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DESEQUILIBRES ET POLITIQUES

ECONOMIQUES ET SOCIALES EN
ECONOMIE OUVERTE

CHAPITRE 12 : POLITIQUES


CONJONCTURELLES ET
STRUCTURELLES EN
ECONOMIE OUVERTE.
I ) LES POLITIQUES ECONOMIQUES
CONJONCTURELLES.
1. Objectifs et instruments de la
politique monétaire.
 1.1. L’évolution des modalités de la
politique monétaire depuis 1947.
• Entre 1945 et 1970 :
- La politique monétaire s’est inscrite dans le cadre
du système de Bretton Woods =>
engagement des pays à maintenir un taux de
change fixe entre leur monnaie et celle des
Etats-Unis;
- Le financement de l’économie reposait
principalement sur l’activité des banques
= économie d’endettement (faible mobilité
des capitaux) => les autorités monétaires
utilisaient généralement des instruments
directs, sous la forme de mesures
réglementaires et administratives (notamment
l’encadrement du crédit);
- L’inflation était alors considérée comme un mal
I ) LES POLITIQUES ECONOMIQUES
CONJONCTURELLES.
1. Objectifs et instruments de la politique
monétaire.
• Au cours des années 1970:
- L’effondrement de Bretton Woods ne conduit
pas à des changements importants => de
nombreux pays conservent un système
d’ancrage du taux de change (ex: SME)
- La politique monétaire est restée
largement contrôlée par les pouvoirs
publics qui continuaient d’exercer une tutelle
sur les banques centrales nationales.
- Mais un changement se produit dans les
méthodes utilisées puisque, à la suite de la
Bundesbank, de nombreuses banques
centrales ont défini des objectifs
intermédiaires pour la croissance des
agrégats de monnaie (monetary targeting).
I ) LES POLITIQUES ECONOMIQUES
CONJONCTURELLES.
1. Objectifs et instruments de la politique
monétaire.
• A partir des années 1980 et tout au long de la décennie suivante,
les politiques monétaires ont enregistré de véritables
bouleversements:
- Paul Volcker à la tête de la Banque Fédérale de Réserve (Fed) qui siffle la
« fin de la récréation » (la spirale inflationniste des années 1970) en
mettant immédiatement en place des mesures préconisées par les
monétaristes => l’objectif prioritaire devient la lutte contre
l’inflation avec comme moyen la limitation de la croissance de la
masse monétaire.
- La plupart des pays de l’OCDE s’engagent dans la lutte contre l’inflation
avec des mesures forte pour que les banques centrales gagnent en
crédibilité => Baisse de l’inflation mais ralentissement de la croissance.
- Exemple de la « désinflation compétitive » en France dès 1983.
- L’environnement financier s’est ensuite transformé depuis les années 1980
avec la déréglementation des marchés financiers nationaux et la
libéralisation des mouvements de capitaux.
- La plupart des banques centrales se sont vu accorder un statut
d’indépendance vis-à-vis des pouvoirs publics. La stabilité des
prix est alors devenue sinon le seul, du moins l’objectif principal de leur
action. (comparaison Fed / BCE).
- Un peu partout, les objectifs intermédiaires ont été abandonnés au profit
des stratégies où les banques centrales cherchent à atteindre
directement leurs objectifs finals en utilisant des instruments
indirects sous la forme d’opérations de marché (dites d’open
I ) LES POLITIQUES ECONOMIQUES
CONJONCTURELLES.
1. Objectifs et instruments de la politique
monétaire.
 1.2. Les mécanismes de la politique monétaire.
 1.2.1. Objectifs finaux et intermédiaires.

 1.2.1.1. Les objectifs finaux de la politique

monétaire.
• le taux de croissance de l’économie : En vertu de la règle d’or énoncé
par Friedman, la politique monétaire assurera une croissance non
inflationniste si la croissance de la masse monétaire suit la croissance
économique réelle.
• le taux d’inflation et de chômage. Dans une optique keynésienne, la
politique monétaire est un instrument de régulation conjoncturelle qui
est basé sur l’arbitrage inflation/chômage. En situation de sous-emploi,
une politique monétaire expansive permet de réduire le chômage, par
la baisse des taux d’intérêt et la reprise de l’investissement qu’elle
induit, au détriment de la stabilité des prix et inversement.
• l’équilibre de la balance des paiements. Si un pays est confronté à un
déséquilibre extérieur, une politique monétaire restrictive permet
d’attirer les capitaux et de limiter la dépréciation de la monnaie.
• Depuis les années 1980, on a assisté à un recentrage de la
politique monétaire sur les seuls objectifs de stabilité des
prix. L’objectif d’équilibre de la balance des paiements est
apparu de plus en plus important avec l’ouverture des
économies mais sa prise en compte diffère en fonction des
I ) LES POLITIQUES ECONOMIQUES
CONJONCTURELLES.
1. Objectifs et instruments de la politique
monétaire.
 1.2.1.2. Les objectifs intermédiaires.
• Les objectifs intermédiaires de la politique monétaire
correspondent à des variables monétaires à travers lesquelles les
autorités monétaires cherchent à atteindre les objectifs finals de la
politique monétaire.
• la croissance de la masse monétaire : objectif privilégié des monétaristes.
La croissance de la masse monétaire doit être égale à la croissance du
PIB afin d’éliminer tout risque d’inflation.
• le niveau des taux d’intérêt nominaux : objectif privilégié des keynésiens.
Le niveau des taux d’intérêt conditionne le niveau des investissements
ainsi que les mouvements de capitaux à court terme sur les places
financières.
• la stabilité du taux de change : la Banque centrale définit un taux de
change d’équilibre et s’efforce de défendre cette parité. La stabilité du
taux de change, le choix de ce taux de change correspond à des
volontés différentes : favoriser les exportations au prix d'une inflation
importée et de l'amélioration des gains de productivité, ou alors à
l'inverse pénaliser les exportations pour équilibrer la balance des
paiements.
• Dans la pratique, les banques centrales se centrent actuellement sur
l’objectif intermédiaire de niveau des taux d’intérêt et sur
l’objectif de la croissance de la masse monétaire pour chercher
avant tout la stabilité des prix. En ce qui concerne l’objectif de
I ) LES POLITIQUES ECONOMIQUES
CONJONCTURELLES.
1. Objectifs et instruments de la politique
monétaire.
 1.2.2. Les instruments de la politique monétaire
 1.2.2.1. Les contrôles administratifs et quantitatifs.
 Utilisés jusqu’aux années 1980, dans un contexte où domine
l’économie d’endettement => Encadrement du crédit (consiste à
fixer des normes de progression en matière de crédits )et
bonification des taux d’intérêt (permet de contrôler le montant
du crédit et son affectation entre agents).
 1.2.2.2. Les réserves obligatoires.
 La banque centrale en faisant varier les coefficients de réserves
obligatoires peut influer sur la création monétaire. Les banques
commerciales sont obligées de déposer des réserves en monnaie
centrale à la Banque Centrale. L’augmentation des réserves
obligatoires doit freiner la création monétaire et sa baisse doit
favoriser le crédit.
 1.2.2.3. L’action sur le refinancement bancaire.
 La banque centrale agit sur la liquidité bancaire des banques de
second rang .
- Le réescompte (La banque centrale fixe à la fois le coût du
refinancement (le taux de l’escompte) et la quantité de
liquidités que les banques de second rang peuvent obtenir (le
plafond de l’escompte)
- Les opérations d’open market (La banque centrale intervient soit
en vendant des titres contre de la monnaie centrale, absorbant
une partie des liquidités disponibles sur le marché ce qui
I ) LES POLITIQUES ECONOMIQUES
CONJONCTURELLES.
1. Objectifs et instruments de la politique
monétaire.
1.2.3. Les canaux de transmission de la politique monétaire

