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LITTÉRATURE

FRANÇAISE/ FRANCOPHONE
Lecturer: Dr Yushna Saddul
Participante: Shriya Ramful et Hadassa Naidu
Introduction:

Vipère au poing est un roman autobiographique d’Hervé Bazin dans lequel il


dépeint son enfance difficile, aux côtés d’une mère extrêmement stricte et insensible.

Hervé Bazin stupéfait le public par la férocité et l’amertume de son récit, crachant
une haine à sa mère.

Petit résumé du livre:


Le roman se situe au début du XXème siècle, plus précisément dans les années 1920. Paule
Pluvignec, la fille d’un sénateur parisien en ce temps-là, se voit imposée en mariage à
Ferdinand Rézeau. L'intrigue tourne autour de cinq personnages principaux : les parents et
leurs trois enfants. Néanmoins Paule Rézeau, refuse l’amour que ses fils lui portent, elle ne
leur donne que peines et souffrances. Elle opère avec une autorité sans limite sur ses trois fils
qui finissent par la détester.
VIPERE AU POING

Les thématiques:

• La haine, l’amertume et

• La révolte
LA HAINE
Citation : Haine
La haine est associée à l’inimitié et à la répulsion. Les personnes qui cherchent à
détruire ce qu’elles haïssent. Dans le cas de la haine envers un autre être humain, le
sentiment peut se traduire en des insultes ou des agressions physiques.

«La haine est un sentiment pénible qui froisse l'âme, et dont on souffre le premier ».
Citation de Charles-Jean Baptiste Bonnin ; Doctrine sociale (1820)

Selon, la psychanalyste Marie-Claude Defores, elle considère la haine comme une force


délibérément déstructurante et déshumanisante, arme principale de la perversion : « Il est important
de distinguer l'agressivité, qui est une pulsion de vie, de la haine, qui est une force de
dépersonnalisation. La haine peut prendre les formes les plus socialisées ; elle refuse le nouveau,
tourne vers le passé, produit la répétition et elle dépersonnalise l’être humain ».
Le cri de haine, l’amertume et la révolte du narrateur:
Le titre lui-même évoque deux symboles violents, vipère (serpent) et le
Poing (qui symbolise la défense ou une attaque).

Au début du livre Vipère au poing, Jean Rezeau fait de même avec une vipère, celle-ci symbolisant la
tyrannie de sa mère.

« Elle avait de jolis yeux, vous savez, cette vipère, non pas des yeux de saphir comme les vipères de
bracelets, je le répète, mais des yeux de topaze brûlée, piqués noir au centre et tout pétillants d’une
lumière que je saurais plus tard s’appeler la haine et que je retrouverais dans les prunelles de
Folcoche, je veux dire de ma mère » pg 7

Folcoche diminutif de Folle et Cochonne est la mère de Jean, Fredie et Marcel Rezeau.
Folcoche refuse l’amour que ses fils lui portent, elle ne leur donne que peines et souffrances.
Elle opère avec une autorité sans limite sur ses trois fils qui finissent par la haïr. C'est la
« guerre civile » entre le fils cadet(Jean), et sa mère.
Jean a tué la vipère, mais il l’a brandit tout au long de sa vie. Il devient le fils "révolté, l’évadé, la
mauvaise tête",

« je te hais, tu me hais, il la haïssait, nous nous haïrons… j'ai su la décliner à tous les
temps », « V.F, V.F, V.F » qui veut dire « Vengeance à Folcoche » pg 52.

« ..haine, politique du pire, désespoir ou goût du malheur !


Cette vipère, ta vipère, je la brandis, je la secoue,
je m'avance dans la vie avec ce trophée, effarouchant mon public,
faisant le vide autour de moi. Merci, ma mère!
Je suis celui qui marche, une vipère au poing ». pg 185

Devenu adolescent, il doit lutter avec ce qu’il appelle « sa nouvelle vipère ». Tout au long du roman, il
organise de nombreuses mises en scène dans le seul et unique but de nuire à sa mère. Toutefois, il est
abasourdi lorsqu’il découvre que sa mère essaye de le faire accuser pour le vol de 1000 francs, en y
déposant sournoisement cette somme dans son portefeuille .
L’AMERTUME
Amertume
Dès le début du roman, à l'arrivée de sa mère, alors que Jean se précipite pour l’embrasser et lui manifester
son affection, il reçoit une paire de gifles et doit porter une valise trop lourde pour lui. Folcoche montre par là
son incompréhension du monde de l'enfance et repousse violemment l’affection que porte ses enfants à son
égard. Par contre les enfants comprennent très vite que cette femme ne mérite aucunement le nom de
mère, Jean ne peut cacher son amertume et blessure quand il dit:

