure de garde à vue; dans la seconde partie nous étudierons la Question Prioritaire de Constitutionnalité.

I- la garde a vue, contraire a la constitution
le Conseil Constitutionnel a sanctionné de la garde à vue celle ci était contraire aux droits de la défense (A), malgré tout il y a des effets dus a cette sanction (B). A) Violation des droits de la défense La garde à vue est une mesure de détention de la police judiciaire dans les locaux de police, non pénitenciers, pendant un temps limité qui varie selon l'infraction qui a été commise, ces personnes doivent rester a la disposition des autorités pour l'enquête, même si celle ci n'est pas poursuivie ou condamnée. Le Conseil Constitutionnel accepte de contrôler une nouvelle fois le régime de la garde à vue, et cette fois, il décide de déclarer son inconstitutionnalité, car ce régime viole les droits de la défense garantis par l’article 9 et 16 de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen. Tout d’abord c’est le fait que la durée de la garde à vue soit « de vingt-quatre heures quelle que soit la gravité des faits qui motivent une telle mesure » même chose concernant le renouvellement de la garde à vue, indépendamment du fait qu'il faille que « cette faculté soit réservée à des infractions présentant une certaine gravité ». Ensuite le Conseil Constitutionnel condamne le fait que l'interrogation d'une personne gardée à vue se fasse sans « l'assistance effective d'un avocat ». Aussi les juges constitutionnels sanctionnent le fait qu'on ne prévienne pas la personne gardée a vue de son droit de garder le silence. B) Les effets de cette déclaration d’inconstitutionnalité Cette déclaration risque d’avoir plus d’inconvénients que d’avantage, puisque comme le rappel le Conseil cette procédure est nécessaire pour les besoins de l’enquête. L’annulation totale de ce régime pourrait conduire à ce que plus aucune garde à vue ne puisse être effectuée. « L'abrogation immédiate de ces dispositions aurait méconnu les objectifs de prévention des atteintes à l'ordre

Cette dernière a cependant préféré renvoyé à la Cour de Justice des Communauté Européenne une question préjudicielle plutôt qu’une question prioritaire. Aussi le conseil constitutionnel ne peut se prononcer sur des dispositions législatives lorsque dans une décision antérieure ils l’ont déjà fait. ainsi que les parlementaires dans le délai de 15 jours qui suivent le vote de la loi. et autres le conseil constitutionnel vient rappeler qu’il faudra dans les années à venir compter sur la procédure de la Question Prioritaire de Constitutionnalité. en raison des changements de circonstances. Seul le Conseil d'État ou la Cour de Cassation sont compétent pour transmettre au Conseil Constitutionnel une Question Prioritaire de Constitutionnalité. et 706-73 du code de procédure pénal. Dès lors cette grande décision du Conseil Constitutionnel sera normalement destiné à n’avoir aucun impact négatif sur la procédure de garde à vue. ce retard semble malgré tout compensé l'acceptation et l'utilisation très large de cette QPC (B). A) la QPC dompte l'art 62 La mise en place de la Question Prioritaire de Constitutionnalité a nécessité un effort important et beaucoup de temps.public et de recherche des auteurs d'infraction et aurait entrainé des conséquences manifestement excessives ». Néanmoins il accepte de connaître des autres dispositions législatives concernant la garde à vue.. Le Conseil Constitutionnel a fait une application positive de la Question Prioritaire de Constitutionnalité. Les pouvoirs publics ont rapidement mis en place cet instrument juridique après la révision constitutionnel du 23 juillet 2008. II) Un instrument juridique : la QPC la France a mis du temps pour admettre un contrôle a posteriori des lois (A). Encore une fois avec cette décision M Daniel W. Les premiers renvois ne se font pas attendre. Même chose concernant la Cour de Cassation. 63-4. Le Conseil Constitutionnel a décidé d’ adapter dans le temps les effets de cette jurisprudence. Il était normal que la première QPC touche a la garde a vue. B) l'exemple d'un instrument juridique largement accepté et utilisé C’est le 1er mars 2010 que cette réforme est entrée en vigueur et que le Conseil d'État comme la Cour de Cassation ont pu effectuer des Questions Prioritaires de Constitutionnalité au Conseil Constitutionnel. le droit de défense etc. elle impose seulement au législateur de respecter les principes fondamentaux comme la dignité humaine. C’est la première fois que le Conseil d'État accepte de contrôler a posteriori une disposition déjà contrôlé a priori. Le conseil constitutionnel va donc pour la 1ere fois a l'encontre de l'article 62 et de ce que l'on appelle « l'autorité de la chose jugée ». alinéa 7. Ceux qui peuvent lancer une QPC sont les citoyens depuis Mars 2010. . C’est la raison pour laquelle le Conseil d'État a jugé qu’il était incompétent pour connaître des articles..

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