 1.2.3.1. Le canal du taux d’intérêt et des prix des actifs


• La politique monétaire se transmet par les variations du taux
d’intérêt qui affectent les comportements de gestion du
patrimoine des agents non financiers (ménages,
entreprises, Etat).
• La théorie de l’investissement de Tobin (1969) montre que la
politique monétaire affecte les entreprises par le biais de ses
effets sur la valorisation des actions (le « q de Tobin »), ce qui a
une influence sur l’investissement.
 1.2.3.2. Le canal du taux de change.
• La baisse des taux d’intérêt nationaux induit une offre de monnaie
nationale excédentaire sur le marché des changes qui provoque
une dépréciation du taux de change.
 1.2.3.3. Le canal du crédit bancaire.
• La politique monétaire influence l’économie en agissant
directement sur le volume des crédits offerts par les banques
aux agents non financiers.
 1.2.3.4. Le canal des anticipations et les effets d’annonce.
I ) LES POLITIQUES ECONOMIQUES
CONJONCTURELLES.
1. Objectifs et instruments de la politique
monétaire.
 1.3. Les conditions d’efficacité de la politique
monétaire.
 1.3.1. La politique monétaire keynésienne.
• Keynes assigne un rôle premier au budget de l’Etat, la politique
monétaire est conçue comme une politique
d’accompagnement de la relance budgétaire.
• L’efficacité de la politique monétaire est en effet soumise à la
réalisation de deux conditions : l’accroissement de l’offre de
monnaie doit conduire à une baisse du taux d’intérêt et la
baisse du taux d’intérêt doit se traduire par une reprise de
l’investissement. Or ces deux conditions ne sont pas
toujours vérifiées.
• La politique monétaire, à la différence de la politique
budgétaire n’agit pas directement sur l’activité. Ceci
explique qu’elle reste avant tout un instrument
d’accompagnement de la politique budgétaire.
=> Ainsi, sur la période des Trente Glorieuses, l’outil
prioritaire des politiques conjoncturelles a été la
politique budgétaire. La politique monétaire jouait un rôle
contra-cyclique car en période de surchauffe de l’économie,
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CONJONCTURELLES.
1. Objectifs et instruments de la politique
monétaire.
 1.3.2. L’optique des monétaristes et de la nouvelle
économie classique
• L’efficacité de la politique monétaire conjoncturelle est contestée par les
monétaristes et les tenants de la nouvelle macroéconomie classique. Milton
Friedman dira que « la monnaie est toute puissante mais la politique
monétaire est impuissante »
• Les monétaristes ont insisté sur les principales critiques suivantes :
- L’action sur les taux d’intérêt doit être remplacée par un contrôle de la masse
monétaire en circulation dans l’économie. Ce contrôle doit s’opérer non par
des interventions discrétionnaires des autorités monétaires mais par le biais
d’une règle automatique fixant à k% (« règle du k% ») la croissance
annuelle de la masse monétaire. (règle d’or de la croissance de la masse
monétaire) .
- La politique monétaire expansive se traduit par une accélération de l’inflation
 Cette critique de la politique monétaire se cristallise autour de la remise en
cause de la courbe de Phillips par Friedman et par les nouveaux classiques. En
s’appuyant sur le concept d’anticipations adaptatives, Friedman montre que
l’arbitrage inflation/chômage existe à court terme mais disparaît sur le long
terme.
•  Les nouveaux classiques prolongent la critique des monétaristes et nient
l’existence d’un arbitrage à court terme entre inflation et chômage. Alors
que l’hypothèse d’anticipations adaptatives des agents suppose un
processus d’apprentissage par l’erreur, les nouveaux classiques montrent
que la relance monétaire n’a aucun effet sur la sphère réelle dans la mesure
où les anticipations des agents sont rationnelles. La politique monétaire est
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CONJONCTURELLES.
2.Objectifs et instruments de la politique
budgétaire et fiscale.
 2.1. Les instruments de la politique budgétaire.
 2.1.1. La fiscalité.
• Du côté des recettes, le gouvernement peut utiliser l’arme fiscale en agissant sur le
niveau des différentes catégories d’impôt :
- Les impôts directs qui frappent les revenus des ménages (comme l’IRPP soit
l’impôt sur le revenu des personnes physiques, le patrimoine des ménages (Impôt
sur la fortune) , les entreprises (l’impôt sur les sociétés)
- Les impôts indirects tels que la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) perçue sur le prix
des biens et services.
=> La politique budgétaire exerce donc une influence sur le comportement des agents