« Nous n’avions déjà plus aucune envie d’appeler maman » pg. 23


« Dès qu’elle ouvre la bouche, j’ai l’impression de recevoir un coup de pied au cul. C’est pas étonnant,
avec ce menton en galoche ».
Le sentiment amer qu’il ressent envers sa mère est dû a la méchanceté de celle-ci , il est allé jusqu’à graver
les initiales de Folcoche sur un arbre dans la forêt : « V.F, V.F, V.F » qui signifie, « Vengeance à Folcoche ».
« Evidemment, je payai très cher ces fantaisies….et me battit jusqu’à épuisement. J’ étais couvert de
bleus en rentrant dans ma chambre, mais je ne pleurais pas »

Le gout de l’amertume l’encouragera à comploter contre Folcoche dans le but de l’empoisonner, mais sans
succès.
RÉVOLTE
La révolte

« Au souper, papa ne put ne pas remarquer les traces du combat. Il fronça les sourcils, devint
rose…Mais sa lâcheté eut le dessus. Puisque cet enfant ne se plaignait pas, pourquoi rallumer la
guerre ».

L’impuissance de son père le pousse à se révolter intérieurement contre ce despotisme féminin. Le


cri d’un enfant contre le régime cruel de sa mère et la faiblesse de son père.

Jean fait le choix de la révolte et dresse ses frères contre "Folcoche", C'est un combat impitoyable.
Jean et Folcoche luttent pied à pied chaque jour, à chaque instant. Cette mère qui ne sait pas les aimer
fait régner un climat de guerre terrible entre punition et privation ses enfants sont privés de liberté,
d'amour, de paix et Jean et ses frères finissent par opter pour une tentative de meurtre.

« Moi, je ne baisserai pas les yeux. D’abord, parce que ca t’emmerde ». Jean déjoue tous ses plans
d’attaque, il n’a plus peur d’elle. Il peut alors négocier son départ en pension avec ses frères, Folcoche
est obligée d’accepter, Jean a étranglé la vipère.
EVE DE SES DECOMBRES

Les thèmatiques:

• La Haine , l’amertume et

• La Révolte
Le cri de haine, d’amertume et de révolte dans Eve de ses
décombres:
Haine:
Ananda Devi nous dépeint le destin des adolescents de Troumaron, elle ouvre le roman sur le personnage
principal « Eve », une adolescente de dix-sept ans qui semble avoir un détachement radical de toute affection et
de tout enracinement, y compris une dissociation entre corps et esprit, une distanciation vis-à-vis de sa propre
humanité : elle se voit comme une créature exsangue, une lionne, un monstre dont le constituant primordial est la
haine et l’amertume.
Devi l’a décrit comme une créature, « Exsangue, échevelée, émaciée. Elle est assise près du ruisseau. Elle ne
pleure. Elle est ramassée comme un œuf. Elle mâchonne la chair de sa peine. Elle essaie de la recracher, mais
cela colle à l’intérieure de sa bouche et au fond de la gorge ». pg 90
«Elle cogne à poings fermes sur le sol. Elle cogne si fort que la terre gicle de tous côtés. Elle se relève et se met
a donner des coups de pied partout…. » pg 91
« Je hais ta mort, Savita, et je hais cet homme qui se délivre en moi sans se préoccuper de savoir si je suis
vivante ou si je suis morte ». pg 94
La voix que l’on entend ne parle pas de compassion ni de compréhension, mais de haine et d’amertume. Haine contre la
mort de Savita, haine contre cette homme qui l’a assassiné, l’amertume de n’avoir pas pu la protéger et la sauver et
haine contre cette société dévastatrice, qui a finalement remporté cette victoire, cette «conquête par la violence» .
Haine:
Clélio, l’adolescent colérique, pleins de haines et de violences utilise des mots violents et ses phrases
pulsent le rythme de la colère. C’est un adolescent déçu et rendu violent par son amertume indomptable , il
veut tout détruire autour de lui, à commencer par son quartier.
Dès sa première apparition à la page 24, Clélio se définit par sa révolte: « Je suis Clélio. Je suis en guerre.
Je me bats contre tous et contre personne».