économiques en agissant sur le niveau des impôts et plus globalement des


prélèvements obligatoires (impôts et cotisations sociales).
• Les dépenses de l’Etat sont de plusieurs types en France :
- les dépenses pour rembourser la dette (charge de la dette qui représente environ
15% des dépenses) ;
- les dépenses de personnel (de l’ordre de 45% des dépenses) ;
- les dépenses de fonctionnement (équipement en matériel, locaux et entretien) ;
- les dépenses d’investissement (il s’agit presque exclusivement des dépenses de
nature militaire, soit 5% des dépenses) ;
- les dépenses d’intervention qui s’élèvent à 23% des dépenses servent à financer les
interventions économiques et sociales du gouvernement, c’est-à-dire la politique
économique. Il s’agit du second poste des dépenses budgétaires.
I ) LES POLITIQUES ECONOMIQUES
CONJONCTURELLES.
2.Objectifs et instruments de la politique
budgétaire et fiscale.
 2.1.2. Le financement du déficit budgétaire.
• En France, depuis près de trente ans, chaque année, le budget est en
déficit. Il peut s’agit du déficit du budget de l’Etat au cours d’un
exercice budgétaire d’une année (déficit budgétaire) ou du déficit de
l’ensemble des administrations publiques : déficit du budget de
l’Etat mais aussi des collectivités territoriales et des administrations de
sécurité sociale (déficit public).
• La dette publique constituera l’ensemble des déficits accumulés dans le
temps ou l’ensemble des emprunts effectués par les administrations
publiques à l’égard des ménages, des entreprises et des non-résidents
à une date. En France, la dette a été multipliée par cinq depuis 1980.
Ce niveau d’endettement qui se situe autour de 70% du PIB rend
désormais impraticable toute politique budgétaire expansionniste.
• Le déficit budgétaire peut être financé soit par des avances de
l’institut d’émission monétaire (la banque centrale), soit par
l’emprunt.
- Si ce financement est assuré par émission de monnaie, cela signifie
qu’un gouvernement peut demander à la banque centrale de créer de
la monnaie pour financer ses dépenses publiques à moindre coût (les
avances monétaires se font sans intérêts).
• Si le déficit est financé par l’emprunt, l’Etat se finance auprès des
marchés financiers à travers trois catégories d’instruments d’emprunt :
La dette à court terme (moins d’un an) à savoir les Bons du Trésor à
taux fixes  / la dette à moyen terme (de deux à cinq ans) / la dette à
I ) LES POLITIQUES ECONOMIQUES
CONJONCTURELLES.
2.Objectifs et instruments de la politique
budgétaire et fiscale.
 2.1.3. Politique budgétaire et stabilisateurs
budgétaires automatiques.
• Les recettes et les dépenses publiques exercent
spontanément une action contra-cyclique sur
l’activité économique, c’est-à-dire d’atténuation des
aléas de la conjoncture économique.
• En effet, si une grande partie des dépenses publiques
sont indépendantes des variations à court terme de
l’activité économique (ex : les dépenses de
rémunération et de retraite des fonctionnaires),
certaines d’entre elles sont, en revanche,
mécaniquement liées à la conjoncture (dépenses
d’indemnisation du chômage, certaines prestations
sociales).
• On considère ainsi que l’élasticité des dépenses
publiques à la conjoncture est comprise entre 0,1 et
0,3, autrement dit, les dépenses publiques ont
tendance à augmenter spontanément de 0,1 à 0,3
point lorsque la croissance ralentit d’un point.
I ) LES POLITIQUES ECONOMIQUES
CONJONCTURELLES.
2.Objectifs et instruments de la politique
budgétaire et fiscale.
 2.2. Les conditions d’efficacité de la politique budgétaire.
 2.2.1. Keynes et les théories keynésiennes de la politique
budgétaire.
2.2.1.1. Keynes et le multiplicateur des dépenses publiques.

• Jusqu’aux années 1930, lorsqu’une conjoncture défavorable entraînait


un déficit, le gouvernement avait tendance à augmenter
immédiatement les impôts afin de rétablir l’équilibre budgétaire (règle
d’or de l’équilibre budgétaire).
• Ensuite, sous l’influence des théories keynésiennes, les
gouvernements ont cessé de considérer l’équilibre budgétaire comme
une nécessité absolue = Keynes montre comment, en période de
conjoncture défavorable, des dépenses publiques
supplémentaires permettaient une relance de l’économie grâce
à un effet multiplicateur sur l’investissement privé.
• L’augmentation des dépenses publiques conduit à une
augmentation plus que proportionnelle du PIB ce qui engendre
des recettes fiscales supplémentaires grâce à la progression des
revenus et des profits, et permet donc le rétablissement de l’équilibre
(croissance et plein-emploi). Le budget est ici ouvertement appelé à
stimuler l’activité économique et à corriger activement les inégalités
sociales.
• Jusqu’au début des années 1970, la politique de relance budgétaire inspire
un certain nombre de plans. Une des dernières expériences budgétaire
I ) LES POLITIQUES ECONOMIQUES
CONJONCTURELLES.
2.Objectifs et instruments de la politique
budgétaire et fiscale.
 2.2.1.2. Les prolongements de la pensée keynésienne.
• La théorie keynésienne va connaître un succès considérable des
années 1930 jusqu’aux années 1970. Plusieurs écoles théoriques
seront inspirées de près ou de loin par cette approche de la
politique budgétaire. John Hicks, Paul Samuelson et Alvin
Hansen s’efforceront ainsi d’intégrer les apports de Keynes dans le
cadre conceptuel néoclassique. Cette école de la synthèse
conduit à la formalisation de la politique budgétaire et de la
politique monétaire dans le modèle IS-LM. Pour qu’une politique
budgétaire fonctionne, il faut qu’un certain nombre de conditions
soient réunies 
• L’école postkeynésienne, autour de Joan Robinson et de Nicholas
Kaldor valident les postulats de Keynes en matière de théorie
budgétaire. L’Etat, lorsque la conjoncture économique n’est pas
bonne, doit conduire une politique budgétaire pour relancer
l’investissement.
• Les tenants de la nouvelle économie keynésienne (NEK) tels que
Janet Yellen, George Akerlof, Edmund Phelps ou Gregory
Mankiw, restent convaincus de l’efficacité des politiques
conjoncturelles en général et de la politique budgétaire en
particulier. Cependant, lla politique budgétaire ne doit en effet être
utilisée qu’en cas de déprime profonde de l’activité économique et
lorsque des indicateurs fondamentaux comme le niveau de
l’inflation et le déficit commercial sont au vert. Des politiques
I ) LES POLITIQUES ECONOMIQUES
CONJONCTURELLES.
2.Objectifs et instruments de la politique
budgétaire et fiscale.
 2.2.2. Les approches libérales de la politique budgétaire.
 2.2.2.1. L’effet d’éviction.
• Le déficit public neutralise les effets positifs de la politique budgétaire à
plusieurs titres : la dépense publique peut évincer la dépense privée car elle
entraîne des tensions inflationnistes (éviction par l’inflation), une
augmentation des taux d’intérêt (éviction par les taux d’intérêt) mais aussi
une hausse de l’épargne privée des agents économiques qui anticipent une
future augmentation des impôts (principe de l’équivalence ricardienne).
- Dans les années 1950 et 1960, Milton Friedman développe la théorie de
l’effet d’éviction par l’inflation (ou éviction monétaire). L’idée est que
l’investissement public peut éventuellement stimuler la croissance à court
terme (accroissement du revenu transitoire), mais à long terme, toute
politique budgétaire ne fait qu’engendrer de l’inflation (il n’y a plus d’illusion
monétaire).
- Dans les années 1960, les monétaristes ont développé une théorie de l’effet
d’éviction par le taux d’intérêt. Le principe est simple, l’investissement
public évincerait l’investissement privé en raison du poids des emprunts
public sur les marchés financiers.
- Dans un article publié en 1974, Robert Barro va développer la théorie de
l’effet d’éviction par les anticipations, qu’on appelle aussi principe
d’équivalence ricardienne ou théorème d’équivalence de Ricardo-
Barro). La politique budgétaire est inefficace du fait de la capacité
d’anticipation des agents : lorsque les dépenses publiques et le déficit
budgétaire s’accroissent, ils anticipent une augmentation future des impôts,
I ) LES POLITIQUES ECONOMIQUES
CONJONCTURELLES.
2.Objectifs et instruments de la politique
budgétaire et fiscale.
 2.2.2.2. L’effet boule de neige.
• Le déficit budgétaire, s’il est reconduit d’année en année,
entretient un phénomène d’accumulation de la dette publique.
Si celle-ci devient trop importante, on entre dans le cercle vicieux de
l’effet « boule de neige » de la dette. Le mécanisme d’endettement
s’autoentretient : un déficit accroît le montant de la dette, qui si elle ne
peut être remboursée conduit à la nécessité d’emprunter de nouveau
afin d’en régler une partie, ce qui alourdit d’autant la charge de
remboursement.
• Depuis le début des années 1980, les taux d’intérêt se sont accrus
et l’effet boule de neige a été très fort. En France, le paiement des
intérêts de la dette constitue, nous l’avons vu, un poste à part entière.
L’ensemble des recettes de l’impôt sur le revenu sert à financer le
paiement des intérêts de la dette !
• A cet égard, le rapport Pébereau paru en 2005 / Ecole du Public Choice
autour de James Buchanan et de Gordon Tullock : débat autour du
laxisme de l’électoralisme des dirigeants politiques => La majorité
sortante serait incitée à conduire des politiques expansionnistes pour
obtenir les faveurs des électeurs => La politique économique
conditionnée par les jeux de pouvoirs et les rapports de force.
• Au-delà de ces approches pessimistes de l’action publique, la question qui
se pose de manière plus générale est celle de la soutenabilité de la
dette. Tant que les intérêts de la dette ne privent pas l’Etat de capacité
d’action budgétaire à long terme, la dette demeure soutenable. Elle doit
privilégier de fait le financement d’investissements productifs.
II ) COORDINATION DES POLITIQUES
CONJONCTURELLES ET CONTRAINTE
EXTERIEURE.
1.La coordination des politiques conjoncturelles.
 1.1. L’âge d’or des politiques keynésiennes de policy mix.
• Choix alternatif entre une politique de relance ou de Go qui vise à
stimuler la croissance et la création d'emploi, et une politique de
rigueur ou de Stop qui elle ralentit l'activité en vue de lutter
contre l'inflation et le déficit extérieur => Sur la période 1950-
1960, les différents gouvernements anglais (conservateurs et
travaillistes) ont adopté assez systématiquement des politiques de
« stop and go ».
• De manière générale, pendant les « Trente Glorieuses », la politique
monétaire et la politique budgétaire étaient combinées dans le
cadre de politiques mixtes (policy mix) visant à maintenir un plein
emploi compatible avec la stabilité des prix.
• Le policy-mix relève de la gestion de la demande et s'inscrit le plus
souvent dans un cadre d'analyse de type IS-LM de John Hicks
(1904-1989) et A. Hansen (1887-1975) qui décrit
l’interdépendance des politiques budgétaires et
monétaires .
• Le « principe de Tinbergen » (A propos de la théorie en politique
économique.1952) postule qu’en matière de politique, il faut
disposer d’autant d’instruments que l’on a de problèmes et
qu’il faut affecter chaque instrument à la résolution de chacun de
ces problèmes. On a parfois résumé cette approche par l’assertion
suivante : la politique budgétaire doit servir à réduire le
II ) COORDINATION DES POLITIQUES
CONJONCTURELLES ET CONTRAINTE
EXTERIEURE.
1.La coordination des politiques conjoncturelles.
 1.2. Le policy mix en régime de changes fixes et flexibles.
• Au début des années 1960, Robert Mundell s’appuie sur
la règle de Tinbergen pour analyser l’adéquation des
instruments aux objectifs. Il observe que si le nombre
d’objectifs doit égaler celui des instruments, il faut aussi
sélectionner l’instrument le plus adapté à chaque
objectif.
• Dans un système de changes fixes, il considère que les
politiques budgétaires sont plus efficaces pour
faire face aux déséquilibres internes (chômage et
inflation) alors que les politiques monétaires sont
plus adaptées au rétablissement des déséquilibres
externes. Il envisage quatre configurations possibles.
• Mundell montre, selon le principe du « triangle
d’incompatibilité » que la politique monétaire
redevient autonome si les changes sont flexibles.
(Document 3).
• En effet, si les changes sont flexibles, le rétablissement
des déséquilibres externes repose sur les fluctuations du
taux de change. Mundell préconise alors d’affecter la
II ) COORDINATION DES POLITIQUES
CONJONCTURELLES ET CONTRAINTE
EXTERIEURE.
1.La coordination des politiques conjoncturelles.
 1.3. Vers une remise en cause du policy mix ?
 1.3.1. Politiques de règles contre politiques
discrétionnaire.
• Gregory Mankiw distingue :
- Les politiques économiques régies par des « règles » qui supposent
que « les responsables politiques annoncent à l’avance la manière dont
leurs politiques réagiront à diverses situations et s’engagent à
respecter, quoi qu’il advienne, la teneur de cette annonce ».
- Les politiques dites « discrétionnaires »qui laissent au contraire les
responsables politiques « libres d’évaluer les situations au cas par cas
et de leur appliquer, sur cette base, les politiques économiques qui leur
semblent les plus adéquates ».
• Les libéraux préconisent d’encadrer l’action de l’Etat par un ensemble de
règles pour le contraindre à ne pas entraver les mécanismes du marché
et pour préserver la crédibilité des pouvoirs publics dont la priorité doit
être de lutter contre l’inflation => les politiques de règles doivent
être substituées aux politiques discrétionnaires des Etats=> logique
d’un taux d’inflation cible (2% fixés par la BCE) et d’un niveau de déficit
et de dette publics à respecter (Critères de Maastricht).
• La règle permet en somme d’apporter des réponses stables. Les règles
économiques sont en effet connues de tous les agents et respectées
invariablement. Le respect de cette règle doit réduire l’incertitude pour
les agents économiques et créer un climat de stabilité économique
II ) COORDINATION DES POLITIQUES
CONJONCTURELLES ET CONTRAINTE
EXTERIEURE.
1.La coordination des politiques conjoncturelles.
 1.3.2. Les mutations du policy mix.
• Pour certains monétaristes et surtout plus tard pour les partisans de
l'économie de l'offre ("tout est structurel") et des cycles d'affaire
réels (Real Business Cycle – RCB), le policy-mix induit des
politiques économiques discrétionnaires et de l’inflation. Il
importe donc de l’abandonner.
• Le policy-mix a survécu car les autorités ont toujours des doutes sur la
capacité de l'économie à s'auto-stabiliser.
• La problématique du policy-mix se déplace aujourd’hui du
problème de l'affectation des instruments vers celui de la
coordination entre les autorités de politique économique => La
politique conjoncturelle moderne cherche alors à combiner au mieux,
grâce à une bonne politique de communication, l'apparente rigidité des
règles monétaires avec le pragmatisme des politiques.
• L'internationalisation croissante des économies ne remet pas en
cause le policy-mix mais elle mène à un changement de son
contenu et à des réflexions sur les mécanismes institutionnels aptes à
faire émerger la coopération. Un policy-mix bien mené, équilibré ou
optimal, suppose un partage des rôles clair : à la politique monétaire de
maîtriser les prix et de répondre aux chocs symétriques, à la politique
budgétaire de faire des excédents en période de croissance afin de
faciliter la tâche du banquier central, de garantir un certain niveau
d'épargne nationale et de pouvoir répondre aux chocs de demande
asymétriques sans avoir à trop creuser les déficits.
II ) COORDINATION DES POLITIQUES
CONJONCTURELLES ET CONTRAINTE
EXTERIEURE.
1.La coordination des politiques conjoncturelles.
 1.4.Des combinaisons possibles de policy mix depuis les années
1970.
 1.4.1. Les politiques convergentes
 1.4.1.1. Soutien budgétaire et soutien monétaire . (IS et LM se
déplacent vers la droite)
• La coexistence d’un soutien budgétaire et d’un soutien monétaire
constitue sans doute le cas de politique mixte le plus connu,
car le plus dans la logique du cadre IS/LM, puisqu’il s’agit
d’éviter une forme d’effet d’éviction lié aux variations du taux
d’intérêt et ainsi de retrouver les résultats obtenus dans un
modèle keynésien élémentaire.
• Exemple américain du début des années 1960 (1961-1965)
qui combine soutien budgétaire et soutien monétaire (relance
Kennedy-Johnson). La hausse des dépenses publiques en 1961-
1962 puis des allègements fiscaux entre 1963 et 1965 vinrent
soutenir la demande pendant que des taux d’intérêt à long
terme assez bas venaient dynamiser l’investissement => seul
véritable exemple de relance convergente parfaitement
réussie.
• En France, le plan de relance mené par Jacques Chirac, alors
ministre de Valéry Giscard d’Estaing, en 1975, s’appuie
également sur une politique budgétaire expansionniste et une
II ) COORDINATION DES POLITIQUES CONJONCTURELLES
ET CONTRAINTE EXTERIEURE.
1.La coordination des politiques conjoncturelles.