Cette révolte est exprimée par le recours à plusieurs reprises du mot « rage » mais aussi par le recours à
des phrases courtes, l’émotion est telle qu’il ne peut pas développer ses idées dans de longues phrases et il
utilise des termes crus.

« Sentir les coups, donner des coups, éprouver la liberté de ma rage comme un vent acide qui me
transperce et efface la mémoire ».
« Et quand je vois des clous, j’ai envie de les avaler ou de les faire avaler à quelqu'un d’autre.

« Ca me démange de leur faire bouffer aussi leur sourire. »


« ... je voudrai tuer, moi aussi » pg 24,
Révolte:
Vivant dans une société patriarcale la mère d’Eve se refugie dans le silence et la passivité. Elle est cette
femme moutonnière que cette société a crée, elle représente l’image de la femme soumise, obéissante et
surtout le subordonner de l’homme, qu’elle n’osera jamais défier. Eve, d'un autre côté est contre cette
idéologie de « la femme passive» , elle se révolte contre cette conception de la femme fragile dès le début
du roman en se servant du métaphore :
« j’avais une tête de lionne. J’avais la crinière de ma faim».
«Le prédateur c’est moi. ».
Elle montre qu’elle ne sera pas l’être dominée mais c’est elle qui dominera. Eve ne veut surtout pas finir
comme sa mère; un être qui ne réagit pas, se montre passive, apathique, face a son mari. Eve la compare à
une « tortue » pg109.

Elle refuse de vivre la vie de sa mère,  « Je ne serai pas comme ma mère » suivre la coutume et les
conventions d’une société ou la femme est transparente , cette femme qui a vécue, mais sans vivre sa vie de
femme. Se vouée à une société  où la vie reste inexplorée, programmée, automatisée, « J’affronte mes
récifs ». Elle se révolte contre cette attitude effarouchée « Je n’ai peur de personne» pg 21
« J’ai dix-sept ans et je m’en fou. J’achète mon avenir.» pg 21 Eve veut brisée le stéréotype de l’image
d’une femme noyée que représente sa mère afin de montrer de quoi elle est capable.
Amertume:

Tout comme les deux autres, Sad se distingue des autres par son goût pour la poésie et son amour des mots.
Poète à ses heures, il est attentif aux mots, à leur force très présente dans son univers, la poésie est une façon
d’exprimer sa détresse et aussi son amour pour Eve. L’amour que ressent Sad envers Eve est refoulé
intérieurement il n’arrive pas à extérioriser « cette affection inavouée ». Il se bat également contre ses
sentiments envers Eve, lui qui a fini par se perdre « J’entre dans ma dérive »pg 148, il a été finalement
dérivé, détourné face a ce crime odieux qu’il prend sur lui, cette amertume dans l'âme et cette tristesse qui le
ronge de n’avoir pas pu s’en sortir et de n’avoir pu sauver Eve.

« Je lui dédie toutes les phrases dont je noircis mes murs. Je lui dédie mes soleils amers ».
Devi nous montre que les jeunes de ce roman, Eve de ses décombres, haïssent la société dans laquelle ils
vivent. L’image du monde adulte rime avec la dominance, la souffrance, la violence et la mort, autant de
vices qui caractérisent ces adultes qui ont « abandonné » leurs enfants dans ce lieu vidé ou on « on recase les
refugiés des cyclones », ce « lieu gris », où ils ont fini par avoir cette « identité par défaut : celle des non-
appartenants ».
Quatre jeunes adolescents qui se retrouvent piéger dans une société en décomposition. Une
société remplie de désillusions, de souffrances et d’amertumes ou ces derniers finissent par choisir la voie la
plus douloureuses.
Bibliographie:

 La plume francophone, les littératures du monde francophone.


 Une chronique de Bernard Magnier - source CEC
 Thèse de Mia Panisse, l’expression de la violence et de la souffrance dans trois
romans d’Ananda Devi
 Thèse de Jean Claude Abada Medjo, Utopie identitaire et traversée des genres
dans l’œuvre d’Ananda Devi
 L’écriture d’une violence intrafamiliale par Annie Dupays-Guieu, cairn.info
Merci à tous