 1.4.1.2. Freinage budgétaire et freinage


monétaire. (IS et LM se déplacent sur la
gauche)
• Il s’agit d’une double stratégie de freinage monétaire
et de freinage budgétaire qui s’inscrit dans une
quête de stabilisation rapide et drastique de
l’économie sans se préoccuper véritablement des
conséquences réelles des mesures à l’œuvre.
• La contraction de la demande vient abaisser le revenu
de manière importante alors que le freinage
monétaire permet de maintenir les taux d’intérêt à
un niveau élevé (le niveau précédent).
• Le premier plan d’austérité de Raymond Barre
en 1976 combine ainsi politiques monétaires et
budgétaires de rigueur. Si la politique monétaire se
détend par la suite du fait de la hausse des prix qui
réduit les taux d’intérêt réels, la politique
budgétaire restrictive a réduit le déficit budgétaire.
II ) COORDINATION DES POLITIQUES CONJONCTURELLES
ET CONTRAINTE EXTERIEURE.
1.La coordination des politiques conjoncturelles.

1.4.2. Les politiques croisées .


 1.4.2.1.Soutien budgétaire et freinage monétaire (IS vers la droite


/ LM vers la gauche)
• La coexistence d’une relance budgétaire et d’un freinage
monétaire entraîne une forte hausse des taux d’intérêt et un
effet limité sur le revenu.
• La politique de Ronald Reagan du début des années 1980 :
le soutien budgétaire délibéré lié surtout aux allégements
fiscaux (mais aussi à l’augmentation des dépenses militaires
dès 1982 pour contrer l’union soviétique) a été très important .
Dans le même temps, à la suite du retournement de 1979 la
politique monétaire a été restrictive => Au total, l’effet de
relance budgétaire l’a emporté sur la rigueur monétaire grâce
au creusement du déficit, d’autant que l’afflux de capitaux a
facilité leur financement.
• La stratégie allemande de 1990-1991, pour répondre au choc
de la réunification, constitue un autre exemple de ce type de
politique mixte.
• La relance Mauroy de 1981-1982, s’appuie sur une relance
budgétaire soutenue mais une politique monétaire finalement
restrictive puisque les taux d’intérêts sont nettement positifs
alors qu’ils étaient négatifs jusque là. L’idée est de contenir les
II ) COORDINATION DES POLITIQUES
CONJONCTURELLES ET CONTRAINTE
EXTERIEURE.
1.La coordination des politiques conjoncturelles.
 1.4.2.2. Soutien monétaire et freinage budgétaire. (IS
vers la gauche / LM vers la droite)
• La coexistence d’un freinage budgétaire et d’un soutien monétaire
entraîne une baisse du taux d’intérêt et un effet limité sur le
revenu. Les deux politiques cumulent leurs effets pour réduire
le taux car l’offre de monnaie est augmentée par le soutien
monétaire alors que la demande de monnaie est diminuée par
la rigueur budgétaire.
• Un exemple de cette configuration est celui de la période où Bill
Clinton était président et Alan Greenspan dirigeait la
Fed. Alors que Clinton s'était engagé à réduire le déficit
budgétaire et à revenir à l'excédent (ce qu'il parvint à faire),
Alan Greenspan modérait les taux d'intérêt pour que la
restriction budgétaire ne pénalise pas la conjoncture.
=> Notons que ce qui différencie les États-Unis de l'Europe au
niveau de l'agencement optimal de l'outil budgétaire et monétaire,
c'est l'indépendance moins prononcée de la Réserve fédérale
américaine. Comme pour la BCE, les objectifs de la Fed ne se
limitent pas à la lutte contre l'inflation, mais incorporent aussi la
modération des taux d'intérêt à long terme pour favoriser
l'investissement, le plein-emploi et la croissance.

II ) COORDINATION DES POLITIQUES
CONJONCTURELLES ET CONTRAINTE EXTERIEURE.
2. Les contraintes extérieures pesant sur la politique
conjoncturelle.
 2.1. La contrainte commerciale.
• Toute politique de relance risque de provoquer à court terme une
dégradation de la balance commerciale, parce qu'en courte
période le volume des exportations est relativement rigide => À l'heure
actuelle, une hausse du P.I.B. de 1% provoque, en France, une
augmentation des importations de 2% (l'élasticité-revenu des
importations vaut approximativement 2).
• Elle se traduit aussi par des effets d’éviction par le taux de change :
la volonté de financer les déficits publics par la venue de capitaux
étrangers peut conduire à une appréciation du taux de change et par
conséquent à des effets négatifs sur la compétitivité-prix des
exportations.
• La contrainte extérieure dépend évidemment du degré d'ouverture de
l'économie. La contrainte due à l'ouverture de l'économie ne joue pas
uniformément pour l'ensemble des activités nationales. Les pays les
plus ouverts au commerce international sont plus contraints dans leurs
choix de politique économique car leur propension à importer est plus
forte.
• Par ailleurs, les effets des politiques conjoncturelles et particulièrement de
la politique budgétaire diffèrent selon la taille des pays, les grands
pays conservant sans aucun doute plus d’autonomie dans la conduite
de leurs politiques nationales.
=>
 La politique de relance budgétaire de 1982-1982, en France,
illustre cette montée de la contrainte extérieure.
II ) COORDINATION DES POLITIQUES CONJONCTURELLES
ET CONTRAINTE EXTERIEURE.
2. Les contraintes extérieures pesant sur la politique
conjoncturelle.
 2.2. La contrainte monétaire et financière.
• Le régime de change conditionne, en principe, le degré
d'autonomie des politiques nationales de stabilisation
(Mundell).
• Dans la pratique, la situation observée depuis le début des
années 1970 a suscité une double prise de conscience :
- L'abandon du régime des changes fixes à partir de mars
1973, n‘a pas accru l'autonomie des politiques
conjoncturelles nationales.
- L'instauration de zones de stabilité des changes, comme le
système monétaire européen (S.M.E.) créé en 1979,
introduit des contraintes de change additionnelles pour
les pays participants.
• La contrainte extérieure se traduit aujourd’hui par plusieurs
aspects :
- L'incidence des variations du taux de change, à partir
de la crise des années 1970 : elle rend les effets d’une
dévaluation souvent défavorables sur la balance
commerciale.
II ) COORDINATION DES POLITIQUES CONJONCTURELLES
ET CONTRAINTE EXTERIEURE.
2. Les contraintes extérieures pesant sur la politique
conjoncturelle.
 2.3. Les contraintes liées à la construction
européenne.
• Le passage à la monnaie unique en Europe a supposé la
mise en place d’une politique monétaire commune
dont la conception et la mise en œuvre ont été confiées
à une banque centrale indépendante.
• Pour préparer le passage à la monnaie unique, le Traité de
Maastricht (1992) a imposé aux économies nationales
une logique de convergence nominale => adoption
de politiques macroéconomiques restrictives qui ont
pesé sur la croissance et l’emploi.
• Les politiques conjoncturelles européennes sont aujourd’hui
encadrées par le Pacte de Stabilité et de Croissance
adopté en 1997 (Traité d’Amsterdam).
• Enfin, la coordination des politiques budgétaires nationales
et de la politique monétaire commune est
particulièrement compliquée. En effet, les économies de
la zone euro connaissent des chocs de nature et de
degré différents, auquel il est difficile de répondre en
III) LES DOMAINES D’INTERVENTION DES POLITIQUES
STRUCTURELLES.
1.Les domaines d’intervention des politiques
structurelles.

 1.1. Les politiques structurelles


économiques.

IV) LA COMBINAISON DES POLITIQUES CONJONCTURELLES ET
STRUCTURELLES : LES EXEMPLES DE LA LUTTE CONTRE
L’INFLATION ET CONTRE LE CHOMAGE.
1.Les politiques de lutte contre l’inflation.

 1.1. Les actions conjoncturelles de la politique anti-


inflationniste.
 1.1.1.La politique budgétaire et fiscale.
• La politique budgétaire anti-inflationniste peut chercher à réduire la
demande globale en intervenant directement sur ses composantes.
On suppose donc, implicitement, que la principale cause de l’inflation
est une demande excessive et qu’il convient de ralentir l’activité pour
éviter « la surchauffe économique ».
• Deux instruments sont disponibles : soit l’Etat réduit ses propres
dépenses, soit il augmente la fiscalité, donc ses recettes, et diminue
ainsi les dépenses du secteur privé.
• Le choix de l’instrument n’est pas neutre. La théorie économique permet
ainsi de démontrer qu’une réduction des dépenses publiques a un effet
plus important qu’une augmentation équivalente des recettes fiscales
en raison du rôle compensatoire joué par l’épargne.
• Les économistes keynésiens soutiennent qu’une politique budgétaire
restrictive est la solution appropriée pour lutter contre une inflation par
la demande. Mais ils insistent aussi sur le fait que toute contraction de
la demande, quelle que soit la politique adoptée, se traduit par une
récession et par du chômage.
=> La politique budgétaire de lutte contre l’inflation n’est
aujourd’hui plus utilisée car son caractère récessionniste est
inadapté à des situations où l’inflation s’accompagne d’un taux de
IV) LA COMBINAISON DES POLITIQUES CONJONCTURELLES ET
STRUCTURELLES : LES EXEMPLES DE LA LUTTE CONTRE
L’INFLATION ET CONTRE LE CHOMAGE.
1.Les politiques de lutte contre l’inflation.

 1.1.2. La politique monétaire.


 1.1.2.1.De la politique monétaire active à la politique
monétaire passive.
• Aujourd’hui, sous l’influence du courant monétariste, la politique monétaire est
plutôt passive. Elle cherche avant tout à combattre l’inflation (et non pas à
relancer la croissance comme le fait une politique monétaire active). En
effet, pour les économistes qui s’appuient sur la théorie quantitative de la
monnaie, le seul moyen efficace pour lutter contre l’inflation est de réduire
le taux de croissance de l’offre de monnaie.
• Les politiques de « désinflation compétitives » menées depuis le début des
années 1980 dans les pays développés ont illustré cet objectif principal de
lutte contre l’inflation. Leur démarche porte aujourd’hui plus sur la stabilité
des prix.
• Les objectifs des politiques de désinflation compétitive qui se
généralisent dans les pays de l’OCDEdès le début des années 1980,
portent essentiellement sur la recherche d’une stabilité des prix, de
l’équilibre de la balance des paiements, d’une monnaie « forte » ou stable et
d’un redressement des profits et des investissements. Ce type de politique
doit conduire à :
- Un freinage de la croissance de la demande intérieure afin de dégager un
surplus exportable (freinage des importations et stimulation des
exportations) ;
- La stabilisation de l’inflation, source d’une amélioration de la compétitivité-
prix qui contribue au rééquilibrage du commerce extérieur ;
IV) LA COMBINAISON DES POLITIQUES CONJONCTURELLES ET
STRUCTURELLES : LES EXEMPLES DE LA LUTTE CONTRE
L’INFLATION ET CONTRE LE CHOMAGE.
1.Les politiques de lutte contre l’inflation.

 1.1.2.2. Politique monétaire et lutte contre l’inflation :


l’exemple de la stratégie de « désinflation
compétitive » en France.
• Depuis l’automne 1982 et l’échec du « plan Mauroy » de relance, les
pouvoirs publics mènent en France cette stratégie visant
simultanément à ralentir l’inflation et à redonner une position
compétitive à l’économie. Elle se fonde sur quatre piliers :
- Une politique monétaire destinée à maîtriser l’inflation ;
- Une politique d’équilibre budgétaire ;
- Une politique de maîtrise des coûts ;
- Une politique de réformes structurelles.
• Cette politique s’appuie sur une monnaie forte. C’est à la fois une
condition et une conséquence. C’est une condition de désinflation,
car une monnaie forte permet d’importer le moins d’inflation possible.
C’est aussi une conséquence du succès de la stratégie, car une
monnaie forte est le résultat habituel d’un renforcement de la
compétitivité économique.
• Les résultats ont été favorables dans plusieurs domaines :
- En matière de prix;
- Le franc est devenu une monnaie forte au sein du SME.
- L’équilibre extérieur s’est rétabli à partir de 1991 et est resté longtemps
positif;
IV) LA COMBINAISON DES POLITIQUES CONJONCTURELLES ET
STRUCTURELLES : LES EXEMPLES DE LA LUTTE CONTRE
L’INFLATION ET CONTRE LE CHOMAGE.
1.Les politiques de lutte contre l’inflation.

 1.1.2.3. L’objectif de maintien de la stabilité des prix.


• Le succès des politiques de lutte contre l’inflation, rapprochant le
taux de croissance des prix de zéro, a modifié l’objectif même
de ces politiques. Il ne s’agit plus désormais de réduire
l’inflation mais plutôt de maintenir la stabilité des prix.
• Les responsables de la politique monétaire aux Etats-Unis ont pour
cela préconisé une stratégie qu’ils appellent « approche
opportuniste de la désinflation » = action de prévention de
la hausse du taux d’inflation dans les périodes de croissance
économique, et en une action de réduction du taux d’inflation
uniquement lors des phases de ralentissement de l’activité =>
ne pas entraver la croissance économique, tout en ne perdant
pas de vue l’objectif de stabilité des prix.
• Un autre élément de stabilité des prix réside dans la crédibilité
des politiques monétaires et fiscales poursuivies par les
responsables. L’indépendance de la Banque centrale est un
facteur de cette crédibilité.
• Enfin, le maintien de la stabilité des prix est également obtenu
grâce au contexte économique global de libéralisation :
concurrence internationale, interconnexion des marchés
financiers…Les économies les plus ouvertes sont celles qui,
désormais, maintiennent le plus facilement des prix stables.
IV) LA COMBINAISON DES POLITIQUES CONJONCTURELLES ET
STRUCTURELLES : LES EXEMPLES DE LA LUTTE CONTRE
L’INFLATION ET CONTRE LE CHOMAGE.
1.Les politiques de lutte contre l’inflation.

 1.2. Les actions structurelles de la politique anti-


inflationniste.
 1.2.1. La politique des revenus, de contrôle des
prix et d’encadrement du crédit.
 1.2.1.1. La politique des revenus.
• La politique des revenus s’attaque aussi bien à
l’inflation par les coûts qu’à l’inflation par la
demande, dans la mesure où une augmentation
excessive des revenus est un facteur déterminant de la
hausse de la demande en même temps que de
l’accroissement des coûts salariaux => diminuer les
revenus pour réduire les tensions inflationnistes.
• Démarche est difficile à mettre en œuvre : hostilité des
syndicats salariaux car seuls les revenus salariaux
sont concernés => risque d’injustice sociale.
=> Une telle politique a finalement été peu appliquée, sauf
sur des périodes courtes et en association avec un blocage
des prix, ce qui rendait la mesure plus indolore et
acceptable. Le caractère très interventionniste de la
IV) LA COMBINAISON DES POLITIQUES CONJONCTURELLES ET
STRUCTURELLES : LES EXEMPLES DE LA LUTTE CONTRE
L’INFLATION ET CONTRE LE CHOMAGE.
1.Les politiques de lutte contre l’inflation.

2.2.1.2. Le contrôle des prix.


• Il s’agit d’interdire les hausses de prix de divers biens ou
services pendant une durée déterminée.
• En France, depuis 1945, les prix et les marges ont été soumis à de
nombreux blocages. Les principaux épisodes ont été 1963 avec
le plan de stabilisation ; 1968 à la suite des événements de
mai ; 1982-1983 marque aussi un retour provisoire au blocage
des prix.
• Le contrôle des prix a été abandonné en 1984. Si son action
directe et rapide présentait un avantage par rapport à d’autres
mesures, son efficacité sur longue période était faible. La
fin du contrôle des prix se traduisait en outre par de fortes
hausses des prix qui anéantissaient les efforts antérieurs.
• La critique porte surtout sur le fait que la politique de contrôle des
prix perturbe le fonctionnement normal du marché en
agissant plus sur les effets que sur les causes de l’inflation, en
limitant la concurrence par les prix et en incitant les entreprises
à contourner les systèmes de contrôle
=> La procédure administrative de contrôle des prix en
contradiction avec la logique de libéralisation économique
engagée depuis le début des années 1980.

IV) LA COMBINAISON DES POLITIQUES CONJONCTURELLES ET
STRUCTURELLES : LES EXEMPLES DE LA LUTTE CONTRE
L’INFLATION ET CONTRE LE CHOMAGE.
1.Les politiques de lutte contre l’inflation.

 1.2.1.3. L’encadrement du crédit.


• La politique d’encadrement du crédit consiste en une
action restrictive sur la distribution de certains
crédits.
• L’encadrement du crédit permet de s’attaquer à l’inflation
provoquée par un excès de demande : la limitation du
crédit réduit les risques de surchauffe économique.
• Par ailleurs, dans les pays comme la France pour lesquels le
crédit est la principale contrepartie de la masse
monétaire, sa réduction agit directement sur le niveau
des prix conformément à la théorie quantitative de la
monnaie.
• En France, cet instrument a été utilisé épisodiquement mais
brutalement notamment entre 1963 et 1965 ou entre
1968 et 1970. Il est ensuite appliqué sans interruption
entre 1972 et 1984 mais sous une forme adoucie. Il s’est
révélé efficace dans un premier temps, mais les banques
ont ensuite appris à le contourner => La libéralisation
du système financier français à partir de 1985 et
son ouverture croissante, ont conduit à l’abandon
IV) LA COMBINAISON DES POLITIQUES CONJONCTURELLES ET
STRUCTURELLES : LES EXEMPLES DE LA LUTTE CONTRE
L’INFLATION ET CONTRE LE CHOMAGE.
1.Les politiques de lutte contre l’inflation.

 1.2.2. La politique de la
concurrence.
• Tout marché présentant une
composante monopolistique ou
oligopolistique entraîne un risque de
prix plus élevés pour les
consommateurs et de moindre bien-
être social.
• Le renforcement de la politique de la
concurrence est l’une des causes de
la désinflation qui caractérise les
IV) LA COMBINAISON DES POLITIQUES CONJONCTURELLES ET
STRUCTURELLES : LES EXEMPLES DE LA LUTTE CONTRE
L’INFLATION ET CONTRE LE CHOMAGE.
2. Les politiques de l’emploi.

 2.1. La diversité des politiques de l’emploi.


• Face à l’aggravation du chômage, des mesures plus spécifiques au
marché du travail ont émergé à partir des années 1970. Le
terme « politique de l’emploi » désigne plus précisément selon
la DARES, « les dispositifs de soutien aux chômeurs et de
stimulation de la création d’emploi ».
• D’après la typologie mise en place par l’OCDE, on distingue
généralement les politiques d’emploi passives et les politiques
d’emploi actives.
- Les politiques d’emploi passives : Elles correspondent au
traitement social du chômage.
- Les politiques d’emploi actives : Elles regroupent l’ensemble
des dispositifs qui visent à favoriser l’accès des chômeurs à
l’emploi.
• Les comparaisons internationales font apparaître deux
tendances principales :
- Tous les pays pratiquent des politiques passives et actives, mais
dans des proportions variables.
- On constate une évolution depuis les années 1990 en faveur des
politiques actives et au détriment des mesures passives.
IV) LA COMBINAISON DES POLITIQUES CONJONCTURELLES ET
STRUCTURELLES : LES EXEMPLES DE LA LUTTE CONTRE
L’INFLATION ET CONTRE LE CHOMAGE.
2. Les politiques de l’emploi.

 2.2.Le renouvellement des politiques de l’emploi.


 2.2.1. Stimuler l’offre de travail.
 2.2.1.1. L’activation et l’individualisation du suivi des chômeurs.
 La substitution des mesures de politiques actives à des
mesures de politiques passives résulte d’une idée simple, il
vaut mieux consacrer des efforts à aider les chômeurs à
trouver un emploi plutôt qu’à simplement les indemniser.
On parle d’activation => exemples danois et britanniques.
 L’individualisation et le renforcement du suivi sont allés
de pair avec l’activation. Ceci s’est notamment traduit par
une mise en œuvre systématique du profilage des
chômeurs. Cette pratique consiste à les classer selon leur
degré d’employabilité, repéré en fonction de
caractéristiques individuelles (donc de son parcours
antérieur).
 => Le renforcement du suivi des chômeurs s’est souvent traduit
par un durcissement des procédures de contrôle de l’effectivité
de la recherche d’emploi. Le contrôle en tant que tel semble
avoir peu d’impact sur la durée du chômage. Par contre le
recours à des programmes d’accompagnement individualisé a
un impact positif = Exemple du plan d’aide au retour à
l’emploi (PARE) mis en place en 2001 qui limite la récurrence
IV) LA COMBINAISON DES POLITIQUES CONJONCTURELLES ET
STRUCTURELLES : LES EXEMPLES DE LA LUTTE CONTRE
L’INFLATION ET CONTRE LE CHOMAGE.
2. Les politiques de l’emploi.

 2.2.1.2. Rendre le travail rentable.


• L’activation a trouvé un prolongement dans la stratégie plus
globale de « rendre le travail rentable » (making work
pay). Le New Deal britannique, par exemple, s’inscrit dans
une stratégie de welfare to work voire de workfirst, selon
laquelle n’importe quel emploi est préférable à une
indemnisation chômage.
• Mais risque de déboucher sur des appariements de moindre
qualité, au détriment des chômeurs mais aussi de
l’ensemble de la société.
• Dans les pays de l’OCDE, on observe une focalisation
croissante sur les problèmes d’incitation au travail.
La réflexion porte alors sur le risque que de nombreuses
personnes sans emploi restent « piégées » dans une
« trappe à inactivité ».
=> Ce constat pousse les gouvernements à rendre le travail

rentable par des dispositifs « d’intéressement » (cumuler


transitoirement minima sociaux et revenus d’activité en France
et instaurer une prime de reprise d’emploi de 1000 euros
en 2005), des crédits d’impôts, des redéploiements d’aides
pour prendre en charge un certain nombre de coûts faisant
IV) LA COMBINAISON DES POLITIQUES CONJONCTURELLES ET
STRUCTURELLES : LES EXEMPLES DE LA LUTTE CONTRE
L’INFLATION ET CONTRE LE CHOMAGE.
2. Les politiques de l’emploi.

 2.2.2. Stimuler la demande de travail.


 2.2.2.1. Baisser le coût relatif du travail peu qualifié.
• Les travailleurs peu qualifiés ont été victimes des transformations
des processus productifs et de l’ouverture des économies à
partir de la fin des années 1970 :
- Aux Etats-Unis, cela s’est traduit par une forte baisse de leur
salaire relatif mais aussi par un déversement d’emploi non
qualifiés dans les secteurs de services;
- En Europe, « salaires rigides à la baisse » = ajustement par les
quantités.
• Donc nécessité de recourir à des mesures spécifiques visant à
réduire le coût relatif des travailleurs peu qualifiés soit
de rendre la croissance plus riche en emplois => politique de
baisse des cotisations sociales sur les bas salaires
particulièrement massive en France => A moyen terme, cette
politique a contribué à l’enrichissement de la croissance
française en emploi. Elle concerne 11 millions de salarié en
2005.
• Elle fait toutefois l’objet de deux critiques :
- Elle a pu contribuer à accroître la trappe à bas salaires.
IV) LA COMBINAISON DES POLITIQUES CONJONCTURELLES ET
STRUCTURELLES : LES EXEMPLES DE LA LUTTE CONTRE
L’INFLATION ET CONTRE LE CHOMAGE.
2. Les politiques de l’emploi.

 2.2.2.2. Réduire le temps de travail.


• Depuis le début des années 1980, plusieurs expériences de
réduction du temps de travail ont eu lieu. En 1982 en France, lors
de l’abaissement de la durée légale du travail de 40 à 39 heures, entre
1984 et 1994 en Allemagne la durée du travail a baissé d’environ 2h à
travers des accords de branches, les lois dites « Aubry » en 1998 et
2000 qui ont réduit la durée du travail de 39 à 35 h dans tous les
secteurs.
• Loi sur les 35h = expérience sans équivalent par son ampleur. Elle
reposait sur le principe d’un maintien intégral du salaire, mais dont
le surcoût devait être compensé à court et moyen termes par plusieurs
facteurs.
- D’abord, les entreprises se voyaient accorder des exonérations
supplémentaires de cotisations sociales, d’un montant d’autant plus
élevé qu’elles passaient rapidement aux 35h.
- Ensuite, il était attendu une modération des augmentations de salaires sur
les années suivant la mise en place des 35h.
- Enfin, des gains de productivité devaient résulter de la réorganisation du
temps de travail (grâce notamment au principe de l’annualisation qui
donnait la possibilité de comptabiliser le temps de travail sur l’année et
non pas sur la semaine).
• L’appréciation globale des effets des « 35 heures » reste sujette à
de nombreux débats (passionnés). Au niveau global, les évaluations
IV) LA COMBINAISON DES POLITIQUES CONJONCTURELLES ET
STRUCTURELLES : LES EXEMPLES DE LA LUTTE CONTRE
L’INFLATION ET CONTRE LE CHOMAGE.
2. Les politiques de l’emploi.

 2.2.2.3. Emploi, Flexibilité et sécurité des parcours


professionnels.
• Depuis quelques années, la réussite de certaines politiques de
l’emploi pratiquées dans des pays d’Europe du Nord a
conduit les chercheurs et les gouvernements à s’inspirer de
ces expériences, et en particulier du « modèle Danois »,
qui semble concilier les avantages de la flexibilité en termes
de compétitivité, avec les avantages sociaux d’un niveau
élevé de protection sociale des travailleurs => approche
concurrente à la flexibilité d’inspiration libérale.
• Les danois ont développé la « flexsécurité » a permis, en une
dizaine d’années, de faire baisser le taux de chômage au
Danemark de 12% en 1994 à 4,8% de la population active
en 2005.
• Ce nouveau système combine une grande facilité de
licenciement pour les entreprises à des indemnités longues
et importantes pour les sans-emplois. De plus,
l’administration accompagne les chômeurs dans leur
parcours pour retrouver du travail par des politiques actives
de l’emploi. De fait, l’originalité du modèle de la flexsécurité
est de reposer sur un « triangle d’or » associant flexibilité,